"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 2 mai 2023

LA GAUCHE RIDICULE

 


« Ce n'est pas par des manifestations qu'on fera reculer le pouvoir ». Berger de la CFDT

« Berger n'est pas dans la logique des casseroles ». Dussopt, ministre du travail

« J'appelle tous les téléspectateurs et téléspectatrices à venir nombreux et nombreuses le 1er-Mai. C'est important pour se faire entendre et pour obtenir gain de cause sur la réforme des retraites ».

Sophie Binet (représentante des téléspectatrices syndiquées à la CGT et victimes de violences sexuelles)

Une journée intense mais pas historique

La treizième journée d'action à répétition, séquencée 15 jours après la précédente, sous couvert d'un premier mai ringard, à défaut d’avoir servi à quelque chose elle aussi, était déjà qualifiée d'historique – terme emphatique déjà utilisé par le populiste Mélenchon le 7 mars, qui devait bloquer la France et son économie ! Un 1er mai « historique » et « festif » avait assuré la cadre bourgeoise CGT féministricule Binet. Avec un chiffre avoisinant les 1,5 millions de manifestants ; pas de pot, et ce ne fut pas faute à la pluie, mais plus probablement aux alentours de 700.000 (en comparaison le tableau ci-contre permet d'apprécier la dégringolade des randonnées syndicales planifiées en saut de cabri, et leur fonction


d'éteignoir). Une protestation syndicalement ridiculisée ; le principal Berger n'a-t-il pas conclu que « tout s'est bien passé », « sans violence » par les manifestants « normaux » qui n 'ont rien en commun avec les « débiles » qui cassent ; il a d'ailleurs été soutenu par un CCI pacifiste et méprisant concernant ces lamentables « émeutes de rues »1.

Tant pis si je suis le seul à le remarquer, ou si vous estimez que j'exagère. La disparition de l'univers médiatique du petit Martinez le moustachu (comprenez le phallocrate) avec son remplacement controversé par une cadre bourgeoise, a été une première décapitation de l'unité fallacieuse intersyndicale2. Que venait apporter de plus à ce cinéma d'unité fictive des mafias syndicales une quadra aux idées sociétales réactionnaires et représentantes des couches moyennes mais pas du tout des ouvriers ?

Et radicaliser quoi ? Une variété de Martinez sans moustache avec feutre sur la tête et sigle CGT à la boutonnière, avec la garantie d'une contestation permanente pour faire exister une représentativité syndicale en second rôle ? Quand le bazar number one, la mafia CFDT, s'apprête à se délester de son Berger faux-cul, exagérément présenté comme principal opposant au méchant Macron, par une autre quadra cadre. Une gestion des divers organismes ou institutions capitalistes chapeautée de plus en plus par des femmes, c'est révolutionnaire et çà va humaniser le capitalisme ou la connerie ?

C'est la première fois surtout que, dans l'histoire des trahisons déguisées ou floutées des appareils d'Etat syndicaux, on se débarrasse en cours de manifestations dûment programmées, de deux des principaux bergers d'une protestation sociale moutonnière. Pourquoi ? Mais pour leur éviter de trahir ouvertement et de se prendre des gifles dans la gueule comme naguère Bernard Thibault et Nicole Notat, signataires d'accords félons avec le gouvernement bourgeois (Notat avait dû être protégée par des gardes du corps, Thibault s'était enfui en courant pour échapper aux manifestants qui voulaient lui casser sa binette, j'en avais été témoin au cours de la manif où je n'étais qu'un vendeur du journal RI)

La gauche syndicale ridicule3, avec cette élimination sans gloire de ses deux principaux porteurs du fanion contestataire impuissant et décoratif au milieu du cinéma parlementaire, peut en même temps se permettre de surfer sur la déliquescence d'une protestation qu'elle a étirée, distendue et baladée sans honte vers rien de rien. Avec pour jeu de dés une contestation outrancière et démocratoque d'un 49.3 bien plus utilisé sous les gouvernements Mitterrand que Macron n'aura le loisir de s'en servir, comme me le fît remarquer une manifestante sexagénaire, narquoise face à une propagande syndicale menteuse et...ridicule.

La principale proue de la menée en bateau syndical, Berger a quand même inventé une parade cynique au bilan occulté par tous et pour tous – l'inutilité de 13 randos prétendant faire rendre gorge à Macron - « Ce n'est pas par des manifestations qu'on fera reculer le pouvoir ». Mais c'est bien consciemment qu'il a fait croire depuis le début avec ses complices des appareils subventionnés non par la classe ouvrière mais par l'Etat, que manifester à saute-moutons tous les quinze jours mènerait à la « victoire » ; quand « on ne lâchera rien » est devenu « ça ne fait rien » variante de « ça valait pas la peine » mais au moins on s'est foutu de votre gueule avec cette réédition de la fable du « tous enemble », avec nos amis marginaux et suivistes du CCI 4! C'est le même berger qui avait mis en garde le gouvernement en janvier : « si nous n'encadrons pas la colère, elle se développera toute seule jusqu'à devenir incontrôlable ».

LE JUSQU'AUBOUTISME FILS DES RANDOS SYNDICALES

« La tête plus dense, les premiers frimas d’insurrectionnalisme se font jour ; les premières vitrines se brisent ; les premiers feux de la journée s’allument. La cégéte n’est pas loin ; la tête toujours très hétérogène. La troupe arrive, pour ne plus jamais partir. Une première charge, une deuxième, la tête reflue et s’arc-boute contre le service d’ordre de la manifestation. Se fait entendre ce qui, à intervalle régulier, heurtera — et hantera — nos tympans avec insistance : « Contournez-nous ! Contournez le cordon syndical ! Contournez le service d’ordre ! » Nous nous exécutons, non sans peine, pris entre un cordon de flics et un de syndicalistes — ou l’inverse. Bien qu’évènement fréquent, bien que directive usuelle, ce qui ressort de ces paroles, ce qui traduit ces paroles en actes, en pratique militante, est ce qui est questionné ici ».

Lors de chaque randonnée syndicale, comme dans le lointain naguère, il y a toujours eu des anars ; les black blocs ne sont qu'une progéniture modernisée de cette tradition queuiste anarchiste, en vérité, même s'ils ne s'en rendent pas compte mais en tant que piliers (cf. vu par Marx)contestataires du système capitaliste ; contestataire signifiant infantilisme ou gâtisme. Hier les partis et syndicats staliniens hurlaient contre ces « alliés du capital », comme le CCI aujourd'hui (voir note 1). L'extrait ci-dessus d'un flux nanar sur le web est assez représentatif de la pauvreté politique et théorique des intellectuels confus de ces milieux marginaux qui ne sont, malgré des sorties redondantes pas des ennemis des institutions syndicalistes : « Répétons, nous ne le ferons jamais assez, que les syndicats, les syndicats de luttes étaient, sont et seront des alliés des luttes révolutionnaires, anticapitalistes et antifascistes. Toute posture pratiquement agressive face aux syndicats ne pourrait être qu’un égarement politique grave, faisant fi de l’histoire centrale du syndicalisme de lutte en France depuis près de deux siècles ».

