"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 26 janvier 2017

La petite bourgeoisie ne veut pas tomber dans le prolétariat


Salafiste serviable et bobo en terrasse
La mixité compartimentée des bobos multiculturels et la classe ouvrière imputrescible

« Même au moment où il n'y a pas une lutte de classes déclarée, il y a lutte de classes latente, par le fait que, dans une hiérarchie il faut que les rangs les plus élevés maintiennent leur position... ». Maurice Halbwachs (cité par Louis Chauvel, p.156)
On ne m'enlèvera pas de la tête l'idée que les sociologues les plus dérangeants se gardent d'en référer aux sources de leur radicalité1, masquant ce qu'ils doivent aux tréfonds, méconnus du public,
du maximalisme ; Michéa n'en a pas tout assimilé et se gargarise avec des notions confusément libérales comme « le peuple », Clouscard et Lasch, comme Guilluy, ignorent la notion de prolétariat, et compatissent accessoirement à un milieu rural irrécupérable2. Sauf que nous les maximalistes n'avons pas besoin de savantes analyses sociologiques ni de grèves à répétition (qui ne sont jamais des hydres de révolution contrairement à ce qu'en disait Lénine) pour affirmer l'existence, la force et l'importance du prolétariat, il suffit de noter les chiffres du taux de profit mondial, et qu'il constitue la moitié de l'humanité. La classe ouvrière ne meurt jamais.

En tout cas ces auteurs, considérés comme iconoclastes, peuvent faire impression à celui qui les découvre pour la première fois. Pourquoi ? Parce qu'ils prennent la pose, la pose de l'auteur qui SAIT, qui combat le monde entier, la pose du chef de parti, même sans parti, même sans avoir été chef ni sous-chef de parti. Mieux encore, l'auteur radical oublie de mentionner qu'il lit en cachette des écrits révolutionnaires sans lesquels il n'aurait pas osé mettre en cause telle ou telle doxa dominante. J'excepterai quelques vrais géographes et des statisticiens qui, comme Michèle Tribalat, avec une démarche rigoureuse, de type scientifique, sont amenés à traiter sur des données brutes, non maquillées, sur la composition des populations, ethnicité et classes sociales, et qui sont donc amenés, forcément, à confirmer le fond de l'argumentation marxiste du maximalisme face aux fables du « vivre ensemble » et de la « paix armée » entre catégories sociologiques illogiques.

Guilluy, qui lance son pavé « Le crépuscule de la France d'en haut » (chez Flammarion) – 3 le patronat, ils occupent les emplois des secteurs stratégiques du CAC 40 ; pourfendeurs de l'idéologie dominante, ils fabriquent l'essentiel du discours médiatique et culturels... ». Il y adéjà un hic, ils ne pourfendent pas l'idéologie dominante, ils sont celle-ci !
lamentation pour une France « périphérique » et non pas dénonciation de la dissolution programmée de la classe ouvrière - espérait bien en faire un best-seller, tout en étant sagement réformiste dans ses conclusions finales. Mais, prenons-le en cours de route. Il nous dit que la bourgeoisie : « … a compris que la défense de ses intérêts ne passait pas par la lutte des classes, mais au contraire par le brouillage des classes » (p.26). Mais ce constat n'est pas une nouveauté. Voyons-en plutôt la spécificité de cette bourgeoisie soi-disant « antithèse de celle d'hier ». Paris est la ville bobo par excellente et la première fédération du PS, avec 40% de cadres : « Contestataires de salon de l'économie mondialisée, les bobos parisiens occupent la partie haute de l'échelle des salaires ; contre (tout contre)

L'auteur utilise une technique un peu facile de généralisation pour scandaliser, en opposant l'enrichissement des cadres supérieurs à la baisse du niveau de vie des employés et des ouvriers, alors qu'un autre auteur, Louis Chauvel, explique qu'une partie des cadres est aussi touchée par la paupérisation. Mais il ne faut jamais trop plaindre les cadres en général, ils disposent en général de pensions de retraite presque trois fois supérieures à celles des ouvriers. Guilluy ne nous explique pas que sans « encadrement » qui ferait marcher l'exploitation de l'homme par l'homme ?
Par contre il tape juste sur la bien-pensance néo-chrétienne de l'élite dominante – tolérante, bienveillante et altruiste- pour « les plus faibles » - comprenez non pas les ouvriers mais les immigrés : « cette compassion (…) est d'autant plus facile qu'elle s'adresse le plus souvent à des catégories populaires immigrées où le rapport de classes est court-circuité par les différences culturelles des catégories populaires immigrées qui ne remettent pas en question la domination sociale de la nouvelle bourgeoisie ».
Comme géographe Guilluy met en évidence l'hypocrisie de la gentrification, un parc de logements au centre ville pour ceux qui « ont les moyens », et un parc de logements réservé aux flux migratoires d'où sont exclues ce qu'il appelle les « classes populaires traditionnelles » (euphémisme qui lui évite de nommer le prolétariat). Le constat est percutant de vérité sur le clivage introduit par la bourgeoisie grande et petit bobo néanmoins : « La ville mondialisée a besoin de catégories supérieures qualifiées et d'exploiter à la marge des catégories populaires immigrées, voilà tout ». Il ne précise pas qu'il y a encore suffisamment d'immeubles vétustes au centre des villes qui comptent, pour y loger la nounou noire et la bonne arabe, sans qu'elles soient toujours reléguées à la Courneuve ou à Bagneux : « Les immigrés dans le parc très social de banlieues, les key-workers dans le parc social intermédiaire de la ville-centre : la bourgeoisie libérale des métropoles sait se faire étatiste quand ses intérêts sont en jeu »4.

Au niveau de l'expression politique publique, l'effacement de la classe ouvrière est ...criant : un baromètre de la « diversité » du CSA a noté que 57% des cadres supérieurs parlent à la télé contre 2% des ouvriers, sans préciser que les ouvriers sont convoqués dans les émissions les plus débiles. Bah tout le monde a fini par le savoir comme le fait que tous les médias sont contrôlés par les banques et le lobby de l'armement dans le cadre de « l'entre-soi médiatique ». Le pire est que l'auteur comme les médias pense que la seule vengeance contre cet abrutissement serait le refuge électoral dans les bras de la mère Le Pen et pas demain dans une guerre civile sanglante !

Guilluy n'est ni dialectique ni connaisseur de la logique orwellienne, c'est pourquoi il est inapte à comprendre que le discours de l'intelligentsia universitaro-médiatique se lamentant de la montée de la xénophobie (et défendant pas exemple le ridicule burkini) est le principal pourvoyeur (fourvoyeur) de cette même xénophobie avec cette compassion envers les immigrés « en général » soupçonnés de se complaire dans leur misère sociale et religieuse, tout comme de produire le djihadisme impérialiste.
A force de pointer du doigt le bobo moyen, il oublie d'analyser qu'il n'est qu'un sous-produit lui aussi de la grande bourgeoisie, ce quadra du NPA, qui a déménagé d'un quartier isalmisé, qui habite les beaux quartiers et qui place ses enfants en école privée !
Le représentant de la mondialisation heureuse, des banques et de la surexploitation des ouvriers, l'encravaté Macron a eu le courage d'affirmer la conviction renversante du gauchiste de base : « L'arrivée de réfugiés est une opportunité économique. Et tant pis si la mesure n'est pas populaire »5. Quelle lâcheté en fait !

