.
« Ce
sont des veaux. Ils
sont bons pour le massacre. Ils n'ont que ce qu'ils méritent.
Les Français sont comme ça depuis les Gaulois. Hannibal qui
recrutait des légions pour battre Rome écrivait à son frère
Hasdrubal, qui levait des mercenaires en Espagne et dans les pays
voisins: Ne prends pas trop de Gaulois. Ce sont des ivrognes. Ils
sont courageux dans l'action, téméraires au combat, mais vite
découragés et jamais contents.»
Charles de Gaulle
« Libre
développement des individualités et donc pas de réduction du temps
de travail nécessaire en vue de la création d'un surtravail, mais
en général réduction du travail nécessaire de la société à un
minimum, auquel correspond alors la formation artistique,
scientifique, etc. des individus grâce au temps devenu libre et aux
moyens créés pour tous ».
(Karl Marx, Éléments fondamentaux
de la critique de l'économie politique (Grundrisse)
La
retraite ? UNE REVENDICATION ANTI-REVOLUTIONNAIRE !
Avec
la révolution industrielle et le développement du salariat ouvrier
se mettent en place des caisses de prévoyance privées, à gestion
ouvrière, patronale ou mutualiste, progressivement encadrées et
subventionnées par l’État. À la fin du XIXe siècle, la
retraite devient même obligatoire pour certaines professions comme
les mineurs ou les cheminots. Ces régimes, qui obéissent à des
règles spécifiques de cotisations et de prestations, ont perduré
jusqu’à aujourd’hui :
ils correspondent aux régimes spéciaux (= privilèges accordés à
la Libération aux plus gros secteurs de l'industrie pour éviter la
révolution Cette nécessaire garantie de vie après le travail fait
intégralement partie de la lutte de classe, certes. Mais aujourd'hui
elle est vécue comme un dû sécurisant face au monde du travail
plus exposé (licenciements, maladies) ; quand les exploités en
fin de carrière en sont réduits à des rapports individualisés
avec leurs caisses de retraite.
A
ces époques du lointain passé, en réalité, rares étaient les
ouvriers à atteindre l’âge de la retraite. En Europe il faut
attendre la fin du 19 ème et le début du 20 ème pour que la
retraite soit institutionnalisée par le réformisme quand la
bourgeoisie la pense déjà comme une mesure anti-révolutionnaire,
puisque prétendant garantir une « sécurité sociale »
pour les vieux jours de ses chers exploités. Presque jusqu'à la fin
du 20 ème siècle les pensions resteront misérables. La retraite
signifie solitude et isolement, malgré les bons gestes du Secours
populaire.
L'adoption
de la retraite à 60 ans provoque une joie immense mais va coûter
très cher à l'Etat, qui a fait cette énorme concession en 1981
pour éviter la révolution ou en tout cas préserver l'idéologie
d'une gauche sociale hélas au pouvoir, mais dès 1983 c'est
catastrophique et les gouvernements de droite successifs s'y
casseront aussi les dents. L'antienne terrible des bourgeois oscille
toujours entre justice
sociale et viabilité financière !
Depuis
la réforme Touraine, la réalité comptable est de plus en plus
incontournable, il s'agit d'éviter l'explosion des dépenses en
haussant les cotisations. L'Etat doit tenir compte déjà du
vieillissement de la population et du coût des caisses de retraite.
La gauche bourgeoise, elle, feint déjà de n'y voir aucun problème
de gestion, pas de vague comme concernant l'immigration massive.:
Malgré la colère et les manifs des privilégiés du secteur public
(retraites à 55 ans voire moins) , le gouvernement Raffarin aboutit
à aligner le régime de retraite des fonctionnaires sur celui du
privé. La durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite
à taux plein doit être progressivement portée à 40 ans.
