"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 25 août 2012

TUNISIE : LE POUVOIR CONTROLE LES SALAFISTES



Malgré une dramatisation intentionnelle de la presse bourgeoise occidentale, les carottes ne sont pas cuites en Tunisie pour les salafistes. Cette mouvance est équivalente au FN en France, mais constituée de jeunes  sectaires et non de grabataires comme dans la maison Le Pen. Le président tunisien est bien considéré de la population et a pris ses leçons politiques en Occident. Il a compris l’intérêt de l’agitation au niveau « extrémiste » hors du gouvernement. Les exactions des salafistes servent à conforter le gouvernement, et la menace d’alourdir la pression par des lois coraniques (qui ne verront pas le jour, fait le reste.
Contrairement aux commentaires affolés, le tourisme a fait le plein encore une fois cet été en Tunisie.  Et les femmes vont conserver leurs droits parce que c’est le pays d’Afrique du  nord où existe et combat une véritable classe ouvrière. Bien que faible, l’article suivant du Point frôle la réalité.
JLR

Le Point.fr - Publié le 24/08/2012 à 19:45
Les "modérés" d'Ennahda restent étrangement silencieux face aux violences commises par les islamistes radicaux. Décryptage.
Si l'année 2011 a été marquée en Tunisie par la victoire électorale du parti islamiste Ennahda, 2012 semble placé sous le signe des violences salafistes. Débarrassés du joug de la dictature du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali, ces islamistes radicaux sèment depuis près d'un an la terreur dans la Tunisie nouvelle. Sit-in dans les universités, commissariats caillassés, chaînes de télévision assiégées, expositions annulées..., ils dictent leur propre loi au nom de l'atteinte au sacré. Des incidents étonnants dans un pays que l'on disait à la pointe de la modernité arabe.
"Les salafistes existaient sous Ben Ali", rappelle Vincent Geisser (1), chercheur spécialiste de la Tunisie à l'Institut français du Proche-Orient de Beyrouth. "Alors qu'il a fermement combattu les djihadistes, au nom de la lutte contre le terrorisme, Ben Ali n'a pas inquiété les salafistes, qui se voulaient apolitiques, au contraire des islamistes (aujourd'hui réunis sous la bannière d'Ennahda, NDLR). Des villes comme Bizerte ou Menzel Bourguiba voient se développer un réseau souterrain de prédication littérale de l'islam, à l'aide de DVD fournis "sous le manteau" grâce à la présence de commerçants ultra-radicaux. Les chaînes satellitaires saoudiennes se chargent du reste. Frappés par la crise économique, de nombreux jeunes sont séduits.
Refuge face à la dictature
"Même si elle reste massivement laïque, une partie de la jeunesse tunisienne s'est réfugiée dans le salafisme sous Ben Ali", explique Vincent Geisser. "Dans un contexte de musèlement de la liberté d'expression, cette doctrine constituait un véritable abri", ajoute-t-il. La révolution du Jasmin va bouleverser la mouvance. La chute de Ben Ali va s'accompagner d'une amnistie générale des opposants politiques, permettant aux cadres salafistes, exilés jusqu'ici en Europe, de revenir s'installer en Tunisie. Suivant l'exemple des salafistes d'Égypte, le mouvement décide de rentrer en politique. "Les salafistes ont vu là une opportunité historique d'accéder à leur but ultime : la création d'un État islamique", explique au Point.fr le sociologue Samir Amghar (2), spécialiste du salafisme.
Ils se démarquent ainsi des islamistes modérés d'Ennahda, qui défendent, d'après eux, une vision trop progressiste de l'islam, et - sacrilège - s'allient à des partis laïcs pour accéder au pouvoir (les deux partis de centre gauche du Congrès pour la République et d'Ettakatol, NDLR). Pour les salafistes, le concept de démocratie est insoluble dans une société islamique. Pour se faire entendre, ils multiplient les opérations coup de poing. Un Français vient d'ailleurs d'en être victime. Jamel Gharbi, conseiller régional socialiste des Pays de la Loire, a indiqué mercredi avoir été roué de coups par des militants islamistes radicaux. Tandis qu'il se promenait jeudi soir, en compagnie de sa femme et de sa fille de 12 ans, dans le quartier du port de Bizerte, ville dont il est originaire, il a été violemment pris à partie.
Un Français attaqué
"Nous avons croisé un groupe d'une cinquantaine de salafistes qui les ont agressées verbalement en raison de leurs vêtements d'été, qui n'avaient pourtant rien de choquant", raconte-t-il à l'AFP. Après avoir crié à ses proches de s'enfuir, il affirme avoir vu les agresseurs se ruer sur lui et le "frapper à coups de matraques et de gourdins". "Personne ne m'a secouru", insiste-t-il. "Je n'ai dû mon salut qu'au fait que j'ai réussi à m'enfuir. Si j'étais tombé à terre, ils m'auraient lynché." L'incident s'est produit en marge du festival de Bizerte, qui a lui aussi été pris pour cible par des militants radicaux.
Armés de bâtons et de sabres, 200 d'entre eux ont attaqué, le 16 août dernier, un évènement organisé dans le cadre de la "Journée al-Aqsa", faisant cinq blessés. Étonnamment, les critiques des organisateurs ont visé la police qui, selon eux, aurait attendu une heure avant d'agir. En tout cas, les quatre salafistes qui ont été arrêtés au moment des heurts ont tous été relâchés une semaine plus tard. Autre élément troublant, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues non plus dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, lorsque des centaines de salafistes ont pris d'assaut une quinzaine de maisons de Sidi Bouzid, ville symbole du Printemps arabe où s'est immolé Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010.
Double jeu
Fin juillet, le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, avait expliqué chercher le dialogue avec les salafistes, afin de ne pas retomber dans "l'oppression, la torture, l'emprisonnement" qui caractérisaient le régime de Ben Ali. "Les chasser et les pourchasser ne fera qu'augmenter leur exclusion et radicaliser leur engagement", avait-il ajouté, selon l'AFP. Tolérance ou complicité ? Pour sa part, Vincent Geisser préfère parler de "stratégie populiste identitaire". "La position du gouvernement, aux mains d'Ennahda, est loin d'être homogène", souligne le chercheur.
Ainsi, "si le ministère de l'Intérieur aimerait de son côté répondre fermement aux violences, d'autres comme le député Sadok Chourou plaident pour une intégration des salafistes au parti. Là-dessus, Rachid Ghannouchi adopte une position médiane, dans le but de récupérer l'électorat salafiste dont une partie a voté pour Ennahda lors des dernières élections", analyse le spécialiste de la Tunisie. Pour le sociologue Samir Amghar, il existerait en réalité une vraie collusion entre les deux partis islamistes.
"Les dirigeants d'Ennahda, étant au pouvoir, sont forcés de tenir un discours modéré en public", rappelle-t-il. "Mais en interne, une bonne partie d'entre eux sont d'accord avec les thèses salafistes." Dans cette stratégie, les salafistes seraient chargés de réaliser en sous-main la "sale besogne". "Les salafistes font pression sur la sensibilité musulmane de l'opinion publique tunisienne, afin de créer un rapport de force en faveur d'une islamisation de la société", estime le spécialiste de la mouvance. Cela pourrait expliquer pourquoi, le 1er août dernier, Ennahda a déposé à l'Assemblée nationale constituante un projet de loi... punissant l'atteinte au sacré.
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Par Armin Arefi
 
