"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 11 août 2025

POURQUOI L'IMMIGRATION NE PEUT PAS (PLUS?) ETRE REVOLUTIONNAIRE ? (première partie)

 


JAUNES VERSUS ROUGES ?


Un de mes articles sur la question migratoire, écrit il y a 15 ans reste d'actualité et lucide sur la « crise » migratoire (en particulier contre les confusions wokistes de Noiriel) et je m'attacherai ici à l'approfondir1. Contre les révisions infamantes du wokisme universitaire (révisionniste au sens sale) , on peut commencer par distinguer la xénophobie, compréhensible au début de la révolution industrielle nationale du racisme moderne, et de la fraîche origine plouc des nouveaux ouvriers. . Ce que fait justement un auteur2.

Jadis l’immigration a souvent procédé par vagues « nationales » plus ou moins importantes : Belges, Allemands, « Piémontais », Espagnols ou encore, Italiens, notamment au cours des deux dernières décennies du XIXe siècle. Dans leur ensemble, ces étrangers sont hautement visibles : ils se démarquent par leur langue, leurs habitudes vestimentaires, leurs comportements religieux et culturels. Ils ont tendance à se concentrer ; leur occupation de l’espace les rend plus visibles encore. Sur les chantiers, ils ont leurs propres cantines, ils sont souvent organisés en « brigades », ne se mélangeant que parcimonieusement avec les Français. La première vague des italiens se répartit pour l’essentiel autour de trois pôles : la zone des trois départements méditerranéens français les plus proches de la frontière.

Pour autant, les manifestations xénophobes s’inscrivent dans des formes classiques de résolution de conflits propres au mouvement ouvrier. Dans les cortèges et les défilés, à l’occasion de cessations soudaines du travail ou de grève plus durable, les ouvriers chantent la Marseillaise ou des refrains patriotiques, ils arborent le drapeau tricolore, manifestant ainsi avant tout leur appartenance nationale. Ils investissent des lieux hautement symboliques (mairie, préfecture ou sous-préfecture, Bourse du travail), ce qui révèle une réelle capacité à politiser leurs revendications. Toutefois, leur référent, c’est la patrie ou la nation, et non la pigmentation de leurs concurrents. Dans l’ensemble des discours (slogans, cris, revendications, etc.) qui accompagnent la xénophobie ouvrière, la question de la couleur ou de la race ne se pose à aucun moment. Les ouvriers français peuvent protester contre le nombre jugé excessif de travailleurs étrangers, contre la concurrence « déloyale » qui leur est faite, contre « l’invasion » qui les submergerait, contre l’inégalité face à « l’impôt du sang », contre le fait que ces étrangers leur « volent leur pain et leurs femmes » ; mais, en dernier ressort, c’est à la nation qu’ils en appellent, c’est elle qui constitue leur cadre de référence. Insistons : pour les Italiens, comme pour les Belges auparavant, la question de la couleur ou de la race ne se pose pas, ou de façon très exceptionnelle comme avec les Tsiganes pour lesquels les descriptions insistent parfois sur la couleur « cuivrée » de la peau.

Cet auteur n'a donc pas trouvé de racisme mais de la xénophobie. La question du racisme n'est pas à l'époque moderne une tare venue du monde ouvrier mais de la décomposition du colonialisme et de l'ignorance et de la fabulation des sectes gauchistes. Et important de le souligner, à notre époque il n'y a plus de rixes entre ouvriers français et d'origine immigrée en France, ce qui manifeste une constance pluri-décennale de la conscience de classe. Mais qui ne doit pas faire oublier la solution de remplacement du patronat, l'antiracisme.

Cependant, depuis au moins trois décennies, l'immigration ouvrière n'est plus soluble dans la classe ouvrière comme telle, en grande partie du fait de la culture islamiste quand les syndicats collaborent à une division...religieuse dans l'entreprise (dite tolérance citoyenne). Nous démontrerons que l'usage de la xénophobie par les patrons a été refondé par une morale antiraciste d'entreprise et de promotion des minorités et des genres, comme on le verra dans la seconde partie, comme quoi l'immigration moderne peut être fondue .dans une conviviale idéologie bourgeoise, totalement dissolvante d'une conscience de classe.

Les relais politiques, savants et médiatiques de la xénophobie (anti-italienne, mais pas seulement, car il semble compliqué de segmenter la xénophobie), en dépit de formes de biologisation du social, d’ « essentialisation » de différences nationales souvent exacerbées, n’ont pas davantage réussi à racialiser les conflits entre ouvriers de nationalités différentes. Cette racialisation est en fait postérieure, elle est liée à l’introduction massive pendant la Grande Guerre d’une main-d'œuvre coloniale très différenciée de la main-d'œuvre étrangère ».

Retour en arrière.

Les jaunes : un mot-fantasme à la fin du 19e siècle mais aussi une réalité

Quid de Г adjectif-substantif jaune dans ses premiers emplois sociaux. Oui, une vingtaine d'années avant les grandes grèves minières (Le Creusot 1899-1900, Montceau- les-Mines 1899-1900, Carmaux 1900, 1903) dont les manifestations lexicales ont attiré l'attention des historiens de la langue, on a pu déjà qualifier de jaunes les ouvriers et les nouveaux embauchés, dits « étrangers », qui acceptaient de poursuivre ou de reprendre une tâche abandonnée par des grévistes dans un mouvement général et délibéré. Cette caractérisation fût en réalité un fantasme exagéré. Au début de leur voyage en train, ni les Italiens ni les hommes de Virginie ne savaient que leur emploi dépendait du fait d’être des travailleurs de remplacement.

Plusieurs raisons militent en faveur de cette remise en question d'une telle incrimination. Ne serait-ce que plusieurs antidatations. M. Perrot nous apprend que les guesdistes, dès 1887 — ainsi Dormoy en plein congrès de la Fédération nationale des syndicats — , usaient de l'adjectif jaunes en stigmatisant les « sodomistes » importés par les patrons pour faire pièce aux demandes d'augmentation de salaire et briser dans l'œuf les mouvements de grève. L'opposition entre cette teinte sociale péjorative et la révolte ouvrière marquée au rouge semble plus ancienne encore. Témoin: la symbolique des couleurs chez Zola. Tout le drame de Germinal, dont l'action évoque la grève d'Anzin de 1884 (Zola était venu voir sur place), ainsi que d'autres exemples littéraires.

Dans le cas des grèves plus tragiques, celles de La Ricamarie et d'Aubin en 1869, tout ce drame, « vision rouge de la révolution », « vision rouge au fond des ténèbres », se situe entre deux sortes à' affiches jaunes, celle du début, discrètement collée sur le « gris enfumé des plâtres », dans la loge du caissier de la Compagnie, et annonçant le nouveau système de tarification qui déclenchera la révolte, et celles de la fin du roman, qui se multiplient en deux vagues jusque sur le mur de l'église, pour appeler à la reprise du travail. Sur fond noir permanent, ces deux taches jaunes patronales encadrant le rouge ouvrier et révolutionnaire, avant le cataclysme et ses promesses de printemps, confèrent une parfaite structure symbolique à cette épopée- miroir. On lit déjà dans la Fortune des Rougons, texte de 1871, que « les paisibles bourgeois du salon jaune parlaient de massacrer les rouges s'ils osaient bouger ». A la même époque, un pamphlet s'intitulait le Drapeau jaune, alors que le Drapeau rouge était l'un des principaux journaux communards Jaune: couleur patronale?

Il faut aussi remonter à ces années 1870 pour surprendre ce phénomène connotatif à l'œuvre dans le milieu syndicaliste lui-même. Mais c'est d'une façon toute différente et ailleurs qu'en France qu'il s'origine, dans ce pays en plein « boom » industriel qu'est la Californie américaine5. On y organisait (et exacerbait) la concurrence ouvrière. Les entreprises n'iront-elles pas jusqu'à louer les services de sociétés d'importation humaine ayant pignon sur rue, telle la Compagnie Pinkerton, afin de casser les syndicalisations en marche? En Californie, il s'agissait, dans le courant des années 1870, de main-d'œuvre à bas salaires et de coolies chinois. Certes, les insultes qui les désignent ne tournent pas d'abord autour de la couleur maudite. Elles visent plutôt le cortège des maladies que ces « rats » et ces scabs (aleux). Mais cette liaison rats et coolies dans la mentalité ouvrière de l'Ouest américain remonte au moins à 1876, puisque c'est à cette date que les cigariers de San Francisco, excédés par la concurrence, diffusent les premiers un label blanc plus ouvertement raciste, l'ancêtre du label bleu, « pour dissuader, écrit Vigouroux, les ouvriers des autres métiers de fumer les cigares fabriqués par des Chinois galeux... » (avec Trump on est sûr de retourner aux sources arriérées!). Ainsi donc, plus de vingt ans avant les incidents du Creusot, la désignation du traître ouvrier avait pris fortement, dans la jungle californienne, une coloration asiatique. Et, le voyage des mots et des récits, l'osmose des valeurs métaphoriques ne pouvant qu'aller croissant avec l'expansion du capitalisme industriel.

Plus encore que les italiens, les ouvriers chinois sont particulièrement ostracisés et se réfugient dans leur communautarisme ou plutôt se réfugient dans leur communautarisme ainsi renforcé contre toute conscience de classe. Des historiens plus sociologues modernistes antiracistes veulent nous entraîner dans la confusion wokiste antiraciste3.

Les immigrants chinois sont généralement amenés à effectuer les tâches subalternes les plus pénibles. Manœuvres, ils participaient à la construction des chemins de fer et des ponts, travaillaient dans les mines ou emballaient des cigares. Ils étaient payés moins que les Blancs et devaient acquitter une taxe spéciale que les Blancs ne payaient pas. Ils vivaient dans des quartiers réservés appelés Chinatown dans chaque ville. Avant la guerre civile 50 000 Chinois travaillent dans la seule Californie, dont un grand nombre pour les compagnies de chemin de fer. En 1869, le chemin de fer fut terminé et des milliers de travailleurs chinois se retrouvèrent brusquement sans-emplois et placés en concurrence avec les Blancs sur le marché du travail, alimentant dès lors un fort sentiment xénophobe. Une partie de la presse contribue également à une campagne visant les Chinois et ces derniers sont les cibles de plusieurs émeutes. Les Chinois n'ayant pas le droit de témoigner devant les tribunaux en Californie, leurs agresseurs bénéficient d'une impunité presque totale. Le 24 octobre 1871, à Los Angelès, des immeubles du quartier chinois sont pillés et 20 de leurs habitants sont abattus par balles ou pendus. Sur les quelque 600 émeutiers, 10 seulement sont inculpés mais furent acquittés par la cour suprême.

Dans les mines d Nevada les ouvriers chinois sont chassés de leurs emplois dès la fin de la guerre civile. Lors d'un incident de ce genre, à French Corral, toutes les cabanes des Chinois furent incendiées et nombre de leurs habitants battus. L'instigateur de l'émeute est condamné à une simple amende. En septembre 1885, des miliciens envahirent les mines de charbons à Rock Springs (Wyoming) pour en expulser les travailleurs chinois ; 22 furent tués et une cinquantaine de maisons sont incendiées.

Les femmes, peu nombreuses (7,1 % de la population chinoise selon un recensement de 1870), ne sont pas autorisées à travailler dans les cuisines ou au comptoir des bars et des restaurants, ni même à faire le ménage des bureaux de la mine. Nombre d'entre elles sont alors contraintes à la prostitution. En outre, elles y sont parfois obligées par leurs maitres blancs, l'esclavage des Chinois n'étant pas rare en Californie.

L'afflux de main d'oeuvre étrangère n'est pas révolutionnaire pendant la guerre

Quelques décennies plus tard, pendant la Première guerre mondiale, quelque 140.000 ouvriers chinois (100.000 côté britannique, 40.000 côté français) sont venus travailler en France. Il s’agissait de combler le manque de main d’œuvre masculine. En 1915 et 1916, la bourgeoisie française avait envoyé se faire massacrer et elle était à la recherche de bras pour les travaux de peine que ne pouvaient plus faire les morts français envoyés au front. Il en allait de même pour les Britanniques. Les pertes étaient énormes. A titre d’exemple, en une seule journée, le 1er juillet 1916, pendant la bataille de la Somme, 60.000 soldats d’outre-Manche ont été mis hors de combat, dont 20.000 tués. Les Etats bourgeois alliés ont donc dû pallier le manque de main d’œuvre pour les tâches non directement militaires. Ils se sont ainsi adressés à la Chine, officiellement neutre. En janvier 1916, l'Etat français a envoyé une délégation de quatre personnes commandée par le lieutenant-colonel Truptil. Officiellement, il s’agissait de travailleurs civils volontaires. Originaires à 85% de la province de Shandong (nord de la Chine), ils avaient entre 20 et 35 ans. Pour la plupart, il s’agissait de paysans sans terre et sans travail (ceux que l’on appelait des «migrants flottants»), de porteurs, d’ouvriers, de serveurs, généralement illettrés, sans conscience de classe.

Pourtant ils n'étaient que des galeux sur le plan social

Exemple donné de stigmatisation « organisée » face au nombre croissant de prolétaires de toute origine, ce discours à la Convention de l'Union typographique en 1855: «Nous ouvrons nos rangs aux ouvriers non syndiqués et nous sommes prêts à pardonner aux délinquants, mais pour les rats il n'y a pas de place parmi nous». Rat servait aussi en France à désigner le jaune, en particulier chez les dockers (cf. Lagardelle, Le Mouvement socialiste, 1900, p. 101). Rappelons qu'en argot, depuis le 16e siècle, rat et raton désignent le voleur (cf. Vidocq, 1837). C'est ce sens, mêlé à celui de traître ouvrier, voleur de travail, qu'on retrouve dans la chanson d'E. Pottier, «La chasse aux rats» (1880): «Délogez ces rats favoris (= les profiteurs politiques) Aux fossés de l'Etat nourris... Rats en gros (= les capitalistes) et rats en détail (= les jaunes) Aux trois quarts rongent le travail». (Œuvres complètes d'E. Pottier, Paris, Maspero, 1966, p. 138). Convergences métaphoriques du discours ouvrier. Encore aujourd'hui, les fascistes italiens sont dénommées topi di fogna (rats d'égout).. Scab signifie «gale», «plaie». Les scabs (galeux) étaient accusés de fabriquer des produits qui communiquaient des maladies : scab products, scab beer, scab cigars ou « cigares de mort » (cf. L. Vigouroux, p. 23-72, 190). On trouve galeux, à côté d'ailleurs de Peaux-rouges, parmi les insultes lancées en France, dans les années 1870, contre les patrons (cf. M. Perrot, vol. 2, p. 613, note 90). Américanismes? . Ce texte, signé Perkins, président des Cigariers, accompagne encore, en 1896, un tract distribué à Chicago contre les cigares à bon marché, où il est dit: «Les cigares sans blue label sont positivement dangereux» La couleur blanche de ce premier label rappelait la race blanche à défendre contre les jaunes et les noirs.

