"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 10 juin 2013

QUI VA RAMASSER LE CACA DU PETIT CAILLERA ?


NOTES DE LECTURE DE LA REVUE ECHANGES
sur mon livre: Immigration et religion (ed du Pavé,sept.2012)

Voici un livre qui ne devrait pas laisser indifférent le milieu dit révolutionnaire. Jean-Louis Roche comme à son habitude ne ménage personne. Sa démarche comme il le dit lui-même, est d’attirer l’attention sur « les immigrés qui sont les principaux prosélytes d’une religion conquérante, policière du temps humain ».
Jean-Louis Roche tout au long de son livre va opposer l’obscurantisme de l’islamisme, d’abord à la civilisation grecque, puis ensuite à la science. Le livre nous apprend beaucoup sur l’islam.
Il va jusqu’à établir des passerelles bien fragiles entre l’islam et le nazisme. Mais là où l’auteur perd pied, c’est quand il veut définir le nouveau prolétariat :
« Excepté dans les grandes aires géographiques comme la Chine ou l’Inde, dans les pays dits développés à l’époque moderne, la classe ouvrière ne provient plus pour l’essentiel de la paysannerie, comme dans les pays à économie faible (mot oublié à la frappe) d’Afrique ou du Moyen-Orient. Elle provient de la scolarisation de la jeunesse en général ».
Jusque là pas d’importantes divergences avec Jean-Louis Roche ; mais la suite nous réserve quelques surprises : « Ce ne sont pas ces immigrés, petits bourgeois vaillants et opiniâtres – qui ont les moyens de payer très cher leurs études dans le cadre huppé de l’Université britannique au reste) qui posent problème mais les enfants de la génération immigrée précédente installée en France depuis moins de deux générations, qui estiment que tout leur est dû car ils sont « français » mais, largués du système scolaire, voient avec répugnance la « condition ouvrière » . Ensuite p.150, il oppose ce brave travailleur qu’est le père, gagnant son pain à la sueur de son front, aux jeunes des banlieues, c'est-à-dire les cailleras ou racaille, il n’emploie pas ces termes mais on les devine.
Nous avons longuement débattu à Echanges de cette question au moment de la révolte des banlieues (voir notre brochure, avril 2006), pour conclure que cette jeunesse sans emploi qui n’a que sa force de travail à vendre est bien prolétarienne et d’origine prolétarienne.
Que ces jeunes n’envisagent pas de travailler en usine, ce n’est pas un phénomène nouveau ; tout prolétaire gagnant sa vie à la sueur de son front ne souhaite pas que son fils ou sa fille tombe dans l’esclavage salarié. La réponse c’est que plus de 90% d’entre eux n’aurons que cette possibilité pour vivre. Ici nous sommes confrontés à la question sociale, pas à un problème historico-ethnique.
« Dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste » (Karl Marx, Manuscrits de 1844).
Gérard Bad

MA REPONSE :