 (1) Vincent Geisser, auteur de Dictateurs en sursis et coauteur avec Michaël Béchir Ayari de Renaissances arabes (Éditions de l'Atelier)
(2) Samir Amghar, auteur de Les islamistes au défi du pouvoir (Éditions Michalon)

mardi 24 juillet 2012

HOLLANDE INAUGURE LES CHRYSANTHEMES

...et déguise un crime commis par la bourgeoisie lâche en France!

C’est sûr il n’est pas stressant comme l’autre zèbre disparu des écrans, omniprésident et agaçant PN.
Mais il va le devenir s’il ne sait pas fermer sa g… Le changement… c’est du passé ! Drôle de passé emberlificoté!
Et comme il n’a pas plus de solution à la crise endémique, obsédante et pantelante, il s’essaie au bla-bla commémoratif. Son but minima : défendre la pérennité des institutions bourgeoises des IVème à la Vème républiques bourgeoises : ni l’Etat ni ses flics ne doivent être mis en accusation mais « les français » en général comme en 1945 le nazisme était devenu selon les nationalistes juifs la faute au peuple allemand ! (voir articles de Chazé et Chirik contre cette mystification bourgeoise). Le président "normal" est devenu président banal.

LA MEME HYPOCRISIE QUE LA COMMEMORATION ANNUELLE DE 14-18!

Comme ses prédécesseurs Hollande est un peigne-cul de l'idéologie bourgeoise américaine qui exige une repentance permanente, qui stipule:
- tu corneras éternellement avoir sauvé la France "vichyste"
- tu agiteras la seule victimologie juive pour mieux faire oublier les crimes des guerres actuelles.

Guaino et Chevènement assurent l’après-vente

Comme il est aussi ridicule d’accuser la France que l’Allemagne, sauf pour crétins écervelés, le violoniste sarkozien Guaino nous refait le coup du héros planqué à Londres mais excuse aussi l’appareil d’Etat et ses flics :
«Ma France, elle n'était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin!» Ancien barde chauvin de Nicolas Sarkozy à l'Élysée devenu député UMP des Yvelines, Henri Guaino a réagi lundi aux propos tenus la veille par François Hollande. Lors de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv', le chef de l'État de gauche normale a disqualifié l'arrestation, l'internement et la déportation de 13.520 Juifs de nationalité étrangère réfugiés en France, dont plus de 4000 enfants, de «crime commis en France par la France». Sur BFMTV et RMC, Guaino s'est interrogé sur ce que la France «a à voir avec cela», marquant la distinction entre «la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice» et l'autre France. «Elle était à Londres, elle était avec la France libre, elle était dans les maquis», a-t-il indiqué.
Chevènement en rajoute dans la confusion en oubliant de signaler que ses ancêtres du PS avaient tous voté pour l’intronisation du maréchal Putain (que Sarko a fait enseigner comme le sauveur de Verdun mais pas le déporteur d’enfants juifs), et excuse, comme petit Valls, l’obéissance des flics.
Jean-Pierre Chevènement aurait donc « corrigé » les propos du président de la République qui, «dans son discours du 22 juillet, a malheureusement omis de dire que les crimes commis par les policiers et les gendarmes français, lors de la rafle du Vél' d'Hiv', l'ont été sur l'ordre de l'État français de Vichy collaborant avec l'Allemagne nazie». Pour le sénateur du territoire de Belfort, «c'est occulter les accords passés avec la Gestapo par René Bousquet, alors secrétaire général de la police, agissant pour le gouvernement de Vichy. C'est faire comme si Pétain était la France et comme si le véritable coup d'État opéré le 10 juillet 1940 par un gouvernement de capitulation n'avait pas existé».
C’est vrai en partie seulement, car, il  n’est interdit à aucun être humain même sous uniforme de désobéir à des ordres criminels. Pour ma part, je ne connais que quatre gendarmes qui ont déserté à l’époque en Auvergne. Avec les seuls arguments que flics et militaires peuvent comprendre en temps de guerre. Lorsque mon père est entré dans la caserne de Rochefort Montagne, revolver au poing : vous nous rejoignez dans la résistance ou je tire ?
Ceux-là n’ont pas été complices des déportations honteuses.

RESUME: La vérité ni Guaino ni Chevènement ne la rectifient:

1. c'est un "Etat" bourgeois (pas les français en général) qui a fait le sale boulot aidé des flics qui obéissent à n'importe quel régime;
2. La France et sa population n'y sont pour rien: près de deux millions de jeunes prisonniers en Allemagne, + fusil dans le dos de la soldatesque boche pour les autres.
Bientôt, nous apprendrons que les nazis étaient aux ordres de la France. Faudrait pas oublier quand même que l'armée nazie a écrasé l'armée française et arrêter de nous faire marrer avec cette histoire de repentance de vaincus cocus, qui est une autre manière d'excuser le régime nazi et de faire risette au nationalisme juif.
Au fond, le triomphe de la falsification de l'histoire, cette protection éhontée des institutions collabos de la guerre et de ses crimes (magistrats + flics) c'est la preuve qu'en 1945... le fascisme a gagné, comme disait Amadeo Bordiga!

Le témoignage d’une déportée alors qu’elle était enfant décrit bien l’absence de scrupules des flics. J’ai habité plusieurs années à côté de l’ancien emplacement du Vel d’Hiv, je n’y passe jamais sans un frisson.
Depuis vingt-sept ans, Sarah Lichtsztejn-Montard témoigne. Elle raconte, deux fois par semaine, à des collégiens et lycéens, son arrestation en juillet 1942 dans la rafle du Vél d’Hiv, sa fuite, son arrestation à nouveau en mai 1944, sa déportation à Auschwitz.(…) Sarah reste seule avec sa mère. En juin 1942, elle doit coudre une étoile jaune sur ses vêtements et se souvient «des regards». Le 15 juillet 1942, dernier jour d’école, une camarade l’avertit que se prépare une «rafle générale de Juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards…» Un commissaire de police a donné l’alerte. Mais la mère n’y croit pas (à cette fable d’un flic juste ?) . «Elle m’a dit "en France, arrêter des femmes, des enfants… Ce n’est pas possible".»
Le lendemain matin, 6 heures, des coups sur la porte. Sarah est réveillée en sursaut. Entrent deux inspecteurs de la police française. La mère de Sarah les implore de laisser sa fille. «Elle était presque à genoux, j’avais honte.» Dans la cour de l’immeuble, elles rejoignent deux autres familles. Dans la rue, c’est le chaos. «On voyait arriver des parents hagards, tenant à bout de bras des petits enfants mal réveillés, qui pleuraient. Les gens sortaient de partout, avec des affaires ficelées à la hâte, des matelas d’enfants sous le bras. Ils étaient entourés de policiers, comme s’ils étaient des criminels.»
Sarah a 14 ans. «Je n’étais pas comme les préadolescentes d’aujourd’hui. J’étais une petite jeune fille naïve, qui vouait une confiance absolue aux grandes personnes.» Ce moment où elle monte dans le bus, poussée par les policiers, l’instant où elle voit, restés sur le trottoir, ses camarades non juifs, signe pour Sarah «la fin de l’enfance».
Les bus arrivent rue Nélaton, dans le XVe arrondissement de Paris. Les passagers sont poussés à l’intérieur du Vél d’Hiv, grand stade couvert voué aux manifestations sportives et concerts. «Il y avait déjà environ 5 000 personnes. Un brouhaha énorme. Une chaleur suffocante.» Constamment, de nouveaux autobus «viennent déverser leurs cargaisons». La journée passe sans eau ni nourriture. Les quelques toilettes sont rapidement bouchées, l’odeur devient insupportable. Les enfants pleurent.
La verrière du stade a été peinte en bleu, pour ne pas être repérée des avions bombardiers. Le soleil à travers répand «une lumière verte, glauque». Sarah regarde les visages rongés d’inquiétude sur les gradins. Elle a l’impression de voir «des fantômes verts».
Les policiers français - «ce jour-là, je n’ai vu aucun Allemand» , insiste Sarah - ne répondent pas aux questions. Ils répètent juste que le but de la rafle est d’envoyer des travailleurs dans les camps en Allemagne. Vers 17 heures, Sarah voit arriver des personnes handicapées, grabataires ou malades, certains en fauteuil ou sur des brancards. Sa mère comprend qu’on leur a menti. «Elle m’a dit : "Ce n’est pas pour travailler, ces gens-là ne peuvent pas travailler. Il faut se sauver."»

jeudi 19 juillet 2012

DELINQUANCE FINANCIERE : Qui a manipulé le libor ?


Un nouveau scandale touche la finance britannique de la City, à Londres depuis une quinzaine de jours. La banque Barclays a admis avoir manipulé le Libor durant la crise financière, dévoilant au grand jour un scandale qui pourrait impliquer des dizaines d'établissements...
Le Libor, c’est quoi?
Le Libor ou London Interbank Offered Rate est le taux interbancaire londonien. Il est calculé sur la base des estimations des intérêts dus par de grandes banques internationales sur les prêts qu'elles s'accordent les unes aux autres, mais ces estimations sont fournies par les banques elles-mêmes, sans vérification indépendante.
Ce taux n'est ainsi pas déterminé par un régulateur national, mais fixé par une quinzaine de grands établissements bancaires au rang desquels Barclays, Royal Bank of Scotland mais aussi des banques d'autres pays telles que Bank of America, Deutsche Bank, HSBC, BNP Paribas, Société Générale, Crédit agricole. Ce taux sert de référence pour quelque 550.000 milliards de dollars (447.000 milliards d'euros) de produits dérivés de taux, mais aussi pour certains crédits immobiliers ou étudiants et des cartes de crédit. L’impact de sa manipulation n’est donc pas limité au seul Royaume-Uni et à la seule sphère financière.
Que s’est-il passé?
Le mois dernier, la Barclays a admis avoir manipulé le Libor durant la crise financière, dévoilant au grand jour un scandale qui pourrait impliquer des dizaines d'établissements. La direction de la banque, qui a dû démissionner depuis, a affirmé que les régulateurs étaient au courant de ses activités mais qu'ils ne les avaient pas empêchées. L'établissement a accepté de payer une amende de 453 millions de dollars (362 millions d'euros) mais l'accord ne le met pas à l'abri des poursuites.
La tentative de manipulation du Libor, qui s'est déroulée entre 2005 et 2009 selon les autorités, implique que des millions d'emprunteurs ont payé un taux d'intérêt majoré ou minoré sur leur dette. Selon les aveux de Barclays, des traders de la banque ont tenté dès 2005 de manipuler le Liborpour gonfler les profits du groupe et, à partir de 2008, ils ont minimisé les estimations des intérêts payés à d'autres banques pour enjoliver la situation financière de Barclays, alors fragilisée par la crise. La publication de courriers électroniques montrant que des banquiers se félicitaient de l'efficacité de la manipulation en s'offrant mutuellement du champagne a suscité la colère d'une partie de l'opinion publique à l'encontre du secteur bancaire, renfloué pendant la crise à coups de dizaines de milliards de livres d'argent public.
Barclays, seule engluée dans le scandale?
Les investigations sur le scandale du Libor menées par les autorités nord-américaines, européennes et japonaises concernent désormais une dizaine de grandes banques internationales, mais Barclays est à ce jour la seule à avoir reconnu des agissements répréhensibles. La Royal Bank of Scotland (RBS) est notamment impliquée dans ce scandale et pourrait devoir s'acquitter d'une amende de presque 190 millions d'euros pour les mêmes raisons, selon The Times. D'autres banques seraient mouillées dans l'affaire, selon Reuters: Citigroup, UBS et HSBC sont également dans le collimateur. Selon le Financial Times, une vingtaine de banques dans le monde sont concernées. Aucune banque française – après avoir dû tout de même répondre à quelques questions– n'a pour l'instant été citée.
Quel futur pour Barclays?
Les amendes qui seront infligées à d'autres banques mettront «en perspective» les ennuis de Barclays, assurent les dirigeants de la banque britannique dans une note interne. «À mesure que d'autres banques trouveront des accords à l'amiable avec les autorités, et que les détails en seront rendus publics, notre situation sera finalement mise en perspective», déclare le comité exécutif de Barclays dans une note aux salariés datée de vendredi. La direction de Barclays y admet que ses clients, actionnaires et régulateurs «ont tous le droit de se sentir déçus».
Aurait-on pu éviter tout ça?
Oui mais la prévention est rarement préférée à la guérison dans la finance. La Banque d'Angleterre a publié vendredi dernier un échange d'emails dans lequel il apparaît que son gouverneur Mervyn King avait appuyé en 2008 des propositions de réforme du mode de calcul du Libor formulées par l'actuel secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner. Le Washington Post avait rapporté un peu plus tôt que celui qui était à l'époque président de la Réserve fédérale de New York avait suggéré dès 2008 aux régulateurs britanniques de réformer la façon dont ils calculent ce taux interbancaire.
Geithner avait fait six recommandations aux gouverneurs de la Banque d'Angleterre, dont celle de supprimer les mesures incitatives qui pouvaient encourager les banques à manipuler le taux et de mettre en place «une procédure de notification crédible», selon le Washington Post, qui cite un email. «Les recommandations de la Réserve fédérale de New York nous paraissent judicieuses. Nous allons demander à la BBA (Fédération des banquiers britanniques) d'inclure dans leurs délibérations les idées contenues dans votre note», peut-on lire dans l'email. 
Le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, a notamment déclaré vendredi que l'Union européenne allait donner la priorité absolue à l'enquête sur le Libor et d'autres cas impliquant notamment l'Euribor. Par ailleurs, avec l'aide de son homologue du Connecticut George Jepsen, Eric Schneiderman, ministre de la justice de l'Etat de New York, a ouvert il y a plus de six mois une enquête sur les soupçons de manipulation du Libor de la part de grandes banques internationales, a annoncé dimanche son porte-parole.
(d’après Reuters et 20 minutes)

dimanche 15 juillet 2012

Des milliers d'ouvriers en grève dans une usine textile d'Egypte

Plus de 23.000 salariés de la plus grande entreprise de textiles d'Egypte se sont mis en grève dimanche en réclamant une revalorisation de leurs salaires. L'usine de la société nationale Misr Spinning and Weaving, à Mahalla dans le delta du Nil, a déjà connu en 2008 des manifestations qui ont déclenché une vague de grèves à travers le pays, considérée par beaucoup comme le catalyseur de la révolte qui a abouti à la chute du président Hosni Moubarak en février 2011.
Sept mille des grévistes de Misr Spinning and Weaving ont organisé un sit-in dans l'usine en réclamant une hausse des salaires de base, le renvoi de responsables corrompus et l'amélioration des conditions dans l'hôpital rattachés à l'entreprise.

Un sit-in qui risque de durer

«Je demande au président Mohamed Morsi de prêter attention aux travailleurs qui l'ont élu», a déclaré un militant syndicat de l'usine, Wedad El Demerdach, en assurant que le sit-in se poursuivrait jusqu'à ce que les revendications des grévistes aient été satisfaites.
De nombreux salariés égyptiens, encouragés par le soulèvement du début 2011, ont élargi les revendications politiques à la sphère économique et observé des grèves ces derniers mois dans l'espoir d'obtenir des augmentations et une amélioration de leurs conditions de travail. La majeure partie de ces mouvements sociaux ont pris fin, mais certains arrêts de travail continuent d'être observés de temps à autre. De petites manifestations ont lieu devant le palais présidentiel au Caire depuis l'élection de Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans. Nombre de ces rassemblements portent sur les questions du chômage et des salaires.
Avec Reuters

LE JEU DES SEPT ERREURS: COMPAREZ LE PARLEMENT BOURGEOIS TUNISIEN ET LE PARLEMENT BOURGEOIS FRANCAIS
 

mardi 3 juillet 2012

Le prolo, l’expert et le mépris de classe avec la stratégie du « pote à pote »




