"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 27 mars 2015

ANDREAS OUVRE! Révélations sur le crash du A320: le capitalisme n’est pas responsable!

   

Ouf les compagnies aériennes respirent et l’industrie aéronautique se détend, ce ne fût pas un incident mécanique mais la faute d’un homme, d’un jeune homme, d’un copilote peu expérimenté et probablement dépressif caché. Trois hypothèses tenaient en haleine la population mondiale un jour à peine après le terrible crash: incident mécanico-électronique, acte terroriste ou suicide. Le procureur de Marseille n’a pas lésiné sur les détails mais personne n’a relevé son insistance (deux fois) qu’on ne lui ait pas permis de révéler les détails plus tôt, qu’il aurait obtenu pendant la nuit ou au petit matin. Pourquoi cette insistance?

Hélicoptère, civière, magistère...

Tout s’était déroulé comme sur un tarmac normal: condoléances des chefs d’Etat sur le terrain, préparation de l’accueil des familles des victimes, déboulé d’une armada de gendarmes spécialisés pour récupérer les confettis atroces du crash, et malgré l’impudeur de la droite sarkozienne, jalousant la solennité de Hollande, le président dans son rôle répétitif de croque-mort en chef n’avait pas failli à la fonction, même si certains avaient cancané que la parade des politiciens avait pu gêner les secours, quoiqu’il n’y eusse plus rien à secourir.
Tout procureur qu’il est, sentencieux, sûr de son fait,  son récit comportait nombre d’invraisemblances. Non pas que de déroulé des faits ne sidère point, non pas qu’il n’y ait pas de quoi douter de la détermination funeste du jeune copilote, mais qu’au final on nous raconte sans pouffer avoir entendu jusqu’au bout la respiration de celui-ci - dans le vacarme du ronronnement des moteurs et des coups sur la porte par le pilote... Cette histoire de porte fermée à double tour et qui n’est sensée être ouverte côté passagers qu’à coup de hache, relève au surplus d’une paranoïa moyenâgeuse invraisemblable. Juste rançon de la parano antiterroriste? Tout comme la solution proposée: pendant qu’un pilote va faire pipi une hôtesse (qui ne sait que pouic des nombreux cadrans) devrait venir tenir compagnie à icelui resté en poste!), tout cela pour éviter qu’un éventuel dépressif n’appuie sur le bouton pour crasher avion et passagers! La dernière fois qu’un pilote dépressif a réussi son coup, son copilote a eu beau se battre avec lui, cela n’a pas empêché l’aéronef hyper bardé d’informatique de plonger bagages et équipage compris.

Désarmante affaire où l’humain (trop humain?) peut venir gripper la machine moderne si sophistiquée! Il n’y a pas qu’à l’hôpital ou à l’Elysée que l’on côtoie la mort - les présidents de la IVème étaient réputés pour l’inauguration des chrysanthèmes - mais quiconque a déjà pris au moins une fois l’avion sait que celle-ci est présente - peu ou prou chez tout passager - au décollage comme à l’atterrissage. Mais l’homme dépressif est aussi un produit du système, d’autant qu’il ne sera jamais équivalent à ces machines qu’on prétend parfaites. Une dizaine de grèves dans le transport aérien en Allemagne rien qu’en 2014! Tout ne va pas si bien dans les airs! Compagnies low cost mais aussi salaires... wages low cost! Un pilote d’avion n’est pas un vulgaire conducteur de bus, ses responsabilités sont énormes. Ce métier suppose des études poussées, un goût de l’aventure, du risque, une gageure renouvelée que celle d’élever en plein ciel un engin de plusieurs tonnes et de le faire voler et arriver à destination comme un oiseau.
Le suicide-homicide pourrait bien être mis sur le même plan que la logique des assassins djihadistes, d’une société qui crée à profusion de plus en plus de tueurs sans surmoi. La carte des «radicalisés» islamistes en France montre l’implantation de possibles tueurs suicidaires un peu partout mais dans les zones urbaines particulièrement. Des pilotes, des ingénieurs, d’ex-brillants étudiants qui en viennent à mépriser non seulement leur vie mais aussi celle d’une foule d’autres!Qui ne veulent pas mourir seuls pauvres numéros impuissants et transparents... ou ignorés et méprisés éternellement. Qui ont soudain, une fraction de leur vie minable, ce pouvoir de la mort sur la vie... Cela devrait interroger sur ce nihilisme croissant dans une société désespérante. En attendant que philosophes et spécialistes en psychologie se départagent, revenons à l’irritation de notre procureur de Marseille, rendant compte «un peu tard» à son goût des causes trouvées dans la boite noire-orange. Ce monsieur était irrité tout simplement parce que le New York Time avait eu la primeur et balancé les infos avant les autorités françaises. Cela aussi fait partie du chacun pour soi nihiliste que se fiche de l’autre: pour une poignée de dollars un des spécialistes du BEA, bureau d’identification du truc, s’était laissé acheter par le canard neworkais ou un affidé de la CIA ou du NSA. Un épisode banal. Comme est banalisée la perversité de BFM qui s’est empressé de zoomer sur les parents effondrés des victimes à leur arrivée, avec le même voyeurisme que lors des attentats de janvier.
Avant de vous laisser lire l’article le plus pertinent sur ce drame par le philosophe Bertrand Vergely, repiqué au Figaro, il me faut diagnostiquer que le capitalisme n’est pas responsable mais irresponsable.


«Le crash de l'avion Düsseldorf-Barcelone qui vient d'avoir lieu dans les Alpes du Sud est bien évidemment tragique et il ne saurait être question de ne pas être bouleversé face au drame qu'il représente. Néanmoins, sa «gestion» par notre postmodernité ne peut pas ne pas nous interroger quand on a quelque bon sens.

Écoutons la radio relatant ce qui se passe maintenant. Nous apprenons que des avions ont été affrété pour que les familles puissent se rendre sur les lieux du drame afin de faire leur deuil, le tout accompagnées par des cellules de soutien psychologique. Constatons le. Désormais, lorsqu'une catastrophe se produit, le scénario est bien orchestré. Immédiatement nous apprenons que «tout est mis en œuvre» pour qu'il y ait «prise en charge» des familles par des «antennes de soutien psychologique» afin de «mettre des mots» et ainsi de permettre de «faire le deuil».

Dans ce scénario bien rôdé il y quelque chose qui dérange. Le fait qu'il soit bien rôdé. Et derrière ce rodage, une certaine mécanicité. On n'est pas humain. On est mécaniquement humain. Comme si on avait peur. Peur que les familles endeuillées se révoltent. Peur qu'elles crient au scandale. Peur qu'elles disent haut et fort qu'elles ont été mal traitées. Qu'elles ont été abandonnées. Qu'elles ont été laissées à elles-mêmes, seules avec leur chagrin. Alors, non seulement, on «fait» mais on montre que l'on «fait». On communique. On sur-communique. Pas question qu'il y ait un moment de solitude ni de silence.

    On a psychiatrisé la mort ? On a fait en sorte que tout le monde fasse gentiment son deuil comme certains font la Turquie quand ils sont en vacances ou que le petit fait son rôt à la fin du repas ? On a bien fait. On a fait ce qu'il fallait faire. Le monde peut continuer de dormir en paix.

Une expression frappe dans ce tourbillon communicationnel: faire son deuil. Se rend-t-on compte de ce que l'on dit quand on prononce ce terme?

Quand Freud a prononcé cette formule, il songeait à certains de ses patients maladivement attachés à des proches décédés. On ne peut pas vivre éternellement dans le regret de nos chers disparus. Il y a un moment où il faut les laisser partir. D'où l'expression «faire son deuil», cette expression désignant le fait de faire son deuil d'un attachement névrotique, hystérique à des proches disparus.

Prise en dehors de son contexte pathologique, constatons le, cette expression est proprement ridicule. Que l'on sache, toute personne qui perd un de ses proches n'est pas dans un état pathologique, névrotique ou hystérique au point de devoir «faire son deuil» avec un psychiatre. Qu'à cela ne tienne. Notre postmodernité a décidé de psychiatriser le deuil et oblige désormais de «faire son deuil» en dépêchant pour cela des «psys» afin de veiller à ce qu'on le fasse. Faute d'un discours religieux sur la mort nous avons aujourd'hui affaire à un discours médical et psychiatrique sur celle-ci, une personne endeuillée étant un malade potentiel qu'il faut soigner et le prêtre étant remplacé par le psychiatre. En fait, ne sachant pas quoi faire en l'absence d'un ordre religieux du monde, la postmodernité qui a tué Dieu médicalise la mort et la psychiatrise faute de la spiritualiser en dépêchant sur les lieux des catastrophes et des tragédies des équipes médico-psychiatriques veillant à ce que l'ordre d'un monde sans Dieu soit bien assuré. On a psychiatrisé la mort? On a fait en sorte que tout le monde fasse gentiment son deuil comme certains font la Turquie quand ils sont en vacances ou que le petit fait son rôt à la fin du repas? On a bien fait. On a fait ce qu'il fallait faire. Le monde peut continuer de dormir en paix. On a veillé à ce que la mort ne soit plus un événement spirituel et métaphysique. On a empêché de la penser. On a évité qu'elle bouleverse et que, derrière elle, la vie, bouleverse».

(Rien ne remplace le temps pour faire son deuil)

dimanche 22 mars 2015

Cent morts en Afrique un épiphénomène, un mort en Europe une tragédie

Vendredi dernier 20 mars, trois attentats suicide ont visé des mosquées de la capitale yéménite Sanaa, contrôlée par la milice chiite des Houthis. Trois kamikaze ont frappé des mosquées fréquentées par des chiites, dont des miliciens Houthis, qui ont pris le pouvoir dans la capitale Sanaa fin janvier. Selon un bilan du ministère yéménite de la Santé, les attaques des kamikazes ont fait au moins 142 morts et 351 blessés.Les troubles qui agitent le pays depuis quatre ans n’ont rien arrangé. Le territoire yéménite est aujourd’hui atomisé entre milices religieuses, factions tribales ou locales et groupes criminels, notamment terroristes, qui ne répondent à aucune autorité supérieure.

 Il s'agit de l'attaque la plus sanglante ayant jamais frappé ce pays en crise, où la puissante milice chiite des Houthis et les jihadistes sunnites Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) s'opposent au président Abd Rabbo Mansour Hadi. Vendredi, le groupe EI s'est attribué ces attentats, fermement condamnés par la Maison Blanche (sic, voir la fin de cet article). Une première bombe avait explosé dans la mosquée Badr, dans le sud de Sanaa, suivie d'une autre à l'entrée de ce même lieu de culte au moment où les fidèles prenaient la fuite. Le troisième attentat suicide avait visé une mosquée du nord de la capitale. Les mosquées visées sont celles où prient les miliciens Houthis. La technique de l'attentat-suicide rappelle le mode opératoire d'Aqpa, ennemi juré des Houthis et implanté dans le sud et le sud-est du pays. Sur les lieux, des corps déchiquetés et ensanglantés étaient transportés sur des brancards. Des traces de sangs étaient visibles sur le sol jonché de débris.

Ces attentats sont les plus meurtriers depuis l'explosion d'une voiture piégée devant l'académie de police de Sanaa, qui avait fait 37 morts et 66 blessés le 7 janvier, alors que la capitale n'était pas encore totalement aux mains des Houthis. Les violences dans la capitale interviennent au moment où le Yémen s'enfonce dans la crise, qui devient très complexe avec la multiplication des groupes militaro-religieux.

L'organisation Etat islamique (Daech) a revendiqué le triple attentat suicide qui a tué 142 personnes et en a blessé 351 autres, vendredi, à Sanaa, capitale du Yemen.

 Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), qui a par le passé appelé à soutenir l'EI face aux frappes de la coalition internationale en Syrie et en Irak, a assuré ne pas être impliqué, soulignant dans un communiqué sur Twitter qu'Al-Qaïda se refuse à «prendre pour cible des mosquées».

C'est la première attaque signé par le groupe jihadiste sunnite EI dans ce pays. Elle intervenait deux jours après l’attaque en Tunisie également revendiquée par l'EI, qui a fait 21 morts dont 20 touristes étrangers. Elle est l'une des plus sanglantes perpétrées ces dernières années au Yémen.

AUCUN “je suis yéménite" dans les médias occidentaux!
Le massacre à Sanaa était oublié deux jours à peine après. «Une catastrophe absolue» avait larmoyé le ministre Fabius, précisant la nature de l’épiphénomène: «Actuellement, c'est une catastrophe absolue. Ca fait partie de ces pays où la crise s'aggrave chaque jour». Puis plus rien la population française étant mobilisée surtout pour une éclipse invisible, des vagues océaniques et de quelconques élections départementales. Aucun “je suis yéménite”, après les célèbres “je suis Charlie”, “je suis Copenhague”, “je suis Tunis” ou “je suis Bardo” (rien à voir avec Brigitte, il s’agit d’un musée). Une centaine de tués dans de lointaines mosquées ne saurait émouvoir autant qu’une dizaine d’intellectuels ou de touristes d’Europe ou le retour des huit cercueils d’athlètes d’un jeu télévisé idiot.

“L’épiphénomène” yéménite aurait dû pourtant mobiliser toute la planète multiculturaliste et multiconfessionnelle si soucieuse de défendre l’islam pacifique face aux “usurpateurs” obscurantistes! Le fait que des groupes militaro-religieux fassent exploser des humains, femmes et enfants dans des lieux de prière musulmane incite à déconnecter, mieux que tout blabla oecuménique, le terrorisme gangster (manipulé par tel ou tel impérialisme régional) de la croyance la plus décriée et médiatisée au monde dans les guerres en cours

 De son côté, par communiqué, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a affirmé un peu plus tard vendredi ne pas être à l'origine des attentats de Sanaa. Dans ce document, l'organisation dément toute implication ou relation avec les attaques, en confirmant qu'elle doit suivre les instructions du cheikh Ayman al-Zawahiri (le chef d'Al-Qaïda, NDLR), qui conseille d'éviter les mosquées, les marchés, et les endroits mixtes pour préserver la vie des musulmans.. Et ce qui est présenté comme une rivalité entre le vieux clan des militaro-barbares d’Al Qaida et le nouveau dit EI ou Daesch, interroge sur cette nouvelle stratégie; on nous avait dit pourtant récemment que les deux camps des tueurs terroristes vendus à tel ou tel bailleur de fonds souhaitaient s’unir. En réalité ces groupes militaro-religieux de l’ombre sont toujours manipulés et dépendent d’instances supérieures qui sont très fortes pour réussir à hypnotiser des idiots mercenaires rendus kamikazes.

Depuis l'insurrection populaire de 2011 née dans le sillage du “Printemps arabe” et qui avait poussé au départ le président Ali Abdallah Saleh, le Yémen s'est enfoncé dans le chaos. Le pouvoir central a été marginalisé par les Houthis et les extrémistes sunnites d'Aqpa, ennemis jurés mais tous deux hostiles au président Abd Rabbo Mansour Hadi. ce dernier s'est réfugié à Aden (sud) après s'être échappé de Sanaa, où les Houthis l'avaient placé en résidence surveillée. Alors que les espoirs suscités par l'ouverture d'un dialogue politique parrainé par l'ONU sont quasiment morts, des experts ont évoqué un sérieux risque de guerre civile dans le pays, considéré comme un allié des Etats-Unis dans la guerre antiterroriste, notamment contre Al-Qaïda (sic, voir à la fin de cet article).

Les Houthis, soupçonnés d'avoir le soutien de l'Iran, ont déferlé en septembre 2014 sur Sanaa, puis étendu leur influence vers l'ouest et le centre du pays. Ils ont achevé de s'emparer de la capitale avec la prise le 20 janvier du palais présidentiel et annoncé le 6 février la dissolution du Parlement. Mais leurs tentatives d'étendre leur contrôle sur le reste du pays buttent sur la résistance d'Aqpa, de tribus sunnites et des populations du sud du pays.

A Lahj, un peu au nord d'Aden, des affrontements ont opposé ce même vendredi les forces yéménites à des groupes armés, dont des combattants liés à Al-Qaïda et des séparatistes sudistes, faisant 29 morts selon un responsable des services de sécurité.

 Funeste rivalité entre Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique?   

Voici la version romancée par les médias: Quand, en 1989, Oussama Ben Laden et Abou Moussab Al-Zarkaoui se rencontrent dans les montagnes afghanes où l’un et l’autre sont venus combattre l’ennemi soviétique, ils ne se doutent certainement pas du rôle qu’ils joueront dans l’extension de “l’islam radical”, écrit un pigiste de Courrier International. Le Saoudien se rêve en leader révélé d’un futur islam planétaire ; le Jordanien aspire à implanter la règle salafiste au cœur du Proche-Orient, afin de remplacer le royaume hachémite qu’il abhorre. Ces deux projets millénaristes, l’un évanescent et prophétique, l’autre précis et concret, annoncent les parcours des deux hommes tout comme ceux d’Al-Qaida et de l’Organisation de l’Etat islamique (OEI). A la tête du minuscule groupe militaro-religieux Jamaat Al-Tawhid Wal-Djihad, Al-Zarkaoui décide de transférer les activités de son groupe de Jordanie en Irak après l’invasion américaine de 2003. Il reçoit le soutien de Ben Laden. Sa véhémence antiaméricaine est légendaire.

Selon le “spécialiste” du Yémen et de l'islamisme: « jusqu'à présent, c'était el-Qaëda qui représentait les sunnites au Yémen, donc la nouveauté de ces attentats serait l'affirmation de la montée en puissance de l'EI par rapport à Al-Qaida (...) Le message paraît clair. Ces attentats montrent une accélération et une exacerbation de la confessionnalisation de la guerre civile sur laquelle a débouché la prise de pouvoir contre-révolutionnaire, le 20 janvier dernier, des houthis, alliés à l'ancien président Ali Abdallah Saleh ». La prise de pouvoir des houthis des mains du parti el-Islah, proche des Frères musulmans, donc des sunnites, a, pour le politologue, « donné une nouvelle dimension dans la lutte contre Al-Qaida, qui était auparavant une affaire entre sunnites. Désormais, il y a un aspect sectaire à la lutte contre cette organisation, comparable à ce qu'était la lutte contre Al-Qaida en Irak. La bonne nouvelle du point de vue des Occidentaux (sic), c'est qu'on ne pourra pas accuser le gouvernement yéménite de tiédeur dans sa lutte contre Al-Qaida, sachant que, dorénavant, il va y avoir une dimension sectaire ». Ces attentats violents ne sont autres que « la réaction des radicaux sunnites face à l'avancée des miliciens houthis », explique le “spécialiste" sans nous dire qui est derrière!

La question se porte alors sur l'éventualité que ces kamikazes militaro-religieux puissent être d'anciens membres d'Aqpa, qui se seraient désolidarisés du mouvement afin de rejoindre l'État islamique, qui ne s'oppose pas au fait de perpétrer des attentats dans des mosquées. Pour le politologue français, « ça ne serait pas incohérent. Il y a eu un peu partout dans la région des flux d'Al-Qaida vers l'EI, car c'est l'histoire même de Daech. D'autre part, il me semble avoir vu qu'ils ont employé des moyens particulièrement sophistiqués, des explosifs dans le plâtre d'un jeune homme qui était supposé avoir la jambe cassée, ce n'est pas du travail d'amateur. Cela ressemble tout à fait à ce que peut faire une organisation sophistiquée ». Bof!

On lui pose une autre question: L'attentat de Sanaa s'inscrit-il dans la continuité de celui de Tunis, quelques jours plus tôt, également revendiqué par l'État islamique ?

« Le lien entre les attentats dans ces deux pays est évident. L'attaque de Tunis a été souvent dépeinte comme une tentative contre la jeune démocratie tunisienne, mais je pense que c'est une mauvaise interprétation », affirme M. Burgat. « Ce n'est pas le musée du Bardo comme symbole de la culture tunisienne qui a été visé, mais ce sont des cibles précises, des Occidentaux venus des pays en guerre contre l'EI, il faut prendre le temps de le dire, "Nous somme en guerre contre Daech", "nous en sommes à 6 000 ou 7 000 bombes que nous déversons très sélectivement sur l'un des acteurs de la crise syrienne", donc il y a derrière une matrice politique et militaire qu'on ne peut nier. De même, le Yémen est le théâtre d'une guerre, par les États-Unis contre Al-Qaïda, qui a fait 820 morts a peu près par drones depuis 2002. »

Donc l’impérialisme américain est bien présent dans ce sac de noeuds, ce n’est pas une simple guerre “confessionnelle”?

Précisions du spé: “Mais ce qui relie les deux attentats c'est « la reconfiguration des alliances au Proche-Orient qui fait que ce que j'appelle les héritiers de Khomeyni sont en train de devenir les alliés des États-Unis, dans ce combat contre les héritiers de Ben Laden. Donc, il y a une cohérence, une logique. Il y a actuellement une collusion entre Washington et les chiites, contre la volonté de créer ce que j'appelle un Sunnistan libre, libre car libéré des ingérences des Occidentaux, d'une part, et des chiites, d'autre part ».

L’ARMEE US S’ENFUIT...

Les États-Unis ont évacué du Yémen leurs derniers soldats, dont une centaine de membres des forces spéciales, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans ce pays.
L'armée américaine appuie depuis plusieurs années les forces de sécurité yéménites qui combattent al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), notamment au moyen de drones. Le département d'État assure que Washington continuera à "surveiller les activités terroristes et à agir pour les mettre en échec". Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira dimanche pour examiner la situation au Yémen. Les Houthis sont soutenus par l'Iran chiite et le président Hadi par les pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite sunnite.