La réciproque est aussi vraie, malgré de nouveaux services d'ordre, chétifs et dérisoires, les syndicalistes aiment ces anars new wave qui, sur trois plans leur sont indispensables En premier lieu, leur violence contre les symboles capitalistes (les banques) rend moins ennuyeuses leurs randos traîne-savates. En deuxième lieu ils peuvent leur faire porter sur le dos cette violence très publicitaire et enfin s'affirmer pacifistes en ne les nommant plus aventuristes (mot des Marchais et Séguy) mais « débiles » (cf. Berger). Le cortège syndical doit être considéré comme « une base arrière de soutien ».

Les libertaires black blocs ne considèrent pas les mafias syndicales comme des ennemis : «  la diversité des tactiques doit permettre la coexistence de tactiques de rue radicalement différentes, violentes et non violentes, en séparant les lieux selon le degré de confrontation voulu, tout en restant solidaires malgré ces divergences tactiques ».

Comme je l'ai constaté au cours des manifs successives ces « anti-capitalistes » ne sont ni méchants ni aussi nombreux que le prétendent les médias bourgeois. En outre ils sont bien considérés par les manifestants voire applaudis ; dans les années 1970 les militants staliniens les remettaient à la police.

Ces nouveaux amis des syndicats « de luttes » se fichent de la notion de classes sociales et récusent celle de lumpenprolétariat avec un langage ampoulé : « Vivent les saucissons ! » Le lumpen planerait sur le cortège syndical, ce lumpen c’est le cortège de tête. Est-ce cela que vous pensez ? Dans tous les cas c’est bien de ces exhalaisons que vous fleurez. En place d’abandonner les apories du « Vieux maure », vous les propagez, calquant le mouvement incessant de la valeur — vide et putréfiant ». « Nous prônons une défense collective à la fois indépendante, autonome, et articulée avec les forces syndicales ; passant par la remobilisation des tactiques syndicales de lutte « fonctionnelles » en manifestation, comme la mise en place de chaînes humaines denses lors des assauts et charges des forces de l’ordre. Chaînes combatives tout autant que défensives »5.

Quand tous les partis et syndicats ne nous parlent plus que du vague peuple, des « couches moyennes », des « citoyens » voire des téléspectateurs comme la Binet, nos anars « cultivés » au biberon comunisant d'esthètes marginaux décrètent la disparition du prolétariat : La fin du prolétariat comme début de la révolution » ! Mais alors la révolution a déjà eu lieu puisque toutes les fractions et factions bourgeoises ont décrétées sa disparition !

Ce jusqu'auboutisme anarchiste traditionnel basé sur des théories bizarres, abstraites et hors de la réalité des classes caractérisait la contestation anarchiste impuissante et « spectaculaire ». Or il est ce qui caractérise actuellement le sabotage dit extrémiste et dérangeant pour la paix sociale bourgeoise, la stratégie de guérilla présentée par la syndicratie comme l'ultime solution pour défaire Macron alors que les diverses actions, coupures ou blocages ne sont que chaos et dessaisissement complet d'une vraie lutte de classe et de son contrôle par les travailleurs eux-mêmes.

Jusqu'auboutisme accompagné de violences de rue, indirectement souhaitées par les mafias syndicales, a pour fonction d'empêcher de tirer le BILAN ce ce qui a été programmé et organisé par des forces qui nous sont obscures, pour les protéger d'une remise en cause implicite, explicite en tout cas pour les discussions dans la manif ce jour où, fait ignoré par les médias, la pré-manif a été considérablement plus nombreuse que le cortège arrière avec les ridicules ballons syndicaux et les gilets oranges ou verts des permanents et sous-fifres des généraux (générales?) syndicaux. Où la critique des stratégies syndicales et leurs bobards étaient conspués ou démontés. Bon signe pour l'avenir, la conviction exprimée par certains qu'ils ne se sont pas recrédibilisés à la suite de ces six mois de randos inutiles.

LE POURRISSEMENT FINAL PAR UNE VIOLENCE AMPLIFIEE


Le jusqu'auboutisme devenu harcèlement du président de la République pour finir par une persécution ridicule à coups de casseroles, se justifie en campagne électorale politique par une fixation antifa ridicule sur le RN et sa potiche, où de l'ère Mitterrand à celle de Macron tous les syndicats appèlent à voter pour la gauche bourgeoise contre un fascisme fictif. En période trade-unioniste le premier ennemi c'est le flic, plutôt CRS. Tous unis contre les polices anti-émeutes « qui tuent », on crie « toutlemondedétestela police » ou ACAB, et on est content. Tel cheffe syndicaliste se permettait sur un plateau TV de dénoncer la police qui charge les manifestants, ce qui fait encore radical jusqu'auboutiste ! Mais c'est faux. En plusieurs endroits nous avons vu qu'il faut de longs moments d'attente en laissant les vandales vandaliser avant que telle compagnie de CRS ne reçoive l'ordre de charger, et encore en ciblant les plus violents ou simplement les lanceurs de pierre ou objets divers. L'anti-police primaire avait fait florès parmi l'antique mouvement hétéroclite des gilets jaunes, or depuis les policiers ciblent lors de leurs charges tout en saucissonnant la manifestation. Je me suis trouvé à un moment collé contre un mur alors que ça pétait à un carrefour du boulevard Voltaire, quand une rangée de CRS est venu se coller contre nous, pas pour nous buter mais parce que leur mouvement était en repli pour se protéger des objets lancés. Je me suis donc trouvé au contact de ces jeunes gens casqués, tremblants, alors que moi j'avais envie de leur demander un casque car vu ce qui tombait je pouvais en prendre sur la tête. Plus loin ,j'ai félicité un groupe de manifestants qui criaient à leur passage : « les flics avec nous ». Ce sont aussi des êtres humains.

Réfugié dans un café, j'ai appris que c'est dès le départ ce coup-ci que des groupes vêtus de noir et encapuchonnés avaient commencé à casser et que, par suite, les policiers avaient chargé. Chacun sachant qu'il est toujours possible une provocation, policier déguisé en black bloc pour entraîner de naïfs étudiants..

Mais c 'est dans la soirée que l'attaque virulente des ailes bourgeoises de droite et d'extrême droite est venue prêter main-forte au gouvernement Macron.