Le jeune député Olivier Ferrand mort après son jogging n’est pas une bien grande perte pour la classe ouvrière qu’il méprisa. Animateur du think tank moderniste Terra Nova, qui a imaginé les thèmes parcellaires et petits bourgeois qui ont contribué à la victoire hollandaise de 2012, il en rajoutait une couche pour amenuiser toujours plus le rôle historique du prolétariat et conforter le discours confusionniste de l’oligarchie bourgeoise.  Il priorisait l’action vers ceux qu’il nommait avec son clan d’énarchiens les outsiders, les précaires en tout genre. Il préconisait un travail de « pote à pote » de militant bobo pour faire baisser l’abstention dans les quartiers défavorisés (où il y a eu encore les plus forts taux d’abstention).
Son clan Terra Nova continuera à insister  sur les  valeurs creuses : valeurs culturelles - solidarité, ouverture, tolérance -  concepts boboïsants sensés  fédérer  les outsiders, les diplômés et les classes intermédiaires. Pour les labos idéologiques de l’oligarchie (comme pour feu Sarko)  les valeurs socio-économiques doivent passer au second plan.
Laissons au crédit de O. Ferrand (président fondateur de Terra Nova) d’avoir dénoncé pendant la campagne électorale la vindicte cynique du clan sarkozyste (évanoui dans la nature)  avec cette conne de Ginette qui cibla les Français précarisés «  Sous les coups de boutoir du sarkozysme, le virus anti-assistanat a métastasé au sein de la société française. Les chômeurs sont devenus des « assistés », des «profiteurs », des « fraudeurs » […] Dans cette logique néoconservatrice, les Français déclassés ne doivent pas être aidés car ils sont responsables de leur sort. […] Laurent Wauquiez l’a à nouveau martelé cette semaine : 466 euros de RSA-socle pour survivre, c’est encore trop. […] Ces milieux populaires déclassés sont aussi attaqués dans leur identité. Ce sont les «jeunes » fainéants, la « racaille » de banlieue… Et naturellement les Français d’immigration récente. A ceux-là, on fait comprendre qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Que leur religion allogène n’a pas sa place dans la République. » Mais là où Ferrand avait tort c’était de vouloir replacer les « précarisés » dans la « communauté nationale » bourgeoise alors qu’ils sont et restent formellement dans la classe ouvrière, et que le problème n’est pas leur abstentionnisme mais le fait qu’en grande partie ils votent Le Pen et Sarkozy, et méprisent le concept de classe ouvrière. O.Ferrand en souhaitant rapprocher les assistés réacs et les couches moyennes des bobos aisés et protégés ne jouait que dans la cour de la tricherie électorale bourgeoise, et, en ce sens, il a aidé le PS à retourner au commandement de l’exploitation, les « assistés » ont choisi un nouveau maître.
Malgré son côté nunuche, typique des écrits professoraux, il me paraît louable de republier l’article du zigoto F.Sawicki, malgré ses défauts et son absence de vision dialectique de la utte des classes.

10 juin 2011
Par FRÉDÉRIC SAWICKI Professeur de science politique à Paris-I 

«Ah ! Prolo, mon ami, quand donc sortiras-tu de ta stupeur ?» Voilà le genre d’invectives dont étaient truffés les libelles anarchistes au tournant du XXe siècle. A cette question, les avant-gardes d’alors répondaient : «Jamais !» Un siècle plus tard, Bruno Jeanbart et Olivier Ferrand, au nom de Terra Nova, apportent la même réponse.
Comme l’a montré Marc Angenot, les syndicalistes révolutionnaires et les anarchistes de la Belle Epoque, ainsi que certains socialistes, n’étaient en rien populistes. Ils étaient persuadés de détenir la Vérité. Ils n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer l’avilissement de l’ouvrier embourgeoisé, conservateur ou réformiste, inconscient de sa classe et de son intérêt : faire la révolution. Leur espoir résidait dans le lumpenprolétariat : «Les sans-métier, les sans-travail, trimardeurs, filous, prostituées, déclassés sont les révolutionnaires de demain», écrivait le Libertaire le 7 avril 1907.
L’analogie avec la philosophie qui inspire le rapport «Gauche : quelle stratégie pour 2012 ?» est frappante. Les classes populaires contemporaines (ouvriers et employés) ne sont pas conscientes de leur intérêt (s’adapter à une société toujours plus ouverte et concurrentielle) : abandonnons-les à leur propre sort (le protectionnisme xénophobe) et tournons-nous vers d’autres groupes messianiques. Certes, il ne s’agit plus de faire la révolution communiste. L’avenir radieux pour nos modernes avant-gardes n’est plus la fin ou le dépassement du capitalisme. Quant aux outsiders de la société d’aujourd’hui, ils regroupent «ceux qui cherchent à rentrer sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement : les jeunes, les femmes, les minorités, les chômeurs, les travailleurs précaires […] soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces "exclus" par conviction culturelle».
Qu’est-ce qui unit ce nouveau groupe ? L’ouverture, la solidarité, l’optimisme et la tolérance. En effet «contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socio-économiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes». En un mot, l’ennemi de classe n’est plus le capitaliste, le bourgeois, le rentier, la finance internationale, mais les «insiders» : entendez tous ceux qui sont attachés à leur statut, qui défendent «le présent et le passé contre le changement».
Il serait ici trop long de corriger toutes les erreurs d’analyse sociologique contenues dans ce rapport : confusion entre agrégats statistiques et groupes sociaux réels («les diplômés», «les femmes», «les jeunes»…), utilisation de catégories fourre-tout (insiders-outsiders, «les quartiers», «les minorités»…), naturalisation des «électorats» (comme en témoignent l’usage répété du terme «électorat naturel» et l’idée que le 3e âge serait voué à voter à droite), opposition artificielle entre valeurs culturelles et valeurs socio-économiques, qui fait beau jeu par exemple de l’importance des enjeux de dignité, de reconnaissance et de justice que portent bien des luttes ouvrières, vision idéalisée des classes moyennes… Ce qui choque au premier chef est l’incompréhension et pour tout dire le mépris des classes populaires qu’il trahit.
Que la classe ouvrière ne soit plus ce qu’elle n’a jamais été (une classe unifiée consciente d’elle-même porteuse de progrès) ( !? ho ho !), que les classes populaires soient plus divisées que jamais, qu’une part importante d’entre elles (près de 15% si l’on prend en compte les inscrits et non les votants) vote Front national, personne ne le nie. Mais, on finirait par l’oublier, les ouvriers et les employés, quoique très défiants vis-à-vis de la politique, continuent majoritairement de voter à gauche dans les scrutins majeurs (56% des ouvriers et 51% des employés ont voté Ségolène Royal au second tour en 2007). Ces chiffres globaux varient sans nul doute selon le statut, la taille de l’entreprise, le lieu de résidence et la qualification. Mais, faute d’échantillon assez vaste, il n’est guère possible d’extrapoler, au-delà du fait que ce sont les policiers et les militaires qui sont les plus marqués à droite et le reste des fonctionnaires les plus à gauche. Ce que nous apprennent les enquêtes de terrain, c’est que le durcissement des clivages entre générations, genres, statuts, territoires et origines ethniques qui divisent aujourd’hui les classes populaires, ainsi qu’une partie non négligeable de ceux qu’Olivier Schwartz nomme les «petits-moyens», a d’abord des causes socio-économiques et politiques et non pas culturelles. La désindustrialisation, le chômage endémique, la précarité, l’intensification du travail, les inégalités scolaires, les difficultés d’accès à la propriété d’un logement, la baisse du pouvoir d’achat les touchent au premier chef, elles et leurs enfants.
Au final, le sentiment d’insécurité sociale et le mal-être que génèrent leurs conditions de vie exacerbent d’autant plus les petites jalousies et haines sociales qu’ils sont habilement instrumentalisés par la droite et l’extrême droite et que la gauche ne sait y répondre. Il est significatif que, à aucun moment, le rapport de Terra Nova ne s’interroge sur la responsabilité des partis de gauche, et singulièrement du PS, dans le désenchantement politique des classes populaires. Mais est-ce si étonnant de la part de hauts fonctionnaires sans expérience politique locale qui se définissent comme progressistes et non pas socialistes et qui ne croient plus aux partis de masse ? Le modèle de la primaire dont ils se sont fait les chantres tourne en effet le dos au travail d’éducation politique de fond. Il acte la transformation des partis en machine à fabriquer des programmes électoraux ad hoc par l’intermédiaire d’experts et de spécialistes en communication. Pour nécessaire que soit cette tâche, rien ne remplacera le travail de politisation par la formation et par l’exemple (en respectant personnellement quand on est élu ou militant les principes qu’on promeut pour les autres, en promouvant des candidats dans lesquels le peuple, dans sa diversité, puisse se reconnaître…) qui inscrit durablement les valeurs de gauche dans la réalité et dans les esprits.
De ce point de vue, reconnaissons-le, Ferrand et Jeanbart sont des cibles faciles. Ils sont les symptômes d’une dérive d’une partie de la gauche qui a cru en l’avènement d’une société d’individus, qui s’est complu à penser que l’action politique pouvait se borner à résoudre les problèmes un à un, en déconnexion de tout projet global, sans référence à une sociodicée ( ? hi hi). Une action dépourvue d’un grand récit social nommant les inégalités et les injustices, les dominants et les dominés et traçant une perspective, fût-elle lointaine, d’émancipation et de société meilleure pour les plus faibles.
Pas de nostalgie d’un bel hier dans ces propos. Le socialisme est à réinventer, mais à partir des acquis du passé, pas en lui tournant le dos. Si les socialistes savent pour qui et pour quoi ils se battent en priorité, s’ils le font savoir et s’ils le prouvent par leurs actes et leurs comportements, s’ils donnent aux classes populaires le sentiment qu’ils les écoutent et qu’ils les respectent, ils parviendront à leur faire accepter certains sacrifices, et à leur faire abandonner le sentiment, actuellement justifié, qu’elles paient plus que les autres les coûts de l’adaptation à la globalisation économique et culturelle.