Laissons la parole aux commentateurs anonymes qui ne sont pas plus interloqués par le nombre de massacrés par des tueurs sans foi ni loi, pour un “épiphénomène” destiné à rester du domaine de l’actualité fugace. Oh mon brave monsieur... vous savez... là-bas c’est des dizaines de morts tous les jours et je ne vous parle même pas de la Syrie ni de l’Ukraine!

- Après l'Irak un autre pays que les soudards US quittent en ayant instauré la démocratie du chaos, c'est émouvant.

- "Mission accomplie" comme dirait G Bush.

 - Le seul intérêt du Yemen c'est d'être entre l' Arabie Saoudite et le détroit de Bab el Mandeb , qui pourrait devenir la "porte des lamentations" du commerce maritime européen .


jeudi 19 mars 2015

CARNAGE EN TUNISIE: UN NOUVEAU PAS VERS LA GUERRE GLOBALE DEMOCRATIE BOURGEOISE CONTRE OBSCURANTISME


Le réalisateur Serge Moati, confis de compassion comme tous les officiels politiciens, a exhibé sur la chaîne du direct indécent, BFM, sa petite pancarte: "Je suis Tunis". Ce feuilletonniste comme tous ses semblables journalistes de gouvernement, venait charrier lui aussi les mêmes billevesées sur la démocratie attaquée (culturellement et touristiquement) par les tueurs obscurs de "l'obscurantisme", terme plus salonard que les sempiternels "djihadisme" et autres "islam radical" ou "EI" (Daesch comme la lessive). Avant d'analyser ce nouvel épisode d'une préparation générale crescendo à une guerre à une tout autre échelle, "nous rassemblant tous" contre "l'obscurantisme" aussi obscurément financé que ses anonymes tueurs, il me vient à l'idée d'évoquer l'excellente étude de B.Geremek – "Truands et misérables dans l'Europe moderne (1350-1600). La guerre au Moyen âge avait favorisé le vagabondage, et dieu sait si les combats à l'arme blanche étaient cruels, nom de dieu! Les compte-rendus quotidiens des massacres terroristes successifs confèrent au capitalisme moderne – à ce qui se passe dans le cadre de ce système de domination – un aspect indubitablement barbare digne des XV e et XVI e siècles. Le tueur islamiste a un côté "hors-la-loi", surtout pour ses meurtres de civils qu'il dépouille de leur vie sans honte ni remords, quoique certains essaient de nous faire gober que ces assassins rétribués seraient drogués.

UNE ANALOGIE LOINTAINE AVEC LE VAGABONDAGE DJIHADISTE MODERNE...

"Chaque guerre engendrait des hors-la-loi. Chaque démobilisation libérait des gens qui, ayant pris goût à la lutte armée et au brigandage, inclinaient à continuer les mêmes procédés en dehors des unités militaires organisées. En temps de guerres, les armées étaient suivies de masses de maraudeurs et de chenapans; les chefs militaires en profitaient pour les incorporer, le cas échéant, dans les unités. Les marginaux et les groupes qu'ils organisaient étaient utilisés également, d'une manière plus ou moins ouverte, par des groupements antagonistes au cours de guerres civiles, de conflits locaux et de "guerres privées". Un historien du XVIII e siècle ibéro-américain décrit le vagabondage qui s'étend sur les terrains de pâturages frontaliers où l'errance est devenue un mode de vie durable (tout comme dans la zone frontalière ibéro-musulmane, au Moyen Age). Dans ces régions de savanes et de steppes, vivaient des masses de "gens perdus", comme les appelait, en 1617, le gouverneur de Buenos Aires, des gens qui tiraient leur subsistance de la chasse aux bêtes sauvages et, au besoin, du vol de bétail. Les guerres venaient encore gonfler ce vagabondage frontalier; au voisinage de chaque théâtre d'hostilités s'installaient des groupes de vagabonds vivant tantôt du pillage, et tantôt de la solde mercenaire, prêts à servir la guerre mais n'hésitant pas, non plus, à entreprendre des actions armées pour leur propre compte, en engendrant le caudillisme et en allumant des guerres anarchiques, qui ne sont pas sans rappeler les rebellions cosaques"1.

Les motivations des vagabonds modernes de l'islamisme moyenâgeux, euroépens ou du cru, nous font doucement rigoler2, et sont conformes à l'arriération capitaliste dite démocratique (sa trilogie: religion parlementaire fourbe, manipulation médiatique permanente, et inégalités hommes/femmes). On ne devrait plus s'étonner que la référence à l'islamisme – dans sa mouture déclinante à la fin du Moyen Age – réapparaisse au moment de la décadence du capitalisme du XXI e siècle en guerres tribalo-terroristes avec pour cibles et otages obligés les pauvres civils et pour contradicteurs "obscurantistes" les groupes armés tels que l'Etat islamique, les salafistes d'Ansar al-Charia, le groupe djihadiste Al-Mourabitoun de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar (qui a revendiqué l'attentat de Bamako), et la brigade tunisienne d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), Okba Ibn Nafaâ.
Il ne faut pas écouter les journalistes mués en agences de voyage, la Tunisie n'est pas une contrée plus pacifique que les autres. Dans les limbes de la simili révolution le despote Ben Ali avait reçu avec convivialité le soutien de Madame la ministre sarkozienne Alliot-Marie pour mieux équiper ses CRS anti-émeutes3. Notre ami Ben Ali était aussi expert en torture d'opposants que notre ami le roi du Maroc. L'islamisme soft d'Ennhada au pouvoir n'a pas fait long feu. Les préceptes du coran sont trop étriqués et invraisemblables pour un gouvernement moderne; ils ne marchent nulle part, même pas en Iran où il s'agit plus d'une dictature bourgeoise terroriste que d'un gouvernement religieux. Ennhada qui avait été exalté par tous les Bernard Guetta comme signifiant la fin de la théocratie, est apparu comme un parti bourgeois voulant gérer l'austérité anti-ouvrière sans encombre et a dû en rabattre (électoralement); dans mon livre j'écrivais: "Sous le tourisme et la fabrique des soutiens gorge régnait une moindre terreur que dans les autres pays d'Afrique du nord. La Tunisie n'est pas un pays secondaire au niveau industriel. Son prolétariat ne pourra pas accepter la charia. Plus que dans les autres pays du printemps arabe, mais quintessence de cette même révolte, l'islam n'a pas été le référent principal des manifestants, mais des revendications très "laïques", une démocratie réelle, plus d'espoir, plus de travail"4.

Mais après la fuite de nombreux prolétaires tunisiens vers Lampedusa, ne restait-il qu'à s'engager dans la lutte "obscurantiste" dans telle ou telle bande armée islamiste? Avec la dénonciation-exhibition des crimes "obscurantistes", la démocratie bourgeoise pleurnicheuse ne reconnaitra jamais que le "réservoir de main d'oeuvre" du croissant arabe l'indispose, parce que ce réservoir déborde franchement. Il ne s'écoule plus lentement ou goutte à goutte comme aux beaux temps de la décolonisation mais il est un torrent humain qui fuit la guerre entre l'étau du désert algérien et la Libye en plein chaos. Torrent de sang aussi des guerres pour le pétrole capitaliste, pour les bagarres entre petits, grands et micros impérialismes.

Derrière le "crime terroriste", il y a la question sociale. Non pas que le nihilisme terroriste soit la solution ou qu'il ait la moindre chance d'embrigader les prolétaires conscients, mais d'une part, du fait que la Tunisie n'a pas réussi à relancer son industrie du tourisme et que d'autre part le nouveau Parlement et le nouveau gouvernement n'ont pas plus de solution à la misère que l'ex-premier gouvernement Ennhada, l'attentat meurtrier dans le grand musée de Tunis vient à point pour désigner l'obscur ennemi "obscurantiste" et lui faire porter le chapeau du marasme du secteur du tourisme et conforter la croyance en un parlementarisme obligeant quoique aussi fourbe que l'européen.

Le mot progrès n’existait pas au Moyen Age. Et le concept de progrès ne veut plus rien dire dans le capitalisme mondialisé made in pensée occidentale décomposée. Il y avait un semblant de progrès dans l'argumentation des commis d'Etat tunisien lorsque l'un d'eux déclara que toutes les dictatures de la région ont leurs propres bandes terroristes. Le financement du terrorisme soit disant par l'argent de la drogue ou la vente à la sauvette de bidons de pétrole pompés sur des derricks de fortune (ou même la revente d'antiquités syriennes) finissant par ne plus abuser le public, on apprend de drôles de choses: par exemple que l'Etat d'Afghanistan, ou ce qui en tient lieu, a refilé à la bande Al-Qaïda un million de dollars d'un fonds secret de la CIA (rançon d'un diplomate libéré en 2010); la duplicité de la bourgeoisie Us n'a dégale que sa consoeur britannique.5

Cette info relayée par toute la presse est illustrée dans le Courrier international par un dessin qui représente l'oncle Samuel manipulant deux tanks mais avec des bras croisés.
Les diplomates tunisiens n'ont pas bramé "je suis Charlie", mais affirmé la continuité de "nos valeurs" après Paris et Copenhague (les attentats précédents): "on y arrivera pas tout seuls", "faut une réponse globale", "plusieurs nationalités ont été touchées" dans "notre" guerre contre "l'obscurantisme". Le meilleur a été tout de même le papy président de la Tunisie qui a conclu: "dieu est avec nous". Allah Akbar!

Qu'on se le dise, la guerre suit son cours.




Est-ce que le prolétariat tunisien comme le prolétariat mondial, sans soubassements économiques, sans rien posséder contrairement aux artisans des villes du Moyen Age, saura faire sauter le capitalisme et ses divers terrorismes, dans le sens des analogies respectables de notre bon maître Engels? Qui sait?

