"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 17 février 2026

POURQUOI TRUMP FERME SA GUEULE (2 ème partie)


« Qu’y a-t-il de ressemblant entre les événements somaliens de 1993, la chute des enclaves
bosniaques, les 78 jours d’offensive aérienne de l’OTAN dans les Balkans, les incidents de Prizren de juin 1999 mettant aux prises la 
Bundeswehr, ou les tensions ethniques autour du pont de Mitrovica au Kosovo ? N’est-ce pas cette dimension à la fois subtile et aliénante reprise sous le vocable de concept de « zéro-mort » ? Non pas le « zéro-mort » du ciblage militaire avec évitement ou le « zéro-mort » des armes non létales. Celui, plutôt, de cette propension à éviter des pertes humaines chez soi sans s’inquiéter, outre mesure, des pertes chez l’adversaire,(comme l'indifférencve de l'idiot Trump pour le massacre en Iran) la collatéralité civile étant supportée, subie ou recherchée. Bref, au pire, le « zéro-vivant » en face. N’est-ce pas, plus subtilement, le refus d’une prise de risques au nom d’une hiérarchisation des valeurs à défendre, des vies à protéger, des hommes à secourir, des intérêts à préserver ? »

Or l'avenir du cynique bourgeois Trump se joue en ce moment. Ia déjà perdu une bonne partie de sa crédibilité pour sa lâcheté d'avoir laissé massacer la jeunesse iranienne, ce qui lui aliène déjà une partie de sa base maga. Car le populisme, même s'il n'est pas internationalisme, et du fait que les chefs de l'Etat islamique terroriste ne sont pas une élite mais un gang de tueurs sans vergogne - reste, sans diabolisation, aussi une expression du peuple. Et le peuple américain, composé aussi d'iraniens, est aussi bouleversé que nous par les massacres des assassins mollahs. Comme je l'ai remarqué antérieurement, Trump avait une chance de consolider une réputation de politique aux côtés du peuple (ceux d'Orban et de Giorgia Meloni) mais pas le peuple martyrisé par les salauds enturbannés avec qui il est obligé de négocier la trouille au cul. Dans tous les cas et même s'il bombarde, cela contribuera à amplifier le déclin américain et sa possible éjection ou assassinat dans les mois à venir par la bourgeoisie US rationnelle outrée de son attitude erratique, suicidaire et ridicule. L'avantage principal du comportement de Trump est son inhumanité exhibée en spectacle qui finit par faire vomir les gens d'en bas, qu'il méprise profondément.

LES CONSEQUENCES INCERTAINES DU « ZÉRO-MORT »

« Le terme de « zéro-mort » est d’abord un slogan journalistique issu de la vision simpliste et toute relative des frappes de précision de la guerre du Golfe, mais où l’accent fut mis sur la faiblesse des pertes de la coalition face à l’armée de Saddam Hussein. Le « moindre mort », qui était déjà sous-jacent durant la guerre du Viêtnam, fut progressivement remplacé par cette volonté première et prioritaire de préserver ses propres hommes en opération de gestion de crises. Aussi, cette expression-slogan très signifiante va devenir le maître mot des commentateurs des missions de type Petersberg1 lorsqu’il est question de l’opportunité d’intervenir, du choix des systèmes d’armes et des stratégies opératoires ou de la façon de sortir de la crise. Le degré de prise de risque devient l’alpha et l’oméga des débats politico-médiatico-militaires. La préservation des hommes semble devenir le paramètre premier transcendant les autres objectifs, les décisions politiques, l’attitude des états-majors (selon le contexte et les armes employées). Aussi, le « zéro-mort » prend bel et bien ses racines dans plusieurs espaces ».

« Le premier espace est celui du champ politico-stratégique, parce que les interventions de Petersberg hors du cadre territorial de l’article V/5 ne concernent aucunement les intérêts vitaux. À des enjeux différents, il y a prise de risques différente. Cette échelle de valeurs est d’autant plus visible que « les occupations territoriales ne sont plus des buts politiques ni des enjeux de souveraineté dans la nouvelle ère électronique » . En outre, c’est parfois la simple présence de la force sur un théâtre extérieur qui constitue en soi un fait politique, sans que les autorités qui ont décidé de son déploiement ne se soucient particulièrement de lui fixer un mandat à assumer. (hi ! cf. l'armada US dans le golfe) On peut alors en arriver à ce que la stratégie d’intervention soit associée à la stratégie de sortie (exit strategy). Le refus du risque veut que l’on soit parti avant d’être arrivé. Bref, on souhaite ne pas s’éterniser. Mais nous nous trompons souvent, comme on peut le constater en Bosnie et au Kosovo où la présence de la Force multinationale de stabilisation (SFOR) et de la Force de paix au Kosovo (KFOR) reste nécessaire sur le moyen terme ». (donc bombardement de l'Iran pas exclu). Donc bombardements pas exclus à terme ».

« Le deuxième espace intègre le champ technologique, parce que nous vivons le passage de la guerre des mégatonnes à celui des mégabits, avec cette croyance d’une guerre sans aléa, où nous pouvons distinguer les objets automatiques sacrifiés non récupérables (missiles, drones) des objets humains épargnés. Cette parcimonie où l’on fait la guerre en restant intact est apportée par l’apparition de nouvelles technologies post-guerre du Golfe. Les senseurs, les drones, le tir, la furtivité, les armes perforantes, la gestion des flux d’information, le renseignement, la relocalisation des cibles et les doctrines qui y sont associées, alimentent alors le « zéro-mort » et vice versa. L’adage de Williamson Murray "Clausewitz Out, Computer In », prend alors tout son sens, avec la figure de l’ingénieur militaire l’emportant, dans l’imaginaire, sur la figure du guerrier traditionnel.

C’est bien le règne de la répugnance au corps à corps, le choix de l’étouffement des mécanismes vitaux de l’adversaire sans contact physique, cette croyance à forte tonalité utopique, profondément enracinée dans la culture américaine et en passe peut-être de nous atteindre, selon laquelle tout conflit peut et doit être résolu par la technologie. Mais les limites sont bien présentes, à la fois parce que les rivalités inter-armes obèrent encore l’efficacité du système, mais aussi, et surtout, parce que ce raisonnement mécaniste sur l’apport des technologies ne tient pas suffisamment compte des facteurs humains, mais aussi de scénarios n’associant pas des conflits entre pairs, mais des conflits asymétriques. Enfin, les enseignements du conflit du Golfe ont montré que le différentiel de compétence et le qualitatif sont davantage significatifs dans la victoire finale, que la seule technologie ».

« Le troisième espace occupe le champ sociologique et anthropomorphique parce qu’il implique l’adoption d’une extrême prudence dans la prise de risque au sein des armées occidentales. Le vieillissement des populations et une démographie stagnante, l’individualisme prégnant et le poids des forces culturelles et sociales, le coût élevé dans la formation des personnels militaires, autant de facteurs créant les conditions d’une prise de valeur ajoutée des hommes par comparaison aux attitudes du passé. La préservation des vies est partie prenante d’un mental postguerrier, et la culture du « dédommagement » atteint le militaire. L’investissement familial et sociétal dans les sociétés postindustrielles est lui-même surdimensionné par la valeur ajoutée du militaire technicien, ce dernier étant davantage socialisé  et intégré à la société civile.

Et la professionnalisation des armées est, quelque part, un effet de cette frilosité des États dominants et vieillissants. On ne va pas lever l’impôt du sang si la nation n’est pas directement menacée. Dans les sociétés postbelliques (pour reprendre François Géré), le rapport à la vie et à la mort tend à faire apparaître une potentialité différente à faire la guerre, le déficit thanatologique occidental à se représenter la mort étant bel et bien présent. La distanciation face à la mort et l’importance attachée à l’individu unique et « irremplaçable » (parce qu’exclusif) sont ainsi les matériaux permettant d’assurer le mental « zéro-mort ». À cette posture vient s’attacher la doctrine opératoire du tir à distance sans effet retour, soutenue par la haute technologie.

« L’homme n’est plus la matière première, la denrée consommable de la guerre. Aujourd’hui, dans les armées occidentales, il n’est d’ailleurs pas étonnant que l’on améliore sans cesse le continuum de la chaîne des services de santé, afin de maximiser la survie des blessés. Mais si personne ne se plaindra de ce souci de réduire les pertes humaines – en principe cela apparaît comme l’un des objectifs des chefs militaires occidentaux ces dernières décennies –, l’impuissance virtuelle ou relative face au désordre des conflits identitaires ou asymétriques est posée.(quésaco ? Et le prolétariat n'a pas son mot à dire ? JLR)

« À l’extrême, cette nouvelle perception des valeurs entre en interaction avec le jeu des médias pouvant soumettre la conduite des politiques aux variations de l’opinion et l’expression des opinions publiques, aux accents parfois permissifs, quelquefois directifs  bornant en partie la marge de manœuvre des décideurs en matière de sécurité. Le slogan du « zéro-mort » devient alors l’outil de légitimation relative dans cette recherche d’une adhésion des populations au principe d’intervention militaire. (donc ce « zéro mort » peut tout autant, à un certain moment, servir aussi à la marche à la guerre ! JLR)

