"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 22 mai 2026

Le charlot TRUMP a-t-il incendié le capitalisme ?

 


« Le poisson commence par puer de la tête » Erasme


DRAME DES GRANDES PUISSANCES : ELLES NE PEUVENT PLUS ENVAHIR LES NATIONS SECONDAIRES


Le principal point vraiment commun entre Néron et Trump est qu'ils ont fait carrière dans l'immobilier, pour le reste Donald ne devrait pas assassiner Mélania et il se vante de vouloir supprimer les guerres, du moins celles qui coûtent cher au capitalisme américain, mais font exploser les profits du complexe militaro-industriel..

Le principal fait révélateur de la chute en cascades de l'empire américain est bien sûr figuré unanimement par l'exhibition de ce personnage égotiste, fantasque et erratique, qui joue au faiseur de roi, contrôlant la marche du monde1. Or rien n'est plus faux. Trump ne contrôle rien, même pas le bouton pour lancer ses troupes kakies, avec son chantage lassant à un nouveau bombardement plus massif, comme cette femme frigide qui vous assure : un jour je finirai par vraiment faire l'amour et plus la guerre. Ceux qui pensaient le contraire peuvent réviser leur jugement avec les baffes que le régime terroriste iranien lui fout sans cesse. Au niveau géopolitique on n'a jamais rien fait cesser en 24 heures (comme le déplore notre pauvre Lecornu). Les financiers et les marchés sont eux les vrais maîtres. Autre constat incontestable de la faiblesse américaine, leur dite Administration obligée de demander l'aide chinoise mais aussi, sous des airs de mépris, celle de l'Europe, dont on examine plus loin les réticences de nature...sociale.

Le make america great again est déjà une faillite complète, depuis longtemps annoncée et confrmée. Ce qui se déroule, ce ne sont pas les caprices d'un Trump dérangé du cigare, ce sont bien les atermoiments du capitalisme mondial pris dans ses contradictions et tergiversations (voir l'article de RI : La guerre au Moyen-Orient précipite l’économie capitaliste dans le chaos2.)

L'impuissance croissante de l'impérialisme américaine

Le souvenir de la défaite au Vietnam est le parfum de celle qui se confirme en Iran3. Le basculement de l'hégémonie américaine, malgré la gloriole au moment de la chute du bloc russe, fût certes progressif ; il n'est pas nouveau mais partie inégrante de la décadence capitaliste depuis un siècle, à ceci près qu'on en subit une phase terminale dont nul ne sait pour l'heure jusqu'où elle va conduire l'humanité. La plupart des journalistes qui insistent sur le fait que la guerre là-bas avec ses destructions massives n'a servi à rien et que la seule porte de sortie serait la négociation, n'ont pas tort mais pas raison non plus parce que la négociation (permanente et douloureuse) n'aboutit pas non plus. L'échec militaire US, avec son barouf sanglant pour les populations civiles (encore iraniennes), permet à une puissance régionale de ridiculiser l'armada américaine dite la plus puissante du monde (et incitatrice pour les autres concurrents), avec un culot sans fard sur deux plans : la paralysie du détroit d'Ormuz si vital pour toute l'économie mondiale et des capacités de nuisance incontestables contre toutes les monarchies de la région et en prime même désormais versus le territoire européen.

La glaciation en nouveaux blocs n'est pas avérée

On exagère la puissance montante de la Chine qui demeure seulement pour l'instant la principale puissance économique du monde, toujours très prudence quant à ses ambitions militaires, et surtout modeste4. Malgré sa possession de l'arme nucléaire, son armée n'est pas au niveau même de l'armée russe. On peut certes considérer que Trump et Poutine sont allés à Canossa en Chine pour cesser de se faire balader en Iran et en Ukraine. En revanche même si l'indifférence a été réservée à Trump et l'amitié à Poutine, tous ces potentats sont perplexes et incapables de prévoir les conséquences du lendemain pour leurs gesticulations et crimes. Aucun n'a confiance en l'autre.Autant on ne voit pas les dividendes recueillis par Trump dans l’opération américaine en Iran, autant ceux de la Chine apparaissent clairement, que ce soit diplomatiquement ou financièrement, mais pas au plan militaire, ce qui fonde sa discrétion en Iran. Par ecemple ine intrervention à Taïwan est pour l'heure impossible au niveau d'un abordage très compliqué, voire d'une contribution du Japon5. Cette visite d’État de deux jours du petit Poutine visait à afficher la soit-disant solidité du « partenariat sans limite » scellé face à l’Occident par leursautocrates en 2022, mais consacre aussi l’ascendant du géant chinois face à un Kremlin anxieux du pas de deux sino-américain. Le prétendu "axe" russo chinois n'est jamais qu'un axe de pacotille. Tout, et plus encore, sépare la Russie de la Chine, à commencer par les ambitions territoriales chinoises sur la Sibérie...

Par dessus tout, je le répète, excepté le génocide en Palestine avec un Etat inexistant, le fait marquant est que les grandes puissances ne peuvent plus prétendre envahir un pays inférieur, comme ce fût le cas pour l'Union dite soviétique en 89-91. Autrement dit, le capitalisme dominant ne peut plus envahir mais s'autodétruire !6

UN DANGER INTERIEUR MAINTENU SOUS LA TABLE

Les clichés se sont accumulés : l'Europe serait menacée par la Russie, la Russie marcherait déjà main dans la main avec la Chine, l'Iran aurait renouvelé son armement le plus efficace, missiles et drônes sophistiqués, le pouvoir iranien serait divisé, idem pour Trump et le criminel Netanyahou, etc. etc.

