"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 19 octobre 2015

PCI: PRISE DE POSITION SUR L'ATTENTAT D'ANKARA

Turquie : ce ne sont pas les élections et les appels à la paix, mais la guerre de classe qui seule pourra mettre fin à l'exploitation, à l'oppression et à la répression!

Samedi 10 octobre, un terrible attentat a frappé la manifestation organisée, dans la cadre de la
campagne électorale, par le parti «pro-kurde» d'opposition HDP et diverses formations de gauche
(comme le syndicat DISK, un syndicat des Fonctionnaires, l'Union des Médecins, l'Union des
Architectes, etc.), pour la démocratie, la sécurité des emplois et la «paix» – c'est-à-dire de la
reprise des négociations entre le PKK (Parti des Travailleurs Kurdes, organisation nationaliste
kurde engagée depuis des années dans des actions de guérilla au Kurdistan turc), et les autorités
gouvernementales; on a relevé près de cent morts et plus de 240 blessés. Les organisateurs ont
dénoncé la responsabilité du gouvernement dans cet attentat.
Il s'inscrit en effet dans un climat de tension politique croissante; en juin dernier un attentat à
Diyarbakir, au Kurdistan, contre un meeting électoral du HDP avait déjà eu lieu, faisant 4 morts et
400 blessés; le 20 juillet un attentat suicide commis par un jeune djihadiste kurde à Suruc, ville
frontière avec la Syrie, avait fait 33 morts lors d'un rassemblement de jeunes maoïstes proches du
HDP. Si la responsabilité de l'«Etat Islamique» semble avérée dans ces deux cas, le soutien
longtemps accordé par le pouvoir à cette organisation et son hostilité aux combattants kurdes
syriens de Kobané, laissent planer des soupçons sur l'implication des autorités.


L'AKP, le parti islamico-conservateur au gouvernement, et le président Erdogan, n'ont cessé
d'accuser de «terrorisme» non seulement le PKK qui a mis fin à la trêve des combats après
l'attentat de Suruc, mais le HDP lui-même et son leader Demirtas. Des dizaines de permanences
de ce parti ont été attaquées et parfois incendiées par des nervis liés à l'AKP au cours des
dernières semaines sans que la police les en empêche; au contraire c'est contre Demirtas qu'a été
ouvert une information judiciaire pour «insulte au peuple turc, aux institutions et organes d'Etat,
au président», «provocation à commettre des crimes et au terrorisme» après qu'il ait dénoncé
dans une conférence de presse la passivité coupable des forces de police! Le gouvernement a
également multiplié les mesures d'intimidation contre les médias et les journalistes d'opposition;
le siège du grand quotidien d'opposition Hurryet a été attaqué par des manifestants qui avaient à
leur tête un député de l'AKP, les chaînes de télé d'opposition ont été contraintes de fermer, etc.
Le premier novembre prochain des élections législatives vont avoir lieu en Turquie, à peine 5
mois après les précédentes qui en juin avaient vu l'AKP arriver nettement en tête (40,9% des
voix). Bien que c'était sa quatrième victoire consécutive aux législatives, l'AKP, perdant près de
9% des suffrages, ratait la majorité absolue qui lui aurait permis d'atteindre son objectif de
réformer la constitution pour instaurer un régime présidentiel. La poussée électorale du HDP,
arrivant pour la première fois à passer la barre des 10% des suffrages au niveau national, est vue
comme la cause de la défaite relative de l'AKP. Fin août, à la suite de l'échec des négociations
pour former un gouvernement de coalition, l'assemblée était dissoute et le tenue de nouvelles
élections annoncée. De nombreux analystes politiques attribuent le regain des affrontements avec
les combattants du PKK et la campagne «anti-terroriste» à une manoeuvre du gouvernement pour
susciter un réflexe de peur qui accroîtrait les chances électorales de l'AKP. Et en effet Erdogan et
d'autres dignitaires officiels ne se sont pas privés de déclarer que si l'AKP avait obtenu 400
députés (c'est-à-dire la majorité absolue au parlement), il n'y aurait pas eu cette flambée de
violence...
Cependant les événements turcs ne peuvent se réduire à de simples motifs électoraux et encore
moins à l'ambition d'un homme se rêvant en nouveau sultan. La Turquie fait face à des
contradictions et des problèmes grandissants; ce sont eux qui ont un effet de plus en plus
déstabilisant sur l'équilibre politique existant dans le pays depuis le début des années 2000 sous
l'hégémonie de l'AKP.


EXPLOITATION CAPITALISTE ET LUTTES PROLETARIENNES EN TURQUIE


Paradis pour les capitalistes (Istanbul compte plus de milliardaires que Paris), la Turquie est
un enfer pour les prolétaires. Elle se classe au deuxième rang des pays de l'OCDE pour les
inégalités de revenu, juste devant le Mexique. Mais les inégalités sont aussi régionales: dans les
régions kurdes, peu développées, le revenu familial moyen n'est que de 29% du revenu familial
dans la capitale Ankara.
Le chômage est en augmentation, repassant au dessus des 10% dés la fin de l'année 2014. Ce
chiffre peut ne paraître pas très élevé, mais il ne reflète pas la réalité car une bonne partie de la
main d'oeuvre est employée dans le secteur «informel»: si ce secteur est surtout prédominant dans
l'agriculture (90% des emplois y sont informels), il est répandu dans toutes les branches de
l'économie; dans l'industrie, selon les statistiques officielles (Turkstat), près d'un tiers des emplois
sont informels, et ce pourcentage est beaucoup plus élevé dans l'industrie textile.
Les prolétaires qui ont un emploi informel ne jouissent pratiquement d'aucune protection
sociale, ils touchent des salaires plus bas et ils peuvent être licenciés du jour au lendemain.
Employés le plus souvent dans de petites ou très petites entreprises qui constituent la majorité des
entreprises du pays (55% des travailleurs sont employés dans des entreprises de moins de 10
employés), ils subissent de plein fouet tous les aléas économiques dont ces entreprises sont les
premières victimes.
De façon générale les salaires turcs sont bas, y compris dans le secteur formel et dans les
grandes entreprises. Le salaire moyen était estimé à 590 euros par mois en 2014 (2220 en France,
1700 en Espagne, 1260 en Grèce). Le salaire minimum a été fixé pour 2015 à 424 euros par mois
(il est de 1458 en France, 757 en Espagne, 684 en Grèce), mais il s'agit du salaire brut; le salaire
net est inférieur d'environ 30% en raison de la ponction des charges sociales; mais d'autre part
une partie importante des travailleurs sont payés en dessous de ce salaire minimum: plus de 16%
des hommes et plus de 25% des femmes accomplissant une journée de travail normale (au moins
8 heures par jour) touchent un salaire en moyenne inférieur de 30% au salaire minimum net!
Les horaires de travail sont élevés: la durée de travail légale est de 45 heures par semaines,
mais en 2011 plus de 6 millions de personnes (soit plus de 40% de la main d'oeuvre) travaillaient
de 50 à 70 heures ou plus. Bien que le travail des enfants de moins de 14 ans soit interdit, il y
avait en 2012 près de 300 000 enfants de 6 à 14 ans dans ce cas, notamment dans l'agriculture où
au moment de la cueillette des enfants d'une dizaine d'années travaillent jusqu'à 11 heures par
jour. Mais jusque dans l'industrie les moins de 18 ans sont nombreux: la proportion des 14-18 ans
y est même passée de 16 à 28% entre 1994 et 2006. Selon l'Organisation Internationale du
Travail (OIT, organisation onusienne), le temps moyen des enfants qui travaillent serait parmi les
plus élevés du monde: 51 heures par semaine en moyenne. Conséquence, le nombre d'enfants
morts sur leu lieu du travail s'élevait à 38 en 2012.
Il faut dire que la Turquie est le premier pays d'Europe pour le nombre d'accidents du travail,
le troisième au niveau mondial, après l'Algérie et la Salvador, selon l'OIT: en moyenne 3
travailleurs y perdent la vie et 172 sont blessés chaque jour. Les mineurs sont les plus nombreux
parmi les victimes du capitalisme turc: de 1955 à 2012, plus de 3000 mineurs sont morts et plus
de 360 000 ont été blessés.
En mai 2014 une explosion dans une mine à Soma faisait 301 morts. A la suite de cette
tragédie des affrontements se sont produits dans la ville, notamment lorsque 10 000 manifestants
protestant contre le manque de moyens de sécurité dans la mine et scandant «Erdogan
démission!» se heurtèrent aux forces de police; le ministère du travail avait affirmé qu'une
récente tournée d'inspection avait trouvé que tout était en règle. Un an plus tard 9 des mineurs
survivants sont inculpés par la justice pour avoir organisé une manifestation et le blocage d'une
route en violation de la loi: ils risquent jusqu'à 6 ans de prison...
Au total en 2014 il y a eu 1886 morts dans les accidents du travail, et ces chiffres sont des
chiffres officiels qui très probablement laissent de côté une bonne partie des accidents dans le
secteur informel. En fait d'accidents, il s'agit plutôt d'une véritable guerre de classe sanglante
que mènent les capitalistes contre les prolétaires!
Héritées du régime militaire, les lois anti-grèves sont toujours en application; elles ont permis
de suspendre pour 60 jours une grève des sidérurgistes au début de cette année et une grève dans
des usines de céramique en juin, au nom se la «sécurité nationale». ..
Mais cette législation anti-ouvrière n'a pas pu empêcher la vague de grèves sauvages qui a
frappé l'industrie automobile au mois de mai et qui a pris naissance dans l'agglomération de
Bursa. Le mouvement avait commencé à l'usine Renault par de l'agitation contre le contrat
collectif signé par le syndicat officiel Turk Metal et pour l'alignement sur le contrat signé chez
Bosch (20% d'augmentation des salaires) après quelques jours de grève; des nervis de ce syndicat
jaune allèrent jusqu'à attaquer un rassemblement des ouvriers, provoquant la colère de l'ensemble
des travailleurs.
Parti de Renault, le mouvement de grève s'étendit aux autres entreprises du secteur automobile
et dans d'autres villes; chez Fiat, Ford, Tofas, Valeo, etc., plus de 15000 ouvriers entrèrent en
lutte malgré l'opposition de Turk Metal et l'agitation gagna même d'autres secteurs. En dépit des
menaces et de la répression (47 ouvriers arrêtés par la police et déférés devant la justice pour
organisation d'une grève illégale), les ouvriers tinrent bon et finalement devant la menace d'une
généralisation du conflit, les patrons et le gouvernement cédèrent. Au bout de 2 semaines de
grève, les ouvriers de Renault obtinrent des augmentations de salaire, l'abandon des poursuites
judiciaires et surtout le droit d'adhérer au syndicat de leur choix. Démonstration que la lutte
ouvrière résolue est capable de faire reculer les capitalistes et leur Etat, aussi répressif soit-il!
Les difficultés économiques croissantes en Turquie ne sont pas ressenties uniquement par les
prolétaires, mais aussi par de larges secteurs de la population, alors même que la spéculation
immobilière bat son plein et que des scandales de corruption éclaboussent jusqu'à la famille du
président. C'est ce qui explique l'importance prise en 2013 par les manifestations contre les
projets de destruction du parc Gezi à Istanbul: ce mouvement d'orientation et de nature clairement
petite-bourgeoise a pu rassembler des centaines de milliers de personnes dans tout le pays, à
l'instar des mouvements d' «indignés» qui ont eu lieu dans de nombreux pays. Le HDP a réussi
indiscutablement à capitaliser électoralement une partie de ce mécontentement.


