"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 31 octobre 2009


A LA POUBELLE TOUS !


« A gauche, toute ! Trotskistes, néo-staliniens, libertaires,

« ultra-gauche », situationnistes, altermondialistes… »

de Christophe Bourseiller

(Comme pour L'étrange MBlondel la couv n'a rien à voir avec le contenu, simple réclame d'accroche; les deux vieux font un peu louches revendeurs de drogue au jeune benêt)


Ce pauvre Bourseiller a trouvé les moyens de se faire éditer par les éditions du CNRS. Voici le CNRS expliqué aux lecteurs étrangers de ce blog : « Le Centre national de la recherche scientifique est un organisme public de recherche (Etablissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche). Il produit du savoir et met ce savoir au service de la société ». Comme vous le voyez le CNRS est donc un instrument de propagande de l’Etat bourgeois avec des milliers de fonctionnaires qui se la pètent d’être rétribués par ce machin bureaucratique.




DES EDITIONS PRESTIGIEUSES OU DES BLAIREAUX QUI PUBLIENT N’IMPORTE QUOI ?





Les éditions du CNRS se présentent donc comme publication de livres de référence et de vulgarisation scientifique et technique en sciences fondamentales, humaines et sociales : « En tant que maison d'édition du CNRS, ils publient le meilleur de la recherche française et européenne, qu'elle provienne des laboratoires, des universités ou des centres d'excellence. Mais cette mission essentielle auprès de la communauté savante ne se départit jamais d'un autre souci, tout aussi fondamental : transmettre l'avancée des connaissances auprès du grand public afin que la science soit au cœur de la Cité. Albums, documents, essais, compendiums, poches, mais aussi collections et revues internationales concourent ainsi à former une bibliothèque qui, tout en étant innovante et exigeante, prépare les classiques de demain. Entre érudition et divulgation, entre expertise et débat, leurs grands domaines d'activité couvrent donc tous les champs de l'intelligence contemporaine et de la présente quête de sens : philosophie et histoire des idées, histoire, géographie, sociologie / ethnologie / anthropologie, économie, littérature et linguistique, art et technique, physique, biologie, mathématiques et ingénierie. C'est pourquoi l'ambition de CNRS EDITIONS est de vous donner à lire LE MONDE A LIVRE OUVERT ».



Je n’achète jamais aucun livre de ces éditions d’Etat, comme je n’ai pas acheté le dernier de Bourseiller, dont l’acquisition était obligatoire pour ma plus proche bibliothèque publique. Les vénérables éditions d’Etat nous présentent en 4ème de couverture Bourseiller comme un chercheur indépendant, un expert du gauchisme et de l’ultra-gauche : « N'hésitant pas à briser les tabous, brossant un tour d'horizon complet, avec ce livre qui constitue à la fois une étude documentée, une analyse rigoureuse et une somme passionnante, Christophe Bourseiller décrypte de manière inégalée les secrets d'une famille politique étonnamment française et en pleine révolution ». Malgré une réclame aussi accrocheuse, le lecteur ne trouvera ni tabous, ni secrets et encore moins un tour d'horizon complet dans ce livre compilant vingt-trois textes déjà publiés, essentiellement les écrits impulsifs de son blog de la fin des années 1990 à 2008. Le CNRS a vu une somme passionnante là où le lecteur, consterné, va découvrir jérémiades et petits règlements de compte par un plumitif sans consistance, rageur de n’être jamais reconnu à la valeur de son ego par les principaux médias, les universitaires et encore moins « les ennemis du système ».





UNE METHODE D’INVESTIGATION RIGOUREUSEMENT TROUBLE





L’essentiel du propos du « spécialiste » Bourseiller, depuis ses premières cocotes de papier, est fort connu : tous ceux qui sont hostiles à la démocratie bourgeoise sont des « ennemis du système », assis sur des passerelles (négationnistes) qui les conduisent inévitablement chez les méchants de l’extrême droite. A force de traiter tout le monde de fasciste, on s’aperçoit que le vrai fasciste c’est Bourseiller. Le fascisme moderne, je le rappelle lourdement, est le mépris du prolétariat et des individus qui le composent, l’apologie aristocratique du nihilisme et l’exaltation des grands hommes ; toutes choses qui apparaissent clairement dans cette lamentable compil de ses articles de blog (pas la peine d’acheter le livre, reportez-vous à son anti-blog, tout y est, même les amalgames).



