"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 12 mars 2015

CRASH DE PROLETAIRES DE HAUT NIVEAU


Lorsque les pales de l'hélicoptère pogromiste d'Alberto ont heurté le fuselage de l'hélicoptère du CCI, j'ai compris que c'était ce dernier qui avait soudainement dévié de sa trajectoire et avait percuté celui de la FICCI (GIGC). Les images montrent l'un des deux appareils marxistes passer en-dessous du second, sans qu'il soit aisé de dire quel engin a percuté. Les deux engins contenaient des gens hors normes par leur palmarès, et qui avaient des capacités d'adaptation pour une perspective en harmonie avec l'anticapitalisme. Qu'étais-je allé faire dans l'hélicoptère policier du GIGC (groupe insurrectionnel du grand cours)? De toute manière j'étais mort, politiquement, socialement et sportivement.

Le Parti d'ultra- gauche (PUG), de Jean-Luc Peter, avait lui refusé de s’associer au jeu de TF1, jeu caritatif en faveur d’une lutte contre l’islamophobie en Argentine: on est largué par hélicoptère dans la nature et il faut se débrouiller pour retrouver l'islam des sources civilisées. Son coordinateur général, Roger Camoin, avait confié à l’Express : «Le terme d’islamophobie dans un jeu télévisé nous pose problème depuis plusieurs années. Il est difficile, en effet, de faire la part entre la critique anarchiste de la religion et le racisme des argentins. Le programme TV, par ailleurs, ne cite pas les autres formes de racisme élitaire et moraliste de la gauche caviar et de ses gauchistes gouvernementaux. Dans un contexte postattentats, il aurait fallu un scénario plus large.» Par ailleurs «poursuivit le dirigeant auvergnat, les producteurs de ce jeu pervers nous posent problème. Il s’agit pour certains d’organisations communautaristes ou d’organisations qui ont une vision politique de l’islam réducteur de tête au Mexique plus qu'en Argentine».
Quel bonheur, déclara Michel Onfray qu’à l'ultra-gauche, qui plus est dans l'ultra-gauche antilibérale, qui est ma sensibilité anti-léniniste, on lutte contre un autre genre d’amalgame qui consiste à assimiler la critique des programmes TV à l’islamophobie quand elle aborde l’islam sauvage, à la bigoterie quand elle concerne le christianisme pur, au nationalisme intégral quand il s’agit de la politique internationaliste de l'Etat d'Israël, avant que l’athéisme lui aussi ne le soit au blasphème incendiaire.
Ce dangereux amalgame (tout amalgame est dangereux…) empêche qu’on puisse lutter contre le marxisme véritable, l'anarchisme véritable et le stalinisme véritable qui, hélas, ne manquent pas d’exister dans les faits. Ne pas souscrire au fait que Marx exalte le prolétariat ouvrier n’est pas anti-marxiste, que Proudhon soit ressuscité le troisième jour n’est pas un rejet de l'anarchisme, que Camus ait pris son envol à cheval vers le ciel pour rejoindre Niezstche en une nuit n’est pas nihilisme d'intellectuel paumé, mais lecture historique, exégétique, rationnelle, critique, des textes qu’on ne méprise pas, pas plus qu’on ne méprise ceux qui croient à Mélenchon, mais qu’on souhaite pouvoir librement aborder comme on lirait Freud ou Racamier.
Ce que le Parti de l'ultra-gauche nomme, fort justement, «la critique policière» fait partie du logiciel de toute ultra-gauche véritable, historique. La gauche qui nous gouverne y a renoncé en préférant le sarcasme, le blasphème (auquel je ne souscris pas), l’ironie, quand il s’agit des fractions externes du CCI, et la langue de bois, quand il s’agit du marxisme et du sectarisme, car il est facile d’être fort avec les faibles (et nul ne niera que le pouvoir réel des marxistes est quasi nul dans une France islamisée) et faible avec les forts (les dirigeants du CCI ne laissent rien passer, et ils ont raison, pas plus que les dinosaures staliniens qui le font avec la même détermination, sans oublier parfois de recourir aux épées à l’ombre desquelles, dixit les RG, se trouve le piratage des ordis des militants-chefs).
La morale politique du Parti de l'ultra gauche m’agrée presque totalement en matière de politique intérieure de secte, ajoutait le philosophe de plateau TV. J’ai, en revanche, du mal avec le fait que les policiers du GIGC n'aient pas remboursé les billets d'hélicoptères pour le congrès auxquels ils avaient été invités. Ce remboursement, s’il était réellement pris en charge par Jonas et ses complices canadiens, crédibles en la matière, aurait un triple mérite : d’abord, retrouver la joie du débat d’idées hors insultes et langue de bois, hors amalgames et stigmatisations sexuelles, sur la question du regroupement des derniers héritiers de Lénine; ensuite, redonner à l'ultra-gauche voix au chapitre critique des idées qui ont fait sa grandeur en 1968 (pas en 1989) ; enfin, laisser à Nathalie Arthaud les électeurs qui, certes, ne souscrivent pas à la théocratie musulmano-trotskienne, mais pour qui ce refus de souscrire ne relève pas de l’esprit critique laïque ou athée, mais de la prise de position contre-révolutionnaire et électoraliste nunuche.
Si l'hélicoptère conduit par Alberto n'avait pas heurté celui du CCI, Dropper – sans l'appât du gain pour prolétaires de haut niveau - pouvait permettre de faire le tri entre ceux qui refusent la police au nom du marxisme, pas de la démocratie (c’est mon cas, et celui de nombre de gens qui se sentent de ultra-gauche hors catéchisme maximaliste), et ceux qui se cachent derrière le refus de cette police pour mieux dissimuler leur collaboration délétère ou leur trahison perverse. On pourrait imaginer qu’une fois cette dissociation d’idées effectuée, ceux qui ne veulent pas que la police fasse la loi ailleurs que dans le capitalisme, se distingueraient clairement de ceux qui visent moins le marxisme que ceux qui le pratiquent. Le gauchisme gouvernemental se viderait alors de ceux qui vont vers lui parce qu’il est le seul à tenir un discours critique anticapitaliste primaire sous son aspect économique pour ne conserver que celui qui, de facto, s’avérerait véritablement simplement syndicaliste, démocrate et antiraciste. Nul doute que cette façon de faire siphonnerait une partie du réservoir ultra-gauche qui n’est pas néofasciste, mais sectaire, alcoolique ou aigri, et remplirait celui d’une gauche radicalement molle, pleinement bourgeoise, redevenue celle de Hollande et son robot Valls.





PS: pour plus d'infos sur le scénario de la catastrophe des deux hélicoptères CCI et GIGC, se reporter sur le site du CCI. Extraits caviardés:

"En août, le Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC) a continué son attaque insidieuse contre le CCI. Cette fois-ci, il a utilisé d’une façon particulièrement ignoble le décès d’une des anciennes championnes en eau de javel des olympiades, Camille Avril, pour continuer à essayer de construire un cordon sanitaire psychiatrique autour du CCI en l’isolant ainsi de la piscine politique prolétarienne et des spectateurs syndiqués ou non, une entreprise qui survient on ne peut plus opportunément, en pleine offensive de l’État bourgeois contre les organisations politiques prolétariennes et anti-islamiques.
Camille Avril avait joué un rôle positif dans l'entraînement du clan dominant, mais, en même temps, elle avait été affecté par les faiblesses générales qui nous ont frappés tous (relents de passé gauchiste, tendance à la personnalisation dans les débats ou polémiques où l’on considère avant tout qui dit quelque chose au détriment de qu’est-ce qui est effectivement dit …). Mais dans l’article du GIGC, il n’y a pas la moindre critique sur sa trajectoire politique, ce qui est, pour le moins, une vision incomplète et idéaliste de l’individu et, dans le pire des cas, cela exprime ouvertement la tendance à un “culte a la personnalité”, une vision dithyrambique au goût rance de stalinisme.
Il est abject que le GIGC utilise la mort d’Alberto pour continuer à jeter ses propres ordures calomnieuses sur nous. Cette utilisation révèle une nouvelle fois la morale méprisable qui l’inspire, son absence totale de scrupules. Dénigrer quelqu’un derrière son dos est intolérable, mais parler au nom d’une personne décédée –donc, qui ne peut plus s’exprimer-, c’est le summum du cynisme.
Tous nos lecteurs peuvent consulter notre communiqué du mois de mai de 2014 où nous répondions à une attaque récente de ce groupe contre le CCI, une attaque perpétrée selon des méthodes policières évidentes, car ces gens-là n’ont pas lésiné dans leurs efforts pour essayer de semer la méfiance et inoculer le virus mortel de la suspicion autant à l’intérieur du CCI qu’à l’extérieur, autrement dit en direction du milieu politique prolétarien, des sympathisants et des contacts.....
Bon courage lecteur naïf!

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