"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 28 juillet 2014

LE NEO-ANTIFASCISME




Par Marc Chirik[1](1945)

La Gauche Communiste se trouvait être le seul courant en opposition à toute la gamme des groupes trotskystes ou autres, issus de la IIIe Internationale au cours de sa dégénérescence, à ne pas arborer l'antifascisme comme position de classe du prolétariat. Notre position à ce sujet, nous l'avons exprimée et défendue des dizaines et des centaines de fois. On la trouvera dans toutes nos publications pendant plus de 20 années de lutte et tout particulièrement après l'arrivée d'Hitler au pouvoir. L'objet de cette critique n'est pas la redémonstration de notre position en général, mais de répondre à ceux qui, tout en l'acceptant dans le passé, la rejettent aujourd'hui. Nous nous bornerons à rappeler en quelques mots les grandes lignes de notre position.

L'opposition Démocratie/Fascisme n'est pas une opposition historique fondamentale, comme tentent de le faire croire les "antifascistes". En le faisant, ils ne font que cacher l'opposition de classe qui, elle seule, est fondamentale dans la société divisée en classes. Cette opposition s'exprime dans le dilemme : capitalisme/socialisme, ou bourgeoisie/prolétariat.

DEMOCRATIE ET FASCISME SONT DEUX ASPECTS DEUX FORMES DE DOMINATION DE LA MEME CLASSE. Ils expriment des situations particulières dans le temps et dans l'espace, nécessitant des formes politiques particulières pour le maintien de la domination capitaliste sur le prolétariat. Le recours au fascisme traduit une situation économique particulièrement critique dans laquelle les luttes sociales et la combustion révolutionnaire du prolétariat risquent de faire sauter en l'air tout l'édifice social du capitalisme. La forme « démocratique » du capitalisme laisse alors la place à la forme fasciste, consistant dans la destruction violente de toute vie de la classe ouvrière, de ses organisations économiques, culturelles et politiques. Pour étouffer toute possibilité d'organisation du prolétariat, le capitalisme ne peut le garantir qu'en interdisant toute organisation, toute presse, qui n'est pas celle de l'Etat.

Les chefs, les partis de la « démocratie » capitaliste ne quittent l'arène politique qu'après avoir préparé, assuré, la venue du fascisme. Un lien de classe lie la « démocratie » au fascisme. Ce n'est pas la marche spectaculaire sur Rome, mais par la voie « pacifique », par l'appel direct du gouvernement « démocratique » que Mussolini prend le pouvoir. Hitler viendra au pouvoir appelé par Hindenbourg, champion de la défense de la constitution démocratique de Weimar, le président du Reich, de la social-démocratie, et par la machination de Von Papen, autre champion de la « démocratie ».

« L’antifascisme » ne fait alors qu'estomper les frontières de classe, et masquer l'enjeu historique et immédiat de la lutte. L'immobilisation du prolétariat par une idéologie étrangère à sa classe, derrière la défense de la « démocratie » permet à cette même démocratie d'aplanir et d'ouvrir la voie au fascisme. Après avoir assuré le triomphe du fascisme, la bourgeoisie réussit à empêcher la mobilisation du prolétariat sur le seul terrain de la lutte contre le fascisme, sur le terrain de défense des revendications de classe contre le capitalisme, en l'enveloppant de la fumée incolore antifasciste. L’antifascisme » s'avère être aussi une arme redoutable entre les mains du capitalisme, immobilisant le prolétariat pour assurer l'avènement du fascisme d'abord, et sa domination ensuite.

Sur le terrain international, « l’antifascisme » sera la meilleure arme du capitalisme pour faire accepter aux ouvriers des pays « démocratiques », la guerre de brigandage impérialiste. C'est sous le drapeau de l'antifascisme que les ouvriers renonceront bénévolement à la lutte de classe, et réintègreront la »nation », ils seront trainés pour la défense de la « patrie »dans l'Union Sacrée.

Telle est la position de la Gauche Communiste, qui, dénonçant l'antifascisme, appelle le prolétariat à la lutte contre le fascisme, lutte qui ne pouvait vraiment être efficace qu'en se plaçant sur le terrain de classe, Prolétariat contre capitalisme, sous toutes ses formes : fasciste, démocratique et dictature staliniste.

-------------------------------------------------------------------

Il est le propre de l'opportunisme de ne pas combattre les positions révolutionnaires de front, mais de justifier leur pratique opportuniste présente par une soi-disant situation nouvelle. Bien mieux, on se revendiquera d'autant plus des résolutions et des positions révolutionnaires du passé que cela permettra de camoufler l'opportunisme pratiqué dans le présent.

Le trotskyste se réclamera de la IIIe Internationale dans le passé, pour adhérer dans le présent au parti socialiste et à la IIe Internationale. Le stalinien se réclamera de la position de Lénine contre la guerre dans le passé, pour faire joyeusement la guerre aujourd'hui. L'anarchiste fera appel à Bakounine dénonçant l'oppression de l'Etat, tout en justifiant la participation dans l'Etat capitaliste espagnol et dans la répression anti-ouvrière de 1936. Vercesi, lui, ne manquera pas à la règle et il « confirmera » la position contre l'antifascisme d'hier pour justifier l'antifascisme d'aujourd'hui. Ecoutons-le :

« Je confirme donc que nous avons eu raison d’affirmer que la tactique indirecte s’exprimant au travers de la formule antifasciste conduisait à la rupture principielle : ce qui est arrivé avec la guerre. Aujourd’hui, nous avons encore une fois raison quand, en face de l’Etat capitaliste qui est dans l'incapacité de liquider le fascisme et les fascistes, nous exaltons l'opposition violente du prolétariat au fascisme et aux fascistes, et favorisons le heurt entre le prolétariat et l'Etat capitaliste ».

Pour que la somme des mots ne fasse pas oublier au lecteur le fond du débat, soulignons qu'il ne s'agit pas d'exalter ou non l'opposition violente du prolétariat au fascisme. Hier comme aujourd'hui, toujours, nous devons et avons exalté l'opposition du prolétariat au fascisme. Le problème est : de quelle façon ? Par quelle méthode ? Sur quelle base se fait cette exaltation ? Est-ce par la lutte de classe, du point de vue de classe, et sur le terrain indépendant de classe, indépendamment de toutes les formations et organisations politiques du capitalisme, ou est-ce en collaboration avec des groupements qui sont liés au fascisme par le lien de classe. C'est à dire au travers des comités antifascistes groupant ceux-là même qui ont fait le lit du fascisme ? C'est là et uniquement là-dessus que porte le débat, et les mots sur l'exaltation, etc... ne font qu'embrouiller la question.

Vercesi d'ailleurs est catégorique sur ce point et c'est en cela que consiste l'opposition qu'il fait entre hier et aujourd'hui. Hier nous dénoncions toute la campagne « antifasciste » comme une campagne destinée à tromper le prolétariat, à l'empêcher de se regrouper sur son terrain de classe, à l'emprisonner dans une idéologie de l'ennemi de classe. Aujourd'hui nous devons participer non seulement à cette campagne qui aurait changé sa nature profonde mais pratiquement participer aux comités de coalition antifasciste. C'est ce que fait Vercesi en prenant l'INITIATIVE de la formation d'un comité de coalition antifasciste, où participent socialistes, maximalistes, staliniens, anarchistes, parti républicain, "Justice et Liberté".. Toutes les organisations « ouvrières » et bourgeoises sans exception et où Vercesi, au nom de la Fraction de Gauche, s'assure respectablement le poste de secrétaire du comité.

Avant d'examiner la tâche que s'est donnée ce comité, et son action, essayons d'abord de comprendre la justification que donne Vercesi d'un tel changement d'attitude envers l'antifascisme.

Nous savons déjà que cette nouvelle position est justifiée par la situation nouvelle qui s'est créée. En quoi consiste cette nouvelle situation ? Vercesi n'est pas très clair sur ce point. Par moment, il parlera de crise économique de l'économie de guerre, qui aurait déterminé la chute du « fruit pourri » qu'était le régime fasciste. Ailleurs, il parlera de l'inexistence sociale du prolétariat, ce qui ne l'empêchera pas de déclarer plus loin que les partisans dans le Nord de l'Italie luttent pour la révolution. Toutefois une chose est claire pour lui : les régimes fascistes sont en train de crouler (on ne sait pas pour quelle raison exactement) ce qui détermine une volonté dans le prolétariat de son écrasement total. C'est cette volonté du prolétariat, de lutte contre le fascisme qui nous imposera un changement de « tactique » à l'égard de l'antifascisme, et de la participation dans les comités antifascistes, ne présentant plus le danger de fourvoyer le prolétariat, comme c'était le cas auparavant. Et pourquoi cela ?

Vercesi répond : « Existe-t-il dans la situation actuelle une éventualité quelconque qui permet encore une fois à l’Etat capitaliste d’attirer le prolétariat et de l’immobiliser s’il continue de mener la lutte antifasciste ? ». Et, plus loin : « Dans les pays où le fascisme s’est déterminé, c'est-à-dire en Italie et en Allemagne…, est-il possible à l’Etat capitaliste de rejeter ce qu’il avait fait avant 1939 ? ». Et Vercesi de conclure : « A mon avis, il faut répondre par la négative et ce parce que les ouvriers exigent aujourd’hui l’écrasement du fascisme ».

Remarquons d'abord que Vercesi prend soin de bien distinguer entre les pays « où le fascisme s’est déterminé », c'est à dire a existé, des autres pays. Dans son discours il insistera beaucoup sur cette distinction. Sa nouvelle tactique indirecte, il l'applique aux pays qui ont connu le régime fasciste. Pour les autres pays, nous ne savons rien de sa pensée ni de la tactique à employer. Il ne nous dit rien là-dessus. Cela serait pourtant d'un très grand intérêt de savoir ce qu'il en pense. Nous le regrettons vraiment beaucoup mais force nous est de nous borner à suivre dans notre critique la trace de Vercesi. Dans le premier passage Vercesi se demande si l'Etat capitaliste de "ces pays" pourrait encore immobiliser le prolétariat s'il continue de mener la lutte antifasciste et, continuant comme si de rien n'était, il précise sa pensée « de répéter ce qu’il avait fait avant 1939 ». Pardon, nous sommes, semble-t-il, victimes d'une regrettable confusion. Dans "ces pays", en Italie, en Allemagne, il y a deux phases distinctes d'un même Etat capitaliste. La première celle de l'Etat capitaliste « démocratique » qui immobilise le prolétariat par la lutte « antifasciste » pendant qu'il favorise la préparation, le renforcement du fascisme qui doit prendre la direction de la machine étatique en succession de la « démocratie ». La deuxième phase est celle de l'Etat capitaliste fasciste qui immobilise le prolétariat par la violence directe. Confondre ces deux phases et parler, comme le fait Vercesi, de l'Etat capitaliste immobilisant le prolétariat par l'antifascisme comme il l'avait fait avant 1939, revient à parler de l'Etat fasciste faisant de l'antifascisme, et de créer une confusion inextricable entre les fonctions et la division du travail, de la « démocratie » et du fascisme oeuvrant tous deux pour la sauvegarde du capitalisme.

Le stalinisme a fait de la confusion en créant la notion du social-fascisme. Vercesi, lui, crée aujourd'hui celui de l'Etat fasciste antifasciste ce qui n'est pas plus heureux.

Mais pourquoi l'Etat capitaliste antifasciste (comme l'appelle Vercesi) qui a succédé ou succèdera dans les pays où il y avait le fascisme, ne pourrait-il pas se servir de l'antifascisme pour immobiliser encore une fois le prolétariat ? Vercesi répond : parce que les ouvriers exigent aujourd’hui l’écrasement du fascisme ». Mais cette exigence-là, les ouvriers la proclamaient aussi hier, cela n'a pas empêché l'Etat capitaliste et les forces politiques du capitalisme, ses divers partis, de fourvoyer le prolétariat et de l'immobiliser. Pourquoi cela ? Mais justement parce qu'ils se sont placés ou on les a placés sur le terrain d'exigences anti-fascistes, et non pas sur leur terrain de classe anticapitaliste. La réponse de Vercesi n'en est pas une, et sa justification de l'antifascisme d'aujourd'hui rejoint les justifications des menées antifascistes de toujours.

Cette argumentation pèche par deux côtés. Premièrement, s'il est vrai qu'en exaltant l'opposition du prolétariat contre le fascisme nous favorisons le heurt entre lui et l'Etat qui s'avère incapable de liquider les fascistes, cela était encore plus vrai d'exalter l'opposition du prolétariat contre le fascisme quand celui-ci représentait et s'identifiait à l'Etat capitaliste. Secondement, peut-on vraiment favoriser le heurt entre le prolétariat et l'Etat capitaliste en se coalisant dans un comité politique avec les partis politiques qui font partie de l'Etat capitaliste ?
« Evidemment, dit Vercesi, sur le terrain général nous devions supposer que le problème révolutionnaire ne va pas se poser, cette position serait fausse non parce qu’elle pourrait fourvoyer le prolétariat (très bien, très bien !) mais parce qu’elle pourrait le déterminer à poser un acte d’aventure, les possibilités réelles n’existant pas pour obtenir cette désarticulation du prolongement de l'Etat antifasciste italien ».

Ainsi c'est parce qu'aujourd'hui nous supposons que le problème révolutionnaire va se poser que nous devons participer dans une coalition antifasciste avec les forces du capitalisme qui ne peuvent être que contre-révolutionnaires. Dans la langue courante cela signifie que devant une menace de la révolution, nous devons participer à une coalition capitaliste, c'est à dire renforcer la résistance du capitalisme. Vercesi, lui, appelle cela : « favoriser le heurt du prolétariat contre l’Etat capitaliste », par la tactique indirecte.

Qu'est cette tactique indirecte ? Il s'agit de règles, de tactiques élaborées au 2e congrès du parti communiste d'Italie et faisant partie d'un ensemble connu sous le nom de Thèses de Rome qui est un document fondamental de la Gauche Communiste. La « tactique indirecte » traite particulièrement des règles d'action du parti communiste ne posant pas l'attaque directe pour la prise du pouvoir. Citons quelques passages de la tactique indirecte :

Paragraphe 32. « Une des tâches essentielles du parti communiste pour préparer idéologiquement et pratiquement le prolétariat à la lutte révolutionnaire pour la dictature, est la critique impitoyable du programme de la gauche bourgeoise et de tout programme qui voudrait chercher la solution des problèmes sociaux dans les cadres des institutions démocratiques et parlementaires bourgeoises ».

