"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 30 octobre 2023

LE PETROLE EST-IL L'ESSENCE DE LA BOURGEOISIE ?

 




À Shana Nicole Louk

ESSENCE, subst. fém. PHILOS. Ce qu'un être est. Fond de l'être, de nature idéale, conceptuelle ou divine. Essence éternelle, universelle; pénétrer l'essence des choses :Il semble que ce philosophe [Spinoza] ait cherché à établir entre l'éternité et ce qui dure la même différence que faisait Aristote entre l'essence et les accidents... Bergson,

« Nous avons besoin d'un sentiment de rage comparable à celui qui a suivi Pearl Harbor ! Une indignation sans pitié qui ne s'évanouira pas au bout d'une ou deux semaines ». New York Time 2001

 « Mais la raison de la guerre n'est pas simplement due aux atrocités du Hamas ou à l'ignominie des colons juifs nazis, mais très prosaïquement à la confrontation en sous-main, j'allais dire en souterrain (sic) des deux blocs pétroliers rivaux, Arabie Saoudite d'un côté, et Iran de l'autre ». (cf mon article précédent)

« Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations » Henry Kissinger.

« L’âge de pierre ne s’est pas terminé parce que le monde a manqué de pierre — l’âge du pétrole se terminera bien avant que le monde ne manque de pétrole. »  Yamani, ministre saoudien du pétrole

« Cette explication de la crise et de la récession de l'économie mondiale par les fluctuations brutales du cours du pétrole, liées à l'instabilité politico-militaire de la principale région productrice de l'or noir, le Moyen-Orient, est un pur mensonge de la propagande capitaliste destiné à cacher la véritable nature de la crise économique, son origine, ce qui la détermine réellement »CCI 2006

« En Palestine, les bombes tombent, tout simplement, sur des maisons habitées par une population sans ressource déjà réduite à la misère ». CCI 2004

« Cette perspective illusoire d’une stabilisation du Moyen-Orient s’est transformée en une situation radicalement contraire, faite de massacres, d’assassinats, de bombardements et d’attentats permanents, d’où aucun Etat palestinien ne pourra sortir. C’est la décomposition avancée de cette partie du monde, sous la poussée de la politique expansionniste et guerrière d’Israël qui fait perdre à l’Autorité palestinienne ses derniers attributs de puissance ». CCI 2004

« ...rien ne pourra éviter dans l’avenir l’éclatement de l’Autorité palestinienne et la poursuite du développement de bandes armées radicalisées utilisant le désespoir des populations pour se lancer dans des actions terroristes toujours plus suicidaires et aveugles. L’Etat israélien, sous la houlette de l’administration Sharon, ne peut en effet que poursuivre sa politique guerrière visant à écraser toute résistance palestinienne et à poursuivre la colonisation totale de la Cisjordanie. A cet effet, l’Etat israélien continue de manière accélérée la construction du mur autour de la Cisjordanie, transformant cette région en un immense camp de concentration.(…) C’est l’ensemble du capitalisme mondial confronté à l’accélération de sa crise économique qui sombre implacablement dans la décomposition et le chaos2 . (ibid)

« Il y a deux ans, l'attentat du 11 septembre sur les Twin Towers à New York ouvrait la voie à une accélération sans précédent des tensions guerrières depuis la fin de la Guerre froide. Ce pas de plus du monde dans le chaos a trouvé sa justification dans l'affirmation d'une prétendue "lutte contre le terrorisme international", doublée d'un "combat pour la défense de la démocratie". Cette propagande mensongère ne peut plus masquer la réalité d'une aggravation des tensions impérialistes entre les grandes puissances » . CCI 2003

« Pearl Harbor et l'attentat du World Trade Center ont été utilisés par la bourgeoisie pour rallier la population américaine à la guerre, Mais la question reste posée de savoir si, dans chacun de ces cas, les Etats-Unis ont été pris par surprise, et jusqu'à quel degré le machiavélisme de la bourgeoisie a été mis en oeuvre, soit pour provoquer, soit pour permettre ces attaques, en vue d'utiliser à son avantage l'indignation populaire qui a suivi. CCI 2005

 

Ces quelques citations résument et éclairent à peu près ce qui est en train de se passer ; étonnantes de prévisions sont celles du CCI que je ne critique pas selon mon humeur mais dont je sais ne pas oublier ses apports fondamentaux à la réflexion politique à cheval sur nos deux siècles. Je n'ai pas peu contribué dans quelques cas à ces approfondissements, en particulier par mon démontage de la fable du concept de « guerre révolutionnaire » (quand je ne reprenais que des textes originaux de RI, mais oubliés) ; j'ai aussi à l'époque travaillé à une étude sur le machiavélisme dont j'eus la surprise de le voir publié sous le nom de José, individu considéré plus tard comme louche puis viré) ; je pouvais relire mes propres phrases, écoeuré1. Mais un des meilleurs articles de toute l'histoire du CCI reste, selon moi, celui de notre regretté camarade journaliste américain Jerry Bornstein, qui explicitait clairement le niveau de duplicité et de machiavélisme atteint par la bourgeoisie à notre époque, article que j'incite à lire ou relire de toute urgence, extrait :

 « Un exemple plus important sur le plan historique pourrait être la manière dont Saddam Hussein a été manipulé en 1990 par l'ambassadeur des Etats-Unis en Irak quand celui-ci lui a dit que son pays n'interviendrait pas dans le conflit frontalier entre l'Irak et le Koweït, lui laissant croire qu'il avait reçu le feu vert de la part de l'impérialisme américain pour envahir le Koweït. Au contraire, l'invasion a été utilisée par les Etats-Unis comme prétexte pour la Guerre du Golfe de 1991 qui a constitué un moyen de réaffirmer qu'ils étaient la seule superpuissance restante à la suite de l'effondrement du stalinisme et de la désintégration du bloc occidental qui a suivi. (…) Les services secrets US avaient appris le 24 novembre que les "opérations La preuve que l'attaque japonaise était connue d'avance, fut confirmée par différentes sources dont des articles de journalistes et des mémoires écrits par les participants. Par exemple, on pouvait lire dans une dépêche de l'agence United Press publiée dans le New York Times du 8 décembre préparations militaires offensives du Japon étaient prêtes. Il se peut que Roosevelt n'ait pas anticipé l'étendue des dégâts et des pertes que les Japonais allaient infliger à Pearl Harbor, mais il est clair qu'il était prêt à sacrifier des vies et des navires américains pour faire naître un sentiment de haine parmi la population et la pousser à la guerre. « Nous avons besoin d'un sentiment de rage comparable à celui qui a suivi Pearl Harbor ! Une indignation sans pitié qui ne s'évanouira pas au bout d'une ou deux semaines ». Le Time 2001 (…) Du jour au lendemain, la crise terroriste est devenue une excuse pour l'aggravation de la récession économique et une justification pour les coupes sombres dans le budget des programmes sociaux, les fonds disponibles ayant tous été dirigés vers la guerre et la sécurité nationale »2.

En lisant ce type de dépêche : « Les cours du pétrole se sont envolés de plus de 3% lundi, grimpant même au-dessus de 5%, après l'offensive surprise ce week-end du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël. L'attention se porte en particulier sur l'Iran, pays producteur et par lequel transite l'or noir », je me suis demandé si l'idéologie dominante allait nous refaire le coup de 2006 où gauchistes et PCF plaidèrent sans crainte du ridicule que la crise du pétrole était la cause de la crise du capitalisme, comme si la panne électrique d'une voiture était due au carburant utilisé ! Ils ont fait pire: soutien au Hamas terroriste et barbare primaire comme présumé libérateur de la Palestine!

