"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 20 février 2026

L'ENIGMATIQUE EPSTEIN, NOUVEAU RASPOUTINE ?

 


Quel est le nouveau « moine fou » ? Trump ou Epstein ?

LES FRASQUES SEXUELLES DES ELITES BOURGEOISES VONT-ELLES FAVORISER LA REVOLUTION EN 2026 ?

Quelle part du financier, du sexuel, du chantage....


Deux siècles séparent Marie-Antoinette et Jeffrey Epstein et un siècle de Raspoutine, mais le scandale a le même effet sur la perception de la pourriture des élites bourgeoises. Trump, empêtré dans le golfe persique, est très embêté, pas seulement parce que restent encore en attente d'autres révélations sur sa complicité avec Epstein, mais parce que l'ampleur des conséquences de cette affaire pédophilo-fiancière a fait passer au second plan son blabla sur l'Iran, au point que tout le monde n'a plus rien à foutre qu'il intervienne ou pas en Iran.

Plus que les guerres en cours ou le nombre des grèves (seul phare anticapitaliste de mes amis gréviculteurs du CCI), cette affaire relève de l'absence de morale d'un système immoral et fier de l'être. Elle relève d'un niveau politique supérieur au seul plan économique, elle est donc subversive. Or toutes les révolutions, à ma connaissance, se sont produites après des scandales sexuels, ou, en tout cas, ceux-ci ont été une composante de l'indignation des masses ; car il y a une dimension morale dans toutes les révolutions1. En prélude à la révolution bourgeoise de 1789, les scandales de la noblesse, mêlant religion, curés, sexe, frasques du marquis de Sade et politique, ont contribué à l'effondrement de l'Ancien régime.

Avant d'être scandale sexuel, le cas du charlatan Raspoutine (à ne pas confondre avec Poutine) illustre ce qui fascine et révulse à la fois la conscience de classe à l'époque des révolutions russes de 1905 et 1917. On peut même regretter d'abord que surtout la paysannerie et une grande partie de la classe ouvrière russe soient « suggestionnées », voire subjuguées par ce personnage étrange, alcoolique dépravé. Il vient d'en bas, comme nous. Il peut guérir le fils du tsar. Paradoxalement il infuse une mystique de la possibilité d'échapper à sa condition. Il apparaît comme guide spirituel vers ube liberté possible. On oublie que la population russe était encore dominée par un esprit mystique, ce qui explique que le prêtre Gapone (socialiste policier) ait été en tête de la première et dramatique manifestations de masse en 1905 à Saint Pétersbourg. Les prophéties de Raspoutine fascinent un peuple et un prolétariat qui pensent à un avenir pour combattre le présent2. Les révoltes au début des périodes révolutionnaires peuvent être paradoxales ; par exemple la Commune de 1871 à Paris est d'abord une réaction de défense nationale. En 1916, après la Douma, Raspoutine et la tsarine seront accusés de connivence avec l’ennemi. Ce guérisseur mystique qu’on adulait à Pétrograd se fera de plus en plus d’ennemis, dont l’Eglise qui commence aussi à lui échapper. Il est un pacifiste, mais on l’impute à fournir des renseignements à l’étranger (comme le prince Andrew) quand, pour le peuple Russe, les occidentaux dépravés sont de la même engeance.

En 1905 les masses ne se lèvent pas vraiment contre le capitalisme. Les fondements politiques de la monarchie ne sont pas les seuls à être fortement contestés pendant la première crise révolutionnaire de 1905. On reproche tout autant à la noblesse son mode de vie, et son libertinage, marque d’une appartenance perverse à un Ancien Régime en déclin. Une partie de la bourgeoisie russe s'indigne de la débauche de la noblesse puis des frasques sexuelles de cet étrange conseiller du tsar, qui caresse sous les draps les jeunes princesses au moment du coucher au palais. La noblesse est de plus en plus perçue par l'ensemble de la population comme une classe décadente motivée par le libertinage et la débauche 3. L'idée d'une révolution pour rétablir un ordre moral est en chemin. On en reste cependant sur ce seul plan philosophique à une vision idéalisée d'un peuple innocent, d'une bourgeoisie vertueuse face à une noblesse composée de « malades », comme fût désignée la Marie-couche-toi-là, Marie-Antoinette4.

La place pardoxale et surprenante de Raspoutine au sommet de l'Etat russe résume le processus de décomposition du tsarisme russe à la veille de février 1917, l’inconsistance d’un pouvoir qui, quelques mois seulement après la mort de ce triste personnage, sera renversé par le principal mouvement révolutionnaire du XXe siècle.  Raspoutine est l’expression la plus caricaturale, celle d’un immense territoire plongé dans le sous-développement, l’archaïsme et la brutalité de rapports féodaux persistants malgré l’abolition du servage.

J'ai découvert ensuite une analyse très pertinente du cas Raspoutine, et assez inattendue de la part d'un groupe trotskien plutôt agité du bonnet et antifa ras des cacahuètes, Révolution Permanente, dont je fais miens les extraits suivants5.

UN PERSONNAGE HORS DE LA LOGIQUE DE L'HISTOIRE

« Quelque chose qui n’était pas dans la logique de l’histoire » : ainsi fut qualifié Raspoutine par Kerenski, chef du Parti socialiste révolutionnaire et ministre-président du gouvernement provisoire après février 1917. Cette citation symbolise à elle seule l’incrédulité que suscitait à l’époque l’influence de ce « moine fou » sur le couple impérial. Pourtant, si la position de pouvoir prise par Raspoutine, moine mystique et illettré, a tout d’une erreur historique improbable en ce début XXe siècle, il n’en reste pas moins qu’elle s’explique. Auprès de Nicolas II, les personnages de ce type, rebouteurs, mages et possédés, sont nombreux : ils sont le symptôme de la décadence du tsarisme russe et de la déligitimation de l’autocratisme russe après la révolution avortée de Février 1905. Un phénomène analysé avec humour par Trotsky dans son Histoire de la Révolution Russe (I, ch. 4 "Le tsar et la tsarine") : « plus la dynastie s’isolait et plus l’autocrate se sentait délaissé, plus il ressentait le besoin de l’au-delà ».

« Les archives permettent de dresser le portrait d’un homme aux fortes caractéristiques de gourou. Doté d’un grand pouvoir de persuasion et de séduction, son influence est particulièrement remarquable auprès des femmes (en premier lieu de la tsarine) et il enchaîne les conquêtes sexuelles, jusqu’à dix par jour selon les sources. Des relations dont on peut se demander dans quelle mesure elles sont consenties (toute ressemblance avec Epstein serait forfuite). En effet, le gourou maîtrise également l’art de l’hypnose et d’une grande sensibilité psychologique, et plusieurs récits relatent sa capacité à obtenir ce qu’il veut de ces personnes mises dans un état de semi-conscience.

« L’ascension de Raspoutine est téléguidée en sous-main par une partie de l’élite russe qui y voit le moyen de prendre le pouvoir, dans un contexte où le tsar Nicolas II, déconnecté de la réalité politique, est incapable de gouverner le pays. La majorité des historiens s’accordent d’ailleurs à relativiser l’influence souvent attribuée à Raspoutine dans la conduite des affaires politiques de la Russie. Pour Trotsky, « mis en valeur au moment opportun, "l’homme de Dieu" trouva bientôt des auxiliaires haut placés ou, plus exactement, ils le trouvèrent, et ainsi se forma une nouvelle coterie dirigeante qui mit solidement la main sur la tsarine, et par l’intermédiaire de celle-ci, sur le tsar. »

« Si Raspoutine est le symbole de la décadence du tsarisme en Russie, il est aussi celle d’une absence d’alternative crédible au sein des sphères de pouvoir pour remplacer un tsar qui s’achemine lentement vers l’agonie. En ce début de XXe siècle, face à l’inconséquence de Nicolas II, nombreux sont les hommes d’influence, à la Cour, à la Douma ou encore dans l’armée qui songent à le renverser, mais aucun ne s’y résout. L’idée d’une Révolution de Palais ne restera qu’un doux rêve. On craint trop de s’attaquer directement du tsar, et d’arriver au pire en voulant faire mieux.

Raspoutine devient alors, à défaut, la cible privilégié des attaques, le meilleur prétexte pour s’en prendre de manière détourné au tsar. Ses excès, réels ou supposés, exaspèrent. On le soupçonne d’organiser des orgies, de manquer à la bienséance, de ridiculiser le pouvoir russe dans la population et à l’étranger. Il est même d’accusé être un espion, à la solde de l’Allemagne, qui chercherait, avec la complicité de la tsarine, née princesse du Deuxième Reich, à affaiblir la Russie dans le contexte de la première guerre mondiale. un autocratisme russe qui, après la révolution de 1905, se maintient tout en craquelant chaque jour un peu plus : où, à côté d’un tsar qui, à la veille de la Révolution de février 1917, se comporte avec l’insouciance d’un enfant en bas âge, un « moine fou » en arrive à conseiller la tsarine, faire nommer des ministres et prendre des décisions politiques majeures pour le pays.