Comme on voit, nous sommes loin de cette tactique de Vercesi qui consiste à favoriser le heurt entre le prolétariat et l'Etat capitaliste en compagnie de la gauche bourgeoise. Quant à ces coalitions heureuses de Vercesi et qu'il appelle la tactique indirecte, nous lisons dans le paragraphe 31 :

« Il (le parti communiste) ne peut proposer une tactique avec un critère occasionnel et temporaire et en calculant qu’il pourra ensuite exécuter au moment où cette tactique apparaîtra dépassée, un brusque changement de front  qui transformera en ennemis ses alliés d'hier ».

Dans le paragraphe suivant (33) où il est question de l'utilisation de l'expérience faite par un gouvernement de gauche, il est spécifié que la propagande du parti sera efficace dans la mesure où le parti n'aura non seulement pas participé, mais aura dénoncé à l'avance cette faillite.

Le Parti démontrera au cours de l'expérience l'unité de front de toute la bourgeoisie contre le prolétariat et « comment les partis qui se prétendent ouvriers mais se coalisent avec une partie de la bourgeoisie, (ceci s’applique très bien à ceux qui, tout en s’intitulant Gauche Communiste, se coalisent avec une fraction de la bourgeoisie dans un comité antifasciste)
NE SONT RIEN D'AUTRE QUE SES COMPLICES ET SES AGENTS ».

Même dans le front unique syndical - le seul front unique que nous concevons - nous ne préconisons pas la constitution des comités dirigeants formés de représentants de diverses fractions qui se sont déclarées d'accord pour une action commune. Les communistes, afin de garder leur pleine liberté et d'élargissement de la plate-forme de lutte au moment où cela serait nécessaire et possible, afin d'attirer l'attention des masses sur le programme communiste spécifique « éviteront la constitution des comités dirigeants de lutte et d’agitation dans lesquels le parti communiste serait représenté et compromis parmi les autres partis politiques »..

Cette tactique indirecte nous semble être diamétralement opposée à sa caricature présentée par Vercesi.

Remarquons encore que si nous ne savons pas la « tactique » que préconise Vercesi pour les pays qui n'ont pas connu la domination fasciste, nous ne savons pas davantage celle qu'il préconise pour les pays qui l'ont connue. Nous ne parlerons pas de l'Allemagne dont il ne souffle pas un mot, mais même pour l'Italie nous ne sommes pas plus renseignés. Faut-il en Italie participer à ces coalitions antifascistes ? Faut-il les dénoncer auprès du prolétariat ? Nous ne saurons rien. L'horizon de Vercesi se borne à Bruxelles où il applique en virtuose sa tactique indirecte contre le « prolongement de l’Etat antifasciste italien ».

Vercesi qui, comme nous aurons l'occasion de le voir par la suite, se réfère à tort et à travers au milieu social, pousse vraiment en l'occurrence cette référence en proclamant une tactique indirecte produite et valable exclusivement de par le milieu social de sa petite ville provinciale.

« La vie de la colonie italienne et de son expression gouvernementale en la représentation diplomatique, écrit Vercesi, n’est possible qu’au travers des formes correspondantes à la société actuelle, c'est-à-dire au travers de la reviviscence de la couche capitaliste de la colonie », d'où il résulte : »ce problème oppose de façon violente les prolétaires de la colonie italienne contre la prolongation en Belgique de l’Etat capitaliste et antifasciste italien ». Et voilà pourquoi Vercesi, devant la reviviscence de la couche capitaliste qui oppose d'une façon violente les prolétaires contre la prolongation de l'Etat capitaliste et antifasciste, s'empresse, pour favoriser le heurt, de créer un comité de coalition. Pour de la tactique, elle est plutôt directe et capitaliste par-dessus le marché.

Et voilà quelques spécimens de la phrase révolutionnaire destinée à teinter en rouge l'anti-fascisme.

« Tous ces ouvriers auxquels on a dit qu’on avait fait la guerre pour abattre le fascisme, sont portés à poser à leur organisation, tout autant que sur le plan social, le problème de la destruction du fascisme et l’écrasement des fascistes ». Vercesi oublie apparemment que c'est surtout aux ouvriers des pays « démocratiques » que le capitalisme a tenu ce langage pour leur faire accepter la guerre. Sa tactique indirecte de l'antifascisme s'appliquerait alors surtout à ces prolétaires ? Le grand branle-bas « antifasciste » sert toujours à l'Etat capitaliste de ces pays pour duper le prolétariat. C'est sous l'étiquette « antifasciste » que les staliniens se sont présentés aux élections récentes en France.

« Le socialisme n’est pas le produit direct du capitalisme mais sa négation », dit justement Vercesi, mais cela ne le gêne pas quand il a besoin d'affirmer le contraire : . Oui, répond cette fois-ci Vercesi, oubliant que la révolution est la négation de la guerre impérialiste et non son produit direct. Tout cela pour justifier cette autre affirmation qui vraiment ne manque pas d'audace : « Le dilemme prolétariat/Etat dissimulé encore actuellement sous l’expression antifascisme-Etat ne pose-t-il pas l’opposition révolution-Etat ? oui ».

Ainsi l'antifascisme que le capitalisme dans tous les pays du monde réchauffe sans cesse pour servir de nourriture aux ventres creux du prolétariat, pour justifier les 6 ans de massacres qui lui servent de justification dans la répression contre les révolutionnaires appelés pour les soins de la causes fascites, c'est cet antifascisme entretenu par tous les partis et coalitions capitalistes que l'on nous présente contenant la négation de l'Etat, comme étant le synonyme de prolétariat et de Révolution.

Mais sentant bien que cela ne va pas tout seul, Vercesi avoue : « Toutefois, il y a une PETITE CONCESSION QUE NOUS AVONS DU FAIRE. AVANT 1939 NOUS disions : pas de lutte antifasciste, mais lutte contre le fascisme. AUJOURD’HUI, nous avons été obligés du fait de la situation nouvelle qui s’était créée de ne PAS POSER IMMDIATEMENT ce problème de la lutte contre le fascisme, ce qui est une position rigoureusement exacte et d'accepter cette expression du problème de la lutte antifasciste ».

Le petit mot « cette expression » est là juste pour camoufler toute l'étendue qui sépare la formule de la lutte contre le fascisme (et de l'antifascisme) de cette autre formule capitaliste : de la lutte antifasciste.
Et voilà en quoi consiste la petite concession « que nous avons dû faire ».
Rappelons encore que la tactique indirecte telle qu'elle était formulée dans les Thèses de Rome (page 30) : « Toute attitude qui cause ou comporte le passage au second plan de l’affirmation intégrale dans sa propagande, qui n’a pas seulement une valeur théorique mais découle surtout des positions prises quotidiennement dans la lutte prolétarienne réelle, et qui doit mettre continuellement en évidence la nécessité pour le prolétariat d'embrasser le programme et les méthodes des communistes, toute attitude qui ne ferait pas de la jonction d'évènements contingents donnés un moyen pour passer outre, mais une fin en soi, conduirait à un affaiblissement de la structure du parti et de son influence dans la préparation révolutionnaire des masses ».

