"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 20 février 2026

Au courrier : panorama des groupes révolutionnaires en Iran


 Panaroma des forces se réclamant des positions communistes selon l IA de GOOGLE (xavier)

Dans les années 1980 en Iran, la scène politique d'extrême gauche était particulièrement riche et fragmentée. Si la majorité des groupes étaient d'inspiration marxiste-léniniste classique, maoïste ou trotskiste, un courant spécifique s'est distingué par sa rupture avec le "communisme mainstream" (pro-soviétique ou pro-chinois) pour se rapprocher des thèses de la Gauche communiste (notamment allemande et italienne).

Le groupe le plus emblématique de cette tendance est l'Union des combattants communistes (UCC), qui donnera naissance au "Communisme ouvrier".

1. L'Union des combattants communistes (UCC) et Mansoor Hekmat

L'UCC (Ettehad-e Mobarezan-e Komonist), fondée à la fin de 1978 par Mansoor Hekmat, est le groupe qui a le plus explicitement intégré des éléments de la Gauche communiste européenne (Bordiga, Pannekoek) dans son logiciel théorique pour critiquer la situation iranienne.

Rupture avec le "Tiers-mondisme" : Contrairement aux autres groupes (comme les Fedayin ou le Toudeh) qui soutenaient initialement Khomeiny au nom de l'"anti-impérialisme", l'UCC a très vite dénoncé la nature capitaliste d'État du nouveau régime.

Influence de la Gauche Italienne : L'UCC a repris la critique de la "révolution démocratique" chère à la Gauche communiste italienne (Bordiga). Pour eux, l'Iran n'était pas un pays "semi-féodal" (vision maoïste), mais un pays pleinement intégré au capitalisme mondial. La révolution devait donc être directement socialiste.

Influence de la Gauche Allemande/Hollandaise : Le mouvement a mis l'accent sur l'auto-organisation ouvrière et a critiqué la bureaucratie des partis traditionnels, se rapprochant du conseillisme (Pannekoek, Gorter).

2. Le courant du "Communisme ouvrier"

En 1983, l'UCC fusionne avec le groupe kurde Komala pour former le Parti communiste d'Iran (PCI). À l'intérieur de ce parti, Mansoor Hekmat (*) développe la théorie du "Communisme ouvrier".

Il rejette l'URSS et la Chine comme étant des "capitalismes d'État".

Il s'oppose radicalement à l'islam politique, qu'il voit comme un mouvement réactionnaire de la bourgeoisie, là où d'autres gauchistes y voyaient un allié contre les États-Unis.

3. Les liens avec les organisations internationales

Ce courant iranien a entretenu des relations polémiques et théoriques avec les héritiers de la Gauche communiste en Europe :

Le Courant Communiste International (CCI) : Bien que le CCI ait critiqué l'UCC pour certains de ses aspects jugés encore trop "activistes" ou "substitutistes", il y a eu des débats intenses entre ces organisations dans les années 80.

Le milieu "Bordiguiste" : Certains militants iraniens en exil ont rejoint ou collaboré avec des fractions issues de la Gauche italienne, partageant leur vision d'un internationalisme strict qui refuse de choisir un camp dans les guerres régionales (comme la guerre Iran-Irak).

Résumé des caractéristiques de ces groupes radicaux

Groupe Leader clé Influence théorique Position sur 1979
UCC / PCI Mansoor Hekmat Marx, Bordiga, Pannekoek Contre-révolution bourgeoise/islamique
Komala (aile gauche) Ibrahim Alizadeh Maoïsme puis Marx Lutte nationale et sociale au Kurdistan
Groupes conseillistes Divers collectifs Pannekoek, Luxemburg Pouvoir aux Shoras (conseils ouvriers)
Note : La répression brutale de 1981-1983 par la République Islamique a forcé la quasi-totalité de ces militants à l'exécution, à la prison ou à l'exil (notamment vers le Kurdistan ou l'Europe), où ils ont continué à développer ces théories.

Souhaiteriez-vous que je développe davantage les divergences précises entre Mansoor Hekmat et les courants "Bordiguistes" européens de l'époque ?


Ma réponse est oui.

(*) https://slguardian.org/perils-of-nationalism-mansoor-hekmats-enduring-lessons/


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire