Contribution à un état des lieux de la
Gauche Communiste Internationale
Par Klasbatalo! (Canada) (*)
Présentation par JLR: Ce texte du groupe de Montréal Klasbatalo est le bienvenu dans ma boite e-mail, non seulement parce que j’en partage d’essentiel du contenu mais parce qu’il me semble une claire approximation du vide (relatif ) que je déplore de l’ancien milieu révolutionnaire. Deux remarques critiques tout d’abord. Première : Ce texte ne part pas des besoins de la période – l’extrême gravité de la crise systémique qui rapproche plus qu’on ne croit d’échéances sociales graves – ce qui lui eût donné plus de souffle. Mais il est représentatif de l’impuissance actuelle des éléments dispersés de la Gauche communiste internationaliste, dont les derniers feux ne pourront être réactivés, d’après moi, qu’après l’explosion sociale généralisée. Marc Chirik aimait à dire que la plupart du temps les révolutionnaires « professionnels » n’étaient jamais à l’origine des véritables grèves importantes. On peut dire à peu près la même chose pour la Russie de 1905 et 1917, et, en très modeste pour mai 68 en France et en Allemagne. Deuxième : il n’est pas minuit dans le siècle (dixit Controverses) rien n’est perdu des acquis politiques et il n’y a pas à recommencer les analyses de Marx et Engels, ni à nier les apports des Pannekoek, Lénine, Bordiga, Chirik, etc. Si j’ai proposé de renommer comme « maximaliste » l’ancienne appellation polémique et caricaturale d’ultra-gauche, pour identifier le vrai milieu révolutionnaire prolétarien, ce n’est pas pour le réduire à ce même qualificatif concernant anarchistes et réformistes italiens de 1920 (puisque Bordiga et le KAPD se concevaient comme maximalistes communistes), c’est parce que cette dénomination permet de démontrer : 1. Que nous avons eu toujours raison de défendre le programme maximum (même dans une période où on a rêvé naïvement que la révolution allait éclater en pays riches) comme nous avons encore raison de le défendre;
2. ce désir de « maximum » s’est heurté à la réalité d’un capitalisme encore capable de « tenir » malgré nos polémiques heuristiques sur la décadence ou la bttp, et la plupart des éléments venus au programme révolutionnaire, issus de la petite bourgeoisie, se sont rapidement découragés pour soi se disperser « dans la nature » soit s’ossifier dans des sectes attachées à préserver ego(s) et hiérarchie(s). Ce phénomène de fossilisation n’est pas produit par le prolétariat; ce qui se fossilise est mort pour le prolétariat. La petite bourgeoisie ne se résout jamais à tomber dans le prolétariat et elle retourne vite… au mode de vie bourgeois qui est concurrence, esprit de chapelle, de secte, de confrérie, totalement étranger au mouvement même de la classe qui tend vers la nécessaire et indispensables unification des forces : en parti pour le regroupement de ses éléments les plus déterminés, en comité central de grèves pour les Conseils de travailleurs.
Le « maximalisme » va renaître de ses cendres à la faveur du grand crash capitaliste qui nous pend au nez, et que la bourgeoisie tente de cacher désespérément. Du point de vue de l’analyse générale si je suis complètement d’accord avec les quelques productions politiques de Klasbatalo! et de la FGCI, je peux apporter quelques nuances :
- Concernant l’ex parti de Damen devenu TCI, c’est une organisation plus que floue, de type gauchiste fédéraliste, localiste voire ouvriériste (au sens caricatural); cf. mon histoire de Battaglia in Archives maximalistes; je suis OK avec vous de Klasbatalo que ce nouveau nom de « tendance » est ridicule, mais montre bien que Battaglia a renoncé à être au centre de quoi que ce soit; mais la porte doit leur rester ouverte, mais ils ne sont même pas une vertèbre du futur parti ces « fédéralistes mutants » comme vous le dites si bien!
- Concernant le CCI, son vocabulaire n’étant pas très riche, ils ne doivent même pas savoir ce que signifie le terme fœtus, mais ils avaient déjà anticipé leur propre mort il y a plus de vingt ans quand leur chef vénéré, le colonel Fabienne, avait assuré que le CCI était le squelette du futur parti (je dois être le seul à avoir rigolé à l’époque) d’une telle billevesée; comme corps ils sont en poussière, mais des membres très valables parmi eux pourront rejoindre le parti de demain (je préfèrerai voir arriver d’anciens camarades du CCI que des staliniens ou Mélenchon et Cie).
- Controverses et PI ne sont que des cercles mondains où un quarteron d’intellectuels se pique d’économie et de sociologie (voir leur lamentable soutien à Darmangeat révisionniste d’Engels); aux origines de Controverses il y a surtout un camarade sincère auquel il ne faut pas reprocher de ne pas avoir mené un travail de fraction (dans une telle secte paranoïaque!?) où il n’était plus possible que de s’enfuir sans donner nulle explication parce qu’il n’y a pas d’explication à donner dans un asile de dingues! Laissons les petits bourgeois frileux du CCI jouer au parti de salon pour, une fois dehors, aller cirer les pompes du groupe gauchiste le plus louche en France : la CNT! Quant aux tracts de Controverses sur le soi-disant mouvement en France, plutôt nul et fade, typique de l’observateur intellectuel averti mais le nez dessus incapable de dénoncer le piège, seuls les tracts de leurs dits « collaborateurs » de Toulouse (Smolny, site perdu dans la galaxie et qui n’émet plus) ont été assez bons. PI et Controverses ne sont pas de méchantes gens, et produisent de bons pensums d’analyse, mais ce sont des bavards impénitents à faire fuir les prolétaires, aussi tristes que leurs blogs, aussi peu enthousiasmants qu’un carnaval belge; ce sont nos nouveaux conseillers en conseillisme; et il ne faut pas croire que ces anarchistes en peau de marxiste seraient plus ouverts que les fossiles du CCI ou de TCI. L’histoire le démontre, plus borné qu’un anarchiste cultivé, y a pas, surtout quand il décrète que tout ce qui a vécu avant lui est mort, et qu’il aime vivre sur le mode de la complaisance entre « anciens », entre vieux de la vieille de Sabatier à RV, où chacun vient panser ses plaies contre cet AVC de jeunesse : l’esprit de parti!
Fraternellement,
JLR
Récemment, les communistes internationalistes – Klasbatalo!, anciennement connu sous l’acronyme CIM, ont eu la chance de rencontrer leurs camarades de la Fraction de la Gauche Communiste Internationale. Cette rencontre a non seulement été des plus fructueuses, fraternelles, et positives, mais a également permis de clarifier nombre de difficultés auxquelles les forces du Milieu Politique prolétarien sont confrontées depuis quelques années. Entre autres chose fut abordée la nécessaire question du regroupement des organisations se réclamant de la Gauche Communiste face aux derniers départs – ou scissions – qui eurent lieu au sein à la fois de la TCI, du CCI, du PCI, et de la FICCI. Ce problème qui accable l’ensemble des groupes issus du Milieu Politique prolétarien, ou camp prolétarien, ne semble pas sur le point de se résorber, bien au contraire. La plupart des groupes issus de ce courant se replient de plus en plus sur leurs positions, sans aborder l’ombre d’une discussion avec d’autres groupes issus du même héritage, quand ils ne délitent pas carrément leurs positions pour se rendre plus accessible à d’autres groupes portant l’épithète « Internationaliste ». La réponse produite à la fois par Controverses et la FGCI à ce sujet (respectivement, annexe 1 et annexe 2), réponse quelque peu divergente, explique relativement bien la situation dans laquelle nous pataugeons en tant que courant (1).
Aussi, comme il est normal lors de l’affûtage d’une discussion tranchante, quelques désaccords ou incompréhensions de part et d’autre, incluant même à l’intérieur de notre groupe, furent observés sur la question du Bilan des trente dernières années qu’a vu dérouler notre héritage. Les deux textes présentés en annexe, qui font l’état des lieux de l’ensemble des groupes se revendiquant de l’héritage gauche communiste – et qui arrivent à des conclusions forts différentes – sont à l’origine de ces divergences.
Les textes Il est minuit dans la Gauche Communiste du groupe Controverses, et le camp prolétarien a-t-il définitivement fait faillite? produit par la FGCI, représentent ces deux textes aux positions à-priori opposées. C’est donc dans un souci de clarification politique que nous nous sommes donnés pour mandat de répondre aux deux groupes en tentant – à supposer qu’il soit possible de le faire, ce que nous pensons – de les concilier. Car, aux premiers abords, ces deux positions semblent irréconciliables : deux fins de non-recevoir (le bilan de Controverses se veut d’ailleurs « sans appel car il se fonde sur des éléments matériels et objectifs que tout un chacun peut facilement vérifier (annexe 1) »).
Nous assistons, par ces deux analyses, à un bilan tranché du groupe Controverses et à une réponse au bilan toute aussi tranchée de la part de nos camarades de la FGCI. Pourtant, après maintes discussions, il nous semble qu’une synthèse soit non seulement nécessaire pour l’ensemble des groupes qui se situent directement sur le terrain de classe mais également possible. De fait, comme c’est souvent le cas dans notre courant, les réponses de part et d’autres se révèlent bien souvent binaires et pauvres d’explications approfondies.
Notons au préalable que le texte que nous produisons aujourd’hui se veut avant tout la critique des deux articles présentés ci-haut; cependant, puisque le marxisme se veut un corpus théorique dialectique, et une vue d’ensemble la plus large possible qui ne se confine pas à l’étude des particularismes, le présent document de notre part se veut également et immanquablement une critique à froid du groupe Controverses et de la FGCI. Aussi, le débat autour de ces deux textes résume une discussion que nous avions eu au sein des CI-K en vue d’un document résolutoire; d’un positionnement théorique face à la tendance actuelle de repliement sur soi – ou de liquidation des positions programmatiques – des groupes du camp prolétarien et vers lequel les CI-K devait converger en pratique. Par la suite, cette discussion a été menée également avec nos camarades de la FGCI.
Préserver à tout prix l’organisation?
D’entrée de jeu, le texte de Controverses se veut un questionnement par rapport à la nécessité ou non de préserver à tout prix des organisations qui ne répondent plus forcément aux circonstances qui les ont vues naître; qui ne sont plus synchronisées – pensent Controverses – sur « l’évolution du rapport de force entre les classes ». En effet, en prenant Marx et Engels comme point d’appui, le texte se veut implicitement un appel à saborder les trois principales organisations actuelles de la GC : le Courant Communiste International, la Tendance Communiste Internationaliste, et le Parti Communiste International (Le Prolétaire – bordiguiste). Citons ainsi le texte de Controverses :
Comme le surgissement et la disparition des organisations révolutionnaires dépendent très étroitement de l’évolution du rapport de force entre les classes, et que l’exacerbation des conditions objectives et subjectives à la base des mobilisations ouvrières se déploie sur un laps de temps relativement court, Marx et Engels concevaient que l’existence de ces organisations était temporaire, intrinsèquement liée aux flux et reflux des luttes.
C’est effectivement comment Marx et Engels voyaient la mise sur pied et la disparition des organisations politiques dont se dotait le prolétariat. Loin de s’agiter à mettre de l’avant à tout prix des organisations de classe, tel un Don Quichotte combattant ses moulins à vent, Marx étudiait constamment le cours historique des luttes afin d’y voir surgir les éléments desquels émergeait la théorie; pour que celle-ci transforme la prise de conscience en soi du prolétariat en prise de conscience pour soi. Au demeurant, Marx ne cherchait pas la confrontation de classes à tout prix. Le prolétariat est un corps social qui s’épuise et est appelé à se décourager dans l’agitation de vaines luttes et promises à l’échec. L’Histoire a démontré que les organisations politiques dont se dote la classe prolétarienne, sont les plus fécondes quand elles répondent à la nécessité de se regrouper, de s’organiser, de développer plus en avant l’analyse du cours historique des luttes.
L’organisation qui subsiste après avoir vu différentes luttes prolétariennes, avec une forte potentialité de rupture dans son rapport de classe, sans jamais avoir su y intervenir pour y insuffler le programme communiste avec des mots d’ordre révolutionnaire; cette organisation, disons-nous, ne se trouve plus en phase avec le processus réel qui doit conduire ultimement le prolétariat à établir sa dictature contre l’ordre bourgeois. C’est ainsi, dans le cours ascendant des combats ouvriers, lorsque le capital fait payer sa crise aux producteurs de plus-value (bref lorsque le prolétariat est attaqué), que le rapport dialectique organisation / classe – classe / organisation est à son paroxysme. C’est à ce moment que la lutte produit plus clairement la théorie formulée par l’avant-garde révolutionnaire, dans un rapport constant avec sa classe; théorie qui sera ensuite réinjectée dans la classe et lui permettra de transformer sa conscience en soi en une conscience pour soi. Dans une lutte aux pointes acérées, il y aura toujours de petits groupes qui se formalisent ça et là et qui sont – à cet instant – plus en phase, plus en lien, avec le processus de la transformation graduelle des luttes. Les soviets ouvriers n’en sont qu’un exemple. Toutefois, ces petits groupes naissants (souvent sans grande expérience organisationnelle) cherchent à briser leur isolement en provoquant la discussion au sein de la classe, discussion qui saura provoquer la réponse d’autres groupes et ipso facto une clarification des réponses programmatiques. À cet instant, le parti est à l’ordre du jour.
Aussi, comme le souligne bien Controverses à cet effet :
(…) l’histoire a systématiquement démontré que, fondamentalement, [les organisations politiques du prolétariat] surgissent tout naturellement au cours des phases d’effervescence sociale et se disloquent lors des périodes de reflux.
Après le reflux du cours des luttes, lire de l’épuisement du prolétariat écrasé le plus souvent du temps par sa défaite, l’organisation tend à chercher une légitimité à la préservation de son existence. Elle tend alors à s’enfoncer dans des analyses particulières qui la divisent sur des questions de second ordre (2).
Le fait est que les organisations vont et viennent. Elles surgissent dans l’Histoire et disparaissent. Rappelons que ce ne sont pas les groupes, les organisations, les partis politiques du prolétariat qui font la Révolution mais bien le prolétariat dans son ensemble, en produisant ses avant-gardes politiques en lien – et véritablement synchronisés – avec le cours historique des luttes; ce sont ces organisations qui sauront produire les mots d’ordre et consignes révolutionnaires en dirigeant la lutte générale en ce sens, c’est-à-dire vers une transcroissance des luttes en direction du projet révolutionnaire. La fin d’une organisation qui a été mise sur pied lors d’un flux croissant des affrontements de classes (3) n’est pas la faillite du programme qu’elle défendait. Tous les acquis théoriques positifs produits au cours de la période – disons ascendante – de production de l’organisation demeurent après son démembrement, et s’inscrivent ainsi dans le programme révolutionnaire enrichi par cette contribution historique; mais à condition que les organisations qui sont un produit de ce démembrement en réclament une continuité historique, ce que ne semble pas enclin Controverses à faire présentement. Nous reviendrons sur ce point plus loin dans le texte.
Cependant, avec Controverses, nous pensons qu’une organisation s’évertuant à subsister malgré un cours historique défavorable, qui ne produit plus de luttes à fort contenu théorique, risque considérablement de ne plus se comporter – de ne plus agir – en tant qu’organisation révolutionnaire et risque plutôt, dans cette période, de se comporter telle une pathétique secte d’élus. D’avant-garde révolutionnaire, les chances sont fortes pour qu’elle se meuve à présent plutôt en Cabale ouvrière, perdue dans la nécessité absolue de voir surgir LA lutte pouvant soulager ses doutes et lui donner raison. C’est réellement la différence entre une organisation révolutionnaire de prolétaires, et une secte organisée autour du prolétariat : la première cherche à influencer le cours des luttes, est prête à débattre d’erreurs historiques tout en cherchant à dépasser ses propres erreurs historiques, et à ultimement transformer l’histoire; tandis que la seconde cherche tout simplement à se préserver à tout prix dans le temps, en se repliant sur elle-même, attendant je-ne-sais-quoi, la fin de l’histoire?
Jean-Louis Roche, dans son Histoire du Maximalisme, est d’ailleurs très direct concernant le Courant Communiste International à cet effet :
« Je regrette que le CCI n’ait pas su mourir à temps, survivant péniblement à ses avaries de fin de siècle. Il serait devenu certainement une vedette comme James Dean ou Guy Debord, au lieu de ce qu’il est, une vieille dame percluse de rhumatismes théoriques, obsédé par de douteuses histoires de sorcières. »
Le ton semble à l’humour mais pose à la fois une question pertinente; celle de savoir si une organisation qui s’évertue à résister vents et marées alors qu’elle ne cesse de subir intérieurement les coups et assauts de l’idéologie bourgeoise ne devrait pas se dissoudre pendant que les acquis qu’elle a produit sont encore à la cime du programme politique de sa classe, et une référence future – dans ses points forts – pour la prochaine organisation du prolétariat (4). Car, pour pousser encore plus loin le drame des organisations au corps malade, Controverses souligne l’autisme dans lequel les principales organisations issues de la Gauche Communiste se sont vautrées depuis le début des années quatre-vingt. En réalité, pire qu’une forme d’autisme, ces organisations semblent avoir vécu de véritables épisodes de psychose. En effet, l’autiste ne se rattache plus au monde extérieur, ne tente donc pas de convaincre les autres de la justesse de ces positions (et ne les induit donc pas non plus en erreur), tandis que les organisations qui semblent évoluées dans ce genre de situation continuent d’accorder un profond attachement au monde extérieur – les luttes – qui semblent les confirmer à tout moment, de façon rétroactive, dans la vision qu’elles ont du cours historique… Mais en en déformant malheureusement l’analyse lors de crises passagères qui produisent également les scissions. Ces organisations peuvent ainsi continuer de produire à l’occasion d’excellentes analyses, de tirer des conclusions formidables; mais en général, elles se replient graduellement sur elles-mêmes parce qu’elles sont de plus en plus fragiles et de moins en moins aptes à pouvoir tolérer la critique. De fait, leur dynamisme interne commence à prendre l’aspect des organisations staliniennes appliquant la loi du silence face aux divergences et elles perdent vigueur et dynamisme, de moins en moins capable de produire une théorie vive d’enrichissement programmatique (5). Les analyses risquent graduellement de se voir bâclées, erratiques, et déconnectées du cours historique réel. D’organisations vivantes et enrichissantes – capables de répondre aux nécessités historiques de la classe et de se lier au cours historique réel des luttes – elles risquent ainsi de devenir de véritables repoussoirs pour le prolétariat comme cela peut sembler être le cas pour le CCI (6) et la TCI (7) actuellement.
Notons qu’en dépit de la volonté de ses membres de la préserver, en réalité, lorsqu’une organisation disparaît, c’est malheureusement, et tout simplement, qu’elle n’est plus en mesure de faire face à la conjoncture dans laquelle elle se trouve; et si elle bascule dans le camp de la bourgeoisie, c’est qu’elle n’a pas développé l’expérience et l’intelligence historique requises pour faire face à la conjoncture dans laquelle s’articulent les luttes de sa classe . Ceci dit, notons encore une fois que seule l’Histoire s’avère apte à prononcer sa dissolution.
Scissions, fraction, et continuité historique
C’est ainsi que nous partageons en partie l’analyse de Controverses – et de Marx et Engels – concernant la remise en question sur la nécessité absolue de vouloir préserver les organisations existantes.
Aussi, même si nous saluons les efforts de nos camarades de Controverses de vouloir entrer dans un processus de remise en questions et de bilan, nous tenons également à leur rappeler que les scissions et fractions sont un processus de la formation du parti et représentent une filiation historique, dont Controverses (et la FICCI entre autres groupe) font partie. Nous partageons en partie la critique de la FGCI lorsqu’elle affirme en s’adressant implicitement à Controverses :
« S'appuyant sur le constat immédiat, mais non moins réel, de division et de sectarisme qui frappent les groupes se revendiquant de la Gauche communiste, ces éléments en rupture d'organisation et en quête de "liberté individuelle" affichent ainsi leur rupture - non déclarée, non ouvertement revendiquée - avec les orientations politiques qu'ils avaient pourtant défendues durant parfois des décennies au sein de leur organisation, en l'occurrence pour ces derniers dans le CCI. »
Il nous semble donc, au premier abord, qu’effectivement Controverses a claqué la porte du CCI très rapidement, sans apporter plus d’éclaircissement que ce soit devant la classe sur cette question. Pourtant, la Gauche Communiste a toujours revendiqué une continuité historique organisationnelle (9). Le programme politique communiste s’acquiert à force de l’expérience des luttes de notre classe, des organisations qu’elle a vues naître et disparaître; des erreurs, échecs, et dépassements de ses erreurs et échecs. Pour se faire, elle a toujours revendiqué son histoire. Bien sûr, Controverses peut toujours nous répliquer :
« C’est cette compréhension – fort tardive, mais absolument nécessaire – qui est à l’origine de notre existence et de notre projet politique : faire prendre conscience de cette crise au sein de la Gauche Communiste et aider à la surmonter. Telle sont les raisons d’être de notre forum et des priorités que nous nous sommes assignées. »
Cependant, ces explications nous laissent sur notre faim.
Pour nous, peu importe que le projet de Controverses semblait à la base, dès le départ, un simple forum de discussion de membres ou d’anciens sympathisants (ou tutti quanti) du CCI, un « milieu » qui ne se voulait peut-être pas organisé (mais qui ne pouvait ultimement échapper à l’organisation de par son héritage politique et de par sa façon de concevoir l’histoire); peu importe, donc, ses réclamations, notre critique demeure la même : il faut revendiquer son héritage organisationnel! (10)
En ce sens, maintenant, qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire pour un groupe qui est issu d’une organisation qu’il a défendue durant plus de X années (11) et qui claque la porte d’une telle façon? N’aurait-il pas été possible de faire prendre conscience de cette crise à travers l’organisation même qui l’a vue naître? N’aurait-il pas été préférable d’au moins essayer de s’organiser en fraction à l’intérieur du CCI pour se faire entendre, avant de prendre le large? Camarades, voyez le flou des questionnements pour la petite minorité révolutionnaire que nous constituons : imaginez maintenant ce que cela peut représenter pour l’ensemble du prolétariat qui n’a pas la même connaissance historique que vous, que nous.
Camarades, en effet, nous pensons que vous serez d’accord avec nous : l’organisation n’est pas une entreprise qu’on quitte et qu’on ouvre à sa guise selon son bon vouloir, sans plus d’explication. Pour la classe prolétarienne, cette façon de faire soulève doutes et questionnements. Si Controverses a quitté le bateau parce qu’il lui semblait trop « vieux », peut-être plus tellement en capacité de répondre au fort courant des luttes qui s’annoncent, alors son devoir n’était-il pas d’appeler à dissoudre l’organisation pendant qu’il était encore membre du CCI, histoire d’échapper des membres avant qu’ils ne se noient? Car c’est ce que fait Controverses présentement : il appelle à mettre un terme à la longue vie du CCI… Mais il le fait de l’extérieur de l’organisation en érigeant sa petite tente dans la nature du camp prolétarien, comme si c’était une franchise fluorescente du CCI. On cherche la continuité historique dans sa presse, sur son site, et elle nous apparaît floue. On cherche à comprendre qui vous êtes, et nous ne trouvons pas clairement (12). Pour Klasbatalo, il est impératif que des explications plus larges aient lieu, et que Controverses affiche plus clairement son passé. On ne laisse pas le prolétariat dans une telle confusion suite à une scission, une fraction, ou une expulsion.
Marc Chirik écrivait à cet effet :
«Les scissions peuvent être à un certain moment la seule mesure qui s'impose pour sauvegarder au prolétariat son organisme de classe, son organisation politique. Pour que des scissions ainsi comprises aient lieu, cela ne peut et ne doit, en aucune façon, dépendre de la volonté et des caprices des personnalités mais exprimer une nécessité politique, se manifestant par des divergences programmatiques principielles parvenues à leur pleine maturation, en correspondance avec la situation objective. Unification et scission ne peuvent être examinées en soi mais se relient à la conception générale qu'on a sur la nature du parti.
Ceux pour qui la construction du parti est un acte de volonté et non en correspondance avec le processus de la formation historique de la classe, ceux-là opèreront des unifications et des scissions qui seront tout ce que l'on veut mais qui n'exprimeront pas un instant la vie de la classe, parce que se situant hors du processus réel. Aussi ces scissions et ces unifications se produiront dans la pleine nuit politique et n'apporteront aucun élément, aucun acquis, aucune expérience susceptible d'être utilisés dans la lutte de classe et dans l'élaboration du programme de cette lutte. »
C’est suivant Marc Chirik – principal maître à penser du CCI – que, selon nous, Controverses devrait débuter l’élaboration de son bilan afin de dépasser l’organisation qui l’a vue naître. Nous pensons qu’effectivement la tâche de l’heure pour les petits groupes en marge d’organisations de la Gauche Communiste, pour les fractions et scissions issues de ces organisations du Milieu Politique prolétarien, est d’œuvrer à se regrouper autour de discussions programmatiques de premier ordre, d’échanger et de débattre en vue d’un regroupement politique synchronisé sur le cours historique ascendant dans lequel le prolétariat trempe actuellement. Notre tâche devrait être une interpellation mutuelle sur les questions de fond en vue de voir se détacher les éléments étrangers au programme internationaliste du prolétariat et afin par le fait-même, de se développer lentement en un corps politique organisé, capable de s’articuler dynamiquement autour des luttes que mène notre classe pour y injecter à petit feu son programme. Encore Chirik :
« Dans le présent, les révolutionnaires ne peuvent échapper à cette sclérose sectaire qu’en tendant au maintien et au développement de liaisons entre les groupes révolutionnaires de tous les pays, en entretenant les discussions les plus larges et les plus publiques, en bannissant l’esprit de tabou dogmatique, afin que l’esprit de critique vienne continuellement balayer la poussière accumulée et vivifier la pensée. Il n’y a pas d’autres voies de salut et il ne saurait exister de garantie absolue a priori. »
Lorsqu’une organisation perd un membre de la façon la plus brutale soit-elle, ou lorsqu’une scission se produit au sein d’une organisation, le devoir de ces deux organes nouvellement allégés est d’expliquer le comment du pourquoi à la classe, de mener une discussion ouverte devant celle-ci (13).
Et c’est aussi pourquoi nous ne concevons pas forcément qu’il faille présentement s’unir – lire se regrouper – spécifiquement autour d’une organisation issue de la Gauche Communiste comme le sont la Tendance Communiste Internationaliste, le Courant Communiste International, ou le Parti Communiste International. Ces organisations agissent telles trois forteresses et pointer en direction d’une seule en proclamant aux minorités révolutionnaires (et se faisant au prolétariat) : « en avant » nous semble complètement a-historique et n’aide en rien à éclaircir les déboires de la GC, ni non plus son programme ultime qui est celui du renversement de la société bourgeoise. Ce n’est pas le temps de semer la confusion mais de l’extirper même si cette façon de procéder peut s’avérer un travail long et pénible.
Se regrouper, certes, mais comment ?
Nous saluons fraternellement le travail de nos camarades de la FGCI (et de l’ancienne FICCI) qui tentent depuis plusieurs années déjà au redressement du CCI, tout en appelant les forces de notre courant à se regrouper autour d’une organisation; mais nous divergeons cependant de leur méthode qui cherche à « octroyer » immédiatement le « contrat » du pôle de regroupement à la Tendance Communiste Internationaliste comme s’il s’agissait de l’entreprise la plus basse soumissionnaire d’erreurs et de régression programmatique.
De plus, pourquoi fermer la porte aussi rapidement à un groupe tel que Controverses plutôt qu’en faire une critique fraternelle? Mentionnant encore une fois Controverses, la FGCI écrit :
« Ils renoncent à la lutte pour le regroupement de la Gauche communiste, c'est-à-dire qu'ils refusent et même renoncent à la confrontation des positions politiques réelles qui sont exprimées et défendues par les groupes les plus anciens et importants, en particulier dans leur presse et intervention. Ces gens-là préfèrent bavarder dans des réseaux ou pire dans des "structures" informelles où l'on entre et l'on sort quand on veut et où chacun, comme dans les "auberges espagnoles", propose ou reprend, selon son humeur, sa pauvre "production".»
Il nous semble que c’est jeter l’anathème très rapidement, trop rapidement. Le temps est à la discussion, à l’ouverture des débats, aux critiques dures, certes, mais fraternelles. Les divergences autour de questions de second ordre n’empêchent pas forcément un travail commun, même s’il peut sembler l’alourdir dans le processus. En réalité, elles font partie du processus dialectique si cher aux marxistes. Qui plus est, comme ont pu le constater nos camarades de la FGCI, récemment, Controverses a su arrêter de produire son bilan pour intervenir directement dans la lutte contre la réforme Sarkozy qui a lieu depuis quelques semaines déjà avec un tract fort dynamique diffusé dans les mouvements en France. Et il a su en produire un second diffusé en Belgique, tout aussi pertinent. D’un forum libre et indépendant au départ, Controverses a su s’inscrire dans le processus réel des luttes en tant qu’organisation ! C’est peu dire, selon nous, l’intérêt que nous devons accorder à ce groupe présentement.
Aussi, nous pensons à contrario de nos camarades de la FGCI que le groupe Controverses, malgré peut-être ses difficultés à reconnaître son héritage programmatique CCIste, cherche tout autant que la FGCI au regroupement des forces issues de la Gauche Communiste. Plus important encore, nous pensons qu’il s’agit de notre devoir, en tant que groupe qui se revendique de l’héritage de Bilan, de la GCF, et des acquis du CCI, d’ouvrir une discussion avec celui-ci et en appelons nos camarades à faire de même, de la même façon que Chirik prenait contact avec tous les camarades de la GC en 1968. Nous divergeons donc grandement sur leur interprétation du groupe Controverses. Il n’est pas l’heure d’envoyer paître des militants ou des groupes avec lesquels nous partageons une analyse programmatique !
Par ailleurs, cela fait quelques années que nous entretenons d’excellents contacts avec la FICCI (d’ailleurs elle aussi scissionnée dernièrement), et nous ne cachons pas notre sympathie à leur égard, que ce soit la nouvelle FGCI ou la FICCI (qui ne semble plus très active malheureusement). En ce qui nous concerne, nous pensons qu’il s’agit d’un des groupes les plus sérieux avec une des plus grandes volontés à la discussion et à la clarification programmatique. Nous n’avons pas l’expérience historique de la plupart des groupes du Milieu Politique prolétarien, mais la Fraction (la FICCI unie) a su ouvrir un échange avec nous, en sachant très bien nous critiquer durement lorsqu’il était nécessaire de le faire. De notre côté, nous avons su digérer ces critiques – en gardant toujours en vue la méthode dialectique, processus cognitif de la lutte de classe – tout en continuant une correspondance fraternelle avec ceux-ci. Elle a aussi su nous empêcher de glisser vers des voies de garage, dans notre désespoir à vouloir à tout prix briser l’isolement, à regrouper autour de nous, à s’activer dans notre classe. Effectivement, aucun groupe n’est à l’abri d’erreurs et d’errements politiques, surtout dans l’état actuel des choses. Bref, le fait est que la FICCI (les deux scissions) s’est donnée pour mission, tout comme Klasbatalo, de contribuer au regroupement des forces issues de la GC (14) .
Oui mais encore, de quelle façon ? Concernant le sempiternel regroupement autour de la TCI, la FGCI écrit :
« Enfin, dans cette situation du camp prolétarien dans laquelle ces deux premiers courants ("Bordiguisme" et CCI) ne sont plus en capacité de faire face à leurs responsabilités historiques comme pôle de référence et de regroupement, la Tendance Communiste Internationaliste (ex-BIPR), seule organisation qui serait en capacité réelle d'occuper et d'assumer cette responsabilité, tend à n'en pas saisir toute l'importance et toute la signification historique, préférant en rester à ces certitudes immédiates. Certes, cette organisation réussit par moment et en certaines occasions à s'imposer comme ce pôle, au point de regrouper directement autour d'elle - ce que nous saluons et appuyons -, mais elle ne réussit pas à appréhender toute la dimension d'une politique déterminée de "regroupement" autour d'elle, se limitant justement à n'en voir la finalité que comme une adhésion immédiate. Du coup, elle tend à sous-estimer, voire à ignorer, les autres courants du camp prolétarien et l'indispensable lutte politique contre les dérives opportunistes qui s'y développent, n'y voyant, à son tour, elle-aussi, que des polémiques stériles. Pourtant combien d'éléments révolutionnaires en recherche de clarification et de cohérence politique - ils seront encore plus nombreux demain avec la crise et les luttes ouvrières inévitables qui se développent - pourraient ainsi se référer et s'orienter parmi les positions et groupes si la TCI assumait toutes les dimensions du rôle que l'histoire lui offre aujourd'hui. Quel pas en avant pour le regroupement ! »
Camarades, pourquoi elle et pas une autre? Parce qu’on en a décidé ainsi? Il nous semble qu’au contraire, l’ancien BIPR, de par son simple nouveau nom de « Tendance Communiste Internationaliste » semble avoir politiquement considérablement régressé en s’autoproclamant « tendance »! On est loin de la clarté ici. N’en déplaisent à nos camarades italiens, la Gauche Communiste n’est pas une tendance mais bien un courant politique produisant des tendances (italienne partidiste, germano-hollandaise conseilliste, française synthétique).
On ne décide pas suivant la simple volonté d’une poignée de militants quelle organisation devrait être et agir comme pôle de regroupement, ni non plus on ne décide quel groupe sera le futur parti. C’est d’ailleurs une incroyable faiblesse de la part d’organisations se revendiquant du marxisme de pouvoir s’affirmer ou non parti ou embryon du parti. C’est grâce à une discussion autour du renforcement et de la clarification du programme communiste que se formaliseront les cadres du futur parti prolétarien. Pour Klasbatalo, c’est une vérité fondamentale toute simple que seule l’Histoire, autour de profondes discussions au sein des minorités révolutionnaires, saura déterminer si la TCI sera ou non le prochain pôle de regroupement, le prochain parti de notre classe. S’il n’était que de la volonté des militants de proclamer le parti de classe, alors à quoi bon attendre le prolétariat pour faire la Révolution? Nous n’aurions qu’à nous armer, à prendre le maquis, à s’activer dans la lutte armée minoritaire si propre aux organisations staliniennes (véritables liquidateurs du marxisme)…
Camarades, c’est par un programme clair, synchronisé sur la lutte que mène au quotidien la classe dont nous sommes issus; par une capacité croissante, organisée en un véritable corps politique, d’articuler et d’insuffler la réponse historique des intérêts du prolétariat au sein-même de la classe prolétarienne; par le mouvement dialectique d’une classe sans moyen de production à se tourner dans notre direction pour chercher ses mots d’ordre; c’est tout ça qui définira finalement quel – et comment – sera le parti communiste internationaliste.
Le fait est que pour les CI-K actuellement, non seulement la TCI n’a pas la volonté d’accomplir ce rôle (et c’est elle-même qui ne cesse de l’affirmer) mais nous pensons que, pire encore, elle n’est pas en mesure de le faire. Cette organisation, tout en gardant le cap sur les positions de classe, nous semble floue; on ne sait jamais trop ce qu’est le bureau, qu’est-ce qu’il fait, quelle est son intervention dans la classe. L’existence de son ancien comité de liaison (devenu depuis peu bureau international) semble vivre au gré de la volonté de ses militants avec une intervention ici, une là. De fait, à notre connaissance, la seule intervention publique de l’ancien comité de liaison du BIPR fut dans sa « mise au point » à notre égard.
Dans le point 3 du texte Le Bureau International pour le Parti Révolutionnaire devient la Tendance Communiste Internationaliste, il nous est dit :
« Notre orientation a toujours été en direction de la classe ouvrière dans son ensemble plutôt que vers les groupes politiques existants, aussi proches fussent-ils. »
Nous demandons ainsi à nos camarades, n’est-ce pas là se concevoir comme un parti en soi?
