"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 19 novembre 2018

ON VA CARBONER MACRON et CASTAGNER CASTANER A PARIS ?

(chronique d'une catastrophe annoncée)
Ouvriers, Chômeurs, retraités, lycéens, auxiliaires de vie, professeurs, CDD et CDI, cadres dans l'industrie, qui habitent dans de petites communes de la France périphérique, voilà une vraie diversité... de classe. Pas de rassemblements de la parlote à la façon du mouvement bobo « Nuit debout » sans avenir, mais véritable prolétariat (innommable pour les hyènes du système) partie prenante immédiatement dans l'action de blocage, sans précipitation alors que le 17 avait été annoncé longtemps à l'avance, au minimum pour une durée de trois jours, mais sous-entendu illimité. Aucune mafia politique, aucune mafia syndicale n'aurait misé un kopec sur un projet aussi « populiste », « manipulé par le RN ». Cette « jacquerie » ne durerait que le temps d'une fleur coupée, coupée de toute ramification politique ou syndicale...
Madame la marquise il s'est passé un petit rien pourtant, une vulgaire « jacquerie » sans lendemain, le prix du gazole aurait fait déborder la colère des « ploucs-émissaires ». La grogne qui s'est emparée d'eux n'était-elle pas la traduction du français râleur traditionnel ? Les médias, bons enfants, se penchèrent avec circonspection sur l'anatomie de cette couche bizarre hétéroclite et irrationnelle. Stupéfaction de voir une mobilisation concrète, débouchant immédiatement hors du rituel moutonnier des processions syndicales, non pour défiler dans les parcours balisés par les préfectures et les bonzes syndicaux, se laisser caporaliser dans des grèves percluses, mais pour attaquer le système aux couilles en bloquant le trafic automobile sans transition ni justification trotskiste. Ni régionaliste ni corporatif, le mouvement n'est ni lié ni ficelé à telle ou telle activité professionnelle. On peut dire ici que c'est probablement le premier grand événement « de classe », du point de vue naturel de la lutte de classe qui s'exprime ici, de fait parce qu'il a échappé sans crier gare aux pompiers sociaux et aux divers partenaires sociaux complices du pouvoir. Il n'est pas comparable à la jacquerie petite bourgeoise et régionaliste des bonnets rouges.
On ressortit du formol les Cohn-Bendit, July et Le Guen pour fustiger ces inconscients, ces négationnistes de l'indispensable « transition écologique et solidaire ». Pas de bol, l'alibi écologique, comme l'alibi du sacrifice pour la patrie naguère (avec les mêmes arguments) met à mal l'image de patronage bienveillant et bourré de suffisance de l'exécutif capitaliste quoique, fier à bras, le sous-fifre de Rugy ait affirmé que le chêne gouvernemental ne faiblit pas pour autant d'anarchie et poursuit sa route impertubable et prenant soin d'appuyer sur la pédale de la morale écologique comme première valeur universelle et incontournable sauf à être un pollueur arriéré. Soit dit en passant, pas de pot aussi, pour 62% des français, paraît-il, le pouvoir d'achat passe avant l'écologie. Selon ce sondage publié par le Journal du Dimanche, ces 62% jugent qu'il faut "donner la priorité au pouvoir d'achat quitte à aller moins rapidement sur la transition énergétique" dans les prochaines années. Seuls 33% donnent la priorité à la transition énergétique, quitte à aller moins rapidement sur le pouvoir d'achat. D'après ce même sondage, les principaux motifs de protestation des "gilets jaunes", selon les Français, sont, outre la hausse du prix du carburant, l'excès d'impôts et de taxes ainsi qu'une colère contre les élus et le personnel politique.
Qu'on se rassure, ce n'est qu'un simple « ressentiment ». On s'excuse, « on a mal expliqué ». Le premier sous-fifre du dictateur au petit pied, le boxeur Philippe, a enfilé les bottes de Juppé sur France 2 : « Le cap que nous avons fixé, nous allons le tenir. Ce n'est pas quand ça souffle qu'il faut changer de cap». Il assura bienheureusement avoir "entendu de la colère, mais aussi de la souffrance". "L'esquive ne suffit pas après deux jours d'insurrection citoyenne", lui a rétorqué fort justement Jean-Luc Mélenchon sur Twitter ?
DESARMANT LES GILETS JAUNES NE DESARMENT PAS...
Les blocages ont été reconduits dimanche, prolongés, quoique un peu moins lundi mais avec des objectifs stratégiques plus ambitieux, évitant de bloquer ceux qui se rendent au travail en semaine : blocages de raffineries et approvisionnement des supermarchés, péage gratuit aux entrées d'autoroute. La propagande d'Etat est passée par toutes les couleurs du stress : il n'y avait pas eu plus de 300.000 gilets le samedi, une poignée le dimanche et le lundi, à part quelques trous provinciaux, Paris n'avait même pas levé le petit doigt lundi. Une coordinatrice autoproclamée d'Etaples nous laissait entendre mystéreusement que toute la semaine, d'abord les routiers le lundi, les taxis le mardi, sans doute les policiers e mercredi... allaient nous « relayer » chaque jour. Une fake new assurait que les routiers allaient bloquer voire bloquaient déjà tous les centres d'approvisionnement dimanche soir. Bernique, on apprenait lundi matin que les patrons routiers ou plutôt leurs syndicats avaient passé un deal avec Macron, ouf aucun risque de foutoir de « convergence des luttes » avec ce secteur de la petite bourgeoisie du commerce. La classe ouvrière restait seule en tête. De toute manière les patrons routiers ne paient pas la TVA eux. Et, faut pas l'oublier c'est plutôt un électorat pro Le Pen ; pas de pot encore pour NPA et CGT qui s'imaginaient déjà refuser de défiler avec les « fachos » ! Alors qu'ils refusaient de défiler avec les prolétaires. Il y en a encore moins que prévu (mentalement) des fachos. Non, comme pour la SNCF ils ont préféré tout faire pour salir, décrédibiliser la protestation dans l'oeuf. Et c'est raté cette fois-ci pour ces pompiers sociaux même s'ils ont commencé à envoyer des sous-marins avec les potes électoraux dits insoumis.
DES TROTSKISTES (caste NPA) désarmant avec leur faconde caméléon opportuniste
On entre déjà dans la phase des tentatives de refroidissement par la répression puis s'il le faut par la récupération (qui ne sera peut-être pas nécessaire, j'y viens plus loin), mais question girouette et retournement de veste les trotskistes veste réversible sont unmodèle indépassable, voici ce qu'ils osent dire ce jour (en gras le contraire de ce qu'il on prétendu avant le 17:
« Le constat est sans appel, le gouvernement le reconnaît lui-même : aujourd’hui, près de 300 000 gilets jaunes sur les routes et dans les rues, et plus de 2000 blocages ou rassemblements. Même si la droite et l’extrême droite ont voulu se faire les porte-parole de cette colère, si Macron en a profité pour afficher le chiffon rouge du poujadisme et a voulu faire taire par certains endroits la contestation à coup de matraques et de lacrymo, la réalité est bien concrète : c’est une politique de classe, une politique au service des riches, qui a été dénoncée aujourd’hui. La colère qui s’est exprimée aujourd’hui est bien celles des classes populaires, des hommes et des femmes obligé-e-s de prendre leurs véhicule pour aller travailler, pour accéder à des services publics ou pour faire leurs démarches. Augmenter les taxes ne les fera pas changer de moyens de locomotion, mais fera encore baisser leur pouvoir d’achat. C’est aussi pour cela que les gilets jaunes mêlaient dans leur colère l’augmentation des carburants et celle de la CSG, la baisse des pensions, les multiples attaques menées par Macron depuis plus d’un an ».
Comme vous avez la mémoire courte ou la légèreté de ne pas relire la colonne de droite de ce blog, je vous refile leur première prise de position, juste pour rire :