La chronologie montre bien les étapes difficiles prises par les
« méchants de la droite », pour adapter les régimes de
retraite aux conditions démographiques et au vieillissement quand la
gauche bourgeoise soutient les manifs de protestation en promettant
que, un jour au pouvoir définitivement, elle augmentera le nombre de
retraités et leurs pensions... cf. Histoire
du droit à la retraite : de l'ancien régime à nos jours
Les
années passées de contestation des mesures de rééquilibrage
gouvernemental révèlent une succession de défaites et de demi
victoires du point de vue de classe ouvrière mais le problème se
repose à chaque fois de manière insurmontable. Présenté comme
mouvement de protestation unitaire, le mouvement ne l'est pas du
tout, pas seulement du fait des syndicats corporatifs mais parce que
les travailleurs des secteurs publics privilégiés (hé oui!) :
garantie d'emploi plus retraites plus tôt,
se fichent de ceux du privé, ou même s'ils ne s'en fichent pas,
l'égalisation des conditions du privé sur le public c'est aussi
impossible et utopique que l'égalisation des salaires ou l'abolition
de la hiérarchie. J'ai ressenti cela dans tous les cortèges
syndicaux.
Plus
scandaleux, sous de grands défilés unitaires, celles et ceux qui
sont les premières victimes des réformes récentes qui ont repoussé
l’âge de départ à 62 ans, ont subi une augmentation
moyenne de 1,7 année de travail entre
2010 et 2020. Cette charge supplémentaire pèse davantage donc sur
les métiers physiquement exigeants ou les personnes en situation de
précarité santé. Les femmes, déjà confrontées à des carrières
discontinues,
représentent 11
% de celles âgées de plus de 55 ans en
« zone grise » (ni salariées ni retraitées), contre 6 % chez les
hommes. Toutes ces personnes, dans le privé, sont oubliées parce
que noyées sous des banderoles syndicales prometteuses mais vides.
Par dessus le marché le freinage de la mise en place de retouches au
système bancal des retraites à des conséquences pour les
générations à venir.L’augmentation des cotisations salariales ou
employeurs risque de ralentir
l’activité économique,
selon les analyses de la DGT. Parallèlement, le recul de l’âge
légal de départ à la retraite accentue les inégalités
intergénérationnelles,
les plus jeunes étant contraints de cotiser plus longtemps pour
financer les pensions.
Un
sondage en 1968 (sic! quand on se foutait de la retraite) révélait que la majorité des français
pensait qu'on obtiendrait la retraite à 50 ans en l'an 2000 !
Aujourd'hui, sans conteste, en France, une majorité de la population
et surtout des prolétaires ne veut pas s'éterniser au travail. Une
enquête a révélé qu'une majorité la souhaite à 59 ans. Pourquoi
ce désir de fuir au plus vite le travail ? Comme révolution
personnelle !En attendant plus confortablement la révolution ?
A
priori, c'est simple et facile à comprendre du point de vue des
humiliés et des offensés au quotidien, et même des diplômés
dessillés. La plupart des boulots sont aliénants, pénibles et une
destruction de la personnalité. Marre des petits chefs d'entreprise,
des chefaillons syndicaux planqués et des patrons cyniques.
L'absentéisme connaît des taux records. Les dommages pour la santé
aussi ; les troubles musculosquelettiques (TMS) indemnisés
représentent l’équivalent de plusieurs millions de journées de
travail.
Marx, qui n'a pas connu nos systèmes de retraite « par
répartition » ni à points résumait bien l'horreur du travail
en régime capitaliste :
« L'ouvrier
qui, douze heures durant, tisse, file, perce, tourne, bâtit […],
regarde-t-il ces douze heures de tissage, de filage, de perçage, de
travail au tour ou de maçonnerie, […] comme une
manifestation de sa vie, comme sa vie ? « Bien au
contraire », car « la vie commence pour lui où
cesse cette activité, à table, à l'auberge, au lit ».
(Travail salarié et Capital)
On
ne travaille plus 12 heures par jour, sauf en Chine, mais
l'oppression et la fatigue sont du même ordre, sans compter
l'explosion des pathologies psychologiques. Ce sont surtout les
staliniens qui nous ont chanté, durant au moins cinquante années,
le bonheur suprême d'avoir du travail.
A fortiori,
et c'est ma vérité a-historique et histrionique, ce qui compte
c'est MON DESIR d'une retraite individualisée de moderne
consommateur émancipé; les parkings des supermarchés restent
plein de voitures de retraités toute la journée et de la mienne.
