"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

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mardi 25 juin 2024

LA GAUCHE ISLAMO-FASCISTE A L'OEUVRE



Franchement on a de plus en plus envie de voter Bardella au milieu de toute cette hystérie antifa de salon des médias en service, des cliques de la gauche bourgeoise et bobo qui prétendent « nous expliquer" ce fascisme qui nous menacerait, avec à la piteuse rescousse chanteurs bêlant et pitres écrivains. Si je n'étais pas ancré dans ma conviction que les élections démocratiques bourgeoises restent une fumisterie qui se moque du peuple et du prolétariat, en rendant impossible tout contrôle de ces élus arrivistes, oui, par provocation j'irais glisser un bulletin Bardella dans l'urne fallacieuse.

FASCISME DEFINITION :le vrai fascisme a trouvé dans les circonstances économiques et historiques de l'après-Première Guerre mondiale le contexte qui lui a permis d'accéder au pouvoir, d'abord en Italie dans les années 1920 avec Mussolini, puis s en Allemagne dans les années 1930 , matérialisant de façon terroriste et sans vergogne la nécessité pour la bourgeoisie mondiale de recommencer la guerre mondiale là où elle avait été stoppée principalement par le prolétariat allemand et russe.

Depuis sa disparition en 1945, et avec quelques dictatures qui persistèrent dans des pays secondaires,en Espagne, Argentine, Grèce, le fascisme généraliste s'est peu à peu estompé pour ne plus devenir qu'une injure des décennies plus tard. Paradoxalement, bien qu'au début de 1968 la dénonciation du fascisme soit encore présente - en milieu étudiant, mais sans véritable objet (De Gaulle était tout sauf un fasciste), et chez les ouvriers où j'entendis souvent les vieux d'avant ma génération traiter les petits chefs de fascistes (ce qui n'était pas exagéré pour ceux qui avaient été officiers pendant la guerre d'Algérie) – ce danger finit par apparaître comme un danger imaginaire et être remplacé par une catastrophe réelle du point de vue de classe : la pérennité du capitalisme.

Dans le cas français, il faut reconnaître que la menace d'un retour ou du triomphe du fascisme fut utilisée encore un moment, avec un succès désarmant, pour porter ou pouvoir successivement des hâbleurs professionnels comme Mitterrand et Chirac. Je n'épiloguerai pas ici sur les diverses couches petites bourgeoises militantes et syndicales qui ont entretenu « la flamme antifa ». Objets de ce qualificatif la droite et l'extrême droite, laquelle est devenue elle-même « un fascisme »...alambiqué en 2024, si l'on en croit Mélenchon le guru.

En ces temps antiques, être de gauche signifiait donc voter « contre la droite bourgeoise » et ses « ministres fascistes ». Dans l'imaginaire des sergents recruteurs gauchistes de l'époque, déjà, voter à gauche n'était pas lutter contre le capitalisme mais empêcher le fascisme de revenir au pouvoir. Singulière amnésie.

On a fait l'impasse jusqu'à nos jours sur ce qu'ont été fascisme et nazisme à leurs débuts, deux courants qui pouvaient passer pour rivaux d'une gauche révolutionnaire. LPremière Guerre mondiale avait été tout à fait essentielle dans la formation de l'idéologie fasciste : c'est la gauche socialiste puis ses révolutionnaires spartakistes qui avaient été désignés comme responsables de la défaite nationale, sachant que de nombreux juifs étaient à la tête des partis socialistes. Dans ce sens le national-socialisme n'est même pas la contre-révolution qui, elle, est avant tout la répression par gouvernement démocratique (et socialiste) de Weimar des insurrections prolétariennes Le fascisme, surtout dans sa quintessence allemande, est une révolte non pas internationaliste mais nationale, dont la subtilité est de se nommer « national-socialisme » tout en étant totalement au service du grand capital. .

Dans le livre « La gauche national-socialiste (1925-1930) de Reinhard Kühnl, que j'ai fait traduire et dont j'ai publié quelques bonnes feuilles, la description des linéaments du parti nazi correspond bien plutôt à ceux du programme de la clique à Mélenchon, où le migrant a remplacé la race (blanche teutonne devenue inférieure) tout en se recentrant sur une autre, néo-colonisée, niant toute classe ouvrière comme le nazisme. Simple miroir déformant du chauvinisme du RN, LFI prône un nationalisme immigré, multi-racial, donc aussi au service de la classe bourgeoise avec sa fraction plus anti-européenne que le RN..

« C’est pourquoi le NSDAP, en dehors de la situation spécifique de la Bavière, avant l’éclatement de la crise, ne pouvait espérer des succès qu’au moyen de l’accent explicite qu’il mettait sur une idéologie “anticapitaliste”, et non pas sur des manœuvres plus ou moins claires, et donc identifiables par ses membres et ses partisans, en faveur des classes sociales supérieures ainsi qu’elles correspondaient déjà à cette époque à la stratégie d’Adolf Hitler et du cercle dirigeant munichois.

« Certes, la guerre leur avait fait prendre conscience du déclin de la société bourgeoise et de la nécessité de mesures de planification, et pourtant « la distance naturelle entre deux groupes humains, celui des entrepreneurs et celui des travailleurs » constituait le point de départ indubitable de leurs réflexions. Leur “socialisme” équivalait pour l’essentiel au nationalisme ».

On peut trouver des formulations du même type dans le programme populiste mélenchonien, cet anti-capitalisme de pacotille démagogique : « ...contre les libéraux et l'extrême droite, rendre le pouvoir au peuple (?), faire payer les riches (?), ceux qui polluent et se gavent (?), planifier la bifurcation écologique grand défi de notre siècle » Sans oublier l'incitation, pour ne pas dire l'ordre de voter pour leur secte politique :

« Par vos votes, vous pouvez déjà dire « non » à Macron et à Le Pen. Vous pouvez mettre un coup d’arrêt aux politiques destructrices mises en œuvre par la Commission européenne, soutenue par la droite, les macronistes, et les socialistes européens ! Les député·es insoumis·es que vous enverrez au Parlement européen par vos voix auront pour premières tâches de bousculer les institutions pour ouvrir la voie, lancer l’alerte, bloquer la Commission européenne et arracher des avancées pour les peuples (?), pour la planète, pour la paix (??). Donnez-nous la force de tout changer ! « .

Hélas, le guru trotskien bâtard Mélenchon a remplacé les « fachos du FHaine » dans le rôle de l’épouvantail de la vie politique. Désormais, les chefaillons du RN s’offrent le luxe de retourner contre le leader de LFI le discours qui les a ciblés durant des années. Ainsi, dans sa conférence de presse ce lundi, Bardella en a appelé au « rempart républicain » contre un camp, la gauche, « dangereux pour la paix civile, l’unité nationale et les finances publiques ». La faiblesse de la majorité sortante laissant envisager une prédominance des duels gauche cocue/-RN présentable.

LE TALON D'ACHILLE DE LA GAUCHE BOURGEOISE INSOUMISE : LA PREPARATION A LA GUERRE ET L'INTERDICTION DE PENSER AUX « BOUSEUX »

Comme le fascisme, la gauche mélenchonesque embrigade des groupes sociaux (jeunes bourgeois, féministes, syndicrates) et leur désigne le seul (?) véritable ennemi intérieur « le Front national », tiens donc et pas le prolétariat présumé devenu gentil mouton raciste, ni cet islamisme conquérant et abusif qui n'a rien à envier au fascisme. Plus que le jeune arriviste en cravate Bardella, la théâtralité dite insoumise promeut le culte du chef (quoique mise à mal par son ambition ridicule de devenir premier ministre et qui est contraint désormais d'en rabattre), rassemblements de foules de bobos, pétitions de vedettes de cinéma et de sportifs milliardaires, etc .1 La masse d'électeurs de toutes couches et âges, pas seulement des « bouseux » ouvriers sans diplômes se fiche des sondages et des leçons de morale des bourgeois bobo du front popu cocu.

Comme le fascisme, la gauche mélenchonienne, avec des nuances du guru qui invente la paix comme solution alors que, historiquement celui qui demande la paix mène à la guerre...pour avoir la paix. Le talon d'Achille a été le paltoquet Glucksmann, qui s'est plaint d'être persécuté comme juif dans l'espoir de damer le pion de manière perverse à « l'antisémite » Mélenchon, ce que pourtant celui-ci n'est pas.

Lors de la pub de la Nupes pendant le tour de piste fatal de l'élection européenne, le va-t-en guerre Glucksmannn avait obtenu silence et neutralité apparente du guru Mélenchon : « La seule manière de barrer la route au Rassemblement national, avait-t-il expliqué sur France Inter, le vendredi 14 juin. « Ça a été un rapport de force idéologique, cela a été dur. Mais nous avons obtenu un engagement extrêmement clair sur les livraisons d’armes à l'Ukraine, sur les frontières de l'Ukraine, sur le soutien indéfectible à la résistance ukrainienne ». Une ligne rouge militaire et territoriale, en somme, que les Insoumis ont bien dû accepter. » . Batifolage de naïf en politique !