L'opportunisme a la mémoire courte. Et quand on s'écrie : »Nous sommes des antifascistes parce que nous sommes convaincus que l’Etat ne fait pas et ne fera jamais la révolution », nous répondrons que nous nous trouvons en présence d'une argumentation portant sur une conception prélogique et d'enfoncement des portes ouvertes. Et parce qu'on ajoute : « parce que nous ne tombons pas dans le piège de croire que parce qu’il s’efface l’Etat est détruit », nous nous demandons où Vercesi a-t-il vu l'effacement de l'Etat ? Pas en Italie en tout cas !

Nous ne comprenons pas davantage cette nébuleuse explication sur : « le problème de tactique indirecte est celui de déterminer l’impossibilité dans la déliquescence, c'est-à-dire d’imposer la présence de l’Etat capitaliste », et tous ces tortueux raisonnements pour justifier la participation dans le comité de coalition antifasciste.

A tout cela nous préférons et opposons cette proposition de « l’incompatibilité évidente de l’appartenance simultanée au parti communiste et à un autre parti s’étend plus loin que les partis politiques, jusqu’à ces mouvements qui n’ont pas de nom et d’organisation de parti bien qu’ils aient un caractère politique.» (Thèses de Rome).

-------------------------------------

L'activité antifasciste

« Le parti de classe ne représente l’antithèse qu’à la condition de s’opposer dans tous les instants et dans tous les domaines à la thèse capitaliste ».

Cette citation que nous empruntons à Vercesi même, nous la faisons entièrement nôtre. Elle exprime une idée marxiste révolutionnaire que nous ne saurions pas mieux formuler. Cela prouve que Vercesi a encore des réminiscences du marxisme, dans le camp duquel il a occupé pendant 3 décades, une place notoire. Peut-être que ce passé emportera demain sur le glissement révisionniste d'aujourd'hui. Qu'il soit bien entendu que nous ne combattons pas les hommes, les personnalités, mais les idées et leurs actions nous semblent préjudiciables aux intérêts de la classe et de la cause de la révolution.

Nous avons examiné précédemment la thèse du néo-antifascisme, nous allons maintenant voir la concrétisation de cette thèse dans l'activité pratique.
Le comité de coalition antifasciste de Bruxelles se crée sur la base suivante, qu'ils expriment dans ces idées : 1°) assistance, 2°) activité culturelle, 3°) contre les menées fascistes.

Nous ne nous arrêterons pas sur l'assistance. L'assistance sociale, le prolétariat ne peut l'organiser en collaboration avec la bourgeoisie. Cette assistance il l'exige et l'impose à la bourgeoisie par sa lutte de classe. Il dénonce la bourgeoisie comme la seule responsable de la misère des masses. Ce n'est qu'après le renversement par la révolution de l'Etat capitaliste que le prolétariat pourra efficacement organiser l'assistance sociale.
L'Entraide, la Solidarité envers les victimes du capitalisme, envers les combattants pour la cause du prolétariat, les ouvriers ne peuvent l'organiser qu'indépendamment des groupements capitalistes. C'est là un problème de classe qui ne peut être résolu que sur le terrain de classe, sous le contrôle de la classe par les organismes de classe, les syndicats, le parti et une organisation comme le Secours rouge.

Sur l'activité culturelle, nous pouvons dire la même chose. Ce dont le prolétariat a besoin dans la société capitaliste, c'est de la dénonciation du mensonge bourgeois sur la culture en général. Dans une société divisée en classes, la culture est au service de la classe dominante et imprégnée d'une conception de classe. Pour l'éducation culturelle, les communistes s'efforceront de la faire au travers et sous la direction des organisations de la classe. Les possibilités de l'éducation culturelle du prolétariat ne peuvent qu'être très limitées dans la société capitaliste. Loin de se gargariser avec des mots sur l'éducation culturelle en général de la classe à la manière des anarchistes, les communistes porteront leurs efforts pour donner aux prolétaires avant tout les éléments qui leur sont nécessaires pour la poursuite de la lutte, les éléments qui leur sont nécessaires pour discerner entre leurs intérêts et les positions de leurs ennemis de classe. C'est d'une éducation politique dont les ouvriers ont besoin avant tout. C'est pourquoi nous voyons dans le passage suivant, où Vercesi formule sa conception sur l'activité culturelle, non pas l'expression de la position communiste, mais celle du secrétaire du comité de coalition :

« Vous comprendrez d’autant mieux, dit Vercesi, qu’à mon avis, il était nécessaire de pouvoir déterminer au sein du prolétariat un soulèvement de son cerveau au niveau de l’expression théorique des problèmes politiques, que de les inciter à se borner aux questions propres à la politique et aux dissentiments qui opposent les partis. »

Le style imagé sur le soulèvement du cerveau an niveau de l'expression théorique, ne saurait nous cacher et ne pas nous rendre méfiant sur la culture infusée aux ouvriers...
Le modèle restera encore pour nous le jeune Marx faisant des conférences aux ouvriers de Bruxelles sur : « Salaires-Travail-Profits ».
Mais ces deux premiers points ne sont que des accessoires. La vraie raison d'être de ce Comité c'est son caractère politique ou antifasciste. Vercesi distingue deux aspects de l'activité antifasciste du Comité : l'épuration et la dénonciation. Voilà dans quels termes il s'explique sur l'épuration :
Peut-être allons-nous assister à un ressaisissement de Vercesi. Prêtons donc attention aux arguments avec lesquels il démontrera que cette position de l'épuration est fausse:
1°) »J’ai dit qu’il n’est pas possible dans les pays où le fascisme a déferlé de se purger du fascisme »;
2°) « Mais le danger que j’avais justement soulevé dans l’article, était que, sous le couvert de ce que l’on appelait l’épuration, il se vérifie qu’à côté de deux ou trois fascistes que l’on aurait foutu en prison on aurait justifié une répression contre l’ensemble de la masse ouvrière».