Ensuite, toujours dans le même point, nous sommes contraints de lire cette ânerie qui sort dont on ne sait où:
«Même si nous avons eu de temps en temps des échanges polémiques avec d’autres groupes, notre objectif n’était pas simplement de réunir des groupes d’intellectuels, mais de construire des organisations réelles qui visaient à trouver des moyens de se lier avec les luttes des travailleurs et des travailleuses sur le terrain afin de maintenir une continuité de la conscience de la lutte pour les prochains combats. C’est pourquoi nous continuons à préconiser la nécessité d’organes du parti organisés dans la classe, tels les groupes d’usines ou les groupes sur les lieux de travail et les groupes territoriaux qui regroupent des militants et des militantes dans le même quartier. »
Qu’est-ce qu’une avant-garde révolutionnaire sinon un groupe d’ouvriers et d’intellectuels, et dont les ouvriers qui en font partie sont eux-mêmes des intellectuels? Est-ce réactionnaire et anti-ouvrier d’être intellectuel? N’y a-t-il pas des salariés, des prolétaires, qui sont à la fois des intellectuels et / ou produisent directement un travail intellectuel? Faut-il boire de la bière et jouer au football pour être ouvrier? Qu’est-ce qu’une organisation réelle pour la TCI? Un groupe de deux personnes au Canada et un groupe qui publie un journal de façon très irrégulière en France? Mais éclairez-nous sur cette question, nous sommes confus. Et la continuité de la conscience, n’est-ce pas dans le travail intellectuel et les organisations que le prolétariat met de l’avant qu’elle se maintient, s’articule, et se développe? Également, dans les échanges entre groupes, dans l’analyse des luttes de notre classe, dans l’analyse aussi d’organisations les ayant précédé? Les organisations – en fait, plutôt le programme qu’elles ont su clarifier – ne sont-elles pas la poursuite d’une œuvre historique plus grande qu’elles-mêmes? Et la simple mise en avant de groupes d’usines, de groupes sur les lieux de travail, de groupes territoriaux et de quartier nous semble plus près du travail d’anarchistes que de celui du travail partidiste.
Continuons. Dans le résumé des décisions prises du même texte, la TCI nous écrit comme si c’était une vérité fondamentale :
« Le cadre de base et l’approche définie dans nos documents d’origine reste inchangé. Nous devons toutefois reconnaître que le Bureau est allé au-delà de sa composition originale et que, puisque c’est le cas, comme nos documents initiaux le prévoyaient, nous devons évoluer progressivement vers une activité plus centralisée à mesure que le Bureau s’élargit. C’est pourquoi nous avons décidé que le Bureau doit devenir l’organe centralisé de coordination de notre organisation internationale. »
Au-delà de sa composition initiale? Nous tenterons de garder notre sérieux pour ne pas rire. Aussi, si on suit cette logique, parce qu’il y a une quinzaine d’années les documents initiaux prévoyaient une expansion de l’organisation, il lui faut maintenant – en septembre 2009, alors qu’aucune lutte ne menace réellement le capital comme c’est le cas depuis l’hiver 2010 passé – évoluer vers une activité plus centralisée à mesure que le Bureau s’élargit. Gardons encore notre sérieux. Alors, si nos camarades de la TCI pouvaient à présent nous dire à quoi ressemble ce centre, et en quoi il est si différent de ce qu’il était, ce serait très éclairant.
Dans cette veine, nous demandions à nos camarades de la FGCI, que faire au Canada avec des militants en quête de clarification politique et programmatique approchant les CI-K? Les envoyer vers le Groupe Internationaliste Ouvrier, filiation canadienne de la TCI, alors que ce groupe représente pour nous un élément problématique qui ne semble pas avoir un quelconque problème à jongler occasionnellement avec l’opportunisme? Du même coup, le cadre organisationnel que l’ancien BIPR a mis sur pied et dans lequel il se trouve – c’est-à-dire la préséance des organisations nationales sur l’organisation internationale, sorte de fédéralisme mutant (15) et inquiétant dans son impossibilité pratique à pouvoir intervenir efficacement lors de difficultés rencontrées au sein d’une de ses sections nationales – empêche la prise en charge plus « partidiste », plus centralisée, des militants adhérent à sa plateforme internationale. Pour nous, cela pose un énorme problème; et un problème pas seulement théorique comme certains de nous l’ont expérimenté au cours de notre passage au sein du GIO.
Maintenant, dans la décision numéro huit :
« Nous avons déjà fait la preuve de notre préparation théorique et la dernière phase de la crise n’a pas encore donné naissance à de nouveaux groupes de la classe ouvrière, ce qui aurait pu changer nos perspectives. Il a donc été convenu qu’il serait prématuré de tenir une conférence internationale dans un avenir prévisible. Au lieu de cela, notre priorité doit continuer à être le travail en direction de la classe ouvrière dans son ensemble, car c’est seulement en travaillant dans cette direction que nous apprendrons à mieux contribuer au futur parti du prolétariat. »
Mille soupirs! Il y a eu de nouveaux groupes issus du prolétariat : toutefois, la TCI n’a pas la volonté (ou l’intérêt, ou les deux) d’entrer en discussions avec ceux-ci. Elle discute avec elle-même en pensant pouvoir un jour accoucher de son propre parti. En travaillant seule dans la direction du prolétariat, la TCI nous apprend qu’elle pourra apprendre à mieux contribuer au futur parti. Est-ce que Klasbatalo! est le seul groupe à avoir de la difficulté à comprendre cette formulation, qui semble sortie de nulle part? C’est ainsi que la TCI nous apprend que, en ce qui la concerne, l’époque du regroupement des forces communistes est terminée.
Par ailleurs, nous n’affirmons pas non plus que la TCI ne puisse pas être un pôle de regroupement. Seulement, elle ne peut pas l’être pour le moment car elle est repliée sur elle-même et il s’avère impossible, pour nous, de discuter avec sa filiation canadienne qui nous accuse, une fois l’an, de mener une campagne systématique de dénigrement à son égard.
Maintenant, oui nous pensons que l’heure est au regroupement mais posons au préalable ces trois questions devant nos camarades, toutes organisations de la Gauche Communiste confondues : sur quelle base se regroupe-t-on? Quel groupe semble s’inscrire réellement dans le processus des luttes que mènent notre classe et quel groupe semble étranger à ce processus? Qui actuellement, dans les organisations ayant un passé Gauche Communiste, ne peut plus réellement se revendiquer appartenir au Milieu Politique prolétarien (et ipso facto, est-ce que des divergences quant à la nature de ce propos pourraient automatiquement empêcher un travail conjoint)?
Les acquis politiques et la voie vers le regroupement
On peut actuellement analyser le mouvement révolutionnaire de la même façon qu’Internationalisme le faisait en 1947 :
« C'est en pesant chaque mot et non par goût de la phraséologie journalistique que nous disons que le mouvement ouvrier n'a encore jamais vécu des heures aussi sombres que celles que nous traversons. Il serait peut-être plus exact encore de dire qu'il n'existe pas de mouvement ouvrier présentement. Les partis socialistes et staliniens ont depuis longtemps cessé de représenter une tendance du mouvement ouvrier pour n'être que des formations politiques de la bourgeoisie. Le mouvement syndical ne représente pas davantage une organisation unitaire de défense des intérêts économiques immédiats du prolétariat. Les syndicats sont aujourd'hui complètement intégrés à l'État, ils sont un appendice de l'État avec la fonction de faire accepter, par la classe ouvrière, les mesures d'exploitation et d'aggravation de leurs conditions de misère. Les récents mouvements de grève ont mis en évidence que ce moyen classique de lutte des ouvriers a cessé d'être l'arme exclusive du prolétariat, a perdu sa nature absolue de classe et peut aussi servir de moyen de manoeuvre d'une fraction politique capitaliste contre une autre, d'un bloc impérialiste contre un autre et finalement dans l'intérêt général du capitalisme.
Dans l'ensemble, la classe ouvrière - désorientée et totalement impuissante - sert actuellement de masse de manoeuvre à différents partis et cliques politiques de la bourgeoisie.
Les petits groupes et groupuscules de révolutionnaires sont absolument sans liens physiques avec la classe et leur influence est nulle. N'est-il pas plus tragique que comique de voir ces groupes se prendre au sérieux quand ils parlent de leur action des masses et dans les masses, quand ils s'agitent et sont agités dans le vide et ne s'aperçoivent pas que toute cette agitation se passe et se fait en dehors des masses, en marge de la classe ?
Mais alors que reste-t-il à faire aux militants révolutionnaires ? N'ont-ils, en tant que révolutionnaires, aucune tâche à faire, ni aucune possibilité de s'en acquitter ?
Avant de répondre à ces questions et pour pouvoir répondre d'une façon concrète positive, il est indispensable de reconnaître préalablement la réalité objective du moment présent, reconnaître sans réserve l'inexistence effective, dans l'immédiat, du mouvement ouvrier et de renoncer catégoriquement à la pratique du bluff, à la prétention de vouloir jouer immédiatement et à tout prix un "rôle" de guide et dirigeant, et s'obnubiler de son importance.
Les conditions et les facteurs qui ont déterminé la plus profonde défaite du prolétariat et la nuit historique de la période présente dans laquelle a sombré le mouvement ouvrier révolutionnaire ne sont aucunement épuisés. Ils continuent encore à agir et à dominer le cours présent. Rien ne laisse malheureusement escompter une modification du cours avant la généralisation de la prochaine guerre impérialiste. Peut-être même que la catastrophe humaine que sera la prochaine guerre mondiale est-elle nécessaire pour déterminer le renversement du cours et conditionner la réapparition du prolétariat et la reprise de sa mission et de sa lutte révolutionnaire.
Dans la période présente les révolutionnaires ne peuvent prétendre exercer une influence directe et efficace sur les événements. Ils ne peuvent que représenter des îlots, des hommes allant consciemment et volontairement contre le courant, se trouvant non pas volontairement mais forcément isolés des grandes masses du prolétariat. Leur tâche dans le présent n'est pas celle de l'agitation mais celle de la propagande des idées, nécessairement limitée à des couches restreintes. Leur principal effort doit porter sur le réexamen critique des notions et des conceptions qui ont servi de fondements du programme de la révolution et de l'Internationale Communiste, à la lumière de l'expérience des trente dernières années, riches en actions révolutionnaires et défaites profondes.
C'est dans le plein accomplissement de ce travail que les groupes révolutionnaires s'acquitteront réellement de la tâche qui est la leur et contribueront efficacement à l'élaboration du programme qui permettra demain au prolétariat, à la reprise de ses luttes, de s'en servir comme l'arme décisive pour le triomphe de la révolution et l'édification de la société socialiste. Le programme n'est pas un composé de dogmes qu'une fois donnés il ne reste qu'à vulgariser et à propager. C'est une oeuvre constante nécessitant son continuel développement (et dépassement) sur la base de l'expérience vivante de la lutte de classe. La prise de conscience, le travail sur la matière, donnée par l'expérience, en vue de l'enrichissement du programme restent les raisons fondamentales de l'organisation de l'avant-garde ; et c'est dans ce sens et sur cette base uniquement qu'on doit concevoir la formation des cadres. »
Marco (Marc Chirik), PROBLEMES ACTUELS DU MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE INTERNATIONAL, janvier 1947
Que dire de plus ? Impossible même de tronquer et de raccourcir cette citation qui nous semble dater d’hier tellement la conjoncture est, actuellement en 2010, pratiquement à peu de choses près la même ! Chirik écrivait pourtant ceci il y a plus de soixante (60) ans ! Nous ne pouvions la passer sous silence, et c’était notre devoir de la remettre à l’ordre du jour.
Bien entendu, en 60 ans, il y eût des progrès et changements.D’abord, la constitution de la plus importante organisation Gauche Communiste de tous les temps, c’est-à-dire le Courant Communiste International qui a su également produire la plus importante théorie programmatique, malgré quelques inévitables erreurs au cours de son apprentissage organisationnel ; malgré également des difficultés et erreurs internes notoires (celles-là probablement très très évitables) ; malgré un cours historique des luttes faibles (mais pas inexistantes comme le laisse entendre Controverses dans son texte).
Cette organisation a également produit d’innombrables départs plus ou moins intéressants à rappeler tellement ils ont eu lieu dans des crises paranoïaques intenses ; elle a aussi accouché d’organisations de tendances diverses (du conseillisme jusqu’au bordiguisme) ; et nettement influencé les groupes d’aujourd’hui, qui revendiquent un héritage Gauche Communiste, tel Klasbatalo. Le bagage programmatique qu’elle a produit dans ses plus belles années demeure d’une luminosité éclatante pour le prolétariat, dans sa synthèse des fractions de gauche issues de l’Internationale Communiste qui se sont développées de façon plus autonome, plus éparses, après la dégénérescence de cette dernière. Avec Bordiga, c’est probablement, pensons-nous, une erreur de n’avoir pas plus bataillé – organisés solidement en « corps de fractions » de Gauche – au redressement de ce point d’assise à l’origine socialiste, de l’avoir déserté aussi rapidement dans une indifférence plus ou moins généralisée. Nous en ressentons encore aujourd’hui les effets : la tendance qu’a la Gauche Communiste à capituler aussi rapidement dans les discussions, devant la moindre divergence, laissant éclater – sans ne plus voir le tragique de la chose – les organisations sur la base de particularisme programmatique incompréhensible pour le commun du prolétariat en semant la confusion dans le processus.
C’est beaucoup plus facile ainsi : on ne se trompe plus, on ne discute plus !
En soixante ans, malgré tout, malgré ce narcissisme organisationnel qui semble affecter la plupart du Milieu, l’apport programmatique laissé par les groupes est d’une importance capitale ! Avec la FGCI, nous ne pouvons renier la richesse de cet apport : la continuité historique des principales organisations bordiguistes qui ont formé un pôle capital et su préserver leur héritage programmatique (malgré les divergences importantes que nous entretenons avec ceux-ci). Le CCI qui a vu le jour, le BIPR qui s’est formalisé et qui a donné naissance à la Tendance Communiste Internationaliste, laquelle cherche aujourd’hui à se centraliser pour intervenir plus efficacement dans les luttes. Que nous soyons en accord ou non avec ces acquis, le fait est qu’ils sont bien présents et prennent leurs racines, plus ou moins solidement, au sein de notre classe, dans l’ensemble du prolétariat.
Le fait est que l’histoire semble actuellement se répéter. Effectivement celle-ci possède ses cycles qui se reproduisent lorsque l’ensemble de la société toutes classes confondues se voit bloquée. Le capitalisme n’arrive pas à trouver la voie vers la guerre généralisée et subit crises économiques par-dessus crises économiques. Et le prolétariat, dans l’antagonisme qui l’anime face à la bourgeoisie, n’arrive pas à s’affirmer comme classe, subissant coups après coups les assauts répétés de la bourgeoisie qui cherche à trouver l’ultime expédient à sa crise.
Citons encore une fois le camarade Roche :
« La classe ouvrière a subi de multiples transformations structurelles au cours de deux siècles d’industrialisation. Artisan, mineur, sidérurgiste, métallurgiste, employé de bureau, informaticien, le prolétaire reste prolétaire. Constituée de moins d’ouvriers industriels, d’une noria d’employés flexibles des services, de cadres massivement prolétarisés, la classe ouvrière, ou disons travailleuse, garde toutes ses potentialités révolutionnaires presque un demi-siècle après le chambardement inattendu de 1968. L’observateur superficiel ne voit pas plus loin que la ligne bleue des Vosges, mais d’importantes grèves ouvrières ont continué à inquiéter la bourgeoisie au niveau international pendant plus de trois décennies, grèves des mineurs anglais, mouvement massif des ouvriers polonais en 1981, grève des cheminots en France au milieu des années 1980, puis 1995, etc. »
Les luttes se sont toujours poursuivies à plus ou moins larges échelles, avec plus ou moins de potentialités historiques, à contrario de ce que Controverses semble affirmer. Dans le mode de production capitaliste, il y a naturellement – dans la nature intrinsèque antagonique qui la remue – des périodes d’attaques généralisées comme c’est le cas présentement, et des périodes qui garantissent une plus grande stabilité et permettent la reprise du cycle d’accumulation, toujours inscrites dans le processus historique des luttes de classes qui doivent mener de façon transcroissante à l’ultime guerre des classes. Notre rôle en tant que révolutionnaires est de suivre le cours de ses luttes et de nous inscrire dans celui-ci, pour justement insuffler la transcroissance des luttes prolétariennes. Il incombera donc au futur parti communiste internationaliste la tâche de cristalliser (en même temps que d’approfondir) le processus de transformation de la classe en soi en classe pour soi, consciente de ses intérêts révolutionnaires. Il est de notre ressort de savoir tirer adéquatement les leçons historiques des défaites du prolétariat pour qu’elles se transforment ultimement dans le triomphe communiste. Camarades, dans ce processus, il n’y a aucune place aux approximations du cours historique.
Ébauche d’une conclusion
Pourquoi vouloir à tout prix faire de la TCI ou du CCI un pôle de regroupement? Rappelons que le CCI fait présentement les yeux doux à l’anarchisme. Du côté de la TCI, pourquoi est-elle autant repliée sur elle-même? Elle expose très peu son fonctionnement devant la classe, si bien qu’il nous est difficile de concevoir sa pratique dans les luttes. Elle tente depuis plusieurs années de taire les divergences des membres qui la quittent en gardant le silence « pour ne pas créer de polémique ». Est-ce là le rôle de l’organisation de taire les scissions devant la classe pour empêcher les polémiques? N’y a-t-il pas danger, au contraire, de semer l’ambiguïté dans le prolétariat? Pour répondre à nos camarades de la FGCI, le pôle de regroupement ne serait-il pas censé être un produit de larges discussions au sein du Milieu Politique prolétarien? Un produit de la convergence d’individus et de noyaux se regroupant autour de profonds questionnements, autour de discussion visant à dénouer les nœuds programmatiques?
Aussi, les principales difficultés auxquelles l’ensemble des groupes se revendiquant de l’héritage Gauche Communiste assistent depuis la moitié des années quatre-vingt, comme s’ils étaient impuissants, est à une large retraite du plan organisationnel et à une pauvreté théorique croissante de sa réponse à la conjoncture historique. Comme s’ils n’étaient pas facteur actif de cette crise des « claquages de porte » en série et éviscération programmatique, les principaux groupes issus de la Gauche Communiste, au lieu de tenter de dresser un bilan de leurs échecs et échecs communs, se campent de plus en plus sur leurs positions en défendant leurs erreurs et en les revendiquant presque comme particularisme programmatique (par exemple, le CCI et l’affaire JJ; feu le BIPR et la suite d’échecs avec ses groupes en rapprochement ainsi que la stagnation – si ce n’est pas le recul – du GIO et de B&P). De cette façon, ce n’est plus un pied qui trempe dans le sectarisme politique mais les corps organisationnels au grand complet. Nous tendons à partager à cet effet l’analyse de Controverses et de la FGCI. Qui plus est, le CCI et la TCI (feu le BIPR) se comportent de plus en plus comme le fœtus du nouveau parti. Le changement de nom du Bureau International pour le Parti Révolutionnaire est patent à cet effet (16) .