 C'est aux cris de " A bas les hommes jaunes ! Dehors John Chinaman ! " qu'est allé aux urnes le Parti socialiste américain. C'est une loi d'expulsion contre les hordes asiatiques qu'il a arrachée aux deux chambres du Congrès. Et nous estimons qu'il a bien fait ... Nous croirions faire injure à notre prolétariat en admettant un seul instant qu'en pareille occurrence il pût hésiter à agir de même »

Guesde sait parfaitement qu'il manie une hypothèse d'école — il n'y a jamais eu d'importation de coolies en Europe; la Chine ne menaçait personne. Sa réaction est symptomatique. Elle est le signe qu'un terrain ouvrier réceptif aux propagandes xénophobes existait en France à l'époque... Mais pourquoi ce surgissement généralisé de Jaune en 1900? Correspond-il vraiment à un rejet raciste? Si c'est ce terme qui a « pris » — . et non pas belge ou italien, alors que les travailleurs wallons, piémontais et napolitains étaient depuis le Second Empire directement concurrentiels, eux, sur le marché du travail — , c'est qu'un faisceau de raisons inconscientes, plus fortes que les faits, concourait à sa réussite sociale. Faire de l'étymologie ne peut plus consister alors à réciter la petite histoire de la créativité occasionnelle, même populaire, en ignorant la grande des luttes sociales et de leurs mythes collectifs. L'emprunt des termes de désignation, avant de se livrer aux opportunités du hasard comme aux bonnes filières philologiques, obéit d'abord à la loi des fantasmes archaïques dont ces luttes se nourrissent.

Le problème apparaît simple, mais les réponses en sont complexes: comment cette appellation de jaune, historiquement plus injustifiée en France qu'aux Etats Unis, a-t-elle pu se découvrir socialement si motivée? On ne peut expliquer sa réussite paradoxale qu'en appréciant au mieux possible l'apport des divers facteurs socio-politiques qui ont pu converger vers ce point de rencontre inattendu. (…) La présence constante de cette couleur dans une très ancienne tradition biblique d'exclusion, malédiction ou moquerie (Jaune: couleur de l'hérétique ou couleur du cocu, Dans un editorial du Citoyen du 7 mai 1882. Cité par M. Perrot, En 1886, la composition de l'immigration en France fait la part belle aux Belges (43 %) et aux Italiens (24%), suivis par les Allemands et les Espagnols (7 à 8%). Et, de nos jours, le nazisme, en même temps qu'il rechargeait de malédiction l'étoile jaune imposée aux juifs, a utilisé un écusson jaune pour distinguer les fous dans les camps d'extermination.

A titre résiduel, cette marque de mise à l'écart subsiste dans le nain jaune (la carte du 7 de carreau est à éliminer de son jeu, car elle coûte cher à qui la garde), dans le rire jaune (on se sent atteint par lui ou exclu de la gaîté ambiante)... Enfin, n'est-ce pas cette couleur qui porte l'ironie, lorsqu'on veut tourner en dérision les maris trompés? Pour preuve, la fête de Saint-Gengoulf, patron des cocus, laquelle daterait d'avant la Révolution et se célébrait facétieusement avec des bouquets de boutons d'or. Rappelons à ce propos qu'en Angleterre, depuis des siècles, le jaune est le signe avéré de la jalousie.4  La révolte populaire petite bourgeoise des gilets jaunes s'affuble de cette couleur chargée pourtant d'un lourd passé mais qui emprunte surtout aux gilets de survie pour barrer les routes...

Outre- Atlantique, le jaune est la couleur de la lâcheté. C'est ainsi que l'insulte de yellow dog, usuelle dès le début du 19e siècle, se traduit par chien jaune mais signifie « froussard », « lâche ». Vers la fin du siècle, les militants ouvriers s'en emparent pour stigmatiser la pratique patronale du yellow-dog contract, qui sévit lors de l'embauche des nouveaux arrivants. Ces conventions de travail, « non conformes aux règlements syndicaux » a, n'étaient offertes aux chiens jaunes qu'à la condition expresse qu'ils s'engagent à n'adhérer à aucun syndicat. Une législation fédérale a tenté de prohiber un tel usage dans les chemins de fer : c'est l'Erdman Act de 1898 ; mais il faudra attendre 1932 et le Norris-LaGuardia Act pour que ces contrats soient considérés comme sans valeur par les cours fédérales.

Des immigrés italiens manipulables

L’unification de l’Italie a produit un nouveau pays, le Royaume d’Italie. Les politiques du gouvernement naissant consistant à augmenter les impôts et à convertir les terres communales et ecclésiastiques en biens immobiliers ont particulièrement touché la population paysanne. Pour ajouter aux troubles, une guerre de bandits contre le Royaume a plongé la campagne du Sud dans le chaos. Le résultat a poussé des milliers d’Italiens à partir pour l’Europe du Nord et les Amériques. L’immigration italienne précédente aux États-Unis avait été négligeable, mais en 1870, les immigrants arrivant sur la côte Est atteignirent des milliers pour la première fois. Contrairement aux générations suivantes d’immigrants italiens, ces premiers arrivants n’avaient ni contacts ni offres d’emploi aux États-Unis. Les immigrants sans le sou se sont retrouvés aux frais du gouvernement américain dans un grand refuge de Ward’s Island, sur le terrain d’un asile d’aliénés. Des cargaisons après des cargaisons de réfugiés économiques en provenance d’Italie ont continué d’arriver, surpeuplant l’installation de détention. Lorsque les exploitants de charbon de la vallée de Mahoning envoyèrent des recruteurs pour exploiter cette main-d’œuvre inactive, 200 Italiens répondirent à leur appel entre mars et mai 1873. Un groupe arriva à Coalburg, dans le canton de Hubbard, et le second, quelques mois plus tard, à Church Hill. , canton de Liberty. Des comptes rendus de journaux rapportent que les mineurs de remplacement ont été envoyés par chemin de fer pour travailler dans des mines à Coalburg, dans le canton de Hubbard et à Church Hill, dans le canton de Liberty, dans l’Ohio.

Au début de leur voyage en train, ni les Italiens ni les hommes de Virginie ne savaient que leur emploi dépendait du fait d’être des travailleurs de remplacement. Tout au long de la grève et même après, des violences et des destructions considérables ont résulté d’affrontements entre grévistes et briseurs de grève. Les grévistes se livrent à des attaques physiques contre les mineurs de remplacement et les mineurs qui retournent travailler à Coalburg et dans plusieurs cantons voisins. Les journaux locaux ont enregistré un incendie criminel et un homicide lié à la grève, celui de Giovanni Chiesa, alias John Church, tous deux à Churchill.

L’apparition de fait des briseurs de grève italiens marque l’une des premières arrivées enregistrées d’Italiens du Sud dans la vallée de Mahoning. Après la conclusion de la grève, beaucoup se sont installés dans la Petite Italie de Coalburg. Les actions des exploitants de mines de charbon peuvent avoir également augmenté le nombre d’Afro-Américains s’installant dans la vallée de Mahoning. La tactique consistant à exploiter les immigrés et les Noirs comme briseurs de grève s’est poursuivie pendant plusieurs décennies. (Rien à voir donc avec un racisme ouvrier intrinsèque comme l'insinuent les révisionnistes wokistes )

Cette tactique patronale a sapé les efforts des mineurs de charbon pour s’organiser. La grève marque les changements de l’ après-guerre civile dans la relation entre le capital et le travail. L’importation de remplaçants de loin pour contrôler le lieu de travail est maintenant devenue possible grâce aux nouvelles technologies, le télégraphe et les chemins de fer.

Bien que la grève des mineurs ait commencé neuf mois avant la panique de 1873, la construction de chemins de fer avait commencé à chuter l’année précédente en raison de la guerre civile sur l’expansion. Cela a eu un effet déflationniste sur les prix du charbon car la demande de fer et d’acier a diminué. Les grèves des mêmes travailleurs du charbon se sont poursuivies au moins jusqu’en mars 1876 dans la vallée de Tuscarawas, lorsqu’une grève à la mine Warmington au sud de Canton a dégénéré en violence qui a nécessité l’insertion de troupes d’État par le gouverneur Rutherford B. Hayes pour rétablir l’ordre. Jeune avocat William McKinleyreprésentait les mineurs impopulaires sans frais, en soulignant les dangers de l’industrie - 250 décès dans l’État chaque année et 700 autres blessés - et les pratiques des propriétaires de mines locaux. L’un de ces propriétaires était Mark Hanna . Bien qu’opposants dans l’affaire, les deux ont formé une alliance politique qui a vu McKinley élu président des États-Unis en 18965.

1891 et années suivantes : la guerre de classe à Coal Creek

La guerre de Coal Creek est un soulèvement armé de mineurs qui se déroule principalement dans le comté d’Anderson (Tennessee), au début des années 1890. La lutte commence, en 1891, lorsque les propriétaires de mines de charbon de Coal Creek (Clinch River) tentent de remplacer les mineurs libres par des forçats loués à l’État dans le cadre des travaux forcés. Sur une période d’un peu plus d’un an, les mineurs libres attaquent et incendient des bâtiments carcéraux et administratifs, des centaines de détenus sont libérés, et des dizaines de mineurs et de miliciens sont tués ou blessés dans des accrochages. Perry Cotham, historien américain, décrit le conflit comme l’un des épisodes les plus dramatiques et importants de toute l’histoire du travail américain.

La guerre de Coal Creek s’inscrit dans le contexte plus large de la lutte contre le système de location controversé des forçats dans l’État du Tennessee, qui entre en concurrence avec le travail libre. Ce conflit déclenche une tempête médiatique entre les partisans et les détracteurs des mineurs, et soulève la question de la location des forçats dans l’opinion publique. Bien que le soulèvement ait pris fin avec l’arrestation de centaines de mineurs en 1892, la tempête dans l’opinion publique conduit à la chute du gouverneur John P. Buchanan, et contraint l’État à reconsidérer le système de location des forçats. En 1896, lorsque ses contrats de location ont expiré, le gouvernement de l’État du Tennessee a refusé de les renouveler, ce qui en fait l’un des premiers États du Sud à mettre fin à cette pratique controversée.

Bien que la guerre de Coal Creek se soit essentiellement terminée par l’arrestation de centaines d’anciens mineurs de charbon de la société en 1892, l’exposition négative que ce conflit d’État avec la main-d’œuvre privée a généré à l’échelle nationale a conduit à la chute du gouverneur John P. Buchanan et a forcé l’ Assemblée générale du Tennessee à reconsidérer son système de location de main-d’œuvre détenue par l’État. Le gouvernement de l’État du Tennessee a ensuite refusé de renouveler ses contrats de location de main-d’œuvre avec des entreprises privées à l’arrivée aux dates d’expiration de 1896, faisant du Tennessee l’un des premiers États du sud des États-Unis à mettre fin à cette pratique controversée6.

1892 : les jaunes dans la grève des mineurs de Coeur d’Alene

La grève de 1892 à Coeur d’Alene, dans l’Idaho, a éclaté dans la violence lorsque des mineurs syndiqués ont découvert qu’ils avaient été infiltrés par un agent de Pinkerton qui avait régulièrement fourni des informations syndicales aux propriétaires de la mine. (...)

Lorsque les mineurs syndiqués ont quitté les mines, les recruteurs de la société minière ont attiré des travailleurs de remplacement à Coeur d’Alene pendant la grève. Ils ont fait de la publicité dans le Michigan, vantant dans certains cas des emplois miniers dans le Montana, sans rien mentionner de la grève. Des gardes étaient affectés aux trains qui transportaient les hommes en quête de travail, et au moins certains des travailleurs se sentaient sous la « garde des gardes ».

Bientôt, chaque train entrant était rempli de travailleurs de remplacement. Mais des groupes de mineurs armés en grève les rencontraient fréquemment et menaçaient souvent les travailleurs de ne pas prendre les emplois pendant une grève. Les propriétaires de la mine d’argent ont réagi en engageant des agents de Pinkertons et de l’ agence de détectives Thiel pour infiltrer le syndicat et signaler les activités de grève. Pinkertons et d’autres agents sont entrés dans le district en grand nombre.

Bientôt, une importante force de sécurité fut disponible pour protéger les nouveaux travailleurs entrant dans les mines. Pendant un certain temps, la lutte s’est manifestée comme une guerre des mots dans les journaux locaux, les propriétaires de mines et les mineurs se dénonçant les uns les autres. Il y a eu des bagarres et des arrestations pour port d’armes. Deux mines se sont installées et ont ouvert avec des syndiqués, et ces exploitants miniers ont été ostracisés par d’autres propriétaires de mines qui ne voulaient pas du syndicat. Mais deux grandes mines, la mine Gem et la mine Frisco à Burke-Canyon , fonctionnaient à pleine échelle.

En juillet, un mineur syndiqué a été tué par des gardes de la mine, et la tension entre les grévistes et les propriétaires de la mine et leurs travailleurs de remplacement a augmenté. L’incident a marqué la première confrontation violente entre les travailleurs des mines et leurs propriétaires.

« Il y a eu des éruptions contre le système de travail forcé dans le Sud, dans lequel les prisonniers étaient loués comme esclaves à des entreprises, utilisées ainsi pour faire baisser le niveau général des salaires et aussi pour briser les grèves. En 1891, les mineurs de la Tennessee Coal Mine Company ont été invités à signer un "contrat à toute épreuve" : s’engager à ne pas faire de grève, accepter d’être payé en certificats et renoncer au droit de vérifier le poids du charbon qu’ils extrayaient ( ils étaient payés au poids). Ils ont refusé de signer et ont été expulsés de leurs maisons. Des condamnés ont été amenés pour les remplacer. »8

Cripple Creek miners’ strike of 1894,  quand la violence de classe fait reculer le patronat

À la fin du 19e siècle, Cripple Creek était la plus grande ville du district des mines d’or qui comprenait les villes d’Altman, Anaconda, Arequa, Goldfield, Elkton, Independence et Victor, à environ 20 miles de Colorado Springs sur le côté sud-ouest de Pic des brochets . De l’or de surface a été découvert dans la région en 1891 et, en trois ans, plus de 150 mines y étaient exploitées.

La panique de 1893 a fait s’effondrer le prix de l’argent ; le prix de l’or, cependant, est resté fixe, car les États-Unis étaient sur l’ étalon-or . L’afflux de mineurs d’argent dans les mines d’or a provoqué une baisse des salaires. Les propriétaires de mines ont exigé des heures plus longues pour un salaire moindre. (la grève se renforce et s'étend avec l'augmentation incessante de la duée du travail journalier)

Les propriétaires de mines qui attendent toujours la journée de 10 heures ont rapidement tenté de rouvrir leurs mines. Le 14 mars, ils obtiennent une injonction du tribunal ordonnant aux mineurs de ne pas interférer avec l’exploitation de leurs mines et engagent des briseurs de grève. Le WFM a d’abord tenté de persuader ces hommes d’adhérer au syndicat et de faire grève, mais lorsqu’ils n’ont pas réussi, le syndicat a eu recours aux menaces et à la violence. Ces tactiques ont réussi à chasser les mineurs non syndiqués du district.

Le 16 mars, un groupe armé de mineurs a tendu une embuscade et capturé six adjoints du shérif en route vers la mine Victor. Une bagarre a éclaté, au cours de laquelle un député a été abattu et un autre touché par une matraque. Un juge d’Altman, membre du WFM, a accusé les députés de port d’armes dissimulées et de troubles à l’ordre public, puis les a relâchés

Le 24 mai, les grévistes s’emparent de la mine Strong sur Battle Mountain, qui surplombe la ville de Victor. Le lendemain, vers 9 heures du matin, 125 députés arrivent à Altman et installent leur camp au pied de Bull Hill. Alors qu’ils commençaient à marcher vers le camp des grévistes, les mineurs de la mine Strong ont fait sauter le puits , projetant la structure à plus de 300 pieds dans les airs. Quelques instants plus tard, la chaudière à vapeur est également dynamitée, arrosant les députés de bois, de fer et de câble. Les députés se sont enfuis à la gare et ont quitté la ville.

Une célébration a éclaté parmi les mineurs, qui ont fait irruption dans les entrepôts d’alcool et les saloons. Cette nuit-là, certains des mineurs ont chargé un wagon plat de dynamite et ont tenté de le faire rouler vers le camp des députés. Il s’est renversé avant son but et a tué une vache. D’autres mineurs voulaient faire sauter toutes les mines de la région, mais Johnson les a rapidement découragés. Frustrés, plusieurs mineurs ivres ont alors volé un train de travail et ont pénétré à la vapeur dans Victor. Ils ont rattrapé le groupe de députés en fuite et une fusillade a éclaté. Un député et un mineur sont morts, un homme de chaque côté a été blessé et six grévistes ont été capturés par les députés. Les mineurs ont ensuite capturé trois fonctionnaires de la mine Strong qui étaient présents lorsque le puits a explosé. Un échange officiel de prisonniers a ensuite libéré tous les prisonniers des deux côtés.

Calderwood est revenu pendant la nuit et a rétabli le calme. Il a demandé la fermeture des saloons et il a emprisonné plusieurs mineurs qui avaient provoqué des explosions de violence.

Le 26 mai, les propriétaires de mines ont de nouveau rencontré le shérif Bowers à Colorado City. Les propriétaires ont accepté de fournir plus de financement pour permettre au shérif de lever 1 200 députés supplémentaires. Bowers a rapidement recruté des hommes de tout l’État et a établi un camp pour eux dans la ville de Divide, à environ 12 miles de Cripple Creek.9

L'immigration n'est donc pas le point cardinal de la naissance du prolétariat

C'est une évolution heurtée et sur deux siècles et dépendante des crises et de la place et du nombre du lumpenprolétariat, De la Fin du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle. La théorie fabulatrice subite du sympathisant ignorantin du CCI, que j'ai dénoncé dans l'article précédent et donc wokiste: Je le répète ici, les sociologies de l’exclusion et de l’immigration, petits commerçants de l'idéologie dominante free lance, ont progressivement supplanté la sociologie du monde ouvrier, qui s’est réduite comme peau de chagrin (l’évolution est encore plus accentuée chez les historiens français) (…). En histoire, le retournement revêt sans doute une plus grande brutalité. Toute une génération d’historiens qui avaient consacrés leur thèse au monde ouvrier et/ou à l’industrialisation, se consacre ensuite, qui à l’immigration, qui aux grands ensembles, qui aux femmes, etc. »  Effacement du fait que le monde ouvrier provient surtout de la paysannerie, laquelle est violentée (fermes brûlées) pour pousser les petits paysans vers la nouvelle la ville industrielle. On eut regretter que préférant une propagande opportuniste démagogique pour expliquer tout par l'immigration moderne, le CCI ne poursuive pas une réflexion historique sur l'absence "industrielle" des nations "libérées" après 1945 et la généralisation d'un lumpenprolétariat qui reste aliéné par la religion, surtout l'islam). cf. Une histoire de l’hétérogénéité de la classe ouvrière est la meilleure réponse aux théories wokistes anti-racistes révisionnistes.

À suivre...


NOTES


2 L'anti-italianisme est-t-il un racisme ? De Laurent Dornel

4 jaunes : un mot-fantasme à la fin du 19e siècle Maurice Tournier Mots. Les langages du politique  Année 1984  8 

8Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis

mardi 5 août 2025

LE SURF PROLETARIEN WOKISTE DU CCI

 


 Les sociologies de l’exclusion et de l’immigration ont progressivement supplanté la sociologie du monde ouvrier, qui s’est réduite comme peau de chagrin (l’évolution est encore plus accentuée chez les historiens français) (…). En histoire, le retournement revêt sans doute une plus grande brutalité. Toute une génération d’historiens qui avaient consacrés leur thèse au monde ouvrier et/ou à l’industrialisation, se consacre ensuite, qui à l’immigration, qui aux grands ensembles, qui aux femmes, etc. 







Le surf est un sport qui n'est pas donné à tout le monde, il faut tenir en équilibre sur une planche en mer mouvementée. Lorsque le surf devient thérapeutique pour les prisonniers de droit commun cela confirme non pas que l'Etat n'a pas autorité, outre que sa justice de classe condamne toujours les victimes et compatit avec l'assassin,mais qu'il se fout de la gueule de la population et du prolétariat . Les jeunes délinquants sont avisés on leur réserve en prison des jours de détente au bord de la mer au frais de l'Etat démocratique et compatissant.

L'Etat français va bien sûr surfer de plus en plus difficilement sous les houles grévistes et une rentrée agitée anticipée avec prudence et langage mesuré de la part des officines syndicales de ce même Etat, Cet épisode croquignolesque des avatars du vide politique en France et de l'arrogance des élites bourgeoises antiracistes, anti-fâchistes ne doit pas gommer le fait que les moyens de mystification et de coercition de l'Etat lui permettent de penser bien au-dessus et de manière anticipée sur tant de sectes qui se disent marxistes ou gauchistes avec cette prétention de promettre le bouleversement du capitalisme en professant religieusement la venue d'une sainte classe ouvrière qui ne vient jamais et n'interrompt ni guerres ni génocide. Comme le père éternel elle désapprouve du point de vue de sa conscience de classe et grand bien lui fasse, elle reste consommatrice et spectatrice. Et nous spectateurs impuissants à véritablement combattre un système odieux, criminel et impavide.

La pratique dangereuse du surf n'est donc pas l'apanage des gouvernements de coalitions bourgeoises pourrissantes et graveleuses, mais confine à la noyade politique dans la même idéologie bourgeoise élitaire et antiraciste de salon sur le site (opportuniste) par exemple dit CCI1 qui pourtant surplombe tous les groupes pour ses analyses sur la guerre en Ukraine et le génocide à Gaza, en dénonçant les deux camps (ce pourquoi il est traîné dans la boue sur des réseaux sociaux de merde).

SURFER AVEC LES MEMES ANTIENNES QUE LE GAUCHISME PETIT-BOURGEOIS

Il y a beaucoup à dénoncer contre les attaques du « populiste » Trump : attaques anti-sociales, budget nationaliste, répression contre des populations démunies et sans défense. Mais s'appuyer sue un texte d'un sympathisant à l'évidence gauchiste se révèle assez lamentable, car il s'appuie sut tout ce qui bouge comme un vulgaire Besancenot.2

Le machin gauchiste est salué comme s'attaquant à la xénophobie, sentiment ou impression tout à fait condamnable et évidemment inexplicable pour nos probes révolutionnaires en l'absence du prolétariat. On constate une « persécution contre les immigrés »mais on ne nous explique pas à quoi répond cette persécution : diviser la classe ouvrière laquelle devrait répliquer « sur son propre terrain » (c'est que qu'écrit le CCI dans son introduction flatteuse pour la clarté présumée du machin) mais lequel terrain n'est pas précisé : celui de l'antiracisme ? Des grèves économiques très corporatives en général ? D'une insurrection massive et spontanée ?

 « C’est également avec beaucoup de clarté que le document met en évidence que la persécution contre les immigrés constitue une attaque contre l’ensemble du prolétariat et que seule cette classe peut apporter une réponse à la fois immédiate et historique en se mobilisant sur son propre terrain contre la barbarie croissante du système capitaliste ».

Le machin signale pourtant au passage fort justement la faiblesse actuelle du prolétariat des États-Unis mais il va s'efforce de lui trouver des compensations ...hors de la lutte ce classe !

La condition n°1 de la classe ouvrière = la migration  ?

« Depuis son entrée en fonction en janvier, Donald Trump a massivement intensifié la campagne de terreur contre certains des travailleurs les plus précaires des États-Unis, menaçant d’arracher des personnes à leur famille et à leur communauté sous prétexte qu’elles n’ont pas de papiers en règle. Il accompagne cela de sa rhétorique révoltante : un déluge constant de mensonges, de théories du complot et de xénophobie provenant de la Maison Blanche est destiné à attiser les divisions au sein de la classe ouvrière, tandis que les agents de l’ICE (police anti-immigration) menacent ceux d’entre nous qui sont le moins en mesure de se défendre. Diviser pour mieux régner, telle est sa devise. Mais si, comme le veut le cliché, les États-Unis sont une « nation d’immigrants », nous pouvons ajouter que la migration a toujours été la condition de la classe ouvrière ».

Rien à voir avec l'explication première du marxisme toutefois. On compte tant de migrations de peuples, de gens de classes différentes, de réfugiés politiques de tout bord que le phénomène migratoire ne peut être considéré comme une prolétarisation automatique. Cette improvisation d'un soi-disant sympathisant américain relève du cosmopolitisme pasde l'internationalisme de classe qui ne peut se développer qu'après l'affirmation du prolétariat dans la nation (x).

Selon Marx, la classe ouvrière est définie d'abord par l'absence de propriété des moyens de production et par l'obligation de vendre sa force de travail pour vivre. Les prolétaires (y compris les employés et cadres) qui ne possèdent pas de moyens de production, doivent travailler dans des conditions souvent difficiles et lutter contre la bourgeoisie d'abord pour obtenir des conditions de travail plus justes et de meilleurs salaires sachant que leurs luttes en se généralisant vont poser la nécessité de renverser l'ordre cynique dominant.

L'immigré destiné à être prolétaire ne se considère pas ou plus désormais membre d'une classe ouvrière (blanche et française comme le lui serinent les wokistes). La plupart sont ficelés par la nécessité d'envoyer leur salaire au pays pour permettre à leur famille de vivre ou survivre. Rédhibitoire pour tout engagement gréviste ou révolutionnaire. Il faut aussi moderniser la pensée concernant la situation de l'immigré, il ne sert plus à faire baisser les salaires des autochtones, puisque par exemple dans le bâtiment ils remplacent largement les autochtones bien contents de leur laisser un job pénible. Le patronat anti-raciste leur octroie en certains endroits des salaires plus que respectables, certes mérité mais qui ne leur donne aucune envie fairela révolution (entretiens avec des amis et voisins).

Le patronat n'attend pas en général les immigrés pour « faire pression » au sens de Marx. Même en tenant compte des différences entre Europe et USA, si Trump clame démagogiquement qu'il va mettre fin à l'immigration, c'est une hérésie temporaire pour le capitalisme normal ; le capital US comme européen auront toujours besoin d'une immigration conséquente ; surtout avec la délocalisation généralisée où il n'y a pas concurrence entre autochtones et immigrés, mais exploitation d'une main d'oeuvre irrégulière et sans défense pour laquelle les autochtones ne sont pas volontaires ni en compétition (serveurs, livraisos, etc.)

L'intégration « de classe » qui pouvait sembler possible quand par exemple dans les années 1950 les travailleurs algériens adhéraient massivement à la CGT, toutefois avec la carte nationaliste du FLN, n'est même plus possible à ce niveau où l'islam a remplacé la CGT.

La morale sur le sujet de la gauche bourgeoise affabule en prétendant continuer une internationalisme...citoyen. Résumons leurs arguties. Assouplir l'accueil des migrants, quel qu'en soit le nombre, donc leur permettre de « bénéficier des acquis sociaux » (mon œil!), aboutirait à unr solidarité (citoyenne) en leur permettant de comprendre (car ils en sont incapables par eux-mêmes aussi idiots que les ouvriers racistes français) qu'on ne peut accepter « la division du peuple ».

Cette gauche bourgeoises est elle-même divisée entre une aile populiste de droite et l'autre de gauche. La faction des méchants de droite promet traditionnellement de « lutter pour nos emplois (même ceux dont on ne veut plus) et notre santé » et « notre culture et notre identité » ; la faction des gentils (PS et écolos) pour un accueil limité se voit reprocher par les radicaux en peau de lapin (LFI) de prôner trop de laïcité et de faire de l'ombre à l'islam électoraliste, donc dénuée de tout internationalisme envers une religion normale perçue à tort comme étrangère et dangereuse.

LE TOHU-BOHU MORALISTE SUR L'IMMIGRATION = CAMPAGNE CONTRE LA CLASSE OUVRIERE OU QUOTAS RACIAUX ?

Marx et Engels ont jadis bien démontré comment la bourgeoisie anglaise renforçait son pouvoir en entretenant la division entre ouvriers anglais et irlandais, absolument nécessaire face à l constitution d'une classe dangereuse lorsqu 'elle s'unit, surtout à ses débuts. Marx ne voit pas que les côtés positifs de l'immigration à l'époque. Dans sa lettre du 9 avril 1870 à Meyer et Vogt, il considère que les effets négatifs de l'immigration ne sont pas un fantasme irrationnel de la classe ouvrière, dont il faudrait la purger, mais une menace bien réelle pour le niveau des salaires et pour sa "condition matérielle et intellectuelle". Ce vieux problème n'a pas disparu mais s'est renouvelé par la promotion calculée des enfants diplômés des deuxièmes générations d'immigrés arabes, des noirs, d'asiatiques et même des femmes désormais en « concurrence égalitaire ». C'est plus subtil mais cela les petits bourgeois, eux-mêmes cadres ou étudiants font mine de l'ignorer. Ce panachage « multiculturel » n'est pas une politique d'intégration mais de division, ou plutôt de concurrence perverse souvent mal vécue. Cette promotion « diversifiée » et calculée, sans oublier la promotion canapé, favorise à fond l'individualisme et le fayotage (réputation des portugais).

Modernisation de l'encadrement en entreprise, cette politique des quotas raciaux a remplacé plus ingénument l'ancienne pression sur les salaires, en berçant tous ces employés français et étrangers dans la fable où ils seraient tous désormais membres de « couches moyennes » et non pas du vieillot terme de prolétariat.

Campagne contre toute la classe ouvrière ou dissolution complice contre le vrai prolétariat ?

Lorsqu'il s'agit de catégories sociologiques (racisme, féminisme, écologisme, etc.) c'est toujours l'histoire de poule et de l'oeuf. Qui a pondu qui ? Question complexe que nos simplistes à prétention morale et révolutionnaire évacuent par : c'est la propagande bourgeoise ! Cette propagande tomberait-elle du ciel ? De même, du fait que nombre d'ouvriers sont interloqués par cette politique de diversité donc de disparité on considère qu'il faut leur faire la morale antiraciste face aux autres ouvriers antiracistes, donc plus évolués. Or ni machin ni le CCI n'ont compris la fonction du populisme et surtout son origine.

« La campagne de terreur de Trump contre les travailleurs sans papiers n’est rien d’autre qu’une attaque directe contre la classe ouvrière américaine, une classe d’immigrés ! Et, selon le mot d’ordre historique du mouvement ouvrier dans ce pays : Un préjudice pour l’un est un préjudice pour tous ! »

Première fonction : ridiculiser la classe ouvrière en prétendant qu'elle est la créatrice de cette idéologie « populaire », réactionnaire voire fâchiste. La classe ouvrière américaine une classe d'immigrés ? Formule de confusion très gauchiste pour justifier une impossible assimilation de masses croissantes en errance, en faisant tout porter sur le méchant capitalisme (lui-même impuissant à endiguer cette...décomposition) et promettre la lune « démocratique » à une masse de réfugiés inintégrables et ingérables Le débat entre bourgeois entrer portes grandes ouvertes et freinage n'offre aucune solution au chaos humain grandissant.

Deuxième fonction: faire croire que la gauche bourgeoise et bobo possède une solution autre que son irresponsabillité affichée et débile.