La retraite c'est la fin du collectif au travail et la liberté
retrouvée du consommateur en pleine journée, en pleine possession
de ma pension sauf si Leclerc ne lutte pas contre la vie chère.
. On ne compte plus socialement que comme charge improductive, mais
on est adoré par les commerçants. Les assocs de retraités c'est
comme les randos d'EPHAD et c'est ficelé par les cliques de la
gauche bourgeoise. C'est chacun pour soi dans la diversité des
distractions sans fin. C'est MA RETRAITE qui va me permettre de « me
réaliser », de faire de la peinture, de bichonner ma résidence
secondaire ou de jouer plus souvent à la pétanque.
Un monde quasiment imaginé par Karl Marx sans effusion de sang, en
transition avec du cholestérol et du diabète.
Par
ailleurs, une bonne partie de ceux qui travaillent en fin de carrière
souhaitent aussi vivement une retraite anticipée car ils sont outrés
de voir une masse de gens aidés « socialement », qui ne
payent pas d'impôts et qui subviennent mieux à leurs besoins que
ceux qui s'emmerdent à travailler. L'Etat providentiel ne fait pas
cela pour diviser la classe ouvrière comme le radotent les simplets
du CCI - avec leur mantra religieux d'un prolétariat imbécile qui
ne posséderait que
de « deux outils : son unité et sa conscience » mais
aucun sens critique -
mais pour se foutre de la gueule du prolétariat salarié qui ne voit
aucun intérêt à se solidariser en plus avec ces chômeurs
professionnels. Il n'y a rien à attendre du remake du blabla
politicien sur les retraites. Le CCI s'est bercé d'illusion en
clamant en 2020 : « Le
mouvement contre la réforme des retraites n’est qu’un premier
pas pour retrouver le chemin des luttes massives ». La
bourgeoisie au contraire mouille complètement le terrain de la
révolte en se servant dans tous les sens d'une revendication
finalement réactionnaire et conservatrice. Ce n'est plus une
revendication unificatrice et les réformes ne touchent pas d'une
même façon toutes les catégories de la classe ouvrière.
LE
HIC DES RETRAITES SEULE CAUSE DU CHAOS POLITIQUE EN FRANCE ?
La
France n’est pas la première à connaître l’instabilité
politique. Les Néerlandais retournent aux urnes à la fin du mois,
deux ans après les dernières législatives, après l’implosion
d’une coalition impossible. Elle n’est pas la seule, non plus, à
ne pas parvenir à voter un budget : c’est le cas de
l'Espagne depuis trois ans. Les institutions européennes savent
que le bordel est partout rampant. Mais, dans le cas français, le
problème est jugé de plus en plus systémique et porteur de risques
pour l’ensemble du bloc hétéroclite européen. La semaine
dernière le parlement européen a dû confronter deux motions de
censure de la gauchiste Manon Aubry et du « facho »
Bardella, de quoi redouter une importation du chaos français.
La France, par sa taille, est jugée « too
big to fail » (« trop
grosse pour faire faillite »), ce qui pourrait déstabiliser
l’ensemble de la zone euro. Cette dernière n’avait pas besoin de
cela, en plus des attaques commerciales américaines et de la
concurrence industrielle chinoise.
La
panne de leadership en France, et le ridicule de la chasse aux
places, risquent tôt ou tard de rejaillir sur tous les Etats
européens. Faute d’un Etat fort à Paris, comment chaque pays
peut-il défendre ses intérêts à Bruxelles et faire avancer les
projets communs ? Plus dramatique pour les projets bellicistes
aux côtés de l'Ukraine, les velléités pour un emprunt commun pour
la défense, sont tombées aux oubliettes en raison de la dette
incontrôlée en France. La première ministre danoise, Mette
Frederiksen, n’y aurait pas été opposée sur le principe, mais
pas pour que cela finance au bout du compte le déficit de la
Sécurité sociale et la retraite à 60 ans en France, quand
elle-même vient d’imposer 70 ans dans son pays. À la
Commission, Ursula von der Leyen écoute davantage les
positions du chancelier Merz que d’Emmanuel Macron à qui elle doit
pourtant son poste à l’origine. Comment défendre les dossiers
dans les conseils ministériels, quand les représentants français
changent tous les quelques mois ou sont « démissionnaires » ?
