"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 6 août 2013

CLASSE PROLETARIENNE CONTRE CASTES RELIGIEUSES ET MILITAIRES



L’implantation de castes islamiques et de comportements vestimentaires idoines de la société mondiale est un fait « culturel » avéré[1]. On trouvera difficilement un sujet dont l’examen soit aussi opaque et aussi ingrat que l’utilisation de la religion musulmane par le pouvoir capitaliste qui maintient ou favorise le retour au système des castes, en exigeant leur droit à l’existence républicaine. Les marxistes rigides ne peuvent rien saisir à la réalité actuelle du capitalisme décadent en ne voyant que des classes en lice (en lisse ?), voire les deux plus célèbres, bourgeoisie versus prolétariat.  Jaurès, peut-être pas un des meilleurs marxistes, avait lui pris en compte cette notion de caste pour l’époque moderne[2].

Ingrat puisque c’est le thème récurrent des campagnes idéologiques depuis 2001. A plusieurs reprises des milliers de journalistes libéraux et socialos ont prétendu avoir résolu le problème du folklore musulman en assurant qu’il était parfaitement soluble dans la démocratie bourgeoise moderne. Or l’islam est tout sauf moderne, tout sauf libéral, tout sauf démocratique. A vrai dire, à côté des protestations des foules égyptiennes et tunisiennes contre l’accession dans l’Etat des polices  ministérielles d’une vie quotidienne réglée selon des rites maniaco-dépressifs, la multitude de journalistes « islamophomanes » ou islamophiles soumis et de militants  plaisantins de l’extrême gauche décatie rame désespérément pour favoriser la tolérance de l’arriération en pays riches ; arriération rimant pour nous avec conservation sociale des inégalités et des ghettos. Quand des kabyles bâfrent sans honte à même la rue en temps de ramadan c’est de la « provocation » pour Le Monde bourgeois islamophile. J’ignorais que le port du foulard était toujours en vogue dans les universités françaises, croyant que les décrets démagogiques de la gauche bourgeoise – la préférence immigrée encadrée par des syndicalistes religieux - n’avaient pas été éliminés seulement dans les lycées. Le Figaro et Libération ont donc donné la parole à ces pauvres porteuses de foulard, protestant de la discrimination dont elles sont l’objet en Fac. C’est toujours un épisode gagnant dans la propagande pour étendre l’islamisation de la société bourgeoise à ses futurs cadres. Ppolicés par Allah ils seront les meilleurs gardiens de la hiérarchie sociale contre toutes les obscénités communistes virtuelles et encore passablement impuissantes à déshalaliser le monde. Ce qui explique qu’à l’heure actuelle tout honnête homme qui ouvre la bouche contre les simagrées musulmanes court automatiquement le risque d’être classé parmi les éléments douteux.

On comprend dès lors que, progressivement, les éléments les plus conscients s’abstiennent et laissent le champ libre aux querelles abstraites entre factions bourgeoises et la part belle aux    islamophomanes officiels.
C’est d’autant plus regrettable que les masses tunisiennes et égyptiennes, même les contre-manifestants des castes musulmaniaques promenés en cars et ficelés par les gangs religieux, manifestent une hostilité si franche et si persistante à la religion étatique ou à l’Etat religieux que cette constante pourrait bien s’avérer un de ces quatre, révolutionnaire, en mettant à nu la dynamique de la classe ouvrière, seule colonne vertébrale apte à ouvrir la voie à une véritable révolution contre le capitalisme et contre sa religion de pauvres soumis. En Occident tout est mystérieusement cadenassé pour éviter toute solidarité de classe avec l’immense mouvement de protestation qui s’amplifie dans les pays arabes, pas seulement à cause de la crise mais en vertu d’une exigence de liberté des individus contre les chimériques religions totalitaires. L’islamophomanie des dirigeants bourgeois européens et américains vise directement à torpiller la volonté d’émancipation humaine qui émerge au nord de l’Afrique. Les intellectuels salafistes se savent soutenus par la presse européenne et leurs étudiants-diantes pullulent dans des universités destinées à reproduire de futurs cadres barbus et voilées qui s’affirment déjà comme bons étudiants gardiens de la paix sociale, bénie, anges de la mixité sociale qui doivent préfigurer le futur mixage des quartiers entre 4X4 (avec barbu et voilée à bord) et voitures poubelles et scooters volés des éjectés à la naissance. En Afrique du nord, la petite bourgeoisie (dite couche moyenne) vecteur de l’islamisme est constituée surtout de boutiquiers et d’artisans (cf. le commerce de commission dont parle Marx dans le Capital) ; en Europe les nouveaux vecteurs petits bourgeois de l’ordre islamique si nécessaire au capital en pays développé sont et seront ces étudiants-diantes qui pleurnichent pour le maintien du folklore du voile de caste arriviste[3].
Les intellectuels salafistes à barbe de clochard ont pourtant du souci à se faire face aux illettrés des banlieues où résident 85% des prolétaires et où la mystification du mélange social chantée par la gauche bourgeoise au pouvoir n’est pas prêt d’illusionner les masses de laissés pour compte.
Etrange constat toujours oublié, près de 90% des émeutiers sont des mineurs, pas spécialement arabes ni noirs mais aussi noirs et arabes.

Toutes proportions gardées, les actes de violence contre les pompiers[4], les flics de la BAC, et toute espèce d’uniforme peuvent tout aussi bien se tourner demain contre les uniformes religieux, et pas seulement contre les chapeaux de cow-boy des rabbins. Les agressions contre des femmes voilées apparaissent tristement comme un coup monté des guignolos salafistes mais leur véracité n’est nullement mise en cause par les magistrats de la justice de classe franco-maghrébine qui condamnent à tour de bras toutes celles et ceux qui s’indignent devant la mascarade folklorique du Moyen âge.
Depuis des décennies les sociologues gauchistes ont tenté de trouver des raisons aux « actes incivils » en les classifiant dans les conséquences déplorables et unanimement déplorées de la famille monoparentale. Quand, au même moment, les journalistes rangent automatiquement sous la catégorie « jeune homme » et « fait divers » toutes les exactions ponctuelles, en les faisant passer pour nombreuses et répétées, bavures des « transparents » de la banlieue fantomatique fantasmée, dont les plus honteuses sont évidemment celles contre la police arrogante, ces mercenaires des possédants. 

Convenez-en, les « transparents » n’existent pas pour les autorités et leurs uniformes. On ne dialogue pas avec des transparents "sans pères et sans repères"tout juste aptes à quelques borborygmes. On leur envoie les salafistes et si les salafistes ne suffisent pas on leur envoie les CRS. Le seul langage des « transparents » reste donc la violence.
On ne répètera jamais assez que la montée du chômage de masse et l’humiliation scolaire sont non seulement les causes de la marginalisation (et de l’inconscience) sociale mais générateurs de la « haine » et de la « rage ». Et la violence c’est le haut mal, c’est ce qui sert à discréditer leur parole gestuelle désespérée à ces « imbéciles » de pauvres. Sous les invectives de la faction de droite qui crie au « laxisme de Taubira », personne ne vous dira que si de lourdes condamnations ne tombent pas sur le moment, tous les « jeunes » émeutiers payent ou payeront tôt ou tard lourdement leurs exactions après avoir été dûment fichés. La police et les tribunaux ne les lâcheront jamais[5]. La meilleure mesure d’éducation civique, si j’ose dire, serait de faire organiser des conférences en banlieue par les anciens condamnés, désormais persécutés à vie par le fisc ou les plaintes à répétition de flics même légèrement blessés, pour qu’ils comprennent que l’Etat de Sarkozy et de Hollande ne lâche rien dès que le « fauteur de trouble » ou le « violent impulsif » est identifié ; pas besoin des grandes oreilles de chiotte américain, la police française dispose aussi d’une informatique de pointe. L’émeutier de base paye toujours au centuple ses incartades « inciviles » même s’il ne remplit pas dans l’heure les prisons archi-pleines[6].

RETOUR AU SYSTEME DES CASTES

Le fait divers émotionne, caumotionne, trouble la rationalité politique,et je n’ai pas plus envie de soutenir les voyous que la police. Le capitalisme décadent, sous la fixation ambiguë sur la religion musulmane et ses séides, gouverne de plus en plus avec l’interprétation parcellaire du fait divers, mais enfin restaure le système des castes, antiraciste pour mieux voiler son ostracisme. Le système dominant parodie si bien les barrières de castes indoues : « Chaque caste forme un groupe fermé sur lui-même : l’appartenance à une caste est héréditaire (un enfant appartient nécessairement à la caste de ses parents) ; les mariages reposent sur l’application stricte de l’endogamie. Ces castes sont plus ou moins puissantes et plus ou moins considérées par la population. Les signes de différences statutaires s’inscrivent dans les pratiques quotidiennes : accès à certains temples, exclusion des puits communs, stratégies d’évitement. Les relations entre les castes sont limitées par un système d’interdits : les contacts physiques, les relations sexuelles, les repas en commun entre membres de castes différentes sont exclus. Un intouchable, par exemple ne peut toucher de la nourriture destinée à un membre d’une caste supérieure, et inversement. Si un contact a lieu il faut procéder à des rites de purification »[7].

L’expansion d’un système de castes de type communautariste n’est pas un phénomène « arabe » ni en soi « arriéré salafiste » ou « fascisto-musulmaniaque », c’est un produit de l’individualisme égoïste des trente dernières années et qui prévaut sous toutes les latitudes. Dans le chaos capitaliste l’individu redevient un prince anarchiste. Pour exister il doit étaler sa vie privée sur le web, provoquer les regards par son accoutrement dans la rue. Il n’y a pas que le folklore musulmaniaque, voyez les coupes « rasta », les boules à ras avec boucles d’oreille, les tatouages qui émergent des parties les plus intimes, l’acquisition de voitures gadgets au look agressif (calandre tête de requin) ou véritable jouet bariolé roulant ; Darwin se dirait que les hommes sont devenus de drôles de poissons individualistes et m’as-tu-vu ! Ici le voile sera vécu comme anti-autoritaire contre une vieille bourgeoisie colonialiste et donc gage d’épanouissement personnel ; là-bas manger en plein ramadan (et forniquer) sera vécu comme une action libératrice et donc gage d’épanouissement personnel. Selon que vous serez au sud ou au nord…