LA QUESTION KURDE


La question kurde est un facteur important de la politique intérieure, mais aussi extérieure
turque. Toujours soupçonnés de séparatisme, soumis à des discriminations politiques et sociales
renforcées par les militaires après le coup d'Etat de 1980, les Kurdes constituent de 15 à 20% de
la population du pays selon les estimations. Les régions kurdes sont les plus pauvres et les moins
développées économiquement de la Turquie, ce qui provoque une forte émigration vers les autres
régions et l'étranger: une partie importante des prolétaires turcs, y compris dans l'émigration en
Europe, sont kurdes. La «question kurde» est donc devenue une question centrale de la lutte
prolétarienne: la lutte résolue contre toutes les discriminations et les répressions envers les
kurdes, pour l'égalité complète des droits, est indispensable pour souder les rangs des prolétaires
de Turquie. De leur côté les bourgeois attisent évidemment les divisions, suscitant et alimentant
le nationalisme et le patriotisme turc et menant des campagnes répétées contre le «terrorisme»,
pour affaiblir la classe ouvrière en créant un fossé entre prolétaires kurdes et non kurdes.
Sur la base de la véritable oppression nationale subie par les Kurdes, le PKK entama en 1984
une guérilla pour obtenir l'indépendance de la région. Le conflit aurait fait des dizaines de
milliers de morts; plus de 3000 villages ont été détruits par l'armée, causant, selon les chiffres
officiels, le «déplacement» de plus de 375 000 personnes chassées de chez elles et réduites à
l’état de sans-abris. Cette brutalité et une répression constante des policiers, militaires et juges
envers toute expression kurde, même la plus réformiste, poussèrent de nombreux Kurdes à
sympathiser avec le PKK.
Bien qu'il se disait parti des travailleurs et qu'il se réclamait du socialisme, le PKK incarnait la
réponse bourgeoise, nationaliste, à une oppression qui avait été aggravée par le coup d'Etat de
1980. Son «socialisme» n'était qu'une version du capitalisme d'Etat existant en Chine ou en
URSS, et il lui servait à chercher un appui auprès de Moscou; d'ailleurs après la chute de l'URSS,
le PKK abandonna aussitôt son discours pseudo-socialiste pour jurer de son respect envers les
valeurs de l'Islam.
Puis il troqua la revendication d'indépendance pour celle d'une simple autonomie des régions
kurdes au sein de la Turquie dans le cadre d'une organisation cantonale du pays: le
«confédéralisme démocratique».
Rompant avec la politique habituelle des gouvernements turcs, et en dépit de l'hostilité des
milieux nationalistes, des cercles militaires et même de quelques uns de ses partisans, l'AKP mit
fin à certaines discriminations envers les Kurdes et aux harcèlements policiers et judiciaires qui
étaient monnaie courante auparavant; il engagea des négociations avec le PKK qui, si elles
n'avaient pas abouti à un accord définitif, avaient cependant conduit à la fin des actions de
guérilla.
Mais depuis quelques mois le gouvernement Erdogan avait repris la rhétorique anti-kurde
traditionnelle. Ce n'était pas pour des raisons électorales, car l'AKP a perdu dans l'affaire ses
électeurs kurdes, sans gagner d'électeurs nationalistes.
En réalité la classe dominante turque redoute plus que tout la création d'une entité étatique
kurde autonome à sa frontière syrienne car celle-ci risquerait d'alimenter des poussées
séparatistes parmi les masses déshéritées kurdes de Turquie. Le maintien, sinon de l'unité du
pays, du moins de la permanence indiscutée de l'ordre bourgeois non seulement dans les régions
périphériques pauvres du sud, mais dans les grandes villes et les usines d'Anatolie ou du
Bosphore, impose donc aux yeux des bourgeois que les Kurdes syriens ne réussissent pas à
conquérir une indépendance de fait ou de droit.
C'est la raison pour laquelle le gouvernement turc a fait tout ce qu'il pouvait pour laisser isolés
les combattants kurdes de l'YPG (liés au PKK) à Kobané face à ceux de l'Etat Islamique (EI),
réprimant de façon sanglante les manifestations de solidarité en octobre 2014 (plus de 30 morts).
Il a longtemps refusé de s'engager militairement contre l'EI, et lorsqu'il s'y est finalement
officiellement résolu sous la pression américaine et qu'il a autorisé l'utilisation de ses terrains
d'aviation par la coalition anti-EI, il a en réalité dirigé l'essentiel de ses bombardements contre
des positions du PKK en Irak et en Turquie, voire en Syrie.
Selon les autorités turques le bilan de la reprise en juillet des combats avec le PKK était à la
mi-octobre de plus 150 morts parmi les policiers et les militaires, alors que plus de 2000
«terroristes» auraient été tués.


LE HDP, SYRIZA TURC


Le HDP, Parti Démocratique du Peuple, est un parti d'origine essentiellement kurde, proche du
PKK, souvent décrit comme la vitrine légale de ce parti. Mais en fait il a réuni en son sein divers
petits groupes et partis de gauche, écologistes, maoïstes, trotskystes, ce qui lui a permis d'avoir
une audience nationale et le fait comparer au parti grec Syriza. Recueillant 13% des voix aux
élections législatives de juin il a pour la première fois franchi la barrière des 10%, ce qui lui a
permis d'obtenir des députés au parlement (80). La «gauche de la gauche» européenne a salué ce
succès électoral avec presqu'autant d'enthousiasme qu'elle l'avait fait pour les victoires électorales
de Syriza...
Le HDP pratique une stricte parité et une politique de quotas: il a 2 «co-présidents», un
homme et une femme, ses candidats aux élections sont à 50% des hommes et 50% des femmes, et
il réserve 10% des candidatures à des personnes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi- et Trans-sexuels).
Il n'hésite pas à parler d'autogestion, de lutte contre l'exploitation des travailleurs et à tenir des
discours parfois anticapitalistes, etc..
Mais c'est fondamentalement un parti interclassiste, réformiste. Officiellement associé au
«Parti Socialiste Européen» (regroupement des députés européens sociaux-démocrates), il veut
démocratiser la Turquie par l'instauration d'une nouvelle constitution qui garantirait les droits des
minorités. Le HDP a servi d'intermédiaire dans les négociations qui ont eu lieu en 2013 entre le
PKK et le gouvernement, et il a longtemps cru à la possibilité d'une reprise des ces négociations.
C'est pourquoi, alors même que le gouvernement avait relancé la guerre avec le PKK, que l'AKP
et Erdogan multipliaient les dénonciations du «terrorisme kurde», que le premier ministre
l'accusait ouvertement le HDP de complicité, et que ce dernier dénonçait les «actions criminelles
de l'AKP», il n'a pas hésité à entrer dans le gouvernement intérimaire formé par l'AKP pour
diriger le pays jusqu'aux élections!
Cela ne lui a pas épargné les accusations des médias proches de l'AKP et de Erdogan luimême
de soutenir le terrorisme, ni évité les attaques contre ses permanences; ses ministres et
députés ont été empêchés par la police de se rendre dans la ville de Cizre soumise à un blocus
militaire, etc. Se trouvant dans une position de plus en plus intenable, le HDP a finalement été
contraint de se retirer du gouvernement, à peine quelques semaines après sa formation.
Cette expérience en dit long sur ce que peuvent attendre de ce parti, non seulement les
prolétaires, mais les masses pauvres en général, y compris kurdes: comme Syriza et comme tous
les partis réformistes, le HDP ne peut en définitive que s'aplatir devant les exigences bourgeoises
et défendre le capitalisme national.
Les partis réformistes, collaborationnistes, qui n'ont que les mots paix et démocratie à la
bouche, sont des adversaires de l'émancipation prolétarienne; ils ne sont pas du côté des
travailleurs, mais du côté des exploiteurs, même quand ils sont la cible des forces bourgeoises
réactionnaires comme hier au Chili ou aujourd'hui en Turquie. Les prolétaires ne peuvent pas
compter pour se défendre sur ses faux amis qui les trahiront toujours. En Turquie comme partout,
ils ne peuvent compter que sur leur propre lutte de classe, que sur leur organisation indépendante
de classe, sur le plan de la lutte de défense immédiate comme sur le plan politique.
La situation des prolétaires turcs n'est pas facile, confrontés qu'ils sont à un Etat
particulièrement brutal qui, pour assurer le bon fonctionnement du capitalisme, utilise tous les
moyens, légaux et illégaux, qui passe alternativement et parallèlement de la méthode
démocratique à la méthode dictatoriale de gouvernement.
L'horrible massacre d'Ankara, venant après les attentats et les attaques précédentes, démontre
à nouveau que les appels à la paix ne sont que de la poudre aux yeux et le cirque électoral une
mortelle impasse. Devant les contradictions qui déchirent la Turquie capitaliste et, à un degré
encore plus élevé, les pays moyen-orientaux voisins, s'ils ne veulent pas rester les éternelles
victimes des capitalistes et de leur Etat, les prolétaires n'ont pas d'autre choix que de lutter, et sur
une base indépendante de classe.
Face à la guerre sociale que leur livre les bourgeois, il leur faudra s'engager, sous la direction
de leur parti de classe internationaliste et international, dans la guerre de classe contre le
capitalisme qui, surmontant toutes les divisions ethniques, religieuses et nationales, dépassera les
frontières nationales pour embraser toute la région.
Le poids social que le développement même du capitalisme au cours de ces dernières années a
conféré au prolétariat de Turquie est le gage qu'il possède la force potentielle d'accomplir cette
tâche future grandiose, en liaison avec les prolétaires de tous les pays.


