"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 1 novembre 2009

INDIVIDUALISATION DU CONFLIT SOCIAL = PIEGE A CONS

LA CRIMINALITE EST LE

PROPRE DU POUVOIR

La gauche bourgeoise, les bobos gauchistes et les rares modernistes communisateurs s’effraient des contrôles renforcés de la police des Etats bourgeois. Ils frémissent à la lecture de l’entrefilet suivant extrait du Guardian(quand nous on se marre) L.

La police britannique fiche les “extrémistes”

« La police [britannique] rassemble actuellement des informations personnelles sur des milliers d’activistes qui participent à des réunions ou à des manifestations à caractère politique et stocke ses données sur un réseau regroupant des bases de renseignements nationales. Cet outil gardé secret a été conçu pour surveiller «les extrémistes locaux», c’est ce que révèle le journal le Guardian dans le premier d’une série de trois reportages consacrés au maintien de l’ordre lors des manifestations. Des informations détaillées sur les activités politiques de militants sont en ce moment stockées sur des systèmes d’information qui s’interpénètrent, même si ces militants n’ont pas commis de délit. Des officiers supérieurs de police disent que «l’extrémisme intérieur», un terme crée par la police mais qui n’a pas de valeur juridique, peut inclure des activistes soupçonnés de trouble mineur à l’ordre public comme des actions directes pacifiques ou la désobéissance civile. (…)

L’enquête du Guardian révèle un certain nombre de choses :

• L’unité principale (NPOIU) gère une base de données centrale où figurent des milliers de soi-disant extrémistes locaux. Elle filtre les renseignements fournis par les forces de police qui opèrent en Angleterre et au Pays de Galles et qui déploient systématiquement des équipes de surveillance lors de manifestations, de rassemblements ou de réunions publiques. Cette unité possède des fichiers détaillés sur des manifestants qui sont classés par nom.

• Les véhicules utilisés par les manifestants sont suivis sur tout le territoire via un système de caméras permettant la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation. Un homme, qui n’a pas de casier judiciaire, a été contrôlé plus de 25 fois en moins de 3 ans après qu’une balise a été placée contre sa voiture alors qu’il participait à une petite manifestation contre la chasse aux canards et aux faisans. Les équipes d’interception sont déployées sur les routes conduisant à des manifestions pour surveiller les participants.

• Les unités de surveillance, connues sous le nom d’Équipes de Renseignements ou «Recueilleurs de Preuves», filment et prennent des photos des activistes lorsqu’ils rentrent ou quittent des réunions publiques. Ces images sont rentrées sur des bases de données afin que la police puisse retracer les activités politiques de ces activistes. Les informations sont ajoutées à la base de données centrale. (…) d’après le Guardian, 25 octobre 2009.

ON EST TOUT FICHE MAIS PAS FICHU !

Tout cela est déjà mis en application aux Etats-Unis comme en France. La question est qu’il ne faut pas spécialement s’en formaliser. Sinon on deviendrait « parano » en croyant la lutte des classes impossible désormais avec « big brother » et ses raffinements informatiques. Que la police fiche tous les activistes et militants qu’elle veut, personne ne peut l’empêcher. Et à la limite tant mieux. Prenez Jean Dupont, militant de ceci ou cela : un CRS-pigeon l’a photographié lors de plusieurs manifs en train de défiler pancarte en main, ou en train de diffuser des tracts, ou bien il a été immortalisé au milieu d’un piquet de grève. La belle affaire ! C’est tout à son honneur ! Il n’a ni tué ni volé, mais exercé une activité politique dont il n’a à rendre compte ni aux flics, ni à ses patrons ni aux bourgeois qui nous gouvernent.

Pas de pot les flics zélés : la lutte des prolétaires ne se cache pas comme les petits personnages terroristes de l’ombre ! Sa force c’est la lumière. L’action des prolétaires contre le système a tout intérêt à se tenir et à se développer au grand jour comme « mouvement grandissant » de solidarité ou d’extension des grèves, pas comme « menace de tout faire sauter », pas comme impasse «d’individualisation du conflit » (cher aux braves sociologues) ou comme « agression même létale » contre les personnes, y compris les plus odieuses.

En France, le GIGN va-t-il être apte à remplacer la police syndicale ?