"Tandis que les luttes sauvages de la noblesse féodale régnante emplissaient le moyen âge de leur fracas, dans toute l'Europe de l'Ouest le travail silencieux des classes opprimées avait miné le système féodal; il avait créé des conditions dans lesquelles il restait de moins en moins de place aux seigneurs féodaux. Certes, à la campagne, les nobles seigneurs sévissaient encore ; ils tourmentaient les serfs, ne soufflaient mot de leur peine, piétinaient leurs récoltes, violentaient leurs femmes et leurs filles. Mais alentour s'étaient élevées des villes : en Italie, dans le midi de la France, au bord du Rhin, les municipes de l'antiquité romaine, ressuscités de leurs cendres ; ailleurs, notamment en Allemagne, des créations nouvelles ; toujours entourées de remparts et de fossés, c'étaient des citadelles bien plus fortes que les châteaux de la noblesse, parce que seule une grande armée pouvait les réduire. Derrière ces remparts et ces fossés se développait - assez petitement et dans les corporations - l'artisanat médiéval, se concentraient les premiers capitaux, naissaient et le besoin de commercer des villes entre elles ainsi qu'avec le reste du monde, et, peu à peu également, avec le besoin, les moyens de protéger ce commerce. " Engels (1884)



1Poursuivons l'analogie en continuant la citation: "...Ce genre de vagabondage nous montre les groupes marginaux sous leur aspect dangereux pour l'ordre public. C'est d'ailleurs l'argument qu'on allègue pour adopter également des mesures de répression à l'égard du vagabondage intérieur. Mais, sur ce chapitre, se pose avec force le problème du travail, inscrit dans la perspective de naissance de la société industrielle". Et donc la limite de l'analogie car le vagabond de la fin du Moyen Age devait et finit par être intégré à la production capitaliste naissante alors que la vagabond islamiste est totalement suicidaire.
2Ce sont les trois déficits classiques de l'islam lors de sa régression à la fin du Moyen Age: soumission à l'autorité (contre toute liberté), culte de l'ignorance coranique et statut inférieur des femmes. A la veille de l'éclosion du capitalisme, le déclin arabe s'explique par l'étouffement progressif de la liberté de penser (et de s'habiller...) et le monde musulman ratant le coche des nouvelles technologies devient un cul de sac commercial; cf Marx et Braudel sur l'économie de bazar (et lire l'excellent article de Jacques Brasseul: "Le déclin du monde musulman à partir du Moyen Age", sur le web). L'islam est resté proche de l'Antiquité – il est né au VII e siècle – et a perpétué l'esclavage, ce qui lui a été fatal; le maintien de l'esclavage signifait la stagnation technique et économique et donc un obstacle majeur au "progrès" capitaliste... pour toute une époque, ce que n'a pas compris ce pauvre René Guénon, franc-mac tard converti à l'islam.
3Le gouvernement Hollande va pouvoir équiper à son tour les forces anti-émeutes tunisiennes, tout comme il s'engage à contrôler les comptes en banque des terroristes...
4L'immigré fataliste et sa religion policière, p.269.
5David Cameron a demandé récemment, expressément, d'enterrer un rapport controversé sur les Frères musulmans en GB. L'enquête des services spéciaux M15 et M16, devait, comme un vulgaire sondage, conclure que les Frères musulmans "ne sont pas une organisation terroriste"... pour ne pas froisser ces chers alliés que sont l'Egypte, les Emirats arabes unis et l'Arabie séoudite. Or les services secrets avaient établi le contraire et argumenté qu'il fallait faire le ménage dans cette nébuleuse en "relation ambiguë avec la violence et un impact douteux sur la cohésion sociale en GB". Il faut toujours ménager les généreux bailleurs de fonds, financiers directs de l'obscurantisme "djihadiste": Qatar, Turquie, Arabie séoudite, etc. Pour la perfide Albion!

jeudi 12 mars 2015

CRASH DE PROLETAIRES DE HAUT NIVEAU


Lorsque les pales de l'hélicoptère pogromiste d'Alberto ont heurté le fuselage de l'hélicoptère du CCI, j'ai compris que c'était ce dernier qui avait soudainement dévié de sa trajectoire et avait percuté celui de la FICCI (GIGC). Les images montrent l'un des deux appareils marxistes passer en-dessous du second, sans qu'il soit aisé de dire quel engin a percuté. Les deux engins contenaient des gens hors normes par leur palmarès, et qui avaient des capacités d'adaptation pour une perspective en harmonie avec l'anticapitalisme. Qu'étais-je allé faire dans l'hélicoptère policier du GIGC (groupe insurrectionnel du grand cours)? De toute manière j'étais mort, politiquement, socialement et sportivement.

Le Parti d'ultra- gauche (PUG), de Jean-Luc Peter, avait lui refusé de s’associer au jeu de TF1, jeu caritatif en faveur d’une lutte contre l’islamophobie en Argentine: on est largué par hélicoptère dans la nature et il faut se débrouiller pour retrouver l'islam des sources civilisées. Son coordinateur général, Roger Camoin, avait confié à l’Express : «Le terme d’islamophobie dans un jeu télévisé nous pose problème depuis plusieurs années. Il est difficile, en effet, de faire la part entre la critique anarchiste de la religion et le racisme des argentins. Le programme TV, par ailleurs, ne cite pas les autres formes de racisme élitaire et moraliste de la gauche caviar et de ses gauchistes gouvernementaux. Dans un contexte postattentats, il aurait fallu un scénario plus large.» Par ailleurs «poursuivit le dirigeant auvergnat, les producteurs de ce jeu pervers nous posent problème. Il s’agit pour certains d’organisations communautaristes ou d’organisations qui ont une vision politique de l’islam réducteur de tête au Mexique plus qu'en Argentine».
Quel bonheur, déclara Michel Onfray qu’à l'ultra-gauche, qui plus est dans l'ultra-gauche antilibérale, qui est ma sensibilité anti-léniniste, on lutte contre un autre genre d’amalgame qui consiste à assimiler la critique des programmes TV à l’islamophobie quand elle aborde l’islam sauvage, à la bigoterie quand elle concerne le christianisme pur, au nationalisme intégral quand il s’agit de la politique internationaliste de l'Etat d'Israël, avant que l’athéisme lui aussi ne le soit au blasphème incendiaire.
Ce dangereux amalgame (tout amalgame est dangereux…) empêche qu’on puisse lutter contre le marxisme véritable, l'anarchisme véritable et le stalinisme véritable qui, hélas, ne manquent pas d’exister dans les faits. Ne pas souscrire au fait que Marx exalte le prolétariat ouvrier n’est pas anti-marxiste, que Proudhon soit ressuscité le troisième jour n’est pas un rejet de l'anarchisme, que Camus ait pris son envol à cheval vers le ciel pour rejoindre Niezstche en une nuit n’est pas nihilisme d'intellectuel paumé, mais lecture historique, exégétique, rationnelle, critique, des textes qu’on ne méprise pas, pas plus qu’on ne méprise ceux qui croient à Mélenchon, mais qu’on souhaite pouvoir librement aborder comme on lirait Freud ou Racamier.
Ce que le Parti de l'ultra-gauche nomme, fort justement, «la critique policière» fait partie du logiciel de toute ultra-gauche véritable, historique. La gauche qui nous gouverne y a renoncé en préférant le sarcasme, le blasphème (auquel je ne souscris pas), l’ironie, quand il s’agit des fractions externes du CCI, et la langue de bois, quand il s’agit du marxisme et du sectarisme, car il est facile d’être fort avec les faibles (et nul ne niera que le pouvoir réel des marxistes est quasi nul dans une France islamisée) et faible avec les forts (les dirigeants du CCI ne laissent rien passer, et ils ont raison, pas plus que les dinosaures staliniens qui le font avec la même détermination, sans oublier parfois de recourir aux épées à l’ombre desquelles, dixit les RG, se trouve le piratage des ordis des militants-chefs).
La morale politique du Parti de l'ultra gauche m’agrée presque totalement en matière de politique intérieure de secte, ajoutait le philosophe de plateau TV. J’ai, en revanche, du mal avec le fait que les policiers du GIGC n'aient pas remboursé les billets d'hélicoptères pour le congrès auxquels ils avaient été invités. Ce remboursement, s’il était réellement pris en charge par Jonas et ses complices canadiens, crédibles en la matière, aurait un triple mérite : d’abord, retrouver la joie du débat d’idées hors insultes et langue de bois, hors amalgames et stigmatisations sexuelles, sur la question du regroupement des derniers héritiers de Lénine; ensuite, redonner à l'ultra-gauche voix au chapitre critique des idées qui ont fait sa grandeur en 1968 (pas en 1989) ; enfin, laisser à Nathalie Arthaud les électeurs qui, certes, ne souscrivent pas à la théocratie musulmano-trotskienne, mais pour qui ce refus de souscrire ne relève pas de l’esprit critique laïque ou athée, mais de la prise de position contre-révolutionnaire et électoraliste nunuche.
Si l'hélicoptère conduit par Alberto n'avait pas heurté celui du CCI, Dropper – sans l'appât du gain pour prolétaires de haut niveau - pouvait permettre de faire le tri entre ceux qui refusent la police au nom du marxisme, pas de la démocratie (c’est mon cas, et celui de nombre de gens qui se sentent de ultra-gauche hors catéchisme maximaliste), et ceux qui se cachent derrière le refus de cette police pour mieux dissimuler leur collaboration délétère ou leur trahison perverse. On pourrait imaginer qu’une fois cette dissociation d’idées effectuée, ceux qui ne veulent pas que la police fasse la loi ailleurs que dans le capitalisme, se distingueraient clairement de ceux qui visent moins le marxisme que ceux qui le pratiquent. Le gauchisme gouvernemental se viderait alors de ceux qui vont vers lui parce qu’il est le seul à tenir un discours critique anticapitaliste primaire sous son aspect économique pour ne conserver que celui qui, de facto, s’avérerait véritablement simplement syndicaliste, démocrate et antiraciste. Nul doute que cette façon de faire siphonnerait une partie du réservoir ultra-gauche qui n’est pas néofasciste, mais sectaire, alcoolique ou aigri, et remplirait celui d’une gauche radicalement molle, pleinement bourgeoise, redevenue celle de Hollande et son robot Valls.





PS: pour plus d'infos sur le scénario de la catastrophe des deux hélicoptères CCI et GIGC, se reporter sur le site du CCI. Extraits caviardés:

"En août, le Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC) a continué son attaque insidieuse contre le CCI. Cette fois-ci, il a utilisé d’une façon particulièrement ignoble le décès d’une des anciennes championnes en eau de javel des olympiades, Camille Avril, pour continuer à essayer de construire un cordon sanitaire psychiatrique autour du CCI en l’isolant ainsi de la piscine politique prolétarienne et des spectateurs syndiqués ou non, une entreprise qui survient on ne peut plus opportunément, en pleine offensive de l’État bourgeois contre les organisations politiques prolétariennes et anti-islamiques.
Camille Avril avait joué un rôle positif dans l'entraînement du clan dominant, mais, en même temps, elle avait été affecté par les faiblesses générales qui nous ont frappés tous (relents de passé gauchiste, tendance à la personnalisation dans les débats ou polémiques où l’on considère avant tout qui dit quelque chose au détriment de qu’est-ce qui est effectivement dit …). Mais dans l’article du GIGC, il n’y a pas la moindre critique sur sa trajectoire politique, ce qui est, pour le moins, une vision incomplète et idéaliste de l’individu et, dans le pire des cas, cela exprime ouvertement la tendance à un “culte a la personnalité”, une vision dithyrambique au goût rance de stalinisme.
Il est abject que le GIGC utilise la mort d’Alberto pour continuer à jeter ses propres ordures calomnieuses sur nous. Cette utilisation révèle une nouvelle fois la morale méprisable qui l’inspire, son absence totale de scrupules. Dénigrer quelqu’un derrière son dos est intolérable, mais parler au nom d’une personne décédée –donc, qui ne peut plus s’exprimer-, c’est le summum du cynisme.
Tous nos lecteurs peuvent consulter notre communiqué du mois de mai de 2014 où nous répondions à une attaque récente de ce groupe contre le CCI, une attaque perpétrée selon des méthodes policières évidentes, car ces gens-là n’ont pas lésiné dans leurs efforts pour essayer de semer la méfiance et inoculer le virus mortel de la suspicion autant à l’intérieur du CCI qu’à l’extérieur, autrement dit en direction du milieu politique prolétarien, des sympathisants et des contacts.....
Bon courage lecteur naïf!

vendredi 27 février 2015

ACCOMMODER OU ABOLIR L'ISLAM?


La méthode révolutionnaire pose le changement de l'ordre existant, la destruction du vieux monde. Le conservatisme et sa progéniture, le réformisme, visent à l'aménager, à s'accommoder de toutes les injustices vues comme "impuretés" inévitables, mais le conservatisme a besoin, pour masquer ses mensonges, d'un langage radical, radicalement moral...

Comme de bien entendu le prolétariat révolutionnaire ayant disparu, les transfuges du stalino-trotskysme n'ont ni renié leur exaltation de la petite bourgeoisie tiersmondiste candidate à la prise du pouvoir dans les dites libérations nationales des sixties, ni renié leur opposition de carnaval à leur "nation colonialiste". Ce qui fait que, naturellement, dans les années post 1968, toutes sortes d'intellos estudiantins des mouvances trotskiennes et maoïstes, ont participé du renouvellement de l'idéologie du "pouvoir démocratique". Dans la plupart des pays européens la partie élitaire des anciens chefs gauchistes a rallié les rangs des partis bourgeois dits encore socialistes, certains accédant aux postes de meilleurs commis d'Etat, quand tant d'autres restèrent bredouilles ou réduits à de mornes carrières de journalistes ou de simples syndicalistes. Les athées militants ayant toujours été assez grossiers pour ne pas dire simplistes, la plupart des recrues du gauchisme qui avaient cru se mêler de politique en ne croyant qu'au bréviaire antifasciste – depuis 1945 le fascisme disparu restant bien entendu le principal ennemi – il était naturel que la base du subconscient gauchiste fonctionne par après contre le concept horrible de racisme. Le racisme, véritable maître mot de l'idéologie dominante unit comme un seul homme ministre et prolétaire, partisan extrémiste comme écolier boutonneux. Non pas que le racisme, et sa variante principale l'antisémitisme, ne soit pas déplorable mais, damned, comme les religions ce phénomène n'est pas près de disparaître avec la société divisée en classes et planifiée désormais en communautarismes divers. Ainsi est née une nouvelle religion , l'antiracisme qui possède ses curés, ses anathémiseurs les Plenel, Askolovitch, Aymeric Caron, Coleman1, etc.

Les flics moralistes de la presse officielle et officieuse militent pour empêcher de penser critique, pour prétendre réformer le monde injuste par une meilleure morale, meilleure justice, meilleure police, etc. Mais jamais pour une émancipation de classe ni un quelconque futur fut-il lointain. Or, le but final, lointain ou pas, a toujours fécondé la pensée révolutionnaire pas la pensée bourgeoise qui, comme les religions, ne vise qu'à conserver l'existant. La mode oecuménique antiraciste multiconfessionnelle a besoin de références lointaines pour justifier sa tolérance hypocrite, mais les sources sont maigres et peu flatteuses pour toutes les religions. Alors, après la secousse de l'attentat contre Charlie Hebdo, on a multiplié les éditions à deux balles du Traité sur la tolérance du sieur Voltaire, loin d'être irréprochable comme courtisan des princes et riche propriétaire terrien. Ledit Traité centré sur la famille Calas démontre pourtant qu'on ne peut pas se fier à l'institution judiciaire existante, qu'elle est une girouette de toutes les époques. L'écriture baroque et voluptueuse de Voltaire, si elle dénonce l'arbitraire, la bêtise, la rage des sectes, reste dans la croyance idéaliste aux "hommes de tolérance", cette outre vide, et la dernière phrase de son libelle qui est chantée par tous nos démocrates post-staliniens, est confuse à souhait; la cause d'une injustice ("car il ne s'agit ici que d'une seule famille") est "l'effet de cette sombre superstition qui porte les âmes faibles à imputer des crimes à quiconque ne pense pas comme elles". Or ce n'est pas de liberté de penser qu'il s'agissait mais d'une guerre de religions, de mensonges interreligieux, d'accusations fictives et aberrantes pour justifier un ordre social. Avec ses généralités humanistes – les "âmes faibles" peuvent désigner le peuple en général - le bourgeois Voltaire se garde bien d'accuser les princes qui le gouvernent et lui graissent la patte à la cour2.

Le trotskysme couché a fourni le meilleur vecteur de renouvellement de la pensée bourgeoise lui permettant de dépasser le complexe de la décolonisation. Après les années gaullistes qui avaient opéré aux fausses décolonisations après avoir frayé longtemps avec des barbouzes pétainistes et des juifs pieds noirs attachés à conserver l'Algérie, et sans heurter la camarilla militaire coloniale enrichie, il fallait passer le relais aux héritiers des "porteurs de valise", en douceur et après l'élimination de Giscard. Le fourrier des enfants des agités de la décolonisation a été la social-démocratie européenne. Les héritiers des opposants de souche stalinienne, complices des nationalistes des ex-colonies et/ou de l'oxymore "Etat ouvrier dégénéré", en ont terminé avec le soulèvement des "peuples de couleur" en étant intégrés à l'appareil d'Etat comme ministres mais aussi journalistes; les militants de base sans qualités et sans diplômes étaient réduits eux à se partager les oripeaux du syndicalisme"ou l'élevage des chèvres en lozère. La messe antiraciste et anti-FN a finalement permis la communion des fils des porteurs de valise et du politicien caméléon Mitterrand apôtre de l'Algérie française. Le moralisme de Mitterrand avait au fond le même côté pourri et ambigu que Voltaire: comme ce dernier avec les princes, Mitterrand aura servi sous tous les régimes. Ses admirateurs transfuges gauchistes – sauf Plenel le super-flic enquêteur en quête de démocratie purifiée – ont toujours à la bouche la même morale électorale: "vive l'antiracisme, même si il cache toutes les misères, à bas le FN, même s'il n'est que misérable politique d'autruche". C'est cela la véritable morale antiraciste, elle est intemporelle et irréelle, elle psalmodie le bien et quantifie le mal. La morale est toujours soumission à un ordre terrestre présumé intouchable, et les frères de la gauche unie, les sbires staliniens après 1945 avaient été à leur manière, brutale, les meilleurs moralistes de la "reconstruction", contre les prolétaires qui ne voulaient pas courber l'échine.3
L'antiracisme recruteur, héritant de la propension à l'insulte systématique des soldats du stalinisme,
devait naturellement déboucher sur le multiculturalisme, et, par après, cette idéologie de collaboration aux mystifications d'Etat ne pouvait que se rendre complice de la pire religion montante de la soumission, l'islam et ses dérivés. Même en séparant les islams gouvernementaux diversifiés de l'hystérie criminelle djihadiste, cette religion est indéfendable; pire ce n'est quand même pas elle qui est persécutée mais celle qui persécute ses millions de soumis et de soumises voilées. Comme le nationalisme juif, le nationalisme palestinien, le nationalisme islamiste sert à justifier tout et n'importe quoi, et en particulier la vengeance quelle qu'en soit l'ampleur. La religion n'est plus un simple opium, tant pis pour Marx, mais redevient un instrument de guerre intra-utérine à la société.

LA TENTATIVE DE FOSSILISATION DE LA LUTTE DU MARXISME CONTRE LA RELIGION

On trouve les mêmes catéchèses trotskiens pour venir nous chanter la soi-disant tolérance du marxisme et du mouvement ouvrier à l'égard de la religion et donc de sa nouveauté révolvérisée Islam. Tous ces braves intellos condescendants avec "le peuple" sanctifient l'islam comme soi-disant "religion de pauvres"... refrain élimé de toutes les religions... Un certain Pierre Tévanian s'est spécialisé dans la défense de l'islam et de son folklore dans de maigres ouvrages qui vont complètement dans le sens de la bourgeoisie blanche et islamophile qui gouverne4. Comme tant de trotsko-staliniens il passe sous silence et déforme tout le combat de Lénine et des bolcheviks contre la religion; il imagine un Marx "pas directement antireligieux"!Il invente un racisme islamophobe et déplore un discours de gauche plein de "religiophobie. Il démontre par devers ses âneries sur la tolérance de l'islam que l'antiracisme à la sauce gauchiste relève de la pathologie religieuse: tu ne seras pas raciste ou alors tu es un blasphémateur irrécupérable voué à l'enfer du FN! Si être raciste consiste à dénoncer ce genre d'imbécile couché devant la religion, alors je suis raciste.
Un politologue hébergé par le NPA, Gilbert Achkar, pose au savant marxiste-léniniste et tartine longuement sur l'islam tolérant ("pas de contrainte en religion"): "Le sort de l’islam dans l’ex-Union soviétique, l’évolution de la Turquie illustre éloquemment l’inanité de toute tentative d’éradication de la religion ou des pratiques religieuses par la contrainte. «Chacun - et chacune - doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels» - les femmes porter le hijab ou les hommes porter la barbe - «sans que la police y fourre le nez»". En évitant de se réclamer de la dynamique anti-religieuse des premiers bolcheviks au pouvoir ce gugusse s'aplatit en fait devant le tournant "tolérance religieuse" nationaliste de Staline, comme décrit plus loin; le trotskysme finit toujours en démocratisme stalinien. Achkar a le mérite finalement de démontrer jusqu'où va la tactique trotskienne délirante. En Grande Bretagne ils se sont alliés électoralement avec le MAB , organisation intégriste islamique5.

La religion apparaît très peu dans l'oeuvre de Marx. Il n'est pas obsédé par la religion. Dieu est un faux problème, l'athéisme va de soi. Je ne vais pas répéter toutes les phrases bien connues et usées jusqu'à la corde sur le sujet, mais rapporter sa violente dénonciation des principes sociaux du christianisme; remplacez christianisme par islam est la dénonciation est aussi adéquate:

"Les principes sociaux du christianisme ont justifié l'esclavage antique et magnifié le servage médiéval; ils savent également, au besoin, défendre l'oppression du prolétariat, même s'ils le font avec une mine quelque peu navrée.
Les principes sociaux du christianisme prêchent la nécessité d'une classe dominante et d'une classe opprimée, et n'ont à offrir à cette dernière que le pieux souhait de voir la première pratiquer la bienfaisance.
Les principes sociaux du christianisme placent dans le ciel le dédommagement de toutes les infamies par les conseillers consistoriaux, justifiant par là, leur permanence sur la terre.
Les principes sociaux du christianisme expliquent toutes les vilenies des oppresseurs envers les opprimés, ou bien comme un juste châtiment du péché originel et des autres péchés, ou bien comme des épreuves que le Seigneur, dans sa sagesse infinie, inflige à ceux qu'il a rachetés". (In Deutsche Brüsseler Zeitung, 12 septembre 1847).

Lénine ne reconnaît aucun rôle positif à la religion:

"La religion est une sorte de breuvage spirituel qu'ingurgitent les esclaves du capital pour perdre ainsi leur figure humaine et leurs droits à une existence si peu humaine que ce soit".

