"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 10 février 2016

Mésaventures d'un général de gauche étiqueté « fasciste »


« Je suis le dernier des cons glorieux » Général Bigeard

« Savez-vous pourquoi les généraux sont idiots ?
- parce qu'ils sont choisis parmi les colonels. »

Une campagne gouvernementale s'adresse à la jeunesse de « nos banlieues » qui, pour un cinquième serait adepte de la « théorie du complot », formidable et inepte machinerie qui promeut sa création ex-nihilo « ontemanipule.com ». Pour un peu on se croirait en décembre 1914 avec les affiches dénonçant les mensonges de l'ennemi boche. Voici l'entrée gouvernementale de ce projet (infantile) de salubrité civile, et évidemment anti-terroriste :
« Hoax, rumeurs, photos ou vidéos truquées… les fausses informations abondent sur internet. Parfois la désinformation va plus loin, et prend la forme de pseudo-théories à l’apparence scientifique qui vous mettent en garde : "On te manipule !" A en croire ces "théoriciens" du complot, États, institutions et médias déploieraient des efforts systématiques pour tromper et manipuler les citoyens. Il faudrait ne croire personne… sauf ceux qui portent ces thèses complotistes ! Étrange, non ? Et si ceux qui dénoncent la manipulation étaient eux-mêmes en train de nous manipuler ? Oui, #OnTeManipule quand on invente des complots, quand on désigne des boucs émissaires, et quand on demande d’y croire, sans aucune preuve. Avec Kevin Razy, découvrez les bons réflexes à avoir pour garder son sens critique et prendre du recul par rapport aux informations qui circulent ».

Après les dix commandements de la méfiance professoralo-étatique, il est conclu de :

GARDER L'ESPRIT CRITIQUE

+ Autres liens utiles à consulter (qu'ils disent)

Le plus friable et ridicule dans cette argumentation primaire de l'oligarchie est qu'est nié tout complot. Il eût été plus intelligent de reconnaître qu'il y a aussi, réellement, des complots, et de tout temps, et ensuite de passer au crible comment sont traités les événements et les news de la classe dominante. Plus totalitaire derrière ce « garder l'esprit critique » réside plutôt « gare à celui qui doute de la bonne parole » ! Avec ponctuellement un argumentaire plus tordu que kafkaïen en défense de la vérité étatique : « Et si ceux qui dénoncent la manipulation étaient en train de nous manipuler ? ». Donc il y a bien manipulation de la par de « ontemanipule » avec le même argumentaire que les procès maccarthystes !

Je ne veux pas me mêler aujourd'hui de cette théorie du complot, qui sert aussi d'ingrédient à l'antifascisme gouvernemental pour désigner toujours ladite extrême droite comme ayant l'exclusivité historique de la construction de faux ou une aptitude intrinsèque à mentir aux gens, ce qui ne ferait pas partie des valeurs de la gauche bourgeoise et de ses gauchistes.
Chaque jour qui passe dément cette infantile site pour demeurés depuis si longtemps, sans remonter au 18 Brumaire, au coup d'Etat de De Gaulle en 1958, au putsch des généraux d'Alger, avec de faux complots : mai 68 était considéré par le PCF et la droite au pouvoir comme un complot, Cahuzac et DSK s'estimaient victimes d'un complot... Il y a à boire et à manger selon qui profère l'accusation de complot, que des jeunes largués par la société française croient les balivernes du triste comique Dieudonné ou celles du barbu en pyjama jour et nuit de la mosquée salafiste du coin est-il plus grave que le mensonge du président et du premier ministre qui promettent de mettre fin au chômage depuis des années ?

Tout politicien bourgeois de gauche ou de droite est un menteur professionnel. Cela n'est pas admissible sur un plateau télé, mais cette réflexion devrait être juridiciarisée au train où va la calomnie face à tous ceux « qui doutent », qui ne rentrent pas dans le rang, qui ne sont pas Charlie, qui n'ont pas leur brevet d'antiracisme et leur carte syndicale.

Je ne prends ici qu'un exemple où le gouvernement, ce paragon de vertu, est pris dans le sac. Je veux parler de l'acharnement sur ce pauvre général Christian Piquemal. Je ne défends en général jamais les généraux. Cette race de planqués du Derrière de la bourgeoisie s'est terriblement enrichie en massacrant les révolutions du 19e siècle, sans compter toutes les ordures qui ont fait zigouiller des millions de prolétaires dans deux guerres mondiales. On nous a épargné les comparaisons avec le sentimental général Boulanger. Un général n'est, paraît-il qu'un haut soldat qui n'a pas à exprimer ses opinions ou s'il les exprime c'est un dictateur. A l'époque du colonialisme, la plupart des généraux, de Massu à Bigeard ont été dénoncés comme tortionnaires. Mon admiration va pourtant à un général, Jacques de Bollardière, qui même au risque de perdre sa place, a fait partie de ceux qui ont dénoncés la torture impitoyable de l'armée d'occupation en Algérie. Piquemal n'a pas la même envergure, ni les mêmes moyens intellectuels et politiques. Il n'a jamais dénoncé les crimes de Mitterrand quand il était en fonction, sous ses ordres.

Voici donc un général en retraite, qui n'a pas plus d'importance pour l'histoire que le général Grammont1, qui aurait mieux fait de continuer à s'occuper de ses rosiers. Ses états de service révèlent qu'il n'a ni servi sous Franco, ni rêvé d'une réincarnation d'Hitler. Vu sa démarche à Calais plus contre le foutoir des migrants, que par racisme ou volonté de renverser le gouvernement, les journalistes gouvernementaux du Monde ont presque honte de rappeler qu'il a été un loyal serviteur des premiers ministres des gouvernements Mitterrand successifs. Après sa prestation pâlichonne à Calais, sans même évaluer ses motivations ni lui laisser une chance de s'exprimer on fouille son passé, puis qualificatifs et amalgames tombent. A une époque où la novlangue qualifie n'importe quelle crapule de "jeune homme", le moindre désaccord avec l'hypocrisie gouvernementale "fait le jeu de l'extrême droite", révèle un "homophobe" ou un "islamophobe"; misérables pérennité des vipères lubriques staliniennes! L'hystérie s'est levée comme une seule couille. Haro sur le baudet de Libé-Rotschild à l'OBS, du Huff Post à l'Immonde : « de la graine de putschiste », un « admirateur de Bigeard », un déplacement honteux « qui profite à l'extrême-droite », etc. On n'attend plus que la prise de position suiviste des bobos gauchistes, qui a déjà commencé avec le NPA qui titre : « Calais laboratoire fasciste ».

Arrêtons-nous un instant sur l'horrible manifestation avortée car déjouée par la vigilance républicaine du gouvernement de la France Unie. Certes la manifestation de Pegida et consorts était interdite. Bof. S'il fallait attendre le droit de manifester on n'aurait jamais gêné ni patrons ni le pouvoir depuis deux siècles. Pegida, systématiquement qualifié de fasciste par tous les médias européens (ce qui n'est pas vrai même s'il contient aussi des fascistes, comme les particules gauchistes contiennent de parfaits abrutis), a le droit de manifester en Allemagne. Mais cela fait partie du spectacle pour alimenter les bobos antifa de l'autre côté du Rhin et leur mama Merkel. L'ex-général retraité avait appelé à cette manifestation sans vouloir se confondre avec Pegida, qualifié par lui après coup aussi de « nazi » (pas très courageux le haut gradé). Il se présente comme président d'un Cercle de Citoyens Patriotes – déjà le nom est con – qui affiche un blog aussi creux que la pensée de n'importe quel général de brigade, et, de plus, vous demande de cotiser entre 20 et 100 euros pour adhérer à une confrérie gériatrique qui collectionne médailles et timbrés.
J'ai attentivement examiné toutes les vidéos de l'événement picrocholin à Calais. Voici ce que j'ai vu. Un attroupement composé de crânes rasés (cette simple mention fait frémir le gauchiste de base qui imagine un nazi du fond des bois), mais avec une touffe sur le crâne, c'est la mode chez la plupart des jeunes, surtout dans les zones déshéritées, et ils n'ont pas été chez le coiffeur à l'enseigne du NSDAP. Plus de musclés Kronenbourg que de tueurs à la kalach. Des bonnes femmes grossières. Des médiateurs en ciré jaune qui n'arrêtaient pas de dire aux gendarmes qu'ils n'avaient rien à voir avec ceux d'en face mais qu'ils sont leurs amis. Autant de photographes, de journalistes que de policiers et de manifestants. Selon les versions vidéos, après découpe et inversion de la chronologie on trouve le petit général patriote au début ou à la fin. Il est aussi bon orateur que Darry Cowl (on imagine qu'il donnait des ordres écrits lorsqu'il était encore en fonction...). Notre patriote en civil ne dit rien d'intéressant, aucune idée directrice, à part morigéner ses « frères d'arme » les gendarmes qui n'en ont que foutre, et qui doivent se marrer sous casque que papy général leur ordonne de chanter la Marseillaise... preuve que, en certains cas, les gens en uniforme peuvent aussi parfaitement désobéir et garder un esprit critique. Quand il croit faire la leçon aux gendarmes, la faune du lumpen qui l'entoure semble aussi niaise, l'admonestation contre les gendarmes tombe à plat. Ils sont corrects et très souples même après les sommations d'usage. La faune lance un « la police avec nous » ; plus bêbête tu meumeurs. On chante la Marseillaise puis on reprend le slogan cucul des congrès du FN « on est chez nous »... On crie « honte »... « enfin ne touchez pas à un général », « m'enfin c'est un général... ». Puis tout le monde s'enfuit.                                    

Tout général de mes deux qu'il est, on l'embarque, certes pas méchamment comme pour un marginal no border, mais on l'embarque. Il est trop ce général patriote, il est trop bouc-émissaire comparé à ce gros nul de Loïc Perdriel commercial de Pegida France. Sans un général à se mettre sous la dent, comment aurait-on pu parler de... complot ? De possible nouveaux putschs...comme le dernier, celui de 1961... Merci mon général d'avoir donné du chien aux médias.

Revenons sur l'hallali qui suit une échauffourée dérisoire et sans dégâts, comparée aux brutalités des ploucs en faillite et des bobos de Notre Dame des Landes.

UN GENERAL DE GAUCHE PREMIERE VICTIME DE L'ETAT D'URGENCE ?

Après certainement beaucoup de portes explosées de HLM de barbus adorateurs du coran... Mais vraiment, à part la rive gauche contestataire et le pitre Mélanchon, on ne s'en aperçoit pas du côté du prolétariat ; ne le réprouvent pas non plus cet état d'urgence ces milliers et milliers qui prennent métro et train encadrés par tant d'uniformes. Les débats sur la gravité dudit état d'urgence et la déchéance de nationalité, c'est pour les riches. Trop compliqué pour les pauvres que nous sommes.
Une seule voix fait entendre la terreur qui nous attend, le petit Valls qui n'arrête pas d'aboyer que ça va être pire. De 10 morts on est passé en moins d'un an à 130, 1000 la prochaine fois ?
Notre pauvre général patriote a eu droit à deux nuits de garde à vue – c'est dur à 75 balais mais supportable - il s'en est sorti avec le truc classique que j'ai vu faire par les PN : le malaise au moment de l'audition. Paf : relâché, procès reporté dans trois mois. Il aurait dû le faire dès la première heure de la GAV ! Pas malin mon général !

