"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 11 décembre 2015

Parade anti-FN : L'ANTI-FASCISME DE CONFORT ACCOUCHE D'UNE SOURIS


Du jamais vu dans le genre non plus diabolisation mais hystérie médiatique lourdingue et calamiteuse pour massacrer la candidature FN au deuxième tour. Ils me donnent tous franchement envie de voter pour ce parti pas plus galeux qu'eux tous en tas de hyènes ; mais je ne le ferai pas.
Ils sont tous là à aboyer après que le maître des séances, silencieux en son palais de l'Elysée, ait donné le la. Après quelques ronchonnements face à l'ordre « républicain » de voter pour la droite, la deuxième étape du rouleau compresseur consiste à vomir en long, en large et en travers sur la bande à mémère Le Pen. Toutes les ressources de la psychologie de comptoir et de la psychanalyse des cauchemars ésotériques, et diverses amulettes éculées, sont déversées à l'unisson. Sus aux baudets « racistes » et « orduriers » qui voulaient soulever sans façon les jupes de Marianne. A mort : Hurlent Valls, Bové, Cohn-Bendit, Dany Boon et Guy Bedos. Mais au final nulle manif nubile massive comme en 2002, l'état d'exception venant en plus, hélas deux fois hélas, gripper une impossible mascarade de rue, les CRS sont épuisés et en trop petit nombre.
Quelques voix, dans les coins1, s'interrogent sur ce cirque ahurissant, non qu'ils créditent le FN d'une réelle représentativité, car on ne peut que soulever un coin du voile de l'après, les non-dits dans les écuries d'Augias présidentiable; le plus époustoufflant dans la série des non-dits restera sans doute l'incapacité des gauchistes, tout à leur antiracisme de salon, à parler d'abstention, preuve de plus qu'ils sont totalement étrangers au prolétariat. Tout est au point pour que Marine Le Pen ne se donne même pas la peine de se prendre pour Héraclès (celui qui avait nettoyé les écuries en une journée). Et d'autres de chuchoter : ne pourrait-on pas « entendre » ce que signifie le vote FN disproportionné ? Ils sont certes courageux comme les quelques types qui, à la Libération, ont dû tenter de dissuader les résistants de la dernière heure de tondre les femmes collaboratrices à l'horizontale.
J'avais remarqué il y a deux jours que l'hystérie était plus belliqueuse contre les abstentionnistes que contre les électeurs du FN, ceux-là au moins participant au carnaval des puissants. Inversion de tendance en fin de courte : on te cajole toi le coupable abstentionniste qui a failli te faire le complice de la chute de la république ! On te saisit plus aux tripes qu'à la cravate : fait barrage à la femme d'Hitler et à Eva Braun Maréchal-la-voilà ! Ferme les yeux le temps d'un dimanche sur le mépris de la bourgeoisie de gauche et de droite pour les sans-dents ! En rang pour les urnes : le FN te ment en te faisant des promesses qu'il ne peut pas tenir quand nous, nous crachons tellement de promesses que tu comprends pourquoi on ne peut pas les tenir (cher électeur floué je te joins la copie des promesses électorales du candidat Hollande – Monsieur « quand je serai président « – roi de l'anaphore en toute circonstance ; en effet aucune n'a été tenue). Il n'y a pas que le programme FN qui trompe les gens, quoique personne ne vote pour un programme, il y a les programmes de ceux, les moralistes caviar qui ont déjà si souvent trompés la classe ouvrière, quant au peuple... c'est du vent.