En 2004, le CCI avait démonté le truc, avec des accents qui anticipent la catastrophe humanitaire en ce moment qui n'est qu'une énième répétition de « ce qui a déjà eu lieu », donc pas nouveau seulement depuis la Shoah comme le prétendent les sous-fifres de la bourgeoisie israélienne ;

« Bien sûr, le renchérissement du prix du pétrole, qui a été catapulté brutalement de 14 $ le baril à plus de 30, va être un facteur accélérateur, aggravant, de la crise, mais il n'en est pas la cause. En fait, toute la propagande actuelle de la bourgeoisie sert à minimiser l'accélération dramatique de la crise et ses conséquences. (…) Après l’attentat du 11 septembre 2001 à New York, l’Etat américain a expliqué la nécessité de déclarer la guerre à l’Irak à partir de trois éléments. Le premier fut la menace représentée par "les armes de destruction massive", d’armes de cette nature il n’y en avait évidemment pas. Le deuxième argument était de faire de l’Irak une démocratie à l’image de celle des Etats-Unis, la démocratie bourgeoise en Irak se décline en termes d’anarchie politique et de pays aujourd’hui ingouvernable. Enfin, et plus important encore, l’attaque militaire de l’Irak était rendue absolument nécessaire, afin de pouvoir mener une guerre totale et sans merci contre le terrorisme mondial. Ceci impliquant bien sûr qu’il existait un lien étroit entre le boucher Saddam Hussein et l’organisation Al Quaïda d’Oussama Ben Laden. Depuis ce moment, le monde s’est enfoncé davantage dans un chaos sanglant. Pas une journée ne se passe en Afghanistan, en Irak, au Moyen-Orient, en Afrique (voir l’article sur le Darfour) sans que ne se déroulent de nouveaux massacres. La décapitation filmée y est devenue une arme de guerre, utilisée sans aucune retenue au-delà de toute humanité. Mais bien pire encore, c’est maintenant la population civile, femmes et enfants compris, qui est prise en otage par toutes les cliques impérialistes, faibles ou puissantes, qui se déchirent sans retenue » (on est alors en 2004!).

Avant d'en venir à la place du pétrole dans l'histoire des guerres modernes, qu'on me permette d'apporter des précisions sur les mystifications journalières.

 LE MASSACRE DU 7 OCTOBRE VRAIMENT UNE SURPRISE ?

 Les massacres du 7 octobre une fausse surprise et certainement pas du fait de l’incompétence prétendue de Netanyahou. Sachant la surveillance paranoïaque de l’Etat hébreu sur ses frontières, même si ses troupes étaient massées au nord, ses forces policières disposent des meilleurs systèmes de surveillance au monde. La vérité sur cette « négligence » n’est pas destinée à être délivrée au public, et on a vu que même Netanyahou est prêt à endosser son incompétence ! Au contraire, deux mensonges s’affrontant ont pour effet de passer sous silence non seulement le fait que Netanyahou ET ses services secrets étaient au courant, qu’il ne s’agit donc pas d’incriminer trop le futur fusible de cet Etat militarisé Les deux mensonges sont les suivants :

1.Le laissez-faire du massacre : Sous injonction américaine la bourgeoisie israélienne devait trouver un prétexte pour intervenir militairement sur l’étroit corridor de Gaza ; il est sûr que Nétanyahou, qui n’a pas grand-chose sous le crâne, tout cynique nationaliste qu’il est, n’avait pas prévu un aussi ignoble massacre.

2.La méchanceté sadique intrinsèque du Hamas ne serait due qu’à une volonté de réaliser un nouveau génocide des juifs ?


Ces mensonges ont visé à faire passer sous la table l’envoi au casse-pipe des milliers de jeunes soldats réservistes non professionnels3, pour les intérêts financiers des mafias pétrolières, en l’occurrence l’Iran et son VRP le Hamas, cartel rival de l’or noir de l’Arabie Saoudite (sous chapiteau US). La bourgeoisie israélienne a agi comme Poutine envahissant l’Ukraine et la situation inverse mais avec le même prétexte ; éradiquer le terrorisme !  En vérité c’est sous la même pression sous-jacente à la figuration de la révolution orange, quand le paternel américain avait poussé à la faute le « criminel de guerre » Poutine, pour obliger l’Europe à acheter le gaz américain.

En vérité, se saisir d’une nouvelle occasion pour réoccuper Gaza, en ciblant seulement le rival pétrolier iranien, avec les habituels amalgames et radotages contre « le terrorisme international » et en envoyant au front la sous-armée US, permet à l’armada US de revenir sur place contenir en particulier les prétentions turques sur la région ; ce qu'Erdogan a parfaitement compris en soutenant tout à coup le Hamas . Sur une carte on voit clairement la prise de position annoncée de l’armada US sur terre le long des frontières qui bordent l’Iran du  Qatar à l’Arabie Saoudite.

Des journalistes ont cru, face à l’ampleur du massacre des civils sans défense, normal de comparer avec le triste bilan du massacre en 2001 sur le sol américain par l’écroulement des deux twins. Et celui sur le sol israélien. Or s’il y a comparaison à établir c’est en tant que manipulation du même acabit. Comme le montrent les citations du début de cet article, la CIA en 2001 était avertie des projets d’attentats, mais a laissé les deux avions percuter les tours sans remords. Drame stupéfiant et apocalyptique dont les causes semblent aujourd’hui oubliées.

A l’époque, comme nombre de maximalistes j’ai pensé que ce terrible meurtre de masse servirait au déclenchement de la der des der. Nullement au bout du compte. Il faut faire un petit retour en arrière. Ben Laden était membre de la famille royale d’Arabie Saoudite mais membre d’une fraction qui ne voulait plus traiter avec la bourgeoisie US, après avoir servi pourtant sous autorité américaine ou russe. La CIA n’a pas pu ignorer les préparatifs pas plus que la police israélienne aujourd’hui face au Hamas. Le massacre à New York avait ému le monde entier et enclenché la « vengeance » américaine avec ce mensonge-prétexte  d’armes de destruction massives. Comme rappelé en introduction, Saddam Hussein s’était de plus laissé manipuler pour aller envahir le Qatar, guerre d’incursion (du même type que celle de Tsahal maintenant) qui allait le mener à sa perte; chose qui pourrait tout aussi bien arriver au gouvernement israélien, s'il persiste à gaffer comme avec la pose du drapeau israélien sur un bâtiment de Gaza, et plutôt de mauvais goût car cela signifie conquête de terrain et non pas simple action de vengeance stupide. La guerre en Irak correspondait au besoin de la bourgeoisie américaine de contrôler la région et de protéger sa mafia pétrolière.

 Or l'attentat de 2001 à New York est toujours présent comme syndrome. La bourgeoisie américaine, comme ce maître d'école sans cesse obligé de réaffirmer encore et encore son autorité au centre énergétique du monde et enjeu des deux guerres mondiales, évidemment depuis l'électrochoc du 11 septembre 2001. Cet attentat avait révélé l'absence de fiabilité de l'Arabie saoudite , Ben Laden faisait partie des fractions qui voulaient rompre le cordon ombilical avec Washington.. Dans le monde entier, gauchistes, staliniens et nationalistes arabes religieux avaient défilé contre cette guerre en Irak en faisant tomber les gens dans le panneau « No war for oil » (pas de guerre pour le pétrole). La réalité est bien plus complexe, comme l'a dit un journaliste, car, comme celles de la seconde moitié du XXe siècle, les guerres du XXIe siècle garderont sans doute une forte odeur de pétrole.