Or la dénonciation de cette soumission militariste au général Macron avait été assumée, certes mollement, par...Bardella, lui-même dénoncé comme « ami de Poutine » pour mieux masquer l'engagement militariste de la gauche bourgeoise complice du général Macron..

Pas de pot. Les « ignorants » et « sans diplôme » de la périphérie campagnarde et des villes secondaires bouseuses ont bien perçu le sifflement des obus et le vol vibrionnant des drones. Les augmentations de salaire à gogo selon Mélenchon et ses groupies, personne n'y croit chez les « bouseux ».

L'imposant score du RN très parlant et troublant même toutes les fractions de la gauche bobo ! Car pour la Farce peu soumise au front popu cocu, comme dans l'idéologie fasciste, IL EST INTERDIT DE PENSER AUTREMENT que ce qu'on vous explique, contre quoi on vous met en garde oralement et psychologiquement, ce fascisme au coin de la rue qui va restreindre votre liberté de fumer des joints et de jouer au golf. C'est le suc de la dictature bourgeoise, comparable au mépris aristocratique des siècles passés.

Outre d'amplifier la bêtise insigne du locataire en voie d'expulsion de l'Elysée, il faut signaler le bon côté de la percée électorale du RN : Pas de pot pour le général Macron, le score imposant du RN au précédent tour de piste électoral, est venu compliquer la marche à la guerre en Ukraine et la préparation militariste outrancière du fou militarisant, affaiblissant du même coup la bourgeoisie française belliqueuse à l'international et prétendant rivaliser avec l'impérialisme US. Non content de ne pas avoir tiré les conclusions de cette première baffe électorale, et faisant tout pour recevoir la seconde, Jupiter croit pouvoir s'enfermer dans son château mais il n'aura ni les capacités ni la rouerie d'un Mitterrand. Il tentera probablement de recevoir une troisième baffe en refusant d'introniser le RN même si celui-ci dispose de la majorité absolue...2

Macron, via certains de ses larbins journaleux, voudrait laisser croire, dans son pari débile, à une hypothèse audacieuse : s'être attendu à une victoire du RN pour mieux le laisser se ridiculiser économiquement. Or il est vraiment mal placé pour faire la leçon avec le déficit abyssal de son Etat. Le RN a été, comme je l'ai souligné ci-dessus, le seul à dénoncer les dépenses militaires honteuses qui aggravent les déficits et appauvrissent la population. Sur ce plan, je vote Bardella mais pas les yeux fermés car ce parti est aussi va-t-en guerre si les intérêts de la bourgeoisie française sont menacés  et ne sera pas le dernier en cas de guerre mondialisée à se fondre dans une nouvelle « union nationale » (ce que prône en fait déjà son programme)..

Dans un débat télévisé, confrontant le vieil Attali et l'économiste qui battait sa femme plus fort que Quatennens, le nommé Thomas Picketty se permettait de traiter de haut Attali pourtant très correct lui. Picketty se prend pour l'actualisateur du Capital d'un certain Marx et comme gage de son omnipotence intellectuelle affichée il soutient les énormités pour raser gratis de la clique LFI. Programme stupide de bric et de broc que réfuta justement Attali :  dans une économie de guerre, comme est appelée à le devenir la nôtre, il faut travailler plus. Or, on est en faillite et il faut maîtriser les dépenses. Tous les partis en lice n'ont pas eu le temps de travailler à un programme sérieux. Ils se concurrencent mais pas un n'a de solution »3.

La flèche empoisonnée du talon d'Achille de la gauche bourgeoise en unité ric rac, est évidemment l'accusation à tout bout de champ de racisme au lieu d'une quelconque réponse politique. C'est le cas avec la question de la binationalité, question qui n'est ni anodine ni simple, ni raciste. Nullement question d'internationalisme avec ce thème, mais bien d'un bi-nationalisme contradictoire, relevant en haut lieu des risques d'espionnage. Dans les milieux ouvriers la question est mieux posée que par les journalistes simplistes . Exemples qui m'ont été rapporté :

  • toi, franco-tunisien, en cas de guerre quel camp choisis-tu de défendre ?

  • Mon pays la Tunisie !

  • Et toi, franco-israélien ?

  • Ma patrie Israël.

Ce sujet n'est pas franco-français et l'aborder ne peut justifier l'hystérisation anti-raciste des bobos du front popu dégarni. En matière de double nationalité, autorisation ne veut pas dire reconnaissance. Le problème est international, pas seulement français, ni inventé par un RN « raciste ».La majorité des pays autorisant la double nationalité, dont la France, ne la reconnaissent pas, c'est-à-dire qu'ils considèrent leurs citoyens comme possédant à un moment donné une seule nationalité. Concrètement, ceci signifie que quelqu'un résidant dans un tel pays en tant que national (faisant usage, par exemple de sa carte d'identité pour différentes formalités), est traité comme tel et ne peut se prévaloir de son autre nationalité pour bénéficier, par exemple, de mesures plus avantageuses réservées aux étrangers. (…) l'article 4 de la Conférence de La Haye de droit international privé … un État peut refuser la protection diplomatique à l'un de ses citoyens contre un autre État dont ce citoyen possède également la nationalité ». En Algérie la double nationalité est interdite pour l'exercice de certains mandats politiques, donc pour leurs franco-algériens. Un Français d'origine marocaine ne peut obtenir de carte de séjour dans le cadre d'une mission (par exemple un fonctionnaire français détaché) ou d'un travail au Maroc. Ce pays leur impose en effet une nationalité qui interdit de leur délivrer une carte de séjour et confère aux autorités locales un droit de regard sur la légalité .

En Belgique, l'irrationalité belge si souvent moquée, se confirme. depuis l'entrée en vigueur de la « Loi Gol » de 1984 et jusqu'à la modification de 2008, le Belge qui acquérait volontairement une autre nationalité perdait la belge. Puis le Belge ayant perdu sa nationalité ne récupère pas automatiquement la nationalité belge et doit passer par une procédure de réintégration par voie judiciaire. On passe finalement sous silence l'étrangeté de ce problème alors qu'il est central en période de guerre, pas de nature raciste, mais relève du domaine de l'espionnage en « période de pré-guerre » ou de guerre

UNE FAIBLE MARGE DE MANOEUVRE UNE FOIS AU POUVOIR

Toute la bourgeoisie européenne tremble avec ses milieux financiers, en craignant pour la bourgeoisie française, cachant le fait que la France n'est qu'un domino pouvant entraîner la chute de tous les autres. On peut même parodier la première phrase du Manifeste communiste :

« Un spectre hante l'Europe : le spectre de Bardella. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre : le Pape et le Tsar, Villepin et Macron, les radicaux du front popu cocu et les policiers de la Bourse »4. Toutes les pourritures "socialistes" de DSK à Cambadélis appellent à votre front popu cocu au deuxième tour cette masse d'électeurs "ordinaires" qui les emmerdent.

Une large majorité de la population des "basses classes" (hors couches moyennes bobos) ne peut être que d'accord avec la volonté de sécurisation au même titre que son opposition à entrer en guerre :

  Dans un premier temps, Bardella compterait faire adopter par le Parlement la levée « d’un certain nombre de contraintes qui se posent aujourd’hui à l’éloignement de personnes ayant fait l’objet d’une OQTF [obligation de quitter le territoire français] ». Parmi les mesures envisagées : « l’augmentation du délai de rétention dans les centres de rétention administrative, au maximum de ce qu’autorise l’Union européenne ». « On est limité aujourd’hui à 90 jours. Je souhaite étendre ce délai ».

·  S’il devient premier ministre5, le dirigeant dit vouloir aussi « convaincre le président de la République » d’organiser un référendum sur la base de l’article 11 de la Constitution afin de réviser la Loi fondamentale en vue « de rendre intouchables par des jurisprudences européennes ou internationales » les mesures de restriction de l’immigration prônées par le Rassemblement national, dont la suppression du droit du sol, la restriction du regroupement familial et la suspension des régularisations par les préfets des étrangers en situation irrégulière.

 Or, comme n'ont cessé de le répéter justement ses adversaires haineux, il sera contraint de se mélonisé. En outre la question de la sécurité n'est pas fondamentalement liée aux migrants (même si on compte aussi parmi eux des criminels, proportionnellement plus nombreux dans les villes confortables où réside les bobos). Le monde capitaliste actuel est gangrené par une violence tout azimut du fait de l'accumulation capitalise, du règne de l'argent roi, des inégalités honteuses, d'une répression inique souvent. Plus de policiers ou de prisons n'éliminera pas la faillite de l'institution scolaire ni la sanction des mères seules pour élever leurs enfants. C'est toute la société qu'il faut révolutionner sous l'autorité du prolétariat, pas imaginer que le RN mettrait du baume aux plaies sociales, ni qu'un bon capitalisme propre pourrait être sauvé par l'écologie bourgeoise ou les hausses de salaires du front popu cocu. Autre fait paradoxalement positif, la décomposition de la société en violences de faits divers et de bordel communautariste...empêche toute union nationale sacrificielle.