Quand not'gouvernement donne des leçons enfantines pour combattre toute idée, forcément fallacieuse ou fasciste, de complot, ses intellectuels de clavier ne se gênent pas pour l'alimenter le complot (évidemment fasciste, voire comme « montée de l'extrême droite en Europe » dans la version gauchiste suiviste). On fouille immédiatement la bio du général patriote. Hé hé : « il est nommé au grade de sous-lieutenant en avril 1962 . UN an plus tard, il intègre la Légion étrangère et sert notamment sous les ordres du général Bigeard, en tant que lieutenant en Algérie ». Pas de pot plumitif du Monde : étant donné que les troupes françaises ont quitté l'Algérie entre mars et septembre 1962, il n'a pas pu servir sous les ordres de Bigeard qui... avait quitté l'Algérie en 1960 !
On sent le tortionnaire qui dormait sous la « Mitterrandie » pour réapparaître néanmoins plus tard dans l'auge de la « défense de la France face aux migrants »2.
BFM, qui sous Sarkozy comme sous Hollande, s'efforce de taper le plus fort dans le sens du vent, n'y va pas avec le dos de la cuillère : « le général est la star du rassemblement. Il est proche des valeurs de l'extrême droite alors qu'il a pourtant occupé les plus hauts postes sous des gouvernements de gauche ». Les images qui défilent sont tronquées, pas dans le bon ordre. Sur une vidéo intégrale plus honnête sur le web, on a aperçu le petit général, qui, après les sommations – alors qu'il ne représentait que lui-même comme il l'a reconnu a posteriori – appelait, dans son langage militaire « à décrocher ». De ce fait il n'avait pas à être embarqué comme les pauvres diables qui n'eurent que le tort d'avoir objets coupants et bombes lacrymogènes dans leur sac. ET que en voilà bien un complot... gouvernementalo-médiatique ! ET toc à « ontemanipule » !

Le complot n'est pas tant dans la préparation, le piège tendu (dans lequel les lampistes3 et le petit
général n'étaient pas obligés de tomber) mais dans l'art et la manière avec laquelle est traitée « l'information », répercutée unanimement avec la même tonalité « antifasciste », même au mépris de la vérité de ces pauvres protestataires. Oui, croyez-moi jeunes cailleras de banlieue, vous pouvez continuer à douter « de la façon » dont sont données les infos, sans être obligés de croire que tout ce qui est contre et tout ce qui est pour le gouvernement est forcément pourri, ni d'avaler sans esprit critique les avis des sites marginaux, dont le mien.
Le journaliste-spécialiste de RFM corrige son collègue : « ce n'est pas du tout un homme de gauche, c'est un militaire de formation qui a défié les autorités ! ».

L'exagération des médias n'est pas simplement une exagération. Elle est surtout une brutalisation de la compréhension des auditeurs, lecteurs ou spectateurs. Violence qui rend impuissant tant elle est perverse et suppose  ni doute ni réponse contradictoire. Depuis les crimes odieux sans aucun doute djihadistes et la propagande ouverte et pas complotée d'une volonté d'islamiser l'Europe, not'gouvernement et ses larbins de clavier et d'écran ne cessent de nous « avertir » contre le danger de l'extrême droite4, qui dit des vérités incontestables, qui exagère autant que possible pour éviter, comme ses compétiteurs innocemment antifascistes de cabinets, que ne soient posées les vraies questions (pas par bêtise ou méchanceté mais parce qu'ils sont en compétition avec les autres dans le même registre du pouvoir) :
  • faire cesser d'abord la guerre en Syrie
  • cesser de faire croire aux migrants qu'on va les raser gratis ici
  • ouvrir les frontières vers l'Angleterre et qu'elle se barre de l'UE5.

Cet épisode généralesque n'a guère d'importance, sauf qu'il manifeste le barrage strict opposé à toute implantation de Pegida en France, sauf qu'il sert à continuer à masquer les vrais problèmes posés par les immigrations massives au nom de la tolérance oecuménique de l'oligarchie mais pour tous ceux qui la ferment. Les migrations intempestives alliées à l'irresponsabilité des gouvernements bourgeois européens (qui ouvrent en partie les bras mais pour généraliser la misère) et l'islamisation rampante de la société du Nord, sont des réalités, à la fois simples et complexes, mais rendues complexes, confuses ou répréhensibles par la classe dominante. Les bobos parisiens ne sont pas à la place des migrants dans la gadoue ni des riverains de Calais, d'où sont issus, sans être des nazis ni des banksters, une partie de la « faune » qui gesticulait aux côtés du général en carton6.
Frustrations, désespoir, absence de solutions de type socialiste ou humain, le pourrissement va continuer, et ce n'est pas ni ce général d'opérette, ni le roi des bobos, le NPA, avec sa dénonciation du « FN en embuscade » dans « la terre de conquête du Pas de Calais » et son hurlement contre « l'islamophobie », qui transformeront la gadoue des bidonvilles en HLM de luxe.



NOTES:


1Qui reste vaguement connu pour avoir fait voter en tant que député une loi pour la préservation de la race animale. Et que Daumier a gentiment portraituré.

2Le Monde est vraiment immonde et répand l'idée du complot sans vergogne (cela servira d'aliment de base au gauchiste et à l'anar moyen : « Cette arrestation intervient dans un contexte particulier quant aux hauts gradés de l'armée : depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande, en 2012, et plus encore depuis les manifestations contre le mariage homosexuel en 2013, une partie de l'extrême droite (de source bien informée, sic ! Note de JLR) agite le fantasme d'une insurrection militaire, et l'état-major français admet être vigilant quant à ces tendances. Sur la page Facebook de Loïc Perdriel, on trouvait d'ailleurs, une semaine avant la manifestation, cette image renvoyant vers un article Wikipédia consacré aux manifestations des Ligues d'extrême droite le 6 février 1934, qui avaient failli dégénérer en coup d'Etat ». Minable ! Si c'est ça le complot généraux + journalistes, je vous annonce le mien : je vais publier le tableau de Napoléon sur le pont d'Arcole, ce qui signifiera que je vais prendre d'assaut l'Elysée.
Les sous-journalistes du frère collabo « Huff Post » , en rajoutent une tonne : « On notera également que l'homme est resté marqué par le putsch des généraux, les événements d'Alger colorant son cursus à St Cyr ». Ces pauvres journaleux formés à l'américaine et financés par cette mafia, sont aptes à broder avec de la fiente car, comme vous le savez : qui veut tuer son chien, lui donne à bouffer de la mort aux rats. ET de taxer le général bafouillant de « porte-voix d'une rare qualité » dont a fait profit... zut encore : l'extrême droite !

3La justice de classe a d'ailleurs été magnanime, plus que pour les licenciés d'Air France ; le porteur de tazer ne fera pas ses deux mois ferme (preuve que la magnanimité n'était pas le fait de Taubira) et les trois autres ont écopé de sursis.

4Qui, jusqu'à preuve du contraire n'est pas alliée à daech ; le FN vient de faire l'objet de menace de la part de cette engeance imaginative et curieusement bien informée des faiblesses de l'ensemble des castes politiques de la bourgeoisie française. Le plumitif honteux du Monde qui titre son torchon « un pourfendeur de la décadence de la France » (là oui il a raison) ou celui de l'Obs, applique le même traitement que pour daech. Certes Piquemal avait l'air con de traiter les gendarmes de collabos (surtout que une partie de la faune qui l'entourait et le bénissait, a pour référence hélas … les collabos pétainistes), mais n'a—t-il pas dit qu'il « place ses « valeurs patriotiques » au-dessus des lois de la République, au nom de la « France éternelle »... comme le coran ?

5La bourgeoisie britannique a désormais si peur du Brexit qu'elle utilise l'argument du traité du Touquet. Cameron vient de déclarer que si la GB quitte l'Europe, la jungle viendra s'installer à Dover et Folkstone... Perfide Albion !


6Ce n'est tout de même pas la fin du monde en ce moment à Calais, sauf pour les forces de police sans cesse débordées sur l'autoroute, mais c'est presque le couvre-feu en ville. La plupart des magasins ferment le soir vers dix huit heures, moment où sortent (paraît-il, mais à vérifier) les migrants...

dimanche 7 février 2016

LE VIDE SEXUEL DU CLOCHARD ET DU MIGRANT


J'ai hésité à titrer par « la vie sexuelle... », mais comme il s'agit d'une non-vie ou même d'une situation d'envie réprimée sans vergogne par le bon plaisir de l'oligarchie parlementaire jouisseuse, j'ai considéré qu'il fallait en référer au néant de leur vie humaine dont le manger et le vêtir sont déjà comptés, et malodorants. A l'heure où le parlement bourgeois des macs et des poules de luxe vient de revoter en seconde lecture la loi anti-sexuelle, réprimant en priorité les travailleurs immigrés1, et après les exagérations à Cologne, à la fois des « attoucheurs » arabes peu réfugiés et des commentateurs bourgeois allemands plein de bières, il faut rendre encore plus honteux le mensonge et la négation de la sexualité du clochard et du migrant.

La plupart d'entre vous n'ont jamais vu le clochard autrement que comme un chiffon sale, une boule puante à qui l'on peut jeter une pièce à condition de s'entendre dire merci. Qu'il bouffe ses chips le cul sur le trottoir et avale son mauvais vin de chez Lidl, vous paraît relativement rassurant : « on en meurt pas de faim en Europe. Jamais vous n'avez imaginé cette chiffe humaine sale et puante trouver un coin sous les ponts pour se livrer à des caresses érotiques avec une compagne de misère, ces caresses dont tout être humain a besoin chaque jour comme le manger et le boire, comme l'écrit si bien le Figaro Madame pour l'élite des bordels de luxe, des féministes huppées et des branleurs écologistes. Je vais vous mettre le nez dedans quelques poubelles plus loin.

Pour comprendre la misère sexuelle, nous qui en sommes repus (quoique aussi une minorité), il faut « se mettre à la place de ». Prenez votre serviteur.
Juillet 1968 : je suis parti en bateau faire ma révolution sexuelle en Suède. J'ai 17 ans, l'âge moyen d'un réfugié afghan de nos jours. Migrant temporaire sale et mal rasé, J'ai fait chou blanc, les suédoises n'étaient
pas filles faciles ; et je ne leur ai pas pincé les fesses. J'ai roulé un patin à une grande blonde finnoise qui ne cessait de mâcher son chewing-gum. C'est tout. Me voilà coincé à la gare d'Amsterdam. Dans le froid et il fait nuit. J'essaie de me réchauffer dans une cabine téléphonique mais je grelotte. Un automobiliste s'arrête et me demande de monter à bord. J'accepte volontiers. Il me promène dans Amsterdam, puis s'arrête et , me tenant la cuisse, commence à se masturber. Je laisse faire car je suis au chaud. C'est un homo et cela ne me choque pas le moins du monde surtout que je ne bosse pas dans cette catégorie. Je suis au chaud et ce qui me scandalise le plus, c'est ce que je vois à travers la vitre du véhicule, qui était revenu devant la gare. Entre deux rangées de vélos, un clochard est allongé sur ses cartons. Vêtu d'un pantalon trop large pour lui, il se masturbe violemment. J'avais été voir les putes en vitrine le long des canaux et cela excitait ma vision adolescente d'un monde marchand où tout devait pouvoir être exhibé et acheté. Mais la vision de cette masturbation solitaire de ce pauvre clochard couché à même le sol et indifférent au monde public environnant, était restée gravée dans ma mémoire. J'avais dit au revoir et merci au monsieur homo qui s'essuyait dans sa bagnole. Le jour se levait avec le radiateur gratis soleil.

DESINSERTION SOCIALE ET DISQUALIFICATION CORPORELLE 

Il existe quelques études sérieuses et documentées sur la vie du clochard, du SDF, comme on le nomme poliment aujourd'hui. Ainsi de la contribution de Anne-Françoise Dequiré qui s'appuie sur Baudrillard :
« … Jean Baudrillard a élaboré une perspective critique sur le rôle joué par le corps dans les années 70. Ainsi, à la place de l'âme qui enveloppait autrefois le corps, c'est la peau qui a pris le relais, car elle est aujourd'hui, un « vêtement de prestige et résidence secondaire », comme « signe et référence de mode ». Jean Baudrillard fait du corps « le plus bel objet » de consommation. Le corps n'est pas une évidence, il est socialement construit à travers chaque société, chaque culture.
Dans le cadre de la société de consommation, le corps ne peut être envisagé qu'en tant qu'objet. Par conséquent, le corps comme objet de consommation devient un signe de distinction sociale, de différenciation par rapport à autrui. Parallèlement, avec ce corps comme objet de prestige, la pratique médicale ( la pratique du médecin) s'installe dans une situation de surprivilège social, le médecin devient un personnage « sacré », grâce à ses conseils et à ses interventions, l'individu entretient et soigne son corps et donc maintient sa compétitivité et son prestige social. Autrement dit le corps fait vendre : l'esthétique moderne du corps baigne dans un environnement foisonnant de produits, de gadgets, d'accessoires... ».

Tout ceci pour vous dire que la perte d'hygiène de celle ou celui qui est à la rue, le fait descendre face au « regard social »de deux crans même par rapport au jeune prolétaire bien sapé. Le SDF vient de toutes les classes sociales mais principalement de la classe ouvrière et maintenant de plus en plus
d'une jeunesse qui n'a même pas eu le temps de devenir prolétaire. Le temps passé à la rue varie de 4 mois à 7 ans, souvent suivi dans ce cas de la mort à 40 ou 50 ans (vieillissement prématuré, moyenne des décès à 40 ans). La plupart ne possèdent qu'un CAP ou un BEP. Une moitié vit d'aides diverses quand une autre moitié ne vit que des ressources de la mendicité. Les femmes SDF sont relativement jeunes ; un tiers se prostituent pour survivre.
L'errance conduit très rapidement au délaissement du corps. Mais l'image du clochard sale est désuète car une majorité des SDF se bat pour tenter de conserver une bonne image physique pour montrer une force de résistance à la misère capitaliste.
Les femmes SDF veulent se rendre invisible par une propreté souvent acquise sous humiliation dans les WC d'autoroute ou dans les chiottes d'un bar quelconque :

« C’était dur leur regard, ça me faisait mal, alors je m’enfermais dans les toilettes et j’attendais qu’elles s’en aillent… Une fois je me souviens, qu’une dame disait à sa fille, t’as vu elle se lave là, ça m’a tellement blessé, que je suis partie en courant et j’ai pleuré. Pourquoi les gens sont-ils méchants, je me lavais régulièrement pour dire d’être propre. C’était pas facile, en plus il y avait pas d’eau chaude, c’était dur… j’aurais pas su avoir des vêtements sales, après les gens vous regardent d’un drôle d’air et pensent que vous êtes une crapée, c’est la honte, surtout dans un petit village, ça va vite . » (Brigitte)

La situation du SDF développe une souffrance sociale qui, à terme, rend fou. Le niveau de désocialisation rend la plupart irrécupérables par une société qui court de plus en plus vite en fermant les yeux et en se bouchant le nez.

LA PRECARITE SERAIT-ELLE ASEXUEE ?

Magnifique question d'un autre sociologue. Et cette autre : « qu'en est-il de la sexualité, de la vie amoureuse chez les personnes communément appelées SDF ? Si la vie affective et sexuelle de personnes sans domicile ne doit pas être déniée, leur accorde-t-on pour autant ce droit ? ».
Dans les textes religieux les plus anciens, l'errance (= vagabondage) est une dangerosité sociale et renvoie à la sauvagerie ou à l'animalité. La société des « lumières » est plus sévère pour les femmes vagabondes ; la prostitution est alors assimilée au vagabondage. L'errance féminine est suspecte (une honnête femme reste esclave de son mari à la maison). A Paris en 2004 un SDF sur cinq était une femme et la proportion est pire en 2016 ! A Montréal, un quart des femmes à la rue... En général, plus que les hommes, les femmes à la rue font tout pour ne pas apparaître comme des clochardes, une valise en bon état à la main pour faire croire qu'elles sont en voyage par exemple, mais elles doivent veiller en permanence à ne pas être agressées sexuellement (contrairement aux agressions ponctuelles de élégantes de Cologne). Beaucoup préfèrent la drogue à l'alcool lequel représente plus pour elles la déchéance, et qui abîme plus vite le corps.

Ils sont peu nombreux les chercheurs sociaux et inexistant les politiciens bourgeois et humanitaires à se soucier de la vie affective et sexuelle des SDF ; comme de celle des millions de vieux et jeunes isolés. On pense surtout à généraliser la masturbation par internet pour renforcer cette solitude. Les policiers voyeurs d'internet peuvent d'ailleurs vérifier en direct, 24X24, sur RealLifeCam que les jeunes couples sont aussi solitaires, dépendants de l'invention la plus con du siècle, le portable : quand ils ne sont pas en train de se masturber séparément, l'homme est assis plusieurs heures par jour face à l'écran de son ordi quand la femme pianote sur son ipad. Triste vie de solitaires par millions. Leur vie, en plus clean et au chaud n'est pas très différente de celle des SDF.
Revenons à la vie affective des SDF (qui possèdent aussi des portables) et notons des observations de l'Observatoire du Samu social de Paris. D'abord il y a l'absence d'intimité et d'un lieu à soi, mais ce qui est frappant au premier abord est que les SDF cherchent d'abord, ou vice-versa, des relations avec les bénévoles (« les volontaires ») sensés les aider simplement pour le prosaïque : l'hébergement et le couvert 2. La plupart n'auront en tout cas plus de relations sexuelles hormis celle de leur main droite. Un troisième contingent a besoin justement de recourir à la prostitution même si l'abbé Hollande est au coin de la rue avec sa trique :

« Pour le SDF qui touche le RSA, poursuit Paul, il faut bien compter au minimum une passe ou deux par mois. Il a besoin d’amour et d’affection, il se paie une prostituée avec son RSA parce qu’il en a besoin. Et heureusement parce que sinon, il deviendrait dingue. C’est très cher mais j’en connais qui passent tout leur argent dans la prostitution. »

LA SEXUALITE DES MIGRANTS : TABOU OCCIDENTAL

Toute la bonne société européenne qui se régale de partouzes privées et fréquente les boites échangistes huppées n'a pas eu de mors assez durs contre les « mille salopards de Cologne », à commencer par ces parangons de vertus que sont les féministes gauchistes et les philosophes altermondialistes. Le fleuron du moralisme bcbg a été le célèbre Slavoj Zizek qui nous balade au temps moyenâgeux de la torture des chats: « les mille salopards de Cologne... obscène carnaval des classes inférieures ? » :

« Même si les réfugiés sont effectivement (pour la plupart) des victimes fuyant des pays ravagés, cela
n’empêche manifestement pas certains de se comporter de façon méprisable. Nous avons tendance à oublier qu’il n’y a rien de rédimant dans la souffrance: être une victime tout au bas de l’échelle sociale ne fait pas de vous une sorte de voix par excellence de la morale et de la justice. (…) Voilà pourquoi les tentatives naïves visant à «éclairer» les immigrants (visant à leur expliquer que nos mœurs sexuelles sont différentes, qu’une femme marchant tout sourire dans la rue en mini-jupe n’invite pas ce faisant à un rapport sexuel, etc.) sont d’une impressionnante bêtise. Ils savent très bien tout cela, et c’est précisément pourquoi ils agissent ainsi. Ils savent parfaitement que ce qu’ils font est radicalement étranger à notre culture, et ils le font dans le but précis de blesser nos sensibilités ».

On retrouve chez ce penseur à gauchistes la même ambiguïté et perversion que chez l'abbé Hollande et son double le militant antiraciste : le migrant (gracieusement accueilli comme naguère les blessés de 14 par les dames patronnesses infirmières, et qui n'avaient pas le droit de bander sous les draps) est un être asexué. On ne veut pas savoir si comme tout européen blanc et vacciné il a des poussées érotomanes entre les 17 et 25 printemps plus fréquentes qu'aux lointains âges de la gériatrie triomphante. Mais pire le refoulé du racisme ressort chez le donneur de leçon d'antiracisme : c'est des arabes cyniques, d'une culture différente et qui savent ce qu'ils font, et qu'ils le font « dans le but précis de blesser nos sensibilités » ! Même traitement que pour le SDF de souche ; s'il parle de besoins sexuels à ses charitables « volontaires » on lui répondra que cette revendication est honteuse quand la société lui offre le logis et le couvert, même si ces régalades basiques ne font pas bander. S'il ne tombe pas sous les fourches caudines d'un magistrat pour outrage à la pudeur de personnes exerçant la charité sans avoir touché une bite de leur vie.

Même évacuation du problème sexuel pour les migrants sous l'opprobe féministe généraliste de machisme tentant perversement de se raccrocher à la glorification irresponsable de l'arrivée massive des migrants en montrant du doigt, non plus les imbéciles attoucheurs ni des mœurs arabes coincées mais le bouc-émissaire facho : ««Les agressions sexuelles du 1er janvier, commises pour partie par des demandeurs d'asile, ont été récupérées par toutes celles et ceux souhaitant stopper leur arrivée», fustige sur son blog Valérie, alias Crêpe Georgette, qui goûte peu les accusations de ses consœurs militantes. Les migrants ne sont d'ailleurs pas les premiers auteurs de violences sur les femmes, rappelle-t-elle: 13% des femmes allemandes ont été victimes de violences sexuelles, «majoritairement par des gens qu'elles connaissaient»3. Ce sont les mêmes dames patronnesses qui expliquaient au XIX ème siècle que la masturbation rendait sourd4. Deuxième chef de file de la pensée unique bcbg immigrationniste, après Le Monde, Libération titrait : « C’est parce que l’extrême droite a réussi à imposer l’idée que l’immigration était un problème que les migrants sont rejetés par les Européens. Et si l’on changeait d’angle et qu’on y voyait plutôt une force ? »5.

Tu parles Charles ! Le Point titrait : « Des attaques qui ont fait le jeu de l'extrême droite », et aussi : « Les agressions sexuelles à Cologne libèrent le discours anti-migrants ». Et, serpillière sur le balai, un ministre allemand du non-sexe ne trouvait pas mieux que de surrenchérir par l'imaginaire d'un « complot ». Toux ces tirs à vue affolée des deux côtés du Rhin n'avaient pour but que de cacher ce sein que je ne saurais voir. Chaque été quand je passe près de la plage de Calais, je ne cesse de me questionner sur ces deux mondes : des merdeuses en string qui s'agitent sur le sable et la marche lourde en bordure de plage de jeunes migrants du même âge encore vêtus de leur blouson d'hiver qui lorgnent vers ce qui intéresse tout jeune homme du monde en pleine floraison, normalement constitué et indépendamment de toute origine ou religion.
Enfin bref, nous avions, outre l'irresponsabilité monumentale de faire venir une masse d'hommes sans penser au derrière, j'allais dire à l'arrière (comme on est en temps de guerre), nous avons eu l'étalage du déni de la réalité de la frustration sexuelle de ces (jeunes) réfugiés (bons pour l'esclavage moderne ubérisé) mais inexistants comme êtres de désir, de sang et de sperme, par tous les maquereaux et maquerelles de l'oligarchie politicienne.