C'est oublier qu'on période de guerre les mensonges ou approximations sont roi et reine. Sans examiner chacun de ses mensonges, force est de considérer que chacun de ces Etats connaît d'énormes problèmes internes inavoués, que nous sommes encore une infime minorité à démontrer ; que le blocage d'internet ne suffit pas à rendiguer.

La Russie n’a aucun intérêt viable à attaquer l’Europe, des journalistes en viennent même à constater que Poutine est le moins foldingue de la bande car les yeux rivés sur son propre prolétariat, au si beau passé. Une agression directe contre un membre de l’OTAN même limitée ou hybride serait stratégiquement suicidaire pour la Russie. Elle dispose déjà d’un front ouvert en Ukraine depuis 2022, avec des pertes humaines et matérielles considérables, une économie entièrement réorientée vers la guerre  (qui coûte tès cher), une démographie en déclin structurel,enfin surtout elle est à la peine, comme la bourgeoisie ukrainienne pour recruter des milliers de prolétaires de souche (allant jusqu'à chercher de la chair à canon en Afrique). L’OTAN représente une alliance militaire et économique supérieure à son PIB, en technologie et en capacité de projection. Même un "test" limité risquerait l’activation de l’article 5, l’escalade conventionnelle puis nucléaire. La Russie n’a ni l’intérêt ni les moyens d’une conquête ou d’une déstabilisation durable de l’Europe de l’Ouest ou du Centre. Son objectif déclaré reste la sécurisation de son voisinage immédiat, pas l’expansion territoriale en Europe.

L'Europe n'a pas dit son dernier mot, elle reste le principal marché du monde, l'amante désiirée par tous les régimes autocratiques et leurs migrants ; plus inquiétant, elle est l'aire géographique où le prolétariat reste le plus dangereux contre tout mobilisation militaire pour le pétrole ou les beaux yeux de la princesse.

De la Chine à l'Iran, l'état d'esprit du prolétariat reste encore au niveau du mystère, mais il n'y a aucune raison ni aucun terrorisme, ou terreur d'Etat, qui empêche de penser que colère et indignation se renforcent souterrainement, en évitant la formule de la taupe de Marx.

Concernant la conscience du prolétariat européen et américain, je vous laisse lire les articles du CCI, qui n'exagère pas tout le temps concernant l'ampleur des luttes économiques des deux côtés de l'Atlantique. Il faudrait marquer plus l'impuissance de nos « démocraties » à diffuser l'esprit belliciste dans la population et chez les jeunes, donc surtout parmi le prolétariat. Un sympathisant arabe du CCI me disait récemment « les américains sont lâches ». Quelle idiotie ! Le prolétariat américain a assez donné de 1914 au Vietnam, c'est donc lui qui terrorise Trump... et l'empêche d'envoyer au casse-pipe les « boys ». Les plus criminels avec leurs successives flotilles pour Gaza, même s'ils sont victimes du terrorisme juif, sont les populistes nationalistes de la clique à Mélenchon. Ce sont eux les principaux diffuseurs pour l'heure de l'idéologie patriotique.

Le prolétariat français n'est pas prêt à risquer sa vie s'il ne peut plus faire son plein d'essence et n'a plus les moyens de passer des vacances lointaines. Pourra-t-il profiter de la vacance du pouvoir?


NOTES


1J'ai toujours dit au niveau psychologique, car constaté lors de mes rencontres personnelles et sur le plan politique en particulier, que la destinée du pervers narcissique est l'échec et la solitude. Je plains déjà le devenir de Trump.

3 Commencée le 28 février 2026, la guerre contre l’Iran est la quatrième opération militaire américaine de changement de régime en terre d’islam depuis le début du XXIe siècle. Elle a été précédée par celles de l’Afghanistan (2001-2021), de l’Irak (2003-2011) et de la Libye (2011), qui se sont toutes terminées par de cuisants échecs.

4Selon les renseignements américains, l’Iran réussirait notamment à rétablir rapidement ses capacités grâce au soutien de la Russie et de la Chine. Cette dernière, par exemple, aurait continué de fournir à Téhéran des composants utiles à la fabrication de missiles pendant le conflit. Pas terrible comme aide impérialiste !

5La Chine ne peut pas envahir Taïwan. Les satellites détecteraient immédiatement les préparatifs. Souvenez vous du débarquement de Normandie. L'armée taïwanaise serait prête à rejeter à la mer toute tentative. Une flotte est vulnérable aux missiles anti-navire! Article d'amateur ne connaissant rien du sujet. Cette visite à l'empire du milieu, entre terre et centre terre, un vrai bide, un record de nullité, avec un lion édenté et un empereur bedonnant sans charisme ! Oui, les taïwanais ont raison, On peut ajouter cette leçon d'Ukraine et de l'Iran : les grandes puissances ne sont plus assuéres de ganger une guerre contre des puissances inférieures ; les élites bourgeoises chinoises l'ont compris depuis des siècles. Sans oublier l'excelente qallusion de Xi Jinping au piège de Thucydide.

6Voir surr LFI, on lira avec intérêt : De Trump à Poutine, «nous assistons à une crise de la puissance», selon le politologue Bertrand Badie

Donald Trump face à Vladimir Poutine et Xi Jinping : la puissance traditionnelle est-elle de retour ? Et avec elle, des empires prêts à tout pour défendre leur chasse gardée, y compris par la guerre ? Voilà un cliché qu'il faut déconstruire, et c'est justement l'idée du livre Par-delà la puissance et la guerre, la mystérieuse énergie sociale, de Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po Paris. Selon lui, une énergie sociale très diverse et des mobilisations « empathiques » aux mouvements de colère ont recomposé les relations internationales.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire