"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 12 mars 2015

CRASH DE PROLETAIRES DE HAUT NIVEAU


Lorsque les pales de l'hélicoptère pogromiste d'Alberto ont heurté le fuselage de l'hélicoptère du CCI, j'ai compris que c'était ce dernier qui avait soudainement dévié de sa trajectoire et avait percuté celui de la FICCI (GIGC). Les images montrent l'un des deux appareils marxistes passer en-dessous du second, sans qu'il soit aisé de dire quel engin a percuté. Les deux engins contenaient des gens hors normes par leur palmarès, et qui avaient des capacités d'adaptation pour une perspective en harmonie avec l'anticapitalisme. Qu'étais-je allé faire dans l'hélicoptère policier du GIGC (groupe insurrectionnel du grand cours)? De toute manière j'étais mort, politiquement, socialement et sportivement.

Le Parti d'ultra- gauche (PUG), de Jean-Luc Peter, avait lui refusé de s’associer au jeu de TF1, jeu caritatif en faveur d’une lutte contre l’islamophobie en Argentine: on est largué par hélicoptère dans la nature et il faut se débrouiller pour retrouver l'islam des sources civilisées. Son coordinateur général, Roger Camoin, avait confié à l’Express : «Le terme d’islamophobie dans un jeu télévisé nous pose problème depuis plusieurs années. Il est difficile, en effet, de faire la part entre la critique anarchiste de la religion et le racisme des argentins. Le programme TV, par ailleurs, ne cite pas les autres formes de racisme élitaire et moraliste de la gauche caviar et de ses gauchistes gouvernementaux. Dans un contexte postattentats, il aurait fallu un scénario plus large.» Par ailleurs «poursuivit le dirigeant auvergnat, les producteurs de ce jeu pervers nous posent problème. Il s’agit pour certains d’organisations communautaristes ou d’organisations qui ont une vision politique de l’islam réducteur de tête au Mexique plus qu'en Argentine».
Quel bonheur, déclara Michel Onfray qu’à l'ultra-gauche, qui plus est dans l'ultra-gauche antilibérale, qui est ma sensibilité anti-léniniste, on lutte contre un autre genre d’amalgame qui consiste à assimiler la critique des programmes TV à l’islamophobie quand elle aborde l’islam sauvage, à la bigoterie quand elle concerne le christianisme pur, au nationalisme intégral quand il s’agit de la politique internationaliste de l'Etat d'Israël, avant que l’athéisme lui aussi ne le soit au blasphème incendiaire.
Ce dangereux amalgame (tout amalgame est dangereux…) empêche qu’on puisse lutter contre le marxisme véritable, l'anarchisme véritable et le stalinisme véritable qui, hélas, ne manquent pas d’exister dans les faits. Ne pas souscrire au fait que Marx exalte le prolétariat ouvrier n’est pas anti-marxiste, que Proudhon soit ressuscité le troisième jour n’est pas un rejet de l'anarchisme, que Camus ait pris son envol à cheval vers le ciel pour rejoindre Niezstche en une nuit n’est pas nihilisme d'intellectuel paumé, mais lecture historique, exégétique, rationnelle, critique, des textes qu’on ne méprise pas, pas plus qu’on ne méprise ceux qui croient à Mélenchon, mais qu’on souhaite pouvoir librement aborder comme on lirait Freud ou Racamier.
Ce que le Parti de l'ultra-gauche nomme, fort justement, «la critique policière» fait partie du logiciel de toute ultra-gauche véritable, historique. La gauche qui nous gouverne y a renoncé en préférant le sarcasme, le blasphème (auquel je ne souscris pas), l’ironie, quand il s’agit des fractions externes du CCI, et la langue de bois, quand il s’agit du marxisme et du sectarisme, car il est facile d’être fort avec les faibles (et nul ne niera que le pouvoir réel des marxistes est quasi nul dans une France islamisée) et faible avec les forts (les dirigeants du CCI ne laissent rien passer, et ils ont raison, pas plus que les dinosaures staliniens qui le font avec la même détermination, sans oublier parfois de recourir aux épées à l’ombre desquelles, dixit les RG, se trouve le piratage des ordis des militants-chefs).
La morale politique du Parti de l'ultra gauche m’agrée presque totalement en matière de politique intérieure de secte, ajoutait le philosophe de plateau TV. J’ai, en revanche, du mal avec le fait que les policiers du GIGC n'aient pas remboursé les billets d'hélicoptères pour le congrès auxquels ils avaient été invités. Ce remboursement, s’il était réellement pris en charge par Jonas et ses complices canadiens, crédibles en la matière, aurait un triple mérite : d’abord, retrouver la joie du débat d’idées hors insultes et langue de bois, hors amalgames et stigmatisations sexuelles, sur la question du regroupement des derniers héritiers de Lénine; ensuite, redonner à l'ultra-gauche voix au chapitre critique des idées qui ont fait sa grandeur en 1968 (pas en 1989) ; enfin, laisser à Nathalie Arthaud les électeurs qui, certes, ne souscrivent pas à la théocratie musulmano-trotskienne, mais pour qui ce refus de souscrire ne relève pas de l’esprit critique laïque ou athée, mais de la prise de position contre-révolutionnaire et électoraliste nunuche.
Si l'hélicoptère conduit par Alberto n'avait pas heurté celui du CCI, Dropper – sans l'appât du gain pour prolétaires de haut niveau - pouvait permettre de faire le tri entre ceux qui refusent la police au nom du marxisme, pas de la démocratie (c’est mon cas, et celui de nombre de gens qui se sentent de ultra-gauche hors catéchisme maximaliste), et ceux qui se cachent derrière le refus de cette police pour mieux dissimuler leur collaboration délétère ou leur trahison perverse. On pourrait imaginer qu’une fois cette dissociation d’idées effectuée, ceux qui ne veulent pas que la police fasse la loi ailleurs que dans le capitalisme, se distingueraient clairement de ceux qui visent moins le marxisme que ceux qui le pratiquent. Le gauchisme gouvernemental se viderait alors de ceux qui vont vers lui parce qu’il est le seul à tenir un discours critique anticapitaliste primaire sous son aspect économique pour ne conserver que celui qui, de facto, s’avérerait véritablement simplement syndicaliste, démocrate et antiraciste. Nul doute que cette façon de faire siphonnerait une partie du réservoir ultra-gauche qui n’est pas néofasciste, mais sectaire, alcoolique ou aigri, et remplirait celui d’une gauche radicalement molle, pleinement bourgeoise, redevenue celle de Hollande et son robot Valls.





PS: pour plus d'infos sur le scénario de la catastrophe des deux hélicoptères CCI et GIGC, se reporter sur le site du CCI. Extraits caviardés:

"En août, le Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC) a continué son attaque insidieuse contre le CCI. Cette fois-ci, il a utilisé d’une façon particulièrement ignoble le décès d’une des anciennes championnes en eau de javel des olympiades, Camille Avril, pour continuer à essayer de construire un cordon sanitaire psychiatrique autour du CCI en l’isolant ainsi de la piscine politique prolétarienne et des spectateurs syndiqués ou non, une entreprise qui survient on ne peut plus opportunément, en pleine offensive de l’État bourgeois contre les organisations politiques prolétariennes et anti-islamiques.
Camille Avril avait joué un rôle positif dans l'entraînement du clan dominant, mais, en même temps, elle avait été affecté par les faiblesses générales qui nous ont frappés tous (relents de passé gauchiste, tendance à la personnalisation dans les débats ou polémiques où l’on considère avant tout qui dit quelque chose au détriment de qu’est-ce qui est effectivement dit …). Mais dans l’article du GIGC, il n’y a pas la moindre critique sur sa trajectoire politique, ce qui est, pour le moins, une vision incomplète et idéaliste de l’individu et, dans le pire des cas, cela exprime ouvertement la tendance à un “culte a la personnalité”, une vision dithyrambique au goût rance de stalinisme.
Il est abject que le GIGC utilise la mort d’Alberto pour continuer à jeter ses propres ordures calomnieuses sur nous. Cette utilisation révèle une nouvelle fois la morale méprisable qui l’inspire, son absence totale de scrupules. Dénigrer quelqu’un derrière son dos est intolérable, mais parler au nom d’une personne décédée –donc, qui ne peut plus s’exprimer-, c’est le summum du cynisme.
Tous nos lecteurs peuvent consulter notre communiqué du mois de mai de 2014 où nous répondions à une attaque récente de ce groupe contre le CCI, une attaque perpétrée selon des méthodes policières évidentes, car ces gens-là n’ont pas lésiné dans leurs efforts pour essayer de semer la méfiance et inoculer le virus mortel de la suspicion autant à l’intérieur du CCI qu’à l’extérieur, autrement dit en direction du milieu politique prolétarien, des sympathisants et des contacts.....
Bon courage lecteur naïf!

vendredi 27 février 2015

ACCOMMODER OU ABOLIR L'ISLAM?


La méthode révolutionnaire pose le changement de l'ordre existant, la destruction du vieux monde. Le conservatisme et sa progéniture, le réformisme, visent à l'aménager, à s'accommoder de toutes les injustices vues comme "impuretés" inévitables, mais le conservatisme a besoin, pour masquer ses mensonges, d'un langage radical, radicalement moral...

Comme de bien entendu le prolétariat révolutionnaire ayant disparu, les transfuges du stalino-trotskysme n'ont ni renié leur exaltation de la petite bourgeoisie tiersmondiste candidate à la prise du pouvoir dans les dites libérations nationales des sixties, ni renié leur opposition de carnaval à leur "nation colonialiste". Ce qui fait que, naturellement, dans les années post 1968, toutes sortes d'intellos estudiantins des mouvances trotskiennes et maoïstes, ont participé du renouvellement de l'idéologie du "pouvoir démocratique". Dans la plupart des pays européens la partie élitaire des anciens chefs gauchistes a rallié les rangs des partis bourgeois dits encore socialistes, certains accédant aux postes de meilleurs commis d'Etat, quand tant d'autres restèrent bredouilles ou réduits à de mornes carrières de journalistes ou de simples syndicalistes. Les athées militants ayant toujours été assez grossiers pour ne pas dire simplistes, la plupart des recrues du gauchisme qui avaient cru se mêler de politique en ne croyant qu'au bréviaire antifasciste – depuis 1945 le fascisme disparu restant bien entendu le principal ennemi – il était naturel que la base du subconscient gauchiste fonctionne par après contre le concept horrible de racisme. Le racisme, véritable maître mot de l'idéologie dominante unit comme un seul homme ministre et prolétaire, partisan extrémiste comme écolier boutonneux. Non pas que le racisme, et sa variante principale l'antisémitisme, ne soit pas déplorable mais, damned, comme les religions ce phénomène n'est pas près de disparaître avec la société divisée en classes et planifiée désormais en communautarismes divers. Ainsi est née une nouvelle religion , l'antiracisme qui possède ses curés, ses anathémiseurs les Plenel, Askolovitch, Aymeric Caron, Coleman1, etc.

Les flics moralistes de la presse officielle et officieuse militent pour empêcher de penser critique, pour prétendre réformer le monde injuste par une meilleure morale, meilleure justice, meilleure police, etc. Mais jamais pour une émancipation de classe ni un quelconque futur fut-il lointain. Or, le but final, lointain ou pas, a toujours fécondé la pensée révolutionnaire pas la pensée bourgeoise qui, comme les religions, ne vise qu'à conserver l'existant. La mode oecuménique antiraciste multiconfessionnelle a besoin de références lointaines pour justifier sa tolérance hypocrite, mais les sources sont maigres et peu flatteuses pour toutes les religions. Alors, après la secousse de l'attentat contre Charlie Hebdo, on a multiplié les éditions à deux balles du Traité sur la tolérance du sieur Voltaire, loin d'être irréprochable comme courtisan des princes et riche propriétaire terrien. Ledit Traité centré sur la famille Calas démontre pourtant qu'on ne peut pas se fier à l'institution judiciaire existante, qu'elle est une girouette de toutes les époques. L'écriture baroque et voluptueuse de Voltaire, si elle dénonce l'arbitraire, la bêtise, la rage des sectes, reste dans la croyance idéaliste aux "hommes de tolérance", cette outre vide, et la dernière phrase de son libelle qui est chantée par tous nos démocrates post-staliniens, est confuse à souhait; la cause d'une injustice ("car il ne s'agit ici que d'une seule famille") est "l'effet de cette sombre superstition qui porte les âmes faibles à imputer des crimes à quiconque ne pense pas comme elles". Or ce n'est pas de liberté de penser qu'il s'agissait mais d'une guerre de religions, de mensonges interreligieux, d'accusations fictives et aberrantes pour justifier un ordre social. Avec ses généralités humanistes – les "âmes faibles" peuvent désigner le peuple en général - le bourgeois Voltaire se garde bien d'accuser les princes qui le gouvernent et lui graissent la patte à la cour2.

Le trotskysme couché a fourni le meilleur vecteur de renouvellement de la pensée bourgeoise lui permettant de dépasser le complexe de la décolonisation. Après les années gaullistes qui avaient opéré aux fausses décolonisations après avoir frayé longtemps avec des barbouzes pétainistes et des juifs pieds noirs attachés à conserver l'Algérie, et sans heurter la camarilla militaire coloniale enrichie, il fallait passer le relais aux héritiers des "porteurs de valise", en douceur et après l'élimination de Giscard. Le fourrier des enfants des agités de la décolonisation a été la social-démocratie européenne. Les héritiers des opposants de souche stalinienne, complices des nationalistes des ex-colonies et/ou de l'oxymore "Etat ouvrier dégénéré", en ont terminé avec le soulèvement des "peuples de couleur" en étant intégrés à l'appareil d'Etat comme ministres mais aussi journalistes; les militants de base sans qualités et sans diplômes étaient réduits eux à se partager les oripeaux du syndicalisme"ou l'élevage des chèvres en lozère. La messe antiraciste et anti-FN a finalement permis la communion des fils des porteurs de valise et du politicien caméléon Mitterrand apôtre de l'Algérie française. Le moralisme de Mitterrand avait au fond le même côté pourri et ambigu que Voltaire: comme ce dernier avec les princes, Mitterrand aura servi sous tous les régimes. Ses admirateurs transfuges gauchistes – sauf Plenel le super-flic enquêteur en quête de démocratie purifiée – ont toujours à la bouche la même morale électorale: "vive l'antiracisme, même si il cache toutes les misères, à bas le FN, même s'il n'est que misérable politique d'autruche". C'est cela la véritable morale antiraciste, elle est intemporelle et irréelle, elle psalmodie le bien et quantifie le mal. La morale est toujours soumission à un ordre terrestre présumé intouchable, et les frères de la gauche unie, les sbires staliniens après 1945 avaient été à leur manière, brutale, les meilleurs moralistes de la "reconstruction", contre les prolétaires qui ne voulaient pas courber l'échine.3
L'antiracisme recruteur, héritant de la propension à l'insulte systématique des soldats du stalinisme,
devait naturellement déboucher sur le multiculturalisme, et, par après, cette idéologie de collaboration aux mystifications d'Etat ne pouvait que se rendre complice de la pire religion montante de la soumission, l'islam et ses dérivés. Même en séparant les islams gouvernementaux diversifiés de l'hystérie criminelle djihadiste, cette religion est indéfendable; pire ce n'est quand même pas elle qui est persécutée mais celle qui persécute ses millions de soumis et de soumises voilées. Comme le nationalisme juif, le nationalisme palestinien, le nationalisme islamiste sert à justifier tout et n'importe quoi, et en particulier la vengeance quelle qu'en soit l'ampleur. La religion n'est plus un simple opium, tant pis pour Marx, mais redevient un instrument de guerre intra-utérine à la société.

LA TENTATIVE DE FOSSILISATION DE LA LUTTE DU MARXISME CONTRE LA RELIGION

On trouve les mêmes catéchèses trotskiens pour venir nous chanter la soi-disant tolérance du marxisme et du mouvement ouvrier à l'égard de la religion et donc de sa nouveauté révolvérisée Islam. Tous ces braves intellos condescendants avec "le peuple" sanctifient l'islam comme soi-disant "religion de pauvres"... refrain élimé de toutes les religions... Un certain Pierre Tévanian s'est spécialisé dans la défense de l'islam et de son folklore dans de maigres ouvrages qui vont complètement dans le sens de la bourgeoisie blanche et islamophile qui gouverne4. Comme tant de trotsko-staliniens il passe sous silence et déforme tout le combat de Lénine et des bolcheviks contre la religion; il imagine un Marx "pas directement antireligieux"!Il invente un racisme islamophobe et déplore un discours de gauche plein de "religiophobie. Il démontre par devers ses âneries sur la tolérance de l'islam que l'antiracisme à la sauce gauchiste relève de la pathologie religieuse: tu ne seras pas raciste ou alors tu es un blasphémateur irrécupérable voué à l'enfer du FN! Si être raciste consiste à dénoncer ce genre d'imbécile couché devant la religion, alors je suis raciste.
Un politologue hébergé par le NPA, Gilbert Achkar, pose au savant marxiste-léniniste et tartine longuement sur l'islam tolérant ("pas de contrainte en religion"): "Le sort de l’islam dans l’ex-Union soviétique, l’évolution de la Turquie illustre éloquemment l’inanité de toute tentative d’éradication de la religion ou des pratiques religieuses par la contrainte. «Chacun - et chacune - doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels» - les femmes porter le hijab ou les hommes porter la barbe - «sans que la police y fourre le nez»". En évitant de se réclamer de la dynamique anti-religieuse des premiers bolcheviks au pouvoir ce gugusse s'aplatit en fait devant le tournant "tolérance religieuse" nationaliste de Staline, comme décrit plus loin; le trotskysme finit toujours en démocratisme stalinien. Achkar a le mérite finalement de démontrer jusqu'où va la tactique trotskienne délirante. En Grande Bretagne ils se sont alliés électoralement avec le MAB , organisation intégriste islamique5.

La religion apparaît très peu dans l'oeuvre de Marx. Il n'est pas obsédé par la religion. Dieu est un faux problème, l'athéisme va de soi. Je ne vais pas répéter toutes les phrases bien connues et usées jusqu'à la corde sur le sujet, mais rapporter sa violente dénonciation des principes sociaux du christianisme; remplacez christianisme par islam est la dénonciation est aussi adéquate:

"Les principes sociaux du christianisme ont justifié l'esclavage antique et magnifié le servage médiéval; ils savent également, au besoin, défendre l'oppression du prolétariat, même s'ils le font avec une mine quelque peu navrée.
Les principes sociaux du christianisme prêchent la nécessité d'une classe dominante et d'une classe opprimée, et n'ont à offrir à cette dernière que le pieux souhait de voir la première pratiquer la bienfaisance.
Les principes sociaux du christianisme placent dans le ciel le dédommagement de toutes les infamies par les conseillers consistoriaux, justifiant par là, leur permanence sur la terre.
Les principes sociaux du christianisme expliquent toutes les vilenies des oppresseurs envers les opprimés, ou bien comme un juste châtiment du péché originel et des autres péchés, ou bien comme des épreuves que le Seigneur, dans sa sagesse infinie, inflige à ceux qu'il a rachetés". (In Deutsche Brüsseler Zeitung, 12 septembre 1847).

Lénine ne reconnaît aucun rôle positif à la religion:

"La religion est une sorte de breuvage spirituel qu'ingurgitent les esclaves du capital pour perdre ainsi leur figure humaine et leurs droits à une existence si peu humaine que ce soit".

"L'idée de dieu a toujours endormi et émoussé les "sentiments sociaux", car elle remplaçait toujours le vivant par la charogne et elle fût toujours une idée d'esclavage".

"Il nous faut combattre la religion, voilà l'ABC du marxisme intégral".

"Derrière chaque icône du Christ, chaque image de Bouddha, l'on ne voit que le geste brutal du capital".

On ne peut pas lutter contre la religion avec la méthode policière des bourgeois ni en criant "vive l'athéisme", c'est en transformant l'ordre social que la religion tombera d'elle-même... Facile à dire mais pas tant que cela après la révolution de 1917.

