"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 12 mai 2010

LE LIBERALISME ACTUEL EST PERVERS NARCISSIQUE


par Spinoziste (article repiqué sur LE POST)



Après la vague de suicides dans plusieurs entreprises comme à France télécom, en octobre Xavier Darcos lançait un "plan national d'urgence pour la prévention du stress professionnel".
Le résultat doit être connu aujourd'hui. Les "bons et les mauvais élèves" seront désignés sur le site
travailler-mieux.gouv.fr. Le plan concerne 1.500 entreprises françaises de plus de 1 000 salariés. Le résultat sera "sanctionné" par 3 niveaux : rouge pour les cancres, orange et vert pour les meilleurs élèves.
Voilà mon analyse.

Encore une fois, lorsqu'il s'agit de faire changer certains comportements du patronat et plus globalement du neo-libéralisme, l'Etat ne légifère pas et se contente de propositions, de remontrances ou de montrer du doigt dans ce cas là ... Par contre lorsqu'il s'agit de modifier certains comportements ouvriers comme avec le droit de grève par exemple, le gouvernement n'a pas hésité pas à légiférer. Il s'agit pourtant là d'un cas touchant à la vie des employés .. Un cas qui devraient être considéré comme grave, si l'être humain et plus précisément, le peuple, était placé au coeur du système comme la démocratie l'exige.

De la rémanente nature des divers patronats ...

Tous les patrons ne sont pas les mêmes. Certains sont de très bon patrons, humains et bienveillants envers leurs ouvriers. Je ne parle ici que de grandes dominances pour éclairer certains mécanismes et dans le but essentiel de leur apporter quelques éléments supplémentaires pour changer. Le libéralisme dans les 30 glorieuses, quand il y avait davantage de travail que d'ouvriers, et quand les syndicats étaient suffisamment puissants pour représenter un contre pouvoir efficace, était obligé d'être bienveillant. Simplement ce genre d'équilibre de forces, instinctivement, le patronat (et plus généralement, les libéraux décomplexés), n'a de cesse de travailler à le démolir. Une grande partie de son énergie, il la passe à manoeuvrer pour dévaluer l'influence des syndicats et des divers contre pouvoirs (journalistes, penseurs, justice etc.) et à construire des sociétés ou le nombre d'ouvriers est beaucoup plus important que le nombre d'emplois de manière à pouvoir exercer son chantage et imposer sa loi ... Quand le patronat et le libéralisme (ou le capitalisme) parviennent à reconstituer une position de toute puissance quand il parvient à marginaliser la critique comme il l'ont fait pendant des décennies, leur véritable nature apparaît. Et dans cette nature, s'il y a l'offensivité commerciale, l'esprit d'entreprise, etc., il y a également l'aptitude à la perversion narcissique. Si l'on observe globalement les conduites du libéralisme depuis les années 80, date à laquelle, la chute du communisme et de son potentiel critique, l'a conduit à la toute puissance, toutes les conduites de la perversion narcissique se retrouvent dans les conduite du marché vis à vis du peuple ouvrier que l'on peut considérer comme sa victime. Le pervers narcissique soumet sa victime à un stress permanent pour l'empêcher de réfléchir sur ce qui lui arrive. Il ne cesse de la culpabiliser (tu travailles pas assez, tu es fainéante, tu en fais pas assez pour me faire plaisir ... prend exemple sur moi, tu as vu comment je travaille, etc. etc ... ) le but étant d'en faire une esclave domestique, docile et incapable de réfléchir à ce qui lui arrive. (c'est en sortant de l'emprise du pervers, que la victime mesure alors la dégradation de sa condition de vie sur des années). Le pervers conduit sa victime à oublier son image pour qu'elle ne vénère que son maître. Il subtilise l'image qu'elle devrait avoir d'elle-même, à son profit ... Regarde moi comment je suis beau .. comment tout ce que je fais, tout ce que je dis est beau, tous mes objets sont beaux et éclatants, pas comme les tiens et c'est normal je suis le maître ... tu as de la chance de m'avoir hein ... etc... C'est exactement ce qu'a fait le marché envers le peuple. Le grand miroir de la société qu'est la télé est entièrement thésaurisé par l'élite du marché qui montre sa superbe et sa dominance. Depuis 3 décennies, seule l'élite du marché apparaît à la télé, le miroir n'a quasiment jamais été tendu aux ouvriers et aux employés qui, comme les victimes des pervers, se tapent tout le boulot de la maison ... et quand il lui est tendu c'est pour en dégrader l'image ... Et enfin, le pervers narcissique ne bouge pas le petit doigt à tous les avertissements d'épuisement de sa victime ... Sa victime ne comprend pas ce qui lui arrive mais elle n'en peut plus .. elle est épuisée, a une image désastreuse d'elle-même, se demande si elle existe et pourquoi elle existe si qu'on ne reconnaît jamais ce qu'elle fait ou qu'on le dégrade (juste on sait la flatter quand on veut abuser d'elle) ...Alors elle met fin à ses jours comme c'est le cas du monde ouvrier soumis au pervers narcissique qu'est le marché ... et comme c'est un pervers narcissique, il est dans le déni .. c'est pas sa faute ... elle avait qu'a pas être si fragile .... Et si la société ne reconnaît pas la responsabilité du pervers narcissique dans le suicide de sa victime comme c'est bien souvent le cas actuellement (c'est pourquoi on dit qu'ils sont des assassins sans indices), et bien tout simplement, ils recommence ... Autrement dit, si on se contente d'une petite critique vite oubliée, au lieu de maintenir le nez du marché dans ses agissements jusqu'à ce qu'il reconnaisse enfin que son attitude est responsable de la vague de suicide, il se débinera de ses responsabilités et recommencera régulièrement avec d'autre victimes ...

