"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 10 avril 2017

COMMEMORATIONS DU MASSACRE DE VIMY : pour mener une guerre mondiale il faut un ennemi parfaitement identifié


Décidément j'aurai pisté jusqu'au bout notre inaugurateur de chrysanthèmes national jusqu'au terme de son mandat de discoureur de cimetières. Hollande restera comme le président qui aura prononcé le plus d'éloges funèbres sur le massacre de civils et de soldats sur le territoire français, depuis la guerre d'Algérie sous le règne du Grand Charles qui obtint son étoile de général de brigade lors de la bataille inutile d'Abbeville en juin 1940 (1000 morts, c'est le tarif pour passer du grade de colonel à général) .

L'homme d'Etat non rééligible aura prolongé et animé toutes les mystifications commémoratrices de la dite « Grande guerre », comme si la suivante avait été plus petite. A l'époque de l'inauguration du Monument des Fraternisations j'avais été faire un tour à Neuville Saint Vast, toujours ému de fouler ces terres qui ont contenues tant de cadavres de sacrifiés pour le capital national ; lequel monument avait été fêté par Hollande le bref et plastique Bertrand du fief des Hauts de France à la mi-décembre de l'an passé. Cette inauguration était issue du monde bobo culturel qui élit tous les dispendieux (à l'égard du monde syndiqué des bouffons saltimbanques) présidents de la gauche bourgeoise. C'est le réalisateur du film « Joyeux Noël », narrant un épisode de fraternisation qui en avait suggéré l'idée au ministère de la Guerre, pardon de la Défense. La récupération des moments de fraternisation comme des fusillés pour l'exemple est la principale contribution des ministères de la gauche bourgeoise et des anciens trotskistes comme Jospin pour arrimer même les morts fusillés par les généraux enrichis à la perpétuelle reconstitution d'un seul cimetière national ; et surtout pas rappeler le danger subversif et anti-patriotique des luttes de prolétaires en temps de guerre1.

Nous nous sommes retrouvés un peu par les hasards des suggestions du calendrier régional pour les sorties weekend Pas-de-Calais sur la place d'Arras pour, nuitamment, la projection d'une magnifique
fresque commémorative illustrant le souvenir du sacrifice canadien (mais pas encore Canada autonome à l'époque) à la Big war. L'hôtel de ville et les façades de la place carrée flamande servaient d'écran et la musique vibrait sous nos pieds, presque du Jean-Michel Jarre en modèle réduit. La représentation fût jouée le lendemain pour Hollande, Trudeau et les princes pour tapisserie. Cette fois-ci j'avais précédé Hollande. Indépendamment de la propagande nationaliste canadienne et des choeurs de Marseillaise je ne pouvais ôter de mon esprit les vastes espaces du champ de bataille de Neuville Saint Vast à Vimy que j'avais arpentés l'an passé, lieux mornes et désolants où plane encore la mort massive. La crête de Vimy permettait à l'armée allemande de tenir une région aussi déterminante en matières premières que le pétrole de nos jours, ce nord minier qui avait connu tant de drames et de luttes sociales et où des prolétaires de lointains pays vinrent se faire massacrer en masse sous la férule de généraux débiles et assassins galonnés.

LE MYTHE DE VIMY

Il y a des mythes fondateurs. On dit souvent qu'une guerre mondiale sert à repartager le monde entre chenapans des grandes puissances. On oublie que la guerre sert aussi à inventer de nouvelles nations, à opérer à des découpages qui se payent cent plus tard par de nouvelles horreurs (l'invention ou plutôt le découpage en Syrie et Irak est un produit des accords Sykes-Picot de l'époque). Le Canada, cette vieille colonie, n'étant pas un réel pays autonome à l'époque, la bourgeoisie canadienne en s'investissant dans la guerre a vu tout l'intérêt de servir à la fondation du roman national par cette prétendue victoire décisive pour le « camp de la liberté », au prix des 3600 massacrés de Vimy (sans compter le chiffre total bien supérieur)2. Célébrée comme une victoire marquante, fondatrice de la nation canadienne moderne donc, la bataille sanglante sur la crête de la région des mines ne fût pas une victoire.Cette prétendue victoire célébrée par le fringant Trudeau et le commercial des chrysanthèmes Hollande contribue à cacher bien des choses sur le déroulement de la guerre. Retour en arrière sur ce qui fut nommé « la bataille d'Arras »3.

Avril 1917, à Verdun, dans la Somme ou en Flandre, la Première Guerre mondiale a déjà fait des centaines de milliers de victimes, l'armée britannique avait essuyé de considérables pertes et l'armée française était coincée à Verdun. En Artois, sur le front occidental, les armées alliés imaginent une percée des lignes allemandes en direction de Douai et Cambrai pour désenclaver Arras et libérer le Bassin minier. Il s’agit surtout d’une manœuvre de diversion pour affaiblir un flanc de l'armée allemande du côté du Chemin des Dames en Champagne où un autre massacre d’envergure est préparé. La zone d’assaut va s’étendre de Vimy à Neuville Saint Vast. Le bilan de la Bataille d’Arras qui prétendait en finir avec l'impasse d'une guerre immobilisée? 200 000 morts. Pour de minimes gains territoriaux…et un triomphe qui était prévu en 48 heures ! La bataille dura jusqu'au 16 mais sans aucune percée des alliés !4
Il y eu pourtant une « victoire », basée sur une détermination qui n'était point l'avancée militaire en priorité, mais une victoire « sur l'opinion ». La trouille des généraux alliés provenait de deux faits gênants : le nouveau gouvernement en Russie, talonné par le début de l'ébranlement révolutionnaire du prolétariat russe et des paysans, refusait désormais de se joindre aux offensives des Alliés occidentaux, et l'armée allemande se consolidait sur la ligne Hindenburg laissant tout un espace territorial vide dans la région d'Arras où l'offensive française ne rencontrait aucune armée ennemie ; situation ridicule qui risquait de cette manière de confirmer... l'inutilité de la guerre. Et là je peux citer sans me gêner wikipédia : «Le gouvernement français de l'époque avait désespérément besoin d'une victoire pour éviter de graves troubles civils dans le pays » ; en effet la bataille « face à l'opinion » ne cesse jamais pendant les guerres, et ladite opinion (disons le prolétariat en réalité) a besoin de sang victorieux à la une ! C'est le boucher Nivelle qui réussit à convaincre anglais et canadiens d'aller au casse-pipe de la crête de 145 mètres à Vimy, sous prétexte de diversion.
Version révisionniste moderne du sémillant Premier ministre canadien :

« Près de 3.600 soldats sont tombés ici"5 lors de ces trois jours de combat démarrés voici tout juste cent ans, marquant le début de la bataille britannique d'Arras (9 avril-16 mai 1917), et "c'est par leur sacrifice que le Canada est devenu un signataire indépendant du traité de Versailles", a rappelé Trudeau. Pour la première fois, les quatre bataillons canadiens (environ 80.000 soldats) jusque-là incorporés dans l'armée britannique, conduisirent en effet l'assaut de la crête de Vimy, qui contrôlait le bassin minier, sous leurs propres couleurs, gagnant ainsi leurs galons sur la scène internationale. "Ces hommes n'étaient pas insensibles à la peur, ils souffraient de l'éloignement, de la fatigue, du
froid (...) mais ils se sont battus jusqu'à la victoire dans cet endroit qui avait été transformé en forteresse", a poursuivi le Premier ministre canadien, terminant son discours d'un solennel "ne les oublions jamais".
Version nunuche et miteuse d'un chef de guerre démocratique en partance :
« Après avoir dit "toute sa reconnaissance" aux soldats canadiens, Hollande a pour sa part centré son discours sur la coopération actuelle entre Paris et Ottawa "pour faire avancer la cause de l'humanité". "C'est ce que nous faisons quand nos pays s'engagent pour répondre aux appels des réfugiés du Moyen-Orient qui recherchent une terre d'asile; (...) quand nous condamnons les massacres chimiques réalisés aujourd'hui par un régime criminel; (...) quand nous luttons contre le terrorisme; quand nos peuples blessés refusent de basculer dans la haine et le rejet; (...) quand nous oeuvrons chaque jour pour faire reculer les discriminations et pour que nos pays continuent d'être des terres de tolérance et de progrès", a-t-il affirmé. "Le nationalisme ne mène qu'à la guerre et le fondamentalisme à la destruction", a-t-il asséné ». Pas le capitalisme ?

Notre inaugurateur perpétuel de chrysanthèmes ne va pas plus nous rappeler la vérité que journalistes ou historiens de gouvernement. Début 1917 la révolte et les mutineries grondent partout contre une guerre qui s'éternise. Même de fausses victoires comme le massacre de Vimy ne suffisent pas, en tout cas ailleurs, en Russie et en Allemagne par exemple, à calmer le prolétariat, l'ambiance est assez bien décrite encore par l'anonyme de wikipédia, je n'ai même pas à me fatiguer pour élaborer une description de mon cru :
« Le milieu des années de guerre a été une période capitale. Les gouvernements français et britanniques étaient sous la forte pression de la presse, des citoyens et des Parlements qui voulaient mettre fin à la guerre. Les batailles des Dardanelles, de la Somme et de Verdun avaient fait de nombreuses victimes et il y avait toujours peu de chances de victoire en vue. Le premier ministre britannique, Herbert Asquith, démissionna au début de décembre 1916 et fut remplacé par le "magicien gallois", David Lloyd George. En France, le président du Conseil Aristide Briand, avec comme Ministre de la Guerre le général (puis maréchal) Hubert Lyautey, était politiquement diminué et, peu après, en mars 1917, démissionna. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis étaient sur le point de déclarer la guerre à l'Allemagne. L'opinion publique américaine était de plus en plus irritée par les attaques intensives des sous-marins allemands sur des navires civils, à commencer par le naufrage du Lusitania6 en 1915 et cette irritation arriva à son comble avec le torpillage de sept navires de commerce américain au début de 19177. Le Congrès américain déclara finalement la guerre à l'Empire allemand, le 6 avril 1917, mais il fallut plus d'un an avant qu'une armée appropriée ne soit mobilisée, formée et acheminée vers la France. »


DUR DUR DE MENER A LA GUERRE MONDIALE


Pour conduire plus sûrement les prolétariats de tous les pays à une guerre mondiale il faut un ennemi clairement identifié. Si les commémorations ont pour fonction de célébrer ad eternam les sacrifiés du Capital avec les mensonges du passé réactualisé – trotskistes comme bourgeois démocrates n'aiment jamais tant citer la phrase louche d'Anatole France – la notion d'union nationale pour le sacrifice « patriotique » demeure et les marchands de canon se marrent toujours autant.
Dans son livre « L'aveuglement », l'historien iconoclaste Marc Ferro, dédie un intéressant chapitre aux auto-mystifications des différents camps en guerre et des vérités non simplistes (ce n'est pas simplement la révolution russe qui a mis fin provisoirement à la guerre mais aussi le défaitisme des généraux allemands qui savaient qu'ils seraient battus à brève échéance de toute façon et qui ont préféré inventer la théorie du bouc-émissaire qui a si bien fécondée le nazisme revanchard). La guerre
mondiale repose sur une mystification différente à chaque fois nous dit Ferro, en 1914 l'objectif de la guerre reste confus, même s'il est question de défendre la patrie, en 1939 l'ennemi universel, sans discussion, c'est le fascisme, mais pour la prochaine, leçons cumulées de la Première et de la Deuxième, il reste quoi ? Un arrière dangereux tant qu'on ne lobotomise pas sa mémoire par des inaugurations et commémorations débiles ni par une imagerie laser au fronton d'un joli bâtiment public.
« Dans les films sur 14-18, les soldats combattent loyalement tandis que les objectifs de la guerre restent confus. A l'inverse, dans les films sur la Seconde Guerre mondiale, les ennemis sont parfaitement identifiés : les pays comme les idées. Il faut vaincre le nazisme et le militarisme japonais. Les combattants et l'arrière du front, eux, sont peu évoqués » (page 38).
Mais, cher Marc Ferro, parce que en 1917 la révolution avançait, menaçant la guerre mondiale, depuis l'arrière, mais qu'en 1940 elle était derrière, elle avait été annihilée par la soldatesque revancharde de 1918 aux ordres des « socialistes de gouvernement », et de combattants révolutionnaires nombreux et d'immenses foules d'insurgés prolétaires il n'y avait plus.
Nous avons quitté la belle place d'Arras, émerveillés par le spectacle son et lumière mais dubitatifs pour une scénographie de gouvernement canadien. Et sans avoir repris en choeur la Marseillaise avec une petite partie de la foule. Sachant que les discours officiels de paix passée commémorée servent encore à justifier les guerres de rapine d'aujourd'hui.


ANNEXE ACCESSOIRE :

LA VERSION GAUCHISTE CANADIENNE DE RESUCEE PACIFISTE PATRIOTIQUE...

Centenaire de la Grande Guerre : un air de déjà vu

Par Jacques KMIECIAK7

En France, de multiples manifestations marquent le centenaire de la Bataille d’Arras (avril – mai 1917) dont Vimy est un épisode (1). Des célébrations en forme d’hommage à « ceux qui ont combattu sur nos terres pour la Liberté », ose Frédéric Leturque, le maire UDI (centre-droit) d’Arras. Comme si la IIIe République fondée sur le massacre de la Commune de Paris pouvait alors se poser en parangon de vertu à l’heure des tueries de masse dans ses colonies d’Algérie ou du Tonkin ou encore de la répression tous azimuts à l’endroit du mouvement ouvrier de l’Hexagone (Fourmies, Courrières) ?

Et aujourd’hui encore la social-démocratie et la Droite, associées comme au bon vieux temps de l’Union sacrée, de reproduire les clichés déployés à l’époque. Les soldats alliés sont ainsi qualifiés de « héros » par le conseil départemental du Pas-de-Calais (à majorité PS) qui salue leur « sacrifice ». Comme si celui-ci avait été volontaire et non imposé par les élites de Grande-Bretagne, de France ou d’Allemagne responsables de la déflagration mondiale d’août 1914… Des responsabilités savamment éludées depuis 2014 et le début des commémorations liées au centenaire de la Grande Guerre. Pourtant à l’époque, ces puissances impérialistes en quête de nouveaux marchés rêvaient chacune d’imposer, à leur profit, un nouveau partage du monde et de ses matières premières. L’Allemagne en plein essor industriel réclame sa « juste » part d’un gâteau en partie négocié dans le cadre du Traité de Berlin (1885) (2). Pour la bourgeoisie et l’aristocratie, « les guerres, comme les épidémies, sont aussi une façon de réduire le nombre des pauvres. A l’époque, les masses font peur. La guerre, c’est l’antidote contre la Révolution », commente l’historien belge Jacques Pauwels (3). Continuer de soutenir que cette guerre aux allures d’hécatombe avec ses dix millions de morts, a été menée pour la défense de la Démocratie, de la Liberté, du Droit ou de la Civilisation, relève donc du mensonge d’Etat. Certes, les envolées bellicistes et militaristes propres à un Churchill (qui considérait la guerre comme une « affaire glorieuse et délicieuse », une « activité normale comme le jardinage », selon Jacques Pauwels) ne sont plus de mise. Nos élites revendiquent désormais le « plus jamais ça ». Tout en encourageant les interventions néo-colonialistes de l’Etat français en Libye, en Syrie, au Mali ou en Centrafrique. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels », scandait Anatole France. Hier comme aujourd’hui…


ma réponse (JLR) [Les prolétaires modernes se fichent de mourir pour la patrie ou pour les industriels, mais les industriels avec leurs cire-pompes parlementaires peuvent compter encore sur le « tous ensemble » patriotique, « je suis Charlie » et autres « vivre ensemble » européens, communautaristes et islamophiles, pour faire couler le sang des exploités de toute race et de tout pays]

 Notes du texte canadien:
(1) Le programme sur le site du conseil départemental du Pas-de-Calais : http://www.pasdecalais.fr
(2) Voir « On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels. » Film produit et réalisé par Investig’Actions avec Michel Collon, Jacques Pauwels et Anne Morelli (? que fait Anne Morelli, spécialiste de la Gauche italienne, dans cette galère à gauchistes canadiens bien pensants? JLR). Le lien : http://www.investigaction.net/14-18-on-croit-mourir-pour-la/
(3) Lire « 1914 – 1918, La grande guerre des classes », de Jacques R. Pauwels. Editions Aden.


NOTES  GENERALES

1La polémique sur la colonisation définie par le balayeur du vote arabe Macron comme « crime contre l'humanité », ce qui ne veut strictement rien dire du point de vue de l'histoire du capitalisme (lequel pouvant être considéré lui-même comme crime contre l'humanité si l'on adopte le raisonnement stupide et orwellien des milieux gauchistes bourgeois, qui dissout tout raisonnement politique et historique en appliquant les théories mêlées du pacifisme et de l'anti-racisme à toutes les époques ; ce qui peut donner : est-ce que l'homme de Néandertal était raciste par rapport à l'homme de Cro-magnon ? Piste de recherche très dissolvante...

Le Canada n'est plus qu'une colonie de l'idéologie américaine et sa bourgeoisie affamée d'immigration économique, quant à ses supplétifs gauchistes communautaristes,  prêts même à recevoir nos indigestes de la république, la frange québécoise et leurs potes chauvins considèrent toujours la romance de Vimy comme une offense au Québec (cf. La Bataille de Vimy « fondatrice de la nation canadienne » ? un mythe offensant pour les QuébécoisJacques Kmieciak ) . Faisant partie de l'Empire britannique, le Canada est intégré à la Seconde Guerre des Boers en Afrique du Sud par le premier premier ministre canadien-français Wilfrid Laurier, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Dirigés par le politicien Henri Bourassa, des groupes de Canadiens français opposés à la tutelle anglo-canadienne se vouent à la défense de leurs droits en tant que peuple. Ils s'opposeront notamment à l'entrée en guerre du Canada et à la création de forces navales canadiennes sous drapeau britannique. Le Canada se lance de plus dans la Première Guerre mondiale en 1914 et envoie sur le front ouest (en Belgique, sur la Somme et en Picardie), des divisions composées principalement de volontaires afin de se battre en tant que contingent national. Les pertes humaines sont si grandes que le premier ministre canadien de l'époque, Robert Laird Borden, décrète la conscription en 1917 (voir Crise de la conscription (1917)). Cette décision est extrêmement impopulaire au sein de la population québécoise, menant ainsi à une perte de popularité au Québec pour le Parti conservateur et également à la fameuse grève de Québec, souvent passée sous silence car faisant écho à la révolte du Chemin des dames en France. Lors de la grande émeute de Québec, l'armée britannique tire sur la foule et tue de nombreuses personnes. Bien que les membres du Parti libéral soient profondément divisés sur l'enrôlement obligatoire, ils s'unifient et deviennent le parti dominant sur la scène politique canadienne. En 1919, le Canada rejoint la Société des Nations de son propre chef et, en 1931, le Statut de Westminster confirme que dorénavant aucune loi du Parlement britannique ne s'étend à l'intérieur des frontières du Canada sans son consentement.

3 L'Etat français a fait don de la crête de Vimy au Canada avec l'érection d'un gigantesque monument érigé à Vimy, qui a servi de prétexte au roman national canadien sous couvert de mémoire au sacrifice « canadien » pour la victoire mensongère des alliés impérialistes occidentaux lors de la Première Guerre mondiale. Dès son inauguration en juillet 1936 avec la complicité du roi anglais Edouard VIII l'emplacement du cimetière de guerre est sanctifié comme lieu de pèlerinage. Aujourd’hui, toutes les cérémonies commémoratives se tiennent donc à Vimy. Les autres batailles livrées par les Canadiens (à Ypres en 1915, dans la Somme en 1916, du côté de Lens en août 1917 où pour la première fois ils exercent le commandement, à Passchendaele la même année, à Amiens en 1918) sont presque totalement oubliées. Au Canada, les commémorations du centenaire ont officiellement commencé en 2017 seulement, pour durer une semaine.