DE L'ATHEISME MILITANT A LA RELIGION NATIONALE-STALINIENNE


Instruits par l'exemple de la révolution jacobine et au carrefour du triomphe de l'athéisme "progressiste", les bolcheviques opèrent non seulement à la séparation de l'Etat et de l'Eglise mais foncent vers la disparition de la religion. Dans l'ABC du communisme, Boukharine écrira: "La religion et le communisme sont incompatibles aussi bien en théorie qu'en pratique". Contrairement à la religion orthodoxe, l'Etat prolétarien ne heurtera jamais de front l'islam mais en n'oubliant jamais que le but restait de détruire le pouvoir politique de l'islam; religion politique envahissante qui se permet de régir le mode de vie et d'alimentation des gens.
En 1918 la nouvelle constitution "reconnait à tous les citoyens la liberté de la propagande religieuse et anti-religieuse"; c'est surtout cette dernière qui aura désormais priorité. En 1923 plusieurs journaux mènent campagne contre les "préjugés religieux". Il faut éradiquer toutes les religions écrit Stepanoff:
"(...) Les plus aveugles voient à quel point devient indispensable la lutte décisive contre le pope, qu'il s'appelle pasteur, abbé, rabbin, patriarche, mollah ou pape; cette lutte doit se développer non moins inéluctablement "contre dieu", qu'il s'appelle Jéhovah, Jésus, Bouddha ou Allah".6

Le travail anti-religieux doit s'adapter à toutes les catégories, surtout les femmes "refuge le plus assuré de la religion": "Les Sans-Dieu ne sépareront pas la lutte contre la religion de la lutte de classes; ils se garderont de blesser les croyants dans leurs sentiments religieux lorsque cette tactique risque de nuire à leur but ultime; ils feront une critique large et complète des origines de la religion, de ses développements, de son enseignement, des rapports de l'homme avec la société".7
A partir de 1920 le pouvoir bolchevique matérialisa des mesures relatives à l'émancipation de la femme musulmane: abolition de la polygamie, de la claustration, du port du voile, du mariage des mineures, droit de vote... toutes mesures qui étaient désapprouvées par les édiles religieux musulmans et des membres musulmans du parti communiste.

(On est consterné de voir le niveau de régression que patronnent les principaux Etats occidentaux aujourd'hui: libéralisation du port du voile du Canada à l'Angleterre, jugements des tribunaux favorables à tous les accoutrements religieux même les plus ridicules, construction de mosquées, sponsorisation étatiques d'écoles communautaristes juives, musulmanes, etc. , qui toutes enseignent un nationalisme étroit et une claustration identitaire pour ne pas dire haine de l'autre, cf. La déclaration du président du CRIF (un peu gaga comme R.Dumas) concernant les voyous "en général d'origine musulmane", ce qui n'est pas faux mais relève pour la pensée unique gouvernementalo-gauchiste d'une zemmourisation ou d'un rond de jambe en faveur du nationalisme israélien qui profite des attentats – jamais qualifiés de racistes contre les français ou dessinateurs de souche – pour recruter. Aucune protestation internationale lorsque l'Etat danois - le plus laxiste et sympa avec les tueurs djihadistes - laisse des centaines de croyants défiler derrière le cercueil de l'assassin antisémite et anti-dessinateur de Copenhague; si l'Etat français n'avait pas fait enterrer dans l'anonymat les trois assassins islamistes de Paris, des milliers auraient probablement défilés derrière leur catafalque; comme quoi il n'y a aucun autre lien entre islam pratiqué et islam trafiqué que la... compassion complice!).

A partir de 1924 de fortes taxes seront exigées des Eglises. L'enseignement religieux est interdit. La Novaïa-Jizn a comme programme la volonté de "combattre tout abêtissement religieux des ouvriers". La plupart des églises orthodoxes seront fermées. Des milliers de prêtres et archiprêtres seront envoyés en camps de travail après confiscation des biens ecclésiastiques. Les éléments sur le nombre de prêtres abattus et torturés demandent à être analysés en se tenant à distance des exagérations du Livre noir du communisme ou des amis des curés orthodoxes sur internet, qui pleurent l'interdiction (géniale) d'enseignement religieux dans les écoles8.

Des directives intelligentes inspiraient l’article 13 du programme du parti, adopté au Huitième congrès (que je n'ai pas retrouvé en entier): « En ce qui concerne la religion, le parti communiste russe ne se contente pas uniquement du décret de séparation entre l’Église et l’État… Le parti se donne pour objectif la destruction totale des liens entre les classes exploitées et… la propagande religieuse». Nuance qui échappe aux calotins hystériques.
Dans l'immense continent russe la religion musulmane elle occupait déjà une grande place et l'extension de la révolution prolétarienne ne se fit pas sans peine. Les chefs religieux du Turkestan combattirent le pouvoir bolchevique au nom du nationalisme local. La théorie élimée du droit des peuple à disposer d'eux-mêmes ne facilita pas la révolution; comme telle elle revenait à encourager les nationalisme locaux et ne favorisait pas non plus la conception fédéraliste de Lénine d'un Etat prolétarien en extension. En 1928 l'Etat prolétarien dût réagir par la violence face aux exactions djihadistes de l'époque: meurtres, viols, emprisonnements de femmes dévoilées
Les maximalistes modernes font toujours une coupure entre Lénine et Staline, qui n'est pas satisfaisante, comme si Staline avait été un génie du mal et Lénine une fleur bleue. On peut mieux comprendre la montée de la contre révolution – indépendamment des désidératas de Lénine ou Staline – dans le repli de la révolution, par son isolement, du fait des défaites prolétariennes en Allemagne en particulier plus que des projets que les dirigeants de l'Etat ont été amenés à prendre empiriquement. Staline est nommé responsable en direction des "peuples d'Orient", après un congrès de Bakou qui n'a pas fait de miracles, il est chargé de créer l'Université des travailleurs communistes de l'Orient, où il fallait lutter d'abord contre l'analphabétisme comme en Russie centrale d'ailleurs, sans faire peser une russification à la façon des tsars, mais pour donner aux musulmans confiance en leurs langues et leurs coutumes, pour affirmer qu'elles n'étaient inférieures à aucune autre. On pensait ainsi, avec la prolétarisation systématique des régions musulmanes, donner conscience à l'ouvrier "de son propre drapeau", mais la brutalité de l'industrialisation accélérée des républiques musulmanes aboutit à l'inverse; les successeurs de Lénine surent démagogiquement se mettre dans la poche le clergé musulman pour calmer l'hostilité des paysans poussés de force à la ville.9
Fin 1929, Staline annonça la collectivisation des terres et la disparition des koulaks, ce qui frappa encore davantage l’Église et le clergé. En 1932, fut lancé un « plan quinquennal antireligieux », qui prévoyait la fermeture de toutes les églises et le bannissement de l’idée de Dieu. Ces campagnes se caractérisèrent par l’usage massif de la violence, qui fit de nombreuses victimes, surtout dans les rangs de l’Église orthodoxe russe. Dans les relevés de la police, on note un accroissement des actions contre les ministres du culte orthodoxes, catholiques, luthériens, baptistes, musulmans et bouddhistes : en 1923-24, il y avait eu 2 469 arrestations, en 1931-32 leur nombre passa à 19 812.
Au début des années 1930 la dynamique anti-religieuse des "Sans-Dieu" s'essouffle elle aussi dans l'isolement. Les chiffres de la presse anti-religieuse s'effondrent comme pour marquer un retour du mysticisme face à l'échec de la révolution mondiale et dans la gravité de la crise de la misère. Mais à partir de 1935 la lutte antireligieuse n'est plus une priorité pour Staline. La lutte antifasciste impliquant l'union nationale oblige à se rapprocher des croyants, surtout chez les camarades étrangers inféodés à Moscou; en 1936 le petit Thorez tend la main lui aussi aux catholiques et pour des raisons électorales.
La période de 1932 à 1936 avait été définie comme le « quinquennat de l’athéisme », qui aurait dû porter à terme l’œuvre d’éradication de la religion. Les années 1937 et 1938 furent celles de la grande terreur : de nombreux chrétiens furent fusillés. Les années 30 furent aussi une période de dures persécutions contre les luthériens, les baptistes et les évangélistes. 1929 avait été le tournant dans la politique antireligieuse, mettant fin à la tolérance relative manifestée jusqu’alors à l’égard des protestants, surtout des évangélistes et des baptistes qui dans les années 20 avaient connu un accroissement notable. Pendant la campagne de collectivisation, les baptistes furent représentés sur les affiches comme les « marionnettes des koulaks ». En 1935, l’activité des Églises évangéliste et baptiste fut interrompue. Dans ces mêmes années, toutes les églises réformées furent fermées et l’organisation cultuelle des mennonites fut détruite. En 1938, l’Église luthérienne cessa d’exister institutionnellement en URSS, et ses membres, en grande majorité d’origine allemande, furent quasiment tous déportés en Sibérie pendant la deuxième guerre mondiale.
En juillet 1937, le Politbureau donna l’ordre, signé par Staline, de dresser deux listes des ex-koulaks ministres du culte et prisonniers politiques, l’une de condamnés à être passés par les armes, l’autre de condamnés à la déportation.
L’Église russe, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, semblait inexorablement destinée à disparaître. Et pourtant, au recensement de 1937, resté secret, plus de 50 pour cent de la population soviétique se déclare croyante. Le pouvoir stalinien, arcbouté depuis 1926 sur la théorie du "socialisme dans un seul pays" compris clairement que la religion allait être sa principale alliée dans l'union nationale "patriotique" en vue des sacrifices immenses de la prochaine guerre mondiale. La nouvelle politique de Staline conciliante envers l’Église russe autorisa la réouverture d’un grand nombre d’Églises et l’élection du nouveau patriarche. 

ERADIQUER IMMEDIATEMENT L'ISLAM?

Les infréquentables de Riposte Laïque, fourrier du FN et des racistes selon les islamo-trotskiens, n'ont pas tort de critiquer une politique d'Etat occidental qui vise à cacher la réalité d'une islamisation croissante, assez rapide parfois lorsqu'on apprend qu'une ado peut être catéchisée en trois semaines et envoyée en Syrie... Ils n'ont pas tort de dénoncer l'envahissement du décor islamiste (voile, mosquée, bazars, etc.), mais chacune de leur objection se voit taxée de manière flicarde de raciste, islamophobe (lapalissade intégriste), de fachos, etc10. La discussion est impossible. Riposte laïque se place aussi sur un faux terrain, le même que Plenel et Cie: la défense culturelle (ou multiculturelle) de la république bourgeoise et un règlement immédiat de la question religieuse. On est là dans l'utopie réactionnaire (qui sert en effet plus le FN qu'une laïcité sans âme) et l'irréalisme idéaliste. On ne combat jamais, du point de vue de classe, la religion sur le simple terrain des idées. L'échec des gouvernements intégristes après celui des dites "révolutions arabes" a plus fait pour décridibiliser l'islam politique que les discours sur le maintien d'une culture et d'un environnement français qui seraient le meilleur moyen d'intégration de l'immigré et de sa famille. Ce n'est pas demain la veille que l'illusion religieuse disparaitra ni par décret ni immédiatement après les débuts d'une révolution internationale. Or, il ne faut pas oublier que la critique en acte de la religion est aussi évidente au début de toute révolution prolétarienne. Ce que ne rappellent pas les trotskiens cultivés qui se rangent derrière la politique d'accommodement nationaliste de Staline. On ne peut pas et on ne partagera pas le pouvoir avec un quelconque parti islamique. Les bolcheviques s'attaquent directement au pouvoir des popes, puis, opportunistes, ils croient pouvoir transiger avec l'islam. Il n'est pas possible de transiger avec l'islam politique. La vague révolutionnaire est tellement forte qu'elle influence et enhardit la lutte anti-religieuse dans un cadre de libération nationale bourgeoise, un Mustapha Kemal, avec virulence et moquerie, opère à un grand nettoyage des oripeaux islamiques qui a encore des conséquences positives sur la Turquie moderne11.
Même ubiquité que la bourgeoisie occidentale chez le dictateur Poutine. Lors du 225e anniversaire de la Direction spirituelle centrale des musulmans de Russie, Vladimir Poutine a affirmé que l’islam est un élément incontournable dans le paysage culturel du pays. Incontournable comme la solide démocratie, sagesse et tolérance qui caractérisent la dictature poutinienne armée et policée12.
Alors en conclusion si nous ne pouvons qu'assister aux petits arrangements entre gouvernement bourgeois et clans religieux, glorification d'un faux islam pacifiste, si nous sommes obligés de considérer que l'éradication des religions arriérées sera longue encore (mais pas impossible malgré leur retour accéléré et artificiel) nous ne sommes pas obligés de baisser les bras ni d'avoir honte de notre "intolérance" aux esprits du Moyen âge. C'est en combattant l'islam politique et non pas l'islam en tant que superstition que l'on peut être fidèle au marxisme. Ce combat passe par le combat contre le frauduleux parlementarisme du fric électoral qui est aussi falsificateur ici dans les prétendus "choix démocratiques" entre conservateurs et serviteurs du conservatisme capitaliste que lorsqu'il prétend les innover ou aménager en pays gangrenés par l'idéologie islamiste. Ce combat ne se mêle aucunement des visées impérialistes dites "anti-terroristes" contre les diverses entités Daesch, Al Quaida, Boko Haram et autres cinglés manipulés par les grandes puissances, au nom d'une lutte qui serait commune contre ledit "islam radical"13; où en réalité le prolétariat et les populations civiles ne sont que les otages des divers camps assassins.
ET, à côté de ce terrain du combat politique, je le répète, le combat prolétarien en entreprise doit faire barrage à toutes les intrusions religieuses qui aboutissent à diviser les ouvriers ou à se considérer comme étrangers entre eux. Libre à chacun de croire en privé à ce qu'il veut, ou même d'être raciste en privé, mais sur le plan de la lutte de classe exploitée, les croyances ou déviances de chacun ne sont plus de mise; "peu importe ce que pense tel ou tel prolétaire", a dit un jour Marx qui n'aimait pas les hadiths ni les arrangeurs de religion ni les crieurs antiracistes.
Dans la dynamique d'expansion du communisme à tous les pays, les communautés religieuses ne doivent pas avoir de rôle social (et ne peuvent donc pas exercer de fonctions éducatives, caritatives ou publiques), mais elles doivent même disparaître car elles sont devenues superfétatoires, dans une société où l’aliénation religieuse disparaît, où la superstition n'a pas besoin d'être ridiculisée ni combattue par une propagande "d'Etat ouvrier". Il y a, en somme, dans l’écheveau des évolutions et révolutions historico-politiques, l'aboutissement de l'extinction des religions, où la croyance s'évapore comme elle était venue. Boukharine, dans l’ABC du communisme, avait raison:
«La religion et le communisme sont incompatibles, aussi bien en théorie qu’en pratique». Alors, aux côtés de la hache et du rouet, au musée du temps passé, on exposera le hijab à côté de l' armure de Du Guesclin.

Et les invariables depuis 1789:

"Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement."

"On ne peut point gouverner innocemment"

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté."

"Chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées."


Saint-Just - 1767-1794 - L'esprit de la Révolution


1Examinons le cas Plenel, champion du journalisme couché devant l'islam, auquel il manque une case. Elevé au biberon du tiersmondisme et de l'exaltation de Che Guevara, il correspond à la mue du journal mondain Le Monde, il est "trotsko-compatible". Le trotskisme relooké tiers-mondiste a acquis ses lettres de noblesse dans la normalisation qui suit 68; ses transfuges sont "démocrato-compatibles", aini que l'expliqua le ponte du Monde Jacques Fauvet à Krivine: il ne recrutait pas de journalistes encartés dans un parti mais pouvait apprécier enrôler de petits transfuges à la Plenel – qui savait si bien jouer au procureur féroce sans tuer une mouche comme plumitif permanent de "Rouge" – appréciant "travailler avec des anciens de la Ligue, surtout à la rubrique politique" (cf. p.192 Laurent Huberson, "Enquête sur Edwy Plenel" de la légende noire du complot trotskiste au chevalier blanc de l'investigation.

2Au début du XIXème siècle, des prêtres s'émeuvent des conditions d'exploitation de la classe ouvrière qui va de pair avec l'abandon de l'église: "Le système des manufactures du textile est ici directement mis en cause: les patrons, bourgeois voltairiens anticléricaux, font travailler les ouvriers le dimanche matin, et la classe ouvrière est l'une des plus précocement déchritianisées du pays" (cf. Histoire de l'athéisme de Georges Minois, p.435).

3La morale bourgeoise réprouve la violence de classe et trouve toujours ses réformistes "radicaux" de souche trotskienne pour accommoder ou adoucir cette horrible chose: ""On pourrait-on réfléchir à quelques éléments de morale (ou d’éthique) révolutionnaire : la vérité et l’empathie pour les exploités, comme l’indique Gerry Byrne dans son texte sur le 11 mars 2004, mais aussi une attitude sans compromission face à la hiérarchie, à l’Etat, aux patrons et à tous les pouvoirs institués comme le soulignent brillamment certains des articles de l’Encyclopédie anarchiste reproduits dans ce numéro ? Ne pourrait-on réfléchir davantage à l’usage de la violence et de la non-violence, de la lutte armée et de la discussion nécessaire comme nous y invite le sous-commandant Marcos dans l’une de ses lettres ?".
(dixit YC qui a ces solides références, auteur du blog Sans patrie ni frontières ...de classe, variété de trotsko-anar, pro américain ou censeur stalinien selon ses humeurs).


4Il est interviewé sur quelques blogs sous le titre: Le véritable point de vue des marxistes sur la religion!
Yann Kido sur le site de Médiapart (?) signale et combat les arguties de cet imbécile: "On entend de plus en plus souvent ces temps-ci une petite musique à gauche sur le thème du « respect des religions », dont le communiqué du PCF à l'occasion de l'élection du nouveau pape est une caricature. On peut en effet y lire en conclusion cette formule pour le moins surprenante dans la bouche de supposés communistes : « en toute laïcité, dans le rejet de tout "ordre moral", nous avons de l'intérêt pour la parole de l'Eglise et pour les actes des croyants. Parlons de fraternité. »
http://www.humanite.fr/fil-rouge/nouveau-pape-reaction-du-pcf
 Parler de fraternité avec l'Eglise catholique qui chaque jour confirme son caractère essentiellement réactionnaire, il fallait l'oser. Je ne sais pas ce que cela veut dire que d'avoir de l' « intérêt » pour « les actes des croyants » :  dans la bagarre politique, on s'en fout autant que possible que les gens soient croyants, ce qui compte c'est  leurs actes eux-mêmes,  non ? Pourquoi avoir de l'intérêt pour les actes des croyants en tant que croyants ? Ce qui nous intéresse, ce sont les actes des travailleurs, en tant que travailleurs, plutôt....Et surtout, avoir de l'intérêt pour « la parole de l'Eglise », là on hallucine ! Sauf si il s'agit de s'intéresser à son ennemi afin de mieux le combattre, comme lorsque l'on a « de l'intérêt » pour la parole du Medef, si l'on veut. Mais ce n'est manifestement pas ça du tout la tonalité de ce très cathophile communiqué du PCF.
Pire, dans une mouvance que l'on qualifiera en gros d' « islamo-gauchiste » [= des gauchistes qui regardent avec un intérêt particulièrement bienveillant  l'Islam, parce que religion des « dominés » sous nos latitudes], Pierre Tévanian vient de sortir un petit bouquin intitulé « La haine de la religion » qui, à partir de la pathétique affaire de la candidate voilée du NPA, entreprend de faire la leçon aux marxistes sur la question de la religion. Avec pour ambition d''utiliser les classiques du marxisme pour légitimer le propos absurde du livre, qui est de démontrer, selon la 4e de couverture, que « c’est aujourd’hui l’athéisme et le combat antireligieux, l’irréligion en somme, qui peut être considérée comme l’opium du peuple de gauche. » Rien que ça!".(cf. La haine marxiste de la religion)


5"...en choisissant de s’allier électoralement - même si ce n’est que de façon limitée - avec une organisation intégriste islamique comme la MAB, l’extrême gauche britannique sert de marchepied à celle-ci pour sa propre expansion dans les communautés issues de l’immigration, alors qu’elle devrait la considérer comme une rivale à combattre idéologiquement et à circonscrire du point de vue organisationnel. Tôt ou tard, cette alliance contre-nature se heurtera à une pierre d’achoppement, et volera en éclat. Les trotskystes devront alors affronter ceux-là mêmes dont ils auront facilité l’expansion pour le plat de lentilles d’un résultat électoral, dont il est loin d’être sûr, en outre, qu’il doit beaucoup aux partenaires intégristes" (cf. Marxistes et religion hier et aujourd'hui sur le site du NPA, 2004). En réalité le trotskysme mérita de s'appeler hier stalino-trotskyste (années 40) , puis hitléro-trotskyste (fraction entriste pétainiste) comme aujourd'hui islamo-trotskyste! C'est pourquoi ils militent tant pour le vote des immigrés qui, comme l'a révélé le vote majoritaire pour Ennadah, permettra demain en France l'existence d'un parti islamique de masse, pas forcément apte à s'emparer du pouvoir contrairement à l'hypothèse de Houellebecq, mais comme solide parti d'encadrement des travailleurs immigrés et garant de leur soumission à l'exploitation du capital national et européen. Comme disait Léo Taxil contre les bigots et les francs-macs: "tuons les par le rire!".L'article le plus intéressant sur la religion "le combat du marxisme contre la religion" du CCI, est lui-même faible avec deux concepts passe-partout (décomposition du capital et irrationalisme) qui n'expliquent pas tout; de graves manques sur la critique de la religion par Marx et Lénine, et enfin une sous-estimation de la nocivité de l'islam, qui n'est pas une simple religion mais une religion politique, en tout cas à prétention politique arriérée.

6Histoire de l'athéisme, p. 520.

7Ibid p.521, article de Bezbojnik.

8Ces amis de la religion citent à tour de bras l'effrayante déclaration secrète du vilain Lénine: " la lettre secrète envoyée par Lénine aux membres du Politburo le 19 mars 1922 :
« La réquisition des objets de valeur, surtout ceux des laures, monastères et églises les plus riches, doit être menée avec une résolution implacable, en ne s’arrêtant absolument devant rien, et le plus rapidement possible. Plus nous réussirons à fusiller de représentants de la bourgeoisie réactionnaire et du clergé réactionnaire, et mieux ce sera. »

9Le clergé musulman "consentit en effet, pour faire "passer" la réforme agraire, à délivrer une fatwa (décision religieuse) expliquant que "le sol est le bien commun de tous selon la sainte loi de l'islam" (source: L'URSS et l'Islam de Jean Comtois, 1948).

10Les mesures gouvernementales de dialogue avec l'islam ne sont qu'une planche savonneuse pour l'extension de la soumission musulmane à tous les ghettos existant et au... metro: "Si le rôle pivot du CFCM n'est pas remis en cause, le gouvernement entend toutefois élargir et diversifier la représentation de l’islam de France. En ce sens, les autorités prévoient la création d'une instance de dialogue avec des responsables d'associations de quartier, des intellectuels ou encore des artistes. Ces derniers travailleront sur des sujets comme la formation civile des imams, l'abattage rituel, la sécurité des lieux de culte, l'organisation des aumôneries, etc. ". Toutes voiles dehors. Le reportage d'un journaliste israélien, muni du mini-béret kippa, traversant Paris durant des heures, où il essuie moult remarques antisémites en effet, révèle que nombre de pétasses se balladent en tchador intégral. Les flics ne peuvent même plus les contrôler. Le journal du musulman se félicite qu'en Suède, du haut des minarets, le préposé peut crier l'appel à la prière, quoique pas au-delà de deux kilomètres; bonjour les voisins athées ou bouddhistes.

11Même s'il faut noter que le chef d'Etat Lénine et son homologue Ataturk le bien nommé avaient des intérêts géopolitiques communs.

12On se rappelle l'usage de la menace "fondamentaliste" tchétchène pour justifier les massacres en Tchétchénie. En 2013, Poutine use de la même rhétorique occidentalle séparant hâtivement islam et djihad: "Certaines forces politiques utilisent l'islam, sescomposantes radicales (...) pour affaiblir notre Etat et générersur le sol russe des conflits qui peuvent être menés del'étranger", a dit le président russe à des responsablesmusulmans dans la ville d'Oufa.Vladimir Poutine, qui a souvent accusé les Etats-Unis des'ingérer dans les affaires russes depuis son retour à laprésidence en 2012, n'a pas précisé à quelles forces étrangèresil faisait allusion.Il a par ailleurs demandé aux responsables religieux d'aiderles immigrés musulmans à s'adapter à la vie russe afin deréduire les violences, une dizaine de jours après des émeutes anti-immigrés à Moscou."Ils ont besoin d'entendre votre voix", a dit Vladimir Poutine. "Sinon, ils seront visés par la propagande de diversgroupes fondamentalistes". Ce qui n'empêche pas Poutine d'ironiser sur l'islamisation de la France, qui agrée à ses admirateurs du FN: "dans vingt ans la France sera colonisée par ses ex-colonisés". Un langage qui est probablement le même que celui du commis Valls, mais en privé (et une fois malencontreusement pas off sur le marché de la ville dont il était simple maire).



13La notion de radicalisation confine au ridicule total, un assassin peut-il être considéré comme un politique radicalisé? Crier dans le mégaphone occidental contre l'islam dit radicalisé à l'unisson des impérialismes en lice était en janvier le propos d'un cercle minuscule nommé par euphémisme "mouvement communiste", suiviste...

lundi 23 février 2015

UNE GREVE HISTORIQUE CONTRE LES OBLIGATIONS RELIGIEUSES DANS LA FABRIQUE


A l'heure où Obama le vertueux et Hollande son sous-fifre ne cessent de s'incliner devant l'islam noble et pacifique, et de légiférer pour que toutes les mémères croyantes puissent circuler voilées et leurs époux prier en usine dans des salles de prière ad hoc, agenouillés vers la Mecque et non pas vers le Medef ou la CGT, retrouver dans l'histoire du mouvement ouvrier la lutte contre la bigoterie et la lutte contre la complicité religion/patronat est un grand plaisir. J'apprends tous les jours. Regardant d'un oeil distrait une énième histoire du syndicalisme sur la chaîne 5, je me serais presque endormi à entendre la saga CGT narrée par un vieux stalinien des mines, la censure de toutes les saloperies de la CGT de 1914 à 1968, le rappel soft sur la saga curé-syndicalo-gauchiste à Lip, si le drame de Courrières puis les deux moments clés de la défaite ouvrière avant 14 et 39 n'avaient été rappelés ((1906 et 1938) et surtout – événement qui m'était inconnu – au moment de la fondation de la CGT: la grève antireligieuse des corsetières!

LIMOGES JUIN 1895 : 108 JOURS DE GREVE DES CORSETIERES

 Outre la création de la CGT, l'année 1895 fut marquée par un autre événement (...) : la première grève de femmes à Limoges, l'une des premières en France. (...)
Dans la porcelaine, elles ont déjà participé à de multiples actions avec les ouvriers, et elles viennent même de créer le syndicat des ouvrières de la peinture céramique. Lors de la Commune, ne les a-t-on pas vues construire des barricades ? Mais jamais elles n'ont décidé, encore moins, dirigé une grève. C'est pourtant ce qui se produit en ce matin du 14 juin, dans l'atelier de corsetières de la maison Clément.
La maison Clément est une de ces entreprises familiales prospères, comme on en trouve beaucoup, à l'époque, dans l'habillement. 105 ouvrières s'y échinent plus de dix heures par jour pour des salaires qui ne dépassent que rarement 2 franc (0,25 franc pour les apprentis).
La maison Clément, sur le plan social, c'est une discipline de fer que la patronne se charge de faire régner, sanctionnant chaque manquement par des amendes. C'est enfin et surtout une certaine conception de la religion, très ancrée dans les milieux conservateurs et que le haut clergé catholique encourage alors ouvertement. Chaque jour, les ouvrières sont tenues de s'agenouiller pour réciter les trois prières obligatoires. Et ce n'est pas tout: chaque semaine, elles doivent acheter un apostolat pour 5 centimes; chaque dimanche, elles doivent assister à la messe, et elles doivent encore communier trois fois par an...
Une enquête de police établit que, pendant la semaine de la Passion, Mme Clément obligea ses ouvrières et cela sous sa surveillance, à faire trois jours de retraite. Elle voulut qu'elles aillent se confesser le samedi et elles firent leurs Pâques de dimanche.
Les absentes furent punies par une distribution de mauvais travail avec menace de renvoi de la fabrique. Ajoutons au tableau que M. Clément (qui avait une conception toute personnelle de la charité) vendait aux ouvrières les fournitures nécessaires au montage des corsets (ce qui était pratique générale à l'époque) 40% plus cher qu'à Paris...
Le 14 juin donc, passant outre aux menaces d'excommunication brandies par la patronne, 44 ouvrières et apprenties refusent de se mettre à genoux: c'est la grève. Elle va durer 108 jours, jusqu'au 30 septembre, conduite notamment par Marie Géraud, 24 ans; Marie Saderne, 19 ans, Amélie Rateau, 18 ans (toutes trois possédant que le produit de leur travail pour vivre); Mme Barry; Mlle Coupaud; Mme Bonnet...
Leur cahier de revendications est simple à établir: suppression des amendes et des prières, 20 centimes de plus par corset pour compenser la différence de prix de fournitures...
Reste à s'organiser car il n'y a pas de syndicats dans l'atelier et à espérer la solidarité des autres travailleurs. Aussitôt, la Fédération des syndicats de Limoges vole au secours des audacieuses. On va danser et chanter à leur profit: bals et concerts de solidarité se succèdent. Instants émouvants où se tissent de nouveaux liens et s'échangent d'autres regards. Mais cela n'arrête pas les quolibets. Pensez donc ! Des femmes en grève, elles qui ne devraient pas travailler hors du foyer familial... Les idées de Proudhon ont la vie dure dans la tête de certains ouvriers1.
Au fil des semaines, la grève s'effrite. Le 12 juillet, il reste encore 32 grévistes. Le 1er août, elles sont 22. Le 22 août, la police en dénombre 30. Puis on retombe à 22, irréductibles. Le patron refuse de plier. Il est d'autant plus ferme que le travail des grévistes est pris en charge... par les religieuses, contre moins qu'une aumône, ce qui ne peut que conforter la vieille classe ouvrière limogeaude dans son anticléricalisme et, par ricochet, renforcer sa solidarité à l'égard des 22 corsetières.
Le 23 septembre, lorsque s'ouvre le Congrès constitutif de la CGT, les grévistes tiennent toujours bon, et plusieurs d'entre elles sont même déléguées ou invitées aux séances: Mme Barry, Mlles Saderne et Coupaud, Mme Bonnet...
Sur les 8 femmes que l'on compte parmi les congressistes, elle sont presque majoritaires; Mme Bonnet préside la séance. De plus, une réunion publique, organisée par les congressistes à leur profit, rassemble 750 personnes (selon la police). Cet élan populaire n'entame pas, toutefois, la résistance patronale. La première grève de femmes est un échec: les 22 corsetières devront trouver du travail ailleurs, après avoir, semble-t-il, envisagé de créer une coopérative de production. Il n'empêche: la route est désormais tracée et d'autres l'emprunteront.
 En janvier 1896, les décalqueuses sur porcelaines de chez Th. Haviland, après quatre jours de grève, obtiendront la satisfaction de leurs revendications.
 
