"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 18 octobre 2019

DEUX ARRIVISTES A LA MAIRIE DE PARIS : HIDALGO ET PULVAR


« La mémoire, c’est l’organisation de l’oubli ». Henry Rousso

On nous l'a annoncé comme une importante nouvelle en primeur mondiale : l'histrionne de télévision la bourgeoise racialiste Audrey Pulvar se met au service municipal de la reine des bobos parisiens Anne Hidalgo, quoique déjà très sérieusement engagée dans la révolution de la piétonisation des voies sur berges parisiennes ; comme elle s'était mise au service de l'idiot Ruquier pour humilier l'ouvrier Poutou1. A la trinité idéologique qui fonde le totalitarisme politique bourgeois en France – féminisme/écologisme/islamophilisme – il ne faut jamais oublier la pipolisation de la vie politique agrémentée d'un antiracisme de façade2, joujou de l'intégration réussie mais pour une infime minorité. La bourgeoisie multiculturaliste ne repose que sur le maintien des inégalités dans les tribus communautaires.

On me dira que je tombe moi aussi dans le futile en pointant du doigt deux femmes, certes plutôt sémillantes, et franchement pourries politiquement, mais c'est encore une fois pour fustiger la gauche caviar et ses crimes de mémoire. On me dira qu'il y a plus grave pour l'heure. Le Trump au langage
Le meurtre ignoble de Hevrin Khalaf
de psychotique pas si fou qu'il n'en a l'air et qui donne les kurdes en pitance aux deux sanglants dictateurs Erdogan et Assad. On me dira que l'hydre islamiste frappe en plein milieu policier, où pourtant toute la version officielle s'est ridiculisée : vous en connaissez beaucoup des types sourds et muets qui crient « Allah akbar » ? Et ce tueur impulsif, baisé par sa hiérarchie et qui a pété un plomb, si vous appreniez qu'il ne fût qu'un agent double chargé d'infiltrer les milieux islamistes, et pas l'inverse... Il y a tout de même un lien étrange entre deux massacres en Préfecture, celui limité de quatre malheureux fonctionnaires et les tabassages et meurtres massifs de 1961 : le mensonge d'Etat.

Et j'ajoute qu'il ne faut jamais oublier que la classe dominante et ses divers pipoles trafiquent en permanence l'histoire passée. C'est Orwell, je crois, qui fait dire à un de ses personnages : « qui maîtrise le passé, maîtrise l'avenir ». Quand la bourgeoisie et ses médias mentent autant sur le présent, on peut leur faire confiance pour officier au crime de mémoire. Dans ce crime les principaux collabos sont évidemment, à l'extrême gauche du capital, les trotskiens, perpétuels défenseurs du stalinisme et de la mystification des libérations nationales, enfin toutefois meilleurs propagandistes de l'islamisme avec leur ancien petit chef Plenel et jappant d'impatience dans la chasse au Zemmour aux côtés des pires indigestes de la République3.

La commémoration trafiquée du 17 OCTOBRE 1961

Il n'est pas étonnant que la bourgeoise « socialiste » Hidalgo, comme interlude à la campagne municipale de 2020, ait choisi d'inaugurer une stèle à la mémoire des victimes des exactions policières cruelles de cette triste journée pour, à son tour, instrumentaliser une mémoire trafiquée. Mais elle ne le fait pas de façon neutre ni objective. Elle vise bien évidemment la clientèle des nombreux électeurs bobos ignorants et anticolonialistes à retardement. Elle parade en compagnie d'un sous-ministre algérien, énième bureaucrate issu du sérail des escrocs politiques qui mettent le peuple et le prolétariat algérien en coupe réglée depuis des décennies. Intéressons-nous d'abord à la façon dont procède l'ensemble de la presse, se contentant de reproduire le « communiqué » suivant de l'AFP et la scène, près de la Seine :

« Le 17 octobre 1961 plus de 20.000 Algériens défient, à l'appel du Front de libération nationale (FLN), le couvre-feu qui leur a été imposé dans la capitale. En effet, après une série d'attentats en France contre des policiers, les autorités avaient instauré début octobre 1961 un couvre-feu pour les Algériens, dans Paris et sa banlieue. Le FLN avait appelé les Algériens à braver ce couvre-feu, qualifié de raciste et qui entravait ses activités. La police est submergée et des affrontements commencent. La situation dégénère, plus de 12.000 manifestants sont arrêtés et quelques dizaines à plus de 200, selon les sources, sont tués par balle, à coups de pioche ou de crosse de fusil, et jetés dans la Seine par les forces de l'ordre.
58 ans plus tard, ce jeudi 17 octobre 2019, Anne Hidalgo décide d'inaugurer une stèle artistique en hommage aux victimes. "C'est l'histoire de Paris, notre histoire, celle d'une ville qui n'accepte pas ce type de répression, qu'on puisse tuer des femmes et des hommes parce qu'ils manifestaient pacifiquement pour une cause", a déclaré la maire de Paris, après une brève cérémonie, en présente de quelques dizaines d'invités et d'autant de spectateurs, dont plusieurs brandissaient des drapeaux algériens »4.

Le plumitif de l'AFP qui a rédigé ce truc n'est même plus un trotskiste infiltré mais certainement un syndicaliste du NPA qui fabrique à présent comme la plupart des avocaillons et magistrats l'idéologie multiculturaliste dominante. La manipulation du gauchisme d'Etat est d'abord dans l'emploi des termes : ce ne sont pas des algériens qui défilent (souvent contre leur gré, voir plus loin) mais qui « défient ». La nuance est de taille, elle signifie un combat, voire une dignité de colonisés et justifiée. C'est tout juste si les attentats arbitraires contre les policiers sont mentionnés, sinon le contexte de la manifestation ne relevait que de la sainteté. On ne qualifie pas le FLN de gang nationaliste, ce qu'il était, mais on extirpe la qualification de raciste « qui entravait ses activités » (?). Dans une formule éthérée et qui ne signifie rien on nous rapporte le propos hidalguien : « une ville qui n'accepte pas ce type de répression ». On est dans la lune et Hidalgo prend le peuple parisien pour un ramassis d'imbéciles sans mémoire ? Le grand magnitou Mitterrand devant lequel elle s'est tant courbée, de la même filiation « socialiste » ne clamait-il pas à l'époque « la seule négociation c'est la
guerre » ? Le garde des Sceaux Mitterrand a laissé sans broncher aller à la guillotine des nationalistes algériens, qu'ils aient ou non du sang sur les mains : 45 décapitations en 500 jours. René Coty a rejeté 45 fois la grâce, pour laquelle Mitterrand s'est prononcé 8 fois seulement. Parmi les guillotinés, un nom est attaché comme une macule à celui de Mitterrand : Fernand Iveton, militant du Parti communiste algérien exécuté le 11 février 1957. En 1981, président de la République, il fait adopter l'abolition de la peine de mort parce qu'on n'est plus en période de guerre; en 1982, il impose à sa majorité l'amnistie pour les généraux putschistes d'Alger de 1961.

ESQUIVER LA VRAIE LECON DU MASSACRE DE 1961 : la fin du mythe antifasciste

Mme Hidalgo reste dans une généralité vaseuse, qui est à la mode anti-France. Toutes les élites bourgeoises se la jouent internationalistes (démocrates) et anticolonialistes post-festum, mais on épargne le grand Charlot qui commandait au « fasciste » Papon. Sur le moment le massacre des jouets du FLN n'a aucune conséquence politique. Il faudra attendre la fin des années 80 pour que Brigitte Lainé et Jean-Luc Einaudi, l'archiviste et l'historien, au détriment de leurs carrières5, parviennent à briser le mur du silence mais qui sera reconstruit finalement par les interprétations frauduleuses de la bourgeoisie « socialiste » et de leurs serviteurs trotskiens6.

Cette répression de pauvres prolétaires encore colonisés aura pourtant, temporairement, une conséquence historico-politique indéniable.
Le miroir brisé de la résistance en France était apparu d'abord à la suite de la sortie du film « Le chagrin et la pitié » en 1971. Même si les abrutis maoïstes continuaient à s'en réclamer, il apparaissait que la population française était restée hors du résistancialisme, soumise, et la part belle était faite surtout aux juifs résistants comme le montage de Lanzmann sur la Shoah. A la fin des années 19807, l'épisode dramatique de 1961 révéla une autre dimension au public : la continuité du personnel politique d'Etat fasciste et démocratique avec la présence au premier plan d'un salaud comme Papon, membre du gouvernement gaulliste, qui intentait procès sur procès aux historiens lanceurs d'alerte comme on dit aujourd'hui. Le fait qu'un gouvernement composé d'anciens pétainistes et de gaullistes ait fait tirer comme des lapins sur les prolétaires algériens, mit en lumière pour les plus attardés que la résistance française était de nature bourgeoise, c'est à dire caméléon et opportuniste en diable.
Mais cette leçon là il fallut la faire oublier aussi promptement. Les trotskiens s'en chargèrent. Puisque la théorie antifasciste avait du plomb dans l'aile, et l'apologie des libérations nationales des tonnes de sang, il suffit de s'accrocher à l'antiracisme puis ensuite, plus longtemps après de se livrer aux éloges de l'islam. Et surtout, comme le voit très bien Zemmour, la mode anti-France est venue coiffer le tout, sorte de transfiguration de l'internationalisme gauchiste néo-stalinien8. Depuis deux ou trois décennies c'est très chic de conchier la France en tant que nation (bof) mais surtout en tant que moment historique de la civilisation mondiale avec son histoire propre mais qui se doit d'être culpabilisée9. Le gauchiste moyen de l'après 68 avait cru comprendre que comme la nation c'est ringard, en adoptant toutes les idéologies à la mode transfrontières on pouvait ainsi vivre pleinement un internationalisme imaginaire ici et maintenant.
Car dans ce massacre il n'y a pas qu'un seul responsable, en l'occurrence la France mise dans le même sac que son gouvernement mais le gang nationaliste FLN qui, le FLN qui n'a jamais pu assumer le 17 octobre : il leur aurait fallu s’expliquer sur leurs erreurs et les exactions commises. J'ai déjà plusieurs fois écrit sur le sujet et rappelé l'inconscience dont ont fait preuve les chefaillons nationalistes algériens, dont le plus criminel est connu désormais : Omar Boudaoud.

« De leur côté, les socialistes sont discrédités. Guy Mollet et la SFIO ont trahi leurs électeurs en engageant la France dans la guerre coloniale, en recourant à la torture et à la terreur. En monopolisant le destin de tous les Algériens, le FLN a occulté la mémoire de bon nombre d’entre eux. L’action des émigrés algériens en France s’en est trouvée dévalorisée, voire oubliée. Pour deux raisons. La première est interne au FLN, qui n’a jamais réellement reconnu sa Fédération de France comme une unité combattante alors qu’elle était, au prix de grands sacrifices, son banquier. La seconde raison réside dans l’horreur d’une autre guerre sans nom, celle qui opposait le MNA de Messali Hadj, à l’origine le principal mouvement indépendantiste algérien, au FLN. Cette guerre fut particulièrement dure en France, où il s’agissait de contrôler l’émigration algérienne et la manne financière qu’elle représentait. L’historien Mohamed Harbi estime que quatre mille personnes ont trouvé la mort dans cet affrontement fratricide. Le FLN ne souhaitait donc pas donner trop d’importance à l’action de sa Fédération de France.
Les dirigeants du FLN-France analysent donc le couvre-feu du 6 octobre 1961 comme une menace politique majeure. Aussi, malgré le durcissement de l’action policière, sensible depuis la fin août, et malgré le manque de soutien politique en France, ils prennent le risque de descendre dans la rue. C’est un risque énorme car, même s’ils ne peuvent imaginer l’horreur qu’atteindra la répression, l’expérience passée leur a enseigné que les manifestants seront arrêtés en grand nombre et exposés à la répression policière. Ils ont hélas doublement perdu leur pari, sur le plan humain d’une part, sur le plan politique d’autre part, puisque, on l’a vu, les partis de gauche ne se sont pas mobilisés et que l’opinion publique, mal informée par les médias et abusée par la censure gouvernementale, ne s’est pas retournée en faveur du FLN.
Un fiasco politique doublé d’un martyre cruel, voilà le bilan de la décision politique d’Omar Boudaoud. Un bilan que ni les dirigeants du FLN-France – évincés du pouvoir – ni le FLN lui-même – enclin à noyer les détails honteux de la lutte dans l’aura de sa victoire – n’ont eu à cœur d’honorer ensuite.
Cette marginalisation politique a souvent incité les dirigeants du FLN-France à durcir leurs actions pour être reconnus politiquement au moment de l’indépendance, au risque parfois de la surenchère, comme l’a souvent pratiquée Omar Boudaoud, un de ses leaders. En 1958, il fait ainsi attaquer des dépôts d’essence ou des commissariats afin d’ouvrir en France un second front de combat. Le résultat militaire est minime mais le résultat politique est désastreux sur l’opinion publique. Contraint par le FLN d’y renoncer, Omar Boudaoud ne s’attaque plus qu’aux policiers ayant abusé de leur fonction contre des représentants du FLN. Face aux opposants du MNA, aux traîtres du FLN, aux réticents, Omar Boudaoud est tout aussi dur et n’hésite pas à tuer. Ses manières expéditives font partie des pages sombres de la guerre victorieuse du FLN.
Mais cette fierté qui aurait pu porter la commémoration du 17 octobre est restée enfouie sous leur douleur. Peut-elle transpirer dans le choix du 17 octobre comme journée nationale de l’émigration en Algérie ? »10.
C'est comme les commémorations de 14-18, pas une ne dénonce l'impérialisme ! Donc l'ampleur de la répression du régime gaullo-pétainiste a en même temps contribué pour la gauche bourgeoise et son extrême gauche à coiffer d'un voile pudique la terreur et les exactions du FLN contre les prolétaires algériens.
Dans ce blog, en janvier 2016 j'ai déjà écrit un autre article - LA SEULE COMPARAISON GENANTE AVEC LES 2 MASSACRES parisiens de 2015 est un certain 17 octobre 1961 !11

« On a comparé l'engagement islamiste à celui des brigades internationales, cocues de l'histoire avec la résistance en France, à l'embrigadement de paumés désoeuvrés dans les bandes islamo-terroristes. Etrange oubli de la période « terrorisante » de la guerre d'Algérie ! Est-ce pour éviter d'enrichir la propagande de daech, à laquelle hélas je vais inévitablement contribuer par devers moi. Hé hé les amis, il eût été bien plus éclairant de comparer avec la période de la fin de la guerre coloniale d'Algérie en France. J'ai relu l'ouvrage de Jean-Luc Einaudi – La bataille de Paris – pour comparer utilement. Comparons ensemble.

Les nationalistes algériens ne s'adressent pas à des petits voyous arrivistes ratés, mais à des prolétaires qui triment dur et vivent dans des conditions insalubres. Ils ne sont pas chômeurs mais généralement manœuvres dans le bâtiment. La plupart subissent une cotisation mensuelle forcée par le FLN : 3000 francs. Ils sont isolés dans leur bidonville. Leurs camarades de travail français ne les invitent pas chez eux. Les cotisations forcées sont la principale source de revenus des nationalistes qui s'adressent à ces prolétaires sous les termes de « nos frères musulmans ». Le terrorisme de masse est le fait de saint De Gaulle. Il y avait eu les milliers de massacrés à Madagascar en 1945, il y aura un millier de morts parmi les tunisiens le 26 juillet 1961 et bientôt un nombre inconnu d'algériens en plein Paris le 17 octobre 1961 sous le commandement du préfet nazi Papon12.

La lecture rétroactive par la bien-pensance de gauche caviar et du gauchisme bobo des meurtres policiers de prolétaires otages du FLN dans l'inévitable manif au casse pipe d'octobre 1961, oublie de rappeler que des dizaines de policiers en uniforme étaient abattus et que, par conséquent la plupart des « français » assistaient aux « ratonnades » dans l'indifférence. A un toubib qui lui pose la question – à quoi cela sert-il d'abattre un policier qui garde un édifice public ? - un des terroristes de l'époque répond : « c'est un salaud, un tortionnaire ». A ce même médecin qui lui rétorque que cela ne peut que monter encore plus l'opinion contre les nationalistes algériens, il répond qu'il s'en fout, qu'il veut incendier la France. Cette attitude provoque l'indignation jusque parmi les meilleurs « porteurs de valise » du FLN. A l'époque « l'opinion » et celle des policiers n'est pas pour une simple déchéance de la nationalité mais pour la peine de mort sans discussion et publiquement tous les musulmans étaient mis dans le même sac. Les algériens pris dans les rafles sont systématiquement renvoyés en Algérie dans « leurs douars d'origine » mais plus souvent internés dans des camps. En 1961 Le Monde fait savoir le mécontentement de la population (on ne la formate pas encore avec les sondages) et de la police devant « la faiblesse des lois en matière de répression du terrorisme ».
Exemple pour des générations de journalistes soumis et suivistes, Jacques Fauvet nous révèle comment il a fait école jusqu'à nos jours : « Le FLN ne manquera pas d'exploiter les sanglants incidents de Paris (…) Pourtant il en porte la responsabilité puisque ici et là c'est le terrorisme musulman qui est à l'origine de ces drames (…) Les lâches attentats commis au hasard contre les agents de police ont amené à prendre des mesures, qui sont peut-être critiquables, mais qui visent à assurer autant la sécurité des musulmans que celle des agents en évitant aux premiers d'être des victimes, comme cela est arrivé, de mitraillades de nuit » (page 220). Etrange qu'il ne nomme pas les auteurs des « mitraillades de nuit » ?

Le plus comique est l'appel aux français du FLN du 20 octobre avec des idées communistes (peut-être Daech va-t-il s'en inspirer après lecture de mon rappel : « fraterniser partout dans les usines, les chantiers, les quartiers, les universités, avec les travailleurs et tous les émigrés algériens » (…) annulation du couvre-feu raciste »13, assurant que jamais le FLN n'a exécuté un policier « uniquement parce qu'il est policier. Aucune exécution n'est ordonnée sans que le coupable ait été jugé criminel (sic »14.

Chanteau, lui, ajoute : « Tout autre, évidemment, est le cas des responsables du massacre et de ceux qui les ont couverts. Plutôt que de mentir par omission en misant sur les faiblesses de l’opposition politique, ils ont activement effacé leur crime en même temps que son souvenir. Ils utilisèrent le mensonge et la propagande. Le mensonge consista à mettre sur le compte de la guerre entre le MNA et le FLN les crimes commis par la police, de minimiser le nombre de morts par voie de communiqués officiels, de falsifier les faits pour présenter les policiers en état de légitime défense et les Algériens en dangereux terroristes armés ». Mais Chanteau oublie d'ajouter les crimes commis par les soudards du FLN contre leurs rivaux politiques du MNA, contre les colons et surtout, massivement contre les harkis. Pas de quoi s'en faire une gloire pour finir sous régime dictatorial stalinien !
Ce massacre ne sera jamais commémoré comme celui d'un pan de l'idéologie capitaliste de la reconstruction : la continuité entre Etat pétainiste et Etat gaulliste pour tenter de conserver les colonies face aux exigences des nouvelles puissances impérialistes. Il sert de plus, commémoré par la gauche bourgeoise et l'extrême gauche du capital, à rendre service à l'idéologie multiculturaliste américaine qui est la dissolution en acte du prolétariat et une fausse suppression des frontières. Mais, par les temps qui s'accélèrent, franchement le sort électoral de Hidalgo et de sa groupie, cela vous tracasse ?


NOTES


1https://www.acrimed.org/Laurent-Ruquier-recoit-Philippe-Poutou-NPA-dans-son-cabaret
Sur Marianne, la blogueuse Aliocha, aussi indignée que je le fus, raillait fort bien la femme de ménage de Ruquier : « Il n’est pas de pire humiliation que de faire une plaisanterie et de la voir tomber dans le vide. C’était ma foi l’élément le plus drôle de cette sinistre comédie. S’agissant en particulier d’Audrey Pulvar, à chaque coup de fouet qu’elle infligeait à sa victime, j’apercevais au-desssus de son épaule l’ombre de son compagnon Arnaud Montebourg lui murmurant à l’oreille la prochaine vacherie à lancer ».
2Pulvar fait partie du petit nombre d'antillais qui ont réussi à intégrer l'élite bourgeois, quand, pour leur majorité on ne leur réserve que les emplois de gardiens de prison.
3 La référence à la justice bourgeoise disqualifie un peu plus la secte NPA : « Rappelons que Zemmour a été condamné deux fois par la justice pour ses propos incitant à la haine raciale et à la haine religieuse. Mais l’appât du buzz et de l’audimat n’a pas de limites pour la chaîne d’info de Canal +. Pour faire genre, la chaîne a collé une ancienne membre du CSA à la présentation, a trouvé trois chroniqueurs pour le « fondre dans la masse » et un contradicteur pour faire croire à un débat. Mais malgré ces artifices, c’est bel et bien une tribune incroyable offerte à Zemmour et à sa haine des musulmans, des femmes et de bien d’autres encore. Le « venin » de Zemmour, comme le nomme l’historien Gérard Noiriel, n’est pas neuf. Mais le développement des chaînes d’infos a transformé en profondeur le débat politique, et a permis à Zemmour ou d’autres de distiller impunément et sans contradicteurs leur haine et leurs mensonges depuis une vingtaine d’années ». https://npa2009.org/communique/pour-une-riposte-unitaire-face-aux-attaques-islamophobes

4Sur le site de RTL, une certaine Maria Aït Ouariane a simplement recopié le texte de l'AFP : « En pleine campagne municipale elle twite : Comme chaque année, Paris se souvient du #17octobre1961 et de la répression sanglante de la manifestation des Algériens dans la capitale. La stèle dévoilée aujourd’hui est un nouveau témoignage du respect dû à la mémoire des victimes
Accompagnée du secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, Rachid Bladehane, la maire socialiste de Paris a dévoilé sur le pont Saint-Michel, qui fut l'un des lieux emblématiques de la répression de 1961, une stèle en acier, représentant les silhouettes évidées de manifestants, se découpant sur les eaux de la Seine.
Elle surmonte une plaque déposée en 2001, "à la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961". "On manifeste chaque 17 octobre pour rendre hommage aux martyrs de l'indépendance algérienne", a témoigné Fodil Merakeb qui brandissait une pancarte à la mémoire de son cousin, décédé pendant la manifestation de 1961. "Ils sont venus manifester en paix, des hommes, des femmes et des enfants, et ils ont été massacrés, jetés dans l'eau à 7 degrés", a affirmé Abdelmalek Hamchaoui, responsable du collectif de Nanterre du 17 octobre 1961. En 2012, le président socialiste François Hollande avait reconnu la "tragédie" qu'a constitué la répression "sanglante" de la manifestation du 17 octobre 1961 ».
5https://www.franceculture.fr/histoire/une-lanceuse-dalerte-au-placard-larchiviste-qui-avait-raconte-le-massacre-du-17-octobre-1961
6En 2012, Hollande inaugura à son tour les chrysanthèmes, « reconnaissant » la « tragédie » qu’avait constitué la répression « sanglante » de la manifestation du 17 octobre 1961. Des mots rien que des mots.
7L'évaporation du mythe de la résistance nationale « révolutinnaire » date de ces années selon moi alors que Jean-Pierre Chanteau le fait remonter à l'avant 68 : « Que ces résistants s’associent avec un ancien haut fonctionnaire de Vichy connu pour son zèle – Maurice Papon – pour se livrer à des pratiques policières dignes des nazis et de la milice française, voilà qui a dépassé l’entendement de bon nombre d’anciens de 1939-1945, y compris dans les partis de droite. Il semble que les anciens déportés, tels le député Eugène Claudius-Petit, en furent les plus offusqués. L’effondrement du mythe résistancialiste dans les années 1970, décrit par Henry Rousso un effondrement qui, dans une société qui n’y est pas préparée, ouvre la porte à bien des révisionnismes –, est ainsi amorcé dès les années 1960 ».
8Lors de son passage à l'émission de Cnews le 17 octobre, en compagnie d'un autre commentateur il a su assez bien rappeler ce qui est dit ici, le piège cruel que les chefs terroristes du FLN ont tendu à ces milliers de pauvres ouvriers des bidonvilles, à qui il était demandé de venir bien habillé avec femmes et enfants. Comme je l'ai déjà dit, imaginez que les prisonniers de guerre français prisonniers en Allemagne se soient amusés à faire une manif à Berlin en 1942 ? Imaginez aussi comment Hitler aurait réagi... La faiblesse de Zemmour dans son argumentation, avec pourtant des arguments souvent percutants et indiscutables, est qu'il croit encore au roman national ; et heureusement qu'il est d'origine juive, sinon il serait en prison. Il ne tardera pas à être complètement viré comme Frédérik Taddeï, le système totalitairement « démocratique » ne supporte pas la contradiction contre le discours unijambiste dominant, mais qui tangue dangereusement, mais qui confirme que les masses persistent de plus en plus à penser autrement ; comme on ne peut les insulter frontalement, on les taxe de « populistes ».
9Par les questions décalées à la Noiriel, ce cuistre adulé par le NPA, ce qui peut donner « Rousseau était-il raciste ? », ou « Charlemagne aurait-il approuvé la loi féministe PMA ? ».
1017 octobre 1961 : une épreuve de responsabilité par Jean-Pierre Chanteau Dans Sens-Dessous 2012/1 (N° 10),
11LE 5 JANVIER 2016

13C'est le même appel que fait en ce moment le NPA pour défendre l'extension du voile à toute la société laïque.

vendredi 11 octobre 2019

Drôle d'urgence climatique ou impatience petite bourgeoise ?



