"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 4 août 2013

JE NE VOIS PAS L'INTERET D'UN DEBAT AVEC ALAIN SORAL



Objet : PROPOSITION DE DEBAT
Monsieur Roche,

Je vous contacte car je souhaite fonder - avec des amis (étudiant en journalisme,sociologie, économie, politique...)  - une association ayant pour but d'organiser des débats contradictoires filmés (sans public) entre personnalités (re)connus et moins (re)connus qui n'ont que peu ou pas d'expositions médiatiques. 
A l'heure où la liberté d'expression se restreint de plus en plus sur la scène politico-médiatique, il nous semble important d'organiser de vrais débats contradictoires.

A ce jour, notre site Internet est en préparation. Nous attendons quelques débats filmés et la finalisation de nouveaux partenaires afin de mettre chaque semaine un débat en ligne.
Nous avons des contacts avec Alain Soral. Nous serions intéressés pour que vous puissiez débattre autour du fascisme et de l'antifascisme, de votre vision respective et de votre positionnement politique.
Un débat d'1h (30' de parole chacun). Dès qu'un interlocuteur a fini de parler, l'autre rebondit...Chacun a son temps de parole décompté dès lors qu'il parle.
Ce serait l'occasion pour vous d'avoir une certaine exposition (puisqu'Alain Soral est extrêmement visionné sur le web) et pour lui de prendre part à un vrai débat sur le plan intellectuel (il est souvent critiqué pour ne pas avoir de réelle opposition de niveau).
En cas d'accord de sa part, seriez-vous d'accord pour affronter Alain Soral lors d'un débat ?

Antoine B.
Secrétaire de "La Libre Pensée"
(future) Association Loi 1901

Ma réponse :
Cher Monsieur,
Je vous remercie pour ce courrier d’invitation à un débat virtuel et imaginaire. J’ai participé à plusieurs débats publics lors de la période écoulée avec diverses tendances politiques et je compte bien continuer à chaque fois que l’occasion se présente « publiquement » et avec quiconque mais sur des questions concrètes concernant la lutte des classes et face à un public large. Par exemple : de quelle organisation ont besoin les prolétaires pour se défendre dans l’immédiat ? La crise du logement ou quelle solidarité entre ouvriers et chômeurs, etc. J’ai eu à affronter d’autres personnages autrement plus importants que M. Soral (Marchais, Krivine et Cohn-Bendit)[1] donc ce n’est pas celui-ci qui pourrait m’impressionner, connaissant le fond inconsistant de ses discours mâtinés d’antisémitisme récurrent et marinant dans des relents de stalinisme rudimentaire.
Mon refus de cautionner un tel débat n’est pas lié à la personne considérée comme sulfureuse (par le personnel d’Etat télévisé et les gauchistes) mais à vos deux façons de procéder.
D’abord je ne vois pas l’intérêt de débats abstraits comme celui que vous envisagez concernant fascisme/antifascisme où tout le monde dit un peu n’importe quoi et peut dire n’importe quoi, même hors la doxa officielle (antifascisme de salon) et face à un personnage égocentrique qui ne représente que lui-même[2].
Ensuite me foutant de toute « exposition » comme de toute publicité plus large de ma personne, je ne vois pas l’intérêt d’être filmé dans un cadre restreint pour les besoins d’une propagande sur laquelle vous n’êtes pas explicite, et en tout cas comme faire valoir de ce M. Soral ; sur You tube des cercles obscurs comme le vôtre excellent à façonner après coup selon leur vision tout film au détriment du figurant[3].
Que M. Soral vienne participer à des débats publics, filmés ou pas, et puisse s’y exprimer je n’y verrai pas d’inconvénient mais je n’irai pas jusqu’à me faire tuer pour lui, huer peut-être.
Veuillez agréer mes citoyennes salutations,
JLR

REPONSE DE MON CORRESPONDANT



Bonsoir,

Merci pour votre réponse. 
L'idée est simplement de tenter de faire progresser la hauteur du débat public et développer l'esprit critique du citoyen "moyen".
En tant que simple citoyen, c'est également ma démarche personnelle.
Je ne suis pas un partisan de Soral ("votre guru") mais force est de constater qu'aujourd'hui personne ne le combat réellement sur le terrain des idées. Il ne s'agit pas de vouloir et permettre une exposition médiatique d'individus en particulier mais de mettre en avant des "courants" de pensée peu (ou pas) connus par le grand public. 

J'avais justement lu votre article où vous parliez de "l'antifascisme infantile" et qualifiez le mouvement de Soral de néo-fasciste. Mais vous êtes resté en surface. Un débat contradictoire aurait pu être me semble-t-il intéressant si vous souhaitez combattre le néo-fascisme sur le terrain du logos.
De plus l'idée de ce débat était justement de partir d'une question concrète posée par le monde médiatique tout en ayant la possibilité par la suite d'élargir le débat (les contradictions de Soral, les dangers de son mouvement, les manipulations...). Dans tous les cas, je continuerai à  lire les articles de votre blog avec grande attention.