Guilluy peut nous éclairer sur la nouveauté de cette immigration rêvée par le patronat et les grandes fortunes : « L'immigration permet de répondre aux besoins du marché de l'emploi peu ou pas qualifié des métropoles, mais aussi de contrôler la masse salariale d'une main-d'oeuvre bon marché et peu syndiquée. Bref un système d'exploitation classique de l'immigration qui repose sur la permanence des flux ». Non, faux, pas classique. Il s'agit surtout d'une immigration de guerre qui, à la fois, sert à faire passer « nos » guerres par perte et profit, mais aussi à répandre une religion de soumission et de repli sur soi, laquelle religion, l'islam pour ne pas la nommer, est très prégnante comme on le voit et ne pose aucin problème aux dominants dans leurs cages dorées. Guilluy s'aligne lui aussi sur les sondages fabriqués, avec questions orientées, où est demandé s'il y a trop d'étrangers en France – ce dont on se fout – et non pas trop d'arrivées musulmanes, certes « exploitées » ; car, comme il le note lui-même plus loin, la haute bourgeoisie a besoin de l'aliénation musulmane : « Une exploitation rendue invisible grâce à la mise en avant de la thématique de l'altérité culturelle qui vient opportunément se subtituer à un rapport de classes plus difficile à assumer » (p.76)6.
On disserte un peu beaucoup sur la baisse du nombre des grèves, mais pas autant sur le nouvel engagement militant des bobos, la pétition, le clic ou le like d'une « gauche hashtag », sorte de « gentrification des luttes sociales ». Et Guilluy d'en référer au super-bobo François Ruffin des fameuses nuits à dormir debout de la petite bourgeoisie parisienne... d'où la classe ouvrière (française et immigrée) a été justement absente ! Il eût été beaucoup plus efficace d'expliquer la mort du gauchisme et de dénoncer le réformisme radical creux de la bande à Hamon.

Incapable de nommer la principale classe exploitée par son nom, Guilluy continue à brasser des « classes populaires », mais ce qu'il note là est très vrai, toujours dans la lignée de l'effacement de la principale classe révolutionnaire, réduite à cette misère nommée « assistanat » : « Tout se passe comme si on avait déjà acté qu'en milieu populaire (sic) désormais la figure du « travailleur » laissait place à celle de l' « assisté ». Dans ce modèle inégalitaire, les classes supérieures produisent et profitent des richesses, les classes populaires (resic) consomment (un peu), tendent la main et finissent par perdre leur autonomie » (p.115).

Ne voyez là nullement la complainte outragée d'un communiste maximaliste. Guilluy est un néo-souverainiste, désolé du gâtisme de Chevènement : « Le rouleau compresseur de la mondialisation, les abandons successifs de souveraineté et le choix de l'immigration par le grand patronat ont mis fin au modèle assimilationniste républicain ». Qu'on le déplore ou qu'on le pérore !

Le capitalisme financier et multiculturaliste n'est certes pas avare de contradictions – Cameron et Merkel ayant reconnu que la multiculturalisme était un échec - « c'était avant que le patronat allemand exige l'arrivée d'un million de migrants en 2015 » (p.121)7. Guilluy ne voit pas que le marketing ethno-culturel américain ne prend pas, non à cause, de Le Pen, mais à cause de l'exploitation des prolétaires par la gauche caviar et ses succédanés gauchistes. Il y a incontestablement une désaffection de la classe ouvrière (française et de souche immigrée issue de la guerre d'Algérie) vis à vis des élites dites socialistes et du gauchisme syndical en général. Lui aussi, en tant que manager sociologique ne voit pas ni ne connaît « l'opinion » en milieu ouvrier sur la question du racisme. Il saisit en partie que l'idéologie bisounours antiraciste sert à contrer « moralement » toute remise en cause du capitalisme « tolérant » à l'égard des « minorités » (mais pas des classes), « échangiste » et « multiculurel », mais seulement sur les plateaux de télévision où règne la discussion de comptoir entre journaputes.

Guilluy, sans référence ni tradition historique prolétarienne, ne sait pas que la concentration urbaine de la classe ouvrière a toujours été un bain pour sa conscience de classe, et que de fait la bigarure multiculturaliste a pour but de détruire toute notion d'internationalisme dans la cité, en expulsant les « en trop », les « relégués », les divers « exclus » vers les zones à faible densité urbaine toujours représentatives du « désert français » face à Paris (cf. Lessing) et de l'emprise de la calotte et du pouvoir paternaliste patronal et syndical. Il sait par contre quel est l'épouvantail agité par Big Brother média (qui est confondu par les bobos désormais avec le méchant Trump) pour protéger l'ordre bourgeois.

Pour cacher qu'il a découvert la critique de l'antifascisme de salon du pouvoir et de ses gauchistes résiduels dans le milieu ultra-gauche, dit tel en tout cas, Guilluy en réfère à Pasolini qui disait, fort justement d'ailleurs, à propos d'une gauche qui abandonnait la question sociale : « il s'agit de mettre en scène un antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n'existe plus et n'existera plus jamais » (p.172). Je ne résiste pas à citer la suite pour mes lecteurs gauchistes et trotskiens voyeurs :
« C'est d'ailleurs en 1983, au moment où la gauche française initie son virage libéral, abandonne les classes populaires (resic) et la question sociale, qu'elle lance son grand mouvement de résistance au fascisme qui vient. Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n'a été que du théâtre » et même que « le Front national n'a jamais été un parti fasciste ». Ce n'est pas un hasard si les instigateurs et financeurs de l'antiracisme et de l'antifascisme sont aussi des représentants du modèle mondialisé (…) du medef aux entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal Plus, l'ensemble de la classe dominante se lance dans la résistance de salon. « No Pasaran » devient le cri de ralliement des classes dominantes, économiques ou intellectuelles, de gauche comme de droite (…) les groupes « antifa » (…) recrutent essentiellement des jeunes diplômés de la bourgeoisie » (p.173)8.

LE DESIR DE REVOLUTION N'EST PAS ETERNEL MAIS IL N'EST PAS MORT

Si près de 80% de ces salauds de cadres et les vieux machins de plus de 65 ans croient que le régime démocratique est irremplaçable et le meilleur système possible, près de 40% des jeunes, des ouvriers et des employés considèrent que « d'autres systèmes politiques peuvent être aussi bons que la démocratie » (p.200).
Guilluy a raison de conclure qu'on assiste bien plus à une mondialisation de la sédentarisation qu'au nomadisme à la con d'Attali, que la mobilité pour tous est un mythe sauf pour les bourgeois sur les tarmacs.

Louis Chauvel, avec « La spirale du déclassement, essai sur la société des illusions » (Seuil), fournit un travail plus scientifique et donne des annotations pertinentes sur l'état du prolétariat. Mais la lecture est aride au milieu de plus nombreux graphiques que chez Guilluy. Il faut parvenir à la page
164 pour trouver une réflexion sur l'amenuisement des grèves à partir des années 2000 :
« Dans les années 1970, 2 millions de journées de travail ont été consacrées à la grève, contre seulement 75000 au début des années 2010, moins qu'au début du XX e siècle. Ces écarts sont considérables et signifient une baisse de vingt à un de ce type d'action collective depuis la période qui suit immédiatement les événements de 1968 ».
Chauvel écarte d'emblée ceux qui ont abandonné le prolétariat et la causalité du chômage de masse, tout comme une lutte supplétive à travers les blogs. Il souligne plutôt deux causes : l'institutionalisation des syndicats (dont les théoriciens s'appuient d'ailleurs sur l'usine à mystification de la gauche caviar (terra nova) et les intellos négateurs de la classe ouvrière, mais sans le dire ouvertement) et la non transmission du savoir militant par la génération de 68 :
« Plus vraisemblablement , l'institutionnalisation des syndicats les a orienté vers un rôle d'agence de négociation et de cogestion des carrières et des ressources plus que de coordination des luttes.
L'aspect générationnel est peut-être aussi important : une génération mobilisée a disparu sans transmettre le savoir-faire organisationnel de la conflictualité sociale alors même qu'elle hésite à saisir le contexte nouveau vécu par les générations suivantes et leurs enjeux ».
Je ne suis pas d'accord avec des deux affirmations, d'abord parce que les syndicats sont devenus des collabos de l'Etat bourgeois depuis plus d'un demi-siècle, et ensuite que la transmission du militantisme syndical réformiste comme révolutionnaire se fait toujours même à petite dose. Mais nos sociologues raisonnent toujours à courte vue sur l'hexagone comme si les événements du monde n'influaient guère sur l'interne « conflictualité sociale ». Chauvel passe à côté de l'explication majeure de la chute du muer de Berlin et, hors d'une compréhension du développement de la conscience de classe ; il l'avoue d'ailleurs quelques lignes plus loin : « ...les aspects subjectifs des classes sociales (culture ouvrière, comportement politique et syndical, conscience de classe, identité collective, mouvement social, etc.) demeure un mystère des sciences sociales ».

Chauvel fait parfois des remarques très justes, sans jamais se placer au niveau historique international non plus, différenciant par exemple le petit nombre de grèves très gentiment réformistes de nos jours comparé à des grèves d'une autre envergure dans les années 1930 où, derrière la grève d'époque il y avait en effet l'hydre de la révolution (qui pourtant venait d'échouer en Allemagne comme en Russie) : « Il est vrai que celle-ci (la lutte des classes) a culminé dans les années 1930, l'enjeu était moins la mobilisation de rue et la grève, même générale, que celui de la prise du pouvoir par un parti communiste versant dans la clandestinité et l'organisation secrète. L'indicateur même de participation aux grèves peut réduire la visibilité de l'action de classe (TB » (p.168). La conscience de classe a eu la vie dure : « A partir des trente glorieuses et de l'édification d'un système social-démocrate, les inégalités ont été fortement régulées sans que la conscience de classe se soit dissoute pour autant ». Si le tournant des années 1979 a déjà vu s'atténuer la mobilisation sociale, et que le rêve de la société sans classes s'est éloigné selon Chauvel, il a conclu que le discours égalitariste n'aurait plus d'effet à une époque de creusement d'inégalités plus fortes que jamais. Bizarre ! Car il exprime le contraire quelques lignes plus loin : les dernières décennies montrent « un contenu et des contours plus stables des classes sociales » !

LA GRANDE « ANOMIE » IDENTITAIRE

En reprenant ce terme de la langue de bois des sociologues Chauvel veut traiter de la crise d'identité si étalée partout comme concept justifiant la confusion capitaliste. Reprenant les termes flous de « classes moyennes », il envisage que la petite bourgeoisie soit amenée « à partager le sort de ce qui reste de la classe ouvrière » laquelle est « à peine au-dessus d'une classe de post-travailleurs – ce qu'en anglais nous pourrions appeler post-working class, constituée d'individus a priori atomisés, spécialement subventionnés pour se tenir hors de la sphère de l'emploi ». Suit cette curieuse analyse d'une non-classe (certainement les subventionnés universel de Hamon coupés de toute conscience et responsabilité de classe) avec des individus rêvant d'une révolution hors classe dont ils seraient les prochains meneurs : « Cette position sociale située en dehors du sens collectif offert par la participation à la production collective étant intolérable à la majorité des individus, au long terme, les personnes dans cette non-position sociale s'inventent nécessairement d'autres supports identitaires, en se constituant l'idéologie d'une révolution spécifique dont ils pourraient se sentir les nouveaux leaders ». (p.173)
Chauvel croit identifier donc une forme idéologique spéciale d'accompagnement de l'effondrement économique du système capitaliste par un « post-prolétariat » « pour qui les néomarxismes en vogue dans les classes moyennes intellectuelles pourraient ne pas avoir les mêmes attraits ». Dans son langage peu clair et heurté de sociologue Chauvel s'avoue inquiet, sans taxer ni de populisme ni de fascisme ce nouveau « post-prolétariat assisté » dans un monde où la coupure avec les élites (bourgeoises) est béante, dans un « ensemble civilisationnel où le tiers-monde côtoie à quelques kilomètres de distance, parfois moins, les zones les plus privilégiées de la planète ». Il ne voit une restructuration des classes que dans une ou deux générations et le remplacement du support identitaire de classe par les substrats religieux plus que par le « marxisme occidental ». Il est très pessimiste : « La constitution d'un noyau d'exclusion , d'un précariat diplômé, et la diffusion de nouvelles approches religieuses de la question sociale sont de nature à désagréger ce qui reste de l'héritage idéologique populaire (sic) et solidaire de la Reconstruction ».
A part comparer avec la décadence de l'Empire romain et noter « les risques s'accumulent mais l'apocalypse promise tarde », notre sociologue pas plus que son compère Guilluy n'a de cheminement politique révolutionnaire à indiquer, il espère tout au plus au final une jeunesse capable de « travailler par elle-même ».



NOTES


1Les Philippe Murray, Michel Clouscard, Hervé Algalarrondo, Christopher Lasch, Jean-Claude Michéa, l'ex NPA Robin (et sa reprise de l'expression « la gauche du capital » au courant maximaliste de la Gauche communiste) ; Bourdieu et Jacques Julliard ont des fulgurances presque marxistes, Julliard restant toutefois un bon démocrate jacobin... Géographes comme Guilluy et démographes statisticiens comme Michèle Tribalat par leurs analyses méthodologiques arrivent à peu près aux mêmes conclusions que les révolutionnaires maximalistes concernant la répartition des classes sociales, leurs confrontations et de cette plaie : la petite bourgeoise (même si elle est qualifiée à tort de « couches moyennes »).

2Les limites de Guilluy sont visibles dès son apologie des gougnafiers et poujadistes « bonnets rouges ».
3Selon le mot de Sacha Guitry.
4Les key-workers sont les agents de service public nécessaires à l'ordre bourgeois de proximité et de soin : flics, infirmières, instituteurs... qui peuvent bénéficier de logements de proximité en priorité.
5Page 73. Vu les états de service de Macron chez Rothschild et son train de vie, on comprend son besoin de personnel de service...
6Avec une belle image : « Ainsi, quand un bobo achète les services d'une nounou africaine, cette « exploitation traditionnelle du prolétariat » sera habillée d' « interculturalité ». Sans noter que nombre de vedettes du cinéma, journalistes ou richissimes « hommes de gauche » sont passés au tribunal pour surexploitation ou sévices sur femme de peine...
7Lire aussi pour le comique de la cohabitation des bobos émancipés mais cannabissophiles compartimentés avec les barbus en pyjamas : Géraldine Smith « rue jean pierre timbaud » stock 2016
8Et d'autres bonnes formules qui clouent au pilori des imbéciles utiles du système comme Coleman et ses amis communisateurs : « ce n'est pas le FN qui influence les classes populaires, mais l'inverse »). OU mieux pour la lutte qui est la nôtre POUR le communisme : « Si elle (la bourgeoisie) perd la guerre des représentations, la classe dominante est nue » p.175). « Le « théâtre de la lutte anti-fasciste » se joue devant des salles vides ». « La quincaillerie « révolutionnaire » proposée par les tenants d'une petite bourgeoisie n'attire plus personne, surtout pas dans les milieux où l'urgence est de boucler les fins de mois » (p.195). Cependant, comme je l'ai constaté, dans les médiathèques de la gauche au pouvoir dans les municipalités de banlieue tout ce qui n'a pas le label anti-fasciste part à la poubelle, ainsi les mémoires de Wagner et de Cosima son épouse et divers ouvrages de penseurs considérés comme off... un nouvel autodafé à la Hitler...démocrate multiculturaliste !

samedi 21 janvier 2017

C'est qui qui va le renverser le capitalisme?

LE CAPITALISME VA-T-IL S'EFFONDRER DE LUI-MEME ?

