"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 10 février 2017

COMME UN LEGER MALAISE... de Fillon à Théo

Députés ou VOYOUS ?

"Je dis que quelques voyous de la police qui seraient à l'origine de cette tragédie doivent être sanctionnés extrêmement lourdement". Christian Estrosi (député LR)

La politique bourgeoise semble prendre un tour irrationnel, être dominée par les scandales, inverser la perception du vulgum pecus en France comme à l'international1. On dirait que la campagne présidentielle américaine a donné le la. La compétition doit être sordide. Courage à ceux  qui restent scotchés à la radio ou à BFM, avec leur plateau repas solitaire... Tous les jours, sans souffler, l'ensemble de la presse et du médiatique électronique tape à bras raccourcis sur Fillon, comme on l'avait vu contre Trump il y a quelques mois ; pas un jour sans nouvelle révélation incrustée dans la défense (décrétée malheureuse) de l'impétrant ; cela avait été le cas avec DSK. Trump, méchant parvenu au pouvoir est lui aussi persécuté tous les jours par les « vrais » représentants de la liberté et de la démocratie : juges, journalistes « indépendants », banquiers « honnêtes », féministes et anarchistes. Le pouvoir a changé de camp, c'est VOUS le peuple qui le détenait ! A bas les politiques corrompus! Ne vous laissez pas faire! Agissez, manifestez le dimanche! mais n'oubliez pas d'aller travailler et de voter pour de sains démocrates !

Pas une semaine sans que le journal des policiers mécontents, le Canard Enchaîné, ne distille son fiel comique (?) contre Fillon, mais pas du tout contre les actuels locataires du pouvoir...finissant. On apprend que Macron serait « pédé » mais un gourou très apprécié des banques. Mais en même temps les traditionnels « extrémistes » sont bichonnés : si Bayrou n'est plus qu'un « irrationnel » (à 5%), Mélenchon a eu droit à une couverture médiatique très confortable pour son spectaculaire » hologramme virtuel comme ses valises électorales, le simili gauchiste Hamon avec son révolutionnaire salaire universel peut se répandre en long et en large. Comme Hamon et Mélenchon sont à la traîne dans les sondages depuis plusieurs jours derrière Le Pen et Fillon, la fabrique à sondage les fait remonter subitement aujourd'hui...
La subtilité du bourrage de crâne électoral est plus insidieuse qu'il n'y paraît, car on alterne si bien jet d'ordures et casseroles sur les candidats et une critique de leurs « programmes »... De même que la justice (de classe) et les journalistes (indépendants) sont sensés dénoncer dérives du pouvoir, népotisme et autres racismes, on veut désormais faire mentir ce vieux cliché d'électeurs qui ne voteraient que pour la tête du client (ce qui reste vrai majoritairement), mais la discussion sur les programmes bute toujours sur la finance : « qui les financera ? », et à ce titre, Hamon, Mélenchon et Le Penon sont baisés, sans s'en rendre compte. Avant-hier, Hamon a déclaré qu'il se fichait de la dette, bel effet de manche pour incrédible. Sans crainte du ridicule, La Penon, à la peine, a rétorqué à la sémillante et fine Najat-Belkacem qu'il n'y avait pas que l'argent... son autorité suffira donc à restaurer... la confiance de la finance.

Pub inouïe pour la nouvelle   « L’Émission politique » diffusée jeudi soir sur France 2, Le Pen a donc été longuement questionnée sur son programme et a battu des records d'audience. Elle a été servie sur un plateau avec des invités qui lui ont permis de se mettre en valeur, notamment son pote Patrick Buisson2, et une Najat-Belkacem qui, bien que brillante face à la grosse buse n'a pas été en mesure de faire avaler que le collège unique supprime les inégalités sociales, quand l'autre prône ouvertement le passage fissa des largués au travail manuel. Mère Le Pen est venue contribuer à l'ambiance « tous pourris » par la finance en faisant mine d'y être étrangère : « Que ce soit pour M. Fillon ou que ce soit pour M. Macron », a-t-elle attaqué, « il y a derrière tout ça une sale odeur de trafic d’influence peut-être, de conflit d’intérêts à tout le moins. » (elle se remplit les poches au parlement européen, tout en crachant dans la soupe)
Elle a frappé juste parfois, contre le seul programme crédible pour les banquiers avec celui de Macron : « Quand je vois que M. Fillon a été payé par Axa, je demande si, dans son programme, la suppression de la Sécurité sociale qui va évidemment bénéficier aux compagnies d’assurances, ça n’est pas aussi la contrepartie des sommes qui lui ont été versées ». Paf pour le persécuté number one ! Mais la fabrique du quadrillage électoral, sous cette bienveillante couverture médiatique (provisoire, il sera toujours temps au second tour de ressortir les bonnes vieilles ficelles de l'antifascisme et compter sur le bruit de la base gauchiste et anarchiste) maîtrise tout à fait les limites du FN, si bien domestiqué dans le cirque médiatique et étrangement soustrait au « scandale » des autres candidats pourtant « antifascistes », comme semble le déplorer Le Figaro :

« Sans alliance électorale, il lui reste encore à démontrer la crédibilité de son projet économique et de ses équipes pour gouverner. Elle doit également convaincre plusieurs segments électoraux qui lui résistent. Attentifs à sa première grande prestation de campagne, nombre de soutiens frontistes voyaient néanmoins une piste étroite s'ouvrir pour leur candidate, entre le «mondialiste» Emmanuel Macron et la candidature «cabossée» de François Fillon ». Elle n'a pas grande chance d'être, elle, le nouveau Trump.

FLICS OU VOYOUS ?

Le même dédoublement idéologique qu'on a examiné pour la compétition électorale, est effectif concernant la lamentable agression du jeune Théo à Aulnay. La confusion entretenue a été très bien décrite par des rédacteurs de journaux de rappeurs lors de l'émission d'hier de Sud Radio. « On veut nous coincer dans un faux dilemme : soit on soutient les flics quoiqu'ils fassent, soit on est supposé être avec les voyous des banlieues et refuser toute police dans les ghettos »; "on a été aussi indigné par la tentative de meurtre des policiers enfermés dans leur bagnole qu'on l'est pour ce qu'on a fait subir à Théo". Les médias se sont retournés aussi, quoique fugacement, contre la police en général. Ces invités, représentatifs (?) de la banlieue face à un syndicaliste policier, se sont laissé un moment entourlouper par « l'ouverture démocratique à la discussion » du flic promu bureaucrate corporatif chargé de « faire comprendre l'exaspération des policiers », puis ont commencé à s'énerver face à la négation du viol, de la pénétration de l'anus par la matraque du policier pervers et raciste, refusant d'accepter le qualificatif d'émeutes, lui opposant une révolte sociale légitime... ajoutant que si des jeunes avaient troué le cul d'un policier de cette manière ils auraient été immédiatement inculpés et mis en prison, alors que le policier sadique a été relâché, et que de jeunes manifestants par après se sont pris immédiatement 6 mois ferme ! A noter que pas un n'a dénoncé la justice de classe, réclamant benoîtement « justice »... laquelle va traîner en longueur jusqu'à une température de l'opinion moins bouillante...

C'est une bavure inédite, faut être vraiment taré pour avoir fait cela. Si on n'est pas anti-flic primaire, on peut penser qu'elle n'est  pas admissible pour un policier ou une policière moyenne. Le flic taré a du coup fait perdre tout le capital de sympathie que la police en général avait obtenu malgré elle (cf. la répression au moment du 49.3) dans la population régulièrement abreuvée d'actes (en effet) délictueux, dans l'ambiance des attentats terroristes. Mais attention encore une fois au double langage du pouvoir, il se dédouble en agissant à deux niveaux: il ne peut se désolidariser de ses flics (donc la "justice" de classe les couvre en tentant de minorer l'enculage à la matraque qui n'est pas un viol en effet mais une humiliation raciste) et de l'autre on envoie Hollande qui n'a plus rien à perdre pour tenter, lui (au-dessus de la mêlée ?), d'éviter l'expansion d'émeutes. Mais gaffe l'opinion est (serait?) pour la défense indéfectible des flics ; hier cette radio au passé louche, Sud Radio, avec son recensement (incontrôlable) assurait qu'une majorité mettait en doute le jeune Théo! Puis vu que le débat entre le flic syndicaliste et les rappeurs toulousains tournait mal, silence soudain, puis musique sans paroles pendant les deux heures qui restaient pour une "confrontation des points de vue" étrangement disparue... Le standard avait-il sauté ou un coup de fil de Cazeneuve ?

Une première en pleine farce électorale présidentielle, tous les politiciens, y inclus la « féroce » Le Pen et le persécuté Fillon, se sont sentis quand même dans l'obligation d'avoir une pensée émue pour le jeune Théo, même le premier ministre policier, s'arrogeant de déplorer au nom de l'institution en uniforme et muette. Ouf, il n'y avait eu que quelques voitures brûlées.
Cela sent encore le roussi, alors à cette heure même, le pouvoir relance comme par hasard  à grands sons de trompe la chasse au terrorisme à Montpellier et ailleurs. Unissons-nous contre l'ennemi, cessons de nous diviser, chut : on est en guerre !






1Où la France, prenant le relais de l'invraisemblable cirque US, fait les gorges chaudes chez d'autres pourris dominants : http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/03/l-affaire-fillon-vue-de-l-etranger-pourquoi-la-france-est-elle-si-corrompue_1545900
2 L'analyse de Patrick Buisson, qui est loin d'être un crétin, est simple et elle n'a guère varié depuis 2007: les électeurs du FN sont pour l'essentiel d'anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l'évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d'anciens staliniens nostalgiques du temps où le PCF était conservateur. Mais c'est plus compliqué aujourd'hui, chaque parti bourgeois est plus ou moins acoquiné avec une puissance impérialiste. Le FN ne se cache pas d'être financé par des banques russes. La cyberguerre, bien qu'utilisée de façon exagérée pour expliquer la victoire de Trump, est aussi une réalité: http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/02/09/35003-20170209ARTFIG00282-l-elysee-inquiet-d-une-cyber-menace-etrangere-pesant-sur-la-presidentielle.php

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