Le final de cette catastrophique élection législative vient révéler mieux que nos critiques marxistes de décennies de supercherie électorale bourgeoise : leur système électoral est un viol de la souveraineté du vague peuple mais surtout du prolétariat. Il y a du mépris féodal comme sous le fascisme historique chez les charlots du front popu cocu (cocufié par une majeure partie de la classe ouvrière". Comme pour le fascisme il n'y aurait qu'un seul choix dans les urnes : la gauche bourgeoise pour le maintien à peu près du régime à la Macron. Pire ce n'est pas au RN que sont destinées les injures mais à ses électeurs à qui on indique "ce qu'ils doivent voter", à qui "il faut expliquer le danger nazi à nos portes", faire comprendre que seul le front popu cocu peut raser gratis. Macron joue au désespéré, tellement sa dissolution est catastrophique et l'anéantit, et hurle au risque de guerre civile, écervelé va. Tout le monde s'attend à un chaos planifié par la gauche bourgeoise mélanchonesque et ubuesque, mais rien n'est assuré; ces ouvriers électeurs méprisés ne seront pas enclin à suivre des grèves idéologiques d'une faction bourgeoise qui aura perdu l'essentiel de son gagne-pain!

LA MISE A NU DE LA SUPERCHERIE ELECTORALE : UN MEPRIS FEODAL DE LA PARTICIPATION ELECTORALE DE MOINS EN MOINS POPULAIRE ET CONFORTANT L'ABSTENTEISME PROLETARIEN.


NOTES


1Les petits caciques de la gauche bobo qui n'ont cessé, avec comme seul programme électoral au fond la dénonciation de l’arrivée plus que probable de « l’extrême droite » au pouvoir, cauchemar dit suprême, mais qui masque le fait qu'ils ne veulent pas encore avoir accès pour l'heure (pour leurre) au pouvoir ce qui exposerait leur programme charlatan suicidaire pour la bourgeoisie. Les appels au « front républicain » et les pétitions des artistes parasites et des footeux milliardaires n'ont même plus une quelconque portée électorale, le RN continue à progresser dans des proportions qui vont probablement lui conférer la majorité absolue (je soupçonne même une consigne interne mélenchoniste qui conseille à ses partisans de voter RN pour lui faciliter l'accès au pouvoir très décrédibilisateur et enfonçant un plus Macron dans sa connerie, tactique qui jadis avait été celle des chiraquiens).

2 Mieux qu'un programme électoral à géométrie variable et très amendable, c'est un plus pour les électeurs (qui ne succombent pas au charme puant de la gauche bourgeoise) que le RN persiste dans son apparence anti-guerre. Tout en se disant « favorable à ce que le soutien logistique et en matériel de défense à l’Ukraine puisse se poursuivre », Bardella a réaffirmé « ses lignes rouges très claires ». Il refuse d’une part « l’envoi de troupes sur le sol ukrainien » et d’autre part l’envoi « de missiles longue portée ou de matériel militaire » qui pourraient « frapper directement les villes russes ».

3Très lucide cet Attali, resté essayiste de gauche quand Picketty termine son lamentable et creux pensum populiste (1000 pages) « Le capital au XXIème siècle », nous fournit la dernière phrase suivante comme conclusion : « les militants politiques et syndicaux de toutes tendances, et surtout tous les citoyens, devaient s'intéresser sérieusement à l'argent » !!!

4Patrick Martin, patron du Medef : «Les programmes du RN et du Nouveau Front populaire sont dangereux pour l'économie» Ces élections précipitées sonnent le retour inattendu d'une illusion tenace et très française, celle de l'argent magique; comme si tous avaient oublié les leçons du passé, le tournant de la rigueur auquel François Mitterrand avait dû se résoudre après les mirages de 1981 et, plus récemment, les promesses – intenables face aux réalités budgétaires – d'Alexis Tsipras en Grèce (2015) ou de Giorgia Meloni en Italie (2022).

5Il est évident que mamie Le Pen, malgré les suppositions débilitantes des médias, n'a aucune chance pour 2027. Son nom est trop marquant et elle fait partie du paysage ringard des vieux politiciens qu'on est heureux de voir disparaître.  L'avenir est plus probable pour le grand dadet. Encore faudra-t-il qu'il soit capable de tuer le père, pardon la mère ! Marre du clan familial dictatorial et sectaire.

*POST SCRIPTUM ANIMAL TRISTE

La fin d’une stratégie électorale selon le dernier sondage Odoxa confirme l'effondrement de la fable du « front républicain » et augure une défaite cuisante de la clique à Mélenchon, même si jusqu'à la veille le pouvoir envoie le frêle barrage de tous les féodaux de son système, après les producteurs de variétés, les clowns du cinéma, voici des magistrats et des avocats, pas encore des policiers ces êtres aussi universellement méprisés que les ouvriers!

Historiquement, le « barrage républicain » a été une stratégie efficace pour empêcher le Front National (devenu RN) de remporter des élections. En 2002, cette stratégie a permis à Jacques Chirac de recueillir plus de 82 % des suffrages au second tour face à Jean-Marie Le Pen. Cependant, ce mécanisme semble avoir perdu de son efficacité au fil des années. Lors de l’élection présidentielle de 2022, Emmanuel Macron n’a obtenu que 58,5 % des voix contre Marine Le Pen, indiquant un affaiblissement du soutien massif autrefois observé.

Une dédiabolisation réussie

Le succès de la stratégie de dédiabolisation menée par le RN se confirme dans les chiffres : seulement 42 % des sondés estiment qu’une nomination de Jordan Bardella au poste de Premier ministre serait une mauvaise chose. De plus, 28 % souhaitent qu’il occupe cette fonction, tandis que 29 % ne s’y opposent pas fermement. Le RN ne constitue plus une menace perçue de manière unanime, ce qui reflète une normalisation progressive du parti aux yeux de nombreux électeurs.

Un nouveau barrage contre le Nouveau Front Populaire

Le baromètre Odoxa montre également un renversement de la stratégie du barrage, désormais orientée contre le Nouveau Front Populaire. Près de 47 % des sondés se disent prêts à faire barrage à cette coalition de gauche, contre 44 % pour la majorité présidentielle et seulement 41 % pour le RN. Ce renversement est particulièrement marqué chez les sympathisants de droite et du centre.

Les implications pour les élections législatives

Avec 71 % des sympathisants de Renaissance prêts à faire barrage au NFP et 65 % au RN, la tendance se confirme. Chez les sympathisants des Républicains, 77 % préfèrent faire barrage au NFP contre 45 % pour le RN. Jordan Bardella bénéficie d’un fort soutien parmi les électeurs de droite et d’extrême-droite, ce qui pourrait expliquer ce changement d’attitude. En revanche, Jean-Luc Mélenchon, figure emblématique du NFP, suscite une forte opposition avec 68 % d’opinions défavorables.


samedi 15 avril 2023

COMMENT LES SYNDICATS NOUS ONT baladé PENDANT TROIS MOIS


 « Avis aux milieux militants : « Si par là vous entendez les haines personnelles, les jalousies, les rivalités d’ambition, je me joins à vous pour les flétrir, elles sont un des fléaux de notre cause; mais remarquez que ce n’est pas une plaie spéciale au parti, nos adversaires de toutes les couleurs en souffrent comme nous. Elles n’éclatent plus bruyamment dans nos rangs que par suite du caractère plus expansif, des mœurs plus ouvertes du monde démocratique. Ces luttes individuelles, d’ailleurs, tiennent à l’infirmité humaine ; il faut s’y résigner et prendre les hommes tels qu’ils sont. S’emporter contre un défaut de nature, c’est de la puérilité sinon de la sottise. Les esprits fermes savent naviguer au travers de ces obstacles qu’il n’est donné à personne de supprimer et qu’il est possible à tous d’éviter ou de franchir ».Blanqui

« Mais pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d’arbres de la liberté, par des phrases sonores d’avocat, il y aura de l’eau bénite d’abord, des injures ensuite, de la mitraille enfin, de la misère toujours.» Blanqui


A y est ! Et Macron n'a même pas attendu 48 Heures mais la promulgation a eu lieu nuitamment, ce qui a le mérite de ridiculiser nos jusqu'au-boutistes syndicaux attendant une invalidation, après que «  les «sages» ont livré une décision brutale et jeté de l’huile sur le brasier social » (cf. édito de Libération : Le choix du pire). Hier « l'opposition » unanime a dénoncé une nouvelle fois le mépris d'un « homme seul » (pas si seul que ça) et menacé de l'indignation des « français » ou de la colère du « peuple » ; or ni l'indignation ni la colère, surtout après trois mois de promenades ridicules, n'ont changé le monde.

Ainsi le énième suspense envers une fumée blanche du Conseil constitutionnel, dont la syndicratie avait fait imaginer un espoir de blocage, comme elle le fit à chaque étape des institutions bourgeoises, fut noire. Indignation de « l'opposition » qui assura que « la lutte continue » contre une « brutale décision », que « on lâchera rien » que « ça va exploser ». Les médias n'étaient pas en retrait pour dramatiser un Macron, « qui a mal expliqué », « qui est resté buté » comme sa ministre « bornée ». Les larbins du pouvoir savent eux aussi jouer la radicalité, comme le leur a appris à l'école Danton, sans du tout encourager une quelconque subversion. On vit une étrange humilité des généraux syndicaux et des chefaillons de la gauche bobo lors de l'annonce « décevante » du conseil des sages, très sages en effet en matière de conservation des prérogatives patronales (indes des vieux à la poubelle) ; la loi fait force de loi... pour tous ces petits caciques rétribués par le même Etat. Parangons de « l'apaisement » (sous condition que Macron baisse culotte), pour un peu ils se feraient passer pour les vrais sages, si soucieux d'éviter au gouvernement des émeutes stériles, mais qui, par leurs menaces simplement verbales envoient au casse-pipe des poignées de jeunes anars qui croient que l'incendie de quelques poubelles c'est la révolution, puis qui, lors de leur arrestation individuelle après coups de matraque, se retrouvent seuls face aux flics et sans aucune aide des allumeurs de réverbère de la gauche bourgeoise.

Le risque d' « explosion » s'est vite dégonflé au cours de la soirée. Les journalistes mentirent en annonçant cortèges « sauvages », « improvisés », Le premier défilé se dirigeant vers la mairie de Paris n'était pas spontané mais déclaré et organisé par la syndicratie, et il n'y avait pas foule d'ouvriers. A l'arrivée il n'y avait pas 3000 ni 4000 personnes, c'était très clairsemé. On assista à quelques feux de poubelles, mais surtout à la « mitraille » policière. Certes ce ne peut plus être des fusillades comme au XIX ème siècle ; tirer dans le tas n'entraînait pas seulement des émeutes mais des révolutions. C'est pourquoi De Gaulle a inventé les CRS en 1945, brigades anti-émeutes, composées de militants staliniens, chargées de réprimer à coups de bâton plutôt qu'à coups de fusils, ce qui fut encore le cas lors des grèves dures de l'époque et pendant la guerre d'Algérie. Quand la police tire à balles réelles, on s'arme dans le prolétariat aussi vite qu'on peut.

Un portail de couvent et une entrée de commissariat cramés en province, c'est pas l'immense émeute généralisée que nous promettaient journalistes et bonzes syndicaux. La contestation de la police s'avère ressembler plus à un monôme étudiant du temps jadis, sauf que les flics disposent d'armes de répression plus sophistiquées que les pèlerines lestées de plomb. On ne nous fera pas avaler que les jeunes, étudiants ou pas, se battent pour la retraite. La haine du pouvoir et de ses hiérarchies en est plutôt leur aiguillon, dont les pancartes anti-Macron ne sont que la surface. A noter que la classe ouvrière, gagnée par l'aquoibonisme, n'a nullement ressenti ce besoin de barricadiers juvéniles ni pour s'y associer ni pour croire que cette agitation pourrait faire reculer l'Etat.

Plus inquiétant, faille relevée depuis quelques jours par certains commentateurs, et que j'avais placée en premier au début de la manœuvre perverse déployée « à l'initiative des bureaucraties syndicales » : on n'est plus aussi sûr que gauche bourgeoise et syndicats pourront regagner leur crédibilité perdue depuis des décennies. La plupart des prolétaires devant leur télés ont dû avoir un sourire de mépris face à cette gauche décatie, avec une cheffe syndicale féministe et des syndicalistes à tête de flics sans képis, avec leurs injonctions infantiles et grossières enjoignant le président à baisser culotte d’une façon ou d’une autre ; d'abord ne pas promulguer la loi, puis enlever les deux articles méprisant pour les seniors (dont toute la gauche se fichait au parle-ment), enfin reprendre le RIC ridicule par un RIP aussi débile que faussement démocratique. Menaçant à nouveau d'actions de blocage aléatoire ou suivant les humeurs de tel ou tel général syndical. La vieille tactique jusqu'au-boutiste de guérillas confuses et inutiles visant à effacer toute lutte réelle de masse, avec ce même radotage lassant « on lâchera rien surtout après avoir saboté toute dynamique de classe indépendante des professionnels de l'encadrement social et politique. Et ce « chaos » peut durer des mois et des années.... à la façon des gilets jaunes un samedi ou un dimanche par mois par exemple. Une giletjaunisation terminale, radicalisation dans les cordes et les ordres, qui ne peut pas du tout changer quoi que ce soit aux décisions de l'Etat et servir à occuper et faire défiler, en costumes et avec chars de carnaval syndicaux, les bons retraités des services publics et, entre autres, ce qu'il faut taire, ceux des régimes spéciaux voire de quelques commerciaux mais sans participation des sénateurs.

Enfin, le fin du fin sans fin, est de continuer à accuser Macron, de fixer comme objectif de lui pourrir la vie jusqu'à la fin de son mandat. D'en rajouter une couche en jetant cet espoir fallacieux d'organiser un 1er mai terrifiant, massif et ordonné ! Comme si la protestation massive n'était pas sur la pente glissante. Or, d'une part le 1er mai n'est plus depuis des décennies qu'un fétiche pour vieux anars, et de l'autre, non seulement c'est le même séquençage de report à quinze jours, pour chaque manif (12 intermèdes), de la « colère », quand une vraie colère c'est immédiat...et ça retombe si elle n'est pas suivie d'effet...reconductible immédiat. De plus la colère a eu largement le temps de retomber, même si l'indignation persistera toujours.

UN SABOTAGE HONTEUX GRACE AUX «PARTENAIRES SOCIAUX » DU GOUVERNEMENT

Deuxième fin du fin, empêcher de désigner les responsables de la défaite, les syndicats et la gauche bobo. Historiquement on n'a jamais vu mouvement protestataire aussi soumis, ordonné avec des cortèges avec ficelles pour délimiter avec les (méchants et possibles blacks blocs) badauds. Seul couac, mais sans conséquences, les pré-manifs, confirmant qu'une masse se refuse à faire confiance aux « organisateurs » de tout acabit. Mais à la remorque aussi finalement d'une lutte alambiquée, certainement pas unificatrice sur le fond en vue d'une union du prolétariat avec cette farce d'union des français, du peuple ou des syndiqués.

L'organisation séquentielle des manifs successives a témoigné de l'impensable suivisme de la protestation, d'une incapacité à voir et comprendre que l'ennemi n'est pas seulement en face. Manifs présentées comme nombreuses, puis très nombreuses mais espacées d'une semaine à quinze jours au désiderata de l'Etat-major des généraux syndicaux .

POURQUOI AVONS-NOUS ASSISTE A CES DEFILES DE VEAUX QU'ON MENE A L'ABATTOIR ? (sans qu'ils s'insurgent)

Les expériences de luttes précédentes ont-elles été oubliées complètement ? Les syndicats d'Etat seraient-ils devenus nos amis ? Les prolétaires seraient-ils si naïfs ou dénués de diplômes pour saisir quand on les mène en bateau ?

Mai 68 c'était au siècle dernier. La lutte des ouvriers polonais en 1980 ne peut plus être exemplaire et reste comme un simple épisode de la déstalinisation qui finalement, au long terme, nous ramène à une possible troisième Guerre Mondiale. La gauche caviar au pouvoir reste par contre un souvenir ancré dans les têtes. Ses derniers mohicans restent incrédibles ou simples additifs à Mélenchon. Le PCF est mort malgré les sourires du gentil Roussel. Les syndicats restent minoritaires même dans les services publics. Ce qui prédomine n'est pourtant pas la soumission à un capitalisme démocratique, sympa et bienheureux. Mais confirme que les enseignements du passé sont difficiles à maintenir ou à retrouver. C'est le rôle pourtant de toute organisation ou parti sérieusement en faveur de la révolution des masses de prolétaires où les employés sont aussi prolétaires et où les cadres inférieurs ne se sentent nullement « couches moyennes », cette expression sociologique débile.

C'est un fait. Mais il y a pire, c'est cette prétention de certaines sectes à rappeler de fausses leçons, sans se douter que cette référence rend service aux mystificateurs d'aujourd'hui, syndicalistes et gauchistes.

LES ENSEIGNEMENTS DE LA LUTTE CONTRE LE CPE EN 2006

Croyant exhiber comme exemple à la révolte trimestrielle actuelle avec ses manifestations cycliques et espacées afin de laisser les généraux syndicaux mouiller la poudre, le CCI nous ressort la « victoire contre le CPE », événement qui date de 17 ans, autant dire un siècle dans la mémoire des prolétaires trentenaires. Puis de nous restaurer la chronologie dans leur tract informatique, sans noter que la lutte est finalement totalement prise en main par les syndicats, ni qu'elle n'a rien changé pour les jeunes chômeurs des banlieues ; comme si aujourd'hui la réforme de Macron avait été rejetée, cela ne modifiant en rien l'inégalité entre les diverses retraites et pérennisant les plus minables. Ils nous en donnent une vision retoquée, romancée et après recopiage de Wikipédia :

« Le 1er mars, treize universités sont en grève. Blocages, filtrages et fermeture totale des universités sont décidés par les AG des étudiants en grève. Ce sont de véritables AG : elles décident des actions à mener et des mots d’ordre, elles sont ouvertes aux travailleurs, aux chômeurs et aux retraités. Ce qui a fait la force de ce mouvement, c’est d’abord et avant tout le renforcement de la solidarité active dans la lutte. C’est en resserrant les rangs, en construisant un tissu très serré, en comprenant que l’union fait la force, que les étudiants (et les lycéens) ont pu mettre en pratique le vieux mot d’ordre du mouvement ouvrier : « Un pour tous, tous pour un !»