LE PROLETARIAT SE VOILE LA FACE

Ces contradictions ne sont dans le fond pas religieuses ou anti-religieuses – plutôt anarchistes en vérité. Dans les comportements elles démontrent un point commun : défier l’Etat (et ses coutumes juridiques). Elles n’apparaissent pas à partir des clivages de classe, toujours sous-jacents pourtant, mais comme clivages de castes, de sectes, de positionnements intermédiaires. Sans être reliées au positionnement des classes, ces contradictions perturbent le jeu politique traditionnel. Comme chacun sait au demeurant qu’il n’y a plus un programme différent à droite comme à gauche, chez les militaires ou les islamistes, l’exigence de la population porte partout sur un « Etat secouriste » pour ne pas dire Etat d’assistance (the welfare state) : donnez-nous du boulot, renforcez la police, etc.
Le prolétaire des trente glorieuses ne s’embourgeoisait pas, il espérait que son fils rejoindrait le haut du panier parmi les floues classes moyennes ; il conservait une conscience de classe « syndicaliste ». L’identité de prolétaire n’a pas disparue aujourd’hui, elle reste voilée, et voilée en particulier par l’individualisme voilé, assez représentatif du « repli » de la conscience de classe. Il n’y a ni disparition du prolétariat ni déprolétarisation.  Curieuse mode aléatoire que le tchador idéologique car, comme la femme intégralement voilée sait qu’elle devra se démasquer dans sa « nudité civile » et « nullité sociale et religieuse » face au flic du quartier, le prolétaire sait lui qu’il ne pourra pas se voiler éternellement la face, cacher sa misère sous les apparences de la consommation « assistée » et du crédit facile. D’ailleurs la disparition de la retraite pour tous n’est-elle pas la meilleure ennemie du voile et de la croyance que je vais toujours pouvoir cacher ma véritable identité de prolétaire sans avenir et sans sécurité sociale?
Le capitalisme en décadence opère à une implosion sociale. Tendanciellement l’immigration a été arrêtée. Si concurrence il y a elle oppose des immigrés qui ne sont plus immigrés mais français en concurrence avec d’autres français. La fin d’une immigration importante (en rejetant les fantasmes ‘d’invasion’) a bloqué l’ascenseur pour les français « de souche » alors qu’elle leur permettait jadis de faire monter leurs enfants sur le haut du panier de, disons, la classe ouvrière supérieure. Les ouvriers et employés hexagonaux sont donc en concurrence avec les anciens immigrés (dit de la deuxième génération) qui se différencient naturellement avec leurs propres coutumes, même si une grande partie (souvent confondue) s’est complètement sécularisée, et fait montre d’une agressivité inévitable dans la « lutte des places » (caractérisée comme typiquement arabe, et sans connotation raciste – sorte d’ostracisme social ou catégoriel) par leurs concurrents immobilisés eux aussi en bas de la hiérarchie sociale. La faible mobilité sociale des deux catégories d’une même classe ouvrière génère dans un premier temps d’inévitables frustrations ou jalousies, mais à la longue, l’absence de mobilité de la majorité équivaut à la prolétarisation des couches intermédiaires, phénomène qui, pour Marx, est une des conditions à l’émergence du prolétariat révolutionnaire.

IL NE PEUT Y AVOIR SUBSTITUTION DES CASTES AUX CLASSES

La réalité des classes reprend toujours le dessus socialement et politiquement. Il n’empêche que les événements en Tunisie et en Egypte révèlent des aspects certes d’abord contradictoires : en Egypte les islamistes arriérés se font les défenseurs d’un gouvernement élu « démocratiquement » mais bafoué par un coup d’Etat de la caste militaire quand en Tunisie les opposants divers au gouvernement islamique Ennahda contestent sa légitimité alors qu’il était issu lui aussi d’élections « démocratiques ». La gauche laïque ne serait-elle plus qu’un pion de la dictature militaire et les salafistes de fervents défenseurs des élections démocratiques… truquées dans les deux cas ?
Dans les deux cas, les gouvernements de type islamiste sont en difficulté non parce qu’ils prêchent un rigorisme musulmaniaque imbécile mais parce que, comme tous les autres gouvernements de type capitaliste, ils veulent faire payer la crise à la classe ouvrière et par conséquent à toutes les couches (pas castes) pauvres.
Les mouvements de foule indescriptibles prennent différents prétextes  étrangers les uns aux autres : meurtres d’opposants (Tunisie),  libération (népotiste)[8] d’un agent (pédophile) des services secrets, un coup d’Etat grossier (Egypte). Or, dans tous les cas il apparaît un aspect inattendu, masqué par des monceaux de malentendus, de bêtises, des inventions chimériques, des idées préconçues et un amas de fausses identifications : la mise en cause de l’Etat sous toutes ses formes, derrière toutes ses castes militaires ou religieuses. Des trésors de réflexion politique sociale et politique sont en passe d’être exhumés contre les sarcasmes des philo-américains et leurs islamophiles spécialisés. Si sous l’amoncellement des interprétations qui se veulent particulières, propres à chaque pays, chaque cas, on en déduit qu’à un système corrompu et clientéliste a succédé un régime impotent de type islamique, nettement soutenu par les grandes puissances, alors de vastes perspectives de réflexion internationaliste apparaissent. Il ne s’agit pas d’un « apprentissage de la démocratie » comme le dit un éditorialiste de libération mais d’une poussée vers des horizons insoupçonnés, qui se moque des habitudes, des croyances et qui persiste à ne pas oublier les luttes, et les souffrances des premiers qui se sont sacrifiés non pour un roi, une caste ou une religion mais pour que les peuples puissent vivre debout. Il restera encore à déchirer le voile hypocrite de la démocratie bourgeoise. Les protestations des deux camps sont déjà un dévoilement de la façade démocratique : en Egypte les protestations des amis islamistes du gouvernement Morsi montrent par devers elles qu’en effet la démocratie bourgeoise n’est qu’un cache-sexe jetable ; en Tunisie les protestations contre la caste Ennahda montrent par devers elles que des élections (truquées, urnes bourrées et menaces) permettent à n’importe quelle caste de se proclamer gouvernement et qu’il est normal d’exiger de la virer.
Mais ce n’est pas par une simple indignation « populaire » que pourra être inventé un autre système de représentation directe, ni par une impossible solution pays par pays, mais par la capacité des classes ouvrières à ériger leurs propres organismes pour renverser les castes étatiques, et montrer l’exemple aux contrées à la traîne où la bourgeoisie espère bien voiler encore un peu la face au prolétariat.



"Quelle misère pour la race humaine! Quelle honte pour la civilisation! Devant la formidable menace qui plane sur l'Europe, j'éprouve deux impressions contraires. C'est d'abord une certaine stupeur et une révolte voisine du désespoir. Quoi! C'est à cela  qu'aboutit le mouvement humain! c'est à cette barbarie que se retournent dix-huit siècles de christianisme, le magnifique idéalisme du droit révolutionnaire, cent années de démocratie! Les peuples se sentent soudain dans une atmosphère de foudre, et il semble qu'il suffit de la maladresse d'un diplomate, du caprice d'un souverain, de la folie d'orgueil d'une caste militaire et cléricale au bord du Danube pour que des millions et des millions d'hommes soient appelés à se détruire. Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre, et si l'homme n'est pas un être prédestiné à la souffrance, étant aussi incapable de se résigner à sa nature animale que de s'en affranchir." Rosa Luxemburg
 






[1] La croyance religieuse serait plus structurante que la croyance républicaine, donc. Le sentiment de mise à l'écart a favorisé une "intensification" des pratiques religieuses, constate Gilles Kepel. Les indices en sont multiples. Une fréquentation des mosquées beaucoup plus régulière. Une pratique du ramadan presque systématique pour les hommes. Une conception extensible du halal, enfin, qui instaure une frontière morale entre ce qui est interdit et ce qui est autorisé, ligne de fracture valable pour les choix les plus intimes jusqu'à la vie sociale. Les chercheurs prennent l'exemple des cantines scolaires, très peu fréquentées à Clichy en particulier. Un problème de coût évidemment pour les familles les plus pauvres. Mais la raison fondamentale tient au respect du halal. Un facteur d'éloignement préoccupant pour Gilles Kepel : "Apprendre à manger, ensemble, à la table de l'école est l'un des modes d'apprentissage de la convivialité future à la table de la République." Car le mouvement de "réislamisation culturelle" de la fin des années 1990 a été particulièrement marqué à Clichy et à Montfermeil. Sur les ruines causées par les trafics de drogue dure, dans un contexte d'effondrement du communisme municipal, face à la multiplication des incivilités et des violences, les missionnaires du Tabligh (le plus important mouvement piétiste de l'islam), en particulier, ont contribué à redonner un cadre collectif. Et participé à la lutte contre l'héroïne, dans les années 1990, là où la police avait échoué. Ce combat contre les drogues dures - remplacées en partie par les trafics de cannabis - a offert une "légitimité sociale, spirituelle et rédemptrice" à l'islam - même si la victoire contre l'héroïne est, en réalité, largement venue des politiques sanitaires. L'islam a aussi et surtout fourni une "compensation" au sentiment d'indignité sociale, politique et économique. C'est la thèse centrale de Gilles Kepel, convaincu que cette "piété exacerbée" est un symptôme de la crise des banlieues, pas sa cause. OK mais ce n’est plus une simple crise des banlieues puisque l’islamisation « culturelle » a envahi l’imaginaire national et international !