« Qui a le pouvoir en Russie en début de XXe siècle ? Personne ne le sait trop. Dans les classes dominantes, face à la décadence du tsarisme, c’est la paralysie qui domine. On attend : on craint trop, par une action précipitée, de faire une erreur qui pourrait tout bouleverser. A l’image de l’assassinat de Raspoutine, acte individuel de quelques personnes haut placées, et qui va précipiter encore davantage le tsarisme dans le gouffre. Face à cette expectative, dans laquelle personne ne veut, ne peut prendre le pouvoir, c’est le peuple russe lui-même qui va montrer la voie. Moins de trois mois plus tard, et même si cette ère nouvelle ne va pas résoudre, loin s’en faut, toutes les contradictions sociales et culturelles du pays, en particulier dans les campagnes, l’alliance des ouvriers et des paysans va mettre fin définitivement au règne du tsarisme en Russie, et tourner la page de ce clan d’un autre âge, dont Raspoutine fut en définitive une illustration emblématique, qui gouvernait le pays ».

LA PORNOGRAPHIE BOURGEOISE MISE A NU

Du point de vue de l'aspect gourou charlatan, il y a du Raspoutine chez Trump ; du point de vue de la perversion sexuelle Epstein en est le sosie à dimension mondiale, même sans barbe, il est emblématique de la concupiscence d'une bourgeoisie décadente qui ne pense qu'à jouir et à détruire. L'affaire Epstein n'a pas fini de faire des vagues, voire de provoquer des tempêtes politiques conduisant vite à la guerre des classes. S’il est difficile d’en mesurer l’ampleur et d’en prévoir les effets, on peut néanmoins être certain que ce genre de scandale politico-sexuel aura des implications profondes pour une conscience de classe radicalisée. L’histoire de la chute « scanaleuse » de l’Ancien Régime féodal offre à cet égard un terrain d’analyse suffisamment scandaleux et édifiant pour ne pas en douter. La gauche bourgeoise de Mitterrand avec ses affairistes glauques comme Lang, nous a longtemps raconté que la Révolution était démocratique, éthique, égalitaire, etc. avec tous les gauchistes en service d'ordre électoral. Aujourd'hui le scandale des corrompus au niveau financier d'abord, sexuel criminel ensuite dévoile au grand jour, mondialement, l'étendue des compromissions, des ramificatins de gangsters hors la loi, sans foi ni loi que leur intérêt et leurs perversions infantiles. Toute l'affaire reste explosive et nécessiterait une IA vraiment intelligente, tellement elle défie l'imagination : pour quoi et pour qui ont été filmés à leur insu tous ces riches pervers ? Persuadés qu'ils étaient que leur ami était un « obsédé sincère », comme eux et cachotier de cochonneries partagées dans des îles ou des hôtels de grand luxe...

Il faut entendre « scandale » au sens plein : non pas seulement le bruit des alcôves, mais ce mécanisme moderne par lequel la corruption mêle manipulations politiques, mépris des faibles, viols d'enfants, sexe, argent, mensonges, exploitation, etc. Du jamais vu à ce niveau-à. Raison de plus pour ficher en l'air ce déjà « ancien régime » qui aurait déjà dû être abattu depuis longtemps. Dernière remarque, l'orchestration et l'instrumentalisation de la dénonciation effrénée du pédocriminel et de certains de ses comparses hauts placés sert aussi de « cache-sexe » à une vraie dénonciation du système de fonctionnement du capitalisme. Avec une différence, Epstein-Raspoutine est mort mais l'autre est à Washington.



ILLUSTRATIONS POST SCRIPTUM


  Charlemagne couchait avec sa sœur, Aliénor d’Aquitaine. Elle a entretenu une liaison avec son oncle, Raymond de Poitiers. Catherine de Médicis aimait aussi les femmesNymphomane notoire, sa fille Margot aurait subi les assauts de ses trois frères, dont Henri III qu’on qualifierait aujourd’hui de reine queer tandis que les jolis hommes focalisaient aussi les désirs de Louis XIII, dévot tourmenté. "Quel contraste avec son priapique papa ! Persuadé jusqu’à 40 ans que son pénis était un os, Henri IV aimait frénétiquement les femmes. Même à peine pubères. Aujourd’hui, il serait incarcéré pour pédophilie" s’exclame Alain Dag’Naud. "En fait, personne ne se gênait. Les puissants aimaient qui bon leur plaisait. On veillait uniquement à perpétuer sans ambiguïté le lignage royal". De fait, les seuls scandales sexuels visaient exclusivement celles qui étaient investies de cette mission. Dans l’affaire de la Tour de Nesles (1312-14), Philippe Le Bel s’avère surtout scandalisé par le péril que l'infidélité de ses deux belle-filles fait courir à la dynastie. D’où sa fureur et les atroces supplices que leurs malheureux amants vont subir .

Le faible de Louis XV pour les très jeunes femmes, rabattues par des agents dans son parc aux cerfs, fait certes jaser. Mais moins que sa faiblesse envers les femmes qui gouvernent à sa place (la Pompadour) ou celles réputées indignes de ses faveurs (la du Barry). Si elle n'est pas un motif de scandale, la sexualité de son petit-filsLouis XVIsuscite plutôt du souci sinon de la pitié puisqu’elle est inexistante.

"La puissance sexuelle était un attribut attendu des rois, analyse Alain Dag’Naud. Le dégoût de Louis XVI pour la bagatelle va contribuer à sa perte de prestige". Et faire des désirs insatisfaits de son épouse, Marie-Antoinette, la cible de tous les fantasmes. Une littérature de caniveau bravant la censure lui prête des maîtresses (ses amies Lamballe et Polignac), un amant (le Suédois Fersen) ; même si ce sont surtout ses dépenses et son ingérence politique qui choquent l’opinion.

Alternant des périodes pudibondes et de relâchement des mœurs, le XIXème siècle ignore globalement les scandales sexuels. Une chance pour ce polisson de Napoléon III qui collectionnait les conquêtes


Les écarts sexuels sous la IIIe république

En revanche, la très moraliste IIIe république (1870-1940) verra une presse sans vergogne faire payer au prix fort leurs galipettes désordonnées à de nombreux politiciens. Le décès du président Félix Faure en pleine gâterie prodiguée par sa maîtresse le 16 février 1899 à l’Elysée ? Loin de s’en outrer les Français préfèrent en rire avec son rival Clémenceau ("Il Il se croyait César, il n'est mort que Pompée").

Les penchants triolistes du très vert Maréchal Pétain auraient eu de quoi davantage choquer les Français de l’Occupation. Ils n’en sauront rien. Le président de l’Assemblée André Le Troquer échappera, lui, à la prison ferme mais pas à l’infamie quand en 1959 sont révélés ses "ballets roses" avec des mineures sous les ors de la République. Scandale monté de toutes pièces pour nuire à Georges Pompidou, l’affaire Markovic (1968), qui prête à sa femme Claude la participation à des partouzes, fera pschitt. Devenus discrets sur la vie privée de nos dirigeants, les médias français tairont les escapades extraconjugales de ses successeurs Giscard d’Estaing, Chirac, Mitterrand.

Favori de l’élection présidentielle à venir, Dominique Strauss-Kahn, notoirement libertin, croyait jouir de cette immunité jusqu’à ce qu’il se mette à la faute au fameux Sofitel de New York en 2011. Fatal en terre anglo-saxonne, le scandale s’avère monstrueux. "Cette affaire scelle un changement accéléré par #MeToo, analyse Alain Dag’Naud. Désormais, chez nous, on ne rigole plus avec les frasques sexuelles de ceux qui nous gouvernent."

A partir des années 1950, ce sont Édouard Herriot, qui de notoriété publique aimait que ses maîtresses s’habillent en infirmière, ou encore Edgar Faure célèbre pour ses réparties. A une femme appuyée contre une cheminée, il aurait par exemple lancé : « Si c’est pour moi, pas trop cuit », à une autre, « Mademoiselle, je ne vous dévisage pas, je vous envisage ». « Il s’en dégage au long cours un insupportable fumet de machisme archaïque, lié au sexisme et à la phallocratie » résume Jean Garrigues.

Valéry Giscard d’Estaing, un séducteur compulsifEt le vent de féminisme qui souffle sur les années 1970 n’y changera rien, la tradition se perpétue. Valéry Giscard d’Estaing, dit Valéry « Folamour », était lui aussi un séducteur compulsif. « Giscard est le seul chef d’État au monde dont on sait à peu près sûrement où il ne couche pas » aurait lancé Maurice Couve de Murville, ancien Premier ministre. Jacques Chirac reprend le flambeau : « Son ancien chauffeur raconte que lorsqu’il avait rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près » raconte Jean GarrigueCharlemagnes. « Trois minutes, douche comprise » aurait lui-même lancé l’intéressé. Quant à Mitterrand, l’apparition d’une « fille cachée » et la révélation de sa double vie, ne l’a pas empêché de collectionner les maîtresses jusqu’à la fin de sa vie. Dans l’ombre, les premières dames ont toujours fait bonne figure, ravalant leur humiliation. Seuls De Gaulle et Pompidou semblent avoir été épargnés par cette frénésie.