Par ailleurs, tout en partageant une bonne partie des conclusions de Controverses, nous ne pensons pas que ce bilan soit « sans appel ». En effet, bien qu’il soit une importante contribution à l’éclaircissement de la situation présente au sein des groupes issus de la Gauche Communiste, nous pensons qu’il faut mettre un peu plus les choses en perspective et qu’il y a place aux discussions concernant ce bilan, bilan que nous jugeons actuellement indispensable pour la formation du regroupement de nos forces qui partagent un objectif commun : la formation éventuelle d’un parti de classe internationaliste comme futur « guide » de la révolution. La principale force de l’analyse de Controverses est justement la tentative qu’il fait de produire une analyse, un bilan, des trente dernières années. Controverses se veut ipso facto l’expression de questions qui accablent l’ensemble des organisations du camp prolétarien, et qu’elles ne semblent pas vouloir se poser. Aussi ce bilan, loin d’être « sans appel » se veut plutôt l’appel aux bilans.
Maintenant, que nous reste-t-il à faire en tant qu’élément révolutionnaire marxiste?
Contribuer à l’élaboration d’un état des lieux général de la Gauche Communiste ou se camper sur ses propres positions en n’y voyant que du feu; en espérant peut-être que la débâcle se résolve d’elle-même? Demeurés des « électrons libres » – qui s’agitent ou théorisent des questions de façon autistique, sans s’inscrire dans le processus réel des luttes – d’une organisation plus cohérente, mieux articulée, plus en mesure de répondre à la montée des luttes? Ou tenter de se regrouper autour des questionnements nécessaires, et inévitables; de se regrouper autour même des divergences qui posent ces questionnements et tentent de les résoudre de façon dialectique, marxiste, vivante (dans l’esprit des fractions fidèles aux principes mêmes de notre héritage programmatique)?
Rappelons en dernier lieu qu’à l’origine, la Gauche Communiste se concevait pratiquement comme un centre en soi avec des divergences plus ou moins importantes : un regroupement de toutes les fractions de gauches de l’Internationale Communiste appelées à discuter entre elles.
Aussi, pour les communistes internationalistes – Klasbatalo!, il va de soi que la tâche actuelle des groupes qui partagent le même héritage Gauche Communiste doit consister à resserrer nos liens internationaux – et certainement même à se réconcilier – autour du programme révolutionnaire qui est celui d’une classe à laquelle nous appartenons, à le clarifier davantage à la lumière des nouvelles luttes historiques grâce à la discussion et à l’ouverture de débats; et ainsi à se voir se préparer à le ré-insuffler au sein du prolétariat lorsqu’il y aura guerre des classes...
Les communistes internationalistes – Klasbatalo!
Novembre 2010.
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Notes :
(1) Par ailleurs, même si les divers corps de la Gauche Communiste sont moribonds, certains de ceux-ci semblent « victimes » de spasmes qui laissent entrevoir la volonté d’un dernier effort pour briser l’isolement en vu probablement de transmettre leur héritage (la moyenne d’âge des camarades ayant sensiblement augmenté), afin de reprendre la voie des discussions. Notons d’emblée à ce sujet que le Parti Communiste International (Le Prolétaire), dans les dernières organisations importantes issues de la Gauche Communiste, a toujours su répondre à nos courriels de la façon la plus honnête et la moins contournée, même si la plupart du temps cela s’avérait une fin de non-recevoir de la part de celui-ci, véritable blindé gardant ses positions intransigeantes. La critique récente de nos positions de base est un premier pas dans cette direction. Voilà déjà pour le PCI et voilà déjà aussi pourquoi selon nous l’heure est à baisser les boucliers et à reprendre la voie des contacts et discussions entre nous.
(2) On peut facilement faire un parallèle à cet effet avec le CCI qui semble s’être profondément enfoncé dans la paranoïa et l’autisme organisationnel au cours des dernières décennies.
(3) Affrontement de classes comme c’est la tendance présentement. Nous assistons depuis la crise des subprimes à une attaque en règle de la bourgeoisie contre le prolétariat.
(4) Comme ce fut le cas par exemple de la GCF et Internationalisme, malgré sa fuite paranoïaque pour préserver ses cadres d’une éventuelle troisième guerre mondiale. Le corpus théorique incroyable qu’elle a su produire pendant presque 10 ans ont jeté les bases sur lesquelles s’est édifié le CCI.
(5) Et passons sur le fait qu’à subsister ainsi, elles heurtent fortement l’environnement duquel elles sont issues et dans lequel elles évoluent, c’est-à-dire notre classe, le prolétariat.
(6) Le CCI a subi de nombreuses crises au cours des trois dernières décennies qui chaque fois semblent l’avoir considérablement ébranlé. L’affaire JJ est certainement la plus grave de celle-ci. De fait, le CCI est l’organisation qui a enfanté le plus de groupes marginaux depuis trente ans : Le Groupe Communiste Internationaliste (si on peut dire), Perspective Internationaliste, la FICCI, et Controverses. Il faut aussi noter que le CCI est de plus en plus silencieux de répondre à ses critiques.
(7) La TCI, du temps du BIPR, a subi plusieurs échecs au cours des dernières années. Rappelons l’affaire des « communistes radicaux d’Ukraine », du LAWV, du départ du Circulo de Comunistas Internationalistas sans même une notice pour expliquer sa disparition de ce groupe membre. Passons aussi sur le silence incroyable dont il a fait preuve concernant l’IOD et sa récente réponse dont le caractère politique cherche encore à émaner. D’ailleurs, n’en déplaise à celle-ci, nous considérons toujours que notre contribution au sein du GIO fait de nous, de façon relative et non pas absolue, une espèce de scission de la TCI : du moins, une sorte de mutation exogène. De toute façon, la TCI semble habile à former des mutants.
(8) Le trotskisme en est un exemple flagrant en appelant le prolétariat à monter dans la charrette de la bourgeoisie du Front Populaire pour se faire massacrer au nom de la république.
(9) Rappelons comment la GCF et la FFGC clouaient au pilori les prétentions de Castoriadis à vouloir innover alors qu’il ne faisait que repiquer les vieux textes de la GCI. D’ailleurs la plupart de la critique de Controverses (et de la nôtre), revue sous la lunette de la conjoncture présente, se retrouve aisément dans les vieux numéros d’Internationalisme de 1945 à 1952.
(10) On se souvient qu’ils ont signé un document « pro-révolutionnaire » de Perspective Internationaliste, dont le contenu était complètement opportuniste, avec tout un tas de groupes qui n’ont rien à battre de l’héritage programmatique marxiste.
(11) Les principales organisations présentes issues de la GC ont toutes su se préserver malgré un cours historique difficile durant les dernières décennies. Les luttes de classes sont l’oxygène de la l’organisation. Sans cet élément, c’est un reflux théorique auquel on risque d’assister.
(12)Lorsque nous, feu les communistes internationalistes de Montréal, avons démissionné du GIO, nous avons expliqué les raisons de notre départ, même si nous n’étions que des sympathisants fortement actifs. Peu importe si nous n’avions pas l’énorme bagage théorique de la GC, c’était notre rôle d’entrer en communication avec les autres groupes, d’expliquer la situation : même si nous avons alors été targué de semer la confusion (au contraire selon nous), de mener des ‘petty debat’. Entendu que nous avons fait des erreurs : mais qui en travaillant n’en commet aucune ?
(13) À ce sujet, nous renvoyons aussi le lecteur à la récente scission de la TCI avec l’Instituto Onorato Damen. Non seulement la TCI a-t-elle tardé à répondre à cette scission mais il nous semble qu’elle y ait été contrainte par la force des choses. Aussi nous dit-elle dans sa mise au point : « Nous avions décidé de ne pas commenter la naissance de cet institut afin d’éviter des polémiques inutiles. » Mais quelle polémique peut-elle être plus utile que d’expliquer un évènement d’une telle importance que celui qui mène à une scission ? À quoi rime cette omerta de la part de nos camarades italiens ?
(14) Bien entendu, à ce sujet, nous déplorons la récente scission de la FICCI et appelons nos camarades de la FGCI et de la FICCI à rouvrir la discussion.
(15)Cependant, nous ne pensons pas qu’un fédéralisme plus classique serait préférable. Le besoin d’organisation du prolétariat au niveau mondial se doit d’être centralisé pour coordonner efficacement la chute de la bourgeoisie dans tous les pays.
(16) Les anciens communistes internationalistes de Montréal ont également changé de nom mais pour les raisons suivantes : depuis les derniers mois, la constitution de notre groupe, plus ou moins informelle au départ (notre groupe s’étant avant tout formé en vue de répondre au BIPR et à son groupe le GIO, d’où le nom plus ou moins informel de CIM), s’est vu se renforcer; également nous ne sommes plus limités à la ville de Montréal en tant que groupe d’internationalistes. Nous sommes conscients qu’il s’agissait-là d’une contradiction.
Annexe 1 :
Il est minuit dans la Gauche Communiste
(Controverses)
http://www.leftcommunism.org/spip.php?article169
Annexe 2 :
Le camp prolétarien a-t-il fait faillite?
(Fraction de la Gauche Communiste Internationale
http://fractioncommuniste.org/fra/bci02/bci02_1.php
(*) merci d'avoir ainsi nommé votre groupe, y en a marre pour les néophytes des sigles à rallonge (une scission 5 consonnes et une voyelle, deux scissions, 8 consonnes, etc.), je propose même qu'on nomme le futur parti mondial "Robert", ne serait-ce que pour flatter notre vieil incontinent bordiguien Robert Camoin, mais en le tenant en dehors car il est exclu que le prochain parti ait un empereur PN pour le cornaquer ou même un clone de Lénine avec perruque. Ainsi au lieu de dire, je vais adhérer au PCML(I), on pourrait dire "je vais adhérer à Klasbatalo puis au Robert". Ou encore en hommage à Chirik au "MARC" (Mouvement d'Action Révolutionnaire Communiste). Dernière remarque enfin aux reformateurs du parti mondial, il ne faut pas abuser les lecteurs sur les "groupes" en question ici évoqués, ils sont le plus souvent moins nombreux que le nombre de consonnes dont ils se sont affublés. Dans le milieu maximaliste quand on scissionne en ce moment cela est peau de chagrin, quatre donnent deux, et quand deux scissionnent, reste un. C'est lamentable mais c'est comme ça. On devrait parler plus souvent de "couples" plus que de groupes. Et alors, me direz-vous Marx et Engels ils étaient bien deux la plupart du temps? Oui mais ils étaient Marx et Engels!Et on n'en fait plus des lascars de cette trempe.
« Le marxisme est une conception révolutionnaire du monde qui doit toujours lutter pour des connaissances nouvelles". Rosa.Luxemburg. "Le principal héritier du fascisme est l'antifascisme". BORDIGA
"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)
Marx (L'idéologie allemande)
«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »
Thucydide
lundi 6 décembre 2010
dimanche 5 décembre 2010
Espagne : UNE BRILLANTE MANIPULATION PARE-FEU
Avec des pays secondaires comme l’Islande (bien oubliée) la Grèce mafieuse et l’Irlande, la bourgeoisie peut prendre son temps et laisser gauchistes et syndicalistes organiser balades nationales, jets de pierre et cris contre les banques. Avec les pays suivant, autrement plus important par la place qu’y occupe le prolétariat, la bourgeoisie doit prendre les devant face à la chute irrésistible de « dominos européens », c’est ce qu’elle a fait en France pendant un an de fausse lutte de l’aristocratie syndicale. C’est ce qu’elle vient de mener sans coup férir avec brio en Espagne. Deux remarques préliminaires avant d’analyser la prétendue « grève sauvage » des Aiguilleurs du ciel espagnols. La première, comme je l’ai compris grâce à des amis qui écoutent en permanence la radio, beaucoup de news passent deux à trois jours avant d’apparaître dans les autres médias, presse et internet ; certaines infos cruciales internationales ne passent même pas du tout sur les médias après avoir été testées à la radio… Ainsi dès vendredi 3 on pouvait recevoir à la radio les deux axes de la propagande du gouvernement espagnol : grève de privilégiés et atteinte à la « fragile économie » nationale ; ce n’est que dimanche matin 5 que cette grève est évoquée sur le site de TF1 et du Figaro, mais alors qu’elle a été bouclée sans dommages collatéraux (cf. le titre du site de TF1 qui résume à lui seul les deux axes de la manipulation).
La deuxième, le gouvernement bourgeois espagnol (dit « socialiste ») était obligé de frapper un grand coup et vite contrairement à son homologue français qui avait pu faire traîner en longueur une pseudo lutte pour la défense des retraites, où ce n’est que la clientèle habituelle du syndicalisme (+ une masse énorme de retraités qui ne risquaient pas de « déborder de colère » la mafieuse obscure intersyndicale) qui a été tranquillement menée dans les bras parlementaires pour une défaite annoncée, qui a servi surtout à déprimer la classe ouvrière internationale, pleine d’espoirs pour un faux combat made in France (en ce sens, le Cci se plante en titrant son supplément « comment lutter ? », alors qu’il eût fallu titrer : « comment ne pas lutter » et bien préciser qu’on ne pouvait pas identifier l’ensemble de la classe à moins d’un million d’affidés planqués des syndicats psalmodiant des conneries dans la rue).
Le coup de semonce du gouvernement espagnol a aussi valeur de symbole pour déprimer un peu plus le prolétariat universel. A la manifestation sans colonne vertébrale prolétarienne en France, présentée comme une défaite des « ouvriers en cravates » au niveau mondial, il fallait aussi ridiculiser la « grève sauvage », mais avec la dimension « sauver l’économie nationale » ; l’idéologie patriotique fût au cœur également des salades de l’aristocratie syndicale en France, il suffisait de parcourir les blogs pour voir combien les « solutions nationales » de messieurs Montebourg, Mélenchon et Besancenot, étaient prisées, et ma dénonciation de ces prétentions nationalistes était ridiculisée comme « utopique ».
"L'Espagne "choquée" par la grève des contrôleurs aériens, des "privilégiés"(TF1)
le 05 décembre 2010 à 10h20, mis à jour le 05 décembre 2010 à 10:29
La grève des contrôleurs aériens, qui peuvent toucher plus de 200.000 euros par an, a été très mal perçue dans le pays, alors que le trafic reprend peu à peu.
Sur le site du Figaro, ce blogueur, malgré ses confusions, nous permet de toucher du doigt la réalité de la manip (c’est vraiment dommage que les camarades d’Alarme à Barcelone, ne fassent pas l’effort de nous envoyer à tous un simple communiqué ou une analyse plus précise) :
« José Monerris : Et pourtant, le Gouvernement socialiste espagnol n'a pas bougé le petit doigt pour empêcher la grève sauvage qui a paralysé le métro de Madrid il y a quelques mois. Pourquoi? Parce que le gouvernement régional de Madrid est de droite et parce que l'appel à la grève avait été fait à l'occasion para les deux grands syndicats dits « de classe » : UGT (socialiste) et CCOO (communiste). Par contre, le syndicat des contrôleurs est un petit, quoique puissant, syndicat professionnel, pas de classe. Non, les socialistes espagnols n'ont pas besoin de courage pour déclarer l'état d'alarme, c'est dans sa nature le recours à mesures exceptionnelles et le mépris de la loi et des principes démocratiques : les amis de Zapatero sont Hugo Chávez, Evo Morales, Fidel Castro et Mohamed VI et je suis convaincu de que si Zapatero pouvait le faire, il gouvernerait comme eux. Alors donc, c'est très facile applaudir la décision du Gouvernement espagnol, je le comprends : les citoyens en avons assez de toutes ces grèves sauvages et de tous ceux travailleurs qui ne tiennent plus qu'à leurs intérêts particuliers, nous réclamons de nos politiciens des gestes comme celui-là. Mais il ne faut pas oublier que le Gouvernement de Zapatero ne fait rien sans tenir compte de ses intérêts électoraux à court terme. Il pouvait avoir empêché la grève et il ne l'a pas fait. Par contre, il en a profité pour proclamer des mesures d'exception auxquelles ni Franco faisait appel. Non, il ne faut pas l'oublier ».Ce citoyen, du genre brave électeur de droite bien pensant nous a permis d’approcher de la nature de la manip, merci à lui. Les autres blogueurs s’étripaient évidemment sur les « salaires indécents » des aiguilleurs et leur « sauvagerie » (pensez : la clientèle bourgeoise coincée subitement dans les hangars des aéroports comme de vulgaires sans papier en attente du charter de renvoi). Le gouvernement espagnol a monté sa provocation sur un secteur au faible nombre d’employés mais avec un max de répercussion, une centaine de grévistes emmenés par un sous-syndicat de merde, résumé du Figaro… 3 jours après les radios : « Deux tiers des contrôleurs aériens ont repris le travail après que le gouvernement espagnol a décrété ce samedi l'état d'alerte. Le ministre des Transports prévoit un retour à la normal du trafic dans 24 à 48 heures (du cousu main...jlR).
Les premiers vols au départ des aéroports espagnols ont décollé samedi en fin d'après midi après presque 24 heures d'une grève sauvage des contrôleurs aériens qui a bloqué des centaines de milliers de passagers au sol à l'aube d'un grand week-end férié en Espagne. Les deux tiers des contrôleurs aériens espagnols, en grève depuis vendredi soir, ont désormais regagné leurs postes, soit 109 sur 159 grévistes, permettant la réouverture total de l'espace aérien. Le ministre des Transport s José Blanco, ne prévoit cependant pas de retour à la normale du trafic avant 24 à 48 heures. Les grandes compagnies étrangères - Air France, KLM, EasyJet, RyanAir ...- ainsi que la compagnie nationale Iberia ayant annoncé l'annulation de tous leurs vols jusqu'à dimanche ».