[2] J’ai trouvé cela dans l’édition originale de 1915 (par le journal L’Humanité, encore socialiste) de « L’armée nouvelle », édition clandestine ! Que Jaurès écrit bien, même s’il se goure avec sa théorie des milices socialo-nationales. Pour deux euros à la brocante d’Etaples, j’étais plutôt fiérot de mon acquisition. Mais il n’est pas seul dans l’analyse tout en finesse. Le programme du KPD naissant, rédigé par Rosa Luxemburg prévoit : « Suppression de toutes les différences de caste, de tous les ordres et de tous les titres ; hommes et femmes ont même droits et la même position sociale ».
[3] Remarquez que cet horrible fichu sur la tête est rédhibitoire même pour un excellent dragueur comme moi ; l’autre jour sur la plage j’en ai vu une, recroquevillée en maillot de bain mais avec bâche sur la tête, qui me fixait énamourée  (je suis barbu…) j’ai pressé le pas. Conseil à toute nana qui en a marre de se faire accoster : mettez le voile ! Les « gaulois » ou tous les « rebeus »  ne vous dérangeront plus !
[4] L’actualité des faits divers est très riche en cette saison d’agressions contre les policiers ou des victimes d’accidents, touts ces faits mis dans le même sac, le policier que des demeurés ont tenté de noyer à Marseille (le plus scandaleux est qu’aucun « baigneur » n’a songé à porter secours au policier isolé !) , menaces violentes contre le maire d’Argenteuil, agression des pompiers à Toulouse (l’attaque de pompiers est en générale rare), ou quelques vols lors de l’accident de Brétigny. L’accumulation équivaut à multiplication dans « l’opinion » alors que souvent il s’agit de faits limités ou ponctuels très minoritaires sur l’ensemble des délits.  Tant pis pour les bonnes âmes que je vais choquer. Je n’aime pas les pompiers. Dans mon travail de service public je les ai souvent observés dans leur comportement arrogant, comme des flics qui savent tout et auxquels il faudrait obéir sans discuter même s’ils donnent des ordres idiots. On oublie généralement que c’est aussi un corps de type militaire qui vient « limiter les dégâts » alors que les laissés pour compte jouissent à l’idée du « spectacle » s’il prend de l’ampleur et vient rompre la morosité d’une existence bornée à un environnement en béton !
[5] Vous n’entendez jamais parler des nombreux  tabassages en garde à vue ! A qui les « jeunes » mineurs vont-ils aller se plaindre ? à leur père absent ? au  journaliste de Libé parti bronzer ailleurs ? Sur le web la liste est longue de meurtres policiers impunis de français « d’origine maghrébine » dont les familles (pauvres) réclament en vain depuis des années des explications. La presse bourgeoise s’inquiète de savoir si Jeanne d’Arc a été violée et recompte chaque année le nombre de juifs déportés, mais les morts d’aujourd’hui n’intéressent guère les laquais du clavier.
[6] « … la « racaille » qui troubla l’ordre public a payé très cher son insolence (…) les services de police connaissent bien plus les fauteurs de trouble que ceux sanctionnés judiciairement par des magistrats trop indolents. Le karcher policier, si possible libéré de toute entrave administrative qui complique son intervention, est quand même bien plus efficace que le karcher judiciaire » (cf. La révolte de banlieues ou les habits nus de la République de Yann Moulier-Boutang, ed Amsterdam 2005).
[7] Classes sociales et inégalités de Patrice Bonnewitz (Bréal 2004).
[8] Entre les castes royales marocaine et espagnole !

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