La perspective à l'horizon d’un gouvernement RN est vue à
Bruxelles et Strasbourg comme une menace existentielle pour l’Union
européenne dans sa forme actuelle. Terry Reintke, coprésidente des
Verts au Parlement européen,
sonne l'alarme :
« Emmanuel
Macron doit aux citoyens français et à l’ensemble de l’Europe
de nommer un gouvernement fort et stable, quand Poutine teste nos
frontières et quand la démocratie américaine est
démantelée, presse
Macron porte l’essentiel de la responsabilité de cette
polarisation extrême de la politique française ».
La
France reste encore la deuxième économie européenne, membre du G7
et membre permanent du Conseil de sécurité, seule puissance
nucléaire de l’UE, pourra-t-elle continuer à jouer un rôle en
rapport avec ce statut. Comment oublier que le général Macron a été
l’un des moteurs de la « coalition
des volontaires » pour
l’Ukraine. ».
Le
problème des retraites – qui est tout de même un talon d'Achille
pour tous les Etats -
est mis en avant comme cause première du chaos par la gauche
bourgeoise canaille car, en focalisant là dessus, cela la fait
passer d'abord comme radicale dans la défense des « pauvres
contre les riches » puis cela lui évite de monter au pouvoir
pour appliquer son programme de merde qui provoquerait un
effondrement économique, pire que l'accident de 1981, desservant
même la classe ouvrière et les retraités. La "mécanique"
du système de retraites n'est pas de droite ou de gauche , mais
du domaine de la gestion étatique des déficits et de façon
désormais urgente, même si risque d'explosion sociale. couvrir
les besoins de financement du système, fini de rigoler.
Fixer à 63 au lieu de 64 ans l’âge de départ coûterait a
minima 5,8 milliards d’euros selon la Cour des
comptes, alors que le porter à 65 ans permettrait d’économiser
jusqu’à 8,4 milliards d’ici 2035. Même en continuant à
appliquer la réforme de 2023 à son terme, l’institution prévoit
un déficit annuel de 15 milliards d'euros en 2035. Heureusement le
principal syndicat collabo, la CFDT, a proposé de faire contribuer
les retraités plus aisés. Une démarche sans doute égalitaire et
de justice syndicale ? Mais pas totalement inaudible car il y a
un nombre élevé de retraités bien lotis. Le niveau de vie des
retraités d'aujourd'hui est au moins égal à celui des travailleurs
(entre 99% et 102% : https://lnkd.in/dbHJ6_Cy)
) mais c’est aussi le cas en Italie (98%) et en Espagne (97%), qui
partent à la retraite à 65 ans.
En
passant on peut noter les délires de la secte NPA qui, comme feu
Krivine mais en plus woke, défend la perspective invraisemblable
pour « travailler à l'unité de la gauche politique et
sociale » (les débiles de LFI et les mafias syndicales), avec
des arguments, qui s'y voient déjà, totalement étrangers aux
manières de ces satrapes des grèves foireuses et du cirque
électoral décati ?, avec cette prétention à encadrer un
mouvement qui ne sortira pas de l'ornière :
« La
question du pouvoir est centrale dans l’origine du mouvement du 10
septembre et des mots d’ordres de la mobilisation d’hier. «
Macron dégage ! » est d’autant plus d'actualité avec la
nomination d’un 1er ministre issu de sa garde rapprochée. Mais des
AG doivent aussi ressortir des revendications qui fassent de l’auto
organisation de notre camp social l’organe démocratique qui porte
la possibilité d’un changement de système, d’imposer le partage
des richesses et d’en finir avec ce régime au service des
capitalistes, et poser la perspective d’un gouvernement des
travailleurs et travailleuses ».
Quant
aux principales causes de la crise politique et économique elles
sont liées évidemment à l'aggravation de la compétition
internationale et à la recherche de soutiens financiers pour
préparer la guerre. Dans ce cadre assez rationnels je peux même
imaginer le renfort de Poutine s'il vient à bombarder en Europe
occidentale, ce qui permettrait à Macron d'endosser le chandail kaki
de Zelenski sans plus de légitimité mais...pour sauver la nation
par l'union nationale, rédemptrice de toutes les ambitions
contrariées. Et je ne suis pas le seul à émettre cette sinistre
hypothèse.
