"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 11 mai 2011

LES GAGNANTS DU GERARD DE LA POLITIQUE...BOURGEOISE RIDICULE


Les premiers "Gérard de la politique", prix destinés à récompenser "le pire de la politique", ont été décernés hier soir sur Paris Première, ont annoncé les organisateurs, créateurs des "Gérard de la Télévision" et des "Gérard du Cinéma" dans la même veine potache.

Nicolas Sarkozy remporte le "Gérard de la petite phrase qui les suivra jusqu'à la tombe" avec son célèbre "Casse toi pauv' con". Il était opposé dans cette catégorie à Jacques Chirac, Ségolène Royal, Rachida Dati et Valéry Giscard d'Estaing (pour son "Au revoir!").

Eric Besson obtient le "Gérard de la personnalité politique géographiquement contrariée", et Dominique de Villepin celui auquel "la Vierge Marie est apparue" pour l'appeler à se présenter en 2012, mais qui malgré son ardeur au combat "va se manger un vieux 0,4% dans la face".

Frédéric Lefebvre obtient deux Gérard: celui du "simplet dont on frémit à la pensée qu'il ait des responsabilités" (ex aequo avec le président des jeunes UMP, Benjamin Lancar) et le "Gérard du ministre qui lèche le plus les bottes de son président" (pour sa phrase: "Nicolas Sarkozy a un tort, c'est qu'il a raison trop tôt").

Si les membres du gouvernement ou ceux qui y sont passés en prennent particulièrement pour leur grade, la gauche n'est pas totalement épargnée.

Jack Lang remporte ainsi le "Gérard du vieux machin fabriqué sous Mitterrand qui n'a plus aucune chance de rien mais qui s'accroche quand même, au lieu d’aller pêcher la crevette avec Jospin sur l'Ile de Ré".

Cécile Duflot, elle, doit son "Gérard de l’idée de programme griffonnée sur un coin de nappe en papier avec cinq pastis, un cassoulet, une bouteille de Côtes du Rhône et deux calvas derrière la cravate, et allez zou!" à cette phrase: "On aura tous une allocation à la naissance, le revenu universel".

Les Gérard de la politique sont attribués par un jury rassemblant notamment des journalistes (Philippe Tesson, Bruno Roger-Petit, Eric Naulleau, Eric Brunet, Philippe Bouvard, Guy Birenbaum, Karl Zero), ainsi que le médecin urgentiste Patrick Pelloux et le dessinateur Olivier Ranson.
(d'après l'AFP et Le Figaro)

lundi 9 mai 2011

LE FEUILLETON BEN LADEN ET ALLAHOU AKBAR DANS TA GUEULE


LE FEUILLETON BEN LADEN ET ALLAHOU AKBAR DANS TA GUEULE

Sont bien les deux principaux obstacles dressés face aux populations en colère du croissant arabe. Après le scoop du meurtre autorisé de Ben Laden, sa triste fin de pépère devant sa télé en train de regarder les films super 8 de sa notoriété passée, il se serait servi d’une femme comme bouclier, et ce poltron aurait même expédié une lettre anonyme méchante à Obama.
Le ridicule ne tue toujours pas et c’est bien dommage. La bourgeoisie US est en train de préparer une réorientation stratégique dont on ne peut encore saisir tous les aboutissants. Comme l'assassinat de Guevara en 1967 (sponsorisé par la CIA) mit un terme à l'idéologie du "terrorisme de libération nationale" (un héros mort est plus utile à la mythologie gauchiste ou salafiste qu'un héros vivant, surtout pépère).
Pour l’heure, l’assassinat médiatisé et glorifié du « plus grand criminel de l’histoire » (certes après Lénine et Hitler), n’intéresse pas grand monde depuis l’extinction des lampions la semaine passée. Quoique l’on ait appris que ce salaud de Oussam qui végétait dans son petit harem, ne rendait pas les ballons des enfants qui chutaient par-dessus ses murs gardés par la fine fleur des services secrets pakistanais… ce qui est un comble de méchanceté et la preuve définitive que ce type a fait tomber deux gratte-ciels, même si c’est Saddam qui a tout pris dans la gueule.
En Egypte, les exactions des frères en fondamentalisme neu neu ont tué près de dix coptes ce weekend sur la base de rumeurs prétendant qu’une femme était séquestrée dans une église copte contre son gré. On ne sait pas si les coptes mangent les enfants de confession musulmane, mais on ne doute pas un instant ici sur l’instrumentalisation de la débilité religieuse prédominante en Egypte. On en a honte au souvenir des courageux manifestants de la place Tahrir. Ce crime moyenâgeux profite à l’armée bourgeoisie non dissoute qui monte sur ses ergo et vient prétendre « rétablir l’ordre » alors qu’elle ne fait que fomenter le désordre au profit du prébendier US. Rien ne sera jamais possible avec les terroristes soft ou hard de l’islamisme, ni unité d’action contre la fraction bourgeoise au pouvoir ni tolérance républicaine pour leurs partis de chiasse et de charia. Mais, comme l’anti-terrorisme des puissants qui a un coup dans l’aile, une grande partie de la jeunesse et des prolétaires de l’Iran à l’Egypte ne veut plus de ces terroristes coraniques.
La mise en avant des tarés islamistes au premier plan, comme l’attentat de Marrakech, comme les meurtres répétés en Syrie (avec le soutien de l’UE au boucher Assad), comme la guerre immobilisée en Libye, constituent la réponse répressive et cynique des maîtres du monde à la colère et aux attentes des masses frappées par la crise et réduites à réagir par la démerde individuelle ou l’émeute contre productive.
Il faut noter cependant, pour soutenir nos camarades inconnus des minorités de prolétaires de ces pays et les éléments révoltés des classes intermédiaires, que la potentialité de la lutte sociale n’est pas éteinte dans l’arc de cercle de l’Afrique du nord, ainsi que le montrent les exemples de la Tunisie et du Maroc.Partout la bourgeoisie, de la Tunisie à la Syrie,s'efforce de fomenter une guerre confessionnelle, meilleure trouvaille moderne pour handicaper l'union grandissante du prolétariat.

Le coeur de Tunis a été le théâtre d'une confrontation entre manifestants anti-gouvernementaux et policiers au lendemain de l'imposition d'un couvre-feu au nom des « promesses démocratiques ». Ces émeutes ont de tout autres mobiles que l’espoir d’élections libres dans la banlieue pauvre de la capitale tunisienne. A Ettadhamen, banlieue dite défavorisée, des bandes de jeunes se sont livrés à des pillages et saccages dans la nuit malgré le couvre-feu. Ce réflexe n’est pas en soi le reflet d’un haut niveau de lutte de classe, mais on peut le comprendre et surtout pas le condamner. Et c’est qui condamne ? Ben voyons les frères en coranie qui se sont mobilisés pour tenter de rétablir l'ordre en l'absence d'intervention des forces de l'ordre, selon des habitants. Là où la CGT est absente, les cordons policiers islamistes répondent présents. Dans le centre de Tunis, la police a fait ensuite usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui s'étaient réunis pour la quatrième journée consécutive. Au nombre d'environ 200 sur les marches du théâtre municipal et avenue Bourguiba, ils ont entonné à plusieurs reprises l'hymne national (pour se protéger de l'accusation d'être la main de l'étranger plus que par la croyance à une solution nationale) avant de scander des slogans hostiles à la police bourgeoise. Mais les manifestants qui réclament plus des emplois après la chute du régime autoritaire de l’arbre Ben Ali, le 14 janvier dernier, ont scandé des slogans très « classe » : "gouvernement dégage", "flics, bande de lâches". Nouri Bouzid, célèbre cinéaste, a décidé cette semaine de porter plainte contre Le mouvement Ennahda (Parti de la Renaissance), à tendance islamique. Lors d'un meeting tenu le 17 avril dernier par le mouvement Ennahda, un militant islamiste tunisien a parlé du cinéaste en disant « si je le pouvais, j'userai de la kalachnikov contre Nouri Bouzid ». Vendredi 6 mai, une manifestation de militants islamistes a été organisée sur le lieu du spectacle pour le perturber ou l'annuler au motif que ces activités sont contraires à la morale islamique... Malgré les intimidations, l'intérêt du public tunisien pour le ballet de Sihem Belkhodja n'a pas été démenti. Le réalisateur tunisien Nouri Bouzid a déjà été agressé, le mois dernier, par un inconnu, non loin de chez lui, alors qu'il discutait avec des jeunes étudiants. Un témoin oculaire a déclaré que l'agresseur, un homme barbu, lui a asséné un coup sur la tête avec une barre de fer en criant "Allahou Akbar"... Sur le modèle du Front islamique du salut algérien, Le mouvement Ennahda a toujours utilisé la violence contre moyen de revendication politique. Plusieurs actes violents ont été imputés au mouvement : il lui est reproché l'incendie, le 18 février 1991, du local du comité de coordination du Rassemblement constitutionnel démocratique à Bab Souika et qui a fait deux blessés graves, dont l'un décéda une quinzaine de jours plus tard. En février dernier, le mouvement islamiste tunisien a reconnu sa responsabilité dans l'incident de Bab Souika qualifié « d'erreurs individuelles commises par certains jeunes du mouvement qui étaient victimes de répression, faute de l'absence des leaders, contraints à l'exil ou emprisonnés ». Suite au "printemps arabe" Ennahda a obtenu sa légalisation, après trente ans d'interdiction, le mouvement veut implanter en Tunisie la charia, la loi islamique. Ceci est l’expression de la « tolérance » des amis de Ben Ali toujours au pouvoir, et de leurs amis américains qui ont toujours su associer les pires sectes religieuses au pouvoir policier.
La légalisation d'Ennahda découle d'un jeu d'apprentis-sorciers. La nouvelle mafia politico-militaire en Tunisie voudra profiter de la victoire de ce parti pour faire un coup d'état et ainsi se crédibiliser aux yeux de l'opinion nationale et internationale. Je m’associe à ce blogueur tunisien qui dit que tant qu'il est encore temps, si les tunisiens veulent sauver leur pays, ils doivent manifester en masse et sans interruption pour la dissolution d'Ennahda (qui fait le jeu de la prochaine dictature militaire à venir). Il faut désamorcer le complot dès maintenant.
Désamorcer les complots, ou plutôt les politiques clairement répressives dans tous ces pays, sera dur.
La manifestation de Marrakech visait à dénoncer l'attentat de la semaine dernière et réclamer que la population ne soit pas victime des tueurs de l’ombre, mais pas seulement.

Des milliers de personnes réunies dimanche à Marrakech, dans une manifestation autorisée par l’anti-terrorisme gouvernementale, ont scandés : «Un roi qui règne mais ne gouverne pas», «Pour une nouvelle constitution», ou on pouvait lire sur les pancartes : «Justice sociale», «Non à la corruption», par beaucoup de membres du Mouvement de contestation du 20 février. Ils étaient 7000 selon un journaliste de l'AFP et entre 2500 et 3000 selon le ministère de l'Intérieur. Partis du centre de la ville, le cortège, qui réclamait aussi la fin du terrorisme, a rejoint la place Djema'a el-Fna, où une bombe avait fait 17 morts dont 13 touristes étrangers. Il s'agit de la quatrième manifestation de grande ampleur que connaît le pays depuis le début du soulèvement des couches moyennes. Le 9 mars, après la première manifestation du 20 février (qui a donné son nom au mouvement), le clown Mohammed VI avait annoncé des réformes constitutionnelles visant notamment à renforcer le rôle du premier ministre issu des urnes, ce qui était la façon la plus arrogante de mépriser les masses. Comme lors des précédents rendez-vous, les manifestants étaient principalement des jeunes, venus cette fois de plusieurs villes du royaume. En revanche, les islamistes étaient moins présents, contrairement à l’Egypte.
Cette manifestation au Maroc, prévue pour communier dans l’anti-terrorisme gouvernemental, n’est pas tombée finalement dans le piège de l’anti-terrorisme des Etats eux-mêmes terroristes, mais a prouvé que la répression et les complots terroristes ne suffiront pas à calmer la lutte des classes, qui tend à se profiler derrière les jérémiades démocratoques.

