"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

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mercredi 28 août 2013

LA FIN DE LA MYSTIFICATION DE LA RETRAITE





(et de la mystification du temps libre)

LA RETRAITE UNE MORT SOCIALE

De Anne-Marie Guillemard (ed du CNRS 1972)

Tout en se basant sur de multiples travaux antérieurs d’autres sociologues, l’auteur décrit la réalité moderne de la « mise à la retraite » comme autre chose que le « repos mérité » vanté par tout le mouvement ouvrier, vieille auto-mystification commune à tous les lutteurs du prolétariat et aux saltimbanques politiciens bourgeois. La retraite envisagée à la fin du XIXe siècle pouvait se justifier comme repos mérité pour une classe ouvrière tôt exténuée et brisée biologiquement à la tâche pénible et aux longues heures de travail quotidiennes ; en outre le retraité pouvait rester dans son milieu d’origine, garder ses relations de travail à proximité. Les manifestations et  les débats politiques restaient ouverts aux vieux dont l’expérience était respectée… La retraite était pourtant déjà aussi un enterrement social « réformiste », plus préparation du corbillard qu’ouverture vers un avenir de liberté, de santé et de liberté. La retraite était déjà contre-révolutionnaire en ce qu’elle coupait le prolétaire de la vie de la cité. L’analyse scientifique, pourvue de nombreux tableaux et statistiques, de Anne-Marie Guillemard, est brillante et iconoclaste, elle eût pu tout à fait être rédigée par Marx (qui n’a pas eu le temps d’aborder le problème), lequel s’est éteint jeune le pauvre, à la petite cinquantaine.
La question des retraites inflationnistes est devenue comme le fameux trou récurrent de la Sécurité sociale, un sujet d’inquiétude feinte (pour votre bien) de la part des gouvernants et de leurs journalistes. Il faudrait « sauver les retraites », celle « par répartition » en premier lieu, c'est-à-dire la plus pourrie celle qui autorise les pires inégalités entre (avantagés) du public et laissés pour compte du privé, celle qui permet qui permet que certains et certaines n’ayant pratiquement jamais travaillé en France touchent la même petite pension que ceux et celles qui ont donné au moins trois décennies de leur vie à l’exploitation salariée, celle qui permet des pensions exagérées à l’encadrement industriel, commercial et syndical. Bref un foutoir. L’intérêt du livre de AM Guillemard  ne porte pas sur ces inégalités, ni sur la mystification qui prétend que les femmes sont toujours les plus défavorisées, mais explique sur le fond l’aliénation doublée de solitude extrême que représente la retraite pour le prolétaire, femme comme homme. Rédigée en 1972 cette enquête reste complètement actuelle et peut encore moucher le nez aux militants de tous poils, qui tentent de survivre en prolongeant leur militantisme comme une activité de retraité, c'est-à-dire de figurants dans la hiérarchie des appareils naturellement rajeunis, où sauf rares exceptions seuls un ou deux caciques peuvent encore prétendre mener le bateau. A la veille de nouvelles promenades syndicrates, avec gros du troupeau composé des retraités avantagés du public, une véritable réflexion sur la mort sociale que constitue la retraite, ce faux acquis du capital ascendant, s’imposait, rétroactivement[1]. Si toutefois ces monotones et pittoresques comédies syndicales ne sont pas balayées par l’indifférence du peuple prolétaire et les conséquences de l’intervention impérialiste dans la Syrie dégoulinante de sang… Les annonces du gouvernement « socialiste » fin août concernant les aménagements prévus pour 2025 ou 2030 nous ont fait crouler de rire, ledit gouvernement aura alors disparu depuis grosse lurette et certains ministres seront décédés : la gauche au pouvoir c’est la continuité de la droite elle-même continuité de la gauche ; les dirigeants bourgeoises s’empêtrent et s’entêtent à se refiler sans cesse la patate chaude qui va finir par refroidir ou en brûler quelques uns !
Adresse aux jeunes donc qui se croient immortels : l’espèce humaine est mortelle, avec ou sans capitalisme, un jour on ne voudra plus de vous au travail ; un jour vous apprendrez que vers la cinquantaine le cancer du sein et celui de la prostate vont toucher la plupart d’entre vous, bien avant que les pourris qui gèrent l’Etat bourgeois aient complètement siphonnés les « caisses » de… retraite. C’est programmé.

« … dans les civilisations traditionnelles règne une périodisation qui identifie le dernier âge au temps du plus grand épanouissement de l’homme et du plus grand pouvoir (…) dans nos sociétés s’est opéré un renversement de l’échelle d’âge : aujourd’hui vieillir, c’es déchoir.
Le fait d’avancer en âge ne correspond plus aujourd’hui, à l’image de l’homme qui s’accomplit : d’une part, parce que l’augmentation de l’espérance moyenne de vie (grâce aux progrès de l’hygiène et de la médecine) ne fait plus de la longévité une caractéristique digne d’égards, d’autre part, parce que le renouvellement rapide des connaissances ne permet plus aux personnes âgées de tenir un rôle de conseiller (dans la société traditionnelle, la vie était l’école permanente dans la mesure où la presque totalité des savoirs et des savoir-faire était de nature empirique : le vieillard était alors source de connaissances, car il accumulait constamment des capacités nouvelles). Puisque dans notre société industrielle vieillir n’est plus s’améliorer constamment, il n’y a plus d’échelle d’âge, elle perd toute signification. Il n’y a plus que des étapes très distinctes et totalement discontinues.
Notre société se caractérise par une ségrégation des groupes d’âge plus poussée que jamais. Cependant une mise à part est toujours ambiguë, elle peut signifier distinction ou discrimination. Dans notre contexte culturel, alors que la jeunesse est improductive mais porte en germe les promesses d’une future productivité en acquérant une formation théorique préalable dans les institutions d’éducation, alors que les adultes participent au travail collectif, aucune fonction positive n’est attribuée à la vieillesse. La mise à l’écart correspond à un rejet. La dernière étape de la vie est définie par l’oisiveté. La mise à la retraite marque le début de la discrimination. L’institution de la retraite obligatoire à âge chronologique fixe est donc un élément de la politique ségrégative de notre société. (…)
La retraite est repos mérité. Face aux impératifs du système de production, les travailleurs organisés ont réclamé la couverture de leurs besoins, à partir d’un certain âge, par la collectivité sociale, sans contrepartie de nouvelles prestations, mais en échange des efforts de toute une vie. La fraction active s’est engagée à prendre à sa charge l’entretien des inactifs. Le droit au repos est donc un acquis de la revendication ouvrière. Mais dans le moment même où la retraite assurait certaine garantie contre la misère, elle institutionnalisait la perte de capacité des vieux travailleurs et leur dévalorisation. Les travailleurs, à l’instant de leur cessation d’activité, vont découvrir la contradiction entre une civilisation qui valorise essentiellement le travail, la productivité, et ce temps libre qu’on leur accorde qui risque de n’être plus qu’un temps vide à leurs yeux. (…)
La retraite est aussi la vieillesse. En effet, définir la retraite par le non-travail ne nous donne pas les moyens de la distinguer des loisirs. La dimension vieillesse doit être prise en compte dans la définition de la retraite d’autant plus que l’éloignement du milieu de travail constitue un palier décisif dans le processus de vieillissement. (…)
Dans une logique capitaliste stricte, un acteur social est un agent producteur disposant de sa force de travail. Lorsqu’il n’est plus reconnu comme agent producteur, il n’existe donc plus en tant qu’acteur social. Le seul sens social qui lui reste est l’allocation qui lui est versée par la fraction active de la société au nom du droit au repos acquis par la revendication ouvrière, et les ressources matérielles et intellectuelles qu’il a pu épargner. En conséquence, si, pour le travailleur actif, nous appelons capacité de travail présente ce qui correspond à la réappropriation par le travailleur d’une partie du produit de son travail en vue de la reproduction élargie de cette capacité, nous dirons que l’acteur social retraité se définit par sa capacité de travail réalisée, et que celle-ci correspond à la partie épargnée des ressources consacrées à l’entretien de la capacité de travail passée.(…)

CYCLE DE VIE ET EVOLUTION DU SYSTEME DE RELATIONS SOCIALES

… la vie tourne autour de deux mondes, le monde du travail et le monde familial. Une fois quitté le premier, seul le second peut assurer l’équilibre social et personnel. Les issues sont alors : accentuation des relations familiales ou isolement. Il faut remarquer que ce raisonnement repose sur une hypothèse qu’il reste à démontrer : il faut une certaine densité de communication, une certaine intégration communicative, pour qu’il y ait équilibre personnel et adaptation harmonieuse. Cette densité indispensable est obtenue dans la première phase de la vie par l’action des institutions qui ont une fonction de socialisation : école et famille. Dans la vie adulte, c’est le travail qui confère pour l’essentiel son statut à l’individu, celui-ci étant inséré dans un réseau dense de communication. Lorsque l’individu cesse son activité rémunérée, non seulement son réseau de communication s’appauvrit, mais également sa position dans la société n’est plus nettement définie.(…) En effet, l’industrialisation a désintégré la famille patriarcale fondée sur un système vertical, et dont les anciens étaient le point d’appui. Aujourd’hui la famille a été réduite à sa dimension biologique : il s’agit d’unité conjugale, et par conséquent au moment où les enfants quittent le foyer, le couple perd l’attache familiale. Si le monde professionnel s’évanouit également, on voit facilement s’engager un processus de rétrécissement pouvant aller jusqu’à la rupture entre l’individu et le système social. Ainsi, une des issues, et non la moindre, de la transformation du système de relations sociales peut être l’isolement. (…)
Dans des conditions normales (bonne santé et indépendance financière relative) le vieillissement s’accompagne d’un éloignement ou désengagement réciproque de la personne qui vieillit et des autres membres du système social dont elle fait partie. L’éloignement peut être provoqué soit par l’intéressé lui-même, soit par d’autres membres de ce système. Une fois le désengagement achevé, l’équilibre qui existait pendant l’âge mûr entre l’individu et la société a fait place à un nouvel équilibre caractérisé par un éloignement plus grand et par une solidarité fondée sur une base différente. Ainsi, au fur et à mesure que le champ social se rétrécit (les pertes que subit l’individu, aussi bien sur le plan personnel que sur le plan social, commencent à dépasser son aptitude à les réparer et l’inévitabilité de la mort prend un caractère de plus en plus contraignant), l’individu intègre sa nouvelle situation en se détachant du monde, construisant une « intimité à distance » vis-à-vis des êtres chers, vivant dans l’introversion et remplaçant l’action présente par les résidus symboliques des actions passées (les souvenirs). Le processus de désengagement est occasionné par une modification fondamentale du système de valeurs privilégié par l’individu.
Ce dernier se détourne de la réussite comme valeur centrale et lui substitue l’affectivité. Si cette phase délicate est dépassée, si la crise de la personnalité est résolue, l’homme désengagé « devient libre ». Car si l’homme prend ses distances à l’égard de la société, réciproquement la société s’éloigne de lui. Elle le libère des contraintes et des pressions normatives. On retrouve ici une théorie du cycle de vie, mais axée cette fois sur la personnalité sociale et non plus sur le système de relations sociales. La socialisation conduirait l’enfant à renoncer à son individualisme et à se conformer aux exigences normatives de la société, tandis que par le processus réciproque les individus âgés se verraient autorisés à retourner à l’individualisme, refusant les tâches sociales pesantes et trouvant leur satisfaction dans les autres possibilités offertes principalement dans le domaine affectif.  Cette théorie a le mérite d’évoquer la relation entre système social, personnalité et processus biologique en tant que réalité vécue (conscience de la mort). Il faudrait élargir et systématiser cette analyse. Elle ouvre le champ à une interprétation des conduites des retraités en termes de résolution, avec ou sans crise, du processus de désengagement. Mais la fermeture progressive du sujet au monde extérieur (désengagement), son attitude à l’égard du changement, son sentiment d’anomie, son niveau de satisfaction, son angoisse de la mort, sont l’expression, en termes de conduites et de représentations de l’évolution biologique, du vieillissement. (…)

PRATIQUES DE RETRAITE ET EVOLUTION DES STRUCTURES SOCIALES

On a vu que le procès de croissance et de vieillissement, comme le rapport entre travail et non-travail, sont définis par le système de valeurs de la société considérée, et prennent un sens différent en fonction de l’évolution socio-culturelle. Alors que dans une phase précapitaliste la vieillesse est source de pouvoir[2] et accumulation de connaissances, dans une société productiviste axée sur le travail, la retraite signifie à la fois mise hors circuit d’un élément peu rentable et non-activité reconnue par la société. On peut imaginer un autre modèle sociétal qui ne serait plus axé sur le travail mais sur le non-travail, c'est-à-dire sur la consommation. Le sens de la retraite serait alors modifié fondamentalement. La retraite deviendrait « vraie vie de loisirs », avec pour seule limite les ressources physiologiques et économiques du sujet. Nous passerions donc, avec l’évolution de nos sociétés sur le plan social et économique, d’une retraite mise à l’écart à une retraite de loisirs[3]. Enfin, dans une société qui ne serait pas ségrégative et n’attribuerait pas à chaque étape de la vie une fonction improductive ou productive, il n’y aurait pas de retraite, mais une nouvelle forme d’activité[4]. Dans cette société, accumulation de savoirs, travail et non-travail ne seraient pas séparés mais constitueraient les éléments d’un processus d’ensemble indissoluble. Chaque forme d’activité serait adaptée aux caractéristiques propres du stade biologique atteint, et la dernière phase de la vie correspondrait à ce qu’on appelle (souvent d’une manière ambiguë), le troisième âge. (…)

CONTENU DE CHACUN DES TYPES DE PRATIQUES THEORIQUES
Type I : la retraite-retrait
Contrairement aux autres types de pratique le seul niveau d’orientation sociale en rend compte entièrement. (…) Dans le cas de la retraite-retrait, tout se passe comme si l’acteur ne se définissait plus qu’en termes de nature humaine, comme s’il n’était plus que le support d’un processus biologique. Il est alors totalement coupé de sa situation sociale. Le non-travail se traduit pour lui par une expulsion de la société. Il n’est plus question pour lui de participation à une production collective ou d’appropriation collective. Son comportement n’est plus social, il est naturel ; et ce comportement univoque le définit totalement. Sa consommation est pure consommation de survivance, elle n’est plus liée qu’à des besoins naturels, excluant toute satisfaction de besoins sociaux ou la reproduction élargie de la force de travail. Les comportements quotidiens liés à cette pratique seront presque exclusivement constitués d’actes réflexes destinés à l’entretien de la vie (se nourrir, dormir, faire sa toilette…). Nous n’observerons aucune conduite exprimant une quelconque insertion sociale (participation à une association, contacts sociaux, activités paraproductrices…). Le champ social est réduit à l’extrême et le biologique domine l’ensemble des conduites.(…) La vie quotidienne du retraité-retrait est rythmée par l’alternance des activités nécessaires à l’entretien du biologique et de larges temps morts où l’on attend que vienne l’heure de l’activité fonctionnelle suivante. (…)[5]
Type II : la retraite-troisième âge
Dans ce cas, le passage du travail au non-travail correspond au passage d’une activité productrice, institutionnellement définie, à une nouvelle forme d’activité créatrice socialement reconnue. Le retraité-troisième âge s’adapte à sa nouvelle situation en s’insérant dans l’organisation sociale telle qu’elle lui est donnée. C’est en cela que nous pouvons interpréter son comportement en termes de rapport à l’organisation sociale. Cependant cette pratique ne vise pas à l’appropriation de produits réalisés mais introduit des effets nouveaux dans le champ social. Elle est créatrice. Ces comportements paraproductifs sont généralement issus de centres d’intérêts anciens qui, tout naturellement, prennent la place de l’activité principale au moment de la mise à la retraite. Ils peuvent être très divers d’un individu à un autre (activité de création artistique ou littéraire, interprétation musicale, recherches techniques personnelles, collection de timbres, jardinage…). Mais ils ont pour caractéristique commune de structurer la totalité de l’activité du sujet, exactement au même titre que l’activité professionnelle passée. C’est en fonction de cette nouvelle occupation, également régie par des systèmes de normes sociales (qui accordent une certaine position dans la structure sociale et précisent le contenu des attentes du groupe), que le retraité se définit entièrement.(…)
Type III : la retraite-famille et la retraite-loisirs
(…) La pratique famille correspond à un ensemble de conduites traditionnelles. Le retraité, ne contribuant plus à la production collective, retrouve son rôle de point d’appui du système des relations parentales et continue à s’approprier, par la médiation du milieu familial fermé, des valeurs sociales et culturelles et des biens matériels. Cette pratique prend donc son sens en fonction de l’organisation sociale, puisqu’elle privilégie l’insertion dans les structures familiales institutionnalisées. Elle se définit d’autre part en termes de consommation dans le cadre de la communauté familiale. (…)
La pratique loisirs est centrée sur la consommation de masse. Dans une société industrielle développée, se caractérisant par une relative abondance, la situation des individus n’est plus seulement définie en termes de participation  à un travail collectif, mais aussi par leur intégration à la société en tant que consommateur. Dans ce cadre, le passage du travail au non-travail va donc consister à abandonner le rôle de producteur, au profit d’un renforcement du rôle de consommateur (…) un marché du troisième âge.
Type IV : la retraite-revendication
Cette pratique[6] est centre sur le rapport établi entre être biologique et être social et cherche à le transformer[7]. Ceci se traduit notamment par le refus de la place qui est faite aux vieillards dans notre société. Le fait d’être mis au rebut, d’être considéré comme indésirable alors qu’on a rempli son devoir envers le corps social et gagné el droit au repos est contesté. Toutes ces revendications s’appuient sur la prise de conscience du fait que les retraités représentent un groupe d’âge solidaire, ayant des intérêts propres, et manifestent la volonté de se définir en tant que communauté pour défendre ses droits vis-à-vis du reste de la société[8].