Je tiens à remercier la revue Echanges et G.Bad, que je ne connais pas, pour cette critique fraternelle et sans haine. Echanges, en publiant régulièrement critiques de publications et de livres, ou annonces de telle ou telle parution, sans exclusive – malgré l’étiquette infâmante qui lui est collée d’être « conseilliste » - assume honnêtement son rôle de boîte à lettres centrale du maximalisme. Ou de ce qu’il en reste d’individus sectaires, de cénacles repliés sur eux-mêmes ; pour certains farouchement arcboutés sur des certitudes plus mystiques que marxistes  quand d’autres pensent garder pied sur terre en s’accrochant à la moindre lutte trade-unioniste.
Venons-en au sujet de ce livre. G.Bad me fait un bien grand honneur d’estimer que ce livre « ne devrait pas laisser indifférent le milieu dit révolutionnaire ».  Lequel milieu est plus habitué à maintenir ses œillères pour ne pas déranger son plaisir de penser la tête dans le sable. Tel militant ancien du CCI croisé à une réunion de Controverses à Paris m’avait répondu qu’il n’achetait pas mon livre sur l’histoire du maximalisme « de peur d’être démoralisé » ! Téméraire mais pas courageux ! On sait que dans les sectes il est interdit de lire les livres qui sortent de la ligne ou mettent en cause l’orga…sme. Dans les 70, un type du PCF qui lisait autre chose que l’Huma, Libé par exemple, frisait l’exclusion. Hélas je n’attends plus rien de ce milieu pour « faire avancer » la lutte de classe, ou du moins contribuer à renforcer la confiance en soi de la classe ouvrière. Mon livre sur l’immigration s’inscrit dans un effort pour sortir des généralités bien pensantes sur l’immigration en général, et je regrette que G.Bad ne se soit pas centré sur l’essentiel de mon ambition : creuser comment la focalisation sur l’immigration avec la greffe religieuse + la campagne idéologique communautariste américaine, aident puissamment à activer la division voire la partition du prolétariat en entités séparées, sans aucune honte à en aborder les questions qui fâchent ou que le militantisme pudibond écarte comme possible péché véniel.
Le problème de l’immigration et de la religion reste vaste et complexe, et à moi tout seul je n’ai pu qu’en pointer contradictions et questions sans réponse, ou réponses filandreuses. Peut-être aurais-je dû développer le pourquoi le capitalisme n’intègre plus, mais si c’est pour ressortir des simplismes, style « il est en crise » ou « en décomposition », cela ne résout rien. Rien ne remplacera tôt ou tard la réflexion collective de classe, dans partis ou cercles conséquents.
Ponctuellement je peux répondre ici à G.Bard. Nulle part je n’établis « des passerelles bien fragiles entre l’Islam et le nazisme », je n’ai jamais défendu la théorie simpliste de certains : islam = nazisme. Historiquement chacun correspond à un moment différent de la société mondiale. Page 302 je glisse simplement que « leur fascisme vert n’est qu’un fascisme de pauvre » ; et je ne m’appesantis pas sur les liens du Mufti de Jérusalem avec Hitler durant la guerre.
Je ne vois pas où je perds pied en disant que la classe ouvrière provient pour l’essentiel désormais de la scolarisation de la jeunesse, c’est un fait, et même une bonne chose puisqu’on leur apprend à lire et que l’expérience de la grève et de l’action collective  les jeunes futurs prolétaires l’ont vécue au cours de leurs manifs lycéennes. Et je vais même plus loin (et G.Bad me comprendra vu ce qu’il dit en fin d’article), contrairement au père, issu de la paysannerie, le fils lycéen a des potentialités pour être moins soumis et non dépendants des intellectuels (jadis c’était simplement ceux qui savaient lire et écrire).  Le lycéen moderne est cependant, par cette éducation ambiguë (on lui faite croire à l’ascenseur social), par certains côtés une proie de choix pour la société de consumation, l’hédonisme tout de suite, une propension au mépris du travail manuel….
J’ai plutôt l’impression que G.Bad perd pied lui-même lorsqu’il me cite – opposant la beurgeoisie immigrée aux cailleras (je ne crains pas les termes non plus) – sans argumenter sur ce qui le « surprend ». Je sépare en effet les petits arrivistes immigrés qui se rendent complices de la hiérarchie et s’y intègrent même trop bien, et ceux qui, appelés naturellement, à finir prolétaires du rang – jeunes des banlieues et la partie caillera – qui se considèrent étrangers au prolétariat et n’imaginent pas « y tomber ». Ce n’est pas moi qui oppose le père immigré bosseur à son fils Rastignac ou apprenti dealer, c’est la réalité qui se déroule sous nos yeux. Cela fait partie du même genre de difficultés qui frappent la jeunesse prolétaire salariée, employée de bureau : la perte ou le refus d’identité prolétarienne. G.Bad est très présomptueux de déclarer que 90% de ces jeunes seront réduits à y aller travailler dans l'usine! Même pas, de plus en plus une majorité n'est ni intégrable ni intégrée à la production. Plus que leur dégoût ou répugnance individuelle face au travail salarié (aliéné) travail, prédomine le REJET, l'EXCLUSION par le Capital de masses croissantes de djeuns et des plus vieux. Aspect violent de la phase actuelle de décadence du capitalisme qui ne peut être esquivée en disant "ils font partie quand même de la classe"; surtout quand on connaît le résultat de seulement deux années de chômage sur n'importe quel individu (la haine et l'accolade aux fantasmes politiques les plus réacs) et l'état d'esprit ultra réac des assistés qui n'ont jamais travaillé et ne travailleront jamais. Hé G.Bad faut sortir du microcosme parisien!
Je ne vois donc la surprise que du côté de G.Bad. Et c’est elle qui m’inquiète à mon tour.  Il fait référence à de longs débats dans Echanges au moment des émeutes banlieusardes en France les plus notoires. Je possède à peu près tous les numéros d’Echanges. J’ai bien sûr lu, et critiqué dans mon journal PU version papier les analyses… fluctuantes d’Echanges sur la jeunesse banlieusarde et associés cailleras. Pas terrible d’en conclure que cette « jeunesse sans emploi » « est bien prolétarienne », quand certains sont régis moralement par de véritables caïds "national-religieux". Je ne pense pas encore que les voyous aient fait ou fassent partie du prolétariat. Ils sont, si on ne les mélange pas avec les émeutiers impulsifs, une lie de cette société de classe, un gibier louche du lumpen, pour partie des amis de la police… Bien sûr dans le milieu conseilliste et moderniste, il existe une tradition d’inclure tout révolté ou tout « blouson noir » (cf. les articles de S ou B et de PO sur les "blousons noirs révolutionnaires" des fifties…), mais c’est toujours une projection d’intellectuels vagabonds. On frôle ici la dilution "con-munisatrice" d'un supplétif subversif au prolétariat dans "les gens" ou la "non-classe" à la Bitot, n'est-ce pas? Tout le monde ne peut pas faire partie du prolétariat. Il y a une conscience et une dignité d'appartenance de classe qui s'opposent complètement à la confusion, pourriture et  perversion intrinsèque des bourgeois.
Misère de misère, en plus de la pérennité de la voyoucratie, voici que s’en mêlent les divers intégrismes, que çà fout le bordel et qu’il y a bien, hélas, une interférence « historico-ethnique », cher G.Bad, que nous n’avions même pas imaginé en 1968, te souviens-tu ?
Eluder le problème en citant une phrase stupide du jeune intello Marx en 1844, qui fait référence à la fuite du jeune paysan face à l’embrigadement pour le travail en usine, n’est pas de nature à éclairer le novice caillera dont la devise est « il faut fuir le travail comme la peste ». Qui ramasse son caca ? Et qui lui sert son Mac Do ? Le travail en soi est nécessaire sous le capitalisme, réalisation et création sous le communisme.
Avec mes fraternelles salutations.

PS: Par contre, il ne faut pas négliger un souci, qui est je pense derrière la maladresse de Bad, non pas de refuser l'amalgame mais le souci d'expliquer à ceux et celles qui sont au bord du chemin. Je me reproche en particulier, à la fin du débat à Lille avec les grévistes de PSA, de ne pas avoir fait l'effort de m'impliquer plus par rapport aux jeunes anti-travail. Dans un face à face improbable grévistes/spectateurs, un grand nombre de moineaux et hirondelles du quartier, vêtus de noirs, plutôt genre marge et blancs de peau, étaient présents; deux ou trois filles étaient intervenues pour s'étonner de la "perte de temps" à faire grève pour des "jobs de merde". Ma première réaction fût d'ignorer, la deuxième de penser que c'étaient des connes immatures, la troisième un repli frileux dans ma situation de bien installé du salariat garanti et rodé à la polémique politique, la quatrième de laisser répondre José le gréviste, qui, avec des mots simples, sans mépris, a fort bien répondu, mais incomplètement et sans soulever le moindre enthousiasme, vu l'air hébété des jeunes. J'ai regretté de ne pas avoir essayé d'élever le questionnement à un problème de société où on (les ouvriers corporatifs à la traîne des garde-chiourmes syndicaux) laisse tomber ces jeunes marginalisés, où on est incapable de leur susciter espoir et rêve. Il suffisait, pour faire parler ces muets et ces mulets, peut-être simplement de les provoquer: "vous pensez vous nourrir comme les moineaux?"; "papa et maman vont vous nourrir toute la vie?"; "croyez-vous que la solution individuelle soit la meilleure pour se sortir de la merde?"; "nous on est peut-être des vieux cons aliénés mais vous alors comme jeunes cons immobiles vous êtes champions?", etc. Non, sérieux pour les prochaines fois, je me promets de les "réveiller".

dimanche 9 juin 2013

MORT D’UN BOBO « ANTIFA »



Autour du crime accidentel dont a été victime un étudiant de Sciences-Po - usine à diplomates, journalistes et cadres de la fonction publique - s’est enclenchée une sarabande étatique assez  minable. Du milliardaire mécène de la gauche caviar Pierre Bergé au portier du trotskysme rangé Besancenot, tout ce que le parti gouvernemental compte comme SO[1] de manifs (les cartels gauchistes et anarchistes) a eu toute latitude pour venir jouer les pleureuses devant les caméras de la médiacratie. Les futurs cadors de la société de classe, qui, pour la plupart ne savent pas vraiment ce qu’était le fascisme, ces élèves de cette usine idéologique hyper soumise[2] ont entonné le CHAUVIN Chant des partisans. C’était une manière de stage pour les courageux « résistants » (à l’entendement) qu’ils deviendront comme futurs flics de la pensée haut de gamme du système. Dans les quartiers riches des grandes villes résonna à nouveau le cri de ralliement de milliers et de milliers de jeunes bien mis : « le fascisme ne passera pas ». Contre « l’assassinat politique » - label garanti par le gouvernement « socialiste » - les révoltés avec ray-bans hurlèrent : «pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos», et «continuons le combat». Le gouvernement antiraciste, inventeur génial du mariage gay, pliait de gaieté sous la surenchère.
Si la presse a titré à peu près partout « L’horreur fasciste en plein Paris », ce fût sans honte pour le décalage avec la réalité. Le drame du quartier commercial parisien de Saint Lazare est hélas pour ces cuistres recruteurs de la jeunesse du niveau fait divers. Les magistrats ont fait preuve pour une fois d’une lucidité qui entache l’hystérie récupératrice gouvernementale et ses succédanés anarchistes bcbg:
« Esteban, le principal suspect dans l’enquête sur la mort de Clément Méric, a été mis en examen samedi pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. Le juge d’instruction n’a pas retenu l’homicide volontaire, qualification choisie par le parquet dans l’ouverture de l’information judiciaire, et donc estimé, au vu des premiers éléments de l’enquête, que le suspect n’a pas eu l’intention de tuer le jeune militant antifasciste. La présence des deux groupes impliqués dans ce drame à une «vente privée de vêtements de marque anglaise» dans le quartier Saint-Lazare, à Paris, mercredi, «semble totalement fortuite», a indiqué le procureur. Il a décrit une «rixe», une «scène de violence avec échange de coups» en s’appuyant sur l’audition de «témoins objectifs», comme deux vigiles de la salle de vente, et des personnes impliquées. Le principal suspect, Esteban, «a reconnu avoir porté deux coups» à Clément Méric, «dont le coup qui l’a fait chuter». Les suspects «prétendent avoir répliqué» aux coups qu’il disent avoir reçu dans un premier temps. Les «premières conclusions de l’autopsie» montrent qu’il y a eu une «multiplicité» de coups et que «le décès n’est pas dû à un hématome qui aurait été causé par la chute par terre mais aux traumatismes crano-faciaux occasionnés par les coups de poing portés à la victime». S’agissant des coups portés sur Clément Meric, «Esteban soutient avoir porté (...) ses coups à mains nues»[3]. Un ami de Clément Méric indique toutefois «l’avoir vu avec un poing américain tandis qu’un autre témoin de la scène a évoqué un objet brillant sur les mains». Deux poings américains ont été saisis lors d’une perquisition chez Esteban, a précisé le procureur »[4].