DISSOLUTION
PIEGE A CONS
Le
foutoir de la question confuse et hétéroclite des retraites, bordel
dont se sert toute la classe bourgeoise sans maîtriser complètement,
reste au total un énorme écran de fumée. Cela fait radical ensuite
ce crier à la dissolution du parlement des cancres – sans la
vouloir pour autant - et en appelles majestueusement au peuple
démocratique, mais cela n'abuse personne, avant tout dans le
prolétariat en France pour qui voter pour n'importe clique
bourgeoise ne sert à rien et, surtout terreur dans les rangs
bourgeois. Chez ces derniers la trouille prévaut sachant que le RN
gagnerait la mise, comme le confirme le dernier sondage ébouriffant
'LFI en dessous de 10% et les écolos voisins de zéro) . Un
député a confié : «Certains députés ont tellement peur de
la dissolution qu’ils sont prêts à avaler n’importe quoi, y
compris la suspension de la réforme des retraites, pour l’éviter ».
Avec
ce misérable parlement maintenu aucune majorité n'est possible.
Contrairement à ce qu'elles pleurnichent les cliques de gauche
bourgeoise et petite bourgeoise n'ont jamais été majoritaires ni au
parlement ni dans le pays. Il faut bricoler un gouvernement
« technique ». Bon courage ! Tous les commentateurs
financés se plaisent à répliquer que le pays est à droite. Faux
aussi ! Le pays est dégoûté et n'a pas plus confiance au RN
qu'aux autres partis bourgeois de gauche ou de caniveau.
Sous
des airs martiaux toutes les cliques ont évacué d'abord en
coulisses tout idée de dissolution. Idem pour la destitution de
Macron car il y a à la fois trop de prétendants et le complexe
militaro-financier contraint les uns et les autres à la modestie.
On
a aménagé des excuses consternantes de bêtise. Le PS aurait été
séduit et assurer ne pas censurer du fait de l’annonce
du non-recours au 49.3 rétablissant l'honneur d'un parlement
démocratique insoumis au dictateur Macron. La droite ne censurera
pas tant que ne sera pas nommé un premier ministre « socialiste ».
Les autres sectes, LFI et RN, le gouvernement les daube. LFI chie
dans son froc.
En
vérité, et c'est fort comique, il s'agit d'un bloc antifa interne
aux cliques de l'élite macro et micro de gauche, faire barrage au RN
à l'envers, en ne lui donnant pas tout de suite la plus grosse part
du fromage électoral capitaliste.
La
désagrégation de l'appareil politique de la bourgeoisie
Un
groupement a anticipé assez justement la venu du chaos bourgeois, le
CCI. Sous le terme décomposition, la société bourgeoise est
caractérisée comme sans avenir, (ce qui n'est pas tout à fait vrai
avec la fable écologiste) en tout cas comme avenir social et
humain :
« Si
l'on considère les caractéristiques essentielles de la
décomposition telle qu'elle se manifeste aujourd'hui, on constate
qu'elles ont toutes un élément commun, à savoir le manque de
perspective pour la société, de façon particulièrement évidente
en ce qui concerne la bourgeoisie sur le plan politique et
idéologique. Cela détermine par conséquent une incapacité des
différentes formations politiques à proposer des projets à long
terme, cohérents et réalistes ».
Il
y a longtemps que ce groupe a eu le mérite de voir la perte de
contrôle du système :
« A
la base de ce phénomène, on trouve évidemment la perte de contrôle
toujours plus grande de la classe dominante sur son appareil
économique, lequel constitue l'infrastructure de la société.
L'impasse historique dans laquelle se trouve enfermé le mode de
production capitaliste, les échecs successifs des différentes
politiques menées par la bourgeoisie, la fuite en avant permanente
dans l'endettement généralisé au moyen de laquelle se survit
l'économie mondiale, tous ces éléments ne peuvent que se
répercuter sur un appareil politique incapable, pour sa part,
d'imposer à la société, et particulièrement à la classe
ouvrière, la "discipline" et l'adhésion requises pour
mobiliser toutes les forces et les énergie vers la guerre mondiale,
seule "réponse" historique que la bourgeoisie puisse
offrir ».
