"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 24 novembre 2015

DE LA « FAILLITE » DU MARXISME AU TRIOMPHE DU DJIHADISME...


Dans ses mémoires Nadejda Kroupskaïa, la femme de Lénine écrit que celui-ci avait dit, après la conclusion du débat  de 1903: « Je ne pouvais pas rester tranquillement assis en entendant dire qu’il n’y a pas d’ouvriers capables d’être membres des comités. La question traîne en longueur ; le parti souffre d’un mal, c’est évident. Les ouvriers doivent entrer dans les comités ».
Nadejda Kroupskaïa Воспоминания о Владимире Ильиче Ленине (Souvenirs de Vladimir Illitch Lénine, Politizdat, 1989) p. 85, et Lénine, Œuvres, op cit, vol.8, p.414.



« La lutte du prolétariat n’est pas simplement une lutte contre la bourgeoisie pour le pouvoir d’Etat, mais une lutte contre le pouvoir de l’Etat ». Anton Pannekoek


« Le parti de Lénine fut le seul à comprendre les devoirs qui incombent à un parti réellement révolutionnaire. Son mot d’ordre - « Tout le pouvoir entre les mains du prolétariat et de la paysannerie » - a garanti le progrès de la révolution.Ce faisant, les bolcheviks ont résolu la célèbre question de la « majorité du peuple », ce cauchemar qui oppresse depuis toujours les sociaux-démocrates allemands. Elevés dans le culte du crétinisme parlementaire, ceux-ci transposent simplement sur la révolution les recettes éprouvées, bonnes pour le jardin d’enfants parlementaire : pour faire quoi que ce soit, il faut commencer par avoir la majorité. Même chose donc s’agissant de la révolution : conquérons d’abord une « majorité ». Or la dialectique réelle des révolutions inverse cette sagesse, bonne pour les taupes du parlement. Le chemin ne conduit pas de la majorité à la tactique révolutionnaire, il mène à la majorité par la tactique révolutionnaire. Rosa Luxemburg
1. COMMENT LA BOURGEOISIE A FAVORISE LA MONTEE DE L'ISLAMISME ?
La chute du stalinisme a laissé un grand vide. Il faut reconnaître qu'il représentait un espoir pour les millions de déshérités du vieux comme du tiers-monde. Espoir frelaté puisqu'il n'était plus que l'ombre de la grande révolution russe, ombre sordide de la contre révolution. Le projet était laïc mais avait tenté de liquider les religions avant de composer avec. Ne pouvant plus promettre le ciel aux prolétaires, une bonne partie de ceux-ci étaient retournés vers les superstitions extra-terrestres, ou plus prosaïquement n'attendaient même pas la chute du mur de Berlin. Le stalinisme nous a laissé cependant un drôle de bâtard « capitaliste » le maoïsme éternel en Chine dont on lira immédiatement la critique libérale comique de la révolution prolétarienne, où règne plus le confusionnisme que le confucianisme. On rappellera par après les tentatives malheureuses des bolcheviques pour domestiquer l'islam ; impossible de dissoudre les religions tant qu'on aura pas prouvé qu'un monde meilleur et véritablement hors du capitalisme sera possible.Les dites "libérations nationales", qui se réclamaient d'un flambeau révolutionnaire anti-prolétarien, ont partout installé des bourgeoisies compradores des grandes puissances, et d'une façon le plus souvent si dictatoriales et brutales qu'il était plus sûr de croire aux mirages de l'au-delà qu'au banditisme des derniers dominants parvenus. L'islamisme chiite et sunnite est parvenu à concilier toutes voiles dehors l'oppression singulière sur terre et les contes de fée pour l'au-delà; en cela le capitalisme peut lui être reconnaissant, et c'est pourquoi il a laissé installer et développer partout des Londonistan, Belginistan, etc. Les charmes de l'au-delà sont inopérants pour le prolétariat des pays développés, mais pas encore détergent, quand Obama et Hollande fuient comme la peste le choix "d'envoyer des troupes au sol"; au souvenir du désastre du Vietnam, de l'Afghanistan et de l'Algérie, il faudrait voir à voir qu'il n'y ait pas une insurrection généralisée des prolétaires convaincus que les guerres sont un meurtre généralisé au profit du capitalisme; ils ne le disent pas mais on peut le déduire: on devrait être heureux que les dirigeants de la planète se contentent de nous servir que le terrorisme... ce bâtard de guerres qui ne disent pas leur nom.
En réalité de la tentative de révolution mondiale à partir de la Russie aux différentes parodies de révolutions singées par les luttes nationales téléguidées par les deux blocs, les religions n'ont jamais disparues, ni pu être éradiquées, ce qu'elles devront être tôt ou tard si une société humaine et juste peut sauver l'humanité. Elles ont continué à jouer leur rôle d'abrutissement et d'infantilisation des populations et surtout du prolétariat. Preuve du triomphe (prolongé) de la bourgeoisie, preuve aussi que tout reste à faire pour éliminer les superstitions qui entraveront encore longtemps la libération de l'esprit humain.
J'évoque le cas de Cuba ensuite juste pour moquer la disparue – ou inexistante - IV e internationale dont les derniers héritiers éclectiques et féminophiles du NPA sont les souteneurs dans un état de plus en plus critique. Le NPA est en effet englué pour une large part dans une islamophilie ridicule au nom d'une tolérance marxologique, dont les staliniens de Cuba ont fait peu de cas, leur barbe était aussi longue que celle des salafistes mais leurs femmes ont conservé à l'air libre leur chatoyante chevelure hispanique. Le cas du Vietnam est marqué par un simple renvoi de lecture a bilan dérisoire d'une aussi longue et cruelle guerre pour conserver le système capitaliste ; les bouddhistes se sont montrés aussi violents et « suicidaires » que leurs compères des autres religions.
Par contre l'analyse qui suit de l'effondrement du mythe de la Libération nationale en Afrique est très intéressante dans le cas du Mozambique où l'auteur largement cité démontre l'utilisation des clans musulmans pour faire régner l'ordre anti-ouvrier, avant comme après. Le Bondy blog nous fournit ensuite, à travers la critique du livre d'Enderlin, une approche historique de la pourriture du nationalisme juif, qui ne vaut pas mieux que son jumeau, maintenu dans la misère, le nationalisme cosmopolite arabe. Enfin je reproduis en grande partie un article sur le mouvement national algérien avec une idéologie musulmane très présente à l'époque et qui nous avait parue inexistante du fait que la plupart des leaders par la suite ont été des kabyles athées.
PRENDRE congé du marxisme-léninisme

Il faut avoir lu cet extraordinaire texte poétique du parti « communiste » chinois actuel pour résumer plus de 50 ans de massacre idéologique et historique du vieux projet d'émancipation sociale et politique du mouvement ouvrier mené à bien par la bourgeoisie mondiale, ou plutôt ses multiples officines de propagande, journalistes et écrivains, préparé, facilité, imagé et caricaturé par 50 ans de règne d'un communisme de caserne, incapable de rivaliser économiquement et intellectuellement avec le vieux capitalisme libéral. Relayé par un maoïsme qui se pérennise sans honte comme capitalisme émergent sans honte, le cadavre du stalinisme a servi depuis des décennies à remiser la classe ouvrière au musée du XIX e siècle. De Raymond Aron aux think tanks des partis de la gauche bourgeoise, du PCF couche-moyenneux électoralement aux petits profs modernistes, tous se sont ligués pour diagnostiquer la disparition du prolétariat et sa fantaisie révolutionnaire, décrite comme invention inconsistante de la « secte léniniste ».

Il est certain que la ghettoïsation des banlieues est une des explications à la défection du sentiment patriotique et de l'amour du travail, qu'il vaut mieux s 'appeler Alain que Mohamed lorsqu'on se présente à Pôle emploi. Mais ce n'est pas parce qu'on est chômeur ou dernier en classe qu'on devient djihadiste criminel. L'explication de la montée et expansion de la religion musulmane provient plutôt de cette destruction de toute réflexion socialiste, communiste, d'une propagande qui a décrété que les combats politiques du mouvement ouvrier pour « changer la société » n'avaient été que gentille utopie d'esclaves. Jadis, la plupart des ouvriers de l'immigration se fondaient et se portaient au-devant du combat socialiste.
La charnière de l'échec symbolique pour les pays du sud d'une pensée révolutionnaire de type socialiste semble bien avoir été le succès de la « révolution chiite » en Iran à la fin des années 1970. La petite bourgeoisie dirigée par les ayatollahs s'est assise sur les grandes grèves des ouvriers iraniens qui firent tomber le régime du Shah plus vite que les prières du clergé chiite. En Occident la chute quelques années plus tard du stalinisme renforça l'acharnement à se moquer de la classe ouvrière de la part des élites bourgeoises européennes, qui inventèrent l'internationalisme... européen.
Jusqu'à cette époque un ouvrier polonais ou maghrébin en France en venait, au milieu de ses camarades français, à espérer lui aussi « changer la société », soit de façon réformiste en votant pour « le candidat de gauche le mieux placé au second  tour » ou en s'abstenant pour être sur la position révolutionnaire des groupes politiques extra-parlementaires dans l'attente de l'insurrection qui ne vient jamais. En remplacement il n'y eu plus rien, avec la montée du chômage, de l'indécrottable individualisme, le fameux chacun pour soi, tous ces facteurs ne pouvaient que renvoyer vers la ou les religions, ou simplement vers un hédonisme égoïste de consommateur au ras des rayons.
La démocratie bourgeoise avec son mépris patent pour les classes paupérisées, ses préférences classieuses, ses techniques frauduleuses électorales où les partis élisent leurs représentants et se fichent des veautants, a généré une violence sourde, permanente, une haine qui peut s'alimenter à ce qu'on raconte en long et en large à la télé, mais où chaque exemple n'est qu'une conséquence d'un même dégoût d'une société stupidement hiérarchisée, cloisonnée et excluante.

Les appareils syndicaux ont également tué toute idée d'internationalisme en laissant de côté la plupart des ouvriers immigrés « non qualifiés », en s'abstenant de les mêler à leurs représentations hiérarchiques, en refusant qu'ils soient embauchés dans les entreprises « nationalisées ».

Les sectes gauchistes et autres assocs n'ont pas eu non plus la réputation d'accueillir les ouvriers non nationaux dans leurs instances ; les mêmes agitateurs français arrivistes à la Dray, Mélanchon ou Désir ont fait carrière sur une lutte qu'ils « menaient » charitablement. C'est d'ailleurs la charité qui est à la base de la morgue des Plenel, ancien petits caïds gauchistes, et qui explique pourquoi ils défendent mordicus « la religion des pauvres » et les crimes des « délégués des pauvres ». Ils font des vœux charitables en appelant à l'ouverture totale des frontières, mais ils ne sont plus là s'il faut s'occuper de l'intendance. Ils appelaient au vote des immigrés depuis des années avec leur maison mère au gouvernement, mais cela n'empêcha pas les dits immigrés de voter pour les élus de leur pays, parmi les pires bigots de la planète. Il faut relire le discours de la servitude volontaire du jeune Etienne La Boétie pour voir combien les ouvriers de souche comme immigrés peuvent aimer pendant longtemps la soumission aux pires clichés que leur tendent les sergents recruteurs de la gauche bourgeoise, ses gauchistes ou leurs islamistes.
L'islamisme, en écho à ses maîtres bourgeois, peut prétendre avoir fait effondrer le marxisme, mais celui-ci n'est ni embaumé ni sanctifié. C'est pourquoi il reste une arme dangereuse dans les mains du prolétariat. Un million de fois plus puissante que le coran ou la kalach de l'assassin au coin de la rue.

Rions un peu maintenant avec les chinois.

« C’est dans la Russie que Marx considérait comme arriérée qu’éclata la "Révolution d'Octobre"qui devait finalement se solder par un échec; elle descendit du train de l’histoire. Encore plus arriérée, la Chine communiste établie comme un clone de l’Union soviétique par "transfert de la révolution", tout en «maintenant fermement le marxisme-léninisme», revint en arrière à grand pas en déclarant qu’elle n’était qu’au"stade primaire du socialisme". La Réforme explora de nouvelles voies, mit en œuvre l’"économie de marché" entra d’elle-même à l'OMC dirigée par le capital international; «elle s’est branchée sur l’étranger», et ainsi obtint une rare opportunité de développement, et d’un saut est devenue la deuxième économie du monde. Le développement économique de la Chine fut la conséquence du rejet des dogmes communistes marxistes-léninistes, et après la Réforme la Chine ne se rapprocha pas du communisme marxiste, mais s’en éloigna toujours plus. En fait, il n’est pas difficile de faire l’oraison funèbre et le bilan de la théorie marxiste et du mouvement communiste: les faits sont là. Mais en Chine c’est particulièrement "sensible"jusqu’à n’en souffler mot. Toutefois, le président russe Vladimir Poutine n’avait pas autant de scrupules, déjà à la fin de 1999, quand il déclara solennellement dans sa proclamation du nouveau millénaire que l’expérience du communisme au cours des cent dernières années avait été un échec!
Poutine fit un résumé aussi de l'histoire tragique du mouvement communiste de l'Union soviétique, lorsqu’il déclara d’une manière poignante: «Au cours du siècle qui va s’achever, la Russie a passé les trois-quarts du temps à vivre sous le drapeau de la lutte pour les principes communistes. Il est erroné de ne pas voir ce point, ou même de nier les réalisations incontestables de cette période. Mais si nous ne réalisons pas que, dans ce genre d’expérience sociale,la société et les gens ont payé le prix fort, nous commettons une erreur colossale. La principale erreur, la voici: le régime soviétique n'a ni enrichi le pays,ni fait prospérer la société, ni donné la liberté aux gens. Mener l’économie avec un modèle idéologique, a conduit notre pays à être très loin derrière les pays développés. Il peut être difficile de l’admettre, mais
pendant près de 70 ans nous nous sommes développés dans une impasse et cette voie s'écartait de la voie saine de la civilisation humaine.» La déclaration de Poutine ouvre les yeux, sa réflexion est objective et approfondie. Il n’a pas nié que l'Union soviétique socialiste avait atteint des "succès incontestables" et qu’elle avait plusieurs fois organisé un grand défilé militaire pour célébrer sa victoire sur les fascistes lors de la Seconde Guerre mondiale et il s’est montré profondément attristé de l'effondrement de la puissante Union soviétique. L'année où Eltsine transmit le pouvoir à Poutine, très attaché à la Russie sa mère patrie, il l’encouragea par ces mots: «prends bien soin de la Russie». (…) Le parti au pouvoir ne peut pas regarder seulement ses propres intérêts immédiats, il devrait être hautement responsable devant l’histoire, il ne faut surtout pas entraîner le milliard 300 millions de Chinois au sacrifice collectif pour un marxisme-léninisme qui est déjà en ruines. Les gouvernements qui ont mené la Réforme doivent garder la tête claire, se faire une idée précise et réaliste de la situation, la regarder en face et reconnaître avec sagesse et courage le fait objectif incontestable qu’est l’échec du mouvement communiste international et la faillite du marxisme-léninisme; il faut prendre fermement congé du marxisme léninisme et accueillir à bras ouverts une nouvelle époque."Du chat blanc et du chat noir, le bon chat est celui qui attrape les souris".
Le communisme ne peut pas se réaliser, il ne peut même pas passer du"stade primaire"au « stade médian ». Mieux vaut être pragmatique, réaliser le "rêve chinois"des "quatre modernisations"et y travailler dur. Comme il n’y a aucune différence entre le « rêve chinois » et le "rêve américain", il n'y aucune nécessité à gaspiller de la salive à propos d"ismes"ou de bannières, il faut courageusement, avec un esprit pragmatique, dénouer ce nœud idéologique ».