« Vous montrez votre poing aux étoiles »

Karl Liebknecht aux artistes expresssionnistes (1913)

REVUE DE PRESSE

Le vendeur du kiosque porte d'Orléans, probablement d'origine syrienne, peste contre les trois heures d'embouteillage qu'il lui faut supporter chaque matin pour venir prendre son boulot ; avant il filait tout droit via la place du Châtelet... Je lui explique mon point de vue. Ce blocage inédit du centre parisien qui fait chier les centaines de milliers qui se rendent au travail tous les jours dans des embouteillages interminables n'a pas pour but, comme l'assure la secte britannique XR (Extinction Rebellion), l'enlisement des gentlemen farmer avec leurs bottes de foin et arms secrètes, mais est une nouvelle manifestation de l'impuissance de l'Etat bourgeois. C'est l'électorat bobo qui risque de couiner fortement si se reproduisait la gentille répression de juin au pont Sully. Gare aux proches municipales. Vu que la bourgeoise « socialiste » Hidalgo soutient cette brave « désobéissance civile », Grivaux, le petit de Macron, verrait ses chances s'évanouir si la police de Jupiter en venait à malmener cette variété de zadistes si représentative de l'électorat diversitaire et marginal parisien, architectes et docteurs en écologie. Donc laissons mariner dans leur jus polluant ces automobilistes réacs.

LA MODE EST A LA REBELLION... Rebelles de quoi ? pourquoi manifestez-vous ?

Ecologisme, terrorisme de guerre et islamisme, curieuse époque ! Elisabeth Levy définit seulement deux religions obligatoires à notre époque, le féminisme policier et plaintif et l'écologie, oubliant l'islam conquérant. La religion n'a pas changé de nature, elle reste l'opium du pauvre, comme le terrorisme individuel reste la vengeance de l'aliéné. La société capitalo-multiculturaliste a comme principe fondamental de cloisonner les questions et les problèmes mais de les relier lorsque cela l'arrange. Le refrain écologiste n'aurait aucun lien avec l'espoir du capitalisme de se ressourcer, par exemple en vendant des voitures propres et comme argument pour démultiplier taxes et amendes. Le terrorisme serait un phénomène venu d'ailleurs, souvent presque exclusivement de l'islam ou de fous furieux qui prétextent l'islam comme motivation à leurs meurtres (86 morts à Nice... avec dans le tas de simples croyants).
Le cours de l'actualité brouille même l'essentiel, la constance du bruit médiatique à nous donner le vertige de l'incompréhension, nous plongeant dans l'hébétude. Un crime succède à un autre, une déclaration de guerre turque - « Source de paix » (quand la précédente se nommait « rameau d'olivier ») - vient réduire à néant les petits soucis écolos de nos bobos parisiens. Pourtant même si les simplistes idéologues néo-staliniens de Lutte ouvrière récusent tout lien, immigration et islam sont bien les deux mamelles qui mobilisent ou interpellent « l'opinion mondiale » ; ces deux éléments ne sont pas prioritairement manipulation gouvernementale mais deux facteurs de la décadence capitaliste, au sens où ce système ne peut plus réguler (l'a-t-il jamais pu?) l'ensemble de la société sans violences internes et externes accrues.

RADICALISATION OU RADICALIENATION ?

Ces dernières années ont vu l'explosion de la fabrique des mots dans les propagandes diverses, du terme prisé par les amis des terroristes dits « radicalisés » (islamophobie) au terme sympathique aux souverainistes (dénislamisme). Je peux en inventer plein moi aussi, mais il y en a un qui me sort par le nez : radicalisation. Voyons la définition wikipédia : « La radicalisation est un processus dynamique par lequel un individu accepte et soutien l'extrémisme violent de manière croissante ».
La radicalisation (terme féminin, sic!) mène à tout et en particulier au terrorisme. On a compris que ce mot valise signifierait une sorte de durcissement de l'individu mécontent de son sort et du coup prêt à en rendre responsables ses semblables et à les zigouiller1. C'est bien une fausse définition du phénomène d'aliénation qui semblait si bien avoir été identifié dans les sixties et que tous nos multiculturalistes gauchistes ont oublié. Radialénation convient beaucoup mieux pour tenter d'expliquer ce comportement de taré islamisant ou pas. La définition de wikipédia est typiquement américaine et libérale bourgeoise : tout se passerait dans la tête malade de tel paumé, sans aucune relation avec son milieu ambiant et les aliénations de son époque. Or nous vivons une époque vraiment aliénée, pas radicalisée (au sens de jadis : volonté des masses de faire la révolution) mais abêtisée, islamisée, culpabilisée par l'hydre du réchauffement climatique et pas du profit capitaliste, etc. On peut même dire pour ce qui concerne les religions et en prime l'islam, c'est qu'elles n'ont pas seulement fait retour, du fait de l'effondrement du faux communisme stalinien, mais qu'elles sont devenues l'expression suprême de l'aliénation actuelle généralisée. L'islam, par la masse planétaire qu'elle supervise, justifie tout même l'injustifiable, surtout quand ses représentants « soft » prennent la parole2. On est en pleine radicaliénation en période de paix comme en période de guerre ! La palme du scandale échoie constamment aux aliénés de l'islam, cette confiture idéologique bâtarde (à interprétation infinie) de révolte impuissante et apolitique, même pas contre un capitalisme décadent et nihiliste de toute émancipation, mais contre l'autre partie de l'humanité pour qui dieu est mort depuis Platon. Religion et idéologie de guerre par dessus tout. Le terme alien ou aliene date d'ailleurs de l'époque de l'éclosion de cette idéologie sectaire ; il signifie étranger et étrange, aversion, au sens de ennemi. Etre « aliene » n'était pas au sens originel être fou mais avoir perdu sa liberté, perte de toute indépendance, laisser d'autres décider à sa place3. L'islam est aliénation par définition ; cela n'interdit pas à ceux qui y croient de continuer à y croire à leur façon mais cela relève d'un mode de vie et d'une pensée féodale ; c'est mon avis et je le partage. Mais désormais quel conte si utile aux gouvernements capitalistes et aux chantres de la bobologie intellectuelle ! Il ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.
Le laxisme à l'égard du mode de vie de d'accoutrement islamistes a été mis en place en France sous l'ère du collabo Mitterrand par sa gauche suiviste « antiraciste » :
« Ainsi, SOS racisme, courroie de diffusion du prêt à penser multiculturaliste transformé en haine du récit national, soutint vaille que vaille les collégiennes voilées, le hijab n'étant qu'un bout de tissu sans aucun sens politique. Harlem Désir et même Malek Boutih, à l'époque, préféraient s'en prendre aux fascistes racistes qui empêchaient ces jeunes filles d'exercer leur liberté religieuse » (…) Les municipalités PCF et PS géraient leurs populations avec un clientélisme mêlant paternalisme colonial et internationalisme prolétarien de bas étage. L'islamisme y vit toujours comme un poisson dans l'eau ». La journaliste rappelle qu'en 2004 Le Pen soutenait lui aussi le port du voile islamique à l'école, donc une sorte de libanisation de la société française4.

IMMIGRATION OU MENACE D'INVASION ?

