"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 29 avril 2021

Patapouf Anasse président ?



Fin juillet 2018, je m'étais penché sur la crise souterraine du NPA, crise interne peu médiatisée. Je me hasardais à pronostiquer un éclatement inévitable, énième effritement du courant trotskien, posant la question d'un soi-disant « retour à la centralité de la classe ouvrière ? » :

«  La tension sociale et les craintes du prolétariat face à un avenir catastrophe sont pour beaucoup plus dans cette crise du NPA qu’une histoire de rivalité avec la secte bourgeoise LFI. La petite bourgeoisie multicultiraliste et islamocompatible perd pied face au malaise induit par la montée du gangstéro-islamisme et le pourrissement des relations sociales à cause des exactions (pas incivilités) parfois meurtrières contre les simples prolétaires, soutenues et théorisées par le milieu interlope des racialistes. Même avec une procréation politique assistée le trotskisme ne pourra pas constituer une arme bourgeoise pour freiner ou dissoudre le combat de classe, il se verra réserver plus probablement un strapontin au sein d’un conseil ouvrier transgenre, mais sans voix décisive au chapitre du prolétariat »1.

Le coup tordu que vient de faire aux officiels du NPA leur tendance dite CCR-Révolution permanente2 - balancer tout de go la candidature à la présidentielle bourgeoise d'un certain Anasse Kazib, sans consulter l'organisation dont la sous-secte est affiliée et tributaire – est dans la manière très « léniniste », (cf. le comité central c'est moi et je décide ce que je veux »). On verra par après la vacuité du gang à Kazib, mais aussi les réponses empruntées et gênées de sept membres du comité central du NPA. La véritable raison n'est pas seulement qu'un petit chef syndicaliste veuille pousser jusqu'au bout la logique islamo-gauchiste de la pire branche girouette du trotskisme, mais que le NPA ne veut pas renouveler l'expérience désastreuse du coup de la candidate voilée.

Début février 2010 Olivier Besancenot avait défendu un projet « tout à fait révolutionnaire »: permettre à une femme voilée de représenter le NPA. Il avait affirmé qu'une femme peut être « féministe, laïque et voilée », puis qu'une femme voilée, «c'est l'image de notre intégration dans les quartiers». Il avait confirmé que le NPA présenterait - sur la liste du Vaucluse, en région Paca - une jeune candidate qui porte le voile : Ilham Moussaïd, étudiante et trésorière départementale de son parti, membre du «comité populaire» à Avignon. Patatras, on peut même faire remonter la trouvaille du terme islamo-gauchiste à cette époque quand moi je me contentais encore de les qualifier d'islamophiles foireux. Cette candidature cautionnant une religion arriérée (surtout pour la condition féminine) avait fait sombrer le NPA dans le ridicule total, même à chaque fois qu'il essayait de se justifier. Le NPA a survécu péniblement à cette bévue cocasse au fond, et a fait pire entre-temps en tenant meetings communs avec intégristes et pitres racialistes.

Le projet autour de Patapouf Anasse était du même ordre - « Un jeune ouvrier issu de l'immigration à la présidentielle » - d'où refus du comité central piteux de compter dans son orga un individualiste pareil, boosté dans son orgueil de présumé « représentant des jeunes des quartiers », pour avoir été un temps toléré comme grande gueule sur RMC. Certains médias ont toutefois relevé l'ambiguïté islamophile de Patapouf – mais toute démagogie n'est-elle pas comestible sur le plan électoral bourgeois ? - le 10 novembre dernier, participant à la « manif de la honte » contre « l’islamophobie », il avait déclaré : « On a des collègues, aujourd’hui, qui se font licencier parce qu’ils ne disent pas bonjour, ne serrent pas les mains, ne font pas la bise ! », lesquels mensonges avaient été soutenus par un tonnerre d'applaudissements des syndicalistes divers du NPA. La « lutte contre l'islamophobie » allant de pair avec « la convergence des luttes ».

Les 7 rusés politiciens du CC du NPA – qui signent le communiqué dénonçant la félonie de Patatpouf - ont bien compris en outre qu'il s'agissait d'une attaque contre la possible majorité de l'orga. Cette « fraction », je dirais plutôt ce «bout de gras» du NPA, existerait depuis trois ans au sein de l'orga, peut-être plus.

Leur site « Révolution permanente » - dit « nouveau site d'information d'extrême gauche » - est réalisé par les zozos de ce CCR (Courant communiste révolutionnaire) du NPA, un courant fortement lié au Partido de los trabajadores socialistas (PTS) argentin, et dont le site Internet sert d’ailleurs de modèle à « Révolution Permanente », vieille rengaine du Trotsky décati. Le PTS est une des nombreuses scissions du Movimiento al Socialismo, créé par le guru du trotskysme argentin Nahuel Moreno, qui passa sa vie à osciller selon les opportunités entre lambertisme, sandinisme et péronisme de gauche.

Leur site « Révolution permanente » est surtout la vitrine du CCR. Il fait preuve d’un activisme sans relâche, d’une lutte « antiraciste » au soutien, yeux fermés, au gang Traoré, faisant usage du fait divers comme fait politique, ne reculant ni devant les images et les titres racoleurs, ni les sources douteuses. Mais avec une insistance perverse et truquée sur la « centralité de la classe ouvrière », comme je l'avais subodoré en 2018 sans connaître l'existence de ce gang interne. Cette classe (surtout imaginée comme composée uniquement d'exploités cher UBER et de djeuns de banlieue) n'est que le décor pour afficher un langage « radical », qui donne ce qui suit; je retranscris une partie de la bouillie et des salades de sa présentation en vidéo, dégoulinante de forfanteries et d'exploitation de faits divers certes racistes mais certainement pas destinés à éveiller à la conscience politique :

«Moi militant de Sud-rail... il rappelle la participation de ses grands parents pour la patrie... je suis un jeune de banlieue... on (qui?) va essayer de porter cette candidature... ce qu'on veut c'est une vraie rupture révolutionnaire avec le capitalisme, le racisme, les idées révolutionnaires doivent apparaître dans cette élection présidentielle sinon qui les fera... On veut un Etat des travailleurs... c'est nous les ouvriers qui produisons tout... avec le covid y bouffent dans les restos hors de prix pendant que ceux d'en bas font la queue pour un sandwich...y a une dégénérescence du capitalisme... un jeune des quartiers populaires c'est ultra-subversif... pas avec un programme tout fait mais avec un projet révolutionnaire pour la classe ouvrière... on est la génération Adama, la génération Georges Floyd... on veut faire entendre la voix des quartiers populaires... même si c'est une pré-candidature... On ne peut pas faire confiance aux « directions syndicales » ni à LFI, Mélenchon il veut conserver le capitalisme... avec le comité Adama, les antifascistes... tous ces comités se rejoignent, avec la jeunesse écologique, les femmes, l'objectif c'est tout renverser, renverser la table. On est prêts, radicaux, révolutionnaires, notre camp c'est celui des gilets jaunes, les combats pour la retraite, etc. »

Anasse récupère au passage les pauvres gilets jaunes qu'il traitait de « fachistes » au départ comme tous les divers compères trotskiens. Les dits quartiers populaires ils votent pas vraiment, ou sur clientélisme, et à Trappes le mode de vie islamique l'emporte sur toute connotation ouvrière. Comme les autres bouts de gras du NPA ces gens-là vont hurler contre les tags sur une mosquée mais se fichent de l'égorgement de la prolétaire de Rambouillet ou de l'égorgement de Samuel Paty, comme ils seront joyeux le jour où un autre taré zigouillera la petite Mila.

C'est bourré de confusion, de vieilleries trotskiennes tel le front unique, tel rompre avec les directions syndicales, tel le parti cocotte minute ressorti du tombeau, pensant à la place des masses incultes. C'est un curieux mélange dogmatique de lambertisme ou de spartacist gigue mais baigné dans la marmelade des révoltes en tout genre où la « centralité » exaltée de la classe ouvrière n'est que la crème Chantilly pour protéger la centralité du parti (ce qui est en réalité insulter le parti tel qu'on pouvait le concevoir dans le mouvement ouvrier ascendant), car cette bande de rigolos ne sera jamais ni parti ni révolutionnaires3.

Une pré-candidature qui ne passe pas

Laissons-les régler leurs comptes entre eux et s'exclure mutuellement comme d'hab. Ils sont assez représentatifs de ce qui a laissé la gauche bourgeoise-écolo-racialo-féministe pantoise et disqualifiée aux yeux du prolétariat: leur incapacité congénitale à reconnaître ce qui ne va plus avec l'immigration, l'islam et une violence contre les flics qui n'est pas du tout révolutionnaire. Enfin tout ce pourquoi la gauche bourgeoise et son extrême gauche ont déjà perdu les élections et ne les gagneront plus pour un long moment. La réponse du CC (provisoire) de ce qui va rester du NPA a une certaine tenue mais n'ose pas attribuer à leurs collègues des méthodes staliniennes, mais on n'est pas dans les couloirs du NPA où fusent quolibets et insultes ; sans doute parce que leurs méthodes « démocratiques » ne valent pas mieux.

« Le problème n’est ni la personnalité d’Anasse ni le fait que la démarche serait inédite (sic). Ce qui est en jeu est une façon de faire de la politique, une manière de concevoir les rapports militants et un certain type de projet organisationnel. Autant le dire d’emblée : l’histoire colportée par le CCR-Révolution permanente, selon laquelle la démarche entreprise se ferait dans le respect du fonctionnement du NPA et de ses militantEs, ne convainc personne dans le NPA, à l’exception des membres… du CCR-Révolution permanente. Et pour cause : l’annonce publique de la « pré-candidature » d’Anasse Kazib et la campagne publique qui est menée depuis constituent de facto une rupture avec les principes du NPA, son fonctionnement et ses modalités de prise de décision, entre autres concernant les candidatures à la présidentielle.

« Le NPA — comme avant lui la LCR — n’a jamais fonctionné avec un système de « pré-candidatures » individuelles, a fortiori annoncées à l’extérieur de notre organisation, et ce pour au moins deux raisons : le rejet de la personnalisation et la volonté de garantir au maximum aux militantEs du NPA la possibilité de faire leurs choix démocratiquement et sans pression extérieure. Des centaines de militantEs ont ainsi été choqués qu’un membre du NPA annonce lui-même, en premier, publiquement, sur son compte Twitter, sa propre « pré-candidature » à la présidentielle, après l’avoir « teasée » pendant plusieurs jours. Annonce suivie deux jours plus tard d’un « communiqué de presse officiel » signé d’Anasse lui-même et rédigé à la première personne (avec 19 « je » dans ledit communiqué)…  (…) Et il ne suffit pas, comme on peut le lire dans ledit « communiqué de presse officiel », de prétendre se référer à la Commune de Paris, citation de l’appel du comité central de la garde nationale à l’appui, pour faire illusion : « Ceux qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux ». Certes. Mais c’est dommage d’avoir oublié la suite : « Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. »

« Comment peut-on en effet raisonnablement envisager que nous ayons un débat et un processus démocratiques au sein du NPA si, dès le départ, ce processus est mis sous la pression d’une campagne menée pour et avec l’extérieur ? Nous n’avons jamais procédé de la sorte, et pour cause : un parti qui fonctionne de manière démocratique doit être libre de ses choix, ce qui ne signifie évidemment pas qu’il évolue en étant étanche au monde et aux pressions extérieures, mais qu’il se dote des outils pour pouvoir résister au mieux à ces pressions et prendre ses décisions collectivement et démocratiquement. La campagne lancée par le CCR va exactement à l’inverse : il s’agit ni plus ni moins que de favoriser ces pressions en entretenant délibérément la confusion entre une campagne externe, à propos de laquelle le tout-venant est invité à se prononcer, et un processus de discussion/décision interne qui regroupe les seuls militantEs du NPA.  

...Une candidature du NPA pour la présidentielle ne peut être légitime qu’à l’issue d’une conférence nationale du NPA, préparée dans les comités du NPA. Mais au-delà, la logique des primaires ne faisant pas partie de notre logiciel politique, le choix d’une candidature doit être précédé d’un débat sur l’orientation et le projet, impliquant l’ensemble des membres du parti, et certainement pas d’une course de petits chevaux entre « pré-candidatEs », à moins de vouloir importer les logiques d’écurie dont on mesure les effets dans la plupart des partis institutionnels. (…) De manière plus globale, ce à quoi nous assistons n’est rien d’autre qu’une offensive en règle menée contre le NPA par un groupe politique autonome, le CCR-Révolution permanente, qui envisage en réalité la « pré-candidature » d’Anasse Kazib comme la rampe de lancement d’une nouvelle organisation, un « Parti révolutionnaire des travailleurs », les membres du CCR expliquant et écrivant qu’ils et elles entendent aller « jusqu’au bout ».

« La démarche actuelle du CCR est cohérente avec le comportement que ce groupe a adopté depuis de longues années vis-à-vis du NPA, duquel les militantEs du CCR sont formellement membres mais tout en s’organisant de manière séparée : réunions « Révolution permanente », organisations étudiante et féministe autonomes (« le Poing levé » et « Du pain et des roses »), articles et vidéos publiés sur le média « Révolution permanente » sans jamais rien proposer aux médias du NPA, etc. Le NPA est en réalité envisagé non comme un outil commun à construire mais comme une organisation dont il s’agit de tirer profit pour ses propres intérêts de boutique, en bénéficiant notamment de son logo, de son influence, de sa trésorerie, de la popularité de ses porte-parole, etc. »

(...)« Anasse Kazib n’est donc ni le candidat, ni même le « pré-candidat » du NPA à l’élection présidentielle de 2022.  Montreuil, le 5 avril 2021 ».

Ces bisbilles entre trotskiens n'intéressent en rien la classe ouvrière, vulgaires chamailleries entre léniniens et staliniens tout au plus et qui ne touchent pas aux questions de fond. En particulier sur le type de combat à privilégier du point de vue de la classe ouvrière. Je reviens sur ce que j'ai dit par ailleurs, le cas Anasse comme celui de la candidature voilée montre le danger d'importer (de l'extérieur) une « conscience islamiste » en lieu et place de la conscience de classe, elle-même découpée en revendications des bobos écolos, féministes, antifas, antiracistes, anti ceci, anti cela, et toutes les couleurs de la psychologie se posant en remplacement de toute sérieuse réflexion sur ce qu'est réellement la pensée révolutionnaire aujourd'hui. Et où l'histoire semble avoir perdu la raison.


NOTES

1VERS UN TROTSKISME TRANSGENRE version américaine ?https://proletariatuniversel.blogspot.com/search?q=crise+au+npa

2Le label CCR = Courant Communiste Révolutionnaire, est étrange au départ. Vol de sigle ? Pied de nez au CCI = Courant Communiste International, qui n'est tout de même pas un groupe de rigolos faussement révolutionnaires comme le gang de Patapouf. Le CCI ne semble même pas s'être aperçu de l'existence de ce prototype de secte lénino substitutive, et il a raison de s'en foutre, des sectes trotskiennes on en compte à la pelle. Ce sera un des confettis de l'éclatement du NPA.

3Voir l'interview d'un autre petit chef de cette « fraction » délirante qui se présente comme anticorporative et internationale : « ...le but était aussi, sinon surtout, de forger un outil au service de notre classe, de tous les prolétaires d’aujourd’hui, sur le terrain direct de la lutte du monde du travail, mais tout autant pour la défense des droits démocratiques et la mise en avant de revendications démocratiques radicales et transitoires, contre le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, mais aussi la catastrophe écologique que produit par nature le capitalisme etc. – avec les méthode de la lutte des classes comme disait Trotsky dans son « Programme d’action » pour la France en 1934.Le pari que nous faisons consiste à renouer explicitement, évidemment dans les coordonnées historiques, politiques et technologiques propres à notre époque, avec la conception léniniste du « parti-presse », jouant le rôle d’organisateur collectif non seulement de ses militants, mais aussi des secteurs de notre classe auxquels nous nous adressons en priorité, conception telle que Que faire ? l’avait esquissé en 1902. À l’instar de nos camarades qui animent le réseau de quotidiens en ligne La Izquierda Diario dans un certain nombre de pays ».Lénine doit se retourner dans son mausolée.

samedi 24 avril 2021

La prolétaire Stéphanie, deux fois assassinée par la gauche bourgeoise

 


Parmi les derniers débats superficiels qui agitent le petit monde des journalistes, on retiendra ce curieux constat : « les médias sont de gauche, l'émission de Pascal Praud est trop à droite ». Il est certain que les Zemmour et Praud ne sont pas des passeurs de la génération Mitterrand et qu'il s'y dit souvent des vérités claires comme l'eau de roche (sic) qui ne peuvent déplaire à la masse des gens, le plus souvent prolétaires qui consentent à les regarder et qui ne supportent plus les autres lèche-bottes d'un pouvoir qui se veut ni droite ni gauche, mais au fond les deux en même temps. Cependant la tonalité restant causette de bistrot n'est qu'un déversoir pour contribuer à l'abrutissement du public et n'offre pour alternative que souverainisme mité ou mondialisme creux, autour des variations et caprices de petits personnages égocentriques, qui sont rétribués pour faire le buzz et le job. Il y a une crise de la croyance aux « informations » plus anciennes que celle de la croyance aux rackets politiques.

Leçon d'infaux : la propagande de la gauche bourgeoise ne varie pas

Souvenir souvenir. Meurtre islamique de Magnanville, le principal journal des bobos titre :

Double meurtre de Magnanville : ce que l'on sait

« Lundi soir, un homme a tué un policier et sa compagne dans cette commune des Yvelines. L'Etat islamique a revendiqué l'attaque. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête ».

A chaque crime islamique Libération se garde de prendre position, se cache derrière « les faits » et finalement met tout sur le dos du FN (jamais appelé RN). Jamais le prude islam n'est mis en cause au nom de padamalgam. Le crime est atroce, même si l'enfant a été épargné (pour qu'en grandissant il reste toujours habité par cette horreur... et craigne Mahomet et sa dague à chaque coin de rue). On en reste toujours à un « ce que l'on sait » comme si on ne savait pas à chaque meurtre lâche. Par la suite on a quelquefois droit à « l'enquête suit son cours ». Les petits bâtards du NPA, lecteurs de ce torchon, eux ne se gênent carrément pas, ils n'en parlent pas, mais remplissent leurs colonnes des protestations contre les crimes racistes des policiers américains.

Les réactions au meurtre de Magnanville étaient recopiées sans commentaires par Libération (qui ne dit mot et consent) :

« Le président François Hollande a affirmé que le meurtre de Magnanville était «un acte incontestablement terroriste». Exprimant «son infinie tristesse», le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé «un acte terroriste abject. Soutien à leurs familles et collègues». C'est sûr que ce soutien piteux et impuissant aux familles endeuillées des policiers n'est pas de nature à les pousser à voter pour les socialos, les écolos ou les abrutis islamo-gauchistes !

Le résumé ce qui sera la perpétuelle absence de réaction de l'Etat est parfaitement résumé par le faux-cul mais inculpé Sarkozy désormais simple spectateur : « «notre niveau de vigilance doit être adapté sans délai […] Tous les enseignements de l'enquête judiciaire en cours sur le profil et le mobile du terroriste doivent être tirés pour renforcer la sécurité des Français et la protection de nos forces de l'ordre». Et mon cul c'est du poulet ?

Le péteux combattant islamiste (ou con battant pavillon islamiste)  Larossi Aballa appelait en vidéo à « faire de l'Europe un cimetière ». Encore heureux que Libé n'ait pas porté plainte avec le NPA pour meurtre raciste de la part des policiers ! Faisant la liste des attentats lâches contre les policiers1, dans un résumé fallacieux Libé notait: «  Alexandre Dhaussy a finalement été déclaré irresponsable pénalement par la justice en raison de troubles psychiatriques et ne sera donc jamais jugé pour ses actes », l'acquittement « psychiatrique », mais surtout antisémite de l'assassin de Madame Sarah Halimi était déjà en vogue chez les magistrats gauchistes du mur des cons2: fume un joint, tue qui tu veux et la justice crypto-gauchiste te condamnera à te faire engraisser aux frais de la société en hôpital psy pour une durée indéterminée, et tu recommenceras quand tu voudras mais avec une drogue plus dure, ce qui sera à nouveau excusable; l'africain tueur a en outre déchargé de toute responsabilité criminelle parce qu'il était avant une victime du colonialisme blanc selon les juges "anti-racistes". Au fond les racailles islamistes ne font qu'adopter le "droit de tuer" de la justice française, qui a tant besoin de se cacher derrière d'utiles égorgements aléatoires des tueurs musulmans. Pardons d'assaillants comme ils disent pudiquement sur France info, pour ne pas choquer les croyants, comme on leur apprend dans les écoles de journalisme à ne pas appeler salopards  des crapules tout juste bons à être fusillés sans jugement.

LA METHODE D'INFORMATION « DES FAITS » PAR LE TORCHON LIBERATION

« Les faits se sont produits vers 14h20 dans le sas de ce commissariat, a précisé la source policière. La fonctionnaire administrative, qui était d’abord en arrêt cardio ventilatoire, est décédée sur place, malgré l’intervention des pompiers. D’après les premiers éléments de l’enquête, elle a été touchée à la gorge ".   (notez bien pas égorgée mais simplement « touchée ».

« A 15H38 : Titre : Le meurtrier présumé est mort. Le meurtrier présumé est décédé. Est-il présumé meurtrier ou présumé décédé ? « les faits », pas de prise de position. A peu près à la même heure Libé précise : Une fonctionnaire de police est décédée après une attaque au couteau à caractère terroriste ce jeudi après-midi ».

Ce n'est qu'une chose « à caractère terroriste », pas vraiment terroriste... et l'autre con est « présumé mort » voire « présumé pas coupable »... Le premier article publié hier était conçu comme une interview des habitants de Rambouillet, et on plaçait comme dernier interrogé celui qui déclarait que cela allait encore servir au front national (l'article a disparu du paysage web).

La messe était redite, le problème prioritaire c'est le parti de Le Pen pas les assassins islamistes qui appliquent le droit religieux de tuer à chaque période de ramadan. Comprenez : le danger lorsque le couteau s'abat plutôt sur la gorge d'une femme, même pas policière, c'est que « le FN » va s'en servir !3 Aucune protestation des féministes du NPA ni du gang Traoré qui lui sable le champagne à l'abri de la presse. Les flics eux ont droit aux mêmes larmes du gouvernement compatissant qui les baise deux fois, en les héroïsant et en se gardant de trop critiquer la « pratique musulmane », comme au début sous Hitler la bourgeoisie US se gardait bien de critiquer les « pratiques nazies », jusqu'à ce que vers la fin de la guerre ils déplorent « la révélation des gaz dans les camps de la mort ».

Castex et « l'héroïsme du quotidien » : «A ses proches, je veux faire part du soutien de la Nation tout entière. A nos forces de sécurité, je veux dire que je partage leur émotion et leur indignation», a poursuivi le chef du gouvernement dans un message publié sur Twitter. Plagiant les pleureuses successives Hollande et Sarkozy.

En effet être révolutionnaire aujourd'hui c'est tuer des flics au nom de la religion « des opprimés », et ainsi s'attaquer directement à l'Etat bourgeois et raciste des français blancs de souche.

Résultat des courses concernant ce nouveau meurtre lâche d'une simple ouvrière, mère de famille qui avait encore droit à une longue vie au milieu de ses enfants, en attendant les assasinats « religieux » suivants :

- renforcer la parano et l'esprit de corps policier en privilégiant la séparation avec la population, qui ne compte pas sur la police pour la défendre même si celle-ci tient un rôle honorable et nécessaire pendant la pandémie ;

- faire croire qu'un islam doux et pacifique peut être intégré dans la société occidentale, surtout en laissant des ghettos comme Trappes se renforcer (bled pourvoyeur N°1 en France des soldats pour le djihad, et ville antisémite)

- la construction des mosquées à tout va serait un acte démocrate et républicain, avec appui des élus écologistes formés dans leur jeunesse par le trotskisme dégénéré.

- la position cynique des islamo-gauchistes est aussi très utile au gouvernement ; d'une part ils se marginalisent eux-mêmes par leur « soutien critique », pas du tout critique envers la religion islam, du même calibre que celui qu'ils affichaient pour l'URSS « contre l'impérialisme US ». On sait bien la nature de ces sectes « extrème-gauche » extrêmement poreuse aux idéologies woke. Dans chaque cas de figure les « trotskiens » choisissent toujours un camp capitaliste4, ou un accommodement tout aussi capitaliste comme LO, qui, en 1995, s'associe au plan vigipirate « à condition d'y rallier la population immigrée » pour ne pas dire musulmane (cf. mon livre p.187). Ensuite ils jouent un rôle, sous-estimé par les aveugles, de syndicats de l'islam pour laisser croire aux ouvriers musulmans qu'ils les soutiennent et en se tapant électoralement des électeurs de souche musulmane, monter sur leur dos pour assurer leur arrivisme politicien.


RETOUR VERS LE FUTUR : LA GAUCHE BOURGEOISE CAMELEON

Au cours des années 1980, années de la gauche au pouvoir, les lendemains électoraux glorieux sont tristes et c'est paradoxalement à ce qu'elle est devenue aujourd'hui une gauche lucide face au pourrissement de la société qui s'avançait même au sein de la classe ouvrière. Au gouvernement n'importe quel parti ne peut pas bercer d'illusions (fussent-elles islamo-compatibles) aussi quand les Mauroy et Cie sont informés du désir de prière dans les usines et de conflits plus d'ordre religieux que salarial, le premier ministre va lâcher une vérité que les Taubira et Cie conchient aujourd'hui au nom d'une haine racialiste et post-coloniale éternelle de la société française, ce que le Libération de l'époque traduit comme « un supposé problème musulman »: « L’existence de « groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ». Pauvre Mauroy qui sera dénoncé pire que le diable par les gauchistes pas encore islamisés, Auroux lui se dégonfle5. On apprend à l'époque toujours «La demande d'avoir des salles de prière a été faite par la CGT de Citroën». Les renseignements généraux (RG) «font des rapports évoquant "l'islam ouvrier"». On m'objectera que cette demande de prière n'a rien à voir avec les égorgements islamistes d'hier et d'aujourd'hui, mais si car la guimauve de la croyance induit d'abord la sentimentalité communautaire, sinon comme naguère dans les méthodes de la classe ouvrière sans races ni religion - prêt-à-ne-pas-penser, ces ouvriers croyants dénonceraient ou manifesteraient contre les égorgements lâches de leurs coreligionnaires.

Un management religieux était devenu nécessaire en 1983 et de bonne guerre pour un patronat sachant la nécessité d'un prolétariat immigré, et sans défense, pour mieux réaliser ses profits. Les collaborateurs syndicaux emboîtèrent le pas. La première entreprise à ouvrir une salle de prière à ses salariés musulmans en 1976 avait été Renault suivie deux ans plus tard par Talbot. Les directions d’entreprises étaient favorables à des aménagements de lieux de cultes dans leurs usines, y voyant un élément de régulation social corporatif. En 2021 on peut constater la même logique avec l'autorisation de la construction de mosquées un peu partout par les meilleurs nouveaux élus capitalistes les écologistes ; quoique la revendication de salle de prière au boulot tombe en désuétude et ridicule (qui a vraiment envie de prier ou de jouir sur le terrain de la « torture »?). En gros, du fait de l'effondrement et de la faiblesse de l'encadrement syndical laïque, la bourgeoisie avait compris qu'il lui restait le flicage musulman, bien plus efficace d'ailleurs pour éviter les grèves à répétition où la prétention à une « autonomie ouvrière », sans oublier l'intérêt de cliver religieusement la classe ouvrière.

ELOGE DE LA FESSE BLANCHE

Les écologistes n'ont pas tardé à dévoiler qu'ils sont les nouveaux khmers rouges contre des habitudes « occidentales » : supprimer le Tour de France machiste et pollueur (Doucet maire de Lyon), ne plus couper les sapins (Hurmic maire de Bordeaux), autoriser la big mosquée de Erdogan (le maire arménien de Strasbourg), etc.

L'islamo-gauchisme n'est pas seulement vert, il est aussi vert de gris, avec la même bouillabaisse qui contient l'anti-racisme de façade, l'acclamation de l'islam et l'interdiction de donner son avis surtout si l'on est blanc, porteur de « la pensée blanche » comme l'a établi l'immense philosophe Thuram, chargé de visiter les écoles de France pour enseigner ses conneries. Représentante de l'élite noire parvenue elle aussi, et qui avait su si bien se moquer de Philippe Poutou comme pauvre type sans diplôme, bombardée candidate du PS, Audrey Pulvar est venue ajouter sa touche racialiste, au nom du PS désormais à la suite des Verts multicolores, en interdisant à toute femme (blanche) de prendre la parole au milieu de femmes noires, dans les révolutionnaires réunions « en non-mixité raciale », qui signifient surtout évidemment en « mon-mixité de classe » ! Heureusement que le trotskien retraité Mélenchon a assuré que Pulvar « n'est pas raciste », non elle est pire que ça, elle est conne.

LA NOUVELLE GAUCHE ECOLO-BOBO, ANTIRACISTE ET MUSULMANIAQUE

Pour faire plaisir à la galerie sans remettre en cause les concessions aux clans, gangs et familles islamiques, le gouvernement venait de lancer des « Etats généraux de la laïcité », sans doute pour faire croire qu'il intervient un tant soit peu contre l'islamisation de la société voulue par le croupion PS, le résidu du PCF et les islamo-gauchistes ; toutefois avec des grosses têtes pour que les questions se tiennent en tout bien tout honneur. La laïque Marlène Schiappa a donc été considérée comme provocatrice par une ancienne députée, du quota gouvernemental pour une intégration ministérielle convenable des anciens colonisés, pas pour promouvoir un travail juste et équitable à tous les ouvriers venus d'ailleurs, Mme Najat Vallaud-Belkacem a vomi que la notion de laïcité est «instrumentalisée par l'extrême droite, par la droite, puis aujourd'hui, par ce gouvernement», comme son journal préféré Libération lorsque face à tout meurtre islamiste c'est un point de plus pour le FN. Selon elle, les «forces politiques» qui l'instrumentalisent sont de plus en plus nombreuses et donnent l'impression qu'elle n'est «convoquée régulièrement que pour exclure une religion, et en l'occurrence, l'islam». «J'ai beaucoup d'interrogations» a-t-elle déclaré. Pas de pot, trois jours après, il y a encore un autre con de musulmaniaque qui a flingué en plus « une femme blanche » et simple employée même pas armée pour se défendre.

N'avait-elle pas raison cependant ? ce débat sur la laïcité était-il si urgent pour le pays actuellement, alors qu'on continue d'égorger tranquillement après le meurtre de Samuel Paty avec cette pauvre Stéphanie qui n'avait que le tort d'être française et d'élever « dans la paix et l'amour » ses deux enfants. Le sujet de fond de nos cyniques mitterrandiens antiracistes et des nimbus écolos est de s'emparer électoralement du pouvoir, ou à défaut de nuire au prolétariat. En outre la laïcité n'est pas en cause à chaque égorgement : « «La laïcité est un pilier de notre République, le ciment de notre concorde, de notre paix civile et je pense qu'il faut éviter d'en faire un champ de bataille», a expliqué la « socialiste » qui croit que l'on va éviter de se défendre sur le champ de bataille de l'islam. La redondante ex-ministre de l'Etat capitaliste, diplômée et parvenue contrairement à ce manant de Poutou, exhiba ensuite son passé de prêcheuse pédagogue d'âneries et de clichés à dormir debout aux écoliers révérencieux :

«L'égal respect pour les individus quelles que soient leurs convictions religieuses ou leur absence de conviction religieuse et le fait que les services publics doivent traiter ces individus de la même manière sans discrimination». Et de conclure : «Lorsque j'expliquais cela aux jeunes, leur regard sur la laïcité changeait, ils se rendaient compte que c'est une valeur, que c'est précieux et que ça mérite d'être respecté, aimé et chéri».

On n'a pas eu droit au couplet sur l'accueil généreux des migrants vu un autre scandale en cours6. L'arc en ciel couleur caca des clans de la gauche bourgeoise patauge en vue de son inévitable fiasco électoral, mais on fait ce qu'on peut lorsque l'on est complètement ridicule face aux principes politiques du prolétariat.

Heureusement on a avec nous un virus communiste depuis 2019. Selon lui il n'y a plus de classes sociales, tous on peut les crever tous. Pas de privilégié, sauf parfois encore dans la délivrance des vaccins, plus ou moins fiables. Notre ami Convid nous rappelle à tous que les labos pharmaceutiques sont des engeances de fumiers, comme les clubs de football. Avec l'internement de toutes les populations, la fin du petit commerce mercantile, les restrictions de circulation, le monde respire mieux, on ne dépense plus inutilement, les guerres sont immobilisées, la production des bagnoles est ralentie. On se soucie non de la santé certes du vieux isolé dans le village, mais de savoir s'il n'est pas porteur du virus pour éventuellement le faire interner. Les infirmières et aide-soignantes se sont rendues compte qu'on se foutait de leur gueule. Les payes tombent « quoiqu'il en coûte ». Ne serait-on pas en voie de faire le saut automatique einsteinien dont rêvait notre ami Bordiga. Je suis sûr que le petite Stéphanie aurait ri de ma parabole assez utopiste, il faut en convenir.





NOTES


2 Ce fut une des preuves les plus tangibles de la gauchisation des trous du cul magistrats, la publication d'une vidéo du mur des cons en avril 2013, sur le site Atlantico, avait donné naissance à l'affaire du même nom. Sur ce panneau, situé dans un local privé du Syndicat de la magistrature, figuraient des photos de personnalités de droite et de parents de victimes sous l'inscription « Mur des cons ». Pendant plusieurs semaines, la polémique avait enflé. Quand les détracteurs du syndicat s'interrogeaient sur l'impartialité de la justice de classe, ses suce-boules gouvernementeurs répondaient en brandissant l'argument des images volées, qui n'auraient donc pas dû être diffusées. La ministre de couleur (libérée et adepte du vélo) Taubira avait d'ailleurs tardé à prendre une position plutôt doucereuse envers le « scandale inventé » de ses collègues magistrats bourgeois.

3Même raisonnement après le meurtre de Samuel Paty, le NPA invente une avalanche d'actes « islamophobes » par après, l'assassinat de Paty est simplement « horrible » mais il suffit de compiler des dégradations, certes débiles, mais de les coller ensemble sans lieu ni date indiquée pour excuser égorgement et meurtres d'islamistes (et ils osent s'offusquer qu'on les qualifie « d'islamo-gauchistes »)  : « Depuis l’horrible assassinat de Samuel Paty, pas un jour ne se passe sans de nouvelles violences, symboliques ou très concrètes, contre des individus, des collectifs ou des lieux de culte musulmans : dégradation de mosquées (à Montélimar, Bordeaux, Béziers…), agression armée à caractère raciste contre des femmes voilées près de la Tour Eiffel, appels au meurtre contre des militants de diverses organisations musulmanes – ou supposées telles, etc. ».La chasse aux musulmanEs et aux «islamo-gauchistes» est ouverte, et le gouvernement en est responsable | NPA (nouveaupartianticapitaliste.org) . Ce n'est même plus padamalgam mais changeons de sujet ou évitons le sujet qui fâche pours défendre systématiquement « la religion des damnés de la terre et du colonialisme ».

4Mon livre « Les trotskiens » publié à mes frais en 2002 est probablement le meilleur décryptage et déshabillage de l'histoire du trotskisme en France et reste une bible de référence. Un bonne nouvelle, la faillite il y a deux ans de l'imprimerie France Quercy, cette association de voleurs « français » qui m'a coûté si cher. Vive les impressions en Allemagne ou en Chine !