Les tentatives malheureuses des bolcheviques pour domestiquer l'islam

On ne peut pas passer sous silence la refabrication de l'histoire par les crypto-staliniens, vieux intellectuels qui vénèrent encore Thorez et Aragon, oublient toutes les saloperies chauvines véhiculées par PCF et sa corde CGT ; ainsi voyons la « nuance » laïcisme opposée à la laïcité, un comble confusion toujours défendue par les trostkiens, leur ex ou leur infiltrés :

« Par ailleurs, il est aussi bon de rappeler que la tradition du communisme français n'a jamais fait de l'athéisme et de la laïcité, à la différence des sociaux-démocrates et des libres penseurs bourgeois, une « religion à rebours », ce que Maurice Thorez dénonçait dans les années trente sous le terme de « laïcisme ». Laïcisme qui camouflait, mal, le renoncement d'une certaine gauche aux principes fondamentaux de la gauche: radicalisme et égalitarisme social, internationalisme, anticolonialisme, anti-impérialisme. Laïcisme qui précisément dépassait de loin la « laïcité » qui n'est rien d'autre que l'affirmation du droit à la liberté de conscience pour tous, sans exclusions Rappelons d'ailleurs que, à cette époque, c'est aussi au nom d'une certaine « laïcité », de fait du laïcisme, que les socialistes refusaient dans les faits l'accès de leurs syndicats aux travailleurs italiens, polonais, juifs, considérés comme « trop religieux », voire « fondamentalistes », alors que la CGTU communiste leur était ouverte. A l'époque, en France, cela n'avait pas grand chose à voir avec les musulmans, mais les comportements de la France « laïque » officielle étaient somme toute assez semblables à ceux que l'on retrouve aujourd'hui. Dans l'Algérie coloniale, c'était ce même argumentaire « progressiste » qui permettait d'ailleurs déjà à la « République » de traiter ses « citoyens Français musulmans » selon d'autres lois que les autres (chrétiens et juifs). L'histoire de la « ségrégation républicaine » mérite donc d'être confrontée aux dilemmes que rencontrèrent, sous d'autres cieux et dans des situations présentant parfois plusieurs similitudes, les bolcheviques russes. Mais le socialisme s'était à l'origine, avant Marx, développé comme un mouvement tirant son radicalisme du christianisme, et c'est par rapport à un christianisme qu'il estimait nécessaire de déconstruire plus radicalement encore, que Marx plaça sa réflexion sur la religion. D'où l'iconoclasme radical, « athée ». Ayant pris en compte la situation d'oppression qui donnait à la religion sa force au sein des milieux populaires, et sans poser la question qu’est-ce que la foi ?, les partis politiques marxistes n’ont toutefois pas exigé de leurs membres ou sympathisants qu'ils soient athées, mais uniquement qu'ils combattent pour la justice et l'égalité sociale, qu'ils prennent acte de l'existence de la lutte des classes, du combat contre les tendances « individualistes bourgeoises » pouvant exister au sein de chaque être humain et qu'ils analysent, scientifiquement, c'est-à-dire sans a priori, la réalité environnante. Sans préjuger des questions religieuses en soi, mais en prenant en revanche le maximum de distances envers les Eglises et les hiérarchies basées sur la religion.
C’est pourquoi les bolcheviks eux-aussi ne firent pas de l’athéisme un point de leur programme. La réalité de l'évolution concrète du processus révolutionnaire en Russie et dans les pays du bloc soviétique allait plus tard forcer en revanche le destin dans ce sens. Le parti bolchevik avait accueilli au départ en son sein des croyants, en particulier des musulmans, puisqu'il s'agissait d'une population marginalisée au sein de la société russe. Ce que d'autres partis communistes allaient faire également. Doit-on rappeler que le Parti communiste indonésien, qui allait jouer un rôle essentiel dans la libération nationale du pays, fut formé à partir de la transformation d'une organisation politique islamique,  Sarekat islam, en organisation membre de l'Internationale communiste ? Léon Trotsky notait d'ailleurs en 1923 que dans plusieurs régions à dominante musulmane de l'ex-empire russe, près de 15 % des militants du Parti communiste étaient des musulmans[1]. A la fois beaucoup et peu donc. Il considérait ces recrues avec intérêt mais aussi avec une certaine condescendance typiquement eurocentrique : « Des nouvelles recrues révolutionnaires inexpérimentées qui tapent en ce moment à notre porte ». Dans certaines régions d’Asie centrale soviétique, les musulmans représentaient toutefois jusqu’à 70 % des effectifs ».
http://www.lapenseelibre.org/article-marx-lenine-les-bolcheviks-et-l-islam-n-60-104736418.html
Après ce tableau idyllique des truands staliniens, adulateurs des prétentions de l'Etat russe, voyons la réalité plus perturbante des bolcheviques au pouvoir et face aux exigences islamiques. Très tolérants avec l'islam, les ministres bolcheviks avaient autorisé voile et tribunaux islamiques mais devaient déchanter très vite  (j'ai abordé la question dans mon livre sur l'immigration, à partir de la page 172): « La « libre concurrence » entre islam et marxisme s'annonçait plus forte que prévue et les marxistes n'en sortaient pas systématiquement victorieux. Dans le même temps, et pour toutes ces raisons cumulées, les autorités supprimèrent en 1924 les subventions publiques aux tribunaux islamiques. A tous les niveaux, il existait dans le système soviétique une « révolution dans la révolution ». La nouvelle légalité était dans les faits de toute façon souvent impossible à mettre en pratique car beaucoup de jeunes femmes qui refusaient d’accepter un mariage arrangé par leur famille ou de se marier à un mari polygame, n'avaient aucun moyen d'imposer leur vue puisqu'elles n'avaient aucun moyen de trouver un travail rémunéré à la fois en raison de leur manque d'éducation et de la lenteur de la reconstruction économique. C'était la période dite de « Nouvelle politique économique » (NEP) (...)
Le retour d'une politique privilégiant le russe comme « langue d'intercompréhension » alla de pair avec la relance d'une politique d'uniformisation idéologique en principe apte « à dépasser » les « localismes », nationaux et religieux. Le marxisme-léninisme, conception idéologique inventée sous Staline, à partir d'une interprétation rigide du marxisme et des pensées de Lénine s'imposa progressivement comme inéluctable à cette étape, à partir de la fin des années 1920.
(…) au nom des droits de la femme en particulier, Moscou lança une série d'attaques contre l'islam, connues sous le nom de « khoudjoum », mot que l'on peut traduire par attaque, offensive, voire agression. A l'occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars 1927, des manifestations de masse furent organisées à Tachkent, Samarkand et d'autres villes à majorité musulmane, avec des militantes des organisations de femmes soviétiques ayant souvent subi différentes formes d'oppression dans leurs familles. De petits groupes de femmes musulmanes montèrent sur des podiums et se dévoilèrent en public, après quoi on brûla leurs voiles. Cette opération visait à créer une « femme nouvelle », ayant « une conscience d'acier », apte à réaliser en tant que travailleuse et à un rythme époustouflant les objectifs modernisateurs mis de l'avant par Moscou. Les militantes communistes durent retirer le voiles qu'elles pouvaient porter jusque là, en particulier afin de mener un travail éducatif ou politique dans les mosquées.
(…)Des compromis purent ainsi être trouvés au quotidien entre islamité et communisme. La mère était de nouveau encensée dans les années 1930 en lieu et place de la femme individualisée et autonome des années 1920, et le foulard traditionnel des paysannes russes fut de nouveau considéré comme un vêtement plus décent que les cheveux à l'air des « bourgeoises décadentes ». L'avortement fut de nouveau interdit et une politique nataliste prônée. Ce qui dans les faits permettait aux musulmanes traditionnelles de maintenir leur mode de vie, sans plus vraiment chercher en revanche à occuper les premières places dans la vie politique et sociale, plus souvent laissées aux hommes ».
Puis il y eu une vague de répression des comportements islamiques jusqu'à la guerre, viol de femmes voilées, internement d'imams, au point que de nombreux prisonniers musulmans se joignirent à l'armée nazie.
La Russie capitaliste actuelle a inscrit la religion musulmane au rang de ses quatre religions nationales. Poutine fait la visite conviviale des mosquées pour ménager aussi bien l'Iran chiite que les pétromonarchies wahhabites . Les tentatives conciliatrices au cours de l'expérience bolchevique ont démontré que la synthèse n'était pas possible entre « pouvoir soviétique » et islam.
http://www.lapenseelibre.org/article-marx-lenine-les-bolcheviks-et-l-islam-n-60-104736418.html