C'est tout, c'est bien tout. Le danger que signale Vercesi est absolument réel. Mais aussi important que soit ce danger, il n'est qu'un aspect secondaire de la question. Vercesi passe sous silence le point capital du problème de l'épuration. L'épuration est une arme démagogique, une berceuse destinée à endormir, à duper, à détourner le prolétariat de son action de classe. C'est une sérénade destinée à l'empêcher d'orienter son action de classe vers l'assaut contre l'Etat-capital.
Nous ne sommes ni pour ni contre l'épuration, nous dénonçons ce slogan de foire comme une duperie capitaliste.
Vercesi, lui, ne voit pas le contenu de classe et le but visé par cette duperie. Ne voyant qu'une mauvaise « expression » qui risque de faire des ouvriers les victimes de l'épuration, il préconisera une formule qui n'aura pas cet inconvénient. Il veut une bonne et juste épuration. Aussi, en vrai révolutionnaire, il fera un acte d'éclat. Voyez : « A la formule de l’épuration nous avons essayé de faire substituer l’autre de la lutte contre les crimes fascistes et contre les fascistes ».
On ne peut évidemment pas reprocher à Vercesi d'avoir échoué dans sa tentative de substituer les formules. Si le Comité antifasciste ne l'a pas suivi dans cette substitution, ce n'est pas de sa faute, lui, il a le grand mérite « d’avoir essayé » et il se tient pour quitte.
Devançant les reproches qu'il sent qu'on pourrait lui adresser, il s'écrie, indigné : « On ne peut pas demander à nous ni aux fractions de gauche de pouvoir obtenir une victoire JUSQUE DANS LES MOTS. Ça c'est répondu ! Car, voyez-vous, pour Vercesi, ce qui reste comme différence entre sa formule et celles des autres groupes antifascistes du Comité - les staliniens, socialistes, le parti républicain, n'est qu'une question de mots.
Et il ajoute : « Il faut demander une victoire dans la substance des choses ». Aucun doute pour Vercesi qui croit fermement avoir obtenu cette victoire « dans la substance des choses ». Pour nous non plus, aucun doute ne subsiste là-dessus. Dans la substance des choses, et quelle que soit la formule de Vercesi, il se trouve prisonnier de cette officine de l'Etat capitaliste italien, qu'on appelle Comité antifasciste, et solidaire avec la politique de ce comité. Vercesi participe au dévoiement et à la duperie de la classe ouvrière.
Il ne faut pas encore beaucoup de ces « victoires dans la substance » pour que Vercesi renonce non seulement « aux mots », mais oublie jusqu'au souvenir de ce qu'est un révolutionnaire, jusqu'au souvenir de ce qu'il fût autrefois.

Sur la dénonciation des fascistes

« Pour ce qui concerne la dénonciation des fascistes dit Vercesi, leproblème se pose ainsi : l’Angleterre, l’Amérique et la Russie disent : nous voulons punir les fascistes ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Nous savons bien ce que dit le capitalisme international. Mais c'est justement là-dessus, sur ce qu'il dit, que porte la question. Allons-nous démonter auprès des ouvriers que le capitalisme international ne fait que de la démagogie, qu'il est lié avec les fascistes et le fascisme, que l'histoire de punir les fascistes est une duperie grossière, que cette duperie consiste à trouver un bouc émissaire pour détourner la colère des masses accumulée par tant d'années de souffrances et de massacres de tous les responsables fascistes, démocrates et staliniens, ou bien allons-nous essayer de battre les uns par les autres, c'est à dire les fascistes par les démocrates en dénonçant à ces derniers les fascistes, et si les démocrates ne les punissent pas alors ils se démasqueront devant les ouvriers ?

Vercesi à qui on ne peut reprocher d'être avare de mots est sur ce point plus que laconique. Au risque de nous étendre encore, nous allons reproduire tout le passage concernant la question de la dénonciation en le commentant au fur et à mesure. La chose en vaut vraiment la peine. D'autant plus que c'est un des points principaux dans l'activité de tous les Comités de libération, le comité de coalition antifasciste et de multiples comités d'épuration, de vigilance de toutes sortes dans les usines et partout où le capitalisme tente d'embrigader les ouvriers.
Ne pas répondre à la question que nous venons de poser, se contenter de répéter simplement que l'Angleterre, l'Amérique et la Russie disent : « nous voulons punir les fascistes », c'est pratiquement accréditer auprès des ouvriers cet infâme mensonge.
Il faut être atteint d'un crétinisme démocratique incurable pour l'affirmer quand en réalité le capitalisme international tente par tous les moyens de mettre à l'abri de la colère des masses les grands chefs fascistes. La Russie, pour soustraire les chefs nazis, a trouvé aux Von Paulus, Von Salomon et autres canailles une place dans les Comités de « l’Allemagne libre ». Dans tous les pays occupés par l'armée rouge, la Russie instaure des gouvernements où participent les anciens chefs et généraux fascistes.
En Italie, la milice fasciste a été incorporée par un décret gouvernemental dans la police d'Etat. Et si Mussolini et sa bande ont été massacrés, c'était là un acte populaire direct contre la volonté du gouvernement cherchant encore une fois, comme en 1943, à manoeuvrer pour les sauver. En Allemagne, les Alliés maintiennent le gouvernement de Doenitz composé de hauts dignitaires fascistes et chefs SS. C'est sur les chefs fascistes que les Alliés s'appuient pour le maintien de l'ordre en Allemagne, en Autriche et partout ailleurs.
En France, Belgique, tandis qu'on fusille la petite racaille, les chefs sont tous sans exception graciés en attendant leur libération par une amnistie un jour ou l'autre. Le capitalisme « démocratique » ménage son équipe fasciste tout comme hier l'équipe fasciste a ménagé et conservé à l'abri l'équipe démocratique, les Jouhaux, les Blum, les Daladier et autres Herriot.
Voilà la vérité qu'il faut inlassablement mettre en évidence devant les masses. Si les Etats capitalistes crient tant pour la punition des fascistes, ce n'est que pour assourdir avec de la démagogie et les mensonges, la colère des masses. Et quand même quelques têtes fascistes tombent, c'est une façon de jeter du lest pour calmer les ouvriers. En se contentant de constater les désirs du capitalisme au lieu de dénoncer les mensonges, en cherchant à mettre le capitalisme international au pied du mur, au lieu de dénoncer à l'avance les illusions que peuvent garder les ouvriers dans les sentiments antifascistes de la « démocratie », on ne fait que fortifier ces illusions et rendre un service notable au capitalisme.
Mais Vercesi ne s'arrête pas là. Le problème est bien plus ample et va plus loin que la volonté des capitalistes de punir les fascistes. Il s'agit en l'occurrence de l'attitude qu'on prend envers le problème de la dénonciation des fascistes, que le Comité antifasciste auquel participe Vercesi considère comme sa tâche.
Cette fois-ci, Vercesi n'a même pas cherché une nouvelle formule à substituer, il va carrément justifier cette activité. Voilà comment il l'explique : « Ecoutez (écoutez bien), si demain dans n’importe quelle circonstance que ce soit la police française, belge ou anglaise, ou de n’importe quel pays, se présente à un prolétaire et lui dit qu’elle veut mettre un fasciste en prison, ce prolétaire doit répondre que l’expression politique de ce geste ne parviendra pas à le tromper sur la réalité du geste même, mais ce prolétaire ne deviendra pas le défenseur du fasciste menacé par l'Etat capitaliste ».

Quel langage filandreux et répondant à côté de la question. C'est la méthode typique de l'opportunisme qui, en simplifiant, escamote le fond de la question. Pour Vercesi, il n'y a que deux alternatives : ou dénoncer (quelle dérision) les fascistes à la police, ou se faire les défenseurs des fascistes. Exactement comme le posent les staliniens, comme le posent tous les traîtres dans toutes les questions. C'est dans ces alternatives capitalistes qu'on enferme de force le prolétariat quand on ne lui laisse que le choix : ou faire le jeu de Franco ou se faire massacrer pour la défense de la République capitaliste espagnole. Pareillement dans la guerre, on l'enferme dans l'alternative : ou la défense de la patrie démocratique ou de faire le jeu du fascisme des pays de l'Axe. A ces alternatives capitalistes nous avons toujours opposé la seule et unique réponse : briser l'alternative pour lui opposer le prolétariat se rassemblant sur son terrain propre de classe, pour ses objectifs propres de classe.
Le prolétariat n'est pas - quoi qu'en dise Vercesi - devenu un protagoniste de l'antifascisme, ni n'a choisi de collaborer ou avec la police « démocratique » (encore un pas et nous voilà avec « la police avec nous » !) ou avec les fascistes. Convaincu (et c'est à nous de l'aider à acquérir cette conviction) que l'un soutient l'autre, que l'un est le fourrier de l'autre, le prolétariat doit engager sa lutte contre le régime capitaliste comme tel considéré comme une unité comme un tout solidaire contre lui.
Quel charmant tableau idyllique presque on nous brosse. Voyez-donc cela : la police se présentant au prolétaire et lui faisant part de son intention de mettre en prison le fasciste, tout juste si on ne dit pas que la police vient demander à l'ouvrier la permission de le faire. Sur quoi l'ouvrier répond à la police : « Petit polisson tu ne me tromperas pas, je t’ai à l’œil », et il le laissera arrêter ce fasciste.
Quelle triste idée vraiment Vercesi nous donne sur son évolution !