C’est se moquer du monde des prolétaires et Libération vient faire la morale. «Le travail est de plus en plus une question de vie ou de mort. Ce qui s’y joue est si crucial qu’il peut conduire à une vraie radicalité, explique Danièle Linhart, ex-maoïste sociologue et directrice de recherche au CNRS. Soit on menace de tout faire sauter, soit on se tue, soit on tue les autres. Mais au final, on se tue toujours soi-même, face à une situation vécue de plus en plus comme une injustice personnelle.» Si les conflits du travail ont toujours existé, ajoute Danièle Linhart, «l’individualisation de la relation de travail, l’isolement des salariés face à leur questionnement, empêchent de résoudre les problèmes de manière collective, comme c’était le cas auparavant». Une individualisation des rapports sociaux partagée par Jean-Pierre Le Goff (ex-mao lui aussi), sociologue du travail, qui note «une montée des conflits atypiques dans le monde du travail», où, à défaut de solidarités collectives, «l’agressivité est orientée vers des cibles individualisées». Tout en notant qu’une PME du transport est aussi «un milieu professionnel où les rapports restent très paternalistes». Aussi exceptionnel qu’il soit, le double homicide de Toulouse intervient également au moment où le GIGN s’intéresse de plus en plus au monde professionnel. «Suite aux séquestrations de patrons, nous avons réalisé que nous connaissions très mal ce milieu, reconnaît un membre du groupe d’élite de la gendarmerie nationale. Nous avons donc formé nos négociateurs à la problématique du monde du travail, en organisant des rencontres avec des DRH et des spécialistes de ce milieu, au cas où nous devrions intervenir dans un conflit qui dégénère.» Un réflexe de formation classique pour le GIGN, selon lui, pour aborder «un problème qui ne faisait pas partie, jusque là, de nos préoccupations».

Un flic armé derrière chaque ouvrier ? Impossible ! Les nombreux suicides de ces derniers mois et le meurtre lamentable d’un petit patron et de son fils manifesteraient cette nouvelle invention des anciens maoïstes reconvertis en sociologie d’Etat : « individualisation des rapports sociaux », et dans ce rapport aliéné « je te tue ou tu me tue ». Mensonge ! Ces drames manifestent le désarroi des prolétaires face à un Etat bourgeois arrogant et à la complicité des gentilles oppositions des gauches caviar et bons à rien, dans un climat de crise qui jette un à un les ouvriers à la rue, dans une absence d’alternative de société criante.

Face à cela, nous devons crier ! Tant que les ouvriers n’apporteront pas leur solidarité immédiate entre eux face à la hiérarchie patronale et étatique on continuera à se tirer une balle dans le pied !

IL FAUT AFFIRMER QUELLE EST LA MEILLEURE SOLUTION

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UNE REFLEXION IMPORTANTE S’IMPOSE : une rumeur semble se développer de plus en plus comme quoi il serait plus normal de buter patron ou chef d’encadrement que de se suicider. Je réponds ceci : dans les deux cas c’est non seulement un drame mais une CONNERIE. Certains font mine de s’interroger : hein pourquoi il s’est flingué au lieu de buter son persécuteur ? (qui n’en a pas rêvé ? comme au cinéma ?). Or cette « tendance » ne risque pas « de prendre ». Pourquoi ?

Tout simplement parce que les prolétaires n’ont pas vocation au meurtre individuel. Toutes les études scientifiques de criminologie sur les serial-killers ou les meurtriers impulsifs en Occident, en général hors du travail, démontrent :

  1. qu’il s’agit d’individus peu socialisés
  2. qui sont célibataires et plutôt jeunes (entre 18 et 30 ans)
  3. qui sont sans emploi, voire n’ont jamais travaillé et vivent en marge.

De plus, depuis la fin de la vogue des attentats anarchistes au tout début du siècle dernier, le mouvement ouvrier et révolutionnaire a toujours rejeté les actes de « vengeance individuelle » ou à prétention de « propagande par le fait ». Vous trouvez toujours, comme c’est le cas à Toulouse un connard de « haut responsable syndical » pour « confier » ou « menacer » patrons et journalistes de possibles crimes à venir par des « éléments incontrôlés », comme si une telle dérive faisait partie des alternatives possibles de la lutte contre les humiliations au travail et les licenciements. Ce genre d’énoncé ambigu de faux-cul de « partenaire social » contribue à favoriser l’idée d’une inévitable criminalisation des prolétaires…, danger qui ne pourrait être par conséquent réglée que par la présence des pandores en uniforme.

Ni le suicide, dont se fichent les patrons, ni les meurtres que prétendent « redouter » les fonctionnaires syndicaux ne sont des méthodes pour lutter contre les conditions d’exploitation. Le véritable combat passe par une action commune de l’ensemble des prolétaires contre les exactions patronales.

Seule une solidarité active entre prolétaires, contre la division des primes ou des promesses individuelles, mettra fin à ce cycle absurde des suicides. Dans la lutte collective de classe, le prolétaire isolé retrouve sa dignité et son intégrité individuelle. Bas les pattes bourgeois! Respect!

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