DE LA NON-REPRODUCTION DE LA FORCE DE TRAVAIL A LA PRODUCTION D’UNE MORT SOCIALE
(…) D’ores et déjà, les résultats obtenus ont un certain nombre d’implications, d’une part dans le cadre d’une réflexion théorique sur la dernière étape de la vie, d’autre part au niveau de l’élaboration d’une politique sociale du troisième âge. En ce qui concerne la réflexion théorique, nous pouvons, à travers les résultats de cette étude, formuler certaines lois du comportement en situation de retraite. Au niveau de l’explication des pratiques sociales des retraités, nous avons pu dégager deux régularités fondamentales.
D’une part, lorsqu’un acquis a pu être constitué au cours de la vie active, lorsque certaines ressources ont pu être épargnées, on observe le maintien d’un certain niveau d’activité sociale, le type d’activité maintenu étant marqué par la situation matérielle, sociale et intellectuelle qui a été constituée au cours de la vie de travail : lorsque des potentialités ont surtout été accumulées, on observera l’actualisation d’une retraite troisième-âge ; lorsque des biens ont été accumulés, on observera l’actualisation d’une retraite-loisirs ; lorsque seuls des niveaux conflictuels de ressources subsistent, on observera des conduites dont le sens est la participation ou la revendication.
D’autre part, si un acquis suffisant n’a pu être constitué pendant la période active de l’existence, on assiste, au moment de la retraite, à une paralysie progressive de toute l’activité sociale du sujet, à son repli sur l’être biologique. Nous avons nommé cette pratique la retraite-retrait, mais il serait plus conforme à la réalité observée de la nommer mort sociale. Une existence qui se réduit à des actes réflexes destinés à l’entretien du corps, à l’immobilisme, à l’isolement, à une absence de projection vers le passé ou l’avenir, équivaut à l’envers de toute existence sociale, à la présence de la mort.
Le plus préoccupant est que cette conduite typique est apparue avec la plus haute fréquence dans notre population. (…) Pourtant une analyse en profondeur des mécanismes de détermination de la retraite-mort sociale permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles cette pratique est la plus attestée dans la réalité. Si, pour actualiser une pratique loisirs, famille ou troisième âge l’on doit cumuler des ressources sur plusieurs dimensions, dans le cas de la retraite-retrait la simple présence de certains éléments négatifs parmi les ressources conduit irrémédiablement à son actualisation. Ainsi, le fait d’avoir effectué des tâches de pure exécution dans le procès de production fait tendre la pratique de retraite vers une mort sociale, même si l’état biologique et le niveau des allocations touchées sont satisfaisants. En revanche, un haut niveau de revenu ne suffit pas pour se réinsérer dans la société dite de consommation. Pour pratique une retraite-loisirs, il faut non seulement disposer d’un bon niveau de revenu, mais aussi être en bonne santé. Il faut de surcroît s’être constitué un large réseau de relations sociales au cours de sa vie active, et que celui-ci n’ait pas été trop amputé par l’avance en âge. Si certaines de ces dimensions ne sont pas présentes, il est peu probable que le retraité actualisera un retraite de ce type. On pourrait faire les mêmes remarques pour les retraites-famille ou troisième âge[9]. Elles impliquent toutes deux que l’on cumule des ressources sur plusieurs dimensions pour être actualisées. (…)
Au fur et à mesure de l’avance en âge, le jeu des déterminismes sociaux se fait plus étroit et les chances de mobilité sociale et de conduites en rupture deviennent plus restreintes, sinon inexistantes. La vieillesse est alors la phase de la vie consacrée à la pure reproduction des comportements déjà appris. Le moment où la possibilité d’émergence de nouveaux rapports sociaux, où l’introduction de nouveaux modèles de conduites productrices ou consommatoires est compromise.
La vieillesse est le moment de rigidification des conduites. Il ne s’agit pas de la rigidité, souvent évoquée, qui trouve sa source dans un phénomène naturel : l’involution biologique, phénomène général dont les seules variations, enregistrées d’un individu à l’autre, seraient sa précocité ou son aspect tardif. Il s’agit d’une rigidité dans les conduites introduites par le jeu cumulatif des déterminismes sociaux, qui ne permet plus que la reproduction détériorée des comportements déjà appris. Les effets de la formation acquise dans l’enfance au sein de la famille ont été redoublés par l’Ecole, qui supposait cette formation préalable, pour conduire à un certain niveau d’appropriation du capital culturel (symbolisé par le niveau d’instruction). L’action de la situation de travail a consacré, par ses sanctions, ces déterminations initiales en transcrivant le capital culturel en capital économique, et en ses corrélatifs : pouvoir et relations sociales, ainsi qu’en un certain système de dispositions à l’égard du temps libre.
Au niveau terminal de l’évolution, la retraite ne peut plus être que reproduction des comportements déjà appris et des inégalités initiales. Il est de plus en plus difficile, étant donné que les retraductions sont soumises aux mêmes lois que celles qui présidaient à la répartition initiale du capital économique et culturel entre les classes, de briser le cercle qui fait que les biens et les aptitudes vont à ceux qui possédaient déjà des ressources.
C’est cette longue chaîne de déterminismes sociaux qui fait qu’à chaque étape de la retraduction de la hiérarchie culturelle, sociale et économique, celle-ci se voit renforcée et les écarts creusés. Le moment de la retraite est alors le moment de la consécration des inégalités sociales. Les contrastes sont rendus encore plus apparents, dans cette dernière phase de la vie, entre les plus démunis et les autres. Ainsi telle existence qui nse définissait en termes de simple reproduction de la force de travail , au niveau de la vie active, apparaît comme une non-existence, une mort sociale, au niveau de la situation de retraite, alors que le cadre salarié, plus favorisé, verra généralement un certain niveau de son activité sociale préservé. Remarquons que les retraductions successives, avec l’avance en âge, des processus sociaux de différenciation qui conduisent à leur redoublement en situation de retraite, constituent cette dernière en une zone privilégiée d’observation de la société pour le sociologue. Il se trouve dans une situation quasi expérimentale pour démonter les mécanismes sociaux de marginalisation en même temps que ceux de reproduction du système.
Nous avons vu que, dans cet enchaînement de déterminations sociales, qui constitue l’histoire individuelle d’un sujet et par laquelle une société reproduit son ordre social, il est une étape particulièrement importante en regard des pratiques de retraite : la place occupée dans le processus de production, retraduction plus ou moins fidèle ou déformée de la place occupée dans le système culturel. Elle conditionne aussi bien le rapport que l’on entretient avec son travail que celui que l’on entretient avec son temps libre, en même temps qu’elle commande en partie la vitesse d’évolution du processus de vieillissement. En effet, si le vieillissement, en tant que variable explicative, est souvent arrivé aux premiers rangs des facteurs déterminants dans les modèles explicatifs proposés, ce n’est pas en tant que phénomène naturel mais en tant que facteur social. En expliquant une partie des conduites des retraités par le degré de leur vieillissement biologique, nous n’avons pas recouru à une analyse naturaliste du type de celle que nous avions récusée en élaborant notre problématique (analyse des conduites des personnes âgées par une nature : la vieillesse). Nous avons seulement pris en compte une des multiples retraductions du facteur social explicatif fondamental des conduites de retraite : la situation de travail.
En effet, nous avons pu montrer que la situation de travail exerce un effet direct important sur les pratiques de retraite, mais qu’elle agit également très largement, d’une façon souterraine, par la médiation de certaines de ses retraductions (revenu, environnement social, vieillissement), celles-ci venant multiplier et transformer son effet initial.
En mettant à jour l’hétérogénéité des pratiques de retraite, en montrant que la pratique de retraite la plus attestée dans la réalité est la mort sociale, en faisant apparaître que l’actualisation de ces pratiques est liée à des mécanismes sociaux fondamentaux, nous avons du même coup mis en évidence certains mécanismes généraux de production de la mort, qui, s’ils opèrent d’une façon régulière pour la catégorie sociale des retraités, peuvent certainement être attestés aussi pour d’autres catégories. Ainsi, dans certaines conditions, le processus de cessation d’activité, qui interrompt la nécessité sociale de reproduction de la force de travail, est en fait un processus de production de la mort.
Or,  ce qui est frappant, c’est que les conditions dans lesquelles, en situation de retraite, la vie sociale n’est pas reproduite, ne sont pas des situations marginales. Il ne s’agit pas de « ratés » du système mais d’un processus général d’une grande régularité. Ce n’est pas la marginalité, l’absence de coopération au sein de la production collective qui mènent à la négation de toute existence sociale. Ce sont, au contraire, une place définie dans le processus de production, une certaine position dans le système culturel, qui conduisent inéluctablement à la mort sociale.
Pour les classes sociales défavorisées, la retraite équivaut à la mort sociale selon un processus général dont nous avons essayé de définir les principales articulations. On pourrait cependant nous objecter que le vide sociale que nous avons nommé mort, puisque le sociologue ne peut saisir la mort qu’en creux, par « l’absence » (absence d’activités sociales, etc.), n’est en fait que le revers de la sagesse, d’une vie intérieure intense que les outils du sociologue ne permettent pas de saisir. Il nous a semblé pourtant, à travers cette étude que la retraite-retrait n’était pas une pratique empreinte de sérénité, qu’elle était plutôt vécue par les intéressés d’une façon conflictuelle, d’une façon dramatique même, parfois. Pour ceux qui la vivent, la retraite-retrait est une période de crise marquée par la vie de travail et fixée sur l’horizon de la mort. Le rappel des résultats de cette étude – l’importance au sein de la population des retraités-retrait, le fait que cette retraite-mort sociale est produite par un long enchaînement de déterminisme sociaux – devrait tendre à renverser l’ensemble des principes d’action généralement adoptés à l’égard des problèmes des personnes âgées.
Elaborer, comme on le fait aujourd’hui, une politique sociale pour personnes âgées en se limitant à des actions sur les conditions de vie de la population retraitée ne peut conduire quà un aménagement extrêmement partiel de la situation. Ce n’est qu’an agissant sur le montant et la nature des ressources accumulées au cours de la période productive de l’existence qu’il sera possible d’apporter des solutions aux problèmes des personnes âgées.
C’est en modifiant les données de la vie de loisirs et de travail des actifs, en intervenant en amont, que l’on pourra exercer la seule action de redressement profonde et efficace. Et c’est d’une façon plus globale, dans la mesure où nous avons pu voir que les types de pratique de retraites n’étaient que l’expression des tendances sociales générales, en gérant d’une façon plus adéquate les rapports entre travail et non-travail, entre nature et culture, que l’on pourra donner un contenu, un sens autonome, à cette étape de la vie.