La mère Le Pen, suite à l'exhibition d'un CRS brûlé par un cocktail Molotov, hurla contre des «tentatives d'assassinat», et la droite «un spectacle de décivilisation»

«Nous ne sommes plus face à des violences, mais face à des tentatives d'assassinat contre les forces de l'ordre. Quant aux incendiaires d'immeubles d'habitation, ils doivent être traduits devant la Cour d'assises», a affirmé la cheffe de file des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen sur Twitter.

«Transformer nos forces de l'ordre en torches humaines et abattre la République, voilà ce que voulaient les black blocs présents en nombre cet après-midi à Paris», a estimé de son côté Éric Ciotti, le président du parti Les Républicains également sur le réseau social. «Tous les groupuscules d'extrême gauche violents doivent être dissous. On ne négocie pas avec des meurtriers, jamais», a-t-il ajouté.

«Combien de temps, combien de victimes nous faudra-t-il encore compter pour mettre un terme à ce spectacle de décivilisation», s'est interrogé de son côté Bruno Retailleau, le chef des sénateurs LR.

Puis avec le passage en boucle des CRS malmenés, les médias nous inculquaient que force doit rester à la loi, et que le chaos sur les retraites doit cesser dès que surgit un képi. Le déroulé de la « civilisation en danger », alors la pluprt des manifestants, soutiens aux agresseurs des flics, étaient majoritairement des prolétaires non encartés, s'est mis à vomir sur les ondes de la dictature démocratoque :

Cette fois encore, les ultras encagoulés étaient en tête de cortège, cherchant à se constituer en black blocs pour harceler les forces de l’ordre. La police est intervenue sans relâche pour briser ces regroupements hostiles. Les effectifs motorisés de la Brav-M ont fondu sur leurs objectifs à chaque fois qu’elles le pouvaient, sous la surveillance des drones utilisés pour la première fois dans ce contexte.

Place de la Nation, peu avant 17 heures, les ultras ont quand même réussi à se rassembler en blocs compacts, opposant une farouche résistance aux forces de l’ordre. Une véritable bataille rangée aux allures de convergence des luttes, où se mêlaient anarchistes violents d'autres pays, «gilets jaunes» radicalisés et tous types de factieux, pétris de haine envers la police.

Des images qui ont fait le tour des chaînes d’information en continu. La virulence de certains assaillants semblait sans limite.


À Lyon, où plus de 17.000 personnes ont défilé, la préfecture de police se félicitait d’une double arrestation 
«grâce à l’utilisation d’un drone» qui aurait permis de repérer deux «éléments radicaux» qui «souhaitaient s’en prendre à la mairie du 7e arrondissement». Mais les exactions ont été importantes en ville, avec des commerces dégradés ou pillés, des voitures incendiées. La préfecture parlait d’environ 2000 individus hostiles, dont un millier de casseurs organisés en black blocs.

Cette treizième journée de mobilisation contre la réforme des retraites a été intense. Beauvau s’attendait en fin de journée à un lourd bilan en termes de blessés dans les rangs des forces de l’ordre. Les syndicats de policiers s’inquiètent du prochain mouvement prévu le 3 mai, jour où le Conseil constitutionnel se prononcera sur une nouvelle demande de référendum d’initiative partagée sur la réforme des retraites ».

Pas sûr que cette débauche d'images grossissantes et disproportionnées sur la réalité des bagarres de rues suffise à retourner l'oupinion, ni que la perspective d'une quatorzième rando en juin suffise à empêcher les prolétaires de partir en vacances, car il n'y a pas que la retraite dans la vie.


NOTES

1« Les actes de violences aveugles de quelques centaines de black-blocs tournant en boucle sur les chaînes d’infos en continu et relayés à l’international, n’ont en réalité absolument rien à voir avec la nature de ce mouvement. Ces actes stériles et inutiles servent justement de caution aux CRS, BRAV-M et autres porte-flingues de « l’ordre » des exploiteurs pour réprimer et faire régner la terreur. Tout cela dans le but de dissuader des travailleurs de rejoindre les manifestations et d’empêcher les rassemblements et les discussions ». En France comme ailleurs… Une même lutte! Un même combat de classe! | Courant Communiste International (internationalism.org) Fumisterie de vieux ultra-gauches pépères quand les blacks blocs ne sont ni mal vus par les syndicats ni répudiés par les manifestants ; j'y reviendrai.

2Enfin, ce premier mai on semble soudain se rappeler du petit moustachu pas forcément antipathique, BFM titrant : « Après la CGT la nouvelle vie de Martinez ». Un des mes lecteurs écrit : «  où en est le blocage du pays sponsorisé par le moustachu de la CGT ? Réponse pschitt ! Je propose de réanimer l’émission « perdu de vue » pour que l’on nous retrouve le moustachu pour qu’il nous donne son avis super avisé sur tout cela . Pour finir dans la jungle quand tu es nul tu ne survis pas mais là ce qu’il y a de bien c’est qu’ils survivent tous ces permanents pour qui le mot travail est devenu un gros mot ».

3Sur BFM, selon le député populiste provincial François Ruffin, féru de généralités sociétales et de justice sociale prometteuse, vite présenté comme successeur possible de Mélenchon alors que ses activités éclectiques sont celles d'un cavalier seul et omnipotent, le ridicule de la gauche serait la faute à Macron : «  la France connaît actuellement une "crise démocratique évidente" en raison du président de la République qui "nous met dans une situation ridicule". La gauche bourgeoise s'y est mise pourtant toute seule.

4Lequel, de sa petite voix, a concouru en faveur de cette mystification : « Nous sommes aujourd’hui dans la rue pour la 12e journée de manifestations contre la réforme des retraites. Chaque fois, nous sommes des millions à nous dresser contre cette attaque, à refuser la dégradation continue de nos conditions de vie et de travail, à nous serrer les coudes, à lutter ensemble.Travailleurs, chômeurs, étudiants et retraités, nous pouvons être fiers de ce combat collectif, de cette lutte pour la dignité, de cette solidarité qui nous cimente ». CCI 5 AVRIL

5https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/300621/au-sujet-de-la-mutation-du-service-d-ordre-de-la-cgt
https://paris-luttes.info/des-flics-devant-des-agresseurs-14663?lang=fr et Ernst Lohoff, La Fin du prolétariat comme début de la révolution - Éditions Crise & Critique (editions-crise-et-critique.fr)

Les modernistes ou comunisateurs sont devenus les maîtres à penser débiles des plus vertueux intellectuels anars , mi déclassés mi-clochards avec les ouvrages de base comique suivants : Le manifeste contre le travail,L’honneur perdu du travailLa fin du prolétariat comme début de la révolutionApophtegmes sur le marxismeLe fétiche de la lutte des classes


lundi 24 avril 2023

LA THEORIE DU CHAOS APPLIQUEE AUX RANDOS SYNDICALISTES

 