Quand la police se présente à un prolétaire, camarade Vercesi, ce n'est pas pour lui faire des confidences ni pour lui faire part de ses intentions antifascistes mais pour frapper l'ouvrier. L'Etat ne demande pas de permission aux ouvriers pour arrêter les fascistes. Vous escamotez, vous défigurez le fond du problème camarade Vercesi. Ce que l'Etat demande présentement aux ouvriers, c'est de se faire les auxiliaires de la police, non pas pour arrêter les fascistes, mais pour intégrer les ouvriers, pour les incorporer dans les filets de l'Etat capitaliste, dans son appareil policier, pour les faire quitter leur terrain de classe et leur lutte de classe. Et c'est à cette question qu'il faut répondre sans équivoque, camarade Vercesi: oui ou non le rôle d'auxiliaire de la police qu'on veut faire jouer aux ouvriers est-il un crime et la plus abjecte trahison envers la cause du prolétariat ? Vercesi après avoir escamoté le fond de la question, en guise de réponse conclut : « Il n’y a aucune compromission d’ordre principiel sur la question de la dénonciation des fascistes eux-mêmes ».
Bien, bien. Après cette réponse, conclusion de Vercesi : il ne nous reste qu'à tirer les rideaux et laisser aux ouvriers le soin de donner leur avis.

----------------------------------------------




[1] Marc Chirik (1907-1990) article extrait de la deuxième polémique contre le leader de la fraction du parti communiste italien réfugié en Belgique pendant la guerre Ottorino Perrone dit Vercesi – Le cas Ver – publié dans le n°4 de la revue Internationalisme en juin 1945 ; repris du tome 1 – Marc Laverne et la Gauche Communiste de France – ma première compilation de l’œuvre de Marc. Il faudrait ainsi extraire sur diverses questions politiques importantes de courts articles pour mieux faire connaître son apport qui reste, sinon, dilué dans de longs rapports ou textes au kilomètre peut accessible au lecteur lambda.

mardi 22 juillet 2014

UN GROUPE DE GARAPINS sponsorisé par l'obséquieux monsieur Radioman



N’en doutez pas si le parti bolchevique renaît de ses cendres à la faveur de la prochaine guerre mondiale et que je suis nommé commissaire du prolétariat à l’information, je ferai nommer Paulo à la place de David Pujadas. Méfiez-vous cependant, si l’information se met à servir les trusts capitalistes à l’étranger, je la supprimerai.

Radioman Paulo a un incontestable brio dans sa façon de poser les questions aux « minorités » auxquelles il donne enfin la parole, une façon sur sa radio perso VOSSTANIE, de les flatter en n’ayant pas l’air de se foutre de leur gueule (et il est pervers), chose que n’oserait pas le nain de France 2. Il sait flatter, relancer en tortillant du cul avant de se prendre pour un grand DJ en interrompant la conversation pour glisser l’intermède musical qui sied si bien aux « grandes » (radios). L’animateur radioman bénévole, si imprégné de ses maîtres penseurs Barrot/Clouscard/Michéa, ne déroge pas à sa formation anarcho-autodidacte en bafouillant auprès de ses « interlocutants » (pour ne pas dire interlocutés) qu’il faut recréer du « lien social ». Et ils sont séduits les caves qui s’imaginent sur un grand plateau radio avec des milliers d’écoutants. Ils en redemandent. Après le quarteron maritime régionaliste « la mouette enragée », un bouffon de l’OCL en mission chez Peugeot, papy Charles Reeve le conseillant insoumis portugais, voici voilà : le Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne, acronyme (comme a dit le cultivé Paulo) GARAP pour les quelques intimes. N’ayez crainte brave gens, il ne s’agit ni des GARI ni d’un méchant groupe armé clandestin mais d’un GARAGE à quelques intellectuels déclassés[1], certes des garapins plus intelligents que la moyenne des troupes de base du gauchisme, mais guère éclairés en histoire du communisme et assez penauds dans la pratique politique. Mais ne soyons pas trop méchants, les jeunes conscients en politique maximaliste sont une rareté à notre époque. Nos garagistes sont en effet plein de bonne volonté, aptes à la modestie, capables de pertinentes réflexions quoique ponctuelles sans cadre théorique autre qu’un soi-disant matérialisme dialectique plus anarchisant que marxisant, plus activiste que capable d’innovation théorique plus à l’affût d’une modernité qui sent le rance. Mais laissons travailler notre dynamique radioman à la voix chaude et rassurante, jamais agressif quoique souvent mielleux. Et remerciez-moi je me suis fadé les quatre heures que dure l’interview, comme 89 personnes avant moi sur You Tube.
« Nous voulons savoir qui vous êtes, comment vous vous définissez » (il dit nous pour son « groupe » constitué de lui et de sa compagne Carlita). L’entame journalistique est parfaite, moi spectateur auditif c’est ce que je veux savoir merci Paulo:
-          … On n’est pas comme à la CNT où il y a des chefs informels (très juste). On n’a rien à voir avec Lénine ni avec Mao. On se réfère aux luttes de l’autonomie italienne des années 1970. On s’inspire aussi des situs.
On apprend que le groupe réalise une « enquête ouvrière », pourquoi pas vu la perte de référence et d’identité ouvrière par les temps qui courent. On aurait pu nous rappeler que c’était une tradition au XIXe siècle de Villermé à Marx, et nous la décrire cette enquête moderne, et rigoureusement ; ce qui ne fût pas le cas. Au lieu de laisser développer les idées générales du groupe, Carlita, la groupie du pianiste (un couple politique c’est toujours le préliminaire à une secte) bondit comme à chaque fois comme elle le fît avec les poissonniers libertaires de Boulogne sur mer et le bouffon de Peugeot (elle « a du mal à rencontrer les gens sur son lieu de travail ») et de quémander une solution à SON problème local et de boite :

-          Je voudrais savoir comment vous vous organisez, comment vous le mettez en pratique ? Comment vous « sensibilisez » les gens là où ils sont ?
Elle cherche des trucs dans son cas, car les trucs des interviewés précédents étaient pas terribles. Sensibiliser les gens, quel euphémisme, synonyme de conscientiser… hé hé assez léniniste ne croyez-vous pas ?
La démonstration de l’invisible du Garap n’est pas très étoffée mais on comprend qu’il y a eu création d’un comité de lutte. Paulo exulte que l’enquête a réussi à « retisser du lien social », quésaco ? Radioman explicite face à la timidité des djeunes garapins mieux que ceux-ci n’espéraient le faire en présence de tant d’auditeurs : « vous avez réussi à faire que les individus soient moins des atomes, c’est très pratique, enfin le lien pratique-théorie…
-          Oui oui si c’est pas mis en pratique, çà vaut rien. 

