"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 23 avril 2008

COHN-BENDIT contrarié EN 1985


Petite explication pour la vidéo qui suit. Je m'étais fait inviter à l'automne 1985 à l'émission de Canal + "Direct", animée par Philippe Gildas. J'avais préparé et dosé le contenu exact de mon intervention possible à la télé avec Marc Chirik, la veille, au cours de la réunion de section du mercredi de "Révolution Internationale". Intrigué et dubitatif, j'avais trouvé par chance une place pour garer mon véhicule face à l'immeuble de la nouvelle chaîne décoiffante.
Comme tout téléspectateur lambda j'avais dû refiler ma carte d'identité à l'entrée de l'immeuble de Canal, sis dans le 15e arrondissement.
Je suis assis à côté de la nana de DCB, qui se plaint à moi, elle a hâte que l'émission se termine because elle a envie de pisser. J'ai donc assisté et subi pacifiquement comme tous les présents dans le studio au cirage de pompes de la vedette soixante-huitarde, croyant qu'à la fin on nous demanderait notre avis, comme cela se faisait quotidiennement dans l'émission. Bernique. C'est pourquoi on m'entend gueuler à la fin et que je surprend tout le monde.
Je suis un peu emprunté parce que je me demande tout le long quand on va me couper la parole, et je surveille un gros balèze des studios qui est venu se placer derrière moi.

Cohn-Bendit est légèrement contrarié, mais comme il a le sens de la réplique, il ment effrontément pour se justifier. Evidemment je lui attribue encore trop d'importance - les millions d'ouvriers se fichaient du petit rouquin malin - et la théorie de la révolution n'avait pas eu l' écho qui fut le sien du fait de ce petit étudiant. Mais il ment grossièrement quand il assure: "je n'ai jamais dit que la classe ouvrière était la classe révolutionnaire, je n'aurais jamais dit une bêtise pareille". Or une bêtise pareille il la dit dans le livre co-écrit avec soin frère Jean-Gabriel à l'époque: le communisme maladie sénile. Il était conseilliste, c'est-à-dire anarchiste sans parti et aimait "tant la révolution" qu'il l'a trompée avec sa carrière médiatique et politicarde.
Il se trahit en me répondant aussi: "tu crois en la révolution dans la classe ouvrière, Dieu t'entende!". Ce n'est pas à la révolution dans la classe ouvrière que je faisais allusion mais à la révolution PAR la classe ouvrière, ce qui n'est pas du tout la même chose. Et Cohn-Bendit en disant "révolution dans la classe ouvrière", trahit l'idéologie petite bourgeoise qui l'a toujours habité: "il faut révolutionner ces cons d'ouvriers". C'est pour cela qu'il leur enseigne à présent l'écologie, et à se tenir propre au boulot.
Hors champ de la caméra, cet olibrius est venu me serrer la main. Apercevant mon bleu de chauffe EDF, il dit: "qu'est-ce que tu fous là au lieu d'être au boulot".
Oui j'aurais dû être au boulot. Heureusement mes patrons ne regardaient pas Canal + entre midi et deux.

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