« Marx ne manquait pas de commenter, du mieux qu'il pouvait, les événements du moment et les positions des dirigeants du mouvement ouvrier français. Il était « gêné » par leur « phraséologie ultra-révolutionnaire », qu'il avait toujours considérée comme du « vent », et qu'ils « feraient mieux de laisser aux anarchistes, qui sont en fait des piliers de l'ordre existant et ne désorganisent rien ».Marcello Musto : Les dernières années de Karl Marx, p. 232, ed Puf 2023

.« Le peuple n’a pris part à la lutte que comme instrument des classes moyennes; c’est-à-dire que les prolétaires sont des gladiateurs qui tuent et se font tuer pour l’amusement et le profit des privilégiés, lesquels applaudissent des fenêtres bien entendu la bataille finie ». Blanqui (décembre 1859)

« Individuellement, les insectes sont bêtes. Collectivement, ils sont intelligents». Jean-Louis Deneubourg

Que se passe-t-il entre les longs intermèdes des randonnées syndicales, chaque quinzaine ? Rien de rien ! L'actualité suit son cours avec accidents, guerre en Ukraine, sports, dernière débilité de Sandrine Rousseau, un Macron qui se pavane dans quelque bled isolé où les gendarmes ont pour mission de se saisir des casseroles car l'humour présidentiel et ministériel est limité sur le sujet...au képi du gendarme. Les casseroles vont pourtant servir de concert désormais aux pitreries syndicales inoffensives. Donc comme me l'a suggéré un jeune ami algérien fin observateur : les manifs syndicales successives lui ont fait penser au centre aéré de son enfance où les longues marches à pied servaient à distraire les enfants.

On va analyser ici comment la théorie du chaos est applicable à la syndicratie. J'ai déjà fait référence à cette théorie lors de plusieurs articles précédents sans vraiment l'expliciter mais dans le même esprit général de l'auteur qui vient de ressortir son ouvrage plusieurs fois réédité : « Gouverner par le chaos »1. Le chaos dans le capitalisme actuel n'est ni le bordel ni la décomposition, théorie simpliste et hors-sol radotée depuis trente ans par la secte CCI, inculte et suiviste de la « colère syndicale ». Comme son origine mathématique, cette théorie définit que sous un apparent désordre l'ordre le plus strict et le plus envahissant règne en maître. Au cœur de cette théorie désormais hors des mathématiques mais sur le champ politique, l'homme est non seulement manipulé comme jamais, mais il ne pourra plus rester issu de la sélection naturelle ni biologique et est est destiné à devenir homme machine, comme l'avaient prévu les meilleurs auteurs de science-fiction mais ni Marx ni Lénine2. On peut certes estimer qu'il s'agit d'une déliquescence de la société bourgeoise mais c'est en tout cas une affirmation d'un pouvoir totalitaire du capitalisme via la floraison de ses réseaux informatiques issus de la cybernétique des fifties.

OU LE PRINCIPAL ACQUIS DE LA SERENADE SUR LES RETRAITES SERA LA THEORIE DE LA JEUNE FILLE

Pour le pouvoir la nécessité première est de désorganiser la principale classe exploitée, l'individualiser, la dépolitiser, lui faire perdre le sens du collectif, rompre solidarité et cohésion tout en lui faisant croire que, de son point de vue « ça va péter ». Ce que j'ai nommé féminisation de la société, Lucien Cerise le nomme lui féminitude et nous apprend que des marginaux ont été depuis longtemps lucides sur le féminisme stalinien : « Pour le collectif Tiqqun (ancêtre du comité invisible) la figure de la bimbo, la jeune fille sexy et désirable, est la nouvelle figure d'autorité du capitalisme3, incarnation par excellence de cette dépolitisation consumériste. Figure de l'individu désorganisé, du pur individu, pourrait-on dire, la jeune fille est l'entropie personnifiée, l'image même de la pulsion de mort (…) En réalité la jeune fille n'est que le citoyen modèle tel que la société marchande le redéfinit à partir de la Première Guerre mondiale, en réponse explicite à la menace révolutionnaire (…) Ses meilleurs soutiens, la société marchande ira désormais les chercher parmi les éléments marginalisés de la société traditionnelle – femmes et jeunes d'abord, homosexuels et immigrés ensuite »4. (…) La police politique vient ainsi se loger dans des endroits où on ne l'attendait pas, notamment dans la presse féminine de tous âges »5.

Les marginaux « invisibles » et l'universitaire Lucien Cerise ne mesurent pas l'ampleur d'une

la belle et la grosse

féminisation scandaleuse que passent sous silence les bourgeoises féministes : la promotion systématique de femmes journalistes belles et minces, celles de la météo (désormais visibles en pied et de profils avantageux) et les cheffes de plateaux-débats niveau bistrot ; sont bannies les pots à tabac et Garrido est traitée avec mépris, et fait figure de boudin pour décrédibiliser LFI. La CGT a relevé le défit de la féminitude chic et sexy avec Sophie Binet, effaçant l'horrible petit moustachu macho. La nouvelle « patronne » n'est pourtant pas plus virile (socialement) que Martinez, elle est mise à l'honneur par les médias pour les mêmes déclarations creuses, « clivantes » pourtant en vue de la toute prochaine division syndicale : «
 La secrétaire générale de la CGT a déclaré que son organisation ne reprenait pas à son compte l'expression de «délai de décence» employée par Laurent Berger, avant de rappeler sa détermination intacte à voir la réforme des retraites retirée. Sophie Binet s'est malgré tout exprimée sur les sujets qu'Emmanuel Macron veut soumettre aux syndicats, les qualifiant de «clivants». À l'instar de la proposition gouvernementale d'un RSA sous conditions qui lui apparaît comme une «stigmatisation des chômeurs et des précaires». La belle quadra fait en outre l'apologie d'une nouvelle forfaiture sémantique, de dispersion et atomisation de la lutte de classe : la grévilla »6

DES NAIVETES ORIGINELLES AU CONSTAT TERRIFIANT DU « GOUVERNEMENT INVISIBLE » DES DEMOCRATIES7 (et des syndicats)

En l'an 2000 on pouvait encore être très naïf sur le « progrès capitaliste : « Derrière une apparence de désordre croissant et d'hypercomplexité, la dynamique du réseau Internet recèle de troublantes similarités avec les théories du chaos issues de la physique et des mathématiques. L'utilisation de certains de ces concepts dans une approche de type métaphorique permettra de montrer que les éléments constitutifs de la masse bouillonnante du réseau sont intrinsèquement porteurs d'ordre. Les théories du chaos ont été appliquées avec profit à des domaines variés comme l'économie, les finances, la sociologie ou la neurobiologie. Les sciences de l'information et de la communication (SIC) s'affichent comme une interdiscipline plurielle dans ses approches et ses méthodes. Aujourd'hui, elles se trouvent confrontées à un champ d'étude de plus en plus complexe, notamment en raison des évolutions technologiques »8.

Or les « porteurs d'ordre » ne furent ni une autogestion généralisée comme l'espéraient ces auteurs ni


plus de liberté. La machinerie informatique, contrôlée toujours principalement par le capital américain a généré un phénomène de soumission et de ...décomposition, en vue de la surveillance informatique des populations : « Le concept d'inculcation de l'impuissance...aura du succès auprès de la CIA pour travailler sur les mécanismes de la résignation et comment la provoquer chez autrui – en complément des expériences sur cobayes humains de reprogrammation mentale, mieux connues sous le terme anglais de mind control (…) Durant la même période, la Stasi en Allemagne de l'Est pratiquait la « décomposition », ou Zersetzung qui consistait à plonger un individu dans une incertitude permanente sur tous les sujets, notamment sur les relations de confiance avec ses proches, afin de pousser au délire d'interprétation et de persécution, et si possible à la dépression et au suicide »9.

UN CHAOS dirigé (p. 26) VERS UNE DESTRUCTION TOTALE...

L e contrôle de la colère de la classe ouvrière n'aura pas été bien difficile pendant les trois derniers mois. Les manifestations de masse ont cette qualité première d'empêcher de réfléchir et d'attendre Godot : « Pour prendre le contrôle d'un groupe, il faut qu'il n'ait jamais le temps de réfléchir. Le nouveau Big Brother cherche comme l'ancien à homogénéiser nos comportements et à ramener leur diversité à l'unité (sic) ; mais le nouveau a compris que pour y parvenir ; il était plus efficace de compter sur le désordre et l'anarchie que sur un ordre social lucide dont la stabilité peut se retourner contre le Pouvoir lui-même ».

Les manifestations pacifiques et ficelées contre l'attaque de Macron sur les retraites sont dérisoires face au monde de demain que les exploiteurs nous préparent. Le sémillant patron des patrons, aux cheveux teints, Roux de Baisieux le bien nommé a appelé dimanche les européens à créer leur propre intelligence artificielle face aux amerloques ! Un objectif de soumission de l'espèce humaine et de destruction du prolétariat assez délirant, dont la conception remonte à la création d'Al-Quaïda supervisée par Zbigniew Brzezinski en Afghanistan dans les années 1980, le Tittytainnment, qui désigne en argot américain non pour leur pouvoir érotique mais pour leur lait, c'est à dire trouver un moyen de divertissement pour une population mondiale privée de travail à cause de l'intelligence artificielle : « Les partisans de la grande Réinitialisation en arrivent aux mêmes conclusions : avec l'intelligence artificielle, l'automatisation et la robotisation du travail, 80% de la population mondiale deviendra inutile ». Ce constat dramatique qui pourrait laisser entrevoir aux plus naïfs d'entre nous une mise en place de la société communiste débarrassée majoritairement du travail aliéné et même du travail tout court, ne sert que de justificatif génocidaire pour l'espèce humaine, comme l'envisage sérieusement le complexe militaro-industriel10, ou diminution planifiée de la population sous prétextes …écologiques. Donc une perspective qui mise pleinement sur l'utilité ignoble et horrifiante d'une véritable troisième « der des der » ! En attendant personne ne doute du fait que les moyens électroniques planétaires surveillent notre trou du cul, et savent exactement le jour où vous vous êtes masturbé, mais la lutte des classes n'en a rien à foutre !

L'auteur, qui nous a pourtant communiqué infos et réflexions très intéressantes, est un ignorant en politique, voire comme on me verra un âne néo-stalinien. Outre une limite d'analyse qui fleure le complotisme – théorie qui au fond suppose toute révolution impossible du fait d'un big Brother tout puissant – il est incapable d'intégrer les fractions de la gauche bourgeoise et de la syndicratie dans ce faux chaos. L'organisation et le déroulement du « chaos syndical » correspond pourtant finalement à cette dépossession des masses de tout contrôle sur leurs luttes avec la complicité du méchant gouvernement, des mielleux journalistes et des professionnels de la syndicratie ; quoiqu'il soit obligé de remarquer la nécessité de ce « chaos organisé » face à cette « opposition paradigmatique entre la droite et la gauche devenant obsolète »11.

Quelle solution opposer à cette marche de l'humanité vers sa destruction ? Là l'auteur devient franchement minable. On est dans la situation de Marx adoubant certaines critiques de Proudhon contre le capitalisme mais constatant que sa méthode était de la merde. Très intéressante description du chaos organisé, dont il n'est pas le découvreur (Poincaré et nombre de mathématiciens l'avaient déjà analysés au plan scientifique) mais il avoue ses limites chauvines : « l'abolition des frontières c'est le règne de la mort, tant au plan biologique que psychique (…) si les frontières n'existent plus, ce sont les principes même d'identité, de distinctions et d'élaboration sémantique (Ha Ha Ha!) qui vacillent ». C'est un vieux rat mort qui nous chantent l'utilité des frontières nationales et syndicales parce qu'il est incapable de comprendre que le mondialisme n'a rien à voir avec l'internationalisme prolétarien !


Le pire de cette glissade finale lamentable est enfin, comme perspective, l'application du programme national bourgeois de la période de reconstruction de 1945 qui a signifié la misère pour les ouvriers et le sabotage de leurs grèves par le parti de gouvernement PCGT ; suit un appel d'un quarteron de vieux croûtons de la résistance et de la collaboration à l'Etat bourgeois tous décédés, les Aubrac, Hessel et Séguy. Comme proposition "insurrectionnelle" finale l'auteur ne craint pas le ridicule et la bêtise la plus crasse. Nouveau colonel Fabien gogol, il invite "les gens" à une "infiltration lente des structures du pouvoir" avec une "organisation de type militaire". Blanqui n'était pas aussi con.

Quant au premier mai sous naphtaline, il est programmé "baroud d'honneur", avec casseroles comme lot de consolation pour se promener dans la « décence » avec pour perspective la « grévilla ».



remake du nain Roussel



NOTES


1 Lucien Cerise, ingéniérie sociale et mondialisation (ed Max Milo)

2J'ai eu une discussion à ce sujet avec un vieil ami grec, grand mathématicien.

3Comme l'écologie depuis au moins quarante années !

4cf. page 99 qu'il vaut de lire intégralement.

5cf. p 100 et 101. Et ceci aussi qui est devenu une idéologie de base du gauchisme cucul : « La jeune fille soit l'hystérie au pouvoir, culmine aujourd'hui dans le LBGT et la figure du transexuel et de la drag queen, « nouvelle » nouvelle figure autoritaire du libéralisme libertaire, déchaîné et tout puissant ».

6 Sans compter que le ridicule n'est pas fait pour impressionner le gouvernement Macron : « La CGT Énergie a appelé dans le week-end à mener une «grévilla» contre la réforme des retraites dans les prochaines semaines. «L'heure est loin d'être à la résignation», précisait un communiqué, qui menaçait par ailleurs des grands événements à venir comme Roland-Garros ou le Festival de Cannes. La fédération Énergie de la CGT est accusée d'avoir coupé le courant à une clinique de l'Hérault proche du lycée où Emmanuel Macron était en visite jeudi dernier. «La coupure d'électricité de la clinique, ce n'est pas du tout la CGT», s'est défendue Sophie Binet, qui a expliqué par ailleurs que «les coupures d'électricité démontrent l'ampleur de la colère dans notre pays». Sans préciser que ces coupures sont diligentées par les mêmes apparatchiks de cette mafia, que je connais très bien pour les avoir confrontés pendant des années.

Sondage: Macron atteint son plus


7cf. p 23

9p.20. Cette stratégie était connue des militants de ma génération qui dénonçaient la psychiatrisation en Allemagn ede l'Est face aux sourdingues trotskiens.

10Lire p.71

11p.108

vendredi 21 avril 2023

TOUT CE QUE VOUS NE DEVEZ PAS SAVOIR OU QUE VOUS N'OSEZ PAS PENSER

 

mais oui ils l'avouent enfin ce qu'ils sont !

Union Fédérale des Syndicats de l'Etat - CGT (ufsecgt.fr) affiche

De l'usage stratégique du désordre social


1er décembre 1859 «Paris m’a désolé […] Avec mes idées de révolution aussi ardentes que jadis, j’avais l’air d’un revenant de l’autre monde d’un fantôme des temps passé ». Blanqui

« L'examen objectif du réel est ainsi remplacé par des débats subjectifs et passionnels, qui font baisser le niveau et nous enferment dans la virtualité du Spectacle politique ». Lucien Cerise (Gouverner par le chaos, ingénierie sociale et mondialisation)

« Discipliner les femmes et les hommes en les considérant comme de simples facteurs de production et dévaster la terre, conçue comme un simple objet, vont de pair. En poussant la destruction de la nature et l'exploitation de la « force vitale » jusqu'à des niveaux inédits, les nazis apparaissent comme l'image déformée et inédite d'une modernité devenue folle – servie par des illusions (la « victoire finale » ou « la reprise de la croissance » et par des mensonges (« liberté », « autonomie ») dont des penseurs du management comme Reinhard Hôn (officier SS adjoint de Heydrich) ont été les habiles artisans ». Johann Chapoutot, « Libres d'obéir, le management du nazisme à  aujourd'hui » (Gallimard 2020)



JEUDI APRES-MIDI 20 AVRIL UNE MANIF « SAUVAGE » EN PLEIN PARIS passée sous silence par les médias

 Le 19 avril personne n'a parlé non plus de la manif des enseignants aux Invalides (on y était mon neveu et moi).

A l'heure présente la police réalise les sondages et rédige les communiqués de presse, avec entre les autres le Parisien1 :

« Depuis le début du mouvement, le centre-ville de la capitale bretonne est la cible de militants radicaux d’ultragauche, selon la municipalité et le parquet. Il est interdit de venir manifester avec des casseroles ». Leur dictateur est d'un cynisme minable, pour se permettre de plaisanter sur les concerts de casseroles dont il va être l'objet (mérité) en permanence car il n'aurait pas fallu que son humour faisandé (« c'est bon pour la cuisine » )soit associé à l'interdiction des casseroles en manif sinon c'est de l'humour hitlérien2. On comprend donc la haine de la jeunesse contre ce petit personnage. Le Parisien n'est pas complètement policier mais bon observateur : « GRÈVES. Le 20 avril marque la première journée de mobilisation en dehors de l'union de l'intersyndicale. Les cheminots de la SNCF poursuivent leur grève débutée en mars malgré l'appel des leaders syndicaux à conserver les mêmes dates d'action ». Mais personne n'ajoutera ni n'informera sur une manif en plus et pas ce simple rassemblement corporatif, et masqué au public, à la gare de l'Est ! Le saucissonnage syndical persiste et signe avec les montagnes russes des manifs officielles décidées par le patronat syndical. Pourtant probablement une des plus importantes manifs de près de un kilomètre et au moins trois mille personnes, hors programmation du QG syndicrate.

 Dans le catalogue des manifs programmées au QG jusqu’au premier mai, il était indiqué deux manifs exclusives l'une le 20 et l'autre le 28, sous la gouvernance de la seule CGT ; rien de précis pour ce jeudi 20, sauf un rassemblement cheminot à la gare de l’Est. En réalité, sans que ce soit ébruité une manif était bien programmée devant la mairie de Paris via des réseaux sociaux que tout le monde ne connaît pas. En prévision de... une partie des appareils syndicats d'encadrement est déjà là lorsqu'on arrive face à l'hôtel de ville parisien. Que des vieux, avec catogans, longs cheveux blancs, et vieilles en tenues outrancières de cougars, des pithécanthropes gauchistes qui boivent et chantent : « on est vieux, on est révolutionnaires ». Sur le côté des vieux et des vielles, plus des bobos étudiants de Nanterre qui ont aligné un cordon de jeunes filles naïves, avec l'abaya de service, qui obéissent aux gesticulations d'un fat à l'allure de Jean-Pierre Léaud, avec la mèche.

Accompagné par un jeune neveu adolescent j’avais décidé d’aller vérifier la « sauvagerie » des manifestations présumées spontanées . Sur la place on ne vit d’abord que ces quelques centaines de vieux, des drapeaux CGT et SUD, plus cette rangée d’étudiantes sautillant et reprenant les beuglements de l’animateur en chef du syndicat corporatif diandian. Puis lorsque la manif se mit en marche, avec deux ou trois députés LFI aux couleurs nationales en écharpe , sans que personne ne leur prête attention. Sauf mon neveu qui ne craint rien. Il s'approcha de la dame avec drapeau en bandoulière pour lui dire que le RN dit moins de connerie que LFI et ils restèrent à dialoguer assez aimablement un bon moment, alors que j'en perdais mon dentier. L'élue devait être au fond une cougar vu la beauté et l'intelligence de mon neveu, en effet pourtant de droite.

Nous restons dans le pré-cortège qui se dirigea vers le boulevard Saint Germain, pour, dix kilomètres à pied plus loin en terminer derrière l’école militaire. A chaque carrefour le pré-cortège hésitait sur la direction à prendre et se laissait recoller par la partie moutonnière ficelée par CGT et SUD, qui suivait sans sourciller.

Tout le long plusieurs banques ont eu la vitre de leurs distributeurs de billets brisées d'un coup de poing (vous pouvez le faire vous-mêmes tellement c'est simple) sous les regards ravis des manifestants (que la CGT dit terrorisés pourtant et qu'elle protège avec des ficelles). Mon neveu est ravi : « ça oui c'est le capitalisme ! » et il reprend les slogans : « AAA...ANTI ANTICAPITALISTE », « ACAB », etc. « ACAB » est le préféré comme pour tous les potes de son lycée, surtout noirs et arabes.

Les slogans, même les plus débiles et anti-flics primaires, sont un moyen de recrutement de la gauche bourgeoise et de la syndicratie. Ces dernières années, les syndicrates essaient aussi "de faire rire" et "de s'emparer des codes de l'argot et de la pop culture pour parler aux jeunes", explique Stéphane Cologne, délégué syndical de l'Ugict-CGT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens). Les djeuns, vu leur faible niveau politique, ne rivalisent pas d'imagination, on trouve des « Macron trou du cul » exhibés par des jeunes filles pubères. Les incendies de poubelles sont un spectacle ravissant. Comme me l'explique,mon neveu : « Si on casse pas la vitrine des banques et leurs distributeurs de billets, si on provoque pas des incendies, la manif est vite oubliée et personne n'en parle ! ». J'acquiesce et je pense à ces vieux trouillards du CCI qui dénoncent la violence des méchants blacks blocs à l'unisson de la presse bourgeoise, alors que les manifestants les applaudissent. Lesquels font rire et sont admirés et immortalisés par les portables lorsqu'ils entrent dans les épiceries pour faucher des fruits ou des canettes de bière. Ils sont peu nombreux et ne comptent pas que des fils de bourgeois comme me le rétorque un cameraman habitué des défilés : il y a de tout, des lycéens et des jeunes ouvriers. Une bombe de carnaval explose soudain à nos côtés, mon neveu croit avoir le tympan percé mais rigole. Il me montre au bout de la rue une immense fumée d'un tas de poubelles que nous avions vu allumer à notre passage. Ambiance. Pour la première manif de sa vie il est ravi, ébahi et conquis et ; « AAA...ANTI ANTI CAPITALISTE ».

Une remarque sur l’intelligence de la préfecture pour gérer la manifestation. Pendant près de trois heures nous ne vîmes pas un seul casque de CRS. La hiérarchie policière a désormais bien compris que la vision de ses cerbères joue immédiatement le rôle de muleta. Les camions de CRS restent donc le plus longtemps possible masqués aux yeux des manifestants : et nombreux dans les rues adjacentes ou parallèles comme nous le viment en arrivant à l'hôtel de ville.

Au fur et à mesure de l’avancée, la manif s'était peuplée de jeunes et de personnes quittant leur travail. La manif est désormais une sortie en couple main dans la main, du groupe de potes de la fac, des fofolles exhibs dos nu malgré le froid, des mamies badgées NPA. Pas de quoi effrayer l'Etat et l'empereur qui veut nous refaire le coup du grand débat égocentrique et aller plastronner plutôt en province devant des auditoires choisis et aux sacs à dos vidés de leurs casseroles. Beaucoup m'ont témoigné attendre beaucoup du 1er mai, malgré mon air dubitatif et narquois. Les chefs syndicaux cheminots avaient proposé cette journée de mobilisation du 20 avril comme une «étape de préparation» avant les manifestations du 1er mai. Cette date tombait la veille des vacances scolaires des régions parisienne et occitane et d'un week-end de chassé-croisé dans les autres zones qui sont déjà en congés. Rentrant des vacances, pénétrés de leur conscience touristique les prolétaires vont sans doute transformer le ringard 1er mai en journée morte ! La manif du 20 faisait partie désormais du folklore parisien, touristes japonais et américains s'en donnaient à cœur joie avec leurs portables et posaient avec manif en fond d'écran, souvenir frissonnant d'une escapade dans ce vieux pays traditionnellement révolutionnaire. Sauvage la manif moitié spontanée? Non? bon enfant, comme le conclut mon petit neveu, agréablement surpris. Et prêt à se joindre aux suivantes.

La CGT ne s'est pas contentée de cette date (récupérée) pour rythmer le mouvement contestataire jusqu'au 1er mai : non seulement ce 20 avril, car elle appelle à un second "temps fort" le vendredi 28 avril. Sans parler de grève, elle suggère des manifestations, des actions et d'autres mobilisations sans perdre espoir (sic) de voir les autres syndicats rejoindre son initiative (dite radicale et jusqu'auboutiste). Thomas Vacheron, membre du bureau confédéral de la CGT en charge des retraites a indiqué sur Franceinfo le 14 avril que cette mobilisation portera "sur les retraites et sur les morts au travail". Et d'ajouter qu'entre "aujourd'hui et le 1er mai, plusieurs mobilisations, actions, grèves et manifestations vont exister et participeront à faire reculer le gouvernement". Et à enculer les prolétaires grâce à cette guérilla désordonnée et sans tête ni autre objectif que le nihilisme. Très giletjaunisée ! 

où dans l'apparente tourmente du chef gouvernemental règne cette forme de contrôle social faisant un usage stratégique du désordre social...

les deux cadres quadras CFDT et CGT

La féminisation du patronat syndical 

« Sandrine Rousseau en a ainsi conclu que l'on avait «besoin de déviriliser la politique». Il faut à ses yeux «sortir de la figure des chefs autoritaires qui imposent et sortent conquérants des conflits sociaux», pour aller vers «la discussion», «l'échange» et «l'humilité». (les médias)



Je suis apparemment seul à dénoncer la féminisation de la politique et du pouvoir. On attend la succession du Berger CFDT...encore une femme , quadra, encore bien conservée ; on a préféré virer les grosses comme aux journaux télévisés, exit grosses et boudins ; mais toujours des mannequins idéologiques , certes belles et bien coiffées, du pouvoir d'Etat capitaliste.

Excusez du peu, même si la débile sardine ruisseau me traite de macho, des directions de partis squattées que par des femmes c'est pas aller certes vers une lutte virile mais pas dure et révolutionnaire non plus ; la gent féminine n'a pas vocation à la violence ; c'est pourquoi je ne comprends toujours pas qu'on embauche des femmes comme CRS.

LA FUTURE RIVALE DE LA BOURGEOISE CGT A ETE FORMEE PAR LA GAUCHE CAVIAR

Depuis plusieurs mois, Marylise Léon apparaît régulièrement aux côtés de Laurent Berger lors des réunions avec l’exécutif, des journées de manifestation contre la réforme des retraites, et en représentant la CFDT lors des intersyndicales. «Elle est dynamique, elle a une compréhension du monde du travail qui est forte, loue Laurent Berger dans un entretien au MondeElle s’est battue avec énergie lors des négociations sur l’assurance-chômage et elle est convaincue que la transition écologique doit s’effectuer de façon juste sur le plan social. Elle est appréciée au sein de la maison, elle est proche des gens, humaine», a-t-il encore ajouté. 