Faisant
fi de l'idiote personnalisation sur Macron et de truc populiste qui
croit que faire payer les riches est la solution, on nous fournit une
réflexion qui corrobore pile poil la cata actuelle :
« Le
problème fondamental est la perte de contrôle de la bourgeoisie sur
la dynamique politique du pays. Cela se traduit à la fois par son
incapacité à orienter les choix électoraux de la population vers
l'équipe gouvernementale la plus appropriée à la situation, comme
elle le faisait dans le passé, et par sa difficulté à formuler des
stratégies valables pour contenir (sans parler de surmonter) la
crise du système. En bref, la bourgeoisie manque de plus en plus de
la « tête pensante » qui, dans le passé, lui avait permis
d'atténuer les difficultés sur son chemin ».
Le
constat d'un parlement ingérable ne se limite pas à la France :
« Cela
a pour premier effet une perte de cohésion au sein de la bourgeoisie
qui, sans plan global commun, est incapable de maintenir l’unité
de ses différentes composantes. Cela conduit à une tendance au «
chacun pour soi », avec une difficulté croissante à créer des
alliances stables. Cela est évident au niveau des différents pays,
où il est de plus en plus difficile de former des gouvernements
stables en raison de résultats électoraux de plus en plus
imprévisibles (…) Le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez,
fondé sur une alliance entre le PS et plusieurs partis régionaux
catalans et basques, a été formé et se maintient grâce à des
concessions historiques, telles que la loi d'amnistie pour les
dirigeants du mouvement indépendantiste impliqués dans
l'organisation du référendum illégal sur l'indépendance de la
Catalogne qui s'est tenu en 2017. Un gouvernement qui est donc
soutenu par le chantage politique d'un parti sur l'autre ».
(…)
D'autre part, les Verts allemands se sont immédiatement avérés
n’être que des politiciens bourgeois comme les autres. Après
avoir présenté un programme électoral de façade en 1980 qui
parlait même de « démanteler » l'armée allemande et
d'initier la « dissolution » d'alliances militaires telles que
l'OTAN et le Pacte de Varsovie, en 1999, pour la première fois, elle
avait déjà renoncé à son pacifisme, quand Joschka Fischer
défendait l'envoi d'avions de l’OTAN pour bombarder la Serbie ».
LE
POPULISME UN VANDALISME POLITIQUE GENERALISTE?
Malheureusement,
malgré des analyses d'une hauteur politique incontestable quand le
CCI revient sur terre il perd contact avec la réalité. Et plus
grave car se situant au niveau de la pensée étriquée gauchiste.
Voici sa définition du populisme !
« ...
tendance au « vandalisme » politique de ces mouvements,
qui se concrétise à travers le rejet des « élites »,
le rejet des étrangers, la quête du bouc-émissaire, le repli sur
la communauté autochtone, le complotisme, la croyance dans l’homme
fort et providentiel, etc., est d’abord et avant tout le produit
des miasmes et de la putréfaction idéologique véhiculée par
l’absence de perspective de la société capitaliste dont la classe
capitaliste est affectée en premier lieu.
Le
populisme est l'expression d'une faction de la bourgeoisie, mais ses
politiques incohérentes et contradictoires expriment un nihilisme et
une irrationalité croissants qui ne servent pas les intérêts
généraux du capital national ».
On
croirait une de ces analyses banales d'un étudiant de sciences-po.
C'est pas bien de chier sur les élites de la part des « gens
d'en bas » (qui votent ou pas Le Pen) ? « Une
concurrence des travailleurs immigrés » = une vue d'un esprit
ouvrier arriéré raciste ? Des étrangers criminels, souvent en
Une, c'est du racisme secondaire que de le signaler ? Voire un
imbécile complotisme sans conscience de classe certifiée, croyance
en une femme forte et providentielle (tu parles Jojo!)