"On ne s’y trompera donc pas. Tout comme les syndicats CGT et Solidaires, samedi 17 novembre, nous ne mêlerons pas nos colères aux manœuvres des patrons et aux récupérations de l’extrême droite qui n'est pas une alliée de circonstance mais reste notre ennemie mortelle. Oui, tout augmente sauf les salaires, et les classes populaires ont bien raison d’avoir ras-le-bol de l'augmentation du carburant et des prix en général, conséquence du décrochage de plus en plus important entre les salaires (ou les pensions) et l'inflation (…) nous ne pourrons pas le dire le samedi 17 novembre dans des actions ou des rassemblements prétendument « citoyens » aux allures de foire poujadiste, dans lesquels nous nous retrouverions au côté des ennemis les plus farouches du mouvement ouvrier".
Les ennemis les plus farouches du mouvement ouvrier ce sont eux, pas la droite déconfite ni le RN féodal mais bien eux qui méprisent autant ceux qu'ils nomment « classes populaires » et passent leur temps à faire croire que les syndicats pourris en sont les représentants, le féminisme et l'antiracisme bourgeois comme mamelles de la bienfaisance moderne, tout comme à faire passer pour internationalisme leur surenchère en faveur d'une immigration tout azimut après avoir soutenu pendant des décennies tous ces dictateurs « marxistes » qui ont été les premiers responsables de la fuite éperdue des prolétaires de ces régions1.

CIRCULEZ Y A RIEN A NEGOCIER

L'Etat macronien est en mauvais état, il prétend ne pas bouger d'un poil, non par fermeté ou désir de généraliser masochiquement l'insurrection sociale mais parce qu'il ne peut pas faire autrement face aux exigences de la mafia européenne qui l'a sponsorisé. Dans leur langage ampoulé et simpliste (qui se veut clair pour les « classes populaires ») les valets d'Etat ont tenté de faire croire non pas qu'ils avaient mal compris (ils ont très bien compris que l'insurrection jaune s'élève contre la principale attaque contre la classe ouvrière depuis des décennies via en particulier le racket pétrolier) mais qu'ils avaient mal expliqué et qu'il leur fallait prendre à nouveau les prolétaires pour des idiots, surtout les plus pauvres, en compagnie des médias officiels particulièrement odieux dans leurs « analyses »2. Le clou du spectacle repris par la ministre du travail si bien nommée Elisabeth Borne, est la notion de REPARER LE PAYS, certainement un legs du terme reconstruction du pays, après guerre. Il est si facile de jongler avec les mesures dites réformes où il est question de « seulement » deux milliards de prélèvement sur « les ménages » jusqu'en fin de cette année, où les gens « ont bien vu sur leurs feuilles de salaire que les charges sociales ont disparu, quand un gouvernement aussi valeureux est capable de baisser les cotisations obligatoires et baisser les impôts (on ne le répètera jamais assez). Le journaleux de France inter égrène les questions posées publiquement face au gouvernement autocratique pour lui permettre de se justifier. La ministre bornée doit répondre à la fable journalistique du mépris des « corps intermédiaires » - ce qui les aurait affaibli aux yeux de l'opinion pro-gilets, et non pas leurs trahisons systématiques dans les grèves et face aux votes des lois bourgeoises : « non, assure-t-elle, ils sont toujours étroitement asociés aux réformes ». Pas la peine de nous le rappeler, on le savait déjà qu'ils font partie de nos principaux ennemis.
C'est aussi la notion de RESTAURER la crédibilité de la parole publique qui est posément consolidée par l'annonce des taxes maintenues (quoiqu'il arrive?) en janvier, l'instauration de péages urbains pour interdire leur accès motorisé aux ouvriers pauvres (ces périrurbains). Au journalisme qui objecte poliment que c'est une nouvelle fracture sociale, elle réplique : « c'est la faute aux autres avant, tous ceux qui n'ont pas restauré nos réseaux routiers ». On ets encore dans la réparation du garage du pays où les prolétaires, s'ils veulent s'essuyer les pieds (écologiquement) comme les classes dominantes doivent changer de chaussettes avant d'entrer. Autre mesure bonus pour favoriser une mesure typique des temps de guerre : on va filer 400 euros aux patrons pour qu'ils favorisent le covoiturage. On s'y perd un peu dans toutes ces aides et on se demande bien où est la calculatrice qui est capable de nous démontrer que ce qu'ils auront donné d'une main aura été repris de l'autre deux fois !
Président et premier commis ayant été parfaitement à l'aise dans l'arrogance vis à vis des crétins périurbains Mme Bornée peut assurer sans fard que n'est pas une fake news que les logiciels comme Coyote ne pourront plus signaler les barrages policiers.
C'était un ECHANTILLON DE PEDAGOGIE GOUVERNEMENTALE. Lequel n'a pas la conscience tranquille puisque Castaner ne va pas tarder à invoquer la nécessité du terrorisme policier dans l'intérêt évidemment de la sécurité de la population
L'ensemble de commentateurs obligés certifient ce lundi soir que le mouvement des gilets jaunes VA S'ESSOUFLER, qu'il « joue les prologations » (France Inter), qu'un tel mouvement ne peut pas durer vu qu'il est « animé par des gens pauvres », « qui n'ont pas des salaires pour tenir » (ibid) car « ils sont vraiment pauvres » (ibid).
Renaud Dély de l'Obs ne reprend pas le pari de l'essoufflement ; pour une première raison, ce mouvement n'est pas organisé et même si on le contrarie il va durer sous d'autres formes, et il clôt sa chronique par une image, que je partage : « le gouvernement joue avec une boite d'allumettes à côté d'un bidon d'essence ».