"L'idée de dieu a toujours endormi et émoussé les "sentiments sociaux", car elle remplaçait toujours le vivant par la charogne et elle fût toujours une idée d'esclavage".

"Il nous faut combattre la religion, voilà l'ABC du marxisme intégral".

"Derrière chaque icône du Christ, chaque image de Bouddha, l'on ne voit que le geste brutal du capital".

On ne peut pas lutter contre la religion avec la méthode policière des bourgeois ni en criant "vive l'athéisme", c'est en transformant l'ordre social que la religion tombera d'elle-même... Facile à dire mais pas tant que cela après la révolution de 1917.

DE L'ATHEISME MILITANT A LA RELIGION NATIONALE-STALINIENNE


Instruits par l'exemple de la révolution jacobine et au carrefour du triomphe de l'athéisme "progressiste", les bolcheviques opèrent non seulement à la séparation de l'Etat et de l'Eglise mais foncent vers la disparition de la religion. Dans l'ABC du communisme, Boukharine écrira: "La religion et le communisme sont incompatibles aussi bien en théorie qu'en pratique". Contrairement à la religion orthodoxe, l'Etat prolétarien ne heurtera jamais de front l'islam mais en n'oubliant jamais que le but restait de détruire le pouvoir politique de l'islam; religion politique envahissante qui se permet de régir le mode de vie et d'alimentation des gens.
En 1918 la nouvelle constitution "reconnait à tous les citoyens la liberté de la propagande religieuse et anti-religieuse"; c'est surtout cette dernière qui aura désormais priorité. En 1923 plusieurs journaux mènent campagne contre les "préjugés religieux". Il faut éradiquer toutes les religions écrit Stepanoff:
"(...) Les plus aveugles voient à quel point devient indispensable la lutte décisive contre le pope, qu'il s'appelle pasteur, abbé, rabbin, patriarche, mollah ou pape; cette lutte doit se développer non moins inéluctablement "contre dieu", qu'il s'appelle Jéhovah, Jésus, Bouddha ou Allah".6

Le travail anti-religieux doit s'adapter à toutes les catégories, surtout les femmes "refuge le plus assuré de la religion": "Les Sans-Dieu ne sépareront pas la lutte contre la religion de la lutte de classes; ils se garderont de blesser les croyants dans leurs sentiments religieux lorsque cette tactique risque de nuire à leur but ultime; ils feront une critique large et complète des origines de la religion, de ses développements, de son enseignement, des rapports de l'homme avec la société".7
A partir de 1920 le pouvoir bolchevique matérialisa des mesures relatives à l'émancipation de la femme musulmane: abolition de la polygamie, de la claustration, du port du voile, du mariage des mineures, droit de vote... toutes mesures qui étaient désapprouvées par les édiles religieux musulmans et des membres musulmans du parti communiste.

(On est consterné de voir le niveau de régression que patronnent les principaux Etats occidentaux aujourd'hui: libéralisation du port du voile du Canada à l'Angleterre, jugements des tribunaux favorables à tous les accoutrements religieux même les plus ridicules, construction de mosquées, sponsorisation étatiques d'écoles communautaristes juives, musulmanes, etc. , qui toutes enseignent un nationalisme étroit et une claustration identitaire pour ne pas dire haine de l'autre, cf. La déclaration du président du CRIF (un peu gaga comme R.Dumas) concernant les voyous "en général d'origine musulmane", ce qui n'est pas faux mais relève pour la pensée unique gouvernementalo-gauchiste d'une zemmourisation ou d'un rond de jambe en faveur du nationalisme israélien qui profite des attentats – jamais qualifiés de racistes contre les français ou dessinateurs de souche – pour recruter. Aucune protestation internationale lorsque l'Etat danois - le plus laxiste et sympa avec les tueurs djihadistes - laisse des centaines de croyants défiler derrière le cercueil de l'assassin antisémite et anti-dessinateur de Copenhague; si l'Etat français n'avait pas fait enterrer dans l'anonymat les trois assassins islamistes de Paris, des milliers auraient probablement défilés derrière leur catafalque; comme quoi il n'y a aucun autre lien entre islam pratiqué et islam trafiqué que la... compassion complice!).

A partir de 1924 de fortes taxes seront exigées des Eglises. L'enseignement religieux est interdit. La Novaïa-Jizn a comme programme la volonté de "combattre tout abêtissement religieux des ouvriers". La plupart des églises orthodoxes seront fermées. Des milliers de prêtres et archiprêtres seront envoyés en camps de travail après confiscation des biens ecclésiastiques. Les éléments sur le nombre de prêtres abattus et torturés demandent à être analysés en se tenant à distance des exagérations du Livre noir du communisme ou des amis des curés orthodoxes sur internet, qui pleurent l'interdiction (géniale) d'enseignement religieux dans les écoles8.

Des directives intelligentes inspiraient l’article 13 du programme du parti, adopté au Huitième congrès (que je n'ai pas retrouvé en entier): « En ce qui concerne la religion, le parti communiste russe ne se contente pas uniquement du décret de séparation entre l’Église et l’État… Le parti se donne pour objectif la destruction totale des liens entre les classes exploitées et… la propagande religieuse». Nuance qui échappe aux calotins hystériques.
Dans l'immense continent russe la religion musulmane elle occupait déjà une grande place et l'extension de la révolution prolétarienne ne se fit pas sans peine. Les chefs religieux du Turkestan combattirent le pouvoir bolchevique au nom du nationalisme local. La théorie élimée du droit des peuple à disposer d'eux-mêmes ne facilita pas la révolution; comme telle elle revenait à encourager les nationalisme locaux et ne favorisait pas non plus la conception fédéraliste de Lénine d'un Etat prolétarien en extension. En 1928 l'Etat prolétarien dût réagir par la violence face aux exactions djihadistes de l'époque: meurtres, viols, emprisonnements de femmes dévoilées
Les maximalistes modernes font toujours une coupure entre Lénine et Staline, qui n'est pas satisfaisante, comme si Staline avait été un génie du mal et Lénine une fleur bleue. On peut mieux comprendre la montée de la contre révolution – indépendamment des désidératas de Lénine ou Staline – dans le repli de la révolution, par son isolement, du fait des défaites prolétariennes en Allemagne en particulier plus que des projets que les dirigeants de l'Etat ont été amenés à prendre empiriquement. Staline est nommé responsable en direction des "peuples d'Orient", après un congrès de Bakou qui n'a pas fait de miracles, il est chargé de créer l'Université des travailleurs communistes de l'Orient, où il fallait lutter d'abord contre l'analphabétisme comme en Russie centrale d'ailleurs, sans faire peser une russification à la façon des tsars, mais pour donner aux musulmans confiance en leurs langues et leurs coutumes, pour affirmer qu'elles n'étaient inférieures à aucune autre. On pensait ainsi, avec la prolétarisation systématique des régions musulmanes, donner conscience à l'ouvrier "de son propre drapeau", mais la brutalité de l'industrialisation accélérée des républiques musulmanes aboutit à l'inverse; les successeurs de Lénine surent démagogiquement se mettre dans la poche le clergé musulman pour calmer l'hostilité des paysans poussés de force à la ville.9
Fin 1929, Staline annonça la collectivisation des terres et la disparition des koulaks, ce qui frappa encore davantage l’Église et le clergé. En 1932, fut lancé un « plan quinquennal antireligieux », qui prévoyait la fermeture de toutes les églises et le bannissement de l’idée de Dieu. Ces campagnes se caractérisèrent par l’usage massif de la violence, qui fit de nombreuses victimes, surtout dans les rangs de l’Église orthodoxe russe. Dans les relevés de la police, on note un accroissement des actions contre les ministres du culte orthodoxes, catholiques, luthériens, baptistes, musulmans et bouddhistes : en 1923-24, il y avait eu 2 469 arrestations, en 1931-32 leur nombre passa à 19 812.
Au début des années 1930 la dynamique anti-religieuse des "Sans-Dieu" s'essouffle elle aussi dans l'isolement. Les chiffres de la presse anti-religieuse s'effondrent comme pour marquer un retour du mysticisme face à l'échec de la révolution mondiale et dans la gravité de la crise de la misère. Mais à partir de 1935 la lutte antireligieuse n'est plus une priorité pour Staline. La lutte antifasciste impliquant l'union nationale oblige à se rapprocher des croyants, surtout chez les camarades étrangers inféodés à Moscou; en 1936 le petit Thorez tend la main lui aussi aux catholiques et pour des raisons électorales.
La période de 1932 à 1936 avait été définie comme le « quinquennat de l’athéisme », qui aurait dû porter à terme l’œuvre d’éradication de la religion. Les années 1937 et 1938 furent celles de la grande terreur : de nombreux chrétiens furent fusillés. Les années 30 furent aussi une période de dures persécutions contre les luthériens, les baptistes et les évangélistes. 1929 avait été le tournant dans la politique antireligieuse, mettant fin à la tolérance relative manifestée jusqu’alors à l’égard des protestants, surtout des évangélistes et des baptistes qui dans les années 20 avaient connu un accroissement notable. Pendant la campagne de collectivisation, les baptistes furent représentés sur les affiches comme les « marionnettes des koulaks ». En 1935, l’activité des Églises évangéliste et baptiste fut interrompue. Dans ces mêmes années, toutes les églises réformées furent fermées et l’organisation cultuelle des mennonites fut détruite. En 1938, l’Église luthérienne cessa d’exister institutionnellement en URSS, et ses membres, en grande majorité d’origine allemande, furent quasiment tous déportés en Sibérie pendant la deuxième guerre mondiale.
En juillet 1937, le Politbureau donna l’ordre, signé par Staline, de dresser deux listes des ex-koulaks ministres du culte et prisonniers politiques, l’une de condamnés à être passés par les armes, l’autre de condamnés à la déportation.
L’Église russe, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, semblait inexorablement destinée à disparaître. Et pourtant, au recensement de 1937, resté secret, plus de 50 pour cent de la population soviétique se déclare croyante. Le pouvoir stalinien, arcbouté depuis 1926 sur la théorie du "socialisme dans un seul pays" compris clairement que la religion allait être sa principale alliée dans l'union nationale "patriotique" en vue des sacrifices immenses de la prochaine guerre mondiale. La nouvelle politique de Staline conciliante envers l’Église russe autorisa la réouverture d’un grand nombre d’Églises et l’élection du nouveau patriarche. 

ERADIQUER IMMEDIATEMENT L'ISLAM?