Mais le plus scandaleux dans cette hystérie n'est pas l'acharnement contre un parti gérontocrate idéologiquement, et dont les membres vont et viennent avec les cliques de la droite « présentable » selon les époques, mais une façon terriblement dictatoriale d'opprimer toute réflexion non partisane, qui pourrait s'appliquer de la même façon si un parti révolutionnaire maximaliste avait concouru, ou si par exemple les sectes Lutte ouvrière ou Front de gauche avaient obtenu des scores comparables à ceux du FN cuvée 2015 ; on se souvient que le PCF, au temps de sa splendeur électorale fût l'objet de dénigrements pire encore que ceux utilisés contre le FN, et ses militants autrement inquiétés par les
gouvernants de l'époque.
Je le répète ce FN n'est pas un parti fâchiste, et la possibilité qu'il emporte une élection régionale serait certes plus source de pagaille qu'une solution à la crise bourgeoise, c'est un parti du sérail !
Il fonctionne selon les mêmes principes oligarchiques que les autres, enfin non-principes si vous voulez. On veut nous faire oublier qu'une bonne partie du personnel qui compose les partis de droite et du centre ont été formés dans leur jeunesse dans des cliques d'extrême droite, comme aujourd'hui les aboyeurs du système « républicain » indépassable, les Cambadélis, Kouchner, Plenel, etc. ont été formés dans les ligues d'extrême gauche qui prônaient la dictature du parti et tous les opposants en prison. Libre à toi, électeur docile de penser que tu exprimes ton opinion en votant pour un personnel qui a un étrange passé peu présentable dans l'opaque présent ; qui recrutaient de la même manière que l'extrême droite du début du XX e siècle (si vous remplacez métèques par « fascistes ») :


Je vous joins la photo ci-dessous, du 22 mars 1986, et vous allez comprendre comment tout ce beau monde peut leurrer le prolétariat en se tenant par la main dans tous les conseils des ministres ; c'est pourquoi il serait incongru de se choquer que la gauche gouvernementeuse actuelle rende service à certains chevaux de droite en opposition, quoique en ridiculisant le vieux canasson fatigué Sarkozy. Nous sommes sur le seuil du premier conseil des ministres de la cohabitation : Chirac vient d'être nommé Premier ministre par le président Mitterrand, preuve rétroactive bien oubliée que gauche et droite peuvent assurer la pérennité étatique sans heurts, qu'ils ne peuvent être ennemis au fond. Partons de la gauche, laissons de côté ce chauve que je n'ai pas identifié. Voici le fringant François Léotard, destiné à une carrière moins alcoolisée que son frère l'acteur, fils d'un père monarchiste il n'a pas dû avoir une éducation spécialement prolétaire ni de gauche. Bien que ce personnage ait été défait dans son aspiration au poste suprême, il reste un homme de l'ombre important pour le pouvoir, et un allié des mafieux corse (il l'est par sa mère)2. Il est chef de file de l'ancien parti républicain puis de l'UDF3. Il ne s'est certainement pas préoccupé du cv politique de ceux qui le suivent. Voici ensuite Gérard Longuet, fondateur en 1964 du groupuscule facho Occident avec Madelin qui marche à l'extrême droite sur la photo, suivi par le petit De Villiers dont la réputation n'est plus à faire, qui, lui cache qu'il était à la même époque dans les eaux de Nouvelle Action royaliste. Derrière arrive Hervé de Charette qui vient d'une famille aristo et n'est pas connu pour avoir fondé dans sa jeunesse une section de la CNT. Le petit chauve à moustache de gaulois qui sourit aux photographes a été pistonné par Madelin et on ne connaît pas vraiment sa trajectoire politiquement, c'est le genre du gugusse accessoire droidelomiste qui est ajouté depuis à tout gouvernement, s'il n'est pas confondu avec les quotas raciaux.


ALEA JACTA EST...

