"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 6 juin 2011

"Les révolutions arabes ne sont que des coups d'Etat militaires masqués"


(et leurs imitations des « indignés européens » des parodies pacifistes d’enfants floués des couches moyennes)

1. Des coups d’Etat militaires masqués :

Ce n’est pas que la thèse d’Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, mais de beaucoup d’observateurs - bien moins naïfs que tout notre milieu maximaliste qui s’est enthousiasmé pour tout ce qui bougeait avec les « réseaux sociaux d’internet » (du CCI à R.Victor et Y.Coleman), y voyant le signe avant-coureur de la révolution prolétarienne tant attendue et si longtemps remise à la Saint Glinglin – pas spécialement habités par la théorie simpliste du complot. Ni « révolution » comme toutes les bonnes sœurs gauchistes et les braves journalistes l’avaient assuré, certainement soulèvements populaires à la fois contre la misère et contre l’arrogance de la hogra gouvernementale comme je l’ai souvent analysé ici mais mouvements plus voués au néant que récupérables dans les ornières nationales ; comme en témoignent hélas la tragédie des nouveaux boat people aux portes de l’Europe riche. Sur recommandation d’un camarade de Rouen j’ai pris connaissance de l’analyse dudit Eric Denécé et je n’ai guère trouvé à redire de son propos (cet article fait déjà beaucoup jaser sur le web). On examinera en deuxième partie les errements du CCI (Courant Communiste International) qui reproduit et tombe dans les pires clichés gauchistes pacifistes sur la parodie jasminesque de la bobologie européenne, pour ne pas dire madrilène.

Le type était de retour d'une mission d'étude en Tunisie, en Egypte et en Libye. Eric Denécé, dans l’interview qu’il a donnée à la Tribune, au demeurant directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, livre une lecture nuancée des événements du début d'année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l'ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions pour la planète gauchiste et altermondialiste, et aussi maximaliste. Il explique pourquoi il considère que les évènements de Tunisie et d’Egypte ne sont pas à proprement parler des révolutions, mais des coups d’Etat militaires effectués en douceur et déguisés en révolution, soutenus par les Etats Unis. Laquelle lecture nous avons été amené à faire dans ces colonnes, malgré les quolibets des bien pensants gauchistes et contre les stupidités crypto-bordiguiennes du couple Robin Goodfellow (imaginant des « révolutions nationales » comparables à celles du 19e siècle).

Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?

Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.

Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?

Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.

Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?

En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.

Et en Tunisie ?

Le ras-le-bol face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.

Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.

Comment lisez-vous la situation actuelle ?

Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée. D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ? ». Ouais jusqu’à quand ?