A bas le capitalisme!
Vive la guerre de classe!
Vive la révolution communiste internationale!

Parti Communiste International


18/10/2015
www.pcint.org




vendredi 16 octobre 2015

Air France : Fusillés pour l'exemple


C 'est une tradition dans l'armée bourgeoise que de fusiller une poignée d'insoumis pour terroriser les milliers de conscrits, reprise par les généraux français de 14-18 et leurs collègues d'Outre-Rhin, puis par Hitler, Staline, et enfin les terroristes islamistes. Tuez en cent, des millions plieront l'échine. Règle établie depuis la Commune de Paris dans l'impitoyable guerre des classes. La bourgeoisie tire sans vergogne dans le tas si ses intérêts sont menacés. Cela reste valable même au tout petit niveau de l'entreprise, sans tribunaux militaires arbitraires ni fusillade. C'est pour avoir méconnu cette règle impitoyable de la domination bourgeoise que cinq salariés ont été déchus de leur identité de prolétaires à Air France, privés sèchement de salaire et, cynique double peine, expédiés manu militari devant la justice de classe (bourgeoise).
Est également sous-estimée la fausse solidarité des édiles de la gauche bourgeoise, dite radicale par l'aile caviar du népotiste Hollande. Cette espèce électoraliste fort en gueule et noria syndicaliste du même acabit soutiennent comme la corde soutient le pendu. Le pitre Mélenchon nous a rejoué la comédie des bourgeois de Calais, clé USB autour du cou, se disant prêt à aller en prison à la place des salariés d'Air France. Les groupes trotskiens Lutte Ouvrière et NPA ont apporté leur solidarité (électoraliste) d'appareils professionnels du réformisme radical d'un capitalisme multiculturel et islamisé1. En réalité, personne, ni syndicaliste ni aucun de ces politiciens téléplastronnés n'ira voir les familles de ces ouvriers jetés à la misère et à l'isolement, ni pour les aider financièrement au long terme ni pour payer le psychiatre. (cf. lire leur terrible désarroi dans le Parisien du 16 octobre).
Ne parlons même pas des canailles syndicales. Ils ont tous été odieux de servilité et de lâcheté. On regrettera seulement qu'on ne leur ait pas arraché à eux aussi leurs chemises badgées ; il est vrai que l'irruption des prolétaires en colère dans leur mangeoire les avait désarçonnés et effrayés autant que les larbins des patrons, les DRH, ces fumiers professionnels.
D'un côté, on peut se féliciter quand même de la prise de position solidaire des LO, NPA et du cercle Matière et Révolution, pour leur axe central dénonçant l'hystérie type union nationale contre une poignée de grévistes stigmatisés comme terroristes par les bourgeois Valls, Macron, Le Pen et Sarkozy ; et déplorer du même coup qu'il n'y ait plus de véritable groupe révolutionnaire en France pour assumer véritablement la fonction de parti révolutionnaire, mais un vague milieu maximaliste de cercles ou couples réduits au rôle de spectateurs et dont plus aucun n'est capable de jouer le rôle de parti de référence ou au moins d'organisation phare apte à prendre position rapidement face aux graves attaques contre la classe ouvrière ou aux menées guerrières de notre bourgeoisie impérialiste secondaire.

ON A DONNE DES BATONS POUR SE FAIRE BATTRE

Si on ne se laisse pas noyer par le bruitage médiatique, la criminalisation des ouvriers par les bourgeois et la solidarité de pacotille après-coup des politiciens bobos, il faut en revenir au début du clash qui reflète plus les errances de la spontanéité et le manque de précautions des ouvriers en colère, plus désespérés que clairvoyants face à ces appareils qui les poignardent dans le dos en permanence. On leur fait toujours payer cher leur naïveté. Quand les bobos anars ou trotkiens se parent d'une cagoule depuis des décennies lors des émeutes de rue, le pauvre ouvrier offre sa face courageuse sans fard au flicage généralisé de la société numérisée et hyper-informatisée. 5 ont été « identifiés » (on va voir grâce à qui) mais une vingtaine d'autres futurs otages pissent dans leur culotte.
Quand les journalistes font le boulot des flics, on ne doit pas les laisser entrer dans les AG. C'est sur face book, que le dialogue suivant montre comment les ouvriers ont été piégés – et presse, patronat, flics et magistrats s'en sont vraiment pris à des lampistes sans qualification (éviter de s'en prendre à un chefaillon syndical ou à un cadre pilote). D'abord le commentaire de Aliocha Istrati :
« Les mensonges de France 2 :" L'identification des agresseurs est en cours grâce au visionnage des caméras de vidéosurveillance d'Air France“ !Pourquoi cette précision ?
Faux, l’identification a été faite par les vidéos reportages du journaliste Luc B. grand reporter - de France Télévisions, France 2 ; à l’intérieur du bâtiment du CCE. Le CCE n’étant ni un lieu public, ni le fait d’une manifestation de rue, le floutage aurait donc dû être de mise, ce que n’a pas fait France 2. (Les différents reportages qui ont été donnés à être visionnés sur le web ont été tronqués). Le DRH encadré et en chemise, nous le retrouvons 1 millième de seconde la chemise en lambeau) Hihihi …. Merci au monteur. Mais où sont donc passées les mains malfaisantes qui ont mis la chemise en lambeau ? Au commissariat !
• Le droit à l’image a donc bel et bien été bafoué. Le droit à l’information ne doit pas être celui du droit à la délation. Quoique..
• Maintenant, vous devez deviner qui a aidé la police à identifier (noms et prénoms) des agresseurs ?
• Question subsidiaire : comment redorer le blason d’un syndicat en pleine déliquescence ».


Subtil questionnement, auquel je réponds ainsi :

« Bonne question... mais CGT, Mélenchon et Autain ont beau faire les pitres "solidaires", en réalité les 5 lampistes vont payer très cher, ce sont des otages de fait pour terroriser les milliers d'autres. La sanction est déjà impitoyable ( quasi licenciement) alors qu'ils ne sont pas plus coupables que les dizaines d'autres dans la bousculade (qui fût une forme de lynchage indiscutable, où les bonzes syndicaux ont laissé faire la connerie - frapper un cadre ou un patron en entreprise a toujours été lourdement sanctionné, cf. les dix de Billancourt y a 30 ans). Malheureusement cela sert à 2 choses: redorer le blason de la CGT et des gauchocrates, et cela servira de monnaie d'échange pour mieux faire passer les licenciements, mais les 5 otages sont foutus et resteront seuls. Je les plains ».
Je n'aime pas la violence, ni la violence de foule qui mène au lynchage (cf. encart ci-contre) ni individuelle, mais là je la comprends et vu l'acharnement policier, judiciaire et patronal contre cinq lampistes je la soutiens totalement, même si pendant 40 ans comme prolétaire j'ai toujours déconseillé d'en venir aux mains avec la hiérarchie pendant nos grèves sauvages ; l'histoire des dix de Renault (cf. article de Virginie Linhart) est assez illustrative des dégâts irréparables, les ouvriers ne sont jamais réembauchés, malgré une époque où la CGT restait une force menaçante (mais pourrie pour les ouvriers, les dix figures de proue étaient interchangeables avec d'autres individus de l'appareil, et ils ne furent embauchés à la fin que dans les structures du PCF et de la CGT).
Deux exemples de courageuse et significative réaction ouvrière sont minorés face au buzz de l'arrachage de chemise. Cette ouvrière entrée la première dans le bureau des négociations à Air France et qui interpelle une brochette patronale, plus coincée que hautaine car incapable de répondre à un adversaire inconnu, pas aux confrères des appareils syndicaux complices. Belle image d'insubordination ouvrière qui nous rappelle cette ouvrière de 68 conspuant la trahison de la grève par les syndicats. Cet ouvrier d'usine, même avec macaron CGT sur son casque, qui refuse de serrer la main au Président de la République et argumente sur sa complicité avec les licencieurs ; au moins Hollande reste-t-il poli face au sans-culotte contrairement au voyou Sarkozy, mais il reste inaudible face à l'ouvrier digne. Belle image là encore de notre classe qui fait fi des plus hautes autorités sans violence mais avec une détermination à dénoncer l'injustice qui force l'admiration plus que d'arracher une chemise dans une foule en colère (le cadre supérieur avait gardé sa distinction : sa cravate!).

Le NPA est le seul dans un de ses communiqués à mentionner déjà « la peur des représailles » des
salariés d'Air France (cf. »La chemise » fait réagir). Les sondages se chargent ensuite de modeler l'opinion, plus ou moins scandalisée qu'un laquais des patrons ait été à deux doigt d'être complètement à poil. Il est ridicule de parler ensuite de « soutien populaire et d'écho mondial », car la violence en soi (limitée quand même, il n'y a pas eu mort d'homme) peut contenter le spectateur lambda mais en soi elle est stérile, donc il n'y a pas à « pousser l'avantage », typique du langage fier à bras du gauchiste fantasmatiquement émeutier (naguère on disait des pères de ces amateurs bourgeois qu'ils soutenaient « tout ce qui bouge »). Aucun de ces souteneurs ne conseille ni ne s'engage à « mettre en garde » les prolétaires contre des actions qui peuvent se retourner contre eux. J'ai trop souvent vu par le passé des syndicalistes laisser faire des conneries, pour dire ensuite dans le bureau du patron : « vous savez, Monsieur le Directeur, que nous ne sommes pas responsables de ces violences et que nous, nous ne voulons pas la révolution ». Ou déconseiller les violences une fois qu'elles avaient eu lieu.
Pousser l'avantage, serait plutôt de raisonner comme le fait Robert Paris sur son site « Matière et révolution » : « Le coup de colère est certes nécessaire et il est significatif qu’il dévoile d’abord la complicité des appareils syndicaux avec nos adversaires, mais il est nécessaire qu’il aille plus loin, qu’il déborde ces appareils, mène à l’auto-organisation des salariés, se dirigeant eux-mêmes, décidant eux-mêmes de ce qui n’est pas négociable, décidant eux-mêmes des moyens et des buts, décidant eux-mêmes des méthodes d’action, se structurant eux-mêmes non seulement dans un site, dans une entreprise mais au-delà entre les professions, entre les entreprises, entre privé et public.
Il faut que la peur change de camp, oui, mais, pour que ce soient les patrons qui y laissent leur chemise, il faut que les salariés se décident à se diriger eux-mêmes et à envoyer promener tous les porte-flingues des patrons et du gouvernement, y compris les patrons et petits chefs syndicaux… ».
(cf. Quand le DRH perd sa chemise, les syndicats se dévoilent » http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3422



TIRER LES LECONS D'UNE LUTTE DESESPEREE

Presse, politiciens de la gauche radicalo-bobo et syndicalistes de tout poil s'empressent de tout focaliser sur la corporation, alors qu'une simple grève générale de deux jours ferait libérer les 5 otages 2; en 68 j'ai eu connaissance d'actes autrement violents mais sous la pression de la grève massive, utilisée également comme monnaie d'échange par les appareils syndicaux, il y eu nombre de « relaxés » ; tout le monde a oublié ou ne connaît pas les violences inouïes des sbires staliniens contre les CRS à SKF, dont certains furent hospitalisés pour blessures graves, mais aucun des divers gros bras syndicalistes et cogneurs ne fût inquiété vu la puissance de la CGT et du PCF à l'époque ; il est vrai que la caméra portable n'existait pas et que les journalistes n'avaient pas été invités à filmer !
Là aussi, Robert Paris est le seul en France à avoir le génie de rappeler les nécessités de classe en partant de l'essentiel : « L'avenir de nos luttes nécessite de tirer des leçons des luttes passées ». Il est donc nécessaire de situer le pourquoi de la nasse où en est la lutte à Air France avec une action non pas « avantageuse » (comme le prétendent les activistes du NPA) mais plutôt « désespérée » ; la violence prolétaire impulsive n'est pas un signe de force mais plutôt une réaction de défense.
R.Paris tape très juste en rappelant que nous venons de vivre quatre lourdes défaites (PSA Aulnay, SNCF, SNCM et Air France) :

« Quatre lourdes défaites donc. Deux fermetures et deux reculs d’ampleur. La compagnie low cost pourra employer des pilotes hors des statuts actuels. Le PDG d’Air France avait réussi à s’attaquer aux bagagistes sans aide des pilotes, à négocier avec les syndicats le départ de près de 5.000 personnes, sans réaction, à appliquer des mesures de restrictions contre les personnels au sol sans provoquer de réaction d’ensemble… Pas étonnant que la grève des pilotes ait permis de diviser les personnels qui l’étaient déjà par la politique des syndicats. Le fait même qu’existent des syndicats des seuls pilotes en dit long sur le rôle diviseur des syndicats…
La défaite de la dernière lutte des cheminots est marquée par la mise en place dès juin prochain de la division de la SNCF en trois entités dont les personnels ne seront plus d’une même entreprise. Les syndicats, qui essaient de calmer les cheminots en prétendant que le statut ne sera pas mis en cause, mentent puisque la convention collective précédente est supprimée et la nouvelle n’est même pas encore précisée.
Bien des travailleurs risquent de tirer à tort la leçon que nos adversaires sont trop forts et que nos luttes ne peuvent triompher actuellement. Soit parce que le gouvernement est trop au service des patrons. Valls ne vient-il pas d’intervenir pour imposer la reprise du travail aux syndicalistes d’Air France, allant jusqu’à menacer les emplois et la mise en faillite de la compagnie ? Soit parce que la pression de la crise et du chômage rendrait les salariés plus défensifs qu’offensifs et que la crainte de la perte d’emploi, dans une situation où il est très difficile d’en retrouver et presque impossible de trouver des CDI, rend le licenciement catastrophique.
Mais ces arguments tombent d’eux-mêmes si on remarque que nombre de ces salariés étaient déjà menacés dans leur emploi et que c’était même la cause du conflit. Quant à l’intervention du gouvernement en faveur des patrons, n’avait-elle pas amené les dirigeants syndicaux à affirmer que le préalable aux luttes revendicatives, comme celle des retraites (une autre défaite malgré la bonne réponse des salariés), était le changement de président et de gouvernement. On a vu avec les différents gouvernements Hollande qu’il n’en était rien…
Par contre, le problème que pose l’intervention du gouvernement, dans chacun de ces conflits, c’est que les dirigeants syndicaux estiment que le gouvernement devrait jouer le rôle de conciliateur, de négociateur, de modérateur alors que, quelque soit la couleur du gouvernement, il est l’unique instrument central des capitalistes et défend leurs intérêts de manière exclusive.
Quand le centre de décision et de pouvoir des capitalistes, l’Etat bourgeois, intervient ainsi en faveur des patrons, par ses policiers, par ses juges, par son gouvernement, par ses négociateurs, etc, le mouvement ouvrier, soi-disant centralisé par… les centrales syndicales n’intervient absolument pas.
Pas le moindre geste central des organisations de salariés dans aucun des conflits précédemment cités, au moment où le patronat intervient dans tout conflit même localisé, sauf pour sonner la fin de la partie, et reconnaitre la défaite, quitte à se plaindre du gouvernement.
Les dirigeants locaux des syndicats ne relèvent quasiment jamais cette attitude de leurs centrales qui refusent d’impliquer plus largement la classe ouvrière lorsqu’une de ses fractions est directement visée et menacée. Aucun effort réel pour élargir le conflit du site d’Aulnay à l’ensemble de PSA pourtant aussi concerné par des suppressions massives d’emplois. Aucun effort des dirigeants syndicaux cheminots pour élargir la contestation de la privatisation de la SNCF à la privatisation de l’EDF, de la Santé, de l’Education, de la Recherche, de l’Energie, de tout le service public, menacé en même temps et pour exactement les mêmes raisons. Aucun effort des dirigeants de la SNCM de mener leur conflit en même temps que celui de la SNCF pour faire converger les luttes. Bien au contraire. Aucun effort dans le sens de la convergence de la part des dirigeants syndicalistes d’Air France. Une grève simultanée d’Air France, de la SNCM et de la SNCF, menaçant de s’étendre à l’ensemble du RER (Paris centre n’a pas été bloqué dans la grève même dans la partie commune SNCF-RATP), de la RATP, s’adressant aux hôpitaux déjà en lutte et à ceux à venir, etc., n’aurait-elle pas représenté une pression accrue sur le gouvernement et le patronat et un pas vers de luttes autrement plus conscientes des intérêts communs des salariés ? Poser la question c’est y répondre ! ».
A ces sages recommandations du camarade R.Paris je me permets d'ajouter les modestes addenda suivants :
  • dans les lieux de la lutte, interdire la présence de journalistes et caméras de l'audiovisuel bourgeois ;
  • éjecter tout prétendu intermédiaire, médiateur neutre ou avocat professionnel des ouvriers.


TRIBUNAL POUR GREVISTES INSUBORDONNES = CONSEIL DE GUERRE DE CLASSE

Chaque année il y a en France, comme ailleurs, des milliers de licenciement pour fautes plus ou moins lourdes, plus ou moins justifiées, de syndicalistes honnêtes ou pas, d'ouvriers véreux comme de prolétaires sans défense. Le licenciement, généralement pour les honnêtes, c'est un peu comme une mise au poteau d'exécution, meurtre plus lent, plus raffiné qui peut mener au suicide, à l'alcoolisme, au fait divers. Dans la guerre comme dans la paix, la bourgeoisie dispose de ses justices d'exception, et seul le renversement de l'Etat capitaliste par le prolétariat en armes, orienté par son parti de classe et ses organismes élus et contrôlés par les masses, pourra nous débarrasser de cette injustice criminelle qui mène à tous les massacres, pas seulement celui des prolétaires. (je pille ici simplement wikipédia)
Après les désastres de son armée et la débandade qui s’ensuivit, le gouvernement français avait autorisé par un décret du 2 octobre 1870 l’établissement de cours martiales qui permettaient l’exécution immédiate d’un soldat. Seul un compte-rendu a posteriori était demandé. Les exécutions furent nombreuses et marquèrent les esprits, mais les données historiques manquent cruellement pour donner un bilan chiffré fiable de ces exécutions.
Lors du siège de Paris de 1870-1871, la Cour martiale de Paris est instituée le 19 septembre 1870 avant d’être instituée à Vincennes, Saint-Denis, etc.
Les fusillés de Saint-Étienne-de-Fursac, trois soldats fusillés en 1871, voleurs de poules ou déserteurs selon les versions;
L'armée française a comptabilisé, en octobre 2014, un total de 1 008 fusillés dans ses rangs dont 82 sans jugement. Sur les 926 personnes jugées, 612 furent condamnées pour désobéissance militaire, 141 pour crimes de droit commun, 126 pour espionnage, 47 pour motifs inconnus. Sur les 82 fusillés sans jugement, 27 furent fusillés pour désobéissance militaire documentée par les archives militaires, 55 exécutés et tués sommairement identifiés dans les archives militaires2.
Suivant la défaite de Charleroi et l’échec de la bataille des frontières, les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, deux décrets du 2 août et du 6 septembre 1914 furent promulgués qui instituaient des Conseils de guerre spéciaux, s’ajoutant aux Conseils ordinaires qui continuaient de se tenir. Avec une procédure simplifiée et expéditive, s’inspirant des cours martiales de 1870, ces conseils s’exercèrent jusqu’à leur suppression en 1917.
Pendant la Première Guerre mondiale, en France, 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et environ 600 fusillés pour l’exemple3,4, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés. Ces condamnations ont été prononcées pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie (en 1917). En revanche, les militaires abattus pour refus d'obéissance, ou "exécutions sommaires", qui sont liées à des refus d'ordres, par exemple : refus d'aller au combat, ou même prostration, peur, ce qui était assimilé à un retrait face à l'ennemi sont bien plus nombreuses, et quand les détails sont connus, les historiens doivent attendre souvent plus de 100 ans après la fin du conflit pour consulter les rares archives, car souvent, ces exécutés sont marqués "morts au combat", ou "morts au champ d'honneur", pour éviter des procès de cour martiale, par la suite, ou tout simplement, pour gagner du temps, car les combats faisaient rages. L'histoire de l'affaire du pantalon rouge est assez connue pour en faire le parfait exemple.

APRES LE MASSACRE DES OUVRIERS LE MASSACRE DES JUIFS
Au cours du congrès de fondation de l'Internationale communiste, en mars 1919, un texte est voté par les délégués sous l'intitulé Résolution sur la terreur blanche :
« À présent, les Krasnov et les Dénikine, jouissant de la collaboration bienveillante de l'Entente, ont tué et pendu des dizaines de milliers d'ouvriers, décimé, pour terroriser ceux qui restaient encore, ils laissèrent même pendant trois jours les cadavres pendus à la potence. Dans l'Oural et dans la Volga, les bandes de gardes-blancs tchécoslovaques coupèrent les mains et les jambes des prisonniers, les noyèrent dans la Volga, les firent enterrer vivant. En Sibérie, les généraux abattirent des milliers de communistes, une quantité innombrable d'ouvriers et de paysans. »
Selon l'historien Peter Holquist, la violence blanche relevait d'une idéologie : les Juifs, assimilés au communisme, devaient être éliminés car considérés comme « nuisibles ». L'historien dévoile la pratique du « filtrage » des chefs militaires blancs : « Les prisonniers de guerre étaient triés par les chefs blancs, qui mettaient à part ceux qu'ils considéraient comme indésirables et irrécupérables (les Juifs, les Baltes, les Chinois, les communistes) et les faisaient ensuite exécuter tous ensemble ». Dans ses mémoires le général Tourkoul rapporte que les commissaires rouges étaient souvent exécutés sommairement par des soldats initialement enrôlés de force dans l’armée rouge puis fait prisonniers et engagés volontaires dans les armées blanches.
En Russie, les troupes de l’Armée blanche de Dénikine sont à l'origine de plusieurs pogroms dont le plus important est celui de Fastov le 15 septembre 1919, qui fait environ 1 000 morts. Pour l'année 1919, les historiens ont recensé 6 000 morts dans les pogroms anti-juifs en Russie.


L'ARTICE DU PARISIEN SUR LA CONFERENCE DE PRESSE DES 5 OTAGES

« Bafoués de leur droit à la présomption d'innocence? Traités comme des exemples pour décourager la rebellion et non comme des hommes? «Traumatisés» d'avoir été «traités comme des bandits», les salariés d'Air France poursuivis pour violence sortent du silence pour la première fois. Jeudi devant l'AFP, ils s'estiment désignés «coupables avant d'être jugés», par le gouvernement et la compagnie, qui a voulu selon eux «faire un exemple» pour éteindre la révolte. Dix jours après le comité central d'entreprise d'Air France interrompu par de violents débordements, quatre d'entre eux ont rencontré l'AFP. Seuls deux ont parlé, lors de cet entretien qui sera «le premier et le dernier» accordé aux médias, prévient Mehdi Kemoune de la CGT, présent à leur côté.



Violences à Air France: Y a-t-il deux poids deux mesures sur le sort réservé aux salariés ?
Visages fermés, traits tirés, aucun ne souhaite s'étendre sur son rôle dans la manifestation du 5 octobre au siège d'Air France, contre les 2.900 suppressions de postes envisagées, qui a dégénéré. Sous la double menace d'une condamnation pénale et d'un licenciement, les salariés incriminés l'affirment: «On n'a rien fait», d'ailleurs la police n'a «pas assez de preuves». Deux dirigeants d'Air France avaient alors été molestés et obligés de s'enfuir, leurs chemises déchirées, en escaladant des grilles. Quatorze plaintes ont été déposées après ces violences: neuf émanant de vigiles et cinq de cadres de l'entreprise.

«On est venu là pour nos emplois, pas pour casser.»

«Je ne regrette pas d'avoir participé à une manifestation pour sauver mon boulot», lâche simplement David (prénom modifié). «On est venu là pour nos emplois, pas pour casser.» Le nouveau plan de restructuration, «c'est une catastrophe sociale», dit Mickaël (prénom modifié). «C'est des divorces, des pertes de maison, de vie... c'est injustifié», soupire-t-il.

«J'avais l'impression d'être un terroriste.»

Tous gardent en mémoire la date du «12 octobre», jour de leur interpellation, à l'aube et devant leurs familles. Après une nuit de travail, Mickaël trouve trois policiers devant son domicile, peu après 6h du matin. «Ils ont fouillé chez moi, j'avais l'impression d'être un terroriste.» «Le pire, c'est pour les enfants», qui s'interroge selon lui: «Il a disparu papa, qu'est-ce qu'il a fait?»
David se dit personnellement «traumatisé par la garde à vue». «Nous aussi on s'est fait violenter», alors qu'une simple convocation suffisait selon eux. Depuis sa sortie, mardi soir, il affirme voir un psychiatre. «Je ne dors pas vraiment, je ne mange plus», dit-il dans un souffle. «Je n'ai jamais eu de problème avec la justice, c'est vraiment dur psychologiquement d'être traité comme un bandit», poursuit Mickaël.
A plusieurs reprises, ils affirment que leur «présomption d'innocence» a été balayée dans le flot de réactions qui ont suivi le 5 octobre. «Des voyous», avait notamment tonné le Premier ministre Manuel Valls.
«Nous sommes coupables avant d'être jugés, même par les médias et par Valls», se plaint Mickaël. S'il est innocenté, espère-t-il un «soutien» du gouvernement? «Si un jour on a des excuses, c'est déjà bien. On a été mis plus bas que terre.» «Le plus dur à vivre c'est pour la famille, ça passe très mal», ajoute David.

Jugés le 2 décembre

Le chef du gouvernement a assuré jeudi au Sénat qu'il «ne peut pas y avoir d'impunité (...), à l'égard d'actes qui méritent une sanction judiciaire et des sanctions dans l'entreprise». Les cinq salariés, âgés de 35 à 48 ans, seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des «faits de violences en réunion». Ils ont également été mis à pied jeudi à titre conservatoire, sans solde.
«Une double peine», pénale et disciplinaire, tranche David. Mickaël va plus loin. «On sert de bouc-émissaires, Air France a voulu faire un exemple en disant "si vous vous rebellez, vous aurez le même traitement."» En suspendant leurs salaires, la direction de la compagnie «nous prend ce qui nous fait vivre». «Ce qu'on demande, ajoute-t-il, c'est de pouvoir continuer à travailler» pour Air France, «une société que j'aime».

1SUR SON SITE « Matière et révolution », R.Paris fournit une liste édifiante des lâchetés syndicales contre les cinq otages de la justice bourgeoise et d'un patronat désormais arrogant dans sa posture de victime.
2Pour évacuer cette seule réelle solidarité de classe massive, seule à même de faire reculer gouvernement et patronat acharnés sur cinq malheureux lampistes, la CGT n'a pas trouvé mieux que son lulipputien boycot de la réunion annuelle fraternelle Etat-patronat-syndicat !

lundi 12 octobre 2015

POURQUOI LES SYNDICATS TURCS APPELLENT A DEUX JOURS DE GREVE GENERALE

 Lire un excellent article du Monde sur la barbarie de l'Etat turc: http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/10/12/apres-l-attentat-d-ankara-la-turquie-au-bord-du-gouffre_4787525_3214.html

Ils ont bien tardé à réagir ces agents secondaires de l'Etat bourgeois, après l'hypocrite appel d'Erdogan à trois jours de deuil pour ses propres... crimes.
Il faut aller sur le site de Radio Chine pour échapper au black-out des médias occidentaux sur les autres crimes de l'Etat musulman.
« Au moins 49 rebelles kurdes ont été tués dans des opérations aériennes menées depuis samedi dans le sud de la Turquie et le nord de l'Irak, indique un communiqué de l'armée turque.
Samedi, 14 membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont trouvé la mort lors des frappes aériennes près de la ville de Diyarbair, alors que 35 ont été tués dans les régions de Metina et Zap, dans le nord de l'Irak, selon le communiqué de l'armée turque.
D'après le ministre turc de l'Intérieur Selami Altinok, plus de 2.000 militants du PKK ont été tués depuis le mois de juillet dans quelque 4.300 opérations des forces de sécurité turques.
La Turquie a déclaré 231 régions zones de sécurité ou zones interdite militaire.
Selon M. Altinok, un total de 255.000 policiers et 130.000 soldats seront mobilisés pour sécuriser les élections anticipées du 1er novembre.  
Le PKK annoncé samedi un cessez-le-feu unilatéral, disant que le mouvement voulait éviter des actions armées sauf qu'il soit attaqué.
Le tension monte notamment dans le sud-est de la Turquie, sur fond d'opération militaire d'envergure contre les militants kurdes, lancée en juillet dernier.
Le PKK est considéré comme organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis ».
Or l'Etat bourgeois musulman turc est encore plus terroriste. Sans cautionner le nationalisme kurde, des révolutionnaires marxistes doivent dénoncer les deux terrorismes nationalistes. Le mouvement pour la paix qui a présidé aux manifestations où les assassins d'Etat ont frappé, ne se situait évidemment pas sur un terrain de classe, mais il était légitime car toute la population de Turquie, les prolétaires en premier lieu ont intérêt à dissoudre les nationalismes et à s'unir contre le pouvoir musulmano-capitaliste.
Aux anars apolitiques et à la gauche bobo qui nient la réalité des complots, je réponds invariablement qu'ils sont des imbéciles, non seulement parce que la classe dominante, par nature, complote en permanence, par ses manipulations et mensonges, par ses crimes odieux aussi. Les pouvoirs qui se réclament peu ou prou de la charia sont du même niveau que les gouvernements en France qui avaient pour usage de faire tirer sur la foule (cf. Narbonne en 1907), et que le tsar Nicolas II qui fît mitrailler sur la masse des manifestants un jour de 1905 ; ce qui provoqua le début d'incendie social et politique qui reste inoubliable.
Devant l'émotion sociale et politique qui a saisi l'ensemble du prolétariat en Turquie (déjà victime : on a oublié les 274 morts de la mine de Soma en 2014, où Erdogan était venu s'incliner la queue entre les jambes) il était naturel que les pompiers sociaux appellent à deux fallacieux jours de grève générale ! Vous m'avez compris.

A l'époque de la catastrophe minière, il y a un an à peine, due à l'impéritie du patronat turc, le compte-rendu des médias avait été comique concernant le secourisme policier : « Au coeur de la nuit, les secouristes extirpaient au compte-gouttes des blessés, la plupart souffrant de graves difficultés respiratoires. De nombreux gendarmes et policiers en armes étaient déployés autour du site pour faciliter les allées et venues incessantes de dizaines d'ambulances entre le site de la catastrophe et l'hôpital de Soma, ville où est située la mine ». En réalité, dans ce genre d'accident, les flics sont inutiles, mais en Turquie ils étaient présents pour menacer les ouvriers en colère et maintenir le calme. De même, peu après le massacre à la manif pour la paix, au lieu de laisser passer les ambulances et de venir en aide aux blessés – en laissant les morts couchés sous les banderoles comme un vulgaire tas de viande – les pandores turcs n'eurent pas mieux à faire que de cogner les manifestants effarés et de leur balancer les gaz lacrymogènes.
Oui c'est même pas les élections qu'il faut attendre, mais ce pays mérite une insurrection des prolétaires turcs et kurdes unis contre les charlatans musulmans du pouvoir capitaliste !




samedi 10 octobre 2015

DES ULTRA-GAUCHES ANARCHISTES CONTRE LA REVOLUTION RUSSE


Finalement il faut lire régulièrement le bulletin « Echanges » d'Henri Simon. C'est le seul endroit non sectaire où l'on est tenu au courant de ce qui se passe dans les milieux plus ou moins révolutionnaires prolétariens, maximalistes et néo-syndicaux. Je trouve en plus que HS vieillit bien, avec un sens critique toujours en éveil, sans jamais être agressif il porte souvent des jugements très justes et fins politiquement, du point de vue de classe. Quand il annonce la constitution d'un « front anticapitaliste » par les bouffons d'Alternative libertaire c'est pour noter finement l'alliance de « groupes réformateurs gauchistes » et le soutien aux mouvements nationalistes kurdes ou canaques. C'est en effet ce que je nomme réformisme radical pour le marais sous-politique, profondément suiviste de l'idéologie de la gauche bourgeoise, qui s'étend du gauchisme à l'anarchisme organisé.

C'est en lisant Echanges °150 que j'avais pris connaissance du revirement d'anciens ultra-léninistes, formés (en partie) jadis par le CCI d'un groupuscule à prétention mondialiste le GCI, à travers leur numéro (sic!) 66 (revue nommée Communisme, comme indication d'une croyance éternelle). Je n'ai lu finalement que la deuxième partie de « Le léninisme contre la révolution », que HS a intitulé « le léninisme contre le prolétariat » ; ce qui peut signifier la même chose, sauf que moi j'aurais titré : « le léninisme contre le parti ». Passons. N'ayant point trouvé le numéro en question dans mes librairies du quartier latin, j'ai fini par le pomper sur le web. Je dois des excuses à « Mouvement communiste », vieux frère du GCI, car ce n'est pas lui qui aurait ainsi remis en cause Octobre 17 (j'avais reproché à un de leurs membres ce soudain rejet de la révolution russe). Le GCI est une scission bordigo-léniniste du CCI en 1979, quand Mouvement communiste est une scission du GCI en 1988. Sur le GCI, un article de Révolution internationale de 2006 dit l'essentiel (A quoi sert le GCI?), sous ses airs anti-gauchistes et ce langage sermonneur de petits profs aigris, ce n'est qu'un groupuscule contre-révolutionnaire, plus proche du terrorisme idéologique stalinien que du marxisme révolutionnaire. Mouvement communiste est moins caricatural, avec des textes longuets mais argumentés et demeure plus bordigo-léniniste.
J'ai connu à peu près tous ces zigotos encore étudiants et apprentis militants et les voilà quasiment tous près de la retraite ou rangés des limousines bolcheviques. Plus ils vieillissent plus ils haussent, d'une voix chevrotante, une exigence communiste qui tient plus de l'incantation et de la redondance professorale que de la patiente et complexe lutte pour un monde débarrassé du capitalisme.
Le conseilliste (= syndicaliste radical) Henri Simon n'allait pas les louper. Il fournit un bon résumé qui vous évitera de vous farcir le galimatias de « l'organe en français du groupe communiste internationaliste » (HS se moque avec la rallonge). Résumé : dès l'insurrection le parti bolchevique est pourri, ses membres ne sont que des sociaux-démocrates en chapka équivalents à Ho Chi Minh, Hodja, Castro, Montseny (HS regrettant au passage que le « superléniniste Bordiga » ne soit pas fustigé lui aussi) ; les bolcheviques ont terrorisé le prolétariat tout comme ils ont soutenu parlementaristes et syndicalistes. Au lieu de se moquer de ce retournement anti-léniniste, assez primaire il faut le dire, HS ne peut que s'en féliciter : « Tous rappels utiles théoriquement et pratiquement pour la lutte de classes longtemps dévoyée par la social-démocratie et le léninisme, idéologies du dogme révélé opposé à la capacité des masses laborieuses à prendre en main leurs propres affaires ».

Bon j'ai dit que Henri Simon avait de beaux restes, mais pas qu'il n'était qu'un décomposé de l'idéologie anarchiste « laborieuse » du dix neuvième siècle, un fils bâtard du révisionniste Castoriadis, un héritier de la confusion politique moderniste de « Socialisme ou Barbarie ». Non je n'ai pas dit tout cela, mais je l'ajoute.

Non le pensum du GCIste-chef n'est pas utile ni théoriquement ni pratiquement à la lutte de classes et à la révolution. Quitte à parodier le Clemenceau de 1891, je réplique ici : la révolution russe est un bloc !

En janvier 1891, une pièce de Victorien Sardou, « Thermidor », représentée à la Comédie Française, est frappée d'interdiction (la censure des théâtres ne sera abolie qu'en 1907). Pour les radicaux, dominants dans le gouvernement Freycinet, Sardou n'y défend Danton que pour mieux attaquer la Convention et l'ensemble de la Révolution française. Clemenceau refuse de faire le tri entre « bons » et « mauvais » révolutionnaires. La Révolution française est un « bloc », qu'il faut accepter ou rejeter dans son intégralité, car le combat révolutionnaire continue. Le discours de Clemenceau marque l'entrée du terme bloc dans le discours politique : on parlera plus tard sous le gouvernement Waldeck-Rousseau (1899-1902) du « bloc des gauches » - la droite parlera des « blocards », mais le mot sera repris à droite (« le bloc national ») aux élections de 1919. Quant à la formule d'une Révolution « unie et indivisible », la plupart des républicains à l'époque auraient pu la faire leur.
Dix ans plus tard, Waldeck-Rousseau, républicain modéré, s'exprimait presque dans les mêmes termes, le 15 janvier 1901, à l'ouverture du débat sur l'autorisation des congrégations : « Il faut choisir : être avec la Révolution et son esprit ou avec la contre-révolution contre l'ordre public ».

LES NOUVEAUX CRITIQUES ULTRA-GAUCHES DE LA REVOLUTION RUSSE REJOIGNENT LES REVISIONNISTES DE LA REVOLUTION FRANCAISE


Avec la même absence de méthode, des mensonges à la stalinienne (ils gomment leur ultra-léninisme antérieur), ces cuistres qui se parent du titre de communistes purs s'alignent sur le plus plat renoncement à la politique et au respect de l'histoire réelle des révolutions par les gentils intellectuels vagabonds à la Henri Simon.
D'emblée la démarche apparaît infantile, petit juge de l'histoire le réacteur anonyme dénie toute action révolutionnaire aux bolcheviques, s'alignant sur la position des réfugiés blancs en France « Lénine et les autres, une bande de voyous et de bandits » (témoignage oral que j'ai entendu au Petit Clamart en 1970). A la poubelle l'héritage de la social-démocratie allemande, qui a constitué longtemps pourtant la colonne vertébrale du mouvement international du prolétariat !
Invention d'une notion éthérée et invisible de « minorités révolutionnaires », le pitre oublie que les premières minorités révolutionnaires étaient... les bolcheviques ! Et que la plupart le sont restés jusqu'à la mort sous la torture stalinienne.
Lourdingue sous ses radotages, le donneur de leçon articule son pensum autour des trois « positions de classe » que lui a (péniblement) appris le CCI : l'anti-parlementarisme, l'anti-syndicalisme, l'anti libérations nationales, et de broder sur la criminalisation bolchevique, les horribles compromissions diplomatiques surtout lorsque l'armée rouge est battue à plate couture... Le petit sergent chef du GCI eût fait le fier à bras face aux tanks teutons et réveillé la « guerre révolutionnaire » pour rester fidèle aux « idéaux internationalistes ».
Ce fantôme de « minorités révolutionnaires » est une reprise de l'anaphore à la F.Hollande, rhétorique creuse répétitive qui supplée à une argumentation réelle, sert de canevas à une série de dénonciations incantatoires débiles et puristes khmers rouges des différentes étapes où le parti bolcheviques a été acculé à une real politique d'Etat pas du tout prolétarien. La critique échevelée d'une expérience en cours, jamais égalée, de référence, est du même type que cet adolescent boutonneux qui, au coin de la rue, se vante auprès de ses potes d'avoir tout essayé.

Autre fantôme dans la description ensauvagée de bolchevique malfaisants « les secteurs révolutionnaires » : « Comme on le voit (sic), les secteurs révolutionnaires ont une conscience claire que Lénine et compagnie sont en train d'abandonner les positions élémentaires du prolétariat » ; passons sur le méprisable « positions élémentaires », mais je peux rappeler ici que la plupart de ces scissionnistes du CCI, et l'auteur de cet article infamant et ridicule, sont partis because ils n'avaient pas été nominés dans la haute hiérarchie du CCI, en s'inventant des désaccords bordigo-léninistes mais en partant avec les quelques « schémas de classe » pillés au CCI. J'imagine sans mal que ce genre de donneurs de leçons jaloux et aigris eussent pu très bien réclamer des postes élevés à la tchéka, ce qui fût le cas de nombreux anarchistes et mencheviques ! Et tirer dans le tas des « minorités révolutionnaires » et autres « secteurs révolutionnaires », sans peur et sans reproche...de classe !

Le léninisme « liquidateur de la rupture communiste » est en partie une galéjade qui se retourne contre les falsificateurs du GCI. L'invention du « léninisme », c'est au lendemain de la mort de Lénine, le fait de l'opportuniste Radek, ouvrant la voix au « marxisme-léninisme » cache-sexe du stalinisme. La culture de référence du contempteur d'hommes révolutionnaires courageux, et pas de pépère sur son clavier avec pour fusil virtuel gogol propaganda, est limitée aux pires plumitifs réactionnaires ultra-gauchistes révisionnistes à la Baynac (en note SVP).
Des encarts sensationnels plagient les formes propagandistes de la presse bourgeoise, mais d'une façon si simpliste et idiote qu'on hésite entre rire aux larmes et compassion. Avec « la persistance contre-révolutionnaire du léninisme », on apprend que le léninisme s'est répandu « hors des régimes marxistes-léninistes », qu'il est devenu « une véritable science de la manoeuvre », que Lénine « est l'auteur le plus lu de tous les temps » (si c'était vrai, tant mieux!) ; et enfin : « le triomphe de la contre-révolution léniniste a fait de cette science (sic) la forme la plus développée de domination des prolétaires ». Un curé, un imam ou un rejeton de la CIA peuvent ergoter cela, pas un auguste membre du parti mondial GCI ! Non, impossible ! Mais c'est écrit !

Quel est le mode de lutte du prolétariat derrière la mise à la poubelle de toute la révolution russe ? Après avoir fait la leçon aux milliers de « salauds » bolcheviques morts, fusillés et enterrés, que propose le GCI au « prolétariat élémentaire » ? Un nouveau parti bolchevique ? Non en effet il a commis l'erreur de s'identifier à l'Etat national dans l'échec international. Des conseils ouvriers ? Non, cela serait trop « conseilliste-anar ». Des grèves et des manifestations politiques de masse ? Non le parti bolchevique a commis l'erreur de ne pas rester une minorité révolutionnaire et de ne pas laisser les masses à la social-démocratie bourgeoise.
Non, rien de tout cela dans le capharnaüm d'un vomissement pathologique de la révolution russe, mais, discrètement, en note de bas de page 13, la vieille théorie stalino-gauchiste du terrorisme armé : « il faut au contraire le détruire (l'Etat national) et seul le prolétariat en arme peut développer cette action révolutionnaire ». Pas du tout ! La véritable lutte primordiale du prolétariat, comme disait Pannekoek, ne passe pas par la priorité à la lutte en arme, mais par la conscience et les assemblées de masse ! Et les problèmes pendant la révolution et dans le prolétariat ne peuvent plus se régler à coup de fusil et de terreur d'Etat, sinon adieu à jamais la révolution... prolétarienne.

Oui Kronstadt a été une tragédie condamnant la révolution en Russie à la régression contre-révolutionnaire, oui ils ont tirés sur les grévistes, mais parce qu'ils avaient la même croyance que les nains du GCI que la révolution pouvait progresser par les armes, même contre son propre camp et par cette hérésie anti-communiste, la guerre révolutionnaire.

Au début notre réacteur du GCI se situe du côté des russes blancs et à la fin il rejoint les crétins poseurs de bombes anarchistes et les critiques du même acabit de Brest-Litovsk.
De cette mixture de choses apprises au CCI et de mentalité révisionniste bourgeoise1, il ressort une tentative de s'annexer les opposants de gauche à Lénine et à Staline – je rappelle à son complice HS que c'est Bordiga qui a eu le culot le premier d'affronter Staline face à face dans le bureau central du parti ! Je rappelle que c'est tout l'honneur de Bordiga et de la Gauche italienne d'avoir persisté à défendre le combat de Lénine et de Trotsky, pas leurs erreurs.

Je regrette d'avoir qualifié en titre ces ultra-gauches décadents et néantissimes d'anarchistes, c'est leur faire trop d'honneur car je respecte les grands anarchistes du passé du mouvement ouvrier, le qualificatif est utilisé en fait pour l'absence de méthode et une dialectique de la haine.

Après avoir recopié à peu près toutes les infamies et interprétations mensongères des historiens bourgeois, l'auteur anonyme du GCI pourra être admis membre d'honneur de la CIA ou recevoir la légion d'honneur par le vice-chancelier Hollande, car il a trouvé la science infuse de la « mystification  léniniste » : le parti était une Eglise. Qu'en pensent les frères ennemis de « Mouvement communiste » ?

1Comme n'importe quel historien bourgeois superficiel, le réacteur anonyme (Ricardo, hi hi) du GCI fait de Lénine le père de tous les malheurs du XXe siècle : « Les nazis imiteront ses méthodes de mobilisation de masse et de propagande, ses camps de travail et de concentration, ses méthodes de terreur ». Cela fait beaucoup pour un seul homme, fut-il un théoricien de génie comparable à Marx.

EUROPHOBIE, ISLAMOPHOBIE, GERMANOPHOBIE


L'infanterie est l'ensemble des unités militaires devant combattre à pied, le soldat étant appelé fantassin. Le mot est emprunté de l'italien infanteria, dérivé de infante (enfant) qui prit au XIVe siècle le sens de "jeune soldat, fantassin". A partir du XVIe siècle l'on distingue désormais les trois armes du combat moderne, l'infanterie et l'artillerie qui prennent une importance croissante, et la cavalerie. Dans la seconde partie du XVIe siècle. L'artillerie stagne et la cavalerie est en déclin.
Le pistolet a été adopté par la cavalerie légère peu avant lors des guerres de religion, bien avant que Hollywood n'immortalise le cow-boy du XIXe siècle et que les lobbies de l'armement US n'abonde une artillerie contemporaine propice aux massacres en milieu scolaire.
Dans son célèbre pamphlet – Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte – Marx conclut une longue tirade par les trois termes militaires :
« Chaque fois que, pendant ces vacances, s'éteignit le bruit confus du Parlement, et que ce dernier se sépara pour se répandre dans la nation, il apparut d'une façon indiscutable qu'il ne manquait plus qu'une seule chose pour compléter la véritable figure de cette République : rendre ses vacances permanentes et remplacer sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité ! par les termes non équivoques de : Infanterie, Cavalerie, Artillerie ! ».

Non équivoques en effet les trois corps d'armée qui réprimèrent les révolutions européennes du XIXème siècle alors que les cow-boys de l'Ouest américain pourchassaient et massacraient les indiens à coups de pistolets. Avec cette parodie militaire de la trilogie jacobine poussiéreuse, Marx dénonçait la dictature du Capital. Il aurait pu tout aussi bien ajouter pour les cow-boys « muflerie, cavalerie, boucherie ».

Avec l'idéologie multiculturaliste et pieusement antiraciste qui préside à la diffusion de la morale idéologique, le triptyque revient à la mode1, avec sa traditionnelle connotation religieuse (la trinité : le père, le fils et le saint esprit)2. Mais, fondamentalement, comme toutes les religions, la politique bourgeoise procède de la culpabilisation. Alors que nos (petits) hommes d'Etat mènent de sanglantes guerres de rapine pétrolière ou simplement « géocommerciales », ils n'aiment jamais tant que de poser aux donneurs de leçon de morale. Leur antiracisme, je le répète, n'est qu'une version bâtarde de l'antifascisme, cette idéologie de guerre qui a tant triomphé depuis un demi-siècle au point de faire presque passer le capitalisme pour un enfant de choeur.
Il est ingrat pour un épistolier de traiter de l'actualité politique bourgeoise, car elle abaisse, elle lasse, elle noie l'essentiel.
Le vocabulaire des politiciens se nourrit de plus en plus du terme phobie3. Les électeurs « ont peur », « fantasment », ou « sont dévoyés » (= détournés du bon sens et de la vertu) mais pas encore tous des voyous...abstentionnistes. La qualification des partis devient affectueuse : « M.Sarkozy ne laissera pas souiller le drapeau de sa famille ». Un parti bourgeois oligarchique est donc une famille, et non pas un racket de profiteurs.
Pour une saillie, pas vraiment fausse, d'une ex-groupie sarkozienne, la morale bourgeoise fût révulsée. Non pas qu'on lui reprocha un constat mais surtout d'avoir osé utiliser le mot race, d'avoir prétendu qu'il était dans la dictionnaire et que même le grand Charles l'avait utilisé. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, aurait dit Jean Yanne. 

L'émotion est là aussi quand « l'immonde » Le Pen se livre à une inqualifiable « transgression » (cf. Le Figaro et les Bedos et bedeaux ripoublicains) en plein parlement européen en présence des deux sommités nationales Merkel et son vice-chancelier Hollande. Libération, le quotidien des gauchistes fans de Merkel et des migrants (comme Alternative libertaire en voie de supplanter Abbé Road), applaudit la brillante réplique du président français à la sorcière Le Pen. Non pas qu'il fût brillant, il est vif et malin, mais il a triomphé sans mal de la méchante « fasciste » (Mélenchon a été autorisé par avis justicier de la qualifier ainsi) laquelle, croyant son objection triomphante tomba dans les rets de la rhétorique vulgaire du véloce Hollande. Celui-ci réussit étonnamment à chaque fois à clouer son adversaire de paillettes avec l'anaphore, encore et toujours, c'est simple mais efficace. Après une série, non destinée à la sorcière en apparence, une série de « elle peut sortir de l'Europe », où la gourde se mit à applaudir à tout rompre comme pour mieux croire qu'elle gardait les rieurs de son côté, il assena : « pour enfin sortir de la démocratie », soulevant un tonnerre d'applaudissements des parlementaires bourgeois avec le sourire retrouvé de la chancelière, jusque là affichant une mine maussade. Cassée la Marine !Dégage « fasciste » !
La charge anti-européiste de Marine eût pu être commise par le comique troupier Mélenchon, elle n'était en rien fasciste mais confirmait le dicton peu connu : « Seule, l'Allemagne fait peur, seule la France fait rire ». Sauf que les rieurs étaient majoritairement europhile, islamophile et germanophile. Les observateurs éclairés de « C' dans l'air », les Barbier et Rouqette, ont convenu qu'il y avait eu transgression présidentielle, europhobie avérée et germanophobie exagérée, car l'Allemagne peut faire sa maligne, elle est quand même « protégée par l'armée française » ! Ils ont convenu que « nos dirigeants » ne maîtrisent pas le flux des migrants.

APRES LE FACE A FACE « musclé » (par l'anaphore) L'ANTIFASCISME DE CIMETIERE

Dès le lendemain, Hollande ne se gêne pas pour en remettre une couche, de la nouvelle marmelade : antiracisme (sémantique) et antifascisme de naphtaline, et il suffit pour nous, révolutionnaires classistes, de lire « la voix de son maître » et le cerveau rachidien des gauchistes, Libération :

« Entièrement au charbon. On ne pourra pas accuser François Hollande d’avoir mégoté la réponse de l’Etat face à la montée du discours populiste. Après son face-à-face musclé avec Marine Le Pen, mercredi au Parlement européen à Strasbourg, détourné à des fins de politique hexagonale, le chef de l’Etat était jeudi dans son exercice favori: le discours mémoriel. De quoi, toujours, tirer des leçons pour le présent et se présenter en père de la Nation au-dessus de la mêlée. De quoi, surtout, incarner le rempart ultime face à l’extrême droite. Le tout à deux mois des régionales, dix-huit mois de la présidentielle et dans une région Paca qui pourrait tomber aux mains du FN –lequel hurle d'ailleurs à la campagne politique déguisée en visite officielle.
Certes le chef de l’Etat a visité un lycée et annoncé que le projet de loi faisant du racisme une circonstance aggravante dans tout délit, serait prêt avant la fin de l’année. Mais la présence à ses côtés de Najat Vallaud-Belkacem et de Christiane Taubira ressemble à un démenti par l’image opposée à ceux qui parlent de la France comme d’un pays de «race blanche». Au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, d’où partirent plus de 2 000 Juifs français en 1942 et qu’il qualifie de «Vel d’Hiv du Sud», François Hollande se pose en garant d’une «mémoire citoyenne, celle qui relie, celle qui unit […] face aux faussaires de l’histoire et aux négationnistes».

Parallèle avec les années 30 

Le message se veut historique et général mais Hollande ne tarde pas à foncer tête baissée dans le débat politique. «Nous sortons à peine d’une grave crise économique qui peut laisser un sentiment d’abandon et déclassement», reconnaît le président, qui attaque «ceux qui utilisent ces angoisses pour séparer, diviser et parfois détester». Juste avant lui, le président de la fondation du camp des Milles, Alain Chouraqui, a dénoncé la «montée de l’intolérance et des inégalités […] la tentation de la pureté identitaire qui, par refus de l’altérité, conduit à la violence de masse».
Pour Hollande, le parallèle avec les années 30 est plus que valable, cette époque où «la première digue à sauter fut celle des mots». «Il était alors acceptable presque banal de tenir pour méprisable celui qui était différent, acceptable qu’on puisse rabaisser les Juifs et les étrangers à longueur d’articles», rappelle-t-il dans la pénombre de l’auditorium de l’ancienne fabrique de tuiles devenue camp de transit géré par Vichy. »

Nul nouveau fascisme à l'horizon, et ce n'est pas le souvenir de la mémoire des saloperies du nazisme qui pourrait empêcher l'invention de nouveaux ennemis diaboliques, ni la démocratie des ripoublicains et des socialistes enrichis qui voudrait faire cesser leurs guerres impérialistes. Malgré un titre accrocheur, l'OBS ne voit pas venir la troisième guerre mondiale, mais laisse le national-souverainiste Chevènement, hostile à la « russophobie ordinaire », glisser que la Russie compte 20 millions de musulmans et que (dans le même paragraphe) « le terrorisme djihadiste est un défi vital ». Est-ce donc le nouveau fâchisme ? Est-ce la faute aux musulmans en général ? Méli-mélo antiraciste et allusions parallèles au « terrorisme islamique », sans oublier les grossiers mensonges d'Etat des présidents successifs (avant tout chefs de guerre) protégés par « un rempart de mensonges » (Churchill)... Notre subconscient nage dans l'inconscient. Comme on peut comprendre la « phobie » qui s'est emparée du subconscient occidental, pacifique et démocratiquement charitable, lorsqu'il a perçu que le héros du Thalys avait été poignardé aux fins fonds des Etats Unis. Encore un vengeur de l'islam ? Non, ouf, simple bagarre de rue.
Enfin, pour clore ce mois édifiant de propagande antiraciste et démocratique, la Tunisie fragile se voyait attribuer le prix Nobel de la paix. De la paix avec le terrorisme « islamique » ou avec la « guerre mondialisée » ?



1Je l'avais remarqué il y a une dizaine d'années dans mon livre sur le nazisme : « ein Volk,  ein reich, ein Führer » et son pendant collabo « travail, famille, patrie ».
2C'est ce qui donne l'aspect zarbi à la religion catholique et qui fait marrer les musulmans, posant l'ubique question de qui prier. Réponse d'un site bigot ! « Question : "Qui devons-nous prier, le Père, le Fils ou le Saint Esprit ?"
Réponse :
Toutes nos prières devraient s’adresser à notre Dieu trine : Père, Fils, et Saint Esprit. La Bible enseigne que nous pouvons prier l’un d’entre eux ou les trois, puisque les trois sont Un. Nous prions le Père avec le psalmiste : « Prête l’oreille à mes paroles, ô Eternel ! Ecoute mes gémissements » (Psaume 5 : 2). Nous prions notre Seigneur Jésus-Christ, de la même façon que le Père, puisqu’Ils sont égaux. En effet, la prière adressée à un membre de la Trinité est une prière qui s’adresse aussi à tous les autres membres de la Trinité. » Kafka revient !
3"philie" est aussi présent de plus en plus dans la nouvelle sémantique politique. Finkielkraut dénoncé par un article haineux de l'Obs (une certaine Aude Lancelin) « alimente la xénophilie », avec une constance « venimeuse au sein de la petite troupe médiatique des essayistes « néoréactionnaires ».