Le libéralisme lorsque son narcissisme est exacerbé ne voit pas l'ouvrier, il le considère comme un outil. Il applique à l'homme le même souci d'efficacité qu'il applique à une machine. Quand rien ne réveille sa conscience, il transforme peu à peu ses employés en robots qu'il change quand ils cassent .. Ce n'est pas la faute ni du libéralisme, ni du patronat, ni des gouvernement libéraux decomplexés ... leur état d'esprit est comme ça quand ils sont dans la toute puissance et c'est à nous, les contre pouvoirs de l'éveiller à sa conduite, pour qu'il l'a modifie...

PS (de JLR): excellente allégorie sauf que je jeune Spinoziste confond peuple et prolétariat, croit aux valeurs capitalistes telles que justice, syndicat et liberté, et imagine des "contre pouvoirs" qui n'existent pas encore.

P.N. En psychologie, ce que l'on appelle un « pervers narcissique » et que je préfèrerais nommer «manipulateur caractériel », est une personne qui a généralement un ego surdimensionné, qui a besoin de chercher à utiliser un autre pour se donner de l’importance – pour s’assurer de sa supériorité - en pompant sa substance au point de tenir sa « victime » sous son emprise jusqu’à l’étouffer. La victime du P.N. souffre sans trop comprendre que son tortionnaire a attisé une chimie négative en lui et sans jamais parvenir vraiment à éteindre la brûlure interne qui le dévore. Il ne peut pas trouver d’alternative pour sortir de cette panique émotionnelle dévastatrice d’où il n’échappe pas à chaque réveil. Il se suicide en général d’une façon ou d’une autre. Chaque jour qui passe voit l’annonce dans la presse d’un suicide en prison et en entreprise (ou même d’un prof dans son lycée) sans qu’on assiste à un autre commentaire que la déploration d’un « système inique » lequel est pourtant très bien représenté par un maton, un contremaître ou un chef de service P.N. (mais de cela la presse ne parlera point pour ne pas désorganiser le service de l’entreprise). On peut en conclure néanmoins que les PN sont très recherchés par les « chasseurs de tête » d’entreprise : lâches et soumis aux objectifs des « supérieurs », on remarque tout de suite leurs capacités perverses de « manipulateurs » d’hommes, qui savent très bien se faire passer pour de blanches colombes une fois leur crime commis (quotidiennement). En littérature, Kafka, fils d'un P.N., a merveilleusement décrit l'univers de la victime dans "le procès", au cinéma le film de Theo Van Gogh "Interview" montre bien le rapport du PN et son complice (cf. le livre de Alberto Eiguer). Les P.N. sont parmi nous. Dans votre vie quotidienne vous en subissez sûrement, sans oublier l'hôte de l'Elysée et le viré Gordon Brown, ou dans le milieu glauque des variétés Lalanne, la plupart des rocks stars et le pigiste Géant vert, etc.


2 commentaires:

  1. Tiens, tiens, je ne savais pas que les notions de justice et de liberté étaient des "valeurs capitalistes"...

    C'est nouveau, ça va de sortir, comme dirait l'autre, je suppose.

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  2. Même sujet, autre approche:
    "Du capitalisme narcissique au libéralisme pervers"
    http://rvvaza.blogspot.fr/2014/01/du-capitalisme-narcissique-au.html

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