L'anti-cléricalisme à Cuba une laïcité primaire?

Après la dite révolution de 1959 (coup d'Etat des barbus petits bourgeois), Cuba est devenu un État officiellement athée et a limité la pratique religieuse. Le régime expulsa ou incarcéra plusieurs centaines d’ecclésiastiques : de 1959 à 1961, 80 % des prêtres chrétiens professionnels et des ministres des églises cubaines ont quitté Cuba pour les Etats-Unis (ce qui n'était pas une grosse perte, certes). Les biens du clergé furent nationalisés. Le nouveau gouvernement castriste persécuta les pratiquants de la Santeria et les tint à l'écart du PC. Les relations entre le nouveau gouvernement et les congrégations étaient tendues, le nouveau gouvernement cubain était très soupçonneux des opérations de l'Église, la blâmant de la collaboration avec la CIA pendant le débarquement de la baie des Cochons et du stockage d'armes pour une « contre-révolution ».
Depuis les années 1990, les religions connaissent un regain de vitalité dans l’île. La crise provoquée par l’effondrement du bloc soviétique poussa de nombreux pauvres à se tourner vers la charité des Églises. Des associations chrétiennes comme Caritas pallient encore de nos jours les lacunes du système d’aide sociale. En 1992, Fidel Castro renonça officiellement à l’athéisme d’État . Jusqu'en 1998, le régime castriste avait supprimé le jour de Noël. En janvier 1998, le pape Jean-Paul II a effectué une visite historique sur l'île, invité par le gouvernement cubain et l'Église catholique.
Cependant, un Bureau des Affaires religieuses, qui dépend du PCC, surveille les activités des Églises (autant que la circulation des touristes) qui doivent obtenir la reconnaissance des autorités. Certains prêtres catholiques se sont ralliés au régime castriste, alors que d’autres comme Oswaldo Playa sont des dissidents actifs. L'Église fait toujours face à des restrictions de communication écrite et électronique, et ne peut seulement accepter que des donations provenant de fonds autorisés par l'État. Faudrait voir qu'on leur construise des mosquées...



Sur les déceptions et roueries de la libération nationale du Vietnam lire ici, la démonstration est plus éloquente qu'un article du CCI :
http://reseauinternational.net/vietnam-de-la-liberation-nationale-a-un-etat-vassal-transpacifique-1975-2015/



En attendant le messie: Effondrement du mythe de la libération nationale en Afrique

Sur la faillite des mouvements de libération nationale en Afrique, on lira sans tarder Michel Cahen sur Cairn, contribution géniale  :http://www.cairn.info/revue-historique-2006-1-page-113.htm

Cet ignorant en histoire de la Gauche communiste ne fait ni référence à Rosa Luxemburg ni à RI, qui ont expliqué la vacuité et l'impossibilité de libérations nationales à l'enseigne du développement des nations européennes au XIX e siècle, mais on ne lui en voudra pas vu la qualité de son étude qui aboutit aux mêmes conclusions que le camp maximaliste, mais on notera tout de même ici que l'opportunisme islamiste s'empare de cette artificialité des récente nations du XX e siècle pour justifier sa oumma impérialisto-terroriste.

Lutte d’émancipation anti-coloniale ou mouvement de libération nationale ? Processus historique et discours idéologique. Le cas des colonies portugaises, et du Mozambique en particulier (2006) :

« Il est en effet courant de qualifier les luttes armées qui se sont déroulées dans les anciennes colonies portugaises de « luttes armées de libération nationale »  ou d’employer des formules proches telles que « mouvements de libération nationale », ou encore « fronts de libération nationale ». On trouve bien quelques autres formules, telle l’anglaise freedom fighters, mais qui désigne juste des combattants, sans charge conceptuelle. Les pays indépendants que ces mouvements ont, après une longue lutte, réussi à créer sont qualifiés de « nouvelles nations » ou, quand on veut préciser plus avant leur politique de construction (…) Il est courant de parler de la « crise des États-nations d’Afrique » : pourtant toute analyse dévoile rapidement qu’il s’agit en premier lieu de la crise d’un discours de pouvoir imité des idéologies politiques et des théories de la nation française, portugaise et même britannique – il est intéressant de noter que les élites africaines des anciennes colonies britanniques sont tout autant « néo-jacobines », officiellement, que celles des anciennes colonies françaises et portugaises. De telles « théories », pourtant officiellement répétées et au nom desquelles on réprime le « séparatisme » et le « tribalisme », ne sont guère en cohérence avec la généralisation des pratiques ethno-clientélistes de l’immense majorité des dirigeants. Sur le plan économique, on n’a guère vu de processus d’unification de marchés nationaux. Des forces centrifuges ethniques, religieuses, sociales, se développent, qui sapent la stabilité de ces États – de ces nations, dit-on. Bref, ces États-nations semblent avoir échoué. (…) L’histoire de l’État « moderne » en Afrique contemporaine est évidemment fort différente, puisque des États, issus de la colonisation, ont dû tenter de fabriquer des « nations » dans l’espace de frontières qui n’ont pas été le produit de mille ans de guerre, d’ajustements progressifs et d’unification de marchés, mais de tractations inter-impérialistes qui, de 1884 à 1891 essentiellement, les ont fixées. Toutes les frontières sont artificielles, mais celles-là sont artificielles, décidées en un laps de temps extrêmement court, et par des acteurs extérieurs largement ignorants du terrain.
L´État post-colonial africain se trouve donc confronté à une tâche presque impossible : opérer la légitimation moderne de son territoire, par la fabrique rapide d’une nation qui ne correspond guère à la réalité des peuples et identités présents dans son aire. La mainmise sur l’État, totale ou simplement dominante, d’un groupe social déterminé – en général soudé autour d’une identité ethnique – va donc s’opérer au nom de la nation, processus d’autant plus important que cette mainmise conditionne largement l’accès à la rente (captation de l’aide internationale, revenus du pétrole, etc.) en l’absence de processus historique « bourgeois » d’accumulation de capital. Il y a évidemment un projet d’État-nation, mais cela ne saurait suffire à qualifier cet État d’État-nation. Or c’est précisément ce que l’on fait.
(…) Quand un État est ressenti comme avant tout prédateur, voire kleptocrate, non seulement il ne renforce pas la « production de la nation », mais encore il provoque des réactions anti-étatiques qui suivront les lignes de mobilisation disponibles dans la population, souvent des lignes ethniques, voire ethno-religieuses. De plus, le fait que l’État africain, outre son comportement prédateur, est spatialement et structurellement non représentatif des peuples partiellement présents au sein de ses frontières, affaiblit considérablement les processus d’identification.
(…) Le marxisme apparaît dès lors, dans un contexte où la lutte armée est inévitable, comme l’expression d’un nationalisme « moderniste ». Il est la forme, portée par une minorité radicale et acceptée par des secteurs plus larges des élites, trouvée pour exprimer leur occidentalisation subalterne. Il fait taire, mais ne fait pas pour autant disparaître, le poids d’autres modèles, comme le montrera par exemple plus tard la fascination de Samora Machel pour N’Gungunhana Samora Machel, qui succéda en 1969 à Eduardo Mondlane.... Toute la politique des premières années de l’indépendance visera non point tant à « socialiser » qu’à encadrer la population pour la moderniser autoritairement, pour la nationaliser. (…) Le leitmotiv idéologique du Portugal colonisateur était : « Moçambique só é Moçambique porque é Portugal » ( « Le Mozambique n’est le Mozambique que parce qu’il est le Portugal » )
Il est intéressant de constater, de ce point de vue, que l’utilisation du facteur ethnique pendant la guerre coloniale (1961/1964-1974) n’a jamais été systématique, ou a été utilisé après coup, alors que l’antagonisme était déjà clairement exprimé par les intéressés. On peut certes supposer que la PIDE portugaise   La Police internationale et de défense de l’État (PIDE),... n’a pas été dormante dans l’activation de l’antagonisme entre les Bacongos et les Ovimbundus d’Angola, et les antagonismes internes aux Bacongos, qui entraînèrent la scission du FNLA et l’apparition de l’Unita formée par des cadres ovimbundus Unita : Union nationale pour l’indépendance totale... et cabindas  Les Cabindas sont une branche de peuplement bacongo... en 1965-1966. Mais ce ne sont nullement ces services secrets portugais qui ont inventé, ni même aggravé, ces antagonismes : les massacres de travailleurs contratados ovimbundus des plantations portugaises de café dans le Nord angolais lors de la grande révolte du printemps 1961 sont, alors, encore dans toutes les mémoires   Les Ovimbundus avaient été recrutés de force par les.... On peut penser aussi que le général A. Spinola, gouverneur de la Guinée, a activé, contre les Balantes côtiers et animistes, l’alliance avec les musulmans dans sa tactique des « Congrès des peuples de Guinée ». Mais l’alliance « structurelle » entre les hiérarchies musulmanes mandingues et peules et l’administration coloniale portugaise « catholique » existait depuis longtemps ». (…)

Du reste, si manipulation il y eut, on peut chercher à en voir les résultats sur la durée. Ainsi, en Guinée-Bissau, le PAIGC  Le PAIGC, Parti africain de l’indépendance du cap... avait eu de réelles difficultés d’implantation en zones musulmanes mandingues et peules, utilisées par les Portugais. Mais, une fois au pouvoir, il réussit à recréer une alliance de même type que celle existant, on l’a vu, sous les Portugais (entre l’État moderne – maintenant indépendant – et les hiérarchies musulmanes), allant jusqu’à nommer ministre un grand commerçant musulman de Gabú, ancien député « fasciste » à l’Assemblée nationale portugaise ! Cette politique fut menée simultanément au tournant économique néolibéral (à partir de 1985) favorable, entre autres, aux réseaux marchands mandingues, et ruineuse pour l’économie rizicole des Balantes, fer de lance de la lutte anti-portugaise. De ce fait, ces derniers votèrent massivement pour l’opposition en 1994 et 2000. Chassé du pouvoir par la guerre civile de 1998-1999 et les élections de 2000, le PAIGC conserva le meilleur de son implantation dans ces mêmes milieux musulmans qui avaient été largement instrumentalisés par les Portugais pendant la guerre de libération ».



Cet auteur génial conclut au niveau historique que les termes de « libération nationale » après 1945 sont inappropriés et ne devraient plus être utilisés. En effet l'impérialisme n'a faits que créer des nations artificielles dont les couches petites bourgeoises dégénérées, dans le chaos actuel, ne trouvent pas mieux que de se jeter dans les bras de l'islamisme à marche forcée.
Le Bondy blog donne un résumé du livre du courageux Charles Enderlin :
 
http://bondyblog.liberation.fr/201409070001/lirresistible-ascension-du-messianisme-juif/#.VlQsJ-IqGKI

"En Palestine, les Britanniques ont permis le développement modéré de la présence de Juifs en majorité laïques. Or les Arabes refusent qu’on attribue leur terre à un autre peuple. Ils se révoltent en 1936. Suite à un plan de partage entre Juifs et Palestiniens proposé par Londres, le mouvement sioniste doit choisir la nature de l’Etat juif qu’il veut créer en Palestine. Soit un Etat laïque pour les Juifs retournant comme peuple sur leur terre ancestrale ; ou bien un Etat à dominante messianique, avec un groupe cultuel trouvant refuge sur la terre promise par Dieu à leurs ancêtres.
Ben Gourion, Président de l’Agence juive, socialiste, non religieux et pragmatique, est « (…) favorable au partage de la Palestine sans pour autant renoncer à l’idée du droit historique des Juifs sur la Terre d’Israël, fondement du mouvement sioniste. Mais à ses yeux, il convient d’être réaliste. Seuls l’immigration, le développement économique, la force militaire et d’éventuelles négociations avec les pays arabes détermineront, pense-t-il, les frontières du futur Etat. (…) L’opposition à cette stratégie est quasi générale » de la part des Juifs. Ce plan est rejeté par les Arabes.
Les fondamentalistes progressent avec la création d’une institution spirituelle et législative, un nouveau Sanhédrin, le tribunal du peuple juif. Sharon fait finalement évacuer et détruire des implantations. En 2009, les élections ramènent la droite et des éléments d’extrême droite au pouvoir avec le retour de Netanyahu. Obama est dans un premier temps soucieux d’obtenir un arrêt complet de la colonisation, ce qui crée de fortes tensions avec le gouvernement israélien. Obama ne veut finalement plus geler la construction dans les implantations.
L’idéologie nationaliste religieuse s’est répandue dans certaines unités de l’armée. 2010 voit la reprise de la colonisation. En 2011, 50 rabbins ont affaire à la justice pour une lettre publiée pour interdire à des Juifs de louer des logements à des Arabes ; cette affaire est classée sans suite mais cette lettre est approuvée par 44 % des Juifs israéliens. L’intégrisme imprègne de plus en plus l’armée : par exemple, « sur les ordres de leurs rabbins, un nombre croissant de militaires nationalistes religieux refusent tout contact avec des femmes soldates ».
La société israélienne est devenue de plus en plus religieuse depuis les accords d’Oslo. Les fondamentalistes ne représentent que 13 % de la population mais ils ont beaucoup d’enfants. En 2011, « plus de 51 % des Israéliens croyaient en la venue du Messie ».



La terrible et honteuse occupation juive capitaliste de la Palestine – un nationalisme juif qui faisait vomir Einstein - qui avait longtemps fait l'objet d'un combat de « libération nationale » emmené plutôt par des néo-marxistes, est ainsi devenue l'étendard mondial de la nouvelle guerre de religion binaire pour toutes les fractions religieuses islamistes. Et la solution communiste reste la destruction de l'Etat juif et... l'empêchement de la construction d'un Etat bourgeois arabe !

Messali Hadj et le mouvement nationaliste algérien

par Nick Barrett (6 septembre 2009)
« La première organisation à revendiquer l’indépendance pour l’Algérie est l’étoile Nord-africaine (ENA). Entre 1920 et 1924, 120 000 travailleurs immigrés maghrébins, dont 100 000 Algériens, s’installent en France et pour beaucoup dans la région parisienne. L’ENA est fondée en 1924 parmi les travailleurs immigrés algériens sous l’impulsion du Parti communiste français et suite à une décision du 6e comité exécutif de l’Internationale communiste (IC). Le PCF avait présenté Hadj Ali AbdelKader aux élections législatives de 1924, et il lui manqua seulement 20 voix pour être élu. Selon les rapports de police, le travail du PCF parmi ces travailleurs algériens à porté ses fruits : on estime à 8 000 le nombre de musulmans sympathisants ou adhérents du PCF. Le même rapport les cite comme « les régiments de choc du bolchévisme ». Hadj Ali, un communiste, sera le premier dirigeant de l’ENA. Le Journal de l’ENA l’Ikdam est imprimé par la CGTU (syndicat d’obédience communiste). Messali Hadj rejoint l’organisation en 1926 et deviendra le principal dirigeant du mouvement national algérien pendant 30 ans.
Le contexte politique est important. Cela se passe sept ans seulement après l’espoir soulevé par la Révolution russe. La crise à la fin de la guerre à vu l’émergence de partis communistes dans la plupart des pays industrialisés, des tentatives de révolution en Allemagne, en Hongrie, en Italie, et des soulèvements dans les colonies. Avec la guerre du Rif, la révolution chinoise en 1925-27, un vent de liberté souffle dans les colonies et semble faire écho au premier congrès des peuples à Bakou en 1920, organisé à l’apogée de l’lnternationale communiste. Mais à partir du milieu de la décennie le mouvement communiste international entre en crise. En Russie la politique du « socialisme dans un seul pays » à pris le pas sur le développement de la révolution mondiale, et l’épuration et la bureaucratisation du parti bolchevik est bien en cours. Au niveau international, les généraux du Kuomintang, soutenus par PIC, occupent Shanghaï en 1927 puis massacrent les ouvriers du parti communiste chinois tuant dans l’œuf la révolution chinoise. La stratégie des partis communistes fut dictée par la nécessité pour Moscou de forger des alliances avec des bourgeoisies et donc de freiner les revendications les plus radicales. Ce tournant marque tout le développement du mouvement nationaliste algérien.
(…) Le mouvement nationaliste à su forger une idéologie face à l’occupation coloniale. Sa grande faiblesse était l’absence de courants démocratiques et révolutionnaires capables d’argumenter pour une extension sociale de la lutte et de faire face politiquement à la confiscation de la révolution algérienne. Elle eu lieu d’abord en partie par Ben Bella lors de la dissolution du gouvernement provisoire de la république algérienne pendant l’été 1962 et la répression des militants de l’intérieur de la IIIe wilaya (la Kabylie), puis, et avant tout, par le coup d’état de Boumédiène en 1965 qui mettait fin aux expressions démocratiques d’opposition et ouvrait la voie au système étatique dirigé par l’appareil du FLN.
(…) La question de la religion n’a presque à aucun moment été un obstacle au développement du mouvement nationaliste. Pourtant, elle était omniprésente dans les discours des dirigeants nationalistes. C’était la revendication elle-même d’indépendance qui posait problème pour la gauche française.
http://quefaire.lautre.net/Messali-Hadj-et-le-mouvement
Le site Que faire ? Produit des articles intéressants, documentés. Il n'est pas rédigé ni par des excités anarchistes ni des ignorantins... mais le raisonnement final sent toujours le stalinien arriéré1, anti-trotskien primaire.



2. LA PSYCHOLOGIE DE L'ISLAMO-GAUCHISME



Antoine Boulangé du documenté mais trouble Que Faire, tresse des lauriers au champion de la communion démocratie-islam, Alain Gresh , en commençant par les clichés sur les banlieues a-ban-don-nées:
« Aujourd’hui, une grande partie de la gauche dénonce la menace que constituerait les ghettos et le communautarisme, qui s’opposeraient aux valeurs d’égalité républicaine. Comme le dit Gresh, des valeurs abstraites peuvent obscurcir la compréhension du monde. En effet, le concept même de communautarisme est biaisé. On reproche aux populations immigrés de se séparer alors que c’est justement le système raciste qui les opprime et les marginalise « ce n’est pas le communautarisme qui crée les ghettos, c’est l’inverse ». La menace communautariste est un fantasme et au lieu de la dénoncer, la gauche devrait se solidariser des populations qui subissent le racisme, lutter à leur côtés. Le retour par exemple des pratiques religieuses dans les banlieues est en fait le produit d’un racisme croissant et d’un abandon du terrain social qui était auparavant organisé par le PC, les syndicats... (encadré oui et divisé ! Interjection de jlr). Au lieu de stigmatiser les jeunes filles qui portent le foulard, nous devons défendre leurs droits à pratiquer librement leur religion (ah ah!).
Gresh montre aussi qu’on ne peut pas comprendre la religion comme un monolithe, « l’islam serait d’une essence réactionnaire ». Comme toute religion, l’islam est en fait divers : il n’y a rien de commun entre un roi du pétrole saoudien et un jeune des banlieues, un jeune Palestinien ou Irakien... ».
Gresh est pourtant clairement un des fourriers de l'islamisme rampant, un des ces charitables médiatisés comme Plenel comme avocats des pauvres croyants, dont l'arrière grand-père était colonisé comme ma grand-mère esclave du seigneur de Châteauneuf de Randon et victime de ses sévices racistes :
« Gresh développe une analyse qui rejoint ici la véritable analyse marxiste de la religion. Le marxisme ne critique pas la religion indépendamment de la société et insiste sur sa nature contradictoire. Elle justifie d’un côté le système, c’est le fameux « opium du peuple », mais elle traduit aussi un espoir, une aspiration confuse au changement, « un cœur dans un monde sans cœur ». Gresh souligne le danger qu’il y aurait à « substituer la question religieuse à la question sociale », qui est le véritable problème. Par exemple, voir dans Tariq Ramadan un religieux réactionnaire et non un militant musulman altermondialiste, avec qui nous pouvons lutter.(ouaf ouaf!) Si l’analyse de Gresh est pertinente et nécessaire, elle contient un certain nombre de limites. L’objectif de Gresh est de pouvoir arriver à un « vivre ensemble », quelle que soit la religion. » « Gresh souligne souvent que le racisme sert à masquer le fait que tous les travailleurs ont des intérêts communs, que les immigrés ne sont pas différents de nous, qu’ils sont simplement des travailleurs souvent parmi les plus précaires. L’analyse marxiste montre que ces rapports sociaux sont intimement liés à l’exploitation économique et au contrôle exclusif des moyens de production par une infime minorité de la population. Pour mettre fin à ces rapports il faut donc s’attaquer à la racine du problème. On ne pourra pas mettre fin au racisme, à la guerre sans remettre en cause la propriété privée des moyens de production et donc le cadre politique actuel qui la garantit, la démocratie bourgeoise. Celle-ci, qui multiplie les proclamations sur l’égalité, est intrinsèquement inégalitaire et raciste.
Pour nous, la lutte contre le racisme est une voie nécessaire pour unir les gens sur une base de classe, pour unir les travailleurs quel que soit leur origine, leur couleur, leur sexe, leur religion afin qu’ils prennent collectivement le contrôle de la société et instaurent une véritable démocratie, basée sur l’auto-organisation des travailleurs. C’est pour cela que les marxistes ne doivent pas tomber dans le piège des divisions religieuses ou nationales, pour mettre fin au fameux « diviser pour mieux régner ». En finir avec le racisme implique de lutter pour un autre monde.
Les perspectives que développe Gresh sont très modérées comparée à la dénonciation implacable du monde qu’il fait. Alors qu’il dénonce à juste titre l’illusion qu’a eu la gauche sur le rôle civilisateur de la France, il tombe, même sans le vouloir, dans le piège selon lequel la nation française pourrait incarner un autre modèle pour la planète « Dans un univers mondialisé, régi par les règles du libéralisme sauvage, une nation doit aussi se fixer une ambition : la défense d’un modèle social (...) qui retrouve le vrai sens du mot « réforme » (...) pour un monde multipolaire régi par le droit international ». Au contraire, mettre fin au racisme et à l’impérialisme nécessite de détruire le cadre même des nations. Comme le disait Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».
Malgré ces faiblesses (Gresh s’est toujours présenté d’ailleurs comme un modéré, un réformiste et non un radical), cet ouvrage reste fondamental pour éclaircir les positions à gauche sur l’islam et le racisme. C’est un antidote indispensable aux théories bushistes et leurs versions françaises, de droite comme Sarkozy, mais aussi malheureusement de gauche. L’extrême gauche n’a pas su non plus s’opposer clairement à cette logique comme le montre sa passivité voire son soutien à la loi sur le foulard. Ces positions ne peuvent que renforcer le sentiment chez les musulmans qu’ils ne peuvent compter que sur leurs seules forces. Au lieu de développer une unité de classe, cette politique, comme l’explique Gresh, augmente les divisions et affaiblit l’ensemble des opprimés et des exploités : « Dans le cadre de la campagne islamophobe... je suis frappé par le nombre de jeunes qui en réaction s’affirment musulmans. L’un d’eux m’a déclaré : « je suis musulman athée ». Il y a une telle stigmatisation qu’il veut se sentir solidaire, tout comme un juif athée qui insistera sur sa judaïté pour ne pas faire de cadeaux aux antisémites. Au lieu de renforcer l’intégration, le type de débat que nous avons eu (...) a abouti à une stigmatisation qui renforce la cohésion d’une communauté musulmane imaginaire et qui favorise du même coup les groupes les plus extrémistes ».
La trouvaille du réformisme radical d'obédience trotskienne se résume à l'antienne moraliste sur l'antiracisme comme stade suprême du génie politique, mais qui n'est ni politique ni indication d'une réflexion de classe révolutionnaire qui se bat d'abord sur le terrain économique pas sur celui de la moralisation radoteuse bourgeoise ; au moins apprend-on qu'il y a plus réformiste qu'eux, ce vague plumitif de Gresh mais de la même noria de bobos étrangers aux soucis du prolétariat, acharnés eux aussi à le qualifier de "raciste", participant de la dissolution de l'esprit de classe et du développement des délires islamistes des "pauvres à éduquer à la démocratie" bourgeoise même s'ils ont de l merde dans la tête. Leur ouverture totale à l'immigration est ridicule, idiote et utopique, ridicule parce qu'ils se solidarisent avec l' irresponsable Merkel et avec le mensonge qui fait croire à un cas français, idiote parce que ce n'est pas le FN qui pose les bombes, utopique parce que partout les prolétaires autochtones subissent comme un envahissement l'arrivée massive des migrants des guerres impérialistes (et n'en veulent pas...) - en moins grand nombre disent-ils avec les statiticiens gauchistes mais esquivant la concentration dans les villes principales et leurs métros - de l'Algérie (camps des subsahariens incendiés) à la Roumanie (rejet des Roms), à la Pologne et à l'Allemagne. En gros la position religieusement laxiste, aussi charitable qu'elle est inconsciente, de la gauche si peu extrême du réformisme radical, sert de baume sur la jambe de bois du discours prometteur des gouvernants (très tolérants surtout en période électorale, Hollande l'a emporté grâce au vote des banlieues a-ban-don-nées); de plus ils s'allient constamment avec les puissants pour dénoncer comme ennemi n°1 un parti cacochyme vaguement marchaisien, contribuant à faire passer l'ennemi intérieur impérialiste, criminel et bigot, l'islamisme, pour secondaire.
Catherine Samary, pieuse féministe en chef du NPA en 2011, écrivait, soi-même:

« Il ne s’agissait donc pas de nier l’existence de courants intégristes et de se taire sur leurs violences : dans les collectifs que nous avons formés, nos nouveaux camarades, frérots et seurettes (hi hi) musulmanes nous aidaient au contraire à résoudre une difficulté majeure du combat contre l’islamophobie (dans une société où l’islam est une réalité nouvelle) : celle de discerner... un barbu d’un autre, une femme voilée, d’une autre, bref d’appliquer des grilles de lecture politiques, idéologiques aux musulmans comme au commun des mortels !
Si la montée du port du foulard islamique était effectivement en partie associée à l’offensive de courants dits “salafistes” (en France minoritaires mais très présents dans certains milieux et quartiers), il était essentiel de comprendre d’autres facteurs poussant à l’affirmation publique d’une “identité musulmane”. » Pour ne parler que de la France, d’une part, il faut souligner la croissance de cette population (passant de 1 à plus de 6 millions de personnes sur trois décennies) avec le regroupement familial après l’arrêt de l’immigration – ce qui, statistiquement augmentait le nombre de femmes voilées ». 
 
Les militantes bobos du NPA islamophile et les femen cucul-la-praline nous font pitié. Après la féminisation systématique du vocabulaire par les milieux gauchistes, l'injonction camarades est précédée désormais de l'imbécile injonction islaminguante "frères et soeurs"! C'est sûr, comme aurait dit Rosa, la statistique c'est bon pour les taupes de la bourgeoisie « antiraciste » et racoleuse électorale. Comme conclusion sur cette psychologie gauchisto-fémino-chrétienne, se reporter au chapitre 1 : Prendre congé du marxisme-léninisme.



Lire aussi :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-pourquoi-la-tunisie-fournit-153255


1Une analyse proche, disons oecuménique, est avancée par l'ISM : "En Algérie, l’islam était au cœur de l’identité de l’Etoile Nord Africaine, raconte un pieux musulman de l'ISM qui veut gommer la diversité du FLN à dominante kabyle. Le programme élaboré lors de l’assemblée générale de mai 1933 affirmait : « Pour notre salut, pour notre avenir, pour occuper une place digne de notre race dans le monde, jurons tous sur le Coran et par l’Islam de travailler avec acharnement pour sa réalisation et pour son triomphe final ». Cette place centrale de l’islam dans le projet du mouvement national algérien fut clairement énoncée par les fondateurs du FLN dans l’article premier de la déclaration du 1ier novembre 1954 lorsqu’ils posèrent la revendication d’un « Etat souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». Youssef Girard (http://www.ism-france.org/analyses/L-islam-comme-source-de-liberation-8207-article-13806).
Ce site nationaliste islamiste (ISM) réagit ainsi aux lois d'exception : « Depuis des années, les responsables politiques, aussi bien à droite qu’à gauche, et les médias dominants ciblent spécifiquement la communauté musulmane vivant en France et qui serait la nouvelle « cinquième colonne », l’ennemi intérieur, un relais d’un ennemi extérieur aux contours flous : le barbare musulman vivant en marge de la « Civilisation » et la menaçant.
Contre cet ennemi intérieur, ces barbares qui ont infiltré la « Civilisation » en franchissant le limes, l’État a mis en place une législation et des pratiques d’exception : en 1994, en dehors de tout cadre légal, internements de militants ou de personnes « réputées » proches du Front islamique du salut (FIS) à Folembray, expulsions administratives d’imams ou de responsables associatifs musulmans, loi contre le hijab de 2004 dans les établissements scolaires publiques, loi de 2010 interdisant le niqab, prohibition des « prières de rue » pour les seuls musulmans, etc.

A l’extérieur, depuis que la menace « verte », « islamiste », a remplacé la menace « rouge », « communiste », l’armée française s’est lancée dans une série de guerres et « d’interventions » d’inspiration néo-coloniale : guerre du Golfe contre l’Irak en 1991, « intervention » en Afghanistan depuis 2001, « intervention » en Libye en 2011, guerre au Mali depuis 2012, « intervention » en République centrafricaine depuis 2013, « intervention » en Irak et en Syrie depuis 2014, etc.

Les récents attentats viennent justifier auprès d’une opinion publique terrorisée la mise en place de nouvelles mesures d’exception à l’encontre de notre communauté, qui est jugée collectivement responsable des attaques du 13 novembre 2015, et l’intensification des bombardements français en Syrie et en Irak, dont les principales victimes sont des civils qui subissent déjà les horreurs de la guerre depuis trop longtemps.

Ce mouvement islamique de libération conclut :
« Contre les mesures d’exception dont elle est victime, notre communauté ne saurait se contenter de justifications sur la nature pacifiste de l’islam ou de donner des gages d’intégration, de « francité » ou de légalisme. Face à des mesures d’exception nous frappant collectivement, nous ne saurions donner qu’une réponse politique collective fondée sur notre identité. Car nos réponses « humanistes », « patriotiques » ou « occidentales » ne seront qu’une manière de dévitaliser le corps de notre communauté en nous leurrant sur les attaques réelles auxquelles nous devons faire face.

Face à un appareil répressif d’État qui nous cible parce que nous sommes musulmans, il est totalement dérisoire de jouer les « humanistes », les « patriotes », les « Européens » ou les « civilisés » car l’appareil d’État se moque éperdument de nos circonvolutions. Nous sommes attaqués en tant que musulmans, nous devons donc impérativement répondre en tant que musulmans ».

Qu'est-ce que l'ISM ?
L'International Solidarity Movement est une organisation non-gouvernementale palestinienne regroupant des pacifistes palestiniens et internationaux travaillant à promouvoir la lutte pour la liberté en Palestine et pour la fin de l'occupation israélienne. Nous utilisons des méthodes de résistance non-violentes et des actions directes pour affronter et défier les Forces illégales d'occupation israélienne et leur politique.

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