"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 26 juillet 2016

COMBAT DE RACES OU DE CLASSES ?


Ayant déjà eu l'occasion de me moquer sur ce blog de la prétention ridicule de la gauche caviar de supprimer le racisme en ôtant le mot race d'un texte constitutionnel, il m'est apparu nécessaire de faire le point sur un sujet ignoré ou passé à la trappe par les derniers résidus groupaux du maximalisme, car dans les forums le révisionnisme bourgeois se répand dans les têtes chétives. Le courant maximaliste communiste n'a jamais eu trop de problème avec la notion de race puisqu'il affirme depuis au moins Marx que le prolétariat n'a pas de sexe ni de race, car : « Le travail sous peau blanche ne peut s'émanciper là où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri ». Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas dans l'espèce humaine des sexes différents, des races différentes, des femmes, des hommes et des enfants. Le simplisme a toujours nourri la démagogie bourgeoise1.
Longtemps après les textes fondateurs de la révolution française sur l'égalité des races et après ceux des Nations unies après 1945 corrects sur l'égalité des races, il faut s'interroger sur le révisionnisme parti des USA sur la notion de races – où d'ailleurs existent des statistiques ethniques interdites en Europe2 – et qui a pour but, non seulement de justifier les communautarismes avec cette invention d'une seule race, mais surtout de dissoudre la notion de classe qui, elle, est plus de nature scientifique que, par exemple, la religion. Marx a peu parlé des races en son temps (plutôt dominé par une mentalité coloniale ou des noirs pouvaient se traiter de nègres entre eux et des arabes de bougnoules), utilisant dans ses courriers privés le terme de nègre, en particulier une fois pour stigmatiser Lassalle ; nos révisionnistes bourgeois pourraient donc le traiter de raciste après coup, or sur le fond il remet la question de la race à sa place, dans le passage suivant du Capital : c'est dans le cadre de la lutte de classe que irlandais (cette race de blancs inférieurs aux anglais) et noirs peuvent s'émanciper :

« « Dans les États-Unis du nord de l'Amérique, toute velléité d'indépendance de la part des ouvriers est restée paralysée aussi longtemps que l'esclavage souillait une partie du sol de la République. Le travail sous peau blanche ne peut s'émanciper là où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri. Mais la mort de l'esclavage fit éclore immédiatement une vie nouvelle. Le premier fruit de la guerre fut l'agitation des huit heures, qui courut, avec les bottes de sept lieues de la locomotive, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique, depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu'en Californie. Le congrès général des ouvriers à Baltimore (16 août 1866) fit la déclaration suivante : "Le premier et le plus grand besoin du présent, pour délivrer le travail de ce pays de l'esclavage capitaliste, est la promulgation d'une loi d'après laquelle la journée de travail doit se composer de huit heures dans tous les États de l'Union américaine. Nous sommes décidés à mettre en œuvre toutes nos forces jusqu'à ce que ce glorieux résultat soit atteint ».

Le problème des races est resté et restera tant que dominera le capitalisme, ce dernier surfe complètement sur les clivages, les complexifie quand ses gauchistes en font une lutte primordiale qui aurait été traitée jusqu'ici comme simplement collatérale par le marxisme3.

Bordiga, notre brillant architecte d'un communisme sans complexe, expliquait que pour le communiste il n'y a qu'une « espèce humaine » se moquait déjà de la prétention du pape, bien avant tous nos révisionnistes de l'élite « socialiste au pouvoir », à supprimer le mot race :

« Comme nous ne sommes ni des métaphysiciens ni des mystiques, nous acceptons, sans nous couvrir la tête de cendres et sans considérer que le genre humain a à expier ces souillures, qu'apparaissent et se développent de mille façons le mélange des sangs, la division du travail, la répartition de la société en classes, l'Etat, la guerre civile. Mais ce qu'il y a au bout du cycle, avec un mélange des races devenu général et inextricable, avec une technique productive capable d'agir de façon puissante et complexe sur le milieu environnant au point d'envisager de planifier les phénomènes à l'échelle planétaire, c'est la fin de toute discrimination raciale et sociale; c'est une économie à nouveau communiste; c'est la fin, à l'échelle mondiale, de la propriété individuelle qui avait engendré les cultes transitoires de ces fétiches monstrueux que sont la personne, la famille, la patrie. Mais à l'origine, ce qui caractérise un peuple, c'est son économie et le degré de développement de sa technique de production en même temps que son type ethnique. Les dernières recherches portant sur la préhistoire ont amené la science des origines humaines à reconnaître plusieurs points de départ dans l'apparition de l'homme sur la terre à partir de l'évolution d'autres espèces animales. On ne peut plus parler d'un «arbre généalogique» de toute l'humanité ni même de différents rameaux de cet «arbre». Une étude d'Etienne Patte (Faculté des sciences, Poitiers, 1953) a souligné avec efficacité le caractère insuffisant de cette image traditionnelle. Dans un arbre, la séparation entre deux branches, grosses ou petites, est pour ainsi dire définitive, puisqu'en règle générale elles ne se refondent plus en une seule. L'espèce humaine est au contraire un réseau inextricable dont les différents rameaux sont constamment reliés entre eux. En trois générations, c'est-à-dire en un siècle, chacun de nous a, s'il n'y a pas eu de croisements entre parents, huit arrière-grands-parents; mais sur mille ans cela ferait plus d'un milliard d'ancêtres, et pour une durée de six cents mille ans, correspondant à l'âge probable de l'espèce, le nombre atteindrait des chiffres astronomiques avec des milliers de zéros. Il s'agit donc d'un réseau et non d'un arbre. Et en effet, dans les statistiques de population des peuples modernes, les représentants des types ethniques purs se trouvent en pourcentage extrêmement faible. D'où la belle définition de l'humanité comme sungameion, c'est-à-dire en grec un ensemble où s'opèrent des croisements dans tous les sens, le verbe gameo indiquant à la fois l'acte sexuel et le rite nuptial. On en revient donc à la formule un peu simpliste: le croisement des espèces est stérile, celui des races fécond.
La position du pape sur ce point est compréhensible. Rejetant toute idée de minorité raciale - ce qui est une position avancée du point de vue historique - il affirme qu'on ne peut parler de races que pour les bêtes et non pour les hommes. Malgré son souci de tenir compte des derniers résultats de la science, résultats qui par ailleurs convergent souvent de façon géniale avec le dogme, il ne lui est pourtant pas possible d'abandonner l'arbre généalogique de la Bible qui part d'Adam (encore que celui-ci soit, sur le plan philosophique, plus hébraïque que catholique) »4.


La question raciale est le top de la mystification capitaliste depuis la victoire des « démocraties» et de la « démocratie populaire stalinienne » sur le nazisme, mais parce que le système a repris globalement la thèse nazie : seule importe la question raciale !
Laissons de côté les diverses sectes néo-nazies, il est plus frappant de voir comment la bourgeoisie mondiale sponsorise les sectes raciales noires, la problématique islamo-terroriste et sa version néo-nazie débile des indigestes de la république (les pires) misérable petite secte dont la surface médiatique est curieusement surexposée, et dont chaque déclaration disqualifie un peu plus l'idiote qui en est la figure de proue : « Houria Bouteldja annonçait, sans son interview aux « Nouvelles questions féministes » (février 2006),  aux « Blancs » qu’ils n’ont plus ce droit pour très longtemps : «Demain, la société toute entière devra assumer pleinement le racisme anti-Blanc. …N’importe quel Blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres. Parce que, lorsqu’il n’y a plus de politique, il n’y a plus de détail, il n’y a plus que la haine … si vous voulez sauver vos peaux, c’est maintenant. …demain, il n’est pas dit que la génération qui suit acceptera la présence des Blancs »5.


On peut lire l'article intéressant du Point sur l'évolution de la démarche scientifique pour analyser les différences raciales où pourtant sa défense de la notion de groupe biologique n'est pas plus pertinente pour classifier l'espèce humaine, mais typique du « scientisme » révisionniste: http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2008-02-28/une-seule-race-mais-sept-groupes-biologiques/919/0/225997
Et aussi : « Peur des mots : race » http://www.exergue.com/h/2008-08/tt/peur-race.html
Et voir la récup délirante de Marx avec l'invention de « races sociales » par le PIR... cette micro-secte bien en vue dans les médias se met à la remorque de l'idéologie américaine dans une interprétation anti-raciste voire « raciale » des déterminations que Marx fixe au prolétariat (la racine du mal l'esclavage... pas le capitalisme), avec ce genre d'inter-titre : « Marx s’adressant aux ouvriers blancs : choisissez la solidarité raciale à la solidarité de classe à vos risques et périls ! », affirmation qui va comme un gant à la mère Houria et à sa théorie débile qui définit le blanc comme une sous-merde6.
« LE MOT RACE N'EST PAS DE TROP DANS LA CONSTITUTION FRANCAISE »
Un article intelligent sur Médiapart, présenté comme avis personnel, vu les positions généralement révisionnistes et bourgeoises de ce site gauchiste : Le mot "race" n'est pas « de trop » dans la Constitution française : https://blogs.mediapart.fr/ebalibar/blog/051015/le-mot-race-nest-pas-de-trop-dans-la-constitution-francaise

Mes notes:

1Voici un échantillon du raisonnement de la race unique (assez proche de la race unique nazie d'ailleurs) qu'on trouve sur le web, avec le même type d'arguties chez le résidu PCF et divers blogs gauchistes universitaires : «http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/svt/file/ancien_site/log/3eme/log_ebc/OMHtmlExport/La_notion_de_race_n_existe_pas_pour_l_espece_h.htm
2 On lit ceci sur wiki : La race, telle qu'elle est définie aujourd'hui par le Bureau du recensement des États-Unis et le Bureau de la gestion et du budget des États-Unis, est une donnée correspondant à un concept d'identification selon lequel les résidents choisissent la race ou les races avec laquelle ou lesquelles ils s'identifient le mieux1. Les catégories, qui restent facultatives, représentent un concept sociologique de « races » qui a pour but de « refléter de façon générale une définition sociale de la race reconnue [aux États-Unis] ». La race et l'ethnicité sont considérées comme deux identités séparées et distinctes, et l'origine hispanique constitue une question séparée. Même s'il est, la plupart du temps, employé pour distinguer des groupes de citoyens dont l'apparence physique est différente il peut aussi bien désigner l'espèce humaine dans son ensemble dans l'expression "human race ». Pas moins de 6 races sont retenues par les recenseurs américains... mais il faut l'ensemble de la note de Wiki pour voir que la bourgeoisie US rend compte (et se sert) d'une problématique plus complexe pour découper en tranches sa population, mieux que le simplisme nazi bon à rien ou le simplisme du scientisme gauchiste en France avec sa race unique.
3Lire l'intéressante recension « la race de Marx aux marxistes : http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-515.html
4 BORDIGA (Facteurs de race et de nation dans la théorie marxiste).
6http://indigenes-republique.fr/tant-que-nous-ne-sommes-pas-tous-abolitionnistes-marx-sur-lesclavage-la-race-et-la-classe/

EXTRAITS du texte publié par Médiapart :

« … Au delà de cette question, les études sur les jumeaux monozygotes adoptés et séparés à la naissance ont révélé dans le monde anglo saxon la prévalence du déterminisme génétique sur les comportements. Et ces comportements constituent sans doute les précurseurs de la culture. Oui, il y a des différences entre les peuples humains et on ne voit vraiment pas pourquoi on serait différent des animaux ! Cet article est révélateur d'une intox de la pensée à grande échelle. Mais n'oublions pas que tout scientifique écrivant autre chose sera non seulement traduit en justice mais démis de ses fonctions et privé de tout crédit pour ses recherches.
Car le mot race, on l'a surabondamment montré, ici, n'a pas fondamentalement une signification « biologique ». Il s'agit là, au sens strict, d'une « élaboration secondaire ». Son sens premier est historique et social. Il fait corps avec la représentation imaginaire d'une substance héréditaire et d'une structure généalogique des groupes sociaux (qui sont de plus en plus, à l'époque moderne, des groupes nationaux, des « majorités » ou des « minorités nationales » actuelles ou potentielles), et avec la projection des différences sociales dans un imaginaire de marques somatiques (couleur de peau, conformation des traits et des membres, etc.). L'idée que race, dans notre débat, aurait une signification « bio­ logique » est une mystification historique. Le terme de race dans son usage moderne, discriminatoire, a acquis sa fonction et sa valeur avant toute élaboration « biologique », et il est susceptible de les conserver par-delà cette élaboration.
  Bien entendu, l'idéologie raciste, à un moment donné de son histoire (qui coïncide avec le scientisme et avec la prétention des nations européennes de classer différentiellement et de penser hiérarchiquement le monde, l'humanité dont elles faisaient la conquête, qu'elles réduisaient directement ou indirectement en esclavage, du 18e au 20e siècle), est elle-même à l'origine de cette mystification, dont les biologistes ont été à la fois les victimes et, à  l'occasion, les instruments. Raison de plus pour ne pas reproduire, jusque dans sa critique, l'illusion qu'elle entretient. Comme « concept », dans le champ de la biologie (non seulement celui de la biologie humaine, mais celui de la biologie générale) , le terme de race ne relève pas de la théorie scientifique : il relève, depuis le début, de ce que Canguilhem appelle l'idéologie scientifique. Il traduit précisément le fait que le travail scientifique n'est isolé ni des pratiques techniques, ni des idées politiques et sociales, ni des élaborations fantasmatiques de l'identité et de l'altérité : c'est peut-être pour une part , au moins, ce qui a fait son efficacité, en tout cas, ce qui a fait le ressort de la dialectique de l'idéologie et de la science dans les disciplines biologiques [4]L'idéologie scientifique des races (qu'il s'agisse des « races humaines » ou des « races animales » de la classification et de la zootechnie) plonge en effet ses racines dans le concept juridico­ politique (voire théologico-politique) de race, qui ne cesse d'en étayer l'évidence,  et qui ressurgit, non par hasard, dans  ses « applications » politiques, et même dans la critique de ces applications.
Le concept de race a pu emprunter ses élaborations secondaires aux successives théorisations de l'histoire naturelle et de l'évolution. Plus profondément, il est indissociable d'un imaginaire somatique dans lequel se trouvent projetées les différences perçues ou instituées dans l'« espèce humaine ». Mais surtout, comme j'ai essayé de le montrer ailleurs, depuis le début du 19e siècle au moins, c'est-à-dire depuis la prédominance des Etats-nations, il est une expression conflictuelle, « ambiguë », de l'identité nationale et du nationalisme : soit dans la perspective d'une restriction,  d'une « épuration » et d'une « sélection » de cette identité, soit dans la perspective d'une identification de la nation avec les valeurs mythiques d'une « civilisation » supranationale et transhistorique, à la fois « naturelle » et « spirituelle ». Il est ainsi une expression privilégiée de ce que j'appelle l’ethnicité fictive des groupes  sociaux.[5]
 « Supprimer la race » d'un texte constitutionnel n'est donc pas se mettre en accord avec la science, qui ne sert ici que de couverture, c'est en pratique dénier l'efficacité et la réalité historique de l'ethnicité fictive et de la projection corporelle des différences sociales en  tant  que  facteur,  de discrimination.
 Mais l'ambiguïté tient aussi au fait que l'énumération : « origine, race, religion » (éventuellement complétée par « croyance ») est, on l'a bien montré ici même, profondément illogique. Pourquoi l'est-elle ? Essentiellement parce que mal construite en tant précisément que « classification », que « catégorisation » ! Il apparait aussitôt que les catégories ainsi repérées plutôt que définies ne sont pas, en réalité, disjointes : ni en théorie, ni surtout en pratique ... N'oublions pas qu'il s'agit d'une injonction négative, et posons-nous la question : s'agissant par exemple des individus ou des groupes catalogués comme « Juifs », soit qu'ils acceptent, qu'ils revendiquent , qu'ils interprètent à leur façon ou qu'ils récusent cette désignation, est-ce que la discrimination dont ils pourraient faire l'objet est ici proscrite au titre de l'origine , au titre de la race, ou au titre de la religion ? La question est évidemment insoluble. Mais n'en va-t-il pas au fond de même, selon des modalités  à  chaque  fois  diverses,  pour  ce  qui  concerne  les « Arabes » ou les « Beurs », voire les « Musulmans » (désignation qui n'a rien de « purement religieux ») ?[6] Et pour ce qui concerne les « immigrés », catégorie fourre-tout qui ne recouvre certes pas tous les « étrangers » installés en France, mais dans laquelle sont inclus, jusque dans certaines statistiques officielles, nombre de citoyens français ou d'enfants nés ici, et avec laquelle sont amalgamés tous les Antillais et autres Réunionnais « noirs » ?
 Cependant, ces constatations nous amènent à une troisième et dernière raison. La « redondance » de l'énoncé, si elle a des effets seconds manifestement dangereux, peut aussi aujourd'hui avoir un effet positif : c'est elle qui, en effet, nous aura incités à remettre en discussion les textes constitutionnels. Plutôt que de procéder à des suppressions qui fonctionneront comme des refoulements ou des dénégations, il faudrait, me semble-t-il, en profiter pour essayer d’ouvrir les textes à la reconnaissance de nouvelles luttes pour l'égalité et au rejet explicite de discriminations anciennes et nouvelles (voire futures). On s'inscrirait ainsi dans la perspective d'une politique offensive des droits de l'homme, toujours étroitement liée aux droits du citoyen, à la  citoyenneté.
 Telle qu'elle est, avec son « impureté » constitutive, l'énumération actuelle peut être utilisée comme un point d'appui pour des ajouts qui ne seront sans doute pas plus aisément « définis­ sables » que les précédents, mais qui tireront leur portée et leur intelligibilité des circonstances et de l'histoire. Je me garde bien, ici, de formuler des propositions de rédaction, de peur de tomber dans le petit jeu de la législation en chambre, mais je voudrais signaler au moins trois directions qui me semblent d'une brûlante actualité. Les unes sont rétrospectives, c'est-à-dire qu'elles ont affaire à ce que, en France du moins, on a tendance à considérer comme des « survivances ». Les autres sont prospectives, c'est-à­dire qu'elles visent à nous armer contre la persécution de nouvelles « différences »,  ou contre l'utilisation des « différences »  anthropologiques pour fonder des discriminations nouvelles en  face desquelles il faut se redonner les moyens de construire l'égaliberté.Redisons  que  ces  moyens sont avant   tout  sociaux  et politiques, mais que la proclamation du  droit  en  est un moment nécessaire. Il s'agit d'abord de la différence sexuelle. Nous n'avons pas le temps  ici de revenir     sur  l'histoire  des  tentatives  pour  introduire au niveau le plus fondamental de la Constitution une condamnation de la  discrimination  entre les sexes, jusqu'à  l'échec encore récent  de la proposition Roudy.[7] Sans doute faudrait-il enfin, au vu de la persistance des discriminations « sexistes » partout dans le monde (y compris chez nous) et de la recrudescence d'idéologies notamment religieuses qui font de l'inégalité de l'homme et de la femme une thèse de principe, faire aboutir cette revendication. Sans doute aussi faudrait-il trouver les formulations permettant d'étendre la condamnation des discriminations à l'ensemble des différences sexuelles individuelles, incluant aussi bien les comportements que les identités (les uns et les autres étant d'ailleurs de moins en moins nettement séparés, justement du fait de certaines avancées de la biotechnologie), en précisant au besoin les limites de cette reconnaissance a contrario (notamment pour ce qui concerne le domaine des perversions, des mutilations et des violences). Je rappelle que la France vient d'être condamnée par la Cour de justice européenne pour certaines discriminations contre les trans­ sexuels en matière d'état-civil.
 Il s'agit également, au-delà des questions de sexe, du problème complexe et redoutable des différences génétiques, qui surgit aujourd'hui à chaque pas dans le grand champ de ce que Michel Foucault appelait la « biopolitique ». On peut se poser la question de savoir si la présence, dans le texte constitutionnel, d'une condamnation des discriminations fondées sur la race (supposée non seulement existante mais héréditairement donnée) constitue vraiment un garde-fou suffisant contre l'ensemble des pratiques eugéniques dont la limite et les motivations sont d'ailleurs, à nouveau, ambiguës. A fortiori peut-on se demander si nous n'avons pas un besoin collectif urgent de nous prémunir, non pas contre la connaissance théorique et la maitrise au moins partielle de la transmission du patrimoine génétique des individus, mais bien contre certains des effets pervers de ce nouveau « biopouvoir » et des moyens de domination qu'il peut fournir : droit des individus à la descendance , en dépit des « handicaps » dont ils peuvent être considérés comme les porteurs ou les transmetteurs, mais aussi droit des individus à cette propriété essentielle que constitue la protection, voire le secret, de leur identité personnelle (ou plutôt de la part de celle-ci qui est « lisible » dans un génome ou dans une formule sanguine). Là encore des limitations du droit individuel en fonction des intérêts de la société sont inévitables (comme ils le sont ou devraient l'être pour toute « propriété »), mais elles appellent une définition d'autant plus claire des droits imprescriptibles de l'individu : songeons non seulement à l'utilisation des « empreintes génétiques » pour l'identification policière ou les imputations de paternité, etc., mais aussi, plus banalement , à l'émergence progressive d'un vaste programme de sélection et d'orientation des individus en matière d'éducation et d'emploi, correspondant à ce que j'ai appelé ailleurs le « post-racisme » (qui prend la suite du biologisme du 19e siècle, en bénéficiant précisément de la critique scientifique de la notion de race et de son  remplacement  pas  celle  de  variabilité génétique).
 Il s'agit enfin de la question de la nationalité d'origine. Peut­ être est-ce le point sur lequel le texte constitutionnel aurait le plus immédiatement besoin d'une précision, de façon à anticiper, sans toutefois les prescrire, sur les refontes inévitables de la « citoyenneté », et donc sur la conception même des droits de l'homme qui lui est liée. La fusion historique et la confusion conceptuelle de la citoyenneté et de la nationalité sont allées si loin, depuis le début du 19e  siècle, que, comme le remarquait Hannah Arendt dans un texte célèbre l'individu  privé de nationalité ou « apatride » est aujourd'hui à grand peine reconnu comme un « homme ».[8] Cette fusion a entrainé l'institutionnalisation massive de la « préférence nationale » (dont, non par hasard, la propagande néofasciste en France et ailleurs fait aujourd'hui son cheval de bataille). A elle seule cette notion exprime le poids des réalités institutionnelles, inextricablement pratiques et idéologiques, qui sous-tendent les représentations racistes et xénophobes dans le monde actuel. Mais l'évolution de la notion du « citoyen » est inéluctable, comme je le rappelais plus haut : aussi bien dans son aspect « public » que dans son contenu « social ». Il ne s'agit donc pas, en renforçant la condamnation des discriminations en raison de la nationalité d'origine, d'anticiper sur une redéfinition, moins encore d'imaginer une dissociation pure et simple des notions de citoyenneté et de nationalité qui n'est pas à l'ordre du jour. Mais il s'agit, indépendamment de cette redéfinition et cependant dans un contexte où les Etats, les sociétés, ne peuvent échapper à volonté à l'emprise du nationalisme, de dresser un explicite garde-fou contre toute idéologie, toute pratique de  la « préférence nationale ».
 Nous pouvons alors, en quelques mots, revenir aux problèmes généraux dont nous étions partis. L'énoncé que nous discutons est, à l'évidence, un de ceux qui marquent la référence à l'universalité des droits de l'homme dans le texte constitutionnel. Il représente, si je puis dire, une des voies de passage du « droit de l'homme » dans le « droit du citoyen ». C'est aussi, cependant, un énoncé inscrit dans une Constitution nationale, et dont je rappelle une fois encore qu'il figure au titre de la Souveraineté ! Or, depuis deux siècles au moins, la question de la race, de la discrimination et de la persécution raciales, qu'il s'agisse d'anti­ sémitisme ou de racisme colonial et postcolonial, est indissociable de la question du nationalisme. Un Etat-nation ne peut pas , d'une certaine façon, ne pas être « nationaliste », et l'entrée dans une phase de relativisation de la forme nation, surtout si ce processus doit plus aux impératifs de la stratégie et du marché qu'à un internationalisme démocratique, ne peut qu'accentuer cette ten­ dance. Il n'en est que plus décisif de savoir si et comment un tel Etat inscrit dans sa propre « loi fondamentale » certains antidotes et moyens de lutte politico-juridiques contre son propre nationalisme, et ses effets violents.
 Mais il y a plus. Le colour bar subsiste partout aujourd'hui, si mal définis que soient ses contours et si contradictoires ses critères, inextricablement mêlés aux critères de la différence « culturelle » (ou décrétée telle) : cette moderne « barrière de couleur » est aujourd'hui mondiale et traverse  toutes les formations sociales « nationales », dont la nôtre. Cela veut dire, bien loin que les races aient « disparu », qu'elles ont subi une polarisation radicale. Plus que jamais il n'y a, au sens fort, que « deux races », dont la marque sociale est d'autant plus contraignante que la réalité biologique en est plus fantasmatique : les Blancs (ou les « Nordistes ») et les non-Blancs (ou les « Sudistes »). Personne en vérité ne sait exactement ni ce  qu'est un « Blanc » ni ce  qu'est un « non-Blanc ». Mais qu'il y ait une ligne de clivage entre eux est partout perceptible, et cette nouvelle « évidence » ne sera pas atténuée, bien au contraire, par le « métissage » généralisé et la circulation mondiale des populations, donc la diffusion des types physiques rendue possible par l'intensification des communications mondiales et des phénomènes de migrations. Souvenons-nous ici de l'exemple analysé précédemment par Michel Panoff : c'est partout dans le monde qu'il y a tendanciellement des « indigènes » et des « demis » (les mêmes individus pouvant être selon les lieux géographiques et les barrières sociales, tantôt « indigènes »  tantôt « demis »...). Et cette différence ambiguë, qui combine inextricablement la marque sociale avec la marque ethnique, est de plus en plus amplement projetée en Europe : l'« apartheid », officielle­ ment démantelé dans ses bastions d'Afrique, tend alors à se reproduire partout chez nous de façon pratique, de façon « soft ». C'est l'une des grandes frontières intérieures de ce que nous appelons la démocratie. Et c'est avant tout à cela qu'il faut penser lorsque nous cherchons à formuler, pour la rendre opératoire et perceptible aux masses, l'universalité du  droit.
 Je crois donc pouvoir le dire à nouveau avec arguments à l'appui : le mot race dans la Constitution n'est pas « de trop ». Il serait plutôt insuffisant pour ce que nous avons à affronter.
 Post-Scriptum (7 novembre 2015): Etant donné le texte de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés qui définit le réfugié comme «toute personne qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays», une modification de la Constitution française sur ce point créerait évidemment une situation très gênante.