UN MOUVEMENT SANS COLONNE VERTEBRALE

Le pouvoir a trop lambiné et méprisé et se retrouve poisseux parce que si tout a bien commencé pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants, un suejt qui concerne la grande majorité de la classe ouvrière, contrairement au bordel des 50 retraites ou aux petits avantages des cheminots, dans les dépenses des ouvriers la bagnole est le deuxième budget, c'est bien un avatar du 21 ème si-cle d'être obligé de payer pour aller au travail. Maintenant on est désormais sur un plan politique3. Le combustible du mouvement est l'arrogan ce et la cupidité de la mafia étatique. On entre dans la phase des tentatives de récupération (mais pas acquises) car le recours précipité de Castaner au terrorisme policier et l'habileté d'avoir programmé une montée sur Paris (écrasant une manif féministe gauchiste) exigent soit d'infiltrer vite soit de dénicher de nouveaux Cohn Bendit ou Ruffin pour coiffer les pigeons rebiffés, soit de laisser le mouvement se limiter au piège de l'émeute à Paris. Le boulot sera rude pour ce pauvre NPA bobo si méprisant envers la classe ouvrière réelle. Mélenchon a été plus subtil que la masse de ses adhérents bobos en sentant parmi les premiers la puissance du mouvement. La pénétration du Front de gauche apparaît plus plausible que celle du PCF4 et des trotskiens décatis qui amusent les intellos parisiens mais sont inexistants dans les zones périrurbaines prolétariennes. Dimanche soir parole était donnée à une brave fille qui conclut son débit de mesures pour raser gratis par une sixième république ; au journaliste qui lui objecta « m'enfin cette revendication est celle d'un parti bien connu », la gourde répondit : « non non on est indépendant », applaudie par un parterre de gros nigauds. Lundi matin, parole était confiée à une députée « insoumise » de banlieue parisienne laquelle assura que « des insoumis ont contribué à lancer le mouvement » dans une diatribe où la fameuse surdité du gouvernement était pointée du doigt, le FDG prétendant être son meilleur sonotone.
Chatouillé sur de soit disants dérapages racistes de gilets jaunes à Pétaouchnoc, la représentante du parti mélenchonien, féodal lui aussi, ne peut que déplorer mais pas rectifier que c'est une fake new gauchiste et gouvernementale5. La députée récusa cependant tout racisme des gilets jaunes pour rappeler qu'ils crient plus souvent « la police avec nous », ce qui est assez utopique au demeurant surtout où moment où Castaner vient de leur ordonner de les déloger, pardon de les cogner. La députée conclut pourtant par une belle phrase : « on continue à culpabiliser les gens ».
Mais le vrai problème actuel n'est pas constitué par les vautours politiques et syndicaux, qui ne pourront rien récupérer de toute façon pour leurs sectes, ce ne sont que des éteignoirs politiques et ce pourquoi l'Etat leur laisse des strapontins dans ses médias. Le ver est déjà dans le fruit depuis le début. Les quelques oies blanches qui ont lancé les premières pétitions – on leur reste reconnaissants – ne sont pas des interlocutrices de taille à prétendre représenter ce qu'est devenue cette révolte si inquiétantes pour les puissants contrairement à ce qu'ils laissent paraître. Le problème est qu'on se cherche parmi nous. Je ne vais pas vous raconter les mille choses passionnantes que l'on vit au
quotidien comme dans les dernières bonnes grèves de jadis : ludisme, solidarité de classe, moments de rires et de joies, moments de tension dans les confrontations dont la violence est très limitée. Les très jeunes lycéens et lycéennes nous ont rejoint. Certains se prennent le melon, il faut les ramener sur terre. Quelques individus ont tendance à se comporter en maîtres à bord, et j'ai dû en rabrouer une paire. On reste méfiant face aux manipulations supposées, mais on visualise sans sectarisme déjà les militants infiltrés de tout bord. Pas différent de la vie sociale coutumière !
Le vrai problème est d'éclaircir qui fait quoi. Le spontané n'est jamais spontané. Celle-là planifie par tel le RV du matin au Mac Do du Touquet à 9H30, avec qui parlemente-t-elle, elle n'a pas voulu me le dire. Pourquoi à neuf heures trente. « Parce que je ne travaille pas à cette heure ? ». Comment s'est décidée l'action d'aujourd'hui (blocage du parking du superrmarché Leclerc), pas de réponse.
De plus la situation de garde-chiourme face à des automobilistes dont la majorité est constituée de prolétaires me déplait de plus en plus ; je fais partie pourtant de celles et ceux qui vont parlementer, mesurer l'exaspération. Mais pas de vraies discussion entre gilets jaunes ni AG. On agit comme des petits soldats en fonction : veiller à la sécurité, prioriser le passage des flics, des ambulances et des pompiers, des mamans avec bébé6. Mais on va vers où ?
Ne peut-on pas tenir des AG quotidiennes après la journée de boulot, non, car la coordinatrice travaille à 19 heures...
Ah quand même y a la journée du 24 sur Paris, on va y aller, on espère que la SNCF fera fonctionner gratuitement les trains. On rêve ou on rêve pas vraiment, ça va être dur. L'exemple de l'émeute à la Réunion sera-t-il un passage obligé face à tous ces grands voleurs bornés. Ou le terme? Car on n'aura pas laissé le temps au mouvement de se structurer véritablement de façon autonome et étanche, réservé qu'il fut dans l'attentisme. On pourra encore dire merci à tous les syndicats gouvernementaux qui, par leur mutisme, donc leur complicité avec le gouvernement auront torpillé le mouvement, par inaction, comme ils avaient coulé les grèves antérieures par des actions débiles et cloisonnées. Seule une nouvelle généralisation des grèves pouvait donner de la force à la révolte, pas persister dans les blocages absurdes. Les syndicrates se permettront de promener les infirmières dans leur secteur hyper-corporatif soigneusement séparés de la protestation sociale des gilets jaunes.


MACRON FINIRA-T-IL EN PRISON COMME CARLOS GHOSN ?
STUPEUR ET TREMBLEMENTS...du pouvoir ou démoralisation une nouvelle fois de la classe ouvrière. On n'oubliera pas en tout cas la pourriture confirmée du syndicalisme et des gauchistes. On dira certainement: à la prochaine...






NOTES:

1Le développement suivant cette citation prouve qu'un pigiste du NPA me lit ou en tout cas que le caméléonisme politique du réformisme radical sait s'adapter dans sa volonté « permanente » de prendre le pouvoir, tout en ne gardant que l'impuissance historique du trotskisme : « « Le prétexte de la lutte contre le réchauffement climatique est une sinistre farce : ce gouvernement comme les précédents pousse les classes populaires en dehors des centres villes et des zones urbaines par des loyers exorbitant pour des petits salaires, liquide le parc locatif des logements sociaux, oblige à faire des dizaines de kilomètres pour trouver des hôpitaux et des écoles. En même temps, un tiers des voies ferrées a déjà est supprimé et les dossiers du gouvernement prévoit 8000 kms de fermetures. Le fret ferroviaire, le ferroutage, ont été liquidés par les décisions gouvernementales. Une grande partie du territoire ne bénéficie pas de transports collectifs.Dans les jours qui viennent, il va falloir mettre en mouvement le mouvement social, syndicats, associations et partis politiques, pour qu’ils donnent des prolongements à cette colère en initiant des mobilisations pour le pouvoir d’achat, une augmentation générale des salaires et pensions, la suppression des mesures fiscales qui frappent les classes populaires, contre la politique de Macron en faveur du Medef et des plus riches. Le NPA prendra des initiatives dans ce sens ces prochains jours ».

2La base matérielle de la révolte est « expliquée » par les prolétaires dans chacun de leurs témoignages, faut être con comme un ministre pour faire semblant de pas comprendre. Un exemple clair comme des centaines d'autres : « Arlet, 47 ans, au rond-point de Noyers sur Cher. Il travaille dans le ‘management sportif’, habite à Mareuil-sur-Cher avec son épouse, opératrice dans un centre d’appel à Blois, et son fils de 19 ans, titulaire d’un cap et sans emploi: "Ma femme touche 1200 euros de salaire et roule 80 kilomètres chaque jour. C’est un budget voiture d’environ 350 euros par mois. Cela va devenir un luxe d’aller travailler, de trouver sa place dans la société quand on habite à la campagne. J’ai tendance à dire que le conducteur est la vache à lait d’un État paresseux. Comment comptent-ils tous nous faire basculer vers l’électrique alors qu’on cherche à tout prix à fermer des centrales nucléaires... sans même savoir vraiment les démanteler ».

3J érôme Sainte-Marie livre une analyse dans l'Express (où il considère le mouvement comme une réussite) que j'eusse aimé lire dans la presse du CCI, mais ceux-là dorment aussi ou attendent la tournure que va prendre le mouvement pour courageusement prendre position :
« Tout d'abord, cela traduit le terrible effacement des syndicats comme forces d'encadrement. Totalement inaudibles et dépassés, ils paient le prix de la défaite en rase campagne du mouvement social face à Manuel Valls puis face à Emmanuel Macron. Ce que traduit également l'existence même de ce mouvement, authentiquement né de la base et sur les réseaux sociaux, c'est l'absence de débouché électoral évident à l'insatisfaction. Auparavant, le clivage gauche-droite régulait la vie politique. Les tensions sociales étaient contenues dans leur expression par la perspective d'une alternance. Mais aujourd'hui, il y a quatre oppositions de taille différente -RN, LFI, LR et PS- incapables de trouver entre elles une formule de rassemblement. Le mécontentement ne peut donc pas être délégué à une formation politique.  (…) ils s'auto-organisent, se mobilisent sur leur propre mot d'ordre et sans perspective politique évidente. Le mouvement poujadiste n'était pas si à droite que cela historiquement. Il s'est coloré à droite en raison, notamment, de sa jonction avec les partisans de l'Algérie française. Mais il est né sur les terres radicales-socialistes du Sud-Ouest... Moi, j'aurais du mal à catégoriser ce qui est de gauche ou de droite chez les gilets jaunes. C'est une protestation sociale, qui prend une coloration antifiscale. Mais les mouvements révolutionnaires ont toujours été animés par des revendications contre la fiscalité. Ce qui est redoutable pour le pouvoir dans les gilets jaunes, c'est justement qu'il permet aussi bien à des gens de gauche que de droite de se mobiliser. (…) Même Nicolas Sarkozy, le "président des riches", apparaissait comme moins méprisant. Cette colère rentrée est en train de s'exprimer. (…) L'autorité à la tête de l'Etat est appréciée par les Français. Ce qui est beaucoup plus gênant, c'est l'impression qu'Emmanuel Macron privatise l'Etat pour son bon plaisir. Ce reproche, qui a aussi été fait en son temps à Valéry Giscard d'Estaing et, dans une moindre mesure, à François Mitterrand, est né avec l'affaire Benalla. Cela renvoie à un imaginaire d'Ancien Régime.  (…) L'incroyable centralisation de la communication autour de la personne du président, la difficulté à exister de LREM, la jeunesse et l'inexpérience de beaucoup de ses parlementaires, leur absence d'ancrage municipal : tout cela concourt à donner le sentiment d'un pouvoir hors sol. Et facilite une mobilisation comme celle des gilets jaunes qui prend la forme d'une jacquerie moderne. Historiquement, les jacqueries sont des mouvements éruptifs, sans encadrement institutionnel, qui peuvent être violents, mais extrêmement brefs dans leur déroulé. Je ne suis pas sûr que le mouvement des gilets jaunes perdure. Qu'il y ait d'autres initiatives de ce genre au cours du quinquennat ne me surprendrait pas. A. S. 
4Quasiment aligné sur Macron, comme sur De Gaulle à la Libération, pauvre PCF : « Huma : Malgré leur faible organisation, leurs actions désordonnées qui ont parfois mal tourné (une manifestante morte écrasée, plus de 400 blessés et 282 personnes interpellées), les mobilisations des gilets jaunes n’en ont pas moins exprimé un mouvement social puissant. Tout ce week-end, sur les grands axes, aux ronds-points des zones périurbaines ou commerciales, comme dans les villes et jusqu’à Euro Disney hier soir, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont retrouvées autour d’une colère commune contre la vie chère et leur pouvoir d’achat en berne. Cette multitude avait beau afficher des préoccupations bigarrées, ses slogans et mots d’ordre ont tous pointé les effets des mesures prises par l’actuelle majorité. Message reçu 0 sur 5 par le gouvernement. Sans attendre le passage du premier ministre Édouard Philippe au 20 heures de France 2, François de Rugy et Gérald Darmanin ont balisé le terrain. Pas de modification apportée à la fiscalité dite écologique, dixit le ministre de la Transition écologique. Son collègue des Comptes publics a fait valoir l’abandon de la taxe d’habitation et la lutte contre « la dépendance de la France depuis quarante ans (vis-à-vis) des pétromonarchies du Moyen-Orient et singulièrement de l’Arabie saoudite » comme seules réponses. Des alternatives ont pourtant bien été proposées à gauche pour conjuguer justice sociale et écologie, et pour tenter de sortir du « ras-le-bol fiscal », ce mot d’ordre fourre-tout brandi à droite et à l’extrême droite pour liquider notre État social ». Le plus lamentable est le Comité syndicaliste révolutionnaire : « Différents secteurs des petites et moyennes bourgeoisies, mais aussi des travailleurs prolétaires, ont pris l’initiative d’une mobilisation le 17 novembre prochain. L’extrème droite s’est vite ralliée à cette initiative, y voyant une aubaine pour elle, si les travailleurs ne sont pas vigilants quant à la défense de leurs intérêts. Ce mouvement est confus, car il essaie de fédérer différentes classes sociales sur la question du prix des carburants. C’est tout le problème de cette approche, qui crée le mythe d’in intérêts communs entre patrons et prolétaires. Ainsi, les modalités d’action peuvent apparaître incohérentes, comme des automobilistes bloquant d’autres automobilistes le samedi. Comme il est difficile pour des patrons de proposer de bloquer les entreprises la semaine, on comprend tout de suite qui a la main sur les actions et les mots d’ordre du mouvement, en voulant empêcher les loisirs de la population le week-end. Pourtant, les difficultés qui s’accumulent pèsent surtout sur les épaules des ouvriers et des employés ».