LE PETROLE N'EST PAS SIMPLEMENT UNE ODEUR

Le pétrole pue et pollue mais il a trop bien justifié deux guerres mondiales et les vertigineux profits actuels de la bourgeoisie ne peuvent s'en passer, tout en le dénonçant. La théorie écologique a servi aux gouvernements occidentaux à créer des administrations spéciales pour gérer leurs plans énergétiques : le gouvernement américain a créé le Département de l’énergie en 1977. Les objectifs et les politiques qui ont été lancés à cette époque, sont présentés comme historiques: l’« efficacité énergétique », par exemple en exigeant une amélioration des normes de consommation de carburant des automobiles ; la « transition énergétique » dans le sens d’une diversification des approvisionnements et d’un investissement dans les nouvelles technologies, qu’il s’agisse du nucléaire, du pétrole de schiste ou des sources « renouvelables » telles que l’énergie éolienne et solaire, et enfin la bagnole électrique. Avec dans ce cadre aussi un combat politique stratégique ciblé contre le nucléaire français, pourtant moins ridicule que l'éolien, mené depuis les Etats Unis, quoique premiers pollueurs du monde, avec la vassale Allemagne et tous ses fans écolos-bobos, français en particulier. Cet activisme écologien a eu un effet non négligeable : il a considérablement réduit l’intensité énergétique à court terme : entre 1979 et 1985, le PIB des pays industrialisés de l’OCDE a augmenté de 2 % par an, tandis que la demande de pétrole a baissé de 3 % par an.

SI LE PETROLE N'EST PAS LA CAUSE DE LA « CRISE GLOBALE », IL EN EST UNE DES CAUSES DE SON AGRAVATION : le pétrole est aussi une arme économique

L'Iran est un pilier historique de l'OPEP, et démontre à nouveau aujourd'hui, même avec frilosité (il est cerné par l'armada US) sa détermination à utiliser l'arme pétrolière comme moyen de pression contre les États-Unis. Ses grands gisements connaissent une grave déplétion (baisse), son industrie parvenant à peine à produire autant que les quotas de production l'y autorisent. 

On est obligé d'en référer au « choc pétrolier » de 1973 qui passa d'abord pour un complot ourdi par les cheikhs du pétrole. L'OPEP avait décide une réduction significative de la production et un embargo contre les Etats Unis et la Hollande qui avaient soutenu Israël pendant la guerre du Kippour ; le baril était passé de 3 à 12 dollars. Puis un embargo.  L’embargo est officiellement levé le 18 mars 1974, sans qu’aucun retrait israélien n’ait été obtenu. Ce sera la dernière fois que les États arabes utiliseront l’arme du pétrole pour soutenir la cause palestinienne qui a toujours servi à une toute autre motivation politique que ce qu'imaginent les gauchistes...

Quoi qu’il en soit, l’après 1973 a vu le début du grand débat sur le dépassement du pétrole comme source d’énergie primaire. Cela reste aujourd’hui, comme à l’époque, un enjeu politique majeur et pas seulement technologique, mais majeur en termes géopolitiques car c'est du blabla, les grandes puissances se fichent de l'avenir de la planète.. La maxime attribuée à Yamani, le grand protagoniste de 1973 comme ministre saoudien du Pétrole et des ressources minérales, reste vraie : « L’âge de pierre ne s’est pas terminé parce que le monde a manqué de pierre — l’âge du pétrole se terminera bien avant que le monde ne manque de pétrole. »

Le 6 octobre 1973, l'Egypte et la Syrie, soutenues par la Jordanie et l'Irak, lancent leurs armées, fortes de 1,4 million d'hommes, à l'assaut des troupes du petit Etat d'Israël, déployées le long du canal de Suez et sur les hauteurs du Golan. En ce jour de Grand Pardon, Yom Kippour, la quatrième guerre israélo-arabe depuis la création de l'Etat hébreu, vient d'éclater, prenant par surprise Israël mais aussi les grandes puissances. L'affrontement durera moins de trois semaines. Le temps pour les Etats-Unis, alliés d'Israël, et l'Union soviétique, alliée des pays arabes, de réaliser l'intérêt de s'entendre pour mettre un terme à ce conflit, qui menaçait de transformer la guerre froide en guerre ouverte entre les deux blocs. 

Car, pour la première fois depuis la découverte d'or noir dans ce Moyen-Orient qui détient environ 60 % des réserves mondiales, le pétrole n'est plus simplement le nerf de la guerre moderne en assurant le carburant des tanks, des camions ou des avions. Il s'impose comme une « arme » de chantage économique utilisée par les exportateurs arabes de l'Opep pour faire plier l'Occident.

Depuis la défaite soviétique en Afghanistan, les Etats-Unis n'ont cessé de placer leurs pions en Asie centrale. Et ils ont établi, ces dernières années, une présence militaire dans d'anciennes républiques soviétiques. Parmi les enjeux de cette nouvelle quête de leadership figure, bien sûr, le contrôle des ressources et des flux pétroliers partout.

Par contre, l'Amérique, elle-même productrice de pétrole, peut désormais compter avec les réservoirs du grand nord canadien, du Mexique ou du Venezuela ; elle est aujourd'hui moins dépendante de l'or noir du Moyen-Orient . Depuis 2014 l'essor du gaz et du pétrole de schiste aux Etats Unis l'offre mondiale dépasse largement la demande. Moins dotés, le Japon , les pays émergents et le « sud global », sonténergivores, Chine en tête. L'Asie dépend à plus de 70 % du Moyen-Orient... alors que, pour les Américains, le Golfe n'est plus qu'un fournisseur parmi d'autres : ces vingt-cinq dernières années, la région a représenté moins de 10 % de leur consommation. Quant à la montée des craintes environnementales, c'est surtout une production idéologique des américains visant à affaiblir l'Europe en la rendant dépendante des matières premières dont dispose le « sud global » et du gaz américain, sous prétexte aussi du réchauffement climatique et de la lutte contre la pollution dont se fout complètement le « sud global » qui accumule ses déchets, particulièrement dans la Méditerranée.

1973 signifie surtout la fin de la reconstruction de l'après-guerre, d'une bonne croissance et du plein emploi. Mais la crise (faussement pétrolière) de 1973 s'était produite en réalité comme crise géopolitique lors de la Guerre du Kippour. C'est à la suite du soutien américain à Israël que les pays arabes membres de l’OPEP avaient décidé d’une hausse de 70 % des prix du pétrole et d’une réduction progressive de 5 % par mois de la production. Le 20 octobre, c'est l’Arabie Saoudite avait proclamé l'embargo sur les États-Unis. Il sera levé 5 mois après.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole avait vu le jour en 1960 à Bagdad. Fondée par l’Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït et le Venezuela. Furent intégrés rapidement d'autres pays (Libye, Algérie, Émirats arabes unis, etc.). L’idée des pays membres est de se mettre d’accord sur la production et les prix du pétrole, mais aussi de réduire leurs dépendances aux compagnies pétrolières


occidentales, et en finir avec les anciennes prétentions anglaises d'avant-guerre qui avaient été reprises par l'impérialisme américain. En réalité la bourgeoisie américaine détenait toujours les clés depuis la conférence de Téhéran où les impérialismes alliés s'étaient partagés le monde (cf. la rencontre de Roosevelt et du roi d'Arabie, lire « la  légende du Quincy »4) et n'allait pas lâcher prise mais, en soutenant la farce des libérations nationales, vieillerie qui sert encore à continuer à ridiculiser les anciens pays colonisateurs européens (via le wokisme), tout en maintenant sous sa coupe l'Arabie Saoudite. qui joue en apparence au non-alignement pour ne pas braquer sa population acquise à un nationalisme arabe "universel"; en somme universellement islamisé. Mais, partie secrète de l'accord, en contrepartie d'une éternelle protection militaire, en parallèle, la grosse blague de la création d'un foyer national juif en Palestine n'avait rien à voir avec, soit disant enfin, une protection historique des juifs suite à leur martyre Shoah, mais était une rouerie de Roosevelt pour contrôler l'autre zone pétrolière du Golfe persique, ce qui est le fond et l'aboutissement des massacres aujourd'hui en Palestine! Israël n'est resté jusqu'à nos jours qu'un mirador US pour surveiller les champs pétroliers et une base militaire secondaire.

Le second et tout aussi faux dit choc pétrolier est marqué par la prétendue révolution iranienne où, malgré les illusions prolétariennes de notre courant maximaliste, la réaction religieuse obscurantiste prend le dessus, humilie les prétentions américaines et initie une véritable partition entre les mafias pétrolières. Plus que le premier « choc » il s'agit d'une crise politique, masquée comme simple crise économique, quand le valet des américains, le Shah est obligé de s'enfuir le 16 janvier 1979. La guerre entre l’Iran et l’Irak éclate en septembre 1980 ; et signifie l’arrêt des exportations iraniennes.

Ce deuxième « choc » (global...) de 1979 a plus que le premier des conséquences économiques et géopolitiques. Avec l’augmentation des prix du pétrole, c’est l’ensemble de la production qui est bouleversée. Les entreprises pour lesquelles l’or noir représente un bien de consommation intermédiaire répercutent partiellement l’augmentation de leurs coûts de production sur leurs clients (entreprises et consommateurs). Il s’ensuit une diminution des profits et une accélération de la hausse des prix : le taux d’inflation annuel dépasse alors régulièrement les 10 %. Ce choc en effet pétrolier ce coup-ci représente une ponction d’environ 3 % du produit intérieur brut (PIB) sur l’économie française : la production ralentit et le chômage augmente. C'est vraiment la fin des Trente Glorieuses.

La hausse des prix du pétrole profite cependant à certains pays. C’est le cas de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis ou du Koweït qui utilisent cette manne financière pour développer leurs économies.

Enfin, les chocs dits pétroliers des années 1970 entraînent également la réduction de la dépendance énergétique des pays occidentaux vis-à-vis des membres de l’OPEP. En France, cela se traduit par l’accélération du programme nucléaire civil. Pour 1979 il sera plus adéquat de parler de crise géopolitique, même si le terme n'était pas usité à l'époque ; je préfère parler de crise globale pour mettre tout le monde d'accord.

 Plus notable reste la domination américaine. Les transactions du pétrole se font en dollars par rapport aux monnaies des pays producteurs...mettant à mal les prérogatives de l'OPEP.


LE PETROLE EST UNE ARME DE GUERRE

Preuve des difficultés rencontrées par les pays de l’OPEP, si l’arme du pétrole a été utilisée pour la dernière fois par les producteurs arabes en 1973, ce sont les pays occidentaux, et en premier lieu les États-Unis, qui l’ont ensuite retournée avec obstination contre les pays pétroliers, de l’Iran à l’Irak, en passant par la Libye, le Venezuela et, enfin, la Russie, en imposant des sanctions et des boycotts dans le but de réduire les revenus des sanctionnés et de déstabiliser ainsi leurs régimes, sans passer par la case militaire. Ces sanctions n’auraient pas été appliquées si la bourgeoisie américaine n’avait pas pris conscience que les réserves de pétrole sont abondantes, que les réseaux d’approvisionnement sont diversifiés et qu’il n’y avait, en fait,  à l'époque, pas de risques réels de représailles.

Il est loin le temps de la création de l'OPEP quand, par une politique de nationalisation, les compagnies pétrolières avaient les pleins pouvoirs sur le cours du pétrole et imposaient leurs prix aux pays producteurs. Quand le dollar baisse par rapport aux autres monnaies, les États de l'OPEP voient leurs revenus diminués pour les achats effectués dans d'autres monnaies, ce qui réduit leur pouvoir d'achat puisqu'ils continuent à vendre leur pétrole en dollars. Des contraintes locales (instabilités politiques, guerres) ou internationales (embargo...) influent aussi sur la disponibilité de la ressource pétrolière et donc son prix. 

Encore une fois le coût du pétrole aggrave la crise globale. Les pays qui dépendent des importations de pétrole verront leurs déficits budgétaires et commerciaux se creuser et la pression inflationniste s’accentuer, même si certains pays exportateurs, comme ceux du Moyen-Orient et de l’Afrique, pourraient bénéficier de la hausse des prix. Les bombardements des puits pétroliers en Irak et en Libye ont pu aussi faire varier l'offre ou la demande...

L'ARME DU PETROLE DURANT LES DEUX GUERRES MONDIALES

La Première Guerre mondiale avait montré la nécessité pour les États de disposer de réserves de pétrole stratégiques pour assurer le mouvement de leurs matériels militaires5. L'approvisionnement facile en pétrole avait permis le développement des transports; la pétrochimie avait fabriqué des produits dérivés du pétrole de plus en plus nombreux. Le pétrole, carburant des échanges mondialisés, est devenu indispensable. Les crises dites pétroliers des années 1970 ont mis en lumière la dépendance des économies au pétrole quand la sécurité des approvisionnements est devenue une priorité pour de nombreux États. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Le pétrole est devenu le nerf de la guerre et la question permettant d’expliquer les stratégies des grandes puissances et les conflits. Il apparaît avoir été un facteur explicatif de la Première Guerre mondiale. Face à la montée en puissance de l’Allemagne, les banques américaines avaient financé la guerre, tandis que l'Angleterre rivalisait avec les États-Unis pour le contrôle des sources d’approvisionnement en pétrole au Moyen Orient. Selon Cheikh Yamani, le premier « choc pétrolier » résulterait d’une manipulation d’Henry Kissinger  pour opérer un transfert massif de capitaux vers les banques de Londres et de New York. La géopolitique du pétrole serait également à l’origine de l’effondrement de l’Union soviétique, de l’éclatement de la Yougoslavie ou de l’arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan. Plus tard, la décision d’envahir l’Irak permettait d’assurer l’hégémonie de la puissance anglo-américaine et d'analyser également les manipulations des opinions et des organisations non gouvernementales. Les mouvements écologistes anti-nucléaires ont ainsi été financés par les grandes compagnies pétrolières. L’explication du  premier « choc pétrolier » ne peut faire l'impasse, sur les liens traditionnels entre l’Arabie saoudite et les États-Unis ni sur les guerres d’Irak. Il ne faut pas oublier que la décomposition de l’Empire ottoman a conduit à redessiner les frontières dans l’intérêt de la bourgeoisie britannique.

QUAND HITLER MANQUAIT DE PETROLE

En 1939, près de 98% des ressources pétrolières exploitées se trouvent en dehors des pays qui déclenchent la Seconde Guerre mondiale (Allemagne, Italie, Japon). Autrement dit, 98% de l’extraction pétrolière est contrôlée directement ou indirectement par les Anglo-Saxons pour les trois quarts et par les Soviétiques pour le quart restant. Il y a donc une disproportion énorme : les Alliés vont disposer d’un robinet à pétrole quasiment illimité tandis que l’Axe Berlin-Rome-Tokyo va passer son temps à compter ses réserves et à essayer de mettre la main sur des ressources supplémentaires par la guerre. Il faut du pétrole pour faire la guerre moderne mécanisée et l’Axe n’en a pas. Le fait de manquer de pétrole ne les dissuade pas de faire la guerre, c’est même l’inverse. A chaque étape, les Allemands cherchent à remporter la victoire en dépensant le moins possible de pétrole et en mettant la main sur le maximum de ressources pétrolières. C’est l’un des facteurs qui les amènent à choisir la « Blitzkrieg », c'est-à-dire des campagnes militaires violentes mais très courtes. Les Allemands n’ont pas les moyens en 1939 de faire rouler leurs tanks et leurs camions plus que quelques mois. Campagne après campagne, ils essaient donc d’accumuler des réserves qu’ils consomment dans le même temps. En 1939, ils essaient par exemple de mettre la main sur le pétrole de Galicie dans l’est de la Pologne mais sont devancés par les Soviétiques. Les Allemands sont alors obligés de partager ces champs pétrolifères.

En 1940, la campagne en France, en Belgique et aux Pays-Bas est bouclée en 6 semaines et l’Allemagne met la main sur les grosses réserves françaises qui s’élèvent à plusieurs centaines de milliers de barils, avec notamment de très gros dépôts d’essence à haut indice d’octane pour l’aviation, matière la plus précieuse à l’époque. Ils mettent aussi la main sur les raffineries françaises qui vont être démontées et envoyées dans le Reich.

Le 22 juin 1941, l’attaque de l’Union soviétique intègre un volet pétrolier extrêmement important. Outre ses objectifs idéologiques et stratégiques, Hitler a des objectifs économiques parmi lesquels le pétrole de Bakou en Azerbaïdjan. Cet objectif s’avère hors de portée des troupes allemandes mais fait l’objet d’une deuxième campagne en 1942. Les Allemands réussissent alors à mettre la main sur deux champs mineurs à Maïkop et à Grozny dans le Caucase mais n’arriveront pas jusqu’à Bakou. Ce sera une terrible déception pour Hitler qui ne pourra plus compter que sur les ressources à l’intérieur du Reich.

 Est-ce que le pétrole a-t-il modifié le cours de la guerre ?

En 1944 oui. Sous l’action de deux facteurs :

  • à partir de mai 1944, les Américains qui ont identifié le talon d’Achille de l’économie allemande lancent un bombardement systématique de la vingtaine d’usines de liquéfaction du charbon. Ils en ont les moyens militaires avec l’apparition du couple Forteresse Volante/Mustang, ce dernier étant doté de bidons d’essence largables ;

  • au mois d’août 1944, l’Union Soviétique déclenche son offensive foudroyante en Roumanie qui va faire perdre à l’Allemagne les pétroles de Ploiesti en septembre 1944. A partir de cette période, le Reich est condamné à vivre misérablement des réserves qu’il a accumulées. Ces réserves ne sont pas renouvelées et vont donc progressivement s’éteindre.

C’est seulement en mars 1945 que les oléoducs posés sous la Manche en nombre suffisant permettent à l’avancée anglo-américaine vers le cœur de l’Allemagne de se passer du transport aérien.

 CONSEQUENCES DES DEUX CONFLITS EN UKRAINE ET EN PALESTINE

Ce conflits sont un coup dur pour l’économie mondiale : cela va nuire à la croissance et entraîner une hausse des prix.  Au-delà des souffrances et des crise humanitaires – où à Gaza la sinistre Tsahal affame la population et tue les civils ruinant toute possibilité de négocier quoi que ce soit - deux cas avec ces deux conflits où l’ensemble de l’économie globale va ressentir les effets du ralentissement de la croissance et de l’accélération de l’inflation. Les répercussions se produiront de trois manières principales. Premièrement, la hausse des prix des matières premières (pétrole surtout), et des denrées alimentaires et l’énergie, fera encore augmenter l’inflation . Deuxièmement, les pays voisins, en particulier, devront faire face à une perturbation des échanges commerciaux, des chaînes d’approvisionnement et des transferts de fonds, ainsi qu’à une nouvelle augmentation historique des flux de réfugiés. Enfin, la classe ouvrière de cette région sera invitée à payer les pots cassés, j'allais dire les vies brisées, les destructions inouïes des zones urbaines à Gaza comme en Ukraine. Cette classe n'est pourtant pas une menace pour la pagaille militariste dans ces zones noyées sous les diverses idéologies nationalistes et religieuses.

Au plan géopolitique l'unité des divers camps bellicistes apparaît néanmoins sérieusement lézardée. D'une part le front de solidarité de l'Europe vacille. D'autre part la guerre pachydermique vengeresse du troupeau de Tsahal est venue freiner le rapprochement avec l'Arabie.

Le chantage au gaz et au pétrole a de graves conséquences. A qui acheter le gaz ? A la Russie source essentielle pour les importations de gaz naturel ? Aux Etats Unis avec leur gaz De schiste ?

Pour les grandes puissances se pose aussi la question : à qui se fier ? Les traités « Quincy » ? 6 sont à renouveler en permanence. L'Opep - les treize membres de cette Organisation des pays exportateurs de pétrole menés par l'Arabie Saoudite et leurs dix partenaires conduits par la Russie – a décidé la semaine dernière de sabrer ses quotas de production, au risque de faire flamber le prix du baril. C'est un camouflet diplomatique pour Joe Biden, qui réclame au contraire une offre abondante, et potentiellement une aubaine pour le président russe qui a besoin de cours du pétrole soutenus pour financer la guerre en Ukraine.

La clique des dictateurs d'Arabie Saoudite a dû interrompre les poignées de main avec « l'agresseur juif » vu les mobilisations de la rue arabe, nullement révolutionnaire mais abrutie par les idéologies nationalistes dégoulinantes, où nulle classe ouvrière ne pointe son nez. Israël figure de proue de la civilisation ? Laissez moi rire.

Enfin, désolé de conclure de façon pessimiste pour notre pauvre prolétariat mondial 'et universel, voici des nouvelles de la grève bourgeoise aux Etats Unis.


Fin au cas par cas de la grève à Ford Stellantis

Joe Biden a déclaré, dans un communiqué, que le contrat Stellantis « témoigne du pouvoir des syndicats et de la négociation collective pour créer des emplois solides pour la classe moyenne ».. Compte tenu de sa durée, cette grève était devenue très politique (sic!).Le président américain, Joe Biden, a ainsi déclaré, dans un communiqué, que le contrat Stellantis « témoigne du pouvoir des syndicats et de la négociation collective pour créer des emplois solides pour la classe moyenne ». 

La grève qui affecte les trois grands constructeurs américains outre-Atlantique depuis sept semaines approche de son terme. Surtout, la situation est désormais différente entre les constructeurs. Mercredi 25 octobre, un accord avait été conclu entre l'UAW (United Auto Workers), le syndicat des ouvriers de l'industrie automobile, et Ford. Samedi 28, c'est Stellantis, propriétaire de Chrysler, qui a trouvé un terrain d'entente avec le syndicat.

 Au début du mouvement, Shawn Fain, le président de l'UAW, réclamait une hausse des salaires de 40 %, quand Ford, par exemple, ne proposait que 9 % de hausse. Au final, Ford comme Stellantis se sont mis d'accord sur une augmentation de 25 % des salaires d'ici à 2028, indique le syndicat. De plus, des mécanismes d'ajustements liés au coût de la vie permettront d'atteindre une hausse de 33 % sur la durée du contrat. Les constructeurs se sont également engagés sur des investissements. Stellantis a ainsi promis 19 milliards de dollars de nouveaux investissements dans ses opérations aux États-Unis. Les grèves cesseront au fur et à mesure où ces accords seront ratifiés par les ouvriers des usines. Compte tenu de sa durée, cette grève était devenue très politique, très politique au profit de la politoque du gouvernement.

Aucun accord n'a cependant été trouvé avec General Motors, le troisième et plus important constructeur automobile aux États-Unis. Bien au contraire, l'UAW a élargi son action à l'usine de moteurs de Spring Hill, dans le Tennessee. Ce site alimente en moteurs la production des gros pick-up de GM, qui sont les véhicules les plus rentables aux États-Unis. Le constructeur a déclaré qu'il voulait trouver un accord au plus vite, mais la reprise des négociations n'est pas encore fixée.

Brave aristocratie ouvrière ! Le contrat final comprend plusieurs ajustements dont celui lié au coût de la vie, ce qui permettra une hausse de 33% du salaire, soit 42 dollars de l'heure.........ils travaillent combien d heures par mois ? sinon en suisse le smic y est juste à 4400 euros ! on est loin du pléonasme "travailleur-pauvre" français ou bangladeshi 42 dollars de l'heure, vu d'ici ça fait rêver !

Comme quoi les augmentations de salaire servent à tout sauf à lutter contre les guerres. Inquiétant pour tous nos militants maximalistes dont le vœu pieux est « la lutte de classe va arranger tour ça ! »


NOTES

1« Cependant, ce n'est plus une controverse que d'affirmer que " les mensonges, la terreur, la coercition, le double jeu, la corruption, les coups d'état et les assassinats politiques" ont toujours constitué le fonds de commerce de la classe exploiteuse au cours de l'histoire, que ce soit dans l'antiquité, sous la féodalité ou sous le capitalisme moderne. "La différence est que les patriciens et les aristocrates 'faisaient du machiavélisme sans le savoir' alors que la bourgeoisie est machiavélique et le sait. Elle fait du machiavélisme une 'vérité éternelle' parce qu'elle se vit comme éternelle, parce qu'elle suppose l'exploitation comme éternelle ".. En ce sens, le mensonge et la manipulation, mécanisme employé par toutes les classes exploiteuses qui ont précédé, sont devenus une caractéristique centrale du mode de fonctionnement de la bourgeoisie moderne. Celle-ci, utilisant les formidables outils de contrôle social qui lui sont fournis sous les conditions du capitalisme d'Etat, a porté le machiavélisme à un niveau qualitativement supérieur » ("Machiavélisme, conscience et unité de la bourgeoisie ", Revue internationale n° 31, 4e trimestre 1982)

3Et ce qui est plus inquiétant, un recrutement accéléré de très jeunes prolétaires venus de plusieurs pays avec une foi nationaliste juive chevillée au corps, pas représentative, je l'espère, de la masse du prolétariat mondial qui ne peut être convaincu par les vertus idéologiques des prémisses vers un nouveau massacre « international » !

5Je m'appuie ici sur le livre de W. Engdahl.

6 Washington-Riyad, un partenariat de longue date...

samedi 28 octobre 2023

LA CONCURRENCE ENTRE LES VICTIMES : nous sommes tous les otages du capitalisme ! (1)


à Armita Garavand,

« Quand le citoyen écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? il évite de poser la question : A quels enfants allons-nous laisser le monde ? » Jaime Semprun (1997)

« Les spécialistes estiment d’ores et déjà que dans un futur proche 20% des gens seront employés tandis que 80% seront sans activité. On prévoit de maintenir des inactifs à un niveau de subsistance suffisant en leur procurant un divertissements abêtissant ». Jaeek Kuron (2005) (la guerre mondiale ne serait-elle pas le meilleur divertissement_investissement pour éradiquer ce gigantesque chômage mondial? JLR)

 

Nous vivons en pleine période d’une contre-révolution unique dans l’histoire. D’une part il n’y a eu aucune révolution réelle depuis des décennies dans le monde qui, ayant échoué expliquerait cette phase mondiale réactionnaire où l’islam a largement remplacé l’ancienne coercition de l’Eglise catholique et de Pétain[1], sauf qu’en plus l’islam se répand par le meurtre et abrutit pas seulement les enfants d’origine arable ; dans la cour d’école on persécute, on peut arborer un canif et, même âgé de 12 ans incendier une voiture ou détruire une vitrine.

Après la défaite de la Commune de Paris, première constitution au monde à séparer l'Eglise de l'Etat, on retombe dans les bigoteries ; l'année 1873 est l'année des pèlerinages, liée au sursaut patriotique et religieux au lendemain de la défaite de 1870 mais plus encore à l'éradication de la population ouvrière de Paris par le massacre des Versaillais. La religion ne tient pas les ouvriers en odeur de sainteté, vieux traumatisme remontant aux premières « classes dangereuses » indistinctes. La multiplication des constructions de mosquées dans les banlieues ouvrières de nos jours équivaut à la place et au symbole de l’immobilier catho au dix-neuvième siècle ; on n’a toujours pas oublié que le que le Sacré cœur a été construit à Montmartre pour enterrer un haut lieu de la Commune. Ce n’est donc pas la décomposition seule qui peut expliquer la décadence accélérée du capitalisme mais le fait que le prolétariat n’est pas réveillé « politiquement », et subit la « réaction » militariste et  religieuse.

Enfin autre preuve qu’on subit une période contre révolutionnaire, la femme niée et ridiculisée sous le voile bigot. Or les périodes révolutionnaires ont toujours été des moments d’émancipation de la femme (j’y reviendrai dans un article plus historique) quand elles n’ont pas été au premier plan. On le sait et je vais le rappeler ici, la période victorienne est un sommet pour l'oppression de la femme dans un pays en pleine vague d'industrialisation, et avec toujours le même paradoxe avec cette période bâtarde – réactionnaire et progressiste – c'est à ce moment-là que va se poser la question d'une libération des femmes, à la fois de l'oppression sociale et mâle. Comme quoi, même dans les périodes de réaction, peuvent être posées les questions fondamentales et de classe.

La comparaison nous saute encore inévitablement à la figure ; mais l'histoire n'est-elle pas un va et vient incessant à la réflexion entre le présent et le passé ? Un pays sans armée de grande puissance comme l'Allemagne a tout intérêt à utiliser une religion qui encadre mieux les ouvriers étrangers qu'il va surexploiter que n'importe quel vieux barnum syndical ; il y a de plus d'autres moyens que les armes pour s'imposer au plan international, c'est pourquoi pour l'essentiel derrière Greenpeace il y a la bourgeoisie teutonne.

Le port du voile comme celui de la burqa, si estimé en Angleterre et en Allemagne, n'est pas une fuite à l'égard du monde, mais une affirmation personnelle avant d'être communautaire ou politique, qui colle pleinement avec le libéralisme économique triomphant... sur des salaires au rabais et une flexibilité...nomade. Je l'ai déjà souvent remarqué : portez vous-même un voile ou un masque quelconque et vous verrez combien vous intriguez vos semblables, ce qui est le propre du carnaval – étonner – fonctionne à fond. La plupart j'en suis convaincu ne croient pas plus à Mahomet que je ne crois à Jésus Christ. L'apparition généralisée du voile en Europe occidentale n'est qu'un produit de marque. Depuis la fin des années 1970 les ados ne veulent porter que « de la marque » vestimentaire. C'est l'habit qui fait le moine, c'est le voile qui fait le jean. Le marquage commercial fonctionne avec l'impératif de l'imitation, pourquoi n'en serait-il pas de même avec le voile spectaculaire et tentaculaire ?1

Révolte paradoxale mais révélant le paradoxe de l’inversion des insoumissions et leur possiblement dépassement à un niveau politique supérieur2, de même que le massacre à Gaza révèle plus encore que celui en Ukraine le niveau atteint par la barbarie du capitalisme affolé et sans solution. Mais la raison de la guerre n'est pas simplement due aux atrocités du Hamas ou à l'ignominie des colons juifs nazis, mais très prosaïquement à la confrontation en sous-main, j'allais dire en souterrain des deux blocs pétroliers rivaux, Arabie Saoudite d'un côté, et Iran de l'autre. Le Hamas n'est que le VRP de l'Iran, mais cette évidence reste sous le boisseau des querelles sur les termes sémantiques de terrorisme et crime de guerre, ignorant le terme terreur qui caractérise l'action d'envergure de "l'armée la plus morale du monde" (sic) Tsahal, qui signifie armée de "défense" de l'Etat hébreu pourtant armée d'attaque très sanglante aujourd'hui. Depuis 1945 il n'y a plus de ministres de la guerre mais que des ministres de la défense, ce qui n'empêche pas des millions dans le monde qui se lèvent même confusément contre cette sale guerre d'agression sadique. L'armée "la plus morale du monde" envoie au casse-pipe ses trouffions pour les intérêts des cartels pétroliers; cela nous rappelle la célèbre phrase d'Anatole France: "on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels"!

PAS D’OMELETTE SANS CASSER DES ŒUFS ou tuer dans l’œuf ?

La population de Gaza sert de bouclier humain au Hamas et la bourgeoisie israélienne tire sur le bouclier humain… Les chaînes de télévision diffusent en arrière fond le bruit des bombardements avec écran noir. La moitié de Gaza a déjà été rasé sous les bombardements de tsahal, des milliers de gens sont désormais sans abri et en exode ou sont restés sur place et exposés à être tués par centaines. Tous les amis juifs de l’Etat d ’Israël de par le monde, surtout aux USA et en France, toute cette faune de journalistes, d’avocats, de politiciens – rivalisent d’argumentaires pour justifier les nombreux meurtres « collatéraux » de Cohn Bendit à l’avocaillon Goldnadel ; et de prendre pour exemple les libérateurs sacrés du nazisme, même argumentaire que leurs homologues iraniens les fous de dieu, consistant à dire que l'armada anglo-US avait été, par devers elle, obligée de bombarder sans distinction les populations civiles en France3, Dresde et aussi Hiroshima…ce qui est normal en temps de  guerre car l’ennemi moderne dispose de la meilleure arme : le bouclier humain ! Franchement tous ces nationalistes pro-Etat « hébreu » sont à vomir ! [2] . Désastre humanitaire ? Pas du tout répondent ces cyniques nationalistes, c’est une vengeance normale ! On les prive d’électricité et d’eau ? Et alors, ils ont bien égorgés nos bébés, en plus cette population, est complice des terroristes, qu’ils crèvent pour l’éternité d’Israël comme l’a prié le rabbin militarisé Netanyahou léchant le mur des lamentations ! De plus cela fera toujours moins d’immigrés clandestins, action qui peut valoir la reconnaissance de l’Europe… 

Un bureaucrate de l’Etat militaire juif a demandé de démettre le secrétaire des nations unies parce que celui-ci dénonçait les deux côtés de la guerre en cours ; obligation de se placer dans le camp nationaliste juif sinon…t’es un facho antisémite. D’où la diabolisation ridicule de Mélenchon par tous les journalistes français en rang d’oignons. Le pitre Mélenchon, nullement antisémite mais marqué encore par l'idéologie trotskienne surannée avec la farce des libérations nationales, n'est en tout cas pas aux côtés du prolétariat qui n'a aucun des deux camps à choisir, il exprime cette idéologie populiste des couches bobos et des arabes nationalistes, aussi va-en guerre que les autres bourgeois qui le persécutent, et qui le menacent carrément de poursuites  judiciaires comme au temps des tribunaux militaires en 1914, mais bien pour terroriser aujourd'hui et partout toute protestation contre l'armée "la plus morale du monde"..

Cette prétention ignoble à être le camp du bien ne peut que favoriser partout le regain de l’antisémitisme, dont il faut rappeler que c’est l’accusation éternelle des juifs comme responsables des malheurs du monde.

Or la guerre aujourd’hui se répand comme un feu de poudre (CQFD) du fait que les grands impérialismes du siècle passé ne font plus la loi. Chaque Etat, même secondaire peut agir comme il l’entend, sans complexe et en se fichant de l’ONU comme de sa première chaussette. Le nationalisme est devenu la règle comme jamais et partout. Partout de l’Afrique, avec cette nouvelle appellation ridicule de « sud global », à l’Ukraine et à Israël, il sert de justificatif victimaire aux massacres de masse des civils.

On nous explique qu’il y a un risque de généralisation à partir des massacres démultipliés sur Gaza. On brode sur les manœuvres en sous-main de la bourgeoisie bigote d’Iran, comme si celle d’Israël n’était pas impliquée depuis des décennies dans les diverses manipulations entre les divers clans militaires nationalistes du monde entier. Quand les neuneus gauchistes radotent sur une montée dangereuse de l’extrême droite, en réalité ce sont les camarillas militaires qui prennent la guerre et sa préparation en main du fait d’une crise des unions nationales (hélas pas du fait du prolétariat); ainsi par exemple, Netanyahou, qui est complètement démonétisé – en Israël même ce n’est pas, pour certains journalistes, le Hamas qui est en cause le premier, mais l’incurie du gouvernement de ce criminel de guerre qui doit pourtant laisser le commandement des opérations de meurtre massif à leur Tsahal « démocratique et humaine » !

Risque de généralisation parce que le Hamas a été reçu par Poutine ? Non par sur le plan militaire où l’heure n’en est qu’à la préparation de la constitution de nouveaux blocs, incertains, hésitant entre eux ? Une généralisation est déjà probable c’est celle de « la rue arabe » et des cliques gauchistes un peu partout, d’où le rôle important de Mélenchon. Ces nouvelles intifadas des « fadas » nationalistes sont pourtant bien nécessaires à la préparation d’une der des der, pour aviver les divers nationalismes excluant toute identité du prolétariat, et ne lui proposant que le diable ou le bon dieu. La focalisation de masses de sous-développés en extase religieuse sur la fable d’un micro Etat palestinien, appuyée par Macron, est le mantra principal pour aliéner ces masses dans la croyance (religieuse) que les nations ou leur constitution arbitraire seraient la seule issue pour sauver le monde de sa destruction en cours.

UNE GREVE BOURGEOISE AUX USA

 

Du côté du prolétariat, avec l’invention du CCI d’un déclenchement imaginaire d’une vague de grèves internationale à la suite de l’appel d’un obscur ouvrier américain – « trop c’est trop » - alors que cela reste une somme de grèves corporatives au cul des syndicats, et ne cachant nullement l’hydre de la révolution, vieillerie stalino-léniniste-ouvriériste, nos maximalistes de papier soutiennent des grèves bourgeoises comme celle de l’automobile où le déroulement ultra-corporatif et national-compatible est pitoyable. Les militants de ce groupe opportuniste me font bien plutôt penser à ceux dont ils se proclament les héritiers, rédacteurs de la revue BILAN qui, en 1938, s'attendaient à voir la révolution, et c'est guerre qui arriva !

Biden en personne est venu serrer des mains, vêtu d’un blouson et coiffé d’une casquette affichant le logo du syndicat des ouvriers automobiles, à Belleville, dans la banlieue de Détroit, avec des grévistes de GM.  S’adresser à la foule, mégaphone à la main, il affirma que les ouvriers mériteraient une «augmentation importante» de salaire, de l’ordre de 40%. Ce qui était réclamé par le syndicat UAW, appuyé par la Maison Blanche et qui détient le monopole de l’embauche chez GM et Ford.. Cette grève maison et présidentialiste pourrais-je dire, n’a même pas eu besoin du traditionnel sale boulot syndical La filière des entreprises des fournitures automobiles a été fragilisée par cette longue grève corporative. Les deux tiers des fournisseurs des grands constructeurs se voient désormais acculés à licencier du personnel. Cet écosystème d’entreprises représente près de 1 million d’employés, soit bien plus que les 146.000 ouvriers des trois géants de Détroit. Le syndicat avait donc reçu un soutien de poids avec la visite - inédite - du président Joe Biden, sur un piquet de grève, au début du conflit. Excursion suivie par celle de Donald Trump, en campagne pour la présidentielle de 2024. Fort de l’appui de la Maison-Blanche, l’UAW qui détient le monopole de l’embauche chez GM, Ford .