Mais
ils vivent où ces zigotos professeurs d'antiracismes et
d'anti-complotisme ? Ces cons de « gens d'en bas »
sont des inconscients, merdes produites par ce monstre « la
putréfaction idéologique du capitalisme », même si les
premières merdes sont les capitalistes eux-mêmes. Cette vision est
celle de petits bourgeois assis en haut de l'escalier et qui ne
travaillent ni dans les bureaux ni ne prennent le métro. Le ressenti
des gens d'en bas, français ou pas, de couleur ou pas, ce serait une
invention d'une « faction de la bourgeoisie » !?
Quelle dinguerie ! Comme je l'ai déjà expliqué, c'est le
contraire, le ressenti des masses d'en bas est récupéré et
théorisé par les gangs politiques comme le RN. Ces gangs ne sont
pas irrationnels en répercutant des ressentis et en travaillant à
leur propre promotion politique et graveleuse. Ils ne desservent pas
vraiment l'intérêt du capital national mais peuvent l'aider
efficacement, à l'encontre de leurs promesses démagogiques (cf.
Meloni en Italie).
Et
c'est désolant cette dinguerie d'analyse car on ne peut qu'être
d'accord avec cette conclusion :
« Mais
nous devons veiller à ne pas imaginer que cette faiblesse de la
bourgeoisie peut être convertie en un avantage, une force pour le
prolétariat. Et ce, pour au moins deux raisons. La première
concerne le processus qui la mènera à la révolution. En
effet, les faiblesses croissantes de la bourgeoisie ne constituent en
aucun cas des atouts permettant à la classe ouvrière de développer
sa force. Comme le projet de cette classe est complètement
antagoniste à tout ce que représente le capitalisme,
l'affaiblissement de la bourgeoisie ne profite pas au prolétariat
(qui ne dispose que de son unité et de sa conscience comme
forces)(radada). Deuxièmement, la bourgeoisie, tout en montrant des
signes évidents de déclin, fait preuve d'une vigilance et d'une
lucidité considérables en matière de lutte des classes, résultat
de deux siècles d'expérience de confrontation avec la classe
ouvrière. Cette expérience l'amène non seulement à être
vigilante, mais surtout à empêcher toute action de classe en
exploitant les effets mêmes de la décomposition contre la classe
elle-même ».
Il
y a populisme et populisme, autant chez Mélenchon que chez Bardella,
Ciotti, Retailleau, etc. Mais ces gens-là, considèrent la masse
comme une clientèle. L'explication des problèmes actuels dans la
vie civile et au travail par cette notion ne va pas plus loin que la
notion d'incivilité propagée par les journalistes bourgeois. Trump ne fait pas que des dingueries.
Est-il
obligatoire de fourrer dans le tiroir du populisme toute indignation
des gens d'en bas ? De la traiter immédiatement par le mépris
au nom d'un prolétariat imaginaire qui n'aurait que « unité
et conscience » comme dieu et le saint esprit ? Il existe
une violence qui découle du classique individualisme capitaliste. Il
existe une violence contre les femmes qui ne vient pas spécialement
du capitalisme mais de religions arriérées et insubmersibles. Il
existe une magistrature de gauche et écologique qui a un
comportement fasciste où les victimes sont systématiquement
coupables.
Il y a des élus, maires et députés qui s'en foutent plein les
poches, des flics véreux, etc.
Ce
n'est pas de décomposition qu'on peut parler mais plutôt de
barbarie au quotidien où l'individu, méprisant les cliques
politiques, peut devenir un chien enragé mais à son niveau c'est de
l'impuissance. De même les marches blanches ou les minutes de
silence. Croire que la conscience de classe est uniquement
économique, comme le répètent sans arrêt les bourgeois eux-mêmes
« le premier souci des gens c'est le niveau de vie et après la
sécurité ». Je pense le contraire mais c'est en tant que
défense de classe du travail aux quartiers que s'allumeront les
premiers feux révolutionnaires, voire contre la menace
d'embrigadement militaire, pas pour la retraite à 60 ans.
Mais
gare de ne pas sous-estimer la phrase de Lénine au début de cet
article. Atout moment le prolétariat reste dangereux et on peut le
retrouver là où on ne l'attendait pas.
NOTES