2. Les parodies grotesques des « indignés » européens :

En 1968 les étudiants bobos eurent la parole et l’on sait ce qu’il advint de la plupart de ces beaux parleurs. Le petit conglomérat CCI-RI qui y vit tout de même un réveil de la classe ouvrière monte d’un cran en comparant les assemblées actuelles de bobos qui plastronnent sur les places publiques aux soviets de 1917 ! Ce vieux groupe maximaliste, réduit à l’état de peau de chagrin, n’est pas à un reniement ni à une déformation près. Avec sa notion révisionniste de « jeunes générations » le CCI veut faire passer le boudin pour de la crème Chantilly. Le concept de génération jeune ne veut rien dire en ce qui concerne les classes sociales. Ce concept fourre-tout leur permet de mettre sur le même plan les enfants des couches moyennes qui ont le verbe facile en public et les proles (= enfants d’ouvriers ou de familles monoparentales) de banlieue qui ont hélas la pierre plus leste. Cela donne des approximations funestes : « ces étudiants pauvres issus de la classe ouvrière », « Les populations déshéritées de la classe ouvrière, en particulier la jeunesse » ! La jeunesse en général vue comme catégorie de la classe ouvrière.!?Marx doit se pâmer dans sa tombe ! Au surplus, alors que la pub est maximum sur les gentillets occupants bcbg des places ibériques, l’autarcique CCI nous fait le coup du « black out des médias » et du brouillard diffusé (à dessein) par le complot contre DSK (le prude CCI – qui invente un nouveau gimmick simiesque « la barbarie morale » et tombe ainsi dans la thèse bistrot la plus minable en France n’ose pas employer le terme pervers concernant ce politicien lubrique). Les « indignés » espagnols auraient mûri suite au mouvement rigolo contre les réformes des retraites en Espagne (aussi plat qu’en France). Sans une seule critique frontale contre le débile « Democracia RealYa » (comme seuls en sont capables les bordiguistes) on nous « informe » (pour briser le méchant « incroyable black out ») du grand succès des manifestations. Plus immédiatiste tu meurs ! Le CCI liste ensuite avec enthousiasme les slogans gauchistes lamentables tel celui-ci : « Ouvriers, réveillez-vous ». Chaque fois que se déroule une assemblée de quartier, d’enseignants ou d’étudiants en colère, le CCI y voit désormais « une réappropriation spontanée d’une arme de combat de la classe ouvrière ». Le CCI fantasme mai 68 version 2011 : « la parole se libère » (la parole… ibère) ; « des commissions se mettent en place »… ceci dit sans recul critique alors qu’il y a 20 ans le CCI dénonçait justement la propension des cliques d’étudiants gauchistes et gauche socialo-caviar à monter toutes sortes de comités pour s’arroger la direction du mouvement. Quelle guimauve révisionniste ! ET en plus on cèle la vérité : « ce torrent de pensée ne semble déboucher sur rien. Il n’y a pas de propositions concrètes, pas de revendications réalistes ou immédiatement réalisables ». Ah donc ! Plus drôle : « le mot révolution est réapparu et ne fait plus peur » ; en effet depuis la révolution de jasmin le mot n’est plus qu’une vague odeur démocratoque !

Avec un sens de la synthèse toute stalinienne, le CCI nous résume, mieux que l’Huma d’antan ou n’importe quel support idéologique d’Etat, le principal clivage décelé dans les « Agés », la tendance conservatrice citoyenne et la tendance crypto-radicale pour en finir avec le capitalisme. La prise du palais d’Hiver n’est pas loin, quoique l’été approche avec sea, sex and sun pour nos braves étudiants floués par la crise intragénérationnelle. Le CCI trempe sa plume dans les archives de la « Cause du peuple », aller des bobos au peuple travailleur : « La tendance prolétarienne s’est plus clairement affirmée à travers les propositions « d’aller vers la classe ouvrière » ! Quoique le révisionnisme se ridiculise aussitôt soi-même : « (la classe ouvrière) a été noyée dans la vague de colère « populaire » et ne s’est pas affirmée de façon autonome » (cf. toujours l’article : Solidarité avec les indignés en Espagne). Clou du spectacle qui émeut tant les vielles barbes et mamies du CCI, la comparaison s’impose avec la révolution russe (avant le basculement en maison de retraite) : « Le mot d’ordre ‘Tout le pouvoir aux assemblées » n’est qu’un remake du vieux mot d’ordre de la révolution russe «’Tout le pouvoir aux conseils ouvriers » (il est précisé entre parenthèse pour les ignares « soviets » quand bien même ce n’en est point la traduction).

Nul doute que ces « nouvelles générations de la classe ouvrière » (bobos bac + 5) sont les nouveaux « acteurs de l’histoire »… « grâce à l’utilisation des réseaux sociaux »… cette « nouvelle génération sans futur » a frappé « en Tunisie et l’Egypte » provoquant la chute des dictateurs (sans inquiéter la bourgeoisie restée en place…) et l’élément déterminant de la chute de Moubarak, la grève générale, est déjà si oubliée que l’armée réprime comme elle veut ! Pauvre CCI qui exalte la place Tahrir comme un emblème alors qu’elle n’est plus qu’une croix de douleur. Il n’y a pas eu passage de témoin de la place Tahrir à la place de Catalogne. Le soulèvement dans le croissant arabe est resté canalisé dans le nationalisme et sous haute protection démocratoque US. Ou si influence il y a c’est l’imbécilité des indignés hesseliens à reprendre le mot d’ordre bourgeois d’Attac et de la gauche caviar pour une démocratie bourgeoise « réelle » qui lave plus blanc.

Comme illustration de son affection disproportionnée pour ces nouvelles générations bobos flouées par la crise (le CCI d’antan se moquait des bac + 3 des infirmières bobos alors qu’il se lamente sur les faibles débouchés des actuels bac + 5 dont le prolétariat n’a que foutre), on lira enfin l’apologie lamentable d’une vidéo gauchiste sur les agités espagnols reproduite sur leur site « avec émotion » pour mesurer la régression du CCI quant à l’observation du rapport entre les classes, laquelle confirme qu’il n’est qu’un groupuscule de plus pour la prise du pouvoir par la petite bourgeoisie intellectuelle… comme en Russie en 1917, pour « réveiller le prolétariat » et éventuellement lui tirer dessus comme à Kronstadt :

« Nous publions ci-dessus une vidéo qui est à nos yeux très intéressante pour deux raisons. D'abord, on y voit clairement la profondeur de la colère qui anime le mouvement des Indignés, l'ampleur et la massivité de cette lutte et son lien direct avec la crise économique internationale. Mais transparaissent aussi dans le texte écrit qui accompagne cette vidéo tous les pièges idéologiques tendus par la gauche "anticapitaliste" ( les recettes réformistes ou les mots d'ordre habituels du NPA comme d' ATTAC) qui prétend pourtant que ce mouvement est "a-politique"! Nous attirons par exemple votre attention sur le slogan "interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices". Ça ne vous rappelle rien ? C'est donc avec un œil particulièrement critique et attentif que nous encourageons nos lecteurs à visionner cette vidéo qui n'en est pas moins émouvante quand elle montre la vie quotidienne des Indignés dans la lutte, avec leurs campements, leurs Assemblées et autres réunions improvisées ».

Ma conclusion : comme disait le PCI (bordiguiste) dans son communiqué tout n’est pas à jeter dans les assemblées de rue, des prolétaires se posent de vraies questions politiques, ont envie de véritables lieux de débat, mais ils ne peuvent pas déboucher sur un vrai cadre politique révolutionnaire sans luttes de classe basiques, sans grèves motrices pour conditionner la discussion par rapport à la lutte des classes, et certainement pas à la remorque de cette vague révolte de jeunesse indistincte. Dans ce cadre marécageux et hippie nous voyons nettement qui officie, qui tire les ficelles, les futures recrues des partis de la gauche caviar, futurs édiles et ministres en train de tenter de reforger une idéologie pour la guimauve de gauche réformiste disparue. En Espagne comme en France, sont aux manettes les mêmes envoyés spéciaux de la gauche caviar qui avaient présidé à la farce de la génération « touche pas à mon pote » et qui a fini dans la prévarication et les montres de luxe. Et si ce cinéma de rue n'était qu'un prélude à de futures réelles AG prolétariennes, voire des singeries préventives des petits chefs gauchistes et social-démagogues pour arguer de l'antériorité de cette "boite à idées" comme le CCI caricature l'imagination des masses?

lundi 30 mai 2011

Communiqué du P.C.I. sur "les indignés"


Mouvement des

« indignés » :


La corruption, la bureaucratie politique, le chômage ...sont inévitables dans le capitalisme. Il n’est possible d’en finir qu’en retournant à la lutte de classe prolétarienne, anti-démocratique, anti-légaliste et anti-pacifiste.

Le 15 mai, 7 jours avant les élections municipales et régionales qui devaient avoir lieu dans presque tout l’Etat espagnol, des milliers de jeunes, précaires et étudiants, ont commencé à se réunir à Madrid, sur la place « Puerta del Sol » avec l’intention d’y installer un campement, pour protester contre « le système de deux partis » , derrière le slogan « la démocratie réelle, maintenant! ». Après avoir été délogé au petit matin, ils revinrent les jours suivants en nombre croissant.

Au milieu d’une campagne électorale des plus intenses de ces dernières années qui devait s’achever par une victoire retentissante du Parti Populaire, y compris dans les bastions traditionnels du Parti Socialiste au pouvoir, ces manifestations, qui durent jusqu’à aujourd’hui, ont lancé une série de proclamations centrées sur une large réforme des institutions, de façon à permettre une véritable participation populaire dans le système de gouvernement.

