Parce qu'il n'a plus la maîtrise du jeu dans lequel il s'est fourré. Ce qui marque en outre les limites du populisme1.
Donald Trump a-t-il mis fin à huit guerres depuis son arrivée au pouvoir en janvier, comme il le revendique? Dans les faits, le bilan de son cinéma de médiations inconsistantes est nettement facétieux. Face aux guerres, à Gaza, en Ukraine et enIran, il est puant d'indifférence ; au fond il n'a rien fait cesser du tout ni en 24 heures ni en trois mois dans le mécanisme des guerres perpétuellement recommencées (c'est la nature du capitalisme). L’une des conséquences concrètes du « pacifisme » de Trump a été non seulement de peupler son administration de militaires d’active ou récemment retraités, mais aussi le fait qu'il est obligé de déléguer au Pentagone la décision et les modalités d’emploi de la force sur les théâtres de guerre où les Etats-Unis sont activement engagés. Cela s’est traduit par une intensification des frappes aériennes américaines, de l’Afghanistan (où le nombre de frappes est le plus élevé depuis 2012) à la Somalie en passant par l’Irak, la Syrie et le Yémen. Si tu prônes la paix, fais la guerre ! Le populisme au pouvoir est aussi laisser faire la guerre aux autres comme en Ukraine et à Gaza, pour ensuite se féliciter d'y avoir mis fin, quoique toujours provisoirement et après la victoire des plus puissants.
Trump est un simple pervers narcissique vieilli, qui a réussi contre toute attente, qui a toujours raison même quand il déconne à plein tube. Il sait être même franchement ignoble, comme lorsqu'il fait déclarer par un de ses sous-fifres ministériels, devant Rochebin hier soir, à propos de son inaction pour faire tomber le régime des mollahs assassins : « le peuple iranien doit se libérer lui-même ». L'idéologie populiste n'est ni un internationalisme ni un humanisme « démocratique », il est un enculage des peuples (excusez ma grossièreté).
De Gaza au Venezuela, le bedonnant et impuissant Trump a montré combien il est bon à rien et ne finit rien. Les guerres sans vainqueurs sont ses limites involontaires et dépendantes de la doctrine (contraignante) « zéro mort » comme je l'ai rapporté dans les deux parties précédentes. Parce que le populisme trumpien n'a pas une vraie vocation impérialiste, pas d'occupation en vue comme sous Nixon ou Reagan ou Hitler. Par impuissance comme le révèle l'immobilisation coûteuse de son armada dans le Golfe persique. Et la trouille de toutes les dictatures pétrolières environnantes. Poutine est probablement lui aussi de plus en plus dans une situation d'impuissance également comme vient de le prouver le bloczage de starlink (merci Elon Musk). Je persiste à dire qu'il va se passer des choses oimportantes cette année.
Ce personnage bouffi avec moumoute laquée, de plus en plus antipathique, même dans sa base maga (déçue de sa lâcheté pour l'Iran mais surtout par la hausse des prix et la vacuitéde ses droits de douane), expose des caractéristques typiques des caïds nationaux d'un monde décadent, ou en décomposition comme dit le CCI. Besoin de reconnaissance et prise de risque : remise en question du statu quo Les dirigeants pipoles parvenus au pouvoir contre les pronostics ont tendance à prendre davantage de risques et à vouloir davantage bousculer le statu quo. Ils ont soif de reconnaissance et besoin de prouver leur domination sur les autres, y compris par l’insulte. L’une des conséquences est que le dirigeant populiste, s’il ne se sent pas respecté, cherchera à délégitimer ses adversaires par tous les moyens. A l’inverse, il sera sensible à la flatterie, voire à la corruption. Surtout, le leader populiste, arrivé au pouvoir « contre l’élite », sait qu’il doit sa légitimité à sa base, d’où le besoin constant de « nourrir » cette base, y compris lors de discours familiers s’adressant également aux audiences mpndiales. Avec cet appel constant à la violence qui imprègne la société et conditionne en même temps la jeunesse, quand cette personnalisation de la vie politique ne peut conduire qu'au meutre, comme on vient de le voir en France (le jeune Quentin), à l'instigation répétitive de la faction populiste de gauche, toujours prête à hurler « mort aux fachos ». Trump n'est pas du tout pacifiste au fond (cf. son coup d'Etat raté). Le populisme s'il devait durer pourrait aboutir au chaos d'une guerre civile pas du tout révolutionnaire.