La syndicaliste s’occupe aussi du Pacte du pouvoir de vivre, une alliance de 60 organisations qui agit pour la convergence des questions écologiques, sociales et démocratiques. Une initiative lancée notamment par la CFDT pour «sortir d’un modèle de société qui met en péril la vie sur la planète et entraîne de trop nombreuses injustices et inégalités»«Nous souhaitons apporter des propositions réalistes et concrètes pour une transition écologique socialement juste», explique Marylise Léon dans un entretien au site La Fonda.

Marylise Léon est aussi engagée pour les droits des femmes. Elle a participé à plusieurs rassemblements pour défendre le droit à l’avortement. Elle a notamment couru mardi lors de la «Nuit des relais», une soirée organisée par la Fondation des femmes pour collecter des fonds afin de soutenir des projets «en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et contre les violences».

La syndicaliste s’occupe aussi du Pacte du pouvoir de vivre, une alliance de 60 organisations qui agit pour la convergence des questions écologiques, sociales et démocratiques. Une initiative lancée notamment par la CFDT pour «sortir d’un modèle de société qui met en péril la vie sur la planète et entraîne de trop nombreuses injustices et inégalités»«Nous souhaitons apporter des propositions réalistes et concrètes pour une transition écologique socialement juste», explique Marylise Léon dans un entretien au site La Fonda.

Marylise Léon est aussi engagée pour les droits des femmes. Elle a participé à plusieurs rassemblements pour défendre le droit à l’avortement. Elle a notamment couru mardi lors de la «Nuit des relais», une soirée organisée par la Fondation des femmes pour collecter des fonds afin de soutenir des projets «en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et contre les violences».

 

La syndicaliste s’occupe aussi du Pacte du pouvoir de vivre, une alliance de 60 organisations qui agit pour la convergence des questions écologiques, sociales et démocratiques. Une initiative lancée notamment par la CFDT pour «sortir d’un modèle de société qui met en péril la vie sur la planète et entraîne de trop nombreuses injustices et inégalités»«Nous souhaitons apporter des propositions réalistes et concrètes pour une transition écologique socialement juste», explique Marylise Léon dans un entretien au site La Fonda.


NOTES DE LECTURES EDIFIANTES

Michel Maffesoli: «Les élites et le peuple vivent des réalités imperméables» (lefigaro.fr) 

« Je crois qu’il s’agit d’un même type de révoltes, disons de la base contre les élites, du local contre le pouvoir central. Mais l’encadrement par les syndicats donne à ce mouvement une apparence de lutte sociale au sens classique. Et comme on l’a vu, cet encadrement empêche le chaos. Il n’en reste pas moins que les manifestants contestent non pas tant le passage à 64 ans que son application à tous, quelle que soit leur espérance de vie selon la branche professionnelle dans laquelle ils travaillent. Le pouvoir jacobin en France ne sait pas tenir compte des diversités territoriales, corporatives, professionnelles. Les formes de contestation et les mots pour l’exprimer diffèrent, mais c’est toujours une contestation du pouvoir central et de son modèle rationalisant.  

Changement d’époque égale, comme le dit Vilfredo Pareto, une «circulation des élites». Actuellement vous voyez combien peu d’hommes politiques émergent de la grisaille d’une élite en voie de perdition. Si l’on regarde la période de la fin de l’Empire romain, on est frappé par l’hystérisation du pouvoir. Ce pouvoir, isolé dans son palais gouverne par la peur, peur de la mort, peur de la guerre, peur de la pénurie, peur de l’effondrement du modèle social. Ce qui amène en réaction des soulèvements de plus en plus nombreux et erratiques. C’est en leur sein que naîtra une nouvelle forme d’organisation sociale, privilégiant la «proxémie», le territoire. Je le rappelle: le «lieu crée le lien».

Faut-il redouter la guerre civile?

La guerre civile définit des camps qui s’affrontent pour le pouvoir, avec des projets politiques différents. Je ne crois pas que nous soyons dans cette occurrence. Les divers mouvements de révolte n’ont pas de programme, de projet, ils ne sont pas politiques en ce sens, mais existentiels. Ce qui est en jeu, c’est bien sûr le refus d’un travail dont le seul sens serait «sa valeur», c’est-à-dire sa valeur d’échange monétaire. Une grande partie des emplois n’a pas de sens, ne permet pas aux personnes d’exprimer leur créativité. La «caporalisation» des métiers plus créatifs, l’enseignement, le soin, voire la création d’œuvres, par une normalisation toujours plus poussée, tout ceci produit du désespoir, de la révolte et à terme une sécession, de multiples sécessions. C’est ce qui est en train de se passer. Ces multiples révoltes produisant progressivement de nouvelles formes d’être ensemble. Mais ne l’oublions pas, c’est à partir d’une décadence qu’il y a Renaissance: «Ordo ab chao».


COMMENT PEUT-ON PORTER LE VOILE DE L'OPPRESSION DES FEMMES EN MANIF DE CLASSE

« La loi de Moïse a succombé aux embrassements désespérés des pharisiens ; le Coran va s’éteindre, pétrifié dans l’immobilisme de ses sectateurs imbéciles ; et l’Évangile lui-même serait presque scellé dans la tombe par les mains idolâtres de ses disciples devenus ses fossoyeurs, si sa pensée immortelle, s’échappant de la dépouille glacée autour de laquelle ils demeurent accroupis, n’avait reparu plus éclairante sous l’incarnation nouvelle qui doit le perpé#tuer dans l’Humanité.Allez, race d’esclaves, qui n’osez lever les yeux ni la main sur vos tyrans! Rebelles d’un jour, repentants et prosternés le lendemain, restez accroupis dans votre misère et votre servitude! Ne tentez pas de briser vos chaînes! Il vous faudrait les ressouder de vos propres mains. Ne faites plus de révolutions pour vous sauver du moins de la honte d’en demander pardon à genoux ». Blanqui

C'est possible grâce aux syndicaux des facs et au NPA. On en aperçoit désormais quelques-unes dans les manifs syndicales ce qui ne gêne ni islamo-gauchistes ni féministes d'Etat. Comme le montre le tract ci-joint. Si j'étais étudiant-diant-diant je réclamerais un élu en soutane, mais sans culotte.

 

NOTULES

1Seul à faire état de cette manif:https://www.sudouest.fr/economie/reforme-des-retraites/reforme-des-retraites-mobilisation-en-baisse-un-tour-de-chauffe-avant-la-ma BFM ET CNEW bouche cousue comme l'interruption de l'ORTF en MAI 68 !

2En plus en matière électorale il n'est pas un cuisinier ragoûtant ni honnête.