LA CHASSE AUX « CHASSEURS DE SEXE »

Que peuvent faire des jeunes hommes encore inoccupés par une société d'accueil qui va d'abord les fliquer puis les trier et les jeter ? Ils errent dans les rues, regardent les vitrines, matent les « nanas ». Comme moi lorsque j'errais en Suède et en Finlande en juillet 1968. Et on se sent bien seul, minable et démuni. On n'a ni bagnole ni pognon pour ajouter l'utile à l'agréable.

Comportement suspect le désir de sexualité ? Vautours ces jeunes arrivants ? Oui comme moi lorsque j'avais dix sept ans à Stockholm ou à Helsinki. Constat de sociologues plus avisés que nos irresponsables politiciens :
« Pour les immigrants, la venue en France peut constituer une rupture dans leur trajectoire affective et sexuelle. Beaucoup arrivent déjà adultes, mais une part non négligeable d’entre eux migrent plus jeunes ou débutent leur vie sexuelle après la migration. Les questions de sexualité sont rarement abordées dans les enquêtes auprès des immigrants, si ce n’est sous l’aspect de la santé sexuelle. Les comportements sexuels, et notamment le contexte des premiers rapports sexuels, constituent pourtant des révélateurs des relations d’inégalités entre les hommes et les femmes. À partir d’une enquête réalisée en Île-de-France dans des lieux ouverts, Élise Marsicano, Nathalie Lydié et Nathalie Bajos analysent les caractéristiques du premier rapport sexuel de migrants originaires d’Afrique subsaharienne. Elles examinent notamment les calendriers d’entrée dans la sexualité, les écarts d’âge entre partenaires et le degré de consentement de ce premier rapport sexuel, selon que ce rapport a précédé ou suivi la migration et selon l’âge à la migration. Elles montrent en particulier la grande hétérogénéité des histoires des immigrants à cet égard. Pour ceux arrivés avant l’âge de 10 ans, les modalités d’entrée dans la sexualité sont proches de celles de la population non migrante ».

La migration pour les femmes n'améliore pas toujours leur situation, les inégalités entre les sexes subsistant aussi dans le Nord, mais elles restent toujours en plus des « proies », ce qui ne peut cacher non plus la misère sexuelle de la plupart des migrants hommes dont Tahar Ben Jelloun est le premier à avoir parlé6.
Les sites identitaires ne disent pas que des âneries, l'immigration de guerre est devenue un fardeau :

« L’émotion compassionnelle est mauvaise conseillère en politique. C’est le cas d’Angela Merkel que l’on aurait pourtant cru plus contrôlée et maîtresse d’elle-même. Elle a ainsi imprudemment lancé dans la nature, la promesse folle que l’Allemagne pourrait accueillir jusqu’à 800 0000 réfugiés. Pourquoi pas plusieurs millions, tant qu’à faire ?
Il est vrai que les Allemandes ayant cessé de faire des enfants depuis plusieurs décennies, l’Allemagne accuse un déficit de population qui se chiffre en millions. Mais de là à vouloir le compenser par une immigration massive de migrants adultes, parlant uniquement arabe, de confession musulmane et dépourvue de toute formation professionnelle, il y a un pas qu’Angéla Merkel a allègrement franchi ».

Il faut quitter les sentiers battus de la presse bourgeoise en général monocolore et inféodée au contrôle étatique des campagnes idéologiques successives, pour trouver la vérité ; par exemple sur le blog Le vif :

« La plupart des jeunes hommes, -et des jeunes femmes-, qui grandissent aujourd'hui dans les sociétés arabo-musulmanes ont une sexualité totalement bridée. La littérature et le cinéma regorgent d'histoires de leurs petites et grandes frustrations. Que l'on prenne le film égyptien, "Les femmes du bus" dont l'histoire s'articule autour de jeunes hommes qui se frottent contre le corps 'trop' proche de jeunes femmes dans les transports du Caire. Que l'on lise l'auteur Khaled El Khamissi qui, dans "l'Arche de Noé", raconte combien la jeunesse est dans l'impasse quand elle découvre l'impossibilité d'avoir accès au marché du travail et a fortiori à la sexualité, en l'absence de moyens pour épouser une femme. Selon un rapport des Nations unies réalisé en avril, 99,3 % des femmes et jeunes filles égyptiennes ont été victimes de harcèlement sexuel, un phénomène qualifié d'endémique. Une situation identique au Yémen et qui devient monnaie courante en Irak ou en Syrie où l'effondrement des structures d'Etat laisse libre cours à la violence à l'égard des femmes. Même dans le très libéré Liban, l'auteur Rachid El Daif, raconte dans "Montre moi tes jambes Leila", comment la sexualité est objet de fantasmes déconnectés de la réalité et comment les hommes et les femmes ne se rencontrent que dans une fiction où la femme doit prétendre à la virginité et l'homme à la toute puissance. Les premières victimes de cette frustration sont donc arabes et non occidentales.

Il y a à cela plusieurs raisons. Elles sont d'abord économiques. En effet, il n'y a dans la plupart des régions rurales et même urbaines du monde arabo-musulman que le mariage qui donne accès à la sexualité et ce mariage n'est possible qu'en ayant les moyens d'offrir à la femme, le montant exigé par sa famille pour l'épouser. En l'absence de moyens dus à l'absence de perspectives économiques, les hommes sont obligés de rester vivre auprès de leur famille et n'ont qu'un seul exutoire à leur sexualité : tenter leur chance auprès de prostituées ou d'étrangères. Depuis quelques décennies, ces blocages économiques ont été renforcés par des considérations religieuses restrictives : avec pour modèle le wahhabisme saoudien, hommes et femmes sont poussés à vivre dans des mondes séparés où la mixité est perçue comme une invitation à la débauche et où tout comportement contrevenant à cette attitude est considéré comme non islamique.
Ainsi, il n'est pas rare dans les pays arabes de rencontrer des hommes qui a 30 ou 35 ans n'ont jamais eu l'occasion de toucher une femme. Cette frustration sexuelle, racontée par la littérature et le cinéma est un des moteurs de la violence que connaît aujourd'hui le monde arabe.
Il ne s'agit donc pas d'excuser les comportements de la nuit de Cologne, mais de donner un éclairage sur leur origine. L'intégration des migrants passe aussi par la prise de conscience de l'univers sexuel dans lequel ils ont grandi »7.

En conclusion si j'espère que la plupart des migrants ne finiront pas clochards, je peux dire que la
classe dominante de souche bourgeoise en France comme en Germanie se fiche de la sexualité des migrants, des SDF et des prolétaires sinon elle ne ferait pas voter des lois contraignant à la masturbation et à la fin de tout rapports désirants entre prolétaires hétérosexuels des basses classes8. Abstraction faite que la bourgeoisie allemande, plus évoluée à ce titre que la française, a présidé à la création d'Eros Center intégrant les besoins sexuels des handicapés; mais elle aurait dû multiplier par cent ses Eros Center en prévoyance de l'accueil massif et inconsidéré de qui vous savez.
Ce n'est pas une affaire de simple décomposition/pourrissement d'une société en décadence comme dirait le CCI mais une instrumentalisation et même une fabrique de cette décomposition d'une société sénile pour toujours plus détruire le prolétariat comme classe qui doit enlever le pouvoir à la bourgeoisie. C'est l'anéantissement depuis 40 ans de toute référence à la classe ouvrière comme classe politique et sociale respectable et alternative qui a produit le triomphe actuel de l'islamisme. C'est la petite bourgeoisie intellectuelle des pis (professions intellectuelles supérieures) qui anime cette décomposition, plus confusion que perte de contrôle, en ne voulant surtout pas « tomber dans le prolétariat », pauvre hère auquel on ne laisse que la masturbation et la solitude électronique pour récompense. Je ne peux résister au plaisir de vous citer au terme de ma diatribe sexualiste l'excellent Bernanos lorsqu'il décrit le « Derrière » de la bourgeoisie :

« Les hommes de guerre avaient fait la guerre avec un petit nombre de sentiments simples, élémentaires, qui étaient l'esprit même de la guerre. Et l'arrière, le Derrière, le gigantesque séant élargi aux proportions de l'Arc de triomphe, achevait de se vider d'une Mystique, la Mystique de l'arrière, où l'Ancien Combattant est tombé comme une mouche dans la glu . Toutes les politiques et les politiciens du Derrière, de gauche ou de droite, ont leur part dans cette dégoûtante entreprise. L'esprit de guerre avait été un esprit de fraternité, de camaraderie fraternelle. Les politiciens du Derrière ont brisé cette fraternité. L'esprit de guerre avait été, en somme, un esprit d'enfance. Ils ont feint d'entrer dans cet esprit pour en exploiter cyniquement la sincérité... (…) Vous avez soif d'idéal, Nous vous fournirons d'idéal. Aux poilus de gauche, la Mystique pacifiste. Aux poilus de droite, la Mystique nationaliste. Chacun la sienne, et rentrez tranquillement chez vous. Lorsque la France sera réveillée, elle vous enverra le percepteur ».


notes:

1Lire mes articles :

- La répression libidinale de l'abbé Hollande contre la sexualité des ouvriers immigrés

- Agressions sexuelles « de masse » en Allemagne : Amalgame et Tabou vont en bateau et la sexualité tombe à l'eau.

2Cet aspect sexuel de l'humanitaire est si négligé par les bonnes âmes du journalisme quand on s'étonne par exemple des curieuses relations pédophiles des casques bleus en Afrique, qui, comme toutes les armées du monde en guerre, se « servent sur le mouton ».

3Must de l'aliénation mongole féministe, la timbale ira à cette intellectuelle supérieure en bêtise agrégée, Sylvie Ayral où tout est dit en dix lignes: « « Une fois n’est pas coutume, nous poserons d’abord la conclusion de ce papier avant d’entrer dans des analyses plus complexes. «Ausnahmslos. Aucune excuse pour les agresseurs sexuels ni pour les racistes». Les féministes allemandes rappellent, dans une pétition en ligne, le lien organique entre féminisme et antiracisme. La biologisation de l’infériorité des femmes et des personnes à la peau noire ou foncée provient de la même matrice patriarcale, qu’elle soit ancrée dans les religions ou dans les Etats démocratiques modernes, les premières comme les seconds incarnés par des hommes hétérosexuels blancs, issus des classes dominantes. Ce propos abrupt permet d’aborder le débat sans complexe. Il ne s’agit pas de trouver des excuses à quiconque ou de hiérarchiser les problèmes. Cela ferait le jeu aussi bien des antiféministes que des racistes. Nous soupçonnons que ce sont les mêmes. »

4On est heureux d'apprendre les bonnes manières aux réfugiés, on va voir se développer une nouvelle profession dans le social : « explicateur de comportement asexué ». En Allemagne, par suite à des masturbations en piscine publique de certains migrants (qualifiés de « chasseurs de sexe », des travailleurs sociaux ont été « chargés de sensibiliser les réfugiés à ces problématiques ».

5Et de citer tous ces « immigrés qui ont construit la France d'aujourd'hui « (de Marie Curie à Chagall). Curieuse négation de l'histoire de France, qui ne doit pas tout à ses immigrés, et curieuse enflure de ces quelques immigrés qui ont « réussi » (chefs d'industrie, sportifs et hommes politiques (?!) mais rien pour le maçon italien, le sidérurgiste algérien et le nettoyeur du métro malien... L'auteur de l'article est un physicien coupé de la physique de la réalité.

6La réclusion solitaire (1976) et La plus haute des solitudes (1977).