4 Bien que les historiens considèrent généralement que la bataille est une victoire pour les Britanniques (pas les canadiens!?) , elle eut très peu d'impact sur la situation stratégique ou tactique. Ludendorff commenta la bataille ainsi : « Il y avait sans aucun doute des objectifs stratégiques extrêmement importants derrière l'attaque britannique, mais je n'ai jamais pu savoir lesquels c'était ».

5Trudeau fabule et semble bien hors de la réalité des chiffres totaux : Quant au total du nombre de morts canadiens sur la durée du conflit, il reste encore approximatif. On l’estime à environ 65 000 dont 40 000 tombés en France et 13 000 en Belgique. Les pertes de la IIIe armée furent de 87 226 hommes ; celles de la Ire armée de 46 826 hommes (y compris les 11 004 Canadiens de la bataille de la crête de Vimy) et celles de la Ve armée de 24 608 hommes ; soit un total de 158 660 personnes. Les pertes allemandes en revanche sont plus difficiles à déterminer. Les "groupes Vimy" et "Souchez" eurent 79 418 victimes mais les chiffres du "groupe Arras" sont incomplets. En outre, les archives allemandes excluaient les "personnes légèrement blessées". Le capitaine Cyril Falls (l'historien britannique officiel de la bataille) estime qu'il faut ajouter 30 % aux résultats allemands pour permettre la comparaison avec les Britanniques. Falls estime que les pertes allemandes étaient « probablement à peu près égales » à celles des Britanniques46. Nicholls les estime à 120 000 hommes et John Keegan à 130 000. Au terme de l'offensive, les pertes britanniques s'élèvent à 150 000 hommes tués, blessés ou faits prisonniers. Les pertes allemandes atteignent 100 000 hommes. Aucune percée stratégique ne fut accomplie.

6Coup monté de l'impérialisme US dont j'ai déjà rendu compte dans ces colonnes, le bateau à touristes était en réalité empli de munitions et c'est ce que savaient les soldats tueurs des sous-marins allemands.

7Du site gauchiste canadien investig' Actions qui défend le port du voile et du burkini, comme quoi l'actualisation marxo-gauchiste d'un marxisme libéralo-islamo-moderniste n'a plus rien à voir avec la politique ou même la lutte de classe contre la guerre – la phrase d'Anatole France a été complètement ridiculisée par l'antifascisme subséquent. Ce pourquoi il faut d'abord lutter pour l'unification de la classe à chaque époque, et contre, en particulier en ce moment, les colifichets nationalistes musulmans et ce nouveau colonialisme intégristo-ravagé, qui contient le djihad sacrificiel pour le dieu imaginaire comme la nuée contient l'orage... djihad qui est confusément et aléatoirement identifié au nouvel axe du mal pour l'impérialisme multiple et ambigu. Mais c'est pas gagné.


mercredi 5 avril 2017

Onzamis : L'exemplarité politique mise à mal


LA MORALISATION DE LA VIE POLITIQUE (BOURGEOISE) N'EST PAS POUR BIENTÔT


L'électeur n'a aucune illusion sur la capacité des champions électoraux à dompter la crise du capitalisme1. Il n'aime jamais tant qu'être tenu en haleine. Les meetings électoraux sont devenus des reality shows où un Macron comme un Mélenchon se baladent sur l'estrade en expliquant, en mimant, blaguant et avenants face à un auditoire qui veut entendre une histoire croustillante, qui provoque une émotion, ou un sketch à la façon des Chevaliers du Fiel et qui paraît fasciné par cette révolution de la subjectivité du candidat qui confond son je avec le nous des « chers amis » - plus in que compatriotes ou ringard comme camarades - pourtant simples spectateurs non autorisés à interrompre ou à débattre. Les promeneurs solitaires d'estrade ont tous appris çà chez Hitler. Dans ce carnaval des apparences, l'individu d'estrade qui se promène gaiement avec micro sans fil collé à sa joue – subliminale attitude par une gestuelle qui renvoie à la mobilité et flexibilité, ces deux mamelles du libéralisme décomplexé - célèbre l'individualisme le plus crasse en politique, faisant croire qu'il est indépendant de son propre parti mafia. Il doit incarner la transgression et défier toute loyauté. Sans le scandale Pénélopegate quel ennui cette campagne pour l'élection d'un mannequin d'Etat régi par les mêmes équipes d'énarques depuis la guerre mondiale. Quel intérêt auraient eu les élections précédentes sans les grossièretés de Sarkozy et les frasques sexuelles de DSK2.

Le théâtre médiatique a ses lois de partis et de mise en scène communément partagée. Chaque candidat dispose de sa propre équipe de caméramens pour nous faire subir sur BFM et consorts les heures de leurs reality shows. Le spectateur et l'internaute scrute les réactions « non verbales » ; à ce titre Mélenchon est le champion de la grimace « qui en dit long », Fillon reste de marbre, Macron a l'air benêt (il est tétanisé par la première question : qui êtes-vous?)3, Hamon est desservi par ses oreilles de chien battu, Le Pen mal coiffée avec un toc pour remettre la mèche. Le clou du spectacle reste la tapisserie derrière le candidat. Les plus bêtes demandent à leurs « amis » du décor d'opiner du bonnet tel un métronome ; certains le faisant systématiquement ridiculisent la portée du propos de leur cador. Les chiens de plage arrière étaient très choisis hier soir pour « faire sens », le candidat « en démarche » avait pour toile cirée une ralliée ex-juppéiste et une centriste de l'UDI ; le désir d'avenir de roquet belles oreilles était tapissé par le très cultivé mais déchu Peillon et la deuxième femme (moins battue) de Piketty ; « bandit Fillon » avait pour décor un maire de l'UDI et une sénatrice de province, Arthaud, grand défenseur de l'islam devant l'éternel, était habillée par JP Mercier le grand chef syndical démagogue chez PSA. ;
Poutou, décidément irrespectueux de la bienséance télévisée, en plus d'avoir refusé ignoblement de poser pour le selfie de famille, avait retroussé les manches de son honteux tee-shirt prolétarien et se tournait sans cesse vers ses potes au mépris des dames journalistes en tailleur Chanel ; il semble même qu'il ait roulé un patin à la fille au nez rouge juste derrière lui. Mais ce n'est pas sûr. La palme
de l'effet bœuf a été la toile de fond de la mère Le Pen, difficile de ne pas croire qu'un communicant FN n'ait forgé le truc, aux côtés de l'avocat Collard un véritable sosie de Pénélope ! En réalité Marie-Caroline, sœur de Marine. Effet garanti chez les internautes époustouflés. Comme quoi faire tapisserie peut faire des vagues.

Foin de nos considérations sublimino-sociologiques, depuis la crise de 2008, l'Etat doit régner au ras du social, piloter à vue une « opinion » sans cesse volatile et peu soumise aux discours autoritaires et aux hâbleries des communicants, opinion aussi élastique que le mot peuple4 et souvent insaisissable, qui déjoue l'appareillage totalitaire de « neuromarketing » des louches labos de sondage. Dans le grand bazar médiatique, une success story succède à une autre. Celle de la famille Hollande et de ses histoires de fesses, avec de séduisantes femmes, ne pouvait être répétée comme un feuilleton peu inspiré, aussi la version prude anti-Dallas d'un Droppy qui se goinfrait en son fief sur les deniers publics (quoique comme tous les autres) a permis d'ouvrir un nouvel album de famille d'un candidat à la vie sans relief5

L'arrogance du corrompu Fillon comme le Poutou « irrespectueux » (la Cabana)6 conviennent tout à
fait à ce besoin de suspense du storytelling apolitique, faire audience dans l'étroitesse de la programmation électorale, déchaînant les tweets ces nouvelles poubelles de l'impulsivité populaire, d'opinionite à fleur de peau, façon de s'exprimer fugace et hachée si prisée par tous les trolls. De même que toutes les émissions de téléréalité et de politico-variétés n'ont pour but que d'humilier les plus faibles, le débat doit provoquer l'émotion ; il faut qu'il y en ait un qui « perde la face » pour que la nouvelle distraction des arènes de l'info puisse attirer les vivas des foules solitaires devant l'écran aux terrasses des cafés ou se repaître de tel camouflet avec une bière dans le living-room. Les matchs électoraux sont parfois plus passionnants que ceux du ballon rond, n'est-ce pas, car ils font appel à l'inconscient mystique primaire ; on est convié, soi-même petit individu minable, à s'interroger à l'égal des grands du monde sur l'état de la planète ou la planète en l'état, mais en réalité prosaïque à rêver d'une merveilleuse augmentation de salaire et d'un bla-bla civique permanent basé sur le court terme avec pour objectif de rendre désirable la beauté d'un futur inexistant.

Contrairement à ce qu'a affirmé l'inculte Mélenchon, l'Etat n'est pas une création des services publics ni de la patrie, mais s'est érigé sur le modèle de l'église7. Cet aspect mystique est toujours présent dans les têtes bourrées au moment de la décadence moderne du politique, de son effondrement dans un apolitisme sentimental8 où chacun ânonne la complainte creuse « liberté, égalité, fraternité » quand les mêmes qui s'expriment « à égalité » gardent l'ascendant sur les autres. N'importe qui peut parler dans le consensus télévisuel, transgresser – certes en évitant le racisme primaire et les insultes grossières – mais dans un cadre qui ne nécessite ni courage ni sincérité.

Le saltimbanque politicien ne peut plus en référer à de solides mythes même si sa com'politique vise à envoûter le badaud dans l'instant. Quel jeune électeur peut rêver à une « épopée » du Front populaire, à la « Libération » derrière un général à la parade, à la démarche pontificale du petit Mitterrand rose en main zigzagant dans les couloirs du Panthéon ?
De « futur désirable » à « mouvement en marche », la réclame des divers compétiteurs ne contient rien de crédible mais des aspirations à dormir debout et à voter crétin. L'apolitisme régnant est devenu utopie, mais une utopie qui non seulement ridiculise les anciennes utopies mais fait passer toute alternative de révolution (prolétarienne) pour une utopie parmi l'étalage des autres. Macron c'est l'utopie au pouvoir, en langage subliminal évidemment, ainsi que l'indique son brouet empilé aux portes de toutes les librairies, « Révolution », seul mot absent de la bouche des trotskiens de service hier soir.

Dans l'imaginaire de ce qu'il reste des « vertus de la gauche », le réformisme radical de la gauche en morceaux, Hamon, Mélenchon, Poutou, Arthaud, ne prétend plus changer la société capitaliste, mais, en la honissant partiellement comme une histoire d'argent (Arthaud la sectaire ouvriériste), veut faire rêver à des trucs impossibles, voire franchement méprisants pour les millions de victimes prolétariennes du système qui n'auraient pour but et compréhension du monde que l'étroit objectif syndicaliste déclamatoire : le plein emploi, les transports gratis, des enfants tous bien élevés, un loyer correct, des masses de migrants automatiquement régularisés, une police humanitaire et désarmée, des députés honnêtes, des moulins à vent pour éclairer la France à la bougie, etc. Le « progrès » de la gauche bourgeoise est à l'agonie, elle ne peut incarner que le « ici et maintenant » du bobo qui ne veut plus de circulation automobile dans sa rue, et faire confiance à la police de proximité pour limiter les émeutes.

En somme, deux camps s'affrontèrent hier soir : les utopistes mondialistes que je viens de lister, incluant les utopistes nationalistes de la mère Le Pen (même programme social démagogique que Mélenchon) et les réalistes seuls vrais candidats crédibles au pouvoir d'Etat cynique (bourgeois pas démocratique gentil) : Fillon et Macron. Macron est la synthèse du « progrès de gauche » à l'arrêt, sans lendemain et aussi transparent que sa silhouette de minet en cravate. On n'a pas osé les comparaisons avec Lecanuet le vieux beau et Kennedy le priapiste, l'un avait fait chou blanc et l'autre, avant d'être occis, avait été le produit « jeune » de la pire mafia américaine9. Comparaison n'est plus raison et le programme de Macron est à peu près sur les mêmes bases que celui de Fillon, en moins brutal et fadasse.

Etonnant Droppy qui continue lui à prôner l'austérité avec les pires comparaisons avec le cador
OOOOOO GAFFE A TOI, je te fous en justice!
européen de l'esbrouffe l'Allemagne, quand personne n'a le réflexe de lui rétorquer que c'est du pipeau avec des millions de prolétaires payés 400 euros par mois. Incroyable Droppy qui n'a pour souci que la dette (2200 milliards de dollars) et qui a le culot de promettre qu'elle « ne commencera à être remboursée que dans 5 ans » (à la fin de son mandat?) ; qui a le culot de dire que la réduction du nombre de députés et leurs cagnottes avantageuses ne pourront être « réformés » que « lors de la prochaine législature »... sous les auspices de trois magistrats et un procureur pour moraliser à la Saint Glinglin. Conclusion enthousiasmante : « élisez-moi à l'Elysée et rien ne changera » ! Pas même ma « cassette » ! Pas même « ma vraie majorité » de députés avec cassette personnelle à volonté !

« Gouverner, c'est maintenir le suspense » (Christian Salmon)

Quel caractère ce Fillon, et il a tenu bon 5 ans face à l'autre ouf de Sarko, disent ses partisans mitigés. Mais connaissez-vous un seul truand, même pris la main dans le sac, qui n'ait pas de « caractère » ? Un autre aventurier crucifié par les « élites », Tapie a salué à sa façon « l'obstination » de la victime Fillon, victime aussi « d'un cabinet noir » et des magistrats de noir vêtu (c'est la mode cette année). Mais ce n'est pas d'obstination d'un type persécuté par les juges ad hoc du pouvoir qu'il s'agit, mais en effet de l'absence de choix dans le personnel largement corrompu de toute la faction de droite. Le problème n'est pas la carte Fillon mais qu'ils n'en ont pas d'autre, et c'est bien là leur misère10. Comme la faction droitière n'a pas d'autre chanson à nous seriner que la dette dont personne ne réclame simplement le moratoire, les trotskistes tout à leurs augmentations de salaire et défense des permanents syndicaux11, d'autres à leurs obsessions anti-européennes. Ils ont tous pour programme la posture volontariste face à une « population » qui ne les croit plus mais veut voir des effets de manche réussi ou des comportements déviants.

En vérité le politicien bourgeois traditionnel est en train de disparaître, pas seulement parce qu'il n'est plus qu'un simple représentant de commerce des lobbies mais parce qu'il n'est plus crédible, il est devenu non pas acteur mais comédien et figurant d'un système qui lui échappe aussi ; c'est pourquoi la charge des trotskistes contre les riches, les fables de redistribution des richesses et du partage du travail, est ridicule et inopérante ; comme leur compère de l'élite « frondeuse » le candidat temporaire Hamon, apôtre de la fable du 49-3 citoyen, qui radote sur le « pouvoir » mais d'achat et le burn-out passe-partout du flic déprimé à l'ouvrier humilié. Les trotskistes en sont venus à défendre l'Europe comme les libéraux, ce qui devrait faciliter – dans le cas de figure programmé et intimidant psychologiquement d'un second tour « extrême » – leur appel à voter face à Le Pen, pour le Macron démocrate ou « bandit Fillon » qui empêchera le nazisme de s'installer en France. Quasi sur le même plan simpliste, le patriotisme économique, comme son « protectionnisme intelligent », de la mère Le Pen est débile comme est girouette sa virevolte sur l'Europe. Le pouvoir capitaliste ne se résume pas à la richesse d'une minorité. Demander à un système en crise qui atteint ses propres limites de solutionner la misère en partageant mieux les profits c'est demander à un unijambiste de courir sur deux jambes.
Doublant Mélenchon sur sa gauche (imaginaire) Poutou, qui veut lui aussi « faire payer la classe capitaliste » a critiqué superficiellement la « professionnalisation » de la politique et gagné les rieurs en promettant de les rémunérer au SMIC alors que jamais ni LO ni la LCR n'ont remis en cause la professionnalisation de leurs élus d'antan Arlette et Krivine. Arthaud a menti en disant que pendant la Commune (celle de 1871 pas les petites mafias locales du brave berger Lassalle) les élus avaient le salaire d'un ouvrier moyen ; c'est faux.

En conclusion, vous comprendrez qu'aucun vrai révolutionnaire ne pouvait figurer au milieu de ces guignols. Je me suis imaginé en situation sur une des chaises où, si j'avais été invité, j'aurais été bien vite ridiculisé. Comment discuter, proposer, développer une argumentation de classe au milieu de menteurs professionnels et en l'absence de pression d'une classe encore trop atomisée, plaider pour la destruction du capital, l'internationalisme, la possibilité d'une société autre basée non sur les besoins démesurés de quelques uns, ni sur la diarrhée écologique d'une noria de bobos, ni à partir du créneau étroit du trotskisme syndicaliste et misérabiliste, hors des mensonges des Mélenchon et Poutou sur l'exemplarité des Chavez et en faveur d'une libération nationale... guyanaise.
La véritable discussion politique révolutionnaire et la véritable confrontation de perspective ne pourront avoir lieu et auront lieu hors du storytelling bourgeois.





NOTES:


1Il n'y a pas de crise économique à résoudre mais des intérêts étroitement privés à conserver. La couche bourgeoise, une dizaine de pourcentage, qui reste fidèle à « bandit Fillon », comme hie rà « bandit Chirac)
2Lors de la campagne de Mac Cain aux Etats-Unis, le choix de Sarah Palin correspondit aux fantasmes dispatchés partout par l'accès universel au porno, très regardé sur les portables et véritable instrument de paix sociale à sa manière (la masturbation est la main droite de l'individualisme). Maman macho sexy Palin suscita une série d'enculages (pardon d'être grossier) polémiques sur fond de mother-milf associée aux fantasmes pornos de l'électeur mâle.
3Et « cassé » un peu plus tard par un candidat secondaire, un des trois vieux, mais pas Quasimodo Lassalle : « M. Macron vous êtes d'accord avec tout le monde ». Peu maître de lui, il s'en prend à Poutou alors qu'il visait Asselineau. Pas costaud le zèbre dans l'adversité hors de l'estrade hitlérienne. Veule dans sa défense de la « justice » instrumentalisée par son maître actuel Hollande.
4Les trotskistes de plateau se sont différenciés de l'adressage aux « français » de tous les candidats « patriotes » - ce qui fait internationaliste en paroles - en réalité ils dirent s'adresser à la « population », qui n'est qu'une variante du peuple. Le Pen fait coller partout des affiches « pour le peuple », or le peuple imaginaire ne parle pas. Salmon est encore plus précis : « le peuple, cette entité mystérieuse aux contours flous ».
5On ne lui connaît qu'un pauvre intérêt pour les voitures de course et même pas d'amantes cachées ; la story de la famille Fillon n'est même pas croustillante, c'est sans doute pourquoi sa victimisation n'émeut pas les foules qui compatissent plus pour un séducteur, un homme à femmes, que pour un type banal qui ne doit plus baiser après la messe le dimanche matin. Un vrai politicien doit « séduire ». Passez votre chemin avec l'homme aux sourcils broussailleux qui promet de faire la guerre aux exploités mais surtout pas l'amour.
6La dénonciation de Poutou fût en effet superbe et courageuse, je tiens à le dire ici, pas perverse et simple attaque personnelle comme la pitre hollando-compatible et hystérique Angot. On remarquera que les « grands candidats » sont restés respectueux par contre face à « bandit Fillon », le franc-mac Mélenchon lui lançant parfois un clin d'oeil confraternel (si si je l'ai vu et ils étaient côté à côte). Poutou ne s'est pas laissé déstabiliser par l'interruption terroriste d'un Fillon, provoquant notre rire par milliers : le mis en examen menaçant un ouvrier de procès ! Fillon flinguait ainsi son statut de victime, révélant qu'il fait toujours partie des puissants cyniques et corrompus. Hamon avait ouvert le bal au début en réclamant un président « honnête » mais sans rentrer dedans comme l'ont bien fait les sans-grades Poutou et Arthaud. La saillie de Poutou, finalement centrée sur le seul Fillon, si elle a gagné les gorges chaudes, n'a pas plus décrédibilisé le système que les gadgets gauchistes tiersmondistes et syndicalistes qu'il a énumérés à la vitesse d'un impulsif.
7Mélenchon loué partout comme très bon orateur me fait penser à un marchand de fromages avariés, son bla-bla d'estrade est bourré de généralités hors sol et valide la réflexion d'un Thomas Mann, le mythe (électoral) comme une « vie en citations », il en fournit à la pelle pour remplir ses oraisons de fraction émiettée de la gauche bourgeoise sûre de ne pas même faire de la figuation au second tour pour laisser à un quelconque « droitier » gérer l'ingérable crise capitaliste... internationale.
8Certains parlent de « dépolitisation systémique » cf. l'excellent Christian Salmon in « La cérémonie cannibale » (Fayard).
9Salmon évoque la première étude humoristique sur le phénomène Kennedy par Norman Mailer - « Superman débarque au supermarché » (1960) – et tresse des louanges sur cet auteur ; or la radicalité de Mailer tenait à ses relations étroites via Malaquais, lui-même pote de Marc Chiric dont il exportait les analyses radicales de la Gauche communiste dont l'auteur des « nus et les morts » s'inspirait à sa manière romancée pour choquer le microcosme newyorkais et apparaître comme un écrivain iconoclaste.
10 19% des électeurs de Fillon estiment que « l’honnêteté, la probité » ne sont pas les qualités les plus ­importantes pour un président de la République. ( sondage Ipsos Sopra-Steria répercuté par le Monde...anti-Fillon). Sondage à prendre néanmoins en considération vu la mentalité des familles de grands bandits capitalistes des Neuilly-Passy et plus généralement des tenanciers du capital financier !

11Oui Poutou avait tort face à la mère Le Pen de récuser que des syndicalistes disposaient de protections et avantages comme les politiciens, certes il y a toujours des syndicalistes du privé maltraités, mais combien plus de planqués permanents, hyper protégés avec déroulement de carrière assuré, à EDF, SNCF, etc.

jeudi 30 mars 2017

Comédie électorale française: dernière ligne droite pour les petits meurtres entre amis


« C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime. Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ? »
Albert Libertad (1906)1 

« Rapprochons les deux définitions : la démagogie suppose donc que parfois le peuple exerce la souveraineté de manière excessive. Qu’est-ce à dire ? Probablement que nous entendons trop vite la démocratie comme la seule démocratie représentative et que, dans ce système représentatif, le verrouillage du système interdit au Peuple qu’il parle une fois s’il s’est contenté de faire, un jour, le seul acte civique qu’on lui permette, qu’on tolère en fait : voter, élire des représentants. Dès lors, la démocratie, c’est uniquement le jour du bulletin de vote. Quiconque demande ensuite, en dehors de ce jour de religion civique, un droit de regard sur l’action gouvernementale, souhaite un examen des conditions d’exercice de l’exécutif ou du législatif, quiconque aspire à un pouvoir contrôleur des représentants qui peuvent ne pas représenter correctement, passe pour un fauteur de trouble, un faiseur d’«  excès »…
Michel Onfray2


Inversons la proposition de Brecht, qui est inversable comme toute maxime de La Rochefoucauld : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple », puisque le peuple vote pour le gouvernement (de n'importe qui) il faut dissoudre le peuple ! Un grand bourgeois était consterné lui-même par le peuple : « les français sont des veaux » (Charles De Gaulle). Le peuple n'est que ce zéro fabriqué par le système et aussi lâche que ses maîtres sont pervers. Faut-il rappeler que les notions de gauche et de droite sont intrinsèquement perverses et ne se rapportent pas à la position occupée formellement à l'Assemblée par les clans des menteurs professionnels et corrompus. Sous un habillage terra-rénové, il est toujours sous-entendu que la gauche représente aussi la classe ouvrière (mais ne la nommez pas ainsi, elle n'est qu'une couche parmi d'autres) et la droite, la bourgeoisie, ou en tout cas sa partie la plus maléfique et antisociale, et sur le banc des ânes on trouve le FN des "crétins racistes blancs", découpés en racistes biologiques, racistes culturels et atteints de multiples phobies (NB : la notion de racisme culturel, nouvelle invention du CNCDH, est appelée à relayer l'invention de l'islamophobie dans la novlangue dominante).
Mieux, en période électorale plusieurs peuples s'affrontent: un peuple de gauche, un peuple de droite, un peuple multiracial, un peuple raciste, un peuple républicain, un peuple de chez nous, un peuple bien de chez nous. En 36 le peuple était populaire, ce qui était le plus sûr moyen de se foutre de sa gueule et de le préparer à la guerre "patriotique" et "unitaire". Aujourd'hui il y a un hic avec tous ces peuples français sans ou avec souche dont chaque escroc parlementaire revendique le patronage.

Franchement, alors que, comme jamais, des élections bourgeoises ne se sont jamais autant ridiculisées comme magouilles immémoriales des oligarchies politiciennes et corrompues de la bourgeoisie de gauche à droite et à l'extrême droite, que les parlementaires n'ont jamais été autant déshabillés concernant leur fond de commerce - bien que Fillon soit le seul à avoir rendu trois costumes - simples VRP des lobbies industriels et patronaux, il y a un « peuple » qui ne serait pas foutu de s'abstenir totalement de voter pour tous ces bandits complices des pires exploiteurs et dictateurs pétrolifères? L'intérêt électoral n'est maintenu que par une succession quotidienne de scandales d'opérette, sous la forme d'un apolitisme sentimental qui s'adresse plus aux « affects » du « peuple » qu'à sa raison politique.
C'est pourquoi j'ai jugé utile de rapprocher l'excellent placard anarchiste de naguère, certes dru et provocateur, qui stigmatise la bêtise du « peuple » et un Onfray, nihiliste confusionniste tout juste bon à ranimer les cadavres politiques (vénérables) Sartre et Camus. Là où Libertad tape juste sur l'inanité du « peuple » parce qu'il reste une notion vague et récupérable par tout politicien, Onfray s'enlise dans une défense pro domo d'une démocratie bourgeoise pure avec le gadget peuple3, au même niveau que ce pauvre Poutou, avec ses deux revendications radicales réformistes (zéro licenciement et police désarmée) qui fait tant rire dans les chaumières. Au même niveau que le candidat patriotique Mélenchon qui promet avec le petit racket écolo et une flatterie ethnique (voir plus bas) des millions d'emplois et des hausses de salaire à tous. Au même titre que Hamon qui, outre un salaire universel de misère, promet de faire battre « le cœur de la France » multiconfessionnelle. Tous ces candidats à la monarchie républicaine ont un point commun : sauver leur place à la tête de la patrie nationale (indépendamment de la baisse du taux de profit) et promettre de raser gratis. Certains regrettent une gauche éclatée (qui promet d'engraisser encore le mammouth « peuple »), mais en ordre de bataille cacophonique pour laisser la place à une « relève » mal en point, soucieuse de cette curieuse « dette » - qui nous serait commune et dont le « peuple » devrait être redevable à l'entité européenne – avec deux candidats cabossés : bandit Fillon et banquier Macron qui sont aussi éloignés des besoins du prolétariat que la Guyane est éloignée des ambitions des alternants de gauche et de droite et de leur centre ou extrémités.
Hier soir, à Lille, Hamon et sa tutrice Aubry étaient unis par les « liens du dézingage » comme le déplore Libé-Rothschild, journal résolument de gauche et antiraciste, face à la «scandaleuse » trahison de Valls : « Benoît Hamon a bien tenté de faire comme si de rien n’était. De consacrer, comme prévu, l’intégralité de son - long - discours de Lille à démonter les «impostures» du Front national. Entre Martine Aubry et le candidat socialiste, les rôles avaient même été répartis avant le meeting: à lui le combat contre l’extrême-droite, à elle le torpillage en règle de Manuel Valls et Emmanuel Macron, ses deux ennemis préférés du quinquennat. Mais, l’occasion de taper sur les «traîtres» devant 5000 personnes - selon l’équipe de campagne du socialiste - était trop belle ». Or l'anti-traître Hamon donnait une image peu honorable de Blanche-neige : flatteries égocentriques aux pires politiciens de la gauche bourgeoise depuis 40 ans, du nullissime Mauroy au roi des magouilleurs Mitteurand, à ce triste cénotaphe de « programme commun » et aux lamentables juin 36 et mai 81, toute la scénographie de base qui sert de bouillon de culture au moindre bobo prof de math dans les quartiers mixtes.

LAVER PLUS « ANTI-PARTI »

A y regarder de plus près la « trahison » de Valls, ne soutenant que par antifâchisme4 le banquier arriviste Macron « en démarche », il n'y a rien de choquant sinon une remise en cause du boulet au pied du petit Hamon : la remise en cause de ce qui est de plus en plus impopulaire chez « le peuple » : l'esprit de (collusion) de parti !5 La partition est, plus que la mise en cause des mythologies de la gauche et de la droite, une dénonciation « des partis », ce qui est pourtant depuis longtemps constitutif de la boutique « populiste » FN ; qui n'est pas un parti mais une oligarchie familiale et népotiste en diable. C'est aussi ce qui est constitutif de la mouvance « en marche » du petit Macron. C'est ce qui est constitutif de l'obstination du Fillon, mais en conservant sa propre mafia : tous les partis, tous les juges et tous les journalistes « sont contre moi et mon seul programme pour honorer la dette » (sauf la mienne et celle de Pénélope6). Donc on est toujours un peu dans une ambiance trumpiste pour ne pas dire trompeuse, et les mains dans le cambouis avec cette affaire de cabinet noir qui ne pue pourtant pas autant que ce qu'on nous balance chaque jour en francovision pour flatter « le peuple » démagogiquement et en alignant ses besoins métaphoriquement sur les seuls intérêts de la bourgeoisie.

On ne doit pas s'étonner de l'aspect saignant de la bagarre et de la série de meurtres entre amis (parlementaires et démagogiques), Mitterrand pour garder le pouvoir n'avait pas hésité à exiger de faire paraître à la télé papy Le Pen, ni à rétablir la proportionnelle pour empêcher la droite de revenir à la mangeoire et au bercail de tous les privilèges. Une faction bourgeoise quelconque qui a passé du temps au pouvoir n'est pas disposée à en abandonner les privilèges. Que le coup contre Fillon ait été monté par les juges hollandais ou le clan Sarkozy, le fond de la question n'est que le cabinet des ambitions inassouvies : la « gauche au pouvoir » ne consent pas à le lâcher (le pouvoir), quitte à mettre en danger la gestion capitaliste de la France, d'où la féroce bagarre pour coller à Macron et laisser le passif de l'exploitation des prolétaires sur le dos des navrants porteurs frondeurs de l'étiquette PS, lequel s'en remettra même en changeant de nom ; avec la complicité de Mélenchon plus intéressé à marquer la médiacratie de son ego de fort en gueule, resucée pitoyable d'Arlette, mais utile pour gratter un peu du terrain patriotique de Marine-Muriel Robin7.

Rien ne laisse augurer d'une vraie confrontation (pas un débat avec des bourgeois) dans la dernière ligne droite de cette bataille de coqs hâbleurs sur les avantages de la fonction régalienne des élus et de l'impossibilité de les contrôler TOUS même juridiquement, en réalité (comme le démontre par devers lui « l'escroc Fillon »)... Inenvisageable, interdit, accessoire de corriger non le manque mais la perte de confiance, reconnue par tous avec morgue (et alors? comme a dit l'autre), et tous parlent d'autres choses, du théâtre des ombres maléfiques : le fascisme (populistissime) qui vient, le racisme (de droite) face à l'antiracisme (de gauche), la nation qui travaille, la nation qui paye ses impôts, la cinquième puissance du monde, l'avenir de « nos enfants », etc. L'abolition des privilèges parlementaires et des fonctions régaliennes n'est possible que par une révolution violente, du prolétariat et pas du peuple.

LE COMBAT ETHNIQUE ENTRE LA DROITE ET LA GAUCHE

La droite « droguée aux faits divers » (jeu de mots préparé par le staff de Hamon) s'adresse au peuple qui craint l'envahissement immigré, ou qui s'étonne du laxisme de la gauche face aux voyous et de ses bizarres « bras ouverts » (jamais elle ne lui reproche le 49-3!). Cette crainte n'est pas légitime, elle est raciste selon les ténors de la gauche frondeuse et résolument oppositionnelle ; la fonction des Hamon-Mélenchon sert à faire passer l'antiracisme pour un internationalisme – pour les couches bobos - au milieu d'une sauce artisanale écolo antinucléaire et reste incrédible pour que la bourgeoisie les laisse accéder au pouvoir et pour que l'immense majorité des prolétaires adhèrent à leurs fanfreluches idéologiques. Par défaut du Fillon craignos, le petit minet Macron apparaît plus malléable et caméléon recyclable aux exigences fiscales pour le retour des riches et honorer la dette permanente vis à vis de l'Allemagne8 ; bernique lui aussi il n'aura pas non plus le vote des ouvriers qui n'ont pas oublié qu'il est l'auteur du 49-3. Quoique Fillon, pourri jusqu'à la moelle, soit le principal candidat du MEDEF, et pouvant créer encore la surprise – l'électeur devient lui aussi immoral quand la politique ne peut plus être morale – il n'y a guère de choix autre que ce minet en costard cravate, pantin sorti lui aussi d'une certaine banque comme Pompidou, avec d'énormes revenus, certifiés propres et dont le poste d'aristo-président signifierait une baisse de revenu ! Le banquier honnête se sacrifiant pour « son pays » !

A un autre "peuple" elle s'adresse la gauche « frondeuse » - qui n'a que le tort de vouloir régénérer trop tôt la « pensée de gauche » après cinq années d'attaques, non pas contre les richesses bourgeoises, mais contre la classe ouvrière; elle a surtout recours sur le terrain (gares, métros, marchés) à un tractage intense très « démagogie ethnique ». On se souvient des déclarations torpides, l'an passé, du député de Trappes (ville multiconfessionnelle à dominante islamique) le ti'Hamon qui avait récusé l'interdiction (voilée médiatiquement) de la fréquentation des bistrots par les créatures du diable (les femmes), expliquant à propos d'un milieu qu'il ignore et méprise :  « Historiquement, dans les cafés ouvriers, il n'y avait pas de femmes ». Jamais en manque pour exciper l'origine d'une partie de ses électeurs, flattant plus leur origine que leur statut social, croyant conjurer le destin d'un petit cul oppositionnel, Hamon en rajoute régulièrement par son soutien au footballeur véreux Benzema. Un site islamiste se charge ensuite de sa campagne de la dernière chance.

Sur le site Oumma sont reproduits les soutiens aux candidats « frondeurs » qui veulent devenir grands : « B.Hamon défend Karim Benzema, victime de discrimination car musulman », « le candidat Montebourg choisit Sihem Habchi comme porte-parole », « Arnaud Montebourg parle de ses origines algériennes », « A.Montebourg « le burkini, c'est subalterne ». « Arnaud Montebourg, il n'y a pas de français de souche ».
Après l'idiot utile Cantona qui avait assuré que « Deschamps a cédé à une partie raciste de la France », on lit : « Une partie des Français issus de l’immigration maghrébine ressent les non-sélections de Benzema, Ben Arfa et Nasri comme un signal d’exclusion, voire de stigmatisation. « Les boucs émissaires ont toujours les mêmes têtes », a ainsi relevé le député PS de Trappes Benoît Hamon »9. Aucune chance que ce racolage électoral lui permette de l'emporter comme cela avait été le cas pour Hollande en 2012, mais après cinq ans de purge gauche bourgeoise, les prolétaires d'origine maghrébine ont de bonnes raisons de faire à nouveau plus confiance à Allah qu'à Ducon président de la République. « Divide et impera », divise pour régner disait ce bon Machiavel.
Mélenchon dans son discours hyper régionaliste au Havre nous fît du Zola mâtiné d'ouvrier moderne boboïsé, un numéro de cirque mégalo bien rodé exaltant, à la manière des élus crétins du PCF d'antan, les mains calleuses « qui ont un cerveau »10 et posant à celui qui informe sur les pue-la-sueur et sans-grades « ignorés par les médias » ; or ces sans-grades peuplent les émissions pipoles où les crétins animateurs se gaussent de leur bête exhibitionnisme par des questions plus débiles les unes que les autres lues sur des fiches qui disposent des bonnes réponses pour le meneur de jeu inculte lui-même. Mais sur le terrain la réclame est aussi ethnique que son compétiteur malheureux Hamon, voir ma photo ci-jointe sous le pont du métro Laplace où, en vignette, un certain Djamel Arrouche, certifie par son sourire que le bateleur en chef du peuple veut bien le vote « arabe » mais pas prolétaire et de « prendre le pouvoir » "en commun" trente secondes pour le lui confier.






Or de tout ce cirque, de toute cette défense de la légalité et de la propreté des juges nous nous foutons :
« Or, la société ne repose pas sur la loi : c'est une illusion juridique. Elle doit plutôt être l'expression, opposée à l'arbitraire individuel, des intérêts et besoins communs de la société, tels qu'ils découlent du mode matériel de la production existant à chaque fois. Ainsi, le Code Napoléon que je tiens en main n'a pas engendré la société bourgeoise. La société bourgeoise, née au XVIIIe et développée au XIXe siècle, trouve bien plutôt simplement une expression légale dans ce Code. Dès que celui-ci ne correspond plus aux conditions sociales, ce n'est plus qu'un chiffon de papier. Vous ne pouvez faire de vieilles lois le fondement d'une évolution sociale nouvelle, pas plus que ces vieilles lois n'ont créé les anciennes conditions sociales. Issues de ces vieilles conditions sociales, elles doivent disparaître avec elles. Elles changeront nécessairement avec les conditions d'existence changées. Vouloir maintenir les anciennes lois envers et contre les exigences et besoins nouveaux de l'évolution sociale revient, au fond, à maintenir hypocritement des intérêts particuliers inactuels contre l'intérêt général actuel.
Défendre le terrain légal, c'est chercher à faire passer ces intérêts particuliers pour les intérêts dominants, alors qu'ils ne prédominent plus ; c'est chercher à imposer à la société des lois condamnées par ses conditions d'existence, par son mode de travail et de distribution, sa production matérielle même ; c'est tenter de maintenir en fonction des législateurs qui ne poursuivent plus que des intérêts particuliers, en abusant du pouvoir politique d'État pour mettre, par la force, les intérêts de la minorité au-dessus des intérêts de la majorité. Elle se met donc, à tout instant, en contradiction avec les besoins existants, freine le commerce et l'industrie, et prépare les crises sociales qui éclatent en révolutions politiques »11.
La réfutation du juridisme bourgeois et de leur légalité par Marx est toujours aussi valable, et leur remise en cause contenue dans l'indifférence au massacre électoral et à la progression de l'abstention pourront contribuer aux futures crises sociales, mais guère au moment électoral actuel où, comme de coutume, la bourgeoisie contrôle totalement le terrain par son bourrage de crâne intensif.
La tentation est grande de se moquer de ce peuple indifférencié qui élit des escrocs de tout bord ou qui espère que l'un d'eux est moins pire, et de mépriser un prolétariat inexistant. Il ne sert à rien de mépriser le prolétariat puisqu'il n'existe pas sur ce plan mystificateur, sauf comme catégorie pré-découpée : les cols bleus, les couches moyennes, les migrants et immigrés. Pas de souci donc, le prolétariat ne pouvant pas s'exprimer – le mode d'élection trafiqué pour calibrer un clientélisme de couches hétéroclites soumises à une classe dominante – n'est pas sa tasse de thé ni son mode de fonctionnement. Puisqu'on lui rabâche qu'il n'est rien, il veut bien rester rien dans cette foire d'empoigne entre escrocs. Pour le moment.
Essayons d'expliquer le subterfuge du peuple électoral et sa vacuité comme entité démocratique, quand contrairement au peuple indifférencié, le prolétariat ne vote pas.


LA NOTION de Prolétariat CHEZ MARX contre la bouillie d'Onfray


C'est triste à constater, mais même chez certaines factions trotskiennes ont trouve une problématique très proche de la réalité des mutations idéologiques que le milieu maximaliste est impuissant à appréhender depuis son effondrement et avec sa dispersion actuelle en individus et cercles académistes ; par exemple voici ce qu'on peut lire de lucide dans Revue de critique communiste par une certaine Isabelle Garo : «La question européenne a relancé les débats, au sein de la gauche radicale, sur l’internationalisme. S’est progressivement affirmé en son sein la nécessité de repenser un internationalisme concret, refusant l’alternative ruineuse entre le nationalisme raciste porté par l’extrême droite et l’internationalisme du capital incarné par l’Union européenne, mais renonçant également aux facilités d’un internationalisme abstrait. Celui-ci postule notamment que seraient résolues, en raison même de l’internationalisation du capitalisme, les questions stratégiques de l’articulation des espaces – locaux, nationaux et internationaux – dans la définition d’un projet de rupture anticapitaliste, et de l’appartenance nationale du prolétariat ». (cf. Le peuple chez Marx, entre prolétariat et nation).
On peut être d'accord avec ça : « La question du peuple chez Marx est une question complexe, en dépit des thèses tranchées qu’on lui prête volontiers sur ce sujet. Au premier abord en effet, on a tendance à penser que Marx construit la catégorie politique de prolétariat précisément contre la notion classique de peuple, trop englobante et surtout trop homogénéisante, qui gomme les conflits de classe. En ce sens, la notion de peuple serait illusoire, voire dangereusement illusionnante lorsqu’elle est politiquement instrumentalisée.Pourtant, si Marx se défie bien de toute conception organique du peuple, il reprend le terme à plusieurs occasions et, en particulier, pour penser les luttes nationales de son temps, lorsqu’elles visent à conquérir l’indépendance contre des puissances colonisatrices ». Et aussi avec ça : « Il faut rappeler que l’apparition de la notion de prolétariat est ancienne. Dès l’origine, elle désigne non le peuple mais une fraction du peuple, fraction caractérisée par sa situation sociale. Cette situation peut-être définie de deux façons distinctes : soit comme dénuement et pauvreté ; soit comme situation d’exploitation et de domination, si l’on analyse un mode de production et donc une fonction sociale active, non pas seulement un statut économique subalterne. On peut dire, schématiquement, qu’avec Marx, le terme va transiter irréversiblement de son premier vers son second sens ». Et avec ça aussi : « La question du peuple chez Marx est une question complexe, en dépit des thèses tranchées qu’on lui prête volontiers sur ce sujet. Au premier abord en effet, on a tendance à penser que Marx construit la catégorie politique de prolétariat précisément contre la notion classique de peuple, trop englobante et surtout trop homogénéisante, qui gomme les conflits de classe. En ce sens, la notion de peuple serait illusoire, voire dangereusement illusionnante lorsqu’elle est politiquement instrumentalisée ».
Or, au lieu de vraiment approfondir comment la bourgeoisie a détourné l'internationalisme (avec cette curieuse défense oecuménique des migrants) on nous ressort le Marx élimé des libérations nationales et le tout encore et toujours dans le cadre national ; les trotskistes ne peuvent penser la révolution que dans ce cadre ? Leurs factions les plus admises dans le pouvoir médiatique, LO et NPA, se présentant au niveau national et proposant des réformes dans le cadre national et enfin à la faction de gauche la plus pourrie au terme du parcours électoral, ne permettent pas de penser ni l'internationalisme, ni de le différencier du catéchisme secouriste ni de réellement orienter politiquement l'ensemble du prolétariat. Malgré de bonnes citations12.
Il nous faut revenir sur ce pauvre nihiliste d'Onfray pour voir le ridicule de la notion de peuple opposé au populicide Marx. Le penseur favori de l'hebdo bourgeois pro-US Le Point renvoie Furet et Aron au musée de la machine à écrire et du porte-plume :
«... en ennemis du Peuple si souvent présentés comme des amis, on retrouve : le socialisme marxiste, passionné par le Prolétariat, idole nouvelle, mais peu soucieux du petit peuple, voire du grand Peuple ; le marxisme soviétique et les fascismes européens, dévots du Parti, grosse machine à broyer le Peuple ; la social-démocratie socialiste européenne, à genoux devant le Marché que sert à merveille la dernière mythologie à la mode, l’Europe… ; enfin la République Française, populicide en diable à l’aide d’un certain nombre d’intellectuels organiques, mais aussi et surtout de ses Institutions, vaste dispositif populicide… Le Prolétariat, le Parti, le Marché, l’Europe, les Institutions, voilà les outils de l’abolition du Peuple, les instruments de sa scotomisation, les appareils populicides par excellence… (…) (Marx) , paradoxalement, contribue à l’oubli du peuple qu’il n’aime pas. Les mots les plus violents servent à stigmatiser les paysans : incultes, abrutis, égoïstes, accrochés à leur petite propriété, contre-révolutionnaires. L’artisan, comme le paysan, procède partiellement du monde bourgeois en tant qu’il possède son champ ou son atelier, dès lors, Marx en fait des empêcheurs de révolution. Ne parlons pas du sous prolétariat pour lequel il nourrit une véritable haine – il en parle avant l’heure comme de « racailles »…(...) Dans la réalité, le Parti devient l’occasion de cristalliser cette élite prolétarienne qui va former la nomenklatura lorsque les révolutionnaires auront conquis le pouvoir – à l’aide du peuple qui fournit les forces vives, la puissance du flux et son génie colérique. Une fois de plus le Peuple se trouve écarté, éliminé. La dictature du prolétariat proposée dans le Manifeste du parti communiste contient une aporie que Bakounine soulève avec raison : dictature, certes, mais de qui sur qui ? Dictature du prolétariat sur le prolétariat ? Ou dictature de l’avant-garde éclairée du prolétariat, autrement dit le Parti, sur le restant de la classe ouvrière puis du peuple dans sa totalité ? Bakounine prédit au marxisme cette dérive – la suite lui donna malheureusement raison »13.


Onfray n'est qu'un énième bateleur de la foire électorale bourgeoise sous un vernis critique : « La mathématique électorale est une machine de guerre peu soucieuse de démocratie, et toute entière tendue vers la construction d’une force dite majoritaire : j’ai nommé la souveraineté . (…) Pour sembler efficace, l’algèbre électorale se double d’une géométrie des circonscriptions électorales. Le taillage dans le vif de la Nation de lambeaux tarabiscotés, des formes extravagantes, de zones abracadabrantes, permet d’annuler la force du Peuple en lui préférant la dynamique construite de manière extrêmement précise par les tenants du pouvoir qui découpent des circonscriptions pour obtenir leurs variables à même d’être ajoutées pour produire un résultat attendu. Un peu d’aléatoire, pour laisser un peu de suspens, consentir à un volant possible, ne pas montrer qu’on a vraiment fabriqué la machine électorale pour faire gagner les gens en place, et l’on nommera ce tour de passe-passe exercice de la démocratie. Pour preuve de la perversion de ce système qui efface le Peuple et révèle les Notables qu’elle y substitue, il suffit de constater que dans une République qui se prétend telle, un candidat arrivant deuxième dans une consultation présidentielle au premier tour peut se retrouver, une fois le second tour et les deux scrutins législatifs passés, sans un seul député à l’assemblée nationale et au sénat… »14.
Onfray peut s'agiter en tout sens sa démonstration ne vise qu'à prétendre améliorable un système vérolé – il n'évoque même pas le député qui change de parti en cours de route et qui reste en fonction – et il peut continuer à s'arracher aussi vainement les cheveux parce qu'il reste coincé dans la notion creuse de « peuple » et une impuissance à comprendre le fonctionnement machiavélique de la classe dominante ; et est-ce que la classe dominante fait partie de ce « peuple » ?
La parole au peuple « réel » serait confisquée par la Synarchie, le peuple privé de « démocratie véritable » et « les Partis politiques, les Institutions politiques, le personnel politique dissimulent souvent sous leur aspect policé, civilisé, une jungle des plus brutale ». Mais quel est ce peuple que nous vante Onfray ? Les couches paysannes, commerçantes, les agences de voyage, les habitants du quartier, les amis de la nature, les corses et les migrants, les élus et les non élus, les intelligents et les idiots, les philosophes et les maçons ? C'est le « peuple oublié » pire que les politiciens et partis qu'il semblait dénoncer, qui, lorsqu'il se met en colère, est fâchiste :
« Cet oubli du Peuple génère un refoulement, ce retour du refoulé produit à son tour de réelles forces sombres qui, pour le coup, incarnent réellement la démagogie et le populisme. Mais comme on a beaucoup crié au loup, à tort et à travers, lorsque la bête est là, on se trouve démuni. Une étincelle suffit alors, car le cri du Peuple longtemps abruti, tout aussi longtemps négligé, méprisé, oublié, peut aussi devenir la pire des choses… ».
Encore un philosophe qui aurait besoin de se faire soigner, pas plus clairvoyant qu'un gauchiste lambda ou un lycéen anar. Ce citoyen anarco-égaré rejoint lamentablement, après de longues digressions ampoulées, la noria d'écolo-bobos de quartier, vieux hippies de la rénovation de la vie urbaine mais quotidienne, hors période électorale, qui ont confondu révolution et contre révolution, premiers bolcheviques et tueurs staliniens, et qui veulent inventer des formes superficielles alternatives à la comique alternance bourgeoise pour « sauver la terre », aussi laissons nous répondre notre vieil ami Dangeville :
« Dans sa plaidoirie devant la cour d'assises de Cologne, Marx développe le postulat fondamental du socialisme scientifique : « La révolution n'est pas une question de forme d'organisation, mais une question de force », qui résume toute la supériorité du socialisme scientifique sur les premiers balbutiements de l'utopisme (et toutes ses formes ultérieures, plus ou moins avouées). En effet, c'est une utopie de croire qu'il faut réaliser d'abord un modèle d'organisation, par exemple, de la production (coopératives, cellules d'entreprise, conseils de fabrique) ou de relations humaines (dans le parti ou la société), afin de l’étendre progressivement au reste de la société : cette conception rejoint le réformisme et abandonne le terrain de la violence révolutionnaire de classe.
Cette formule de Marx implique toute une vision matérialiste du développement économique et politique de la société sur la base de grandeurs ou masses physiques qui évoluent sans lois abstraites a priori, d'inspiration finalement divinisées (justice, égalité, démocratie, souveraineté de l'esprit ou de la raison dans le peuple, le roi ou le chef), mais d'après les besoins de leur vie et de leur développement. (…)
(…) Les procès contre les bolcheviks au cours de la contre-révolution stalinienne relèvent de la même idéologie hypocrite, appliquée aux révolutionnaires par un adversaire qui prétend revendiquer l'héritage de la révolution bolchevique. D'où tous les mensonges et mystifications qui font apparaître aujourd'hui le parti comme un moyen de coercition dirigé contre les militants eux-mêmes, bref un appareil monstrueux et diabolique qui se retourne contre ses propres auteurs (en fait, la contre-révolution a liquidé, avec des moyens insidieux, la grande révolution de 1917 et son acquis).
Aux yeux du marxisme révolutionnaire, la vie de la III° Internationale comporte une autre leçon, à savoir que la « terreur idéologique » au sein du parti est non seulement nocive, mais encore inutile du point de vue de la révolution. Alors que la doctrine communiste se diffuse du fait qu'elle correspond aux brûlantes réalités sociales, cette malheureuse méthode consistait à vouloir remplacer ce processus naturel et organique par une catéchisation forcée : c'est ainsi que des éléments récalcitrants et égarés, soit pour des raisons plus fortes que les hommes et le parti, soit à cause des imperfections mêmes du parti, furent publiquement humiliés et mortifiés en congrès, sous les yeux de l'ennemi de classe, même quand ils avaient représenté le parti et dirigé l'action révolutionnaire dans des épisodes politiques de portée historique. Imitant la méthode chrétienne de la pénitence et du mea culpa, l'Internationale prit l'habitude de contraindre ces éléments à une confession publique de leurs erreurs, le plus souvent en leur promettant plus ou moins de retrouver par ce moyen d'importantes positions dans les rouages de l'organisation. Un moyen aussi philistin et parfaitement conforme à la morale religieuse n'a jamais amendé aucun membre du parti, ni protégé le moins du monde ce dernier contre les menaces de dégénérescence. Au contraire. Lorsque le parti s'achemine vers la victoire, l'obéissance des militants est spontanée et totale, mais non aveugle et forcée : la discipline centrale répond à la cohérence entre les fonctions de la base et du centre avec leur action et leur programme, et aucun dressage bureaucratique, aucun volontarisme antimarxiste ne peut s y substituer si elle fait défaut. Dans les terribles confessions auxquelles furent réduits les grands chefs révolutionnaires avant de disparaître dans les purges de Staline, comme dans toutes les palinodies qui accompagnent les tournants ultérieurs du communisme dégénéré russe, chinois, etc., les autocritiques sont une méthode contre-révolutionnaire, d'ignobles absurdités inutiles et hypocrites que la méthode (bigote et bourgeoise) de la réhabilitation n'efface évidemment en rien. C'est par l'abus croissant de telles méthodes que la dernière vague de la contre-révolution est parvenue à brouiller jusqu'aux yeux souvent même des révolutionnaires, la vision de la lutte et des méthodes communistes. En effet, c’est en agitant le vain et vide recours démocratique, la consultation des volontés de la base du parti, que certains opposants pensèrent sauver le processus révolutionnaire, dicté par les rapports de force, comme si l'adversaire triomphant se laissait impressionner et arrêter par des bulletins de vote dans sa course où lui-même est poussé par des forces sociales et économiques toutes matérielles »15.






« Si la classe ouvrière conspire (elle qui forme la grande masse de toute nation, elle qui produit toute richesse, et au nom de qui les puissances usurpatrices prétendent régner), elle conspire publiquement, tel le soleil qui conspire contre les ténèbres, avec la pleine conscience qu'en dehors d'elle-même il n'existe pas de pouvoir légitime. » (Karl Marx, Proclamation du Conseil Général de l'AIT, 3 mai 1870.)


NOTES 
2Michel Onfray, «Réflexions sur le Peuple», Les cahiers psychologie politique [En ligne], numéro 26, Janvier 2015. URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=2939
3Aux côtés d'un autre cuistre, Frédéric Lordon qui défend la bêtise des peuples dotés de « blocs d'affects » (!?) : «  Le rapport entre la croyance monétaire allemande et les blocs d’affects de certains autres peuples européens est en train d’atteindre ce seuil ».
4L'antifâchisme reste le fonfond de commerce de tous les champions de la gauche éclatée, et éclatante de promesses intenables, du rude Vals dégagé au Hamon aubriesque et au minet Macron simiesque ; mais franchement ne sont-ils pas, au fond (sic) simplement tous des démagogues populistes, au sens immémorial du tribunisme politicien ?
5Valls ne signifie pas l'éclatement du PS contrairement aux émois des journalistes, mais le maintien du parti éléphantesque ou sa refondation avec les mêmes comme le chuchote Boutih, pour les législatives où la défaite annoncée du petit frondeur ne lui laissera pas les clés de l'oligarchie PS qui n'a pas adhéré aux facéties utopiques du RU ni à la mélasse écolo avec ralliement à la virago Duflot et à sa noria de profs bobos fumeurs de hasch et commerciaux du chauffage alternatif.
6Les commentaires sur l'organisation du procès organisé au millimètre par les tout puissants magistrats, fiers qu'on s'intéresse à eux et qu'on les fasse passer pour le cinquième ou sixième pouvoir, confient au vaudeville, BFMacron s'interrogeant sur une situation inédite dans le monde : un président élu (immunisé) et sa femme en prison. Et bien tant mieux, celui-là n'aurait pas besoin d'un scooter...
7Que Muriel Robin, que j'aime bien, ne m'en veuille point, mais j'ai simplement constaté que la démagogie électorale de la fille Le Pen consistait à bâtir ses discours d'estrade comme des sketchs de café-théâtre, où, typique de la mentalité d'extrême droite, on fait se gausser le public sur une moquerie des personnes, à défaut d'avoir un quelconque programme politique (et bourgeois) crédible, quoique assez ouvriériste xénophobe : la retraite à 60 piges et les étrangers (lesquels?) dehors !
8Curieusement sa bande « en démarche » évite de faire trop de pub à ses « cars Macron », record battu pour les accidents collectifs et les salaires à la baisse.
9Beaucoup de coupes de cheveux ridicules chez les footeux de nos jours, mais certains donnent des bâtons pour se faire fesser. Tiemoué Bakayoko affichait une coupe très imam en short EDF lundi:longue barbiche pointue et cheveux blanchis en couronne façon calotte musulmane. Provoc vestimentaire ? On avait bien demandé à Griezmann de raser sa moustache car on aurait dit un petit Hitler courant après le ballon. Verra-t-on bientôt des footballeurs courir en djellaba ?
10Des enquêteurs sociologues semblent déplorer , comme le nihiliste Onfray, qu'il n'y ait plus d'ouvriers au parlement et chez les élus divers de base ou du milieu de la topographie politicarde. La belle affaire, la dernière fois qu'il y en eût ce n'étaient que crétins incultes suivistes des désidératas staliniens. Autant qu'il n'y en ait plus pour légitimer cette enceinte de la corruption. Poutou, qui n'est pas un imbécile, perpétue la niaiserie de l'ouvrier inculte surtout par les slogans idiots de la secte NPA. Demain, si cette putain de révolution a lieu, elle supposera des élus (provisoires et éjectables) indépendamment d'un CV d'ouvrier borné. De même la critique de l'absence de proportionnelle est sujette à caution, car son application confirmerait... la bêtise du peuple (et la confirme tout en étant évitée pour l'instant, mais utile comme Mitterrand lorsqu'il la rétablit pour empêcher la droite de revenir au pouvoir) : faut en tenir une couche pour voter pour le gang d'incapables et de brutes du FN ! Mais les protestataires sont les produits de la propre escroquerie du système démocratique bourgeois.
11https://www.marxists.org/francais//marx/works/00/parti/kmpc037.htm
12 « Dans la formation d’une classe aux chaînes radicales, d’une classe de la société civile qui ne soit pas une classe de la société civile, d’un état social qui soit la dissolution de tous les états sociaux, d’une sphère qui possède un caractère d’universalité par l’universalité de ses souffrances (…), qui ne puisse plus se targuer d’un titre historique mais seulement du titre humain (…), d’une sphère enfin qui ne puisse s’émanciper sans s’émanciper de toutes les autres sphères de la société et sans émanciper de ce fait les autres sphères de la société, qui soit, en un mot, la perte totale de l’homme et ne puisse donc se reconquérir sans une reconquête totale de l’homme. Cette dissolution de la société réalisée dans un état social particulier, c’est le prolétariat ».

13Onfray, nihiliste bakouniniste, ne connait ni la longue histoire du combat de la Gauche communiste, de ce maximalisme qui, depuis Rosa, a combattu la contre révolution au nom des masses, d'un parti ne se substituant pas aux masses et en fait, comme Furet et tous les autres ex-staliniens, il reprend les arguments des anciens staliniens qui se croient blanchis. Et comme base de son mensonge il n'a pour appui que ce crétin de Sartre passé du stalinisme au maoïsme : « Quand entend-t-on parler du Peuple la dernière fois en philosophie ? Probablement en 1960 lorsque Sartre publie sa Critique de la raison dialectique et qu’il fait briller de ses derniers feux les grandes vagues molaires de l’Histoire ».
14Et de pleurnicher sur la surrepréSeNtation du PCF, et l'absence de chauffeurs de taxi et de prostituées au parlement et l'absence de reconnaissance du vote blanc, obsession du démocrate citoyen et altermondialeux.
15https://www.marxists.org/francais//marx/works/00/parti/kmpc037.htm