[1] Dans le même sens que ce que je décrivais dans mon livre sur l’aristocratie syndicale et leur ridicule comédie sur la lutte en carton pâte pour « les retraites » et jamais la retraite.
[2] C’est encore le cas dans les régimes staliniens et musulmaniaques.
[3] Hypothèse vraiment farfelue et anticommuniste de cette auteure car depuis les Dumazedier et Crozier des sixties jusqu’à Michel Rocard, la théorie de la « retraite loisirs » n’est que supercherie sauf pour les cadres retraités et les adhérents à la CCAS d’EDF et Cie.
[4] Là oui bravo, idée d’inspiration communiste, mais pas goulaguienne !
[5] Internet n’existait pas encore, il est devenu une échappatoire relative pour de plus en plus de retraités, sans vraiment empêcher  la solitude, et participe d’un rite informatif guère plus évolué que la fidélité horlogère au « vingt heures » de la téloche antique.
[6] Typique des militants syndicaux et gauchistes à la retraite…
[7] Mon œil ! Défiler et boire le pastis après-coup tel est l’ultime but de ces suivistes.
[8] Ce que je nomme le ghetto gériatrique, corpo et syndicrate.
[9] On peut faire les mêmes remarques (en pire) pour le chômeur !

jeudi 29 juillet 2010

NI CHOMEUR INDEMNISE NI RETRAITE ! CREVEZ LA GUEULE OUVERTE !


RECULER LA RETRAITE = PROLONGER LA MENACE DU CHOMAGE

Le secret de la saloperie gouvernementale du recul de l’âge de la retraite est enfin dévoilé : c’est accroitre le nombre de chômeurs sans défense et dont les syndicats se battent les couilles !
On nous amuse cet été avec la surexposition des actes de violence et la focalisation sur les Roms boucs émissaires. On fait passer le temps avec le scandale Bettencourt qui n’est tout au plus qu’un feuilleton puant le fric pour éloigner de l’essentiel, la politique drastique d’attaque sans vergogne par le gouvernement d’une classe ouvrière impuissante, non représentée et en état de catatonie vacancière.
Le plus scandaleux reste toujours opaque : comment indemniser a minima et ne pas laisser crever de faim chômeurs plus nombreux et retraités encombrants ? Pour éviter le plus génial : l’attaque révolutionnaire des grands centres administratifs de l’Etat, de ses syndicats et partis politiques !
La presse d’Etat feint l’étonnement avec un cynisme sans nom : «La réforme des retraites va-t-elle augmenter la facture de l'indemnisation pour l'assurance chômage ? Certainement, si l'on en croit une étude de Pôle emploi sur l'impact financier pour l'Unedic du report de 65 à 67 ans de l'âge de départ avec une pension complète même si l'on n'a pas suffisamment cotisé.
Actuellement, tout demandeur d'emploi âgé de 61 ans peut, sous certaines conditions, demander le maintien de son allocation chômage jusqu'à ses 65 ans s'il n'a pas le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d'une pension complète. Environ 9500 personnes sont dans ce cas, cette année, et dépendent donc de l'assurance chômage et non pas de la caisse d'assurance vieillesse. Montant de la facture pour l'Unedic : 80 millions d'euros. Le report de la retraite à taux plein même avec une carrière incomplète de 65 à 67 ans entraînerait une hausse du nombre de bénéficiaires et générerait un surcoût annuel de 265 millions d'euros, selon l'Unedic. Ce n'est pas tout. Le report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans aurait également des conséquences financières pour l'assurance chômage dans un pays où les entreprises se débarrassent volontiers de leurs salariés les plus âgés et ne sont guère enclines à recruter des seniors. Un chiffrage doit être fourni aux partenaires sociaux en septembre ».
Voilà donc ce qui est dans l’escarcelle du gouvernement pour la « négo » avec les syndicats en septembre : le jeu des vases communiquants ! Outre que les syndicats n’ont rien à proposer ni à opposer, cette proposition d’alléger les caisses de retraite pour pomper celles de l’Unedic, se double d’un mensonge culotté des médias : « Avec le recul de l'âge de départ, des salariés âgés sans emploi partiront plus tard et seront donc indemnisés plus longtemps ». C’est se foutre carrément de la gueule du monde ! Malades, handicapés, leurs longs séjours au chômage les ayant complètement démoralisés, les nombreux travailleurs « malchanceux » vont en effet vivre jusqu’à 99 ans d’amour et d’eau fraîche sur une chaise roulante !
Le sous-fifre de Sarko, Laurent Wauquiez, le secrétaire d'État à l'Emploi ment encore et toujours sur le changement (impossible) de mentalité des patrons à l’égard des « vieux » travailleurs ; et une pouffiasse quelconque, méprisable bourgeoise planquée, Marie-Claire Carrère-Gee, la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi dit aux seniors de se démerder : z’ont qu’à imaginer un système de bonus-malus des cotisations chômage !
Ainsi face à la lâcheté de la gauche bourgeoisie et à la débandade des collabos syndicaux, le gouvernement continue son bourrage de crâne. En prétendant vouloir résorber les déficits par le recul de l’âge de la retraite, il se démasque en révélant que ce n’est qu’un jeu de chaises musicales :
1. Il reporte le problème d’une caisse d’Etat vers une autre plus apte à « économiser » au goutte à goutte contre des ouvriers sans défense !
2. Il fragilise encore plus les vieux travailleurs car « reculer la retraite » c’est prolonger l’inquiétude et la « névrose » du chômage !
3. Il terrorise les travailleurs plus âgés car, à la différence de la retraite, où la pension tombe tous les trois mois, sécurisante ; au chômage l’Unedic peut te rayer à tout moment des listes des « mendiants indemnisés » et te jeter à la rue sans ressources !
4. Il sait très bien qu’il est plus facile de radier un chômeur que de sucrer une retraite, et que l’Unedic peut équilibrer ses comptes en multipliant les provocations imparables : au bout de trois refus d’un emploi de merde, c’est un poids de moins pour la principale caisse radine de l’Etat !
5. Cette histoire de retraite partielle à 61 ou 62 ans et possiblement complète à 67 ans, signifie le refus d’accepter les chômeurs à la retraite, en espérant qu’ils seront crevés avant !

UNE STRATEGIE D’HUMILIATION DES PROLETAIRES

En réalité, globalement, « pôle emploi » n’a rien à proposer de sérieux aux travailleurs de 50 à 70 ans. Il faut au « mendiant assisté » passer devant une série de gugusses fonctionnaires impuissants, parfois désagréables, et souvent humiliants :
- justifie que tu cherches du boulot ! Reconnais qu’en attendant la société fait un effort pour toi ! Mais nos efforts ne sont pas éternels ! Toi, ancien technicien de maintenance, toi ex-ingénieur-conseil, tu t’es permis de refuser par trois fois un emploi de livreur de pizza, puis un emploi de laveur de carreau et enfin un emploi de service à la personne… comment veux-tu que la société puisse continuer sans déficit avec des gens comme toi ?
- tu viens te plaindre de ton isolement et de ton angoisse, mais qu’as-tu fait pour en sortir ? Tu t’es laissé aller à boire et à dormir, et tu imagines qu’on ne peut pas liquider ton dossier ! Tu rêves ou quoi ?

PREMIERE CONSEQUENCE DU RECUL DE LA RETRAITE : L’EXPLOSION DU CHOMAGE NON INDEMNISE

Les « vieux » travailleurs étaient déjà nombreux à être rejetés par l’industrie sarkozienne - pas besoin de se soucier des lois votées par les nobles parlementaires ni de supputer un coup d’arrêt par les promenades syndicales à la rentrée – le chômage va exploser dans l’individualisation des cas. La force de la bourgeoisie est d’isoler les travailleurs « malchanceux » comme elle a émietté les grandes concentrations industrielles depuis 30 ans.

Une véritable société humaine aurait fait cesser ce chantage perpétuel à la faim et à la misère pour tous ceux qui sont victimes de « la crise » ou des « patrons voyous », on partagerait, on ne laisserait pas dans l’isolement suicidaire… mais je m’égare, il faut d’abord une révolution sanglante pour déloger les pourritures bourgeoises et leurs gangsters armés, et le prolétariat n’a pas assez bouffé de vache enragée encore (bien qu’on soit en passe de lui resservir des farines animales). Il est reproché à cette masse de bestiaux modernes, par la féodalité bourgeoise, de persister à vivre plus longtemps et de prétendre tenir debout avec « des droits humains » au-delà de 70, 80 ans. Le plus suave des excrétions de l'oligarchie bourgeoise est que ces reproches proviennent des despotes gérontocrates gouvernants derrière les jeunes loups industriels de l’équipée Sarkozienne; dont Mme Bettencourt n'est que la généreuse "fleur".

Oui plus l'âge de la retraite est repoussé, plus il y aura de chômeurs à indemniser plus longtemps. Oui plus l'âge de la retraite sera repoussée plus il y aura d'arrêt-maladies et d'ALD à indemniser plus longtemps. Oui plus l'on partira tard à la retraite, moins l'on aura d'année en "bon état" à vivre sans retraite au final!
Sire, ce n’est pas de la retraite donc que nous avons besoin, mais bien d’une révolution, très sanglante !
Quand est-ce qu’on manifeste en masse après avoir commencé par casser la gueule aux militants syndicaux ?

mercredi 26 mai 2010

POURQUOI VOUS ALLEZ FAIRE GREVE POUR RIEN DEMAIN ?