7 http://www.levif.be/actualite/international/une-immense-frustration-sexuelle-a-la-base-des-violences-de-cologne/article-opinion-448753.html


8La campagne pour le mariage pour tous allait dans ce même sens destructeur au profit des minorités qui s'éclatent, et en particulier la minorité homo dominante dans les quartiers bobos parisiens. L'héréro-homosexualité-transgenre joue là le même rôle anti-prolétarien que le multiculturalisme.

mardi 2 février 2016

LIMITES DES LIVRES ICONOCLASTES SUR RELIGION ET MULTICULTURALISME


REVUE DES LIVRES

LES RADOTAGES D'UN IMAM MAO
(islamaophile)
  • Alain Badiou : Notre mal vient de plus loin, Penser les tueries du 13 novembre

Il est exact comme le remarque l'auteur - plus proche de Saint Paul que de Mao ou Marx - dans les préliminaires de son livret de 60 pages, que tous les jours, ailleurs dans le monde, se produisent aussi des meurtres de masse effrayants. Ce qui compte dans le malheur n'est pas l'identité des victimes car cela renverrait à la simple idée de vengeance, cette « donnée primitive, abjecte ». Puis suis une autre ambiguïté chrétienne : « il est scandaleux... de laisser entendre, indirectement... qu'il y a des parties de l'humanité qui sont plus humaines que d'autres », mais qui n'en est pas une ; depuis longtemps « un mort occidental c'est terrible (quand) mille morts en Afrique... ça n'est finalement pas grand chose ». Telle est en effet notre perception occidentale, c'est comme les accidents de la route, ça n'arrive qu'aux autres. L'islamaophile Badiou prétend donc ne pas avoir peur de l'explication à partir de considérations généralistes et d'un qualificatif pour le terrorisme, contrebattu et éculé : « figures contemporaines du fascisme ». D'emblée il est fidèle à la croyance maoïste que le fascisme (passé et imaginé dans le présent) est la clé pour « comprendre » les malheurs de notre temps (compté).
Après une évocation de ce truisme à gauchistes, le capitalisme « mondialisé », voici une autre invention de son cru : « l'affaiblissement des Etats », phénomène « tout à fait pathologique », processus de « dépérissement des Etats ». Somme-nous donc à la veille de la société communiste sans Etats ? Quand même pas. C'est un « libéralisme libéré », avec comme figure de proue symbolique la pieuvre française TOTAL, puis plus loin Apple, Google. Et de nous évoquer la nostalgie du Conseil national de la Résistance à une époque où les banques ont pris le pouvoir, mais pas le prolétariat. « toute vraie puissance étatique a disparu » dans un petit monde où les firmes décident de tout.
Il a raison de se moquer de la « détermination » d'écraser Daech, quand rien n'est fait en réalité car : « ... Daech est une puissance commerciale, une entreprise commerciale compétente et multiforme ! Il vend du pétrole, il vend des œuvres d'art... ». On a détruit un Etat et créé une zone d'anarchie dont tout le monde feint de se plaindre.

Les chiffres montrent le gouffre des inégalités mondiales du libéralisme libéré pendant qu'on nous chante « guerre aux barbares » pour « défendre nos valeurs », c'est à dire « le mode de vie occidental de la classe moyenne ». Notre intellectuel mao converti au catholicisme a oublié lui aussi le prolétariat en cours de transhumance théorique. Il nous confie qu'il y a deux milliards d'humains qui ne comptent pour rien, mais qui sont-ils ? Quelle place occupent-ils ? Ils ne sont ni salariés ni consommateurs. Ils ne sont pas et de seront pas embauchés pour ne pas faire baisser la plus-value. Le capitalisme ne pourrait-il pas diminuer le temps de travail des autres et embaucher ces masses qui : « … n'ont qu'à errer entre les bandes armées et les prédateurs capitalistes de tout poil, de vivre comme elles peuvent ». Des zones entières (sont) livrées à un gangstérisme politique de type fasciste ». Revoilou l'explication fumeuse qui arrange tous les observateurs contrits, persuadés que le diable Hitler a fait rejaillir de l'enfer Marine Le Pen et Beccassine la voilée.

LA DOMINATION DE TYPE GANGSTER (chronique d'un islamaophile)

« Des sortes de firmes capitalistes armées, sauvages, occupent des lieux vacants, là où l'Etat a disparu, embrigadent des laissés pour compte... » ; « c'est dans ce contexte qu'apparaissent des bandes armées fascistes à coloration religieuse ». Pas question d'y mêler l'islam, s'insurge notre vieux tiersmondiste islamophile : la religion a toujours été une couverture rhétorique, manipulable et manipulée par les bandes fascistes ». Prenez l'Espagne franquiste, quand les bandes armées de Franco étaient bénies par les évêques. Hein ! Et qu'ils beuglaient « Viva la muerte », surtout celle des autres.
On l'attendait, on la retrouve toujours cette comparaison1 des analphabètes du mouvement maoïste, avec l'Espagne de 1936, où la religion se confond toujours avec une des fractions capitalistes, mais où – mauvaise pioche – comme en Syrie, l'ETAT BOURGEOIS N'A JAMAIS DISPARU. En Espagne il s'est divisé un temps en deux fractions bourgeoises concurrentes appuyées par tel ou tel camp impérialiste. En Syrie, comme en Irak, les Etats bourgeois restent aussi présents par bandes armées interposées. Disparition de l'Etat en Syrie et en Libye ?
Quels types d'Etats furent ceux des dictateurs disparus ? Des Etats fantoches tenus en laisse par les grandes puissances étatiques pas par les banques ni par des bandes armées fascistes. Ces Etats découpés au cordeau selon l'ingénieur impérialiste ressemblaient autant à un Etat qu'un camp de concentration de misère à ciel ouvert.
Maladroitement et arbitrairement dessiné sur la carte de l'Afrique gigantesque, l'Etat découpé en morceaux des « libérations nationales » n'a jamais été que le laquais de telle ou telle grande puissance, géré de manière dictatoriale néo-coloniale sans figuration électorale de type démocratie bourgeoise à l'occidentale. Les Etats des Kadhafi et Saddam Hussein n'étaient-ils pas aussi des bandes armées à leur profit, acoquinés avec es prédateurs capitalistes dominants ?
On nous promène ensuite dans la « subjectivité » des 14% de ressources de la fumeuse « classe moyenne », serpent de mer pour TF1 amélioré. L'ennemi n'est plus à ce moment du discours de Badiou le « libéralisme libéré » ni l'Etat (qui a disparu) mais « l'art des gouvernements démocratiques aujourd'hui (qui) consiste à diriger la peur contre la masse démunie » : « les ouvriers de provenance étrangère , leurs enfants, les réfugiés, les habitants des sombres cités, les musulmans fanatiques. Voilà le bouc émissaire livré en pâture par nos maîtres et leurs plumitifs à la peur des classes moyennes ». Tout cela fait très radical, n'est pas tout à fait faux, presque un programme du NPA avec candidate voilée, mais voilà cela nage dans la pire des confusions à la fois populiste ; on flatte face à un auditoire de petits beurgeois d'Aubervilliers les musulmans en général, forcément premières victimes « démunies » en désignant d'un doigt vengeur cette dénomination inconsistante et anti-marxiste de « classes moyennes ». Comme d'autres camelots d'une histoire au rabais accusent éternellement tout blanc bec d'être un énième descendant des profiteurs de l'esclavage.

A côté de la subjectivité occidentale, la subjectivité des réfugiés avec leur « désir d'occident » vaut-elle mieux ? Pas plus que les africaines qui veulent se blanchir la peau nous confie l'orateur blanc. Enfin la troisième subjectivité est l'interprétation qui sied au monde entier cartésien et islamophile : le nihilisme dont « le désir d'occident reste le fantôme caché ».
On retombe enfin sur l'affirmation creuse du début « le fascisme contemporain ». Sans aucune analyse de ce qu'a été historiquement le fascisme, comme produit de l'écrasement de la révolution communiste et volonté affirmée d'aller à nouveau à la guerre mondiale, notre Badiou national accouche d'une notion vaguement sociologisante pour qualifier ce « fascisme contemporain » : « subjectivité populaire qui est générée et suscitée par le capitalisme » ; plus drôle « le fascisme est une subjectivité réactive », « intracapitaliste ». Il est aussi question de « pulsion agressive, nihiliste et destructrice », « répression intime du désir d'occident » (les tueurs de Daech doivent se fendre la poire s'ils lisent cela). Comble de la découverte badiousienne : « on est dans un schéma psychanalytique classique... une pulsion de mort articulée dans un langage identitaire... avec des débris de fable religieuse... avec la logique de la bande, du gangstérisme criminel (« la forme pratique de ces fascismes »... « internes à la structure du capitalisme mondialisé ».

Tout n'est pas faux non plus. Freud est plus moderne et explicite que Marx sur certains comportements qui défient toute logique politique. Mais Badiou plonge dans la sociologie en ne développant pas ce qui nous intéresse : l'utilisation de ces tueurs floués de leur désir d'occident au cœur des guerres impérialistes par les différents Etats en lice. Sur la fabrique à islamiques tueurs et qui est derrière Daech, il ne dit rien, ou cet à peu près : « Daech paye assez bien l'ensemble de ses hommes de main, beaucoup mieux que ce qu'ils pourraient gagner « normalement » ; et même cela est faux, comme le révélait un récent article du monde ils sont rémunérés moins que le RSA, et ne parlons pas de la hiérarchie des salaires aussi scandaleuse que dans la secte des compagnons d'Emmaüs.
Les midinettes de « roule 89 » et de « Merdiépart » se sont extasiées de quelques bons mots : « l'islamisation est terminale... c'est la fascisation qui islamise, et non l'islam qui fascise ». Du grand n'importe quoi pourtant. Les apprentis tueurs ne sont pas devenus d'essence fasciste, truisme qui ne veut rien dire extrait de l'histoire passée, pour embrasser ensuite le coran (donc le fascisme mènerait à l'islam!?) en étant qualifiés de plus de nihilistes. Le nihilisme n'était pas la marque première du nazisme, puisque celui-ci se voulait affirmation de la race et domination impérialiste d'une partie du monde. Les tueurs islamistes correspondent mieux à un nihilisme creux, impuissant à concrétiser la grande guerre mondiale de civilisation troglodyte, sans projet crédible dans un monde capitaliste en décomposition mais au service de cette décomposition par de très sérieuses ambitions impérialistes habillées ou pas par la religion, ou telle ou telle fraction religieuse de la bourgeoisie sunnite et chiite éructe ses versets bellicistes et éradicateurs.

Au lieu d'analyser à cet endroit l'état de putréfaction du monde, ce qu'il avait semblé admettre avec l'exhibition des deux milliards de laissés pour compte, Badiou revient en arrière, farouche imam maoïste, accompagné de ses élimées comparaisons encore avec l'Espagne sous les auspices du très militaire « viva la muerte » (pour l'ennemi...qu'on retrouve dans toutes les guerres lointaines) et « l'imam Pétain » (pour faire rire l'électorat des petits beurgeois d'Aubervilliers). « Viva la muerte »... mais fascistes comme djihadistes crient cela POUR LES AUTRES ; les djihadistes sont certes plus comparables aux troupes de Franco (composées aussi de « volontaires » étrangers de l'armée
d'Afrique, près de 10.000 marocains et des sbires de la Légion Condor d'Hitler) qu'aux brigadistes naïfs anarchistes et communistes. L'assimilation du djihadisme a un nouveau nazisme est tentante; la Wehrmacht disposait de ses propres imams et il y eût une division de Waffen SS musulmans en Yougoslavie; mais il n'y a pas de nouveau nazisme, religion musulmane et tueurs djihadistes ne restent toujours que des supplétifs du Capital, des mercenaires des fractions bourgeoises.