PS: parole de jeune prolétaire tunisien sans papier: "«Je sais que tout le monde se demande pourquoi les jeunes Tunisiens viennent en France alors qu'ils ont fait la révolution. En réalité, rien n'a changé là-bas. Ben Ali est tombé, mais le système, lui, est toujours là. Je voulais être libre, trouver un travail, c'est pour ça que je rêvais de venir en France», détaille Hakim (in Libé mardi).

lundi 2 mai 2011

Ben Laden out? Pipolisation grotesque d'une réorientation de l'impérialisme US...



SCOOP DE DERNIERE HEURE: la propaganda mondiale n'a pas peur du ridicule - quoique de nombreux neuneus tombent dans le panneau sur les forums - les médias US se sont précipités pour assurer que Ben Laden avait été immergé "selon les rites musulmans", or c'est ce qui s'appelle un mensonge doublé d'un autre mensonge: incapables d'exhiber le fantôme de Ben Laden, on dit l'avoir jeté à la mer (précipitamment pour que subsistent tous les doutes) et absolument pas selon le rite arabo-musulman qui n'enterre qu'en... terre, les flots impétueux de la mer empêchant la cadavre de se tourner vers la Mecque... Sans oublier la mise en circulation sur le web d'une photo truquée du faux mort (il est mort dix fois depuis dix ans...). La branche Al Qaida de la CIA s'apprêterait à organiser un gigantesque attentat pour.... venger son ancien employé!La palme de la bêtise revient au journal Le Monde qui titre "le corps de Ben Laden aurait été enseveli en pleine mer", or on ne peut pas ensevelir en mer puisque ce terme signifie "enterrer'; "pleine mer" signifie aussi qu'on aurait été le larguer très loin, loin des objectifs des photographes. Par ailleurs Le Monde, pour bien prendre les citoyens et les prolétaires pour des cons, brandit l'accusation infamante contre nous tous qui rigolons: "les thèses conspirationnistes vont déjà bon train". Horreur certains oseraient douter du discours de la pensée unique anti-terroriste, blanche et vierge de toute manip machiavélique! Une honte pour les mafias pétrolières dont les VRP (commerciaux et militaires) ont les mains si blanches!

1. Terrorisme et anti-terrorisme sont les deux faces de la même pièce tragique gouvernementale, et la UNE mondiale des médias sur la mort (fictive ou finale) de Ben Laden montre que la bourgeoisie internationale va miser à nouveau sur cette stratégie particulièrement vicieuse car, à un niveau pire que les débats concons sur anti-sémitisme et racisme, on ne peut jamais débattre sereinement de l’utilisation du terrorisme sans se faire insulter si on soupçonne les Etats d’en être les commanditaires ou même les simples réceptionnistes ; on dirait qu’un arrière-fond de chauvinisme étroit bride la pensée de votre interlocuteur franchement suiviste par rapport à son gouvernement (cf. les querelles ordurières ou insignifiantes sur les forums de Libé). Sujet porteur pour les dominants donc car l’accusation de complot est toujours considérée par gauchistes et anarchistes comme « simpliste », car ces cuistres choisissent toujours un camp et plus c’est sanguinolent et aveugle, plus c’est révolutionnaire. Combien n’admiraient pas secrètement le grand barbu présumé grand organisateur de la destruction des tours jumelles de NY ?
Peu après l’attentat à Marrakech, voici la cerise sur le gâteau, via ses agents au Pakistan la glorieuse armada secrète des tueurs de la CIA aurait fait sauter enfin le caisson de Ben Laden ! Remake et foutage de gueule. Ben Laden a été annoncé mort tant de fois par le même canal US qu’on se fout qu’il le soit ou pas. L’annonce a lieu dans un contexte de multiples guerres "civiles"(Afghanistan, Irak, Libye,) où le « monde occidental » doit apparaître comme triomphant, capable tout au moins de juguler cet ennemi opaque et sans cesse renaissant : le terrorisme permanent, qui justifie qu’on recrute de courageux soldats dans la population ouvrière au chômage pour défendre la « civilisation » contre la « barbarie »(en keffieh, cf. le film de propagande/recrutement « Démineurs »). Les funérailles opaques du grand Satan qui avait succédé au diable stalinien donnent lieu à une orgie de baves et de courbettes au big boss américain, des abrutis anonymes aux journalistes les plus creux; c'est aussi obscène que la pendaison des Laval, Mussolini et Saddam. Non simple victoire de l'anti-terrorisme sur un de ses enfants (Ben Laden était un produit made in CIA) mais, contrairement à la danse du ventre sordide de tous les béni-oui-oui du système capitaliste et de leurs armées terroristes officielles, la mise en scène masque une réorientation de la politique américaine pour le contrôle du monde et du marché pétrolier.

2 Un éclairage brutal sur le jeu secret de l'impérialisme US derrière les "révoltes arabes":

La révolte en Tunisie et en Egypte n'était certes pas prévue au programme, mais après leur avoir agité le pompon inaccessible de la riche démocratie, on abandonna ces populations brimées par les mêmes armées dictatoriales et on organisa "l'extension" en Libye et en Syrie... Les "insurgés" de l'est libyen furent pourtant armés par l'Arabie Saoudite (pro-US en diable), nulle volonté d'autodétermination populaire... ni internationalisme.
En Syrie (principal Etat policier de la région, très proche amie des Etats Unis) il n'est pas question de faire cesser immédiatement ni plus tard la répression inouïe... Au Yémen, le pétrole doit rester étroitement contrôlé sous égide US et le peuple continuer à crever sous les balles. Le printemps des peuples c'est pour les caves.
La clôture de la saga Ben Laden correspond d'abord à une mise au pas du monde arabe; les armées tunisienne et égyptienne ont obéi au quart de tour, Yémen et Syrie ne seront pas inquiétés et Kadhafi sera de toute manière éliminé. Le contrôle de l'Afghanistan (carrefour stratégique pour tenir l'Asie) a perdu de son importance du fait de la réorientation clientéliste des USA vers l'Inde, où il faut favoriser la partie bouddhiste contre la partie musulmane. La réaction de l'Etat iranien est intéressante: par la voix du porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères, Téhéran a fait savoir qu'avec la mort de Ben Laden "les Etats Unis et leurs alliés n'ont plus d'excuse pour déployer des forces au Moyen Orient sous prétexte de lutter contre le terrorisme". CQFD!
La diminution des réserves pétrolières imposait depuis longtemps cette réorientation, d'où l'invasion de l'Irak puis l'action en Libye (où la France et l'Angleterre tenteront de conserver une part du marché). Signe de cette réorientation en forme de repli national, l'Arabie Saoudite va généraliser les raffineries sur place. Les compagnies françaises et britanniques n'ont qu'à se bien tenir si elles ne veulent pas tout perdre; en effet la garantie de domination tutélaire reposait jusqu'alors sur des raffineries construites hors des pays producteurs, où planait toujours la menace de nationalisation.
Derrière les simiesques grimaces se riant de la disparition de Satan Ben Laden, les combats font rage entre impérialismes. La France est bousculée de plus en plus par la Chine en Afrique et tente de conserver une partie de la manne pétrolière en Libye... La Russie est aussi intéressée (Poutine a demandé de ne pas tuer Kadhafi).
Pour contrebalancer le poids grandissant de la Chine sur le marché international, l'impérialisme américain a donc choisi l'Inde en encourageant le commerce du pétrole dans cette direction. Le spectacle ridicule autour de la mort de Ben Laden cache un déplacement des centres d'intérêts où la question arabe redeviendra secondaire, même avec d'autres conditions; il est très possible, avec le reconnaissance planifiée à l'automne d'un Etat palestinien par la plupart des pays de l'ONU, qu'Israël soit placé aussi au placard. Une nouvelle époque de tous les dangers s'ouvre, où le prolétariat et les peuples sont encore les dindons de la farce.


Post-scriptum: Ceci dit, les chants de victoire de l'anti-terrorisme, co-producteur du terrorisme, ont aussi pour but d'illusionner la classe ouvrière sur un monde de paix et d'équité inexistant et, dans le prolongement de l'exaltation de la démocratie, de tétaniser toute réaction violente normal de classe. J’ai raté hier soir : 1950-1990 : le scandale des armées secrètes de l'Otan d'Emmanuel Amara, dimanche 1er mai à 21h30, sur France 5. Je repique un article sur Rue 89 Quand l'Otan tuait des civils en Europe pour lutter contre l'URSS par Augustin Scalbert, qui vous donnera envie de lire mes Avatars du terrorisme. On y apprend aussi que l'OAS n'était qu'une succursale de la CIA, ce pourquoi De Gaulle avait viré les ricains.
« L'attentat de la gare de Bologne, 85 morts et plus de 200 blessés le 2 août 1980. Le 26 septembre suivant, 13 morts et 200 blessés à la fête de la bière de Munich. Les tueries du Brabant, 28 morts dans le sud de la Belgique entre 1982 et 1985. Derrière ces crimes, se trouveraient l'Otan, les Etats-Unis et de hauts responsables politiques de plusieurs pays d'Europe, désireux de créer une « stratégie de la tension » pour lutter contre l'URSS. On connaissait l'existence de ces armées secrètes depuis qu'en 1990, le président du conseil italien Giulio Andreotti avait révélé à la Chambre des députés ce qu'était le réseau Gladio. On savait qu'il faisait partie des réseaux Stay-behind, cellules dormantes crées par l'Otan dans plusieurs pays d'Europe, dont certains étaient officiellement neutres, comme la Suisse ou l'Autriche. Ce qu'on ignorait, ce sont les liens très probables de ces réseaux avec des attentats terroristes. Parfois attribués à l'extrême-droite (dont des militants furent condamnés), parfois à l'extrême-gauche, parfois restés impunis. C'est ce que révèle le film « Le Scandale des armées secrètes de l'Otan », réalisé par le journaliste français Emmanuel Amara, qui s'appuie notamment sur les travaux de l'historien suisse Danièle Ganser.
Un sang-froid et une technique digne des services secrets
Au pic de la guerre froide, des groupes d'extrême-gauche contestent le capitalisme en jouant de la terreur, faisant plusieurs morts. La thèse de Danièle Ganser, qui est formellement invérifiable tant que l'Otan ne s'exprime pas ou que les archives restent classifiées, veut que l'organisation et la CIA aient choisi une « stratégie de la tension », à la fois pour décrédibiliser l'extrême-gauche et favoriser l'élection de majorités plus sécuritaires, donc de droite. En organisant des attentats meurtriers pour la population civile.
Cette thèse est invérifiable, mais elle est fortement étayée par de nombreux témoignages diffusés dans le film. Ainsi, ce policier et cette juge d'instruction belges qui racontent en quoi les tueurs (impunis) du Brabant étaient des gens dotés d'un sang-froid et d'une technique digne des services secrets. On a aussi la surprise d'entendre le très sulfureux Licio Gelli, grand maître de la fameuse loge maçonnique P2. Mentor de Silvio Berlusconi, ce nonagénaire maintenu en résidence surveillée est la cheville ouvrière de la plupart des scandales des années de plomb italiennes. Le voilà, entre un détour par la Suisse et par l'Allemagne, qui s'explique sur l'origine idéologique des membres de ces armées secrètes. (Voir la vidéo) Après les révélations d'Andreotti en 1990, trois pays ont décidé de lancer des enquêtes parlementaires sur les réseaux Stay-behind : l'Italie, la Suisse et la Belgique. C'est donc dans ces pays que les informations sont les plus nombreuses, ou plutôt les moins rares, tant le secret continue à voiler ce qu'on pourrait bien qualifier de terrorisme d'Etats.

samedi 30 avril 2011

POURQUOI LE TERRORISME REVIENT A LA MODE?