De l'augmentation? Vous n'y pensez pas,
vous qui n'avez plus que dix ans à
attendre pour la médaille du travail
à ruban tricolore!



Curieux titre de Libération aujourd’hui sur la question de la retraite : « Les ouvriers paieront l’addition » !? Que vient faire cette notion d’ouvriers maintenant qu’il est convenu pour tout journaliste ou sociologue que l’ouvrier n’existe plus ou qu’en tout cas les « manuels » ne sont plus que quantité négligeable parmi les prolétaires ? En général tous les prolétaires « exécutants » paient l’addition en termes de profits pour les patrons privés et d’Etat, et en conséquences dommageables pour leur santé physique et mentale. S’agit-il alors d’en appeler à soutenir la grève inter-professionnelle programmée pour demain ? Cette pauvre journée d'action ultime, montée de bric et de broc par les syndicats CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires, comme dernière agitation pour la galerie avant l'annonce de la réforme, prévue autour du 20 juin.
Le ministre Woerth aurait « lâché le morceau » : la retraite à 60 ans c’est fini. Le pauvre naze syndical Bernard Thibault ne fait pas le fier non plus : « c’est évident que nous jouons une grosse partie jeudi » (demain ndlr) ; il sait qu’il peut rassurer Sarkozy sur le peu de danger de lendemain de cette journée pépère, dans leur machiavélique division du travail, les syndicats, main dans la main avec le gouvernement, peuvent se reposer sur la disparité des régimes de retraite ; par exemple les régimes spéciaux SNCF ne seront attaqués que plus tard…
De quoi est-il question avec une telle journée de grève inter-professionnelle ? De rien.
La retraite est présentée comme une affaire « française » selon le barométrie nationale, 57% des Français restent attachés à la retraite à 60 ans, contre 41% qui estiment qu'il est "logique" que l'âge de départ à la retraite soit repoussé au-delà de 60 ans. Il n’est nullement question de mettre dans la balance les douteux sauvetages des banques et l’enfoncement du capitalisme dans la crise. Même les gauchistes et les syndicats, en hurlant « on ne va pas payer la crise du capitalisme » lancent un slogan imbécile, aussi vague et inopérant que la lutte pour le « maintien de la retraite à 60 ans ». Et le torchon réac « 20 minutes » de demander aux gens s’ils vont manifester demain ? (s’ils sont assez cons pour aller manifester demain derrière ceux qui bernent l’ensemble des prolétaires avec le vent de leurs discours creux)
Qui est vraiment concerné? Tout le monde est sensé être visé par l’allongement de l’âge légal du départ à la retraite. Surtout ceux qui ont commencé à travailler tôt, entre 16 et 20 ans. Ils seraient environ 100.000 chaque année (soit environ 15% des départs en retraite). Plus on avance dans les années, plus l’âge de début de travail est devenu tardif (22,5 ans aujourd’hui). Les prolétaires femmes vont connaître un allongement de la durée de cotisation, mais cela repose sur un ajustement, il faut faire la différence entre la bourgeoise qui n’a jamais travaillé et s’est fait jeter à la rue à 50 ans et les mères de famille ouvrière qui sont restées faire l’élevage à la maison. L’essentiel des cadres, quel que soit l’âge de leur départ, même tardif, touchent de bonnes retraites. Les fonctionnaires ne sont pas vraiment concernés par la réformette actuelle parce qu’en général, ils partent déjà plus tard que l’âge légal en retraite ou bénéficient de régimes spéciaux avant 60 ans. La réforme est évidemment injuste pour les prolétaires qui ont commencé plus tôt mais nuance que tous les «actifs ayant commencé leur carrière plus tôt que les autres» leur donne aussi le droit de «partir à la retraite plus tôt que les autres» (vers 57 ans par exemple si l’on a commencé à travailler à 16 ans). Le problème n’est pas tant aigu pour une majorité de travailleurs déjà vieillis mais pour toutes ces générations qui arrivent par vagues successives et connaissent des périodes sans emploi de plus ou moins longue durée, qui font que pour toucher une digne retraite on devrait leur exiger de bosser jusqu’à 80 ans. La gestion des professions «pénibles» est un foutage de gueule remarquable ; arrivent en tête encore les fonctionnaires avec professions dites à risques ou liées à des conditions de pénibilité particulières (policiers, douaniers, surveillants pénitentiaires, personnels soignants des hôpitaux,…) le départ à la retraite leur reste ouvert à 50 ou 55 ans. Mais pas les chauffeurs routiers ni les employés du BTP ! La pénibilité laissée aux lobbies et aux grosses boites publiques. On met en avant la pénibilité. Tout le monde est d’accord: la pénibilité, voilà un critère juste et évident! A ceci près que la reconnaissance de la pénibilité ne dépendra de rien d’objectif mais de la capacité des lobbies à faire admettre qu’un métier est pénible: les agents de conduite, les pilotes d’avion, les mineurs (qui n’existent plus). Quant au dépeceur à la chaîne de poulets chez Doux et au carreleur, ils peuvent toujours essayer de faire valoir la pénibilité de leur métier –parce qu’il n’y aura pas de lobby puissant pour les défendre !
L’appel à la grève de demain est un double foutage de gueule, d’abord parce qu’elle ne sera, comme toujours, qu’une parade carnavalesque syndicale, ensuite parce que les professions les plus pénibles n’y seront même pas représentées. Ce sont les « grévistes professionnels » de la petite bourgeoisie syndicale qui mèneront la danse, alors que leur catégorie professionnelle n’est pas concernée pour l’instant par l’attaque du gouvernement ! Les usagers prolétaires seront « touchés » par cette grève inutile selon les désidératas des maffias syndicales:SNCF et RATP ; ce qui fait, heureusement que la grève restera minoritaire, à la fois parce que les travailleurs de ces deux entreprises ne sont pas concernés, et parce qu’ainsi, classiquement grand chef bonze Thibault et ses sbires locaux pourront déplorer « le faible suivi » et que « ce sont toujours les mêmes (cadres) syndicaux qui se sacrifient » (entendez la classe ouvrière est vendue A Marseille, le trafic métro et tramway sera normal, n revanche pour les bus, le trafic devrait être assuré à raison de 60 à 100% selon les lignes. A France Télécom: les bonzes ont appelé à la grève en exigeant du moulin à sornettes étatiques «des politiques publiques en faveur d'une relance économique intégrant la satisfaction des besoins sociaux». Les enseignants: eux aussi sont appelés à la grève. Selon le Snuipp, premier syndicat des instituteurs, près de 40% des enseignants de premier degré seront en grève jeudi. Les enseignants, assez suivistes et électeurs bobos, se feront un plaisir d’emmerder les parents d’élèves, pour aller retrouver leurs copains de fac dans les manifs. Les postiers, qui ne sont pas idiots, devraient s’abstenir assez massivement de se laisser rouler dans la farine d’une réforme Loch Ness. Des sévices douceâtres devraient avoir lieu dans les services publics (entendez : la piétaille hiérarchique syndicale offrira un coup à boire aux copains).
L’ETAT BOURGEOIS NAVIGUE A VUE
Pour la suite de cet article, je repique en partie quelques considérations pertinentes du philosophe Yves Michaud. On nous donne des projections à 2030 ou 2050 de déficits apocalyptiques. C’est aussi intelligent que d’avoir fait des projections de 1910 à 1950 sans savoir qu’il y aurait entre temps deux guerres mondiales, une crise du capitalisme et une épidémie de grippe espagnole… Les projections «toutes choses égales d’ailleurs» à 20 ou 40 ans n’ont aucun sens car précisément rien n’est «égal par ailleurs». Et toutes les causalités économiques ne sont pas mises sur la table : qu’est-ce qui est plus grave ? Le problème des retraites ? L’endettement faramineux des Etats bourgeois ? Les sommes astronomiques dissoutes dans les bulles spéculatives ? etc. Et, pourquoi la bourgeoisie intrinsèque ne fait-elle jamais état de ses solutions, parfaitement envisagées, telle une nouvelle guerre mondiale ? Quand ce qui fait chuter les bourses n’est pas seulement la chute du taux de profit mais la menace de guerre de la Corée du Nord, qui se répandrait ensuite comme traînée de poudre au Moyen Orient avec l’Iran face à Israël, etc. Avec la focalisation sur le système des retraites, on nous focalise sur la situation du pays, d’un pays, comme si la situation pouvait être soluble dans le pays concerné ; vous remarquerez qu’à ce moment-là plus personne ne parle d’Europe ou d’aide européenne comme pour la Grèce. Pourquoi ne fait-on pas appel à des « fonds spéciaux » de retraite européenne « par répartition ». Sauf qu’il n’existe déjà pas en France de répartition réelle : « Tout le monde proclame son attachement au principe sacré de répartition: même les riches sont pour. Sauf qu’une répartition réelle supposerait un régime unique de retraite et en fait une fiscalisation complète du système (à condition qu’il n’y ait pas de fraudeurs de principe, pas de fraudeurs tolérés, pas de bouclier fiscal, pas de profession favorisée…). En réalité, nous avons en France un système de répartition à tiroirs avec des régimes très différents: les régimes privés (dont ceux des cadres qui sont en partie des régimes par capitalisation de points), le régime public qui n’est pas réellement provisionné, les régimes parapublics spéciaux dont on nous dit qu’ils ont été supprimés alors que ce n’est pas vrai –qu’on demande aux sénateurs ou aux députés qui bénéficient toujours de retraites en or, ou aux professions dont on a acheté assez chèrement quelques petites concessions. Qui plus est, on peut cumuler les retraites en fonction des évolutions professionnelles d’une carrière ou des cotisations rachetées dans l’un ou l’autre régime. Drôle de répartition qui fait que certains touchent trois retraites comme le président Chirac quand il était à l’Elysée. Et je ne parle pas des retraites chapeaux! ».
Les 60 ans fatidiques sont-ils justifiés? « Le jour de la retraite dans l’équité n’est pas pour demain, car tout le monde a intérêt à défendre ces petits arrangements qui ont graduellement façonné le système », constate enfin Yves Michaud. Mais le philosophe marque des limites intellectuelles de syndicaliste. Et si c’était la retraite qui était désormais injustifiable dans un monde où s’effondre la loi de la valeur et où il y aura de moins en moins de travail pour tous ? Est-ce qu’on appellera encore ce truc « la retraite » dans une société communiste débarrassée du capitalisme, de ses spoliations, de son exploitation, exigeant la participation de tous selon ses capacités et ses moyens ? Derrière le soi-disant effondrement des régimes de retraite agité de manière comminatoire depuis des décennies par les responsables capitalistes, n’est-ce pas plutôt l’effondrement du système bourgeois lui-même qui se profile ?
Bonne grève. Bonne manif. Et vendredi vous faites quoi ?