L'affaire pour notre islamaophile ignorant est entendue, mise en boîte et prête à consommer à la FNAC : « les tueurs sont de jeunes fascistes » ; où l'on retrouve cette propension du gauchiste moyen à l'insulte et à l'invective pour voiler sa faiblesse d'argumentation. A la place des tueurs islamistes, j'étoufferais de rire ; se faire traiter de fasciste quand on est capable de faire pire qu'un fasciste (les nazis cachaient autant qu'ils pouvaient leurs exactions criminelles), c'est comme traiter un maquereau de maquereau !

Même l'explication nihiliste dans sa version suicidaire ne tient pas dans la version du 13 novembre comme une affaire « non organisée mais foireuse ». Comme un politicien de droite qui vient de faire scandale en affirmant lui aussi que l'affaire Merah était aussi un machin sanglant foireux, l'intellectuel nourri au maoïsme stalinien retombe aussi dans l'explication très foireuse du « loup solitaire », qui évacue les fournitures d'armes et les divers degrés de manipulation. Je ne peux pas gober toute cette sérénade freudo-maoïste d'instinct de mort de « jeunes fascistes (qui) ont décidé que leur vie ne comptait pas » ! Que leur vie ne comptait pas ? Alors pourquoi à chaque fois cherchent-ils à s'enfuir, surtout s'il n'y a aucun homme armé pour les envoyer voir Allah d'un peu plus près ?

L'islamaophile rangé des tigres de papier égrène les formules creuses : « forme criminelle suicidaire », « acte fasciste atroce ». Puis le pauvre pékin retombe dans les mêmes explications surannées et rabâchées des journalistes et des gauchistes : c'est tout de même en réponse à la « barbarie occidentale » où « le meurtre est plus commode avec les drones »

Renvoyer dos à dos les deux barbaries, l'une « barbarie solitaire suicidaire » et l'autre « impérialiste voilée par l'opacité des bombardements non visibles », pourrait être louable si le raisonnement partait du concret, de la reconnaissance de la place d'une classe, la classe ouvrière, seule à même de mettre fin à la barbarie (si elle se réveille une nouvelle fois) et pas les intellos en général – non d'une façon magique – mais par une réflexion favorisée par de réelles organisation révolutionnaires, aptes à démystifient les divers crimes des cliques capitalistes. Piètre propagande que l'exhibition des égorgements typiques dans les textes sacrés du Moyen âge, mais certainement un des moyens dans les zones en guerre, comme le peloton d'exécution des tueurs galonnés en 14 pour terroriser les immenses populations locales qui baignent depuis l'enfance dans l'islamisation totale de la vie. Ces pauvres tueurs islamistes n'ont aucune chance d'évangéliser le monde avec leurs baquets de sang ; imaginez si Hitler avait commencé par les chambres à gaz s'il aurait eu autant de succès les premières années... La zone arabe a d'ailleurs paraît-il plus une envie d'Hitler (cf. la demande pour Mein Kampf) que d'occident actuel ; et ce n'est pas la preuve d'un fascisme en expansion mais d'une déshérence idéologique totale, inadmissible du point de vue communiste révolutionnaire, ais pas de nature à séduire la population mondiale en général et le prolétariat en particulier.

Frère Badiou nous balade encore avec cette notion fumeuse de classe moyenne, certes très instrumentalisée par la gauche bourgeoise, mais il nous rappelle combien on nous a cassé les oreilles avec « la France est en guerre » et fort lucidement il rétorque : « c'est une tromperie, personne n'est prêt à faire la guerre ici, dans ce pays ». Mais nulle approximation de quelle classe est particulièrement porteuse de ce refus de la guerre, mais une suite de réflexions réactionnaires dignes du populisme maoïste tiers-mondiste : la France c'est de la merde, la loi sur le foulard islamique a été une stigmatisation et de la ségrégation des plus pauvres (on imagine les petits beurgeois d'Aubervilliers applaudissant) ; cette farandole de sergent recruteur : « Pourquoi y a-t-il tant de gens venus du tiers-monde chez nous (sic) ? Parce qu'on est allé les chercher ».
L'immigré, paré de toutes les vertus (de la pauvreté) est la véritable identité universelle contre ces méprisables français qui « sont moins de 3% à accepter de mourir pour la patrie » ; sublime comparaison qu'on pourrait parodier en osant « 70% des deuxièmes générations islamistes sont prêts à accepter de mourir pour la patrie de la charia » ! Car « ce ne sont pas les 'barbares' qui ont déclaré la guerre, mais c'est l'Etat français... ».

Comme les porteurs de valise qui avaient choisi de collaborer avec le FLN nationaliste et islamiste, Badiou choisit le camp de Daech. Il fait peu de cas de toute l'histoire du terrorisme et de son utilisation par les grandes puissances, ce qui ne dédouane en aucun cas la criminalité de l'Etat bourgeois français, ; en tout cas histoire complexe où ce n'est pas la faute aux populations civiles européennes ni aux prolétaires aux terrasses des cafés si les bandes armées du capital en compétition veulent nous entraîner dans leurs perspectives de sacrifice pour la minorité d'exploiteurs ! Avec comme parapluie le coran et une grenade dans l'autre main.

FRERE BADIOU N'ETAIT PAS A BAKOU EN 1920 !

(1er congrès des Peuples d'Orient à Bakou imaginé par le parti bolchevique comme nouvelle voie pour l'extension de la révolution mondiale après l'échec en Europe, politique opportuniste qui ouvrit la voie au mythe fallacieux des libérations nationales)

La comparaison avec la dénonciation des « boches » en 14 de la part des « fantomatiques français » est inepte, les boches n'étaient pas des égorgeurs revenus de l'étranger pour refuser de serrer la main aux femmes. « Ne votons plus » crie l'islamo-collabo Badiou. Cela fait chic et choc : égorgeons l'urne ! L'Etat avait semble-t-il disparu, le revoilà dans le discours incohérent de l'imam maoïste en une formule toc : « l'Etat n'est qu'un agent de la nouvelle séquence mondialisée du capital ».
Le mal ne vient pas du capitalisme : « notre mal vient de l'échec historique du communisme ». De quel communisme Badiou parle-t-il ? De ses années staliniennes et maoïstes ? La chute du bloc de l'Est, comme je l'ai déjà maintes fois souligné, explique pour partie la remontée de l'islamisme terroriste, mais la religion avec son instinct de mort n'avait jamais disparu. Comme le raconte Jean Birnbaum, le FLN a passé une grande partie de son temps à bâtir des mosquées après la « libération nationale » et les prolétaires ont été à convier à prier cinq fois par jour ou plus pour espérer des augmentations de salaire. Le plus drôle avec Badiou c'est qu'il dit « nous », mais qui représente-t-il ? Plus hilarant encore il nous ressert la théorie tiers-mondiste pour sa « pensée neuve » des « forces disponibles » : le prolétariat nomade (qui crève pourtant de désir d'occident) est « très fortement internationalisé » ! La voilà, ressortie des caves des foyers Sonacotra et des sordides embarcations frêles cette « avant-garde virtuelle de la masse gigantesque » + l'intelligentsia « des gens de la classe moyenne, y compris occidentale » ! Tout est réuni dans le concept d'outre-tombe maoïste-léniniste pour une alliance des intellectuels et de la paysannerie, où la conscience sera apportée à la « classe nomade » de l'extérieur de la couche moyenne européenne ! Et il n'oublie pas un léger coup de chapeau conférencier à la jeunesse petite beurgeoise avec une capacité à « annuler la fascisation rampante (…) sans jamais s'installer dans le nihilisme, cet avatar meurtrier du désir d'occident ».

Vous imaginez les jeunes et les vieux prolétaires à Pôle emploi pisser de rire à l'écoute de cet imam maoïste qui leur ressert cette théorie de secte, lamentable plat réchauffé de la fin des sixties, qui avait complètement foiré en 1968 : « l'alliance organique des intellectuels et de la jeunesse ». Gramsci réveille toi ils sont devenus nazes !

POST SCRIPTUM : Papy Slavoj Zizek vole au secours du cuistre Badiou dans un article de journal, « Les mille salopards de Cologne » avec la théorie de la « classe moyenne » apeurée, non de tomber dans le prolétariat mais d'être menacée dans son train de vie. Le célèbre philosophe altermondialiste est cependant plus critique envers les réfugiés « dont le désir n'est en rien révolutionnaire » ; ils veulent les vitrines occidentales et les femmes voilées, et leur pincer le cul, voire les violer quand ça leur chante. Il tombe lui aussi dans la fable de la « fascisation » mais enfonce un coin de Badiou : « Les réfugiés et les migrants ne doivent donc pas être trop vite identifiés à une sorte de prolétariat nomade, d'avant-garde virtuelle de cette gigantesque masse des laissés pour compte du capitalisme global ». Il refuse l'adulation du réfugié de la « métaphysique humaniste », et considère que ce n'est pas une minorité de migrants qui manque de respect aux femmes,mais tous potentiellement. A voir. Pire, au lieu de décrire la frustration sexuelle de cette masse de migrants de guerre comme un des aspects de l'arriération des sociétés musulmanes, il dérape en attribuant la plouquerie immigrée : « à un trait caractéristique traditionnel des « classes inférieures » ; les immigrants sont « radicalement étrangers à notre culture » et agissent « dans le but précis de blesser nos sensibilités ».

Ah ces intellos post-maoïstes, il n'y en a pas un pour relever l'autre !


UNE ORGANISATION DU MONDE AUTOUR DE L'IDENTITE

  • Walter Benn Michaels : La diversité contre l'égalité

La diversité n'est selon moi qu'un avatar d'une décomposition « organisée et planifiée » qui sert de justification « humanitaire » à une idéologie bourgeoise cynique qui s'effondre un peu plus chaque jour ; du point de vue marxiste l'égalité n'existe pas, c'est une fable jacobine et un artifice de propagande électorale oligarchique. Mais, passons, le livre de Michaels est souvent évoqué comme une référence pour décrypter l'hypocrisie de la théorie de la diversité. Cet auteur est moins profond que Christopher Lasch, lourd et répétitif mais il a le mérite de dénoncer une des principales mystifications actuelles de la bourgeoisie occidentale. Il revient partiellement aux sources du marxisme malgré ses illusions sur l'égalité et cette notion de « pauvres » qui n'équivaut pas à la notion de classe ouvrière:
« ...les inégalités entre maîtres et serviteurs – et entre riches et pauvres, patrons et ouvriers – ne trouvent leur origine ni dans le racisme ni dans le sexisme ; elles résultent du capitalisme et du libéralisme ». Il fait commencer la grande mystification antiraciste en France, dans un renversement des priorités :
« … à partir du tournant libéral de la gauche de gouvernement, en 1983, la lutte contre les discriminations (SOS racisme...) a remplacé la « rupture avec le capitalisme » en tête de l'agenda politique. Dès lors qu'il s'est souvent substitué au combat pour l'égalité (au lieu de s'y ajouter) l'engagement en faveur de la diversité a fragilisé les digues politiques qui contenaient la poussée libérale. La volonté d'en finir avec le racisme et le sexisme s'est révélée tout à fait compatible avec le libéralisme économique, alors que la volonté de réduire – a fortiori de combler – le fossé entre les riches et les pauvres ne l'est pas ».
Suivons-le encore dans ses constats si édifiants et ses formules choc bien senties sur le renouvellement de l'idéologie bourgeoise, dont il oublie de noter qu'elle est véhiculée d'abord expérimentalement par les gauchistes et les anarchistes : « La diversité n'est pas un moyen d'instaurer l'égalité ; c'est une méthode de gestion de l'inégalité ». « Il existe dorénavant un bon usage de la « race », qui est en quelque sorte l'envers exact du racisme. Il consiste à embrasser la différence en exaltant ce que nous appelons aujourd'hui la « diversité ». Aux Etats-Unis, cet engouement pour la diversité est né de la lutte contre le racisme » ; « Le fait est qu'on trouve aujourd'hui plus de noirs que de pauvres dans les universités d'élite (même si l'on n'y trouve encore que fort peu de noirs) ».
« … dans le monde de l'après-guerre froide, on ne se considère plus comme les porteurs d'une idéologie – capitaliste ou socialiste – mais avant tout comme les détenteurs d'une identité : nationale, ethnique, culturelle, etc. ».

Il faut lire ses intéressants développements sur race et discrimination où il fout en l'air toutes les campagnes antiracistes : «Sur les 37,3 millions de pauvres officiellement dénombrés en 2007, un peu plus de 16 millions (43%) étaient blancs. Ces pauvres-là ne sont pas des victimes d'une discrimination passée ou présente. (...) Nous aimons à nous figurer le système américain comme fondamentalement perverti par le racisme (…) ».
La théorie de la diversité masque le problème des inégalités économiques, mais surtout permet de conserver et justifier le système dans ses fondements d'un salariat inamovible, que la gauche s'occupe de découper en tranches :
« … elle s'attache à attribuer aux pauvres des identités : elle en fait des noirs, des latino-américains ou des femmes, les considère comme des victimes de la discrimination et soutient que dans un monde sans discrimination, il n'y aurait plus d'inégalités ». « … les étudiants s'identifient comme noirs, blancs, arabes, asiatiques, hispaniques, etc. mais jamais comme représentants de la classe moyenne ou de la classe ouvrière. Il est vrai qu'il est plus facile d'être fier de son origine ethnique que de sa pauvreté, ou même que de sa richesse (…) si les étudiants de Harvard présentent un taux approprié de diversité, cela veut dire qu'aucun étudiant n'a été tenu à l'écart de cette institution à cause de sa race ou de sa culture ».
Ne peut-on pas parler aussi de « diversité économique » ?
« … ce qui rend la notion de diversité économique si ridicule est aussi ce qui la rend si séduisante : elle nous rassure en nous présentant le problème de la pauvreté comme comparable à celui de la race, en nous disant que, comme pour le problème racial, sa solution passe par la valorisation de nos différences plutôt que par leur réduction ».

Le racisme serait l'unique problème :
« Cette disposition d'esprit explique pourquoi le racisme continue à être la cible la plus populaire du militantisme étudiant et, plus généralement, pourquoi les meetings contre « la haine » ont une telle force mobilisatrice. Tant que l'objet présumé de notre haine est la différence, tout le monde (nous sommes tous un petit peu racistes ou un petit peu homophobes) peut se sentir responsable du problème, et, par conséquent, fier de contribuer à le résoudre. « C'est notre faute, notre faute à tous », disait cet étudiant de Chicago ». « Que les institutions scolaires et universitaires soient des machines à produire de l'inégalité ne pose aucun problème tant qu'elles sont aussi des machines à légitimer l'inégalité ».
L'égalitarisme de droite et de gauche :
« Reformulé ainsi en termes de « diversité », « respecter les pauvres » se dit « respecter l'autre ». L'autre est différent de vous et moi, mais, comme le dit Brooks, il n'est ni mieux ni pire. Voilà pourquoi le multiculturalisme a pu passer en l'espace d'un battement de cils, et sans nécessiter le moindre ajustement, d'une politique subversive autoproclamée à un outil de gestion d'entreprise (essayez donc d'obtenir votre MBA sans suivre des cours comme « Gérer la diversité dans l'entreprise » ou « Gestion du personnel multiculturel »).
Les quotas à la télévision :
« Comme si la justice sociale consistait non pas à réduire le nombre de pauvres dans le monde, mais à augmenter leur représentation à la télévision. Voilà ce qu'on pourrait appeler le fantasme, plutôt que la réalité, d'une politique de gauche définie par son opposition au racisme, au sexisme et à l'homophobie, et donc par l'idée que ce que nous devons faire avec la différence, ce n'est pas l'éliminer, mais, comme Jodi, apprendre à l'apprécier ».(...) « La droite veut des guerres de cultures, et non des luttes de classes : tant que les affrontements concernent l'identité plutôt que la richesse, peu lui importe qui les gagne ».
« La soi-disant gauche est devenue une sorte de département des ressources humaines de la droite, avec pour tâche de garantir des privilèges identiques aux femmes et aux hommes de l'upper middle class. Parce que cette question n'implique aucune redistribution des richesses à quelque niveau que ce soit ».
La débilité du féminisme (et il y aurait beaucoup à citer tellement il est percutant) :
« En appeler au féminisme n'est ici qu'un moyen de faire croire que les femmes de Wall street et celles de Wal-Mart sont toutes également victimes du sexisme. C'est à dire un moyen de masquer le fait que les femmes de Wall street sont tout sauf des victimes ».
La ségrégation économique :
« … les enfants ne rencontrent pas de pauvres à l'école ; les parents ne jouent pas au tennis avec des pauvres ; ils ne font pas de barbecue le week-end avec des pauvres. Voilà vraiment un problème de riches : les riches aimeraient élargir leur expérience de la vie mais, sans pauvres à proximité, ils sont privés de cette possibilité ».

UNE MOLLE CRITIQUE DE LA COMPLICITE DE LA GAUCHE AVEC LA CHIMERE RELIGIEUSE
  • Jean Birnbaum : Un silence religieux, la gauche face au djihadisme

Un des fondements du multiculturalisme en partie décrypté par l'auteur précédent est la politique de l'autruche de la gauche et de l'extrême gauche bourgeoises concernant la religion musulmane, conçue – sans le crier sur les toits - comme une religion de pauvres, donc excusable dans ses délires superstitieux et dans l'utilisation qui en est faite par les tueurs armés par des Etats pas très catholiques. Jean Birnbaum, fils de Pierre, et auteur d'un livre sur la conversion... religieuse des anciens chefaillons maoïstes (Les Maoccidents), vient gentiment secouer le cocotier, et même s'il ne permet guère d'entrevoir une guérison de cette gauche arrogante mais imbécile, ce qu'il nous rapporte vaut qu'on le lise.
Il a raison de faire un parallèle avec l'omerta qu'imposait la gauche stalinienne, suivie par le soutien critique des trotskiens, après-guerre sur toute critique à l'égard de l'URSS qui risquait de servir à l'impérialisme américain. C'est à peu près la même chose aujourd'hui pour « la religion des pauvres », et l'immigration également, bien que ce ne soit pas le sujet dans ce livre. Contre l'amalgame entre islam et terrorisme, le gouvernement des bourgeois et le soutien gauchiste à cette même clique d'islamophiles sert à dissocier la foi musulmane de sa « perversion islamiste ».
Birnbaum commence par nous décrire les personnages de la saga terroriste. En majorité une petite beurgeoisie très diplômée, pas une classe de pauvres. Il démonte le cliché selon lequel aux origines du terrorisme djihadiste il y aurait frustration sociale et misère intellectuelle. Indignation , rébellion et espérance ne sont pas chez ces individus sans rapport avec leur croyance religieuse. Il n'y est pas question d'identité comme y insistaient les deux auteurs précédents, mais deux conceptions du monde qui s'affrontent et dont le djihadisme se propose d'être le vainqueur sans partage :
« … contrairement à ce que pensent ceux qui raisonnent dans un cadre strictement national, en termes d'intégration et de multiculturalisme », les conflits qui se déploient sous le signe du religieux ne dressent pas une identité particulière contre une appartenance universaliste (républicaine par exemple), ils mettent face à face plusieurs universalismes rivaux incompatibles. De ce point de vue, l'islam apparaît désormais comme la seule puissance spirituelle dont l'universalisme surclasse l'internationalisme de la gauche sociale et défie l'hégémonie du capitalisme mondial ».

Birnbaum parle d'une gauche sociale, qui depuis longtemps s'est embourgeoisé et a accueilli les religions dans ses rangs, donc il est un peu hors de la réalité en y plaçant les remarques anti-religieuses des Engels et Lénine. Il n'est pas vrai que la gauche bourgeoise se soit bâtie depuis disons les années 1930 sur une volonté d'éradication du religieux ; Thorez tendit ses mains de bureaucrate aux masses (électorales) chrétiennes. Birnbaum voit un refoulement où il n'est pas. La gauche et même le milieu maximaliste n'ont pas poursuivi le travail de critique de la religion entrepris par Marx et ses exégètes2. La gauche bcbg à laquelle en réfère Birnbaum continuait à draguer les électeurs cathos, le premier d'entre eux régla son sort au réac maire de Tours Jean Royer qui avait fait tant rire les soixantehuitards, ce fût frère Mitterrand, élu deux fois premier catholique de France.
Et nous les révolutionnaires amateurs on s'en fichait.

L'auteur fait parfois des annotations subtiles. L'islam est en effet en guerre avec lui-même, mais cela n'est pas perçu sous l'instrumentalisation perverse par les médias du phénomène djihadisto-terroriste. Cela est secondaire dans le questionnement. L'auteur se sert de cette idée pour mettre en vedette ses amis islamistes soft, archivistes de la religion, décédés ou encore de ce monde avec la tête sur les épaules, qui assurent qu'on peut réformer l'islam, le purger de ses arriérations. Il nous chante le courage de ces « modernisateurs » de l'islam, de ces braves philosophes moyen-orientaux qui prétendent le revivifier mais pour mieux plaider que ces « nouveaux penseurs de l'islam » sont d'accord avec lui : « les crimes de l'Etat islamique ont bel et bien un rapport avec l'islam ».
Lui qui reproche à la gauche soft de négliger la parenté de l'islam avec le djihadisme,il félicite presque cet Etat français de 2005 qui, en lien avec la grande mosquée de Paris avait quémandé auprès de l'université du Caire que l'on forme pléthore d'imams français, afin de « redonner sa chance à l'islam spirituel »! Belle perspective pour le prolétariat et les pauvres en France, en plus des curés cathos, on allait vers l'encouragement à la formation de receleurs de mythes.

Le chapitre sur le FLN est bien plus intéressant que cette guimauve pour un islam à moderniser dont on n'a que foutre, mais Birnbaum, qui n'a jamais été un internationaliste, se laisse enfermer lui aussi dans une analyse franco-française. La religion musulmane a toujours servi les puissants sous le capitalisme, de la domination ottomane à l'occupation coloniale, elle est plus une supplétive de l'ordre social capitaliste à l'ère moderne que la direction idéologique; comment oublier que la révolution espagnole à ses débuts fût anticléricale et que des milliers de soldats marocains musulmans constituèrent les premières troupes de Franco? Et que le bataillon des marocains avait été déjà envoyé en 1934 pour réprimer la lutte des mineurs espagnols, sans oublier la fort méconnue guerre du Rif deux décennies auparavant... Revenons à l'hexagone colonial de Birnbaum:F
« il aura fallu trois décennies, et la montée en puissance de l'islamisme en Algérie contemporaine, pour que les intellectuels de gauche, qui avaient soutenu le FLN pendant la guerre d'indépendance, reconnaissent le rôle joué par la religion à cette époque. Cela, jusqu'alors, avait été le point aveugle de leur engagement ».
Non le principal point aveugle de leur engagement avait été leur soutien non critique à une camarilla bourgeoise, pro-stalinienne, laquelle, une fois au pouvoir, a massacré une partie de sa population, fait régner la terreur et confirmé que la lutte pour les indépendances nationales ne réservait nulle émancipation à la classe ouvrière ni n'ouvrait l'ère à un rajeunissement du capitalisme.
Depuis la fin de la 3 ème internationale, le courant maximaliste de la gauche allemande (à la différence du soutien opportuniste des italiens) avait dénoncé la supercherie des libérations nationales dans le même sens que la défunte Rosa Luxemburg ; ces résistants à l'infamie lénino-stalinienne ne se doutaient pas que le fond des libérations nationales serait encore plus déroutant et sclérosé qu'ils ne l'imaginaient. Hélas dans les années 1950 et 1960 ce courant fût peu audible et la pourriture des intellectuels de gauche et autres porteurs de valise des futurs dictateurs n'était pas visible. Les maximalistes clairvoyants de la gauche « germano-hollandaise » dénonciateurs de la supercherie de l'indépendance nationale n'avaient pas fait une priorité de la critique de l'islam3, qui, comme les couvertures chauffantes, servait surtout l'hiver pour les pauvres ouvriers dans leurs roulottes de chantier ou bidonvilles plus grands que celui de Calais.