« Les enquêtes sociologiques et statistiques relatives aux opinions publiques indiquent une acceptation des pertes, que nous qualifierions d’« à la carte », sous conditions. Chaque situation est un cas de figure, mais il semble se confirmer que l’homme politique serait plus sensible au problème des pertes humaines amies et à leur effet sur le public, que l’opinion publique elle-même, certes dans un jeu interact f assez serré. Et si 80 % des Européens estiment aujourd’hui que l’armée doit avoir pour rôle de maintenir ou rétablir la paix dans le monde – ce qui implique nécessairement un certain nombre de risques –, aucune certitude n’apparaît quant aux réactions face à la vue de « morts-citoyens », qu’ils soient issus de l’institution militaire professionnelle ou membres volontaires provenant de la conscription. La question du seuil de tolérance reste assurément difficile à quantifier, alors que la guerre devient un spectacle lointain télégénique (pour reprendre Martin Shaw).

« Ensuite, le « zéro-mort » tend à court-circuiter davantage l’intensité et l’ampleur des frappes en instaurant des pauses et des paliers dans l’escalade, autant par prudence et sûreté que pour laisser ouverte la négociation diplomatique. Les frappes de semonce et les frappes limitatives sont ici l’expression d’un gradualisme politique, mais peuvent aussi être les effets directs d’une improvisation. Dans bien des cas, le gradualisme est associé au refus du risque, puisqu’il instaure une prudence dans l’escalade. Selon Pierre Hassner, la limite de cette posture stratégique est qu’elle « ne tient pas compte de l’importance de l’enjeu qui doit être plus grande chez celui qui bombarde que chez son adversaire ». On peut alors aboutir à des conflits sans vainqueur, ou à des guerres préservant – volontairement s’entend – les régimes en place, comme ce fut le cas durant la guerre du Golfe où la stratégie de décapitation fut évitée. (sic)

Le Kosovo nous vient directement à l’esprit En outre, cette stratégie tendrait, par facilité, à privilégier les cibles fixes faiblement protégées, à caractères économiques et industriels, accentuant alors les risques de dommages collatéraux ou les stratégies de déception, les effets retours sur les opinions publiques spectatrices et une plus forte cohésion, face aux épreuves, des sociétés vulnérabilisées ». Donc même commencée la guerre peut entraîner des retournements subits de « l'opinion »!



« Le « zéro-mort » virtuel américain n’est-il pas le « moindre mort » européen ? Derrière cela peut se profiler un partage des tâches entre Européens et Américains, les premiers prenant déjà davantage de risques que les seconds, pour des motifs technologiques, historiques et doctrinaux. À l’extrême, le risque est grand de voir se codifier la guerre des « fantassins » réservée aux Européens et la guerre informationnelle et logistique aux États-Unis. (çà c'est pas sur vu l'expérience historique du prolétariat européen!)

« Les déclarations d’Anthony Lake en novembre 1996 et celles de Condoleezza Rice en octobre 2000, respectivement conseillers de William J. Clinton et de George W. Bush, sont révélatrices de cette permanence dans la politique des États-Unis, à savoir que la première mission des forces armées américaines n’est pas de conduire des missions de maintien de la paix, mais de gagner des guerres.

La différence de capacité, de mentalité, de culture militaire, de prise de risque existe d’ailleurs déjà au sein même des forces terrestres alliées. Alors que l’US Army s’enferme dans d’imposants camps retranchés, véritables petites villes, comme celui de Mc Govern (Bosnie) et de Bondsteel (Kosovo), les forces européennes ont tendance généralement à côtoyer – certes avec un minimum de précaution – les populations des sociétés à stabiliser. Cette attitude explique le refus américain d’apporter quelques renforts lors des incidents de Mitrovica afin de soutenir les unités européennes sur place. Finalement, cette conception du « zéro-mort » peut-elle aller jusqu’au retrait de l’armée de terre américaine du Vieux Continent au profit d’une capacité de projection et de reconstitution, laissant seulement opérer à terre les forces spéciales ? (article précurseur qui avait prévu la venue de la tactique « pacifique » trumpienne)2

« L’esprit de dévouement, de courage et d’abnégation généralement propre à la culture militaire pourrait être mis à mal par le « zéro-mort ». À l’autre spectre, « la passion et la haine » de la part des forces d’intervention occidentales y deviennent interdites , inadmissibles, incongrues, vulgaires. Ce bouleversement du mental militaire post-guerre froide dans les sociétés modernes vers le non-martial et le posthéroïsme (pour reprendre l’expression de François Géré) est formidablement interpellant, car il y a dorénavant déséquilibre entre la prise de risque nécessaire et le souci de se préserver ».

ENCORE UN EFFET PLUTOT POSITIF DE LA DECOMPOSITION ?