Mémère Le Pen a déjà posé en victime du système UMPS, mise à genoux par la manie des sondages déstabilisants, et cruellement véridiques en général, qui confirment l'inutilité des élections puisque 803 consulté(e)s suffisent à déterminer les opinions de 30 ou 40 millions d'individus en âge de marcher jusqu'aux urnes. Sans doute a-t-elle déjà commencé à admettre la triste vie politique qui l'attend : n'être qu'une variable d'ajustement et dérivatif facile au prosaïque gouvernement bourgeois, comme papa...
La benjamine plie aussi un genou. Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste du Front national en Provence-Alpes-Côte d'Azur pour les élections régionales, a dénoncé mercredi tous ceux qui prennent la "démocratie en otage" pour priver le FN d'un "succès historique". Elle avait avancé un peu imprudemment le possible soutien d'un tonton riche en Afrique pour arguer que les capitaux n'allaient pas fuir la région Paca. Le coup est porté, l'internaute moyen, décillé par l'honnête contre-campagne pour sauver la république, a tranché pour empêcher l'horreur brune de se répandre, résumant le dégoût des millions d'internautes alertés enfin du danger : «Consternant. Le FN n'est pas un parti, c'est une entreprise familiale ! ». Qui l'eût cru ? Les autres entreprises familiales aussi « affairistes » ?
Le chevalier à la triste figure éthique et étique Valls, lui, a tonné qu'il fallait « défendre les musulmans », comme son adjoint Bartolone - qui puisent régulièrement chez Terra Nova une dimension arabo-ethnique de la France électorale - il n'oublie jamais que les musulmans auxquels il s'adresse sont avant tout des électeurs du PS que des croyants au gouvernement du coran sur terre (et les vieux si attachés sentimentalement à la gauche contestataire de leur jeunesse qu'ils n'ont plus les bonnes lunettes pour voir ce qu'elle est devenue, un simple appendice du Capital moraliste); ce n'es pas seulement à l'électorat dit immigré (intégré et payant ses impôts) que s'adresse le torero de gouvernement Valls mais aussi à cette couche de grabataires qui votent encore, les vieux: "ce serait un désastre pour leurs petites retraites!"; comme quoi le désastre ne serait pas encore là.

La stratégie d'utilisation du parti droite radicale aurait ainsi pleinement fonctionné par la magie des stratèges de l'Elysée. La complicité un tantinet tumultueuse, mais pas mortelle, des deux fractions bourgeoises majoritaires dans la lutte des places étatiques, ne bouleversant ni l'ordre des choses ni n'émouvant la grande majorité des abstentionnistes qui sont reconnus désormais comme majoritairement jeunes - premiers frappés par la dérégulation salariale - et des classes populaires (entendez: classe ouvrière). La comédie fût si bien ordonnancée, malgré le seul véritable couac de Masseret (qui sert de baume au cœur de l'électorat gauche fidèle et de canne blanche à Mélenchon), que le train-train pourra reprendre post-festum, laissant quelques journalistes commenter avec une peine feinte l'absence de considérations des masses par les « élites »4.

UNE STRATEGIE DE DIABOLISATION QUI PERMET LE PARTAGE DES TACHES ENTRE PARTIS CUMULARS: dramatisation-culpabilisation-décrédibilisation

Après la phase de dramatisation, a succédé celle de la culpabilisation puis la décrédibilsation, l'incapacité à gérer du FN ("la seule alternative crédible, a dit Sarko le mégalo, c'est nous"). Les épisodes ont défilé aussi vite que les explications bidons de Benzema, au point qu'on ne peut plus s'en remémorer ni la logique ni la temporalité. Qui se souviendra qu'un des lieutenants de Sarkozy lui a dit de se taire (cesser de tiquer en faveur du vilain électeur FN)  pour ne pas troubler le flirt gauche-droite face au voyeur FN ? Qui se souviendra de l'enflure d'un autre lieutenant versus une blondinette qui se sentait pousser les ailes de Charles Martel terrassant l'émir de Cordoue Abd El Rahman : « Marion Maréchal-Le Pen est une des plus grandes menaces de notre histoire politique » (émir Estrosi)? Ou de l'historien de gouvernement, le torero Valls agitant le spectre de la "guerre civile" à laquelle conduirait (historiquement?) la prise d'assaut de quelques bastions électoraux régionaux par le nouveau fascisme (le Front Nazi...)?

Kif kif bourricot. Autant de dérapage chez les gladiateurs d'opérette de gauche comme de droite dans l'arène médiatique, où les chevaliers de la droite caviar sont parfois pires que les palefreniers du FN, où les archers de la gauche homard ont encore démontré que leur antiracisme de façade n'était qu'un moyen de cueillette électorale devenue légendaire. La préférence immigrée ne se fonde que sur des chiffres : 82% de l'électorat prolétaire et musulman a coté Hollande en 2012, mais nés de souche, assimilés citoyens, pas vulgaires sans -papiers ; cela mérite qu'on soit avant tout antiraciste, quitte même à inventer des racistes comme le petit Bartolone, qui a perdu lui aussi une occasion de se taire, qui joue l'ami des noirs et des arabes en reprochant à la bourgeoise Pécresse, encore une lieutenante de Sarkozy le déchu, de défendre la race blanche (ce qui n'est pas faux pour Neuilly).