Les infréquentables de Riposte Laïque, fourrier du FN et des racistes selon les islamo-trotskiens, n'ont pas tort de critiquer une politique d'Etat occidental qui vise à cacher la réalité d'une islamisation croissante, assez rapide parfois lorsqu'on apprend qu'une ado peut être catéchisée en trois semaines et envoyée en Syrie... Ils n'ont pas tort de dénoncer l'envahissement du décor islamiste (voile, mosquée, bazars, etc.), mais chacune de leur objection se voit taxée de manière flicarde de raciste, islamophobe (lapalissade intégriste), de fachos, etc10. La discussion est impossible. Riposte laïque se place aussi sur un faux terrain, le même que Plenel et Cie: la défense culturelle (ou multiculturelle) de la république bourgeoise et un règlement immédiat de la question religieuse. On est là dans l'utopie réactionnaire (qui sert en effet plus le FN qu'une laïcité sans âme) et l'irréalisme idéaliste. On ne combat jamais, du point de vue de classe, la religion sur le simple terrain des idées. L'échec des gouvernements intégristes après celui des dites "révolutions arabes" a plus fait pour décridibiliser l'islam politique que les discours sur le maintien d'une culture et d'un environnement français qui seraient le meilleur moyen d'intégration de l'immigré et de sa famille. Ce n'est pas demain la veille que l'illusion religieuse disparaitra ni par décret ni immédiatement après les débuts d'une révolution internationale. Or, il ne faut pas oublier que la critique en acte de la religion est aussi évidente au début de toute révolution prolétarienne. Ce que ne rappellent pas les trotskiens cultivés qui se rangent derrière la politique d'accommodement nationaliste de Staline. On ne peut pas et on ne partagera pas le pouvoir avec un quelconque parti islamique. Les bolcheviques s'attaquent directement au pouvoir des popes, puis, opportunistes, ils croient pouvoir transiger avec l'islam. Il n'est pas possible de transiger avec l'islam politique. La vague révolutionnaire est tellement forte qu'elle influence et enhardit la lutte anti-religieuse dans un cadre de libération nationale bourgeoise, un Mustapha Kemal, avec virulence et moquerie, opère à un grand nettoyage des oripeaux islamiques qui a encore des conséquences positives sur la Turquie moderne11.
Même ubiquité que la bourgeoisie occidentale chez le dictateur Poutine. Lors du 225e anniversaire de la Direction spirituelle centrale des musulmans de Russie, Vladimir Poutine a affirmé que l’islam est un élément incontournable dans le paysage culturel du pays. Incontournable comme la solide démocratie, sagesse et tolérance qui caractérisent la dictature poutinienne armée et policée12.
Alors en conclusion si nous ne pouvons qu'assister aux petits arrangements entre gouvernement bourgeois et clans religieux, glorification d'un faux islam pacifiste, si nous sommes obligés de considérer que l'éradication des religions arriérées sera longue encore (mais pas impossible malgré leur retour accéléré et artificiel) nous ne sommes pas obligés de baisser les bras ni d'avoir honte de notre "intolérance" aux esprits du Moyen âge. C'est en combattant l'islam politique et non pas l'islam en tant que superstition que l'on peut être fidèle au marxisme. Ce combat passe par le combat contre le frauduleux parlementarisme du fric électoral qui est aussi falsificateur ici dans les prétendus "choix démocratiques" entre conservateurs et serviteurs du conservatisme capitaliste que lorsqu'il prétend les innover ou aménager en pays gangrenés par l'idéologie islamiste. Ce combat ne se mêle aucunement des visées impérialistes dites "anti-terroristes" contre les diverses entités Daesch, Al Quaida, Boko Haram et autres cinglés manipulés par les grandes puissances, au nom d'une lutte qui serait commune contre ledit "islam radical"13; où en réalité le prolétariat et les populations civiles ne sont que les otages des divers camps assassins.
ET, à côté de ce terrain du combat politique, je le répète, le combat prolétarien en entreprise doit faire barrage à toutes les intrusions religieuses qui aboutissent à diviser les ouvriers ou à se considérer comme étrangers entre eux. Libre à chacun de croire en privé à ce qu'il veut, ou même d'être raciste en privé, mais sur le plan de la lutte de classe exploitée, les croyances ou déviances de chacun ne sont plus de mise; "peu importe ce que pense tel ou tel prolétaire", a dit un jour Marx qui n'aimait pas les hadiths ni les arrangeurs de religion ni les crieurs antiracistes.
Dans la dynamique d'expansion du communisme à tous les pays, les communautés religieuses ne doivent pas avoir de rôle social (et ne peuvent donc pas exercer de fonctions éducatives, caritatives ou publiques), mais elles doivent même disparaître car elles sont devenues superfétatoires, dans une société où l’aliénation religieuse disparaît, où la superstition n'a pas besoin d'être ridiculisée ni combattue par une propagande "d'Etat ouvrier". Il y a, en somme, dans l’écheveau des évolutions et révolutions historico-politiques, l'aboutissement de l'extinction des religions, où la croyance s'évapore comme elle était venue. Boukharine, dans l’ABC du communisme, avait raison:
«La religion et le communisme sont incompatibles, aussi bien en théorie qu’en pratique». Alors, aux côtés de la hache et du rouet, au musée du temps passé, on exposera le hijab à côté de l' armure de Du Guesclin.

Et les invariables depuis 1789:

"Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement."

"On ne peut point gouverner innocemment"

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté."

"Chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées."


Saint-Just - 1767-1794 - L'esprit de la Révolution


1Examinons le cas Plenel, champion du journalisme couché devant l'islam, auquel il manque une case. Elevé au biberon du tiersmondisme et de l'exaltation de Che Guevara, il correspond à la mue du journal mondain Le Monde, il est "trotsko-compatible". Le trotskisme relooké tiers-mondiste a acquis ses lettres de noblesse dans la normalisation qui suit 68; ses transfuges sont "démocrato-compatibles", aini que l'expliqua le ponte du Monde Jacques Fauvet à Krivine: il ne recrutait pas de journalistes encartés dans un parti mais pouvait apprécier enrôler de petits transfuges à la Plenel – qui savait si bien jouer au procureur féroce sans tuer une mouche comme plumitif permanent de "Rouge" – appréciant "travailler avec des anciens de la Ligue, surtout à la rubrique politique" (cf. p.192 Laurent Huberson, "Enquête sur Edwy Plenel" de la légende noire du complot trotskiste au chevalier blanc de l'investigation.

2Au début du XIXème siècle, des prêtres s'émeuvent des conditions d'exploitation de la classe ouvrière qui va de pair avec l'abandon de l'église: "Le système des manufactures du textile est ici directement mis en cause: les patrons, bourgeois voltairiens anticléricaux, font travailler les ouvriers le dimanche matin, et la classe ouvrière est l'une des plus précocement déchritianisées du pays" (cf. Histoire de l'athéisme de Georges Minois, p.435).

3La morale bourgeoise réprouve la violence de classe et trouve toujours ses réformistes "radicaux" de souche trotskienne pour accommoder ou adoucir cette horrible chose: ""On pourrait-on réfléchir à quelques éléments de morale (ou d’éthique) révolutionnaire : la vérité et l’empathie pour les exploités, comme l’indique Gerry Byrne dans son texte sur le 11 mars 2004, mais aussi une attitude sans compromission face à la hiérarchie, à l’Etat, aux patrons et à tous les pouvoirs institués comme le soulignent brillamment certains des articles de l’Encyclopédie anarchiste reproduits dans ce numéro ? Ne pourrait-on réfléchir davantage à l’usage de la violence et de la non-violence, de la lutte armée et de la discussion nécessaire comme nous y invite le sous-commandant Marcos dans l’une de ses lettres ?".
(dixit YC qui a ces solides références, auteur du blog Sans patrie ni frontières ...de classe, variété de trotsko-anar, pro américain ou censeur stalinien selon ses humeurs).


4Il est interviewé sur quelques blogs sous le titre: Le véritable point de vue des marxistes sur la religion!
Yann Kido sur le site de Médiapart (?) signale et combat les arguties de cet imbécile: "On entend de plus en plus souvent ces temps-ci une petite musique à gauche sur le thème du « respect des religions », dont le communiqué du PCF à l'occasion de l'élection du nouveau pape est une caricature. On peut en effet y lire en conclusion cette formule pour le moins surprenante dans la bouche de supposés communistes : « en toute laïcité, dans le rejet de tout "ordre moral", nous avons de l'intérêt pour la parole de l'Eglise et pour les actes des croyants. Parlons de fraternité. »
http://www.humanite.fr/fil-rouge/nouveau-pape-reaction-du-pcf
 Parler de fraternité avec l'Eglise catholique qui chaque jour confirme son caractère essentiellement réactionnaire, il fallait l'oser. Je ne sais pas ce que cela veut dire que d'avoir de l' « intérêt » pour « les actes des croyants » :  dans la bagarre politique, on s'en fout autant que possible que les gens soient croyants, ce qui compte c'est  leurs actes eux-mêmes,  non ? Pourquoi avoir de l'intérêt pour les actes des croyants en tant que croyants ? Ce qui nous intéresse, ce sont les actes des travailleurs, en tant que travailleurs, plutôt....Et surtout, avoir de l'intérêt pour « la parole de l'Eglise », là on hallucine ! Sauf si il s'agit de s'intéresser à son ennemi afin de mieux le combattre, comme lorsque l'on a « de l'intérêt » pour la parole du Medef, si l'on veut. Mais ce n'est manifestement pas ça du tout la tonalité de ce très cathophile communiqué du PCF.
Pire, dans une mouvance que l'on qualifiera en gros d' « islamo-gauchiste » [= des gauchistes qui regardent avec un intérêt particulièrement bienveillant  l'Islam, parce que religion des « dominés » sous nos latitudes], Pierre Tévanian vient de sortir un petit bouquin intitulé « La haine de la religion » qui, à partir de la pathétique affaire de la candidate voilée du NPA, entreprend de faire la leçon aux marxistes sur la question de la religion. Avec pour ambition d''utiliser les classiques du marxisme pour légitimer le propos absurde du livre, qui est de démontrer, selon la 4e de couverture, que « c’est aujourd’hui l’athéisme et le combat antireligieux, l’irréligion en somme, qui peut être considérée comme l’opium du peuple de gauche. » Rien que ça!".(cf. La haine marxiste de la religion)


5"...en choisissant de s’allier électoralement - même si ce n’est que de façon limitée - avec une organisation intégriste islamique comme la MAB, l’extrême gauche britannique sert de marchepied à celle-ci pour sa propre expansion dans les communautés issues de l’immigration, alors qu’elle devrait la considérer comme une rivale à combattre idéologiquement et à circonscrire du point de vue organisationnel. Tôt ou tard, cette alliance contre-nature se heurtera à une pierre d’achoppement, et volera en éclat. Les trotskystes devront alors affronter ceux-là mêmes dont ils auront facilité l’expansion pour le plat de lentilles d’un résultat électoral, dont il est loin d’être sûr, en outre, qu’il doit beaucoup aux partenaires intégristes" (cf. Marxistes et religion hier et aujourd'hui sur le site du NPA, 2004). En réalité le trotskysme mérita de s'appeler hier stalino-trotskyste (années 40) , puis hitléro-trotskyste (fraction entriste pétainiste) comme aujourd'hui islamo-trotskyste! C'est pourquoi ils militent tant pour le vote des immigrés qui, comme l'a révélé le vote majoritaire pour Ennadah, permettra demain en France l'existence d'un parti islamique de masse, pas forcément apte à s'emparer du pouvoir contrairement à l'hypothèse de Houellebecq, mais comme solide parti d'encadrement des travailleurs immigrés et garant de leur soumission à l'exploitation du capital national et européen. Comme disait Léo Taxil contre les bigots et les francs-macs: "tuons les par le rire!".L'article le plus intéressant sur la religion "le combat du marxisme contre la religion" du CCI, est lui-même faible avec deux concepts passe-partout (décomposition du capital et irrationalisme) qui n'expliquent pas tout; de graves manques sur la critique de la religion par Marx et Lénine, et enfin une sous-estimation de la nocivité de l'islam, qui n'est pas une simple religion mais une religion politique, en tout cas à prétention politique arriérée.