« La distanciation par rapport au réel du combat, loin du choc collectif du « soldat Ryan », entraîne une vulnérabilité psychologique par rapport aux conflits identitaires asymétriques dont le paroxysme violent aboutit à l’absence de règles et d’éthique, engendrant exactions, charniers et fosses communes. Cette fragilité psychologique du combattant moderne, déjà perceptible face aux nouvelles armes de saturation de zone  dont il dispose lui-même et dont il connaît les effets, apparaît également à l’autre bout du spectre, dans la gestion des crises hors zone face à des guerres psychologiques et civiles. L’envoi de psychologues auprès de soldats de la Bundeswehr, après l’incident du 13 juin 1999 à Prizren en est l’illustration parfaite. Le guerrier moderne pourrait-il ne plus être endossé que par les seules forces spéciales ? L’objectif est alors une tentative de faire atteindre le seuil de renoncement et d’« insupportabilité » morale aux intervenants militaires postmodernes, en faisant durer un conflit sans code ».

« Le « zéro-mort » fait partager l’idée selon laquelle la guerre humanitaire ne vaut pas un coût humain occidental. La question est ainsi de savoir quel message peut être délivré en n’acceptant pas de risque au sol, sachant que le prix du sang, paradoxalement, représente la valeur attribuée à la vie. Et, dès lors, se pose la question de la valeur des populations sans défense au sol, la valeur donnée aux populations victimes à protéger. 

À force de s’autoprotéger, ne développe-t-on pas un état d’esprit aboutissant déjà à l’adoption d’une sorte de code de bonne conduite par la prise en compte des zones collatérales et le dosage minutieux des feux, ce même dosage pouvant à moyen terme favoriser les conditions permettant d’aboutir au concept de « double zéro-mort » ? Nous ne sommes pas loin alors des stratégies de décapitation, de paralysie sociétale et d’armes non létales qui recèlent également leurs propres mythes, limites et contradictions. Le souci d’épargner des vies dans ses propres rangs finirait par entraîner la volonté de préserver celles de la partie adverse , comme on peut déjà le lire dans les documents officiels les plus récents du ministère français de la Défense.

Jusqu’où ira l’Europe dans l’intégration confuse, ambiguë, dégradée du concept américain de « zéro-mort » ? Quels seront les effets de cette intégration partielle ou totale dans la planification des équipements, la formation dans les académies et écoles militaires supérieures, dans les doctrines opératoires nationales ? La récupération de ressortissants nationaux ne relève-t-elle pas des missions de Petersberg, qui se situent à la frontière entre le vital et le non vital, l’identité nationale et non plus l’identité territoriale pouvant être le symbole vivant d’intérêts premiers, favorisant ainsi une possible acceptation plus ouverte au risque ?

Enfin, l’obsession du « zéro-mort » hors zone, en voie d’intégration dans les esprits, peut-elle insidieusement altérer l’esprit de sacrifice autour des intérêts vitaux de l’article V/5 ? En d’autres mots, à force d’assimiler le concept de prudence dans le champ du militaire et du « zéro-mort », serait-on fragilisé face à une hypothétique menace majeure territoriale ?

Comment imaginer le passage d’un état d’esprit à l’autre si une opération ne relevant pas de l’article 5/V évolue en partie et parallèlement en une agression territoriale impliquant une nouvelle définition du vital, du réactif, et donc du rapport à la mort ?

(…) S’il est indécent de critiquer le principe de la préservation des vies, la notion de « zéro-mort », altérée ou nuancée, aux multiples facettes et interrogations, bouleverse déjà la conception que les Occidentaux ont de la guerre, de la crise et de la violence archaïque.

Les actes terroristes gravissimes intervenus aux États-Unis imposant une réponse proportionnée et plurisectorielle, tout en évitant la collatéralité moralement inacceptable, devraient conduire à une réelle prise de risque dès l’instant où l’agression fut majeure et impliquait le territoire national. Aujourd’hui, le « zéro-mort » se conjugue encore avec les missions non vitales pour des enjeux extérieurs à la défense du territoire.

(...) si les actes terroristes subis devaient s’exprimer hors du sanctuaire contre d’autres symboles nationaux, ce nouveau paysage de l’internationale terroriste aveugle libérerait-il des contraintes du « moindre mort » ? Où peuvent s’arrêter les réticences face aux risques ? La frontière dans l’attitude militaire et politique face au risque de mort est-elle en définitive uniquement calquée sur le binaire des intérêts vitaux et non vitaux définis sur le plan national ? Telles sont, finalement, les questions majeures face à un futur incertain »3.


Encore à suivre...

NOTES


1Les missions de Petersberg étaient une série de missions militaires que devait mener l'union de l'Europe occidentale, elles avaient été décidées à Petersberg en 1992 en Allemagne par les Etats membres de l'UEO. (Union de l'Europe Occidentale)

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