On se sent presque soulagé pour nos garapins hésitants et toujours impressionnés par tant de faveur radiophonique (enfin la reconnaissance universelle… l’accès aux grands médias !). Mais, cruel Paulo le voila-ti pas qu’il tourne la faucille dans la plaie, qu’il en remet une couche face à l’autre qui se sentait déjà soulagé qu’on ait répondu à sa place :
-          On ne sait toujours pas qui s’associe et surtout pour quoi faire ?
Bravo Paulo, continue comme çà et je te fais nommer aussi à la place de Michel Drucker les dimanches après-midi prolétariens. Tragique destinée de toute composante organisationnelle, personne ne vient pur à la politique à vocation  révolutionnaire, qui de LO qui de sa simple maman qui du grouillement anar, mais aucune liaison sérieuse avec la véritable expérience maximaliste du passé (ni physique ni de principe), hormis les allusions aux intellos de S ou B ou aux littérateurs situationnistes. Le pauvre garapin parvient au bout d’un petit silence à balbutier :
-          On veut le communisme.

Le silence se fait pesant. Notre ami radioman conscient de la gêne de la dizaine d’auditeurs 145 rue Amelot jusqu'au  33 rue des Vignoles, désespéré de réussir à leur tirer les vers du nez laisse tout de même venir sans dévoiler son autoritarisme naturel. Le garapin se réveille enfin. Il assure qu’on a rien à voir avec « l’ultra-gauche du Capital » (ce qui nous rassure grandement) et qu’ils ne comptent pas se faire avoir par internet mais le détourner « pour établir des contacts avec les gens » notamment la revue Ni patrie ni frontières[2]
Notre brillant homme de radio – qui s’est mis visiblement dans la peau de lèche-botte Drucker – coupe court à la torture :
-          Visiblement votre bulletin est très riche, cela donne une très bonne idée de ce que vous êtes.

Un autre garapin entre en scène :
-          Au niveau des communiqués c’est assez subjectif ( !?) on se prononce contre le travail et on fait des mises en perspective théoriques.
Plus Drucker que jamais, et fayot dans la complaisance, notre radioman l’interrompt :
-          … Y a de la réflexion. Y a une réflexion entre théorie et pratique, une élaboration très précise de ce qui pourra être fait dans la société communiste.[3]  Le matériel que vous donnez (sur la religion, les questions identitaires, les élections, etc. est pratique-pratique[4]

 Carlita en profite pour faire un retour en force en reprenant des concepts clouscardiens enseignés par son mentor radioman:
-          C’est important de transmettre la conscience prolétarienne on a besoin de recréer un lien social face à la misère mais on est aussi des artistes qui vont permettre aux gens de réfléchir.
Puis elle se penche sur le cas des managers, des humains malgré tout, mais « l’intelligence est dans le camp des prolétaires » (on en est ravi). Et elle ajoute que « on a des collègues attentifs ». Attentifs ou qui s’en tapent ? Et c’est quoi cette notion de « collègues » ?
NEANMOINS, autant tout ce qui ressort de l’intervention du Garap – luttes dans les boites, actions de quartier – apparaît très flou quoique marqué au coin de la modestie, et une impuissance à se situer historiquement (j’y reviendrai en abandonnant le ton sarcastique) – autant il apparaît qu’ils sont capables d’un vrai raisonnement politique révolutionnaire, totalement déconnecté de leur prétention à jouer au parti de la conscience (et quand sur le terrain il ne font rien de plus finalement que de tenter de rivaliser avec les activistes gauchistes là où la classe ouvrière ne peut plus rien exprimer de façon « indépendante » vu la prédominance de la pollution syndicale.

En faisant fonctionner leur cerveau, et en laissant de côté la clownerie situationniste (qui fait chic et radical mais est creuse), nos garapins font montre d’une belle vivacité d’esprit et d’un discernement étonnant concernant l’idéologie antifasciste. Je résume le propos de l’un d’eux. On ne peut pas combattre avec les catégories de l’ennemi. On doit créer nos propres catégories face au fascisme et à l’antifascisme des médias. On n’est plus dans les années 1930. Le fascisme était une formule de défense du Capital, qui est derrière nous. Les formes réactionnaires ne sont plus les mêmes qu’il y a 70 ans. On ne peut pas se laisser exposer à la manipulation et à la diversion. Concernant l’islamisme : refus de la conciliation gauchiste comme religion des pauvres, on ne peut pas défendre l’islam parce qu’il y a aussi une extrême-droite islamique. Des identitaires aux Frères musulmans ils se retrouvent sur les mêmes concepts de société : défense du Capital et patriarcat.. On enferme l’ouvrier arabe dans la catégorie musulman, or il reste avant tout prolétaire. Il n’y a pas de communauté musulmane. Pourquoi ne pas combattre tous les communautarismes en même temps ? Nous voulons abolir dans la société la séparation minorité/majorité. La condition religieuse est une oppression.

Sur le débile mental Soral, les représentants du Garap sont aussi très clairs. Ce n’est qu’un sous-fascisme qui s’épanouit dans les paillettes. Le représentant d’une bande de bouffons qui se servent de la déshumanisation des rapports sociaux pour trouver un public confusionniste et qui veulent sauver le capitalisme. Pareil pour la diversion antifasciste en Grèce alors que ce sont des gouvernements de gauche qui ont attaqué la classe ouvrière. La fonction, la déviation de la gauche au pouvoir est d’attiser l’extrême droite pour mieux voiler ses responsabilités.
Rien à dire, l’analyse est impeccable. Puis on en revient aux rapports avec les « collègues », question qui taraude radioman et sa Carlita car cela touche à LEUR vie quotidienne (dans les bureaux). Le « collègue » garapin nous informe que les syndicalistes continuent (comme de mon temps) à « intimider », alors que chacun d’eux est une courroie de transmission de tel ou tel groupe gauchisto-trotskien.
Merde ! Radioman est choqué ! Pourtant il est pas facile de le surprendre concernant la « gauche du Capital » en entreprise. Il demande des précisions : quel objectif ?
Le garapin bafouille un peu : « … des groupes d’entreprises « autonomes » qui se coordonnent au niveau international… ».