Au HIT PARADE DES CRIMES DES BOURGEOISIES ARABES, LE CLAN HAFEZ EL ASSASSINS, ci-contre emporte la palme, mais il y a d'autres solutions que de tirer dans le tas ou de jouer à la guerre humanitaire interminable et minable comme en Libye.

En tout cas, les bêlants pacifistes du Nouvel Obs et leurs lecteurs bobos gauchistes peuvent rentrer dans leur coquille, l’ordre de jasmin coule à flot abondant. Il n’y a pas eu une seule révolution possible du fait que partout forces armées et policières bourgeoises n’ont pas été dissoutes. Le mouvement des masses arabes confirme, malgré son absence d’internationalisme dans une zone où les nations sont ridicules, que la colère contre la crise a inévitablement une dimension inter-nationale parce qu’aucune solution nationale n’est possible. CE MOUVEMENT CONFIRME QUE DEPUIS L’EXPERIENCE MALHEUREUSE D’OCTOBRE 17 EN RUSSIE LA THEORIE DU MAILLON FAIBLE EST CADUQUE. LA VERITABLE REVOLUTION NE POURRA DEMARRER QUE DES CENTRES DU CAPITALISME DOMINANT. Aucune victoire n’est possible contre des Etats locaux blindés, défendus par des armées de tueurs professionnels, soldatesque et policiers. Tant que nous, le prolétariat des pays riches, n’auront pas renversé nos propres bourgeoisies maîtresses du monde, les peuples du tiers-monde resteront le gibier des tirs des assassins professionnels. Cela le camp maximaliste l’affirme depuis la mort de Lénine, et nous, jeunes maximalistes, depuis au moins 40 ans, depuis les fausses libérations nationales.
La famille Hafez El Assassins est passée en tête du plus grand nombre de crimes quotidiens, doublant Kadhafi. Depuis le début je n’ai jamais cru qu’un régime barbare comme le syrien ne commettrait pas un bain de sang supérieur aux autres, les crimes précédents du principal régime policier de la région, au Liban et en complicité avec l’Etat colon israélien ainsi que sa tutelle de l’Etat libanais, font partie du décor et des exigences des grands impérialismes. La presse bourgeoise loue encore ce rôle dit « stabilisateur » du clan assassin Assad et nulle guerre de sauvetage humanitaire n’est envisagée pour ne pas se ridiculiser plus encore après la pantalonnade qui dure en Libye. Massacre tu à l’époque et oublié en Syrie en 1982, le crime de la tête plate de morue le père Hafez el-Assad contre les insurgés de la ville de Hama en février 1982, aurait fait de 25 et 30 000 morts. L’insurrection était certes menée par les tarés Frères musulmans, qui avaient lancé dans les années précédentes une lutte armée et des attaques terroristes contre le régime baasiste. Le 2 février 1982, la population de Hama, à majorité sunnite, s’était laissée embarquer dans une insurrection suicidaire par la fraction bourgeoise fondamentaliste. L'armée syrienne répliqua en assiégeant et bombardant 27 jours durant la ville, pratiquant la politique de la terre brûlée, un tiers de la ville est alors détruit. Elle se livre aussi à des massacres dans les colonnes de réfugiés quittant la ville, torturant et exécutant les opposants politiques avérés ou supposés. Ces événements n'ont pas été, ou peu, relayés dans la presse occidentale, et n'ont pas soulevé l'indignation à l'étranger, car ils ont été occultés par la fermeture du pays et par la guerre du Liban. Mitterrand était resté muet pour ne pas froisser le boucher Assad, excellent client.
Depuis trois semaines le régime fait tirer dans le tas de la foule des manifestants comme lors des enterrements. Je le répète, même les régimes fascistes n’avaient jamais osé faire cela avant et après leur prise du pouvoir (il est vrai que la venue très rapide de la guerre mondiale les en avait dispensés). La brave communauté internationale perverse proteste bien sûr et s’indigne, comme dirait ce vieux cuistre bourgeois de Hessel, mais Basta ! La tribu Assad fait le boulot de répression complémentaire à Kadhafi pour calmer un peu plus la révolte des masses petites bourgeoises et surtout leur faire croire qu’elles meurent pour la démocratie, cet imaginaire d’un monde meilleur impossible dans les pays réservoirs de main d’œuvre des pays riches du nord.

LE MOUVEMENT EN SYRIE VA-T-IL DEPASSER LES SIMPLES MANIFESTATIONS DE PROTESTATION ?

Dans le cadre de cette illusion démocratique (qui empêche en fait l’éclosion d’un véritable mouvement social sous la direction de la classe ouvrière) on nous refait le coup des comités de quartier comme en Tunisie. On nous apprend que, comme à Deraa, des comités locaux d’habitants et de jeunes se sont peu à peu constitués pour appeler aux manifestations, notamment à la sortie des prières du vendredi, puis pour venir en aide aux blessés et organiser les funérailles des «martyrs». La répression, mais aussi «les campagnes d’intox et de manipulation médiatique et sécuritaire du régime ont révolté et soudé les gens», confirme un habitant de Homs, où «des bandes de salafistes» auraient semé la mort parmi la population, la semaine dernière, selon les médias officiels. Peu à peu, des notables, des personnalités religieuses locales, ainsi que des ingénieurs, des avocats et des médecins rejoignent les comités locaux, donnant plus de consistance au mouvement. Voici de nouvelles «coordinations», comités formés par cooptation parmi les habitants, dans les quartiers, les familles et les voisinages, qui (selon Libé) « apprennent à se protéger contre les indicateurs et les infiltrés du régime. Ils mènent au jour le jour leurs actions sur le terrain, relayés par les cyberactivistes, qui donnent une cohésion nationale au mouvement, par exemple en faisant le lien entre les différentes coordinations. Les informations et les appels, mais aussi les vidéos, sont envoyés par SMS ou messages privés sur Facebook à la communauté en ligne, dont les membres se trouvent à l’intérieur comme en dehors du pays ». Du réchauffé n’est-ce pas ? Un remake des mérites supposés de Facebook qui avait été animé par les sympathisants US en Tunisie et Egypte… mais comédie tragique en Syrie dirigée par une armée terroriste. Ce genre d’analyse et d’interprétation journalistique sert à nous conforter dans notre situation misérable de spectateurs impuissants.

TOUTE RIPOSTE ARMEE SERA MISE SUR LE DOS DU TERRORISME

Face aux massacres quotidiens des tueurs des Assad et Kadhafi, la bourgeoisie veut bien faire de la pub à l’organisativite petite bourgeoise inoffensive et pacifique, mais indique clairement que le recours aux armes dépend :
- Soit d’une soumission au combat « pour la démocratie » aux ordres des généraux bourgeois occidentaux,
- Soit suppose une action terroriste de « salafistes » ou d’Al Qaïda (branche de la CIA, comme la gendarmerie est une branche de la police).
Tout prolétaire conscient se dit, face aux massacres des snipers policiers depuis les toits, que les manifs pacifistes sont non seulement suicidaires mais contre-productives, et qu’il faut que les prolétaires s’arment à leur tour, ce qui est plus facile encore dans ces régions et tuent à leur tour les tueurs. Pour l’heure cela paraît impossible à des populations dominées par le mépris de soi et qui réagissent en se jetant au-devant des balles comme les suicidés de F.Telecom. On assiste au même dysfonctionnement qu’en Occident comme le décrit François Chevalier : « Des gens « maltraités » ou se vivant comme tels, non seulement ne se rebellent plus contre ceux qui les amoindrissent au point de les détruire, mais semblent leur donner raison en faisant d’eux-mêmes, et rapidement, ce que leurs bourreaux cherchaient à faire d’eux par les moyens les plus détournés : des déchets. (…) Disons-le froidement, qu’aucun des « suicidés de France-Télécom », ou d’ailleurs, n’ait tenté de casser la gueule de ses supérieurs, de mettre une bombe sous les pieds du conseil d’administration ou d’entraîner avec lui dans la mort l’un ou l’autre des cadres responsables de son désespoir est une disgrâce pour l’humanité » (et révèle un niveau de soumission supérieur des français comparés aux américains habitués à buter leurs patrons…) (« La société du mépris de soi », Gallimard octobre 2010).
Or manifestement, bien que les médias le taisent ou se gardent d’en généraliser la valeur, la riposte armée des victimes civiles est bien réelle, en particulier au Yémen et au Bahreïn Deux hommes armés ont été tués la semaine dernière dans des accrochages avec les forces de sécurité dans le Sud du Yémen, selon des sources policières. À Aden, un homme armé a été tué et un autre blessé par des soldats alors qu'il tentait de lancer une grenade contre un hôtel de la ville. Dans un autre incident, cinq soldats ont été blessés par une grenade lancée contre les militaires gardant le siège de la Banque centrale dans la ville, selon une autre source de sécurité. Dans la province voisine de Lahej, un soldat a été tué et un autre blessé dans des combats avec des membres d'une tribu qui veut pousser l'armée à quitter une position dans leur zone, a indiqué un flic de la région. À Zanjibar, capitale de la province d'Abyane, au nord-est d'Aden, deux soldats ont été blessés par des tirs d'assaillants, membres présumés d'Al-Qaïda, contre le siège des renseignements, selon une autre source sécuritaire. Les violences sont quasi-quotidiennes dans le Sud du Yémen, marqué depuis longtemps par un mouvement sécessionniste et devenu l'un des foyers. Ces réactions naturelles de défense contre les tueurs de l’Etat, comme on le voit, sont automatiquement attribuées à l’entité Al Qaïda ou à un complot de l’étranger !
Mais la bourgeoisie a tellement peur de la violence de défense et de vengeance des masses qu’elle redouble ses crimes en y ajoutant ses assassinats légaux comme au Bahreïn, via le tribunal et les tueries et viols en prison. A DUBAI quatre manifestants chiites bahreïnis ont été condamnés à mort jeudi par un tribunal militaire qui les a reconnus coupables d'avoir tué deux policiers, a affirmé à l'AFP un responsable de l'opposition. Trois autres contestataires chiites ont été condamnés à la détention à perpétuité dans le cadre du même procès, selon l'ex-député du principal groupe de l'opposition chiite, le mouvement al-Wefaq, Matar Matar. Il s'agit des premières condamnations à mort depuis la répression du mouvement de contestation populaire dans ce petit royaume du Golfe à la mi-mars. Les sept hommes étaient accusés d'homicide volontaire sur les personnes d'agents de l'Etat en exercice de leur fonction et de complot terroriste, selon l'acte d'accusation présenté par le procureur militaire à l'ouverture de leur procès le 17 avril. Selon les autorités, quatre policiers ont péri après avoir été renversés par des voitures durant les protestations qui ont vu les chiites, majoritaires parmi la population locale, contester la famille royale sunnite des Al-Khalifa. Les autorités ont mis fin à la mi-mars au mouvement de contestation après l'envoi dans ce petit royaume d'unités de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG, dont fait partie Bahreïn), et mené des rafles massives. Les violences ont fait, selon Manama, 24 morts, dont quatre policiers. Quatre manifestants sont morts depuis en détention. Les manifestants n’ont pas le droit de tirer sur les policiers qui les tuent, comme de juste.