5J'ai attentivement visionné plusieurs fois la vidéo de l'incident. Il s'agit d'une antillaise qui a foncé comme une conne sur la barrière puis est descendue de son véhicule avec la visible intention d'en venir aux mains, c'est la seulement qu'on entend la présumée insulte raciste « pouffiasse »  ou « salope »; or ce n'est qu'une insulte banale et quotidienne en particulier pour toutes les femmes et jeunes filles qui barrent avec nous. La seule réflexion à la limite, très imbécile plus que raciste : « retourne chez toi » et la tristouille « on veut plus des histoires des noirs », réplique qui ne révèlent ni une grande intelligence ni l'avis des autres gilets qui s'interposaient. N'empêche, la préfecture, sans doute gérée par un préfet trotskiste à fleur de peau antiraciste a annoncé à grands roulements de tambour que la justice serait saisie. Au barrage nous avons tous été saisis de rire par cette mascarade qui vise sans doute à nous faire tous passer pour des fachos. (Suite aux incidents de #Cognac diffusés sur les réseaux sociaux, un signalement a été fait par @PoliceNationale au Procureur de la République qui va décider des suites judiciaires. @prefet16 rappelle que les manifestations doivent se dérouler dans le respect de tout un chacun).

6 Un Maitre de conf (sur 20 mn) déclare, pour justifier les « corps intermédiaires » manquants : Les syndicats savent faire ça, mettre en place un dispositif de sécurité, travailler avec les forces de l’ordre pour assurer la sécurité à la fois des manifestants et des populations autour. Là, ce n’est pas le cas. » C'est faux, nous savons faire ça très bien, pas besoin d'encadreurs professionnels. Ce cuistre épaule le ministre « sécuritaire » qui ne dénonce jamais les beaufs qui nous agressent. A la question : « Peut-il y avoir une convergence des luttes avec d’autres mouvements dans les mois à venir ? Les infirmières, par exemple, ont annoncé qu’elles se mobiliseront le 20 novembre.
Si on prend le cas des infirmières, c’est un mouvement organisé, avec des organisations syndicales qui n’ont absolument aucun intérêt à se coaliser avec ces « gilets jaunes ». Eux ne seront pas partants. Mais des gens, qui ont manifesté avec les « gilets jaunes », peuvent se mobiliser par ailleurs. Et ce qui se joue ici, c’est peut-être la place des corps intermédiaires. Il ne faudrait pas les décrédibiliser car, à ce moment-là, ils n’auront pas la capacité à maîtriser les mouvements comme cela a été le cas avec les «gilets jaunes ».

dimanche 18 novembre 2018

VIVE LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES ! Assez de résignation !



à Chantal Mazet (tuée en Savoie le 17 novembre à cause du mépris de classe de la bande à Macron)

LA GRAND PEUR DES BIEN PENSANTS POUR CE QUI N'EST PAS « structuré » 

La veille du 17 fatidique, Muriel Pénicaud ministre avait fait part de ses craintes pour «la sécurité des personnes» lors des mobilisations, rappelant que les «gilets jaunes» n'étaient pas une organisation «structurée». «Lorsque ce sont des grèves et des manifestations, il y a des gens responsables (la CGT police et le NPA police) qui permettent de faire que ceux qui manifestent soient en sécurité», avait expliqué la ministrée sur le plateau de Public Sénat. «Là, nous ne sommes pas sûrs, il faut quand même que les personnes soient protégées et on ne sait pas ce qui va se passer parce que c'est plutôt des extrêmes qui s'en saisissent politiquement».
Le soir Castaner le nominé premier soudard de France fera patte de velours pour assurer que la jacquerie de la plèbe avait bien été considérée, comme ce bon roi Louis XVI qui embastillait ses opposants et les oubliait. Cette élite de bourgeois repus méprise et conchie le « peuple », qui est en vérité le prolétariat, et, croyant pouvoir le baiser sans honte ni répit, n'y comprend rien et ne comprendra que lorsqu'on les virera de leur pouvoir autocratique capitaliste.

UNE ETONNANTE APPARITION DU PROLETARIAT DU XXI ème SIECLE

Le mouvement « populiste », « poujadiste » des « ploucs émissaires » dits « gilets jaunes » aura-t-il eu quelque chance d'émouvoir les sondeurs d'Etat et cette nouvelle race de politologues, les « communicants numériques » et autres « professeurs en histoire de la communication politique » ? Tout ce personnel des suce-boules des « chaînes » d'infos (chiennes d'infos) leur a royalement pissé dessus au soir de la journée pourtant mémorable du 17 novembre. Quelle « chaîne » fut la plus odieuse ? BFM ou LCI ? Les deux. LCI surclassa BFM en fin de journée avec l'ignoble Cayrol (vieux barbouze conseiller permament des médias) et des oies blanches « communiquantes numériques » ou macroniennes hystériques. Cayrol : « Je ne crois pas à l'avenir de ce mouvement populiste, c'est à dire aux instincts les plus discutables, qui permet le bal des faux culs Mélenchon et l'extrême droite, un mouvement dont il ne faut pas exagérer la porte » (sourires béats du plateau de communiquant(e)s. « Cela va se terminer par le match nul de tous ceux qui veulent le récupérer »1.

Le décès de cette obscure sexagénaire provinciale Chantal Mazet pouvait-il changer la donne du mouvement ? N'était-ce pas une simple mère de famille qui menant son gosse chez un quelconque médecin ne s'était qu'affolée en écrasant une sexagénaire vêtue de jaune ? La responsabilité incombant au quarteron de gilets jaunes qui n'avaient pas daigné se déclarer en préfecture, chose qui permet aux flics en général de surveiller ou gazer les manifestants. Point à la ligne. Sur Cnews, « chaîne » mise au pas, quelle tournure pouvait prendre le mouvement désormais ? On interrogea un vulgaire préfet : « est-ce que vous ne craignez pas que le mouvement se prolonge ? ». Un communiquant « numérique » : « Sans aucun doute ces personnes seront obligées de retourner travailler lundi, c'est ce qu'attendent Macron et Philippe ». Dans l'après-midi BFM assurait, d'après les chiffres officiels, et incontestés, du sinistre de l'intérieur qu'il n'y avait que 125.000 « poujadistes » aux revendications « très nombreuses » et « hétéroclites ». Les tenants des barrages n'étant que des idiots ploucs car il suffisait de franchir les barrages en posant simplement son gilet jaune sur le tableau de bord. Il n'y avait aucun organisateur vraiment déclaré ni aux ambitions affichées mais BFM concluait déjà à l'échec de la « jacquerie » : 124.000, pfuit... : » les organisateurs espéraient un million » ! Ces vulgaires gilets jaunes, bof... une hétérogénéité sociale de la périphérie ! Voire un « mouvement social très hétérogène ». Plus grave, selon les troncs verbeux de LCI, c'est un mouvement « anti-républicain », quand Mélenchon avait prétendu au cours de la journée qu'il s'agissait d'un « mouvement citoyen », comprenez qui vote et se soumet aux insoumis parlementaires ou aux très soumis comparses de la fille Le Pen. Un facho de plateau (Valeurs actuelles) un certain Montvallon, expliqua implicitement pourquoi la fille Le Pen fut muette la journée durant : « en 68 ils n'avaient pas osé s'attaquer à l'Assemblée nationale et là ils projetaient d'assiéger l'Elysée. Même en 68 ils n'auraient pas osé approcher de l'Elysée ». L'horreur absolue.
Les images successives des « 1200 manifestants » aux Champs Elysées furent très illustratives de l'aspect « classe ouvrière » du mouvement, sans racailles ni gauchistes professionnels quoique les putains d'employés des « chaînes » aient élucubrés. En effet, au milieu des bourgeoises avec sacs à main dorés, des prolétaires blancs et de couleur interpellaient pacifiquement les cognes, sans agressivité, sans l'injure du gauchiste anti-flic primaire ; on vit même presque des scène sde fraternisations et des sourires de compréhension qui durent glacer la hiérarchie policière.

OU, au milieu des déjections diverses des suce-boules de l'Etat bourgeois, LA PUTAIN DU PARTI SOCIALISTE SALIT LA REVOLTE OUVRIERE

Sur LCI, une journaliste se risquait à un peu de poésie : « un mouvement véritablement foisonnant et incontrôlable ». Ce qu'un petit gros chauve du nom de Le Guen qualifia de « théâtralisation et dramatisation pour peu de monde provoquant de la tension entre français. Tout ça pour ça ». Le vieux politcicien puant bava tout le reste de l'émission sur les minable sréseaux sociaux et ce portable – qui pourtant est plus louable que le SO de la CGT ou les congrès de la rue Solférino – car ce bouffi est à jamais inutile même à ses électeurs bobos.
Le mouvement qualifié d'exceptionnel par un autre tronc du débat entre « communiquants » salua
LES JOURNALISTES DES "chaînes"
un « cordon policier léger », et des manifestants généralement bons enfants et « sans volonté d'agression ». D'aucuns louèrent la sérénité du nouveau promu chef des poulagas, clone au langage macronien, bien plutôt clone du bon préfet gaulliste de 68 pour sa bonté à l'égard de l'expression du bas. Un mouvement reconnu pleinement comme exerçant le droit de manifester légalement (selon la constitution démocratique) et oh combien bon enfant dont l'exceptionnelle intelligence de Macron a compris les ressorts (le barbichu de l'Indépendant) quand ces défilants s'arrogent de se soucier de l'écologie universelle alors que c'est ce grossier « j'ai le droit de polluer pour aller au travail avec mon diesel » (Cayrol)2.

LCI termina la séquence de l'exhibition de la séquence faubourg des très riches envahi par la plèbe parisienne, sans bris de vitrines par les bons enfants (faubourg Saint Honoré), en pistant les « meneurs », car, même dans les manifs les plus anonymes, il y a, nous dit-on des meneurs que la police va trouver pour leur dire de dissoudre la manif sauf à être coffré en GAV pour sédition. Il y avait d'évidence déjà des récupérateurs politiques comme ce type brun qui jactait (à un mètre cinquante des CRS) à plusieurs reprises et qui, selon toute probabilité, était un meneur du FdeG. Le ministre mal rasé Castaner succéda à ce constat effarant du rôle d'un dangereux meneur, voire d'un citoyen lambda tentant de démoraliser la noble police casquée et bottée, pour dénoncer les graves insultes dont auraient été victimes les nobles CRS dans leur uniforme de chevaliers de l'ordre démocratique et bourgeois. « On doit les respecter » éructa le mal rasé. Hélas, forfaiture du premier flic de France, aucune insulte n'était audible de la part des aimables cinquantenaires envahissant la rue des très riches. Exception mais pas confirmation, cette femme, quinqua ou quadra qui commença à se déshabiller devant le cordon des gladiateurs de la République – jusqu'au pull seulement – pour crier aux cognes : « voilà j'ai pas de cailloux, je suis là pour vous dire que vous faites honte à vos familles, que vous devriez avoir honte de frapper ceux qui vous payent ». Rien de très offensant pourtant, cette femme prolétaire ne faisait que dire la vérité de base aux flics en général : ils ne sont nullement productifs, leur salaire provient de la productivité de la classe ouvrière car ils font partie des... parasites. L'arriviste Castaner, ex affidé de Hollande, est décidément un bien mauvais marxiste. 
Il y eût beaucoup de naïveté et de "jacobinisme" chez les manifestants parisiens à croire qu'ils allaient pouvoir huer Napoléon Macron devant ses hauts murs élyséens mais l'image était éloquente de cette volonté intraitable de demander des comptes au "pouvoir".
On glosa tard dans la soirée dans les salons télévisuels sur les manquements de Jupiter, son peu d'appétance aux « corps intermédiaires » qui jusque là avaient tant permis de successives humiliations sociales de couches moyennes (nationalisés et profs), de la noria inégalitaire des retraités et des grugés cheminots, en gros des couches populaires (comprenez la classe ouvrière et ses basses couches). Adieu veaux, vaches, cochons de la CGT, de FO, de Sud, de partis gauchards structurés avec SO idoines si complémentaires de la police républicaine par temps de manif Bastille-République AR3.

FLASH BACK SUR UNE JOURNEE LUMINEUSE AVEC D'AFFREUX BARRAGES NON déclarés...

Ils ont tous été au rendez-vous comme promis. Peu importe leur nombre : 290 000 comme les services policiers semblaient le concéder au soir ? 500 000 mille ? Le fait est que, pour la première fois en France une décision de blocage, partie d'en bas, échappant aux divers contrôles des syndicatx gouvernementaux et gauchistes, des cadres des partis de la gauche bourgeoise et d'extrême droite, a été effective sans concertation préalable d'un organisme doté d'un maillage municipal ou syndical du territoire. La seule comparaison d'une extension échappant au contrôle syndical et politique reste la grève « généralisée » de mai 68 et encore – quoique 68 n'ait pas été caractérisé comme manipulé par l'extrême droite – à un niveau bien supérieur car 68 mit en scène de braves étudiants agités du bonnet vite dépassés par l'ampleur de la réaction ouvrière, bien supérieur car ce qui frappe tout au long de cette journée c'est la dominante « adulte » des participants, certes en province plus qu'à Paris tout d'abord ; majorité de têtes chenues, pas des rigolos de blacks blocks ni antiques ploum-ploum.
Les syndicalistes radicaux (maqués par les sectes trotskistes) nous avaient souvent appelé au cours des décennies antérieures à «tout bloquer » mais voilà qu'elles révélèrent leur nature bourgeoise (Poutou et la clique à Besancenot et Krivine) leur aptitude à toujours ramper derrière la CGT et les corrompus de FO4. Quand le blocage est là, y a plus personne, sauf cette classe ouvrière "provinciale", "à demi plouc", oubliée des "urbains bobos" et de leurs racoleurs de migrants réfugiés, mais  ils sont venus nombreux, des pères de familles et des grands-pères de famille sans oublier des grands mères comme la pauvre victime Chantal Mazet, les motards sont un peu partout festifs et vrombissant. C'est ensuite non pas de grandes envolées lyriques sur une quelconque révolution humaine ou écologique mais des réponses ou des expressions de la misère dans laquelle nous fout ce salaud de Macron, d'une clarté aveuglante, d'une logique imparable, qui ne se répand pas en général sur ce truisme de « pouvoir d'achat » mais, implicitement et fondamentalement récuse le mépris et l'arrogance du petit rigolo de l'Elysée.
Les menaces terroristes du gouvernement du novice de l'Elysée avaient été nombreuses au cours des jours précédents voire très comiques ; l'exécutif avait promis que « partout il y aurait des sanctions ». Tôt le matin les « chaînes » des suce-boules pointèrent d'un doigt grossier « un véritable défi pour la sécurité ». L'annonce du décès du « gilet jaune » fémini en Savoie est régulièrement relayé par les « chaînes » pour appeler au calme et « au sens des responsabilités », et à éviter « tout blocage total ».
Très rapidement on n'assiste pas à un blocage pépère, façon syndicale ou trotskiste, mais à des injonctions, certaines banales (« Macron démission »), d'autres récupérables par des politiciens sulfureux mais étriqués (dits fachos pour les simples gauchistes) comme à Avignon : « dissolution de l'Assemblée nationale » (oui mais pour élire qui parmi les mêmes pourris?) ; d'autres plus inquiétantes et intenables pour le gouvernement de la finance incrédule : « redescendre les prix du gazole et de l'essence », mais pas seulement ! Oui que le gouvernement ne se contente pas de croire que cela nous satisferait, trop c'est trop : « on n'a plus les moyens de vivre correctement » ; « le problème est plus large » ; « c'est toute la société qu'il faut changer » ; « on en a marre, les principaux pollueurs c'est eux avec leurs grosses bagnoles, les avions, les tankers de l'Arabie Saoudite ». « Leurs taxes pour sauver « notre » planète, c'est une fausse excuse ». Ou ce poujadiste cri : « Macron rend l'argent ! ». Les chaînes du pouvoir passaient en boucle un Dupont Aignan relativement sobre, voire pertinent dans sa dénonciation du racket gouvernemental et de « l'hystérisation des rapports sociaux » mais protégeant son arrière-train en conseillant l'absence de violence aux gilets jaunes, présentant comme Castaner le probe ses condoléances attristées à la savoyarde écrasée par une représentante des beaufs en colère de l'entrave à la libre circulation de mon automobile vignette 1, 2, 3.

MA PARTICIPATION AU MOUVEMENT

fût certes modeste mais significative : bloquer le pont rose à Etaples était central pour le
mouvement puisque c'était bloquer l'accès à un éventuel déplacement du Président en sa datcha du Touquet. On peut assimiler ce type d'action à un piquet de grève, certes bon enfant, même si un médecin gauchiste avec sa voiture de beauf a gravement blessé un élu d'extrême droite. Il y avait un quarteron de paysans au coin du carrefour avec leur tracteur ; amorphe, pas intéressant . C'est un milieu fermé en déshérence, rongé par l'appauvrissement et sans sentiment de solidarité de classe. Les autres cercles étaient constitués surtout par les ouvriers de la ville et des retraités des environs. Les discussions se menaient spontanément avec toujours cette volonté de caractériser la hausse des produits pétroliers comme la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Tout le reste se fichait du discours moraliste écologique pour dénoncer esbrouffe, assimilations frauduleuses, collusion de tous les partis et syndicats contre la protestation ouvrière. Mon insistance porta surtout à affirmer qu'il ne s'agissait pas d'un mouvement citoyen mais à dominante ouvrière et que les ouvriers devaient rester devant, devant les artisans et les paysans, même si nous ne pouvions qu'être satisfaits de leur protestation à côté de la nôtre. Je remis à sa place un seul facho antisémite qui tenait de nous intéresser à ses blagues graveleuses. Deux ou trois abrutis tentèrent de forcer le barrage filtrant.
Mais ce qui me charma le plus ce fût cette façon de juger des catégories sociales ou des distinctions que révélaient les chromes ou les cylindrées automobiles. Le barrage était plus sévère et plus long pour les véhicules sortant de la ville bourgeoise du Touquet. Nous charrions les limousines qui affichaient docteur ou dont l'un des conducteurs s'était habillé deux kilomètres avant du gilet jaune. Je pensais, en voyant de grosses cylindrées avec chauffeur en gilet jaune, à ces bourgeois de Barcelone en 1937 qui ne sortaient dans la rue qu'en bleue de chauffe… Les commentaires étaient élogieux sur la tactique de nos amis parisiens pour ralentir la circulation en traversant lentement. Beaucoup de panneaux ou d'inscriptions au dos des gilets jaunes arboraient des traits d'humour qu'un tel mouvement n'a de cesse d'inventer pour moquer le pouvoir rigide et arrogant. Les flics sont restés discrets sauf pour venir prêcher la souplesse au niveau du filtrage. Le groupe se scinde en fin de matinée pour aller bloquer le carrefour du magasin Leclerc à l'entrée d'Etaples.
Pour les camions nous étions parfois en divergence. Pouvait-on laisser passer cet énorme semi-remorque polonais qui livrait des marchandises que nous pouvions produire en France et qui était conduit par un routier qui « casse le niveau de salaire » de son équivalent en France. J'intervins à plusieurs reprises pour faire passer tel gros camion dont le chauffeur m'avait déclaré en anglais qu'il n'était qu'ouvrier et que ses camarades pensaient faire la même chose que nous dans son pays. Certains de mes camarades déploraient à leur tour les conditions de ce chauffeur étranger « à quatre cent euros par mois ». N entendait le camion klaxonner plus loin content de poursuivre sa route sous notre bénédiction fraternelle. Les vrais bourgeois en limousine ne la ramenaient pas. Ils souriaient... jaune. Une pétasse qui se prétendait médecin menaçait d'écraser les trois qui étaient collés contre son capot. Elle poussait. Je lui saisis le volant : « attention, faites gaffe, c'est tentative de meurtre par procuration, une femme est morte ce matin ! ». On finit par la laisser passer parce qu'une ambulance klaxonnait derrière. On vint m'interviewer et je reçus avec plaisir les applaudissements de mon groupe.
On blaguait entre nous sur les resquilleurs, celles qui espéraient se faufiler, mais on ne profitait pas de la situation pour ceux qui paraissaient apeurés, on prévenait que cela n'allait durer que cinq minutes… Celui-là déclara qu'il faudra bientôt "monter sur Paris". 

à suivre... à demain… (le petit Rugy, pisse-copie du Macron caché, a rugi que "rien n'entamera notre trajectoire carbone", les dizaines de milliers de gilets jaunes savent ce qu'il leur reste à faire).



PS : C'est avec grand plaisir que j'ai lu sur le site de Robert Paris, bien qu'il éculubre sur les commandemants anti-fiscalité du passé du mouvement ouvrier, une capacité à comprendre le mouvement des gilets jaunes, sur lequel les résidus du mouvement maximaliste restent aussi muets que les gaucchistes sont odieux pour la classe ouvrière « périphérique » et les hérauts d'une petite bourgeoisie urbaine et couleur musulmane en banlieue parisianniste. Le débat sur ce site aligne des bijoux d'argumentations. Un extrait :
« Un autre aspect frappe dans le mouvement des gilets jaunes : l’hostilité des appareils syndicaux à l’égard de ce mouvement auto-organisé, la volonté de faire croire qu’un tel mouvement ne pourrait favoriser que le fascisme. Cependant, nous constatons sur les lieux de travail que la classe ouvrière y est favorable, y compris la base syndicale ! Même l’extrême gauche officielle qui cultive le suivisme vis-à-vis des appareils syndicaux s’en est étonnée et offusquée. Mais elle s’est bien gardée d’expliquer le fondement même de cette réaction hostile des bureaucraties qui encadrent les travailleurs : la crainte d’être débordée dans ce rôle d’encadrement. En hurlant au fascisme à propos de cette tentative d’auto-organisation, les appareils, très discrédités, se préparent à en faire de même quand la classe ouvrière tentera de les déborder. Nous sommes maintenant avertis qu’ils crieront alors au fascisme et dénonceront tous ceux qui se feront les porte-parole de l’auto-organisation ouvrière comme des fascises en puissance !!! ».








NOTES


1Dans son édition du soir au même moment, le Monde décrit par le menu un exemple du « conglomérat » populiste en province, si mélangé et si méprisable : https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/11/17/a-bar-le-duc-melenchonistes-lepenistes-et-monarchistes-portent-tous-un-gilet-jaune_5384930_3224.html
La palme de l'ignominie servile peut être attribuée à François Reynaert de l'Obs pour un à peu près historique aussi profond et débile que Macron et ses sermons sur l'ombre des années 1930 ; comme si le poujadisme petit bourgeois de 1950 pouvait être comparé à la révolte de la classe ouvrière en France de 2018 contre une attaque écolo-perverse contre ses « conditions » de vie et de travail : « Reynaert de l'obs : Râler contre les taxes, refuser les impôts, exalter les "petits" contre les "gros" qui les tondent, cela fait partie des thématiques historiques de l'extrême droite. La plus célèbre expression de cette tradition a eu lieu dans les années 1950, quand un papetier de Saint-Céré nommé Pierre Poujade, excédé d'avoir à payer les charges qu'il devait à l'Etat, sonna la grande charge contre le fisc. Aux cris de "Sortez les sortants !", il réussit, aux législatives de 1956, à faire entrer une cinquantaine de députés à l'Assemblée nationale. Le plus remuant d'entre eux était un certain Jean-Marie Le Pen. Une quinzaine d'années plus tard, il fonde le Front national. Sur le plan économique, il restera toujours fidèle à son antifiscalisme originel. On est obligé de noter qu'il le fait cependant avec un semblant de cohérence. Dans les années 1980, Le Pen père est par exemple un fan du président américain Ronald Reagan, ultralibéral avoué. (…) Pour ce qui me concerne, j'avais cru comprendre que la noble tradition de la gauche était de canaliser les colères des classes populaires pour les orienter dans le sens de la justice, jamais de souffler dessus. En termes stratégiques, cela peut toutefois présenter des avantages. Au printemps, vous vous souvenez, le leader de La France insoumise avait appelé lui-même à une "marée populaire" qui avait fini en vaguelette. Du coup, il essaie de surfer sur la marée des autres. C'est plus prudent. Si ce 17 novembre se termine par deux blocages et demi sur trois ronds-points, il oubliera qu'il avait appelé à soutenir le mouvement. Si c'est un triomphe pour les manifestants, il fera comme dans la blague de la souris qui court à côté de l'éléphant. Il se retournera en disant : "Je fais une de ces poussières, moi !". De Macron à Besancenot et au journal de gauche grande bourgeoise, la main noire du clan Le Pen manipule des ouvriers « poujadistes » ! Et Renayert le servile nous ferait presque aimer le trublion impuissant Mélenchon.

2Un autre ajoute : « 70 % de ceux qui roulent au diesel ne font que trois kilomètres », un autre assure que c'est cinq kilomètres ! Il est vrai que les « ploucs-émissaires puent le gazole et le tabac » !
3Pour faire cultivé un quidam écrit ceci : « Dans L’Ancien Régime et la Révolution, le philosophe Alexis de Tocqueville fustigeait les régimes centralisés car ils aboutissent « à détruire tous les pouvoirs intermédiaires » de sorte qu’entre eux « et les particuliers, il n’existe plus rien qu’un espace immense et vide ». La France d’Emmanuel Macron n’est pas l’Ancien Régime de Louis XVI. Mais, entre le président et les « gilets jaunes », un vide similaire semble s’être créé. Sans syndicats ni leaders médiatiques pour relayer la parole des protestataires, mais aussi, le cas échéant, accepter ses propositions, le gouvernement se retrouve démuni face à cette éruption de colère ». On peut tout prêter comme bêtises à Macron sauf d'être responsable de la décrédibilisation des syndicats par eux-mêmes depuis des décennies comme collaborateurs patentés des gouvernements successifs pour liquider tout mouvement social et saboter systématiquement même les grèves les plus sérieuses.

4Je ne ramène pas toute réaction à ma faible influence, mais, sachant que un ou deux espions du NPA comme de la police reluque mon blog, et alors que j'ai dit à plusieurs reprises que la grève n'est ni le combat suprême ni l'outil par excellence de la lutte ouvrière, alors que le mouvement des gilets jaunes vérifie ce constat (échappement du contrôle étatique et syndical comme à un degré supérieur certes en octobre 17 en Russie et Novembre 18 en Allemagne) les dernières élucubrations du site du NPA annoncent une campagne américaine pour « réintroduire la grève comme arme comme dans le mouvement syndical et la classe ouvrière  », alors qu'ils ont salopé la grève perlante et perdante à la SNCF aux côtés des bonzes du sysndicalisme rétribué par l'Etat. Or, aucune révolution n'est partie d'une grève corporative (même si certaines ont accompagné le mouvement) et toutes sont parties d'événements exceptionnels qui n'entrent pas dans les calculs politiques (limités) des sectes politiques et syndicales.