Toute la démonstration de Bourseiller, qui veut embrasser tous les « ennemis du système » pour mal les étouffer, repose sur d’incessantes « allusions » parfaitement dégoulinantes de bassesse. Dès la 4e de couverture, un faux procès est fait à l’extrême gauche soupçonnée de risquer de virer au « populisme » ; la « gauche de la gauche » - entendez les trotskystes en général – « semble se rapprocher des islamistes ». Dès la première page, est-ce un commissaire de police imaginatif ou Bourseiller qui interroge concernant l’affaire Coupat : « Jusqu’où pourraient-ils aller demain ? » ? C’est bien Bourseiller qui s’affiche toujours du côté de l’ordre dominant et de ses montages. La CGT guadeloupéenne, elle, est troublement cornaquée par des militants de « Combat ouvrier », filiale de LO… Besancenot a souhaité la bienvenue au « terroriste » Rouillan en 2008. Hé hé, inquiétantes toutes ces ramifications des « ennemis du système ». Que fait la police ?



Suit le récit chaotique de Bourseiller qui passe du coq à l’âne sachant que son « œuvre » est considérée comme « rigoureuse » par les directeurs du CNRS, ces fournisseurs de savoir pour hypermarchés provinciaux.





EN AVANT TOUTE POUR LA SUPERFICIALITE !





Bourseiller méprise les lecteurs auxquels son genre de prose « vulgarisatrice » s’adresse. « Complexité de la micro-histoire des groupuscules. Un exemple : le courant « ultra-gauche » est l’héritier historique des « gauches communistes » qui se réclament du marxisme mais rejettent Lénine ». Autant le simplisme accrocheur fait connaisseur autant il n’est que tissu de mensonges : il n’y a pas « un » courant ultra-gauche, lequel terme n’est plus qu’un argot de policier, et Lénine ne se jette pas comme une pelure de banane. Il nous ballade incontinent des trotskystes aux maoïstes pour retomber régulièrement sur la dite ultra-gauche, défiant passé et présent, qui : «sont Révolution Internationale, la revue Invariance ( !?) et le parti communiste international qui s’accrochent de façon intangible au programme communiste et traitent de « parasites » ceux qui prétendent amender les textes et remettre en question leur infaillibilité ». A côté de ces « fossiles », il nous ressort de la naphtaline deux groupuscules néo-trotskystes, rangés dans le tiroir ultra-gauche (pour le lecteur simplet) Socialisme ou Barbarie (défunt vers 1964) et Pouvoir Ouvrier (enterré en 1969). Survolant allusivement mai 68, et tous les divers groupes rangés dans la même commode des « ennemis (impuissants et fossiles) du système », Bourseiller vient nous révéler une intelligentsia que l’on sait débile politiquement depuis des lustres, ces « créateurs les plus en phase avec les valeurs ( !?) du gauchisme : Edgar Morin, Jean-Paul Sartre, Michel Foucauld, Jean Genet, Philippe Sollers, Jean-Luc Godard, Maurice Clavel… ». Tous les groupes politiques ne sont plus que des merdes à côté de ces brillants « modernistes » « qui ne s’intéressent qu’à la dimension novatrice de Mai » ; « la vision des intellectuels est au fond d’une grande lucidité ».



Ne vous frottez pas les yeux, oui oui le proto-fasciste Bourseiller veut vous faire avaler que tous ces intellectuels ex-staliniens, crétins politiques maoïsants comme ce con de Sartre, etc. - dont les livres d’apologie du stalinisme «rajeuni » font la honte de toutes les bibliothèques - sont à ressortir du tombeau du plus navrant bêtisier politique du siècle dernier. Saluer l’ex-mao Sollers est naturel ; big boss chez Gallimard, il devrait renvoyer l’ascenseur d’un aussi ardent coup de brosse à reluire.



Très remonté contre les « ultra-gauches » de RI, qu’il semblait encore apprécier lors de son histoire branquignole de l’ultra-gauche – mais il n’a pas aimé avoir été déshabillé politiquement par ce groupe – Bourseiller brûle ensuite les situs qu’il a tant adoré et dont il voulait être le saint-patron d’un institut d’icônes à la gloire de Debord. Salauds de situs : les « penseurs contemporains » susnommés ont été incendiés par leur mépris, leur « critique s’enracin(ait) sur une radicalité dénuée du moindre compromis tactique » ; je dirai plus loin les raisons de ce retournement revanchard.



Tant qu’à nous refourguer un repas pestilentiel, Bourseiller n’hésite pas. Gonflé par son best-seller en poche sur les maoïstes (dont il ne révèle jamais la complicité avec le pouvoir gaulliste… dans toutes les facs, pour les raisons que connaissent les lecteurs de ce blog), à nous refouler cette vomissure : « les maoïstes ne sont pas regardants. Ils acceptent sans rechigner, et même avec délectation, l’appui des artistes et des personnalités ». En quoi ces personnalités peuvent-elles intéresser la classe ouvrière et son exploitation ? On ne saura pas car le « fasciste » Bourseiller s’en tape de la classe ouvrière et de l’exploitation. Le maoïsme, ce vieux stalinisme déguisé en concombre masqué, est paré de toutes les qualités de la jeunesse : « Il faut dire que le maoïsme est un courant politique jeune, qui s’est élaboré dans les années 60. Il n’a pas la structuration, l’ossification théorique du trotskisme et des gauches communistes (…) on trouve chez les prochinois des staliniens pur sucre et des libertaires désirants, qui cohabitent sans trop de problème ». Et cette fleur de rhétorique, nouveau coup de brosse pour ses collègues de la caste supérieure de l’intelligentsia, fond baptismal du génie novateur des fils à papa gauchistes qui au lieu de faire les vendanges ont écoulé cette année-là un petit livre rouge d’imbécilités: « C’est au sein du maoïsme que vont militer des myriades d’écrivains » : « Sartre obéit comme un simple soldat à Benny Lévy (…) Godard balaie les locaux de ‘La Cause du Peuple’ (…) Sollers est passé d’un maoïsme ludique à un pur marxisme-léninisme (après avoir pris la défense de la veuve Mao) ».



On comprend l’émotion des intellectuels adolescents du CNRS pour tant de révélations extraordinaires concernant les balbutiements chinois d’une bande de crétins qui contrôlent de nos jours les principales maisons d’édition. Le « fasciste » Bourseiller sait muer en même temps en stalinien effaceur d’histoire et s’élever au rang d’enjoliveur du crétin à tête de moinillon Sollers avec son fume-cigare de marquis des beaux quartiers : « Sollers est depuis longtemps fasciné par l’altérité du texte asiatique. Sa période « maoïste » est justement marquée par l’investigation des idéogrammes. En devenant prochinois, il est donc resté fidèle à son projet de révolution du langage. Il l’a même enrichi ». Ce n’est même plus un effacement du soutien lamentable de ce bourgeois à une des dictatures des plus criminelles de l’histoire, c’est la sublimation du stalinisme aux yeux bridés, véritable encens littéraire. Le patron de chez Gallimard devrait être touché plus profondément par ces ronds de jambes adipeux que Staline ne le fut par les odes d’Aragon.



Le plus grand philosophe imbécile en politique du siècle passé – dont les écrits politiques, « Situations » restent consternants : « … poursuit une réflexion philosophique sur le rapport qui doit lier les intellectuels aux masses. Grâce aux maoïstes, il espère réconcilier la pensée et le peuple ». C’est pas fasciste cette vision d’un peuple sans pensée ? Pas de pensée autre que la bande de crétins fils à papa de l’ENS ? Bourseiller ne peut pas oublier de s’incliner à la mémoire du grand penseur intégriste Benny Lévy (ex guru arrogant de la CdP) qui aurait révélé à Sartre le fond philosophique multi-séculaire du maoïsme, la prétention à réordonner le monde selon les intérêts des bigots juifs : « le maoïsme avait une posture mitsvatique ».





LES RADOTAGES REMPLISSENT LE « DECRYPTAGE INEGALé » pour le CNRS :





Il n’est pas très utile de commenter les bavardages qu’on connaît sur les divers trotskismes, cela n’a aucun intérêt. Il répète la même analyse des gauchismes depuis deux décennies. Bourseiller n’a aucun respect pour l’histoire ni pour les martyrs des oppositions au stalinisme. Le courant trotskyste a été, avant-guerre, un courant réellement pour l’émancipation de la classe ouvrière comme les maximalistes opposés à Lénine, mais il a trahi contrairement à ces derniers dits « ultra-gauche » ; que Bourseiller roule dans la boue chaque fois qu’il peut (dans son histoire de l’ultra-gauche ne disait-il pas que la CIA avait contacté la Gauche Communiste de France, sans étayer d’une once de preuve[1][1]. Or, le seul canevas à cette incroyable marmelade des groupes reste la petite lumière anti-fasciste que Bourseiller agite comme sa seule chandelle pour faire vendre en milieu anarchiste ses « révélations ». Chapitre aguichant, tiré du blog : « la véritable histoire des ‘hitléro-trotskystes’ ». Le fugace MNR (mouvement national révolutionnaire) composé de quelques trotskystes, le futur cinéaste Jean Rous et le fondateur de la FNAC Fred Zeller (Bourseiller y ajoute Miasnikov !?), est ouvert à une possible collaboration, mais fera vite machine arrière. Nous connaissons depuis longtemps cette divagation trotskyste dans le milieu maximaliste et il n’y a pas de quoi en faire un foin ni pour condamner prioritairement le trotskysme (sur ce sujet) ni pour souhaiter à ces éléments le même sort que les déportés juifs (comme le glisse notre guide égaré). En grossissant un fait secondaire, Bourseiller n’est ni documenté, ni rigoureux comme l’imaginent les ignorants du CNRS : il fait le même boulot que le PCF, il tague sur le passé. L’accusation « d’hitléro-trotskystes » visa :





  1. à faire oublier la complicité des staliniens avec l’Allemagne en 1940,



  1. à dénoncer aux nationalistes résistants TOUS les internationalistes pour les faire abattre comme des chiens.




Pourquoi le superficiel Bourseiller ne nous parle-t-il pas plutôt des RKD, et des fractions qui eurent le courage de dénoncer la mystification de la guerre « anti-fasciste », de distribuer des tracts même aux soldats allemands ? Parce qu’il importe de comprendre les risques de ses perpétuelles « passerelles » concernant ces « enfants du prophète » (qui) se sont indéniablement laissés séduire par la propagande hitlérienne ». Fin du chapitre, commentaire de blog.



Un autre extrait de blog succède mélangeant à nouveau groupes gauchistes et « ultra-gauche », avec des répétitions lamentables, des banalités purulentes qui « brossent un tour d’horizon » complet pour les ânes directeurs du CNRS.



Pour faire mondain et prouver qu’il dispose d’autres relations que les pitres de plateaux de télévision ou de vulgaires acteurs de cinéma, Bourseiller se fait interviewer par un philosophe, inconnu du prolétariat, Marcel Gauchet[2][2]. La seule question un peu notable de Gauchet concerne sa remarque sur le fait qu’il espérait que « l’effondrement du monde communiste créerait une situation défavorable à l’extrême gauche, au lieu de quoi elle connaît une reviviscence… ». Question à laquelle Bourseiller est d’ailleurs infoutu de répondre. Et pour cause. Pour ces deux fascistes de salon, la classe ouvrière ils ne connaissent pas, la misère non plus. Avant, comme disait Sartre, les intellectuels maoïstes pensaient pour la classe, maintenant que cette pensée à disparu il ne reste plus que des « sacs de patate ». Complaisamment interrogé, Bourseiller en remet une couche contre ce groupe ingrat « RI » : « Ce groupe se caractérise par une analyse géopolitique bien informée, où l’analyse marxiste de la domination capitaliste mondiale se traduit en réalisme cynique. Par exemple, il analyse la guerre des Balkans en termes de puissances et d’alliances géostratégiques et renvoie dos à dos les protagonistes, sans prendre un parti moral (sic), comme le font les intellectuels (resic ! mais pas maos !) ; « LO et RI sont des invariants accrochés à perpétuité au verbe marxiste, alors que les modernistes essaient de faire évoluer le corpus… » (allusion à R.Victor ?). ; « A chaque époque, ce sont les modernistes qui bougent, tandis que les invariants restent indifférents au siècle ». Tiens tiens, et pourquoi le citoyen Bourseiller ne nous parle jamais des « fascistes communisateurs », leurs idées sont très proches de celles du « spécialiste de l’ultra-gauche » ?



L’interview montre deux ignorants se renvoyant la balle, en imaginant qu’extrême gauche et ultra-gauche n’assument pas le « deuil de la révolution », les premiers parce qu’ils sont rangés des voitures et les autres parce qu’ils rêveraient encore d’en brûler. Hors-jeu les deux gros pépères ! Une somme passionnante d’ignorance des réalités sociales et politiques, chapeau le CNRS !





Bourseiller n’accorde pas d’importance au fouillis altermondialiste, et il a raison sur ce mirage médiatique, inconsistant politiquement. Mais toujours à la recherche du petit rat nazillon qui sommeille chez tout extrême-gauchiste, il radote ses mêmes anciennes enquêtes en milieu trotskien (il a laissé hélas le soin aux secrétaires du CNRS de relire ses commentaires de blog), chez les tarés lambertistes comme chez LO et LCR. Il trouve enfin, outre manche, dans le SWP des sympathisants du « trouble » Tariq Ramadan et un groupement qui milite pour le port du voile. Il découvre aussi en 2005 qu’un SO de la LCR aurait protégé un cortège de dévotes masquées. Les « ouvertures », ou débats en banlieue immigrée des divers clans trotskiens ne sont pourtant que des opérations de charme électoral, mais incapable d’analyser politiquement le caméléonisme trotskiste et son rôle de rabatteur de l’électoralisme de gauche bourgeoise, notre bon Bourseiller secoue dubitativement la tête, et ressort l’allusion, mais cette fois aux « porteurs de valise » :



« L’alliance entre militants révolutionnaires et islamistes radicaux va-t-elle perdurer ? Les barbus bénéficieront-ils à terme des réseaux militants, à l’exemple lointain du FLN algérien ? On doit en tout cas aujourd’hui tenir compte des nouvelles convergences ». « Passerelles » à un éventuel « alter-fascisme » aurait dit l’inspecteur Bourrel ? Hum ! Hum !





REGLER DES COMPTES AVEC DES INGRATS OU EVITER DE REPONDRE POLITIQUEMENT ?





Sur son blog qui n’intéresse personne, on avait pu lire il y a un bout de temps, ses récriminations contre les critiques politiques dont il avait fait l’objet pour ses mensonges, falsifications et amalgames avec sa prétendue histoire d’une ultra-gauche fourre-tout. En reproduisant tel que ce court texte de justification qui fait pitié – « Réflexions tardives sur l’histoire générale de l’ultra-gauche – dont on ne voit pas en quoi il regarde « l’analyse rigoureuse » du CNRS, Bourseiller plaide l’innocence enfantine. Depuis l’enfance il était séduit par l’ultra-gauche (cette ingrate) : « J’ai voulu la raconter avec mes mots, qui n’étaient pas ceux d’un militant ». Une formidable colère a été déclenchée par son petit chewing-gum collé en vitrine de la FNAC : « La palme revient sans doute à ‘Révolution Internationale’ et au ‘Prolétariat universel’ (sic, ce sic est de C.B.), qui se sont cantonnés à des arguments ad hominem ». La revue « sans patrie ni frontières » l’a traité de serpent. Loren Goldner aurait méchamment dit qu’il n’avait commis qu’une suite au Livre noir du communisme (ce n’est pas lui mais RI[3][3],). Résumé pitoyable du pauvre écrivain agoni par une pincée de revues confidentielles : « Journaliste, serpent, bourgeois et juif… j’ai tout lu, tout entendu ». Il ne désire pas faire de l’argent « sur le dos de l’ultra-gauche », même s’il en fait :



« A l’évidence ceux qui me fusillent ignorent mes mobiles. Je suis poussé par une quête personnelle. De livre en livre je cisèle un monde. Les marges de la culture et de la politique, je les explore parce qu’elles me semblent pleines de lumières autant que chargées d’ombre ».



Bien sûr, on ne peut l’accabler, il n’a fait que recopier Bourrinet, les ragots des anciens du CCI, et de « l’échotier Hempel » comme l’a joliment écrit le rédacteur en chef de RI. Pauvre petit Christophe qui avait même plutôt été gentil avec les déraillements du CCI (ses paranaoïas visibles pour tous étaient qualifiées de « raidissement »). Le pauvre homme attaqué ad hominem ne répond pourtant à aucune des critiques politiques qui lui ont été adressées, dans plusieurs articles confidentiels ignorés de la grande presse et des magazines chic qui l’interwiouvent, sur sa confuse histoire de l’ultra-gauche :



- il accusait à peu près tout le monde de négationnisme du gazage des juifs,



- il en ressortait que la plupart des groupes maximalistes n’étaient que des passerelles vers l’extrême droite,



- l’aune de ses jugements restait la shoah à la mode comme idéologie (néo-fasciste) visant à dénier toute lutte des classes, et à sanctifier l’oligarchie démocratique bourgeoise actuelle qui danse encore sur les millions de cadavres de WWR 2.





Bourseiller ne se gêne pas pour attaquer qui il veut dans son œuvre qui « cisèle un monde » (il se prend pour Victor Hugo ?), ad hominem. Mais la question politique reste posée : que défend-il ? Certainement pas la nécessité d’une révolution ni les intérêts du prolétariat. Le système de domination capitaliste actuel ? Sans aucun doute sinon il ne serait pas publié par n’importe quel éditeur ayant pignon sur rue jusqu’à l’honorable CNRS.



Quel est son code moral pour comprendre le monde : la misère humaine ? Les injustices ? Le sort des seuls juifs massacrés en 39-45 ? Comme pour son histoire à la manque, pleine d’amalgames et d’allusions contre « les ennemis du système », il signale ici encore sa référence :



« J’ai été longtemps fasciné par l’Histoire générale du Bund, d’Henri Minczeles. J’ai voulu rendre hommage à un courant hérétique et juif, que j’ai toujours respecté. Ceux qui m’attaquent avec tant de hargne devraient finalement s’interroger ».



S’interroger sur quoi ? Toujours les allusions… Ce petit monsieur, qui n’a pour instrument de mesure de l’humanité que les stéréotypes de la classe dominante et sa communauté d’origine (c’est son droit) prétendait simplement faire la leçon aux autres.



J’avais alors écrit, moi Hempel Pierre : « Comme si être d'origine juive devait lui épargner d'être considéré comme une balance et un arriviste sans scrupule ». Y.Coleman, célèbre professeur es antiracisme, m’avait reproché cette remarque, ajoutant tout de même sibyllin : « Même si c'est Bourseiller qui s'est lui-même placé sur ce terrain pour se défendre d'une accusation ». Je n’ai qu’un mot à changer, « arriviste ». Bourseiller est un bourgeois « arrivé », installé avec plusieurs activités de tout ordre, comme il sied à tout bourgeois conscient de son importance. Il dispose de plusieurs sources de revenus : déclaré comme journaliste, il est conseiller éditorial de Frederic Taddéi pour l'émission de France 3 "Ce Soir (ou jamais)" depuis 2006. Il est professeur à l'Institut d'études politiques de Paris depuis 2003. Il est producteur de l'émission "Electromania" sur France Musique depuis 2005. Il est régulièrement sollicité par les médias. Il participe à de nombreux colloques et anime des conférences, des tables rondes, des débats dans le monde entier. Il a enfin tourné en tant qu'acteur dans plus de vingt cinq films , sous la direction de metteurs en scène prestigieux. Bourseiller a de nombreux amis dans le show business comme celui-ci que l’encense : « Une saine critique doit d'emblée refuser toute attaque ad hominem, le défoulement injurieux, la diffamation et les menaces physiques. Écrire sur ces thématiques reste toutefois encore un exercice à risque ». Les thématiques de l’histoire du mouvement révolutionnaire méritent autre chose que les amalgames invraisemblables et les raisonnements chauvins de Bourseiller. La thématique de la révolution et des révolutionnaires n’est pas « un exercice » à risque… puante allusion de cet admirateur qui laisse supposer que les maximalistes seraient aussi des terroristes prêts à venir lyncher Bourseiller au pied de son immeuble, comme les lamentables lambertistes…



Un anarchiste individualiste ultra-gauche, complaisant avec ce grand auteur ultra spécialisé, a trouvé inacceptables mes critiques de Bourseiller, « dignes d’un Henri Coston » (plumitif de Pétain) ; mais c’était ce genre d’amis dont un dicton anglo-saxon dit qu’avec eux on n’a pas besoin d’ennemis.