Deux années de crise ont infligé une terrible aggravation des conditions d’existence de la classe prolétarienne, l’augmentation du chômage, la hausse du prix des produits de base, l’intensification des rythmes de travail, la baisse des salaires… Et cette offensive de la bourgeoisie contre la classe ouvrière a trouvé dans les syndicats jaunes, collaborationnistes, une garantie de maintien de la paix sociale, en paralysant les travailleurs par la croyance que la seule façon d’améliorer leur situation est de répondre aux attaques par la compromission systématique avec les autorités. L’influence du collaborationnisme des partis et syndicats soi-disant ouvriers a permis de garder le contrôle de la situation non seulement au niveau général, en refusant toute grande manifestation nationale ou régionale, mais aussi au niveau plus élémentaire, en refusant par principe tout recours à la grève, y compris dans des entreprises et usines isolées, face à toute décision patronale qui dégrade les conditions de travail des prolétaires.

Mais la force de l’aggravation de la situation matérielle du prolétariat dans le monde n’a pas pu être complètement contenue par les digues érigées par l’opportunisme politique et le collaborationnisme syndical pour freiner la réaction naturelle des prolétaires.

Depuis la fin de l’année dernière, l’augmentation démesurée du coût de la vie, la rareté des produits de base, etc., ont conduit le prolétariat dans les pays d’Afrique du Nord et du Proche Orient, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, etc., à se lancer dans des révoltes qui ont provoqué la chute des Ben Ali, Moubarak qui gouvernaient avec le soutien des pays impérialistes, au milieu de corruption, de vol et de violence exercée contre les masses pauvres. Le suicide d’un vendeur ambulant à Sidi Bouzid, une petite ville de Tunisie, a déclenché un soulèvement à grand échelle impliquant les larges masses de prolétaires exigeant l’amélioration de leurs conditions d’existence. La petite-bourgeoisie, classe sociale exclue du pouvoir dans le monde bourgeois, frappée par la crise et indignée par le despotisme des gouvernants, et qui est poussée dans la lutte par la panique de la prolétarisation, s’est associée à la lutte spontanée des masses prolétariennes, lutte sans objectifs clairs et inévitablement confuse en raison de l’absence d’une direction anti-capitaliste ; cette absence était provoquée par des décennies de contre-révolution permanente qui ont vu se coaliser les bourgeoisies locales, l’impérialisme des pays occidentaux plus développés ainsi que les diverses fractions d’opposition, nationalistes ou religieuses.

Les mots d’ordre de « démocratie » « liberté politique », etc., expriment les aspirations de cette petite-bourgeoisie qui s’est mise à la tête de la lutte et qui oriente le mouvement des prolétaires et des masses prolétarisées vers des objectifs interclassistes, nationalistes et de cohésion sociale finalisés vers la développement du pays. La réponse prolétarienne normale à une situation de très grave crise, qui en arrive à mettre en danger la survie physique, débouche pour cette raison sur un mouvement qui peut accélérer le retour à la lutte classiste du prolétariat, mais qui n’y arrive pas automatiquement car il est encore contenu par le terrible poids de l’influence bourgeoise dans les limites de la lutte démocratique.

Les conséquences en Espagne de la crise économique sur le prolétariat n’ont pas été aussi dévastatrices que dans les pays de la périphérie capitaliste, en raison de la persistance d’amortisseurs sociaux concédés par la bourgeoisie durant les décennies de croissance économique pour atténuer les tensions sociales. Ce fait, lié à l’action au sein des rangs prolétariens des agents de la bourgeoisie que sont les forces de l’opportunisme ouvrier et du syndicalisme jaune pour garantir la réalisation de toutes les mesures anti-ouvrières nécessaires au capitalisme (agissant comme de véritables pompiers sociaux et organisant la passivité ouvrière à tous les niveaux), a permis le maintien de la paix sociale malgré la dégradation rapide des conditions de vie et de travail de secteurs toujours plus nombreux du prolétariat.

Cependant les tensions sociales se sont inévitablement accrues ces dernières années, de façon lente, mais cependant apparente en dépit de toutes les issues individuelles ou collectives offertes par le système capitaliste.

Le « mouvement du 15 mai » qui est responsable des manifestations de la Puerta del Sol, est un reflet de ces tensions sociales. La composition essentiellement petite-bourgeoise de ce mouvement n’empêche pas qu’il exprime un malaise généralisé dans toutes les couches sociales qui voient leurs situation se détériorer progressivement. En fait, c’est la petite-bourgeoisie la plus appauvrie, composée de jeunes diplômés sans avenir professionnel étant donné l’extrême précarisation de l’emploi, de professions libérales, etc., qui, dans une situation comme celle actuelle, peut être la première à se mettre en mouvement, parce qu’à certains moments elle peut ressentir davantage les coups du système capitaliste que le prolétariat (qui reçoit encore des aides sociales, des subsides, etc.).

Mais à l’inverse dans les pays du sud de la Méditerranée où la révolte des prolétaires et des paysans pauvres s’est retrouvée sous la direction d’une petite-bourgeoisie sans aucun doute plus touchée par la crise qu’en Espagne, la protestation est née à Madrid (centre des manifestations) en absence totale de luttes ouvrières, qu’elles soient généralisées ou localisées. Les manifestations des jeunes « indignés » ont pris comme objectif la « partitocratie », la « dégénérescence de la démocratie », etc., en voulant régénérer un système qui effectivement ne garantit pas le « futur » des classes intermédiaires, qui ne promet pas un travail bien rémunéré aux diplômés, en un mot qui menace la petite-bourgeoisie de paupérisation et de prolétarisation.

La revendication générale qui donne son nom au mouvement, « la démocratie véritable maintenant !» résume parfaitement ces aspirations. La démocratie est le système de gouvernement utilisé préférentiellement par la bourgeoisie depuis son époque révolutionnaire. C’est le système qui se base , au moins en théorie, sur l’ égalité des citoyens pour régir la chose publique. Mais les conditions naturelles mêmes du capitalisme impliquent que la société qui de développe sur cette base se divise en deux classes opposées : la classe qui possède les moyens de production, la classe des bourgeois, et la classe des sans-réserves, qui ne peut vivre qu’en vendant sa force de travail, la classe des prolétaires. Ces deux classes sont en permanence opposées, jusque dans les moindres aspects de la vie de tous les jours, parce que la domination sociale de la bourgeoisie dépend de l’exploitation toujours plus grande du prolétariat, dont est extrait la plus-value qui garantit sa survie comme classe dominante. De leur côté, les prolétaires sont poussés à lutter tant contre cette exploitation croissante que, à certains moment de grande tension sociale, contre la domination même de la bourgeoisie. La démocratie apparaît alors comme le système de gouvernement utilisé par la bourgeoisie pour obtenir le consensus du prolétariat en lui inculquant continuellement la force de l’interclassisme, de l’intérêt national supérieur au nom du quel il doit accepter toutes les concessions.

Plus de démocratie, par conséquent, signifie inévitablement plus de capitalisme.

La revendication de « la démocratie réelle, maintenant ! » est la revendication de la petite-bourgeoisie, qui souffre aussi des conséquences du gouvernement despotique de la classe bourgeoise, des monopoles, d’être incluse dans le gouvernement de la société, de ne pas être plongée dans les rangs du prolétariat par les ravages de la concurrence. Concurrence qui est inévitable dans le système capitalisme qui engendre la corruption, les trafics et le système politique des deux partis ; concurrence qui est la source de tous les maux dont souffre la petite-bourgeoise, mais que sa nature de classe empêche en réalité de combattre. La démocratie qui existe aujourd’hui dans les pays impérialistes comme celle qui existe dans les pays capitalistes périphériques, est la seule qui peut exister, la seule réelle.

La prolétariat ne peut sans aucun doute être indifférent à ce type de mouvement. En premier lieu parce qu’il est lui-même infecté du virus démocratique et qu’il voit dans ces mobilisations le reflet de sa croyance dans la justice sociale promise par la bourgeoisie elle-même. Mais aussi parce que sa situation de classe exploitée, en absence d’une perspective sérieuse et réelle de reprise de la lutte anticapitaliste, ne peut pas ne pas trouver dans la lutte pour une démocratie « authentique » un substitut à sa lutte de classe : ce type de mouvement peut être pris pour un substitut pour la lutte de la classe ouvrière sur le terrain immédiat, pour la défense de ses conditions de vie et de travail.

Mais en réalité les revendications qui s’y expriment sont absolument étrangères aux exigences que la classe ouvrière doit exprimer en tant que classe sociale antagonique à l’ensemble du monde capitaliste.