Le très honoré organe de la gauche sélect l'OBS se paye le luxe d'arborer le diable à gilet moitié jaune (mais moitié juif) Finkielkraut qui dit bien des vérités dérangeantes pour les pucelles rougissantes du gauchisme et la secte à Plenel : « … Il pense qu'il n'a pas changé , que c'est la gauche qui s'est transformée quand l'antiracisme a pris le relais de l'antifascisme ». Le Monde par contre lui reproche son « obsession de l'immigration »5, mais on va voir que, contrairement aux pudibonds de la presse de gauche bourgeoise, cette obsession est généralisée en particulier au moment de la guerre, et qu'elle tend à n'être plus sous-jacente comme veulent le faire croire les bisounours gauchistes mais permanente parmi les populations, non en soi par rejet de l'étranger, mais comme manifestation de l'impuissance du capitalisme à réguler les transhumances humaines et surtout à proposer autre chose que la fuite éperdue dans ses zones de massacres impérialistes.

Nombre de commentateurs se font traiter de fascistes lorsqu'ils évoquent par exemple la poussée démographique de l'Afrique, alors que, tenant compte de l'incapacité du capitalisme à développer ces immenses régions et à éradiquer la misère, les transhumances ne feront que s'amplifier sans rien solutionner. C'est à droite qu'on trouve en ce moment plus de lucidité. Vous direz que je suis donc passé à droite et je vous emmerde. Prenons un Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro, il tient presque un discours typique du CCI :

« Pour paraphraser Gramsci, nous nous situons dans un interrègne, entre deux « hégémonies ». Un monde se meurt et un autre tarde à naître. La décomposition du vieux monde n'est pas achevée. Il résiste en jetant toutes ses forces dans la bataille, comme on peut le constater aujourd'hui au Royaume-Uni et en Italie. Mais dans la brume apparaissent déjà les contours du monde à venir. Sera-t-il populiste ou le populisme ne sera-t-il qu'une étape transitoire contribuant avant tout au dégagisme des anciennes structures ? Une chose paraît certaine, l'ordre global tel qu'on l'a connu, est à terme condamné. Contrairement à ce qu'avait théorisé Francis Fukuyama après la chute du bloc soviétique, l'Histoire n'est pas finie : la « mondialisation heureuse » régie par la technocratie et le marché, est désormais une idée du passé. Car la classe moyenne occidentale, après avoir adhéré à la mondialisation, constate qu'elle en est la grande perdante. Elle souffre d'une triple dépossession, économique, culturelle et démocratique, mais n'entend pas disparaître. Le vote populiste n'est rien d'autre que son cri de révolte ».
Le vieux monde, selon lui, c'était aussi celui des années 80 « qui rêvait d'abolir les frontières » : le mouvement populiste exprime, en effet, leur volonté de protéger leur modèle social et leur identité face aux migrations massives (…) Ils n'aspirent pas à un monde fermé mais à un monde stable » (…) Macron est en fait le dernier représentant du vieux monde technocratique et marchand (…) Il n'est pas impossible que demain s'opposent deux formes de populisme. Celui des classes populaires contre les élites »6. Il aurait pu ajouter que le petit peuple n'est pas aveugle face à « l'industrie de l'immigration »7 et aux incroyables passe-droits voulus par le grand patronat parce que sinon... qui s'occuperait du sale boulot dans le bâtiment, les arrières-cuisines et l'entretien ? Mais il s'agit d'une « radicalisation » patronale qui fait fi de toute bienséance sécuritaire : imams terroristes expulsables non expulsés, terroriste père de famille sommé de rester « pour bien élever son enfant »... Yeux fermés sur les collègues fonctionnaires au comportement féodal. La loi prévoit en effet qu’une carte de séjour temporaire portant la mention «vie privée et familiale» soit délivrée de plein droit «à l’étranger qui n'est pas en état de polygamie, qui est père ou mère d’un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu’il établisse contribuer effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant (...)». Qu'il soit terroriste aliéné et confirmé importe moins que ce salaud de polygame qui encaisse plusieurs allocations. Erdogan est en train de faire sauter les verrous des tueurs de Daech « français » qui auront le droit de revenir au pays en famille SVP. Mais voilà que je tombe dans la propagande de l'extrême droite, pauvre de moi. Les tarés pourront donc élever leurs fils tarés sans souci et ceux qui tiquent face à ces lois bourgeoises « libérales » sont forcément des gros fachos et qu'on leur crache à la gueule. La tuerie à la Préfecture de police - où il est obligatoire d'embaucher multicultuel, même ceux qui prient 5 fois dans les chiottes ou consultent leur imam par portable pendant les horaires de travail - n'est qu'un début d'action du cheval de Troie qui ronge à l'intérieur et qui gangrène l'Etat lui-même8. Ce n'est pas l'islam qui est en cause mais c'est l'islam qui cause.

Alors il faut le dire : il y a invasion et invasion. Quand les soudards de Erdogan envahissent la zone tampon avec le territoire contrôlé par les Kurdes (des terroristes selon le pacifiste Erdogan) c'est un pléonasme. Mais quand les millions seront chassés brutalement ce sera une simple immigration ?

LA GUERRE COMME REVELATEUR

(De l'utilité de l'ordre islamiste, pour Erdogan, pour Trump et le bonapartisme macronien)

La nouvelle guerre kurdo-turque – l'opération banalement impérialiste « Source de paix » - suscite l'émoi et moult indignations pacifistes, pourtant elle est récurrente. En 2007, Révolution Internationale titrait déjà ce qu'ils pourraient titrer encore aujourd'hui sans honte : « Menaces d'invasion du Kurdistan par la Turquie : un risque supplémentaire d'aggravation du chaos au Moyen-Orient » 9.
En novembre 2014, j'avais reproduit sur ce blog l'appel des bordiguistes : « Non à la mobilisation pro-impérialiste autour du Kurdistan ! » Communiqué du Parti Communiste International. Il vaut son pesant de cacahuètes de rappeler une précision d'importance de ce communiqué concernant la « gauche du capital » très islamophile pourtant mais fière des femmes soldats sans voile :

« C'est en tout cas l'avis des trotskystes du NPA de Toulouse; dans leur communiqué du 19/10 intitulé «Soutien total et inconditionnel aux combattantes et combattants de la liberté [!] de Kobané» ils n'hésitent pas à écrire: «le NPA salue l'efficacité des frappes de l'US Air Force de ces 4 derniers jours». Et, saluant aussi «la décision de l'état-major US d'intégrer un commandant des YPG [milices kurdes liées au PKK] à son QG des frappes aériennes» et se félicitant par avance d'une «remontée des bretelles de la Turquie à [une réunion de] l'Otan», le NPA toulousain «dénonce la veulerie et l'hypocrisie du gouvernement Valls et de François Hollande et de l'Union Européenne» qui resteraient spectateurs des événements!
A notre connaissance la direction du NPA n'a pas claironné publiquement des positions aussi clairement pro-impérialistes; mais elle a signé avec des organisations pro-kurdes et les sociaux-impérialistes du PCF et cie, une lettre pour demander à Hollande le soutien militaire de l'impérialisme français aux combattants de Kobané – ce qui revient au même. On peut lire dans cette lettre: «Notre pays [sic!] s’est engagé aux cotés des Irakiens et des Kurdes pour mettre un terme à l’emprise des djihadistes sur cette partie du monde, et c’est une bonne chose». Le NPA est ainsi passé en quelques semaines de la condamnation de l'intervention impérialiste française à son approbation! Ces prises de position sont la conséquence logique de l'engagement dans la campagne de mobilisation impérialiste qui était manifeste dès le mois d'août avec un communiqué «exigeant» – de qui sinon de l'impérialisme? – la fourniture d'armes «à toutes les forces qui combattent le confessionnalisme» donc y compris même aux forces bourgeoises réactionnaires pourvu qu'elles combattent ISIS! Peu après les divers grands Etats impérialistes occidentaux accédaient aux «exigences» du NPA... ».
Passons sur le fait déplorable que les bordiguistes sont aussi des suce-boules de l'islamisme mais ils restent toujours très loin de l'indignité des gros trotskiens dès qu'il s'agit de qualifier toute guerre comme « révolutionnaire » (de la même manière qu'ils imaginent que l'invasion migratoire sans limite amènera à l'effondrement du capitalisme). Avec « Source de paix », le NPA peut nous rejouer sa source de connerie : Soutien au Rojava (enclave kurde) : « L’expérience du confédéralisme démocratique en plein chaos syrien est, malgré ses difficultés et ses limites, porteuse d’un espoir pour toute la région. Le développement du multiconfessionnalisme, le respect de l’autonomie des nationalités, les avancées concernant les droits des femmes rendent son existence intolérable pour l’autocrate Erdogan ».

Dans le concert de protestations hypocrites pacifistes chacun fait mine d'oublier qu'il s'agit surtout d'une opération de politique intérieure, pas forcément destinée à durer. À l’exception du parti laïc prokurde HDP, si la plupart des formations soutiennent le double objectif affiché d’Erdogan: empêcher que les Kurdes du Rojava (le Kurdistan syrien) ne consolident leur autonomie et ne fassent leur jonction avec les Kurdes de Turquie pour former l’embryon d’un «État kurde» ; et mettre en place, le long de sa frontière, une «zone de sécurité» permettant de relocaliser une partie des quelque 3,5 millions de réfugiés syriens. Il faudrait une guerre courte car l'importance des tueries risque de mettre en branle à nouveau le prolétariat en Turquie face à la militarisation du pouvoir. Pour l'instant, Erdogan qui est fragilisé par la perte de contrôle de la capitale Ankara, flatte une opinion – bien autrement « envahie » que nous en France – qui en a marre de «payer la facture des réfugiés syriens à la place des Européens». «Si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants», a lancé, jeudi, Erdogan à l’attention de l’Union européenne, clouant le bec aux vertueux chefs d'Etat européens « source de guerre » eux aussi.
En tout cas – il n'y a aucun problème n'est-ce pas ? - voilà près de 4 millions de réfugiés jetés à la gueule de l'Europe où il n'est pas question de quotas, d'accommodement, de juste répartition ou de limitation. C'est ça et les tueurs djihadistes en plus ! Silence radio des bisounours de Médiapart et des bobos multiculturalistes !
On va pourtant esquiver encore la question du boom migratoire même si un affolement comparable à celui de 2015 est perceptible parmi la bourgeoisie européenne. Les nationalistes kurdes, aux femmes combattantes sans voile, capables d'atrocités comme les militaires turcs (surtout collabos syriens ivres de revanche) pourront compter sur Charlie Hebdo et sa chérie Caroline Fourest, qui a pris les devants avec son film « Soeurs d'armes ». Charlie nous refait tristement le coup de la guerre d'Espagne avec une interview complaisante de cette idiote : « Aux armes citoyennes »10. Gageons que tout ce petit monde va se bousculer samedi place de la République pour soutenir le bon camp kurde, avec le drapeau sablier – qui ressemble au drapeau nazi – de la secte XR plus ou moins abouchée avec des clans gilets jaunes phagocytés par la gauche « radicale » (hi hi) du Capital.

DETRUIRE LE CAPITALISME AVANT QU'IL NE NOUS DETRUISE ?

C'est le titre d'un article de Frédéric Lordon dans le Monde Diplo, un titre qui a été volé au CCI qui le rabâche depuis ses débuts il y a presque un demi-siècle et qui est, certes, une bonne, une valeureuse idée. Quoique discutable et discutée, comme on le verra dans le reste de la presse consacrée à la question de l'émancipation. Quoi faire en particulier avec le mini Tchernobyl à Rouen (très très symbolique)11, masqué par les mensonges éhontés de notre Etat raisonnablement écologiste. Lordon écrit bien et dénonce brillamment les derniers souffles du capitalisme lui aussi, presque marxiste, même si, comme on l'a vu parader aux « nuit debout », ce n'est que de la gonflette :
«  De la même manière que les grotesques incantations du « Vivre ensemble » sont le plus sûr indicateur d’une société où l’oligarchie fait sécession, le mâchonnage de la « responsabilité de l’entreprise » est celui d’un capital à qui tous les degrés de l’irresponsabilité ont été ouverts. Il n’y a que les amateurs de bondieuseries sécularisées pour croire que la vertu sauvera le monde, c’est-à-dire auto-régulera les salaires patronaux, auto-disciplinera la finance, et auto-nettoiera les petites salissures de l’industrie. Sauf imbécillité complète caparaçonnée d’idéologie, nul ne peut croire que ceux à qui on donne toutes les autorisations n’iront pas au bout de toutes les autorisations. D’ailleurs ils y vont.
Nous savons donc maintenant de connaissance certaine que le capitalisme, assisté de tous ses fondés de pouvoir gouvernementaux, détruira jusqu’au dernier mètre carré de forêt, assèchera jusqu’à la dernière goutte de pétrole, polluera jusqu’au dernier étang, et suicidera jusqu’au dernier salarié suicidable (il faudra bien en garder quelques-uns) pour extraire le profit jusqu’au dernier euro. Il s’agirait maintenant de faire quelque chose de ce savoir »12.

Mais intéressons-nous plutôt à ceux de nos vieux camarades qui persistent dans la solution marxiste à la lutte des classes. Mais qu'on me permette un intermède sur la situation bien plus intéressante que la guerre avec les kurdes dans un pays secondaire où se déroule un mouvement gilets jaunes multiplié par dix. Un pays où le prénom du président est Lénine ! Ce président Lenin Moreno doit affronter une vague de protestation jamais vue depuis 2007. Sa politique de rigueur visant à réduire les dépenses publiques afin de pouvoir rembourser la dette contractée auprès des institutions internationales comme le FMI ou d’autres Etats passe mal. Une politique d’austérité en fait imposée par le Fond monétaire international. En échange d’un prêt accordé à l’Equateur, le FMI pose comme condition la suppression des subventions du carburant. Ça représente plus d’un milliard de dollars par an, répercuté sur les prix à la consommation depuis jeudi dernier. Depuis jeudi dernier, le prix du carburant a augmenté de 123%. Autant d’argent que doivent finalement, débourser les consommateurs. Or, en Equateur, le transport de marchandises se fait par la route. C’est pourquoi, le mouvement de contestation est porté par les petits producteurs, les indigènes, les syndicats et d'autres organisations civiles. La presse en parle comme d'un fait divers. Dommage, c'est la carte sociale en miniature des affrontements qui vont se généraliser demain.

Prenons le blog d'un clone du CCI, Révolution ou guerre, qui décrit avec une belle plume les enjeux et auquel je souscris entièrement comme tout honnête homme :

«  Développement durable ou décroissance - quels qu’en soient les formes et les degrés - ne remettent pas en cause le facteur du réchauffement climatique : le capitalisme ; c’est-à-dire l’accumulation sans cesse renouvelée et élargie du capital, la recherche toujours plus effrénée du profit, et la marchandisation généralisée. Et les solutions politiques qui accompagnent l’une et l’autre sont inévitablement de fausses solutions du point de vue de la préservation de la planète ; et de vraies impasses et pièges idéologiques et politiques du point de vue de la classe révolutionnaire, le prolétariat. Il en va de l’idéologie écologiste comme du pacifisme. Le capitalisme c’est la guerre - autre thèse classique du marxisme - et le pacifisme, quelles que soient la conscience et la sincérité de chaque pacifiste, n’est qu’un moyen et un moment de la préparation à la guerre impérialiste. Le capitalisme c’est aussi la destruction inévitable de l’environnement et l’écologisme, quelle que soit la conscience et la sincérité de chaque écologiste (souvent aussi pacifiste d’ailleurs), n’est qu’un moyen et un moment de l’embrigadement derrière et pour la défense de l’État démocratique en vue de la guerre impérialiste généralisée ».
La démonstration est parfaite et de facture classique, mais là où j'ai à redire est ce qui suit inévitablement :

« Pourquoi et comment le communisme est la seule "solution" ? Seul le communisme peut en finir avec les guerres et la production qui dévastent la planète. Bien évidemment, nous ne parlons pas du soit-disant communisme, en fait une forme particulière de capitalisme d’État due à des conditions historiques elles-aussi particulières, de l’ex-URSS ou de la Chine staliniennes qui faisait de la croissance de la production industrielle le critère de la supériorité de leur soit-disant socialisme sur le capitalisme ». Et de nous citer, non pas le pape du CCI Chirik mais un certain bordiguiste aux vues lumineuses (il aurait pu nous citer aussi quelques pensées de Claude Bitot le plus prolixe sur le sujet) :
« L’on peut établir que les rythmes de l’accumulation dans le socialisme, mesurés en quantités matérielles comme des tonnes d’acier ou des kilowatts d’énergie, seront lents et peu supérieurs au rythme d’accroissement de la population. Relativement aux sociétés capitalistes mûres, la planification rationnelle de la consommation en quantité et en qualité et l’abolition de l’énorme masse des consommations anti-sociales (de la cigarette au porte-avions) déterminera probablement une longue période de baisse des indices de la production et donc, si l’on reprend des termes anciens, un désinvestissement et une désaccumulation » (A. Bordiga).

Continuons l'argumentaire de notre ami :

« Sauvegarder la planète ne peut se réaliser que si on produit pour les besoins humains et non pour le profit. Mais aussi, et de manière beaucoup plus immédiate, en faisant disparaître la menace de guerre impérialiste généralisée à laquelle le capitalisme en crise mène inévitablement. Voilà pourquoi le combat contre l’État capitaliste et sa destruction sont la véritable urgence pour la sauvegarde de la planète. (...)
La campagne actuelle contre le réchauffement climatique - aussi réel et dangereux soit-il - vise au contraire à entraîner les populations, en particulier la jeune génération, derrière les États capitalistes et l’idéologie démocratique au nom des peuples. Et à détourner leur attention de la lutte des classes et du prolétariat international. À l’heure même où la classe capitaliste redouble partout ses attaques contre les prolétaires du fait de l’impasse économique et des tensions et guerres impérialistes croissantes. À l’heure où une confrontation massive entre les classes devient la question centrale. Car de son issue dépend le sort de l’humanité : vers une société sans exploitation, ni classe, ni misère, ni guerre ou bien vers une guerre impérialiste généralisée.
À ceux qui veulent vraiment combattre le capitalisme et ses conséquences dramatiques de tout ordre : ce n’est pas dans les manifestations encouragées, favorisées et même organisées par les États, qu’ils pourront faire avancer la "cause de la sauvegarde de la planète". C’est en rejoignant les combats prolétariens, luttes ouvrières, grèves, manifestations, etc. et en se rapprochant des minorités prolétariennes et révolutionnaires, surtout les groupes politiques de la Gauche communiste. Car ainsi, et seulement ainsi, ils pourront trouver un engagement militant et une cohérence théorique et politique qui leur permettront de s’intégrer et de participer activement au combat pour la véritable sauvegarde de la planète et de l’humanité : la lutte historique du prolétariat révolutionnaire international pour le communisme ».

Voilà tout est dit et personne dans le courant maximaliste, y inclus la maison mère le CCI, ne pourrait trouver redire. On peut comparer avec le vide sidéral des bobos XR et pas XXL du Châtelet13.

COMMENT S'EMANCIPER DE L'EMANCIPATION ?

Ce discours surtout gréviculteur est daté. Il ne peut plus marcher au temps de l'ubérisation. Il ne pose pas les questions de la lutte politique de classe qui ne peut plus être corporative et il esquive le fait que les révolutions ne sont pas des grèves mais une série de phénomènes où la grève n'est ni la plus importante ni un aboutissement. Quant à se rapprocher des « minorités révolutionnaires » c'est une plaisanterie j'espère. Ce milieu dispersé est atone, impuissant, même pas attirant.
Regardons du côté des idéologues bourgeois et nihilistes, cela nous aidera peut-être. Marianne nous présente un débat entre le célèbre Taguieff et le sociologue Alain Caillé : Faut-il s'émanciper de l'émancipation ?
Dans son livre Taguieff « analyse le contenu souvent flou de la notion, autant défendue par les libéraux que par les communistes et montre comment les projets d'émancipation ont jusqu'ici tous échoué ». Taguieff commence par poser une question pas si bête qu'elle en a l'air :
« Il faut bien sûr se demander de quoi il faudrait s'émanciper, mais alors pourquoi ou en vue de quoi s'émanciper ? ». Taguieff n'y voit d'emblée qu'une foi désuète dans le progrès et ne propose qu'une série de casseroles :
« L'émancipation totale ou absolue n'est qu'un concept vide, une vue de l'esprit. Il faut revenir au concret : s'engager en faveur de l'émancipation des esclaves, des femmes, des juifs, des colonisés, etc. (il aurait pu ajouter des migrants), plutôt que de s'enflammer à propos de l'émancipation de l'humanité ». Le concret de ce pauvre Taguieff est pourtant la banalité de la pensée bobo actuelle où tout est découpé en tranches et chacun enfermé dans son émancipation... communautaire14. L'autre, le nommé Caillé, comme le lait, va dans le même sens idiot et en rajoute : « … remettre en cause la domination masculine, dont les affaires MeToo, ligue du Lol ou Epstein ont montré qu'elle restait moins affaiblie qu'on ne pouvait le croire ».
Ne faut-il pas découpler émancipation et progrès (ben voyons!) ?
Taguieff : « L'émancipation est pensée ordinairement par ses apologistes d'hier et d'aujourd'hui comme la condition de l'exercice de la liberté pour tout sujet individuel. C'est sur cette croyance commune que je l'interroge, c'est elle que je dissèque au scalpel ».
Apparemment Taguieff méconnaît totalement le fond des débats sur la transition du capitalisme au communisme et des débats historiques dans toute l'histoire du mouvement ouvrier qui ne sont pas motivés par la simple petite liberté individuelle. Ce genre d'intello n'a pas plus de jugeote dans la cervelle que le plouc terroriste de base qui réduit l'histoire de son monde au conflit individuel.
Plus consternant dans cette philosophie idéaliste individualiste est la limite posée à la question de l'émancipation à ma disparition à moi en tant que petit individu : « La mystique de l'émancipation partage avec celle du progrès le refus des limites, le rejet de la finitude humaine ». Quel con ! Lorsque Paul Lafargue se suicide (à mon âge sic!), ce n'est ni par désespoir ni pour mettre fin à l'avenir communiste.
Le nullard de Marianne en rajoute une couche : « L'inflation du mot « émancipation » qui intervient à partir des années 90 dans les milieux de la gauche radicale (laquelle ? Ndt) ne révèle-t-il pas un besoin de nouveaux grands récits, comme l'ont été le socialisme, l'anarchisme, le communisme, le libéralisme ou le positivisme ? ».
Taguieff qui n'y connaît rien, pas plus que l'autre naze de journaleux qui croit que la question de l'émancipation date de 1990, décrète « la perte de crédibilité du projet révolutionnaire (mais lequel ? Ndt), devenu objet de nostalgie et lieu de mémoire. L'émancipationnisme est un refuge : un ressassement rhétorique qui fait rêver les yeux ouverts. Il permet d'oublier la dure réalité sociohistorique, et ainsi de s'en protéger : processus infini, l'émancipation est toujours pour demain, comme la révolution, la « vraie ». La promesse d'émancipation reste dans le ciel des abstractions réconfortantes ».

Ce type n'a jamais eu faim. Ce type n'a jamais eu froid. Son seul drame est d'être devenu chauve. Peut-être était-il plus dans la réalité lorsque des cheveux protégeaient son crâne des bisous des bourgeois de Neuilly ?
L'autre Caillé, moins intelligent, redécouvre les premières âneries du précédent : « … ce qui est frappant c'est que très souvent, et curieusement cette exhortation à la seule mancipation individuelle se présente comme un appel à la seule émancipation individuelle, fondé sur l'idée que tous les désirs des individus sont légitimes en tant que désirs (…) s'émanciper en tant qu'individu, c'est très précisément celle que nous adressent le néolibéralisme et le marché (…) C'est une société dans laquelle nous serions tous des maîtres. Visée bien évidemment inaccessible ».
Caillé ne connaît rien non plus ni à Marx ni à la problématique de changement de société hors du petit raisonnement individuel. Je ne vais pas épiloguer ici sur la théorie des besoins dans le marxisme, quasi scientifique, qui ne signifie pas nivellement comme s'ingénie à le faire croire la rance propagande : à chacun selon ses besoins, les hommes et les femmes n'ont pas tous les mêmes besoins et pourront se passer, peuvent se passer de « l'accumulation », mot que ces faux derches évitent d'analyser. Même Guy Debord qui est cité n'a jamais dépassé la problématique simpliste anarchiste. Et Taguieff avec son « Extension du domaine du don », évoquant la notion d'aliénation puis la trouvant confuse nous sert finalement des propositions de curé à la Kropotkine, la position du donateur... couché.
Quant à la question de l'émancipation de l'humanité de la barbarie capitaliste, de ses guerres et crimes sociaux, les événements en cours vont se charger de la remettre en lumière, flambant neuve dans les manifestations et insurrections de masse dépassant le surplace des divers petits rebelles à la noix, en entraînant la couche rétive intermédiaire et encore bornée. Pendant que les petits culs terreux de Marianne continueront de se mirer devant la glace.


NOTES


1Les médias réussissent le tour de force de se mettre à niveau des plus incultes aliénés qui ne sont jamais en rapport avec l'institution judiciaire ni n'ont de comptes à rendre à la société, mais se braquent sur tel juge, tel flic ; en voici la caricature répercutée par le Figaro : « «L’homme interpellé jeudi 10 octobre à Tourcoing, né en 1984 et déjà connu des services de police, a fait l’objet d’une dénonciation évoquant un converti à l’islam radicalisé qui souhaitait s’en prendre à un magistrat belge avec lequel il avait eu maille à partir», ajoute le quotidien régional, reprenant également l'AFP. L'individu « avait eu maille à partir » avec le magistrat, donc tout jugement au tribunal ne consisterait plus qu'en un règlement de compte... individuel !
2L'organe de propagande US le Huffpost interroge une bigote musulmane diplômée qui se moque de Castaner, « il n'a pas à se prendre pour le grand Mufti de France » auquel seule la bigote se doit d'obéir. A la question : « Pour vous, le fait de ne pas saluer une femme au travail n’est pas un signe “inquiétant”? », la réponse est un tantinet féministe et carrément salfiste : « Ce qui prime en droit, c’est la liberté individuelle. On a le droit de ne pas vouloir faire la bise à quelqu’un, même si cela peut être vexant par ailleurs. L’Etat n’a pas à statuer là-dessus, sinon on rentre dans le polissage des comportements et le contrôle des corps ». C'est plus drôle quand la bigote diplômée invoque libertés fondamentales (islamiques?) et l'unité nationale (islamique?) : « On est en train d’inciter à la discrimination de milliers de Français de confession musulmane. C’est très dangereux: on met des coups de canif dans les libertés fondamentales et l’unité nationale ». C'est pire face à la question suivante ; « Dire “Charlie c’est bien fait”? La bigote nuance que c'était apologie du terrorisme mais pour nuancer que des personnes « ont dit qu'elles n'étaient pas solidaires »... hein pourquoi elles dont dit ça ? « Il y a un dialogue à ouvrir ». Ah bon, avec les tarés qui criaient de joie ? Lorsque l'employé de l'agence américaine lui ressort la question stupide et individualisée du gouvernement : « Selon vous, comment détecter une personne qui s’apprête à commettre un attentat terroriste islamiste? » - la réponse est aussi infâme que le reste et lèche-cul du gouvernement : « S’il y a des signes d’intention de passage à l’acte, là, oui, évidemment ça tombe sous le coup de la loi ». Mais de la loi islamique ou de la loi française ? La façon de poser les questions et les réponses de la bigote sont consternantes et complètement aliénées au discours dominant qui personnalise la violence ; une violence qui imbibe de plus en plus le moindre rapport social, de manière impulsive et accélérée le plus souvent. Qui pose la question de dans quel état ce monde s'effondre et non pas dans cette démarche de veilleur de nuit où je vais veiller à ce que mon voisin ne m'égorge pas.
3Cette religion qui méprise tant les femmes, se permet de dicter leur intimité. Quelle ne fût pas mon indignation quand une amie musulmane, épouse d'un pote, me racontait qu'elle suivait les consignes de son imam pour la gestation de son enfant et qu'il lui recommandait de bien suivre le ramadan, en particulier de ne pas manger même en voyage (ce que ne recommande pourtant pas les textes...) ; voire la conseillait pour ses règles. J'en devenais presque féministe ! Que les voilées se comportent en soumises, cela je peux le comprendre après des siècles de machisme, mais qu'elles ne prétendent pas être libres.
4Trente ans de soumission par Barbara Lefebvre, Causeur n°72, octobre 2019. La campagne de déni était intense, le 19 décembre 1989, Eric Guebhali, alors secrétaire général de SOS Racisme et le journaliste Guy Konopnicki , publiaient une tribune retentissante dans le journal Libération  où ils écrivaient notamment  "  il n'y a pas de problème immigré , il y a le racisme".

5Ce que le pseudo historien le plus pourri de la gauche caviar, Noiriel, reproche aussi à Zemmour, qualifié d'héritier de l'antisémite Drumont. C'est puéril et révisionniste comme tout que qu'écrit ce cuistre de Noiriel qui n'ose même pas organiser de vrais débats sur ses bricolages ou déformations d'histoire. A Arcueil il avait organisé une lecture de ses œuvres par les spectateurs, ce qui fait que je n'ai pas pu aller lui porter la contradiction. Il tient à sa clientèle, tous les directeurs arabes des médiathèques de la RP l'accueillent régulièrement comme un prince de l'histoire multiculturée. Cf. « Zemmour/Drumont Pas d'amalgame » par Georges Bensoussan.
6In Causeur n°72 : « les populistes sont des lanceurs d'alerte » et le RN, lui, « est incapable de gouverner » (ce que je ne cesse de dire). Cet auteur est très bon sur plusieurs plans des mystifications de la gauche caviar et des trotskars ringards : « … ceux qui annoncent le retour du fascisme à la mode des années 1930, dont les populismes seraient les héritiers, ont une guerre ou deux de retard. A mon sens la vraie menace est celle de la balkanisation ou la libanisation des sociétés occidentales. La libération des forces du marché, conjuguée au multiculturalisme, n'a pas produit le village mondial pacifié espéré, mais au contraire le retour d'un féodalisme meurtrier (…) les sociétés occidentales semblent en voie de « zadisation »... attaquées par le bas par les tribus... Je compare l'effondrement du monde néolibéral à celui du bloc soviétique. Malgré toutes ces visions lucides, ce journaliste n'a évidemment, comme ses compères, aucune possibilité ni moyens politiques de réfléchir à notre seule alternative.
7Cf. dans Marianne 1177 : « Ils se font du blé sur le dos des migrants ». Un fonds d'investissement propriétaire d'hôtels dans lesquels sont logés des demandeurs d'asile promet à ses souscripteurs un copieux rendement. Et sans risque car c'est l'Etat qui règle le prix des chambres ».
8Pour les nuls voici un peu d'histoire. Les chevaux de Troie informatiques (ou Trojan horses en anglais) tirent leur nom d'une célèbre légende de la Grèce antique, racontée par Homère dans l'Iliade et reprise par Virgile dans l'Énéide. Le cheval de Troie est la méthode utilisée par les Grecs pour conquérir la ville de Troie : le héros Ulysse fit construire un immense étalon de bois qu'il plaça devant les portes de Troie et dans les flancs duquel il se cacha avec ses compagnons. Lorsque les Troyens découvrirent ce cheval, ils le firent entrer eux-mêmes dans leur cité. Ils s'endormirent sans méfiance tandis que le cheval se trouvait dans leurs murs. À la nuit tombée, Ulysse et ses compagnons sortirent de leur cachette et ouvrirent les portes de la ville au reste de l'armée, qui la détruisit et massacra ses habitants.
9https://fr.internationalism.org/ri385/menaces_d_invasion_du_kurdistan_par_la_turquie_un_risque_supplémentaire_d_aggravation_du_chaos_au_moyen_orient.html
10Charlie n°1420.
11Ce n'est pas une blague, c'est bien le milliardaire américain Warren Buffett, quatrième fortune mondiale qui est propriétaire du chimiste Lubrizol depuis 2011.
13La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet.
  1. La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée.
  2. L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant.
  3. La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable.

14Facteur intéressant au premier abord, les vraies couches moyennes (en médecine, ingénieurs, etc.) sont désormais attaquées de plein fouet sur les retraites en particulier (les toubibs raquent pour ces salauds de notaires), la plupart des professions intermédiaires sont de plus en plus précarisées. Pourtant, prolétarisés en quelque sorte sans s'en rendre compte, ces couches ont la tête dure et au lieu de comprendre qu'elles doivent se fondre dans le mouvement d'émancipation du prolétariat, elles se laissent encore égarer dans les marais écologiques ou citoyennistes.