La perception de ce chaos n'est pas l'expression d'un racisme des « ouvriers blancs », mais de la gabegie que cela entraîne pour toute la société, où croît ce sentiment d'être étranger dans son propre pays quand dans les transports collectifs il n'y a que des africains à un moment donné ou des racailles en capuche, quand dans les rues en banlieue on ne voit passer que des femmes voilées.

La question faut-il réguler l'immigration ne se pose même plus, la catastrophe est déjà là. Des gouffres culturels sont déjà en place à un niveau ahurissant (écoles, quartiers sous férule des frères musulmans) que la gauche bobard évacue d'un mot simple : complotisme.

Une majorité de délinquants algériens sont en prison. Tous les jours ou presque une jeune fille est égorgée et tuée par un OQTF. Le couteau est d'un usage fort fréquent chez les nord-africains ? Non ? Certaines fois je peux devenir raciste.

Ce constat c'est celui des gens d'en bas, les méprisés traditionnellement, qui subissent au plus prêt ce chaos (le CCI parle pourtant de décomposition sans y inclure aussi ...la décomposition de l'immigration). Les partis bourgeois, populisme de droite, n'ont aucune difficulté à s'emparer de ces angoisses d'en bas, qui sont une réalité cruelle, pour « essentialiser » les immigrés en général, mais leur propagande s'appuie aussi efficacement sur cette réalité criminogène : l'arrivée de masses d'hommes démunis et privés de femmes (ou considérant les femmes comme des objets) décuple inévitablement le nombre des « fais divers ». Les prolétaires « beaufs », « racistes », je vis au milieu d'eux et j'en suis, sont plus humains que les donneurs de leçon d'un internationalisme abstrait, et sont les premiers à compatir pour les miséreux des autres mondes mais ils en voient LES CONSEQUENCES non plus pour les salaires mais pour leur sécurité dans la rue, pour leurs enfants, pour leurs filles et leurs femmes, et ces prolétaires de toutes origines et de couleur de peau ont un seul tort pour les curés gauchistes, assumer leur identité française, mot péché désormais car après la négation du mot prolétaire on n'est plus rien ; de la merde. On avait déjà prévu le coup dans toute l'histoire du mouvement ouvrier, pas cette invention de préjudice par machin mais : nous ne sommes rien, soyons tout !

Machin termine son tract adoubé par le CCI par la complainte du gauchiste moyen qui fond dans le prolétariat le lumpen, les minorités raciales et sexuelles, ramassis de conneries que les jeunes fondateurs de « révolution internationale » dénoncèrent jadis avec brio.

« La rhétorique infâme du nationalisme xénophobe, la diabolisation des immigrés, des minorités raciales, des homosexuels et des transsexuels (tactiques de longue date d’une classe déterminée à survivre à tout prix en divisant son ennemi de classe) se sont enracinées avec force dans le monde entier ».




2C'est la même déviation « populiste » émeutière chez leur groupe rival et considéré comme gangster, lorsqu'il érige comme sommet révolutionnaire les émeutes populaires à Los Angelès qui n'ont pas été suivies de protestations ou manifestations du gros de la classe ouvrière américaine. Ce salut aux émeutes du lumpenprolétariat en dit long sur la décadence politique de cet avorton du CCI.

(x) Naissance de la classe ouvrière Une évolution sur deux siècles, De la Fin du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle. Cette théorie subite du sympéthisant du CCI est wokiste: "« Les sociologies de l’exclusion et de l’immigration ont progressivement supplanté la sociologie du monde ouvrier, qui s’est réduite comme peau de chagrin (l’évolution est encore plus accentuée chez les historiens français) (…). En histoire, le retournement revêt sans doute une plus grande brutalité. Toute une génération d’historiens qui avaient consacrés leur thèse au monde ouvrier et/ou à l’industrialisation, se consacre ensuite, qui à l’immigration, qui aux grands ensembles, qui aux femmes, etc. »  Effacement du fait que le monde ouvrier provient surtout de la paysannerie, laquelle est violentée (fermes brûlées) pour pousser les petits paysans velle la ville industrielle. On eut rgretter que préférant une propagande opportuniste démagogique pour expliquer tout par l'immigration moderne, le CCI ne poursuive pas une réflexion historique sur l'absence "industrielle" des nations "libérées" après 1945 et la généralisation d'un lumpenprolétariat qui reste aliéné par la religion, surtout l'islam). cf. Une histoire de l’hétérogénéité de la classe ouvrière.

Refoulement, effets critiques et fragmentation. Présentation de Xavier Vigna, Histoire des ouvriers en France au XXe siècle, Perrin, 2012

mardi 29 juillet 2025

POURQUOI MARX était ignorant du communisme sexuel ?

 


À Alexandra Kollontaï et au marquis de Sade,

Marx en bon petit bourgeois du 19ème siècle n'eût qu'une expérience sexuelle limitée, à part d'avoir couché et engrossé la bonne, ses connaissances restèrent étendues surtout en économie capitaliste ; plus probablement en raison de ses connaissances limitées en anthropologie et en ethnographie.. Il ne s'est jamais trop soucié du droit de vote pour les femmes ni de l'inégalité des salaires en usine1. Ses héritiers pudibonds des sectes politiques vivent dans la même hypocrisie et sont en général des pères la morale ridicules.Sans être du tout wokiste, détruisons ici les lieux communs religieux et arriérés depuis tant de siècles.

    Du mariage de raison au mariage d'amour : il y a eu de longues périodes, même en Europe où l'amour n'avait pas sa place dans le mariage, mais était vécu en dehors.
    Aujourd'hui, le mariage est considéré en pays échappant aux dictatures religieuses comme une forme de relation en voie de disparition. Et tant mieux, il suffit de reconsidérer les traditions ancestrales ont été éradiquées un peu partout par les gouvernances religieuses arriérées.. La référence historique reste les inuits. Je mets immédiatement à la poubelle l'argumentaire féministe qui va nous sortir à tout bout de champ l'existence d'une société forcément patriarcale. Faux, polygamie et polyandrie coexistaient en parallèle. Le choix sexuel n'en était pas un au fond parce que la relation dépendait avant tout du besoin de subsistance.

    Chez les Esquimaux d'Alaska, chaque homme pouvait avoir autant de femmes qu'il pouvait... en nourrir (pas en baiser, le mode de vie communautaire n'est pas avant tout sexuel) Il s'agissait bien moins d'assouvir ses désirs sexuels que d'assurer sa survie au sein d'une communauté de travail. Et souvent de survie dans un climat ingrat).. C''était un combat difficile de tous les jours. Il n'y avait pas de grandes communautés, on vivait plutôt en petits groupes. Les relations étaient conclues de manière très pragmatique. Soit le mariage était arrangé par les familles, soit un homme faisait le tour des environs ou de ses propres colonies. Il choisissait une femme qui n'était pas trop proche de chez lui. Une fois le prix de la mariée payé, la suivante s'installait chez lui. Il n'y avait pas de grandes fêtes de mariage.Si la nouvelle ²cohabitation ne fonctionnait pas du tout, la femme était renvoyée mais le prix de la mariée remboursé.

Traditionnellement l'homme (le mari) se concentrait sur la chasse, tandis que la femme était responsable de la transformation des produits de la chasse et de la maison, ce qui ne signifie pas qu'on avait affaire à une société patriarcale. Les enfants étaient les bienvenus. Et ce même pour les femmes non mariées, d'ailleurs. Si un homme prenait une deuxième, voire une troisième femme, cela n'avait rien à voir avec une quelconque débauche sexuelle, mais plutôt avec l'augmentation de la charge de travail. En effet, plus le chasseur rapportait du gibier, plus il avait besoin de main-d'œuvre. Mais il pouvait aussi arriver qu'une femme prenne deux hommes. L'avantage était qu'elle était ainsi assurée en cas de décès de son mari, ce qui n'était pas rare dans ces contrées sauvageset glaciales. Les deux choses existaient donc en parallèle : la polygamie et des femmes « polygames ».