Voici quelques extraits sur le sujet qui ont sous-tendu la discussion du 20 janvier

 

Marx, prophète de l’effondrement du capitalisme

Denis Clerc 01/09/2016


Karl Marx, lui, ne croyait pas aux vertus de la main invisible du marché. Arrivé sur la scène intellectuelle près d’un siècle après Smith - le premier volume du Capital a été publié en 1867 -, il a sous les yeux, en Rhénanie d’abord, puis à Paris, Bruxelles et Londres, où il habita, les conséquences de la révolution industrielle en cours. Certes, la production a considérablement augmenté, mais la misère aussi. C’est pourquoi il voit dans le capitalisme un système social fondé sur l’exploitation du travail des uns au profit de ceux qui possèdent les moyens de production. Il n’était ni le seul ni le premier à penser ainsi, et nombre de réformateurs sociaux essayaient d’inventer un système social mariant efficacité et justice.
Marx ne s’intéresse que médiocrement à ces utopies. Son ambition est autre. Il souhaite analyser le fonctionnement du capitalisme, ses ressorts cachés, et montrer qu’il est basé sur une contradiction insoluble : les forces productives reposent sur une socialisation croissante (on passe d’une économie artisanale à une économie de grandes entreprises, et c’est l’effort collectif qui permet d’être efficace, de mettre en place un appareil de formation et d’effectuer les investissements nécessaires...), mais la propriété des moyens de production est privée et entre les mains d’un nombre de plus en plus réduit de patrons, du fait du mouvement de concentration. Pour sortir de cette situation, il faut donc socialiser les moyens de production, faire en sorte qu’ils deviennent la propriété commune des travailleurs associés.
Même si la démonstration a pris du plomb dans l’aile, l’esprit critique de Marx continue de souffler et d’alimenter toute une famille de pensée qui voit dans les crises, les krachs et les violences sociales la preuve que son analyse sur la logique, l’instabilité et les ressorts du capitalisme demeure d’actualité.

"Le capitalisme touche à sa fin"

Pour le sociologue Immanuel Wallerstein, la crise actuelle signe la fin du capitalisme. D'ici peu, un nouveau système aura émergé.

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?
Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.
Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.
Mais, aujourd'hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c'est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l'entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l'équilibre, et l'on assiste alors à une bifurcation.
La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.
Pourquoi ne s'agirait-il pas plutôt d'une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?
Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l'information. Mais je pense que les possibilités d'accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.
A cet égard, le rattrapage économique de l'Asie de l'Est, de l'Inde, de l'Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l'économie-monde" créée par l'Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l'accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s'achever n'a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu'en 1945. En fait, la dernière période d'accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n'a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !
Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?
Il y en a eu beaucoup dans l'histoire de l'humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d'un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l'environnement, pour les sociétés - qu'il a engendrées. Le seul bien, c'est celui qui permet d'obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.
Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d'aujourd'hui est l'effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s'effondrer l'emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C'est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s'étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.
Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?
La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d'un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d'entrée dans une phase A, lorsqu'un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement possible pour retrouver l'équilibre, mais il est fort probable qu'ils n'y parviendront pas.
Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu'il fallait mettre en place quelque chose d'entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l'on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.
Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd'hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d'influencer l'avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s'imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu'il est tout aussi possible de voir s'installer un système d'exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.
Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l'économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l'Europe, puis vers celle des Etats-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?
La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d'un cycle politique, celui de l'hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l'on s'en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais j'ignore lequel.
En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l'effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n'acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...
Propos recueillis par Antoine Reverchon

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/12/16/le-capitalisme-touche-a-sa-fin_1105714_1101386.html#ZUMRib6AV0W1iOMi.99
1
http://www.mediapart.fr/journal/economie/111108/michel-husson-je-ne-crois-pas-a-l-effondrement-du-capitalisme
Michel Husson : «Je ne crois pas à l’effondrement du capitalisme»
Crise du capitalisme, ralentissement des pays émergents, intensification des divergences au sein de la zone euro, nouveau «Bretton Woods»... :
Michel Husson, économiste à l'Institut de recherches économiques etsociales, membre d'Attac, livre son analyse du grand séisme économique en cours.
Diriez-vous, comme le penseur américain Immanuel Wallerstein, que «le capitalisme touche à sa fin» ?

J'adopterais une position intermédiaire. Effectivement, l'ampleur de la crise est telle qu'elle remet en cause la nature du capitalisme. En même temps, j'ai toujours critiqué l'idée d'un effondrement du système capitaliste. Je ne crois pas au scénario de l'implosion. Mon schéma d'interprétation est le suivant : les profits ont augmenté, mais les investissements n'ont pas suivi. La satisfaction d'une partie croissante des besoins sociaux n'intéresse plus le capitalisme, parce qu'ils impliquent une baisse de la rentabilité. On préfère donc ne pas les satisfaire. Du coup, la finance joue le rôle de déversoir de ces profits, qui ne sont plus investis dans la sphère réelle. Le mode de reconnaissance des besoins sociaux du capitalisme est devenu excluant, autrement dit il «trie» entre ce qui est rentable et ce qui ne l'est pas. D'où l'incapacité du capitalisme d'aujourd'hui à faire ce qu'il a su faire à peu près, durant les Trente glorieuses, et qui lui conférait de la légitimité : l'amélioration du
pouvoir d'achat.
Quand j'étais étudiant, on m'expliquait que le capitalisme garantissait le plein emploi, la progression du pouvoir d'achat et l'extension de l'Etat social. Ces prétentions-là ont complètement disparu aujourd'hui. C'est un véritable élément de crise systémique. De là à dire qu'automatiquement cela entraîne la «fin du capitalisme», je ne le pense pas. Cela force le capitalisme à chercher des formes de reproduction de plus en plus régressives socialement. »

LA THEORIE DE L'ECROULEMENT DU CAPITALISME par Anton Pannekoek (1934)

Dans les premières années qui suivirent la Révolution Russe, on vit prédominer l’opinion selon laquelle le capitalisme entrait dans sa crise finale, sa crise mortelle. Quand le mouvement ouvrier révolutionnaire d’Europe occidentale commença de faiblir, la III ème Internationale abandonna cette théorie. Pourtant, le mouvement d’opposition, représenté par le K.A.P. [1], s’y tint avec énergie : selon lui, reconnaître l’existence d’une crise mortelle constituait un signe distinctif entre le point de vue révolutionnaire et le point de vue réformiste. La question de savoir si l’effondrement du capitalisme est automatique et inévitable et ce que l’on doit entendre par là, voilà un problème de la première importance pour la classe ouvrière, aussi bien dans le domaine de la connaissance que dans celui de la tactique. Rosa Luxemburg se l’est posée, dés 1912, dans son livre l’accumulation du Capital [2] et elle est arrivée à la conclusion que dans un système capitaliste pur et fermé la plus-value destinée à l’accumulation ne peut être réalisée et que, par conséquent, le capitalisme ne peut survivre qu’en s’étendant continûment par le commerce dans les pays non capitaliste. Autrement dit : si cette expansion cesse d’être possible, le capitalisme s’effondre. Il ne peut se maintenir plus longtemps en tant que système économique. Le K.A.P. s’est souvent référé à cette théorie, bien que celle-ci ait fait l’objet, dés son apparition, de nombreuses critiques, venues de tous les horizons. En 1929 Henryk Grossmann a exposé une théorie toute différente dans son livre : Les lois de l’Accumulation et de l’effondrement du système capitaliste. Il y arrive à la conclusion que le capitalisme doit finir par connaître l’effondrement économique, c’est-à-dire que, indépendamment des efforts des hommes, de l’éclatement ou non de révolutions, le capitalisme ne peut se maintenir comme système économique. La crise de 1930, à la fois sévère et durable, a, sans doute aucun, rendu les esprits accessibles à cette “ théorie de la crise mortelle ”. Dans le manifeste des United Workers of America qui vient de paraître, on propose d’utiliser la théorie de Grossmann comme base théorique d’une nouvelle orientation du mouvement ouvrier. Voilà pourquoi il est bon d’examiner cette théorie d’un œil critique. Et, dans cette intention, on ne peut éviter d’exposer comment la question est abordée par Marx et les différents auteurs qui en ont traité par la suite.

(lire la suite sur le site de La Bataille socialiste)

SUR LA PREVISION MARXISTE

Robin Goodfellow écrit : « Selon notre analyse actuelle, à partir des données disponibles au 30 octobre 2016, nous serions entrés dans la phase du cycle qui précède la crise. Nous l’appelons, conventionnellement, « vague d’accélération ». Elle pose la question de sa durée puisque celle-ci détermine la prévision de la crise. La publication, fin août 2016 et révisées en septembre (et maintenues en octobre), par le BEA, des données du deuxième trimestre 2016, sont l’occasion pour rectifier la prévision. Sur la base des données disponibles au moment de la sortie du livre « le cycle des crises aux Etats-Unis depuis 1929 », les méthodes que nous avons développées pour anticiper le point de départ de la vague d’accélération, donc la dernière phase du cycle avant la crise de surproduction, désignaient le premier trimestre 2019. Compte tenu de la longueur potentielle d’une vague d’accélération, cela nous permettait d’escompter une crise de surproduction en 2019-2020. Les nouvelles données, publiées fin juin 2016, conduisent sur la base des mêmes méthodes à rapprocher de plus de deux ans la crise de surproduction. Dans ce texte, d’une part nous rectifions à nouveau la prévision, à la suite d’une erreur de calcul, et d’autre part, nous revenons sur la détermination de la durée potentielle de la vague d’accélération ». (cf. La précision de la prévision)
Contact : robin.goodfellow@robingoodfellow.info

et aussi :

https://www.robingoodfellow.info/pagesfr/.../crise_refondue_20090930.pdf
Format de fichier : PDF/Adobe Acrobat
30 sept. 2009 ... VITALE DE LA PREVISION ... Parti et prévision du communisme. .... LE MARXISME VULGAIRE CONTRE ROSA LUXEMBURG .................................102. 9.1 ...... ajouté par feu Roger Dangeville et non d'un titre écrit par Marx.


« Des crises permanentes, çà n’existe pas » (Marx)


Les nombreuses erreurs de perspectives au sein du mouvement ouvrier sur l’évolution de la crise et de la lutte de classe sont à rattacher aux visions catastrophistes sur la dynamique et les contradictions du capitalisme. Non seulement Marx n’a jamais défendu une telle vision, mais sa conception était toute autre. Tel est le sujet de cet article.

Catastrophes économiques et catastrophisme


Une des sources de ces erreurs récurrentes réside dans l’idée que Marx aurait défendu une théorie de l’effondrement économique inévitable du capitalisme : « Si on le comprend bien, le schéma marxien de l’accumulation est par son insolubilité même le pronostic exact de l’ effondrement économique inévitable du capitalisme… » [1]. Rosa Luxemburg attribue la paternité de cette idée à Marx et la réitère à longueur de pages dans son ouvrage sur L’accumulation du capital [2]. Sans cette assise matérielle, soutenait R. Luxemburg, « le socialisme perd le fondement de granit de la nécessité historique objective,… », et les révolutionnaires ne peuvent alors que « s’enfoncer dans les brumes des systèmes et des écoles pré-marxistes qui prétendaient faire découler le socialisme de l’injustice et de la noirceur du monde actuel, ainsi que de la volonté révolutionnaire des classes laborieuses » [3]. Elle rejoignait ainsi la même démarche qu’empruntera plus tard Henryk Grossman, à savoir la nécessité de fonder le socialisme sur une « démonstration économique de l’écroulement du capitalisme » [4].
En réalité, Marx n’a jamais développé une telle idée ; il défend une vision du processus révolutionnaire qui est toute différente : « Les contradictions capitalistes provoqueront des explosions, des cataclysmes et des crises au cours desquels les arrêts momentanés de travail et la destruction d’une grande partie des capitaux ramèneront, par la violence, le capitalisme à un niveau d’où il pourra reprendre son cours. Les contradictions créent des explosions, des crises au cours desquelles tout travail s’arrête pour un temps tandis qu’une partie importante du capital est détruite, ramenant le capital par la force à un point où, sans se suicider, il est à même d’employer de nouveau pleinement sa capacité productive. Cependant ces catastrophes qui le régénèrent régulièrement, se répètent à une échelle toujours plus vaste, et elles finiront par provoquer son renversement violent » [5].
Dans la description de cette spirale de « contradictions » créant « des explosions, des crises, des cataclysmes, des arrêts de travail et la destruction de capitaux », Marx souligne que le capitalisme traverse ces dernières « sans se suicider » et que ‘ces catastrophes le régénèrent et le ramènent à un niveau d’où il pourra reprendre son cours’. En effet, pour Marx, la nécessité de transformer la société de fond en comble naît au sein de ces cataclysmes répétitifs dans le cadre d’un mode de production obsolescent : le développement croissant des contradictions du capitalisme suffisent à féconder la nécessité de la révolution. Nulle part dans son œuvre, Marx ne met en place un raisonnement qui postule une « impossibilité économique du capitalisme » comme le lui attribue R. Luxemburg.
En effet, il n’existe pas de limites quantitatives prédéfinies au sein des forces productives du capitalisme qui détermineraient un point alpha précipitant ce mode de production dans la mort (que ce soit un pourcentage de taux de profit, une quantité donnée de marchés solvables ou extra-capitalistes, etc.). Les limites des modes de production sont avant tout socio-économiques, produites par leurs contradictions internes, et par la collision entre ces rapports devenus obsolètes et les forces productives. Dès lors, c’est le prolétariat qui abolira le capitalisme à la faveur de la manifestation de ses contradictions objectives, et pas ce dernier qui mourra de lui-même suite à un « effondrement », une « impossibilité économique objective du capitalisme ». Telle est la méthode posée par Marx : « La production capitaliste tend sans cesse à dépasser ces limites qui lui sont immanentes, mais elle n’y parvient qu’en employant des moyens qui, de nouveau et à une échelle plus imposante, dressent devant elle les mêmes barrières » [6].
Cependant, il est clair que si le capitalisme ne s’effondrera pas de lui-même, il n’échappera pas davantage à ses antagonismes destructeurs. Fin catastrophiste du système et catastrophe sont deux choses distinctes. Si la première conception défendue par R. Luxemburg postule l’existence d’une « impossibilité économique du capitalisme » qui mène à « l’effondrement économique inévitable du capitalisme… », l’autre défendue par Marx conçoit la possibilité de « catastrophes » et de « cataclysmes », mais qui le « régénèrent » pour le ramener « à un niveau d’où il pourra reprendre son cours ». Ce ne sont alors pour Marx que les « répétitions à une échelle toujours plus vaste » de cette spirale qui pousseront le prolétariat à la révolte, ouvrant la possibilité d’un « renversement violent du capitalisme ». En effet, s’il faut écarter toute vision catastrophiste, il faut cependant réaffirmer que le système capitaliste a déjà connu et connaîtra des crises, guerres et catastrophes d’ampleur croissante.

LIRE LA SUITE DE CET EXCELLENT ARTICLE DE MARCEL ici : http://www.leftcommunism.org/spip.php?article187 site de Controverses en Belgique

Pour une autre analyse, catastrophiste et plus discutable :

Élection de Trump : le choix de la marche à la guerre généralisée. Seul le prolétariat révolutionnaire peut s’y opposer (9 novembre 2016)

 

Sidération. Stupeur. « L’impensable est pourtant bien arrivé » clament ce matin les éditorialistes. L’élection de Trump qui vient d’être confirmée à l’instant où nous écrivons, provoque les mêmes réactions dans les classes bourgeoises du monde entier que celles qui ont suivi le Brexit, la victoire du “ oui ” au referendum britannique sur la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. L’ambassadeur français aux États-Unis a écrit sur Twitter : « Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige ».
Ce nouveau “ impensable ” n’est pas l’expression d’un monde qui deviendrait “ fou ”. Il est l’expression des poussées historiques vers la guerre généralisée. Il est l’expression du monde capitaliste et de son impasse ; de l’exacerbation de ses contradictions historiques insurmontables ; et des difficultés croissantes des différentes bourgeoisies nationales à y faire face, à commencer par la plus expérimentée au monde, la britannique avec le Brexit, et maintenant la plus puissante, l’américaine. La fin du bipartisme classique d’alternance gouvernementale et la montée des extrême-droites dans les principaux pays européens, tout comme les attentats sanglants qu’ils ont subis depuis 2015, en France et en Belgique en premier lieu, annoncent encore de nouveaux “ impensables ”. L’impasse économique, surtout depuis 2008, et l’exacerbation des rivalités et guerres commerciales et impérialistes qu’elle provoque, précipitent des bouleversements politiques au sein des classes bourgeoises des principales puissances impérialistes, et y compris certaines divisions en son sein.

Blog: "Révolution ou guerre" du groupe international de la gauche communiste (GIGC)

samedi 14 janvier 2017

DRACULA ABDESLAM NOUVEAU LANDRU ?


« Ce n'est pas bon pour la santé ».
Henri Désiré Landru (Peu avant son exécution alors qu'il se voit proposer un verre de rhum et une dernière cigarette)
Emprisonné en 1922, le pervers narcissique Landru avait plus d'un trait commun avec son homologue Abdeslam, le salopard criminel des attentats ciblés à Paris (le nombre d'explosées de Landru restant officiellement limité à onze) sauf que le deuxième abruti est préservé de la guillotine par la démocratie émolliente du droit bourgeois. Le vedettariat d'abord (vu à la télé) qui permet de séduire tant de femmes otaries soumises halal qui voient dans l'encarserné aux frais du contribuable un despote sexuel enfin maîtrisable et à qui on peut parler par courrier sans être mis au poêle immédiatement coupée en morceaux ni explosée en bout de chairs sanguinolentes1. Pour une femme non socialisée un avenir de maquerelle est plus enviable que simple pute, il est avéré que le terroriste de base ne touche pas aux sœurs de son harem imaginaire.

Le très bourgeois Figaro répercute son collègue Libération  au ton si compatissant à l'égard du peigne-zizi « enfermé » qui se plaint de son « isolement »: «  D'une écriture petite et régulière, comme le décrit Libération qui publie cette lettre, Salah Abdeslam parle de son isolement à la prison de Fleury-Mérogis. (Les fautes de français ont été respectées) :
"Je t’écris sans savoir par ou commencé, j’ai reçu l’ensemble de tes lettres et ne pourrais te dire qu’elle me font plaisir ou non, ce qui est sur c’est qu’elle me permette de passé quelque temps avec le monde extérieur".
Libération ajoute, dans son texte intra-muros, une précision d'importance pour ses clients-lecteurs islamodébiles, outre le « avec quelques fautes d'orthographe » est ajouté « le Français ». Abdeslam est le français mais pas l'orthographe ! La sémantique des antiracistes de la fondation Rothschild ne me surprend même plus dans sa mécanique orwellienne. Comme Landru, fièrement assis au tribunal près de son poêle sans nulle trace de sein carbonisé, Dracula Abdeslam écrit (en bon français » : "Je n'ai pas honte".
En cage dorée depuis avril 2016, le PN Salah Abdeslam a été auditionné à trois reprises par un juge d'instruction. A chaque fois, il a fait valoir son droit au silence.(règle démocratico-capitaliste en pays riche, mais que nenni dans les Etats-Charia). Face à ce mutisme démocratique SM, ses avocats, le Français Frank Berton et le Belge Sven Mary, ont renoncé à assurer sa défense en octobre. C'est à cette époque que le terroriste présumé (que le souci de présumer à cete endroit est galant face au tueur les mains pleines !) est sorti de son silence, confortant l'idée qu'il a choisi de ne pas expliquer ses actes (NDLR il est de l'étoffe des héros). 
Autrement dit, il est sorti de son silence pour dire qu'il restera silencieux face aux salauds de magistrats ancien colonialistes patentés et à tous ces salopards de français blancs de peau qu'il faudra éradiquer au nom d'Allah qui est grand et qui écrit subliminalement sur internet. D'une certaine façon on peut en effet convenir que Dracula n'a rien à expliquer qu'on ne sache déjà, et que le seul entretien qu'il mérite n'est pas celui de la prison à perpète mais qu'on lui explose la gueule à son tour :
"D’abord, je n’ai pas peur de faire sortir quelque chose de moi car je n’ai pas honte de ce que je suis et puis qu’est-ce qu’on pourrai dire de pire que ce qui ce dit déjà".
Salah Abdeslam s'interroge ensuite (c'est le journaleux qui le fait s'interroger parce que ducon ne s'interroge pas – il a rien dans le crâne – il récite) sur la volonté d'une de ses lectrices de vouloir correspondre avec lui et rappelle sa foi et sa soumission à la religion (à cet endroit les fautes de français sont moins graves que celles de certains ingénieurs français ou de ses potes illettrés), et en outre, avec l'art de la duperie ambiguë du vulgaire macho qui sait se servir de son statut de « star » et de sa « sincérité »2 :
"Tu es sincère alors je vais l’être aussi, si je te demande les intentions de ta démarche c’est pour m’assuré que tu ne m’aime pas comme si j’étais une 'star ou une idole' parce que je reçois des courriers comme ca et je ne cautionne pas cela car le seul qui mérite d’être adorer c’est Allah, Seigneur de l’univers."
A cet endroit le lecteur nous permettra de nous interroger (à notre tour) non plus sur le petit con - devenu vedette bon pour une émission d'Hanouna ou Ardisson, ou pour se moquer des flics tous les soirs avec les marionnettes de C+ - sur la démarche des conasses qui écrivent au tueur inconscient.
L'escroc islamiste Salah Abdeslam reçoit beaucoup de courrier en prison. Des avocats arabes souhaitant le représenter, des imams fraternels qui s'interrogent sur sa foi, des journalistes islamophobes qui veulent l'interroger, des femmes otaries qui souhaitent porter son enfant... A l'isolement et filmé 24h/24, son courrier est lu par le personnel pénitentiaire et c'est un début inespéré de propagande djihadiste gratos que cette communication publique de ses lettres privées à de pauvres pétasses, dont daesch n'osait plus rêver. Le voile c'est ce conformisme à la mode ici qui est conchié là-bas ; nos braves otaries en Europe ne supporteraient pas l'obligation du voile en terre de charia. Elles ne se rendent pas compte.
La médiatisation du procès feuilleton d'un salaud de criminel sadique est un dérivatif génial au cynisme gouvernemental de la gauche caviar, ce qui ne veut pas dire au sens des beaufs islamo-gauchistes Plenel et Besancenot qu'il faudrait fermer les yeux sur des actes en dehors de toute humanité, et absoudre un pauvre ancien colonisé, quoiqu'il ne l'ai jamais été. Le petit con ne présente aucun intérêt comparé à ses groupies qui, dans ce sentiment mêlé de dégoût et de fascination nous font tant pitié. 
 
LE PARDON ET LA COUILLONNE

La merveilleuse Chahdortt Djavann ne cesse de répéter que les bigots de l'islam sont des frustrés sexuels, mais j'ajoute surtout les femmes soumises pour le pire mais pas le meilleur (on peut se branler sous le voile). Près de 4000 frustrées avaient écrit à Landru, 800 pour le demander en mariage. Pourquoi tant de femmes aiment-elles le bad boy ? Nombre de criminels se marient en prison. L'avocate du converti Carlos a épousé l'ex-tueur stalinien derrière les barreaux.
Alors les psys y vont de leurs interprétations : victimisation passée, perversité, etc. , nous nous contenterons de l'évidence dans la vie sous le capitalisme, n'en déplaise aux féministes ou aux femmes libérées : la majorité des femmes restent – sous le capitalisme – qu'elles le veuillent ou non, que certaines abhorrent cette idée ou pas – dans un esprit de soumission ; et ce n'est pas que, ni principalement l'islam qui véhicule cette propension à la soumission, mais les règles de fonctionnement hiérarchique perverses du capitalisme, le salariat qui hiérarchise en premier lieu cette soumission, la magistrature bourgeoise qui sanctionne toujours plus les femmes, juridiction scotchée avec une compassion très religieuse, qui avoue comprendre mais à condition de sanctionner librement dans le cadre des prérogatives de pouvoir bourgeois qui n'a rien à envier au fond à la charia. (merci encore a Hollande d'avoir arraché aux corbeaux autistes Jacqueline Sauvage!).
C'est avec la même logique du rachat chrétien (le pardon et le couillon) que le petit Plenel défend comme un fou de dieu le respect de la croyance musulmane, qui elle s'asseoit sur ce baudet comme sur une chaise d'église. La base du concept et de lavacuité de la théorie de l'islamophobie est infantile toujours, c'est la faute à l'autre.
Le discours moral du pervers narcissique , ce vampire qui détruit les autres sans le moindre remord, sans la moindre « honte » (dixit Dracula Abdeslam) est clairement un foutage de gueule, comme en furent capables les Petiot et Landru (le PN sait se montrer marrant dans son mensonge et pour voiler sa trouille) :
Retrouvons notre orthographe de banlieue, si bien respectée par les employés de Rothschild, Dracula Abdeslam avoue n'être qu'un « réformateur », un être immatériel a fait de lui un harmonieux Alain Delon, et monsieur Météo Allah fait aussi pousser les fruits et légumes :

"Je ne cherche ni à m’élevé sur terre ni a commettre le désordre, je ne veux que la réforme, je suis musulman, c’est à dire soumis à Allah qui m’a créé et qui par sa grace ma harmonieusement faconné ainsi que toi et tous ceux qui existe, a partir de la pluie il nous donne toute sorte de fruit pour nous nourrir", lance-t-il.

Attention la pétasse correspondante passe à la deuxième forme de la radicalisation face à son Alain Delon, la vérification de son degré de bêtise affective et d'embrigadement ménager :
"Est-tu soumise?, lui demande-t-il. Sinon Alors dépêche toi de te repentir et de soumettre à Lui n’écoute pas les gens mais plutôt les paroles de ton Seigneur. Il te guidera."
La principale religion pédophile du monde qui attire tant de frustrées sexuelles n'est pas simplement une idéologie mise en avant par la bourgeoisie dominante pour abrutir les masses et cacher des manœuvres impérialistes dans le grand jeu de cons planétaire, c'est en effet le reflet profond du degré d'aliénation atteint par la société bourgeoise actuelle, et depuis longtemps mais qui unit faits divers et prosélytisme débile. La petite racaille se rachète en tuant au nom d'un vague dieu mythologique, cela déculpabilise bien plus que de cautionner et se coucher au nom d'une déradicalisation honteuse. C'est la mécanique perverse narcissique. C'est la faute aux autres si j'ai tué et massacré. Personne ne m'en voudra vraiment et nombreux sont ceux qui ne me jetteront pas la pierre. Mentalité imparable de racaille. Dutroux est-il islamiste désormais ?
"Vous m'avez toujours fascinée. Vous êtes une personne connue. Quand je vois vos belles photos, je ne peux que croire que vous êtes honnête". Ces mots anodins, couchés sur papier à lettre par une ado belge de 15 ans, pourraient ressembler au courrier classique d'une jeune groupie rêvassant sous les posters de son idole qui tapissent sa chambre. Et pourtant, la missive glace le sang : cette jeune fille en fleur de La Roche-en-Ardenne écrit en réalité à l'incarnation même du mal en Belgique, le tueur et pédophile Marc Dutroux. Le quotidien Belge Le Soir révélait en février dernier que le détenu le plus célèbre du Plat pays, reçoit en effet un abondant courrier constitué notamment de lettres d'adolescentes et de demandes en mariage. De Landru à Charles Manson, l'histoire est jalonnée de nombreux cas de fascination féminine pour les grands meurtriers. : "les adolescentes, de troisième ou de seconde, ne sont pas amoureuses du premier de la classe. Elles sont amoureuses du bad boy qui a redoublé trois fois et qui est au fond de la classe", avance le psychiatre. A 79 ans, le célèbre gourou-criminel purge aujourd'hui une peine de prison à vie en Californie et ne semble avoir rien perdu de son aura. Une jeune femme de 25 ans lui rend visite chaque weekend avec la ferme intention de se marier avec celui qu'elle qualifie déjà comme son mari ». (repiqué sans vergogne)


Ma conclusion sera dans la pub pour le superbe livre de l'iranienne, au nom à coucher dehors pour nos pauvres mémoires occidentalo-latines.

LES SECRETS DE LA RADICALISATION...

Ce n'est pas en 2022 que la France tout entière est une pute qui se vend aux pétrodollars islamiques, mais en 2017. La radicalisation repose d'abord sur un socle financier (on voyage beaucoup à moindre frais dans la galaxie des tueurs mercenaires), ensuite sur l'idée religieuse de base, primitive et primaire : c'est la faute à l'autre, mon voisin, celui qui est plus grand ou plus petit, qui n'a pas la même couleur de peau que moi, qui ne parle pas ma langue, etc. Ensuite pour phagocyter l'autre, l'envelopper comme la mante religieuse, ou les poissons géants qui font des ronds de bulles d'air pour avaler tout cru la masse des petits, il suffit d'alterner séduction et menace. Ce qui marche pour une gamine de 15 ans, a marché dans tous les siècles passés.

« Avions-nous un besoin urgent de former des imams pour qu'ils endoctrinent les illettrés qui abandonnaient les bancs de l'école ? ». Chadordtt Djavann (2016)

La superbe Chahdortt Djavann a raison de s'interroger sur le fait que la fatwa de Khomeiny ne fût pas dénoncée comme appel au meurtre, et ses promoteurs pourchassés et éliminés. L'extrême gauche française et les bordiguistes soutinrent Khomeiny dans son appel au meurtre de Rushdie, comme l'abruti sous-acteur de Taxi qui annonça un jour chez Ardisson qu'il allait le tuer. Il n'y avait eu jusqu'ici que des ouvrages de commentaires ou de soutien compréhensif aux individus embrigadés dans le terrorisme islamo-fasciste, voici enfin l'ouvrage qui les désappe, mais bien. Même sadique Ramadan est couché par terre, lui le beau mâle qui est vénéré sur You Tube pour ses multiples éliminations de contradicteurs (selon ses sectateurs anonymes frustrés qui n'aiment pas qu'on vienne contredire leur béatitude).
Superbe! quelle intelligence et quelle beauté cette femme! couchés les curés musulmaniaques en tout genre et leurs amis islamogauchistes! faut continuer à leur faire front par tous les moyens, littérature, pamphlets, prises de parole mais pas sans projet politique alternatif au capitalisme, sinon c'est simplement protester aux côtés d'une fraction lucide de la bourgeoisie (les médias et Gallimard).
Ce n'est même pas un combat contre la religion mais un combat indispensable contre un pan de l'idéologie capitaliste décadente, de type totalitaire; toutes les sociétés décadentes sont entraînées dans un retour en arrière, une régression primaire vers la barbarie qui se drape du vieux slip du bon dieu païen immémorial comme la pluie.
La seule arme dont nous disposons pour l'instant, du point de vue de classe, contre l'islamo-fascisme, son complice l'islamo-gauchisme et les demeurés indigènes de la république avec la folle Houria, c'est le rire. Quoique le rire soit interdit en France, silence radio sur l'excellent feuilleton anglais qui se moque des otages "en liberté", que j'ai retrouvées dans le néant arctique du capitalisme décadent, les otaries.
Otarie musulmane avec mâle blanc colonialiste

NOTES
1« Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu ». Olympe de Gouges (1792)

2Méfiez-vous braves gens de tous ces bateleurs pisse-copie ou peigne-zizi qui commencent leur accroche par : « Honnêtement »... ou « Sincèrement... ».

vendredi 6 janvier 2017

LA RECLAME POUR LE « REVENU DE BASE » dit aussi « SALAIRE UNIVERSEL »


ASSEMBLEE convoquée par ATTAC à Montrouge
Attac 92 vous invite à sa prochaine réunion-débat publique, gratuite et conviviale à Montrouge
Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d'autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement."
Tout le monde s'entend sur une définition minimale mais le revenu de base ne cesse de faire débat, que ce soit au Forum économique de Davos en passant par la Sillicon Valley sans oublier les assemblées citoyennes de Nuit debout.. Nos politiques à droite comme à gauche s'en sont aussi emparés, Manuels Valls fait plutôt la promotion d'un « minimun décent » qui n'est guère qu'une fusion des différents minima sociaux.
Tout d' abord pourquoi la création d'un revenu de base ?
Répondre à la question de la transformation du travail, de la fin du salariat, de la lutte contre la pauvreté. Mettre fin au travail subordonné ? Et puis comment le financer ?
Venez en discuter : Avec Alexandre Laurent-Duhamel, membre du Mouvement Français du Revenu de Base

Attac

(Association pour la Taxation des Transactions financières et l'Action des Citoyens)

Le déroulé du remue-méninge

Ne me faisant pas trop d'illusions sur le niveau de conscience de classe des participants aux cénacles d'Attac, je fus tout de même agréablement surpris par le déroulement de la discussion même s'il m'a fallu secouer vigoureusement le cocotier. Preuve qu'en cette période il y a un réel besoin de réfléchir ensemble et que ça peut être merveilleux.

Le jeune représentant de commerce de cette trouvaille pour think tank éploré sur la tombe d'André Gorz, avait choisi la plus mauvaise manière pour écouler son produit, la manière des sectes de formation en entreprise : remue-méninge et projection de diapos alternée avec questions aux enfants de la salle (tu parles Roger, pratiquement pas de jeunes!), « levez le doigt SVP » ; j'ai commencé assez vite à bouillir (il nous prend pour une assemblée gériatrique?). Premier calque effarant, intitumé « un peu d'histoire » indique les grands penseurs du revenu de misère : More, Paine, Russel, Milton Friedman... J'ai gueulé : où sont les vrais émancipateurs du genre humain : Robespierre, Marx, Engels, etc. Etrangement n'était pas cité au premier rang des fabulateurs de cette tartufferie... ce pauvre André Gorz, célèbre dans les années 1970 pour avoir publié un « adieu au prolétariat » qui lui servit à faire passer cette camelote de salaire de base de misère (je me suis empressé de le rappeler), et le dieu des bobos d'hier et d'aujourd'hui, Proudhon.
Dernier calque affligeant : les conditions de base : universalité, inconditionnalité, individualité... Là j'ai gueulé : « vous z'êtes dans quelle secte ? C'est quoi ces nunucheries ? »
J'ai demandé que cesse le petit jeu du « remue-méninge » pour débiles en entreprises et qu'on entame un véritable débat sur ce conte de fée de « revenu universel », cette « utopie réactionnaire ». Peu à peu, comme vous vous en rendrez compte en écoutant l'enregistrement les choses se sont éclaircies. Je ne m'en cache pas j'ai pesé tout au long pour insister sur le caractère non politique de ce gadget, de plus gadget pour période électorale navrante, pour répéter à plusieurs reprises que nous n'avons pas à entrer sur le terrain « économiste » ou « syndicaliste » de la bourgeoisie, qui, par l'intérêt qu'elle manifeste à ce gadget, espère qu'il lui permettra au moins de retarder l'explosion de la misère sociale le cas échéant. Un des meilleurs moments du débat se trouve vers la fin où un camarade, hors de la bienpensance Attac, dénonce le danger de se laisser séduire par cette promesse d'un minimum vital, estime que la bourgeoisie ne pourra même pas l'appliquer (à voir...). Malgré la dénonciation des politiciens, du capital financier, on oubliait les guerres ininterrompues, le cynisme des destructions massives d'emplois, enfin que le capital ne procède pas à partir des besoins sociaux mais des exigences de la formation du capital.
Face à mon insistance sur le fait que ce débat faussé met la charrue avant les bœufs. Au fond se demander comment atténuer la crise du capitalisme et son impéritie sur la question du travail, calculer avec les experts ce que serait un minimum de base, c'est accepter d'être pris pour des idiots comme avec le sauvetage des 35 heures qui augurait d'un merveilleux partage du travail. Nous n'avons pas à offrir des solutions à la bourgeoisie dans son cadre ni pour la sauver, mais comment la renverser politiquement. L'utopie réactionnaire du « revenu universel » éclate au grand jour si on dénonce son but « national », et la bêtise d'une de ses bibles (« Ne pas perdre sa vie à la gagner » de Baptiste Mylondo, qui écrit cette énormité, digne du plus minable politicien – Jospin avait dit un truc dans ce genre naguère - « ...la mise en place d'un revenu de citoyenneté signifie tout bonnement la disparition de la misère à l'échelle nationale » !(p.107) Et à l'international tu peux crever ? Faut le faire, et je ne me suis pas gêné pour lire cette énormité à la fin de la réunion.

A mon grand regret à cause des interruptions de la présidente de séance, il n'a pas été possible de
réunion classique d'Attac
dissocier les vraies questions que le prolétariat pourra poser et résoudre APRES LA REVOLUTION PAS AVANT NI SOUS LE REGNE DE L'ARGENT. Je n'ai pas été compris dans l'ensemble lorsque je tentais de leur expliquer qu'ils débattaient de questions de « transition au socialisme » (l'avenir et la place du travail) mais DANS LE MONDE ACTUEL comme si la classe gouvernante nous demandait notre avis alors qu'elle nous méprise à chaque fois (cf. le répugnant Traité de Lisbonne et le passage en force de la loi travail). Les objections retombaient au niveau de cet esprit syndicaliste étroit qui croit qu'en obtenant un petit peu on arrache des dents au capitalisme en douceur, ; le souci des plus démunis était aussi virtuel que l'ignorance du sort des chômeurs par les syndicats depuis 50 ans. J'ai demandé vainement qu'on se pose la question pourquoi il n'y a plus aucun parti politique digne de nous représenter., s'il faudrait pas en créer un, espérer de nouveaux Conseils ouvriers comme au moment de la glorieuse révolution en Russie dont nous les maximalistes allons fêter le centenaire.
J 'aurais aimé plus développer contre la propagande qui raconte que le travail est une espèce en voie de disparition (les algorithmes ne nettoieront pas tes chiottes à l'avenir!). Lorsque j'ai cité la phrase de Marx se moquant « un salaire équitable pour une journée de travail équitable », en remplaçant salaire par oisiveté et travail par oisiveté, ils n'ont pas non plus compris l'idée communiste qui est derrière : après la révolution il faudra vivre pour travailler et non pas travailler pour vivre. Dans le communisme, le travail n'est pas une simple activité mais un rapport social. De plus pour Marx le travail n'est pas la source de toutes les richesses. Le communisme c'est la fin du travail parcellaire. On n'a même pas été capables de réaborder la perspective de l'abolition du salariat quoique après l'abolition de l'Etat et de l'argent...
J'ai tout de même réussi à glisser que j'étais d'accord avec Lafargue : 3 heures maximum par jour ! Et qu'il y a du travail pour tout le monde si on considère d'abord les besoins humains. Le manque de confiance des vieux prolétaires de cette assemblée, effrayés d'imaginer les « masses populaires » disparues, les avait fait régresser jusqu'à penser que le projet socialiste-communiste de nos ancêtres aurait été une utopie, pas du tout ai-je dit.
Mais vers la fin on a enfoncé le clou à plusieurs : qui, quel parti, quel Etat va appliquer et rendre des comptes si application du « revenu de base » et souci concret des malheureux et des exclus. Flottement dans l'assistance.
Je vous l'avoue, moi provocateur, j'ai lancé à un moment « l'Etat prolétarien ».

PS: Thomas Picketty est lui totalement à côté de la plaque, demande un "salaire juste" (hi hi) et de respecter... les pourritures de syndicats gouvernementaux qui n'ont jamais rien fait pour les chômeurs: http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/12/13/revenu-de-base-ou-salaire-juste/





deux heures de débat.... le fichier est trop lourd, envoie de l'ensemble du débat sur clé usb sur commande.