"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 4 septembre 2015

MANIPULATION D’IMAGE NECROPHILE

A la question sordide et odieuse du Figaro:

«La photo du jeune enfant syrien noyé modifie-t-elle votre vision de la crise des migrants ?»

nous étions 82% à répondre non. Toutes opinions confondues?

Non car le sondage qui était publié le même jour était confondant ou confondu:

Une tranchette de la population était questionnée sur l'arrivée (massive) des migrants, et n'en déplaise aux bonnes soeurs de la tolérance libérale anar, il transparaissait ceci:

«Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, l'opinion publique française reste majoritairement (à 56 %) opposée à l'accueil de migrants et de réfugiés sur le territoire français. Le clivage droite-gauche est évidement très marqué sur cette question. Les sympathisants Europe Ecologie/Les Verts sont les plus favorables à un accueil (73 %), suivis des électeurs socialistes (68 %) et du Front de Gauche (56 %). L'opposition la plus marquée se trouve chez les électeurs Front national (91 %), suivis par les sympathisants UMP/Les Républicains (67 %)".
Mais plus frappant encore:

«Les pauvres plus opposés que les riches.
Les cadres et professions intellectuelles supérieures, tout comme les retraités, sont à 57 % en faveur de l'accueil des migrants. Dans toutes les autres catégories socioprofessionnelles, le «non» l'emporte, avec un pic chez les ouvriers (71 %), les employés (65 %) et les autres inactifs (62 %). «Les catégories populaires sont victimes d'une triple insécurité, physique, économique et culturelle.» rappelle le sondeur. «L'immigration est perçue comme l'une des nombreuses facettes négatives d'une mondialisation porteuse de mille dangers.».

Passons sur cette dernière explication méprisante pour les «gens d’en bas» (c’est ainsi qu’est qualifiée désormais la classe ouvrière, outre d’être estampillée surtout blanche et raciste), et en plus en omettant de préciser que ces «catégories populaires» comportent aussi nombre de prolétaires antillais, africains, arabes et auvergnats, force est de considérer qu’il y a un abîme de perception sémantico-politique entre le prolétariat et la masse des bobos toutes catégories qui crottent pour les partis institutionnels rose transgenre, verts décomposés, front de boeuf de gauche ou ripoublicains. Même le mignon de Marine Le Pen, Florian le fidèle au pot, ne trouvera rien à redire à mon constat, d‘autant qu’il n’est qu’un des bouffons de la farce mijoté par papy devenu l’ami des antifas pour une éradication saugrenue du principal parti harakiri du mouroir politique français.

La conscience de classe ne serait-elle qu’une absence de conscience universelle comme ce con de Guesde refusant d’abord de soutenir le capitaine bourgeois Dreyfus au nom des pioupious du salariat? Vérifiant que Raymond Aron et François dit le Furet avaient définitivement remisé au musée Blanqui les outrances classistes du dénommé Karl Marx?

CONSCIENTISER OU BOURRER LES CRANES?

Politiquement, depuis des décennies la France est régie moralement comme une République bananière, les autres pays européens également. Voyez comment cela se passe au Congo, je n’invente rien c’est sur le Congo Forum:
«Par définition, sont considérés comme intellectuels, toutes les personnes qui s’occupent, par goût ou par profession, des choses de l’esprit. Ils sont généralement dans les carrières universitaires, scientifiques et littéraires et aussi dans les professions libérales. Les intellectuels font partie de l’élite de la nation. Par élite, on doit entendre tout ce qu’il y a de meilleur, de plus distingué dans la nation.
Outre les intellectuels, il y a les aristocrates - chefs coutumiers -, les chefs ou leaders politiques, les chefs militaires, les plus hauts fonctionnaires de l’Etat, les chefs religieux, les hommes d’affaires, les managers et les chefs d’entreprises, les vedettes de musiques populaires, les personnalités de la télévision, etc. Dans le cas précis de notre pays, la RDC, l’élite ne constitue qu’une toute petite minorité issue des milieux paysans et ouvriers qui, avec le système de gratuité de l’enseignement pendant la colonisation et les deux premières décennies d’après l’indépendance, a eu accès aux études supérieures et universitaires.
(...) Autour de ce beau projet devrait aujourd’hui se mobiliser ce qui est encore de plus ou moins valable et sain dans la société, c’est-à-dire les intellectuels, les cadres, les jeunes diplômés universitaires et la jeunesse estudiantine. Ces derniers devraient en être le porte-étendard. Où sont-ils et font-ils ? Eux dont les études et la formation ont coûté une fortune à la nation ? Qu’attendent-ils pour s’engager et s’impliquer dans la marche de la transition en cours, s’approprier le débat en cours, le réorienter et rehausser son niveau ? Qu’attendent-ils pour sensibiliser la jeunesse et conscientiser les masses populaires sur les actuels enjeux dont notre pays est l’objet, sur le défi que nous devons relever aux niveaux continental et mondial...».

C’est sûr la photo de l’enfant mort, au petit corps vulgairement rejeté sur une plage turque, ets un exemple de propagande cynique de premier ordre. Les journalistes et leurs amis bobos de la bobosphère ne se sont pas gênés pour la ressasser toute la journée. France infaux donnant le la: toute la journée la radio d’Etat a protesté contre l’absence de reproduction de l’affreuse image par l’ensemble de la presse française, centrée sur la colère des ploucs en tracteur, alors que, comme le déclara une des pétasses de la propagandastaffel, la Grande Bretagne avait largement affiché la photo, preuve d’une plus grande liberté d’expression dans ce pays! Elle manquait pas d’air sachant comment la pipolerie britannique avait avec hardiesse empêché l’exhibition de la Une anti-Mahomet de Charlie Hebdo par une autre pétasse obsédée par le beau Tariq Ramadan.
Toutes les émissions radio et télé se penchèrent sur cette carence typiquement française et un brin obscène de la presse écrite à ne pas exhiber ce pauvre enfant mort noyé, quitte à décrire le contraste entre l’aspect vacancier de la plage et le gosse martyr d’une Europe «égoïste»; sauf que le pauvre corps avait échoué sur une plage turque, même pas italienne ni grecque, sauf que c’est le gouvernement canadien qui avait refusé de l’accueillir avec sa famille; il faut dire, face à la masse des bobos, qui se mobilisent virtuellement pour que les portes soient grandes ouvertes à l’exode massif, que le Canada filtre durement, comme son confrère teuton: cinq personnes doivent se porter garante pour le migrant et lui fournir l’aide pécunière nécessaire à son entretien... autant dire que le Canada, comme l’Islande... c’est le Pérou!

Toute la flagornerie et tout le cynisme de cette journée d’intox sur un petit cadavre, alors qu’aucun gouvernement, aucun trouduc journaliste n’a fait un plat depuis des mois de centaines d’autres enfants ou adultes noyés en mer, est résumé dans le questionnaire du Figaro, propriété d’un célèbre marchand d’armes corrompu jusqu’à la moëlle! Les salauds osent tout. Vous imaginez combien cette question est obscène et perverse?
«La photo du jeune enfant syrien noyé modifie-t-elle votre vision de la crise des migrants ?»
Autrement formulé, cela revient à dire: «vous en avez rien à foutre comme nous salariés privilégiés d’un marchand d’armes sans conscience, alors ne chipotons pas ce n’est qu’une crise de migrants, autant les laisser crever et nous laisser baiser en paix»!

Cette cochonnerie des larbins du Figaro est à mettre sur le même plan que la bêtise du FN mais aussi de cette gauche caviar, veule et hâbleuse qui «est aux affaires». Son expression intello la plus dégueulasse est en une de l’Obs qui plaide pour «nos valeurs et nos devoirs», et en faveur des éructations de ce minable de Valls, réac en chef en l’occurence de ce torche-cul publicitaire pour milliardaires de gôche, après un salut circonstancié à «la remarquable chancelière»: «... soulignant de saines évidences sur l’impérieuse nécessité d’accueillir sur notre sol les persécutés et les opprimés et tordant le cou aux fantasmes: non la France n’est pas submergée» (édito d’un sous-fifre nommé M. Croissandeau). Le type est en plus hors de la réalité en nous parlant de «pauvres qui viennent chez nous (qui) ne seraient que des immigrés», quand on sait que ce sont surtout d’abord des couches moyennes qui fuient l’horreur d’une guerre où l’Occident européen et français fait partie du jeu trouble impérialiste.

L’Obs se démasque en faisant quelques pages plus loin la pub pour une pourriture franc-maçonne, le trouble Filiu (que j’avais été dénoncer en public à ladite université populaire d’Arcueil comme je vous en ai rendu compte sur ce blog, pour sa complicité avec le président de la République dans l’assoc des ennemis d’Assad et des amis djihadistes). Pauvre Filiu qui se voyait déjà best-seller il y a deux ans pour un livre qui promettait une chute rapide du tyran Assad et qui a dû rabattre ses ambitions sur un brouet qui narre un destin arabe débarrassé du maudit et ambigu Daesch. Filiu est aussi creux que le larbin Haski qui l’encense.  Haski rapporte enfin le bla-bla du chef bureaucrate du CICR, plein de douceurs philanthropiques, qui se permet de se moquer de ces «ministres de l’Intérieur» qui ont traité «la crise des migrants» à l’aune des «surenchères populistes»; il critique le bonze de la Croix rouge mais il ne décrypte surtout pas l’hypocrisie des pleurnicheries sur les migrants. Alors qu’il y a beaucoup à révéler sur la SELECTION opérée par NOS VALEURS! Partout ministres et larbins d’Etat sélectionnent, font barrage à ces populations apeurées qui pourraient receler des djihadistes (et qui en contiennent certainement comme parmi les réfugiés rwandais on découvrit d’authentiques curés génocidaires...). On reste dans le vague en direction des «classes populaires racistes», on défend «nos valeurs» mais on s’assieds sur celles-ci; l’accueil est inégalitaire, non fraternel et suspicieux, l’ONU, cette agence US, refuse de reconnaître le statut de réfugié aux kurdes de Syrie pour ne pas heurter la sensibilité nationale de l’Etat turc!
Le débat dans cette édition de l’Obs entre D’Alema et Védrine est plus instructif. Le fin diplomate Védrine surtout nous fait comprendre que derrière tant de dithyrambiques déclarations, le règne des «quotas» est roi et destiné à perdurer, à la tête du client. Contre toute « charité chrétienne», Védrine est clair: «il faut être pragmatique», donc «immigration choisie! Bien sûr les émigrations sont massives (dans une société capitaliste mondiale instable et en plein délitement, où donc les exodes n’ont rien de comparable aux émigrations du passé) mais, ajoute Védrine «les populations européennes ne sont pas en mesure de l’entendre de la part d’ «élites» qu’elles contestent». L’ex-Premier ministre italien est lui carrément délirant: «il faut aider les musulmans à s’organiser»!

Or, plus que l’aspect humain et vital (qui est compris par le prolétariat développé et conscient, où chacun ne peut souhaiter qu’ouvrir sa porte à celui qui cherche refuge face à la guerre capitaliste) c’est cet aspect invasion d’un mode de vie arriérée qui abaisse la femme qui est le plus à la base de l’hostilité des prolétaires européens face à l’arrivée de la misère (plus spirituelle que pécuniaire de nombre de migrants qui ne sont pas pauvres) des couches moyennes des zones qui subissent la guerre des compétiteurs capitalistes, et qui vont renforcer ceux qui imposent déjà leurs lois islamiques dans les quartiers déshérités.

Il y a un problème politique et sociétal sur lequel la gauche caviar et ses suivistes anarchistes ferment les yeux, dont les conséquences sont désastreuses en terme de délitement de la conscience de classe (tendance de nombre de prolétaires à croire que voter FN serait une bonne protestation, et tendance à un antisémitisme crétin et assassin chez les enfants de prolétaires d’origine maghrébine, leur nouveau «socialisme des imbéciles».

Toute la journée donc, nous aurons eu des débats, des approximations, des remontrances sur l’oubli ou la maltraitance du petit cadavre sur une plage turque, et ce n’est qu’en fin de soirée que, mal à l’aise, la radio d’Etat France Inter, donne la parole à un ancien ministre des armées qui déclare qu’on ne peut rien faire en Syrie sans l’aval de l’ONU et du fait des freins de la Russie et des pétromonarchies bien connues.

Heureusement, c’est dans le supplément télé de l’Obs que le voile d’hypocrisie est levé, mais en partie seulement. Sérieux contempteur du monde actuel, JC Guillebaud écrit:
«Avec 12 milliards d’euros de ventes d’armes depuis janvier 2015, la France vole désormais  de record en record. Il n’est pas impossible que nous ravissions in fine à la Russie la deuxième place des exportateurs d’armements (...) l’Arabie Saoudite (bon client) vient de battre, elle aussi, un «record»; celui des décapitations au sabre, et en public, en application de la charia. Cela porterait à 100 personnes - dont une femme - exécutées, notamment par décapitation, depuis janvier 2015, contre 90 l’année dernière».
Bon Guillebaud est gentil mais loin des réalités lui aussi, ce sont des milliers de morts, de torturés et de violés par Daesch (US company) qui battent tous les records et obligent à fuir des milliers sans espoir de retour. Et ce n’est pas de honte pour notre part qu’il s’agit mais de savoir si quelqu’un ou quelque parti, ici et partout, va s’engager à dénoncer réellement les guerres capitalistes, à en identifier les divers responsables impérialistes et arrêter de participer aux concerts de charité pour des populations en fuite humiliés à leur arrivée en terre inhospitalière, même si elles sont composées en grande partie par des couches moyennes qui croient encore à une survie meilleure dans le capitalisme «du nord».

1 commentaire:

  1. Voilà que Le Figaro relaie dorénavant les lamentations dénonciatrices des grandes églises de la charité...

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/09/04/20002-20150904ARTFIG00284-la-photo-d-aylan-kurdi-dope-les-dons-a-une-association-d-aide-aux-migrants.php

    " En France, les dons ne décollent pas

    Si de manière générale, les Français sont généreux avec les associations, la mobilisation financière pour les migrants ne s'est pas accélérée depuis le début de la semaine. «Il n'y a, pour le moment, aucune augmentation importante des dons de la part du public français, explique Nicolas Trombert, directeur développement chez Amnesty international France. Nous avons chaque jour une dizaine de donateurs habituels qui arrivent sur notre site. C'est une tendance constante.» Le constat est encore plus amer chez Médecins sans frontières (MSF), qui travaille en partenariat avec MOAS. «Il n'y a pas eu d'effet de masse, déplore Mélanie Cagniart, directrice de la collecte de fonds privé. C'est même plutôt l'effet inverse. On remarque une mobilisation négative au niveau des donations ces derniers jours.»

    Alors que nos voisins européens s'engagent pour les migrants, les Français se montrent, à l'heure actuelle, stoïques. «C'est le résultat de plusieurs années de discours politiques discriminatoires. Cette peur de l'extérieur, qui serait la conséquence de tous les maux de notre société, refroidit sans doute les gens», analyse Nicolas Trombert. Pour MSF, la tournure politique prise par cette question migratoire n'incite pas les Français à sortir leur porte-monnaie. «Le côté émotionnel est devenu secondaire, regrette Mélanie Cagniart. C'est pourtant cela qui fait massivement affluer les dons. Si le public comprenait la détresse des réfugiés qui cherchent à fuir leur pays en guerre, peut-être qu'il y aurait davantage de dons.» "

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