5Auroux se dégonfle aujourd'hui pour son constat de l'époque. Quand on lui lit aujourd'hui ses propos de l'époque, Jean Auroux pense qu'il faudrait «les nuancer». Mais il explique que ses informations lui étaient arrivées par le biais de syndicalistes : «ils m'avaient alerté sur le fait qu'au-delà de la revendication syndicale et sociale, certains s'étaient immiscés dans le débat syndical pour donner une couleur religieuse.» Sans intention, insiste-t-il, de casser le mouvement : «Mon état d'esprit n'était pas d'arrêter le mouvement, c'était d'éviter sa dérive.» « Une «dérive» dont la réalité de la menace n'a donc jamais été clairement établie », ajoutait Libération de l'époque toujours fidèle à toutes les modes du mensonge déconcertant.

6https://www.capital.fr/economie-politique/un-gigantesque-montage-pour-blanchir-de-largent-demantele-en-seine-saint-denis-1400516

Tags racistes ou anti-islam? Ou quand le gouvernement emprunte le langage amalgame simplet des islamo-gauchistes. Puis quand Darmanin se déplace pour voir ce qui est sur la photo, inscription  plus  théorie de l'extrême droite et pas spécialement raciste mais fausse, le problème principal n'est pas l'immigration mais l'islam qui sert de prétexte à tout meurtre de taré, du mode de vie différent mais imposé on ne peut aboutir qu'à ,l'élimination du non-croyant, c'est dans le coran.. Mais Darmanin fait dans la démagogie et le cynisme en plaçant sur le même plan l'assassinat lâche d'Elodie et un tag plutôt confus mais compréhensible; alors que si par exemple il avait été écrit avec humour: "Allah vous a prévenu"... il serait resté à Paris.



mercredi 21 avril 2021

LA MISE EN VALEUR DE L'ART « NEGRE » PAR CARL EINSTEIN

 


Après l'assassinat de Rosa Luxemburg le 15 janvier 1919, même si l'on n'a pas réussi à identifier son corps jeté dans le canal par les tueurs de la gauche au pouvoir, une commémoration a lieu où pour le jeune parti communiste Paul Lévi tient l'oraison funèbre. A ses côtés prend la parole un artiste révolutionnaire qui jouera un rôle très important pour l'éclosion de l'art moderne et surtout pour avoir mis en valeur l'importance de l'art africain, qui a largement inspiré cet art moderne.

Carl Einstein prononcera aussi l'oraison funèbre de Durruti puisqu'il s'était rendu en Espagne en 1936 pour combattre le fascisme espagnol. J'ai connu en 1971 le sculpteur Jean Chauvin, un contemporain qui avait aussi travaillé pour Rodin et qui manifestement, même dans l'abstraction a été influencé par « l'art nègre » (tant pis pour les incultes et primitifs racialistes de la rive gauche) ; je l'avais rencontré plusieurs fois et même interviewé mais ces abrutis d'Actuel non seulement ne l'ont pas publié mais l'ont perdu, des sculpteurs dans mes connaissances ont regretté cette perte, alors qu'il n'existe qu'un interview de Chauvin décédé en 19761.

Revenons à Carl Einstein, ainsi que le présente Liliane Meffre dans l'ouvrage : « La sculpture


nègre » (ed L'Harmattan)2 :

« La sculpture nègre de Carl Einstein compte au nombre des œuvres maîtresses du XX e siècle. Par une analyse formelle audacieuse et novatrice, cet ouvrage a, en effet, conféré aux objets d'art africains un statut définitif d'oeuvres d'art à part entière. Véritable découvreur de l'art africain, Carl Einstein a pour la première fois dans l'histoire de l'art occidental posé un regard sans préjugé, sans a priori ni ethnocentrisme sur un art dit tribal, primitif ».

***

Intellectuel, militant, théoricien de l'art de son temps et des cultures du lointain, romancier et historien, Carl Einstein joua un rôle décisif dans l'histoire des idées du XX e siècle, au croisement de l'ethnologie, de la psychanalyse et de la philosophie.

En adéquation avec son époque « trop tardive », la formation intellectuelle d'Einstein (pas de la même famille que l'autre si connu) ne fut pas systématique, mais éclectique ni scientifique. Einstein était un homme animé d'une grande curiosité, perpétuellement en partance pour des terrains de connaissance encore peu explorés. Il ne fut pas seulement l'un des plus célèbres découvreurs de l'art africain et du cubisme ; certains des textes inédits attestent qu'il fût également féru de scupture archaïque, d'Art d'Asie centrale ou encore d'art océanien. Il écrivit sur les gravures japonaises, les tissus d'Amérique du Sud, la sculpture française, les Ballets russes... Il fut surtout un autodidacte, mais suivit quelques études de philosophie, d'histoire et d'histoire de l'art. A l'instar d'autres représentants de la génération « expressionniste » (mon dada, JLR), tels Ernst Bloch ou Siegfried Kracauer, il assista aux cours de Georg Simmel, si curieux des différentes facettes de la vie moderne. Dans sa théorisation d'un sujet actif et changeant, en négociation permanente avec le monde, et pourtant solide, Einstein fut également influencé par le sensualisme empiriste d'Ernst Mach et le vitalisme de Nietzche.

Ses premières publications furent des critiques d'art – pas forcément de l'art d'avant-garde – et un roman : « Bébuquin ou les dilettantes du miracle » (1912). Par le nom de son héros, devenu son alter ego pour le reste de sa vie, qui faisait écho aux mots français « bébé » et « mannequin » ; Einstein suggérait une tension ironique entre son désir romantique de posséder une subjectivité « vierge » d'histoire et son scepticisme quant à la possibilité d'une telle subjectivité. Ses premiers textes politique, publiés comme certains de ses travaux plus purement spéculatifs dans la revue anarchiste « Die Aktion », témoignent du même besoin impératif de vivre la révolution comme rupture apocalyptique du temps continu. En cela, Einstein s'inscrivait dans le courant d'un certain messianisme juif de gauche, entre Martin Buber et Ernst Bloch, Gustav Landauer et Walter Benjamin.

C'est en 1913 qu'Einstein devint un fervent admirateur du cubisme, dans lequel il crut reconnaître sa propre quête de subjectivité contestant l'immuabilité du réel. Son soutien à la peinture cubiste demeura sans faille, comme sa grande amitié avec Daniel-Henry Kahnweiler, collectionneur et marchand d'art mondialement connu. Considérant que l'objet n'existait que par ses signes, par ailleurs infinis, les cubistes agnostiques Georges Braque et Pablo Picasso cherchaient à peindre les rapports différentiels entre ceux-ci plutôt qu'à restituer l'objet substantialisé.

L'intérêt d'Einstein pour « l'art nègre » date de la même époque. Il entreprit l'écriture du traité « La sculpture nègre » (Negerplastik) début 1914, mais, blessé peu de temps après le début de la guerre - (il avait tenu à s'engager dans l'armée pour défendre l'Allemagne, millionième preuve, contre le complotisme nazi) que les juifs n'étaient pas des comploteurs de l'arrière, mais payaient aussi de leur peau la triste « défense de la patrie) – il était hospitalisé au moment de la parution du livre, en 1915. Opposé à l'attitude viscéralement antimilitariste de la revue « Die Aktion », il s'était porté volontaire, en quête de « camaraderie » qui lui manquait en temps de paix. En 1915 il fut transféré à la section coloniale del'administration allemande de Bruxelles.

Il séjourna alors au musée de Tervuren, dont il fréquenta notamment la bibliothèque. Sa

Jean Chauvin, j'en ai possédé une...

connaissance de l'art africain s'était beaucoup approfondie lorsqu'il publia « La Sculpture africaine » (Afrikanische Plastik), en 1921. A Bruxelles, il entra également dans des Conseils de soldats. Par la suite, il devint un activiste des Conseils révolutionnaires berlinois. Cette confrontation avec le « réel » trouve également son expression dans son soutien à l'art « réaliste », attesté par sa correspondance avec le peintre Moïse Kisling. Au cours de ces années Einstein prit ses distances avec l'art moderne, jugé alors trop subjectiviste et élitiste.

Il se rapprocha de la branche marxiste du mouvement dada, autour du thème de la « fin de l'art ». L'art moderne ne retrouva les faveurs d'Einstein que deux ou trois ans plus tard. C'est dans son opus magnum, « L'Art du XX e siècle », paru en 1926 puis remanié à deux reprises en 1928 et 1991, qu'il livra ses réflexions les plus approfondies dan,s ce domaine. Le prospectus de l'éditeur annonçait : « La première tentative d'apporter de la clarté dans le chaos de l'art de notre temps, de faire la part entre ce qui a un prix et ce qui est sans valeur ». L'art moderne contestait l' « imitation », entendue comme reconnaissance, répétition, appropriation et accumulation de l'objet par le sujet. Le cubisme était au cœur de « L'Art du XX e siècle ». Exaltant Picasso et son art de la métamorphose, Einstein décrivait ce dernier comme une lutte incessante entre le principe passif et fluide de l'ahllucination et le principe actif et constructif du tectonique. Le sens « tragique » antique, dont il déplorait l'absence dans la société moderne, ressurgissait sous une forme plastique dans la peinture de Picasso.


