"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 28 novembre 2015

AVEUGLEMENT INTERIEUR ET AMIS SINCERES DES TUEURS ISLAMISTES


Impérialisme et terrorisme (complémentaires et indispensables)


  • "Les cagots me tueront"f.  Paul-Louis Courier Oeuvres complètes, 1834) 
  • « Si tu traites un néerlandais de raciste, il te donne tout ce que tu veux »Ayaan Hirsi Ali (Ma vie rebelle) 
  • « Quant aux femmes communistes en Afghanistan, il faut les tuer ». Abdellah Azeem
  • "L'Arabie Saoudite est un Daesch qui a réussi". Eric Zemmour


  1. Le grand remplacement de la nation et du stalinisme par « peau de balle »1

« Il faut pavoiser vos balcons » pour la "jeunesse de la France" a demandé le président Hollande la veille de la commémoration du massacre des civils (du 13 novembre) pour ce vendredi 27. En selfie ou en tapisserie l'oriflamme national connaît en ce moment un succès mondial. Comme le « je suis Charlot » de janvier, cette exhibition peut tout autant signifier « je suis baisé ». L'exhibition et l'agitation du fanal chauvin, même atténuée par une argutie patriotique qui se veut négatrice de tout nationalisme, ne signifie pas autre chose qu'une déclaration de guerre, par l'affirmation symboliquement nationale où le prolétariat est floué et humilié depuis 150 ans. Guerre! cet assassinat ciblé et massif de civils inoffensifs et festifs ? Mais alors qu'on nous désigne l'Etat ou l'armée responsable de ce crime !

Cette consolation pitoyable par le drapeau mité de la bourgeoisie n'aurait pas pu être rapiécé sans les régulières déjections contre le chant qui l'accompagne par les petits beurgeois des stades de foot, depuis des années. Nous, les soixante-huitards avions commencé bien avant eux à mépriser le symbole de la nation bourgeoise classique. On le brûlait ou on le déchirait derrière les barricades pour le remplacer par le fanal rouge. A cette différence près, d'avec les nihilistes petits beurgeois, qu'on ne remettait pas en cause l'histoire de la nation française, ni le moment révolutionnaire que l'oriflamme républicain avait symbolisé, ni l'apport culturel et politique de la France au monde entier.
Sur le site Atlantico, un certain Guylain Chevrier explicite clairement le paradoxe :: « L’idée de nation s’affronte à un double rejet. D’une part, en raison d’un traitement européen de la nation qui la minore à la faveur d’une construction de caractère fédéral, voulue par la sociale démocratie européenne, à laquelle a emboîté le pas la droite républicaine. On assimile ainsi, la résistance des nations à plus d’intégration politique européenne, à un égoïsme des peuples, à du nationalisme.
D’autre part, l’idée de nation s’oppose à la nouvelle figure de l’opprimé, l’immigré, adoptée par la gauche de la gauche après le désenchantement du communisme, et le deuil de l’ouvrier comme figure de l’émancipation commune par la suppression des classes. La défense sans condition des étrangers sans –papiers, au nom d’une solidarité internationale, va avec l’idée de fin des frontières à laquelle résiste la Nation, qui se définit par le territoire sur lequel le peuple exerce sa souveraineté. La Nation a été du coup assimilée à du nationalisme de façon absurde, mais logique lorsque l’on suit ce raisonnement ».
Qu'un ex-trotskien arriviste comme Mélenchon, ou tout autre gauchiste moyen, considère comme « fâchiste » la nation, alors qu'il ne reste qu'un suppôt des solutions nationales, révèle que l'apparent paradoxe du mépris de la nation au profit de la théorie de la nation multiculturelle, peut se retourner du jour au lendemain à une nouvelle apologie simpliste de la nation... en guerre pas très nette. L'apologie de la nation était, que l'on sache, depuis 70 ans, le fonds de commerce des amis staliniens du sieur Mélenchon.
Le stalinisme disparu et la nation évanescente dans les discours hors cycles d'attentats, il n'y a même plus place pour autre chose , toutes classes confondues, que ce vague cosmopolitisme de l'antiracisme, de l'anti-terrorisme et de l'amour renaissant pour la police et les grands inaugurateurs de chrysanthèmes, ces chefs d'Etat de « nations » victimes des « hordes d'assassins » ; c'est à dire peau de balle pour les parents des victimes, et mièvreries comme les démonstrations pacifiques pleurnichardes de janvier.

Que la nation soit un cadavre ambulant, personne n'en doute plus depuis que la mère Hannah Arendt l'avait assuré dans les années 1950. Que la plupart des partis de gauche ou gauchistes lui demandent encore du lait bio et d'accueillir toute la misère du monde ne rendra pas plus productrice la vieille vache. Mais tout ce qui s'oppose à la (vieille) nation est-il révolutionnaire pour autant ?

Avant dans revenir aux « hordes d'assassins », la propagande stalinienne n'avait-elle pas vocation à être internationaliste ? Et le nazisme à être international ? Et chaque religion bien avant à être des conquérantes mondialistes ?
Force est de reconnaître que la nation décatie reste le plus sûr moyen d'encadrement des prolétariats et le réservoir percé de tous les gauchistes hors sol. Qu'elle est une sorte de chasse gardée de la bourgeoisie, de repli dès qu'un tsunami menace à l'horizon, surtout dans l'Europe fédérale, pour ne pas dire féodale caméléon. Presqu'une valeur sûre !

L'échec de la révolution russe, qui avait stoppé momentanément la guerre mondiale, avait ouvert la voie à une reprise du massacre généralisé, y participant avec le masque grimaçant du stalinisme. Le stalinisme fût indétrônable durant un demi-siècle. Il était devenu une religion laïque universelle. On craignait son intrusion et son expansion de Tombouctou à Washington. Il exista, dans les années 1950, une véritable paranoïa « anti-communiste », qui inspira la plupart du temps des succès de librairies pour les pires nanars de la science-fiction. Le livre daté de l'anarchiste Orwell – 1984 2- au service des services secrets de sa Majesté durant la guerre, était avant tout un livre anti-communiste, simple inversion de 1948, considérée comme le début de la « guerre froide » (expression inventée justement par Orwell). Ce système dit totalitaire n'avait pas réussi lui-même à éradiquer les religions et, alors pourtant que Staline et Brejnev avaient su composer avec les chefs religieux musulmans, les successeurs se firent voler la vedette par le bloc américain qui su faire germer le bébé djihadiste en Afghanistan et ainsi défaire le bloc de l'Est pas seulement grâce à sa puissance militaire. Dix ans avant la chute du Mur de Berlin, le colosse stalinien avait révélé ses pieds d'argile, face aux bouleversements en Iran et en Afghanistan3.
L'histoire des bagarres de brigands impérialistes n'a jamais été binaire ni manichéiste ainsi que l'on a voulu nous le faire croire tout au long de la guerre froide, se servant toujours des clivages religieux. Il n'y a pas eu que des Etats compradores mais, constamment des conflits entre alliés du même camp ; il est faux d'affirmer que la fin des blocs aurait ouvert une boite de pandores. Par exemple, après 1945 l'impérialisme US éjecte l'armée anglaise d'Iran ; ce qui n'empêche pas en 1951 les britanniques de renverser le gouvernement Mossadegh qui avait nationalisé les ressources pétrolières, puis les américains de reprendre la main en installant le shah Reza. Personne n'a oublié la crise de Suez, 1956, où britanniques et français durent évacuer la queue basse face aux froncements de sourcils russo-américains.
L'histoire du contrôle de la principale région pétrolière du monde ne concerne en rien Mahomet enterré à Médine, mais un gigantesque puzzle où se déroulent coups fourrés, manœuvres sordides entre puissances, affrontements souterrains derrière rencontres au sommet souriantes et couteaux dans les poches.