Le populisme est une faiblesse politique avant tout. Il est scandaleux et honteux ; Trump traîne l'affaire Epstein comme un boulet ue même le bombardement de l'Iran ne pourrait pas liquider face à la société américaine, et mondiale. Cette idéologie bâtarde supprime l'antique manipulation binaire : l'opposition gauche/droite où le prolétariat devait choisir un camp bourgeois contre un autre. Comme l'a noté justement le CCI, le fascisme permit d'aller à la guerre en établissant l'opposition binaire démocratie/dictature au niveau international. Le populisme moderne manifeste une impossibilité à aller à la guerre (il est division nationale et politique erratique) Et la classification progressistes contre populistes , reste vaseuse et ne peut remplacer le clivage droite/gauche.
Pourquoi cette opposition n'est pas ou plus utilisable dans la tension Iran/USA ?
D'abord parce que cette mystification s'est complètement usée un peu partout, en Occident bien entendu. Ensuite parce que Trump négocie directement avec les dictateurs génocidaires gardiens de la réacion sur les cadavres de milliers de morts. On ne négocie pas avec des génocidaires normalement lorsque l'on s'affiche « démocratique » ? Il ne fût pas possible de négocier avec Hitler. Mais il leur serre la main et à l'autre salaud Netanyahou. Par conséquent : exit la vieille confrontation démocratie/dictature ; ce père la moumoute n'a aucune vélléité pour mettre à bas réellement les dictatures vénézueliennes et cubaines ; comme Nixon contrôlant l'Amérique du sud avec des Pinochet. Il permet de vérifier que le populisme au gouvernement ne change rien fondamentalementà l'autocratie bourgeoise., les mêmes financiers et les mêmes généraux continuent à tirer les ficelles du pouvoir.
L'émancipation ou au moins le respect des peuples est le cadet de ses soucis, y inclus le peuple américain. Le trumpisme a émergé lors de sa première campagne présidentielle en 2016. Sa rhétorique s'inscrit dans une mélasse populiste qui propose des solutions nationalistes invraisemblables aux problèmes politiques, économiques et sociaux dans le peuple mais surtout contre la classe ouvrière. Le populisme n'est pas une manipulation à l'origine mais a éclos face à l'insécurité croissante, à une immigration affolante et au mépris des élites bourgeoises mais aussi intellectuelles avec levaste marais petit-bourgeois. Comme le dit un auteur, il ne faut pas confondre démagogie et populisme ; la démagogie renvoie à l'idée de dire au peuple ce qu'il veut entendre, alors que le populisme renvoie à l'idée de faire ce que l'opinion publique souhaite entendre...
LE POPULISME NE PEUT PAS ETRE UN INTERNATIONALISME
C'est pourquoi il n'est nullement question pour le milliardaire adipeux de risquer de mettre en danger un régime exemplaire pour lui de mise au pas d'une immense population meutrie. Cette scorie du nationalisme est un chauvinisme bâtard qui n'a pas les moyens de redevenir un vrai nationalisme et se fiche des crimes immenses chez les voisins. Une internationale populiste ? Impossible. Il n'est que l'invariable « chacun pour soi », patchwork de mécontentements: tes immigrés ne sont pas les miens, mes produits sont meilleurs que les tiens, ma culture est supérieure, des colères régionalistes, un racisme péquenot, haine de la centralisation étatique, ce mouvement ne peut même pas favoriser une union nationale s etc.
Début juillet 2018, en Italie, le chef de la Lega (Ligue) et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, admirateur de Donald Trump et de Vladimir Poutine, se qualifiant lui-même de « populiste », avait lancé́ l’idée d’une « Ligue des ligues en Europe », définie comme « l’alliance des populismes qui unirait tous les mouvements souverainistes qui « veulent défendre leur peuple et leurs frontières ». Son idée directrice était que les mouvements dits populistes en Europe ont une « vision commune », opposée à celle de « l’Europe des élites, des banques, de l’immigration et du travail précaire ». Enfin élever ce pauvre mouvement des gilets jaunes au rang de révolte pure, fait pitié ; comme Bannon ci-après. La fin du clivage gauche/droite n'est en tous cas pas le fait de Salvini et Cie et leur équipée concurrentielle risque de ne pas faire long feu.