Auteur (avec Rémi Lefebvre) de : «la Société des socialistes. Le PS aujourd’hui», Ed. du Croquant, 2006.

COMMENTAIRE :
 Extrait de Ferrand : "Qu’est-ce qui unit ce nouveau groupe ? L’ouverture, la solidarité, l’optimisme et la tolérance. En effet «contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socio-économiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes». MONSIEUR FERRAND MET-IL LE NEZ DEHORS PARFOIS? on rit jaune à la lecture de cet extrait. En quoi les chômeurs, les précaires, les femmes à temps partiels, les jeunes des cités sont-ils plus solidaires que l'ouvrier de 50 ans qui bosse à l'usine depuis trente ans?? Ne serait-ce plutôt pas le contraire compte tenu de l'atomisation du travail, d'un apolitisme souvent revendiqué, de l'absence de culture syndicale chez "cette nouvelle classes populaire " comme la nomme Ferrand. L'on rit jaune également lorsque le président de Terra Nova explique que [ils sont ] " soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces "exclus" par conviction culturelle». Elle est où la conviction culturelle des dits diplômés les amenant à soutenir d'emblée les exclus? Si les mouvements en faveur des sans papiers trouve écho chez une minorité de "diplômés" , (en fait des citoyens engagés politiquement , ce qui ne se limite pas aux diplômés comme le démontre RESF) , on ne voit guère les classes supérieures mouiller leur chemise pour les chômeurs non qualifiés , les femmes à temps partiel, etc. En revanche, ce qui est certain et malheureux, c'est que la plupart du temps, ces quelques diplômés militants dans l'âme ou simplement citoyens, s'émeuvent très peu des licenciements massifs dans les usines. Les prolos 'ouvriers ou employés) ne doivent compter que sur eux et lorsque soutien il y a, il provient, notamment en province des commerçants, profs, parents d'élèves, qui voient bien que 200 ou 300 chômeurs de 40/50 ans, c'est une tragédie humaine , individuelle et collective, ce sont aussi des écoles, des commerces qui ferment et donc la mort annoncée de toute une ville. Sawicki ajoute : "Ce que nous apprennent les enquêtes de terrain, c’est que le durcissement des clivages entre générations, genres, statuts, territoires et origines ethniques qui divisent aujourd’hui les classes populaires, ainsi qu’une partie non négligeable de ceux qu’Olivier Schwartz nomme les «petits-moyens», a d’abord des causes socio-économiques et politiques et non pas culturelles. La désindustrialisation, le chômage endémique, la précarité, l’intensification du travail, les inégalités scolaires, les difficultés d’accès à la propriété d’un logement, la baisse du pouvoir d’achat les touchent au premier chef, elles et leurs enfants. Au final, le sentiment d’insécurité sociale et le mal-être que génèrent leurs conditions de vie exacerbent d’autant plus les petites jalousies et haines sociales qu’ils sont habilement instrumentalisés par la droite et l’extrême droite et que la gauche ne sait y répondre."

