"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 17 mai 2011

LE CAPITALISME VA-T-IL S'EFFONDRER AVEC UN SCANDALE SEXUEL?


Non. Aucun risque. Tenez une révélation qui n’en est point une : pouvoir rime avec sexe, la plupart des politiciens ne sont pas net, et l'argument du complot sert encore à défendre le pervers pris la main dans la culotte. Saint Mitterrand priez pour eux!

Des psychologues américains ont étudié de près à la fois l'usage de l'Internet et les taux de testostérone. Ils ont remarqué un parallèle entre le nombre de recherche de mots clés liés à la pornographie et les Etats américains qui avaient soutenus les gagnants lors des deux dernières élections (ainsi que les élections au Congrès). Cette étude suggère que des changements dans l'environnement ont un impact sur notre comportement de manière inconsciente. Des études antérieures avaient montré que selon que l'on gagne ou non à une compétition (et pareils chez les spectateurs de ces compétitions), une personne aura une poussée ou une chute de son taux de testostérone. Ainsi, aux dernières élections présidentielles, on a bien constaté une chute significative du taux de testostérone durant la nuit pour ceux qui avaient voté Mc Cain ; ceux qui avaient voté Obama avaient leur niveau inchangé. Testostérone et sexualité vont de pair. C'est pour cela que les chercheurs ont voulu vérifier si cela s'était vu avec le comportement et donc au niveau de la tentation d'aller chercher de l'excitation sexuelle sur Internet (25 % des requêtes sur les moteurs de recherche sont liées à la pornographie et 72 % des visiteurs de sites pornographiques sont des hommes). On pourrait penser que la testostérone n'est pas forcément en cause et que les gens qui sont heureux de gagner sont de meilleure humeur et vont s' « amuser » ainsi mais c'est en général le contraire qui se passe : les gens cherchent du sexe lorsqu'ils sont un peu déprimés... Lorsque DSK a dérapé, était-il déprimé ? N’aurait-il pas mieux fait de regarder un porno sur une télé de sa suite Sofitel ? Au total, beaucoup de supputations pour une omelette. DSK était attendu au tournant, il le savait. Mais comme tous les puissants (cf. le boxeur Tyson) payer une call girl arrache les tripes, rien n’est meilleur que, comme les chimpanzés, d’abuser une soubrette qui n’aura aucune crédibilité publique… d'autant qu'elle aura été un objet de plaisir. Pas de pot DSK s’est tiré une balle dans le pied. Pris dans l’engrenage dénonciation-arrestation de la police de base US il a mis dans la merde trois instances : le gouvernement américain, le FMI et la bourgeoisie française. Ces trois institutions qui avaient choisies ce type pour les représenter se seraient bien passées d’un tel scandale. Premier coincé, l’Etat US ne pouvait pas laisser filer cet idiot au risque d’adouber la conviction que « les gros sont intouchables » (Obama est aussi à deux doigts de nouvelles élections) et est contraint à une extrême sévérité face à son opinion. Le FMI dont DSK était directeur continue à faire courir la fable de son doigté de spécialiste (mais le doigté réel fait mal) et l’aurait bien maintenu en fonction mais la Bourse qui ne ment jamais a laissé chuter l’euro. Le dérapage du pervers politicien ne sert pas complètement la droite au pouvoir en France dans la mesure où l’implosion en vol du principal challenger de Sarkozy – vue obstinément comme un complot de l’Elysée – peut défavoriser le maintien de la droite gaulliste au pouvoir ; c’est pourquoi les déchets centristes du sarkozysme se multiplient et veulent se coaliser pour venir compenser le vide laissé par un PS affaibli par le scandale et offrir une solution plus crédible à la classe bourgeoise et aux électeurs concons que le FN creux et une UMP peu fiable.

Au-delà du plaisir ambigu et morbide de voir un membre de la caste élitaire dans les fers, le scandale autour de Strauss-Kahn et la « retenue » des politiciens et journalistes français sont bien plus choquants que la perversité bien connue du caïd déchu. Pas un de ces messieurs et dames ne s’est soucié de la jeune femme présumée victime, sauf pour la soupçonner de participer à un complot, ce concept débile mais accessible à l’électeur nubile. Toute la camarilla des éléphants et éléphantes du PS n’a cessé de déplorer une arrestation frauduleuse, des images choquantes d’un des maîtres du monde ficelé comme un vulgaire vaurien. La gauche caviar se ridiculisait ainsi doublement, montrant d’abord le peu de cas que la bourgeoisie française fait du témoignage d’une « femme de ménage », confortant ensuite l’omerta imposée par le clan DSK depuis des lustres sur le comportement équivoque et odieux du personnage.

LE CON MOYEN A TOUT COMPRIS AVEC LA THEORIE DU COMPLOT. Plus grave et lamentable est donc à mon sens l’adhésion du panurgisme électoral du votant moyen à la théorie du complot si bien distillée immédiatement par tous les caciques du PS concerné et consterné. Le crétinisme électoral séculaire a ceci de particulier que les politiciens ont toute latitude de se moquer du droit commun car leurs électeurs drogués au républicanisme pervers ne leur en tiennent pas rigueur. L’électeur moyen en France est le citoyen le plus méprisé par la classe politique et il redemande des coups de pied au cul par ses vedettes qui s’essuient les mains sur sa veste. J’ai émis souvent des doutes sur la popularité sondagière de DSK, ouvertement sponsorisé par 20 Minutes, Le Monde, Libération et surtout Le Nouvel Obs, mais au vu des commentaires (certes triés et ponctuels) qui à Sarcelles, qui à Pétaouchnok, de citoyens lambdas acquis à la théorie du complot simpliste, j’ai compris hélas que le Yes We Kahn (tee-shirt de DSK dont un lapsus lui fît dire qu’il ne pourrait pas servir une 2e fois) était populaire et persistait après le DSKgate ! (Les condages – ceci n’est pas une faute de frappe - traduisent donc bien le niveau d’aliénation populaire).

DSK faisait figure de challenger le plus sérieux pour la gauche de la bourgeoisie, le plus compétent pour le commun du TSS (tout sauf Sarkozy II). La compassion de l’électeur pour un type inculpé pour outrages aux mœurs (ou crime sexuel) friserait la démence SM si l’on faisait abstraction de ce que l’électoralisme n’est pas seulement une imbécilité mais un aveuglement et une soumission à l’ordre dominant. Pour ne prendre que le cas de l’Italie, les frasques de Berlusconi (certes avec des putes professionnelles) ne l’empêchent nullement de continuer à gouverner et à être applaudi par une masse d’électeurs bovins. L’électeur qui se prend partout pour un citoyen est partout lâche et trivial, l’électeur est un mouton de Panurge, l’électeur mérite qu’on le considère comme moins que rien.

LA LACHETE DE LA PRESSE est bien connue mais elle atteint des sommets d’ambiguïté sur le moment. Sur BFM par exemple les commentaires du chef de la rédac réac, chauve qui peut, louvoyait sur la présomption d’innocence, n’accablait point le « prévenu », car, au cas il serait blanchi, voire demain successeur du calife de l’Elysée… des mutations voire rétrogradations s’abattraient. D’une façon générale la presse continue de maintenir l’omerta classique sur les frasques sexuelles (et financières et autres) de l’oligarchie des divers partis politiques « parlementaires », même si quelques fuites ont émané de J.Quatremer et du livre Sexus Politicus. Mais, déjà, alors que la justice US n’a pas rendu son verdict, les chiens aboient sur le matamore élitaire tombé de son trône. La curée contre DSK qui s’annonce longue et tortueuse n’est pas une simple opération pour favoriser le maintien de la droite chic au pouvoir (avec accessoirement l’épouvantail de l’extrême droite choc) mais une focalisation sur l’arbre DSK pour qu’il continue à masquer la forêt de la généralisation des pratiques et des comportements de mépris en tout domaine de la hiérarchie capitaliste où le droit de cuissage patronal n’est pas la pire humiliation puisqu’il est doublé de plus en plus par des suicides répétés. Quant aux turpitudes des « politiques » français elles pourront continuer à favoriser leur jouissance et se poursuivront tant que tous les électeurs seront assez cons pour voter pour eux (continuez à nous faire rire, nous les abstentionnistes, mais ne venez pas vous plaindre ou pleurnicher qu’ils sont sexistes, obsédés ou bestiaux… comme vous l’êtes tous un peu aussi hein : lequel d’entre vous n’a pas fantasmé sur la femme de chambre dans un hôtel de routiers ?). Le crooner croulant Hallyday a fait pire il y a 5 ans que DSK avec sa secrétaire mais la magistrature a été obligée de le lâcher après ordre élyséen… çà c’est la France ! Du coup les USA apparaissent encore comme des parangons de justice puritaine! (et pourtant…)

LE PS MAL EN POINT. Le suivisme et l’obéissance de la presse existent dans tous les pays capitalistes, y compris au pays des principaux donneurs de leçon de morale, les Etats-Unis. Mais il y a pire que la presse en France avec la complicité ouverte des partis politiques en lice. Les centristes écartés du gouvernement et attentifs à piquer du terrain au PCF ont compati en arguant eux aussi du complot (la mère Boutin et le traître Morin). Bon prince le gouvernement sarkozien se tait (pour ne pas alimenter la théorie du complot) quand il est le premier bénéficiaire du scandale. Comment ne pas relever surtout la réaction outrancière et la solidarité honteuse de la camarilla du PS (et la relative discrétion du PCF et des gauchistes) qui ont atteint des sommets. Et pourquoi ? Savez-vous pourquoi les caciques gôche caviar font la gueule? D'abord parce qu'ils sont coincés. S'ils n’avaient pas fait semblant de défendre le présumé chef de file qui était supposé leur livrer les clés du partage des richesses au pouvoir, ils risquaient d'être décrédibilisés par cette masse de même branleurs d'électeurs toujours prêts à voter pour le premier pervers venu pourvu qu’il se dise de gauche et anti-fasciste; et les Aubry, Cambadélices et Valls à deux balles continuent à le soutenir admirablement en le qualifiant de gentil "libertin" (comme cette section CGT d’EDF qui avait défendu son délégué qui s'était fait tailler une pipe par une gamine), ce répugnant prédateur au comportement bien connu de ses pairs. Le troupeau, avec sa mentalité de secte assiégée, son omerta et sa solidarité mafieuse, qu’il soit élite de gauche ou simplement aristocratie syndicale, pue la merde.

La gêne est évidente dans l’appareil. Non seulement le PS a perdu toute chance de parvenir au pouvoir du fait de l’implosion de sa principale figure de proue graveleuse (coupable ou excusée) et donc d’enrichir ses fervents supporters (Valls et Cambadélis ne pourront pas s’offrir une deuxième résidence secondaire ou une Porsche). Pire, tout en priant un peu encore pour la « retenue » et la « décence » (Hi Hi), s'ils continuent trop longtemps à soutenir ce gros pervers, celui-ci va les entraîner avec lui dans le cul de basse fosse où il marivaudait depuis des lustres. Il semble que c’est déjà fait grandement. Mais pour limiter les dégâts, journalistes et propagandistes à la Hamon, plus le plus très vert Bové et tant d’autres, de dénoncer le « tous pourris »… qui fait le jeu du FN ! Car en effet, le FN est plus pervers que DSK ! (le dernier de la classe est toujours montré du doigt comme responsable du désordre). Et de mépriser par conséquent à nouveau ces électeurs qui vont « s’abaisser à voter Marine Le Pen » en 2012, écoeurés par ces « socialistes de la chair » ou ce parti souillé de sperme. Une question : Marine Le Pen a-t-elle tenté de violer quelqu’un ? Une deuxième question : le système (en effet globalement pourri) offre-t-il autre chose que le FN pour manifester la désapprobation des mœurs pourries de l’oligarchie et des élites dominantes en général ?

Ou alors faut faire la révolution ? Oui bien sûr, mais c’est pas demain la veille avec autant d’électeurs panurgistes, importunés d’ailleurs qu’on joue sur une peur factice du fascisme disparu pour les culpabiliser et les pousser à voter pourri à demi ou pourri tout court, c'est-à-dire pour les mêmes qui défendent l’oligarchie pornographique et surtout cynique..

Camarades socialistes!

Tenez le cap: tous solidaires avec le pervers en chef! En avant vers la victoire électorale pour le bonheur des femmes de ménage!

vendredi 13 mai 2011

L'USINE RENAULT BUTIN DE GUERRE DES STALINIENS FRANCAIS



Sur la photo du salon de l’auto en 1939 à Berlin, le simple VRP Louis Renault est plus petit que le nain Hitler avec son brassard qui fait gugusse de SO-CGT, pas encore diabolisé par l’ensemble de la bourgeoisie commerciale mondiale. En effet, toute la bonne bourgeoisie démocratique fait ses affaires depuis 1933 avec le nouveau fringant premier ministre allemand, tous ne tarissent pas d'éloges ; même le PCF ne s’en plaint pas à l’époque car la vitrine commerciale à Berlin cela peut fournir du travail aux « ouvriers français » (jusqu’en 1935 le PCF dénonçait les nationalisations comme « réformistes »). Mais après guerre tous les torchons staliniens vont exhiber tout azimut la photo… compromettante post boucherie germano-stalinienne. La démarche commerciale de LR était tout de même moins minable que Pétain à Montoire ou tous les derniers staliniens de base indécrottables qui soutiennent encore mordicus que les goulags c'était mérité pour les patrons et les hitléro-trotskystes et qu’il faut saluer les millions de mort causés par l’impéritie de Staline.
Après l’annonce jeudi que les héritiers de L.Renault assignent l’Etat sarkozien pour indemnités post mortem après l’expropriation étatique de janvier 1945 dite nationalisation « socialiste », l’indignation à la papy Hessel s’est donnée libre cours sur le forum de Libé, en particulier face à mes rectifications historiques (je suis bien placé pour cogner, j’ai connu le bras droit de Louis Renault et deux des principaux leaders de la grève de 1947, Pierre Bois et André Claisse, dit Goupil). Jetez un œil sur ces quelques qualificatifs parmi les plus imagés et non soumis au cimetière des ordures verbales : Yavolt mein führer ! Facho ! Facho de base ! Néo-pétainiste ! Vive le piolet ! et autres menaces de mort… Je ne crains pas plus ces ordures de base que lorsqu’ils me tapaient dessus dans les manifs des années 1980, car j’ai les moyens de répondre violemment. Mieux je les emmerde tous.
Toute la racaille syndicaliste anarchiste et les pépés staliniens en retraite font alors chorus comme aux pires temps de la contre-révolution pour saluer l’action « révolutionnaire » du meurtre de Louis Renault et le pillage de sa dépouille. Il est beau leur socialisme qui a pour principe de « tuer les patrons » pour refiler le pouvoir au vieil Etat bourgeois et à ses laquais stalinistes. Cette même bande de lâches syndicalistes dans l’ombre tabassait les grévistes après-guerre, cette même bande est régie par le respect religieux et pleutre des hiérarques syndicaux, ces mêmes voyous sergents recruteurs à toute époque jouent les fiers à bras en nombre, barre de fer en main, mais font profil bas s’ils se retrouvent seuls à… mentir en assemblée ! Triste libération… confisquée quoique papy Hessel soit sponsorisé par les francs-macs de Nouvel Obs pour la glorifier et bourrer le mou à nos écoliers et étudiants privés d’étude sérieuse de l’histoire et des trucages passés de la bourgeoisie
Je ne suis pas là pour défendre la famille Renault dont je me fous de leurs demandes d’indemnité, comme je me fous des demandes d’indemnité de la famille d’Alain Liepitz auprès de la SNCF, car tous ces bons bourgeois se gardent bien de réclamer de justes indemnités auprès de la police républicaine qui est la première responsable de la déportation des enfants juifs tout comme de la remise aux nazis des grévistes les plus déterminés (cf. en particulier en 1941 dans la grève des mineurs du Pas de Calais). La police d’Etat bourgeois c’est sacré, elle a le droit de faire déporter les prolétaires, de tuer les enfants et de violer les femmes en Syrie, en Libye et en France demain si on le lui demande.
Je suis là pour restituer les enjeux réels de la libération confisquée (révolutionnaires et gauchistes croyaient qu’elle déboucherait sur une libération du travail, une révolution quoi). Derrière la polémique sur le cas de Louis Renault – la droite qui demande justice et la gauche caviar qui nie le meurtre – se profile tout le cinéma des nationalisations, os à ronger lancé par le manitou De Gaulle pour acheter les troupes staliniennes et recaser leurs meilleurs terroristes.
Flash-back. La boite Renault a un passé fordiste et tayloriste indiscutable mais si utile à la « nation », elle en est devenu son joyau, sa fine fleur industrielle dès 1898. Les conditions de travail sont très dures : les ouvriers travaillent douze heures par jour et font grève pour la journée de huit heures. Renault est la première usine en France à expérimenter l'organisation scientifique du travail avec le travail à la chaîne et le chronométrage des ouvriers. Renault ne démérite pas de la patrie en guerre en 1914. Cette industrie automobile se reconvertit magiquement dans la production de munitions et d’avions militaires. Les taxis de la Marne qui transportèrent au front la garnison de Paris en septembre 1914 étaient majoritairement d'origine Renault. Plus tard, Renault se lance dans les chars légers avec son Renault FT-17. En 1918, Louis Renault est devenu le premier manufacturier privé de France et il fut médaillé par les Alliés pour sa contribution à l’effort de guerre.
Un industriel reste un industriel. La patrie et la résistance c’est pour les cons embrigadés. Ce n’est pas parce que Hitler a envahi la France avec les vivats d’une grande partie de la bourgeoisie (sauvée de possibles grèves plus sérieuses qu’au temps du front popu) qu’il va lâcher sa poule aux œufs d’or. Il n’est pas plus heureux de cette situation contraignante que la moyenne des français mais il s’accommode. Avant de faire des moteurs de char pour la Wehrmacht, Renault avait construit des chars pour l'armée Française, les FT, les R-35, les B-1. L'ennui est que le grand état-major ne croyait pas à la guerre blindée prophétisée par un certain Charles de Gaulle et en 1940, ils n'en ont pas fait grand chose et il faut savoir que, de crainte d’une révolution façon mars 1871, toutes les mitrailleuses n’étaient pas montées sur le avions à la veille de la catastrophe de la ligne Maginot. De peur que les ouvriers ne s’en servent contre les flics et les gendarmes qui allaient se mettre sans état d’âme au service des nazis.
L’amérloque Henry Ford participa également à l'effort de guerre allemand. En 1938, Ford ouvrira, dans la banlieue de Berlin, une usine d'assemblage de véhicules de transports de troupes. Avec Opel, société d'origine allemande, mais propriété de General Motors, l'autre grand constructeur automobile US, Ford produira près de 90% des half-tracks de 3 tonnes et 70% des camions lourd et moyen tonnage utilisés par la Wehrmacht. » Après la guerre, les firmes ITT et General Motors se feront dédommager par le gouvernement américain pour les dommages causées à leurs usines en partie détruites par les bombardiers américains. « De son côté, Ford arrache un peu moins d'un million de dollars pour les dégâts provoqués à ses chaînes de fabrication de camions militaires installées à Cologne. Sans compter les 38 millions de francs versés, pendant la guerre, par Vichy, après le bombardement par des avions alliés de son usine de Poissy dans laquelle elle produisait vingt camions par jour destinés à la Wehrmacht. »
La photo montrant Louis Renault avec Hitler au salon de l'auto de Berlin date de février 1939 après l'invasion de la Tchécoslovaquie, alliée de la France, elle sert donc de justification « antifâchiste » aux menteurs d’aujourd’hui fiers du passé stalinien. La photo ne peut masquer pourtant un fatras de mensonges.
- les nationalisations c'est pas socialiste, c'est programme nationaliste stalinien !
- le De Gaulle le maurrassien a été complètement complice du subterfuge qui arrangeait bien l’industrie automobile à reconstruire et incapable de retrouver des financemsnst propres ;
- Les "'cadres du mouvement ouvrier" n'étaient que des trous du cul staliniens qui avaient plus ou moins manifesté ou résisté derrière l'impérialisme arriéré de Koba la terreur en attendant les bonnes places promise à la « libération ».
- L'exécution de quelques salauds fachos et de ce patron exposé a été l'arbre qui a permis de cacher la forêt des collabos bourgeois restés en place comme en Allemagne, la plupart des patrons collabos n'ont pas été inquiétés, et on a recasé la mafia des bras cassé stalinien dans le CE et les appareils syndicaux de l’usine « nationale ».
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Les photos ne prouvent donc rien sur la collaboration diabolique (qu’est-ce qui est pire que de collaborer à la marche de l’économie capitaliste ?).. Ford a envoyé du pognon aux nazis sans jamais venir serrer la paluche à Hitler, Chamberlain et Cie ont serré la main à Hitler à la veille de son envahissement de la Tchéco... La photo sert enfin de démonstration aux vieux stalinistes nostalgiques des épurations massives qui permirent n'importe quoi (même si je pense que certaines exécutions ont été normales, cf mon père était résistant et m'a témoigné que nombre de salopes ont eu le sort qu'ils méritaient… OK mais la violence désordonnée c'est pas la révolution, c'est la vengeance, et la bourgeoisie a laissé faire pour partie (je ne pleure pas LR) pour mieux se réinstaller en lieu et place dans l'Etat, Pétain a passé son bâton de maréchal à De Gaulle, lequel a épargné son alter ego... contrairement à l'industriel Renault plus utile mort à la restructuration industrielle nécessaire! bizarre non? Normal il n'était pas question de « libérer le prolétaria »t et le PCF collabo total du nouveau régime bourgeois a joué sur le meurtre de ce patron dit compromis avec les nazis pour faire croire qu'il y avait une once de socialisme dans le cinéma des nationalisations. Cette pauvreté idéologique a servi de vitrine pour quelques planqués et à remettre les ouvriers au turbin pour reconstruire le pays détruit par la guerre impérialiste ; avec pourtant en continuité l'enrichissement des MEMES familles bourgeoises collabos (l'Oréal et Cie, en complicité avec les amis US). Mais quel intérêt de discuter avec des caves. Laissons d’autres répondre, cela me lasse.