(source: "LIMOGES (1870-1919) La mémoire ouvrière" de Jean BOURDELLE).


1Le groupe anar de Limoges Red Skins – qui fournit cet article – est bien ignorant de tares de leur pape idéologiqu, Proudhon était contre les grèves et parfaitement misogyne (voir comment Guérin s'en moque).

mercredi 18 février 2015

LA PRIVATISATION DE LA GUERRE: UN BON MOYEN POUR RETARDER LA REVOLUTION


"Une guerre cachée, où plus personne n'est responsable, engendre des dommages collatéraux cachés". Ken Loach

Déduisant cette notion de la bagarre des fractions internes du capital américain, je ne croyais pas si bien démystifier le déroulement des guerres actuelles si opaques si on s'en tient à la simple focalisation obsessionnelle sur le terrorisme djihadiste, son exploitation planétaire pour expliquer, rabâcher, hurler, répercuter, traduire, enseigner que le "camp de la liberté" ne se laissera pas impressionner. Puis j'ai constaté que si, en France, le concept est totalement ignoré, même par nos meilleurs marxistes orthodoxes ou demi-orthodoxes, il fait florès en pays anglo-saxons, bien que dans une version limitative à celle de consortiums vendeurs d'armes ou groupements pétroliers.

Je vais essayer de démontrer que l'on peut lui donner une acception plus large définissant plus précisément le fonctionnement politico-social de l'impérialisme aujourd'hui, ou des impérialismes, en particulier avec le phénomène de "privatisation" des armées et la place croissante occupée par les "contractors privés"; une privatisation qui apparaît immédiatement au moment de l'effondrement du bloc de l'Est et qui ne me conduit pas à théoriser, comme les gauchistes officiels à la Mickaël Moore, une fin du contrôle des Etats nationaux sur les opérations militaires généralistes. Par contre, les banques contrôlent bien les partis politiques officiels et les Etats.

On verra ensuite que la privatisation ne nécessite plus un embrigadement national des prolétaires dans les guerres, situation à risque pour la bourgeoisie depuis 1945 et les années 1960 (cf. Luttes contre la guerre au Vietnam et mai 68), et même de soldats nationaux comme tels, notamment avec l'invention des soldats de la paix multinationaux de l'ONU...

"Votre génération doit s'habituer à vivre avec ce danger", le terrorisme, et ce "pendant un certain nombre d'années", a déclaré vendredi Manuel Valls aux lycéens d'un établissement agricole de Seine-et-Marne, deux semaines après les attentats en région parisienne qui ont fait 17 morts1. Sacré Valls, premier valet d'Obama qui, lui, s'était contenté de déclarer que la nouvelle aventure américaine au Moyen-Orient ne serait "pas résolue en quelques semaines", surtout quand on confie aux armées européennes le sale boulot.

L'enjeu du pétrole

Le pétrole était connu et utilisé dans la plus haute Antiquité sous sa forme bitumeuse pour les bateaux en particulier. Il reste la principale source d'énergie dans le monde malgré tant de déclarations alarmistes et exagérées sur sa raréfaction. Inutile de lister combien il est indispensable: circulation automobile, aviation civile, pétrochimie, production d'électricité, et surtout pour tous les types de véhicules des armées.
L'industrie pétrolière reste une industrie hautement technique aux technologies sophistiquées dont la maîtrise n'est détenue que par les grandes puissances, et qui nécessite des investissements hors de portée de la plupart des pays. Enfin le commerce, juteux, des hydrocarbures est essentiellement international et se fiche autant des frontières que de Karl Marx. Tout cela signifie un entrelac d'intérêt privés et nationaux, de producteurs et de consommateurs, de clans rivaux sans pitié, pour ne pas dire de fractions du capital, qui se fichent comme de leur première chemise d'intérêts nationaux ou occidentaux ou orientaux.
La lutte opaque des fractions du capital américain, pour nous concentrer pour l'instant sur celui-ci, et dont personne ne vous parle sur internet ou à la télé, fait penser – comme le traitement des ouvriers chinois – à la compétition dans la deuxième moitié du XIXème siècle entre les premiers fondateurs de cartels pétroliers, les Rockfeller, Henry Deterding et William Knox d'Arcy; quoique en plus violente quoique jadis la politique de la canonnière remplaçât souvent le chantage au paiement de la dette!

À la veille de la Grande Guerre en 1914, l'industrie pétrolière était dominée par la Standard Oil et la Royal Dutch-Shell, l'Anglo-Persian et la Turkish Petroleum pour l'exploitation des champs irakiens - alors turcs - de Kirkuk partagés entre l'Anglo-Persian, la Royal Dutch-Shell et la Deutsche Bank, les américains étant exclus. Mais si déjà les Gouvernements s'étaient avisés de l'importance grandissante du pétrole, c'est tout de même le charbon qui restait par excellence le combustible industriel, les transports automobiles notamment n'étant pas développés. Après la Première Guerre Mondiale, les cartes furent redistribuées au Moyen Orient où les puissances occidentales se partagèrent la Turkish Petroleum devenue Irak Petroleum. La France accédait à son tour aux champs pétroliers sous R.Poincaré en 1924 avec la Compagnie Française des Pétroles créée par Ernest Mercier et 90 banques et sociétés commerciales2. En 1935 la guerre pour le pétrole prit un tour sanglant lors de la "guerre du Chaco" où la rivalité anglo-américaine pour ce territoire entre la Bolivie et le Paraguay – après la découverte d'Esso (standard Oil) – coûta près de 100 000 morts. La tendance à la privatisation, c'est à dire à commercer hors des désidératas de l'Etat, se manifeste déjà en 1927 avec Esso qui conclut des accords avec l'IG Farben, consortium de l'industrie chimique allemande de sinistre mémoire, dissoute seulement en 1950. L'importance de contrôler le pétrole sur son propre territoire devient dès les années 1930 un impératif de toutes les futures nations qui veulent se débarrasser du colonialisme. En mars 1938 le Mexique en nationalisant 17 compagnies américaines jette le trouble au pays des cow-boys impérialistes.
Plus nettement qu'en 1914, le pétrole devient un enjeu politique énorme au cours de la seconde boucherie mondiale. Le pacte félon Hitler-Staline, qui paralyse le prolétariat du monde entier, n'est pas seulement une forme de coup de poignard politique, c'est surtout une collaboration très concrète entre les deux principaux vecteurs de la contre révolution: de septembre 1939 à juin 1941, "l'Etat ouvrier dégénéré" fournit aux nazis 900 000 tonnes de pétrole. Lorsque Hitler empapaoute le naïf Staline en 1942, le premier but des armées allemandes n'est pas l'espace vital mais le Caucase et ses richesses pétrolières3. Sans citer de multiples autres exemples jusqu'à la fin de cette guerre (Patton, Von Rundstedt), le pétrole est donc apparu comme une arme de guerre essentielle, si je puis dire.
A la fin de la guerre, dès février 1945, la première chose que fait la principale puissance victorieuse est d'organiser la rencontre sur le croiseur Quincy de Roosevelt et du pacha Ibn Séoud, roi du plus grand champ pétrolier connu jusqu'alors, pour faire de l'Arabie Séoudite un pays protégé de la bourgeoisie américaine. Même si, comme d'autres pays (Venezuela, Iran) la bourgeoisie séoudienne finira par exiger un partage des bénéfices de la manne pétrolière, l'impérialisme américain conservera sa main-mise et un contrôle géopolitique indéfectible. Un autre pas vers la privatisation, c'est à dire à ce niveau vers une tentative d'indépendance face au "grand frère" impérialiste, sera constitué par la création de l'OPEP en 1960, mais les transactions de pétrole restent en dollars américains et les marchés à terme de Londres et de New York continuent à déterminer les cours.
La prétention des oligopoles pétroliers à régenter leur profit a été depuis les années 1990 et la dépendance aux guerres dites "anti-terroristes" ramenée à plus de modestie mais aussi à une compétition sanglante entre eux où les Etats sont souvent impuissants à jouer les intermédiaires ou à réguler les ambitions, ce qui explique l'envolée de la sophistication terroriste de type guerre contre les civils et non plus conflit ouvert entre nations: généralisation de la prise d'otages, attentats doubles, attentats aveugles, puis mise en scène de tortures et égorgements publics.
Les années 1970 avaient vu se poursuivre des nationalisations dans les pays secondaires au sous-sol riche en pétrole mais pour retomber tôt ou tard sous le contrôle des oligopoles habituels. En France si le premier gouvernement Mitterrand avait voulu continuer à imposer sa loi au groupe Elf-Aquitaine, cela n'empêcha pas à terme la privatisation comme celle de Total. Depuis une loi de 1993, chaque compagnie française est libre de diversifier ses sources d'approvisionnement. Les compagnies peuvent aussi désormais servir de cheval de Troie; les fonds de pension américains ne se sont pas gênés pour se tailler une bonne part dans l'actionnariat de ces sociétés. 

