"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 25 janvier 2015

BIG BROTHER ISLAM (I)

et accessoirement
DES TABOUS POLITIQUES ET INTELLECTUELS DU GAUCHISME


"Nous ne pouvons pas oublier que nos ennemis sont deux"

Christian Rakovsky



« La religion, forme médiévale de déraison, devient une menace effective contre nos libertés quand elle est combinée avec de l’armement moderne. Le totalitarisme religieux a engendré une mutation mortelle au coeur de l’islam..." Salman Rushdie


DANS LA PLEURNICHERIE NATIONAL-COMPASSIONNELLE UN TITRE VOUS A MALHEUREUSEMENT échappé en page intérieure 11 du Figaro du 14 janvier:



"LA FRANCE VOTE LA POURSUITE DE LA GUERRE CONTRE DAECH EN IRAK, dans le climat d'unanimité de l'après 11 janvier, les parlementaires ont fait valoir le poids financier des dépenses militaires"(les gauchistes reconvertis sénateurs et députés écologistes ont baigné dans le même unanimisme larbin pour les "valeurs de la France").


Pauvre Président de la République qui a su si bien gérer les adieux, sans froisser les susceptibilités communautaristes, aux diverses victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, qui reste attentatoire à la gueule du prophète et probablement soutenu par des complices juifs, obligé en tant que banal VRP de l'industrie d'armement d'aller s'incliner devant la fripouille d'un des pires régimes de la planète qui, le jour même, faisait décapiter au coin de la rue une femme. Une telle décapitation n'a bien sûr pas fait la une des médias occidentaux, ni orientaux; on préfère exhiber celles, exotiques et avec un parfum de désert, de Daech ou de son concurrent appauvri Al Qaïda, n°2 au hit parade désormais où Boko Haram lui dispute cette deuxième place, talonné par les tchétchènes de la troisième place.

Je l'ai enfin obtenu à la librairie mon numéro de Charlie, et j'en suis fier car me voilà sept millionième lecteur, ce qui fait bien chier les croyants et les petits cons de banlieue. Je parcours petits articles et illustrations car les dessins ne restent que des illustrations qui peuvent vous faire rire ou pas, mais moi ces illustrations des têtes de cons terroristes je les ai trouvées très drôles. On suppute, on se perd en conjectures et conjonctures sur les trajectoires des abrutis quand les dessins de Charlie résume assez bien le peu d'intérêt et la bêtise de ces gens: la société capitaliste en a fait des merdes et ils restent des merdes.

Mais ce qui me frappe le plus à la lecture de ce numéro, c'est: comment est-il possible que des millions aient voulu l'acheter comme des millions ont manifesté contre les lâches meurtres! Le contenu ne va pas du tout avec la ligne de la big pensée correcte et la novlangue dominante!1 Aucun respect des religions ni des chefs d'Etat étrangers. On y dénigre autant des "tarés de l'ultra-droite antisémite" que ceux de "la sous-culture islamo-gauchiste". Rien ne correspond au total à ce qui régit la majorité silencieuse. C'est même plutôt inquiétant pour Charlie qui risque ainsi de se ringardiser comme le Canard enchaîné, devenir organe à barbouzes en faisant rire en catimini et sans risque des puissants les masses de lecteurs retraités attablés sous les platanes; quoique pour l'instant, dans le métro, on n'observe guère de "provocateurs" Charlie en main. Vaut mieux le lire chez soi, à l'abri de certains regards voilés.