Beaucoup de bla-bla et de répétions pour nous faire croire à un développement autonome, voire irrécupérable. Or il ne s'agit que d'une série d'approximations.

Foutaise généraliste ! On aurait pu s'attendre à ce que ce groupe antique, hier flamboyant, fasse preuve d'un esprit critique et surtout ne nous place pas devant ce cruel questionnement : POURQUOI SI LE MOUVEMENT DE 2006 AVAIT ETE SI INDEPENDANT DES MAGOUILLEURS SYNDICAUX ON NE TROUVE AUJOURD'HUI QUE DES ETUDIANTS MOUTONS DES TROTSKISMES ET DES SYNDICATS ?

Heureusement un groupe d'étudiants de SUD vient nous décrire la vérité de ce moment qui se fixe non de se débarrasser des syndicats mais de les « corriger »  en s'émancipant de mai 68 :

« ...cela se traduit par la lourde difficulté des organisations syndicales et politiques à s’enraciner et à donner la parole à la jeunesse qui entre en révolte à l’hiver 2005. Cette observation ne fait que se renforcer au printemps 2006. De la même manière, les expériences de l’après-CPE pour recréer ces convergences paraissent encore bien trop faibles relativement aux enjeux sociaux et politiques. En cela, il est inexact et illusoire de définir la mobilisation de 2006 comme « une synthèse des points forts des mouvements des précaires, du mouvement étudiant, du mouvement lycéen et du soulèvement des banlieues »; précisément parce que la jonction avec les mouvements des quartiers populaires n’a pas eu lieu.

« Enfin, la séquence courte du printemps 2006 et celle intermédiaire des luttes des années 1990 et 2000 s’inscrivent dans un plus vaste héritage mémoriel des luttes. Les propos tenus au cours du printemps 2006 le confirment : les luttes impliquant des étudiant·es restent marquées par la mémoire fantasmée et normalisatrice de Mai 68. Tout au long de la mobilisation, les acteurs/trices n’auront de cesse d’évaluer leur propre mobilisation à l’échelle soixante-huitarde : « plus nombreux·euses qu’en… », « première grève depuis… », « jamais bloqué, même en… ». Au-delà de ces références quantitatives, la mémoire joue un rôle plus concret dans les formes prises par la mobilisation car « Mai continue de hanter acteurs et analystes du mouvement social […]. L’autogestion, en revanche, demeure toujours, depuis un quart de siècle, inaudible et invisible […]. Mais certains traits actuels du mouvement social s’inscrivent en mode mineur dans cet héritage non assumé : affirmation du “social” au détriment du politique, valorisation de la base et banalisation des formes d’auto-organisation des conflits, recherche de contre-pouvoirs par l’expertise ou la mobilisation. »1.

 « Ce processus, qui s’enracine dans des initiatives locales, est progressivement porté par la coordination nationale étudiante. De fait, la multitude d’actions par lesquelles les étudiant·es démontrent leur détermination sont autant de points d’appuis pour contraindre l’intersyndicale nationale à accélérer le tempo de la mobilisation. Au-delà des incantations qui émaillent les textes des coordinations nationales réunies chaque week-end pendant ces trois mois, ce que les étudiant·es retiennent, c’est bien la nécessité de porter des actions qui rompent avec l’attentisme des grandes confédérations. Le témoignage des acteurs/trices de l’intersyndicale, comme les analyses des observateurs/trices du mouvement sont unanimes : ce sont bien « les étudiant·es et des lycéen·nes qui ont entraîné les syndicats de salarié·es », ce sont aussi ces actions qui ont contraint les confédérations syndicales à demeurer sur un mot d’ordre de retrait. Il s’agit là d’une leçon pour l’ensemble des salarié·es et des étudiant·es ».

LES VRAIS ENSEIGNEMENTS INATTENDUS DE 2006 ...

« Le mouvement de 2006 représente finalement une nouvelle vague sociale, qui remet au goût du jour des pratiques déjà expérimentées, tout en cherchant constamment à les adapter à l’évolution de la société contemporaine. Certains sociologues ont affirmé que le printemps 2006 avait permis « un regain de légitimité de la forme syndicale chez les étudiants ». pendant que d’autres voient dans cette lutte « une occasion extrêmement importante pour contribuer au renouveau du syndicalisme et de la politique ».Ces hypothèses ont été vérifiées, puisque le mouvement syndical étudiant s’est trouvé renouvelé par cette mobilisation. En termes quantitatifs, une fédération comme Sud-Étudiant connaît la création d’une dizaine de sections locales dans les mois qui suivent la lutte contre le CPE. En termes qualitatifs, on assiste en juin 2007 à un congrès d’un syndicat étudiant (Sud) qui s’étendra sur cinq jours – fait sans précédent depuis 1968. Les discussions entre les syndicalistes étudiants de lutte (Sud, FSE, associations para-syndicales locales, syndicats bretons, corses, catalans et basques) se font plus fréquentes, permettant notamment la construction d’une mobilisation contre la loi LRU, contre la volonté de l’UNEF. Ces discussions traduisent la volonté de construire une organisation syndicale étudiante de lutte, unifiée (sic).

« Le regain du syndicalisme étudiant de lutte est amplement dû à sa volonté de promouvoir des formes d’auto-organisation et de démocratie radicale au cours de la lutte. En observant les assemblées générales au cours de la lutte, Évelyne Perrin les voyait d’abord comme « un formidable bouillonnement sans hiérarchie et rejetant la mainmise des organisations syndicales ou des partis politiques », avant de noter que « la méfiance s’est peu à peu estompée ». Le succès de l’auto-organisation au cours de la lutte contre la LEC, puis contre la LRU en 2007, permettent d’affirmer que les syndicalistes autogestionnaires ont marqué des points dans la recomposition idéologique du paysage militant. Ces acquis sont d’ores et déjà perceptibles dans les organisations étudiantes, malgré la forte rotation des militant·es, car les étudiant·es devenu·es salarié·es conservent une mémoire des pratiques expérimentées au cours de la lutte du printemps 2006 ».

Il n'y a rien de pire que ceux, secte ou organisation qui, s'appuyant sur un exemple pas vraiment idyllique, s'en servent pour adouber un mouvement foireux déjà sur le déclin :

« Ainsi, malgré les provocations, les multiples pièges tendus par le gouvernement, les syndicats et toutes les autres forces de la bourgeoisie, la lutte en France se poursuit! La massivité, la combativité et la solidarité restent intactes. Ce qui n’est pas sans préoccuper des parties de la bourgeoisie française qui, face à l’isolement et au « jusqu’au boutisme» de Macron et son gouvernement cherchent résolument une porte de sortie » (R.I.)

 Alors qu'un de leurs articles décrivait bien la trahison perpétuelle et les manigances syndicales :

« ... garants de manifestations pacifiques et des luttes efficaces. En réalité, non seulement ils collaborent de manière classique en partenariat avec la préfecture et les flics pour préparer les cortèges, mais en plus ils assurent eux-mêmes un service d’ordre, organisent les manifestations de manière à bien les saucissonner, à les segmenter par secteur, profession, catégorie, chacun derrière sa banderole, encadré par son syndicat et ses sonos pour empêcher les discussions et couper court à toutes autres initiatives que celles qu’ils ont orchestrées. Bien sûr, une autre face de cette médaille est celle des partis de gauche et les médias bourgeois qui cherchent à distiller un poison dans la tête des ouvriers : faire croire qu’il pourrait exister une «police au service du peuple » agissant dans le cadre d’une «déontologie irréprochable». Ce sont des mensonges! Les syndicats, comme la police, sont des organes d’État. Ils sont fondamentalement au service du fer de lance de la défense de l’ordre bourgeois ».

La panade finale façon gilets jaunes de la protestation contre la réforme des retraites n'invalide pas une réelle volonté de combattre de la part du prolétariat, mais le chemin est ardu et il est inconséquent de commencer dans un triomphalisme à côté de la plaque, trafiquant les leçons du passé, voire disproportionné en lien avec ce qu'ils nomment un réveil international du prolétariat, ce dont nous causerons ensuite.


12006 : victoire contre le CPE – Les Utopiques Des militantes et des militants de SUD-Étudiant



lundi 10 avril 2023

LA PROTESTATION SUR LES RETRAITES ELLE AUSSI PARTIE EN VRILLE

spectacle pour manifestants gnangnans

Où on verra la réapparition de cette notion si bien mise en évidence pourtant en 1968 ; La récupération (ou détournement), désormais populiste, écologique et féministe.

« Savoir terminer une grève », disait Thorez, à la suite des accords Matignon, qui entre autres accordent les congés payés. Le membre de phrase repris naguère autant par Sarkozy que par Hollande1, a longtemps servi à toutes les chapelles gauchistes ou ultra à dénoncer une CGT briseuse de grève et un PCF complice. Or du point de vue de l'ordre social et de l'impossibilité d'une autre révolution à l'époque Thorez n'avait pas tort. Dans le milieu révolutionnaire lorsqu'une grève part en vrille, on a toujours pour habitude, sauf quelques excités jusqu'au-boutistes qui imaginent la révolution à chaque coin de rue, de dire stop à la fois pour ne pas vider complètement les poches des ouvriers grévistes mais surtout pour tirer les leçons de l'échec inévitable, momentané, mais bien tombé en quenouille.

Avec les douzième ou treizième défilés pantouflards « pacifiques », si glorifiés comme tels par le gouvernement, les journalistes et le CCI2, on a envie de déclarer: « il faut savoir terminer des défilés sans fin et inutiles », « Il faut savoir terminer un mouvement dès lors que « on n'a rien lâché » mais rien obtenu non plus. Il faut même savoir consentir à analyser les vraies raisons et responsables de cette plongée en vrille, même si les organisateurs syndicaux ont maintenu ce langage si radical, si jusqu'au-boutiste et creux, et que l'on croyait que l’on obtiendrait sans aucun doute la victoire » avec le retrait de la réforme honnie par un « Macron affaibli ». Leur langage « révolutionnaire » contrastait d'ailleurs avec ces défilés moutonniers gentils, souriants, et on peut même dire que le langage « radical », le plus agressif possible des aboyeurs en chef sert à éviter à la masse d'user d'autre chose que de cette violence verbale. Danton disait ; « soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être ».

Une classe ouvrière pacifiste et ficelée (au sens propre) par des garde-chiourmes, avec bandeau syndical « sécurité », qui tenaient les cordes, n'a jamais inquiété l'Etat bourgeois, ni en 68 ni aujourd'hui3. Ce ficelage imbécile est une invention paranoïaque de la syndicratie pour empêcher toute analyse critique au sein des manifestations.

POSONS LA QUESTION QUI FACHE : EST-CE QU'ON SE SOUVIENT EN GENERAL DES CAUSES DE L'ECHEC DE TELLE GREVE OU MOUVEMENT DE LUTTE ?

Il faut répondre NON. L'esprit humain, face à la foule des données puis des événements politiques et de sa vie quotidienne, oublie ou déforme, ou ne conserve que le goût de l'échec. Comme on le sait la révolution n'est que le résultat d'une longue suite d'échecs, parfois ponctués de courtes victoires. Encore faut-il rester prudent avec la nature ou le sens des ces courtes victoires ; or comme je l'ai remarqué dans l'article précédent, aller chercher comme exemplaire le retrait du CPE comme le CCI l'exhibe c'est se ficher du monde. Ce retrait n'a d'une part nullement facilité l'emploi des jeunes les plus mal lotis en diplômes ou en origine raciale, mais, malgré des AG ou regroupement autonomes, et d'autre part abouti au triomphalisme de l'opposition de gauche bourgeoise. Ce mouvement en plus est si ancien qu'une secte peut bien croire frappant de le ressortir de l'oubli alors que, sur le moment comme aujourd'hui il apparaît indubitable qu'aucune leçon sérieuse n'en a été tirée par la classe ouvrière sauf à se laisser encadre et mener en bateau par les généraux syndicaux « unis ».

Il faut déjà constater que le mouvement des gilets, tout petit-bourgeois que fut son contenu, eût plus de panache « révolutionnaire » que cette dizaine de défilés traînes savates : on monta à l'assaut de l'Elysée, on plongea les beaux quartiers dans la terreur par l'encerclement violent de l'arc de triomphe (alors qu'en 68 on n'avait fait que pisser sur la flamme du soldat inconnu, j'y étais).

Mouvement autrement prometteur d'un réel conflit avec l'Etat, hors de ce suspense longuet à la retraite plus ou moins juste où on nous a fait défiler de façon couplée avec les décisions des assemblées politiques de l'Etat bourgeois, tout en laissant croire qu'elles pouvaient tenir compte de « la rue », où ce n'était pas la classe ouvrière qui manifestait mais « la population ». « La rue » en soi ne veut rien dire, reste une qualification vague ou anarchiste.

Le mouvement des « gilets jaunes » était né à la suite d’une hausse des prix de l’essence liée au lancement de la taxe écologique (attaque frontale de l'industrialisme écologiste soutenue par les bobos des fractions petites bourgeoises), qui coïncidait avec une flambée du prix du carburant à l’échelle mondiale. En octobre 2018, ces non-citoyens avaient appelé à manifester partout et pas dans ce parcage antédiluvien Bastille-République-Nation, marcage soigneusement délimité et institutionnel des « partenaires » gouvernementaux et syndicaux, sorte de bac à sable d'une lutte classe infantilisée.

Ces anars sans foi républicaine ni loi écologiste prennent comme symbolique le fameux gilet jaune, associé non seulement à la route mais aussi aux dépenses jugées inutiles mais rendues obligatoires par l’Etat, sans gilet jaune dans sa voiture, l’automobiliste est mis à l’amende.

C’était le mouvement des « inaudibles » plutôt provinciaux (entendez : ploucs et électeurs du RN). Un mouvement de contestation avant tout économique et social des classes populaires moyennes inférieures, bien avant d’être un mouvement interrogeant journaleux et socio-pleureurs en tant que « crise de la représentation ». C’était l’émergence de la société civile non organisée, avec toute une partie de la population qui ne passait pas par les corps intermédiaires classiques comme les mafias syndicales.

Pas d'interruption séquencée et aux ordres pour les premiers gilets jaunes, ACTIONS SANS DISCONTINUER ! PAS D'ATTENTE EN SOIREE DES DECISIONS DES ETATS-MAJORS SYNDICAUX SUR « LA SUITE A DONNER AU MOUVEMENT ». Aucune demande d'autorisation de manifester ni discontinuité par des officiels des compromis secrets !

Leur contestation était passée des réseaux sociaux à la rue le samedi 17 novembre 2018. Avec elle, les premières occupations de ronds-points et des manifestations dans les centres-villes qui réunissent dès le premier « acte » 287.710 personnes, selon la police alors que des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre feront plus de 400 blessés.

Rendez-vous est pris tous les samedis pour des manifestations, tandis que certaines occupations de ronds-points se font sept jours sur sept. Après trois autres samedis de manifestations à plus de 100.000 participants, 166.000 lors de l’acte 2, et 136.000 pendant l’acte 3 et 4, toujours selon les chiffres des flics, quand même indicatifs.

Mouvement minoritaire donc comparé aux balades syndicales de 2023, mais quel impact et quelle résonance et interrogations. La lutte contre la réforme, elle, est devenue une butée stupide : rien contre rien. « On lâchera rien » contre « On ne cédera pas ». Le nombre comme les sondages en défaveur sont là, majoritaires Et puis après ?

Comment s'est effiloché le mouvement des gilets jaunes ?

J'ai considéré dans mes articles précédents qu'on assistait à une « giletjaunisation » de la révolte syndicalisée contre la réforme des retraites, et on va voir des ressemblances indéniables via les provocations du gouvernement – je rappelle que pour le marxisme, le gouvernement n'est qu'une partie de l'Etat avec tous les autres organismes du parle-ment aux syndicats, etc. Même fin stupide à l'appel d'une démocratie imaginaire: RIP  et RIC et  rac!

Où vous verrez que l'intérêt de tenir un blog c'est comme un journal de bord où la mémoire ne peut être prise en défaut4.

symbole de la lutte contre les riches

1.L'incendie du Fouquet's 16 MARS 2019 et la « récupération »

(la noyade organisée par les écolos-bobos et les syndicats)

 ...La scène a un goût de réchauffé. Et je ne suis pas le seul à être interloqué par la mise en scène bâclée que d'aucuns nomment stratégie de la tension . Le gouvernement rêvait de rééditer l'effroi citoyen espéré lors de l'assaut de l'Arc de triomphe le 1er décembre 2018 – quand ce pauvre Macron fit piteuse mine chassé des beaux quartiers où il espérait incarner le retour à l'ordre parfait - aussi toute la journée d'hier ne fût que consignes de laisser-faire aux policiers, aucune fouille générale comme lors des précédentes manifestations parisiennes, pas d'arrestations massives, pas d'usage du LBT. Le mot d'ordre était simple : cassez ! Cassez ! Il en restera toujours quelque chose de bon, voire de tout bon : la victimisation de l'Etat bourgeois. Et « gloire aux black blocks « qui font parler de nous » pour les plus stupides des GJ. 

L'Etat a fait mine d'être surpris par une nouvelle scène de guérilla inattendue, toujours « inédite », sachant pourtant, comme nous tous, qu'on allait nous refaire le coup du tag "les gilets jaunes triompheront" et des méchants encapuchonnés venus aussi d'Europe. Les sites des groupes du marais des autonomes anars appelaient pourtant depuis des semaines à faire de cette journée un « ultimatum » en manifestant « autrement que par les mots » ou les tweets navrants de Drouet ou de casquette à l'envers ; des meneurs gilets jaunes se démarquaient eux-mêmes piteusement de la violence vengeresse qui s'annonçait sans fard.

 Dès potron minet des groupes, avec ou sans gilets jaunes, remontaient tranquillement l'avenue des Champs-Elysées. Puis les pavés volent, les flics se contentent de lancer des lacrymos ; on pille tranquillement sans qu'un pandore ne moufte, comme lors du pillage place de la République lors de l'acte je sais plus lequel. Des gilets jaunes font des selfies, contents d'assister au spectacle en direct. Des voitures flambent complaisamment filmées par les médias.