DES ATTAQUES AD HOMINEM POST MORTEM





La majeure partie de ce qui vient après l’intermède « réponse à côté » à mes détracteurs « ultra-gauches », est à nouveau envahi par la saga situationniste. Bourseiller va jongler avec une série d’allusions pour mieux enterrer et ridiculiser Guy Debord. Attaques totalement ad hominem post mortem. Toujours en procédant « rigoureusement » par allusions ou questions de type policier :



- Debord « un gourou du terrorisme » (et sans point d’interrogation SVP)



- « les ravages de la fausse violence » (l’apologie situ des émeutes)



- Les vandalismes comparés (= violence expérimentale) donc, CQFD, les situs plus ou moins pères des terroristes modernes ou des dérailleurs de train…



- « Sans recommander le meurtre, Raoul Vaneigem y voit l’indice d’une louable volonté perturbatrice » (sic)



- « Quand le Reichstag brûle encore », le « fasciste » Bourseiller vient défendre le parlement bourgeois en découvrant la séduction de Debord pour les « brigades rouges », « opéra mythologique à grandes machineries » quoique Debord: « distingue soigneusement la véritable subversive de ses succédanés provocateurs », « il appelait de ses vœux une violence autrement plus singulière ».



- Ces pauvres situs, apologistes du voyou, sont qualifiés à leurs débuts expérimentaux de « moscoutaires » de la vie libre.





Pourquoi tant de haine après avoir prétendu devenir le conservateur principal des archives situationnistes et leur avoir donné le beau rôle dans l’histoire générale de… ? Parce que Bourseiller s’est fait jeter par les veuves des vedettes situationnistes, qu’il n’a pas eu accès aux lettres privées. Alors il se venge « rigoureusement » ad hominem. Il étale les histoires de fesses de Debord. Le « fasciste » Bourseiller termine en fanfare avec son étroit questionnement anti-fasciste : Guy Debord un « théoricien de l’extrême droite » ? Debord (l’élitaire , l’individu-roi) n’a-t-il pas été salué par un pape de l’extrême droite bc bg Alain de Benoist comme membre de l’inventaire des « rebelles authentiques » ? Bourseiller va-t-il découvrir ou inventer une preuve après nous avoir mis l’eau (gauchiste) à la bouche ? Non il reprend la critique de l’ultra-gauche sérieuse (maximaliste) pour ridiculiser celui qu’il a adoré : « Privilégiant les ‘classes dangereuses’, Debord rompt avec le schéma classique qui postule le primat du prolétariat. Et par quoi remplace-t-il cette vision orthodoxe ? Par une apologie de la pègre, des malandrins, des voyous… ». Donc c’était bien un « ennemi du système » mais pas un ami de la classe ouvrière, on est bien d’accord pour une fois Bourseiller et Hempel. Tout à fait d’accord aussi que « Guy Debord se situe décidément à mille lieues des valeurs de l’extrême droite ».





Surtout du fond de son caveau. Ce cadavre là au moins personne ne pourra le récupérer. On pourrait même glisser le pensum héréroclite de Bourseiller dans la tombe, que cela ne réveillerait pas le mort. Ni la gauche de la gauche, ni l’extrême-gauche de l’ultra-gauche.


















JEAN-LOUIS ROCHE1 commentaires










[1][1] Ou parce que la Préf. de put. N’avait pas donné son aval ?




[2][2] Une référence remarquable ce type, influencé par Lefort de S ou B, il ne veut pas du marxisme dès 1968, il sympathise avec le révisionniste Castoriadis. En 1989 il intègre le « centre de recherche Raymond Aron ». Cette nullité philosophique est une des vedettes les plus prisées des médias français du fait que son discours libéral est totalement inconsistant et ne donne prise à aucune critique ; peut-on critiquer un grand rien ?






[3][3] Au contraire ce brave gentilhomme a ferraillé dans le milieu intellectuel en sa faveur, car, grâce à Bourseiller on entendrait parler quand même dans les provinces éloignées du Canada français de Pannekoek, de Bordiga…

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