dimanche 1 juillet 2012

VOYEURISME ET BIZNESS DE LA GAY PRIDE



La "gay price" au cul des semi-remorques de la gauche « normale »

La Gay Pride parisienne a aussi un  "coût", elle aurait rassemblé samedi environ 60.000 personnes selon la préfecture de police. Outre les 60.000 participants qui défilaient de Montparnasse à Bastille, la "fière" démonstration aurait également rameuté sans doute plusieurs dizaines de milliers de voyeurs. Il n'y a pas de mal à se faire plaisir. Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) s'est réjoui et a estimé que "cette participation exceptionnelle est due aux attentes des personnes LGBT suite aux annonces faites" par le gouvernement d'ouvrir le mariage aux homosexuels, mais, a-t-il ajouté, « il faut encore avancer sur la question de l’homoparentalité.Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait assuré vendredi soir que le "droit au mariage et à l'adoption pour tous serait institué" au cours du quinquennat, sans toutefois préciser la date. « Le mariage pour tous » sera-t-il l’équivalent inoffensif du même calibre que les « radios libres », gadget électronique bon enfant et musical qui, en mai 81, avait fait crier aux jeunes apolitiques crédules que l’accession au pouvoir de Mitterrand signifiait plus de liberté et rompait avec une droite bornée ?
Nous traînions tout à fait par hasard au début de la manif bobo (j’allai à la FNAC montparnasse pour acheter des ouvrages sur la question de l’immigration, sujet sur lequel je mène un travail de longue haleine). L’ambiance était sympa, pas de bousculades ni d’haleine avinée comme à la deuxième manifestation annuelle obligatoire bobo-socialo dite fête de la musique (un acquis politique du perv J.Lang). Divas, trans et drag-queens paradaient déjà sous les flashs des voyeurs parisiens et des touristes. Quelle joie de voir papy main posée sur le cou d’une drag-queen de 1M90 ! Ou mamie entre deux solides gaillards de haute taille déguisés en bonnes sœurs avec talons aiguilles rouges (pointure 46). Bref le carnaval homo-hétéro-bobo battait déjà son plein. Tout le long, marchands de frites et de déguisements,  et aussi  les boutiquiers politiques de la petite bourgeoisie, la spartacist Ligue avec son étal, et le Font de Gauche avec quelques fanals  pour rivaliser  avec le drapeau multicolore de la « fête des fiertés ».
Le Gai Moto club ouvrait le cortège, mais avec cinq motos banales sauf une Harley Davidson, suivis par plus de 80 associations, souvent représentées qui avaient dû louer de gigantesques camions sur lesquels étaient juchés: Les Gais retraités, l'association des parents et futurs parents gays et lesbiens, Têtu, des associations d'entreprises comme Embrayage (l'association des personnels LGBT de PSA Peugeot citroën) ou Homobus (RATP) , David et Jonathan (mouvement homosexuel chrétien), Beit Haverim (groupe juif gay et lesbien), Homosexualité et socialisme ou encore Gay Lib (les gays de l'UMP), et plus détonant le camion des gays et lesbiennes de la maison poulaga (ils tiraient sur  la foule heureusement avec des pistolets à eau ! Et on ne pouvait qu’être attendri au regard tendre du flic homo lorsqu’il vous demande vos papiers en temps normal où il est déguisé de la même manière).
Savoir que des membres du gouvernement, le maire homo Delanoé et deux comédiens fayots précédaient ce carnaval, avait tout pour favoriser l’exaltation démocratique, conviviale, irénique, et socialement multi-compatible de la jeunesse qui se dandinait au cul des semi-remorques de la gauche « normale » (pas en zone islamique, voyons, ne soyez pas bêtes !) ; le jour où les homos et les gouines défileront ainsi dans les pays arabes, vous pourrez en conclure qu’on aura remisé le mode de production arriéré des anciennes colonies au musée de la reine Victoria et aux chiottes de monseigneur Dupanloup.
Comment ne pas avoir une pensée émue pour tous les homos persécutés en Ukraine et dans la plupart des pays arabes ? Et surtout pour la condition de la femme ? Peu d’arabes en effet, pas de punkettes voilées, le multiculturacisme et multisexualisme de la gauche bourgeoise avait au moins éloigné pour la journée ces cafards du trottoir parisien.
Mais, examinons brièvement les revendications. Il faut noter en passant que, vers le milieu du cortège, deux semi-remorques trade-unionistes s’étaient intercalés. Empanachés par deux énormes montgolfières : les ballons de la CGT et de la CFDT ! Tiens ! même la syndicratie avait envoyé son barnum publicitaire pour racoler la jeunesse sans aprioris sexuels ! La CGT thorézienne avait pourtant doctement répudié et anathémisé le défilé gay-lesbienne dès ses premiers pas : « ce n’est pas une tradition de la classe ouvrière » (comprenez : la tradition de la classe ouvrière c’est de baiser le dimanche matin et de procréer pour la « reproduction »).
Bien sûr on peut, du point de vue maximaliste révolutionnaire, manifester contre telle ou telle ou toutes les injustices du capitalisme, mais l’organisation de manifestations sur des sujets parcellaires et qui, sous le mode carnavalesque, contribue plus au ridicule qu’à faire prendre conscience de la gravité de telle ou telle question (en pays arriéré on torture et tue des homosexuels, en pays « avancé » on licencie certains ou on humilie, etc.). Fêter la musique, ou défiler en bonne conscience pour la liberté sexuelle, ne dérange aucun gouvernement bourgeois, bien au contraire car la musique subliminale qui est diffusée aux oreilles adolescentes qui croient se mêler à des adultes « subversifs » et iconoclastes – parce qu’ils montrent leur cul et leurs sangles de cuir SM ? – cette musique c’est celle des sirènes électorales, du libéralisme hypocrite qui, sous couvert de l’égalité, maintient la xénophobie de classe, le découpage du prolétariat en communautés, en religions, en couleur et en sexe, voire en transexe.
Alors maintenant les revendications de tous ces bobos. Outre le mariage, la communauté LGBT revendique également le droit à l'adoption pour les couples de même sexe et l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes. Le président normal ( ?) de ces bobos se serait également déclaré favorable à ces propositions ; ce qui est dans le vent américain puisque Obama s’est prononcé en faveur du mariage homosexuel. Comment faire pour être plus révolutionnaire que Obama et Hollande ?
Je ne suis ni macho ni salaud ni bobo, mais simplement hétéro et prolo. Le mariage est pour moi, en tant que marxiste, la première forme de prostitution obligatoire de la femme. Je ne vois donc pas pourquoi je défendrais le mariage des homos et lesbiennes. Je ne vois donc rien de révolutionnaire dans cette revendication qui agrée tant aux dirigeants bourgeois, et qui ne peut que renforcer « l’opposition » religieusement catholique, musulmane et juive !
Par contre qu’ils aient toute liberté pour vivre ensemble et être respectés dans leur choix, OK . L’adoption d’enfants, rare de toute façon (il est quasiment impossible d’adopter légalement en France) – qui suppose donc l’adoption d’enfants du « sud », me paraît de la dernière stupidité. Tant pis si vous me considérez comme prude, réactionnaire et dépassé. Nous vivons dans une société décadente au point de vue politique et économique (je me fiche de la morale en général, qui est bourgeoise et cynique), où une partie des problèmes sociaux provient de l’éclatement du couple parental, où les mômes perdent tout cadre éducationnel. Vous m’objecterez que cela ne vaut pas mieux un couple où le mari bat sa femme, et devant ses enfants, ni les familles monoparentales. OK. Mais c’est encore pire avec les couples homos : hé Robert qui fait la maman ce soir ? Toi si tu veux, répondit Bernard.
On ne sait pas ce que seront les rapports familiaux et sexuels dans la société communiste de l’avenir. On sait qu’ils n’auront rien à voir avec ceux d’aujourd’hui ni avec une quelconque société dictatoriale islamique, mais souhaitons qu’ils ne soient pas le bordel généralisé !
Ah, j’allais oublier. Après les camions homo-bobo-stéréo, juste après les barnums syndico-pédalo-démago, suivaient les caravanes publicitaires pour des marques automobiles (5 voitures roulaient les unes derrière les autres avec des hôtesses en tenue correcte) ainsi que des PME. La société marchande, comme aurait dit Guy Debord, atteint au sublime en marchant. Les défilés syndicaux, et politiques déguisés en drag-queens de la démocratie bourgeoise, seront traités désormais comme tout film  à la télévision, entrecoupé d’encarts publicitaires. C’est bien le comble de la démocratie du fric et des injustices que de mêler le mercantilisme et le consumérisme le plus minable aux espoirs frelatés de conquête de la liberté humaine.
Voilà pourquoi la "gay pride" est devenue la "gay price". Fière et vendue.




mardi 26 juin 2012

Les arriérés au pouvoir en Tunisie et en Egypte… c’est pas triste !



 Que faire pour aider nos frères de classe qui se fichent de la propagande religieuse et qui, pour une peccadille sont lourdement condamnés par un système politico-militaire-bigot hérité du tribalisme et de la colonisation ? Ne plus aller en vacances dans ces pays étouffoir de toute liberté, chier devant leurs ambassades…
Et continuer à se moquer d’une religion néo-paganiste, et surtout maniaque. Et même pas besoin de s’en moquer car il suffit de lire cet amas de bêtises nommé coran, et les commentaires concernant « l’ascension de Mahomet » : Le nombre de prières quotidiennes – cinq – avait été, dit la tradition, prescrit par Allah à Mahomet à l’occasion de son « ascension ». En fait Mahomet avait commencé par en ordonner deux, au lever et au coucher du soleil. A Médine il ajouta celle de midi, sans doute à l’imitation des juifs. Celles de l’après-midi et de la nuit furent fixées après sa mort. Allah avait d’abord dit : cinquante. C’était beaucoup pour une journée. Mahomet était remonté pour négocier, Allah était descendu à vinq-cinq. C’était encore trop. Mahomet était encore remonté et Allah avait donné son dernier mot : cinq. (source : Histoire du monde de Jean Duché). Je plains les types en prison qui doivent supporter toutes ces prières musulmaniaques pendant de longues années d’enfermement !
Tunisie : sept ans et demi de prison pour des caricatures de Mahomet
Jabeur Mejri avait été condamné fin mars en première instance pour avoir publié les dessins sur son compte facebook. Sa peine vient d'être confirmée en appel.
La cour d’appel de Monastir a confirmé lundi la peine de sept ans et demi de prison pour un jeune Tunisien qui avait posté des caricatures du prophète Mohamet sur sa page facebook, a-t-on appris de source judiciaire.
Jabeur Mejri, un trentenaire originaire de la ville côtière de Mahdia, avait été condamné en première instance le 28 mars à sept ans et demi de prison pour «trouble à l’ordre public, préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale».
«Nous sommes conscients de l’importance du respect de la chose sacrée mais le jugement est particulièrement sévère et n’est pas conforme aux droits de l’Homme», a déclaré à l’AFP l’avocat du jeune homme, Me Ahmed Msalmi, qui n’a pas exclu de se pourvoir en cassation.
«Un jugement aussi sévère peut être considéré comme une forme de torture», a poursuivi l’avocat, déplorant que la cour d’appel n’ait pas accédé à la demande de la défense d’une expertise médicale du jeune homme.
«L’accusé souffre de troubles du comportement, il y aussi des conditions sociales à prendre en compte», rappelant que Jabeur Mejri était au chômage depuis six ans.
«La frustration, la négligence dont souffrent une grande partie des jeunes Tunisiens leur font perdre leurs repères et parfois ils font des choses dont ils ne sont mêmes pas convaincus», a-t-il estimé.
Un autre jeune tunisien de Mahdia, Ghazi Béji, condamné par contumace à la même peine, est en fuite en Europe depuis que l’affaire a éclaté.
(AFP)