Bah tout cela n'est que poussière du temps. La chronologie en fera bouillie. Ce qui doit rester argument de base, au terme du feuilleton électoral, après dramatisation et culpabilisation, c'est certes l'incompétence du FN. A l'unisson avec Libération, le Figaro est allé fureter chez les mines patibulaires aux propos peu recommandables. Le « Figaro Régionales » indique : les listes de Marine Le Pen pas épargnées par les outrances. De qui ? Des hystériques partisans de saint Hollande et de ses apôtres trotskiens  antifascistes circonstanciels? Non pas, mais parce que certains zélés rasés de base se sont fait remarquer par des propos publics trop osés sur l'islam et les migrants ; le FN drague aussi les électeurs musulmans forcément français de souche et détenteurs de leur livret de naissance national gaulois. C'est tout à fait possible. Ciel ! L'appareil bourgeois droite radicale, avec sa grande prêtresse parisienne, passerait son temps en procès internes contre les dérapages des gros bêtes5. On apprend que le FN peine à trouver un nombre suffisant de gens présentables. Absence de cadres bien formés donc. Face à ce ramassis d'incompétents, heureusement que nous avons le personnel expérimenté qui sait gérer notre pays : chômage, pauvreté, taxes et impôts. Mais c'est une autre histoire. On se doute bien, avec l'hydre fâchiste, que le FN recaserait ses militants minables et illettrés comme gardiens de nouveaux camps d'internement et d'élimination physique des réfugiés étrangers, fourriers du terrorisme arabo-persique !
Les malheurs du foot, rongé par l'argent et des pratiques de racailles, ont été traités avec des pincettes. L'affaire traîna en longueur pour ne pas heurter les masses des stades. Les journalistes de la science footballesque firent des ronds de jambe au risque d'une rupture de ligament. Benzema étant très apprécié par l'électeur de gauche musulman en banlieue, c'est du bout des lèvres que le regrettable Noël Legreat a regretté la suspension du joueur compromis dans une regrettée affaire de sextape, quoique tout le monde en fasse mais sans les vendre (Les seuls courageux empêcheurs d'admirer en rond ont été Lizarazu et Dugarry); victimes collatérales: le "petit blanc" Platini, pour faire bonne mesure, et "papy collabo" Masseret (dixit l'aboyeur Malek Boutih, c'est lui qui l'a dit et c'est lui qui l'est... pour les banlieues...).
On ne sait jamais. Un mot de trop. Un dérapage conceptuel. Un sein qui dépasse. Un bus vandalisé par une bande de "jeunes hommes". Un rien pourrait faire mentir les sondages gracieux pour les deux lieutenants de Sarkozy. Le dernier jour électoral, la gent abstentionniste était l'objet de toutes les faveurs médiatiques, apitoyées et empathiques... On faisait encore des signes de croix vers l'Orient, en faisant tourner les tables. Malgré ses dérapages « droitiers » « un gauchiste aurait dit fâchistes à la place du plumitif du Parisien) C. Estrosi « bénéficierait de bons reports de voix des électeurs de gauche » , « ce qui lui permettrait de battre, de peu, sa rivale Marion Maréchal-Le Pen ». Le conditionnel restera de mise jusqu'aux dernières heures du suspense électoraliste (qui éclipse les émissions de variétés) dans l'instrumentalisation du sondage pour désespérer l'électeur de base du FN et laisser les abstentionnistes chez eux ; en effet les collages politiciens de la vingt cinquième heure au sommet entre PS, écolos et post-staliniens suffisent à dépasser même d'une courte tête le FN (qui a fait le plein au premier tour et qui fait rire les asbtentionnistes).
Mais dans tous les cas de figure, le parti gouvernant est en passe d'emporter la mise. Sauf accident, comme en mai 1981. Mais des accidents comme ce dernier il n'y en a qu'un ou deux par siècle ! La participation des abstentionnistes ne sera pas massive. La plupart n'ont pas oublié leur sacrifice en 2002 qui a certes vu l'ombre de papy Le Pen, mais a permis l'enfoncement dans la soumission à l'austérité et aux développement des inégalités capitalistes depuis une dizaine d'années ; comme quoi les élections bourgeoises servent à relancer le mécanisme de la soumission à chaque adoubement populaire d'un prince charmant démagogique !
Si les deux sous-fifres de Sarkozy l'emportent, même de justesse dimanche soir, le non-dit qui aura tant marqué cette campagne, reprendra ses droits. On ne dira pas « le candidat de droite, ce sale pourri, a gagné », mais « ouf ! on a fait barrage au FN ». Si une région est gagnée par un des candidats de la droite radicale cacahuète, cela occasionnera des débats germanopratins et tout continuera presque comme avant, ou plutôt comme après les attentats. Les élus du parti droite radicale nationale n'auront pas plus de moyens, que leurs collègues de la noble république bourgeoise de s'opposer à la tyrannie du système financier.

La publication bien ciblée des sondages à trois jours du scrutin a comme dégonflé la vague des « on est chez nous » et flingué la prétention des deux mémères du sud et du nord à prétendre être les justiciers (justicières?) du système de foutage de gueule démocratique à la manière du faisceau de Valois (qui n'était pas un parti vraiment fasciste), surtout en rivalisant dans la défense de cette
démocratie bourgeoise qui permet à cet organisme oligarchique de se présenter, de disposer du pognon nécessaire et des chaises dans les studios de télévision pour vendre sa camelote ; alors que par exemple (bien que je m'en foute) un petit parti comme le NPA n'a pas eu droit à la parole médiatique, faute de pognon. Vive la démocratie égalitaire et fraternelle dans le pognon !

Ces sondages ad hoc, sont probablement assez proches de la réalité. Il suffit de consulter les grilles des résultats de différentes régions. La bourgeoisie parvient quasi scientifiquement à découper régions et quartiers des villes suivant les couches sociales pour les livrer à la conquête des deux principales organisations du partage du pouvoir. Il est d'ailleurs toujours intéressant de suivre les explications des politologues au moment des élections, car ils en viennent à révéler ce qui est contraire à la doxa sur la place publique. Par exemple concernant l'abstentionnisme. Celui-ci est en général criminalisé : vous faites le jeu de l'extrême droite ! Telle était l'accusation infâme des militants roses et gauchistes depuis au moins la mort du pétainiste Mitterrand. Or, voilà que plusieurs de ces « spécialistes », qui n'ont même pas besoin de l'avis de l'électeur, nous ont expliqué à plusieurs reprises que l'abstention ne profite plus à l'extrême droite ! C'est bon, donc on est peinard nous les abstentionnistes on ne pourra plus nous traiter de fachos ! Le FN « a fait le plein », est-il ajouté, et il ne mord pas beaucoup en général lors des deuxième tour chez les abstentionnistes repentis. Fort bien. Mais reprenons nos propres facultés. Qu'aperçoit-on lorsque l'on se penche sur les résultats locaux un peu partout ? D'abord que la classe ouvrière est majoritairement abstentionniste, que ce sont ses parties arriérées ou campagnardes qui, éventuellement, rejoignent artisans et petits commerçants pour sacrifier leur être (prolétarien) au parti du diable (bourgeois avec des cornes). Dans les anciennes cités des mines comme à Liévin ou staliniennes comme à Malakoff, s'il n'y a pas de candidat de gauche ou plus qu'à gauche, les ouvriers restent chez Michel Drucker. Un peu partout la petite bourgeoisie intellectuelle et artisanale se dispute les candidats des oligarchies, mais elle est consentante à cette supercherie parce qu'elle croit qu'elle ne va pas tomber de plus en plus dans le prolétariat qui ne se satisfera pas éternellement de l'abstentionnisme de classe.

Les auteurs du livre qui fait fureur le dernier jour de la campagne antifasciste de confort, avec une promotion matinale sur radio propagandastaffel, indique la solution: la fin des cumuls et la révocabilité. Ils rêvent d'une  démocratie prolétarienne sans renversement violent de l'Etat bourgeois ou quoi?



ADDENDA DU COTE DES SPECIALISTES ELECTORAUX

Les banlieues ont sans surprise peu voté aux régionales, mais « c'est dans les villes ayant le plus contribué à la victoire de Hollande qu'on a eu la plus forte démobilisation », souligne Antoine Jardin, chercheur au CNRS et spécialiste du vote dans les quartiers populaires.

Comment expliquer la forte abstention dans les quartiers populaires ?

Antoine Jardin : Il y a d'abord des raisons sociologiques : traditionnellement, la population de ces quartiers vote beaucoup à la présidentielle mais moins aux élections intermédiaires. On a eu dimanche un taux de participation régulièrement en dessous de 35 %, voire de 20 % dans certains bureaux.
« Après 2012, le gouvernement s'est assez rapidement détourné des quartiers populaires (...) Les promesses du droit de vote des étrangers ou du récépissé de contrôle d'identité n'ont pas été tenues »
Mais il y a aussi eu, après la présidentielle de 2012 pourtant victorieuse pour ces quartiers, un retrait rapide de l'électorat dans l'abstention. Cela s'explique d'une part par l'aggravation de la situation économique et de la précarité. Le gouvernement, une fois mis en place en 2012, s'est assez rapidement détourné de la question des quartiers populaires, et a développé des politiques qui concernaient l'ensemble du territoire, mais avec peu d'actions spécifiques pour réduire les inégalités entre ces quartiers et le reste du pays.
Il y a aussi un facteur symbolique, avec les promesses du droit de vote des étrangers ou du récépissé de contrôle d'identité qui n'ont pas été tenues. Or il y avait une attente de rupture après la défaite de Nicolas Sarkozy. Dans les quartiers populaires, beaucoup de gens ont l'impression que l'attitude du gouvernement n'est pas tellement différente de ce qu'elle était sous le quinquennat précédent. A la suite des attentats de janvier, il y a eu une inquiétude dans les quartiers populaires d'être stigmatisés ou désignés comme responsables, mais aussi un glissement dans le discours politique qui a associé la question du terrorisme à ces espaces, alors qu'on sait bien que ça représente une composante infime de la population de ces quartiers. Cela a suscité une sorte d'incompréhension, voire de défiance vis-à-vis du discours du gouvernement, puisqu'il n'y avait pas l'impression d'être perçus comme une partie du problème.
Évidemment les attentats du 13 novembre et le fait que la plupart des auteurs soient nés en France et aient été socialisés en France est de nature à augmenter cette dynamique d'éloignement, et c'est très dangereux, parce que paradoxalement c'est l'éloignement de la participation politique qui offre un terreau plus favorable pour les groupes revendiquant un islam politique qui s'inscrit dans une contestation de la participation citoyenne.

1Ainsi Robert Redecker, dont je n'ai pu lire tout l'article qui est payant sur Le Figaro et qui m'a agréablement surpris : « l'antifascisme de confort est de retour. Il l'est dans les médias, il l'est sur les réseaux sociaux, il ne l'est pas au café du coin. Il l'est dans des groupes humains bien intégrés,bien protégés. Il ne l'est pas dans les classes populaires qui fournirent jadis l'essentiel des troupes de l'antifascisme, quand la chose était dangereuse. Il l'est du côté des éternels donneurs de leçons à la vie facile, il ne l'est pas du côté de ceux qui souffrent. La force du FN tient à avoir réussi à se faire passer pour la voix de ceux qui souffrent,la voix vivante du peuple.Un post revient de façon récurrente sur Facebook et Twitter insistant sur le faible niveau de diplôme des électeurs du FN. Ce courrier, présenté sous la forme d'un tableau statistique, complète cette information par la ventilation des électeurs selon les catégories socio-professionnelle (les CSP).C'est la gauche désormais ... ».
2Puissant parmi les puissants, son arrogance envers les sous-fifres policiers ou juges, ne passe pas toujours, il a été condamné pour outrages : . Lors d'une perquisition au domicile de M. Léotard, à Fréjus, les cinq enquêteurs mandatés par les juges de l'affaire Karachi s'étaient fait injurier par l'ancien ministre de la défense (1993-1995) en ces termes : "Vous me faites chier. Je n'ai rien à vous dire. Je ne veux pas vous parler. Quel est le juge qui vous envoie ? De toute façon je l'emmerde… Entrez bande de connards, la maison est à vous, vous n'avez qu'à tout fouiller mais ne me parlez pas, je n'ai rien à vous dire. Il n'y a pas de police judiciaire en France mais une police politique.". Confiant à ses potes : « je les traite comme des chiens ». Assez facho comme comportement non ?En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/30/francois-leotard-condamne-pour-outrage_3421347_3224.html#kcLUlOHrGf5Um85C.99. Source des photos : La tentation du pire, l'extrême droite en France de 1880 à nos jours (Hugo image). Lire aussi:
Les citoyens ont de bonnes raisons de ne pas voter, de Thomas Amadieu et Nicolas Framont, éd. Le bord de l’eau, 160 p., 16,50€. Et l'article des Inrocks: https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=8698696750816731979#editor/target=post;postID=4227266892722850115;onPublishedMenu=posts;onClosedMenu=posts;postNum=0;src=link
 