Une politique américaine agressive en externe comme en interne pour le "marché de la guerre"

Si la bourgeoisie française ne connait pas des luttes intra-utérines pétrolières (ce qui ne lui épargne pas des scandales récurrents4) grâce à sa traditionnelle centralisation – mais a subi souvent des rappels à l'ordre ou des coups fourrés de sa consoeur (ou plutôt grand-mère) US5 - la bourgeoisie américaine doit faire avec une féroce guerre intestine entre ses sept compagnies, divisées comme je l'ai signalé dans l'article précédent entre les choix sunnites/chiites/kurdes. Jeu trouble et à multiples trappes car l'Etat américain a su monter les sunnites contre les chiites – le rôle de manipulateurs d'assassins terroristes par les "services spéciaux" de la grande puissance nord-américaine est une évidence pour tout observateur conscient n'en déplaise aux anars neuneus anti-complotistes6, après avoir, depuis la création de l'Etat artificiel d'Israël monté les arabes contre les juifs. Toutes les guerres fomentées ou engagées pour "la démocratie" depuis le règne de la smala pétrolière Bush ont favorisé la division des peuples et fabriqué deux cibles : le musulman et le juif.Et institutionnalisé la récurrence d'attentats qui visent à la fois le civil/journaliste ou pas et le juif nationaliste ou pas7. Un tel concept "double", et doublement pervers, comme les attentats du 11 septembre à New York ne peut pas avoir été "pensé" par d'obscurs barbus mégalomanes! Dès 1998 les néocons américains préconisaient de sortir Saddam Hussein de Bagdad pour y "faire entrer les majors américaines"; après guerre la première décision du staf de la maison blanche est de confier la gestion pétrolière en Irak à une filiale d'Halliburton que le ministre Cheney avait longtemps dirigé8.

On a envie de dire : si les compétiteurs des trusts pétroliers ont envie de se foutre sur la gueule, qu'ils le fassent entre eux dans le désert du Nevada mais pas sur le dos des centaines de milliers de morts dans les guerres d'Irak en Syrie!
Avec la "bataille de oléoducs", on passe à la vitesse supérieure dans le bras de fer avec la Russie où Poutine ne défend pas la "Russie éternelle" comme tout les médias nous le chantent, mais défend les intérêts très prosaïques de la bourgeoisie russe. Le propre de l'impérialisme reste l'envie de piller les biens des autres. Parmi les gisements de pétrole découverts au cours des dix dernières années, les deux plus importants se trouvent au Kazakhstan, et on comprend les yeux de Chimène des mafieux pétroliers US face à la vierge effarouchée Poutine qui veut protéger la vertu de ses oléoducs9.

Les tractations économiques sont une autre manière de continuer la guerre. Les grandes multinationales des hydrocarbures se bousculent au Kurdistan; des milliers de "commerciaux" occidentaux sont installés à Erbil où Mobil, Chevron, Exxon et Total ont investi plus de dix milliard de dollars, et là les petits rigolos qui se cachent derrière l'EI n'ont pas à y mettre un pied.

Les "sous-traitants" remplacent les soldats:

Un des tenants de l'interprétation de la privatisation de la guerre comme "menée de plus en plus par les compagnies privées et de moins en moins par des Etats" est Manlio Dinucci10 qui écrit: "Les guerres de l’ère néolibérale se caractérisent par le fait qu’elles ne visent pas tant à mettre la main sur des ressources dans les pays conquis, qu’a transférer la richesse des populations vers le secteur militaire privé dans les pays conquérants". Opinion discutable car il y a souvent peu de richesses parmi ces populations mais souvent du pétrole sous leurs pieds et le pillage ne profite pas spécialement au "secteur militaire privé" mais à l'industrie d'armement, aux banquiers et aux généraux. Ce qu'il ajoute, qui est bien connu des "spécialistes", est plus intéressant:

"Quel est le métier le plus dangereux dans les forces USA/OTAN en Afghanistan ? Ce n’est pas « soldat », comme il pourrait sembler, mais « sous-traitant ».
Selon les données officielles, ont été tués en Afghanistan, l’an dernier, plus de « sous-traitants » de compagnies militaires privées étasuniennes que de soldats de l’armée étasunienne : 430, contre 418. À coup sûr beaucoup plus, puisque les compagnies n’ont pas l’obligation de rendre publiques les décès de leurs salariés. Il en va de même pour les blessés, dont le nombre dépasse celui des morts. La majorité des tués en 2011 (386 sur 430 morts) opérait en Afghanistan pour le compte du Pentagone, les autres pour le Département d’État et de l’Usaid (l’agence fédérale pour le « développement international », de fait militarisée). Ces données confirment qu’un nombre croissant de fonctions, auparavant assurées par les armées officielles, se trouve confié à des compagnies militaires privées. Selon les données officielles, opèrent en Afghanistan pour le compte du Pentagone plus de 113 000 « sous-traitants » de compagnies privées, tandis que les soldats étasuniens sont environ 90 000. Les « sous-traitants » sont pour 22 % des citoyens étasuniens, pour 31 % d’autres pays et 47 % des Afghans. Dans la zone du Commandement central étasunien, qui comprend aussi l’Irak, les « sous-traitants » du Pentagone sont plus de 150 000. S’y ajoutent ceux employés par d’autres départements et par des armées alliées, dont le nombre est inconnu, mais certainement élevé".
Ces "contractors privés" sont les employés de diverses compagnies aux étranges noms, comme des feuilletons télévisés genre Xfiles: Xe Services, Blackwater, DynCorpInternational, L-3 Communications, Halliburton, Titan, Armor (britannique). Une noria de "techniciens" privés s'occupent du "marché de la guerre": télécommunications militaires, construction de bases, fournitures de sécurité, "interrogatoire des prisonniers", autant de "spécialités artisanales" qui déchargent de sales tâches un contingent de pioupious traditionnels qui serait inapte à une telle "spécialisation"! Ces professionnels il faut le préciser ont déjà "baroudé" dans les forces spéciales et services secrets du monde entier; le capital montre sa capacité au recyclage permanent des kakis à la retraite qui peuvent aussi officier pour les nobles professions de garde du corps ou interprète.
La première société militaire privée serait apparue en 1989, soit à l'époque de la chute du mur de Berlin, créée par d'anciens commandos sud-africains; "exécutive outcomes"proposait aux Etats africains menacés par des rébellions des opérations de "contre-insurrections", "clés en main". Ensuite, aux Etats Unis, dans les années 1990, la Military Professional Ressources Inc., tout en restant étroitement liée au Pentagone, vendait ses services aux pays de l'ex-bloc russe, dont on devine qu'ils avaient accéléré la chute de la maison stalinienne avant le service après vente.
Si lors de la première guerre du Golfe en 1991, les "contractors privés" sont maintenus en petit nombre dans la logistique, avec la guerre d'Irak en 2003 leur nombre s'accroit dans un rapport de un à dix, puis en 2007 ils sont aussi nombreux que les soldats11. On trouve depuis lors de plus en plus d'employés "contractors" dans les morts non inclus dans les statistiques. On peut d'ores et déjà apprécier la mutation dans l'armée bourgeoise qui est comparable aux mutations du travail: précarisation accrue, salaires de merde, utilisation outrancière d'ouvriers immigrés sans papier et sans défense juridique ni syndicale12. On peut considérer que, après la fin de la conscription dans les grands pays occidentaux, la bourgeoisie craint toujours les répercussions pour le prolétariat international des cercueils en plastique... Le soldat de métier et le contractor permettent à la bourgeoisie de dormir sereine la nuit.
Le rôle des milliers de contractors est très précis pour laisser la "tâche noble" au soldat (volontaire):
"En Afghanistan, analyse Olivier Hubac, spécialiste de l'intelligence stratégique et coauteur d'un ouvrage sur la guerre afghane, le recours aux contractors fait partie intégrante de la stratégie de l'Otan. Tout ce qui ne constitue pas le coeur du métier de soldat est externalisé afin de permettre aux militaires de se consacrer au combat et aux actions de sécurisation."
Pour tous les négateurs du prolétariat, ceux qui doutent, ceux qui redoutent et ceux qui dégoûtent sur la réelle hostilité maintenue, permanente et convaincue de la classe ouvrière des pays développés, il sera utile de lire ce qu'écrit Dominique Lagarde de l'Express:
"La privatisation de tâches qui autrefois incombaient aux armées permet de faire la guerre en limitant l'envoi de troupes sur place et en minimisant les chiffres officiels des pertes humaines : les morts des SMP (sociétés militaires privées) ne figurent dans aucune comptabilité. C'est un sacré avantage pour un gouvernement confronté à une opinion publique fragile et à un Parlement pointilleux...".
Mieux, comme le dit le réalisateur Robert Greenwald, pour les professionnels des SMP "le but n'est pas la reconstruction des nations mais la recherche du profit". En mai 2010, Newsweek titrait: "le miracle irakien", et précisait: "ce pays a les moyens de devenir la nouvelle Arable Séoudite"... pour l'armada de groupes pétroliers Exxon Mobil, Shell, Total, les chinois, les russes, angolais, pakistanais ou turcs. Exxon Mobil et Total se partagent sous se soucier des oukases du gouvernement américain, la production au Kurdistan.

LES DJIHADISTES METTENT DE L'HUILE DANS LES ROUAGES DE LA GUERRE

On conviendra après toute cette description de la "guerre privatisée" que l'islamisme ne peut pas être une création ex-nihilo du monde arabe, que les assassins terroristes ne sont pas des idéologues ni même des missionaires armés mais des exécutants d'une guerre trouble où l'enjeu majeur est le maintien du profit pour toutes les fractions du Capital.
Dans les commentaires les plus distanciés ou les plus critiques contre le bourrage de crâne des "défenseurs de la liberté d'expression contre l'obscurantisme", trois pays sont évoqués comme souteneurs financiers des islamistes en Irak et en Syrie: l'Arabie Saoudite, le Koweit et la Turquie. Sans doute ce sont les principaux bailleurs de fonds cachés, mais c'est oublier que le principal commanditaire reste la bourgeoisie américaine qui drive les soutiens ou les arrangements, sans toujours tout maîtriser. On reste obnubilé par les querelles de surface des néo-cons et des progressistes (?) qui masquent de multiples conflits entre les divers groupes pétroliers américains ou non. Le parrainage va dans les deux sens dans la collusion en pays producteurs et grande puissance, Dick Cheney a été longtemps la face publique du "lobby saoudien" à Washington.

En 2009, Hillary Clinton avait signé un mémo secret – révélé par Wikileaks – spécifiant que « l’Arabie saoudite représente une base de soutien financier capitale pour Al-Qaïda, les Talibans (...) les donateurs d’Arabie Saoudite constituent la source la plus importante de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde ».
PS: Quelques remarques sur le cas grec. Les gauchistes de gouvernement de Syriza font un gentil chantage à la sortie de l'Europe. C'est du pipeau parce que l'Europe n'a pas une réelle machine de guerre continentale. La bourgeoisie US a besoin de la Grèce comme base pour sa 6e flotte en Méditerranée comme de la Crète pour contrôler la région. Le gouvernement Syrisa va faire traîner en longueur pour la dette de 321 milliards (pib 183) mais franchement c'est peu comparé à l'Allemagne (dette:2044 pour un pib certes de 2900à la France (dette : 2031 pour un pib de 2138) et le Japon est endetté à 245 % de son pib! - et va peu augmenter les salaires qui sont aussi minables qu'en Allemagne (450 euros!). La seule activité de base en Grèce qui permettait au pays de tourner, le bâtiment, est coulée.


ANNEXE:
Hillary Clinton leaked memo: Riyadh biggest funder of world extremist
Saudi Arabia is the sole biggest funder of extremism in the world and is unwilling to cut off the money supply, according to a leaked note from Hillary Clinton.
The former US Secretary of State says in a secret memorandum that donors in the kingdom still “constitute the most significant source of funding to Sunni terrorist groups worldwide” and that “it has been an ongoing challenge to persuade Saudi officials to treat terrorist financing emanating from Saudi Arabia as a strategic priority”.
In a separate diplomatic cable published by WikiLeaks, the militant group which carried out the Mumbai bombings in 2008, Lashkar-e-Toiba, is reported to have secured money in Saudi Arabia via one of its charity offshoots which raises money for schools.
Saudi Arabia is accused, along with Qatar, Kuwait and the United Arab Emirates, of failing to prevent some of its richest citizens financing the insurgency against Nato troops in Afghanistan.
Fund-raisers from the Taliban regularly travel to UAE to take advantage of its weak borders and financial regulation to launder money.
However, it is Saudi Arabia that receives the harshest assessment.
“In 2002, the Saudi government promised to set up a charities committee that would address this issue, but has yet to do so,” Clinton’s cable reads, before seeming to admit with disappointment that merely “obtaining Saudi acknowledgement of the scope of this problem and a commitment to take decisive action” has proved hard.
Saudi Arabia is also reported to be one of the biggest supporters of the war in Syria as well.
According to reports, both Saudi Arabia and Qatar are the most spenders of the deadly conflict in Syria which is aimed at changing the government of President Bashar al-Assad.
SHI/SHI



1Non 20. Vous l'avez remarqué, je suis le seul à comptabiliser le vrai nombre de morts, je ne vois pas pourquoi on ne totalise pas le nombre réel: celui des victimes et des assassins, car tout assassins qu'ils soient, et pas plus désireux de mourir que vous et moi, ils sont victimes aussi de l'application de la peine de mort automatique de rue, même si je ne les plains pas.
2On peut souligner la différence de traitement du pétrole entre France et pays anglo-saxons. La royauté avait créé en France un Etat centralisé qui sera en retard industriel quand les pays anglo-saxons se sont développés de manière fédéraliste avec un libéralisme qui allait donner naissance aux capitaines d'industrie pétrolière. Mais si l'Etat français a créé son industrie pétrolière, cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas des conflits d'intérêts au sein de la Françafrique allant jusqu'au meurtre, comme chez les rivaux des sept grandes compagnies US.
3Hitler se casse le nez sur l'hiver russe et le prêt-bail américain qui a permis à Staline d'avoir l'armement adéquat, tout comme son sous-fifre Rommel échoue dans le désert en route pour l'Egypte.
4Cf. Les aventures de Papamadit en Afrique, fiston de Mitterrand et celles du fils Pasqua récemment décédé: "Le fils unique de Charles Pasqua, 87 ans, a eu des démêlés avec la justice à la fin des années 2000. Après avoir passé sept années en Tunisie, il avait été dans un premier temps jugé par défaut dans une affaire de pots-de-vin extorqués en 1994 à Alstom. Il avait été condamné définitivement en 2008 dans cette affaire à un an de prison ferme.
Pierre Pasqua avait également été condamné en 2009 à un an de prison ferme dans l'affaire dite de la Sofremi, dans laquelle il comparaissait aux côtés de l'homme d'affaire Pierre Falcone. Il s'agissait de détournements de fonds datant des années 90 au détriment de la Sofremi, une société vendant du matériel de sécurité à l'étranger. Il aurait touché quelque 1,5 million d'euros selon la Cour d'Appel de Paris. Un ambassadeur d'Israël a été cher payé, pour quedale, concernant de possibles ventes d'armes vers les vertes prairies pétrolières: ""L'Obs" s’est procuré des documents secrets montrant qu’Avi Pazner, ancien ambassadeur d’Israël en France, a été au service du groupe français de 2010 à 2013, au moment où Areva cherchait à construire deux réacteurs en Jordanie. (...) Dans cette lettre, Avi Pazner s’engage à faire tout son possible pour convaincre le gouvernement israélien de soutenir le projet d’Areva de centrale nucléaire en Jordanie. En cas de succès, le groupe français promet de verser 1 million d’euros à Avi Pazner. Une somme qui serait même doublée si un mystérieux "investisseur", dont le nom n’est pas cité, apportait son concours au projet tricolore. Ces montants, qui surprennent par leur importance, sont-ils conformes à une action de lobbying classique ? C’est une des questions que se pose la Brigade financière. (cf. Lire l'article de lObs: http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20150217.OBS2748/info-obs-le-porte-parole-de-netanyahou-etait-paye-par-areva.html)



5En son temps le père Pasqua fît souvent des allusions assez nettes, contrairement au mutisme officiel de la droite et de la gauche au pouvoir, expliquant une fois que l'Angolagate était "une guerre franco-américaine".
6Plusieurs affaires modernes révèlent l'importance des manipulations des services secrets, voir l'Affaire Farewell, nombre de mystères ou d'attentats non éclaircis, à un niveau... insoupçonnable!
7Sur la fabrique de la dénonciation perpétuelle de l'antisémitisme comme principal danger je reviendrai, en particulier avec l'excellent "Considérations sur Hitler" de Sébastian Haffner, court ouvrage qui en dit plus que tous les pavés sur WW 2, et démontre que l'antisémitisme hitlérien est une excroissance étrangère à diverses formes d'antisémitisme à l'époque nullement à vocation exterminatrice. Personne n'est obligé d'être amoureux ou assujetti à telle ou telle communauté ou croyance religieuse, sans être considéré pour autant comme assassin potentiel. Comme je reviendrai sur le cas Plenel, probable membre de la CIA comme le pensait Mitterrand (cf. Enquête sur Edwy Plenel par Laurent Huberson).
8L'Etat irakien est littéralement dépouillé: administrations, écoles, hôpitaux, sans compter les installations pétrolières endommagées. En Libye ce sera pareil après les vantardises du Sarkozy national, pour finir par l'éclatement de tout Etat et... Daesh, le vrai bordel américain! La "débaasification" américaine permet de plus la nomination de tous les caïds religieux incompétents. La bourgeoisie américaine, représentante de toutes ses fractions en compétition ne veut naturellement plus d'Etat viable dans la région pour que les compagnies et leurs contractors pillent à qui mieux mieux les gisements en cours et tout cela au nom "de la lutte contre la dictature et des crimes perpétrés contre les kurdes"!
9Cf. "Le sang du pétrole", livre du général Gallois, consacré à l'Irak et à ... la sécurité des réserves pétrolières du Golfe. En Ukraine, la bourgeoisie revendait plus cher le gaz que la Russie lui avait fourni à bas prix, ce qui était tout bénef. Elle s'est laissée piéger par les promesses américaines et européennes sous la soit disante révolution de Maidan, avec ses petits groupes néo-fachos qui rêvaient d'un meilleur emploi à l'Ouest. Guerre typiquement géopolitique elle se solde par un carnage, et, avec un black out continu des médias on n'entend plus parler de courant pacifiste ni de mères ukrainiennes en colère. Qu'est devenu le groupe qui nous renseignait sur les velléités d'opposition du prolétariat ukrainien?
10Auteur de Il Manifesto qu'on trouve sur le site Voltaire, que je parcours en général avec précaution, mais où des choses utiles valent d'être lues, en particulier l'article de cet auteur: Les néo-nazis ukrainiens entraînés par les Etats-Unis.
11Mes camarades marxistes se projetteront en 1871 où le gouvernement Thiers avait fait appel aux nombreux "spécialistes" paysans de province pour massacrer les ouvriers parisiens. Le livre de F.Guery "archéologie du nihilisme de Dostoïevsky aux djihadistes" est finalement nul malgré un titre accrocheur, ce n'est qu'un brouet de littérateur qui ne comprend rien à la lutte des classes ni à la déliquescence terroriste de la guerre moderne.
12Sans oublier les enfants exploités par le capital chinois, en Allemagne 9 millions de travailleurs sont payés 450 euros par mois, dont une forte proportion d'allemands de l'Est et d'ouvriers immigrés! Ce qui explique la bonne santé "exemplaire" de l'économie bourgeoise teutonne.