[1] Bien entendu, je ne veux pas dire ici que les suggestions de formulations relatives aux droits de l'homme et des citoyens ayant une portée et une validité transnationale doivent venir uniquement des Etats ou de mouvements d'opinion publique définis dans un cadre national. Au contraire, je crois que cette dimension doit être activée, complétée et, le cas échéant, corrigée par des initiatives civiques qui se présentent d'emblée comme transnationales (où les mouvements associatifs pour l'« Europe des citoyens », ou pour la « citoyenneté méditerranéenne », par exemple, peuvent aujourd'hui jouer un rôle important). Cela pour répondre à une question de Pierre Fiala.
 [2] De même que, ne l'oublions pas, les « déclarants » de 1789 avaient déjà été amenés à compléter l'énumération des droits fondamentaux par celui  de « résistance à l'oppression », dont il est inutile de rappeler les interminables débats auxquels il a donné et donne toujours  lieu.
[3] Ce point est crucial, mais il est aussi extrêmement délicat : on voit dans certaines formulations des mouvements racistes (comme le Front national) se profiler l'auto-racisation. Dans le voisinage des slogans qui demandent « la France aux Français » et des dénonciations de l'antiracisme comme « racisme anti­ français », nous sommes à la limite du lapsus révélateur (comme dans le cas des propositions « négationnistes ») et de l'adoption explicite d'un programme de racialisation de l'Etat (comme sous Vichy et dans le Troisième Reich), c'est-à-dire d'un programme de changement de « régime » et de discours constitutionnel. N'oublions jamais que, formellement, les régimes dits « totalitaires » sont aussi  des « Etats de droit ».
 [4] Sur la notion d'« idéologie scientifique », cf. Georges Canguilhem, Idéologie  et rationalité dans l'histoire des sciences de la vie, Paris, Vrin,   1977.
 [5] Voir E. Balibar et I. Wallerstein, Race, Nation, Classe. Les identités ambiguës, Editions La Découverte, 1988 (rééd. 2007).
 [6] Il me faut ici redire ce que j'ai eu l'occasion de soutenir dans la discussion : la catégorie de « religion » n'est pas plus logiquement ou scientifiquement définie que celle de race, son référent « réel » est tout aussi insaisissable ou conflictuel. Qui définit en effet une « religion » ou une « appartenance religieuse » (voire  une « non-appartenance religieuse » : car il peut y avoir des discriminations pour non­ appartenance, ou non-reconnaissance des traditions religieuses incorporées à la « culture dominante ») ? Ou encore qui définit la différence entre une « religion » et une « secte », et au nom de quels arguments (aux fins par exemple de faire bénéficier la première de l'égalité des droits dans le cadre de la « laïcité » républicaine et de limiter, surveiller ou interdire les activités de la seconde au nom de la protection de la personne humaine ou du respect de l'ordre public)? Il suffit d'ailleurs de changer de tradition juridique et d'espace politique, de passer, par exemple, de la tradition étatique et concordataire française à la tradition individualiste et subjectiviste américaine pour constater que ces questions névralgiques y sont posées en d'autres termes. Si, donc, l'on voulait rigoureusement soumettre, les termes de la Constitution au critère de la « définissabilité scientifique », il faudrait ne pas s'en tenir à race mais remettre aussi en cause « religion » : et il est bien probable alors que l'immense majorité de nos concitoyens percevraient mieux la réduction de garantie des libertés que risque de signifier cet accroissement de scientificité !
 [7] J'ignorais, en préparant cette intervention, les étonnantes péripéties de la rédaction de la Constitution de 1946 qui ont été mises à jour par Jean-Jacques Israel. Ce « lapsus objectif » qui aurait fait passer de l'inscription du « sexe » à celle de la race a sans aucun doute une signification du double point de vue  du « racisme » et du « sexisme », et suffirait, s'il en était besoin, à nous rappeler que les deux problèmes ne sont pas disjoints. Reconsidéré après un demi-siècle, il permet aussi de compléter la démonstration que nous esquissions plus haut, puisque la notion de « sexe » à son tour est en train de perdre, sinon son évidence, du moins sa simplicité psychobiologique.
 [8] L'impérialisme (volume 2 des Origines du totalitarisme), traduction française, Paris, Fayard, 1982, p. 239 et suiv.


Le texte le plus intéressant contre le simplisme de la « seule race », est celui de Perrin sur le site de Catherine Mezetulle auquel je suis abonné : http://philo.pourtous.free.fr/Articles/A.Perrin/race.htm
Extraits :
Race, racisme et police du langage
(…) La race devant la science
   Le premier argument est celui selon lequel le concept de race est dépourvu de valeur scientifique – c'est bien du concept qu'il s'agit ici en effet, et non du mot, en dépit de la maladroite formulation des honorables parlementaires : un mot, en tant que signifiant arbitraire, n'a pas à être adéquat à la réalité et ne saurait donc se voir attribuer ou dénier une quelconque « valeur scientifique ». À l'appui de leur thèse ils invoquent l'autorité de François Jacob et d'Albert Jacquard et sans doute auraient-ils pu appeler à leur rescousse bien d'autres savants qui contestent, parfois de façon péremptoire, la scientificité du concept de race. Interrogée le 30 juin 2013 sur France Inter entre 8h20 et 8h30, l'ethnologue Anne-Christine Taylor faisait la déclaration suivante :
« Quand l'Unesco après la guerre a voulu mettre un terme à cette terrible maladie de la raciologie, ce sont les ethnologues que l'Unesco a convoqués pour essayer de tordre le cou une fois pour toutes à cette affaire de race. Tout ça, le mot de race, ça n'existe pas, il n'y a pas plusieurs races humaines ».
   En effet l'Unesco qui avait réuni dès 1949 des ethnologues, anthropologues, sociologues, psychologues, biologistes, zoologues a publié leurs contributions dans un ouvrage collectif intitulé Le racisme devant la science (Unesco/Gallimard 1960). Remarquons d'abord que cet ouvrage, comme l'indique son titre, prend pour cible le racisme et non exactement le concept de race. Les thèses cardinales et récurrentes des articles qui le composent sont les suivantes :
- Il n'y a pas de races pures, celles-ci supposant un isolement que les migrations, très anciennes dans l'espèce humaine, ont depuis longtemps rompu en favorisant au contraire le métissage.
- Les différences raciales ne sont pas immuables.
- Les différences entre les êtres humains sont moins importantes que les ressemblances.
- Les classifications ont toujours un caractère arbitraire.
- Le métissage pourrait présenter des avantages biologiques.
- On ne peut pas fonder sur les différences raciales l'affirmation de la supériorité d'une race sur une autre.
   Dire qu'on ne peut pas partir des différences raciales pour en tirer des conséquences racistes, ce n'est pas dire qu'il n'y a pas de différences raciales. Et la proposition Il n'y a pas de races pures n'est ni grammaticalement ni logiquement équivalente à la proposition Il n'y a pas de races : tout à l'inverse il n'y aurait aucun sens à énoncer la première s'il était entendu que la seconde est vraie. Contrairement à ce que d'aucuns essaient de leur faire dire aujourd'hui, les auteurs de Le racisme devant la science n'affirment nullement que les races n'existent pas ni qu'il faut renoncer à faire usage du mot race. Ainsi Michel Leiris écrit dans l'article intitulé Race et civilisation :
« On peut, de surcroît, regarder aujourd'hui comme établi que la notion de « race » est une notion d'ordre exclusivement biologique dont il est impossible – à tout le moins dans l'état actuel de nos connaissances – de tirer la moindre conclusion valable quant au caractère d'un individu donné et quant à ses capacités mentales ».1
   Dire que la notion de race est d'ordre exclusivement biologique, ce n'est pas dire qu'elle n'a aucune signification biologique. Et Leiris poursuit un peu plus loin :
 « Du point de vue de l'anthropologie physique, l'espèce Homo sapiens se compose d'un certain nombre de races ou groupes se distinguant les uns des autres par la fréquence de certains caractères transmis par la voie de l'hérédité mais qui ne représentent évidemment qu'une faible part de l'héritage biologique commun à tous les êtres humains ».2


(…) La science, le langage et la politique
   Cependant affirmer qu'il faut supprimer le mot race de la législation ou de la Constitution pour cette raison que le concept de race n'est pas un concept scientifique, c'est présupposer une certaine conception des rapports de la science avec la politique et le droit qui place ceux-ci sous l'autorité de celle-là, ce qui n'est pas sans conséquences comme on le verra plus loin. C'est d'abord présupposer que la législation ou la Constitution ne doivent comporter que des mots signifiant des concepts scientifiques, ce qui a, il faut bien le dire, des allures de plaisanterie. Quiconque prendra la peine de relire les 89 articles de la Constitution de la Vème République sera bien en peine d'y trouver un seul mot qui satisfasse à ce réquisit. Tenons-nous en à l'article 1er :
 « Elle (la République) assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race, ni de religion ».
   Le concept de race n'est pas scientifique, soit, mais celui de religion ? Pour n'avoir pas à entrer dans une discussion complexe visant à établir à quelles conditions un concept peut être dit scientifique, on admettra qu'il doit à tout le moins être univoque et avoir les caractères que Descartes accorde à l'idée claire et distincte. Le concept de religion satisfait-il à ces exigences ? Comme l'observe Étienne Balibar,
« la catégorie de « religion » n'est pas plus logiquement ou scientifiquement définie que celle de race, son référent « réel » est tout aussi insaisissable ou conflictuel (…) qui définit la différence entre une religion et une secte et au nom de quels arguments (aux fins par exemple de faire bénéficier la première de l'égalité des droits dans le cadre de la « laïcité » républicaine et de limiter, surveiller ou interdire les activités de la seconde au nom de la protection de la personne humaine ou du respect de l'ordre public) ? ».9
   Pour s'en tenir à un seul exemple, rappelons que l’Église de scientologie qui est une secte en France a le statut d'une religion aux États-Unis. Et souvenons-nous que pour Descartes l'idée distincte est « celle qui est tellement précise et différente de toutes les autres qu'elle ne comprend en soi que ce qui paraît manifestement à celui qui la considère comme il faut ».10 Une idée qui n'est pas distincte peut-elle avoir ce que les parlementaires appellent une « valeur scientifique » ? L'enjeu n'est pas mince puisque l'article 1er de la Constitution vise à prémunir les citoyens contre toute discrimination sur la base de la religion. 
   En vérité le langage de la politique et du droit est celui des langues naturelles. Il n'est pas et il n'a pas à être celui de la science. Les mots y ont le sens qu'ils ont dans le dictionnaire et correspondent à ce qui se passe dans le monde humain, aux représentations des hommes et à la façon dont ceux-ci catégorisent leurs expériences. Comme le fait remarquer Danielle Lochak 11, on ne peut attendre de toutes les catégories juridiques qu'elles correspondent à un découpage objectif de la réalité empirique : qu'est-ce qui caractérise objectivement les « bonnes mœurs » par exemple ? Et qu'est-ce qu'un film « à caractère pornographique » ? Qu'est-ce qui le  distingue « objectivement » ou « scientifiquement » d'un film simplement « érotique » ? Quand on soutient, comme le rapporteur du projet de loi à l'Assemblée nationale, que « La langue du droit ne doit pas employer celle des préjugés » 12, on devrait expliquer en quoi les catégories de « bonnes mœurs » ou de « pornographie » sont moins porteuses de préjugés que celle de race (ce qui, certes, n'arrangerait pas rétrospectivement les affaires de Flaubert face au réquisitoire de l'avocat impérial Ernest Pinard). Lorsque le droit constitutionnel parle de la race, il parle de ce qui est reconnu comme race, de même que lorsque le droit civil parle de la propriété privée il parle de ce qui est reconnu comme propriété privée. Le droit n'a pas à dire si la race ou la propriété privée existent en soi, même si le savant peut nier la réalité objective de celle-là et même si le philosophe peut contester que celle-ci existe réellement, soit parce que ayant pour origine l'appropriation arbitraire d'une propriété en soi collective, elle s'identifie au vol, soit parce que n'étant ma propriété que dans la mesure où l’État consent à reconnaître ma possession comme propriété, il en est au fond le véritable propriétaire.
(…) Police du langage et novlangue : 1984 en 2013
   Le mot race est donc retiré de la législation sans l'être de la Constitution. Demain il sera retiré de la Constitution sans disparaître pour autant de notre droit positif.28 Quelle importance alors ? Quand on objecte aux partisans de ce retrait qu'on ne fait pas disparaître le racisme en faisant disparaître le mot race, ils se récrient qu'ils le savent bien. Le rapporteur du projet de loi en convient lui-même dans l'exposé de ses motifs : « sa suppression ne fera évidemment pas disparaître le racisme ».29 Le racisme n'aura pas reculé d'un pouce dans cette affaire, mais la dictature du politiquement correct aura, elle, encore progressé. Il y a là une passion répressive qui s'exprime parfois sans retenue, comme en témoigne superbement un article d'une avocate au barreau de Paris intitulé : Pour lutter contre le racisme, il faut lutter contre le racialisme. Celle-ci propose d'introduire dans la Constitution un article ainsi rédigé :
« Elle (la France) assure l'égalité de tous devant la loi sans distinction d'origine ni de croyances, et elle est garante de l'interdiction absolue de distinguer de prétendues races dans le genre humain, qui est un et indivisible ».30
   Les biologistes « très minoritaires », dont Mme Tuaillon-Hibon regrette un peu plus loin que des quotidiens nationaux leur donnent parfois la parole, n'auraient alors qu'à bien se tenir. L'avocate poursuit :
« C'est donc bien un certain usage du mot qu'il s'agit d'interdire. Car le sujet est bien là : si on commence à ne plus avoir le droit de reconnaître l'existence même de « différentes races humaines », on aura ensuite beaucoup plus de difficultés, il sera même impossible, d'en consacrer des « supérieures ».
   Dans 1984 de George Orwell, Syme dit à Winston :
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer ».31
   Et Mme Tuaillon-Hibon de conclure :
« Le gouvernement de ce pays (…) s'honorerait (…) en proclamant que non seulement on ne peut faire de distinction entre de prétendues « races humaines », on ne peut en dire certaines inférieures (ou supérieures) à d'autres (…) mais encore, mais surtout que de telles races dans l'espèce humaine n'existent pas, et que postuler le contraire est déjà un délit ».
   Oui, vous avez bien lu : postuler le contraire est déjà un délit. Dans 1984 Orwell écrivait :
« aux yeux du Parti, il n'y avait pas de distinction entre la pensée et l'acte ».32
   Pour combler les vœux de Mme Tuaillon-Hibon il ne restera plus qu'à rendre obligatoire dans les écoles de la République l'enseignement de la formule Il n'y a qu'une seule race, la race humaine, ce qui signifie tout bonnement que la subdivision au sein de l'espèce s'identifie à l'espèce dont elle est la subdivision ou encore que la partie est aussi grande que le tout dont elle est une partie. Et si l'élève Alice demande de sa petite voix raisonnable : « La question est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu'ils veulent dire », le professeur Humpty-Dumpty ne manquera pas de lui rétorquer : « La question est de savoir qui sera le maître … un point c'est tout ».33
   Il suffisait jadis de reconnaître l'unité de l'espèce humaine au sein du genre animal pour écarter l'idée de la supériorité d'une race sur une autre. Ainsi Thomas d'Aquin distinguait-il déjà les différences, essentielles, qui dérivent de la forme (raisonnable/non-raisonnable) et celles, accidentelles, qui dérivent de la matière (masculin/féminin, homme blanc/homme noir), seules les contrariétés dérivant de la forme constituant des différences spécifiques :
« Et propter hoc albedo et nigredo non faciunt homines differre secundum speciem ».34
   Cela ne suffit plus à notre modernité dont ce n'est pas le moindre paradoxe que de chanter les vertus du métissage tout en niant l'existence de sa condition de possibilité et, plus largement, de faire l'apologie de la diversité et des différences tout en travaillant à les effacer de l'ordre symbolique, comme si nous ne pouvions respecter l'autre qu'à condition qu'il fût de part en part le même, c'est-à-dire en abolissant en lui toute altérité ».




vendredi 22 juillet 2016

PSYCHOPATHES D'HIER ET D'AUJOURDHUI


(interprétations et délires : tueur psychopathe ou soldat de daech?)

« Notre société est dirigée par des fous ayant des objectifs démentiels. Je pense que nous sommes gouvernés par des maniaques ayant des fins maniaques et je pense avoir des chances d’être mis à l’écart comme fou pour avoir dit ça. C’est ce qui est fou à propos de ça ». John Lennon
« Si le peuple savait ce que nous avons fait, il nous poursuivrait dans la rue et nous lyncherait ». (George H.W.Bush, décembre 1999).

On n'est pas en guerre. Ceci est une invention du pouvoir pour justifier ses incursions militaires au service de la bourgeoisie américaine et de ses banques. Il y a complot et complot. Le complot du terrorisme sans cesse avancé par nos gouvernants a du plomb dans l'aile. Par contre le complot impérialiste est bien réel : trois curieux militaires français tués, trois membres de la DGSE en vérité, morts en « service commandé » sur un territoire où la France n'est pas sensée être en guerre... Par ailleurs, même si l'on fait la part de désinformation de l'agence d'Etat syrien, la guerre « peu conventionnelle » de messieurs Hollande et Valls ressemble bien à une guerre « de masse » classique : « La Syrie demande à l'ONU de prendre des mesures après qu'un raid aérien français a causé la mort de plus de 120 civils le 19 juillet à la frontière turco-syrienne, selon Damas, qui déplore en outre que la coalition soutienne des groupes terroristes ».
Réponse du berger à la bergère dans cette guerre de l'ombre les victimes sont des femmes et des enfants syriens pas des familles de daech ! C'est pourquoi l'argumentaire invoqué pour les radicalisations, selon experts et gauchistes patentés, comme motivations à enrôlement par vengeance ne tient pas la route. Et en quoi de petites racailles psychopathes seraient-ils légitimés pour tuer des civils français et musulmans innocents, qui n'ont donc rien à voir ni avec les exactions de l'armée des industriels capitalistes ni une quelconque responsabilité pour le tapis de bombes jetées au « front syrien » ?
Finalement, la présumée guerre contre l'obscur terrorisme, axe généraliste du mal, permet tout en même temps : de faire passer au second plan les guerres là-bas au service des fractions impérialistes US, allemande et pétromonarchies, de justifier la prolongation et la répétition incessante des meurtres de masse de civils, meutres auxquels « il faut s'y faire » (déontologie du petit despote Valls qu'il nomme « langage de vérité » pour « guerre non conventionnelle ») ; la prolongation éternelle de la situation dite d'exception a permis de dévitaliser toutes les manifestations sociales avec la complicité moutonnière des syndicats jusqu'au vide vacancier, les policiers harnachés ayant tous les droits ; en nouveau plein deuil national, sans vergogne, la principale attaque sociale depuis la vraie guerre mondiale a été achevée dans le cadre des institutions minoritaires et arbitraires de l'élite nationale des politiciens professionnels, on se rappelle le Valls répondant aux manifestants lui disant qu'ils ne voulaient pas de la loi contre le travail : « Vous la voulez pas ? Eh bah vous l’aurez ! ». Toute dictature est cynique1.

Nos inénarrables experts n'ont pas marché une nouvelle fois dans la combine ministérielle, estimant peu probable que les tarés de daech aient organisé directement les récentes attaques en France ou en Allemagne restant éventuellement source d'inspiration pour les débiles et récupérant de façon opportuniste le bain de sang sur le sol européen.

Des interprétations de l'Etat à géométrie variable :
L'idée d'un complot prémédité a toujours la faveur du gouvernement et des gauchistes2... qui se sont empaillés sur les réseaux sociaux entre ceux qui imaginent un « projet politique » chez les psychopathes - « abrutis endoctrinés » - donc gratifient les tueurs de daech comme « soldats », et ceux qui comprennent que la société produit des dépressifs dangereux qu'ils se nomment Andréas ou Mohamed. Les premiers argumentant que daech ne s'était pas réclamé du crash de l'avion de la germanwing, mauvaise pioche3.
Fous furieux ou soldats fous de dieu ?On est presque soulagés... » décrète, sur France Info, un de ses « grands spécialistes » médiatiques, suite à la revendication par Daech de l'horrible attentat de Nice  !
Ainsi, ce n'est plus « un simple déséquilibré  » surgi de nulle part, mais un « soldat de Daech  », qui a fait ce coup sordide et monstrueux. Nos journaleux se retrouvent ainsi rassérénés, en terrain connu, pour faire la propagande guerrière pour laquelle ils sont rémunérés... En effet, comment expliquer à tout un chacun que le monde est devenu une sorte de roulette permanente où à tout instant votre voisin de palier, le quidam que vous croisez au volant, peut, sans le moindre signe précurseur, se révéler être une bombe vivante, une arme fatale improvisée, avec un minimum de moyens, constamment disponibles autour de lui...
Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un « abruti endoctriné » ? radicalisé en quelques jours seulement? La thèse a fait long feu pourtant. Une semaine après l'attentat du 14 juillet qui a fait 84 morts et des dizaines de blessés, le procureur François Molins a annoncé que son auteur prévoyait son acte depuis des mois, mais ni dans une parano religieuse, ni avec l'aide indirecte des pourvoyeurs turcs ou allemands d'armes létales, mais à la ramasse dans un milieu de petites racailles où un couple d'albanais minables revend une ferraille dans un négoce où chti Mohamed et une autre racaille sont en train de s'imaginer en pleine gloire. Cette version « soudaine » détruit la fausse piste lancée par le gouvernement comme d'habitude d'une brusque radicalisation, imbécillité qui avait pourtant fait s'indigner jusqu'au spécialiste Filiu. Une fausse piste habituelle qu'avait déjà emprunté le procureur le jour de l'assaut donné contre les auteurs de l'attentat du 13 novembre, à Saint-Denis. Comme quoi le complot terroriste sert toujours à justifier l'impuissance de l'Etat bourgeois à protéger la population, mais au moins ne fait plus de ses flics des héros, « orfèvres » de la sécurité plus préoccupés de tabasser les manifestants ouvriers, de commettre des bavures qui restent impunies.
Récapitulons. Pour les commis d'Etat bourgeois anti-ouvrier, Valls et Hollande il faut jeter la confusion dès le lendemain du meurtre de masse : l'auteur de l'attentat de Nice "est un terroriste sans doute lié à l'islamisme radical", quand le sous-fifre de l'Intérieur assurait que rien ne permettait pour l'instant de l'affirmer. Les jours passant, le despote Valls a cherché à désamorcer toute critique en niant toute faille des forces de sécurité. Mais ne fallait-il pas bloquer les accès à la promenade des anglais qui allait accueillir 30 0000 personnes autrement qu’avec un véhicule de police municipale et des plots en plastique sur la promenade et absolument rien pour bloquer les trottoirs adjacents ? Quand Mohamed Lahouaiej Bouhlel est arrivé au volant de son camion fou, il lui a suffi de passer sur
le trottoir pour contourner l'obstacle...
Apparemment ni des chicanes constituées de blocs en béton, ni des herses au sol pour bloquer tout véhicule forçant le passage n’ont été envisagées par la police nationale et le Préfet ou par la police municipale et la mairie de Nice. Les services de vidéo surveillance, chers au président du conseil régional et ancien maire de Nice, Christian Estrosi, n'ont même pas été capables de repérer un camion normalement interdit de circuler ce jour là... présumé livreur de glace sans glacière. C'est la raison pour laquelle plusieurs familles de victimes portent plainte à la fois contre l'Etat et la mairie de Nice.
Plus les jours passent plus les manquements des plus hautes autorités qui nous promettent toujours plus de meurtres de masse et toujours plus de policiers qui ne servent à rien, plus il faut cacher l'incompétence et leur jem'enfoutisme. A croire qu'ils aiment tant jouer les croque-morts et les éloges funèbres en chaire4. Alors comme jadis au pays de Brejnev ou chez Erdogan le terroriste, il suffirait d'effacer les traces de la gabegie gouvernementale et des politiciens de droite locaux :
« Panique et incompréhension à la mairie de Nice. Mercredi à 11 heures, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition citant les articles 53 et L706-24 du code de procédure pénale et de l'article R642-1 du Code pénal leur demandant l'effacement «complet» de 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet. Contacté par Le Figaro, le parquet de Paris a confirmé l'information et précisé: «cela a été fait dans ce cas précis pour éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images». Du côté de la police nationale, on rappelle que «sur les mille caméras installées à Nice, 140 présentaient des éléments d'enquête intéressants. La police judiciaire a récupéré 100% des vidéos de ces dernières. La PJ et le parquet ont donc demandé d'effacer les images de ces 140 caméras afin d'éviter l'utilisation malveillante de ces dernières par souci de la dignité des victimes et pour éviter la reprise de ces images par les sites internet djihadistes à des fins de propagande». Enfin, à la chancellerie, on précise que la demande d'un effacement «complet» s'explique par l'impossibilité de procéder à des destructions partielles sur ce type de matériel ».
Au culot de la destruction policière s'ajoute le langage d'adjudant de Valls : « Je n'accepterai jamais les propos honteux qui insinuent que tout cela aurait pu être évité, car dire cela, c'est discréditer nos forces de sécurité qui se battent chaque jour et qui obtiennent des résultats ». Des résultats probants pour le troisième épisode de la série « Vies humaines fauchées »: pratiquement 100 morts et plus de 300 blessés ! Pas la peine de se flatter de pointer l'ignominie du meurtre de centaines de noirs par la police démocratique américaine !