LE RETOUR DU TERRORISME NOIR

Personne ne se souvient de l'attentat terroriste d'Etat de Piazza Fontana (Italie 1969, pour éteindre la vague prolétarienne de 1968, cf. Lire mon livre "Les avatars du terrorisme"). Plus vicelard, l’attentat terroriste de Marrakech est comme le comprend le peuple marocain « un alibi pour freiner les réformes » (ou plutôt un alibi pour ôter toute illusion). La subtilité de cette tuerie indirecte de l’Etat marocain (et même s’il n’en était pas l’auteur… mais les massacres téléguidés le régime des Hassan en est passé spécialiste depuis Oufkir) apparaît comme sonnant le glas de la contestation contre le régime du roi Mohammed VI «Depuis deux mois, à quelques exceptions près, ce mouvement est resté pacifique. (...) L'attentat de Marrakech paraît plus susceptible d'entraver l'action des jeunes de la société civile regroupés au sein du "20 février" (nom du mouvement ndlr) plutôt que de l'aider», craint l'auteur du blog Maroc Espace. Pour Maghreblog, cet événement «ne pouvait pas survenir à un pire moment», et pourrait «faire dérailler ou retarder» le train des réformes engagées par le gouvernement. Sur le site petit bourgeois Goud.ma, Nadia Lamlili va plus loin. Selon elle, le régime pourrait se servir de l'attentat comme d'un «alibi pour baillonner ce formidable mouvement d'éveil des consciences», et réduire les libertés publiques au nom de la lutte contre le terrorisme. Elle se souvient des dérives sécuritaires menées après les attentats de Casablanca, en mai 2003: «Il y a eu près de 5000 arrestations, avec leur lot de tortures et de disparitions forcées, en plus d'une législation anti-terroriste qui a doté les sécuritaires de pouvoirs étendus».
Le Maghreb est plus proche que le Makrech de l’Europe – quoique le prolétariat européen soit muselé et impuissant à faire montre de solidarité (grâce aux collaborateurs nationaux syndicaux) par le prétendu risque d’invasion, et des tueries comme en Syrie et Libye feraient mauvais effet pour ces pays à touristes. Toute proportion gardée, on est dans la même situation qu’en 1917 : pays vaincus en révolution (Russie, Allemagne, Hongrie), pays vainqueurs avec des augmentations de salaires… Les ouvriers d’occident, inquiets mais repus, ne sont pas assez déstabilisés et appauvris par la crise pour lever le petit doigt et sortir de leur méprisable condition de spectateurs. Vivement un nouveau 2008… La conscience de classe n’a jamais été aussi basse et méprisable pour une classe qui se laisse voler sa vocation historique de sauver l’humanité par l’hypocrisie humanitaire impérialiste dont le fleuron s’exprime en Libye par le viagra occidental offert aux tueurs pour qu’ils bandent mieux en violant et en tuant (cf. voir le témoignage d’un commerçant marocain dont une employée enceinte a été tuée à coups de pieds dans le ventre par les soldats « révolutionnaires » du représentant en pétrole Kahdafi & Co). Comme en 1848 et 1871 à Paris, comme sous Franco en 1936, comme sous De Gaulle en Algérie, comme en Argentine en 1974, comme en Bosnie, au Rwanda, l’invocation du viol est une arme du terrorisme d’Etat toujours efficace pour humilier les populations. A condition qu’il soit suivi du crime et que les cadavres aient été enterrés quelque part.
Oui sans révolution en Occident, pas de révolution en Orient, mais de la mitraille, toujours plus de mitraille pour les prolétaires et les couches sociales intermédiaires flouées par la crise et les enjeux des conflits inter-impérialistes opaques.

ARMEMENT DU PROLETARIAT OU MASSACRES SANS FIN

Principale leçon de ces pacifiques soulèvements arabes, la violence révolutionnaire du prolétariat – désarmement de la police et des milices bourgeoises – sera une des premières tâches urgentes des soulèvements à venir en pays riches. Sinon le prolétariat du nord subira lui aussi, à son tour, exactions, viols et meurtres par les snipers et professionnels terroristes d’Etat bourgeois. Et il faut un parti communiste maximaliste pour faire comprendre cela aux prolétaires atomisés et pleutres.

mardi 26 avril 2011

Communiqué du PCI: La révolte des masses prolétarisées arabes a atteint la Syrie: le régime répond par des massacres

Le président Bachar El-Assad s’est lourdement trompé s’il pensait arrêter les manifestations de protestation en usant du bâton et de la carotte; ni la répression policière, ni l’annonce de réformes n’ont suffit à briser le mouvement.
Les accusations selon lesquelles des puissances étrangères incitent et dirigent les mouvements contre le régime baasiste des El-Assad pourraient bien n’être pas dénuées de fondement, à la différence de la propagande d’un Kadafhi prétendant qu’ Al Quaïda organise la révolte en Libye. Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’impérialisme américain, en liaison avec les aspirations d’Israël à dominer la région, essaye de trouver des points d’appui dans l’opposition en Syrie. Mais la situation actuelle dans toute l’aire nord-africaine et moyen-orientale n’est évidemment pas le résultat de manoeuvres des impérialistes américains, anglais, français ou israéliens. C’est la crise économique, précipitant les larges masses dans une misère terrible, conjuguée à une insupportable oppression policière et dictatoriale, qui a causé l’aggravation des tensions jusqu’à provoquer les explosions dans toute la région.
Pendant des dizaines d’années, les régimes autoritaires en place ont maintenu l’ordre capitaliste et, au delà de leurs alliances opposées, assuré le contrôle impérialiste de cette zone troublée, par la répression brutale de toute contestation et de toute lutte interne.
Les fractions bourgeoises qui, en Tunisie, en Egypte, en Libye, prennent la relève des fractions liées aux Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, récoltent inévitablement les fruits d’une révolte qui a éveillé les plus larges masses à une activité sociale et politique qui leur était complètement interdite il y a quelques mois encore.
Inévitablement, parce que le mouvement de révolte des prolétaires et des masses prolétarisées de ces pays n’a pas eu à sa tête ni le parti communiste révolutionnaire, ni même des partis et organisations immédiates structurées selon les principes de la démocratie bourgeoise. Le parti communiste révolutionnaire n’existe pas aujourd’hui sinon sous une forme embryonnaire privée de toute influence (et nous sommes convaincus de représenter cet embryon); en outre, sans la reprise de la lutte de classe prolétarienne, il serait impossible au parti de prendre la tête du mouvement social et de modifier les rapports de forces entre le prolétariat et la bourgeoisie. Deux éléments essentiels sont nécessaires pour la formation du parti de classe, communiste donc international: la restauration de la théorie marxiste, falsifiée et détruite par le stalinisme et ses héritiers, qui a été accomplie par la Gauche Communiste dans le second après-guerre; et la reprise à grande échelle de la lutte prolétarienne organisée, qui tarde toujours mais qui réapparaîtra inévitablement étant donné les attaques que le capitalisme mondial, en proie à des difficultés croissantes, inflige aux prolétaires, les obligeant à se défendre y compris pour les revendications élémentaires de vie et de travail. Ce sont précisément ces attaques qui sont à la base des luttes sociales dans les pays arabes et qui font qu’aucun pays n’en est à l’abri.

* * *
Un vieux dicton de la diplomatie internationale disait qu’au Moyen-Orient on ne fait pas la guerre sans l’Egypte et on ne fait pas la paix sans la Syrie. Cela signifie que la Syrie, de par son histoire, sa position géographique et ses caractéristiques multiconfessionnelles, joue un rôle important dans les équilibres régionaux. La Syrie n’a pas beaucoup de pétrole ni de gaz, elle n’a pas de matières premières précieuses pour l’économie capitaliste internationale ; mais elle a une importance stratégique : la stabilité politique et sociale de la Syrie contribue au contrôle des agitations sociales, politiques et militaires au Moyen-Orient, alors que son instabilité accroît les risques d’instabilité dans toute la région. Les Etats-Unis et les autres impérialismes occidentaux, qui critiquent ses liens avec l’Iran, sont bien conscients de sa valeur stratégique ; l’extension du mouvement de protestations parti de Deraa aux plus grandes villes du pays et même à Damas, risquant de se transformer en révolte à la libyenne, répand l’alarme dans les chancelleries impérialistes. Les avertissements lancés à plusieurs reprises par Obama à Bachar el Assad d’arrêter la répression contre des manifestants pacifiques peut difficilement être suivi de décisions semblables à celles prises à l’encontre de Kadhafi. L’intervention militaire en Libye s’enlise actuellement dans un siège qui ne laisse rien présager de bon pour les populations civiles qui vont continuer à tomber sous les coups des troupes de Kadhafi ou des «frappes amies». C’est pourquoi les impérialismes occidentaux ne seraient finalement pas si mécontents de voir le régime Baathiste mener sa sanglante répression contre les masses et la paix des cimetières s’installer en Syrie. En un certain sens l’impérialisme américain qu finance à coups de millions de dollars l’opposition syrienne, aurait même tout avantage à laisser un régime détesté par son peuple se salir les mains : la « démocratie occidentale » y gagnerait en prestige et légitimité…
Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de doute qu’en Syrie l’ordre établi, représenté depuis 45 ans par le régime dictatorial des El Assad, sera défendu avec férocité. Si le massacre des civils a toujours été une arme des pouvoirs dictatoriaux, il est également bon pour l’impérialisme, « ami » ou « ennemi », que les rébellions soient contenues et que le talon de fer de l’Etat maintienne les masses dans la domination.
Aujourd’hui ce n’est pas le prolétariat qui est à l’avant-garde du mouvement social en Syrie ; il semble même qu’il reste relativement en marge des protestations dont les protagonistes sont les couches de la petite et moyenne bourgeoisie recueillant le soutien des masses paysannes. Cela n’empêche pas, qu’outre les revendications de démocratie, de lutte contre la corruption et les privilèges du clan au pouvoir, de suppression de la loi d’urgence, des tribunaux spéciaux et de libération des prisonniers, sont également apparues des revendications d’augmentation des salaires, d’institution d’un revenu minimum pour les chômeurs, de baisse des taxes, de liberté d’organisation et de manifestation : toutes revendications qui intéressent directement les prolétaires.

La répression violente des manifestations du 15 mars a été suivie par la répression encore plus violente des manifestations du 22 avril : au moins 70 morts, des centaines de blessés et d’arrestations. Le grand mot d’ordre des manifestations où protestent ensemble Arabes et Kurdes, musulmans et chrétiens est : changement démocratique ! Comme en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs, la spontanéité généreuse des masses ouvre la voie aux grandes illusions de la démocratie bourgeoise. Mais le changement démocratique en Tunisie et en Egypte a déjà démontré que rien ne va réellement changer pour les masses prolétarisées ; quand elles demandent que ce changement aille plus loin que ne veulent les nouveaux dirigeants, elles se heurtent à la violence répressive. La répression sera peut-être un peu moins féroce , la police aura peut-être un peu moins « les mains libres », la corruption sera peut-être un peu moins présente, mais les prolétaires et les paysans pauvres continueront à se tuer au travail quand ils en trouvent, toujours menacés par la faim, le chômage et la misère.
La seule voie pour sortir des griffes du système économique et politique existant n’est pas celle des élections libres, de l’Assemblée constituante, d’un système judiciaire indépendant ; ni celle d’un nationalisme populaire où les différences entre les classes seraient confondues dans un mélange utile seulement à la classe bourgeoise dirigeante ; elle commence par la reconnaissance de l’antagonisme irréconciliable entre classes laborieuses et classes possédantes, entre prolétaires et propriétaires des moyens de production, des ressources minières, de la terre et de façon générale de la richesse sociale produite par le travail salarié.
La seule voie est celle de la lutte de classe contre toutes les oppressions, qu’elles soient salariale, nationale, religieuse, raciale, sexuelle, contre toutes les répressions. Elle passe par l’organisation indépendante de la lutte ouvrière sur le plan de la défense immédiate, par la solidarité prolétarienne de classe, par la constitution du parti prolétarien, le parti communiste révolutionnaire.
Toutes les autres alternatives, démocratiques, populaires ou religieuses, ne peuvent aboutir à autre chose qu’au maintien de la domination de la bourgeoisie et du capitalisme.