Hors sujet, celui-là m’explique en long et en travers les avancées du génial général Staline, cet autre me qualifie d’hitléro-trotskien et menace sans frais : « Ah ! Ces bons vieux troskos- collabos. Le temps passe et ils restent égaux à eux même. Un pseudo baratin révolutionnaire, mais ils ne ratent jamais l’occasion de faire un croche patte à la classe ouvrière. Le temps des pseudos petits flics syndicaux est peut être finis, mais le tien n’a jamais commencé et ne commencera jamais. Hors déverser ta haine recuite, car la fameuse grève à la Régie dont tu fais état ne remonte pas à hier soir (étais-tu même né ?), tu es capable de quoi ?????? De rien, hors faire des croches pattes. Quant à te le dire en façe, c'est quand tu veux et ou tu veux ». Je réponds ceci à cet avorton staliniste bien téméraire : « j'aimerais savoir combien de courbettes tu fais face à ta hiérarchie syndicale. Tu menaces comme les plus lâches badgés groupies de la CGT en bande et tu sais ce que je te dis. La grève de 1947 vous fait encore chier pauvres hères (errantes) de la gauche caviar parce qu'elle a eu lieu contre l'Etat gaullo-stalinien. T'as pas de pot, il se trouve que j'ai connu deux des principaux leaders de cette grève, Pierre Bois et Goupil... mais si le PCF (résistant fantoche pro-russe) a été viré du gouvernement c'était à la demande des Américains (idem en Italie) et des historiens de pacotille ont prétendu que c'était à cause de cette grève qui leur avait échappé... en second lieu oui parce que le PCGT a pris le train en marche pour éviter ce qui lui est arrivé en 1968 et 1981.... les débuts de la fin. Enfin pour t'achever petit borné je te signale que, contrairement à l'opportuniste Trotsky, Lénine a toujours affirmé que les nationalisations n'avaient rien à voir avec le socialisme! Etudie un peu l'histoire avant de parler ou d'insulter ».
Les blogs des staliniens en retraite pullulent de martyrologie et de chiffrages mensongers et lorsque ces papys viennent sur les forums c’est pour s’appuyer sur quelque obscur plumitif ou la mère révisionniste Lacroix-Ritz fervent soutien d’une historiographie borgne (on en trouve un qui prétend que les 18 premiers fusillés du Mont Valérien étaient 18 militants CGT de Billancourt (du pipo !) et passe sous silence que le millier de fusillés l’ont été à cause des attentats terroristes des abrutis du Komintern.
Un autre blogueur s’est joint à moi et ajoute, qualifiant LE COMMUNISME APPLIQUE CE N’EST PAS TUER LES PATRONS – bien que ce soit une bande de salopards PN (cf ? lire ce jour la passionnante interview sur 20 MINUTES de Marie Pezé, spécialiste du stress au travail, régulièrement menacée parce qu’elle montre comment la nouvelle hiérarchie patronale pousser au suicide…). Des patrons cyniques méritent certainement d’être tués, mais ce n’est pas un projet socialiste. Le socialisme ne peut être guidé par la vengeance. Les patrons et leurs amis cadres et maîtrises on en aura bien besoin les premiers temps pour ramasser les poubelles et faire des frites !

Résumé : Témoin cet article du Daily Telegraph : « Il y a un peu plus de soixante ans, le 24 octobre 1944, Louis Renault, géant des premières années de l’automobile, mourrait dans un hôpital de la rue Oudinot à Paris, après y avoir été transféré depuis la prison de Fresnes. Officiellement, la cause du décès était une crise d’urémie. Mais selon des témoins oculaires et la version familiale, cet homme de 67ans avait été torturé et battu. Une religieuse de Fresnes témoigna avoir vu Renault s’effondrer après avoir été frappé à la tête à coup de casque par un gardien. Un examen aux rayons X, réclamé par la famille, montra une vertèbre cervicale cassée. Louis Renault fut accusé de collaboration avec l’ennemi. Environ quarante mille Français moururent des mains vengeresses de leurs compatriotes, dans les suites confuses de la libération à la fin de la seconde guerre mondiale. Renault était le parfait bouc émissaire, nécessaire à l’administration d’après-guerre afin de mieux afficher son orientation politique et sa résolution. Or certains ne l’ont jamais considéré comme un collaborateur, mais plutôt comme un héros, et estiment que sa fin fut un scandale national. Car grâce à ses efforts, ses usines et ses ouvriers ne furent jamais déplacés en Allemagne. Quand la France fut envahie en 1940, Renault fut envoyé par le gouvernement de Paul Reynaud aux États-Unis pour y acheter des tanks. Il revint après la signature de l’armistice, pour trouver l’administration militaire allemande et les ingénieurs de « Daimler-Benz » à la porte de ses usines de Billancourt. Ils étaient venus saisir les équipements pour les déménager, avec la main d’œuvre, vers l’Allemagne. Renault réussit à leur faire changer de projet en acceptant de construire des véhicules pour la Wehrmacht. On raconte qu’il dit à l’époque : « Donnons-leur le beurre ou ils prendront les vaches ». Suite à cette décision, les accusations de collaboration et de profiteur de guerre, ne pouvaient que devenir inévitables. Alors que son seul délit fut son pragmatisme. Il est vrai que sa société contribua indéniablement à l’effort de guerre allemand. Mais des études sur la question prouvèrent aussi qu’il détourna des matériaux essentiels, d’ordre stratégique, et fit saboter des fournitures. Comme par exemple de raccourcir les jauges à huiles des camions destinés au front russe, qui tombaient évidemment en panne…(çà c'est du pipo, les patrons haut de gamme ne sont jamais courageux, je n'y crois pas une seconde, les sabotages étaient le fait des ouvriers eux-mêmes et de membres (pour une fois) honorables du PCF, note de jlR).
Toutefois, après la libération, Renault devint la cible d’une campagne de représailles. Les journaux communistes l’accusèrent d’avoir réalisé six milliards de francs de bénéfices de guerre (une grande partie de ces bénéfices furent distribués par L. Renault au fond d’aide pour les prisonniers de guerre). Et aussi d’être responsable de la mort de nombreux soldats et civils. Les autorités furent accusées de faiblesse à son encontre. Mais pas pour longtemps ! Convaincu qu’il s’était conduit honorablement, et se fiant à la justice de son pays, Renault refusa de s’éclipser discrètement. Bien qu’il n’ait jamais été inculpé, sa société (dont il était le principal actionnaire à 99 %) fut mise sous séquestre par l’État français, sous prétexte d’enrichissement et de collaboration avec l’ennemi. Et bien que le nom de « Renault » ait été conservé pour des raisons commerciales, sa famille ne reçut jamais le moindre dédommagement financier. Encore de nos jours, toute allusion à Louis Renault reste un sujet tabou, soigneusement occulté par la Régie Renault. Le mérite du développement de la compagnie fut attribué officiellement aux efforts de Pierre Le Faucheux qui prit alors la direction des usines nationalisées. Et quand fut célébré en 1999 le centenaire de la société « Renault Frères », ses petits-enfants Louis et Marie ne furent pas conviés. Est-ce qu’un jour la France réhabilitera le fils qu’elle a renié ? Ceux qui en France croient en l’injustice infligée à Louis Renault jugent cette possibilité improbable. Or, légalement, il pourrait être prouvé que la Régie constitue un recel qui découle d’un meurtre et d’une spoliation. L’administration française ne peut accepter que cet argument remonte à la surface, car reconnaître que Louis Renault n’a pas été jugé équitablement, soulèverait le problème d’une énorme compensation pour ses héritiers. Ceux qui lèvent leur verre à la mémoire de ce grand homme à l’occasion de chacun de ses anniversaires, le 15 février, ne le font qu’avec prudence. Car il est murmuré que d’aborder publiquement un tel sujet en France, même 60 ans plus tard, pourrait provoquer des représailles. Par exemple… un contrôle fiscal ».