PS : extrait de l’article de Libé « Les ouvriers paieront l’addition », ils l’ont toujours payé ; Rocard a dit un jour que les ouvriers payent la retraite des cadres :« Selon la Drees (Direction de la recherche), pour la génération née en 1950, l’âge moyen de validation du premier trimestre est proche de 17 ans pour les ouvriers hommes et de près de 20 ans pour les cadres. Si cet écart a tendance à se réduire au fil des générations (1,5 an pour ceux nés en 1970), il est hélas dû aux difficultés croissantes que connaissent les ouvriers pour s’insérer dans le monde du travail (sic !). Par ailleurs, à l’âge de 30 ans (pour la génération 70), les ouvriers hommes valident encore 10 trimestres de plus que les cadres masculins (soit 2,5 ans d’avance). Reculer l’âge de départ revient donc à pénaliser les ouvriers et employés, qui représentent près de 55% de la population active (respectivement 25% et 30%). Cet écart persistant, qui pourrait à nouveau s’aggraver en cas de baisse du chômage, se cumule avec une autre inégalité : l’espérance de vie. A l’âge de 55 ans, les cadres et professions intellectuelles supérieures (hommes) peuvent espérer vivre encore 29,2 ans, contre 25,5 ans pour les ouvriers et 26 ans pour les employés. Une différence de près de quatre ans en faveur des cadres, qui bénéficient en plus d’une meilleure santé une fois à la retraite ».



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jeudi 16 janvier 2025

LA RETRAITE COMME ARNAQUE POLITIQUE ELECTORALE



 « Libre développement des individualités et donc pas de réduction du temps de travail nécessaire en vue de la création d'un surtravail, mais en général réduction du travail nécessaire de la société à un minimum, auquel correspond alors la formation artistique, scientifique, etc. des individus grâce au temps devenu libre et aux moyens créés pour tous « . (Karl Marx, Éléments fondamentaux de la critique de l'économie politique (Grundrisse)



Cette citation de Marx ne concerne pas la retraite de nos jours mais à sa projection de l'être dans une société communiste envisageable à l'avenir. Or cette définition va comme un gant à la conception petit bourgeoise hédoniste qui prévaut même dans la tête de la plupart des ouvriers. L'idéologie capitaliste est même capable de nous vendre du rêve . Je suis bien le seul à me ficher ouvertement de la retraite comme désir des masses d'en finir, non avec le capitalisme, mais avec le travail. Ceci je compatis pleinement avec l'envie pressante de fuir ce travail aliéné, ses hiérarchies débiles et ses patrons toxiques un an, deux ans, dix ans même avant l'âge imposé suivant les hauts et les bas de la crise capitaliste.

Dans chaque pays capitaliste (NDLR), de façon cyclique depuis au moins cinquante années, les systèmes de retraite sont devenus un objet politique majeur, non pour rappeler que c'est le prolétariat qui fait vivre et qui enrichit la société mais parce qu'un phénomène inconnu dans l'antiquité s'est imposé : une allongée de l'espérance de vie grâce aux progrès de la médecine. L'invention de la retraite par Bismarck en 1883 se fichait déjà du monde ouvrier. Elle était fixée à 70 ans, âge que n'atteignaient pas encore la plupart des ouvriers. On dirait bien qu'on revient peu à peu à cette date fatidique! 

Depuis la lutte pour des retraites décentes et pas au tombeau n'a plus été qu'une obsession pour repousser la mort après le travail ou l'empêcher d'arriver plus vite grâce au travail ...prolongé. Politiquement le système de retraite est devenu un sujet très sensible de maintien de l'ordre public et de...conservation sociale. Mitterrand lors de sa victoire accidentelle de 1981 avait été obligé de fixer la retraite à 60 ans, une hérésie pour les économistes bourgeois pas forcément cyniques. Si Mitterrand le littérateur, nul en économie, avait suivi les recommandations de ses mentors les plus compétents, c'était pour éviter d'avoir à endosser la tunique de Lénine, a-t-il assuré par la suite. Une révolution évitée à cause d'un danger révolutionnaire que présagerait une lutte massive pour un retraite sexagénaire et sexy ? Je n'y ai jamais cru. Cette revendication sous son air unitaire ne l'est pas du tout, conservant les pires inégalités entre retraités. Elle est d'autre part parfaitement réactionnaire : je vais donc échapper au travail et au capitalisme en me réfugiant dans mon coin pour devenir...un simple consommateur inutile et un papy Mougeot adorable avec les petits. Quoique la masse des vieux bobos s'éclate dans les randos d'EPHAD, voyages accompagnés, saunas et restos bios.

Mais le problème gestionnaire et volumétrique s'est aggravé subitement depuis deux décennies. Jusque là, suivant que l'économie se portait bien ou moins bien, il était garanti que les pensions pouvaient être augmentées plus rapidement, qu'elles pouvaient également baisser, légèrement, lorsque l'économie n'allait pas bien. Or, désormais c'est sans cesse la peur du gouffre, voire la fin du monde si l'allongement du départ est contesté ou freiné.

Dans chaque pays, une fois telle nouvelle réformée « allongée » transformée en loi, les « partenaires sociaux » de la bourgeoisie - les syndicats, les employeurs et les prestataires de services de pension - disposent de mois voire d'années pour faire avaler l'allongement des régimes de pension. Cela crée toujours problème. Est-ce dû vraiment à une méchanceté des capitalistes ?

Après le passage de 60 ans à 62 ans en 2010 (réforme Woerth), Macron le petit gaffeur souhaitait lui passer sans heurt majeur à 64 ans avec une accélération de la durée de cotisation, devant atteindre 43 ans et 172 trimestres (contre 50 ans aux Pays-Bas). Pour la génération 1968, il faudra attendre 64 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Un scandale surtout pour une génération aussi jouisseuse. S'il n'avait pas bêtement dissous, le serpent de mer de la retraite n'aurait pas ressurgi comme malheur programmé par le truchement de cliques politiques dans la posture oppositionnelle confortable. Non pas que la secte à Mélenchon ou celle de l'autocrate Le Pen, se soucient le moins du monde de la fin de l'exploitation des prolétaires, mais parce que la question des retraites simplement déplacée du terrain social (assez interclassiste il faut le dire) au terrain politique devient champ de bataille électoral, vraiment interclassiste. Qui démontre bien l'arnaque du sujet avec cet apparent paradoxe que les extrêmes (gauche et droite) défendent les mêmes électeurs retraitables et intraitables. Alors que chacune de ces cliques, une fois au pouvoir, s'y casserait les dents. Promettre la lune oui mais alunir non.

Tour d'horizon européen. En Allemagne le système à points prévaut. En Italie un régime par capitalisation (joli terme qui fait de tout retraité un « capitaliste »). Pour prendre sa retraite à taux plein dans le régime italien, il faut avoir cotisé au moins 20 ans (ou 15 ans avant 1996) et être âgé de 66 ans et 7 mois depuis 2018. Cet âge est destiné continuer à être réévalué, en fonction de l'espérance de vie à 65 ans, tous les 2 ans à partir de 2019. Il s'élève à 67 ans depuis 2021. Le système de retraite espagnol est, paraît-il l'un des plus généreux d'Europe. Il comprend un système public de retraite de base par répartition — qui verse une pension unique calculée sur la base de la rémunération — et un système privé complémentaire par capitalisation. Le sujet des retraites fait régulièrement l'objet d'un grand débat national (lui aussi), organisé par le Pacte de Tolède. En 2023, une réforme a augmenté la base de cotisation, sans toucher à l’âge maximal de la retraite (67 ans). En Angleterre, le régime débutait à 65 ans jusqu'en 2019, il est passé à 66 en 2020, il est à 67 en 2028 et on promet de le passer 68 qu'en 2037... Tout peut varier au fil des bouleversements politiques. L'âge de départ à 68 ans était initialement prévu à partir de 2044. Il a été avancé à 2037 par le gouvernement de Theresa May en 2017.