Petit rappel, quelques exemples, du long enfantement du « monstre  djihadiste», sans remonter au « grand jeu » du XIXe siècle et à toutes les conséquences de la fin de l'Empire ottoman, où tout ne peut être mis sur le dos des américains, qui sont parfois absents du jeu ou mis hors jeu :
  • c'est à la fin des années 1950 que le père de Tariq Ramadan tombe d'accord avec la CIA que la meilleure 5e colonne pour saper le boc russe est l'islam, et qu'il disposera des meilleurs locaux d'implantation en Europe de l'Ouest en Allemagne et en France (les descendants des Frères musulmans en France ont pour mission actuellement d'y former les imams). Le meilleur propagandiste fourbe de l'islamisation généralisée est sans conteste l'ami altermondialiste des gauchistes, le fils Ramadan.
  • L'auguste démocratie américaine guide les premiers pas d'Al Qaïda pour virer les russes d'Afghanistan ;
  • l'administration Carter préfère laisser accéder au pouvoir le barde islamiste (chiant) Khomeiny pour éviter l'ascension du parti staliniste Tudeh4 qui aurait offert une position privilégiée à l'URSS pour profiter du pétrole iranien ;
  • l'invasion israélienne du sud-Liban en 1982 aboutit à l'union de l'Iran chiite et du Hezbollah, ce qui n'empêchera pas les américains de livrer clandestinement des armes à l'Iran au moment de sa guerre avec l'Irak ;
  • la pétromonarchie saoudienne pense pouvoir acheter les mouvements islamistes dans les années 1970 ; mal lui en prend, le roi Fayçal est tué parce qu'il a introduit une invention satanique, la télé5 ;
  • à la fin des années 1970, prises d'otages à l'ambassade US de Téhéran + invasion russe en Afghanistan ;
  • dans les années 1980, la Syrie finance la minorité chiite d'Arabie Saoudite et les terroristes palestiniens, en lien avec l'URSS ;
  • l'abandon de l'Afghanistan par une fraction des faucons de l'armée américaine après le retrait russe – bien avant la chute du mur de Berlin - laisse des bandes armées de soldats djihadistes entraînés pendant huit ans par les conseillers US, voit l'émergence des talibans et la dissémination des « afghans »soutenus financièrement par la dictature saoudienne. Bombe à retardement qui leur explosera à la figure le 11 septembre 20016.
  • Lors de son intronisation, avec son discours du Caire, Obama a vanté un peu trop un panarabisme flatteur pour l'islam mais aussi pour l'islamisme7 ;
  • les bombardements ultérieurs de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, du Mali, ou autres interventions en Somalie, Niger, Somalie, Yémen, Pakistan, avec des avions ou des drônes, n’ont fait que massacrer des civils de plus en plus fanatisés contre les «  mécréants »sans jamais frapper la chambre de torture wahhabite qu’est l’Arabie Saoudite et ses pays-pétro-frères….
  • Les alliés occidentaux ont renversé des régimes qui combattaient le salafisme (Irak et Libye)
  • Les Américains arment - depuis le début de la guerre civile syrienne - les rebelles sunnites islamistes « modérés » de l’ALS ou de Hazem qui, eux-mêmes, vendent leurs armes occidentales à Daech ;
  • la grande Coalition anti-Daech est composée de toutes les pétromonarchies totalitaires, gangstéristes et esclavagistes du Golfe.
  • la Turquie islamiste de l'assassin terroriste Erdogan fait partie des alliés, alors que c’est Ankara qui, avec l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït, a le plus aidé objectivement l’Etat islamique et la quasi totalité des groupes jihadistes agissant en Syrie : livraisons d’armes, laisser-passer, préférant bombarder les Kurdes que Daesch.



La vision manichéenne et la dénonciation verbale du terrorisme en général sert à masquer les connivences entre le plus grand pays « vengeur démocratique » et ses alliés européens, en premier lieu la France, deuxième puissance militaire européenne, avec ces bandes islamistes qu’ils avaient armées, entretenues et utilisées contre l’URSS. La soi-disante lutte contre le terrorisme n'a pas pour but de faire respecter les droits de l'homme mais de servir de couverture aux stratégies de domination et de partage des tâches dans la région.

Les attentats en France impliquent ou plutôt viennent conforter un tournant (en cours avant) vers une nouvelle répartition des alliances où Pierre pourra s'aligner avec Jacques même si Paul n'en veut pas. L'ensemble des camps en présence instrumentalisent la confessionnalisation de la guerre de rapine au milieu du chaos irako-syrien. On ne peut que formuler des hypothèses. Daesch a certainement perdu nombre de ses soutiens sunnites des pétromonarchies, car le revirement des Etats-Unis en faveur de l'Iran a fait craindre un lâchage de l'Arabie Saoudite ; alors que jusque là un certain nombre d'Etats s'accommodaient des délires de Daesch : Israël, Turquie, etc.
Nulle part on ne voit un affaiblissement des Etats-Unis, qui continuent à régner par le chaos justement et à tirer les ficelles des pires situations, tout en envoyant au casse-pipe une nation vassale, la France sous Hollande comme sous Sarkozy, dépendante des intermédiaires US et des clients-fournisseurs du Golfe8.