Remontons légèrement en arrière toujours avec notre principal journal gouvernemental français : « Le Gouvernement espagnol s'était réuni ce matin (samedi) pour décider des suites à donner à la grève des contrôleurs aériens qui paralysait le pays, et avait décrété l'état d'urgence. Une décision lourde de conséquences. En vertu de ce décret, les contrôleurs aériens peuvent être mobilisés et les grévistes sont passibles de sanctions pénales, pouvant aller jusqu'à la prison. Cette décision signifie «que les contrôleurs sont convoqués à leur poste de travail et dans le cas contraire, ils seraient en situation de délit de désobéissance prévu par le code pénal militaire», a expliqué le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba. C'est la première fois que le gouvernement prenait une telle mesure depuis la mort du général Franco en 1975. Vendredi, le gouvernement avait déjà confié à l'armée la responsabilité d'assurer le contrôle aérien. Sans succès, l'espace aérien étant resté fermé ». Or Le Figaro ment à retardement, c’est dès vendredi soir à la radio qu’on entendit ceci en résumé : « la grève sauvage des aiguilleurs du ciel fait l’objet d’une mise en garde par le gouvernement socialiste de M.Zappatero, les grévistes risquent la prison et des aiguilleurs militaires seront expédiés à leur place car ils mettent en danger une économie du pays déjà fragilisée par la crise ». En gros, une centaine de Cantona était ensuite livrée à la curée publique : « des salauds qui touchent 2500 euros par mois ! ».
Les commentaires du site de TF1 vous aideront à comprendre vous-mêmes le haut niveau de manip (je ne vais pas tout le temps vous mâcher le travail chers lecteurs surtout que vous êtes trop fainéants pour m’enrichir de vos commentaires) :
« Ils gagnent plus que le chef du gouvernement!": les Espagnols (lesquels ? hi hi) étaient choqués après le blocage monstre des aéroports provoqué ce week-end par la grève sauvage des contrôleurs aériens, vus comme des "privilégiés" avec leurs salaires moyens de 200.000 euros par an. Le conflit entre le gouvernement et les contrôleurs, larvé depuis des années, est sorti au grand jour en début d'année: le ministre des Transports José Blanco avait alors voulu mettre fin aux "avantages incompréhensibles" - selon son expression - dont ils bénéficiaient. Selon son ministère, il y a en Espagne 2.300 contrôleurs aériens, dont 135 gagnaient alors plus de 600.000 euros par an et 713 entre 360.000 et 540.000 euros, bien plus que leurs collègues européens, grâce à un système avantageux d'heures supplémentaires. "Il n'est pas tolérable qu'une entreprise publique donne des salaires de millionnaires à ses employés", avait affirmé M. Blanco.
Un décret, en février, a plafonné les heures supplémentaires et en a limité la rémunération, qui était avant le triple d'une heure normale. Vendredi, le gouvernement a encore baissé le plafond d'heures et mis fin à leur départ en pré-retraite à 52 ans, dans le cadre de la privatisation partielle de l'organisme de gestion aéroportuaire Aena. Au final, les contrôleurs sont passés d'un salaire annuel moyen de 334.000 euros à 200.000 euros. De quoi faire grincer des dents dans un pays durement touché par la crise, avec un taux de chômage autour de 20%. "Ce n'est pas juste qu'ils demandent des augmentations de salaire alors qu'il y a tant de gens au chômage, et ce sont des privilégiés", estimait samedi Nouria Sanchez, 31 ans, bloquée à Madrid-Barajas car son vol avait été annulé. »
300.000 passagers bourgeois coincés (oh choking !)
« En comparaison, José Luis Rodriguez Zapatero, qui a réduit son salaire de 15% dans le cadre du plan d'austérité, ne touchera en 2010 que 78.000 euros. Les salaires des fonctionnaires ont baissé pour la même raison de 5% en moyenne. Le revenu moyen espagnol est lui de 21.500 euros bruts, moitié moins qu'au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne, selon une étude d'Adecco et de l'IESE Business School. Les contrôleurs avaient choisi pour bloquer les aéroports le Puente de la Constitucion, plus long pont de l'année avec cinq jours de congés d'affilée. Beaucoup d'Espagnols avaient prévu des vacances à cette occasion. Ils ont été 300.000 coincés dans les aéroports, selon Aena.
"Nous n'allons pas permettre ce chantage qui prend les citoyens en otages", s'est énervé vendredi José Blanco. La presse, aussi, était irritée: "avec cette attitude, les contrôleurs perdent la raison et la bataille de l'opinion publique", écrivait El Pais (centre-gauche). La Vanguardia (centre-droit) parlait d'une "extorsion intolérable" et ABC (droite) se moquait de ces "malades imaginaires". Sur internet, la radio Cadena Ser montrait une photo d'un repas samedi entre plusieurs contrôleurs, avec ce titre rageur: "les responsables du chaos boivent un coup à Madrid", tandis que sur Facebook, des groupes réclamaient leur renvoi, avec au total plus de 10.000 membres. Plusieurs contrôleurs, interrogés par El Pais, ont tenté de se défendre: "nous voulons seulement défendre nos droits", a dit l'un d'eux. "Nous aussi nous sommes des victimes", ajoutait un autre: "on nous montre comme les méchants du film (mais) la faute revient au gouvernement". Une troisième a dit demander "un million de fois pardon" aux voyageurs dérangés ».
Gageons que tous nos excités anars ultra-gauches, les maximalistes infantiles et Henri Simon vont saluer une superbe « grève sauvage » cassée par un gouvernement «socialiste »… passant à côté de l’analyse de la manip destinée à faire passer le message subliminal inter-national : « il faut sauver l’économie nationale de notre pays »… dans chaque pays… Du Chavez au second degré comme disait notre blogueur espagnol invité !
La deuxième, le gouvernement bourgeois espagnol (dit « socialiste ») était obligé de frapper un grand coup et vite contrairement à son homologue français qui avait pu faire traîner en longueur une pseudo lutte pour la défense des retraites, où ce n’est que la clientèle habituelle du syndicalisme (+ une masse énorme de retraités qui ne risquaient pas de « déborder de colère » la mafieuse obscure intersyndicale) qui a été tranquillement menée dans les bras parlementaires pour une défaite annoncée, qui a servi surtout à déprimer la classe ouvrière internationale, pleine d’espoirs pour un faux combat made in France (en ce sens, le Cci se plante en titrant son supplément « comment lutter ? », alors qu’il eût fallu titrer : « comment ne pas lutter » et bien préciser qu’on ne pouvait pas identifier l’ensemble de la classe à moins d’un million d’affidés planqués des syndicats psalmodiant des conneries dans la rue).
Le coup de semonce du gouvernement espagnol a aussi valeur de symbole pour déprimer un peu plus le prolétariat universel. A la manifestation sans colonne vertébrale prolétarienne en France, présentée comme une défaite des « ouvriers en cravates » au niveau mondial, il fallait aussi ridiculiser la « grève sauvage », mais avec la dimension « sauver l’économie nationale » ; l’idéologie patriotique fût au cœur également des salades de l’aristocratie syndicale en France, il suffisait de parcourir les blogs pour voir combien les « solutions nationales » de messieurs Montebourg, Mélenchon et Besancenot, étaient prisées, et ma dénonciation de ces prétentions nationalistes était ridiculisée comme « utopique ».
"L'Espagne "choquée" par la grève des contrôleurs aériens, des "privilégiés"(TF1)
le 05 décembre 2010 à 10h20, mis à jour le 05 décembre 2010 à 10:29
La grève des contrôleurs aériens, qui peuvent toucher plus de 200.000 euros par an, a été très mal perçue dans le pays, alors que le trafic reprend peu à peu.
Sur le site du Figaro, ce blogueur, malgré ses confusions, nous permet de toucher du doigt la réalité de la manip (c’est vraiment dommage que les camarades d’Alarme à Barcelone, ne fassent pas l’effort de nous envoyer à tous un simple communiqué ou une analyse plus précise) :
« José Monerris : Et pourtant, le Gouvernement socialiste espagnol n'a pas bougé le petit doigt pour empêcher la grève sauvage qui a paralysé le métro de Madrid il y a quelques mois. Pourquoi? Parce que le gouvernement régional de Madrid est de droite et parce que l'appel à la grève avait été fait à l'occasion para les deux grands syndicats dits « de classe » : UGT (socialiste) et CCOO (communiste). Par contre, le syndicat des contrôleurs est un petit, quoique puissant, syndicat professionnel, pas de classe. Non, les socialistes espagnols n'ont pas besoin de courage pour déclarer l'état d'alarme, c'est dans sa nature le recours à mesures exceptionnelles et le mépris de la loi et des principes démocratiques : les amis de Zapatero sont Hugo Chávez, Evo Morales, Fidel Castro et Mohamed VI et je suis convaincu de que si Zapatero pouvait le faire, il gouvernerait comme eux. Alors donc, c'est très facile applaudir la décision du Gouvernement espagnol, je le comprends : les citoyens en avons assez de toutes ces grèves sauvages et de tous ceux travailleurs qui ne tiennent plus qu'à leurs intérêts particuliers, nous réclamons de nos politiciens des gestes comme celui-là. Mais il ne faut pas oublier que le Gouvernement de Zapatero ne fait rien sans tenir compte de ses intérêts électoraux à court terme. Il pouvait avoir empêché la grève et il ne l'a pas fait. Par contre, il en a profité pour proclamer des mesures d'exception auxquelles ni Franco faisait appel. Non, il ne faut pas l'oublier ».Ce citoyen, du genre brave électeur de droite bien pensant nous a permis d’approcher de la nature de la manip, merci à lui. Les autres blogueurs s’étripaient évidemment sur les « salaires indécents » des aiguilleurs et leur « sauvagerie » (pensez : la clientèle bourgeoise coincée subitement dans les hangars des aéroports comme de vulgaires sans papier en attente du charter de renvoi). Le gouvernement espagnol a monté sa provocation sur un secteur au faible nombre d’employés mais avec un max de répercussion, une centaine de grévistes emmenés par un sous-syndicat de merde, résumé du Figaro… 3 jours après les radios : « Deux tiers des contrôleurs aériens ont repris le travail après que le gouvernement espagnol a décrété ce samedi l'état d'alerte. Le ministre des Transports prévoit un retour à la normal du trafic dans 24 à 48 heures (du cousu main...jlR).
Les premiers vols au départ des aéroports espagnols ont décollé samedi en fin d'après midi après presque 24 heures d'une grève sauvage des contrôleurs aériens qui a bloqué des centaines de milliers de passagers au sol à l'aube d'un grand week-end férié en Espagne. Les deux tiers des contrôleurs aériens espagnols, en grève depuis vendredi soir, ont désormais regagné leurs postes, soit 109 sur 159 grévistes, permettant la réouverture total de l'espace aérien. Le ministre des Transport s José Blanco, ne prévoit cependant pas de retour à la normale du trafic avant 24 à 48 heures. Les grandes compagnies étrangères - Air France, KLM, EasyJet, RyanAir ...- ainsi que la compagnie nationale Iberia ayant annoncé l'annulation de tous leurs vols jusqu'à dimanche ».
Remontons légèrement en arrière toujours avec notre principal journal gouvernemental français : « Le Gouvernement espagnol s'était réuni ce matin (samedi) pour décider des suites à donner à la grève des contrôleurs aériens qui paralysait le pays, et avait décrété l'état d'urgence. Une décision lourde de conséquences. En vertu de ce décret, les contrôleurs aériens peuvent être mobilisés et les grévistes sont passibles de sanctions pénales, pouvant aller jusqu'à la prison. Cette décision signifie «que les contrôleurs sont convoqués à leur poste de travail et dans le cas contraire, ils seraient en situation de délit de désobéissance prévu par le code pénal militaire», a expliqué le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba. C'est la première fois que le gouvernement prenait une telle mesure depuis la mort du général Franco en 1975. Vendredi, le gouvernement avait déjà confié à l'armée la responsabilité d'assurer le contrôle aérien. Sans succès, l'espace aérien étant resté fermé ». Or Le Figaro ment à retardement, c’est dès vendredi soir à la radio qu’on entendit ceci en résumé : « la grève sauvage des aiguilleurs du ciel fait l’objet d’une mise en garde par le gouvernement socialiste de M.Zappatero, les grévistes risquent la prison et des aiguilleurs militaires seront expédiés à leur place car ils mettent en danger une économie du pays déjà fragilisée par la crise ». En gros, une centaine de Cantona était ensuite livrée à la curée publique : « des salauds qui touchent 2500 euros par mois ! ».
Les commentaires du site de TF1 vous aideront à comprendre vous-mêmes le haut niveau de manip (je ne vais pas tout le temps vous mâcher le travail chers lecteurs surtout que vous êtes trop fainéants pour m’enrichir de vos commentaires) :
« Ils gagnent plus que le chef du gouvernement!": les Espagnols (lesquels ? hi hi) étaient choqués après le blocage monstre des aéroports provoqué ce week-end par la grève sauvage des contrôleurs aériens, vus comme des "privilégiés" avec leurs salaires moyens de 200.000 euros par an. Le conflit entre le gouvernement et les contrôleurs, larvé depuis des années, est sorti au grand jour en début d'année: le ministre des Transports José Blanco avait alors voulu mettre fin aux "avantages incompréhensibles" - selon son expression - dont ils bénéficiaient. Selon son ministère, il y a en Espagne 2.300 contrôleurs aériens, dont 135 gagnaient alors plus de 600.000 euros par an et 713 entre 360.000 et 540.000 euros, bien plus que leurs collègues européens, grâce à un système avantageux d'heures supplémentaires. "Il n'est pas tolérable qu'une entreprise publique donne des salaires de millionnaires à ses employés", avait affirmé M. Blanco.
Un décret, en février, a plafonné les heures supplémentaires et en a limité la rémunération, qui était avant le triple d'une heure normale. Vendredi, le gouvernement a encore baissé le plafond d'heures et mis fin à leur départ en pré-retraite à 52 ans, dans le cadre de la privatisation partielle de l'organisme de gestion aéroportuaire Aena. Au final, les contrôleurs sont passés d'un salaire annuel moyen de 334.000 euros à 200.000 euros. De quoi faire grincer des dents dans un pays durement touché par la crise, avec un taux de chômage autour de 20%. "Ce n'est pas juste qu'ils demandent des augmentations de salaire alors qu'il y a tant de gens au chômage, et ce sont des privilégiés", estimait samedi Nouria Sanchez, 31 ans, bloquée à Madrid-Barajas car son vol avait été annulé. »
300.000 passagers bourgeois coincés (oh choking !)
« En comparaison, José Luis Rodriguez Zapatero, qui a réduit son salaire de 15% dans le cadre du plan d'austérité, ne touchera en 2010 que 78.000 euros. Les salaires des fonctionnaires ont baissé pour la même raison de 5% en moyenne. Le revenu moyen espagnol est lui de 21.500 euros bruts, moitié moins qu'au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne, selon une étude d'Adecco et de l'IESE Business School. Les contrôleurs avaient choisi pour bloquer les aéroports le Puente de la Constitucion, plus long pont de l'année avec cinq jours de congés d'affilée. Beaucoup d'Espagnols avaient prévu des vacances à cette occasion. Ils ont été 300.000 coincés dans les aéroports, selon Aena.
"Nous n'allons pas permettre ce chantage qui prend les citoyens en otages", s'est énervé vendredi José Blanco. La presse, aussi, était irritée: "avec cette attitude, les contrôleurs perdent la raison et la bataille de l'opinion publique", écrivait El Pais (centre-gauche). La Vanguardia (centre-droit) parlait d'une "extorsion intolérable" et ABC (droite) se moquait de ces "malades imaginaires". Sur internet, la radio Cadena Ser montrait une photo d'un repas samedi entre plusieurs contrôleurs, avec ce titre rageur: "les responsables du chaos boivent un coup à Madrid", tandis que sur Facebook, des groupes réclamaient leur renvoi, avec au total plus de 10.000 membres. Plusieurs contrôleurs, interrogés par El Pais, ont tenté de se défendre: "nous voulons seulement défendre nos droits", a dit l'un d'eux. "Nous aussi nous sommes des victimes", ajoutait un autre: "on nous montre comme les méchants du film (mais) la faute revient au gouvernement". Une troisième a dit demander "un million de fois pardon" aux voyageurs dérangés ».
Gageons que tous nos excités anars ultra-gauches, les maximalistes infantiles et Henri Simon vont saluer une superbe « grève sauvage » cassée par un gouvernement «socialiste »… passant à côté de l’analyse de la manip destinée à faire passer le message subliminal inter-national : « il faut sauver l’économie nationale de notre pays »… dans chaque pays… Du Chavez au second degré comme disait notre blogueur espagnol invité !
samedi 4 décembre 2010
MENACE DE MORT
J'ai publié hier sur Le Post un texte pour une pétition proposant non pas de tuer Nicolas Sarkozy mais de supprimer le doublon friqué du pouvoir d'Etat: la présidence de la république, ainsi que le Sénat inutile. Cette initiative était pour moi un exercice de style mi-humoristique mi-démagogique de type "réformiste" car je ne crois nullement que le système démocratique bourgeois soit amendable, avec un seul commandant à bord, fut-il simple Premier ministre. Curieuse époque où même une simple proposition réformiste peut entraîner une menace de mort de la part d'individus masqués et lâches.
Comme première réaction j'ai eu ceci: "pétition pour la suppression de Monsieur Pierre Hempel" par un certain "allwynn" qui en sus a refourgué mon adresse.
Il y a eu d'étranges cambriolages ces temps-ci dans certaines rédactions, un peu trop facilement oubliés avec le dernier cambriolage présenté comme rocambolesque de Mme Royal. Je ne suis ni quelqu'un d'important ni un ami du pouvoir, je ne renierai jamais mes idées politiques (marxistes) ni mon action de pamphlétaire, mais on peut s'interroger sur toute une série de menaces contre les uns et les autres qui me font déduire que la "dictature sarkozyste" est aux abois, et envoie ses sbires de l'ombre et autres "snipers blogueurs" pour impressionner(comme d'ailleurs au niveau international Julian Assange a reçu aussi des menaces de mort, et Cantona?).