Aux États-Unis, Steve Bannon, éphémère conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche, s’est autoproclamé le chef d’orchestre de cette offensive dite « populiste » en Europe et, plus largement, dans d’autres régions du monde. Sa conception du « populisme » n’est pas conceptuellement nouvelle : elle est fondée sur l’idée-force d’un dépassement du clivage droite-gauche, remplacé par l’opposition entre les élites et le peuple. Ce qui est nouveau, c’est l’idée d’une « internationale populiste ». Dans une interview publiée le 5 janvier 2019 sur le site de L’Express, Bannon célèbre le mouvement transpolitique des « gilets jaunes » en les donnant pour un exemple à suivre, celui d’une mobilisation de masse caractérisable par le « ni droite ni gauche » : « Aujourd’hui, ces perdants de la mondialisation, paupérisés comme jamais, se réveillent et crient : “Stop !” La beauté́ de leur action est qu’elle réunit des gens de droite comme de gauche. Au pays de la Révolution française, le mouvement des gilets jaunes mène la mère des batailles. Ils sont une inspiration pour le monde entier. » Pchitt
LE TRUMP AFFAIBLI PEUT-IL SORTIR DU TROU EN BOMBARDANT Khamenei ?
Le populisme peut être à géométrie variable. Les Américains sont contre une intervention militaire en Iran, mais les électeurs de Donald Trump pour. Trump a parlé de « calme avant la tempête », semblant évoquer une nouvelle guerre imminente, confirmant que si le populisme est toujours un chauvinisme étroit, alors le populisme en politique étrangère, c’est aussi la guerre. Et un bombardement des mollahs assassins que j'aprouverais totalement en espérant au moins la chute de ce régime criminel. En détails, les avis sont très partagés voire majoritairement opposés à l'intervention militaire.Près de trois quarts des Américains (74 %) s'inquiètent de la possibilité d'une implication des États-Unis dans une guerre encore plus massive avec l'Iran. Les démocrates sont évidemment beaucoup plus inquiets (93 %) que les républicains (57 %). Environ 2 Américains sur 10 déclarent qu'ils soutiendraient une force militaire américaine visant à renverser le gouvernement iranien, environ la moitié s'y oppose et 3 sur 10 déclarent ne pas être sûrs. La croyance en la doctrine « zéro mort » reste vivante, même si tous les sondés compatissent avec la population iranienne.
Terminons par les suppositions de la B.B.C.
Le régime s'effondre, remplacé par un régime militaire.
Beaucoup pensent que c'est l'issue la plus probable.
Si le régime est clairement impopulaire auprès d'une grande partie de la population et que les vagues successives de manifestations qui se sont succédé au fil des ans l'affaiblissent davantage, il reste néanmoins un appareil sécuritaire puissant et omniprésent qui a tout intérêt à maintenir le statu quo.
Les principales raisons pour lesquelles les manifestations n'ont jusqu'à présent pas réussi à renverser le régime sont l'absence de défections significatives dans leur camp, tandis que ceux qui détiennent le pouvoir sont prêts à recourir à une force et à une brutalité illimitées pour rester au pouvoir.
Dans la confusion qui suivrait toute frappe américaine, il est concevable que l'Iran se retrouve gouverné par un gouvernement militaire fort, composé en grande partie de membres du CGRI.
Car pas d'opposition structurée ni clasee ouvrre forte... (JLR)
Les voisins arabes de l'Iran dans le Golfe, tous alliés des États-Unis, sont naturellement très nerveux à l'heure actuelle, craignant que toute action militaire américaine ne finisse par se retourner contre eux.
L'Iran riposte en posant des mines dans le golfe Persique.
Cela représente depuis longtemps une menace potentielle pour le transport maritime mondial et l'approvisionnement en pétrole, depuis la guerre Iran-Irak de 1980-1988, lorsque l'Iran a effectivement miné les voies maritimes et que les dragueurs de mines de la Royal Navy ont aidé à les déminer.
Le détroit étroit d'Ormuz, entre l'Iran et Oman, est un point de passage stratégique. Environ 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) et entre 20 et 25 % du pétrole et des dérivés du pétrole transitent chaque année par ce détroit.
L'Iran a mené des exercices visant à déployer rapidement des mines marines. S'il venait à le faire, cela aurait inévitablement un impact sur le commerce mondial et les prix du pétrole.
L'Iran riposte en coulant un navire de guerre américain.
Un capitaine de la marine américaine à bord d'un navire de guerre dans le Golfe m'a un jour confié que l'une des menaces iraniennes qui l'inquiétait le plus était une « attaque en essaim ».
Il s'agit d'une attaque au cours de laquelle l'Iran lancerait un nombre tellement important de drones hautement explosifs et de torpilleurs rapides sur une ou plusieurs cibles que même les redoutables défenses rapprochées de la marine américaine seraient incapables de tous les éliminer à temps.
La marine du CGRI a depuis longtemps remplacé la marine iranienne conventionnelle dans le Golfe, dont certains commandants avaient même été formés à Dartmouth à l'époque du Shah.
Les équipages navals iraniens ont axé une grande partie de leur entraînement sur la guerre non conventionnelle ou « asymétrique », cherchant des moyens de surmonter ou de contourner les avantages techniques dont bénéficie leur principal adversaire, la cinquième flotte de la marine américaine.
La marine du CGRI a depuis longtemps remplacé la marine iranienne conventionnelle dans le Golfe, dont certains commandants avaient même été formés à Dartmouth à l'époque du Shah.
Les équipages navals iraniens ont axé une grande partie de leur entraînement sur la guerre non conventionnelle ou « asymétrique », cherchant des moyens de surmonter ou de contourner les avantages techniques dont bénéficie leur principal adversaire, la cinquième flotte de la marine américaine.
Le naufrage d'un navire de guerre américain, accompagné de la capture éventuelle de survivants parmi son équipage, serait une humiliation considérable pour les États-Unis.
Bien que ce scénario soit jugé improbable, le destroyer USS Cole, d'une valeur d'un milliard de dollars, a été gravement endommagé par un attentat suicide d'Al-Qaïda dans le port d'Aden en 2000, tuant 17 marins américains.
Avant cela, en 1987, un pilote de chasse irakien avait tiré par erreur deux missiles Exocet sur un navire de guerre américain, l'USS Stark, tuant 37 marins.
Outre la possibilité d'une guerre civile, comme celle qui a frappé la Syrie, le Yémen et la Libye, il existe également le risque que, dans le chaos et la confusion, les tensions ethniques dégénèrent en conflit armé, les Kurdes, les Baloutches et d'autres minorités cherchant à protéger leur propre peuple dans un contexte de vide politique à l'échelle nationale.
Une grande partie du Moyen-Orient serait certainement heureuse de voir disparaître la République islamique, notamment Israël, qui a déjà porté de lourds coups aux mandataires de l'Iran dans toute la région et qui craint une menace existentielle liée au programme nucléaire présumé de l'Iran.
Le plus grand danger aujourd'hui est que le président Trump, après avoir rassemblé cette puissante force près des frontières iraniennes, fasse faire demi-tour à sa flotte en se vantant d'avoir signé des accords potables (sur le dos du peuple iranien). Pour l'heure Khamenei a gagné grâce au « zéro mort » comme je le soulignais dans la première partie : Le souci du "zéro-mort" offre aux adversaires des Etats-Unis - incapables de gagner un combat conventionnel contre l'armée américaine - un moyen rapide, facile et peu coûteux de faire échouer la première puissance du monde et de limiter ses ambitions.
Ce pauvre Trump, acculé par l'affaire Epstein, a pourtant une chance de prolonger un peu son règne bancal (Musk l'a poignardé dans le dos avec la paralysie de starlink), en lançant des bombardements ciblés et en tuant le guide sadique, car les protestations internationales contre une telle interventionnne seraient pas plus inquiétantes ou méchantes que celles qui suivirent la guerre des 12 jours.

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