LA CONSEQUENCE SEXUELLE REVOLUTIONNAIRE DE L'ABSENCE DE PROPRIETE PRIVEE

Comme le dit « communisme primitif », le candaulisme inuit vient confirmer l'inéluctable disparition de la jalousie maladive et criminelle. Contrairement à la plupart des autres cultures, les Esquimaux traditionnels n'accordaient pas beaucoup d'importance à la propriété et aux biens de ce monde. Comment le pourrait-on dans l'immensité du désert glacé, une villa, des couverts en or ou des bijoux précieux seraient plutôt gênants et peu utiles. Les biens se limitaient donc aux vêtements, aux armes, aux bateaux, aux traîneaux et aux tentes. Bref, tout ce dont on avait besoin pour survivre. Dans ce cadre la femme non plus ne pouvait pas être considérée comme un propriété. La meilleure preuve de cette absence de propriété était justement que lors des nuitées des longues chasses ou face à l'arrivée de visiteurs, on offrait amicalement sa propre femme pour le lit. Ce qui est considéré de nos jours comme une perversion candauliste, mais pourtant un fantasme de beaucoup. .La première priopriété de l'homme dans le capitalisme moderne c'est sa femme ; tous les jours elles sont égorgées pour le besoin de la jalousie possessive et débile.

Il n'était pas rare non plus que l'on procède à un véritable échange de partenaires. On suppose aussi que ces coutumes étaient inconsciemment (mais très pragmatique avant les découvertes de la science moderne) dues à la volonté de mélanger le patrimoine génétique et d'éviter la consanguinité

L'histoire des Esquimaux nous montre une fois de plus à quel point notre mode de vie à toute époque est influencé par nos conditions de vie et, surtout, n'est pas du tout gravé dans la pierre. Et elle montre que des sentiments comme l'amour et l'appartenance sont également soumis à ce changement. Ce que nous attendons aujourd'hui de l'amour pouvait être perçu très différemment en d'autres temps et ailleurs ailleurs, ce qui ne peut être perçu par l'idéologie fixe et obscurantiste féministe..

C'est hélas dans la première moitié du vingtième siècle que l'arrivée des missionnaires chrétiens a d'ailleurs mis un terme au mode de vie et d'amour millénaire des Esquimaux (on laisse de côté l'islam qui n'a jamais cessé de limiter la sexualité qu'au sadisme masculin). Aujourd'hui les esquimaux, pour la plupart, ne peuvent plus subvenir à leurs besoins, sont eux aussi « colonisés » par les grandes surfaces et réduits au mode familial étriqué recommandé par la société de consommation, et surtout de consumation et de privations sexuelles.2

VERS UNE AUTRE SOCIETE émancipée de la seule reproduction en position soumise

Le communisme sexuel est la collectivisation de la sexualité. Cette pratique se distingue de la polyandrie et de la polyginie qui concernent les rpports d'un individu avec plusieurs partenaires, alors que le communisme sexuel implique une relation collective. Cette expérience est pratiquée par certains groupes prônant l'amour libre et est parfois associée à l'éducation collective des enfants. Le communisme sexuel vise à garantir la solidarité et l'égalité entre les individus dans l'accès à la sexualité. Il n'est pas nécessairement synonyme de sexualité de groupe. Alors que la sexualité de groupe est une relation ponctuelle entre un petit nombre de personnes, le communisme sexuel concerne l'organisation de la sexualité à l'échelle de la société ou d'une communauté. En ce sens, lorsqu'il s'agit d'une relation égalitaire, la sexualité de groupe peut parfois être considérée comme une forme de communisme sexuel à l'échelle microscopique. L'élément-clé du communisme sexuel est la rotation des partenaires. Dans une communauté pratiquant le communisme sexuel, chaque individu a des relations sexuelles avec tous les membres de la communauté du sexe opposé.

Socrate est le premier philosophe à avoir théorisé le communisme sexuel au Ve siècle av. J.-C. Dans le livre V de La République de Platon, Socrate expose ainsi sa vision de la société idéale : « Les femmes de nos guerriers seront communes toutes à tous : aucune d'elles n'habitera en particulier avec aucun d'eux ; de même les enfants seront communs, et les parents ne connaîtront pas leurs enfants ni ceux-ci leurs parents. »

En 1808, Charles Fourier propose la création d'un service sexuel public. Au XIXe siècle, le militant anarchiste Joseph Déjacque (1821-1865) prône également le communisme sexuel.

Dans ses Manuscrits de 1844Karl Marx semble imagine le communisme sexuel comme une oppression collective de l’ensemble des femmes par l’ensemble des hommes : en opposition au mariage qui, selon lui, « est évidemment une forme de propriété exclusive », il accuse en effet le « communisme grossier » de faire de la femme « une propriété collective », faisant passer la femme du mariage exclusif à « une prostitution générale avec la collectivité ». L'observation n'est pas fausse dans le cadre du capitalisme mais révèle les faibles connaissances (ou envies) sexuelle sde Marx . De son côté, dans L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'ÉtatFriedrich Engels  reste prude lui aussi, prônant la monogamie pour la société future, sans considérer le communisme sexuel comme nécessairement synonyme d’oppression de la femme. Lénine lui hypocrite bigame, se moquait de tout communisme érotique.

L'anthropologue Marcel Mauss est le concepteur de cette notion de communisme sexuel pour décrire sa découverte du mode de vie des Inuits en Arctique et au Canada, dans son Essai sur les variations saisonnières des sociétés eskimos publié en 1905. Il présente le communisme sexuel comme « une forme de communion, et peut-être la plus intime qui soit », une « fusion des personnalités individuelles les unes dans les autres » à l'intérieur de la « station », sorte de clan où l'échange des femmes est généralisé Il y décrit la tenue à cette occasion de « véritables orgies », hommes et femmes s'unissant « comme étaient unis autrefois les ancêtres mythiques dont les sujets actuels portent les noms et sont les représentants vivants ». Selon Mauss, le communisme sexuel est un pendant du « communisme économique » de la communauté et s'inscrit dans un ensemble de cérémonies de dénantissement, langage ampoulé de sociologue qui signifie qu'il n'y a aucune règle obligatoire3. Une réflexion qui s'inscrit bien plus dans le futur d'une sexualité et de sentiments humains débarrassés de toute propriété sur l'autre, capitaliste ou communiste coincée. Dans l'attente du grand soir politique, social et sexuel (on baise plus en temps de révolution) la méchante société capitaliste, dans ses zones les moins arriérées a évolué, prenant en compte en particulier la misère sexuelle des handicapés.

Au XXIe siècle, au Danemark et aux Pays-Bas, les services sexuels aux handicapés sont remboursés par la sécurité sociale]. En 2012, en France, Marcela Iacub reprend la proposition de Charles Fourier et appelle à son tour à la création d'un service public sexuel gratuit : « Tout un chacun devrait pouvoir offrir ses services de temps en temps tout en sachant qu’un jour chacun pourrait aussi y faire appel .

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS JOUISSEZ SANS ENTRAVES !


"La sexualité chez Sade ne ressortit pas à la biologie: c'est un fait social, les orgies auxquelles il se complaît sont presque toujours collectives". Simone de Beauvoir, Faut-il brûler Sade?


1Mais il fût un homme de son temps, sans doute macho (et alors), son ignorance de la contraception ne peutpas non plus lui être reprochée comme ces connes de féministes bourgeoises promptes à s'inventer et à inventer un passé hors du temps et hors période.

2Source : Anja Drews - Educatrice sexuelle diplômée

3A l'inverse, le nantissement est un engagement écrit par lequel un emprunteur donne un gain en garantie de la dette qu'il contracte