On ne sait pas si les chars de Leclerc, élégamment laissé défiler en tête lors de la percée dans Paris, possédaient un moteur Renault. Il est établi pourtant que pas un membre du PCF blanc de peau ne se trouvait dans la colonne de chars US. Leclerc a joué les utilitaires avec ses conducteurs de chars anarchistes espagnols mis devant parce que derrière il n'y avait que des ... africains pour libérer le pays! Leclerc a probablement était éliminé physiquement comme Giraud pour ne pas faire d’ombre au grand Charlot. La nationalisation bidon est décidée le 16 janvier 1945 par le grand Charles, manitou assis sur le fauteuil des kollabos staliniens dédié à la reconstruction de la nation bourgeoise.
Ne peut-on en conclure que cet épisode juridique entre bourgeois est un nouvel avatar destiné non à redorer le blason terni de la résistance flouée qu’à relayer le crin-crin usé de la Shoah, pour ranimer la veilleuse électoraliste avec le bluff indigné, ce nouveau chant des votants hesseliens des partisans de la gôche caviar : « halte à Adolfette Le Pen » ?

CONSEILS DE LECTURE :
- Conflits, pouvoirs et société à la Libération par Grégoire Madjarian (ed 10-18, UGE, 1980)
- La libération confisquée par Yvan Craipeau (ed du PSU, vers 1980)
- Le nazisme, son ombre sur le siècle, par votre serviteur.

mercredi 11 mai 2011

LES GAGNANTS DU GERARD DE LA POLITIQUE...BOURGEOISE RIDICULE


Les premiers "Gérard de la politique", prix destinés à récompenser "le pire de la politique", ont été décernés hier soir sur Paris Première, ont annoncé les organisateurs, créateurs des "Gérard de la Télévision" et des "Gérard du Cinéma" dans la même veine potache.

Nicolas Sarkozy remporte le "Gérard de la petite phrase qui les suivra jusqu'à la tombe" avec son célèbre "Casse toi pauv' con". Il était opposé dans cette catégorie à Jacques Chirac, Ségolène Royal, Rachida Dati et Valéry Giscard d'Estaing (pour son "Au revoir!").

Eric Besson obtient le "Gérard de la personnalité politique géographiquement contrariée", et Dominique de Villepin celui auquel "la Vierge Marie est apparue" pour l'appeler à se présenter en 2012, mais qui malgré son ardeur au combat "va se manger un vieux 0,4% dans la face".

Frédéric Lefebvre obtient deux Gérard: celui du "simplet dont on frémit à la pensée qu'il ait des responsabilités" (ex aequo avec le président des jeunes UMP, Benjamin Lancar) et le "Gérard du ministre qui lèche le plus les bottes de son président" (pour sa phrase: "Nicolas Sarkozy a un tort, c'est qu'il a raison trop tôt").

Si les membres du gouvernement ou ceux qui y sont passés en prennent particulièrement pour leur grade, la gauche n'est pas totalement épargnée.

Jack Lang remporte ainsi le "Gérard du vieux machin fabriqué sous Mitterrand qui n'a plus aucune chance de rien mais qui s'accroche quand même, au lieu d’aller pêcher la crevette avec Jospin sur l'Ile de Ré".

Cécile Duflot, elle, doit son "Gérard de l’idée de programme griffonnée sur un coin de nappe en papier avec cinq pastis, un cassoulet, une bouteille de Côtes du Rhône et deux calvas derrière la cravate, et allez zou!" à cette phrase: "On aura tous une allocation à la naissance, le revenu universel".

Les Gérard de la politique sont attribués par un jury rassemblant notamment des journalistes (Philippe Tesson, Bruno Roger-Petit, Eric Naulleau, Eric Brunet, Philippe Bouvard, Guy Birenbaum, Karl Zero), ainsi que le médecin urgentiste Patrick Pelloux et le dessinateur Olivier Ranson.
(d'après l'AFP et Le Figaro)

lundi 9 mai 2011

LE FEUILLETON BEN LADEN ET ALLAHOU AKBAR DANS TA GUEULE


LE FEUILLETON BEN LADEN ET ALLAHOU AKBAR DANS TA GUEULE

Sont bien les deux principaux obstacles dressés face aux populations en colère du croissant arabe. Après le scoop du meurtre autorisé de Ben Laden, sa triste fin de pépère devant sa télé en train de regarder les films super 8 de sa notoriété passée, il se serait servi d’une femme comme bouclier, et ce poltron aurait même expédié une lettre anonyme méchante à Obama.
Le ridicule ne tue toujours pas et c’est bien dommage. La bourgeoisie US est en train de préparer une réorientation stratégique dont on ne peut encore saisir tous les aboutissants. Comme l'assassinat de Guevara en 1967 (sponsorisé par la CIA) mit un terme à l'idéologie du "terrorisme de libération nationale" (un héros mort est plus utile à la mythologie gauchiste ou salafiste qu'un héros vivant, surtout pépère).
Pour l’heure, l’assassinat médiatisé et glorifié du « plus grand criminel de l’histoire » (certes après Lénine et Hitler), n’intéresse pas grand monde depuis l’extinction des lampions la semaine passée. Quoique l’on ait appris que ce salaud de Oussam qui végétait dans son petit harem, ne rendait pas les ballons des enfants qui chutaient par-dessus ses murs gardés par la fine fleur des services secrets pakistanais… ce qui est un comble de méchanceté et la preuve définitive que ce type a fait tomber deux gratte-ciels, même si c’est Saddam qui a tout pris dans la gueule.
En Egypte, les exactions des frères en fondamentalisme neu neu ont tué près de dix coptes ce weekend sur la base de rumeurs prétendant qu’une femme était séquestrée dans une église copte contre son gré. On ne sait pas si les coptes mangent les enfants de confession musulmane, mais on ne doute pas un instant ici sur l’instrumentalisation de la débilité religieuse prédominante en Egypte. On en a honte au souvenir des courageux manifestants de la place Tahrir. Ce crime moyenâgeux profite à l’armée bourgeoisie non dissoute qui monte sur ses ergo et vient prétendre « rétablir l’ordre » alors qu’elle ne fait que fomenter le désordre au profit du prébendier US. Rien ne sera jamais possible avec les terroristes soft ou hard de l’islamisme, ni unité d’action contre la fraction bourgeoise au pouvoir ni tolérance républicaine pour leurs partis de chiasse et de charia. Mais, comme l’anti-terrorisme des puissants qui a un coup dans l’aile, une grande partie de la jeunesse et des prolétaires de l’Iran à l’Egypte ne veut plus de ces terroristes coraniques.
La mise en avant des tarés islamistes au premier plan, comme l’attentat de Marrakech, comme les meurtres répétés en Syrie (avec le soutien de l’UE au boucher Assad), comme la guerre immobilisée en Libye, constituent la réponse répressive et cynique des maîtres du monde à la colère et aux attentes des masses frappées par la crise et réduites à réagir par la démerde individuelle ou l’émeute contre productive.
Il faut noter cependant, pour soutenir nos camarades inconnus des minorités de prolétaires de ces pays et les éléments révoltés des classes intermédiaires, que la potentialité de la lutte sociale n’est pas éteinte dans l’arc de cercle de l’Afrique du nord, ainsi que le montrent les exemples de la Tunisie et du Maroc.Partout la bourgeoisie, de la Tunisie à la Syrie,s'efforce de fomenter une guerre confessionnelle, meilleure trouvaille moderne pour handicaper l'union grandissante du prolétariat.