"Provocateur", le mot est lâché. Un sacré mot d'ailleurs, utilisé couramment par une armée de pervers narcissiques ou par tout maître d'école. Lorsque vous émettez une vérité dérangeante – par exemple vous dites à votre PN de palier "tu es un gros con", l'autre restera poli en public et vous répondra "provocateur"; ou en AG si vous contestez un bonze syndical, un adjoint de la CGT vous coupera en criant "provocateur"2. On verra que le terme est parfaitement intégrable dans notre dictionnaire de la novlangue de la big pensée correcte. Et c'est bien ce qui malheureusement, après la retombée du soufflé "je suis Charlie", advient aux pauvres survivants, s'ils s'en aperçoivent (mais ils s'en doutent): ils ont été "provocateurs", ou synonyme: "ils l'ont bien cherché". Ainsi c'est cette parole qui est répercutée, depuis un vague collège de banlieue par TF1 et son indéboulonnable journaliste à vieux, Jean-Pierre Pernod-Ricard. N'ayant participé à aucune commémoration pieuse ni à une quelconque minute de silence, j'avais trouvé, toute proportion complotiste gardée, plutôt saine la rétitivité des djeunes de banlieue, quasiment absents des manifs du relooké "je suis partout". Au bout du compte, c'est leur point de vue qui triomphe, le temps aidant: "ils l'ont bien cherché"; "c'est eux qui l'ont dit" a précisé le courageux journaliste gériatrique. Les "ingrats"boutonneux étaient et restent sur la position initiale de l'Etat qui n'avait que foutre du sort des victimes, comme il n'a que foutre du sort de ses chômeurs ou de ses immigrés, mais qui ne pouvait décemment que crier lui aussi "je suis Charlie" le temps des enterrements, tout en dosant avec des discours hollandais à la sauce "je suis musulman".

Les jeunes sont capables d'être encore plus cons que les vieux. Il n'y a pas plus suggestible à l'idéologie dominante qu'un jeune con. Alors qu'ils avaient choqué les voyeurs du Le Monde (dont j'avais cité de larges extraits), en ne manifestant aucune peine pour les "provocateurs", ils ne faisaient que refléter la pensée de l'Etat, même les plus tarés qui admirent les tueurs: l'indifférence.
Le professeur Choron, lors d'une émission d'anthologie de Polac, avait fait front et cloué le bec à une des contestations juvéniles étudiantes de l'époque en leur criant, entre deux bouffées de cigare avec embout: "c'est des mots".
Faut l'esprit pervers et flicard de l'immonde pour demander leur avis à des puceaux qui ne se rendent pas compte de ce que c'est un "vrai" meurtre et surtout un lâche massacre de civils et en plus un massacre sanglant sous couvert de bandes obscures au nom d'une religion du moyen âge? Le Monde est le principal journal concierge de la bourgeoisie chargé de lancer les campagnes de morale étatique, par l'opération intellectuelle de fusion nationale dans l'union nationale – on se souvient de sa campagne anti-négationisme en 1978 montée de bric et de broc – braquer les projecteurs sur des mômes sans avenir et dont ils se fichent d'ordinaire de l'opinion est bien le comble de l'immonde, pour les humilier plus encore en les livrant à la vindicte publique des experts en dons de leçons "anti-complotistes"! L'immonde organe d'Etat a fait le même coup chez les imams comme on va le voir, pour ne pas laisser un coin à part dans l'application stricte de la morale d'Etat bourgeois.

Joffrin qui a écrit un bon article sur le complotisme, ne nie pas comme l'anar crétin antifa qu'il y a des complots bien réels et historiques, mais il aurait pu être plus précis en disant que la presse bourgeoise au quotidien est une forme de complot permanent, autrement plus efficace chez les adultes que les délires du réseau Voltaire chez les imberbes.

Autres compères de la théorie perverse de la provoc, les islamo-gauchistes avec plein de petits Plenel qui marchent à l'herbe. On ne les a guère entendu, eux qui hurlent tant dès qu'il est question d'antifascisme intrinsèque ou de tolérance basique des religions au bar du coin. En effet, pour ces spectateurs du troisième type, Charlie est un "anar de droite". Toutes les messes pour lesquelles le gauchisme a tant prié – le droit des pauvres colonisés à être exploités dans leur propre pays, à porter le voile pour faire chier les colonialistes, le droit à la lutte armée avec cagoule comme le commandant Machin – toutes sont ridiculisées! D'ordinaire, vous risquez le qualificatif excluant ou l'insulte baveuse3 si vous ne suivez les "recommandations " de la gauche bobo parigo pédago. Là silence, ils n'ont pas voulu faire du bruit pendant l'enterrement ni troubler la compassion nationale.
Pourtant s'ils avaient été au pouvoir, ils auraient interdit Charlie et envoyé au goulag ses dessinateurs.