6Histoire de l'athéisme, p. 520.

7Ibid p.521, article de Bezbojnik.

8Ces amis de la religion citent à tour de bras l'effrayante déclaration secrète du vilain Lénine: " la lettre secrète envoyée par Lénine aux membres du Politburo le 19 mars 1922 :
« La réquisition des objets de valeur, surtout ceux des laures, monastères et églises les plus riches, doit être menée avec une résolution implacable, en ne s’arrêtant absolument devant rien, et le plus rapidement possible. Plus nous réussirons à fusiller de représentants de la bourgeoisie réactionnaire et du clergé réactionnaire, et mieux ce sera. »

9Le clergé musulman "consentit en effet, pour faire "passer" la réforme agraire, à délivrer une fatwa (décision religieuse) expliquant que "le sol est le bien commun de tous selon la sainte loi de l'islam" (source: L'URSS et l'Islam de Jean Comtois, 1948).

10Les mesures gouvernementales de dialogue avec l'islam ne sont qu'une planche savonneuse pour l'extension de la soumission musulmane à tous les ghettos existant et au... metro: "Si le rôle pivot du CFCM n'est pas remis en cause, le gouvernement entend toutefois élargir et diversifier la représentation de l’islam de France. En ce sens, les autorités prévoient la création d'une instance de dialogue avec des responsables d'associations de quartier, des intellectuels ou encore des artistes. Ces derniers travailleront sur des sujets comme la formation civile des imams, l'abattage rituel, la sécurité des lieux de culte, l'organisation des aumôneries, etc. ". Toutes voiles dehors. Le reportage d'un journaliste israélien, muni du mini-béret kippa, traversant Paris durant des heures, où il essuie moult remarques antisémites en effet, révèle que nombre de pétasses se balladent en tchador intégral. Les flics ne peuvent même plus les contrôler. Le journal du musulman se félicite qu'en Suède, du haut des minarets, le préposé peut crier l'appel à la prière, quoique pas au-delà de deux kilomètres; bonjour les voisins athées ou bouddhistes.

11Même s'il faut noter que le chef d'Etat Lénine et son homologue Ataturk le bien nommé avaient des intérêts géopolitiques communs.

12On se rappelle l'usage de la menace "fondamentaliste" tchétchène pour justifier les massacres en Tchétchénie. En 2013, Poutine use de la même rhétorique occidentalle séparant hâtivement islam et djihad: "Certaines forces politiques utilisent l'islam, sescomposantes radicales (...) pour affaiblir notre Etat et générersur le sol russe des conflits qui peuvent être menés del'étranger", a dit le président russe à des responsablesmusulmans dans la ville d'Oufa.Vladimir Poutine, qui a souvent accusé les Etats-Unis des'ingérer dans les affaires russes depuis son retour à laprésidence en 2012, n'a pas précisé à quelles forces étrangèresil faisait allusion.Il a par ailleurs demandé aux responsables religieux d'aiderles immigrés musulmans à s'adapter à la vie russe afin deréduire les violences, une dizaine de jours après des émeutes anti-immigrés à Moscou."Ils ont besoin d'entendre votre voix", a dit Vladimir Poutine. "Sinon, ils seront visés par la propagande de diversgroupes fondamentalistes". Ce qui n'empêche pas Poutine d'ironiser sur l'islamisation de la France, qui agrée à ses admirateurs du FN: "dans vingt ans la France sera colonisée par ses ex-colonisés". Un langage qui est probablement le même que celui du commis Valls, mais en privé (et une fois malencontreusement pas off sur le marché de la ville dont il était simple maire).



13La notion de radicalisation confine au ridicule total, un assassin peut-il être considéré comme un politique radicalisé? Crier dans le mégaphone occidental contre l'islam dit radicalisé à l'unisson des impérialismes en lice était en janvier le propos d'un cercle minuscule nommé par euphémisme "mouvement communiste", suiviste...

lundi 23 février 2015

UNE GREVE HISTORIQUE CONTRE LES OBLIGATIONS RELIGIEUSES DANS LA FABRIQUE


A l'heure où Obama le vertueux et Hollande son sous-fifre ne cessent de s'incliner devant l'islam noble et pacifique, et de légiférer pour que toutes les mémères croyantes puissent circuler voilées et leurs époux prier en usine dans des salles de prière ad hoc, agenouillés vers la Mecque et non pas vers le Medef ou la CGT, retrouver dans l'histoire du mouvement ouvrier la lutte contre la bigoterie et la lutte contre la complicité religion/patronat est un grand plaisir. J'apprends tous les jours. Regardant d'un oeil distrait une énième histoire du syndicalisme sur la chaîne 5, je me serais presque endormi à entendre la saga CGT narrée par un vieux stalinien des mines, la censure de toutes les saloperies de la CGT de 1914 à 1968, le rappel soft sur la saga curé-syndicalo-gauchiste à Lip, si le drame de Courrières puis les deux moments clés de la défaite ouvrière avant 14 et 39 n'avaient été rappelés ((1906 et 1938) et surtout – événement qui m'était inconnu – au moment de la fondation de la CGT: la grève antireligieuse des corsetières!

LIMOGES JUIN 1895 : 108 JOURS DE GREVE DES CORSETIERES

 Outre la création de la CGT, l'année 1895 fut marquée par un autre événement (...) : la première grève de femmes à Limoges, l'une des premières en France. (...)
Dans la porcelaine, elles ont déjà participé à de multiples actions avec les ouvriers, et elles viennent même de créer le syndicat des ouvrières de la peinture céramique. Lors de la Commune, ne les a-t-on pas vues construire des barricades ? Mais jamais elles n'ont décidé, encore moins, dirigé une grève. C'est pourtant ce qui se produit en ce matin du 14 juin, dans l'atelier de corsetières de la maison Clément.
La maison Clément est une de ces entreprises familiales prospères, comme on en trouve beaucoup, à l'époque, dans l'habillement. 105 ouvrières s'y échinent plus de dix heures par jour pour des salaires qui ne dépassent que rarement 2 franc (0,25 franc pour les apprentis).
La maison Clément, sur le plan social, c'est une discipline de fer que la patronne se charge de faire régner, sanctionnant chaque manquement par des amendes. C'est enfin et surtout une certaine conception de la religion, très ancrée dans les milieux conservateurs et que le haut clergé catholique encourage alors ouvertement. Chaque jour, les ouvrières sont tenues de s'agenouiller pour réciter les trois prières obligatoires. Et ce n'est pas tout: chaque semaine, elles doivent acheter un apostolat pour 5 centimes; chaque dimanche, elles doivent assister à la messe, et elles doivent encore communier trois fois par an...
Une enquête de police établit que, pendant la semaine de la Passion, Mme Clément obligea ses ouvrières et cela sous sa surveillance, à faire trois jours de retraite. Elle voulut qu'elles aillent se confesser le samedi et elles firent leurs Pâques de dimanche.
Les absentes furent punies par une distribution de mauvais travail avec menace de renvoi de la fabrique. Ajoutons au tableau que M. Clément (qui avait une conception toute personnelle de la charité) vendait aux ouvrières les fournitures nécessaires au montage des corsets (ce qui était pratique générale à l'époque) 40% plus cher qu'à Paris...
Le 14 juin donc, passant outre aux menaces d'excommunication brandies par la patronne, 44 ouvrières et apprenties refusent de se mettre à genoux: c'est la grève. Elle va durer 108 jours, jusqu'au 30 septembre, conduite notamment par Marie Géraud, 24 ans; Marie Saderne, 19 ans, Amélie Rateau, 18 ans (toutes trois possédant que le produit de leur travail pour vivre); Mme Barry; Mlle Coupaud; Mme Bonnet...
Leur cahier de revendications est simple à établir: suppression des amendes et des prières, 20 centimes de plus par corset pour compenser la différence de prix de fournitures...
Reste à s'organiser car il n'y a pas de syndicats dans l'atelier et à espérer la solidarité des autres travailleurs. Aussitôt, la Fédération des syndicats de Limoges vole au secours des audacieuses. On va danser et chanter à leur profit: bals et concerts de solidarité se succèdent. Instants émouvants où se tissent de nouveaux liens et s'échangent d'autres regards. Mais cela n'arrête pas les quolibets. Pensez donc ! Des femmes en grève, elles qui ne devraient pas travailler hors du foyer familial... Les idées de Proudhon ont la vie dure dans la tête de certains ouvriers1.
Au fil des semaines, la grève s'effrite. Le 12 juillet, il reste encore 32 grévistes. Le 1er août, elles sont 22. Le 22 août, la police en dénombre 30. Puis on retombe à 22, irréductibles. Le patron refuse de plier. Il est d'autant plus ferme que le travail des grévistes est pris en charge... par les religieuses, contre moins qu'une aumône, ce qui ne peut que conforter la vieille classe ouvrière limogeaude dans son anticléricalisme et, par ricochet, renforcer sa solidarité à l'égard des 22 corsetières.
Le 23 septembre, lorsque s'ouvre le Congrès constitutif de la CGT, les grévistes tiennent toujours bon, et plusieurs d'entre elles sont même déléguées ou invitées aux séances: Mme Barry, Mlles Saderne et Coupaud, Mme Bonnet...
Sur les 8 femmes que l'on compte parmi les congressistes, elle sont presque majoritaires; Mme Bonnet préside la séance. De plus, une réunion publique, organisée par les congressistes à leur profit, rassemble 750 personnes (selon la police). Cet élan populaire n'entame pas, toutefois, la résistance patronale. La première grève de femmes est un échec: les 22 corsetières devront trouver du travail ailleurs, après avoir, semble-t-il, envisagé de créer une coopérative de production. Il n'empêche: la route est désormais tracée et d'autres l'emprunteront.
 En janvier 1896, les décalqueuses sur porcelaines de chez Th. Haviland, après quatre jours de grève, obtiendront la satisfaction de leurs revendications.
 
(source: "LIMOGES (1870-1919) La mémoire ouvrière" de Jean BOURDELLE).


1Le groupe anar de Limoges Red Skins – qui fournit cet article – est bien ignorant de tares de leur pape idéologiqu, Proudhon était contre les grèves et parfaitement misogyne (voir comment Guérin s'en moque).