Le coeur de Tunis a été le théâtre d'une confrontation entre manifestants anti-gouvernementaux et policiers au lendemain de l'imposition d'un couvre-feu au nom des « promesses démocratiques ». Ces émeutes ont de tout autres mobiles que l’espoir d’élections libres dans la banlieue pauvre de la capitale tunisienne. A Ettadhamen, banlieue dite défavorisée, des bandes de jeunes se sont livrés à des pillages et saccages dans la nuit malgré le couvre-feu. Ce réflexe n’est pas en soi le reflet d’un haut niveau de lutte de classe, mais on peut le comprendre et surtout pas le condamner. Et c’est qui condamne ? Ben voyons les frères en coranie qui se sont mobilisés pour tenter de rétablir l'ordre en l'absence d'intervention des forces de l'ordre, selon des habitants. Là où la CGT est absente, les cordons policiers islamistes répondent présents. Dans le centre de Tunis, la police a fait ensuite usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui s'étaient réunis pour la quatrième journée consécutive. Au nombre d'environ 200 sur les marches du théâtre municipal et avenue Bourguiba, ils ont entonné à plusieurs reprises l'hymne national (pour se protéger de l'accusation d'être la main de l'étranger plus que par la croyance à une solution nationale) avant de scander des slogans hostiles à la police bourgeoise. Mais les manifestants qui réclament plus des emplois après la chute du régime autoritaire de l’arbre Ben Ali, le 14 janvier dernier, ont scandé des slogans très « classe » : "gouvernement dégage", "flics, bande de lâches". Nouri Bouzid, célèbre cinéaste, a décidé cette semaine de porter plainte contre Le mouvement Ennahda (Parti de la Renaissance), à tendance islamique. Lors d'un meeting tenu le 17 avril dernier par le mouvement Ennahda, un militant islamiste tunisien a parlé du cinéaste en disant « si je le pouvais, j'userai de la kalachnikov contre Nouri Bouzid ». Vendredi 6 mai, une manifestation de militants islamistes a été organisée sur le lieu du spectacle pour le perturber ou l'annuler au motif que ces activités sont contraires à la morale islamique... Malgré les intimidations, l'intérêt du public tunisien pour le ballet de Sihem Belkhodja n'a pas été démenti. Le réalisateur tunisien Nouri Bouzid a déjà été agressé, le mois dernier, par un inconnu, non loin de chez lui, alors qu'il discutait avec des jeunes étudiants. Un témoin oculaire a déclaré que l'agresseur, un homme barbu, lui a asséné un coup sur la tête avec une barre de fer en criant "Allahou Akbar"... Sur le modèle du Front islamique du salut algérien, Le mouvement Ennahda a toujours utilisé la violence contre moyen de revendication politique. Plusieurs actes violents ont été imputés au mouvement : il lui est reproché l'incendie, le 18 février 1991, du local du comité de coordination du Rassemblement constitutionnel démocratique à Bab Souika et qui a fait deux blessés graves, dont l'un décéda une quinzaine de jours plus tard. En février dernier, le mouvement islamiste tunisien a reconnu sa responsabilité dans l'incident de Bab Souika qualifié « d'erreurs individuelles commises par certains jeunes du mouvement qui étaient victimes de répression, faute de l'absence des leaders, contraints à l'exil ou emprisonnés ». Suite au "printemps arabe" Ennahda a obtenu sa légalisation, après trente ans d'interdiction, le mouvement veut implanter en Tunisie la charia, la loi islamique. Ceci est l’expression de la « tolérance » des amis de Ben Ali toujours au pouvoir, et de leurs amis américains qui ont toujours su associer les pires sectes religieuses au pouvoir policier.
La légalisation d'Ennahda découle d'un jeu d'apprentis-sorciers. La nouvelle mafia politico-militaire en Tunisie voudra profiter de la victoire de ce parti pour faire un coup d'état et ainsi se crédibiliser aux yeux de l'opinion nationale et internationale. Je m’associe à ce blogueur tunisien qui dit que tant qu'il est encore temps, si les tunisiens veulent sauver leur pays, ils doivent manifester en masse et sans interruption pour la dissolution d'Ennahda (qui fait le jeu de la prochaine dictature militaire à venir). Il faut désamorcer le complot dès maintenant.
Désamorcer les complots, ou plutôt les politiques clairement répressives dans tous ces pays, sera dur.
La manifestation de Marrakech visait à dénoncer l'attentat de la semaine dernière et réclamer que la population ne soit pas victime des tueurs de l’ombre, mais pas seulement.

Des milliers de personnes réunies dimanche à Marrakech, dans une manifestation autorisée par l’anti-terrorisme gouvernementale, ont scandés : «Un roi qui règne mais ne gouverne pas», «Pour une nouvelle constitution», ou on pouvait lire sur les pancartes : «Justice sociale», «Non à la corruption», par beaucoup de membres du Mouvement de contestation du 20 février. Ils étaient 7000 selon un journaliste de l'AFP et entre 2500 et 3000 selon le ministère de l'Intérieur. Partis du centre de la ville, le cortège, qui réclamait aussi la fin du terrorisme, a rejoint la place Djema'a el-Fna, où une bombe avait fait 17 morts dont 13 touristes étrangers. Il s'agit de la quatrième manifestation de grande ampleur que connaît le pays depuis le début du soulèvement des couches moyennes. Le 9 mars, après la première manifestation du 20 février (qui a donné son nom au mouvement), le clown Mohammed VI avait annoncé des réformes constitutionnelles visant notamment à renforcer le rôle du premier ministre issu des urnes, ce qui était la façon la plus arrogante de mépriser les masses. Comme lors des précédents rendez-vous, les manifestants étaient principalement des jeunes, venus cette fois de plusieurs villes du royaume. En revanche, les islamistes étaient moins présents, contrairement à l’Egypte.
Cette manifestation au Maroc, prévue pour communier dans l’anti-terrorisme gouvernemental, n’est pas tombée finalement dans le piège de l’anti-terrorisme des Etats eux-mêmes terroristes, mais a prouvé que la répression et les complots terroristes ne suffiront pas à calmer la lutte des classes, qui tend à se profiler derrière les jérémiades démocratoques.

PS: parole de jeune prolétaire tunisien sans papier: "«Je sais que tout le monde se demande pourquoi les jeunes Tunisiens viennent en France alors qu'ils ont fait la révolution. En réalité, rien n'a changé là-bas. Ben Ali est tombé, mais le système, lui, est toujours là. Je voulais être libre, trouver un travail, c'est pour ça que je rêvais de venir en France», détaille Hakim (in Libé mardi).

lundi 2 mai 2011

Ben Laden out? Pipolisation grotesque d'une réorientation de l'impérialisme US...



SCOOP DE DERNIERE HEURE: la propaganda mondiale n'a pas peur du ridicule - quoique de nombreux neuneus tombent dans le panneau sur les forums - les médias US se sont précipités pour assurer que Ben Laden avait été immergé "selon les rites musulmans", or c'est ce qui s'appelle un mensonge doublé d'un autre mensonge: incapables d'exhiber le fantôme de Ben Laden, on dit l'avoir jeté à la mer (précipitamment pour que subsistent tous les doutes) et absolument pas selon le rite arabo-musulman qui n'enterre qu'en... terre, les flots impétueux de la mer empêchant la cadavre de se tourner vers la Mecque... Sans oublier la mise en circulation sur le web d'une photo truquée du faux mort (il est mort dix fois depuis dix ans...). La branche Al Qaida de la CIA s'apprêterait à organiser un gigantesque attentat pour.... venger son ancien employé!La palme de la bêtise revient au journal Le Monde qui titre "le corps de Ben Laden aurait été enseveli en pleine mer", or on ne peut pas ensevelir en mer puisque ce terme signifie "enterrer'; "pleine mer" signifie aussi qu'on aurait été le larguer très loin, loin des objectifs des photographes. Par ailleurs Le Monde, pour bien prendre les citoyens et les prolétaires pour des cons, brandit l'accusation infamante contre nous tous qui rigolons: "les thèses conspirationnistes vont déjà bon train". Horreur certains oseraient douter du discours de la pensée unique anti-terroriste, blanche et vierge de toute manip machiavélique! Une honte pour les mafias pétrolières dont les VRP (commerciaux et militaires) ont les mains si blanches!

1. Terrorisme et anti-terrorisme sont les deux faces de la même pièce tragique gouvernementale, et la UNE mondiale des médias sur la mort (fictive ou finale) de Ben Laden montre que la bourgeoisie internationale va miser à nouveau sur cette stratégie particulièrement vicieuse car, à un niveau pire que les débats concons sur anti-sémitisme et racisme, on ne peut jamais débattre sereinement de l’utilisation du terrorisme sans se faire insulter si on soupçonne les Etats d’en être les commanditaires ou même les simples réceptionnistes ; on dirait qu’un arrière-fond de chauvinisme étroit bride la pensée de votre interlocuteur franchement suiviste par rapport à son gouvernement (cf. les querelles ordurières ou insignifiantes sur les forums de Libé). Sujet porteur pour les dominants donc car l’accusation de complot est toujours considérée par gauchistes et anarchistes comme « simpliste », car ces cuistres choisissent toujours un camp et plus c’est sanguinolent et aveugle, plus c’est révolutionnaire. Combien n’admiraient pas secrètement le grand barbu présumé grand organisateur de la destruction des tours jumelles de NY ?
Peu après l’attentat à Marrakech, voici la cerise sur le gâteau, via ses agents au Pakistan la glorieuse armada secrète des tueurs de la CIA aurait fait sauter enfin le caisson de Ben Laden ! Remake et foutage de gueule. Ben Laden a été annoncé mort tant de fois par le même canal US qu’on se fout qu’il le soit ou pas. L’annonce a lieu dans un contexte de multiples guerres "civiles"(Afghanistan, Irak, Libye,) où le « monde occidental » doit apparaître comme triomphant, capable tout au moins de juguler cet ennemi opaque et sans cesse renaissant : le terrorisme permanent, qui justifie qu’on recrute de courageux soldats dans la population ouvrière au chômage pour défendre la « civilisation » contre la « barbarie »(en keffieh, cf. le film de propagande/recrutement « Démineurs »). Les funérailles opaques du grand Satan qui avait succédé au diable stalinien donnent lieu à une orgie de baves et de courbettes au big boss américain, des abrutis anonymes aux journalistes les plus creux; c'est aussi obscène que la pendaison des Laval, Mussolini et Saddam. Non simple victoire de l'anti-terrorisme sur un de ses enfants (Ben Laden était un produit made in CIA) mais, contrairement à la danse du ventre sordide de tous les béni-oui-oui du système capitaliste et de leurs armées terroristes officielles, la mise en scène masque une réorientation de la politique américaine pour le contrôle du monde et du marché pétrolier.