Voici le texte de la pétition:
En vue de 2012 : PETITION POUR LA SUPPRESSION DU POSTE DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Considérant que l’actuel Président de la République est l’homme qui a le plus ridiculisé cette fonction, créée en 1848, modifiée au suffrage direct par le Général De Gaulle en 1962, et ramenée à une vulgaire villégiature régalienne,
Considérant que l’opposition de gauche, divisée en petits marquis piaffant d’occuper la fonction, n’est ni apte à proposer un programme de rechange et dans un état de déliquescence propre à faire réélire en 2012 ce M.Sarkozy, même si celui-ci continue à tomber en dessous de 24% d’opinion favorable dans les sondages,
Considérant que la plupart des pays évolués, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Espagne, Pays-Bas, Japon, et même les Etats-Unis d’Amérique dont l’actuel président M.Obama joue le rôle de Premier ministre sans avoir besoin d’un président, le territoire français gagnerait à supprimer un doublon extrêmement lourd pour les finances de l’Etat ; qu’on en juge Sarkozy est peut-être pour les diplomates US un « empereur sans vêtements », mais pour le peuple des travailleurs il n’est qu’un roitelet qui s’enrichit et se nourrit surtout sur leur dos :
- Sous la présidence de M.Sarkozy depuis 2007 le budget de l’Elysée est passé à 100 millions d’euros ; pour mémoire il était de 2,35 sous Pompidou en 1969, et de 31,9 sous Jacques Chirac en 2005 ;
- Le salaire de ce doublon du 1er ministre était porté en 2007 à 101 488 euros, sans compter diverses indemnités de fonction, de multiples résidences secondaires, et un parc automobile de 53 véhicules, une dizaine d’avions, 7 scooters et trois hélicoptères super-puma ;
- L’Elysée n’est pas une petite PME mais un lourd appareil oligarchique parasitaire de la nation, qui emploie un millier de personnes, dont de nombreux conseillers qui devraient relever, de par leur fonction honorifique, du délit d’emplois fictifs ;
- L’élection présidentielle représente un coût faramineux, sans compter les centaines de millions d’euros d’origine opaque pour départager les candidats indépendamment du vote des individus dispersés, cette gigantesque comédie dispendieuse pourrait être réduite à moindre frais par une simple élection par référendum du seul Premier ministre.
Pour alléger les charges inutiles et honteuses de l’Etat, et cesser d’être la risée du monde entier, la population française peut par cette réclamation de la dissolution d’un poste coûteux et inutile, supprimer également le Sénat, enceinte doublon également inutile et parasitaire.
Je souscris aux remarques ci-dessus et ma signature vaut accord.
Date : Signature :
Imprimer cette pétition, puis l’envoyer à:
Pierre Hempel 67 rue Henri Ginoux 92120 Montrouge
Comme première réaction j'ai eu ceci: "pétition pour la suppression de Monsieur Pierre Hempel" par un certain "allwynn" qui en sus a refourgué mon adresse.
Il y a eu d'étranges cambriolages ces temps-ci dans certaines rédactions, un peu trop facilement oubliés avec le dernier cambriolage présenté comme rocambolesque de Mme Royal. Je ne suis ni quelqu'un d'important ni un ami du pouvoir, je ne renierai jamais mes idées politiques (marxistes) ni mon action de pamphlétaire, mais on peut s'interroger sur toute une série de menaces contre les uns et les autres qui me font déduire que la "dictature sarkozyste" est aux abois, et envoie ses sbires de l'ombre et autres "snipers blogueurs" pour impressionner(comme d'ailleurs au niveau international Julian Assange a reçu aussi des menaces de mort, et Cantona?).
Voici le texte de la pétition:
En vue de 2012 : PETITION POUR LA SUPPRESSION DU POSTE DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Considérant que l’actuel Président de la République est l’homme qui a le plus ridiculisé cette fonction, créée en 1848, modifiée au suffrage direct par le Général De Gaulle en 1962, et ramenée à une vulgaire villégiature régalienne,
Considérant que l’opposition de gauche, divisée en petits marquis piaffant d’occuper la fonction, n’est ni apte à proposer un programme de rechange et dans un état de déliquescence propre à faire réélire en 2012 ce M.Sarkozy, même si celui-ci continue à tomber en dessous de 24% d’opinion favorable dans les sondages,
Considérant que la plupart des pays évolués, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Espagne, Pays-Bas, Japon, et même les Etats-Unis d’Amérique dont l’actuel président M.Obama joue le rôle de Premier ministre sans avoir besoin d’un président, le territoire français gagnerait à supprimer un doublon extrêmement lourd pour les finances de l’Etat ; qu’on en juge Sarkozy est peut-être pour les diplomates US un « empereur sans vêtements », mais pour le peuple des travailleurs il n’est qu’un roitelet qui s’enrichit et se nourrit surtout sur leur dos :
- Sous la présidence de M.Sarkozy depuis 2007 le budget de l’Elysée est passé à 100 millions d’euros ; pour mémoire il était de 2,35 sous Pompidou en 1969, et de 31,9 sous Jacques Chirac en 2005 ;
- Le salaire de ce doublon du 1er ministre était porté en 2007 à 101 488 euros, sans compter diverses indemnités de fonction, de multiples résidences secondaires, et un parc automobile de 53 véhicules, une dizaine d’avions, 7 scooters et trois hélicoptères super-puma ;
- L’Elysée n’est pas une petite PME mais un lourd appareil oligarchique parasitaire de la nation, qui emploie un millier de personnes, dont de nombreux conseillers qui devraient relever, de par leur fonction honorifique, du délit d’emplois fictifs ;
- L’élection présidentielle représente un coût faramineux, sans compter les centaines de millions d’euros d’origine opaque pour départager les candidats indépendamment du vote des individus dispersés, cette gigantesque comédie dispendieuse pourrait être réduite à moindre frais par une simple élection par référendum du seul Premier ministre.
Pour alléger les charges inutiles et honteuses de l’Etat, et cesser d’être la risée du monde entier, la population française peut par cette réclamation de la dissolution d’un poste coûteux et inutile, supprimer également le Sénat, enceinte doublon également inutile et parasitaire.
Je souscris aux remarques ci-dessus et ma signature vaut accord.
Date : Signature :
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Pierre Hempel 67 rue Henri Ginoux 92120 Montrouge
jeudi 2 décembre 2010
LES RAISONS DU SUCCES DE CANTONA
La ministre de l'Economie Christine Lagarde était hagarde en voyant le buzz provoqué par la « révolution Cantona ». Elle fit donc la remontrance publiquement à Eric Cantona, qui suggère aux particuliers de retirer leur argent des banques pour faire s'écrouler le système, « Il ne devrait pas jouer à l'économiste, chacun son métier», commença-t-elle par morigéner, avant de tacler l’artiste du ballon rond :
«Je ne me risque pas à jouer au football et Eric Cantona devrait éviter de jouer à l'économiste». Lors d'une conférence de presse, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, alternant flatteries et mépris oligarchique, porta un deuxième tacle non sifflé par l’arbitre : «Je crois que quelqu'un qui est un grand footballeur ou un grand acteur de cinéma doit se garder d'intervenir dans le domaine financier, économique, surtout quand il n'en maîtrise pas les mécanismes», a tranché la ministre, après quatre jours de silence. En gros, la groupie de l’arbitre Sarkozy a dit : « ferme ta gueule Cantona, t’as le droit de taper dans le ballon comme les fils de prolos déshérités de banlieue mais ne te mêle pas de politique ! ». Du coup, nous les sans-grades, les pue-la-sueur, on s’est dit que la dame se fichait aussi de nous parce qu’on n’y connaît rien à l’économie mais suffisamment pour savoir que les banques nous roulent et que le gouvernement a fait passer sa loi contre les retraites des prolétaires. Et on aurait eu presqu’envie de suivre Cantona… comme on avait suivi les syndicats, sans lendemain !
C’est un fait que l’incursion du sombre footballeur adulé dans les quartiers ouvriers de Manchester passionne plus les prolétaires en France que les révélations de Wikileaks. Cantona continue d’ailleurs à faire le buzz (mon article de réponse précédent a été lu par 8500 personnes); des dizaines de milliers de personnes discutent depuis plusieurs jours sa « provocation » à ministre financière dans l’exercice de ses fonctions et crée l’événement sur facebook et Le Post. Malgré le caractère limité, franchouillard et sans perspective du précepte de Cantona, on peut lui être reconnaissant d’ouvrir une écoutille pour laisser s’exprimer le désarroi qui persiste en France après l’échec d’une défaite planifiée par syndicats et gouvernement sur les retraites (l’oubli est un élément du pouvoir : tout le monde a oublié la gaffe de Sarkozy en Janvier : « l’affaire sera pliée d’ici l’été… euh d’ici la fin d’année »).
Cantona a fait le buzz parce qu’il n’y a eu aucun bilan de la panade syndicale sur les retraites. Ou plutôt il y a eu deux ou trois bilans non répercutés par les médias, sur mon blog, sur le site de Robert Paris, un numéro spécial de « Révolution Internationale », ou sur celui de la CGT Goodyear Amiens qui demandait (sans rire) aux appareils de l’Etat de se ressaisir pour revenir aux fondements (défunts) du syndicalisme !
« La CGT Goodyear avait en septembre 2010 écrit au secrétaire général de la CGT, mais cette fois-ci nous estimons que la responsabilité de l’échec (car il faut parler d’échec) de la lutte contre la réforme des retraites est clairement le fait d’une stratégie qui dès le départ à donné le tempo d’une lutte volontairement molle !!!! (…) Vous ne mesurez pas l’impact négatif de cette lutte perdue d’avance du fait de vos positions confédérales, des milliers de salariés ont une impression légitime d’avoir été trahis, le gouvernement peut se contenter de cette situation, même si dans beaucoup d’endroit la colère couve et s’exprimera tôt ou tard, pourquoi ne pas avoir appelé à une grève reconductible interprofessionnelle le premier jour, en moins de 5 jours le gouvernement aurait plié, blocage des zones industrielles, des poumons économiques de notre pays, dès le premier jour et là, nous aurions gagné, c’est une certitude !!!! ».
La proposition de Cantona est bien faite pour plaire à ces syndicalistes et aux gauchistes qui ont joué le rôle de rabatteurs des manifs pépères pendant dix mois, comme s’en sont félicités les O.Besancenot et C .Autain. Où sont les stridents appels à la « Grèève Générâââle » et autre « Grève Interprofessionnelle jusqu’au retrait du projet du gouvernement » du genre de l’intersyndicale FO-Solidaires-FSU de Loire Atlantique qui n’acceptait pas « cette nouvelle dégradation pour toute la classe ouvrière au moment où le gouvernement arrose les banques et les spéculateurs à tout va, de plusieurs centaines de milliards d’euros …». Les frères siamois syndicaux ont disparu du paysage odieux-visuel. Pour la bourgeoisie, seul le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon, a dressé un bilan "contrasté" de la mobilisation contre la réforme des retraites : « Mais il (le bilan) est exceptionnel par le témoignage de solidarité entre les Français du public et du privé, entre jeunes et moins jeunes durant les cinq mois où les gens sont descendus dans la rue », « Le soutien dans l'opinion ne s'est jamais "démenti" », a-t-il ajouté, ce qui nous a fait une belle jambe.
Après la félonie des syndicats et de leurs exécutants de base, faut-il attendre celle de Cantona ?
Personne n’y a fait attention, mais Cantona a dit deux bêtises dans la présentation de son précepte pour « faire tomber le système ». Il a déclaré « les syndicats font ce qu’ils peuvent », non, « L’intersyndicale a mené la lutte dans le mur » (titre d’un excellent article-bilan de l’historien Robert Paris sur le site Matière et révolution du 27 octobre). Cantona a déclaré aussi que les manifestations ne servaient plus à rien. Cela aussi est faux, bien que repris naïvement par nombre d’internautes. Les manifestations sont toujours nécessaires mais encore faut-il qu’elles soient décidées par les travailleurs eux-mêmes avec un but précis et pas par une intersyndicale obscure, qui s’éclipse sans gêne fin novembre sans rendre des comptes à qui que ce soit.
Les enthousiastes de l’action anti-banque de Cantona tombent dans la même logique des mois de balades syndicales inutiles. Ils attendent le 7 décembre comme ils attendirent chaque annonce de la prochaine JA syndicale sans réfléchir que l’intersyndicale gouvernementale menait dans le mur. Et le 8, ils attendront une nouvelle consigne de Cantona : brûler les billets retirés de la banque par exemple ?
Le désarroi non des « français » mais de la masse des prolétaires conviés à un travail morne et sans fin est perceptible derrière l’engouement pour la proposition farfelue de Cantona. Ce désarroi n’est pas méprisable contrairement à la proposition farfelue qui relève de l’action individuelle et atomisée « interclassiste », donc inefficace. Les élections sont truquées, ce ne sont que bourgeois ou bourgeoises qui se font élire. Les syndicats ne mènent qu'à des défaites successives. Que reste-t-il à faire? La révolution? Impossible faut payer avant ses dettes aux agioteurs des banques, truands protégés par la loi. Risquer de faire couler le sang inutilement pour retomber dans pire ? Conclusion de milliers de prolétaires anonymes et de bobos militants : il faudrait défiler derrière un footballeur qui a ergoté comme Mesrine qu’il faut frapper au porte-monnaie, prendre l'argent où il est, vider donc les banques. Et après? on verra bien. Désarroi et attente du Grand émoi.
Patience ! Tous les économistes reconnaissent que ce système va s'effondrer! Le système bancaire monétaire est en train de crever, et pas seulement l’euro. Il faut tout changer, c’est la planète qui court à sa perte en laissant de jours en jours de + en + de prolétaires dans la misère.
Depuis le début de la semaine, la panique a discrètement gagné les marchés européens, n’avez-vous pas remarqué que depuis 2009 les médias ont mis un bémol aux humeurs trop intempestives sur la gravité redoublée de la crise systémique ? Les taux auxquels les pays parviennent à emprunter de l’argent sont de plus en plus élevés en Espagne, en Italie, au Portugal, et même en Belgique et en France. Dans la péninsule ibérique, ils atteignent des records jamais connus depuis la création de l’euro en 1999. Un futur Fonds de soutien permanent aux pays en crise, est appelé à voir le jour mi-2013, en remplacement du mécanisme actuel, temporaire, mais certains exigent qu’il soit avancé d’urgence… Ne vous inquiétez pas, c’est pas Cantona qui va faire écrouler le système bancaire, sa faillite est déjà là, et nous n’aurons qu’à pousser un tout petit peu pour l’aider à s’effondrer vraiment, sans faire la queue à la banque ou au pole emploi.
«Je ne me risque pas à jouer au football et Eric Cantona devrait éviter de jouer à l'économiste». Lors d'une conférence de presse, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, alternant flatteries et mépris oligarchique, porta un deuxième tacle non sifflé par l’arbitre : «Je crois que quelqu'un qui est un grand footballeur ou un grand acteur de cinéma doit se garder d'intervenir dans le domaine financier, économique, surtout quand il n'en maîtrise pas les mécanismes», a tranché la ministre, après quatre jours de silence. En gros, la groupie de l’arbitre Sarkozy a dit : « ferme ta gueule Cantona, t’as le droit de taper dans le ballon comme les fils de prolos déshérités de banlieue mais ne te mêle pas de politique ! ». Du coup, nous les sans-grades, les pue-la-sueur, on s’est dit que la dame se fichait aussi de nous parce qu’on n’y connaît rien à l’économie mais suffisamment pour savoir que les banques nous roulent et que le gouvernement a fait passer sa loi contre les retraites des prolétaires. Et on aurait eu presqu’envie de suivre Cantona… comme on avait suivi les syndicats, sans lendemain !
C’est un fait que l’incursion du sombre footballeur adulé dans les quartiers ouvriers de Manchester passionne plus les prolétaires en France que les révélations de Wikileaks. Cantona continue d’ailleurs à faire le buzz (mon article de réponse précédent a été lu par 8500 personnes); des dizaines de milliers de personnes discutent depuis plusieurs jours sa « provocation » à ministre financière dans l’exercice de ses fonctions et crée l’événement sur facebook et Le Post. Malgré le caractère limité, franchouillard et sans perspective du précepte de Cantona, on peut lui être reconnaissant d’ouvrir une écoutille pour laisser s’exprimer le désarroi qui persiste en France après l’échec d’une défaite planifiée par syndicats et gouvernement sur les retraites (l’oubli est un élément du pouvoir : tout le monde a oublié la gaffe de Sarkozy en Janvier : « l’affaire sera pliée d’ici l’été… euh d’ici la fin d’année »).
Cantona a fait le buzz parce qu’il n’y a eu aucun bilan de la panade syndicale sur les retraites. Ou plutôt il y a eu deux ou trois bilans non répercutés par les médias, sur mon blog, sur le site de Robert Paris, un numéro spécial de « Révolution Internationale », ou sur celui de la CGT Goodyear Amiens qui demandait (sans rire) aux appareils de l’Etat de se ressaisir pour revenir aux fondements (défunts) du syndicalisme !
« La CGT Goodyear avait en septembre 2010 écrit au secrétaire général de la CGT, mais cette fois-ci nous estimons que la responsabilité de l’échec (car il faut parler d’échec) de la lutte contre la réforme des retraites est clairement le fait d’une stratégie qui dès le départ à donné le tempo d’une lutte volontairement molle !!!! (…) Vous ne mesurez pas l’impact négatif de cette lutte perdue d’avance du fait de vos positions confédérales, des milliers de salariés ont une impression légitime d’avoir été trahis, le gouvernement peut se contenter de cette situation, même si dans beaucoup d’endroit la colère couve et s’exprimera tôt ou tard, pourquoi ne pas avoir appelé à une grève reconductible interprofessionnelle le premier jour, en moins de 5 jours le gouvernement aurait plié, blocage des zones industrielles, des poumons économiques de notre pays, dès le premier jour et là, nous aurions gagné, c’est une certitude !!!! ».