Nos dirigeants, tous des séducteurs ?

Quel démon a bien pu s’emparer de nos dirigeants ? Le pouvoir, tout simplement, « le plus puissant des aphrodisiaques » affirmait l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger. Une idée que développe Serge Hefez : « On est tout le temps au milieu des autres, en train de séduire, de décider, d’agir, dans un état d’éveil sensoriel permanent ». Et puis les femmes ne résistent pas aux hommes de pouvoir, dit-on, comme s’en vantait Edgar Faure : « Quand j’étais ministre, quelques femmes m’ont résisté ; une fois président du Conseil, plus une seule ». A l’ère post me too elles ont pourtant appris à dire non. L’affaire DSK en a été l’exemple le plus criant. Depuis, les accusations d’agressions et de harcèlement pleuvent sur les politiques. Le droit de cuissage a vécu.

La folle rumeur du couple Pompidou échangiste

Peu de gens les ont vues, mais tout le monde en parle en cet hiver 1968 : des photos de madame Claude Pompidou participant à une soirée échangiste. Le coup est rude pour la carrière politique de son époux Georges, ex-premier ministre de De Gaulle. D’autant que derrière ces images compromettantes se cache une sordide affaire de meurtre. La police vient en effet de retrouver le cadavre de Stevan Markovic, un malfrat yougoslave qui évolue dans la Jet Set parisienne. Ni une ni deux, la rumeur se répand dans les salons et bientôt dans la presse : Markovic aurait été l’organisateur de ces soirées échangistes dont les époux Pompidou « raffolaient ». Sa mort : une façon de le faire taire. Il s’avéra rapidement que les clichés n’étaient que des photos montages et, en 1969, le couple lava son honneur en gravissant les marches de l’Élysée.


Il faut dire en conclusion de ces quelques exemples, surtout français, que leur impact resta limité à l'hexagone. Le scandale Epstein présente une toute autre gravité. Il éclabousse les élites bourgeoises au niveau mondial, même la couronne britannique risque de passer à la trap


NOTES

1D'ailleurs sur cette question, le CCI est le seul groupe à s'être penché sur la questiion à une époque, même 'il passe son temps à nous expliquer que la guerre est capitaliste et que la seule réflexion des ouvriers tourne autour de leeur feuille de paye. cf. Le legs dissimulé de la gauche du capital (IV) : Leur morale et la nôtre | Courant Communiste International et plusieurs textes de 2024 à 2022.

2 Notamment sa prédiction de la tuerie de la famille du tsar. Dans une lettre datée de décembre 1916, il écrivit ces mots troublants : "Si je meurs ou si vous me faites tuer, vous perdrez votre fils et votre couronne dans les six mois qui suivront. Le peuple russe maudira votre famille, et tous vos proches périront..." Cette prédiction s'est réalisée avec une précision stupéfiante. Six mois après l'assassinat de Raspoutine, la révolution russe éclata, conduisant à l'abdication du Tsar Nicolas II et, ultimement, à l'exécution de toute la famille impériale en 1918. Il avait prédit aussi les bouleversements sociaux qui allaient secouer la Russie et transformer le pays, L'avènement des technologies modernes Ses visions incluaient des machines volantes et des moyens de communication instantanée entre les hommes. Les changements climatiques L'émergence de nouvelles puissances mondiales Il annonça le déclin des anciennes puissances et l'émergence de nouveaux empires. Toutes choses qu'un autre prédicateur avait aussi, et rationnellement anticipé, Vladimir Oulianov Lénine.

3 Les attitudes et comportements sexuels dans la Rome antique sont visibles dans l'art ratriotomain, la littérature, les inscriptions et dans une moindre mesure dans les restes archéologiques comme les artefacts érotiques ou l'architecture. Il a parfois été avancé qu'une caractéristique de l'ancienne Rome est une « licence sexuelle illimitée » .

4 Les lettres de cachets et les pamphlets, tels que Les amours de Charlots et Toinette, Pièce dérobée à V……[Versailles] (1779), La Foutromanie, poèmes lubriques en six chants de Gabriel Sénac de Meilhan (1780), La Messaline française, Ou les nuits de la duch. . . . . de Pol. . . . . Et Aventures mystérieuses de la pr......se d'He.... et de la ..... (1789), Le Godmiché royal (1789), Fureurs utérines de Marie-Antoinette, femme de Louis XVI (1791).

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