Certains participants nous émeuvent un instant ; un handicapé vêtu de jaune est mêlé aux casseurs avec ses deux cannes, il progresse en sautillant comme simple manifestant avec ses moyens ; plus loin un gilet jaune sur chaise roulante, poussé par un gilet jaune valide, agite ses bras, voire a lancé un pavé. Tout le monde peut participer, même les vieux et les handicapés. Inédit ! La prochaine fois j'emmènerai un de mes aveugles.

 Mais ce n'est que la partie « récréative » où les badauds sont devenus admirateurs des black blocks sans cervelle. L'essentiel se joue ailleurs et les agités de l'émeute exhibitionniste ne s'en rendent même pas compte. Même le retour faussement précipité du Macron au ski (une "omniabsence" manière de signifier qu'il s'en fichait du présumé ultimatum) ne permet pas de dramatiser outre mesure les incendies des quartiers huppés; on a fini par en avoir l'habitude, l'opinion aussi. Même s'il y avait eu mort d'homme, et dieu sait si Castaner en rêvait, l'opinion aurait jugé fifty fifty répression policière et casse des cagoulés. On ne « retourne » pas l'opinion aussi facilement que dans les sixties surtout après une aussi longue contestation de la politique de pillage fiscal de l'Etat. Enfin, le stop and go policier n'abuse plus personne.

L'essentiel de la noyade politique du mouvement « contestataire » gilets jaunes incapable en définitive de mettre en cause le capitalisme et de se rallier à la seule classe dangereuse, la classe ouvrière, était déjà orchestré depuis plusieurs jours sous couvert de la catégorie « jeunes » avec leur embrigadement derrière la protestation écologique soft et infantile. On les avait fait défiler par milliers la veille avec un slogan emprunté aux gilets jaunes « fin du monde et fin de mois difficiles ». La presse se félicitait, tout en exhibant prioritairement les poignées d'individus dispersés sur les Champs et en train de casser, en commentant sans cesse le fait « indéniable » que les « plus pacifiques des gilets jaunes » se soient rendus à la « Marche pour le climat ».

C'est le Figaro, plus macronien qu'on ne croit qui qualifia cette césure comme UN NAUFRAGE POLITIQUE, avec la paraphrase terroriste que « les 1500 casseurs présents dans la capitale se sont une nouvelle fois servis des «gilets jaunes» comme de «boucliers humains» pour piller les commerces, incendier des bâtiments et harceler des policiers et gendarmes pourtant prévenus et déployés en nombre. La capitale a renoué avec ce mauvais parfum de décembre ». Ce que confia benoitement le petit Griveaux(employé ministériel) : «  Je vais vous dire mon sentiment : la France n’en peut plus ! Nous faisons face à une minorité d’enragés. J’ai aussi vu samedi dans les rues des gens qui ont manifesté calmement pour le climat, notamment des jeunes ».

  « Paris, 15 h 20 — Il y a tellement de monde à la marche du siècle que la manifestation peine à quitter la place de l’Opéra vers le boulevard des Italiens. Tout est plein, plein, plein, y compris les trottoirs. Il y a un mélange de Gilets jaunes, de pancartes sur le climat, et des drapeaux des Coquelicots, Sud-Solidaires, Attac, la CGT, la France insoumise, EELV. Agir pour l’environnement distribue des pancartes aux manifestants, Oxfam maquille les gens qui le veulent, les paysans de la Confédération paysanne sont là. On ne peut dire encore combien de monde est là, mais certainement plus que prévu. C’est impressionnant[5].

« Aujourd’hui, les différents mouvements à Paris nous permettent d’instaurer un vrai rapport de force, estime Samir Baaloudj, militant issu des quartiers populaires. Depuis 40 ans, on subit des violences policières, on parle de précarité, de pouvoir d’achat, de chômage. C’est ce qu’on vit, et c’est aussi ce que l’on partage avec les Gilets jaunes. »

 Nous avons décidé de marquer symboliquement et de façon très forte la convergence de nos revendications. Nous demandons à reprendre en main notre destin commun. Nous ne ferons pas l’impérieuse transition écologique si nous n’arrivons pas à rétablir la justice fiscale et sociale », a

François Boulo. « J’ai appelé dès le 8 décembre à la convergence entre les mouvements climatique et Gilets jaunes car la cause est dans ce système économique qui laisse de côté à la fois la nature et les gens », a approuvé Cyril Dion, qui rencontrait pour la première fois François Boulo.

« Ce qui se passe cette semaine est déterminant. Il doit y avoir un avant et un après, un basculement. Nous ne pouvons plus avoir des actes du gouvernement allant à l’opposé des discours sur la question sociale et climatique », a confirmé Jean-François Julliard, de Greenpeace ».

 Avec fiston Glücksmann, essayiste au Nouvel Obs mais parfait inconnu sur la planète jaune et prolétaire, le PS moribond croit pouvoir surfer sur une nouvelle génération d'électeurs écolo-compatibles avec le même vieux bla-bla confusionniste qui chie sur la classe ouvrière :

« Les “gilets jaunes” ne luttent pas seulement pour le pouvoir d’achat mais contre les injustices sociales et la prédation des multinationales qui épuisent les ressources de la planète », assure cette fonctionnaire. Un « même combat » qui a rassemblé plus de 100 000 personnes à Paris, dans un cortège surnommé la « marche du siècle », et plus de 350 000 dans 220 villes de l’Hexagone, selon les organisateurs. Les préfectures de police, elles, évoquent 36 000 manifestants dans la capitale, 8 000 à Montpellier, 2 500 à Marseille, 2 000 à Rennes. Quels que soient les chiffres, la mobilisation reste forte au lendemain de la grève scolaire pour le climat, qui a rassemblé 168 000 jeunes dans le pays, et plus d’un million dans le monde.

La veille, l'essayiste avait annoncé sur France Inter sa décision de mener, avec la militante écologiste Claire Nouvian, une liste aux élections européennes du 26 mai. Il précisait son souhait de lancer une troisième offre cohérente à côté de "l'offre des nationalistes et des populistes" et de "l'offre libérale qui gouverne aujourd'hui la France et la Commission européenne". Il défendait notamment "une offre écologique et sociale. Un dépassement de la social-démocratie, une régénération de la social-démocratie à travers l'écologie." 

Tant pis pour les Jadot et Hamon, mais cette « convergence électorale » liste de bric et de broc de politicien parisiens bien trop mise en honneur au cours de ce nouveau samedi émeutier a peu de chance de faire oublier que la gauche bourgeoise a intronisé Macron et son hyper libéralisme, pour nous « sauver du fascisme » ; ni de faire vraiment de l'ombre à Macron.

Complet accord avec cet internaute anonyme : « la convergence des luttes" est une antienne de l'extrême gauche urbaine qui essaie de récupérer le mouvement des gilets jaunes né en novembre et décembre avec lequel elle n'a rien à voir. Les gilets jaunes ont disparu, remplacés par les habituels gauchistes qui se sont déguisés... et ont dévitalisé le mouvement qu'ils avaient d'abord raillé ». L'écologie est la nouvelle morale number one du capitalisme qui, au nom de l'œcuménisme de monsieur tout le monde et de madame personne nous convie à prier pour un monde propre nettoyé surtout des soucis "de classes" et qui a pour but de faire passer à la trappe que c'est le capitalisme qui est la première pollution de l'humanité.

Le 10 décembre 2018 j'écrivais :

« Pour cet acte IV la stratégie de dramatisation par l'Élysée visant à séparer les casseurs des Gilets jaunes "raisonnables", a porté ses fruits en faisant emprisonner d'abord des manifestants qui n'étaient pas des casseurs. L'arrestation massive de centaines de simples manifestants avant qu'ils n'aient mis le pied sur le sol parisien, totalement arbitraire, a servi toute la journée à justifier ce gros mensonge : « D'ampleur inédite, les interpellations et fouilles préventives ainsi que la présence massive des forces de l'ordre ont permis d'éviter un nouveau déchaînement insurrectionnel à Paris ». La plupart de celles et ceux qui ont été arrêtés, et curieusement en majorité le soir avec un simple « rappel à loi » n'étaient pas venus pour « déchaîner une insurrection », ni ce brave Coupat qui voit sa GAV prolongée comme si sa seule présence avait eu un quelconque intérêt pour les gilets jaunes. L'Etat a l'habitude de fabriquer des complots pour abuser l'opinion publique, je peux vous en rappeler plusieurs et sous tous les présidents. A coup sûr,nous dit-on curieusement dès potron minet, les dégâts « seront plus étendus » que le samedi précédent. C'est bon pour l'audience. Et les sondages ».