AVEC LES BELGES ON SE MARRE TOUJOURS

...vous avez travaillé en France et en Belgique, vous pouvez obtenir une pension de retraite des deux pays. Cependant, il est nécessaire d'avoir cotisé pendant au moins une année en Belgique (ou un trimestre pour la France)1. Une pension de retraite belge versée à un ancien frontalier français habitant en France sera imposable en France et devra être déclarée sur la déclaration fiscale annuelle. Le système de retraite belge est similaire à celui de la France, avec un âge légal de départ et des dispositions pour les veufs/veuves de retraités et les assurés n'ayant pas cotisé suffisamment ».

Si vous avez compris ce paragraphe, tant mieux pour vous, moi pas. Alors qu'est-ce qui est similaire dans ces deux pays ? La même ridicule lutte dite « unitaire » mais que le journaliste belge déshabille si bien !

FRONT COMMUN DES SYNDICATS A BRUXELLES

L’âge légal de départ à la retraite bientôt à 67 ans

La future réforme n’est pas encore connue, mais les régimes dits « préférentiels » (cheminots, militaires ou policiers) se savent visés. En Belgique, l’âge légal de départ à la retraite est fixé depuis une réforme de 2016 à 66 ans et passera à 67 ans en 2030. Mais les cheminots, par exemple, peuvent toujours partir à 55 ans s’ils ont réalisé 30 années de carrière. Un avantage hérité du passé, lié à la pénibilité des conditions de travail, dont des horaires décalés et flexibles.

Bart de Wever, président de la droite nationaliste flamande (N-VA) chargé de constituer le gouvernement fédéral, a déjà annoncé samedi que « faire machine arrière, c’est impossible » malgré la mobilisation sociale. Une prochaine manifestation est, elle, déjà prévue le 13 février, pour défendre cette fois-ci les services publics. Les syndicats s’inquiètent des projets de réforme des pensions dont discutent actuellement les négociateurs de la probable coalition Arizona. Parmi ceux qui sont inquiets figurent, entre autres, les fonctionnaires qui bénéficient d’un régime préférentiel en matière de pension. Cheminots, policiers, militaires, par exemple, peuvent partir plus tôt à la pension.

La pension avant 65 ans : pour qui ?

L’âge de la pension légale était fixé à 65 ces dernières années. Ce 1er janvier, l’âge légal de la pension a été repoussé à 66 ans et passera à 67 ans à partir de 2030. Avant 2025, l’âge légal pour le départ à la retraite était de 65 ans.Toutefois, pour un certain nombre de catégories professionnelles, il est possible d’être mis à la retraite à un âge inférieur. C’est ce qu’on appelle les régimes préférentiels. C’est le cas, notamment, du personnel roulant des Chemins de fer belges. Il bénéficie d’une règle préférentielle qui permet de partir à la retraite à 55 ans à condition d’avoir 30 années de carrière en tant que personnel roulant (conducteur de train ou accompagnateur). C’est aussi le cas pour les militaires. Selon les cas, il existe des limites d’âges préférentielles pour le départ en retraite à 56, 50 ou 61 ans. Ils ne doivent pas non plus satisfaire aux conditions de durée de carrière. Les anciens militaires transférés dans d’autres services ou vers d’autres fonctions dans le secteur public conservent ces avantages si, au moment de leur transfert, ils étaient de 45 ans accomplis.Les policiers, membres du cadre opérationnel de la Police intégrée, peuvent aussi être mis à la pension à des âges préférentiels à certaines conditions, même si ces dernières années, l’âge de départ à la retraite a été progressivement relevé.

Quelle est l’origine de ces régimes préférentiels ? Il faut remonter aux débuts de l’existence de l’Etat belge pour trouver l’origine de ces régimes préférentiels. "La première législation en Belgique date de 1838", explique le Professeur Yves Stevens, spécialiste en droit social des pensions à la KU Leuven. La Belgique n’existait donc que depuis quelques années. "Et là, on disait que certains militaires avaient un certain mérite pour la patrie. Et donc on donnait une pension aux militaires parce qu’ils le méritaient, parce qu’ils avaient vraiment travaillé et défendu la patrie, très jeune en ce temps-là", poursuit Yves Stevens. Pour les cheminots, on a tenu compte du caractère dangereux de leur métier au 19e siècle. "Originellement, les cheminots avaient un travail très lourd et très dangereux dans le XIXᵉ siècle", explique Yves Stevens. "Il y avait beaucoup d’accidents mortels. Et donc là, on a vraiment installé des régimes préférentiels à cause du danger lié au travail", poursuit le professeur. Petit à petit, des régimes de pension ont ainsi été mis sur pied, par exemple pour les magistrats ou les enseignants ou les policiers en tenant compte, à chaque fois, des spécificités de telle ou telle profession.

Ce qu’il reste aujourd’hui de régimes préférentiels est un héritage du passé. Pour les fonctionnaires concernés, ces spécificités sont justifiées. Notre équipe a, par exemple, rencontré Maxime Herniquin. Il est conducteur de trains à la SNCB depuis dix ans. Il explique les spécificités de son travail. "A aujourd’hui, on a commencé vers 6 heures. Hier, on a commencé à 5 heures et on a commencé dimanche vers 3 heures du matin. Donc ça, ça pique parfois un peu", dit-il.  Les horaires changent de jour en jour. "C’est vraiment la grosse particularité de notre boulot. Et puis la semaine prochaine, on part en retard, donc on va commencer plutôt vers 14 heures, 15 heures, 16h30", poursuit-il. Des horaires flexibles qui finissent par laisser des traces. "Il y a des symptômes sur le long terme. Alors moi, en dix ans de carrière, je suis dans ma trentaine, ça va encore. C’est plutôt des maux de dos et des choses comme ça, parfois un peu des difficultés pour le pour le sommeil", explique Maxime Herniquin "Mais en fin de carrière, quand on est sur des 45, 50 ans, 55 ans, ça devient vraiment compliqué physiquement. Il y a des risques du type cardiovasculaire, des problèmes de cœur, d’AVC, d’hypertension, des choses comme ça. Ce sont des choses qui ont été observées chez beaucoup, beaucoup de personnel roulant au chemin de fer", poursuit le conducteur de train. Un son de cloche assez semblable chez les policiers (hic!). Notre équipe a rencontré Stéphane, un policier qui pourra partir à la retraite à 63 ans s’il dispose de 42 ans de carrière. "On a notre ceinturon avec un bâton télescopique, un pepper spray et des menottes, le pistolet. On a le gilet par balle ( ? pare balle). On a une quinzaine de kilos sur le dos, que ce soit en patrouille ou que ce soit en statique. Donner 15-20 kilos de matériel à une personne de 60 ans qui pourrait être un grand-père à l’âge actuel, c’est difficilement imaginable en fait", explique-t-il.

Quelles réformes adoptera l’Arizona ? En raison du vieillissement de la population, le coût des pensions pour l’Etat belge aller crescendo. Cela continuera d’augmenter jusqu’en 2070, comme l’a calculé le Comité d’étude sur le vieillissement."Le coût annuel est environ de 63 milliards d’euros par an", résume le professeur Yves Stevens. Que voudrait épargner l’Arizona ? "environ 3 milliards annuellement", explique Yves Stevens. Les négociations entre partenaires de la future coalition étant toujours en cours, on ne sait pas encore dans quelle mesure les économies visées toucheront les régimes préférentiels. D’autres aspects du système de pension pourraient aussi faire encore l’objet de réformes.

VOYONS LA VERSION DE L'HUMA POSTSTALINIENNE MAINTENANT

Elle veut confondre avec l'organisation nuageuse de la protestation en France, mais en dévoilant aussi une lutte catégorielle pour des privilèges exagérés ; le risque d'AVC pour les cheminots, les postiers ou les agents EDF, me fait bien rigoler. (si on compare avec les conditions de travail en 1945)

« En Belgique aussi, la question des retraites embrase le monde du travail. Ce lundi 13 janvier, les trois syndicats Belge, la FGTB, la CSC et la CGSLB, appelaient à une journée d’action nationale pour dénoncer les projets de la coalition gouvernementale « Arizona » (N-VA, MR, CD & V, Engagés, Vooruit). « Il y a trois milliards d’euros d’économies prévues sur les pensions et personne ne le conteste dans les cinq partis » au pouvoir, affirme Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC.

Pour le leader Parti du travail belge (PTB) Raoul Hedebouw, « tous ces partis avaient promis en campagne qu’ils allaient mieux rémunérer le travail, mais ils prévoient aujourd’hui de bloquer les salaires, de saboter l’indexation automatique et de nous faire travailler plus longtemps pour moins de pensions ». D’autant que, conséquence des précédentes réformes, l’âge de départ a été décalé d’un an, soit 66 ans, depuis le 1er janvier, avant de s’établir à 67 ans d’ici 2030.

Les centrales syndicales ont dénombré plus de 30 000 personnes dans les rues de Bruxelles, lors d’une manifestation nationale. En Flandre, 40 % des écoles étaient fermées, quand près d’un vol sur deux était annulé au départ et à l’arrivée de l’aéroport Bruxelles-Zaventem.

Dans le rail, régionalisation des lignes et suppression de l’organisme social HR Rail

Mais c’est dans le ferroviaire que la mobilisation a été la plus suivie, avec la crainte d’une remise en cause des départs anticipés en retraites. « Actuellement, l’embauche se fait à bas salaire, avec une promesse de progression lors des déroulés de carrière. Et nos pensions étaient calculées sur une moyenne des 4 dernières années, avec un départ possible dès 55 ou 56 ans, compte tenu de la pénibilité, déplore Abdelmajid El Atrouss, secrétaire Permanent Régional CGSP-FGTB. Mais, la coalition Arizona veut aligner la méthode de calcul sur celle du privé. Cela se traduirait par une perte de 300 euros sur nos pensions. En somme, travailler plus pour gagner moins. 