La troisième version de « L'Art du XX e siècle » (1931) porte les marques d'une ethnologisation ou d'une « primitivisation » de la pensée de cet homme. Elle se traduisit d'abord par l'implication d'Einstein, émigra à Paris en 1928, dans la revue Documents (1929-1930) aux côtés de Georges Bataille et de Michel Leiris. Plusieurs textes publiés par lui dans la revue furent la matrice du chapitre sur le surréalisme ajouté dans son livre, « La génération romantique ». L'empreinte ethnologique fut sensible dans tous les remaniements de l'ouvrage. La primitivisation d'Einstein se manifesta également dans une dilatation de ses intérêts historiques et artistiques ; le dénominateur commun des arts auxquels il s'ouvrait était la distance, forfuite ou volontaire, qui le séparait de l'art « classique ».

ENGAGEMENT POLITIQUE

En 1932, Einstein acheva une monographie consacrée à Braque (publiée en 1934). A cette date, son approche de l'art moderne était encore positive. Mais une impatience perçait déjà dans sa correspondance ; cet art était désespérément en retard par rapport à ses attentes ontologiques et politiques. Einstein se moqua dès lors toujours plus critique envers les « hallucinations » de l'art moderne. Le pôle de la subjectivité exclusive, avait aspiré, tel un cyclone, le chaos de l'art de son temps.

L'impulsion réaliste et d'esprit collectif d'Einstein le conduisit à nouveau vers l'action politique, en 1936, aux côtés des républicains et anarchistes espagnols, en 1936. Il quitta Paris brusquement pour s'engager dans la colonne anarchiste de Durruti. De retour en France en 1939, il reprit l'écriture et trouva dans l'histoire de l'art un substitut à la politique. Tout en se demandant si celui-ci était encore nécessaire en un temps où les masses – c'est à dire un sujet qui n'était pas vraiment le sein – étaient seules à détenir la clé de l'avenir politique. Il entreprit l'écriture convulsive de divers textes d'histoire de l'art – dont un Manuel de l'art en cinq volumes dont le plan ainsi qu'un quarantaine de chapitres figurent dans ses écrits posthumes -, dans une acception bien différente de celle qui avait inspiré L'Art du XX e siècle. En 1939, Einstein fut arrêté, puis interné dans un camp. Aussitôt libéré, il tenta de s'enfuir mais s'arrêta à la frontière espagnole. Dans l'Espagne franquiste, il était un proscrit. Il se donna la mort en 1940 en se jetant dans le gave de Pau une pierre suspendue à son cou (comme cela avait été le sort de Rosa). Ce fut la fin de la lutte de la fluidité subjective contre la pesanteur objective.





1Si un de mes lecteurs a connaissance d'un lieu où ont été déposées les archives (si elles existent) de la revue Hippie ACTUEL (je connaissais Patrick Rambaud à l'époque) qu'il me le communique bordel !

2Lire aussi Vivantes figures : penser l'esthétique avec Carl Einstein (en-attendant-nadeau.fr)

lundi 12 avril 2021

MISERE DE L'ULTRA-GAUCHE PORTUGAISE

 


ou le remake pieux et piteux de l'économisme


« Il y a une tristesse ouvrière dont on ne guérit que par la participation politique ».

GeorgesNavel


Contre toutes les variétés de cette variante cultivée de l'anarchisme que représente désormais le « Conseillisme » porté par foison d'intellectuels déclassés ou mal classés, je dois dire que la relecture du « Que faire ? » (sans oublier « Douze années » comme introduction) de Lénine dont on a dit pis que pendre, voire dénigré historiquement plus longtemps que ne le sera l'AstraZeneca, me fait du bien, et Lénine demeure pour moi un des génies de la perspective socialiste et communiste.

Lénine a convenu finalement, sous le feu de la « chicanerie » de Plékhanov, pinaillage qui n'était pas infondé, que le parti n'apporte pas la conscience de l'extérieur (« ma formulation n'était pas très adroite ou pas très précise » - comme il le rectifie dix ans après dans le recueil « Douze années »). Mais il faut bien convenir que, de l'intérieur, et plus largement à l'extérieur, le parti contribue bien à « développer la conscience ». La plupart des réflexions approfondies en faveur des classes exploitées ne sont plus apportées par les philosophes au XIXème siècle puis au début du XX ème, mais par des organisations ou partis « de classe ».

Je connais une bande de modernistes et autres communisateurs qui se sont formés sans risque à la lecture et prise de connaissance des textes les plus frappants du parti bordiguiste, de RI puis du CCI, tout en feignant y être arrivés « par eux-mêmes », mais, pour ensuite par après les dénigrer, gage de leur « indépendance d'esprit » et cache-sexe de leur nouvelle soumission à l'ordre dominant et diminuant.

Pourquoi faudrait-il dénier le rôle de la propagande, la nécessite de diffuser l'idée révolutionnaire ? Dans le cloître ou la mosquée l'idée révolutionnaire, tombant du ciel ou de la lecture de quelque saint livre, viendrait guider ou dévoyer le croyant vers le péché communiste ? Oui l'idée révolutionnaire a bel et bien été diffusée par les cercles, même anarchistes et les partis socialistes. Tous les petits rigolos qu'on classait post 68 dans la catégorie ultra-gauche, en tant que spécialistes de l'anti-léninisme venant d'un vieux courant historique de type gauchiste mais très confus, ne voudront jamais reconnaître un quelconque tribut aux partis révolutionnaires (« organisés », houlala!) du début du XX e siècle, ni


reconnaître que, toujours hors de cette nommée ultra-gauche, ils doivent à peu près tout du restant de leur radicalité aux deux courants principaux de cette époque, le bordiguisme et le CCI. Deux courants qui ne sont pas morts par contre l'idéologie anarcho-ouvriériste du dit Conseillisme est bien kaput. Déjà un peu après les débuts du mai 68, je fus interloqué par l'apparition du slogan « tout le pouvoir aux Conseils ouvriers ». Quésaco ? par la suite j'ai su d'où il provenait et je l'ai fredonné moi aussi un temps de militance. Les ouvriers étaient déjà minoritaires dans la classe ouvrière ! Quelques mois plus tard j'allais être embauché dans une entreprise nationalisée qui avait déjà la forme d'une pyramide à l'envers : deux tiers de ronds de cuir pour un tiers seulement d'ouvriers en bleu !

Mais franchement cela ne veut plus rien dire comme le slogan du PSU de jadis « Pouvoir ouvrier », comme les formes bâtardes de soi-disant gestion ouvrière, la fable de l'autogestion ou la corporative nationalisation. Le mouvement des Conseils apparus au moment de la révolution de 1917 était conçu comme succédant aux syndicats, mais il en gardait la caractéristique tout en croyant que ce nouveau syndicalisme amélioré aurait vocation à diriger la société tout entière au niveau du « pouvoir » c'est à dire d'un nouvel Etat, que le stalinisme a représenté finalement. Toute forme sociale de la lutte à telle ou telle époque n'a qu'un caractère provisoire, c'est ce que Lénine avait compris. Néanmoins on lui a reproché (anars et conseillistes) d'avoir flingué cette aspiration au pouvoir des « ouvriers organisés en tant qu'ouvriers », c'est à dire surtout une minorité de la population et des ouvriers surtout des centres industriels. Ce n'est donc pas tant le parti qui « a pris le pouvoir » que les Conseils ouvriers ou Soviets qui ont été incapables de l'assumer ou même de le prendre réellement. Car le pouvoir fut-il nouveau, ne peut fonctionner comme un comité de grève ou une fédération syndicale. Contrairement à ce que le CCI a pu prétendre, les Conseils ouvriers ne sont pas « la forme enfin trouvée » de la dictature du prolétariat ; on n'en sait rien, tout est à recommencer en tenant compte des changements dans une classe ouvrière plus diversifiée, plus cols blancs, plus éparpillée, et le fait qu'elle ne peut gouverner seule avec d'immenses masses de la population ni bourgeoises ni prolétariennes...

Ces dernières années en France et dans le monde, on a assisté et on assiste régulièrement à toute une série de révoltes sans tête, clairsemées, sectionnées, sans réel projet d'ensemble, sans vision autre que corporative, syndicaliste, racialistes, islamo-gauchistes et j'en passe. En grande partie par IGNORANCE et absence de conscience matérialiste. On a parfois dit depuis 30 ans que le mouvement ouvrier était retombé au niveau où il était à la fin du XIX ème siècle. On ne croyait pas si bien dire ! Avec cette nuance à l'époque, les partis prolétariens combattaient d'abord l'ignorance !

« Malgré la scission de 1903 à 1907, c'est notre parti qui a fourni au public le plus de renseignements sur sa situation intérieure (cf.liste des congrès). Malgré la scission, c'est notre Parti qui a, le premier, avant tous les autres, utilisé l'éphémère éclaircie de liberté pour introduire dans ses rangs la structure démocratique idéale d'une organisation ouverte dotée d'un système électif et d'un système de représentation aux congrès proportionnel à l'effectif des membres du parti (…) Bien entendu ce succès provient essentiellement du fait que la classe ouvrière, dont l'élite a créé la social-démocratie, se distingue de toutes les autres classes de la société capitaliste, en vertu de causes économiques objectives, par son aptitude supérieure à l'organisation » (Préface au recueil : 12 années de travail).

Il y a le positif donc dans la création des embryons de parti, mais il y a aussi les douleurs de l'enfantement :

« Il est indubitable enfin que les militants actuels du mouvement ouvrier russe actuel doivent rompre avec de nombreuses traditions de cercles, doivent oublier et rejeter mille mesquineries inhérentes à la vie et à la cuisine des cercles, afin de consacrer leurs forces à l'accomplissement des tâches actuelles de la social-démocratie. Seule l'affluence d'éléments prolétariens dans le Parti peut, en liaison avec une activité de masse ouverte, déraciner complètement toutes les traces de la mentalité des cercles, héritées du passé et étrangères aux tâches du moment (…) Les cercles, c'est à dire de tout petits groupes étroits, fermés, fondés presque toujours sur des liens d'amitié personnelle, étaient une étape nécessaire du développement du socialisme et du mouvement ouvrier en Russie ». (…) Beaucoup n'étaient que du vent et sont aujourd'hui tombés dans l'oubli, mais ils voulaient alors se battre pour démontrer leur droit à l'existence » (cf. « Douze années »).

Dans ce recueil apparaît un souci qui n'a pas été vraiment analysé par les historiens ni les militants chevronnés du léninisme : Lénine se prononce pour la « neutralité » des syndicats, qui doivent cependant rester proches des partis socialistes ; c'est à dire, à mon sens qu'il ne conçoit pas déjà la possibilité d'une prise du pouvoir ou de la gestion de la société par des syndicats « améliorés », ce que furent au fond les fameux Conseils ouvriers, contrairement au bluff conseilliste que le CCI a tendu à propager lui aussi1.

Inutile ici d'épiloguer face aux irresponsables rebelles anarchistes du tout ou rien et de la croyance au passage à une société sans Etat sans transition, comme si on décidait de détruire l'Etat de Macron en croyant ainsi résoudre plus vite la pandémie.

Un autre constat, que j'ai fait avec mon éditeur dernièrement, il y a eu après 68, et aussi un peu partout dans le monde, une intronisation de la contestation, sorte de sarabande politique où tout est désiré sauf le pouvoir où il est bien plus bandant d'entretenir une confortable sinécure de la surenchère ; ce qui est finalement la nature et la fonction de la gauche bourgeoise : aujourd'hui même en plaidant être victime de la décomposition sociale, voire des ouvriers racistes.

On ne compte plus les groupes gauchistes ou ultra-gauchistes qui ont disparu et ce n'est pas grave du tout. Idem pour les sites animés par un ou deux individus et qui se font passer pour des groupes2.


Je ne vais pas revenir ici aujourd'hui sur les diverses interprétations ou confusions concernant le terme ultra-gauche, qui manifestent au mieux une ignorance caractérisée, au pire une volonté de nuire au véritable courant historique anti-parlementaire, avec sa « gauche » néo-bolchevique et sa droite conseilliste...3. Je ne vais pas non plus me pencher sur les nombreux individus qui font profession de Conseillismes (au pluriel) et vivotent dans la haine de tout parti.

LES CONSEILLISTES DE SONT PAS LES PAYEURS

Mélange hideux d'individualisme bobo et de flagornerie, Radio Vosstanie4, noyée au milieu de tant de ces « radios libres » pour fans de salles de rap étroites, était au départ une expérience intéressante de la part de quelqu'un de sincèrement révolté, revenu des mensonges anarchistes et soucieux de diffuser à la fois une respectable connaissance livresque du véritable mouvement révolutionnaire, avec une prétention à organiser, ce que les médias totalitaires étouffent, des débats entre gens d'en bas et cercles désireux de trouver les moyens de réellement combattre cette société

Rebelles à la mode

pourrie. L'idée d'émettre par radio ne risquait-elle pas d'ouvrir une audience plus large aux vrais révolutionnaires, non pas cette noria de gauchistes miteux, petits soldats des idéologie dominantes, que cette presse et cette diffusion par tracts qui font ringards à l'heure du portable et de l'inculture politique générale ? Cette idée de "radio radicale" comme si la radio était un instrument nouveau fait penser à ces radicaux du 19ème qui pensait que jeter une bombe faciliterait la révolution.

En général à l'origine de la haine anti-parti il y a les rois, les dictateurs, les patrons et les syndicats, toute cette engeance qui ne supporte pas de voir remise en cause les autorités « personnelles ». C'est classique et historique. Pour tout dire, cette haine est la voie royale au gourou. Celui-ci n'a besoin de personne pour décider, c'est lui qui décide, c'est lui qui décide aussi s'il est une organisation ou pas. On glose beaucoup sur l'expansion délétère de l'individualisme au XX ème siècle (même les pires individualistes), mais il n'aime jamais tant se cacher que derrière une présumée organisation. Exemple. Prenons tout de suite la présentation de cette web-radio il y a quelques années :

« Vosstanie est une web-radio, animée par un groupe politique révolutionnaire classiste se réclamant de la Gauche communiste (libertaire / anti-autoritaire), ainsi que des conseils ouvriers.

Son but est la lutte pour l’abolition du capitalisme sous toutes ses formes (régulée ou nationale, à visage humain ou participatif etc.), la loi de la valeur, le salariat ou tout autre système d’exploitation, soumission du travail au capital ou de l’homme/femme par l’homme/femme.

Elle combat toutes les formes de hiérarchies humaines basées sur la science, le sexe, la couleur de la peau, le diplôme ou le mandat « révélé » ou politique bourgeois. Mais aussi les conséquences de l’informalité organisationnelle qui débouche sur le tribalisme politique et ses hiérarchies cachées fussent-elle « libertaire ». Elle revendique l’unicité de l’espèce humaine et lutte pour l’abolition des nations, frontières, drapeaux, classes ».

J'ai eu l'occasion de les inviter chez moi une paire de fois, mais ils n'ont pas la reconnaissance du ventre. Outre le fait qu'il leur est impossible d'être même un embryon d'organisation – c'est une librairie à auteurs surtout portugais, « petite structure théorique ultra-spécialisée autour de textes » (pour le parodier) – et un parloir à bla-bla taillé sur mesure, la mentalité est la même que celle de l'aventurier Bakounine :

« Là où les organisations prolétariennes fonctionnent à travers des organes centraux élus, rendant des comptes, la hiérarchie compliquée de Bakounine n'était redevable devant per­sonne d'autre que lui-même. Là où les organisations prolétariennes, même lorsqu'elles doivent agir dans la clan­destinité, sont fondamentalement ouver­tes à leurs camarades, Bakounine traite les membres de niveau « moyen » de son organisation comme de simples fan­tassins qu'on manipule à volonté, et qui sont inconscients des buts qu'ils servent réellement »5.

Ne connaissant véritablement que dalle au fonctionnement minima d'une véritable organisation, notre journaliste anarchiste considère toute tentative d'organiser l'activité révolutionnaire de façon centralisée comme suspecte : le seul centralisme qu'il ima­gine est la hiérarchie bureaucratique des organisations gauchistes et la dérive du CCI, qui n'a jamais vraiment compris ni dénoncé la haine de la hiérarchie en milieu ouvrier. La remise en cause de la hiérarchie comme souci premier des révoltés de la classe d'en bas est relativement négligée6 et apporte de l'eau au moulin des flibustiers des radios « radicales », pourtant les marins russes flinguent leurs officiers au tout début comme les communards ont fusillé des généraux.

Mais sur le fond, la question de la transition, c'est le CCI qui est à l'avant-garde de l'approche la plus approfondie et la plus cohérente comme programme d'avenir, même si les organismes de type conseils ouvriers porteront un nom moins... corporatif !

« - L'Etat de la période de transition, ou semi-Etat, qui surgit inévitablement après le renversement de la bourgeoisie, a une fonction essentiellement conservatrice de garant de la cohésion de la société, au sein de laquelle il existe encore des antagonismes de classes . Ainsi il n’est pas l’émanation du prolétariat et, de ce fait, ne peut constituer l'instrument de la marche en avant vers le communisme, ce rôle continuant de revenir en exclusivité à la classe ouvrière organisée en conseils ouvriers et à son parti d'avant-garde. De plus, dans les périodes de reflux de la lutte de classe, cet Etat tend à exprimer pleinement sa nature réactionnaire intrinsèque contre les intérêts de la révolution ;

- C'est la raison pour laquelle, l'identification des conseils ouvriers avec l'Etat ne peut que conduire à la perte de l'autonomie de classe du prolétariat ;

- De même, l'identification du parti avec l'Etat ne peut que le conduire à la corruption de sa fonction d’avant garde politique du prolétariat en devenant le gestionnaire de cet Etat. C'est une telle situation concernant le parti bolchevique qui l'a conduit à prendre l'initiative de la répression de Kronstadt, une tragédie pour le prolétariat, et à progressivement incarner la contre-révolution montante7.

De l'anarchisme à l'anarchisme...

Dans la description de son parcours notre journaliste vossstanique, il nous étale ses lectures, d'auteurs aussi peu intéressants que ledit Barrot ou l'insipide Rubel, lesquels individus ont bénéficié, le premier des lumières « bordiguistes » lorsqu'il était morveux en politique et Rubel avec son Marx anarchiste reniait ce que lui avait appris la GCF lorsqu'il était jeune militant pas encore devenu un employé nounours de Gallimard. La prise de conscience de classe par la lecture je n'y crois pas un instant, la fabrique d'un itinéraire bcbg par un bobo déclassé, sans doute. Des anars léninistes non plus, même les plus organisés sont formatés pour la contestation éternelle et creuse. Ensuite il n'a pas été pris au sérieux ni par le CCI (où il passé voir une ou deux RP comme un voleur) ni n'a été pris au sérieux par les anciens militants dont moi. Il ne fonctionne de toute façon que par l'insulte, le CCI : « orga complètement léniniste, paranoïaque et quasi complotiste ». Plus infamant croit le gus : « y a pas d'ouvriers au sens sociologique chez eux et c'est même pas une critique ouvriériste que je fais mais y a que des profs et des cadres de la fonction publique comme dans toutes les scissions genre Perspective Internationaliste ».

C'est en effet une idéologie ouvriériste, mais pire dirais-je, populiste portugaise ! Malgré tout le respect que j'ai pour le peuple portugais, fier et arrogant parfois, il n'a jamais produit de grandes lumières marxistes tout en étant la contrée de travailleurs très internationaux, mais plus fidèles que les autres en Europe à la patrie d'origine. L'anarchiste n'est jamais loin du stalinien. Qu'est-ce que sa fiche que dans les cercles des débuts il y ait peu d'ouvriers ? Qu'est-ce que vient foutre la profession de mon compagnon de lutte politique sur le terrain ? J'ai milité et combattu avec des camarades cadres, ingénieurs et professeurs pour qui j'ai gardé estime et admiration. Bien sûr hors de l'organisation, chacun retrouve naturellement son clan de classe. Seule notre politique de parti faisait rompre toute différence et éliminait ce mépris entre classes d'origines différentes et stratifiées.

Suit ensuite un raisonnement de kleptomane :

« Pour le programme, les positions n'appartiennent à personne ! On pourrait penser qu'on a nettoyé ce programme de son « scientisme », son « catastrophisme », son « léninisme » mais ce sont simplement les positions de la gauche Germano-hollandaise systématisée et re-contextualisée. Dont le CCI a été l'héritier un moment au début de sa structuration, avant de basculer dans le lénino-débilisme. Nous pensons que le léninisme est une idéologie de la bourgeoisie c'est à dire élitiste, autoritaire qui ne change rien aux rapports de domination au sens large ».

Si si les positions appartiennent à des courants précis. Notre homme de radio portugais est l'exemple du pillard professionnel qui s'empare du trésor et de la synthèse d'un courant qui ne se réclame pas d'un seul courant mais justement de la diversité d'expériences du mouvement révolutionnaire prolétarien, et dont il est totalement incapable de saisir la méthode marxiste. Et je lui interdis d'insulter la mémoire de Lénine comme de Robespierre.

Le bourgeois c'est lui avec ses prétentions livresques, sa lâcheté (distribuer des tracts c'est trop dangereux), son copinage avec quelques érudits portugais, les Charles Reeve et autres Joao Bernardo (ex petit chef arrogant de Combate), bonnes plumes certes mais bobos intellectuels imbus d'eux-mêmes et qui imaginent la classe ouvrière comme une cohorte de saints en voie de rédemption.

Journaliste bénévole, il est le petit gourou qui trône mais ne sera jamais Léon Zitrone. La vision paranoïaque de tout processus organisationnel, il avoue qu'elle l'habite avec ce « nous » prétentieux qui laisse penser qu'il est le chef de quelque chose, au moins de sa femme et d'un paumé qui passait par là :

« Nous sommes très critiques d'un type de militantisme, déjà nous souhaitons pas créer une orga, tu comprends, une de plus ! Qui veut grossir. Tu sais « L'orga » qui se nourrie (sic, et c'est bourré de fautes) de militants pour les dévorer »8.

Un peu plus loin, il avoue le contraire :

« S'il y a bien quelque chose qu'il faut reprendre c'est une critique globale, totale unitaire du monde... et en finir avec ce bouffe énergies que sont les luttes parcellaires. C'est donc une organisation unitaire de combat de classe qu'il faut arriver à émailler ».

Apparemment il utilise un mot contre-indiqué dont il ne connait pas le sens. Emailler = parer une surface de couleurs vives et variées ! Comme le coq portugais réchappé du feu, c'est bon pour les touristes. Lui, petit coq paysan passe son temps à pinailler contre tout regroupement de la classe ouvrière et même des couches intermédiaires de plus en plus opprimées.

En somme, notre portugais de service radio exprime bien l'aliénation anarchiste générée par la culture, multiculturaliste dominante et le droit « citoyen » de dire n'importe quoi et surtout de favoriser l'isolement et la dépression « personnelle », mais « démocratique », autrement dit le minable nihilisme anarchiste.



           Bordiga nous a fait la déclaration suivante...



NOTES:

1 « Le pré-État des Conseils.Le système des conseils qui, dans la situation post-insurrectionnelle, devra assumer la transition structurelle (mise en place de nouveaux rapports de production, élimination de toute hiérarchie dans la production, refus de toute forme mercantile, etc.) et superstructurelle (élimination de toute hiérarchie héritée de l'État bourgeois, de toute la bureaucratie, refus de toute idéologie héritée de la formation sociale antérieure, etc.) est le même système des Conseils que celui qui, avant la révolution, était l'organisation révolutionnaire qui a renversé la bourgeoisie et son État ». Cf.L'État dans la période de transition au communisme (I) (débat dans le milieu révolutionnaire) | Courant Communiste International (internationalism.org) . D'abord cela ne pourra plus s'appeler « système des conseils », pas plus que « comité de citoyens » (cf. 89), mais portera forcément une autre qualification, deuxio ce ne sont pas les Conseils russes qui ont renversé l'Etat, mais le comité révolutionnaire de Trotsky, mais ce n'est pas un reproche de ma part. Tertio les Conseils n'ont pratiquement jamais eu le pouvoir et tendaient à végéter dans les conceptions fédéralistes.

2Fragments de la gauche radicale en fournit une liste impressionnante abondée des divers gauchismes et anarchismes, des crottes de mouche pour le prolétariat. Je regrette toutefois la fin de la Bataille socialiste, qui a produit un dernier article génial contre l'islamo-gauchisme, terme inusité par tous les péteux, dont le CCI, de peur sans doute de passer pour un allié de la mère Le Pen. Il reste tout de même un grand nombre de références aux groupes du passé puisque son concepteur continue de cotiser à la plateforme. Fragments d'Histoire sur la gauche radicale | Archives et sources sur la gauche extraparlementaire (wordpress.com)

3Cf. ce tissu d'insanités avec un historique déglingué de l'ultra-gauche : De l'ultra-gauche à la communisation - Chroniques critiques (zones-subversives.com) *

4...VOSSTANIE... qui veut dire en russe « insurrection », super radical comme un jet de pavé !

6 Dans une polémique avec un groupe russe (GPRC), le CCI se montre incapable de vraiment répondre aux remarques pertinentes et plus dans le présent du groupe russe. « Et justement, le poids de la hiérarchie sur le cerveau des vivants ne peut être combattu en dehors de la lutte pour l’abolition des classes et ne pourra disparaître totalement qu’avec l’instauration d’une société communiste. En effet, la division du travail n’est pas une caractéristique en propre des sociétés de classe. Elle a existé dans les sociétés de communisme primitif et elle existera dans la société communiste évoluée. Ce n’est pas la division du travail qui engendre la hiérarchie, par contre la société de classe imprime à la division du travail son caractère hiérarchisé, en tant que moyen de division des exploités et de domination sur la société. Le problème de la contribution du GPRC c'est justement que, polarisée sur les questions de hiérarchie prises en soi, en dehors de toute considération d’antagonisme entre les classes, elle se situe tout à fait en dehors du champ du combat politique ». (Cf. L'intervention du CCI dans le milieu internationaliste en Russie : réponse à la contribution du GPRC (août 2005). Bien sûr que si c'est la division du travail qui engendre la hiérarchie !

7Article d'octobre 2004.

8OU par ailleurs, une remarque digne de son père putatif révisionniste Barrot, pervers et hâbleur : « En ce qui nous concerne nous refusons le parti et l'avant-gardisme. Mais si l'ultra-gauche idéologique et morte à culpabilisé son intervention dans les années 70-90, c'est qu'elle se sentait extérieure à la classe en lutte, elle a produit un discours légitimant son extériorité, pour les plus honnête paradoxalement ils sont revenus à l 'idéologie de leur classe, le léninisme, idéologie de la petite bourgeoisie autoritaire (Voir le CCI) ».