ANARCHISTES ET LIBERAUX AU COUDE A COUDE POUR L’ANTIFA PROVIDENCE

Providentiel ce meurtre et son interprétation, pour la gauche bourgeoise au gouvernement, empêtrée dans ses attaques anti-ouvrières en jouant la modératrice du patronat ! Par milliers les jeunesses électorales, solidaires et cornaquées ont défilé dans les rues de plusieurs grandes villes pour éclairer les couches pauvres sur la nature du « crime fasciste ». Des anarchistes, et pas n’importe lesquels, carrément des fils à papa en tête de la crème des déclassés, qui exigent que l’Etat « fasse son travail contre le fascisme ». Cela vaut son pesant de clous pour rangers « Fred Perry », n’est-ce pas lecteur passif ! Qui reprennent un chant nationaliste datant de plus de cinquante ans ! Qui veulent « détruire » les « fachos » ! Quelle ardeur contre le « fascisme » surgi de l’arrière-boutique de « Fred Perry »[5]! Le fascisme n’existant plus, nos milliers de courageux « résistants » à une secte de 23 tarés, héritiers dispersés des hystériques gauchistes des années 1980, ont dû se « relooker » en vêtements avec cet esprit « bande de jeunes aux mêmes idées ». Ensuite, coup de pinceau, il suffit de raccourcir le terme vieillot, devenu « antifa », qui convient mieux à l’entre-soi juvénile confirmant leur supériorité idéologique sur les « racistes ». Et une lointaine parenté évanenescente avec la guerre bidéologique[6] contre le nazisme.
A ceux qui se demandent d’où vient cette instrumentalisation ubuesque du « service d’ordre » de rue de la jeunesse dorée parisienne au profit de Hollande&Co, comme apprentissage du double langage en vue des futurs postes ministériels de certains, il suffit de rappeler qu’ils sont les petits-enfants de l’Etat-Providence. Ils étaient d’ailleurs enfants en 2002 quand leurs aînés leur ont enseigné qu’il fallait voter massivement Chirac pour barrer la route au « fasciste » Le Pen. Cette foi « antifa », véritable carcinogénèse pathologique d’étudiants et d’activistes anarchistes ludiques, est en effet une « demande de plus d’Etat » : que l’Etat « relance la chasse au facho » ! Que l’Etat  « en finisse avec les fachos » ! Et afin de préserver « les acquis de la démocratie » ! (pour réussir leurs diplômes). Que l’Etat « mène une politique de prévention contre le fascisme » ! Que l’Etat soit une véritable « nounou antifasciste » ! C’est tout cela « l’antifa providence ». C’est bien l’acte « antifa » qui caractérise le bébé qui « rend » son lait à maman Etat, breuvage idéologique certes inconsistant  mais qui a valeur de vertu morale cardinale dans le parcours de tout jeune cadre intéressé à la préservation de l’ordre bourgeois. L’antifa n’est pas politique ;  l’Etat s’en occupe très bien à sa place de politique, au sens de gouvernement des hommes. L’antifa est un citoyen sentimental, hédoniste et résolument moderne, complètement antiraciste à la différence de l’ouvrier  réac de base. L’antifa est totalement ouvert à l’arrivée massive d’immigrés de toutes sortes, même s’il les laisse se démerder dans la queue à la Préfecture, une fois le micro off[7]. L’antifa ne supporte pas qu’on accuse de vol des Roms car ce n’est pas leur faute si on ne leur donne pas automatiquement du travail, une femme et un logement. L’antifa était en pointe pour le premier acte historique de la révolution hollandaise, le mariage homo[8]. Il est donc vraiment l’internationaliste type contre toutes les formes de régression prolétarienne.

LES ETAPES DU FANTASME 

Tous les faits divers d’agressions d’homos, de juifs, d’arabes et de petites mémés sont venus converger et non plus diverger comme on en accuse souvent leur propagation. Le fait divers aux portes du magasin Fred Perry, devenu cause nationale, croisade pour la dissolution des « groupes barbares », n’aurait été que la résultante d’ «un climat qui se détériore», à la suite de la campagne gouvernementale pour faire passer en force sa réforme « évolutionnaire », le mariage gay et joyeux. Les relents d’homophobie, disent les interviewés passants, ont été ventilés par les «politiques qui pointent les étrangers» et «n’ont pas condamné» l’homophobie ces dernières semaines. Certains anarchistes, plus intelligents que leur moyenne, ne nient pas le fait divers, mais roulent honnêtement pour leur théorie « antifa » : au-delà de l’enquête policière, dit celui-ci, et de la dissolution du groupuscule d’extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), «Clément se battait pour la dissolution des idées de l’extrême droite». Dissoudre des idées faut déjà une bonne lessive coluchienne mais il considère qu’ «Il y a une recrudescence des violences d’extrême droite générées par un climat» délétère entretenu notamment par «les partis de droite» (on croirait du Ayrault dans le texte). Cet anarchiste est libre d’exprimer son analyse, même si elle vous apparaît tout insignifiante et auto-mystifiée. 

La deuxième étape, pour consolider l’hystérie antifa, a ciblé « l’amalgame extrême droite et extrême gauche ». Chacun a défendu ses petits, sauf la droite et le FN abandonnant lâchement leurs « enfants perdus », perclus en GAV, au demeurant toujours girouettes environnementales secondaires pour les vieux caciques puants. A la suite du boss Valls un vieux trotskien parvenu, le député européen Henri Weber, transfuge de la LCR armée au PS conventionnel, a ramené sa fraise pour défendre le service d’ordre juvénile du bétail électoral de la gauche caviar, récusant dès lors toute similitude entre « les deux extrêmes » :
« C’est une vieille ânerie. L’extrême gauche et l’extrême droite diffèrent radicalement par leur idéologie, leur projet, leurs valeurs. La première partage l’idéologie humaniste des Lumières et de la Révolution française : liberté, égalité, solidarité, droits de l’homme, démocratie... Mais elle pèche par excès : par ultra-démocratisme, ultra-volontarisme, ultra-rationalisme. Elle veut la démocratie directe et non la démocratie parlementaire, l’égalité des conditions, non l’égalité des chances et des droits. Elle croit que la volonté suffit à surmonter les difficultés et ne tient aucun compte des contraintes objectives et des rapports de force qui s’opposent à la réalisation de son idéal émancipateur. Mais au fond, l’extrême gauche relève de la même idéologie que la gauche, c’est d’ailleurs pourquoi l’une et l’autre peuvent s’allier aisément. L’extrême droite, au contraire, est xénophobe, raciste, chauvine, ultra autoritaire. Elle exècre les valeurs et l’idéologie qui sont à la base de notre République, et auxquelles la droite civilisée a fini par se rallier ».
Madré le vieux sénateur, il caresse ses électeurs gauchistes en leur prêtant une croyance ringarde en l’utopie de l’égalité et surtout de la « démocratie directe », alors que la plupart sont tout juste bon à faire du syndicalisme de base et ne pigent que pouic à la domination politique. Il ne peut nier qu’à chaque séquence électorale, la terrible « extrême gauche » appelle toujours à voter pour lui et son parti bourgeois. Pour les méchants « fachos », pas besoin de démonstration, son ancien statut de leader gauchiste suffit à sa culture du genre: l’insulte simple.
Au journaliste qui lui ressort la théorie des passerelles entre « extrêmes », il a raison de rappeler que ladite extrême gauche (incluant le bâtard FDG) a abandonné son classique programme néo-stalinien, et que donc cela crée des passerelles… pour voter par réalisme consentant pour les partis conservateurs des gouvernements bourgeois ininterrompus… :
 « L’effondrement du communisme à la fin du siècle dernier a réduit les différences idéologiques. Le Front de gauche a mis beaucoup d’eau dans son vin par rapport à l’extrême gauche que j’ai connue. Il a intégré partiellement les leçons du XXe siècle. Il ne clame plus «nationalisation-planification-autogestion», comme le faisait même le PS dans les années 1970. En fait l’extrême gauche actuelle est hémiplégique. Elle a conservé du marxisme sa critique radicale du capitalisme et de la société bourgeoise, mais elle a abandonné son projet alternatif : la socialisation des entreprises, la direction de l’économie par le plan, la démocratie des conseils de salariés... L’extrême gauche n’a aucune alternative crédible à opposer au projet réformiste d’une démocratie sociale, écologique et européenne que portent les socialistes. Cela crée des passerelles ».
Monsieur le sénateur consent à la formule des sociologues : « Le mal, c’est la montée de l’insécurité sociale ». Mais comme le principal ennemi des prolétaires est le gouvernement actuel et le parti qui est dedans, en tant que missi dominici planqué du pouvoir,  il convient selon lui de ramener l’hystérie sur le terrain électoral avec un champion présentable pour le laisser lui et ses semblables continuer à ergoter au nom de la démocratie représentative ; cette dernière ne permet-elle pas à une minorité de décider à la place de l’immense majorité ? Progrès incontestable par rapport à la démocratie paysanne, dite directe. Le vieux politicien confirme que le discours dominant a toujours recours au fantasmatique qui lui permet de mieux faire passer son outrecuidance :
« …. Quand la violence politique s’installe, cela crée des effets aux marges sur certains individus. Il faut rester très vigilant, car la situation économique et sociale se prête parfaitement à l’essor de ces groupes fascistes et nationalistes. D’autant que le recentrement du Front national, sous la férule de Marine Le Pen, leur libère un espace à droite. Pour moi, il faut recourir à la dissolution des groupes violents. Mais c’est le Front national qui constitue le véritable péril. Les groupuscules comme les Jeunesses nationalistes révolutionnaires ne sont que des épiphénomènes ».

L’UTILISATION DES EPIPHENOMENES (on dira épiphénos)

On en est à la troisième étape de la campagne idéolo « antifa ». Au moment des attentats terroristes, rappliquent les « spécialistes » du terrorisme. Au moment des défilés théâtraux syndicaux rappliquent les « spécialistes » du syndicalisme de gouvernement. Au moment d’un fait divers monté en « crime fasciste » rappliquent les « spécialistes » des extrêmes et de l’extrême droite en particulier. Tous déplorent que le FN ait été « dédiabolisé », que la droite se soit « droitisée ». A les entendre il faut minimiser l’importance des extrêmes – c’est la voix du gouvernement qui vous parle, rassurante, onctueuse et spécialisée. Weber a rangé au placard, on l’a vu, la vingtaine de gros bras même pas poilus des JNR. Un autre déplore qu’il n’y ait plus de bande de zigotos à la gauche de l’extrême comme Le Scalp ou Red Warriors pour vraiment « continuer à lutter contre le fâchisme… et les moulins à vent pour djeuns excités fans de « la baston ».
Laissons la gauche juvénile et antifa de l’extrême démocratie de « la baston » pour nous intéresser aux « épiphénos fachos ». Ou plutôt comment on les analyse. Rue 89, organe référentiel des milieux gauchistes titre : « Les skinheads, un des rares succès de l’extrême droite chez les prolétaires ». Rue 89 fait contribuer un certain Nicolas Lebourg, 38 ans, historien, spécialiste de l’extrême droite, chercheur associé au Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes à Perpignan, qui laisse augurer un effort de rationalisation face à l’ignorance généralisée de ce que fût véritablement le fascisme. Il faut s’attendre au pire. En ouverture voici ce que dit le gus historien de métier et sociologue d’occasion :
« Ce sont des jeunes issus des classes populaires, avec une vraie conscience de classe. Ils s’affirment comme des prolétaires blancs – ce qui les conduit à assimiler la question sociale à la question raciale. Ils dirigent leur colère vers les mouvements de gauche, considérant que ceux-ci s’occupent des immigrés ou des homosexuels, mais pas de l’intégration des jeunes prolétaires blancs. Ils assimilent la gauche au sionisme, c’est assez classique, même si leur racisme est désordonné – contre les juifs, les Arabes, etc. Leur néonazisme est souvent assez folklorique, c’est un néonazisme d’influence américaine, qui est en fait un suprémacisme blanc ».
Déjà on est rassuré pour l’idéologie ambiante sur la « conscience de classe » de ces fils de prolos racistes (vous avez dit fils de…), ce ne sont que des jaloux des homos et des juifs qui leur piquent la place à Pôle embauche. Leur néonazisme est « peu élaboré » car ce sont « des gamins assez destructurés ». L’historien mué en sociologue véhicule du mépris d’élite passe d’un souffle sur la période nazie avec deux ou trois banalités pour revenir aux poncifs de la sociologie gouvernementale : « jeunes manquant de repères et de pères, et mal cadrés dans le bidonville familial ». Ainsi via le mouvement skinheads, l’extrême droite a remporté du succès auprès de la « jeunesse populaire » (autrement déjà dit « prolétaires blancs »), succédant mais ne supplantant pas les excités venant de milieux aisés, lesquels apportent toujours la matière grise à une bande de petits concierges et de  vigiles. Machin Lebourg, qu’est plutôt encore jeune, a tout vu ; il a vu naître : « une extrême droite de ressenti, de déclassement social, liée au rejet de plus en plus fort de l’immigration. Ce tournant a commencé à la fin des années 1970, une période de désindustrialisation accélérée. Ces jeunes sont souvent issus de famille dont le père n’a plus de boulot. Ce sont des petits prolos en colère, ils auraient pu d’ailleurs tomber dans le camp d’en face ».
Certainement pas puisqu’en face ils ont affaire aux gestionnaires du chômage, aux défenseurs de la tolérance de tous les obscurantismes car il vaut mieux une femme ménage voilée que pas de femme de ménage du tout.
Notre historien sociologue tartine sur les mutations idéologiques de l’interprétation du fascisme au point que son interlocuteur de Rue 89 se  demande s’il ne compare pas la tactique des épiphénos à celle des trotskiens contre le stalinisme. En effet assure l’autre, mais les JNR de Ayoub c’est minus et « très simplifié ». C’est surtout une noria dispersée de pauvres types qui, en se tatouant une croix gammée sur le corps « s’autocondamnent » au chômage. Il oublie de préciser, mais sans doute ne le sait-il pas, que sous Hitler il avait fallu discipliner ce genre de « destructurés » sous la botte militaire, et qu’ils étaient déjà un problème insoluble. Toutefois la guerre leur aurait fait du bien et permis d’exprimer leurs pulsions sadiques anales.

LA FAUTE AUX POLOS OU AUX PROLOS FACHOS DE FRED PERRY ?

Skin prolo facho contre skin bobo antifa ? Le problème est au fond… vestimentaire. Les extrêmes se fournissant dans le même magasin sont plus en butte au combat pour le label skinheads que des combattants merdeux pour empêcher le fascisme de… revenir ou de re-triompher dans le bazar des idéologies mortes. Cette bagarre textile – qui a viré au drame stupide (= deux vies foutues en l’air, même si un reste vivant) pourrait plaider pour une similarité des deux extrêmes. Les skinheads et boneheads s’affrontent pour revendiquer chacun le label skin, tout en s’habillant idem. A la question pourquoi les extrêmes sont-ils entichés des mêmes marques, Marc-Aurèle Vecchione (cinéaste) répond :
« Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d'en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d'extrême-droite, mais l'origine est la même.(…)  les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme  (…) Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique (Fred Perry), surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifafs qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s'y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable ».   
Un paradoxe qui aurait fait sourire Guy Debord : « des sous-développés politiques victimes de la société marchande » ! En vérité ce méli-mélo vestimentaire vient contribuer à jeter le trouble sur les démarcations de classe, qui demeurent toujours, bien que brouillées et renversées cul par-dessus tête.  Des deux côtés il y a bien une idéologie confuse, plus bouillies, rivalités d’apparence, haines obscures que vrais raisonnements politiques. Côté extrême gauche, plutôt petit bourgeois fonctionnaires, considérés dans leur emploi : haine du facho fantasmé et en même temps aveuglement sur l’insanité politique démocratique dont ils sont les exécutants de rue. Côté extrême droite (qualifiés de déstructurés ou de débiles avant d’avoir le temps d’ouvrir la bouche): plutôt au chômage et sans diplôme, boulots de merde, exclus + subissent l’affichage du mépris total des ‘couchés’ aisés + Goldman Sachs et l’Etat raciste d’Israël… n’ont plus qu’un argument possible dans ce jeu de cons : la violence, quand ils en sont eux-mêmes les premières victimes sociales.
Une chose est commune aux deux extrêmes, n’en déplaise à toute la presse bcbg de gauche bourgeoise et anarchiste :
1.      Ils s’adressent à la jeunesse en général, pâte molle facilement manipulable,
2.      ils servent toujours de services d’ordre aux manifestations des deux principales factions dominantes de la bourgeoisie, tous dans un camp bourgeois face à l’autre. C'est-à-dire qu’ils n’ont pas vraiment  une différence de fonction. Ou encore, si vous voulez, sont éternellement la cinquième roue du carrosse, suffisamment loin du pouvoir pour que leurs délires ne restent que des accessoires à sa pérenne sagesse pour abrutir peuple et prolétariat.
En l’état actuel des choses c’est la fermeture du magasin Fred Perry qui eût été plus nécessaire et intelligente que la dissolution d’un petit clan de crânes rasés apeurés et isolés. La campagne très violente contre le « meurtre fasciste » aura été au final une occasion pour défigurer un peu plus la violence nécessaire par le prolétariat contre la société de classe dans une opposition fausse et irréelle entre démocratie/fascisme où la guerre de classes est éjectée. Où les prolétaires « blancs » indistincts  sont pointés du doigt comme racistes et tous adeptes inconscients d’une vulgaire petite bande de marginaux très limités, très craintifs et pas du tout révolutionnaires. Il est vrai qu’il n’y a plus que la bourgeoisie qui est internationaliste désormais. Si conviviale avec sa dictature perverse !


LES EXTREMES CONDOLEANCES DU GAUCHISME (que je vous laisse savourer, et pour apprécier à leur juste bassesse la lèche anarchiste et gauchiste au gouvernement « antifa »)

Fédération anarchiste : « … Il nous faut également dénoncer vivement les récupérations malsaines et politiciennes déjà mises en place par des organisations sociales-démocrates absentes de la réalité de la lutte antifasciste. Nous pensons particulièrement à l’Unef et au Parti de Gauche qui n’ont pas attendu pour organiser chacun un rassemblement en hommage à notre camarade. À défaut d’agir, ces gens s’approprient les morts, ils sont moins remuants. On entend déjà les appels à la Justice, à l’Etat, et au gouvernement pour qu’ils interdisent les organisations fascistes mais depuis combien de temps les organisations et les groupes révolutionnaires tirent-ils la sonnette d’alarme ? Clément était militant à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue et à Solidaires Etudiant-e-s Sciences Po, il était antifasciste et révolutionnaire. La Fédération Anarchiste adresse modestement ses condoléances à la famille et aux proches de Clément, et affirme qu’elle s’alliera à toutes les forces révolutionnaires, progressistes et honnêtes pour rendre hommage à Clément et continuer à défendre son engagement qui n’est pas mort avec lui.

 Des antifascistes de Poitiers (avec l’orthographe mixte très identifiable du sous-marin du NPA): « Nous nous sommes mobilisé-e-s à chaque fois, et à chaque fois nous avons été étroitement encadré-e-s voire intimidé-e-s par la police d’Etat. Nous sommes bien sûr en colère contre la droite, qui en appelle aujourd’hui à la répression contre les assassins de Clément, alors même qu’elle est largement responsable, par ses discours nauséabonds, de la montée de l’extrême-droite avec laquelle elle n’a pas hésité à défiler ces derniers mois. Mais nous sommes aussi en colère contre cette “gauche” au pouvoir, qui en appelle à manifester en hommage à Clément, alors qu’elle participe elle aussi à la montée de la haine et du rejet de l’autre, avec son insupportable politique anti-immigré-e-s, ses expulsions de Roms, son aide aux riches, son matraquage des pauvres, son aberrant “débat citoyen” avec les homophobes et sexistes. Le PS, avec son immonde défense des frontières nationales, des frontières de classe et des frontières de genre, en appelle (en chœur avec d’autres partis de gauche et de droite, ) à de nouvelles lois répressives pour contrer les groupuscules d’extrême-droite. Or ceux-ci ne sont que le déplorable résultat d’une politique globale de haine, développée par tous les partis qui se sont succédés au pouvoir. De toute évidence, ce ne sont pas des interdictions légales qui empêcheront les fascistes de nuire. Pour notre part, nous ne comptons guère sur les lois d’Etat pour contrer la haine et les divisions que ces lois inscrivent dans le marbre. Notre antifascisme est au quotidien, dans la rue. Il repose sur la solidarité en actes, l’action directe et l’auto-organisation, entre tou-te-s les exploité-e-s, tou-te-s les dominé-e-s. Pensées fraternelles pour les proches de Clément, et ses compagnes et compagnons de luttes. Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Clément est de continuer à défendre son engagement, qui n’est pas mort avec lui. »