2 Un éclairage brutal sur le jeu secret de l'impérialisme US derrière les "révoltes arabes":

La révolte en Tunisie et en Egypte n'était certes pas prévue au programme, mais après leur avoir agité le pompon inaccessible de la riche démocratie, on abandonna ces populations brimées par les mêmes armées dictatoriales et on organisa "l'extension" en Libye et en Syrie... Les "insurgés" de l'est libyen furent pourtant armés par l'Arabie Saoudite (pro-US en diable), nulle volonté d'autodétermination populaire... ni internationalisme.
En Syrie (principal Etat policier de la région, très proche amie des Etats Unis) il n'est pas question de faire cesser immédiatement ni plus tard la répression inouïe... Au Yémen, le pétrole doit rester étroitement contrôlé sous égide US et le peuple continuer à crever sous les balles. Le printemps des peuples c'est pour les caves.
La clôture de la saga Ben Laden correspond d'abord à une mise au pas du monde arabe; les armées tunisienne et égyptienne ont obéi au quart de tour, Yémen et Syrie ne seront pas inquiétés et Kadhafi sera de toute manière éliminé. Le contrôle de l'Afghanistan (carrefour stratégique pour tenir l'Asie) a perdu de son importance du fait de la réorientation clientéliste des USA vers l'Inde, où il faut favoriser la partie bouddhiste contre la partie musulmane. La réaction de l'Etat iranien est intéressante: par la voix du porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères, Téhéran a fait savoir qu'avec la mort de Ben Laden "les Etats Unis et leurs alliés n'ont plus d'excuse pour déployer des forces au Moyen Orient sous prétexte de lutter contre le terrorisme". CQFD!
La diminution des réserves pétrolières imposait depuis longtemps cette réorientation, d'où l'invasion de l'Irak puis l'action en Libye (où la France et l'Angleterre tenteront de conserver une part du marché). Signe de cette réorientation en forme de repli national, l'Arabie Saoudite va généraliser les raffineries sur place. Les compagnies françaises et britanniques n'ont qu'à se bien tenir si elles ne veulent pas tout perdre; en effet la garantie de domination tutélaire reposait jusqu'alors sur des raffineries construites hors des pays producteurs, où planait toujours la menace de nationalisation.
Derrière les simiesques grimaces se riant de la disparition de Satan Ben Laden, les combats font rage entre impérialismes. La France est bousculée de plus en plus par la Chine en Afrique et tente de conserver une partie de la manne pétrolière en Libye... La Russie est aussi intéressée (Poutine a demandé de ne pas tuer Kadhafi).
Pour contrebalancer le poids grandissant de la Chine sur le marché international, l'impérialisme américain a donc choisi l'Inde en encourageant le commerce du pétrole dans cette direction. Le spectacle ridicule autour de la mort de Ben Laden cache un déplacement des centres d'intérêts où la question arabe redeviendra secondaire, même avec d'autres conditions; il est très possible, avec le reconnaissance planifiée à l'automne d'un Etat palestinien par la plupart des pays de l'ONU, qu'Israël soit placé aussi au placard. Une nouvelle époque de tous les dangers s'ouvre, où le prolétariat et les peuples sont encore les dindons de la farce.


Post-scriptum: Ceci dit, les chants de victoire de l'anti-terrorisme, co-producteur du terrorisme, ont aussi pour but d'illusionner la classe ouvrière sur un monde de paix et d'équité inexistant et, dans le prolongement de l'exaltation de la démocratie, de tétaniser toute réaction violente normal de classe. J’ai raté hier soir : 1950-1990 : le scandale des armées secrètes de l'Otan d'Emmanuel Amara, dimanche 1er mai à 21h30, sur France 5. Je repique un article sur Rue 89 Quand l'Otan tuait des civils en Europe pour lutter contre l'URSS par Augustin Scalbert, qui vous donnera envie de lire mes Avatars du terrorisme. On y apprend aussi que l'OAS n'était qu'une succursale de la CIA, ce pourquoi De Gaulle avait viré les ricains.
« L'attentat de la gare de Bologne, 85 morts et plus de 200 blessés le 2 août 1980. Le 26 septembre suivant, 13 morts et 200 blessés à la fête de la bière de Munich. Les tueries du Brabant, 28 morts dans le sud de la Belgique entre 1982 et 1985. Derrière ces crimes, se trouveraient l'Otan, les Etats-Unis et de hauts responsables politiques de plusieurs pays d'Europe, désireux de créer une « stratégie de la tension » pour lutter contre l'URSS. On connaissait l'existence de ces armées secrètes depuis qu'en 1990, le président du conseil italien Giulio Andreotti avait révélé à la Chambre des députés ce qu'était le réseau Gladio. On savait qu'il faisait partie des réseaux Stay-behind, cellules dormantes crées par l'Otan dans plusieurs pays d'Europe, dont certains étaient officiellement neutres, comme la Suisse ou l'Autriche. Ce qu'on ignorait, ce sont les liens très probables de ces réseaux avec des attentats terroristes. Parfois attribués à l'extrême-droite (dont des militants furent condamnés), parfois à l'extrême-gauche, parfois restés impunis. C'est ce que révèle le film « Le Scandale des armées secrètes de l'Otan », réalisé par le journaliste français Emmanuel Amara, qui s'appuie notamment sur les travaux de l'historien suisse Danièle Ganser.
Un sang-froid et une technique digne des services secrets
Au pic de la guerre froide, des groupes d'extrême-gauche contestent le capitalisme en jouant de la terreur, faisant plusieurs morts. La thèse de Danièle Ganser, qui est formellement invérifiable tant que l'Otan ne s'exprime pas ou que les archives restent classifiées, veut que l'organisation et la CIA aient choisi une « stratégie de la tension », à la fois pour décrédibiliser l'extrême-gauche et favoriser l'élection de majorités plus sécuritaires, donc de droite. En organisant des attentats meurtriers pour la population civile.
Cette thèse est invérifiable, mais elle est fortement étayée par de nombreux témoignages diffusés dans le film. Ainsi, ce policier et cette juge d'instruction belges qui racontent en quoi les tueurs (impunis) du Brabant étaient des gens dotés d'un sang-froid et d'une technique digne des services secrets. On a aussi la surprise d'entendre le très sulfureux Licio Gelli, grand maître de la fameuse loge maçonnique P2. Mentor de Silvio Berlusconi, ce nonagénaire maintenu en résidence surveillée est la cheville ouvrière de la plupart des scandales des années de plomb italiennes. Le voilà, entre un détour par la Suisse et par l'Allemagne, qui s'explique sur l'origine idéologique des membres de ces armées secrètes. (Voir la vidéo) Après les révélations d'Andreotti en 1990, trois pays ont décidé de lancer des enquêtes parlementaires sur les réseaux Stay-behind : l'Italie, la Suisse et la Belgique. C'est donc dans ces pays que les informations sont les plus nombreuses, ou plutôt les moins rares, tant le secret continue à voiler ce qu'on pourrait bien qualifier de terrorisme d'Etats.

samedi 30 avril 2011

POURQUOI LE TERRORISME REVIENT A LA MODE?


Au HIT PARADE DES CRIMES DES BOURGEOISIES ARABES, LE CLAN HAFEZ EL ASSASSINS, ci-contre emporte la palme, mais il y a d'autres solutions que de tirer dans le tas ou de jouer à la guerre humanitaire interminable et minable comme en Libye.

En tout cas, les bêlants pacifistes du Nouvel Obs et leurs lecteurs bobos gauchistes peuvent rentrer dans leur coquille, l’ordre de jasmin coule à flot abondant. Il n’y a pas eu une seule révolution possible du fait que partout forces armées et policières bourgeoises n’ont pas été dissoutes. Le mouvement des masses arabes confirme, malgré son absence d’internationalisme dans une zone où les nations sont ridicules, que la colère contre la crise a inévitablement une dimension inter-nationale parce qu’aucune solution nationale n’est possible. CE MOUVEMENT CONFIRME QUE DEPUIS L’EXPERIENCE MALHEUREUSE D’OCTOBRE 17 EN RUSSIE LA THEORIE DU MAILLON FAIBLE EST CADUQUE. LA VERITABLE REVOLUTION NE POURRA DEMARRER QUE DES CENTRES DU CAPITALISME DOMINANT. Aucune victoire n’est possible contre des Etats locaux blindés, défendus par des armées de tueurs professionnels, soldatesque et policiers. Tant que nous, le prolétariat des pays riches, n’auront pas renversé nos propres bourgeoisies maîtresses du monde, les peuples du tiers-monde resteront le gibier des tirs des assassins professionnels. Cela le camp maximaliste l’affirme depuis la mort de Lénine, et nous, jeunes maximalistes, depuis au moins 40 ans, depuis les fausses libérations nationales.
La famille Hafez El Assassins est passée en tête du plus grand nombre de crimes quotidiens, doublant Kadhafi. Depuis le début je n’ai jamais cru qu’un régime barbare comme le syrien ne commettrait pas un bain de sang supérieur aux autres, les crimes précédents du principal régime policier de la région, au Liban et en complicité avec l’Etat colon israélien ainsi que sa tutelle de l’Etat libanais, font partie du décor et des exigences des grands impérialismes. La presse bourgeoise loue encore ce rôle dit « stabilisateur » du clan assassin Assad et nulle guerre de sauvetage humanitaire n’est envisagée pour ne pas se ridiculiser plus encore après la pantalonnade qui dure en Libye. Massacre tu à l’époque et oublié en Syrie en 1982, le crime de la tête plate de morue le père Hafez el-Assad contre les insurgés de la ville de Hama en février 1982, aurait fait de 25 et 30 000 morts. L’insurrection était certes menée par les tarés Frères musulmans, qui avaient lancé dans les années précédentes une lutte armée et des attaques terroristes contre le régime baasiste. Le 2 février 1982, la population de Hama, à majorité sunnite, s’était laissée embarquer dans une insurrection suicidaire par la fraction bourgeoise fondamentaliste. L'armée syrienne répliqua en assiégeant et bombardant 27 jours durant la ville, pratiquant la politique de la terre brûlée, un tiers de la ville est alors détruit. Elle se livre aussi à des massacres dans les colonnes de réfugiés quittant la ville, torturant et exécutant les opposants politiques avérés ou supposés. Ces événements n'ont pas été, ou peu, relayés dans la presse occidentale, et n'ont pas soulevé l'indignation à l'étranger, car ils ont été occultés par la fermeture du pays et par la guerre du Liban. Mitterrand était resté muet pour ne pas froisser le boucher Assad, excellent client.
Depuis trois semaines le régime fait tirer dans le tas de la foule des manifestants comme lors des enterrements. Je le répète, même les régimes fascistes n’avaient jamais osé faire cela avant et après leur prise du pouvoir (il est vrai que la venue très rapide de la guerre mondiale les en avait dispensés). La brave communauté internationale perverse proteste bien sûr et s’indigne, comme dirait ce vieux cuistre bourgeois de Hessel, mais Basta ! La tribu Assad fait le boulot de répression complémentaire à Kadhafi pour calmer un peu plus la révolte des masses petites bourgeoises et surtout leur faire croire qu’elles meurent pour la démocratie, cet imaginaire d’un monde meilleur impossible dans les pays réservoirs de main d’œuvre des pays riches du nord.

LE MOUVEMENT EN SYRIE VA-T-IL DEPASSER LES SIMPLES MANIFESTATIONS DE PROTESTATION ?

Dans le cadre de cette illusion démocratique (qui empêche en fait l’éclosion d’un véritable mouvement social sous la direction de la classe ouvrière) on nous refait le coup des comités de quartier comme en Tunisie. On nous apprend que, comme à Deraa, des comités locaux d’habitants et de jeunes se sont peu à peu constitués pour appeler aux manifestations, notamment à la sortie des prières du vendredi, puis pour venir en aide aux blessés et organiser les funérailles des «martyrs». La répression, mais aussi «les campagnes d’intox et de manipulation médiatique et sécuritaire du régime ont révolté et soudé les gens», confirme un habitant de Homs, où «des bandes de salafistes» auraient semé la mort parmi la population, la semaine dernière, selon les médias officiels. Peu à peu, des notables, des personnalités religieuses locales, ainsi que des ingénieurs, des avocats et des médecins rejoignent les comités locaux, donnant plus de consistance au mouvement. Voici de nouvelles «coordinations», comités formés par cooptation parmi les habitants, dans les quartiers, les familles et les voisinages, qui (selon Libé) « apprennent à se protéger contre les indicateurs et les infiltrés du régime. Ils mènent au jour le jour leurs actions sur le terrain, relayés par les cyberactivistes, qui donnent une cohésion nationale au mouvement, par exemple en faisant le lien entre les différentes coordinations. Les informations et les appels, mais aussi les vidéos, sont envoyés par SMS ou messages privés sur Facebook à la communauté en ligne, dont les membres se trouvent à l’intérieur comme en dehors du pays ». Du réchauffé n’est-ce pas ? Un remake des mérites supposés de Facebook qui avait été animé par les sympathisants US en Tunisie et Egypte… mais comédie tragique en Syrie dirigée par une armée terroriste. Ce genre d’analyse et d’interprétation journalistique sert à nous conforter dans notre situation misérable de spectateurs impuissants.

TOUTE RIPOSTE ARMEE SERA MISE SUR LE DOS DU TERRORISME

Face aux massacres quotidiens des tueurs des Assad et Kadhafi, la bourgeoisie veut bien faire de la pub à l’organisativite petite bourgeoise inoffensive et pacifique, mais indique clairement que le recours aux armes dépend :
- Soit d’une soumission au combat « pour la démocratie » aux ordres des généraux bourgeois occidentaux,
- Soit suppose une action terroriste de « salafistes » ou d’Al Qaïda (branche de la CIA, comme la gendarmerie est une branche de la police).
Tout prolétaire conscient se dit, face aux massacres des snipers policiers depuis les toits, que les manifs pacifistes sont non seulement suicidaires mais contre-productives, et qu’il faut que les prolétaires s’arment à leur tour, ce qui est plus facile encore dans ces régions et tuent à leur tour les tueurs. Pour l’heure cela paraît impossible à des populations dominées par le mépris de soi et qui réagissent en se jetant au-devant des balles comme les suicidés de F.Telecom. On assiste au même dysfonctionnement qu’en Occident comme le décrit François Chevalier : « Des gens « maltraités » ou se vivant comme tels, non seulement ne se rebellent plus contre ceux qui les amoindrissent au point de les détruire, mais semblent leur donner raison en faisant d’eux-mêmes, et rapidement, ce que leurs bourreaux cherchaient à faire d’eux par les moyens les plus détournés : des déchets. (…) Disons-le froidement, qu’aucun des « suicidés de France-Télécom », ou d’ailleurs, n’ait tenté de casser la gueule de ses supérieurs, de mettre une bombe sous les pieds du conseil d’administration ou d’entraîner avec lui dans la mort l’un ou l’autre des cadres responsables de son désespoir est une disgrâce pour l’humanité » (et révèle un niveau de soumission supérieur des français comparés aux américains habitués à buter leurs patrons…) (« La société du mépris de soi », Gallimard octobre 2010).
Or manifestement, bien que les médias le taisent ou se gardent d’en généraliser la valeur, la riposte armée des victimes civiles est bien réelle, en particulier au Yémen et au Bahreïn Deux hommes armés ont été tués la semaine dernière dans des accrochages avec les forces de sécurité dans le Sud du Yémen, selon des sources policières. À Aden, un homme armé a été tué et un autre blessé par des soldats alors qu'il tentait de lancer une grenade contre un hôtel de la ville. Dans un autre incident, cinq soldats ont été blessés par une grenade lancée contre les militaires gardant le siège de la Banque centrale dans la ville, selon une autre source de sécurité. Dans la province voisine de Lahej, un soldat a été tué et un autre blessé dans des combats avec des membres d'une tribu qui veut pousser l'armée à quitter une position dans leur zone, a indiqué un flic de la région. À Zanjibar, capitale de la province d'Abyane, au nord-est d'Aden, deux soldats ont été blessés par des tirs d'assaillants, membres présumés d'Al-Qaïda, contre le siège des renseignements, selon une autre source sécuritaire. Les violences sont quasi-quotidiennes dans le Sud du Yémen, marqué depuis longtemps par un mouvement sécessionniste et devenu l'un des foyers. Ces réactions naturelles de défense contre les tueurs de l’Etat, comme on le voit, sont automatiquement attribuées à l’entité Al Qaïda ou à un complot de l’étranger !
Mais la bourgeoisie a tellement peur de la violence de défense et de vengeance des masses qu’elle redouble ses crimes en y ajoutant ses assassinats légaux comme au Bahreïn, via le tribunal et les tueries et viols en prison. A DUBAI quatre manifestants chiites bahreïnis ont été condamnés à mort jeudi par un tribunal militaire qui les a reconnus coupables d'avoir tué deux policiers, a affirmé à l'AFP un responsable de l'opposition. Trois autres contestataires chiites ont été condamnés à la détention à perpétuité dans le cadre du même procès, selon l'ex-député du principal groupe de l'opposition chiite, le mouvement al-Wefaq, Matar Matar. Il s'agit des premières condamnations à mort depuis la répression du mouvement de contestation populaire dans ce petit royaume du Golfe à la mi-mars. Les sept hommes étaient accusés d'homicide volontaire sur les personnes d'agents de l'Etat en exercice de leur fonction et de complot terroriste, selon l'acte d'accusation présenté par le procureur militaire à l'ouverture de leur procès le 17 avril. Selon les autorités, quatre policiers ont péri après avoir été renversés par des voitures durant les protestations qui ont vu les chiites, majoritaires parmi la population locale, contester la famille royale sunnite des Al-Khalifa. Les autorités ont mis fin à la mi-mars au mouvement de contestation après l'envoi dans ce petit royaume d'unités de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG, dont fait partie Bahreïn), et mené des rafles massives. Les violences ont fait, selon Manama, 24 morts, dont quatre policiers. Quatre manifestants sont morts depuis en détention. Les manifestants n’ont pas le droit de tirer sur les policiers qui les tuent, comme de juste.

LE RETOUR DU TERRORISME NOIR

Personne ne se souvient de l'attentat terroriste d'Etat de Piazza Fontana (Italie 1969, pour éteindre la vague prolétarienne de 1968, cf. Lire mon livre "Les avatars du terrorisme"). Plus vicelard, l’attentat terroriste de Marrakech est comme le comprend le peuple marocain « un alibi pour freiner les réformes » (ou plutôt un alibi pour ôter toute illusion). La subtilité de cette tuerie indirecte de l’Etat marocain (et même s’il n’en était pas l’auteur… mais les massacres téléguidés le régime des Hassan en est passé spécialiste depuis Oufkir) apparaît comme sonnant le glas de la contestation contre le régime du roi Mohammed VI «Depuis deux mois, à quelques exceptions près, ce mouvement est resté pacifique. (...) L'attentat de Marrakech paraît plus susceptible d'entraver l'action des jeunes de la société civile regroupés au sein du "20 février" (nom du mouvement ndlr) plutôt que de l'aider», craint l'auteur du blog Maroc Espace. Pour Maghreblog, cet événement «ne pouvait pas survenir à un pire moment», et pourrait «faire dérailler ou retarder» le train des réformes engagées par le gouvernement. Sur le site petit bourgeois Goud.ma, Nadia Lamlili va plus loin. Selon elle, le régime pourrait se servir de l'attentat comme d'un «alibi pour baillonner ce formidable mouvement d'éveil des consciences», et réduire les libertés publiques au nom de la lutte contre le terrorisme. Elle se souvient des dérives sécuritaires menées après les attentats de Casablanca, en mai 2003: «Il y a eu près de 5000 arrestations, avec leur lot de tortures et de disparitions forcées, en plus d'une législation anti-terroriste qui a doté les sécuritaires de pouvoirs étendus».
Le Maghreb est plus proche que le Makrech de l’Europe – quoique le prolétariat européen soit muselé et impuissant à faire montre de solidarité (grâce aux collaborateurs nationaux syndicaux) par le prétendu risque d’invasion, et des tueries comme en Syrie et Libye feraient mauvais effet pour ces pays à touristes. Toute proportion gardée, on est dans la même situation qu’en 1917 : pays vaincus en révolution (Russie, Allemagne, Hongrie), pays vainqueurs avec des augmentations de salaires… Les ouvriers d’occident, inquiets mais repus, ne sont pas assez déstabilisés et appauvris par la crise pour lever le petit doigt et sortir de leur méprisable condition de spectateurs. Vivement un nouveau 2008… La conscience de classe n’a jamais été aussi basse et méprisable pour une classe qui se laisse voler sa vocation historique de sauver l’humanité par l’hypocrisie humanitaire impérialiste dont le fleuron s’exprime en Libye par le viagra occidental offert aux tueurs pour qu’ils bandent mieux en violant et en tuant (cf. voir le témoignage d’un commerçant marocain dont une employée enceinte a été tuée à coups de pieds dans le ventre par les soldats « révolutionnaires » du représentant en pétrole Kahdafi & Co). Comme en 1848 et 1871 à Paris, comme sous Franco en 1936, comme sous De Gaulle en Algérie, comme en Argentine en 1974, comme en Bosnie, au Rwanda, l’invocation du viol est une arme du terrorisme d’Etat toujours efficace pour humilier les populations. A condition qu’il soit suivi du crime et que les cadavres aient été enterrés quelque part.
Oui sans révolution en Occident, pas de révolution en Orient, mais de la mitraille, toujours plus de mitraille pour les prolétaires et les couches sociales intermédiaires flouées par la crise et les enjeux des conflits inter-impérialistes opaques.

ARMEMENT DU PROLETARIAT OU MASSACRES SANS FIN

Principale leçon de ces pacifiques soulèvements arabes, la violence révolutionnaire du prolétariat – désarmement de la police et des milices bourgeoises – sera une des premières tâches urgentes des soulèvements à venir en pays riches. Sinon le prolétariat du nord subira lui aussi, à son tour, exactions, viols et meurtres par les snipers et professionnels terroristes d’Etat bourgeois. Et il faut un parti communiste maximaliste pour faire comprendre cela aux prolétaires atomisés et pleutres.

mardi 26 avril 2011

Communiqué du PCI: La révolte des masses prolétarisées arabes a atteint la Syrie: le régime répond par des massacres

Le président Bachar El-Assad s’est lourdement trompé s’il pensait arrêter les manifestations de protestation en usant du bâton et de la carotte; ni la répression policière, ni l’annonce de réformes n’ont suffit à briser le mouvement.
Les accusations selon lesquelles des puissances étrangères incitent et dirigent les mouvements contre le régime baasiste des El-Assad pourraient bien n’être pas dénuées de fondement, à la différence de la propagande d’un Kadafhi prétendant qu’ Al Quaïda organise la révolte en Libye. Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’impérialisme américain, en liaison avec les aspirations d’Israël à dominer la région, essaye de trouver des points d’appui dans l’opposition en Syrie. Mais la situation actuelle dans toute l’aire nord-africaine et moyen-orientale n’est évidemment pas le résultat de manoeuvres des impérialistes américains, anglais, français ou israéliens. C’est la crise économique, précipitant les larges masses dans une misère terrible, conjuguée à une insupportable oppression policière et dictatoriale, qui a causé l’aggravation des tensions jusqu’à provoquer les explosions dans toute la région.
Pendant des dizaines d’années, les régimes autoritaires en place ont maintenu l’ordre capitaliste et, au delà de leurs alliances opposées, assuré le contrôle impérialiste de cette zone troublée, par la répression brutale de toute contestation et de toute lutte interne.
Les fractions bourgeoises qui, en Tunisie, en Egypte, en Libye, prennent la relève des fractions liées aux Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, récoltent inévitablement les fruits d’une révolte qui a éveillé les plus larges masses à une activité sociale et politique qui leur était complètement interdite il y a quelques mois encore.
Inévitablement, parce que le mouvement de révolte des prolétaires et des masses prolétarisées de ces pays n’a pas eu à sa tête ni le parti communiste révolutionnaire, ni même des partis et organisations immédiates structurées selon les principes de la démocratie bourgeoise. Le parti communiste révolutionnaire n’existe pas aujourd’hui sinon sous une forme embryonnaire privée de toute influence (et nous sommes convaincus de représenter cet embryon); en outre, sans la reprise de la lutte de classe prolétarienne, il serait impossible au parti de prendre la tête du mouvement social et de modifier les rapports de forces entre le prolétariat et la bourgeoisie. Deux éléments essentiels sont nécessaires pour la formation du parti de classe, communiste donc international: la restauration de la théorie marxiste, falsifiée et détruite par le stalinisme et ses héritiers, qui a été accomplie par la Gauche Communiste dans le second après-guerre; et la reprise à grande échelle de la lutte prolétarienne organisée, qui tarde toujours mais qui réapparaîtra inévitablement étant donné les attaques que le capitalisme mondial, en proie à des difficultés croissantes, inflige aux prolétaires, les obligeant à se défendre y compris pour les revendications élémentaires de vie et de travail. Ce sont précisément ces attaques qui sont à la base des luttes sociales dans les pays arabes et qui font qu’aucun pays n’en est à l’abri.

* * *
Un vieux dicton de la diplomatie internationale disait qu’au Moyen-Orient on ne fait pas la guerre sans l’Egypte et on ne fait pas la paix sans la Syrie. Cela signifie que la Syrie, de par son histoire, sa position géographique et ses caractéristiques multiconfessionnelles, joue un rôle important dans les équilibres régionaux. La Syrie n’a pas beaucoup de pétrole ni de gaz, elle n’a pas de matières premières précieuses pour l’économie capitaliste internationale ; mais elle a une importance stratégique : la stabilité politique et sociale de la Syrie contribue au contrôle des agitations sociales, politiques et militaires au Moyen-Orient, alors que son instabilité accroît les risques d’instabilité dans toute la région. Les Etats-Unis et les autres impérialismes occidentaux, qui critiquent ses liens avec l’Iran, sont bien conscients de sa valeur stratégique ; l’extension du mouvement de protestations parti de Deraa aux plus grandes villes du pays et même à Damas, risquant de se transformer en révolte à la libyenne, répand l’alarme dans les chancelleries impérialistes. Les avertissements lancés à plusieurs reprises par Obama à Bachar el Assad d’arrêter la répression contre des manifestants pacifiques peut difficilement être suivi de décisions semblables à celles prises à l’encontre de Kadhafi. L’intervention militaire en Libye s’enlise actuellement dans un siège qui ne laisse rien présager de bon pour les populations civiles qui vont continuer à tomber sous les coups des troupes de Kadhafi ou des «frappes amies». C’est pourquoi les impérialismes occidentaux ne seraient finalement pas si mécontents de voir le régime Baathiste mener sa sanglante répression contre les masses et la paix des cimetières s’installer en Syrie. En un certain sens l’impérialisme américain qu finance à coups de millions de dollars l’opposition syrienne, aurait même tout avantage à laisser un régime détesté par son peuple se salir les mains : la « démocratie occidentale » y gagnerait en prestige et légitimité…
Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de doute qu’en Syrie l’ordre établi, représenté depuis 45 ans par le régime dictatorial des El Assad, sera défendu avec férocité. Si le massacre des civils a toujours été une arme des pouvoirs dictatoriaux, il est également bon pour l’impérialisme, « ami » ou « ennemi », que les rébellions soient contenues et que le talon de fer de l’Etat maintienne les masses dans la domination.
Aujourd’hui ce n’est pas le prolétariat qui est à l’avant-garde du mouvement social en Syrie ; il semble même qu’il reste relativement en marge des protestations dont les protagonistes sont les couches de la petite et moyenne bourgeoisie recueillant le soutien des masses paysannes. Cela n’empêche pas, qu’outre les revendications de démocratie, de lutte contre la corruption et les privilèges du clan au pouvoir, de suppression de la loi d’urgence, des tribunaux spéciaux et de libération des prisonniers, sont également apparues des revendications d’augmentation des salaires, d’institution d’un revenu minimum pour les chômeurs, de baisse des taxes, de liberté d’organisation et de manifestation : toutes revendications qui intéressent directement les prolétaires.

La répression violente des manifestations du 15 mars a été suivie par la répression encore plus violente des manifestations du 22 avril : au moins 70 morts, des centaines de blessés et d’arrestations. Le grand mot d’ordre des manifestations où protestent ensemble Arabes et Kurdes, musulmans et chrétiens est : changement démocratique ! Comme en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs, la spontanéité généreuse des masses ouvre la voie aux grandes illusions de la démocratie bourgeoise. Mais le changement démocratique en Tunisie et en Egypte a déjà démontré que rien ne va réellement changer pour les masses prolétarisées ; quand elles demandent que ce changement aille plus loin que ne veulent les nouveaux dirigeants, elles se heurtent à la violence répressive. La répression sera peut-être un peu moins féroce , la police aura peut-être un peu moins « les mains libres », la corruption sera peut-être un peu moins présente, mais les prolétaires et les paysans pauvres continueront à se tuer au travail quand ils en trouvent, toujours menacés par la faim, le chômage et la misère.
La seule voie pour sortir des griffes du système économique et politique existant n’est pas celle des élections libres, de l’Assemblée constituante, d’un système judiciaire indépendant ; ni celle d’un nationalisme populaire où les différences entre les classes seraient confondues dans un mélange utile seulement à la classe bourgeoise dirigeante ; elle commence par la reconnaissance de l’antagonisme irréconciliable entre classes laborieuses et classes possédantes, entre prolétaires et propriétaires des moyens de production, des ressources minières, de la terre et de façon générale de la richesse sociale produite par le travail salarié.
La seule voie est celle de la lutte de classe contre toutes les oppressions, qu’elles soient salariale, nationale, religieuse, raciale, sexuelle, contre toutes les répressions. Elle passe par l’organisation indépendante de la lutte ouvrière sur le plan de la défense immédiate, par la solidarité prolétarienne de classe, par la constitution du parti prolétarien, le parti communiste révolutionnaire.
Toutes les autres alternatives, démocratiques, populaires ou religieuses, ne peuvent aboutir à autre chose qu’au maintien de la domination de la bourgeoisie et du capitalisme.

Parti Communiste International, 22 /4/11
www.pcint.org