En fait, devant l’inexistence d’un réformisme politique syndical crédible sur le terrain de la défense, même seulement en paroles, des intérêts ouvriers, des mouvements comme celui du 15 mai peuvent jouer le rôle d’un réformisme de rechange, là où le réformisme traditionnel a perdu de son influence à la suite de sa longue histoire de collaboration avec la bourgeoisie.

Le prolétariat doit lutter pour défendre ses conditions de résistance face à l’attaque bourgeoise avec tout son cortège de prévarications, etc. Mais il n’a rien à attendre de la lutte « démocratique », réformiste, qui prétend lui offrir des solutions dans le cadre de l’exploitation capitaliste et de son système politique codifié en électoralisme, pacifisme, légalisme.. .

Pour mener à bien sa lutte de classe, le prolétariat devra inévitablement retrouver la voie de l’affrontement direct avec la bourgeoisie et ses alliés, pour la défense intransigeante de ses conditions de vie, de travail, de logement, etc. Cette lutte passe nécessairement par la constitution d’organisations classistes combattant sur le terrain immédiat indépendamment des intérêts économiques de l’entreprise, de la région ou du pays. Mais cette lutte elle-même ne peut que limiter ou atténuer les conséquences du capitalisme si elle ne se hisse pas au niveau du combat politique. Et sur ce plan le prolétariat a besoin de trouver son parti de classe, le parti communiste révolutionnaire, internationaliste et international, absolument étranger à tout intérêt qui ne soit pas l’intérêt historique du prolétariat : la destruction du pouvoir politique bourgeois, démocratique ou dictatorial suivant les besoins de la classe dominante, l’instauration par des moyens violents et illégaux de sa dictature de classe, despotique et terroriste contre ses ennemis, étape indispensable pour aller vers la transformation socialiste de la société, vers un monde sans propriété privée, sans travail salarié… vers la société du genre humain.

Quand les prolétaires ressentiront dans leur chair l’ardente nécessité du communisme et qu’ils verront la possibilité de sa réalisation pratique, alors le sentiment hypocrite et religieux de l’indignation arboré aujourd’hui par la petite-bourgeoisie en tant qu’expression de sa morale de boutiquier, laissera la place au sentiment sain de haine mortelle envers la bourgeoisie et ses laquais, à la nécessité impérieuse de la violence envers ses défenseurs. Alors disparaîtra définitivement la résignation et renaîtra l’espoir dans un avenir sans exploitation.

  • Pour la défense intransigeante des conditions de vie et de lutte de la classe prolétarienne !
  • Contre la démocratie, système de gouvernement de la bourgeoisie qui emprisonne la prolétariat dans la paix sociale !
  • Contre toute concession à l’idéologie bourgeoise !
  • Pour la constitution du parti communiste Mondial !
  • Pour la société de l’espèce humaine, sans division de classes ni exploitation de l’homme par l’homme, pour le communisme !

Parti Communiste International

www.pcint.org

vendredi 27 mai 2011

L’arrestation du « boucher » Mladic : L’histoire tronquée au service du bloc euro-américain


Décidément au summum de la pipolisation politicarde, le théâtre médiatique est meublé en son sommet par la saisie des avatars diaboliques du système capitaliste : Ben Laden éradiqué au milieu de ses cassettes porno, DSK le libidineux exhibé dans sa prison dorée, Mladic le « seul criminel » de Srebrenica arrêté aussi crado et vieilli que Saddam au fond d’une ferme non loin de Belgrade. Le méchant est donc toujours arrêté à la fin du film. Non ce n’est qu’un épisode. L’Europe virtuelle peut certes ouvrir les bras au président serbe qui vient de balancer au TPI (qui devait fermer ses portes en 2009) un de ses généraux sanguinaires dont les pandores n’ignoraient aucunement la cache depuis quinze années, et se féliciter tout azimut de l’arrestation d’un des « pires criminels de guerre », on n’est pas prêt d’oublier que la capitalisme reproduit incessamment les guerres, et que, derrière la dénonciation du méchant Mladic ils veulent nous faire oublier la réapparition de la guerre au cœur de l’Europe dite vaccinée du choix des armes 50 ans après la 2ème plus grande boucherie de tous les temps. La guerre en ex-Yougoslavie fût la boite de Pandore qui avait été ouverte après la chute du mur de Berlin, ravivant les appétits impérialistes. C’est cela qu’il ne faut pas oublier même si le chiffre de 8000 musulmans massacrés reste sujet à caution et loin de la réalité du crime dit génocidaire (on parle de 3000 morts et non plus de génocide, ce serait surtout des hommes en état de porter des armes qui auraient été massacrés selon Rony Brauman). Je ne peux pas étudier en long et en large les contestations de l’interprétation dominante du massacre sur le web (surtout le fait de nationalistes serbes) et je préfère republier ici un article lucide de Révolution Internationale qui vous remettra en mémoire l’essentiel face à la désinformation et simplification pipoliste et pénale d’une campagne idéologique visant à faire passer le capitalisme dominant pour un ange alors qu’en réalité nous assistons depuis si longtemps déjà à la longue marche vers la constitution d’un bloc occidental face à… la Chine et ses amis.

« (…)Dans l’interminable liste des anniversaires macabres viennent de prendre place, le 11 juillet dernier, les 10 ans du massacre de Srebrenica, perpétrés au cours de la guerre dans les Balkans de 1991-1996. Lors de ce conflit, les principales puissances impérialistes régleront leurs comptes par cliques slaves interposées afin de défendre leurs intérêts nationaux respectifs. Ainsi, l’Allemagne, pour s’ouvrir un accès aux ports dalmates de la côte adriatique, allumera la mèche de l’explosion yougoslave en soutenant les indépendantistes slovènes et croates. De leur côté, la France et la Grande-Bretagne appuieront le verrou serbe afin d’endiguer la percée allemande. Les Etats-Unis, quant à eux, dans ce contexte de remise en cause de leur statut de première puissance, s’inviteront dans cette foire d’empoigne par l’intermédiaire de la Bosnie puis de la Croatie (cf. RI n°248). Ainsi, les rivalités entre grands requins impérialistes feront à nouveau exploser la poudrière des Balkans qui conduira, entre autres, au massacre de Srebrenica dont le degré de barbarie donne à lui seul un aperçu des horreurs subies par les populations civiles tout au long de cette guerre. Suite à la prise de l’enclave de Srebrenica par l’armée serbe du général Mladic, près de 8000 Bosniaques seront exécutés à la mitrailleuse en 5 jours, du 13 au 17 juillet 1995 ! Outre l’aspect massif de cette boucherie, reste le plus frappant. Ce concentré de barbarie s’est produit dans une "zone de sécurité" protégée par 450 casques bleus néerlandais, sous commandement franco-britannique, mandatés par le symbole même de la défense des droits de l’homme et de la civilisation, l’ONU et sa "communauté internationale". Le malaise est à ce point perceptible que diverses missions d’enquête parlementaire, comme en Hollande ou en France, ont été constituées juste après le conflit afin de fournir les éléments d’explication nécessaire… à la déculpabilisation des grandes puissances, cela va sans dire. Ainsi, le récent rapport du NIOD (institut hollandais de documentation militaire) rejette toute responsabilité des Pays-Bas et de leurs alliés. De même, pour les parlementaires français, la passivité manifeste de la Forpronu (force armée de l’ONU) n’est que le fruit "d’une chaîne de commandement et des procédures lourdes et complexes" ainsi que "des carences dans le renseignement". Bref, c’est l’éternelle rengaine des candides : "on ne pouvait pas savoir" ou "nous l’avons su mais trop tard". Alors, tout en nous promettant de faire mieux la prochaine fois, les grandes nations démocratiques dans un élan de contrition hypocrite, lors des journées de commémorations organisées à Srebrenica au mois de juillet, ont versé leurs larmes de caïmans pour "rendre hommages aux victimes innocentes" (pour reprendre les termes du ministre britannique Jack Straw). Et pour compléter le concert cynique de la bourgeoisie, le ministre français des affaires étrangères, Douste-Blazy, a solennellement affirmé que le génocide bosniaque "est une plaie ouverte sur le flanc de l’Europe qui nous impose le devoir de mémoire et l’exigence du souvenir." Or, si l’on se souvient bien, le duo des bouchers serbes, Mladic-Karadzic, n’est certainement pas le seul coupable de l’élimination des poches de Srebrenica et Zepa.

Les grandes puissances en ouvrant les portes de Srebrenica aux troupes serbes du Drina Corps, ont pris une part de responsabilité incontestable dans les assassinats de masse qui vont suivre. C’est un véritable massacre sur ordonnance qui a été organisé. En effet, depuis 1993, Srebrenica est une zone de sécurité désarmée en échange de la protection de l’ONU. Cependant, lorsque sonne la charge serbe du 6/7 juillet, la Forpronu refuse de redonner leurs armes aux Bosniaques au nom de l’accord de démilitarisation. Quant aux casques bleus, ils n’opposeront aucune résistance à la progression serbe. D’ailleurs, Mladic avait pu être largement rassuré de ce côté par le général français Janvier lors de leur rencontre à Zvornik le 4 juin 1995. D’après Franck Westerman, un proche collaborateur de Janvier, deux militaires français dont Bertrand de La Presle aurait avalisé, sur ordre du président Chirac, ces négociations garantissant la non-agression aérienne des troupes serbes. En conclusion, l’écrasement de Srebrenica n’a pas été le résultat d’une malheureuse indifférence. Les contorsions ridicules des parlementaires français dans leur rapport d’information sont ici pour le moins édifiantes : "Srebrenica n’est pas tombée contre la volonté des gouvernements occidentaux qui, pour autant, n’ont pas voulu la chute de Srebrenica". Le fait est que tout au long des attaques menées par les serbes, les troupes de la Forpronu, dirigées par les français et les britanniques, ont fait preuve d’une "impuissance" plus que complice avec leur allié en coulisse, la Serbie. Ce n’est pas par fantaisie que Mitterrand disait "Moi vivant, on ne fera pas la guerre aux Serbes".

La prise de l’enclave bosniaque était bien une chute planifiée. Mais cela n’empêche pas la bourgeoisie, confite d’hypocrisie et les mains encore rouge des massacres, de nous soutenir que les conséquences atroces pour les civils bosniaques étaient imprévisibles. C’est là encore un mensonge éhonté. Dès 1993, l’ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine, dans l’ambiance de pogrom des nationalismes serbe et bosniaque, se souvient avoir intitulé une série de télégrammes adressés au Quai d’Orsay "chronique d’un nettoyage ethnique annoncé". Aussi, en juin 1995, les services secrets de plusieurs pays avaient notés la concentration du Drina Coprs au sud de Srebrenica et la présence des hommes d’Arkan, chef paramilitaire, connu comme spécialiste des opérations d’épuration ethnique. Malgré ces éléments, aucun plan d’évacuation de la population en cas d’attaque serbe ne sera proposé par nos défenseurs patentés de la paix et des droits de l’homme. Quant le génocide commence, il n’y a plus aucune sorte de "mystère" sur les intentions de Mladic. D’autant que les massacres ont lieu sous le nez des forces armées de l’ONU. Pourtant, là encore, aucune évacuation ne sera prévue pour la poche de Zepa nettoyée juste après celle de Srebrenica. Ainsi, d'après un télégramme envoyé le 12 juillet 1995 par une représentation diplomatique auprès des organisations humanitaires : "Le HCR et le CICR n’entendent pas participer ou organiser l’évacuation de la population qui s’inscrit dans la politique bosno-serbe de "nettoyage ethnique", sauf si le gouvernement bosniaque leur en fait expressément la demande et à la condition que les civils de Zepa souhaitent quitter les villages de l’enclave." (cf. le rapport d’information des députés français)

Finalement, ce sont bien les grandes puissances capitalistes, à travers leurs sanglantes rivalités impérialistes qui ont encouragé les opérations de "nettoyage" et de "purification ethnique" pratiquées par les cliques nationalistes rivales sur le terrain. La Shoah, les bombardements de Dresde et de Hambourg, ceux d’Hiroshima et de Nagasaki ont aussi été commémorés cette année avec le même cynisme (cf. Revue Internationale n°121). En chaque occasion, la bourgeoisie a jeté un voile idéologique hypocrite pour tenter de masquer les responsabilités directes des grandes démocraties dans ces crimes et ces horreurs ainsi que sur la barbarie de son système ».

Cf. RI du 29 août 2005.