Birnbaum nous révèle que le facteur religieux est dissimulé aux gauchistes souteneurs ; bon alors ils ont été doublement roulés ces « porteurs de valise » des futurs dictateurs « nationaux » mais aussi bernés par ces mêmes croyants islamiques. Et il n'était pas question seulement de zigouiller des milliers de harkis sauvagement (leurs collabos) ni d'établir un « régime socialiste » qu'ils savaient être une fable, surtout dans les anciennes colonies, mais une priorité : « 'arabiser' et islamiser l'Algérie nouvelle ».
La politique idéologique bourgeoise étant un éternel recommencement basé sur l'oubli déplorable des masses : « les rares voix qui se sont élevées pour critiquer la politique religieuse du FLN au pouvoir ont été accusées de salir le combat indépendantiste et donc d'alimenter les « fantasmes » de l'extrême-droite » 4.
Tant pis pour les bordiguistes, il ne s'agissait pas avec l'indépendance nationale du « jeune parti nationaliste » (les bordiguistes raisonnent toujours comme si l'on vivait invariablement dans les conditions de l'époque de 1848) d'une marche vers l'émancipation socialiste du prolétariat : « il s'agissait de libérer la terre d'islam de la présence de l'infidèle, de reprendre la reconquête qui remonte aux Croisades ». Le caméléon Vidal Naquet reconnaît lui aussi tardivement que « l'islam faisait partie intégrante de la révolution algérienne ». Le titre du journal, contrairement à ce qu'il avait cru « El Moudjahid » ne signifiait pas « Le combattant » mais « Le combattant de la foi » !

« Avec le recul, voici comment les choses remontent à la conscience. Ils se souviennent que, pour parler des étrangers, les « frères » algériens utilisaient le mot « gaouris », qui désigne les « infidèles ». Que dans les usines où les militants français fabriquaient des armes destinées au FLN, quelques « barbus archireligieux » veillaient déjà. Qu'après l'indépendance, certains Pieds-Rouges, parfois militants communistes de longue date, avaient préféré se convertir à l'islam. Qu'il trouvaient naturel de pendre un pseudonyme arabe pour écrire dans la presse. Qu'il leur avait fallu avaler bien des couleuvres, depuis les assassinats d'homosexuels jusqu'aux nombreux suicides des jeunes femmes qui refusaient le mariage forcé, en passant par l'exil des juifs, la chasse aux kabyles et l'islamisation de l'éducation »5. L'auteur nous livre plusieurs témoignages des naïfs militants du PCF qui étaient venus soutenir la « bonne cause » et qui tentèrent en vain de faire comme Gide à son retour d'URSS : « personne ne voulait savoir les pratiques policières, la torture, l'absence totale de démocratie. Sauf la droite et l'extrême droite ».
Birnbaum fils est lucide, et n'offre pas une interprétation coupée de la réalité comme la « faute aux chefs » (cf. Ben Bella était très religieux) : « Cette pression religieuse reflétait d'ailleurs la base sociale du FLN, dont l'immense majorité des hommes était issue des campagnes les plus pauvres ». Comme le constate une activiste revenue de ses illusions : « C'est finalement l'arabo-islamisme qui incarnera le projet patriotique ». Birnbaum ajoute : « les dirigeants du FLN ne tarderont pas à refouler la question de la lutte des classes et des inégalités sociales, au motif que les algériens étaient tous des musulmans, et qu'une nation de « frères » ne se divise pas. Ainsi le « socialisme » algérien n'eut-il vraiment de réalité que dans la tête d'une gauche qui ne demandait qu'à y croire ».
Birnbaum nous rappelle ensuite l'emballement d'un grand chef du maoïsme universitaire et de la philosophie gauchiste française admirée dans le monde entier, Michel Foucault, pour la révolution cynique du versant chiite de l'islam en Iran. Belle capacité d'aveuglement, mais capacité aussi vive à déchanter.
Le chapitre sur Marx et la religion est assez mou. Il affirme que le combat de Marx contre la religion a été constant et central tout au long de sa vie. Ce qui est faux. Marx était plus passionné par les mathématiques à la fin de sa (jeune) vie que par l'idée de ferrailler avec des lubies qui semblaient en voix d'extinction face au culte du progrès et à l'espoir en plein épanouissement de la réalisation du socialisme universel avant la fin du siècle. « Plus compliqué que prévu » comme l'auteur titre le dernier paragraphe. Mais il nous laisse sur notre faim. Et si la religion, notamment musulmane, n'était plus un « opium du peuple » mais une des armes ultimes des plus perverses du capitalisme pour nous mener à une nouvelle guerre mondiale plus insidieusement que le fascisme (avec son idéologie de la vengeance) et le stalinisme (avec son idéologie de la guerre révolutionnaire) ?

Le chapitre réservé au soutien des trotskiens à l'islamisme fait plus pitié qu'il ne fait rire. Pauvre Besancenot. Pauvre Chris Harman ! Mais c'est de l'intérieur du trotskisme que le « compagnonnage périlleux est encore le mieux dénoncé (un des anciens : P.Rousset).

On restera dubitatif sur le chapitre qui compare avec l'Espagne de 1936 qui reflète l'ignorance historique et politique de l'auteur, qui tente de colmater sa superficialité avec des notations impressionnistes ridicules et apolitiques : « … les enthousiastes du djihad partagent aujourd'hui avec les brigadistes d'antan une même motivation : les uns et les autres désirent voler au secours de leurs « frères » martyrisés ». On peut comparer avec les « frères » de Franco pas avec les brigadistes quand même ! Les embrigadés pour la guerre d'Espagne se considéraient comme membres de la classe ouvrière et pas comme la proie de prêcheurs religieux. La plupart ont reconnu qu'ils s'étaient fait avoir dans un combat pipé d'avance ; les djihadistes n'en sont même pas au commencement du commencement pour comprendre qu'ils sont baisés à court terme et qu'on aura pas la même considération historique pour eux que les engagés ouvriers antifascistes, certes naïfs, mais incapables d'atrocités.

Pourtant il est une autre comparaison qui frôle la vérité, l'aspect manipulation impérialiste des djihadistes est souffreteux et coincé dans la clandestinité, quand les brigadistes anti-fascistes sont manipulés au grand jour avant d'être envoyés au casse-pipe pour défendre... l'Etat bourgeois espagnol : « Il y a là une autre différence importante entre les mobilisations espagnole et syrienne. Alors que cette dernière est hors la loi, et doit se déployer clandestinement, la mise sur pied des brigades internationales a été préparée par des organisations ayant pignon sur rue, avec la complicité bienveillante des autorités. Après une période de départs individuels et d'improvisation, le mouvement a été pris en charge par des institutions militantes, syndicats et partis ouvriers... ».

Birnbaum n'est pas complètement ignorant de la bêtise des embrigadés internationaux de 1936, lorsqu'il explique que finalement les djihadistes sont... plus radicaux : « ...ils peuvent prétendre les surpasser sur leur propre terrain idéologique, celui d'un idéal anti-impérialiste, anticapitaliste, anti-parlementaire » ! Toutes choses que ne furent pas les « embrigadés » servant de chair à canon à la démocratie bourgeoise occidentale, au stalinisme et à la préparation de la guerre mondiale.

Tout le développement comparatif sur l'ouvrier universel et le bigot armé est au total sans méthode et assez inconsistant. Il n'y a aucun but final commun. Il y a d'un côté la vie avec ses contradictions, ses joies, les polémiques, les décisions collectives, de l'autre une armée de clones bornés et aliénés du capitalisme électronique, soldats à l'esprit rabougri d'un monde décomposé, sans espoir, soldats qui militent au fond pour le final du capitalisme, le triomphe d'une inquisition sans foi ni loi que celles des princes, gangsters, des gourous faméliques et infirmes.

L'auteur n'a rien innové ni trouvé à redire de supérieur par rapport au marxisme du XIX ème siècle coincé par une conception figée de cette pauvresse indestructible religion – à la fois soumission et protestation – et il ne nous propose qu'un vague accommodement avec cette chimère idéaliste. Il n'a pas démontré que la religion serait primordiale dans l'aliénation des soldats des milliardaires saoudiens, que le problème est dans son utilisation par le capitalisme pas dans les cris de ses soudards. Reprochant à la gauche bourgeoise ce qu'elle ne fait pas – rester fermée à l'appareil religieux – Birnbaum la rejoint dans ce qu'elle fait : tolérance et accommodement avec les pires bigots, les rétribuant pour qu'ils épaulent les syndicalistes et les gardiens de prison. C'est pourquoi il fait la fierté de ses admirateurs scribouillards du très bourgeois OBS.



1La comparaison avec la guerre d'Espagne fait fureur en ce moment. La veuve de Rol-Tanguy dénonce une insulte à l'histoire par Zemmour qui y est allé de sa comparaison simpliste lui aussi (http://www.humanite.fr/propos-de-Zemmour). Lire plutôt par contre sur Persée, un indispensable article de 1937: La zone espagnole du Maroc et la guerre civile, article de J.Ladret de Lacharrière; et,
 sur le site du CCI un article instructif : Le PCF embrigade le prolétariat dans la seconde guerre mondiale, 2 mars 2006.
2Le seul qui hurla un jour en réunion de section de Paris du CCI vers fin 1976, qu'il fallait encore combattre la religion de nos jours, était un certain Robert Camoin. On avait souri, pensant qu'il s'agissait d'un pet d'anarchiste indécrottable.
3Dans mon livre sur l'immigration j'ai rappelé comment les bolcheviques au pouvoir se sont cassés les dents contre les bandes armées islamiques après avoir tenté la « tolérance » à « l'opium du peuple » dans la branche pacifiste de l'interprétation de Marx. Le seul, certes non-marxiste, Mustapha Kemal ami (géopolitique) de Lénine, qui a un peu dépoussiéré l'islam reste Mustapha Kemal qui, à coups de pied au cul, avait réussi à faire disparaître le voile en Turquie. Incroyable mais vrai, on trouvait encore le récit de sa biographie en librairie à Alger au début des années 1980, où j'avais acheté le livre que Benoit Méchin lui avait consacré.
4Pierre Maillot : Algériens si vous saviez », Panoramiques n°62, 2003.
5Un autre témoignage d'époque rapporte que, vu de l'extérieur, l'islam faisait partie du décor, tel un folklore sans conséquence, voué à disparaître progressivement et dont le touriste français s'amusait.