Parti Communiste International, 22 /4/11
www.pcint.org

mardi 19 avril 2011

LE RESERVOIR DU PROLETARIAT MONDIAL CRAQUE DE TOUTE PART



La question de l’immigration (Sous ses trois aspects de la circulation capitaliste, de la reproduction sociale et de la division du prolétariat)

Dans tous les domaines de la vie politique et sociale sous le règne du capitalisme rien n’est plus comme avant, et tout est encore comme avant sur le fond. Etrange paradoxe mais pas si étrange si nous prenons conscience de l’impasse du capitalisme, impasse financière, sociale et écologique. Les extrêmes de l’échiquier politique se retrouvent dans la même barque. Le gouvernement oligarchique non démocratiquement élu de M. Sarkozy, aux valeurs de respectabilité républicaine reconnue unanimement par les élites dominantes, s’est aligné sur le discours et les thèmes récurrents du diable à éclipses dit front national. La patronnesse du patronat français tient carrément le même langage que n’importe quel gauchiste humanitaire. Samedi dernier, Mme Parisot (dont la féminité et l’intelligence humanisent à tort le patronat français) a plaidé pour que la France reste un pays « ouvert » à l’immigration… légale « qui accueille de nouvelles cultures et profite du métissage ». Belles paroles dignes d’un Besancenot ou de Martine Aubry. L’immigration « légale » serait de 20 à 30.000 personnes par an en France. Dans cette fourchette le patronat ment déjà, surtout celui du bâtiment et les grandes familles riches concernant leurs bonnes à tout faire. Depuis toujours existe un volant plus important d’immigration illégale qui sert à faire pression sur ladite immigration légale qui sert elle aussi depuis les généraux colons à faire pression sur les salaires des autochtones.
La déclaration gauchiste de Mme Parisot avait pour but de modérer les déclarations du ministre du front national sarkozien en vue de l’échéance présidentielle, M. Guéant lequel avait choqué gauchistes et patrons en déclarant que « l’intégration est en panne » - ce que pourtant tout citoyen lambda ou prolétaire effaré peut constater avec le règne des communautarismes et des tribus banlieusardes. Propos d’estrade de ce M. Guéant que de prétendre vouloir faire passer de 200.000 à 180.000 le nombre d’étrangers admis chaque année en France. Paroles en l’air à la Sarkozy son maître, mais en multipliant par dix les chiffres réels fournis par l’honnête patronnesse Mme Parisot. Quant aux problèmes d’intégration, si le sinistre de l’Intérieur Guéant invoque le bâton, il suffit pour Mme Parisot de botter en touche : aux enseignants de se démerder avec les pré-délinquants insolubles dans le savoir collégien au rabais, les voilées et les sans voiles.

L’IMMIGRATION EST TOUJOURS « CHOISIE » POUR DIVISER LE PROLETARIAT !


Plus que le pétrole, l’immigration est le carburant des marchés du travail du monde entier et de l’enrichissement bourgeois. La plupart des Etats prônent des politiques hypocrites à géométrie variable pour attirer les prolétaires du monde entier possédant des compétences et des talents spécifiques pour qu’ils viennent s’installer chez eux. Tous les immigrés eux-mêmes ne sont pas traités à la même enseigne. La migration internationale est beaucoup plus sélective en ce qui a trait aux migrants hautement qualifiés; que dans la plupart des pays de l’OCDE, le nombre d’immigrants ayant suivi des études tertiaires dépasse celui des expatriés hautement qualifiés, qui se sont installés dans d’autres pays de l’OCDE.
Choisir ses immigrés en fonction des "compétences" et des "talents", pour en faire des "atouts" pour le "développement de la France", se présente comme une bonne intention visant à séduire un électorat autochtone (non délimité en classes sociales, mais en régions ou en zones, quoique la propagande ne se gêne pas pour qualifier cet électorat d’ouvrier, alors qu’il comporte pas mal de couches moyennes artisanales, commerciales et assistées) crucifié d’ordinaire comme proie facile du discours haineux de l'extrême droite. Le principal argument des partisans de cette "immigration choisie" est la présence de 300 000 emplois non pourvus et cela malgré 3 millions de chômeurs (sous-entendu : "les chômeurs français sont des fainéants qui ne veulent pas travailler").
Après le débat avorté sur l’identité nationale depuis une année, la fausse interdiction du voile et la fausse réforme de la garde à vue, sous l’égide du parti totalitaire au pouvoir, il ne fallait pas s’attendre à un relâchement du discours populiste gouvernemental. Et c’est encore en direction de la classe ouvrière que les attaques populistes frappent. Un autre sinistre du gouvernement, bon à tout faire et interchangeable commis d’Etat, Plastic Bertrand, annonçait à son tour vouloir réduire « la liste des emplois ouverts aux étrangers » ; pas très neuf le propos car un arrêté de janvier 2008 fixe une liste de 30 métiers « en tension » sous préciser lesquels alors qu’on devine que ce sont les plus pénibles et où le recrutement est le plus difficile. Plus vicieux que Guéant, Bertrand a précisé qu’il est « possible de réduire l’immigration légale »… « notamment liée au travail » qui représente 20.000 personnes comme on l’a déjà noté, pour les faire passer de 20.000 à 18.000 ? (Ce n’est pas précisé et vous vous rappelez que Guéant avait outrageusement parlé de réduire de 200.000 à 180.000 ! car plus le chiffre est grossi mieux il passe). Le gouvernement du capital financier joue gaiement avec la xénophobie et la peur du lendemain.
L’Expansion explique : « Cette volonté de limiter l'immigration légale du travail est en rupture avec la politique prônée par Nicolas Sarkozy à son arrivée au pouvoir en 2007. Le chef de l'Etat affichait alors sa volonté de réduire le poids l'immigration familiale, immigration "subie" selon lui, en faveur d'une immigration "choisie", axée sur l'accueil de travailleurs qualifiés répondant aux besoins économiques nationaux. Mais le contexte a changé. Avec la crise économique, le taux de chômage en France a explosé. "24% des étrangers non Européens qui se trouvent en France sont des demandeurs d'emploi. C'est presque trois plus que le taux de chômage national ». La question de l'immigration, c'est la question de la capacité de notre pays à intégrer les étrangers", a justifié le principal bateleur électoral de Sarko bis en 2012, Claude Guéant.

L’IMMIGRATION EST LE MOTEUR DE L’ENTREPRISE CAPITALISTE

Les principaux pays capitalistes ont une longue tradition d'immigration, mais d’autres pays modernes considérés comme secondaires également, par exemple les deux pays qui défrayent la chronique en ce moment la Côte d’Ivoire et la Libye. . L'immigration est classiquement sujet à polémiques nationalistes et xénophobes utiles aux Etats bourgeois jusqu’aux pires fantasmes alors que la bourgeoisie a besoin comme la prunelle de ses yeux du renouvellement et d’une main d’œuvre diversifiée ; on se souvient du ridicule concept d’ivoirité dans un pays où tout le monde est avant tout africain… pour mieux diviser la faible classe ouvrière de Côte d’Ivoire.
Les nouveaux boat-people du croissant arabe ont ravivé la plaie xénophobe et des peurs compréhensibles. Le réservoir de main d’œuvre d’Afrique du nord a craqué et continue de craquer. Il est bien inutile de la part des révolutionnaires maximalistes d’appeler en vain depuis trois mois la classe ouvrière occidentale à se solidariser avec les révoltes arabes.
Le prolétariat européen et américain n’a fait montre d’aucune solidarité et les manifestations maigres pour la Tunisie et la Côte d’Ivoire n’ont vu défiler que des arabes ou des noirs ! L’explication est connue. La dépolitisation liée à la chute du bloc dit alternatif de l’Est perdure, et il faut se souvenir que longtemps après la période de contre-révolution, la classe ouvrière s’est avérée incapable d’assumer quoi que ce soit politiquement par elle-même, tout le (sale) boulot déviationniste, l’utilisant comme masse de manœuvre pour des objectifs de cinéma oppositionnel creux, était fait jusque là par les partis staliniens et gauchistes. A notre époque où la classe ouvrière est repliée sur le frileux terrain de la stricte défense salariale (parfaitement contrôlé par l’aristocratie syndicale), parler de solidarité avec les peuples opprimés ou baignant dans le sang des tueurs policiers et militaires, autant demander au prolétariat de remplacer pôle emploi ! Et comment le prolétariat européen pourrait-il se solidariser avec des révoltes enfermées dans la croyance au sauvetage national sous une marée de drapeaux chauvins, avec des gens qui meurent en criant Allah Akbar ? En plus tous ces mouvements n’ont eu jusqu’à présent aucun contenu internationaliste mais ont été manœuvrés et endigués sous le concept frauduleux et creux de « conquête de la démocratie ».
Partout, bien avant les soulèvements de la misère dans les poches réservoir de main d’œuvre des ex-colonies, le sujet était récurrent sous des airs de pas y toucher : comment les immigrés s'insèrent-ils dans « notre » société, notamment dans l'emploi ? Leur arrivée pèse-t-elle sur les salaires ou le chômage ? Sont-ils victimes de pratiques discriminatoires pénalisantes ? Les difficultés de recrutement de certaines entreprises appellent-elles la relance d'une politique d'immigration de main-d'oeuvre ? L'immigration était-elle une réponse à l'avenir de « nos » retraites ? (non puisque les syndicats français ont aidé Sarkozy à prolonger la vie au travail).
Ce qui est spécifique aux migrations depuis 2 ou 3 siècles, c’est qu’elles ont été étroitement liées au développement du capitalisme. Les gens migraient dans les pays où le capitalisme se développait. L’exemple le plus fort a été sans doute la migration des européens vers les Amériques, mais aussi entre les pays européens. Le capitalisme était loin d’avoir atteint les limites de son développement tant quantitativement que géographiquement telles qu’on les connaît aujourd’hui. Les colonies ont été très tôt des réservoirs de main d’œuvre pour les tâches ouvrières ingrates : coolies dans les ports, personnel de maison, ouvriers agricoles, puis avec le développement de l’industrie automobile en particulier déportation de villages entiers pour répondre à la soif de main d’œuvre des trusts automobiles. Il ne faut pas cacher que l’attrait des salaires des pays riches était un appel d’air (est encore) pour sortir de la misère du bled et pour beaucoup d’immigrés un moyen de promotion sociale (on retourne au bled avec une belle voiture en taisant qu’on est éboueur à Paris). Même moins rémunéré et discriminé l’ouvrier immigré peut y trouver son compte et à force de patience et d’abnégation finissait par s’intégrer d’une façon ou d’une autre par la société colonialiste capable d’intégrer. Il y a toujours eu des conflits entre les immigrés et les autochtones, non motivés par le racisme en premier lieu, qui leur reprochaient de casser les salaires, d’accepter n’importe quoi. Partout les nouveaux arrivants tendaient à rester entre soi, le développement était très communautaire et encadré par la religion d’origine. Les migrants finissaient en général par s’intégrer, faisaient souche. Cette situation a duré jusque dans les années 60. Les deux périodes de reconstruction après les deux guerres mondiales ont été une pompe aspirante de l’immigration à la fois volontaire et forcée. Néanmoins à chaque période de récession, les prolétaires immigrés sont les premiers à en faire les frais en termes de chômage et d’ostracisme. Dans les années 1920 des ouvriers polonais avaient été renvoyés dans leur pays d’origine. L’immigration n’a jamais favorisé le facteur révolutionnaire, et son utilisation idéologique par le gouvernement populiste ridiculise tout contenu internationaliste.
Devant l’afflux exponentiel et incontrôlable de la crise du mitan des années 1970, l’Europe avait mis en place des barbelés contradictoires à partir de 1974, avec des contradictions boomerang (cf. le regroupement familial autorisé sous Giscard qui vint mettre fin à la théorie selon laquelle les immigrés ne coûtaient rien à l’éducation nationale, et menant à un échec scolaire massif du fait des discriminations persistantes, alliées à la perte d’autorité parentale).
La vérité et la différence aujourd’hui, depuis 25 ans, c’est que la période d’expansion a atteint ses limites et que les Etats bourgeois peinent, voire sont débordés par l’afflux migratoire (bien avant les soulèvements de jasmin) comme ils sont incapables de faire baisser le chômage. Immigration incontrôlable et chômage massif sont des deux principaux révélateurs de la crise capitaliste. Le travail n’est plus essentiel pour le capital pour deux raisons. Premièrement le capital financier a pris un tel poids qu’il acquiert une certaine autonomie face au travail et qu’il génère des profits par lui-même sans le travail. En second lieu l’augmentation de la productivité du travail détruit le travail lui-même. Il n’y aura plus de conquêtes de l’Ouest ou accueil avide des Métropoles, les limites de la planète elle-même sont devenues pour l'instant les limites du capitalisme. Le mythe de la croissance infinie s’est effondré. Aujourd’hui, les migrants partent là où il y a de l’argent, là où il y a un mode de vie meilleur que le leur, souvent avec cet esprit arriviste petit bourgeois de se tailler une place au soleil de plomb capitaliste même au détriment de leurs coreligionnaires. Aussi, la migration ne peut plus être associée aux conquêtes du capitalisme, au développement de la croissance, mais doit se comprendre dans le contexte mondial de la domination du Nord sur le Sud ou l'Est. En ce sens l’immigration est liée aux rapports de force impérialistes, qu’on peut pour l’instant résumer à pétrole contre main d’œuvre corvéable.
Si la classe ouvrière est par excellence et par nature une classe d’immigrés sans patrie, qui tend à se fondre dans une unité solidaire face aux conditions d’exploitation partout accrues et inégalitaires, elle n’est plus en mesure de résister autant qu’avant à la propagande xénophobe déguisée des Etats du capitalisme. Le chômage, au lieu d’unifier la conscience des prolétaires de toute origine, vient rendre opaque la question de l’immigration alors que ces deux questions relèvent du même processus d’oppression capitaliste. Pire le discours des gestionnaires capitalistes plongés dans l’impuissance face à leur crise est sensé devenir la problématique des victimes prolétaires de toute origine, sous l’affligeant et impersonnel « on » (« on n’y peut rien », « on est débordé », « comment peut-on faire ? », etc.). « On » comprend que vouloir lier régularisation et travail devienne une gageure. « On » se dit comment exiger des immigrés de trouver du travail pour avoir une carte de séjour quand 2 ou 3 millions de personnes ne peuvent en trouver (preuve de l’exagération du gouvernement « on » Sarkozy, ce n’était pas pire sous le gouvernement Mitterrand-Chevènement où avait été atteint le pic de 5millions de chômeurs). Peut-« on » partager « nos » écoles, « nos » allocations familiales, « nos » « ascenseurs sociaux » avec les nouveaux arrivants, etc.