RETOMBEES FROIDES


Comme après le triste 11 septembre américain on nous a assuré que rien ne serait plus pareil4. Le fonctionnaire chauve Cazeneuve a bien gonflé le torse face aux caméras sans un regard pour le héros nationalisé du magasin Cacher à qui il tendait son cadeau de biais. Valls a roulé ses épaules de petit torero pour confirmer que la police resterait la police avec des médailles pour ses membres éventuellement tués dans le dos. Hollande s'est envolé pour faire semblant de pleurer Abdallah, un des financiers du terrorisme5, quoique ce ne soit pas prouvé et relève donc du "complotisme".
La vision des pauvres otages qui s'enfuient du magasin juif où quatre personnes ont été abattues comme des chiens et l'impensable tuerie dans le local du journal satirique resteront dans les mémoires, mais avec le goût amer d'un "pourquoi?" ou surtout "pour quoi?".
"La démocratie c'est le droit de dire n'importe quoi"; cette parole je l'ai entendu lors du débat géant qui se tenait sur la pelouse de la tour Eiffel dite Champ de Mars, au début du mois de mai 1968. C'était la réponse d'un type à un autre qui voulait en empêcher un autre de finir de s'exprimer! Etrange débat, probablement le seul de l'histoire à se tenir dans une quasi pénombre6. Cette fin de manif du 13 mai, très encadrée par des staliniens menaçants (qui avaient frappés Cohn-Bendit, alors encore bon porte-voix de la généralisation de la lutte "ouvriers-étudiants"), est étrangement oubliée par les historiens et les doctes oecuménistes de la "gauche radicale" parigo pédago; son aboutissement en queue de boudin – des parlotes inutiles en croyant échapper au système – était bien
le fruit du COMPLOT de la police (qui avait éteint les lumières... exclusivité mondiale je vous joins la seule photo prise par moi des abords de ce Champ de mars pourtant plein de milliers de jeunes étudiants et ouvriers, ma pauvre boite kodak ne put saisir que les pandores aux abords et pas la foule derrière, encore un pan d'histoire qui restera dans l'ombre) et des salopards du PCGT qui cloisonnaient depuis Denfert (lire le témoignage d'Henri Simon) pour empêcher tout véritable débat de classe sans surveillants politiques et autres encadrants syndicaux ou experts en fariboles journalistes.

LA DEMOCRATIE BOURGEOISE N'EST PAS LE DROIT DE DIRE N'IMPORTE QUOI

Après cette parenthèse sur une situation où il était inévitable que soit dit n'importe quoi, revenons aux divers pourquoi ou pour quoi? On s'est beaucoup interrogé sur l'épineuse question "peut-on rire de tout?", moins sur la hasardeuse question "se moquer de la croyance de l'autre fait-il partie de la démocratie?", et encore moins sur cette remarque de mai 68 "La démocratie c'est le droit de dire n'importe quoi". Marx ou De Gaulle a dit "dire n'importe quoi dans un moment grave est une connerie" (je résume grossièrement). Ceci est évident au niveau d'un responsable politique mais aussi pour un particulier par exemple présent sur le lieu d'un accident et qui porte un jugement sur le gros nez du type allongé au sol et dans le coma. Ce qui n'empêche pas l'homme politique bourgeois comme le poivrot de Ménilmontant de sortir les insanités qu'il veut en privé. Et il se dit n'importe quoi, n'importe comment dans toutes les chaumières de croyants comme d'incroyants, et il y a souvent de quoi rigoler sans conséquences. Mais la morale bourgeoise moderne croit encore pouvoir tout régenter comme l'inquisition moyenâgeuse. Ainsi allait l'enquête de l'immonde, pour montrer que personne ne pouvait échapper à la surveillance de big brother Démocratie, et devait rendre des comptes. C'est pourquoi nombre de condamnations (souvent méritées) d'apologie de terrorisme tombèrent, parfois lourdingues pour de benêts et inconscients lycéens. Mais les condamnations n'empêchant pas quiconque de "penser n'importe quoi" – théories du complot, vengeance divine – il fallait se rabattre sur une explication pas très subversive, la question sociale des enfants de "ghettos" (dixit le Premier des ministres). Un truc très convivial au fond sur lequel on peut raisonnablement débattre avec les experts syndicaux, psychologues, élus locaux, journalistes et éditorialistes. La réflexion sociologique qui n'a jamais cassé des briques apparaît alors comme une aimable sortie de crise, capable de focaliser l'attention sur les inénarrables "quartiers défavorisés", victimes du recrutement terroriste obscur et vraiment "complotiste" celui-là. Pas question de toucher aux religions, piliers de la sagesse capitaliste, et surtout pas à l'islam, d'abord parce que c'est pas le moment, parce que c'est "provocateur" et parce que c'est "attiser la haine " et l'islamophobie, récente invention sémantique bancale et inapplicable. Un projet de juridicisation de l'islamophobie est en vue. La démocratie bourgeoise actuelle est très stricte, certains ont le droit de dire n'importe quoi n'importe où mais pas les autres.

LA RELIGION N'A RIEN A VOIR AVEC LE TERRORISME?

D'abord c'est faux. Toutes les religions aux origines sont des théories de guerre entre clans ethniques7. Ensuite la base morale de toute religion est la présence d'un terrorisme divin au-dessus de chaque tête des milliards d'homme, du diable aussi puisque pour éloigner le "mauvais oeil", la religion arabe conseille les cinq prières quotidiennes. La présumée surveillance sattelittaire et immémoriale de dieu a servi à pratiquement toutes les civilisations religieuses à domestiquer leurs sujets, au moins cette immense majorité exploitable et crédule. Le premier terroriste est donc dieu, en tout cas l'invention de dieu, comme flic de ta conscience. N'étant ni philosophe ni savant je ne ferai pas d'exégète ici sur l'histoire des religions ni sur le fait que la croyance en une entité supra-humaine a été positivement une étape dans la formation de la conscience humaine, de même que je ne nie pas les races contrairement à la novlangue qui fait dire aux chérubins bobos qu'il n'y a qu'une race humaine; non il y a des races, et ce n'est pas raciste de le dire, mais une espèce humaine!8 Et une espèce humaine qui, malgré la terreur de la minorité bourgeoise (et ses succédanés islamo-terroristes), devrait pouvoir parvenir probablement à long terme à une véritable communauté humaine mettant en commun tous les biens et produits terrestres (= communisme intégral).
L'évolution de l'humanité s'est faite ensuite contre toutes les religions mais on peut dire qu'elle a eu besoin de ces religions comme consolation dans un monde barbare toujours et successivement divisé en classes, et castes en guerre. La religion a accompagné et a dû suivre le développement du capitalisme, sans changer sa nature de "menace morale" sur la "bête primitive", mais l'humanité est parvenue à une capacité de distinguer le mal du bien, le grégaire du loup sauvage sans plus passer par les religions ou la croyance en un châtiment divin. Plus par l'empathie naturelle de l'être humain que par les règles hypocrites qui prétendent pacifier ou gommer la lutte féroce de tous contre tous qui régit le mode de vie capitaliste. 

La religion acculée dans la décadence capitaliste:

L'islam n'a une importance politique que depuis l'effondrement du bloc de l'Est. Avant cette croyance ne posait pas problème. Pendant près d'un siècle et demi, on ne s'en préoccupe pas spécialement dans les textes du mouvement ouvrier. L'islam est la dernière religion des pauvres qui peut se prétendre anti-capitaliste et qui l'est vraiment, mais pour un retour au Moyen âge. Comme elle ne peut pas plus solutionner la crise capitaliste que valider ses fariboles scientifiques, elle est
déraison radicale chez ses pratiquants les plus excités. Ce ne sont pas de vrais croyants, pacifiques gentils et tout affirment les uns, mais comme ma belle-mère, bigote de première, assurait ne pas adhérer à tout le cinéma de l'Eglise catholique, pour justifier de ne pas aller à la messe tous les dimanches. L'interrogatoire du Monde en milieu imam, après celui en milieu lycéen va nous démontrer que c'est la même ligne de pensée à partir du moment où, ignorant comme bigot se réclament du même socle religieux. Je ne fais pas état d'un choc de civilisations puisque le capitalisme actuel ne peut surtout pas être qualifié de civilisation comme le contenu de l'islam et ses diverses interprétations, encore moins!

Anna Villechenon, envoyée du Monde à l’institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris, était allée sonder les apprentis imams où Missoum Chaoui, aumônier pénitentiaire en Ile-de-France et formateur, lui avait préparé un tour de table "vidage de sac" des dix-sept élèves, adultes jeunes et moins jeunes, « futurs cadres » de l’Islam — femmes voilées d’un côté, hommes de l’autre —, pour commenter cette actualité brûlante. On s'appuie d'abord sur un grand frère en religion pour se démarquer des "provocateurs": on ne joue pas avec le feu! Les musulmans n’ont pas « à s’excuser de ces crimes », car les terroristes n’étaient pas des leurs; on en convient mais personne ne leur a demandé de s'excuser quand il était étranges que leurs chefs religieux se taisent sur les meurtres antisémites comme ceux du tueur Merah. Sur la liberté d'expression, il apparaît une lucidité certaine chez ces jeunes futurs imams: « la communauté musulmane, elle pleure les hommes mais pas la liberté d’expression. La liberté d’expression, il y a boire et à manger là-dedans ». Tout à fait d'accord avec cette remarque, car comme je l'ai dit plus haut, la démocratie c'est le droit de dire n'importe quoi pour les uns et pas pour les autres. En plus des caricatures qui se moquent, qu'elles soient tolérées et expriment une forme d'anticléricalisme ou d'anti-islamisme, ne sont pas les garantes de la liberté d'expression; qu'on parle de liberté d'expression littéraire, politique, syndicale mais pas des artistes comiques comme représentants de cette liberté... qui n'existe pas vraiment même avec la poubelle d'internet; les principaux lieux d'expression : institutions et plateaux télé sont sévèrement cadenassés. La liberté des dessinateurs "provocateurs" est comme la situation des femmes, un exact reflet de la dictature politico-religieuse qui prévaut du Maghreb au Machrek : leur liberté est en prison! Donc nos apprentis imams, qui, légitimement "ne se sentent pas Charlie" ne savent pas d'où ils causent. Leur prof sou-sentend que les crayons de Charlie ont été criminels et fait de la suggestion aux élèves: "Ils ont sorti leurs plumes empoisonnées, sortez les plumes de la paix pour dire qui était vraiment le Prophète". Des zigotos ont tué au nom de l'islam et, au lieu de s'interroger sur cette appropriation, nos futurs aumoniers mahométans avance une revendication victimaire: « l’antisémitisme est interdit », explique l’un d’eux, mais pas l’islamophobie. Presque un slogan. « Ça viendra, il faut travailler pour », leur assure le professeur : « Il y en aura toujours qui diront du mal du Prophète » et qui le dessineront sans le connaître « Il a été déjà traité de sorcier, de menteur, et il a toujours pardonné". Enfin, la journaliste du Monde doit être ravie de son enquête de terrain qui va allécher ses chefs, s'exprime l'horreur complotiste qui fait tant de mal à la francité de la communion nationale, comme chez les ignorantins futurs chômeurs d'Ivry: un vieil homme ne croit pas à la version des médias: « Le scénario, il est préparé d’avance » par d’autres. C’est pas ce qu’on a dit, on n’a pas vu leurs visages, c’est la preuve à cent pour cent », bougonne-t-il quatre ou cinq fois. « Ils sont à l’institut médico-légal », rétorque le professeur, qui le presse : « C’est qui alors ? » Pas de réponse. Une femme s’engouffre dans la brèche. « Ce journal était au bord de la faillite, il y a beaucoup de musulmans en France, on a provoqué un événement… » Maintenant, ils ont beaucoup d’argent, dit-elle".

On est tenté là aussi de n'y voir, non un ennemi intérieur qui vise à conquérir l'Occident avec une vague théorie de bédouin, mais des clichés anti-information d'Etat par de pauvres prolétaires comme au temps du stalinisme quand on s'entendait répondre (fin des années 1960) par des ouvriers encartés: "des goulags? Où ça? Tu en as vu toi? Non ! alors arrête de regarder la télé!"9. L'islam a la même particularité que son prédécesseur en promesse de paradis mondial le stalinisme: il cultive l'ignorance tout en prônant la scientificité de ses "ingénieurs des âmes"; une noria spécialistes du texte sacré et plein de "docteurs de la foi", qu'on aperçoit à la télé, qui se parent de diplômes comme cet âne d'Héléna Ceaucescu, qui cogitent, tergiversent et anathémisent sur une possible adaptation de sacrés vieilleries.

Ces gentils imams, pas plus que les collégiens qui-ont-pas-respecté-la-minute-de-silence ne sont les chevaux de Troie de la future grande invasion mahométane et chariatesque. Ce sont eux qu'on enferme, avec ce genre d'enquête culpabilisatrice, dans la fausse problématique communautariste. Les voilà réduits à quémander une loi contre l'islamophobie ce truisme anémique, cette lapalissade grotesque. Que l'invention de ce truisme provienne de l'Iran intégriste ou d'un quelconque gourou musulman il est faux et inapplicable. Antisémitisme, cela veut dire quelque chose. Antifascisme cela a voulu dire quelque chose, mais pas islamophobie. Qui signifie peur de l'islam. Si quelqu'un a peur de l'islam ou plutôt de ses manifestations les plus stupides, il faudrait le condamner? Messieurs les imams laissez tomber, cela ne marchera jamais10. Que par contre des actes contre des personnes arabes soient qualifiés de racisme ou même d'antisémitisme (car les races arabe et juive sont de même origine sémitiques11) cela est normal et condamnable selon la loi; ainsi le qualificatif d'islamophobe reste un néologisme fantaisiste qui sert surtout d'argument méprisable à la sous-culture islamo-gauchiste qui a déjà du mal à se renouveler avec le concept passe partout et usé d'antifascisme.
La religion d'Allah n'a pas plus à voir avec le terrorisme de gangs au service d'Etats opaques que le marxisme n'a à voir avec le stalinisme, mais le terrorisme a à voir avec l'islamisme comme le stalinisme se prétend le vrai continuateur du marxisme. Que la plupart des croyants musulmans et de leurs imams soient d'honnêtes gens qui ne désirent que paix et amour, comme moi et vous, personne ne le conteste; comme personne n'aurait dû contester que les vrais marxistes révolutionnaires zigouillés par Staline n'avaient rien à voir avec ce dictateur prétendu communiste. Mais la victoire de Staline a été effective sur les masses parce qu'il gardait le langage et les concepts généraux (pour ne pas dire généralistes et superficiels) du marxisme. Or, c'est ce qui se produit avec l'islam dur face à l'islam mou. Dans la plupart des élections qui ont eu lieu depuis les débuts de la fausse révolution arabe printanière, les masses ont voté pour leurs pires oppresseurs. En France où les expatriés bi-nationaux ont pu voter, ils ont voté à plus de 80% pour le parti Ennahda. Si l'armée algérienne n'avait pas fait barrage non-démocratiquement à la percée islamiste, le GIA serait au pouvoir en Algérie, massacrant et torturant comme le régime iranien. Sont gentilles les masses de croyants et de croyantes, veulent que amour et paix mais lorsqu'on leur donne à choisir, elles choisissent toujours des partis... de guerre et qui tentent tous d'imposer la charia.
Je reviens à ma comparaison avec le stalinisme. Dans les pays de l'Est, sous dictature stalinienne il n'y avait pas le choix: vote obligatoire, surveillance des voisins, à 99% on votait pour le dictateur. Pour l'électeur musulman, qui vit en Occident, sans menace comparable à l'époque stalinienne, il y a une chape de plomb qui lui pèse sur la tête depuis l'enfance et cette chape a un nom: l'islam qui est religion politique (ou politique religieuse), qui est la seule à prétendre le rester; l'Eglise romaine n'a pas de divisions blindées et les rabbins d'Israël ne détiennent pas le pouvoir d'Etat.


ETRANGE en tout cas – nous avons parlé beaucoup du drame de Charlie, des avatars de l'islam mais pas du sujet qui conditionne tout cela, "la poursuite de la guerre contre Daech" contre l'armée française... Est-ce que je ne serais pas moi aussi complice du complot qui pousse à ne parler que de l'attentat et des mille supputations qui l'entourent, afin d'éviter de demander des explications sur la guerre en cours, ses conséquences et où en est la préparation de la troisième der des der, type de questionnement qu'on qualifiera certainement de complotiste primaire.


    Une autre fois on causera d'identité, de la jalousie, de la déradicalisation, de la novlangue et de ses poncifs, et d'un certain Christian Rakovsky, brillant bolchevique qui, sur la nation, devrait stimuler un certain marxisme poussiéreux et idéaliste.










1Je suis bien placé pour donner un avis, ne faisant pas partie des soutiens de la ligne de ce journal. Mon article de septembre 2011 – Rien à foutre de l'incendie de Charlie Hebdo avait d'ailleurs été censuré par Le Post ; l'illustration qui était jointe, un dessin de Placide, résumait bien la perception qu'on povait en avoir, Cabu caressé dans le sens du poil par Sarkozy lui demandant de dessiner un mouton dans une baignoire, et surplombé par la sale gueule de Ph.Val. Je pensais même qu'ils s'étaient incendiés eux-mêmes vu que je trouvais leurs dessins peu risibles avec un arrière-fond pro-sioniste de l'actionnaire en chef Val; les djeuns de banlieue qu'on accuse d'antisémitisme à tout bout de champ sont restés très sceptiques, même dans l'exagération fantasmatique, sur l'indépendance de Charlie depuis lors, l'un d'eux me disant récemment: "j'ai été voir le spectacle de Dieudonné, il m'a fait rire. C'est sûr que Val qui est pote avec le conseil d'Etat qui ne contient que des juifs, fait tout pour interdire Dieudonné". Je me suis trompé pour l'incendie, et je le regrette. La critique de Delfeil de Ton de l'Obs sur la politique suicidaire du fils spirituel de Val, Charb, m'a semblé très saine et correcte, et indique que, s'il ne faut rien céder contre l'islam, il est possible de procéder autrement que par des unes fracassantes, ou garder en page intérieure ce qui peut servir de chiffon rouge aux foules endoctrinées; sachant que, où que l'on soit, face au "village mondial", tout se sait, finit par se savoir et peut avoir des conséquences dramatiques. Je le répète des coups de crayon peuvent tuer; lors des émeutes contre la dernière couverture "provoc" on compta une dizaine de morts au Pakistan et ailleurs. Ceux-là personne ne les commémore.

2Dans ma jeunesse c'était "aventurier provocateur".

3Rouge-brun, laïcard ou antisémite suivant l'humeur du prof gauchiste.

4Nombre de personnes ont été réellement bouleversées par ce massacre sanglant d'une dizaine de personnes plus que par le massacre de 2000 personnes par les tarés de Boko Haram. C'est humain, un mort à côté de chez vous, vous touche plus que mille à trois mille kilomètres. L'industrie du stress a engrangé. C'est probablement aussi une des causes de mon infarctus. Je trouvais naguère abominable qu'on puisse se permettre de prétendre pouvoir pourchasser et zigouiller un Salman Rushdie n'importe où sur la planète, pour faire croire à une toute puissance divine, comme je vomis sur ceux, jeunes ou moins jeunes, qui imaginent fantasmagoriquement que le meurtre barbare des parisiens est finalement une justice du "saigneur"! Et la confirmation pour tout petit caïd avec deux grammes d'intelligence qu'il peut tuer quiconque en se prenant pour le porte-flingue d'Allah bêta ou Mahomet le pillard, pour avoir sa photo dans le livre ses martyrs ou orner comme poster la chambrée d'un raté social.

5Qui a tué "nos" français, nos dessinateurs, nos jounalistes, nos flics, nos juifs, nos arabes, nos vigiles, nos clients de supermarchés, etc.

6La police avait fait éteindre tous les réverbères et les manifestants qui voulaient aller à l'Elysée étaient tombés dans un cul de sac, sans plus de perspective immédiate que de causer... de n'importe quoi. On entendit les pires conneries sans voir les visages, l'intention était bonne mais la dynamique avait été cassée par les appareils d'Etat "comploteurs". Le seul rendu de cette manif "déviée" est fait excellemment par Henri Simon sur le site mondialisme.org: http://www.mondialisme.org/spip.php?article1402.

7Sur 6235 versets du coran, 200 seulement, apprend-on, sont coercitifs. C'est énorme surtout vu le nombre de ceux qui égrènent banalités et obscurités.

8La novlangue, dans son désir de simplisme terroriste, a fait supprimer cette notion de races même sur wikipédia, et attribue cette caractérisation aux colons du 19ème siècle et aux "racialistes" modernes, donc fachos, gommant ainsi la notion d'espèce humaine – dérangante parce qu'elle ne nie pas la diversité et l'altérité des populations nationales ou ethniques - au profit de la notion de "une seule race humaine" qui va mieux au multiculturalisme ambiant et au faux égalitarisme, et pour faire oublier que la question raciale n'est pas résolue sous la domination capitaliste. Bordiga, sans complexe n'hésite pas à nommer la "race blanche" dans son admirable "Facteurs de race et de nation dans la théorie marxiste" (lisible intégralement sur le web).

9Je n'incrimine nullement ces jeunes imams pas plus que les jeunes de banlieue largués qui ne se contentent plus des infaux de canal +, quand on voit de grands messieurs faire la leçon à la police de façon plus délirante encore: ""Cela fait plus de six mois que je mets en garde contre l'obsession sur les gens qui partent en Syrie ou qui reviennent d'Irak", affirme-t-il. Il dénonce "une sorte de climat d'hystérie entre certains médias en continu, des dirigeants politiques et des gens de la police et du Renseignement".Xavier Raufer fait remarquer que le massacre n'est pas venu de là, mais "d'un tout petit groupe d'individus (...) qui semble avoir été ignoré en dehors du concept d'organisation". Il rappelle que contrairement cette organisation qui a prévalu dans la préparation des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, on se trouve cette fois "face à quelque chose qui relève de la micro-secte", ce que l'on appelle "un délire à plusieurs" en psychiatrie. Il cite Mohamed Merah et son frère, mais aussi l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik (auteur d'un carnage en Norvège en 2011) et sa mère". Le coup des loups solitaires et des tarés nous a déjà été servi tant de fois...

10Les personnes qui ressentent plus une remise en cause de leur identité française et/ou ouvrière, n'ont pas forcément peur des arabes en général mais du terrorisme lequel est le fait de ressortissants de n'importe quel pays. La francophobie ne vaut pas mieux si l'on va par là. Il y aura toujours des exagérations chez tous. Un ami, ouvrier arabe à EDF est allé en compagnie d'un autre ouvrier, français barbu, pour remettre le courant dans un quartier peu après les attentats. La police est arrivée sur les chapeaux de roue, les a plaqués au mur avec fouille au corps, suite à un appel téléphonique. Ils étaient en bleu de travail avec le gros véhicule de dépannage et signe ERDF! Qui était le plus con selon vous, le type frileux dans son pavillon meulière ou les flics zélés ? Ou les deux?


11Wikipédia assure, comme pour les notions d'espèce et de race que la "communauté scientifique" , la notion de races sémitiques a été abandonnée, sans que soit abandonné par contre le terme antisémitisme qui ne devrait plus être pourtant, non? Puisqu'il n'y a plus qu'une race humaine et donc plus de noirs, de blancs, de juifs, d'arabes, d'indiens, d'esquimaux, d'aborigènes, etc. La novlangue règne sur Wikipédia et simplifie tout!

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