« La police si zélée depuis le matin pour arrêter « préventivement » les manifestants venus de province a laissé le soir les casseurs détruire place de la République pendant de longues minutes alors que les télévisions d'Etat filmaient tranquillement ces abrutis qui s'acharnaient à détruire des vitrines... indestructibles. Les forces d'annihilation de toute protestation sociale s'étaient livrées tôt le matin à de véritables rafles de manifestants pas du tout casseurs mais pour abonder sur leur nombre supposé pour alimenter la chronique de leurs amis journalistes et ainsi prouver l'efficacité policière. Les forces de maintien de l'ordre social ont bien fait « leur boulot », et le spectacle de désolation des vitrines défoncées et des véhicules incendiés une nouvelle fois de façon arbitraire et un peu partout dans Paris et surtout d'une ampleur notable et inédite en province, devrait suffire à inverser la tendance de l'opinion mais pas assez pour que le roi des cons puissent caracoler et oser se montrer dans son arrogance psychopathe sans baisser un peu plus culotte ».

Le système a tout à perdre à ce que des policiers/casseurs en civil soient identifiés (cf. le cas du 23 mars 1979), aussi est-ce rarement que l'on peut dénoncer des manips grossières ; l'Etat adope des manipulations plus subtiles, que je nomme « stop and go », comme on l'a vu lors des contestations précédentes : « Tout est mis en place pour que les manifestations dégénèrent. Côté renseignement, on constate depuis une dizaine d’années une double évolution, avec des manifestants beaucoup plus pacifiques qu’avant, mais des casseurs toujours plus violents, organisés de manière quasi paramilitaire. Certains de ces groupes sont identifiés avant qu’ils intègrent les manifestations. Mais aucune consigne n’est donnée pour les interpeller en amont. En fin de journée, nous savons qu’un groupe de casseurs dangereux vient d’arriver gare du Nord pour aller perturber Nuit debout, à République. Une compagnie de CRS se trouve sur leur passage, prête à intervenir. Mais l’ordre leur est donné par la préfecture de se pousser dans une rue adjacente ! Les collègues leur signalent l’imminence de l’arrivée du groupe de casseurs. Mais ordre est donné de les laisser passer.

(…) J’ai constaté la présence dans les manifestations de policiers (?) sans uniforme, habillés comme des Black blocks, et munis de marteaux sur l’usage desquels on pouvait légitimement s’interroger. Lorsque l’on sait que sous le régime d’Emmanuel Macron n’importe qui peut s’affubler d’un brassard et tabasser des manifestants, sans que la justice ne s’en émeuve beaucoup. J’ai lu force témoignages parlant de la passivité de la police au moment des déprédations et des pillages. J’ai vu que le profil des personnes arrêtées en masse et condamnées lourdement pour des infractions fantaisistes, démontrait qu’il ne s’agissait absolument pas des casseurs habituels qu’en général la police connaît. Alors, j’ai fini par me dire « tiens cela me rappelle quelque chose ».

https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/291010/linfiltration-policiere-des-manifestations-est-un-fait-mais-comment-linterpreter

Une fin sans rien... et RIC RAC

Patatras, l'absence d'une conscience de classe et de projet crédible au nom de cette farce de « révolution fiscale » reprise brièvement par le récupérateur démagogique et limité Mélenchon... tout ça pour rien, pratiquement. Parce qu'on est revenu au point de départn l'augmentation du prix de l'essence, de l'électricité, du gaz, du fioul pour une minable prime de 100 euros en octobre, indemnité non pour les gogos mais pour combattre...l'inflation !

La première cause de la faillite des gilets jaunes repose sur leur absence de référence de classe. Comme tout mouvement poujadiste il put être violent aussi par absence de programme crédible comme cette requête d'une vraie « démocratie référendaire », le RIC, tas de foutaises qui ne conduisaient à rien, un peu comme lorsque Coluche disait vive la lessive qui lave le linge plus blanc que blanc. Des leaders hétéroclites, élus par eux-mêmes ou placés sans aucune légitimité sur les plateaux des médias pour dire tout et n'importe quoi. Mais la vraie cause reste une répression furieuse avec des mutilés et trente personnes avec un œil crevé ; j'ai vécu cette peur au milieu des manifestants vers la fin de l'acte IV. Le mouvement montrait sur les graphiques une courbe nettement descendante. Par après le Macron caracoleur et vantard fit son tour de France du bla-bla, assez napoléonien. Le clap de fin avait été servi par les cliques de la gauche écolo-bobo, comme je l'ai rappelé plus haut.


  1. symbole de la lutte contre les riches (bis)

    2. L'INCENDIE DE LA ROTONDE jeudi 6 avril 2023 et le même genre de récup...

Hormis une violence désordonnée, assumée courageusement par nombre de gilets jaunes qui n'étaient pas des casseurs professionnels, policiers ou anarchistes, et un aspect incontrôlable, le déroulement final (finalisé!) de l'indignation contre la réforme du cynique représentant des financiers européens s'est fait noyer dans les mêmes idéologies que les gilets jaunes. D'abord, bien que plus majoritaire, la caractérisation du mouvement comme populaire, puis l'embrigadement d'une partie des « jeunes » étudiants (mais pas des jeunes ouvriers des banlieues). La répression enfin intervient après une série de manifs monotones, triomphalistes en diable. Elle reste sélective. C'est contre les marginaux éclectiques et gauchistes a Sainte Soline qu'elle a été la plus dure et la plus voyante. Le régime macronien ne tenait pas à ce qu'il y ait une dure répression contre les prolétaires ni mort d'hommes. Ce qu'il peut se permettre avec les mouvements marginaux, zadistes et autres clochards modernistes. Exemple de la collusion de la lassitude et d'une propagande accompagnatrice, entre chaque semaine ou 15 jours d'attente de la prochaine manif programmée par les Etats-majors, on parle d'autre chose, on ne prépare rien, d'autres s'occupent de tout... Tout cela pour rien... sans que les ouvriers soient même capable d'avoir autre chose...que la haine pour Macron. C'est pire qu'en 36. Au moins ils avaient obtenu les congés payés avant la Guerre Mondiale. A notre époque non seulement ils n'auront plus de retraite mais ils regarderont la troisième sous les bombes de la Russie et de la Chine. Et RIP et CRAC !

Autre clap de fin, dont il faut éviter de parler, le remplacement du chef CGT « macho » (comme la CGT pendant plus de cent ans) par (enfin) une femme, passée par l'école du PS bourgeois et spécialiste de l'encadrement des cadres. On espère aussi que le Berger de la CFDT connaîtra aussi cette révolution féminarde en élisant une Bergère !

Qu'on se le dise le capitalisme décadent est entré dans l'industrie écologique, qui ridiculise ici et maintenant tout prétention « communiste » à sauver la terre dans un temps lointain. Le nouveau Lénine de cette révolution terrestre sera une femme, partout. Le langage de cette révolution est résolument wokiste et féministe. Le vieux capitalisme de papa n'est plus en cause, mais le machisme oui. Sur France Inter, le 30 mars, une émission de l'élite se demandait : « Pourquoi le nucléaire s’impose comme un véritable symbole du patriarcat ? ». Pour y répondre, non pas des scientifiques… Mais Jade Lindgaard, journaliste au pôle écologie de Mediapart, et Pauline Boyer, activiste climat antinucléaire et chargée de campagne sur la transition énergétique pour Greenpeace. Une approche écolo-féministe et spirituelle que même les heureux retraités n'imaginent pas : pour un monde libéré du patriarcat, la femme à sa quenouille et les hommes à la lanterne !

Cependant le « détournement » féministe a tendance à devenir de plus en plus ridicule.

NOTES 


1"Il faut savoir terminer une grève dès que la satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées mais que l’on a obtenu la victoire sur les plus essentielles revendications" (11 juin 1936)

2On croirait lire une déclaration pacifique et substitutionniste de Georges Séguy dans les années 1970 : « Mais notre force ne réside pas dans l’affrontement stérile avec les bataillons suréquipés et surentrainés des CRS, gendarmes mobiles et autres porte-flingues de « l’ordre » des exploiteurs.De même, notre lutte ne consiste pas à casser des vitrines et brûler des poubelles. Les violences minoritaires ne renforcent pas le mouvement. Au contraire elles l’affaiblissent ! Nous sommes la classe ouvrière ! Nous sommes une force collective, capables de rentrer en lutte massivement, de nous organiser, d’être solidaires, unis, de débattre et nous dresser ensemble face au pouvoir pour refuser la dégradation continue de nos conditions de vie et de travail, pour refuser ce système qui plonge l’humanité dans la misère et la guerre. Voilà ce qui inquiète vraiment la bourgeoisie  : quand nous luttons ainsi en tant que classe. Voilà pourquoi elle nous tend aujourd’hui le piège du pourrissement et du chaos par la violence. Elle veut briser la dynamique en cours et le processus qui se développe depuis des mois à l’échelle internationale ». C'est la même position rabatteuse que le NPA qui appelle ceux qui ne sont pas encore entrés en grève aux ordres des syndicats à y entrer à leur tour « contre la dégradation continue de nos conditions de vie ».

3Avec cet argument minable de la protéger de quelques dizaines de méchants blacks blocs, qui ne sont jamais hostiles aux manifestants, mais jouent à cache cache avec la police au milieu des troupes syndicales voyeuses ravies des grandes flammes au-dessus des tas de trottinettes incendiées, et finalement conférant une couleur « radicale » à leur promenade moutonnière et sans discussions de groupes.