L’INCIDENT DE VINTIMILLE


L'EUROPE BOURGEOISE est lâche et c'est chacun pour sa pomme.En matière de décision "unilatérale", le gouvernement Berlusconi, ami de Kadhafi, a tout de même fait très fort. Donner des visas, sous le seul prétexte que des réfugiés tunisiens ayant atterri à Lampedusa déclarent vouloir s'installer en France ou ailleurs, est la réponse du berger à la bergère, c’est repasser la patate chaude au voisin européen ! La libre circulation dans l'espace Schengen a toujours nécessairement des limites. Cette arrivée massive de migrants clandestins - venant d'un pays où le jeu de chaises musicales de l’Etat bourgeois a tari les emplois du tourisme – vient révéler qu’il n’y a aucune solution « démocratico-indutrielle » dans ces pays soi-disant libérés de leurs tyrans ; révéler aussi que la « liberté de circulation » est une bonne vertu démocratique pour discours de foire électorale mais au compte-goutte. Or, le réservoir du prolétariat mondial craque, fuit de toute part. Le réservoir du chômage déborde. Le réservoir des camps de main d’œuvre du tiers-monde déborde lui aussi. C’est la grande famine du travail. Le capitalisme est devenu une gigantesque léproserie incapable de sauver l’espèce humaine de la misère généralisée comme autrefois la société féodale resta impuissance face aux immenses ravages de la peste noire. Même impuissante face à l'impéritie de son régime, la bourgeoisie mondiale se donne tous les moyens de diviser le prolétariat, et surtout en lui proposant de monter dans la charrette vermoulue de la démocratie oligarchique, au besoin à coups de fouet.

JLR

CONTRE LES IDEES RECUES QUELQUES ELEMENTs :

- L’INSEE avait publié en 2009 une étude intitulée « Langue, diplôme, des enjeux pour l’accès des immigrés au marché du travail ».L’enquête a été menée sur les personnes arrivées après l’âge de 18 ans, « qui sont susceptibles de rencontrer des obstacles vis-à-vis de l’emploi». Ses principales conclusions :
- 57% des immigrés ont un emploi, contre 69% des non-immigrés ;
- Les femmes sont moins nombreuses à avoir un emploi ou à en chercher un, notamment les femmes originaires du Maghreb et d’Asie.

- La proportion d’immigrés titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur est la même que celle des non immigrés ; en revanche, les immigrés sont plus souvent peu -voire pas- qualifiés que les non immigrés.
- Pour un même niveau de diplôme, il existe un écart important en défaveur des immigrés en matière d’exposition au chômage ; cet écart est réduit pour les faibles niveaux de qualification; il est beaucoup plus élevé pour les diplômés (= discrimination).
- Ceux qui sont arrivés en France récemment sont plus nombreux que les autres à suivre une formation linguistique et/ou professionnelle.
- Près de la moitié des immigrés trouvent du travail par le biais de relations ; les immigrés originaires d’Afrique recourent toutefois fréquemment aux agences de l’emploi.
Quel est le poids de l'immigration légale du travail?
En 2010, 188 780 immigrants hors ressortissants de l'UE sont arrivés légalement en France, selon les statistiques de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et de l'Office français de l'immigration (OFII). Parmi eux, environ 31 000 correspondent à un motif économique, dont 20 000 visas accordés pour établissement professionnel, selon le gouvernement. C'est ce chiffre que le gouvernement entend réduire, si l'on en croit Xavier Bertrand. Ce qui est paradoxal puisque ces migrants en emploi ne sont pas ceux qui viennent gonfler les listes de Pôle emploi. "L'immigration de travail ne représente donc qu'une petite fraction de l'immigration légale en France, commente Xavier Chojnicki, économiste au CEPII et maître de conférence à l'Université Lille 2. Pour autant, si l'immigration pour motif de travail est marginale en France, une partie très importante des migrants arrivés en France pour des motifs familiaux accède ensuite au marché du travail." C'est pourquoi le gouvernement entend également réduire l'immigration légale liée au rassemblement familial.
Quels métiers occupent les immigrés?
Les métiers "en tension" concernés par l'immigration légale du travail sont très limités. Ils sont au nombre de trente. On trouve dans cette liste des métiers tels que conducteur de travaux du BTP, opérateur de formage du verre, façonneur bois, pilote d'installation de production, ingénieur expert, géomètre, dessinateur en électricité ou encore responsable d'exploitation en assurances. Les autres immigrés, ceux venus légalement en France pour leurs études ou pour rejoindre leur famille, sont eux majoritairement employés "dans le secteur tertiaire et dans des métiers moyennement qualifiés, détaille Xavier Chojnicki: les services aux entreprises, comme le nettoyage, les services à la personne, la restauration ou le bâtiment."
Pourquoi ne pas donner les emplois des immigrés du travail à des chômeurs français?
Parce que le profil des demandeurs d'emploi ne correspond pas forcément aux offres. Les métiers visés par l'immigration légale du travail sont en effet à forte qualification. Xavier Bertrand propose donc de former les demandeurs d'emploi à ces métiers. Mais la plupart des ces métiers industriels nécessitent une formation de niveau CAP, BEP, bac professionnel ou technologique. Les plus qualifiés, comme ingénieur géomètre ou cadre de l'audit et du contrôle comptable, nécessitent plus de cinq ans d'étude après le bac. Des formations difficiles à donner à des chômeurs en milieu de parcours professionnel. Pour faire face aux tensions qui pèsent sur ces métiers, il apparaît plus judicieux d'orienter en amont les jeunes en scolarité vers ces filières d'avenir.
Limiter l'immigration légale permettrait-il de réduire le chômage?
L'immigration légale liée au travail représente 20 000 emplois par an, alors que la France compte plus de 4 millions de demandeurs d'emploi. Surtout, les métiers visés représentent à peine 5% des offres d'emplois à pourvoir. Si aujourd'hui un tiers des offres d'emplois ne trouvent pas preneur, selon la dernière enquête en besoin de main-d'oeuvre réalisée par Pôle emploi, c'est parce qu'il s'agit de métier difficiles ou peu rémunérés (aides à domicile, cuisiniers, infirmiers, employés de maison, aides-soignants, agents de sécurité, serveurs, etc.). "Aucune étude sérieuse n'a réussi à établir un impact visible de l'immigration sur le chômage, souligne Xavier Chojnicki. Une étude de Oudinet, Mazier et Saglio appliqué au cas européen et américain montre qu'une augmentation de 10% de l'immigration sur un an entrainerait une hausse de 0,01% du taux de chômage au bout de 13 années. Autant dire que l'effet est nul. Par ailleurs, la concurrence sur le marché du travail s'exerce d'avantage entre anciennes et nouvelles vagues de migrants qu'entre migrants et natifs."
Y a t-il beaucoup d'immigrés actifs en France ?
Relativement peu. Rappelons d'abord la définition : un immigré est une personne née à l'étranger et de nationalité étrangère à la naissance. 40 % des immigrés ont été naturalisés et sont donc devenus français. Depuis 1974, avec le choc pétrolier et le ralentissement économique, le gouvernement restreint l'immigration au regroupement familial et aux demandes spécifiques émanant d'employeurs. Ainsi, en pourcentage de la population, il y a beaucoup moins d'immigrés en France qu'aux Etats-Unis, au Canada, en Suède, en Allemagne ou au Royaume-Uni ou même en Espagne ou en Grèce. En 2007, la France compte 2,4 millions d'actifs immigrés, soit 8,6 % des actifs.
Qui sont les immigrés en France ?
Depuis 1974, les personnes en provenance d'Europe sont moins nombreux que celles du Maghreb, tandis que la part des originaires d'Asie et d'Afrique subsaharienne s'accroît fortement. Par rapport aux salariés nés en France, les salariés immigrés sont plus souvent ouvriers, moins présents dans l'administration et davantage dans la construction, pour les hommes, et les services aux particuliers, notamment aux personnes âgées,pour les femmes.
Quels sont les effets de l'immigration sur l'économie ?
Comme le soulignait le collectif, l'arrivée d'immigrés contribue à la croissance d'un pays. "Elle accroît la demande de biens et de services. Les entreprises vont faire face à cette demande nouvelle et accroître en conséquence leur demande de travail", explique un rapport du ministère de l'économie. L'immigration joue aussi sur le marché du travail. C'est d'ailleurs cet aspect qui suscite le plus de craintes chez les autochtones. De fait, l'arrivée de migrants non qualifiés peut légèrement augmenter le chômage ou peser sur les salaires des travailleurs soumis à la concurrence des immigrés. Mais "l'effet est globalement positif, relativise Gérard Cornilleau, économiste à l'OFCE. La baisse du coût du travail étant bénéfique à l'employeur, mais aussi au consommateur, via les baisses des prix". Enfin, l'immigration affecte la structure industrielle d'un pays. "Un pays qui a accès à une main d'oeuvre abondante peu chère investira moins dans des technologies coûteuses, explique Christian Dustmann, professeur d'économie à University College London. L'industrie du vin en Australie est plus intensive en capital qu'en Californie, qui a recours à la main d'oeuvre d'immigrants mexicains." De même, la présence d'une main d'oeuvre peu chère dans un pays permet d'éviter les délocalisations.
L'économie française a-t-elle besoin d'immigrés ?
Pas du point de vue démographique : la France a la plus forte natalité des pays de l'UE. C'est pourquoi le vieillissement démographique "ne devrait pas engendrer de besoins globaux de main-d'oeuvre", explique Yves Chassard dans un article du Centre d'Analyse Stratégique,d'autant plus qu'il "sera possible de compenser la légère baisse de la population en âge de travailler par une hausse des taux d'activité".
En ce qui concerne l'emploi, il est difficile d'imaginer qu'il faille importer des travailleurs supplémentaires, alors que 5 millions de personnes sont au chômage ou en sous emploi. Pourtant, certaines entreprises ont beaucoup de mal à recruter, du fait de conditions de travail difficiles ou de rémunérations peu attractives. C'est en particulier le cas dans les métiers du bâtiment, de la mécanique, de la restauration ou encore dans le secteur hospitalier. Ainsi, "accepter les emplois dont les autochtones ne veulent pas" serait la fonction principale des immigrés, résume Gérard Cornilleau. "Ils apportent de la flexibilité au marché du travail."
Mais à plus long terme, c'est aussi une immigration qualifiée, voire très qualifiée qui sera recherchée, selon Yves Chassard : informaticiens, cadres commerciaux et technico-commerciaux, dirigeants d'entreprise, enseignants... D'où la mise en place récente de programmes pour attirer les étudiants étrangers et assouplir leurs conditions de travail.
Les immigrés représentent-ils un coût pour les finances publiques?
Les immigrants sont souvent perçus comme une charge pour l'État-providence. De fait, les immigrés représentent 16 % des chômeurs, alors qu'ils ne constituent que 9 % de la population active, selon l'INSEE. Car non seulement "ils sont moins qualifiés, mais en plus ils souffrent de discrimination à l'emploi", explique Gérard Cornilleau. Une meilleure intégration des immigrants améliorerait donc les finances publiques."
Si leur taux élevé de chômage représente un coût pour l'Etat, "leur pyramide des âges est plutôt favorable aux finances publiques, rappelle l'économiste de l'OFCE : il s'agit souvent de personnes jeunes et en âge de travailler. Ils vont donc payer des impôts alors que leur éducation n'aura pas été à la charge de l'Etat". En fin de compte, "l'effet budgétaire net semble assez réduit", concluait le premier rapport annuel de la Commission européenne sur la migration et l'intégration.