NPA : « Clément, un jeune militant antifasciste, syndicaliste étudiant, a été frappé à mort, hier à Paris, par un groupe de l’extrême droite radicale, les jeunesses nationalistes révolutionnaires. Nous exprimons notre indignation, notre colère, notre solidarité à sa famille et à ses camarades après une telle agression. Ce type de groupuscules se sent encouragé dans leurs actions violentes depuis les mobilisations anti-mariage gays, dans la foulée du Printemps Français, de la progression de l’audience du Front National, de toute la droite extrême. Des agressions du même ordre se sont déroulées à Lyon, à Toulouse, à Poitiers. Ces groupes ont des cibles : les militants progressistes, les syndicalistes, leurs organisations et plus largement tous ceux qui veulent une alternative politique à cette société d’exploitation. Le mouvement démocratique et progressiste doit prendre conscience de la nécessité de se mobiliser, de faire front le plus largement possible, pour les empêcher de nuire, pour faire reculer leur idéologie.
Le NPA appelle à participer à tous les rassemblements de solidarité ». 

LUTTE OUVRIERE : « Pour faire face à la montée d’un tel danger, il n’y a rien à attendre d’un gouvernement de gauche, quel qu’il soit, quel que soit son président ou son Premier ministre. Il sera tout aussi impuissant devant l’extrême droite qu’il l’est devant la politique patronale. Seuls les travailleurs, s’ils sont soudés et se battent consciemment et collectivement pour imposer des mesures de survie, peuvent représenter une force qui représente un espoir pour l’ensemble des couches populaires. Et seule une telle force sera capable de balayer le danger de l’extrême droite. Contribuer à ce que ces idées se renforcent dans la classe ouvrière et les classes populaires est une tâche urgente. Lutte Ouvrière s’associe à la protestation qu’entend exprimer le rassemblement de ce jeudi 6 juin à 18h30, place Saint-Michel à Paris ».

Il n’y a rien à attendre d’un gouvernement de gauche ? LO qui négocie en douce des alliances électorales avec le PS, a le culot d’appeler à défiler derrière les amis du gouvernement, l’opposition de sa majesté Mélenchon, avec la noria d’anarchistes consentants.



[1] Sots ! SO = services d’ordre qui font le cordon ombilical de l’orga ficelant le défilé du bétail protestataire, on peut désormais dire « bétail prostataire » concernant les manifs de retraités syndicaux et municipaux.
[2] Quand on sait que les idéologues appointés et médiatisés Filiu et Bourseiller y enseignent leurs âneries ! J’ai à peu près tout dit pour déshabiller la perversion idéologique de ces deux individus sur ce blog, après le leur avoir dit en public. Et ils le savent puisqu’ils le lisent…
[3] Esteban a été conseillé, trop tard…, de ne pas lâcher sur le poing américain, car, comme l’ignorent beaucoup de petites frappes, c’est une arme de 6e catégorie, donc qui peut tuer comme un couteau. S’il l’ignorait ou faisait semblant, il aura le temps d’y méditer en taule, plus ou moins longtemps sauf s’il est requalifié en tentative de meurtre. Avis aux amateurs ! Nul n’est sensé ignorer la loi.
[4] Un vigile présent sur les lieux du drame est qualifié de témoin "principal" par les policiers. L'homme met en cause les quatre militants du groupuscule antifasciste auquel appartenait la victime, et plus particulièrement l'un d'entre eux. Selon ce témoignage, ce garçon, très remonté, avait des gants de boxe dans son sac et a incité les autres à se battre contre les skinheads, qui, toujours selon le vigile, cherchaient plutôt à éviter l'affrontement et à partir discrètement. Clément Méric, ou un de ses potes antifa, aurait lancé « les nazis viennent faire leurs courses ». Selon un autre témoin Clément Méric aurait déclaré à propos des skinheads : "Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants." Il maintient toutefois que le jeune étudiant n'était pas le meneur, et que si son camarade ne l'avait pas poussé à se battre, rien ne serait arrivé. Cela me rappelle la réflexion du pauvre Overney en 1972 face au vigile armé de Renault : « tire connard ». Et le vigile corse a tiré. Il faut savoir la fermer à certains moments.

[5] Magasin haussmanien pour djeuns tendances facho ou gaucho -  les polos pour les prolos et les bobos de Fred Perry…
[6] Le néologisme était involontaire, mais je l’ai maintenu, surpris de sa validité actuelle.
[7] Le gouvernement n’a lui non plus aucune solution face à l’arrivée continuelle des immigrés, pas forcément croissante, mais qui devient ingérable avec la croissance du chômage autochtone. Celui qui constate un trop grand nombre d’immigrés sur le marché du travail est sûrement un raciste ou un fasciste qui s’ignore. Les diverses « luttes contre les expulsions » ne sont que quelques piochages ponctuels sous l’œil des cameramen officiels prévenus du jour de « l’action », mais en règle générale lors de la plupart des expulsions ou reconduites, nos braves « défenseurs des immigrés » ne sont pas ou plus là.
[8] Merveilleuse loi « évolutionnaire », très réac, qui plaide pour restaurer cette vieillerie, le mariage légal et béni, cette prostitution légale. Cette légalisation confuse et contestée constituerait une mesure de protection en matière d’héritage pour cette ultra minorité de la population. Quoiqu’elle soit (cette minorité), par le fait, plus encore exposée à des agressions de « fachos » ou de simples tarés. L’homosexuel devient sous la gauche l’antifasciste type, mais  un porte étendard fragilisé !