La proposition de Cantona est bien faite pour plaire à ces syndicalistes et aux gauchistes qui ont joué le rôle de rabatteurs des manifs pépères pendant dix mois, comme s’en sont félicités les O.Besancenot et C .Autain. Où sont les stridents appels à la « Grèève Générâââle » et autre « Grève Interprofessionnelle jusqu’au retrait du projet du gouvernement » du genre de l’intersyndicale FO-Solidaires-FSU de Loire Atlantique qui n’acceptait pas « cette nouvelle dégradation pour toute la classe ouvrière au moment où le gouvernement arrose les banques et les spéculateurs à tout va, de plusieurs centaines de milliards d’euros …». Les frères siamois syndicaux ont disparu du paysage odieux-visuel. Pour la bourgeoisie, seul le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon, a dressé un bilan "contrasté" de la mobilisation contre la réforme des retraites : « Mais il (le bilan) est exceptionnel par le témoignage de solidarité entre les Français du public et du privé, entre jeunes et moins jeunes durant les cinq mois où les gens sont descendus dans la rue », « Le soutien dans l'opinion ne s'est jamais "démenti" », a-t-il ajouté, ce qui nous a fait une belle jambe.
Après la félonie des syndicats et de leurs exécutants de base, faut-il attendre celle de Cantona ?
Personne n’y a fait attention, mais Cantona a dit deux bêtises dans la présentation de son précepte pour « faire tomber le système ». Il a déclaré « les syndicats font ce qu’ils peuvent », non, « L’intersyndicale a mené la lutte dans le mur » (titre d’un excellent article-bilan de l’historien Robert Paris sur le site Matière et révolution du 27 octobre). Cantona a déclaré aussi que les manifestations ne servaient plus à rien. Cela aussi est faux, bien que repris naïvement par nombre d’internautes. Les manifestations sont toujours nécessaires mais encore faut-il qu’elles soient décidées par les travailleurs eux-mêmes avec un but précis et pas par une intersyndicale obscure, qui s’éclipse sans gêne fin novembre sans rendre des comptes à qui que ce soit.
Les enthousiastes de l’action anti-banque de Cantona tombent dans la même logique des mois de balades syndicales inutiles. Ils attendent le 7 décembre comme ils attendirent chaque annonce de la prochaine JA syndicale sans réfléchir que l’intersyndicale gouvernementale menait dans le mur. Et le 8, ils attendront une nouvelle consigne de Cantona : brûler les billets retirés de la banque par exemple ?
Le désarroi non des « français » mais de la masse des prolétaires conviés à un travail morne et sans fin est perceptible derrière l’engouement pour la proposition farfelue de Cantona. Ce désarroi n’est pas méprisable contrairement à la proposition farfelue qui relève de l’action individuelle et atomisée « interclassiste », donc inefficace. Les élections sont truquées, ce ne sont que bourgeois ou bourgeoises qui se font élire. Les syndicats ne mènent qu'à des défaites successives. Que reste-t-il à faire? La révolution? Impossible faut payer avant ses dettes aux agioteurs des banques, truands protégés par la loi. Risquer de faire couler le sang inutilement pour retomber dans pire ? Conclusion de milliers de prolétaires anonymes et de bobos militants : il faudrait défiler derrière un footballeur qui a ergoté comme Mesrine qu’il faut frapper au porte-monnaie, prendre l'argent où il est, vider donc les banques. Et après? on verra bien. Désarroi et attente du Grand émoi.
Patience ! Tous les économistes reconnaissent que ce système va s'effondrer! Le système bancaire monétaire est en train de crever, et pas seulement l’euro. Il faut tout changer, c’est la planète qui court à sa perte en laissant de jours en jours de + en + de prolétaires dans la misère.
Depuis le début de la semaine, la panique a discrètement gagné les marchés européens, n’avez-vous pas remarqué que depuis 2009 les médias ont mis un bémol aux humeurs trop intempestives sur la gravité redoublée de la crise systémique ? Les taux auxquels les pays parviennent à emprunter de l’argent sont de plus en plus élevés en Espagne, en Italie, au Portugal, et même en Belgique et en France. Dans la péninsule ibérique, ils atteignent des records jamais connus depuis la création de l’euro en 1999. Un futur Fonds de soutien permanent aux pays en crise, est appelé à voir le jour mi-2013, en remplacement du mécanisme actuel, temporaire, mais certains exigent qu’il soit avancé d’urgence… Ne vous inquiétez pas, c’est pas Cantona qui va faire écrouler le système bancaire, sa faillite est déjà là, et nous n’aurons qu’à pousser un tout petit peu pour l’aider à s’effondrer vraiment, sans faire la queue à la banque ou au pole emploi.
mardi 30 novembre 2010
La grande mystification de wikileaks

Mardi pardi les journalstes de "Soir 3" ne sont pas loin de l'apoplexie, l'affaire des révélations de l'entité WikiLeaks promet "une onde de choc aux conséquences incalculables", suscite un "embarras diplomatique"; le "spécialiste" ombrageux des questions internationales parle vite et sa voix tremble comme toute la diplomatie mondiale. Le grand "spécialiste" Pascal Boniface se demande même comment "protéger les chancelleries". Info ou intox? Du passé faisons table basse.
Après la chute de la Monarchie de Juillet, Alexis de Tocqueville, vedette de la bourgeoisie moderne franco-américaine et de ses intellectuels de gouvernement, est élu à l'Assemblée constituante de 1848. Il est une personnalité éminente du parti de l'Ordre, un parti résolument conservateur. Prenant conscience du poids de la classe ouvrière et de l'émergence du socialisme avec la Révolution de 1848, qu'il considère comme une trahison de la révolution bourgeoise de 1789, il approuvera sans aucune réserve la répression des ouvriers lors des Journées de Juin. Il est membre de la Commission chargée de la rédaction de la constitution. Il y défend surtout les institutions libérales, le bicamérisme (système à deux parlements), l'élection du président de la République au suffrage universel, et la décentralisation. Il est élu à l'Assemblée législative dont il devient vice-président. Hostile à la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence, lui préférant le négrier fusilleur d’ouvriers Cavaignac , il accepte cependant le ministère des Affaires étrangères entre juin et octobre 1849 au sein du deuxième gouvernement Odilon Barrot. Le 12 juin 1849 à Paris Tocqueville refuse la demande de l'extrême gauche de communiquer des pièces diplomatiques relatives au siège de Rome et manifeste à cette occasion sa solidarité avec le ministère.
La rétention des affaires diplomatiques est ancienne. Aucun pouvoir n’accepte de divulguer ses documents au-delà d’un siècle. Serions-nous privilégiés au XXIème siècle avec le site de Monsieur Julien Assange selon qui l'objectif à long terme est que WikiLeaks devienne « l'organe de renseignements le plus puissant au monde ».
WikiLeaks est un site Web de balance d’infos sensationnelles dont la prétention d'être est de donner une audience aux fuites d'information en provenance notamment « des régimes d'oppression en Asie, aux États-Unis, dans l'ancien bloc soviétique, en Afrique et au Moyen-Orient » tout en protégeant ses sources. Le site a été créé en décembre 2006 et dans l'année qui a suivi, il a ajouté 1,2 million de documents à sa base de données grâce à une communauté d'internautes, composée de dissidents chinois, iraniens, de mathématiciens et de technologues d'entreprises Internet des États-Unis, de Taïwan, d’Europe, d’Australie et d’Afrique du Sud et de nombreux anonymes. Le site publie 250 000 notes diplomatiques confidentielles, prétendues gênantes pour l’administration Obama, qui a succédé au massacreur Bush. Le site WikiLeaks a publié un ensemble de plus de 250 000 télégrammes rédigés ces dernières années par le ministère américain des Affaires étrangères et son réseau d’ambassades dans le monde. La plupart de ces documents couvrent la période entre 2004 et mars 2010.
Le 17 avril 2009, WikiLeaks avait dévoilé l'intégralité du procès de l'Affaire Marc Dutroux, le pédophile belge, en particulier le résumé de ses auditions,1 235 pages de synthèse de l'enquête destinées au juge d'instruction. WikiLeaks a publié le 5 avril 2010 une vidéo de l'armée américaine montrant deux photographes de Reuters tués par un hélicoptère Apache lors du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Le 25 juillet 2010, en collaboration avec The Guardian, The New York Times et Der Spiegel, WikiLeaks rend publics les War Logs, 91 000 documents militaires américains secrets sur la guerre en Afghanistan. Le porte-parole du site a affirmé que certains des documents pourraient permettre de prouver d'éventuels crimes de guerre. Le 23 octobre 2010, après avoir donné une avant première aux journaux alléchés Le Monde, The Guardian, The New York Times et Der Spiegel, aux télévisions Al Jazeera, SVT, Channel 4 et aux sites Bureau of Investigative Journalism, Iraq Body Count et OWNI, Wikileaks a mis en ligne 391 832 documents secrets sur l'Irak, portant sur une période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, et révélant notamment que la guerre avait fait environ 110 000 morts pour cette période, dont 66 000 civils et indiquant que les troupes américaines auraient livré plusieurs milliers d'Irakiens à des centres de détention pratiquant la torture. Le gouvernement français a répliqué par son porte-parole. François Baroin a assuré que la France est «très solidaire de l’administration américaine», présentant comme «une menace» la publication par le site de Julian Assange des quelques 250.000 notes diplomatiques confidentielles. Le nouveau ministre de la Défense, Alain Juppé a dénoncé lui aussi un modus operandi «scandaleux» et «irresponsable». D’autant, a estimé M. Juppé qu’«il n’y a rien de fracassant» dans les révélations. C’est vrai. Les attaques ad hominem sont légion sous les poignées de main des diplomates bourgeois.
François Baroin est un homme du sérail du pouvoir bourgeois, fils de Michel Baroin mort dans un accident d’avion non élucidé le 5 février 1987 au Cameroun qui était un haut fonctionnaire, homme d'affaires français et Grand-maître du Grand Orient de France. Selon Dominique Lorentz, cet accident était à relier à une campagne d'attentats de l'Iran motivée par le contentieux Eurodif. Curieux porte-flingue opportuniste de Nicolas Sarkozy après avoir été un « bébé Chirac », il fait la déclaration sybilline suivante : «Moi j’ai toujours pensé qu’une société transparente, c’était une société totalitaire.» «Nous sommes très solidaires de l’administration américaine sur la volonté d’éviter ce qui, non seulement porte atteinte à l’autorité des Etats, à la qualité de leurs services, mais met en danger des hommes et des femmes qui ont travaillé au service du pays». Au service de la puissance américaine ? Les collabos des puissances impérialistes n’on qu’à bien se tenir. Le jeune Baroin en langage maçonnique signifiait : « Moi j’ai toujours pensé qu’une société opaque c’était la meilleure gestion démocratique sarkozienne ». Pas de meilleure définition de l’oligarchie régnante en France.
Wikileaks et cinq journaux mondains, dont Le Monde, ont commencé pour accroître leurs ventes à publier le contenu de télégrammes ou de mémos diplomatiques, émanant de l’administration américaine, malgré cette apparente « atteinte à la souveraineté des Etats » dominants la planète. Ces documents montrent, comme par hasard, notamment l’inquiétude suscitée en Europe, Israël et dans le monde arabe par le programme nucléaire iranien, soupçonné d’avoir des visées militaires. Certains télégrammes montrent également que l’ambassade américaine à Paris taxe Nicolas Sarkozy de «susceptible» et d’«autoritaire». Une façon de rappeler à l’ordre un sous-fifre d’un pays secondaire.
Et ça balance. WikiLeaks rapporte aussi un entretien confidentiel que Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique du président de la République, a eu avec un haut responsable américain où il y qualifie de «fou» le président vénézuélien Hugo Chavez, en train de transformer son pays en un «autre Zimbabwe». Il traite aussi que l’Iran d’«Etat fasciste». Selon la plupart des médias, les gouvernements des grands pays du monde tremblent ou s'indignent de telles « révélations ». Cinq titres de la presse internationale - The New York Times, Le Monde (France), The Guardian (Grande-Bretagne), El Pais (Espagne) et Der Spiegel (Allemagne) ont publié des documents diplomatiques américains fournis par le site Wikileaks, dont beaucoup sont classés «secret». Quelque 251.287 «câbles», couvrant une période allant de 1966 à février dernier, ont ainsi été mis en ligne. Et certains ne s'avérent nullement gênants pour les futures rencontres entre les Etats-Unis et leurs partenaires lesquels connaissent le mépris américain à leur encontre. La Maison Blanche a condamné dimanche «dans les termes les plus forts» la publication «irresponsable et dangereuse» de ces documents, affirmant que l'initiative de WikiLeaks pourrait faire courir des risques mortels à des individus, mais pas à la mystification démocratique occidentale. Le site créé par l’aventurier Julien Assange a justifié de son côté sa démarche en expliquant avoir voulu souligner la contradiction entre la position officielle américaine et «ce qui se dit derrière les portes closes». Pas très méchant.
Parmi ce nouveau torrent de documents, un câble daté du 16 septembre 2009 rapporte, comme si on y était, un entretien du secrétaire d’Etat adjoint, l’Américain Philip Gordon, avec le conseiller diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte et quelques autres conseillers sont « mouillés » car ils auraient qualifiés l’Iran d’Etat « fasciste ». Mouillé aussi, au sujet de la Russie, l’un des diplomates français, Roland Galharague, aurait affirmé : «La racine du problème, c’est le régime.» Loin des courbettes habituellement réservées au duo Poutine-Medvedev pour leur vendre des armes, le conseiller de l’Elysée chargé de la Russie, Damien Loras, aurait renchéri : «Les dirigeants russes manquent de vision suffisante à long terme pour leur pays et, au lieu de cela, se concentrent sur un horizon à six mois et sur leurs intérêts commerciaux». D’ici quatre ou cinq ans, «la Russie ne pourra plus subvenir à la demande européenne» en matière d’énergie, aurait mis en garde le même Damien Loras : cela risque de donner à la Russie «encore plus de possibilités d’influence sur une Europe qui ne s’est pas préparée à diversifier son approvisionnement énergétique», ou à… se rapprocher du grand frère US. Toujours au cours de cet entretien, Jean-David Levitte aurait qualifié le président vénézuélien, Hugo Chávez, de «fou», bonne révélation pour distraire le Vénézuela de toute relation commerciale avec l’Europe. «Il est en train de transformer l’un des pays les plus riches d’Amérique latine en un nouveau Zimbabwe», aurait expliqué le servile conseiller diplomatique de Sarkozy à ses hôtes américains.
A propos de la chancelière allemande, Angela Merkel, on lit qu’elle «évite les risques et est rarement créative», donc peu intéressante pour les affaires commerciales. Au sujet des deux Corées, au cœur des préoccupations mondiales ces jours-ci, des télégrammes montrent que les Sud-Coréens ont proposé d’offrir des «incitations commerciales à la Chine» pour qu’elle se rende à l’idée d’une réunification de la péninsule. Le troc est bien une méthode courante de la diplomatie américaine rappellent d’ailleurs ces documents : la Slovénie s’est vue demander d’accueillir un prisonnier de Guantánamo en échange d’une entrevue avec le président Obama, il n’y a pas de petits profits. La Belgique s’est entendue suggérer qu’accueillir des prisonniers de la base militaire serait, pour elle, «un moyen à moindre coût de jouer un rôle de premier ordre en Europe», à défaut de calmer les ardeurs hostiles entre flamands et wallons.
La Chine, enfin, est montrée du doigt à de nombreuses reprises, ce qui ne peut que contenter l’administration Obama. Un document affirme que le Bureau politique du Parti communiste est directement à l’origine des attaques contre Google en Chine, Google ce plénipotentiaire de la Silicon Valley. Depuis 2002, des agents recrutés par le gouvernement chinois s’efforceraient aussi de pénétrer dans les ordinateurs du gouvernement américains et de ses alliés occidentaux, ce qu’on savait déjà. Les documents dont WikiLeaks est en possession «abordent une immense gamme de sujets très sensibles», a déploré Elizabeth King, secrétaire adjointe à la Défense. Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat, et, si émotionnée qu’elle a appelé en personne ses homologues allemand, français, chinois, afghan, saoudien et émirati pour tenter d’amortir le choc. D’autres diplomates américains se sont chargés de prévenir l’Australie, la Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark, la Norvège et Israël. «A la différence des opinions publiques, les Etats ne seront pas tellement surpris d’apprendre ce que les Américains pensent d’eux», prédit Justin Vaïsse, directeur de recherches sur la politique étrangère américaine et l’Europe à la Brookings Institution. Mais ces documents peuvent être aussi révélateurs des «initiatives de certains pays européens sur l’Afghanistan ou l’Iran», en marge de l’empire US. Cette publication va «mettre en danger les vies d’innombrables innocents», a protesté hypocritement l’administration Obama, comme elle l’avait déjà fait en juillet et en octobre, quand WikiLeaks avait mis en ligne des documents sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak. Ces notes avaient « été fournies en violation de la législation américaine et sans considération pour les graves conséquences de cette action», a répété le conseiller juridique du département d’Etat, Harold Koh, dans une lettre au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Passé le moment de bonheur qu’auront les journalistes du monde entier à publier les extraits les plus cinglants, ces fuites risquent d’être «dommageables» redo a ajouté sans rire Justin Vaïsse : «Elles vont conduire à accroître la protection des informations, à des destructions de documents et à un renfermement des diplomates sur eux. Au final, elles vont rendre la vie internationale moins transparente et plus secrète.»
Beaucoup de bruit pour rien donc. Comme lors de l’affaire Farewell (l’espion russe passé au service de la CIA) les différents services secrets occidentaux n’ont que foutre de la vie des agents « doubles » ou « détournés ». Qui peut sérieusement croire à la dangerosité de la « spontanéité » ou « indépendance » des individus qui animent Wikileaks ? Qui peut croire qu’un empire industriel, technologique, hyper-espion de la planète et nucléaire comme les USA serait « victime » d’une cabale indépendante de « corbeaux » pour corriger la perversion du capitalisme militariste?
Ce n’est pas la vie des « informateurs » qui préoccupe les dirigeants des Etats de la planète, mais des règlements de comptes obscurs au sein des coalitions impérialistes, et assez lourdement la prolifération intéressée d’un « victimisme » des démocraties impérialistes qui seraient trop exposées, trop « transparentes » face à l’hydre terroriste des « Etats voyous ». Une longue campagne d’intoxication commence qui pourrait mener à la guerre contre un nouvel « axe du mal ».
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Cet ex. membre de Wikileaks, parfaitement identifié par nous, nous a envoyé le texte ci-dessous. Il précise notre article du 5 septembre : http://dutron.wordpress.com/2010/09/05/les-lourdes-incriminations-qui-pesent-sur-julian-assange-touchent-wikileaks/ Il nous explique, de l’intérieur, qu’il connaît bien. La fuite des informations de Wikileaks vers le réseau « Genesis », la situation d’Assange, les possibilités de manipulations au sein du système US, etc.
1. Julian ASSANGE se présente comme « l’initiateur et le créateur » de WikiLeaks : FAUX. C’est un groupe de mathématiciens, puis d’informaticiens et enfin d’informateurs qui ont créé WikiLeaks. Assange s’est imposé comme « un porte-parole naturel » principalement parce qu’il est et était appuyé par des élus islandais.
2. Si beaucoup de membres de WikiLeaks se révoltent, ils ne quittent pas WikiLeaks. Ils se mettent « en attente ». Assange n’est rien sans une équipe. Pas de techniciens et pas de site !
3. Une « guerre civile » sous-entend deux groupes importants qui s’affrontent : FAUX.
Il y a d’un côté la majorité des membres (bénévoles et informateurs)
et de l’autre, Assange et les employés payés de WikiLeaks. Payés par quels fonds, quelles sources ? Une seule certitude : seuls 10 % des frais sont assurés par les dons issus du site.
4. « Pour Birgitta Jonsdottir, qui dit être une amie de Julian Assange, il faudrait que ce dernier se concentre sur ces accusations et que donc il n¹intervienne plus dans Wikileaks, au moins le temps de l’enquête » : cette élue islandaise n’est pas une amie d’Assange mais un soutien politique islandais.
5. Problème de WikiLeaks : Qui pourrait « reprendre le flambeau » de porte-parole du site ? Vous devez prendre tous les coups bas, effacer votre famille, vos amis. Et il y a les risques physiques, les « services » d’à peu près tous les pays du monde. Assange n’a jamais apporté d’explications surses motivations d’être porte-parole de WikiLeaks !
6. L’existence même d’un site du type WikiLeaks n’est pas en danger : d’autres reprendront le système. Ce qui est contesté c’est le fait qu’à peine 40% des informations et documents réceptionnés au sein de WikiLeaks soient censurés. Ok, les USA ont beaucoup de secrets mais pas uniquement militaires et pratiquement tous les autres pays de la planète ont leurs secrets. Au sein de WikiLeaks, il n’y a plus qu’une seule bataille : tous contre les USA.
7. Assange est effectivement « brut de décoffrage », un pur australien genre Crocodile Dundee mais il n’est pas connu pour son côté génial avant ses apparitions, qui connaissaient le nom d’Assange ? Qui connaissait ce hacker qui aurait piraté la NASA ???
8. Si Assange est CIA, leurs manœuvres tournent mal mais c’est une habitude dans cette « agency ». Peu probable sauf si CIA s’est retournée contre l’US Army et pire, la Maison Blanche.
9. Une certitude pour une des fuites majeures de l’US Army : Manning, celui qui a sorti les documents était connu de l’US Army comme ayant des problèmes psychiatriques. Son arme de service avait été désactivée 1 an avant les fuites. OK, tout ne va pas au mieux au pays de l’Oncle Sam mais pas au point de donner des accès à des salles et des documents classifiés. A savoir, ce type de personnel est « criblé » (très surveillé) et est régulièrement soumis à des tests psychologiques.
10. Des « collecteurs » de WikiLeaks disposent d’une moyenne de 30 à 40% d’informations confidentielles concernant les USA ET l’OTAN dont pratiquement la moitié est à caractère politique ou financier et non militaire. Le reste des documents qui devraient être publiés représentent entre 60 et 70% d’informations d’origine (dans l’ordre d’importance) : Proche Orient, Russie, Chine, Europe. Aucun n’est publié : raison invoquée par WikiLeaks : manque de moyens. OK, mais alors pourquoi ne pas respecter une règle proportionnelle de publication? Où est la publication de listes d’espions russes ou chinois fournies et complétés pas des sources confirmées ?
11. Je ne vais pas me prononcer sur des guerres entre CIA et US Army. Pas plus, pas moins probablement que dans toutes les administrations. Il est inutile de penser qu’au delà de quelques croche-pieds, cette lutte prenne cette ampleur au nez des services secrets, des politiciens US et surtout de la Maison Blanche.
12, Un des problèmes d’éthique de WikiLeaks est de localiser et identifier ses sources alors que l’on déclare le contraire sur le site. Oui, ces données sont protégées mais rien n’est inviolable. Et pourquoi prendre un tel risque ? Si ce n’est être une monnaie d’échange ?
13. Une manœuvre d’une « agency » US ? Si c’est le cas, elle ne peut émaner que du plus haut de l’Etat : La Maison Blanche et être dirigée que par un ou deux conseillers du Président. Quelles raisons ?
- McCrystal est parti pour des raisons bien professionnelles et Petraeus a été manipulé par la Maison Blanche (ou il a été d’accord de jouer le jeu).
- L’Afghanistan sera LE thème de la prochaine campagne présidentielle. Elle va débuter progressivement en 2011 après les élections de la Chambre et du Sénat en Novembre 2010.
- Malgré les déclarations de Pétraeus sur l’assurance de pouvoir décider du retrait d’Afghanistan, la Maison Blanche a fait savoir que la date de retrait (fixée mi 2011) n’était pas négociable. Pourquoi ?
o Parce que si le Président Obama veut se faire réélire pour un second mandat, il devra s’appuyer sur l’image de son prix Nobel.
o Monter des manœuvres (WikiLeaks entre autres),
o le retrait des sociétés de sécurité (dans deux mois), d’Afghanistan
o un accord de paix Israël/Palestine justement dans un an … Le Président Obama a compris qu’en matière de politique intérieure, avec le blocage des Républicains, que la reprise économique n’est pas pour demain et que le chômage ne sera pas résorbé pour les prochaines élections.
La seconde moitié de son mandat servira à la politique internationale et à être celui qui aura ramené tous les soldats américains à la maison, y compris ceux d’Afghanistan. Imaginez l’impact électoral du dernier soldat US rentrant aux USA quelques mois voir quelques semaines avant l’élection ? Ce même soldat envoyé combattre par « le vilain Bush », qui est … républicain !
Et voilà justement un WikiLeaks qui publie un maximum de réalités sur l’Afghanistan et un Julian Assange transformé en machine dirigée contre les républicains. La guerre en Afghanistan, c’est eux.
14. Attention, j’écris au conditionnel : des manœuvres secrètes menées par un très petit nombre et avec la bénédiction du Président des USA n’ont jamais été couronnées de succès : Kennedy, le Watergate ont été des « affaires » qui ont été des échecs. Pourquoi ? Pour garder le secret, un ou deux hommes seulement dirigent la manœuvre. Politiciens, ce sont des amateurs de la manipulation. C’est une des bonnes raisons pour que CIA, NSA, FBI et Services Secrets US doivent disposer d’un nombre importants d’agents et de moyens.
Les républicains ne sont pas dupes : au sein de WikiLeaks, d’autres
qu’Assange, ont des contacts journaliers avec des politiciens républicains.
Assange inculpé, une bonne idée pour lui donner le rôle d’un martyr mais cela a l’effet contraire : les autorités suédoises n’ont pas assurés leurs rôles : trop de précipitation, de communiqués … Personne ne sait plus aujourd’hui s’il faut inculper ou non Assange ! S’il est inculpé, il prend l’opinion publique internationale à témoin mais il perdra WikiLeaks. Déjà, sous les yeux horrifiés des services de renseignements étrangers (chinois et russes en tête), agissent « les collecteurs » des informations données par les informateurs de
WikiLeaks. Elles ne sont plus transmises « au centre névralgique de WikiLeaks ». Des réseaux entiers d’informations WikiLeaks passent dans un réseau parallèle de collecte et analyse d’informations : Genesis. Ce projet a été initié par les républicains au temps de Bush. Une sorte de réseau international de stockage de données.Si l’on peut faire un jeu de mots, WikiLeaks « se liquéfie » et des informations ultrasecrètes sont dispersées. Des fuites organisées et maîtrisées deviennent des torrents, bientôt des océans. Rien qu’en Belgique, plus de 6 000 000 de documents confidentiels ont été récoltés de Juin 2010 à Août 2010 sans avoir été transmis et publiés. Aucun document ne concerne les USA.
15. Pourquoi avoir peur ? Pas mal d’espions professionnels commencent à décéder ici et là. Certains sont manipulés : ils sont mal payés et c’est la crise pour tous. Et il y a tous ceux qui trahissent sans être pris. Il estprobable que CIA, NSA, FSB, ISI et autres « agency » commencent à ne plus maîtriser la situation. « Les offres » financières se multiplient pour infiltrer WikiLeaks : plus d’un million pour de simples « informations de l’intérieur du réseau » jusqu’à des « investissements à longs termes » pour infiltrer, manipuler WikiLeaks. La crise n’est pas pour tout le monde. Assurer à chacun qu’un collaborateur bénévole, ne cède à la tentation relèverait d’un mensonge inutile.
Un « collecteur » WikiLeaks dirigé contre Assange
dimanche 28 novembre 2010
Vider les banques? Ma réponse à Eric Cantona (*)

Peu passionné par le football, je vous aime bien comme acteur de cinéma, mais pas du tout comme conseiller politique. Je tenais d’abord quand même à vous remercier d’avoir été le premier à répondre, et avec des échos au niveau international, aux inutiles balades syndicales de cette année par tous ces aristocrates du travail si flattés par le président Sarkozy. La défaite sans véritable combat d’une petite partie des prolétaires embrigadés ou aux retraites protégées, conclu par un ridicule « pique-nique » syndical n’est pas la défaite de tout le prolétariat, mais déprime la lutte dans les autres pays. Grèves générales sans lendemain en Espagne et au Portugal comme les manifestations en Irlande ont répété le même schéma de défilés syndicaux inutiles. En France, si les dés n’avaient pas été pipés dès janvier dernier, une véritable lutte avec de vraies AG et la nomination d’un comité de grève central responsable devant la population travailleuse et dont les débats internes auraient été chaque jour transmis en direct par voie télévisuelle (comme les micros que les ouvriers polonais avaient imposé en 1980 dans la salle des négociations) avec la possibilité de chasser immédiatement cette intersyndicale obscure ficelée par le gouvernement.
Très touché par la situation des pauvres et des mal logés, vous êtes parrain de la fondation Abbé Pierre depuis 4 ans et vous venez de sortir un recueil de photos témoignant de la misère dans le monde. J’ai trouvé votre déclaration suivante très sentimentale nationale: « « Être français, est-ce que c'est parler français, chanter la Marseillaise et lire la lettre de Guy Môquet ? Non, ça c'est être con. Être français, c'est être révolutionnaire. » Mais croyez vous que français ce soit le critère pour être révolutionnaire à l’heure de la crise mondiale ?
Vous avez parfaitement saisi l’inutilité et la cuistrerie de la couleuvre syndicale de 2010 : «Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres (pour manifester), tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent" ». Vous avez suscité soudainement l’intérêt des médias en engageant ainsi « tout le monde » à retirer son argent des banques le 7 décembre : « S'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule (...) La révolution se fait par les banques". "Pour parler de la révolution, on va pas prendre les armes, on va pas aller tuer des gens. Il y a une chose très simple à faire (...) Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques". Et s'il y a 20 millions de personnes qui retirent leur argent, le système s'écroule: pas d'arme, pas de sang, rien du tout. A la Spaggiari" ». Alors que vous semblez limité vous aussi comme les professionnels du syndicalisme à des solutions nationales, vous conviendrez que votre idée a eu tout de même une extension internationale puisque, paraît-il des gens trouvent votre idée géniale au paradis du pognon en Suisse ! Des banquiers suisses se seraient aussi affolés !
D’accord pour parler avec vous révolution nécessaire et indispensable, dans tous les pays et en mettant des coups de pieds au cul (avec chaussures cloutées de footballeur) de tous ces employés d’Etat syndicalistes qui l’ont en horreur. S’il suffisait de s’en prendre aux banques comme vous le préconisez pour faire « écrouler le système » comme vous dites, je vous sauterais au cou de joie. Hélas c’est du pipeau, comme tant d’autres projets de grève des consommateurs, des automobilistes, des collectionneurs de timbres ; et en plus vague puisque vous vous adressez à cette catégorie interclassiste de « français » ! Je me suis demandé comment vous alliez faire pour montrer l’exemple vous milliardaire du jeu collectif le plus populaire du monde. Allez-vous louer un camion de la Brink’s, et le faire garder jour et nuit dans une de vos propriétés ? Avez-vous pris la précaution de tout placer en actions, dans l’immobilier afin de ne retirer que quelque argent de poche au jour J devant les caméras de télévision? Savez-vous que la plupart des prolétaires n’ont quasi plus rien sur leur compte en banque au milieu du mois, et qu’ils sont débiteurs à la banque ? Savez-vous que la plupart des personnes âgées isolées ou même des rmistes au chômage craignent d’aller chercher leur argent au jour dit parce qu’on les attend au coin de la rue pour les dépouiller ?
Vous accréditez dangereusement en outre que l’argent aurait une valeur. C’est faux ce n’est pas l’argent qui a une valeur, c’est l’homme. Vous devriez savoir que lorsque Marx jeune plagie Shakespeare et Goethe c’est pour réaffirmer la valeur humaine : « L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l'homme. [...] Il apparait aussi comme cette puissance de perversion contre l'individu et contre les liens sociaux, etc. (...). Il transforme la fidélité en infidélité, l'amour en haine, la haine en amour, la vertu en vice, le vice en vertu, le valet en maitre, le maitre en valet, le crétinisme en intelligence, l'intelligence en crétinisme. Comme l'argent, qui est le concept existant et manifestant de la valeur, confond et échange toutes choses, il est la confusion et la permutation universelles de toutes chose, donc le monde à l'envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines» (Manuscrits de 1844 : Le pouvoir de l'argent). Vous êtes trop jeune pour vous rappeler le proverbe de Coluche définissant la valeur : « Le monde appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt ».
Vous accréditez surtout la théorie fallacieuse de la gauche caviar et de toute l’armada des gauchistes suivistes que la crise serait « la faute aux banques », excusant ainsi le capitalisme comme énorme machine étatique, répressive, parlementaire imbécile et syndicratie aristocrate, avec ce mythe abstrait du « pouvoir de l’argent » ; suffirait de s’attaquer à l’argent contenu dans les banques ! Or, l’argent est d’abord la sueur et la terreur du prolétaire, le sang du prolétaire est extorqué, bonifié par la planche à billet, soigneusement récolté puis redistribué dans les divers circuits capitalistes sous forme d’actions, d’obligations, de crédits, investis, injectés, réinjectés. L’argent n’est donc pas simplement dans les banques. Les banques ne sont pas seules face à leur client, lequel n’a pas tous les droits : telle banque peut fermer le 7 pour ravalement de façade. Un décret d’Etat suffit comme en Argentine pour refuser la sortie de grosses sommes d’argent….
Je crois que vous êtes trop jeune, trop naïf et ignorant de l’histoire complexe des révolutions. Je pense comprendre la raison d’une telle naïveté – le mépris de la classe ouvrière identifiée aux syndicats pourris, croyance que j’ai souvent trouvée chez les sportifs de haut niveau – basée sur une vision bourgeoise, pour ne pas dire très catholique de la pauvreté. Où sont les pauvres ? Partout, dans toutes les classes répondait Georg Simmel en 1907:
« … les préjugés de classe sont suffisamment forts pour rendre la pauvreté pour ainsi dire invisible ; et avant cela, la pauvreté est une souffrance individuelle, sans conséquences sociales. (…) L’affirmation socio-démocratique selon laquelle le prolétaire moderne est définitivement pauvre, mais pas un homme pauvre, s’accorde à cette interprétation. Les pauvres, en tant que catégorie sociale, ne sont pas ceux qui souffrent de manques et de privations spécifiques, mais ceux qui reçoivent assistance ou devraient la recevoir selon les normes sociales ». Plus précis encore : « Le fait que quelqu’un soit pauvre ne veut pas dire qu’il appartienne à la catégorie spécifique des pauvres. Il peut être un commerçant, un artiste ou un employé pauvre, mais il demeure dans la catégorie (commerçant, artiste ou employé), qui est définie par une activité ou une position spécifique ».
Le pauvre en soi comme le français en soi ne sont donc nullement révolutionnaire. C’est le prolétariat comme classe qui fait tourner toute la société qui est seule capable de « faire écrouler le système ». On n’a pas le droit de cacher cette vérité, ni sous prétexte que la classe ouvrière s’est fait rouler dans une nouvelle manipulation syndicale avec gros ballons et flonflons, d’inventer des solutions individuelles aléatoires et aussi dangereuses finalement que les hâbleries et crêperies syndicales.
En effet, le plus grave dans votre déclaration bon enfant, confortablement allongé dans votre fauteuil, aura été votre exaltation du pacifisme et au nom du mafioso Spaggiari, ce conte pour enfants qui aura profité probablement à quelque parti de gouvernement vendeur d’armes.
Vous croyez que la classe bourgeoise qui est en train de supprimer la retraite, qui rogne toutes les concessions sociales, qui envoie nos enfants des banlieues sans diplômes se faire tuer en Afghanistan, qui jette à la rue des milliers et des milliers pour maintenir les profits non des seuls banquiers, mais de la haute de Neuilly, des milliardaires du sport comme vous, et qui dégraisse ce ballon montgol-fière des couches moyennes au point que la hiérarchie sociale va ressembler vraiment sous peu à la Tour Eiffel, va nous céder la place galamment à nous les millions de prolétaires, sans cris, sans nous tirer dessus ?
Vous nous prenez pour des cons, ou quoi ?
PS: J'oubliais le plus important, c'est pas le tout de dire "faut faire effondrer le système", mais pour le remplacer par quoi: quel est votre programme, quel est votre parti Cantona?
(*) Le titre a été modifié bienheureusement par la rédaction du Post, je les en remercie. Cet article a été publié au même moment donc sur LE POST, en 3 heures j'ai eu près de 3500 lectures...(et jusqu'au lundi 6 déc: 9753!) alors qu'avec ce blog je rame au quotidien avec une petite centaine de connections; je me demande si je vais pas le laisser tomber. Quant à la toquée nommée Sylvie qui me dénigre sur Le Post et demande ce que je propose, elle n'a qu'à relire attentivement, la réponse y est.
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