 Ce sont les ouvriers eux-mêmes qui tiennent les propos les plus sensés sur la complexité des retraites

...C’est dans la commune frontalière de Mouscron que nous nous sommes rendus pour demander à nos voisins belges leur sentiment sur le mouvement social français contre la réforme des retraites. « Oh la la la la, si vous voulez me lancer là-dessus, vous n’êtes pas prêt », s’emballe Catherine, une jeune retraitée de 66 ans. « Chez nous, c’est 67 ans, et vous vous plaignez pour 64 ans », s’indigne-t-elle. « Il faut travailler et apprendre aux jeunes à prendre la relève, sauf que ça ne se fait pas du jour au lendemain », estime la sexagénaire.

« Ah ils peuvent grogner s’ils veulent »

« Ah ils peuvent grogner s’ils veulent, mais les temps ont changé, les gens vivent plus longtemps et si ça continue comme ça, dans 25 ans, plus personne n’aura de pension en France », lance un autre retraité, ancien pharmacien, qui préfère ne pas nous dire son nom. Lui a bossé dès 1969 pour terminer sa carrière en 2014, « et les dernières années c’est comme si j’avais 20 ans », affirme-t-il. « C’est abusé », renchérit Jean-Marie, commerçant. Des réactions comme ça, il y en a pléthore, y compris chez les politiques. « Comme on vit plus longtemps, il ne faut pas avoir fait l’ENA pour comprendre qu’il faudra travailler davantage », reconnaît Paul-Olivier Delannois, le bourgmestre (maire) de Tournai, une autre ville belge à la frontière. Et d’ailleurs, selon lui, il y a une demande en ce sens : « J’ai énormément d’agents communaux qui souhaitent travailler au-delà de l’âge légal », assure l’élu.

L’argument unanime pour regarder d’un mauvais œil la contestation française est donc que l’herbe est encore un peu plus verte chez nous. « Je propose d’aller manifester en France en faveur de la retraite à 64 ans en Belgique », ironise même Benoît sur Facebook. Parce que chez nos voisins, le report de l’âge de départ à 67 ans en 2030 est passé crème, et c’est bien ce qui ulcère les principaux intéressés. « Ils ont raison de se battre pour leurs droits », clame Yasmine, 16 ans, pour qui partir à 67 ans « c’est beaucoup. » Mais elle n’a pas protesté pour autant quand cela a été décidé : « Si j’avais su, je serais sans doute descendue aussi dans la rue », déplore l’adolescente. « En Belgique c’est 65 ou 67 ans et on ne dit rien chercher l’erreur », fulmine Marc. « Les futures réformes parlent de faire passer la retraite à 66 et ensuite à 67 ans chez nous. Pas de grève ! On est contents ! », renchérit Alessandro.

En fait, aucune des personnes interrogées n’a su nous dire quand la réforme était passée en Belgique. « On n’a pas le choix nous, et ça n’a généré aucune contestation sans que je puisse m’expliquer pourquoi », s’interroge Jean-Marie, le commerçant de Mouscron. Un mystère qui s’explique sans doute par le fait que cette décision ne date pas d’hier. En effet, dès 2013, cette hypothèse avait été évoquée, et reprise à son compte par le gouvernement fédéral formé après les élections de 2014. Et ceux qui s’en souviennent y étaient farouchement opposés pour certains. A l’époque, le syndicat belge FGTB dénonçait une « mesure [qui] n’a aucun sens puisque l’espérance de vie en bonne santé en Belgique est actuellement de 64 ans en moyenne », tout en revendiquant un retour « à l’âge légal de la pension à 65 ans ». « Chez nous, ça n’a pas fait tant de vagues, mais pour les Français, je pense que cette réforme est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », estime le bourgmestre de Tournai.

En Belgique, la pension de retraite moyenne des salariés isolés ne dépasse pas 882 euros par mois pour les femmes et 1 181 euros pour les hommes. Beaucoup de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté (1 157 euros par mois) ou le frôlent. Les pensions belges du privé sont parmi les plus basses d’Europe, indique la centrale syndicale belge FGTB.

Qu’à cela ne tienne, le gouvernement belge entend diminuer encore les pensions de retraite du secteur privé, mais aussi celles des fonctionnaires pour l’instant plus convenables, dénonce la FGTB. Pour ce faire, il argue, comme ses homologues européens, de la nécessité de garantir la soutenabilité financière du système.

La soutenabilité financière du système ? Les syndicats ont la solution

Faux problème, réplique l’organisation syndicale belge. Son calcul est on ne peut plus simple. Puisqu’il faut 1 568 euros pour avoir accès à une maison de repos en Belgique, elle revendique une pension minimum de 1 500 euros par personne pour une carrière complète, ce qui représenterait 75% du salaire moyen contre 60% actuellement. Satisfaire cette revendication coûterait 1,6 milliards par an aux caisses publiques.

Or, l’organisation patronale belge, la FEB (Fédération des entreprises de Belgique), a obtenu du gouvernement une diminution de ses cotisations sociales de 8% (25% du salaire au lieu de 33%). En les ré augmentant ne serait-ce que de 1% (à 26 % au lieu de 25%), cela rapporterait 1,3 milliard par an. Les 300 millions restant pourraient être trouvés en récupérant une part minime –pour ne pas dire minuscule– des montants de la fraude fiscale (221 milliards d’euros se sont échappés de Belgique en 2016 pour rejoindre les paradis fiscaux, soit plus de la moitié du PIB).

La FGTB ne demande donc pas la lune. Pourtant, le gouvernement qui a déjà en 2016 programmé le report de l’âge légal de départ en retraite à 67 ans d’ici 2030 (alors que l’espérance de vie en bonne santé ne dépasse pas 64 ans), préfère prévoir la mise en place d’un système de pensions par points à partir de 2025. Là encore c’est dans l’air du temps…

Retraite à point : les syndicats belges dénoncent « une loterie »…

Chaque travailleur disposerait d’un compte alimenté par des points tout au long de sa carrière. Chaque année travaillée lui donnerait droit à un point, dont la valeur serait calculée en fonction non pas du salaire du salarié mais du salaire moyen de tous les travailleurs, tous régimes confondus (salariés du privé, fonctionnaires et indépendants).

La valeur du point, fixée chaque année par le gouvernement, pourra donc être « gelée » les années où il l’estimera nécessaire. Vous savez combien de points vous accumulez, mais le montant de votre pension reste incertain. Vous ne connaîtrez la valeur de chaque point accumulé que l’année précédant votre départ en retraite. Si vous partez une année où la conjoncture est mauvaise, où le nombre de pensionnés a augmenté ou bien où le budget public est dans le rouge, cela peut entraîner le gel de la valeur du point. Bref, bienvenue la loterie !, dénonce la FGTB.

Et un « système à trous »

La valeur du point serait ensuite multipliée par le nombre de points accumulés. Enfin, le montant ainsi obtenu serait multiplié par un coefficient de conversion variable selon l’âge et la durée de la carrière. Le travailleur qui doit partir plus tôt à la retraite parce qu’il ne peut plus tenir le coup sera pénalisé, souligne l’organisation syndicale belge.

De plus, le nombre de points octroyé pourrait être modifié rétroactivement du fait de la prise en compte des périodes d’inactivité liées à la maladie ou au chômage. Pour les organisations syndicales belges, en plus d’être une « loterie », le système par points serait ainsi également un système à… « trous ».

( intéressant reportage repiqué à EVELYNE SALAMERO Ex-Journaliste à  L’inFO militante)

 

CONCLUSION : la dernière réforme de Macron ne tient pas debout, même si elle passait en force. Les vraies questions ne sont pas toutes au même niveau. L'âge butoir est stupide. Carrières longues : un jeune pâtissier qui a commencé à travailler à 16 ans part au même qu'un cadre qui a commencé à 28 ans ? La pénibilité, comment mieux la prendre en compte ? Plus que la durée, que faire avec des pensions misérables ?

Les meilleurs représentants de la gauche débile, LFI qui radotent que les immigrés doivent continuer à entrer n'importe comment en France, usent implicitement de cet argument comme grand remplacement des retraités en partance avec deux ans de plus qu'en 1981.

Comme avec l'utopique hausse du SMIC à 1600 euros, le recul de l'âge de départ entraînerait mécaniquement une hausse du chômage et, par conséquent, une augmentation de la demande d’immigrés. Par ailleurs, le surplus de dépenses publiques et sociales va forcément entraîner soit une hausse des impôts insupportable, soit un endettement alourdi qui mettra le pays sous la tutelle des marchés financiers internationaux. Cette promesse électorale est typique de cette gauche bourgeoise nationale pour ne pas dire nationaliste.

Un statu quo ante est impossible à financer sans augmenter les cotisations sociales ou alors diminuer les pensions, ce que LFI évite de préciser. L'espérance de vie s’est allongée de 8 ans depuis 1989 et la productivité du travail n’a pas augmenté dans des proportions telles qu'on puisse durablement travailler moins longtemps alors que la durée de vie s’est accrue. Résulta inévitable !une hausse des prélèvements sociaux à la charge des exploités et des exploiteurs (surtout les petits), et plombant le système de production. 

La vérité est que s'il y a une effective explosion du nombre des vieux (et chute de la natalité), que ce sera de pire en pire et qu'il n'y a pas de solution viable dans LEUR système. Et il faut reconnaître que les bourgeois n'ont pas intégralement tort de vouloir le réformer même si c'est toujours à leur avantage. Ou qu'ils l'espèrent.