Plusieurs «failles» présumées

La question des moyens déployés pour le 14 Juillet à Nice a été relancée après la parution mercredi soir d'une enquête de Libération. «Contrairement à ce qu'a affirmé le ministère de l'Intérieur, l'entrée du périmètre piéton de la promenade des Anglais n'était pas protégé par la police nationale», assure le journal. Seule une voiture et deux policiers municipaux barraient la zone au moment où est arrivé le camion conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Mercredi, le Canard Enchaîné pointait déjà d'autres «failles» dans le dispositif de sécurité. L'hebdomadaire satirique souligne par exemple que l'idée de disposer des chicanes en béton sur la promenade n'avait pas été retenue. Un système de «filtration du public (avec palpation et ouverture de sacs)» a aussi abandonné au profit de «contrôles aléatoires».
Attaqués pour leur incompétence, les despotes Hollande,Valls, Cazeneuve hurlent au complot contre...eux. L'autocrate Valls dégaine une vieille affaire, il nous sort un success histoire de bien nous montrer qu'ils sont sur le coup. On hésiterait presque à le feliciter. Il « confirme » lundi soir que la France a échappé à un attentat qui aurait pu être «particulièrement meurtrier», à l'occasion du Championnat d'Europe des nations. Il s'agissait en réalité de l'arrestation du djihadiste présumé Reda Kriket. Complètement décalé et hors de propos. Je reprends complètement à mon compte le commentaire de cet habitant de Saint-Denis :

« Le tueur de Nice n'était pas un terroriste islamiste mais un suicidaire psychopathe. DAESH n'a pas planifié ce crime de masse et ce n'était pas un attentat terroriste.
Lorsque je dis cela, c'est-à-dire, lorsque j'écris que DAESH a revendiqué par opportunisme et le type agi dans une phase destructrice et autodestructrice de son désespoir, sans doute puisant la "conversion" de son suicide en carnage de masse dans la psychose ambiante, on me demande ce que ça change. Deux choses.
1/ Le terrorisme est un acte idéologique : on cherche à changer un état de société, aliéner un mythe ou attirer l'attention médiatique sur un conflit idéologique en choquant l'opinion par un acte violent. Un système de pensée et une alternative au monde tel qu'il est attaqué régissent et conduisent l'agression. C'est ce qu'on appelle une "revendication". Ce n'est pas le cas ici.
2/ Il est impossible de récupérer politiquement un suicide élaboré en massacre de masse. Car, non, la "radicalisation en deux semaines", cela n'existe pas. On ne se convertit pas à la volonté de tuer en deux semaines. En cela, l'État français par ses différentes voix, est coupable d'instrumentaliser un drame suffisamment douloureux pour qu'il ne soit nul besoin d'en rajouter.
DAESH a profité de l'aubaine, la détresse pathologique du meurtrier a été influencée par une psychose. C'est tout. »

SOMMES-NOUS A NOTRE TOUR GOUVERNES PAR DES PSYCHOPATHES ?

Toujours réfractaire au Hollande bashing je ne suis du genre à croire qu'une démission de ces cuistres changerait le mode de domination de la classe bourgeoise. Ils ne sont que les délégués « provisoires » des grands intérêts des banques, de l'industrie d'armement, des obligations US et de leurs soumissions au fric des roitelets du pétrole. En tant qu'individus ils ne sont pas des Himmler ou des Hitler, mais ils servent un système qui lui est clairement psychopathe, destructeur avec des ravages collatéraux dans l'esprit de nombre d'individus.
La faconde, l'arrogance et le mépris, qu'ils affichent comme gouvernants, reflètent pourtant autisme, cynisme et terreur du pouvoir. Sans qu'on puisse vraiment les comparer aux nazis ou aux chefs obscurs de daech, ils cautionnent un système destructeur du même ordre. Valls en répétant sans cesse qu'il faut s'attendre au pire se sert de daech comme vecteur de terreur importée. A France télécom comme dans les hiérarchies administratives ou policières les sommets regorgent de psychopathes. On prétend mettre en examen en ce moment ceux qui ont produit tant de suicidés à France télécom, y a du pain sur la planche partout. Mais cela concerne les psychopathes pervers intelligents et protégés. A côté, il faut bien reconnaître, sur le terrain de la guerre que les psychopathes sortent du bois. Ces supplétifs des gouvernants en costard-cravates et des banksters ont besoin d'un certain type d'individus, mieux encadré que Mohamed de Nice. Suivons l'analyse passionnante et révélatrice de cet auteur américain :
"Les institutions militaires sont faites sur mesure pour les tueurs psychopathes. Les 5% environ d’hommes qui ne ressentent aucun remords à tuer leurs semblables font les meilleurs soldats. Et les 95% qui sont extrêmement réticents à tuer font de mauvais soldats – à moins de leur laver le cerveau avec des méthodes modernes hautement sophistiquées qui les transforment (temporairement, on l’espère) en psychopathes fonctionnels.
Dans « On Killing », le Lt. Col. Dave Grossman a ré-écrit l’histoire militaire, pour souligner ce que cachent les autres histoires : le fait que la science militaire est moins concernée par la stratégie et la technologie, que surmonter la réticence humaine instinctive à tuer des membres de sa propre espèce. La vraie « Révolution dans les Affaires Militaires » ne fut pas l’impulsion de Donald Rumsfeld vers la haute technologie en 2001, mais la découverte dans les années 1940 du Brigadier général S.L.A. Marshall que seulement 15 à 20% des soldats de la Seconde guerre mondiale sur la ligne de feu utiliseraient leurs armes : « Ceux (80 à 85%) qui n’ont pas tiré ne se sont pas enfuis ou cachés (dans beaucoup de cas ils étaient prêts à se mettre en grand danger pour leurs camarades, prendre des munitions, ou transmettre des messages), mais ils ne tiraient pas sur l’ennemi, même quand ils étaient confrontés à des vagues répétées d’attaques furieuses » (Grossman, p. 4)
La découverte et la recherche subséquente de Marshall prouva que dans les guerres précédentes, une minorité minuscule de soldats – les 5% qui sont des psychopathes innés, et peut-être quelques imitateurs temporairement fous – a causé presque tous les meurtres. Les gens normaux passaient à travers les mouvements et, si possible, refusaient de prendre la vie d’un soldat ennemi, même si cela signifiait perdre la leur. L’implication : les guerres sont des massacres de masse de non-psychopathes ritualisés par des psychopathes.
L’ouvrage de Marshall apporta une révolution copernicienne à la science militaire. Dans le passé, tout le monde croyait que le soldat voulant tuer pour son pays était la norme (héroïque), tandis que celui qui refusait de se battre était une (lâche) aberration. La vérité était que le soldat normatif provenait des 5% psychopathologiques. La saine majorité préférerait mourir que combattre.
Dans « Ponérologie Politique », Andrzej Lobaczewski explique que les psychopathes cliniques jouissent d’avantages même dans des compétitions non-violentes pour grimper les échelons dans les hiérarchies sociales. Parce qu’ils peuvent mentir sans remords (et sans le stress physiologique révélateur qui est mesuré par les tests au détecteur de mensonge) les psychopathes peuvent toujours dire tout ce qui est nécessaire pour obtenir ce qu’ils veulent. Au tribunal, par exemple, les psychopathes peuvent dire des énormes mensonges de manière plausible, tandis que leurs adversaires sont handicapés par une prédisposition émotionnelle à rester à portée de la vérité. Trop souvent, le juge ou les jurés imaginent que la vérité doit se trouver quelque part au milieu, et ensuite prennent les décisions qui bénéficient au psychopathe. Comme avec le juge et les jurés, la même chose est valable pour les responsables des décisions concernant qui promouvoir et qui ne pas promouvoir dans les hiérarchies des entreprises, de l’armée et du gouvernement. Le résultat est que toutes les hiérarchies deviennent inévitablement surchargées à leur sommet par des psychopathes.
Les soi-disant théoriciens du complot, dont certains méritent la connotation de ce terme suremployé, imaginent que des sociétés secrètes de juifs, Jésuites, banquiers, communistes, Bilderbergers, extrémistes musulmans, papistes et ainsi de suite, contrôlent secrètement l’Histoire, en faisant des actes sournois et/ou menaçant de prendre le monde en mains. En tant que « théoricien du complot » majeur selon Wikipedia, je me sens éminemment qualifié pour offrir une théorie du complot alternative qui, comme la théorie du complot alternative du 11 septembre, est à la fois plus simple et plus précise que la sagesse courante : La seule conspiration qui importe est la conspiration des psychopathes contre le reste d’entre nous ».
Laissons cette dernière considération stupide à l'auteur, ce qui importe c'est de comprendre que c'est le capitalisme qui est devenu psychopathe5.


POST SCRIPTUM : quelques autres trouvailles pour réfléchir
Considérez comment les gangs et les sociétés secrètes (les guildes de psychopathes déguisées) recrutent de nouveaux membres. Les méthodes de radicalisation (qui prennent du temps...et de l'argent) ne sont pas nouvelles, ni musulmanes ni produites par daech. Certains gangs criminels et congrès satanistes exigent que les candidats à l’admission commettent un meurtre pour « gagner leurs galons. » Skull and Bones, la société secrète basée à Yale qui approvisionne la CIA avec des trafiquants de drogue, des violeurs du mental, des violeurs d’enfants et des tueurs professionnels, requiert que les néophytes s’allongent nus dans un cercueil et se masturbent devant les membres plus anciens en récitant toute l’histoire sexuelle du candidat. En forçant le néophyte à s’engager dans un comportement ritualisé qui serait horriblement honteux dans une société normale, la guilde de psychopathes détruit la personnalité normale du candidat, en supposant qu’il en ait eu une au départ, et transforme l’individu en une ombre cooptée, corrompue, dégradée de son moi précédent – un psychopathe fabriqué ou un apprenti psychopathe.

Dans les faits – rappelez-vous les Béria et Himmler - il apparaît que Che Guevara avait lui aussi une personnalité psychopathique, eu égard (entre autres choses) aux nombreuses exécutions qu’il a lui-même perpétrées, contre ceux qu’il qualifiait « d’ennemis » ou de « traîtres » à la Révolution, et pour lesquelles il n’a jamais exprimé de remords. L’ouvrage de Jacobo Machover « la Face cachée du Che » est très instructif de ce point de vue.
Les psychopathes ne font d’alliances que tant que cela sert leurs buts personnels et qu’un psychopathe peut en éliminer un autre.
« Pris par l’exaltation et la folie de la guerre, nous sommes capables du pire », dit Jean-Claude Guillebaud. Avec Simone Weil il invite à « regarder en face les monstres qui sont en nous ». Une thèse développée dans son dernier ouvrage, Le Tourment de la guerre, aux éditions L’Iconoclaste.


«  Ce qui s’est passé le 13 novembre nous montre que nous avons désappris à regarder la guerre en face. Nos dirigeants actuels ont toujours connu la paix sur le sol européen et ont fini par se persuader qu’il n’y aurait plus de guerre. Et lors des attentats de Paris, une dizaine de crétins avec des kalachnikovs a suffi à faire vaciller l’État et créer un mouvement de panique. Ces 130 morts, c’est bien sûr épouvantable, mais rappelons-nous que les bombardements de Londres par la Luftwaffe durant la Seconde guerre mondiale faisaient chaque nuit deux fois plus de victimes et que, pendant cette période, les Anglais n’ont jamais paniqué. Ils ont su garder leur sang-froid. Durant mes reportages sur les lieux de conflit, j’ai d’ailleurs constaté qu’il y avait une différence entre nos sociétés qui étaient devenues fragiles, et les populations locales qui étaient habituées à la violence et capables de la regarder en face, de l’endurer, et même d’y résister.
Résister à la violence nécessite donc que l’homme réapprenne la guerre et ait conscience de ses failles ? Pour la philosophe Simone Weil, il faut « regarder en face les monstres qui sont en nous ». Lorsque j’ai couvert la guerre du Liban, j’ai pris une grande leçon. C’est là que j’ai vu le plus de sauvagerie. J’ai compris que n’importe qui, même le plus gentil et le plus doux des hommes, pouvait devenir un tortionnaire. Pris par l’exaltation et la folie de la guerre, nous sommes capables du pire. Il est essentiel d’en avoir conscience. Cela pour ne pas s’engager dans des voies comme celle de George W. Bush lorsqu’il évoquait, en 2002, une « croisade » contre « l’axe du Mal ». Cela consiste à penser que ce Mal nous est toujours extérieur et que, si l’on tue ceux qui l’incarnent, alors on en sera débarrassé. C’est une folie?!
Face aux actions de Daesh, l’Occident doit-il porter la réplique ? Mon expérience de reporter, les discussions avec mes amis, tout aurait dû me pousser à devenir pacifiste. Mais je ne peux pas me résoudre à baisser les bras devant des types qui décapitent des captifs en les filmant. Vais-je rester l’arme au pied en me disant non-violent?? Ce n’est pas possible. Cela fait d’ailleurs aussi partie de mon tourment. En même temps, on voit bien que la réponse à apporter est particulièrement complexe, et qu’il existe une gêne américaine car tout cela est la conséquence directe de la folie de George W. Bush en 2003 [ndlr : l’intervention militaire en Irak]. Tous les chefs de Daech se sont connus dans les prisons américaines en Irak?!
Comment jugez-vous la grande difficulté de l’Union européenne à gérer la question des migrants ? C’est effrayant?! L’Europe a montré qu’elle était divisée et incapable de courage. En étant organisé, il est tout à fait possible d’accueillir un million de migrants, alors que nous sommes environ 500 millions d’Européens?! Au fond, tout cela procède là aussi d’une incapacité à penser la guerre et ses conséquences. Rappelons-nous qu’il y a eu nombre de migrations massives durant la Seconde Guerre mondiale?! Et, comme nous sommes en paix, l’Europe se « hérisse », les pays rétablissent leurs frontières, installent des barbelés… L’Europe a perdu son âme dans cette histoire, mais également son rayonnement sur le monde. Elle ne pourra désormais plus se permettre de donner des leçons de philosophie ou de démocratie.
D’autres armées se sont appuyées sur le banditisme, de façon opportuniste, sans penser aux conséquences ( ou peut être que si, dans leur cynisme....) Je pense à l’armée américaine qui s’appuya sur la mafia sicilienne pour préparer le débarquement en sicile. Mafia moribonde, mise à mal par Mussolini qui ne supportait pas trop la concurrence.
Non seulement ça, mais les marines débarquèrent un parrain, sorti de sing-sing, Lucky Luciano, pour organiser les soutiens, qui devait ensuite rester au pays de ses ancêtres, et faire fructifier son petit commerce mafieux, les us leur laissant même des marchés après la libération.

Les allemands n’ont fait finalement en france, à une autre échelle, que de développer la politique qu’ils avaient en Allemagne, pour remplir les bataillons SA puis SS : Ouvrir les prisons aux psychopathes les plus notoires !

D'UN AUTRE COMMENTATEUR :

Révélateur de ce que fut ce projet militaire : Un casse du millénaire, tout autant du fric que des valeurs morales. Jamais la confiscation des avoirs de pays concernés n’a jamais été si planifié que par ces gangsters, qui ont défini leur idéologie en partie avec les intérêts sonnants et trébuchants qu’ils pouvaient en tirer. La nuit de cristal fut pour les juifs, le commencement de l’exil, sans contrepartie, avec encore l’assurance de garder leur vie, mais plus pour très longtemps. Ils laissèrent ainsi des biens considérables derrière eux, que bien peu purent récupérer par la suite.

La 36e division ss dite Brigade Dirlewinger était composée de droits communs pour la plupart issu de la wehrmacht ou de la ss . C’était une pratique courante dans les armées européennes : les batd’af français, la légion étrangère ou les tercios de la bandera espagnole. Les droits communs provenant de la wehrmacht partaient pour les camps sous le vocable Spezialabteilung.
En octobre 1944, un millier de « volontaires » communistes et un millier de « criminels », prélevés dans les camps de concentration, furent mis à la disposition de Dirlewanger . Les autres recrues de Dirlewanger étaient en majorité des criminels (voleurs, souteneurs, sadiques, coupables d'attentats aux moeurs, quelques assassins). Il y avait aussi des hommes de la Wehrmacht et de la SS, coupables de désobéissance ou de lâcheté, condamnés par des conseils de guerre et purgeant des peines de prison. On y ajouta même des Russes, des Ukrainiens.Quant aux cadres de ce ramassis de gibier de potence, les sous-officiers étaient en majorité d'anciens braconniers et d'anciens gardiens de camp de concentration ; les officiers, pour la plupart, avaient été dégradés, à la suite d'un passage devant un conseil de guerre, et ne portaient pas l'insigne correspondant au commandement qu'ils exerçaient.
La discipline était terrible. Dirlewanger détenait, de Himmler lui-même, pouvoir de vie et de mort sur ses hommes, ce qu'aucun chef SS n'avait. Les punitions disciplinaires pleuvaient : coups de gourdins, cellule sans lit et sans fenêtre, où l'homme puni devait se tenir debout jour et nuit ou tout simplement : Umlegen (abattre d'une balle dans la nuque)...

Par contre, la Brigade Nord Africaine a été créée par le truand H. Lafont et le nationaliste marocain Al Maadi. et se composait de 200 crapules marocaines et algériennes.
Le comble, elle était financée par le milliardaire juif roumain Joseph Joinovici....http://lemussidanaisdanslasecondeguerremondiale.over-blog.com/article-

GUERRE ESPAGNE : mon livre démontre que sous couvert d'anarchisme ou de communisme russe, l'Etat républicain a laissé libre cours à une noria de psychopathes...

"Les cas des tueurs de Nice et Orlando appartiennent-ils à une nouvelle forme de terrorisme ?

Ce sont des profils psychologiques perturbés, qui montent une action pour se faire tuer, comme un suicide déguisé, et pour tuer un maximum de gens dans le même temps, afin d’avoir une espèce de gloire post-mortem. Je crois que leurs cas doivent être comparés à celui du pilote allemand qui a tué tous les passagers en faisant chuter son avion. C’est un phénomène qui est tout à fait différent d’une quelconque radicalisation, dont on ne retrouve pas le schéma classique. Il faut voir cela sous un angle psychopathologique, car la dimension idéologique y est totalement absente. Ce n’est même pas sûr que l’on puisse parler de terrorisme : le terrorisme, c’est l’idée de terroriser l’autre pour aboutir à un projet de société différent, par le biais d’actions rationalisées effectuées au sein d’une organisation. Ici, à Nice, Orlando et dans le train bavarois, on voit des formes de violences qui aboutissent à des massacres, mais pas du terrorisme, sinon n’importe qui pourrait devenir terroriste en commettant un meurtre et en se revendiquant de Daesh."
« Il semble qu’il se soit radicalisé très rapidement », déclarait Bernard Cazeneuve le 16 juillet, au sujet de Mohamed Bouhlel, l’auteur de l’attentat de Nice. Un non-sens pour Farhad Khosrokhavar, sociologue et directeur d’études à l’EHESS, auteur de Radicalisation en 2014 et Le Jihadisme (co-écrit avec David Benichou et Philippe Migaux) en 2015. Selon lui, les tueries d’ Orlando et de Nice, où les auteurs n’ont jamais été formés sur le territoire de l’Etat islamique, ne doivent pas être confondues avec les actes terroristes et idéologiques comme ceux du 13 novembre 2015.

Se revendiquer de Daesh ne serait qu’un prétexte pour passer à l’acte ?

Les attentats du 13 novembre étaient un réel exemple de radicalisation djihadiste. Abaaoud et les autres avaient un projet, et étaient donc animés par une idéologie. Dans les cas qui nous intéressent, le lexique du djihadisme et de la radicalisation est à mon avis inapproprié. Ce sont des gens psychologiquement perturbés et très influençables. Prenons le profil d’ Omar Mateen, l’Américain-Afghan qui a tué une cinquantaine d’homosexuels. Il était lui-même homosexuel, et c’était une manière pour lui de laver la honte qu’il ressentait à cela. Mohamed Bouhlel faisait une profonde dépression. Son psychiatre a dit qu’il était quasiment dans une phase psychotique, qu’il était fasciné par la violence. Qu’est-ce qu’on a déniché en retraçant son parcours ? Il a eu une vie sexuelle exaltée et tourmentée, il consommait de l’alcool et de la drogue, ne faisait pas le ramadan. Tout ça, on aura beau le chercher dans l’Islam, on ne le trouvera pas. On dit qu’il a été radicalisé rapidement, en dix jours. Mais un adulte ne se radicalise pas comme ça, il doit étudier l’idéologie avant, cela prend quelques mois au minimum. A la limite, on pourrait y croire si c’était un adolescent, avec la possibilité qu’il y a à cet âge-là d’une adhésion affective précipitée. Dans le cas d’un adulte, s’il s’est vraiment radicalisé en dix jours, cela signifie qu’il était mentalement déséquilibré.

Ils sont donc mus par la quête d’un quart d’heure de gloire morbide plus que par cette « révolte nihiliste » dont parle le politologue Olivier Roy au sujet des djihadistes ?

Le nihilisme était un courant et surtout une manière d’exprimer sa révolte. Ici, ce n’est même pas une révolte : c’est une manière de se mettre à mort, un suicide déguisé en geste « héroïque ». C’est une dépression profonde qui se traduit en acte destructeur autant pour soi-même que pour les autres, dans une ultime démarche de glorification narcissique. J’ai l’impression qu’ils se servent de Daesh pour cette gloire, mais ils ont surtout des problèmes mentaux. Leur côté influençable et leur environnement social créent cela. Ils sont immergés là-dedans. Ils savent très bien que s’ils se revendiquent d’une organisation terroriste, le lendemain toute la presse parlera d’eux. Quand il n’y avait personne à qui s’identifier, ces gens-là se suicidaient seuls sans causer de torts autour d’eux. Le cadre qui les pousse désormais à se revendiquer de Daesh, c’est la société française actuelle, électrique, exaltée. Ce sont des gens instables, qui se nourrissent de ce qu’ils voient à la télé et entendent à la radio. Tout ce qui fait masse les attire.

CE QUE FONT LES PROTEGES DE L'US ARMY

Un groupe rebelle soutenu par les Etats-Unis a annoncé aujourd'hui mener une enquête après la diffusion d'une vidéo montrant la décapitation d'un jeune garçon par un homme identifié comme appartenant à son mouvement. Les images d'un combattant découpant au couteau la tête du garçon atteignent le niveau d'atrocité de celles qu'a diffusées l'Etat islamique au cours des trois dernières années. D'autres images montrent le garçon avant sa mort, à l'arrière d'un pick-up et des hommes l'accusant d'appartenir à un groupe de Palestiniens combattant au côté des forces de Bachar al Assad.
"Voici un prisonnier de la Brigade Quds. Ils n'ont plus d'hommes, alors ils nous envoient des enfants", dit l'un des hommes."Ce sont tes chiens, Bachar, les enfants de la brigade Quds", lance un autre homme. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, ces hommes appartiennent au Mouvement Nouraldine al Zinki, un groupe rebelle qui a reçu des équipement américains, notamment des missiles TOW. Un porte-parole du département d'Etat a dit que Washington enquêtait sur "ces informations répugnantes" et que ses livraisons d'équipements seraient suspendues si les faits étaient avérés.

“Plus largement, la France n’est pas crédible dans ses relations avec l’Arabie saoudite . Nous savons très bien que ce pays du Golfe a versé le poison dans le verre par la diffusion du wahhabisme. Les attentats de Paris en sont l’un des résultats. Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table.” [Marc Trevidic, juge antiterroriste français, 15/11/2015]



Notes:
 
1Comme n'importe quel roitelet du pétrole ou sinistre Erdogan, le despote « républicain » est fort avec les faibles, il fait licencier par ses obligés municipaux un employé qui s'était moqué de son despotisme. L'employé municipal, qui occupait un poste d'animateur, avait partagé sur son compte Facebook une image injurieuse à l'encontre de Manuel Valls, grimé en Hitler. Il a été révoqué mardi de son poste d'animateur pour avoir partagé sur son compte Facebook une image injurieuse envers le Premier ministre. Le quadragénaire, en poste depuis de nombreuses années, a été démis de ses fonctions à l'issue d'un conseil de discipline engagé par la mairie, composé d'élus et de représentants du personnel à part égales et présidé par un magistrat du tribunal administratif de Versailles (Yvelines).

2Un célèbre auteur de roman policier pour clientèle anarchiste et NPA a même pris la défense de Valls face aux huées à Nice, prévenant sur FB qu'il s'agissait seulement de sifflets de l'extrême droite...
3En réalité, non seulement parce que le pilote kamikaze n'était pas arabe (ce qui aurait affaibli le nationalisme terroriste) mais parce que daech n'est pas en guerre avec l'Allemagne... et qu'il est fort possible que la bourgeoisie teutonne soit avec une fraction US plutôt aussi derrière daech (via son allié turc). Dans la même veine, la presse bcbg antiraciste a tenu à souligner combien les allemands avaient réagi sans émotion à l'attaque à la hache d'un réfugié, blessant gravement trois ou quatre passagers d'un train, presque avec... sérénité. Bah oui, la presse aux ordres d'Outre-Rhin a eu consigne de ne pas dramatiser... le taré à la hache a eu beau se réclamer de daech, lequel ne lui avait certainement rien demandé (pas plus qu'à Mohamed de Nice), ni de frapper en Allemagne, pays si compréhensif avec l'envoi massif de réfugiés (et de terroristes planqués) via le taxi turc ! Un attentat bévue en quelque sorte, mais confirmant l'expansion souvent incontrôlables des psychopathes modernes.
4On remarquera la légèreté de la mère Touraine qui assure à chaque fois que les caisses d'assurance vont dédommager les victimes, avec la largesse d'une donzelle qui ne sera plus ministre dans quelques mois. On laisse piller les caisses de l'Etat en pensant que les électeurs auront oublié. Or il y a tant de victimes, et tant de collatérales victimes, que les caisses d'assurance ont été vidées et que tous les charlots associatifs locaux ont lancé des quêtes à hue et à dia... tant et si bien que les prochaines victimes pourront être assurées non secourables !
5Il nous faut quand même garder les critères marxistes d'analyse politique pour le fonctionnement du capital, mais en gardant un partie pour l'aspect « fou » du capital décadent, sans délirer comme le triste sire Francis Cousin qui invoque une mixture de Debord, Rosa Luxemburg et « la crise de la domination réelle du capital » sur son site « France-nation », auquel vous pouvez vous reporter si vous voulez rire un bon coup : http://www.transparenceverite.com/2016/07/francis-cousin-analyse-et-propos-sur-l-attentat-de-nice-du-14-juillet-2016.html