samedi 16 avril 2011

SAVOIR ET VIOLENCE


Chez le professeur des écoles, comme chez le militant, aux termes d'un discours non dépourvu de manichéisme, les deux concepts de savoir et de violence constitueraient un couple antithétique. Qui fortifie le premier, chasserait du même coup la nécessité de la seconde. Cette idéologie éducatrice optimiste est souvent démentie par les pesanteurs de la pensée et de l'histoire. Déjà Platon faisait du savoir un moyen d'élitisme aristocratique, lui conférant par là même des implications de violence. Michel Foucault a pu voir dans un certain type de discours scientifique - en matière de médecine, de psychiatrie, de criminologie, voire de sexualité (cf. les prochaines lois de l'ordre moral électoral sarkozien visant à punir les clients des prostituées et pas les maquereaux du Parle-ment) - l'instrument idéal d'une stratégie de la répression. Le pouvoir sait donc user du savoir, comme les organisations politiques, il sait se faire savoir; le savoir peut donc être violence. La pieuse théorie de l'antinomie du savoir et de la violence a, de fait, souvent servi d'alibi à la mise en place de modèles culturels et éducatifs nouveaux qui se sont traduits par une inflation de la violence. Si la diffusion des Lumières a sorti la France de l'Ancien régime, mettant fin de la sorte à certaines formes intolérables et trop visibles de violence, le rationalisme forcené qui s'ensuivit, non content d'hypothéquer l'avenir en faisant table rase d'un héritage rien moins que négligeable, a conduit à une violence suprême que fut le terrorisme d'Etat dans la dernière décennie du dix huitième siècle. De même la diffusion de l'instruction par un Etat centralisateur, si elle élimine la violence implicite que constitue la résilience des particularismes et des satrapies de tous ordres, n'en déclenche pas moins un nivellement des spécificités culturelles, dont les conséquences destructrices ont survécu jusqu'à nos jours. Il faut donc dépasser la vision sommaire d'un savoir conçu comme antidote de la violence et replacer la violence dans le contexte politique qui en appelle à une conscience de classe.
Ce petit aparté simplement pour vous annoncer la sortie imminente de mon livre "Les avatars du terrorisme".

PS: Dans le domaine de l'aménagement du terrorisme d'Etat, on s'est esclaffé ici sur la réforme de la GAV (garde à vue). Sous prétexte d'éviter les éternelles bavures policières on va nous coller lors de la première heure un avocat d'office ou pas (le vôtre peut demander le prix qui lui convient). Situation contrariante pour l'OPJ qui n'aime tant que terroriser dans l'alcôve le "prévenu", à deux contre un, mais où l'avocat ne pourra tout de même que faire figure de potiche. La réalité de la réforme, comme pour l'impôt sur la fortune vise à mieux rémunérer les avocats bourgeois (dont certains ont des revenus inférieurs aux ouvriers) en surnombre (près de 10.000 rien que pour Paris!).
Depuis vendredi dernier donc, les justiciables peuvent obtenir la présence d'un avocat tout au long de leur garde à vue (et non plus seulement trente minutes à son début), ou faire valoir le droit au silence, comme cela se pratique dans le droit britannique.
Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, qui a demandé aux services de police d'appliquer immédiatement la réforme, a précisé que des logiciels de rédaction de procédure seront actualisés et des crédits débloqués. Du côté du ministère de l'Intérieur, il va ainsi falloir tout d'abord dégager des budgets pour moderniser, adapter et équiper les locaux dans les 3.600 commissariats et gendarmeries. Le coût est évalué à 21 millions d'euros.
Du côté du ministère de la Justice, la Chancellerie avait annoncé jeudi avoir fixé le niveau de rémunération des avocats qui assisteront les personnes gardées à vue bénéficiant de l'aide juridictionnelle. Il a été décidé de rémunérer 300 euros hors taxe la garde à vue pour 24 heures de présence maximum. Mais les représentants des barreaux tablent plutôt sur une durée moyenne d'intervention de l'avocat de trois à quatre heures. La prolongation de garde à vue sera rétribuée 150 euros hors taxe, tout comme l'avocat qui assistera une victime lors d'une confrontation. Les trente minutes d'entretien avec l'avocat au début de la mesure resteront au tarif actuel de 61 euros.
Il faut se souvenir que, selon les chiffres de l'Assemblée nationale, le nombre de gardes à vue en France est passé de 336.718 en 2001 à 792.293 en 2009 et sans doute à plus de 800.000 en 2010. Soit une moyenne de plus de 2.000 gardes à vue par jour.
Au total, le ministère de la Justice estime à 100 millions d'euros le nouveau besoin de financement de l'aide juridictionnelle en garde à vue, alors qu'il n'en coûtait que 15 millions jusqu'à présent. La Chancellerie compte accroître ses ressources en créant un timbre fiscal d'une trentaine d'euros dont s'acquitteront les justiciables qui entameront une procédure judiciaire.

jeudi 7 avril 2011

LA GUERRE IMPERIALISTE EFFACE LES "REVOLUTIONS DE JASMIN"




En temps de guerre nos aïeux pouvaient constater que la presse aux ordres ne traitait plus que des chiens écrasés et évitait comme la peste de parler des mouvements sociaux. Depuis le début de la guerre française en Libye, suivie de celle en Côte d’Ivoire, vous pouvez vérifier sur le web et dans l’ensemble de la presse hexagonale que les journalistes ont toujours le doigt sur la couture du pantalon. Evanouies les nouvelles quotidiennes, heure par heure sur les « révolutions arabes », et autres soulèvements. La vague est venue brusquement se briser sur le Yémen où de gros enjeux géopolitiques font passer au second plan les fariboles sur la démocratie comme espoir pour les peuples-réservoir, à peu près comme le pétrole.
La tentation est grande de ne voir dans tout ce qui s’est passé durant deux mois, complot ou manipulations diverses. Cela est évident pour une partie du processus, contrairement aux grands naïfs de Robin Goodfellow qui sont tombés dans l’exaltation de la « révolution tunisienne » et ses prudes « comités de quartier » (cf. leur texte du 22 janvier) sans oublier l’icône conseilliste R.Victor qui croyait revivre la révolution des œillets portugais. L’exaltation des « nouveaux réseaux » pour jeunes oublia de préciser que Facebook et Twitter appartiennent et sont contrôlés par la CIA. Les deux principaux soulèvements en Tunisie et Egypte ne peuvent être considérés comme produits d’un complot. Ils exprimèrent réellement le ras le bol de couches populaires emmenées par une petite bourgeoisie en colère et sans autre projet politique que la vacuité démocratique qui n’aboutit qu’à un jeu de chaise musicale maintenant les mêmes oligarchies militaires. Ainsi sans pouvoir s’étendre d’abord en Algérie, puis au Maroc, pays où la classe ouvrière aurait pu jouer un rôle plus notable, le soufflé est retombé au Bahreïn et au Yémen, pays trop importants dans la stratégie impérialiste régionale.
Il y a mécontents et mécontents. Dans les zones où règnent la misère noire n’importe quel démagogue peut provoquer une émeute au service d’un clan ou d’une domination étrangère. Dans tous les pays du monde, il y a des mécontents. Le travail des ONG est de les localiser, d’analyser leurs capacités à "bouger", de prendre discrètement contact avec eux et de "faire un travail". Tout cela est très dangereux et se fait avec du temps, de la patience et le plus discrètement possible. On appelle ça "faire la boule de neige". Les américains savent très bien le faire. Et ça vaut la peine quand ils y a des réserves de pétrole considérables (cf. Do et le principe des révolutions colorées). Do fait une remarque très pertinente sur la nature des fausses révolutions nationales qui ont tant abusées nos amis bordiguistes : « Dans les années 1970, quand une puissance coloniale voulait envahir un pays en ayant l’air de le sauver, soi-disant à sa demande, elle commençait par soutenir une petite révolte interne à ce pays, voire à la créer de toute pièce. Cette révolte, elle la soutenait de plus en plus, d’une façon financière, et en lui procurant des armes, et aussi en faisant un maximum de propagande en sa faveur ».

En tout cas, même hors manipulation de la CIA, il n’y a pas eu de révolutions ni en Egypte ni en Tunisie puisque le pouvoir est resté aux mains de la principale ossature bourgeoise, l’armée (il suffit de lire le blog Cris d’Egypte, pour constater que l’horreur quotidienne a repris le dessus). Pire la présence du colonialisme modernisé a été confirmée dans la manière dont les peuples ont été à chaque fois bafoués. En Tunisie et en Egypte on a viré les dictateurs. En Algérie et au Maroc on les a maintenus, et ni twitter ni facebook n’y ont rien changé.
En Tunisie et en Egypte il n’y a point de pétrole ni de cobalt, en Libye et en Côte d’Ivoire si. Là est toute la différence. On a voulu nous faire le coup de twitter et facebook en Libye, mais bernique : il n’y eût pas de ras de marée humaine ; les manifestations dites pacifiques dans l’est du carré libyen ont été en fait armées et animées par les tribus concurrentes, elles-mêmes possibles VRP pour le client désigné, le colonel Sarkozi. La presse aux ordres a convenu toutefois que s’il ne s’était pas produit le même type de manifestation en Libye et Syrie c’est parce que ces régimes sont extrêmement plus policés que les autres ! (La CIA aurait bien aimé par contre qu’un vrai soulèvement ait lieu en Syrie pour virer un gouvernement ami de l’Iran et du Hezbollah, mais la bourgeoisie US ne contrôle pas plus l’armée syrienne que celle de Kadhafi).
La guerre en Libye du colonel Sarkozi s’enfonce dans les sables des négociations secrètes entre brigands impérialistes, et notre piteux colonel n’a pas les forces nécessaires pour faire tomber Kadhafi et tenter de revendiquer une meilleure part du gâteau. L’oligarchie américaine a fait machine arrière après avoir négocié un arrangement entre les trusts pétroliers d’Arabie Saoudite et Kadhafi, tout cela pouvant fort bien déboucher sur une partition qui sauverait la face à tous.

CETTE GUERRE DE MALFRATS EN LIBYE A BIEN STOPPE, HELAS, LA VAGUE DES SOULEVEMENTS POPULAIRES MAIS LA DEUXIEME GUERRE EN COTE D’IVOIRE VIENT COMME UN COUP DE PIED DE L’ANE FAIRE CROIRE QUE LA DEMOCRATIE EST DEFENDABLE, OU EN TOUT CAS GARANTIE PAR LES ARMEES MERCENAIRES DE NOTRE BOURGEOISIE !


LES BONNES VIEILLES METHODES DU COLONIALISME


Le chef de guerre, Alain Juppé (comme aux temps de la guerre d’Algérie) a réfuté l'utilisation du mot "guerre" pour qualifier l'engagement des militaires français en Côte d'Ivoire, qui multiplient depuis lundi l'ouverture du feu contre des forces de Laurent Gbagbo."On ne fait pas la guerre en Côte d'Ivoire. En Afghanistan, on fait d'une certaine manière la guerre. En Côte d'Ivoire, on ne fait pas la guerre", a insisté le ministre, lors d'une audition devant des sénateurs. "On n'est pas en train de s'attaquer à une armée hostile contre laquelle nous mènerions combat. Nous soutenons l'intervention de l'Onuci (force de l'Onu) pour protéger les populations civiles", a fait valoir le ministre français. "En Libye, je pense que la situation est un petit peu intermédiaire", a-t-il ajouté. En Afghanistan, la France dispose de 4.000 militaires qui participent à une coalition internationale sous commandement de l'Otan contre l'insurrection des talibans. En Libye, elle assure n'avoir déployé aucun militaire au sol. Son engagement est aérien avec plusieurs dizaines d'avions de combat qui depuis le 19 mars ont notamment mené des opérations de bombardement de troupes de Mouammar Kadhafi. En Côte d'Ivoire, la force Licorne qui intervient officiellement en soutien des unités de Casques bleus compte aujourd'hui quelque 1.700 militaires déployés à Abidjan. Selon Paris, Laurent Gbagbo dispose d'"un petit millier" d'hommes à Abidjan, dont environ 200 défendent son bunker dans lequel il se trouve avec sa famille, enterré sous la résidence présidentielle ivoirienne.
Une fois de plus, l’armée française intervient directement sur le territoire africain en Côte d’Ivoire. Le prétexte est « humanitaire » pour « protéger les populations » et surtout pour la galerie des badauds du monde entier pour « faire respecter les élections démocratiques », cette grande arnaque qui a été organisée frauduleusement pour virer le gêneur Gbagbo
En 2002, l’oligarchie coloniale française avait au contraire consisté à soutenir le clan de Gbagbo contre les bandes armées du nord entrées en rébellion. Soutenant un clan après l’autre, l’oligarchie française défend toujours les intérêts de la multinationale TOTAL (et derrière des caisses de retraites des enseignants américains duMassachussett) en protégeant ègalement les intérêts des Bolloré et autres grands capitalistes français pour qui la Côte d’Ivoire est une chasse gardée et une importante source de profits.

La Françafrique est venue reprendre ses droits impérialistes. Laurent Gbagbo qui avait refusé de parader le 14 juillet à Paris en compagnie du colonel Sarkozi pour la comédie du 50ème anniversaire des libérations nationales, a eu le culot en 2002 d’ouvrir le marché ivoirien à la Chine. Depuis lors l’oligarchie française n’a eu de cesse de le faire tomber. Les élections ont été grossièrement truquées (comme le démontre le long texte du groupe ACTUS (action tchadienne pour l’unité et le socialisme) publié sur le site de Do. Kalachnikov : bourrage des urnes, faux décomptes dans plusieurs villages, avec motus bouche cousue des représentants de l’ONU, corruption, menaces physiques. Ce trucage éhonté se base toujours sur la fameuse sentence chiraquienne de 1990 : « L’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie ». Ou en tout cas quand les colonialistes modernes l’estime mûre, ils lui resservent la même démocratie mitée (et plus subtilement trafiquée » qu’en pays « développés ».
Un texte de protestation d’intellectuels avec Calixte Belaya a rappelé les curieux zig-zags des probes institutions du démocratisme grimaçant : « Aurait-on oublié que l’ONU avait pour mandat de démilitariser les rebelles avant les élections ? Que depuis l’annonce de sa défaite électorale le candidat Ouattara est entré à nouveau en rébellion ? Que ses "hommes", malgré les silences coupables des médias occidentaux, tuent depuis le mois de décembre… que ces mêmes "hommes", si l’on en croit un récent sujet sur France 2, ne sont que des adolescents armés, des enfants-soldats. Aurait-on oublié, surtout, que le recomptage des voix, un moment proposé, fut qualifié par M.Ban Ki Moon d’"injustice" ? Devrait-on conclure qu’à l’injustice des chiffres on préfère la justesse du nombre de morts ?
Dans ce grand mensonge électoral déconcertant, il faut absolument mentionner que le challenger de Gbagbo, prétendue victime bafouée, Ouattara est un ancien vice président de la mafia du FMI, donc un homme de main de la bourgeoisie américaine aux intérêts convergents avec l’oligarchie française. Comme le souligne le rapport d’Actus : « La mobilisation occidentale sur le thème du respect de la démocratie en couronnant frauduleusement Ouattara, n’a rien à voir avec les intérêts du peuple ivoirien. L’odeur du pétrole a inhibé chez les impérialistes leur sens de la défense de la démocratie ».
La facilité et la rapidité avec laquelle les Forces nouvelles de Ouattara – dénommées maintenant Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) – basées au nord, ont réussi à s’emparer de l’ensemble du pays à l’exception d’Abidjan, s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la fourniture en grande quantité d’armes et de véhicules neufs par le Burkina Faso et le Nigeria, qui ont mis à leur disposition des instructeurs militaires avec la bénédiction franco-américaine. D’autre part, l’infiltration dans les grandes villes de commandos des FRCI, qui a été une tactique payante. Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit par les va-t-en-guerre dans les métropoles occidentales, l’intervention de l’armée de Ouattara est loin d’être une simple formalité, indolore pour la population, qui permettrait de ramener la démocratie et la stabilité dans le pays. Le colonel Sarkozy, qui entérine avec bienveillance les pires mascarades électorales du fils Bongo au Gabon, du fils Eyadema au Togo ou de Sassou Nguesso au Congo Brazzaville impliqué dans des dizaines de milliers de morts, qui soutient militairement les dictatures au Tchad et en Centrafrique, il s’est subitement érigé en défenseur de la démocratie en Côte d’Ivoire. Il n’a eu de cesse d’envenimer la situation et de pousser le camp Ouattara à la guerre via le dirigeant du Burkina Faso, Blaise Compaoré. La progression des FRCI à travers le pays a donné lieu à des crimes de guerre. À Duékoué, le Comité international de la Croix-Rouge a dénombré près des centaines de morts. À Abidjan les partisans de Gbagbo, s’ils sont minoritaires et isolés, n’en résistent pas moins. Ils viennent essentiellement de la garde républicaine et du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos). Le chaos qui règne dans la capitale économique permet les pillages et les agressions contre les civils, menés autant par les éléments des deux camps que par des jeunes qui profitent de la situation. L’armée française a renforcé son dispositif qui compte désormais plus de 1 600 soldats. Si l’objectif officiel était de permettre l’évacuation des ressortissants occidentaux, elle a joué dès le début un rôle d’appui logistique aux FRCI. À la demande de Ouattara, du fait des difficultés qu’il rencontre à Abidjan, l’armée française et l’Onuci procèdent à des bombardements sur les positions des partisans de Gbagbo, tout cela, bien évidement, au nom de raisons purement humanitaires.
L’UNION NATIONALE TOTALE EN France DERRIERE LE COLONEL SARKOZI
Vous l’avez tous remarqué, pas un mot de protestation de la gauche caviar contre les 3 guerres de notre colonel en Afghanistan, en Libye et en Côte d’Ivoire. Régulièrement toute la députation des frères ennemis vient écouter à l’assemblée les briefings du commandant Juppé qui est en train de gagner ses galons de général de la bourgeoisie française. Il ne faudrait pas oublier comment la gauche caviar s’est solidarisée immédiatement avec Sarkozy et le groupe Total pour réclamer le départ du gêneur Gbagbo. Petit retour en arrière il y a un mois.
L`ancien Premier ministre socialiste (1984-1986) Laurent Fabius a déclaré dimanche s`être entretenu la veille avec Alassane Ouattara, l`un des deux présidents ivoiriens proclamés, lequel s`est dit "très inquiet" de la situation dans le pays."J`ai eu le président Ouattara hier au téléphone, il était retranché dans l`hôtel du Golfe qui est protégé par les casques bleus de l`Onu", a déclaré M. Fabius au "Grand Rendez-Vous" Europe 1/Le Parisien/Aujourd`hui en France. "Il m`a décrit ses conditions, qui sont presque des conditions de détention, c`est à dire que M. Gbagbo (son rival) a cherché à interrompre le ravitaillement en nourriture, le ravitaillement en médicaments. La terreur règne sur la ville, et évidemment il y a tout lieu d`être inquiet". "Il est très inquiet, bien sûr. Et il est certain de son bon droit, c`est le seul président légitime", a encore dit Laurent Fabius. ,"Je voudrais m`adresser à M. Gbagbo, que je connais, que j`ai connu il y a quelques années: le début de sa vie a été consacré à lutter contre la dictature. S`il continue comme ça, il fera partie des dictateurs, et je suis de ceux qui lui demandent de comprendre, au nom de l`intérêt de la Côte d`Ivoire, de reconnaître le suffrage universel", a ajouté Laurent Fabius.

Comme quoi le combat « humanitaire » de l’ensemble des politiciens français se résume à : esbrouffe, mensonge et cynisme… total !
Et le prolétariat universel ? Et bien il est mal, très mal dans sa peau.