Pour parodier un commentateur éclairé, ce n’est pas la première fois qu’il faut choisir entre le cancer et le sida : « Le précédent moderne le plus instructif est la décision de Franklin D. Roosevelt et Winston Churchill de s’allier avec Joseph Staline pour vaincre Adolf Hitler. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’une des issues de cette grande alliance fut la prise de contrôle de toute l’Europe de l’Est par l’Union Soviétique. Mais l’alternative aurait été la prise de contrôle de toute l’Europe, Est et Ouest, et peut-être même davantage, par l’Allemagne nazie.
L’Irak n’est pas l’Europe, Daesh n’est pas le parti nazi, Obama n’est pas Roosevelt, Hassan Rohani n’est pas Churchill. En d’autres termes, l’analogie est loin d’être parfaite. Mais l’idée est la même: parfois les pays doivent former des alliances avec des nations peu recommandables pour éviter la victoire d'un rival présenté comme le pire ».
Ni grand remplacement musulman ni guerre des civilisations (que les islamistes revendiquent), les attentats – qu'ils soient préparés en Syrie ou ailleurs – sont des aspects concomitants de la bagarre inter-impérialiste pour le contrôle du monde capitaliste. Il existe cependant une similitude avec les années 1980. Alors nous disions que le terrorisme (style Baader ou palestinien) ne pouvait se manifester qu'en l'absence de luttes ouvrières au premier plan de la vie de la société. Les périodes d'attentats anarchistes à la fin du XIX e siècle permettaient à l'ordre dominant de prendre des mesures d'exception qui visaient surtout à museler le mouvement ouvrier, qui dans ces moments restait paralysé. Actuellement l'idée reste fondamentale, mais plus encore. L'objectif de la bourgeoisie, ou plutôt la logique infernale de sa crise économique n'ayant pour autre solution qu'une nouvelle guerre mondiale, elle mène une guerre biaisée, une guerre interne qui ne dit pas son nom, disons une préparation militaire très spéciale et très barbare; depuis des années des milliers de civils sont massacrés un peu partout, surtout dans les pays les plus mal lotis par le « progrès ». Jusque là, personne ne s'étonnait ni ne protestait vraiment, même chez les maximalistes : les peuples du Sud ne sont-ils pas habitués à être de la chair à canon ? De tels attentats en Europe, en pays développés, provoqueraient assurément la révolution immédiatement, un prolétariat non embrigadé restant dangereux pour l'ordre social pourvoyeur de misères et de guerres...
Je pense toujours que la guerre mondiale est impossible sans l'assentiment des grandes masses de prolétaires des pays européens mais que les coups de boutoir répétés du dit terrorisme, croissants et de plus en plus sanguinaires, ont pour but d'énerver le « taureau prolétarien ». Rien ne dit que ce dernier ne va pas céder à l'agitation de la muleta terroriste, si dans la durée, comme le pronostique le sergent recruteur pompier pyromane Valls, un assassinat de masse de plus grande ampleur, un de ces jours, ne va pas inciter à faire endosser l'uniforme à tous pour « intervenir au sol » : la presse gouvernementale se félicite ces jours-ci qu'un « grand nombre de jeunes » veuillent aller à l'armée...

Pour l'heure nulle colère révolutionnaire des masses en France mais recueillement et attente passive.
Fenêtres pavoisées, bougies, dessins et silences.

  1. Du soutien gauchiste à l'islam durci : des mots d'ordre rances

De même que les mots n'ont pas grand sens en face du malheur des personnes qui ont perdu un être cher, de même tous les sens des termes sont chamboulés dans le monde actuel. Le président de la république française qui a officié à des funérailles nationales en effet dignes et sobres, a utilisé le mot de fraternité dans la « guerre actuelle »9. Outre que nous ne savons pas ce que recouvre cette dite guerre : guerre contre qui ? Guerre de préparation à une autre guerre mondiale ? Guerre du mensonge généralisé ? Qu'on me permette de douter de cette notion de fraternité. Le secourisme, l'entraide généreuse et incontestable des premiers témoins des assassinats barbares sont des réactions humaines de compassion, qu'on peut trouver sous toutes les latitudes, qui ne sont pas particulières à la France ou à une classe sociale. Mais je n'y vois aucune fraternité. A l'heure où avaient lieu les fusillades criminelles, je me promenais du côté des Halles où la même population que celle de Bataclan, jeunes cadres trentenaires, se distrayait verre en main dans les diverses terrasses extérieures des bistrots qui jouxtent Beaubourg, quand en face d'eux, allongés au sol, ivres morts, des épaves humaines cuvaient leur alcool de mauvais vin. Je passais, mais je n'aurais pu m'arrêter boire un verre devant ces hommes couchés à même le sol, suintant leur propre pisse. Le président a dit : « on va continuer à s'amuser... à danser... ». Et le quidam interviewé à brûle pourpoint sur le boulevard : « même pas peur ! On va leur montrer qu'on peut encore rire, etc. ».
Les assassins islamistes ne sont pas les représentants des pauvres ou des prolétaires, et le chômage n'est pas une incitation à tuer son semblable, mais cette réponse, hédoniste, révèle l'irréalité et l'inconscience du monde consumériste où nous vivotons. On se répand en analyses sociologiques sur les causes possibles ou probables des engagements cyniques de petits beurgeois. On est choqué du nombre de vies fauchées mais on retombe dans la … même vanité religieuse : la prière et le recueillement.
Le capitalisme est comme protégé par des oeillères : la mort froide d'un côté et de l'autre ces bons robocops harnachés comme des chevaliers du Moyen âge qui nous protègeront (peut-être) des prochaines rafales. Il n'y a plus qu'à regarder droit devant et la larme à l'oeil pour les disparus.
La réflexion est elle-même parasitée par des questions incongrues : désespérance sociale ? Voyoucratie radicalisée ? Suicidaires drogués ? Joie de « tirer dans le tas » ? (qui n'en a jamais eu envie au boulot ou dans la solitude de la vieillesse?) Faut-il défendre la civilisation européenne ? Faut-il avoir honte d'être laïc ? Ou musulman ? Doit-on supprimer les religions ? Bombarder l'Arabie Saoudite ?
La presse n'est jamais lue aussi avidement. Les émissions de télé passent en boucle les mêmes « spécialistes » du terrorisme et politologues patentés qui n'expliquent rien et justifient tout.

Un professeur, Olivier Roy, assure que « le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste ». Sur le fond c'est plus en effet un "problème interne" au capitalisme, et Roy le souligne bien: 
"La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte".

Il conclut par une formule oecuménique qui lui vaut les louanges de tous ses collègues islamophiles et même des édiles gouvernementaux : « Il ne s'agit pas de la radicalisation de l'islam mais de l'islamisation de la radicalité ». Les jeux de mots ou les inversions sémantiques sont souvent amusants mais cachent un vice de raisonnement. Prenons donc ce terme à la mode de « radicalisation ». Il est utilisé depuis quelques années pour caractériser les auteurs d'attentats, très jeunes souvent, et on nous décrit une sorte de basculement soudain dans l'embrigadement islamiste.
Laissons à la critique rongeuse des souris la passé girouette du radicalisme républicain. Qu'on me permette ici aussi de récuser un terme inadéquat, peut-être adéquat pour le bourrage de crâne anti-terroriste dominant. Par le passé, encore à la fin du XX e siècle, le terme de radicalisation, était d'usage en milieu maximaliste révolutionnaire lors de chaque grève ouvrière ou de manifestations lycéennes. On disait : les ouvriers de l'usine Untel après la trahison des syndicats, vont-ils se radicaliser ? Pour les uns, fallait pas rêver ; pour les autres, si la lutte s'étend aux autres entreprises il y aura radicalisation. Comprenez : les ouvriers en viendront à se poser des questions non réformistes, voire révolutionnaires ou seront plus à l'écoute de notre parti de classe...

Dans la cas des tueurs impérialo-terroristes quelle radicalisation possible ? Quelles que soient le raisons – dégoût d'une société excluante, raciste, inégalitaire, haine de soi, honte d'être en échec, désir de vengeance, fables imaginaires sur la victimisation post-coloniale – comment celles-ci, accumulées ou obsessionnelles, pourraient-elles être considérées comme une révolte anti-sociale ?
Comment cette soi-disant « radicalisation », montant en mayonnaise islamiste, signifierait-elle le passage à un niveau supérieur de conscience ?
Parmi les synonymes on trouve durcissement et maximalisation, termes que je trouverais plus convenables pour une soumission à une idéologie criminelle, mais qui seraient contradictoires si, comme il est sous-entendu, la dire radicalisation partait d'une réelle révolte sociale comme celle d'un ouvrier licencié qui fait grève mais qui ne va pas égorger pour autant son patron.
Nos braves spécialistes oublient de creuser un peu plus sur la jeunesse des criminels djihadistes. On veut bien s'étendre sur le racisme, la difficulté à s'intégrer si on s'appelle Mohamed. Si tous les immigrés s'appellent Mohamed, tous les Mohamed ne sont pas des tueurs ! Ce qui est pourtant notables est que pratiquement jamais de vieux imams se font sauter mais qu'en général ce sont de jeunes voire très jeunes hommes, encore adolescents – et dieu sait si l'adolescence dure longtemps à notre époque – des, comme on dit, pas finis, pas socialisés, biberonnés aux jeux de guerre électronique où on tue sans remord, jeux inventés par les super militaires américains concepteurs et champions de l'informatique du décervelage.
Ce n'est même pas à un durcissement de l'enfance ou de l'adolescence attardée qu'on assiste, mais à un saut impulsif vers l'attrait du pognon et d'un petit grade. Le plaisir risque d'être bref mais qu'importe puisque la réflexion ne vient qu'avec l'âge. Après la provocation vestimentaire (l'uniforme permet le défi sous le regard outré des cons de gaulois) – barbe de chèvre et pyjamas pour les types, voile pour les filles – le billet d'avion est offert, la réception assurée. Mais la sélection commence, sectaire. La mise à l'épreuve est sévère. Gilles Kepel dresse un constat peu brillant du sort des « volontaires étrangers » (jeunes merdeux européens que les médias présentent comme les cadres en Syrie!?) : « ...les volontaires étrangers qui viennent, fascinés par ce pseudo-califat où ils pensent réaliser un idéal de rétablissement de la justice et de la vérité universelles, où se mêlent eschatologie et rémanences tiers-mondistes. Les Français et les Belges étaient considérés avec mépris par les autres. Ils n’avaient aucune expérience du combat. On les envoyait donc pour les attentats-suicides ou on les cantonnait aux tâches de logistique. Ou alors, ils étaient geôliers des otages ».
Je reviens à la prestation d'Olivier Roy dans Le Monde, qui termine ainsi : « Quant aux convertis, ils choisissent l'islam parce qu'il n'y a que ça sur le marché de la révolte radicale ». Rejoindre Daesh, c'est la certitude de terroriser ».
On est là en plein délire d'interprétation conforme à ce qu'on nous rabâche sur la « radicalisation » dans les divers médias. Comme « révolte radicale » on fait mieux que de massacrer à la kalach ! Non cette engeance n'est même pas du domaine de la vengeance. La vengeance sociale participe d'une conscience collective alors que l'idéologie musulmane est essentiellement individualiste. Si vous dites à n'importe lequel de ces forcenés que le coran c'est de la m...., il vous flanque un coup de couteau dans le ventre, lui seul n'a de compte à rendre qu'à Allahou Akbar. Ces individus sont le produit du capitalisme décadent : môa jouir avant tout, et môa jouir vite, môa tuer l'autre parce que c'est jouissif ; l'autre (con) est toujours une entrave à MES désirs. Môa pouvoir tuer sans vergogne des inconnus qui sont étrangers à frérots et soeurettes.
Toutes ambitions qui n'ont rien à voir avec le coran sauf dans ses parties criminogènes, et une fourberie criminelle. Une passion pour tuer qui ne nous est pas étrangère. Combien de cadres narcissiques sans robe de nuit ne tuent pas au quotidien dans l'entreprise, à pôle emploi, dans la gendarmerie leurs « inférieurs » ? Et ces vieux machins imamologues peau de balle, sans cravate, qui, incitent à tuer les mécréants (terme du MA) avec forces gestes, ces aimables vieillards cacochymes, infirmes, moches ou aveugles jouissent eux par procuration de voir les petits beurgeois insatisfaits de leur expérience de raquetteurs baver d'admiration à leurs prêches criminels et prompts à se fournir en armes de guerre sur internet. Cette logique de mort n'est pas une vieille resucée des temps antiques comme l'imaginent les magazines genre Marianne ou Paris-Match, ni un verset de Ben Laden, mais le terme ultime d'une fausse opposition à la société capitaliste qui, comme elle, n'a que le meurtre comme solution à l'humanité, car la religion existe depuis toujours par rapport à la mort et pas face à la vie.
La déradicalisation promise comme séance de rattrapage est une faillite complète au Danemark et en Angleterre, et c'est la solution que nous chantent les médias français en période de deuil, alors que la guerre se poursuit là-bas – et qu'on devrait y renvoyer les beurgeois passés à l'ennemi - et qu'on veut nous faire supporter les millions de réfugiés fuyant le crime impérialiste.
Les convertis qui choisissent l'islam « parce qu'il n'y a que ça sur le marché de la révolte radicale », est une formule idiote mais qui recèle une partie de vérité. La révolte en général ne dépend pas et ne se trouve pas sur un marché quelconque et n'est pas vénale. La soi-disant révolte islamique est, elle,vénale, car elle dépend de financements obscurs intra-muros en France en particulier ; on ne nous fera pas croire que c'est l'argent de la drogue ou un crédit bancaire qui permettent le voyage vers le « lieu sacré ». Une réelle révolte radiale ne peut être que désintéressée. Par contre, le vide idéologique opéré par les médias depuis des décennies gommant l'existence de la classe ouvrière, niant comme utopiste le projet communiste révolutionnaire, a en effet nettoyé des devantures des librairies comme des discussions médiatisées ou des réunions publiques cette alternative ; ce projet de révolutionner la société. Même si d'infimes groupes, couples ou individus persistent à défendre la nécessité d'une révolution prolétarienne, fraternelle, internationale, ils ne risquent pas d'être audibles dans le grand ennui dominant pour les jeunes et les personnes seules.
Heureusement le manichéisme ambiant tente d'intéresser les spectateurs méprisés à un débat entre pour et contre, entre cyniques et cyniques. Le gnafron Onfray, anarchiste mou du genou, s'est montré compréhensif envers l'Etat islamique par son tweet : « Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l'islam politique récoltent nationalement la guerre de l'islam politique ». C'est quoi « l'islam politique », un ramassis de tueurs lâche ? Quelle guerre ? Un Etat en guerre a-t-il pour priorité « courageuse » de tuer dans le dos des civils pour éviter d'affronter la véritable armée adverse ? Nouvelle « arme des pauvres » embrigadés dans une guerre obscure et qui n'ont pas les moyens de tuer massivement avec des chars ou des bombesA ? L'idéaliste Onfray, petit nihiliste d'estrade, qui n'a jamais brillé que sur son ignorance des besoins des masses pauvres et du prolétariat, était déjà plus que confus avec son Traité d'athéologie, et il a viré sa cutie vis à vis d'une religion criminogène au moment où c'est vraiment pas rentable, au moment où le terme islamophobie devient justifié. Lire: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/il-faudra-faire-sans-michel-onfray-169999

Interviewé pour plus de précisions sur sa pensée iconoclaste (sic à géométrie variable) par Le Point qui l'a sponsorisé depuis des mois comme le plus grand philosophe français, l'athée pourfendeur pour rire de l'islam, porteur de valise du nihilisme camusien se fait porte-voix, non du peuple musulman planétaire opprimé, mais d'un présumé Etat universel petit beurgeois : « Il faut se demander ce que signifie faire la guerre à un peuple qui est celui de la communauté musulmane planétaire, l'oumma. La France est-elle à ce point naïve qu'elle imagine pouvoir déclarer la guerre à des pays musulmans sans que ceux-ci réagissent (…) Si nous continuons à mener cette politique agressive à l'endroit des pays musulmans, ils continueront à riposter comme ils le font. La France devra cesser cette politique islamophobe alignée sur les Etats-Unis. Elle devrait retirer ses troupes d'occupation ».Gnafron bouffi ne nous explique pas non plus ce que sont "des pays musulmans", des Etat compradores ou des cliques qui martyrisent leur peuple comme l'a vérifié la conclusion du printemps arabe et la terreur ayatollesque en Iran? Ou les deux?
Les choses sont moins simples, mais on ne peut pas laisser dire que la bande de tueurs de Daesch et la plupart des dirigeants des pays arabes en guerre sont les représentants des peuples qui subissent la guerre (et la fuient pour tenter de se réfugier...chez l'ennemi européen). Quant au terme islamophobe, ce pauvre Onfray l'a tellement reçu dans la gueule qu'il le retourne comme les gosses.

Quand Onfray veut légitimer cette bande d'assassins sans foi ni loi, il est encore plus ridicule et révèle encore que les anarchistes de son espèce ont toujours choisi un camp dans les guerres : « une trêve pourrait être signée entre l'EI et la France pour que son armée dormante (sic les petits beurgeois tueurs du Bataclan) sur notre territoire pose les armes » ; où plutôt que ses potes et lecteurs anars belges n'en refilent pas aux impérialo-terroristes rétribués et manipulés par les vieillards islamologues. Admirable lutte intelligente, coutellerie au poing : « C'est une guerre menée par l'islam politique avec autant d'intelligence que l'Occident mène la sienne, mais avec moins d'armes ou avec d'autres armes que les nôtres – des couteaux et non des porte-avions, des kalachnikovs à 500 euros et non des avions furtifs coûtant des millions de dollars. Ils disposent également d'une vision de l'histoire, ce que nous sommes incapables d'avoir, tout à notre matérialisme trivial » .10

 Gnafron est aussi irresponsable que les cagots tueurs et dire qu'on nous le présentait comme le plus grand philosophe vivant et un esprit original! Même le premier ministre bourgeois militariste Valls a raison contre ce petit con de prof: "aucune excuse sociale, sociologique ou culturelle" n'est admissible pour justifier le meurtre des civils sans défense, ici ou ailleurs.

La responsabilité de la France, qui ne se flagelle pas assez, est régulièrement stigmatisée dans les colonnes de Libé-Rotschild, quotidien post-soixante-huitards indépendant de l'argent et des pressions gouvernementales. Voici une liste de pétitionnaires, néo-staliniens, néo-coupatiens et crypto-trotskiens réunis pour la bonne cause - contre l'ennemi intérieur gouvernemental -  les Bidet, Hazan et autres Enzo Traverso, chapeau : « A qui sert leur guerre ? ». Notons au passage qu'ils sont abondamment moqués par les internautes qui protestent que la liste ne contient aucun plombier mais comme d'hab un ramassis de profs, « touristes munichois ». La pétition s'offusque de ce que « les bombardements français accroissent les menaces et contre les dérives liberticides » ; elle a pour souci « éviter que ne sombrent des jeunes des milieux populaires », car « la France, en bombardant, multiplie les djihadistes ». Et les djihadistes en tuant nos civils, sans distinction de races, ne multiplient-ils pas les policiers?
Ce misérabilisme honteux comme cadre d'explication revient à cautionner une légitimité aux tueurs impérialo-terroristes, plus produits de notre société déjantée et des conneries des américains que d'une indépendance nationale quelconque ou d'une légitimité de cagots barbares! Ces vieux gauchistes radotent leur credo d'il y a 40 ans quand ils soutenaient les guévaristes staliniens et les khmers rouges ! Dont on sait l'aboutissement, en jeunes bourgeoisies compradores qui ont générées des dictateurs impitoyables. On n'a pas vu ces vieux hiboux pétitionner contre l'assassinat sadique du petit Ilan Halimi à Bagneux par un soi-disant djihadiste très antisémite, peut-être parce que la France ne bombardait pas à l'époque. L'assassinat des enfants juifs à Toulouse par cette salope de Merah peut-on même oser se demander si il correspondait à un bombardement français ? Même s'il y avait eu un bombardement français dans un pays qui n'était pas le sien, rien ne justifiait ce lâche crime de péteux djihadiste !
Les « correspondances » ou « causalités » de ces messieurs les profs gauchistes en chemisette, ne sont pas une dénonciation ni de la guerre impérialiste ni des crimes de terreur islamiste, ils sont une complicité de faux-cul avec un ennemi. En ne dénonçant que le gouvernement français ils se font les complices des grandes puissances qui se cachent derrière l'armée française et lui laissent faire le sale boulot : Angleterre, Allemagne, Etats-Unis.
Ils défendent un Etat qui n'existe pas mais un conglomérat d'anciens militaires assassins au service naguère de Saddam Hussein, et rétribués par une des pires dictatures cagot de la planète l'Arabie Saoudite, comme hier nos collabos défendaient le régime nazi. Si un des peuples (de la mosaïque bordélique syrienne et irakienne) se sent opprimé par la bourgeoisie française qu'il fasse sauter ministères ou symboles du pouvoir mais pas les civils. Il n'est aucunement prouvé que les bombardements français fassent énormément de victimes civiles. Oeil pour œil, dent pour dent, sont des préceptes religieux mais aucunement révolutionnaires. Ces défenseurs du peuple d'en face pissent donc sur leur propre peuple et sont à vomir. Ils sont enfin des menteurs bobos qui prétendent sauver « des jeunes des milieux populaires » - où l'islamisme est applaudi plus comme défi aux profs de leur acabit qui reproduisent les inégalités sociales (et dont la majorité n'a pas envie de mourir pour peau de balle) - alors qu'une médiocrité de petits beurgeois est prête à leur exploser la gueule de sales gaulois parce qu'ils sont certainement les pires des mécréants, des complices fourbes.
Je n'évoque ici que très partiellement le milieu gauchiste et anarchiste. J'ai déjà évoqué le soutien de l'OCL-Alternative libertaire aux armées kurdes réactionnaires. Contrairement à Onfray et aux pétitionnaires chez Rothschild ils ne sont pas avec les terroristes de Daesch mais avec les terroristes kurdes, voyez la différence. Tous ces gens sont hors piste et sans intérêt pour une réelle lutte politique contre la domination capitaliste et son enfumage idologico-religieux. Je n'aborde leur dramatique compromission avec les crimes inadmissibles des bandes armées du capital saoudien et américain (selon les variations saisonnières des alliances impérialistes) que pour m'interroger sur les anciens mots d'ordre du mouvement ouvrier en période de guerre. Je suis probablement celui qui a le plus écrit dans le mouvement révolutionnaire sur la complexité de la lutte en temps de guerre. Lutte contre la guerre, bien sûr, toujours, mais comment ?
LES INVARIANTS :
  • Défaitisme révolutionnaire : c'est la position la plus pointue dégagée par le théoricien Lénine, donc défaite de sa propre bourgeoisie, phénomène qui ouvre la voie à l'insurrection interne du prolétariat, malheureusement cela ne s'est pas confirmé comme en Russie, par ex la France défaite en 1940 voit la fuite éperdue des populations et les tanks allemands qui rentrent comme dans du beurre ; le défaitisme appliqué au XX e siècle a montré des gauchistes choisissant plutôt le camp de l'ennemi et en fait jamais celui du prolétariat.
  • A la déclaration de guerre : grève générale contre sa propre bourgeoisie, idem du jamais vu.
  • Pendant la guerre : favoriser la lutte de classe sur le terrain de classe de la grève et des manifestations pour l'approvisionnement, malheureusement nombre d'anciens marxistes sont tombés dans la résistance nationale comme la plupart des gauchistes ont soutenu la lutte de partisans, toutes luttes qui ne mènent qu'à la restauration de l'Etat bourgeois.
LES NOUVEAUTES :
  • les massacres ethniques : comment s'y opposer d'un point de vue de classe ? Là aussi, bernique et peau de balle ; le prolétariat n'a rien fait pour s'opposer à la déportation des juifs en 1941-42, ni bougé son cul internationalement lors du génocide arménien ; sans parler des génocides successifs en Afrique ;
  • face aux attentats terroristes, quelle défense ? Comme à la fin du XIX e siècle... la police d'Etat ! Les manifestations pieuses et pacifiques de janvier, contrairement à ce que raconte le CCI ci-dessous n'ont pas été une lutte sérieuse ni une protestation efficace contre ledit terrorisme mais un miaulement derrière le gouvernement bourgeois compatissant.
  • Les attentats terroristes qui ne sont pas toujours en lien direct avec la guerre impérialiste doivent-ils empêcher toute réflexion à cause de la soporifique pleurnicherie nationale ; certainement pas, mais ce n'est pas en criant « non à la guerre » que la conscience de la responsabilité du capitalisme avancera d'un pouce.
  • Le problème est global tant et si bien qu'il peut apparaître disproportionné ou inconséquent de s'en prendre à notre propre gouvernement ; il faut être capable de discerner que les arguties des faux opposants gauchistes sont les mêmes que ce gouvernement impérialiste, usant des mêmes dérivatifs, car la pauvreté et le chômage ne sont pas des facteurs d'embrigadement à la guerre ou au terrorisme ; nos donneurs de leçons gauchistes et anarchistes nous brament qu'il fallait écraser la nazisme (même avec l'aide de Churchill et Staline) mais soutiennent les tueurs islamistes qui sont pires.



  1. L'analyse la plus lamentable de l'ultra-gauche décatie :
Bien après tout le monde et après l'extinction des feux, le couple CCI11 ramène sa fraise avec un titre commercial : « Attentats à Paris : à bas le terrorisme ! À bas la guerre ! À bas le capitalisme ! ». Ceux-là ne font pas partie des amis sincères des tueurs islamistes. Le contenu se rapproche plus d'une véritable maximalisme que des concessions gauchistes au terrorisme d'assassins impavides de petit peuple musulman opprimé par les bombes françaises (mais qui vient se réfugier dans les bras avares de l'Europe) ; il pêche hélas par des inventions incrédibles sur une lutte imaginaire des bobos festifs et ex-étudiants en goguette.
Ce qui frappe immédiatement est le discours racoleur propre à faire rire la secte de l'intérieur, en démagogue de la jeunesse et une certaine jeunesse. En janvier, commence-t-on à nous chuchoter pour nous accrocher au bouton de chemise « Daesch avait tué des papys » !? Or premièrement les papys étaient tout sauf des vieux cons et deuxio Bernard Maris avait le même âge que le rédacteur du pensum anti-terroriste (68 ans, ce qui n'est pas considéré comme vieux de nos jours, et Maris malgré la critique que je lui ai porté était un fringant gaillard). Suit un recopiage de la presse bourgeoise sur cette jeunesse des lieux festifs à la mode, sans nous dire encore laquelle12. Beaucoup d'à peu près donc surtout que près de la moitié étaient plutôt des quadras et certainement pas soucieux de changer la société.
Le pire dans la fabulation suit : « C'est cette même génération qui avait rêvé de reprendre le flambeau de mai 68 lors du mouvement social de 2006 en France et qui avait justement exprimé sa solidarité avec les artistes assassinés de Charlie Hebdo en se mobilisant massivement lors des manifestations de janvier ». Cette lubie d'une lutte en janvier est agaçante. Les défilés compatissants ont été organisés et encadrés gentiment par toutes les officines gouvernementales, les ouvriers et les ouvriers immigrés ou assimilés n'y étaient pas. Plus c'est gros plus ça passe ?
On y reviendra à cette jeunesse qui tendait ses bras fragiles (et sans armes) vers les pavés de 68. Pour le moment on nous rabâche que l'Etat islamique est « un pur produit de la décadence », mais, faut-il le spécifier  (c'est pour ceux qui n'auraient pas pigé) « directement secrété par la phase actuelle de décomposition du capitalisme ». On radote aussi que l'effondrement de l'URSS est la cause de cette décomposition, donc de la paralysie des deux classes principales qui, telles deux catcheurs bourrés, ne pourraient plus se combattre. Et de nous seriner à nouveau, ce qui est faux comme le faux nez de Pinocchio, que les Etats-Unis ne sont plus le gendarme du monde. Couple rigolo ! Et qui ressort de ces archives des analyses complètement bidons du rapport entre grandes puissances. Un couple fusionnel a toujours raison, n'est-ce pas ? Mais même dans le détail il se goure : Daesch serait né de la déliquescence de l'Etat irakien ! Faux du départ des troupes US. Les généraux de Saddam Hussein colonne vertébrale de Daesch ? C'est oublier les conseillers américains et la noria des divers Etats de la région intéressés à soutenir telle ou telle bande armée islamiste ; le proto-Etat s'est constitué autour d'un noyau d'Al Qaïda. La politique de marginalisation des sunnites par le gouvernement irakien dominé par les chiites a joué un rôle essentiel dans le ralliement d'un certain nombre de sunnites d'Irak à Daesch. Il y a une difficulté à qualifier Daesch : islamo-fascisme ! Pas très adapté. Le fascisme s'appuyait sur un réel Etat bourgeois et avait un programme moins cucul.
« La guerre impérialiste a nourri l'Etat islamique », non c'est le contraire les bandes armées islamistes « radicales » se sont nourries des querelles impérialistes et de l'apparente prise de distance de l'impérialisme américain. Les « proto-Etats parallèles et incontrôlables » sont pourtant diablement utiles à la diabolisation mondiale de la compétition contre l'islamisme, aux intérêts de blancheur immaculée de l'empire US et à ses vassaux israélien et turc. Bien que mettant tout sur le dos de la rhétorique spécieuse de la décomposition du capitalisme, notre couple maximal a raison de souligner la responsabilité des grandes puissances « bien souvent à l'origine de la création de toutes ces cliques meurtrières et obscurantistes qu'elles ont cherchées à instrumentaliser » ; ce qui est pourtant contradictoire avec l'idée de chaos incontrôlable exprimé auparavant (les pétromonarchies et les Etats-Unis roulaient pour Daesch tant qu'il n'était pas question de renouer avec l'Iran)13.
Il paraît qu'ils avaient une boussole du marxisme en 1990, moi qui était encore dans le bateau je ne l'ai point vue. En 1980 leur boussole déglinguée voyait venir la révolution mondiale pour... peau de balle. En 1990 l'éclatement complet de l'URSS, réduite à des confettis... peau de balle aussi.
Quant à l'appréciation de Daesch comme une barbarie « dont sont capables tous les Etats du monde », il y a une légère exagération et simplification, non ?
Certainement que les attentats internes aux pays européens sont une sorte de boomerang mais on ne peut l'expliquer par le sempiternel gimmick de la décomposition capitaliste ni par l'irrationalité, autre gimmick passe-partout du couple CCI et très anti-marxiste.
Ce n'est pas un simple brouet de gauchiste gnangnan. Il y a bien trois composantes qui composent les petits criminels drogués de Daesch : des petits bourgeois, des paumés de banlieue et des délinquants, bandes d'assassins manipulés qui méritent d'être classés dans le pire lumpenprolétariat, mais notre couple maximal ne développe pas sur « l'absence de perspective », pas de ces ânes tueurs (dont on se fiche et heureusement que la police les a descendu) mais concernant la majorité des prolétaires des banlieues ouvrières, y inclus des familles des tarés qui se sont sacrifiés pour peau de balle. Ce n'est pas l'essentiel la rencontre entre les petits beurgeois et les obscurantistes du Levant, c'est le travail de sape idéologique contre l'histoire et la place de la classe ouvrière qui mérite d'être analysé, et pourquoi c'est dans les pays concernés par les fausses libérations nationales, sans alternative prolétarienne, du fait de la faiblesse historique de leurs classes ouvrières, du fait de la corruption des élites dites « libératrices » et « marxistes-léninistes » qu'on est retombé au degré zéro de la religion la plus expansive et la plus criminogène.
L'hypocrisie de l'Union nationale « vivre ensemble » est bien dénoncée. Mais, comme chez les gauchistes pétitionnaires on se focalise sur l'escalade du militarisme, qui est toujours en escalade d'une façon ou d'une autre, mais rien sur le nouvel ennemi intérieur, qui « sont pas des rigolos » comme dirait Benzéma ! Les bombardements ne résoudront en rien la pourriture intérieure à la nation, la culture de la haine et des cloisonnements communautaires et, toujours, la négation et destruction de la seule classe qui pouvait homogénéiser cette société vers un but non porté par la vengeance et le sadisme du meurtre de l'autre parce qu'il a plus ou parce qu'il a moins.
Le dramatique massacre vient de démontrer qu'on peut tuer massivement dans la cinquième puissance militaire et policière du monde ses propres concitoyens. Que faut-il en déduire ? Comment se défendre ? Par la police ? Peau de balle, elle est au service de Neuilly où il n'y a jamais d'attentats.
Qui est l'ennemi ? Est-ce simplement les Etats impérialistes en général et « le terrorisme », ou notre propre incapacité de prolétaires à nous unir et à sortir de la « servitude volontaire » ?


ON REVIENT FINALEMENT AUX FABULATIONS FRANCO-FRANCAISES :

Le couple CCI, docteur Tant mieux, même quand le prolétariat ronfle ou se contente de Michel Drucker le dimanche après-midi invente une insubordination de masse là où il n'y a que misérables défilés mortuaires. Les jérémiades de janvier par les poseurs de bouquets et de bougies sont dépeints comme « manifestations spontanées », « de rue », au point que la bourgeoisie, surprise, « a pris le train en marche » (Hollande prend généralement l'avion) ; et les promenades spontanées nous ont pourtant fait vraiment pitié en défilant derrière le premier ministre israélien chefs des colons et d'autres criminels de guerre. Des « élans spontanés de solidarité qui favorisent la réflexion » où « la rue peut représenter une force politique » (c'est quoi ce truc?). Quant aux restrictions de liberté, c'est très peu étayé et pas démontré. Quelle restriction de liberté à rester chez soi quand des tarés courent les rues kalach en main prêts à tirer sur tout ce qui bouge ? Vive la restriction de liberté !
Le reste n'est que bouillie gauchiste sur les dérivés journaliers de la presse bcbg : la recrudescence des courants politique bourgeois xénophobes, les actes anti-immigrés, le FN, Nadine Morano... Mais tous ces gens, pour contestables qu'ils soient ne massacrent pas à la kalach les passants !
Le plus pitoyable advient pour caricaturer la lutte ouvrière contre le capitalisme. L'exposé nous embarque dans les actions secouristes du 13 novembre au soir, et on ajoute à cet « héroïsme » (le langage est le même que les psalmodies de Hollande sur l'entraide aux Invalides) l'accueil « significatif » par les bobos allemands fans de Merkel aux migrants, quand on voit le résultat de cette invasion ininterrompue actuellement dans la majorité des populations en Europe... jusqu'à la fabrication inévitable de nouveaux grands bidonvilles comme à Calais.  Bonjour les dégâts pour la solidarité de classe inventée, imaginaire ou subsumée. Quant à la « logique xénophobe des Etats les plus démocratiques », c'est le monde à l'envers, y a pas plus accueillantes que nos démocraties représentatives... de la gabegie (quitte à expulser les plus anciens réfugiés) et on ne nous dit rien de l'accusation in fine de ces charmants Etats contre une classe ouvrière « raciste » qu'insupporte le drapeau de Daesch - le voile intégral - qui se répand sans vergogne dans les cités des prolétaires éloignés du centre ville, cités périphériques désertées par les bobos militants ou donneurs de leçon. A quoi bon dénoncer la guerre en général si c'est pour fermer les yeux sur le "souffrir ensemble" ou sur les véritables causes, au Bataclan, du "mourir ensemble", si c'est laisser revenir les apprentis tueurs francophones de Syrie en leur offrant comme stage de rattrapage des séances de "déradicalisation" par des psychologues qui leur promettront merveilles et gentillesses dans un monde qui ne favorise que le meurtre et l'éradication de toute conscience humaine.

Du bla-bla enfin digne de la convivialité gouvernementale, qui ne repose sur aucune lutte significative de classe ces dernières années, si ce n'est pour évoquer en conclusion la référence, le mouvement de 2006 – la gentille lutte estudiantine contre le cépéeu – où notre couple maximal, en échanges courtois, invente une rencontre amicale entre racailles de banlieue et jeunes étudiants bobos, qui n'a jamais eu lieu et où des hurluberlus de banlieues (ne pas parler de cités ouvrières) se sont fait plaisir en piquant le portable des fils à papa en promenade dans Paris; quand maintenant, certains d'entre eux - jeunesse de France? -  peut-être devenus papas  à leur tour, continuent à cracher sur les gaulois ou à payer le loyer à tout l'escalier pour pouvoir constituer la base arrière pour mener leurs petits trafics illicites. Quand d'autres exigent salles de prière en entreprise et nounous voilées pour habituer les bébés à Belphégor.
C'est ça l'absence de perspective de classe ! Et les plus belles citations de Rosa sentent pour l'heure aussi le réchauffé. Hélas.

 (Avertissement inscrit à l'entrée de l'abbaye de Thélème ) :

"Cy n’entrez pas hypocrites, bigots,
Vieux matagots, marmiteux boursouflés,
Tordcoulx badaux plus que n’étaient les Goths,
Ny Ostrogoths, précurseurs des magots,
Haires, cagots, caffars empantouflés."
 

  (Rabelais, Gargantua 1535)


Notes:

1L'expression était utilisée au Moyen âge, comme signifiant « mes couilles » devenu familier en argot ouvrier, c'est à dire rien du tout pour vous, ou « pour de prunes ». Dans le tragique moment des attentats à Paris, l'expression me semble convenir pour les victimes, peaux trouées de balles... pour que dalle ! (du breton dall = aveugle).
2Qui vient d'être plagié par un auteur algérien collaborateur de l'édition bourgeoise parisienne – titré 2084 – qui plagie aussi les fantasmes de l'envahissement musulman par les Houellebecq et Cie, a été dûment récompensé par la fabrique de l'idéologie franco-islamophile, mais démocratique « républicaine »
3Lire le très clairvoyant et honnête livre de Yvonnick Denoël : 1979, guerres secrètes au Moyen-Orient, ed nouveau monde, dont aucune édition officielle en France n'a voulu (trop craignos pour les bourgeoisies française et américaine).
4L'inquiétude US est exagérée, bien que Giscard leur dise que ce parti staliniste a une influence faible ; la rivalité France/USA à l'époque n'est pas feinte, mais les deux pays seront finalement perdants. Par ailleurs, contrairement aux fables de sectes ultra-gauche les grèves n'ont pas vraiment menacé le régime en transition du shah aux ayatollahs : « Le mouvement ouvrier est important, sans être moteur : tout comme l'opposition libérale , il vient se greffer sur un mouvement d'abord religieux, mais issu des campus universitaires » Yvonnick Denoël, p.52.
5« Les groupes « à risque » sont d'abord les ouvriers des exploitations pétrolières qui manifestent régulièrement dans les années 1950 et 1960 contre leurs conditions de travail et leur maigre salaires. Sous le règne de Faiçal, des leaders ouvriers disparaissent sans que l'on entende plus jamais parler d'eux » (p.130 de 1979 Guerres secrètes).
6Qui, plus le temps passe, reste un mystère. Hors des interprétations dites révisionnistes, mais pas entièrement fausses, certains persistent à penser que c'est une fraction de la bourgeoisie US contre une autre ou une des deux fractions pétrolières rivales, qui a téléguidé ou laissé faire l'attentat... qui a justifié un retour en force pachydermique du contrôle américain au milieu des requins de la région.
7Il faut faire l'effort par contre de se mettre dans la peau des populations abruties par la gouvernance islamique. Le témoignage de Ayaan Hirsi Ali est édifiant : « Nous avions toujours été persuadés qu'en tant que musulmans, que somaliens nous étions supérieurs aux infidèles, et nous nous rendions compte que ce n'était pas le cas » (p. 370 de son témoignage autobiographique). Le commerce en France défend la non discrimination du voile intégral et la priorité d'une certaine clientèle. Le conglomérat Zara a préféré licencier deux de ses employés (le vigile et le chef du magasin), alors que l'ensemble des travailleurs du magasin  avaient refusé l'entrée à une voilée intégrale; le patron Zara a ensuite présenté ses excuses à la famille de la voilée... intégralement satisfaite. Pire, depuis des années des comportements islamistes arriérés étaient tolérés en entreprise : refus pathologique de serrer la main aux collègues féminines ou refus de toucher le matériel (bus ou train) dont elles s'étaient servies... et c'est seulement en "période d'exception" que le gouvernement s'en émeut, quand les gauchistes n'en soufflent mot alors qu'ils avaient fait tout un ramdam naguère craignant la généralisation de syndicats FN...
8 Au plan intérieur, en janvier comme en novembre, qui plus est à l'approche des élections, les politiciens de l'arc en ciel chauvin doivent faire des professions de foi islamiquement correctes et pactiser avec des organisations islamistes pour courtiser le vote musulman, important dans les quartiers ouvriers, et plus docile que l'abstentionnisme laïc...

9Observant ce moment émouvant sur l'écran de ma télé, j'essayais de me mettre dans la peau d'un spectateur de l'Union nationale en 1914 et de me prendre pour un Rosmer ou un Monatte, je n'y parvenais pas car la situation est trop dissemblable. Nous ne sommes pas (encore) en guerre mondiale et les « boches » ne venaient pas à l'arrière égorger ou fusiller des spectateurs sans défense au nom d'une vengeance de peuple opprimé religieusement. Par contre, moi qui ne goûte jamais les chants patriotique et trouve surannée la Marseillaise, je dois avouer que le passage « ils viennent égorger nos fils et nos compagnes » me paraissait tristement d'actualité ! Et que je n'avais pas envie de cracher sur la tombe des victimes françaises en reprochant leur assassinat à Hollande.
10D'après les citations de l'article de Maurice Szafran, bien gentil comparé à moi : « Quand Michel Onfray trouve bien des excuses à l'Etat islamique » (Challenges). A la suite de ces déclarations ignominieuses le gnafron Onfray peut faire une croix sur sa carrière de littérateur, à moins qu'il confirme qu'il était bourré. Il a suspendu son dernier fumier sur l'islam qui promet d'être salement complice des tueurs islamistes.
11Vous avez remarqué depuis quelque temps que j'utilise le mot couple et non groupe pour les gens du milieu maximaliste. Je ne fabule pas et ne m'en réjouis pas non plus – c'est la faute à l'islamisme triomphant - mais la plupart ne sont en effet que des couples hétéros certes, voire stériles, mais usurpent leur qualité. Je dois dire que je préfère les groupes de deux, car ceux de trois comportent inévitablement un gourou. Le CCI est lui aussi un couple, réfugié en province, paranoïaque, et régit par un couple, le reste n'étant que des individus éparpillés, expression de la soumission volontaire aux deux gugusses qui ont détruit peu à peur (sic) l'ancienne organisation.
12Gilles Kepel fait le même constat que moi : « « Mais cette fois, à la différence des attentats de janvier dont les cibles étaient des «islamophobes», des «apostats» et des Juifs, ils tuent tout le monde. Ils ont visé des cafés bobos et branchés mais où se retrouvent aussi des enfants issus de l’immigration post-coloniale. La jihadosphère a abondamment applaudi mais il n’y aura pas de mouvement «Je ne suis pas le Carillon» ou «Je ne suis pas le Bataclan», comme il a pu y avoir «Je ne suis pas Charlie». Cela va se retourner contre eux. Le terrorisme aveugle est spectaculaire, tactiquement plus efficace, mais beaucoup moins stratégiquement et politiquement. Le terrorisme a une économie politique, il doit embrayer sur des populations qu’il mobilise à ses côtés, sinon il s’effondre, le modèle s’épuise ».

13On nous dit que des Etats incontrôlables comme Daesch ont déjà existé en Afrique ? Exemples ? Pour parodier wikipédia je dirai : REFERENCE EXIGEE ! La plupart des nations libérées nationalement sont restées des Etats compradores souvent de leur ancienne puissance colonisatrice.

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