REFLEXIONS PERSPICACES DE DIPLOMATE SPECIALISTE

On assiste au même renvoi de balles (pas seulement militaires) concernant qui a fait quoi, qui est responsable de quoi. Hier c'était Poutine envahissant indûment l'Ukraine, alors qu'il réagissait aux provocations de l'impérialisme américain. Aujourd'hui, la bourgeoise israélienne tend ses mains blanches. Je ne supporte plus l'ensemble de ces journalistes serviles et complaisant avec un camp de massacreurs, par contre c'est avec intérêt que j'entends diplomates et anciens ambassadeurs, ils connaissent bien le sujet, même s'ils prennent parti eux aussi. Prenons le socialo-gaullien Hubert Védrine4

Quelques extraits lumineux :

- Le champ libre a été donné en Cisjordanie aux exactions de colons fanatisés et même racistes. I

 - Des Israéliens eux-mêmes vont dire qu’ils ne peuvent pas rester éternellement dans cette situation, d’autant que Nétanyahou n’a même pas réussi à les protéger. La moitié, au moins, de l’armée était en Cisjordanie pour protéger les exactions des colons ! Être solidaire du peuple d’Israël, oui, et le président l’a très bien dit. Soutenir le gouvernement israélien inconditionnellement ? Non. Ce serait disculper Nétanyahou et sa politique du pire

-  La moitié, au moins, de l’armée était en Cisjordanie pour protéger les exactions des colons ! Être solidaire du peuple d’Israël, oui, et le président l’a très bien dit. Soutenir le gouvernement israélien inconditionnellement ? Non. Ce serait disculper Nétanyahou et sa politique du pire.

 - Le fait d’être éprouvés par le terrorisme ne dispense pas d’être stratège. Biden lui-même a dit aux Israéliens de ne pas rééditer les erreurs de Bush après le 11 septembre. Il faut assécher les sources du terrorisme, pas le galvaniser par des luttes mal conçues.

- Deux peuples pour un territoire. N’est-ce pas par nature insoluble ? La solution à deux États n’est-elle pas vouée à l’échec ?

- Comment ceux-ci ont-ils pu croire qu’il serait possible de normaliser les relations d’Israël avec le monde arabe en passant par pertes et profits la cause palestinienne ? Compte tenu de l’enfer qu’est Gaza, c’était offrir sur un plateau à l’Iran et au Hamas une arme létale antinormalisation !

 - Cette vision d’un affrontement global des pays musulmans contre nous oblitère que dans tous les pays musulmans, face à la pression islamiste, alimentée de façon irresponsable par l’Arabie jusqu’à l’arrivée de MBS, il y a aussi des forces sociales et politiques énormes qui lui résistent courageusement et qu’il faut aider ».

- On voit en France et dans les populations européennes un fort soutien à la cause palestinienne… Cela en dit-il long sur l’état des fractures produites par le multiculturalisme ? Chez les musulmans dans toute l’Europe, comme partout ailleurs, oui. Cela ne devrait pas surprendre. Tout s’est envenimé par l’absence de solutions. Notre aveuglement a laissé les propagandistes wahhabites ou salafistes faire campagne sans résistance dans les populations musulmanes d’Europe, qui ne voient la question du Proche-Orient que comme « coloniale ». Déjà, il y a une vingtaine d’années, les principaux imams français avaient confié à Jean Daniel « qu’au moins la moitié de la jeunesse musulmane rejette la République, veut la charia ». Qu’a-t-on fait contre ça ? Il y a eu une naïveté multiculturaliste, universaliste et migratoire phénoménale en Europe. On en sort, dans la douleur. Je ne comprends pas que les dirigeants européens se soient laissés impressionner par le concept d’« islamophobie » inventé par des islamistes pour paralyser toute résistance à leur progression.

Pensez-vous que l’opinion des pays occidentaux sur ce conflit ait changé, aussi bien à la faveur d’une évolution démographique que de la progression des idées décoloniales, qui assimilent Israël au mal absolu ?

Du fait d’une immigration massive et incontrôlée, il y a en Europe un nombre de musulmans sans précédent. Attention, nous avons besoin d’immigration, choisie et négociée, et l’immense majorité des musulmans cherche à s’intégrer ! Mais le fait que beaucoup d’entre eux se sentent concernés par ce qui se passe à Gaza n’est pas étonnant. L’amalgame qu’ils font entre la colonisation, les Palestiniens, le Hamas, etc., nous choque, mais tout a été fait pour ! ».


Ce choix du soutien par, il faut le préciser, par une majorité de travailleurs arabes en France signifie aussi période contre révolutionnaire mais aussi, ce qui n'est pas un mal, l'impossibilité d'embarquer la nation dans une union nationale bourgeoise en vue de la guerre ! On devrait plus réfléchir à cette accumulation de paradoxes, qui ne sont pas non plus à expliquer par la décomposition mais, peut-être, des ferments bizarres en soi pour une transgression politique ultérieure révolutionnaire, car l'irrationalisme national et religieux ne peut pas être éternel.

 

 

 NOTES


[1] La période de l’occupation est au cœur de la contre révolution bien sûr. La morale pétainiste comme nos idiots islamistes ne tolère ni musique ni danse Le 24 mai 1940, Georges Mandel, le ministre de l'Intérieur du gouvernement Reynaud avait interdit la tenue des bals et la fermeture des dancings. Dès l'Armistice, le Maréchal Pétain maintient la mesure et dénonce « l'esprit de jouissance qui l'a emporté sur l'esprit de sacrifice». Après la sidération de la défaite, la vie reprend pourtant le dessus et des bals clandestins s'organisent dans les villes et les campagnes. Vous n'irez plus danser ! 

[2] Quoiqu’une partie de la propagande nuance cette caractérisation « d’ Etat juif » et bifurque vers ses créateurs présentés comme surtout laïcs ; ce qui ne change rien à l’affaire, ce constat que la plupart des juifs s’affichent désormais sans complexe comme nationalistes. Dérisoire quand on n’a pas oublié que les Staline, Hitler et Poutine les dénoncent comme « internationalistes » ; aujourd’hui certes inter-nationalistes mais pour la gloire de la seule  nation artificielle d’Israël !

1Idem pour la prolifération de belles journalistes présentatrices, pour le néo-féminisme bourgeois est-ce une obligation normalisée ? Ou la preuve que le système est plus ostraciste que raciste ?

2Le soutien traditionnel de la bourgeoisie US à celle d'Israël a du plomb dans l'aile. En Amérique, le soutien à la politique israélienne devient moins systématique. Même le Wall Street Journal découvre la souffrance palestinienne. C’est le résultat des gouvernements Nétanyahou. Ce serait trop facile de tout ramener à une lutte entre les démocraties, c’est-à-dire l’Occident, et les autres. Tous les pays du Sud global qui ne veulent pas retomber sous la coupe des Occidentaux ne sont pas des ennemis des peuples du « nord global » et ils ne sont pas unis.

3D'où une vieille haine persistante contre les anglais dans le Pas de Calais. Les massacres en Ukraine et à Gaza cela impliquera aussi des haines persistantes sur plusieurs générations.