Salutations fraternelles,

Antoine B.

PS : sur le nom de l'association rien n’est arrêté, nous déposerons les statuts prochainement...

  Je ne partage évidemment pas les illusions de ce correspondant sur la possibilité pour des débats de ci de là de modifier la chape de plomb médiatique; il n'y a rien à discuter officiellement ou partiellement dans le cadre de la dictature des gros cons de bourgeois repus, journalistes et politiciens qui couchent ensemble. La censure et autocensure "antifachiste" est partout même dans la tête des neuneus anarchistes les moins gauchistes. Le débat concret aura lieu dans la rue, et c'est là qu'il a déjà lieu, même faussé par les violences communautaristes et l'arrogance du nouveau fascisme national musulmaniaque montant (lire l'article édifiant du Nouvel Obs, Argenteuil : comment la guerre du voile s'est rallumée - Le Nouvel Observateur )
dont les Dieudonné et autres Soral sont peu ou prou les supporters (Soral, selon ses divagations, soutient aussi bien le pire des arriérés barbus que l'assassin Pistorius). Mon problème n'est pas de me faire le porte-voix des gauchistes contre l'extrême droite française et ses dérivés "identitaires" (certes bourgeois) ni de dénoncer le "laxisme" ou "l'angélisme" de la gauche en général concernant le "saint immigré", mais de m'efforcer de démontrer comment agit dans la réalité cette morale hypocrite qui, soutenant la caste musulmaniaque collabo, en même temps expulse et ratonne, pour tout simplement diviser les prolétaires de souche de classe et de souche moins récente de cette même classe internationale.(JLR)





[1] J’ai été rencontrer il y a une dizaine d’années l’ami de M.Soral, Dieudonné, pour le mettre en garde lui l’ancien ami électoral de Cohn-Bendit à Dreux,  sur ses dangereux glissements politiques, en lui offrant en particulier mon livre « Le nazisme et son ombre » ; peine perdue et ce saltimbanque m’est apparu aussi narcissique que son futur compère et plus motivé par les appâts de la gloire artistique que par  une réelle conscience politique.
[2] Je ne suis pas tendre pour votre guru. Voici ce que j’écrivais sur ce blog le 30 JUIN dernier, dans un article intitulé : L’ANTIFASCISME INFANTILE :
Le seul groupuscule qui pourrait être qualifiable de néo-fasciste est celui d’Alain Soral : Égalité et Réconciliation (E&R) est une association politique, créée en juin 2007, ancien militant au Parti communiste français (années 1990), et ancien membre du comité central du Front national (2007). Conchiant carrément toute lutte des classes,  la maison mère de tous les vieux schnoques de l’Algérie française additionnée aux multiples électeurs invisibles et aigris par l’électoralisme classique joue un rôle plus en prise sur la réalité de la lutte des places dans les diverses institutions bourgeoises, sans que le FN puisse prétendre à une solution autre que celles de la droite dite régulière, que la bouillie idéologique invraisemblable de Soral et ses amis avec leur addition d’une lutte de classe corporative néo-pétainiste et le poujadisme du FN qui réunirait finalement salariés et petits profiteurs des PME. Cette secte autour d’un individu pipole qui se proclame « nationaliste de gauche » (ou « néo-nationaliste », voire « alter-nationaliste ») et « transcourant » n’est pourtant aussi qu’une association de rigolos plein de plumes comparée aux premiers clans fascistes et nazis. Soral, c’est la version « travail, partouze, fratrie ». Guru omnipotent avec site vidéo-narcissique, il revendique comme prétention de « rassembler » les citoyens qui font de la patrie (terme désuet) le cadre déterminant de l'action politique et de la politique sociale (termes contradictoires) un fondement de la Fraternité, lubie imaginaire de « l'unité nationale ». Il a inventé ce truisme : « la gauche du travail et la droite des valeurs ». Soral brode sur une peu originale conception éclectique prétendant marier l'union de la « gauche du travail » (marxisme) et de la « droite des valeurs » (nationalisme et patriotisme) contre la mondialisation capitaliste sur le modèle du Cercle Proudhon, qui réunissait syndicalistes anarchistes et maurrassiens. Comme le fascisme, l’anarchisme lointain fît aussi l’objet d’une récupération de droite dans les années 1930, mais finalement assez déliquescente de nos jours avec ce genre de pitre raide, plus pipole raté, dragueur impuissant que roue de secours crédible pour une bourgeoisie chaotique.

[3] Vous prenez des risques judiciaires à vous nommer, sans être encore déclarés « La libre pensée », cet organisme existant depuis longtemps, cornaqué par le gang des lambertologues trotskiens et leur gros Blondel retraité, risque de vous faire tomber la foudre.

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