Radioman est choqué une deuxième fois mais, honnêtement rebondit : « …allez je fais l’avocat du diable… vous vous enfermez dans l’usine ? Lieu de production lieu fermé et où le travail dit productif est externalisé ?
Le garapin botte en touche mais ne s’avère pas très mature : « on n’est pas ouvriériste… il y a une déshumanisation des rapports sociaux… une autocensure au travail ». On est dans un fouillis inextricable d’intervention sur le quartier, dans des boites vagues, toutes les explications garapines laissent sourdre qu’il s’agit d’un tout petit cercle qui voudrait être une vache mais n’est qu’un œuf sans grand avenir pour son plumage théorique.
Un aparté final évoque un banquier nommé Galar qui aurait financé le dernier livre de Bitot, radioman ricane d’un air entendu qu’il ne va pas nommer les éditions concernées. Or dans leur comportement de fils prodigues nos garapins, perdus dans Paris et empruntés, qui avaient été demander aux « collègues » des Cahiers Spartacus le leur trouver une salle pour accueillir le doux plumitif conseilliste Loren Goldner – dans l’espoir de cueillir un peu d’étoiles de sa notoriété en milieu nanar – se sont soudain rebellés contre les aimables spartacistes éclectiques, leur tournant subitement le dos comme le gosse qui veut pas obéir aux adultes, et, mielleux comme d’hab, radioman Paulo prolonge le racontar sur Galar le banquier capitaliste qui a financé Bitot[5]. C’est bien de critiquer la hiérarchie léniniste, les chefs informels des CNT et FA, mais Paulo et les garapins ne sont-ils pas tous à leur manière des chefs déguisés en gentils démocrates basistes ?
La conclusion de près de quatre heures d’interview laborieuse – je n’ai pas dit prolétaire – de type intellectualiste par radioman est affligeante, de personne à personne : « …ce que tu proposes c’est répondre à l’imagerie prolétarienne, essayer de structurer une nouvelle façon de vivre ».
Ebaubi de tant de flatterie nos garapins croulent sous la reconnaissance baveuse et sortent un dernier commérage convivial tant il est vrai que dans ces milieux anarchoïdes on se console par des courbettes mutuelles à défaut de principes politiques : « vous êtes le groupe dont on se sent le plus proche ». Rideau sur le militantisme de consolation narcissique.

COMMENTAIRES NON SARCASTIQUES

Evidemment tout groupe nouveau, à chaque génération, s’imagine qu’il va vraiment AGIR contrairement aux prédécesseurs qui ont fait beaucoup de théories, beaucoup de projets sur la comète et qui ont tous faillis, et avertisseurs de révolution laquelle n’a point eu lieu. On ne peut pas reprocher aux militants du Garap de vouloir recommencer ce que nous sommes quatre à cinq générations à avoir déjà tenté, en se disant que nous serions sur le bon coup, que l’histoire ne nous mordait plus la nuque mais que nous la chevaucherions mieux que Lénine, Jaurès, Rosa et tous les autres. Invoquer "l'autonomie italienne" des années 1970, c'est comme en référer aux cowboys et aux indiens; la classe ouvrière transalpine était encore trop paysanne et séduite par les frasques anarchistes et maoïstes, sans colonne vertébrale politique; la référence est tout juste bonne pour les braves petits profs de Temps critiques et autres ergoteurs onanistes d'un passé mythifié à outrance et vide d'exemplarité politique et sociale, pour nous resservir les vieilles fadaises sur la révolution universelle du genre humain.
Le problème avec la naïveté et la générosité évidente des garapins et même du couple Vosstanie c’est qu’ils sont ringards, dépassés. Ils en sont encore à essayer de se prouver quelque chose « en entreprise ». Cela me rappelle notre génération soixantehuitarde où à chaque fois qu’on entrait dans un groupe gauchiste ou maximaliste on n’était reconnu ou validé que suivant l’impact qu’on avait dans « son entreprise », cf. la gloriole de tout militant qui venait rendre compte de la grève à laquelle il avait participé ou eu un impact non négligeable. Du pipeau pour syndicaliste gauchiste ! On leur laisse la gloriole des grèves syndicales où ils étouffent toute vie de classe ! On s’en fout des grèves ultra-corporatives et du Lénine qui psalmodiait que derrière chaque grève se cachait l’hydre de la révolution ; cela n’a jamais été vrai et c’est carrément désuet aujourd’hui. Le capital aime les grèves corporatives contrairement à Proudhon !
L’idée d’autonomie est une billevesée anarchiste où l’ouvrier artisan ou masse, protégé par l’autonomie locale, pourrait prétendre être demain le ministre en son village, voire un co-gestionnaire de coopérative péquenaude. Je préfère le terme indépendance ou délimitation de classe, mais là encore rien n’est figé, certains petits bourgeois agissant sont moins cons que certains ouvriers bornés.
Nos ultra-ultra-gauches juvéniles bien mal inspirés de se rattacher à l’anarchisme mondain situ, prônent un activisme impuissant à la queue du gauchisme. Ce militantisme de porte à porte néo-léniniste est mort et enterré. Les tracts, les affichettes, les auto-collants c’est totalement ringards à l’époque des réseaux sociaux (cf. Les cocus de la révolution arabe de M.Guidère). Mais la plus grande faiblesse des garapins et du galopin Paulo c’est qu’ils ont voulu jouer aux gamins ingrats.
Sans pères bande de farceurs vous êtes sans repères.
Votre discours est pépère dans votre repaire imaginaire.
Vous n’avez aucune filiation réelle avec le mouvement ouvrier maximaliste vous êtes bêtes au point de ne pas faire la différence entre Lénine et Mao. Les garapins avec les situs comme le pape de Gallimard, Sollers ! Ouaf ! Paulo et sa femme qui se targue « gauche communiste » avec comme base le texte sirupeux de Pannekoek et le révisionnisme moderniste de Barrot !
Vous n’avez, généreux indignés de la dernière heure, aucun cadre ni dynamique pour contrer tant d’ennemis du prolétariat ni réussir là où vos aînés ont échoué. C’est bien dommage et c’est aussi la faute à notre génération et à la classe ouvrière qui rate souvent la locomotive de l’histoire, à croire qu’elle est masochiste.






[1] On était encore en plein automne et depuis le Garap n’a pas cassé des briques ni mis le feu aux poubelles de votre HLM.
[2] Revue oecuméniste démocrate du célèbre jazztrotsko Y.Coleman, dont la vieille flûte parvient à complaire à nos jeunes rockers garapins en mal de reconnaissance d’aïeux sauf celle des tombeaux de situationnistes.
[3] Je n’ai pas trouvé leur bulletin, bien que j’imagine sans mal une soupe coopérativo-paysanne et sans centralisation ; leur site est à chier et d’une tristesse affichant quatre rubriques : Communiqués, lectures, matériel, glossaire.
[4] Là Paulo Drucker va trop loin. Les auto-collants proposés par les garapins sont tout juste bons pour les galopins des collèges et des lycées. Pour « sensibiliser » les prolétaires adultes il n’y a pas besoin d’images pour enfants, les attaques du Capital suffisent amplement.
[5] Je connais bien depuis au moins trois décennies Jean-Paul dit Galar, sémillant septuagénaire, distingué mais pas snob, qui a travaillé dans une banque pas comme capitaliste, compagnon de route du maximalisme (il est le seul cas à mon avis à avoir assisté sans défaillir et  sans perdre son sang-froid pendant au moins 4 décennies aux réunions de la secte CCI, leur portant la contradiction sans façon. Au demeurant, actuellement ile ne finance que ses propres enfants ; et les Cahiers Spartacus dont le livre de Claude Bitot s’autofinance naturellement par leurs ventes limitées mais nullement par une sponsorisation du grand capital. Paulo et les garapins, comme tous les insurrectionnalistes (vosstanipoilautchao)en herbe, aiment bien les racontars pour les répandre et se donner de l’importance.