3Le grand ordonnateur en avait été Giscard d'Estaing, dont la chaîne parlementaire vient de nous passer un conte fée intime pour un personnage peu reluisant, à l'origine de magouilles sanglantes en Afrique comme en France. C'est en outre l'ex-président qui coûte le plus cher à entretenir par les finances publiques. Il a tout fait pour savonner la planche à ses successeurs Léotard comme Bayrou, réduit à n'être qu'un roitelet de Pau. Il se flatte d'être un descendant d'une bâtarde de Louis XV, comme le roitelet de Pau se rêve en petit-fils d'Henri IV. Sa famille était pétainiste. Mon père, qui était résistant en Auvergne, ma raconté qu'ils ont failli avoir des problèmes à la Libération. Giscard s'est chargé de faire nettoyer le musée des martyrs au Mont Mouchet de tout ce qui pouvait être gênant concernant les résistants de la dernière heure. Il se vante de s'être engagé d'ailleurs en 1944 à 18 ans et d'avoir été médaillé dans les fourgons US, juste à la conclusion. Il incarna une droite libérale mais cela ne l'empêchait pas de serrer la main au ministre Papon, et d'avoir recours comme De Gaulle avant lui aux services des barbouzes d'extrême droite, autrement plus dangereux à la fin de la guerre d'Algérie que maintenant.
4Comme Mélenchon, mais free lance de la droite égarée, Guaino s'agite pour trois fois rien : « Guaino Si tout se mélange, il ne peut plus y avoir de ligne, d’identité. Si on dit que le clivage qui dépasse tous les clivages, c’est le Front National, alors, il n’y a plus que deux partis. Sauf que le mélange de toutes les faiblesses, ça n’a jamais fait une force. On va mettre en sécession une partie du corps électoral et ça aura des effets ravageurs. La démocratie le paiera cher ». Les électeurs soumis en général ne feraient pas de mal à une mouche, et ceux du FN guère plus.

5C'est en fait CELA le mode de vie des partis bourgeois, la discussion politique est réservée à l'élite des comités centraux, les désaccords traînés dans la boue. Ce genre de fonctionnement des partis bourgeois n'est pas différent de celui des partis staliniens, ni hélas de sectes maximalistes qui se prétendent le squelette (sic) du parti, comme je l'ai subi dans le CCI. Le même autisme et esprit de meurtre qui règne dans les médias pour fustiger abstentionnistes ou électeurs du FN, on a pu le vivre dans des organismes qui se prétendaient en lutte pour le communisme. Le déviant ou le mécontent chercherait toujours à « se faire consoler », il faut le démolir ou le recadrer comme dit l'expression à la mode. Je me rappelle d'un camarade, Christian, qui face à l'arrogance des fondateurs et autres « animateurs historiques » disait : avant de rentrer dedans, je me pose toujours la question : « quelle question est posée ? Qu'a voulu dire le camarade ? » En réalité, entreprises et partis méprisent les questionnements des « petits », fonctionnent en régime capitaliste comme fonctionne l'armée bourgeoise, sans uniforme apparent, et à sens unique: tu dois marcher et pas penser!

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