"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 3 avril 2021

L'idéologie antiraciste contre le prolétariat1

 




par Jerry Grevin (écrit en 2009)


Le texte suivant repris partiellement sur le site du CCI est un grand texte de mon ami Jerry Grevin, de son vrai nom Jerry Bornstein (il se flattait de porter le même nom que Trotsky). J'ai eu l'honneur de vivre 15 jours chez lui à Brooklyn.

Journaliste, bibliothécaire, il était membre de la section américaine du CCI. Sur le site de « Révolution ou guerre » il a été rappelé, dans une querelle picrocholine d'ex exclus, que Jerry, auteur de nombreux livres aux Etats-Unis, a écrit un ouvrage sur la chute du mur de Berlin avec Willy Brandt. Brandt en a réalisé en effet la préface. Mais franchement cela ne me gêne pas ni ne ternit l'apport théorique important de Jerry, son sérieux, son honnêteté et son engagement. A tout prendre je préfère qu'il ait bénéficié de l'intro de Brandt que de Jörg Haider. Ne pas oublier que, adolescent, Willy Brandt a été membre du SAP = Parti socialiste ouvrier, Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands, abrégé en SAP ou Parti socialiste ouvrier d'Allemagne, qui a existé de sa fondation en 1931 jusqu'à son interdiction en 1933. Ses 25 000 adhérents ont toutefois continué à faire vivre le mouvement dans la clandestinité quelques années même sous Hitler.

L'effondrement du mur de Berlin a pu être célébré par la bourgeoisie comme par les vrais révolutionnaires. L'écrit de 1990 n'avait pas le recul nécessaire pour bien en saisir les conséquences depuis notre camp évidemment. Nous avons eu du mal à nous représenter (moi le premier) qu'une longue nuit « anticommuniste » allait s'imposer pour des décennies. La bourgeoisie ne se gêna point pour enterrer en même temps que le stalinisme notre projet communiste historique, sans cesse repoussé ou contrarié par les événements du monde contemporain. Un autre événement, qui eût lieu au même moment, avait accompagné de façon moins évidente la dite « chute du communisme »:l'affaire des foulards de Creil. Ce fût aussi la période du pic d'influence de SOS racisme, produit du PS et du gauchisme, qui instilla pendant une trentaine d'années (depuis le début des années mitterandiennes) l'idéologie antiraciste comme nec plus ultra de la pensée bourgeoise de gauche, pour ensuite se diviser et s'éparpiller dans des soutiens divers aux nationalismes arabes, puis vers l'islamo-gauchisme, surtout en milieu étudiant.

L'effondrement du pôle stalinien, référentiel éloigné ou considéré comme étranger au communisme historique, avait créé un grand vide. La nature a horreur du vide. Et il fut rempli par l'islam. Et on en voit les dégâts de nos jours. Il ne semble pas y avoir de désaccords de fond entre islamo-gauchistes et maximalistes : l'islam comme religion n'en serait pas la cause. Seuls les « radicalisés » de Daesch et les complots de la CIA ou des services à Poutine expliqueraient d'une part le terrorisme permanent de ces engeances quand la majorité des croyants, souvent victimes eux-mêmes (cf. massacres interconfessionnels en Irak ou en Syrie, meurtres des civils chez les pétromonarchies, etc.) ; d'autre part les vagues de migrants ne feraient que fuir ces lieux de meurtre et de misère. C'est à la fois plus complexe et plus dérangeant, et la fin du texte de Jerry qui montre un grand angélisme sur l'unité internationale du prolétariat, reste encore la prière sacerdotale des diverses minorités révolutionnaire (ou pas) pour s'éviter de creuser les contradictions nombreuses à notre époque qui ne donnent raison ni à Marx ni à Huntington, mais en partie à chacun. L'immigration de masse est désormais synonyme d'implosion du capitalisme. Elle est aussi le socle sur lequel s'appuie le nouvel antiracisme « racialisé » et indigeste pour prolonger cette morale anti-blanc que Jerry dénonçait déjà, comme suppléante à une réelle lutte de classe politique, ne fusionnant pas les classes dans une éthique néo-chrétienne et dissolvante.

Même si je ne suis pas d'accord avec toutes les naïvetés de Jerry – et il n'est plus de ce monde pour prendre connaissance de toutes les dérives et vilenies de la classe dominante – je persiste à considérer son texte comme de grande qualité, en particulier parce qu'il révèle que la question de l'immigration n'a pas toujours été un boulevard pour le mouvement ouvrier, et que les exhortations simplistes à l'antiracisme tournent non seulement le dos à l'avenir mais sont pain béni pour la bourgeoisie.

Il n'a pas eu le temps de traiter de la question de la progression de l'islam qui, malheureusement est devenu un problème culturel envahissant qui vient troubler le mode de vie, certes occidental mais laïc en son cœur et sur le lieu de boulot. La moitié des jeunes lycéens en France seraient pour le port du voile, ce qui est effarant lorsque l'on sait que c'est plutôt par peur, et qu'ils ont peur de critiquer l'islam parce que, parmi eux, des élèves arabes leur assurent que c'est blasphématoire. Comme c'est blasphématoire de critiquer le capitalisme... Religion politique l'islam sert à justifier n'importe quel coup de couteau au sortir des écoles et à menacer les enseignants. Qui peut nier que l'immigration sert à « importer » un peu plus le désir d'islam ? Non pas de changer la société comme finissaient par le désir les millions de migrants du temps passé, mais de faire carrière dans une société « antiraciste », avec une Assa Traoré qui se prend pour Angela Davis, sans jamais couper sa crinière pour se faire voir, et en déchaînant la haine contre les « blancs » pas contre le capitalisme. L'obscurantisme au Moyen Age c'est l'imaginaire présence de dieu dans tous les moments de la vie quotidienne et privée, aux champs, comme à la veillée, dieu était sur ton dos pour surveiller ou combattre tes péchés. L'islam renoue avec cette superstition qui a tant servi aux rois et aux esclavagistes, c'est pourquoi l'antiracisme et la justice bourgeoise sont ses deux principales armes. Et le terrorisme divin le garde-chiourme. Une guerre de civilisation donc qui n'est pas reconnue et dont personne n'ose imaginer l'aboutissement. Huntington et Jerry ne sont en tout cas plus là pour nous dire leur avis2.

Notes de la présentation:

  1. Jerry et sa compagne chez moi

    1 Revue Internationale du CCI n° 140 - 1er trimestre 2010 L'immigration et le mouvement ouvrier. Pour lire l'article entièrement c'est ici : L'immigration et le mouvement ouvrier | Courant Communiste Internationa

2 Jerry vivant y perdrait son latin, lui qui croyait encore dans les années 1980 aux vertus d'un enseignement « démocratique », comme il le déclarait sur le web sous un commentaire journalistique  « Jerry Bornstein, bibliothécaire en chef adjoint à la bibliothèque Newman, raconte ses histoires en aidant les clients à trouver de l’information dans la bibliothèque. « [...] aider les élèves à apprendre à trouver de l’information, à évaluer l’information et à utiliser l’information est important non seulement pour les aider à réussir à l’école, à se préparer à leur future carrière, mais aussi pour la société. Toute la notion de société démocratique repose sur l’idée d’une citoyenneté informée", a déclaré le professeur Bornstein ». L'éduque naze en France n'est même pas fichue de défendre ses enseignants agressés, leur interdit de porter plainte afin de ne pas favoriser... le racisme. Les élites de la gauche caviar et le show bisnesse sont intégralement « antiracistes ». Le portable est roi. Plus rien n'est à respecter... sauf l'islam.

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(…) Aux Etats-Unis, la décadence s’est accompagnée d’un changement abrupt : d’une politique de large ouverture à l’immigration (sauf en ce qui concerne les restrictions de longue date envers les Asiatiques) à des politiques gouvernementales d’immigration extrêmement restrictives. Avec le changement de période économique, il y eut globalement moins besoin d’un afflux continuel et massif de force de travail. Mais ce ne fut pas la seule raison d’une immigration plus contrôlée, des facteurs racistes et « anti-communistes » intervenant également. Le National Origins Act, loi adoptée en 1924, limita le nombre d’émigrants venant d’Europe à 150 000 personnes par an et fixa le quota pour chaque pays sur la base de la composition ethnique de la population américaine en 1890 – avant la vague massive d’émigration en provenance d’Europe de l’Est et du Sud. Les ouvriers immigrés d’Europe de l’Est étaient en partie visés sur la base d’un racisme éhonté afin de ralentir l’augmentation d’éléments "indésirables" comme les Italiens, les Grecs, les Européens de l’Est et les Juifs. Pendant la période de "Peur rouge" aux Etats-Unis qui a suivi la Révolution russe, les ouvriers immigrés d’Europe de l’Est étaient considérés comme incluant probablement un nombre disproportionné de "Bolcheviks" et ceux d’Europe du Sud, d’anarchistes. En plus de restreindre le flot des immigrés, la loi de 1924 créa, pour la première fois aux Etats-Unis, le concept d’ouvrier étranger non immigrant - qui pouvait venir aux Etats-Unis mais n’avait pas le droit d’y rester.

En 1950, le McCarran-Walter Act fut promulgué. Très influencé par le McCarthysme et l’hystérie anti-communiste de la Guerre froide, cette loi imposait de nouvelles limites à l’immigration sous couvert de lutte contre l’impérialisme russe. A la fin des années 1960, avec le début de la crise ouverte du capitalisme mondial, l’immigration américaine se libéralisa, augmentant le flot d’immigrés vers les Etats-Unis, qui venaient non seulement d’Europe, mais aussi d’Asie et d’Amérique latine, reflétant en partie le désir du capitalisme américain d’égaler le succès des puissances européennes en drainant leurs anciens pays coloniaux de travailleurs intellectuels qualifiés et talentueux, comme les scientifiques, les docteurs en médecine, les infirmiers et d’autres professions – ce qu’on appelle "la fuite des cerveaux" des pays sous-développés, et pour fournir des ouvriers agricoles peu payés. La conséquence inattendue des mesures de libéralisation fut l’augmentation spectaculaire de l’immigration, tant légale qu’illégale, en particulier en provenance d’Amérique latine.

En 1986, la politique américaine anti-immigration fut mise à jour avec la promulgation du Simpson-Rodino Immigration and naturalization Control Reform Act qui traitait de l’afflux d’immigrés illégaux venant d’Amérique latine et imposait, pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique, des sanctions (amendes et même emprisonnement) contre les employeurs qui embauchaient en connaissance de cause des ouvriers sans papiers. L’afflux d’immigrés illégaux s’était intensifié avec l’effondrement économique des pays du Tiers-Monde pendant les années 1970, et avait déclenché une vague d'émigration des masses appauvries fuyant le dénuement au Mexique, à Haïti et au Salvador ravagé par la guerre. L'énormité de cette vague hors de contrôle est reflétée par le nombre record de 1,6 million d'arrestations d’immigrés clandestins en 1986 par la police américaine de l’immigration.

Au niveau des campagnes idéologiques, l’utilisation de la stratégie "diviser pour régner" face à l’immigration, déjà utilisée comme outil tactique contre le prolétariat pendant l’ascendance du capitalisme, a atteint de nouveaux sommets pendant la décadence. Les immigrés sont accusés d'envahir les métropoles, de faire baisser les salaires et de les dévaloriser, d’être la cause de l’épidémie de criminalité et de "pollution" culturelle, de remplir les écoles, d'alourdir les programmes sociaux – bref de tous les problèmes sociaux imaginables. Cette tactique ne se limite pas aux Etats-Unis mais est également utilisée en France, en Allemagne et dans toute l’Europe où les immigrés d’Europe de l'Est servent de boucs-émissaires pour les calamités sociales dues à la crise et au capitalisme en décomposition, dans des campagnes idéologiques remarquablement similaires, démontrant ainsi que l'immigration de masse est une manifestation de la crise économique globale et de la décomposition sociale qui s'aggravent dans les pays moins développés. Tout ceci a pour but de créer des obstacles et de bloquer le développement de la conscience de classe dans la classe ouvrière, d'essayer d’embobiner les ouvriers pour qu’ils ne comprennent pas que c’est le capitalisme qui crée les guerres, la crise économique et tous les problèmes sociaux caractéristiques de sa décomposition sociale.

L'impact social de l'aggravation de la décomposition et des crises qui vont avec ainsi que le développement de la crise écologique amèneront sans aucun doute des millions de réfugiés vers les pays développés dans les années à venir. Si ces mouvements massifs et soudains de populations sont traités autrement que l’immigration de routine, ils le sont toujours d’une façon qui reflète l’inhumanité fondamentale de la société capitaliste. Les réfugiés sont souvent parqués dans des camps, séparés de la société qui les entoure et seulement relâchés et intégrés lentement, parfois après de nombreuses années ; ils sont plus traités comme des prisonniers et des indésirables que comme des membres de la communauté humaine. Une telle attitude est en totale opposition avec la solidarité internationaliste qui constitue clairement la perspective prolétarienne.


 La position historique du mouvement ouvrier sur l'immigration

Confronté à l’existence de différences ethniques, de race et de langue chez les ouvriers, historiquement, le mouvement ouvrier a été guidé par le principe : "les ouvriers n’ont pas de patrie", un principe qui a influencé à la fois la vie interne du mouvement ouvrier révolutionnaire et l'intervention de ce mouvement dans la lutte de classe. Tout compromis envers ce principe représente une capitulation envers l’idéologie bourgeoise.

Ainsi, par exemple, en 1847, les membres allemands de la Ligue des Communistes exilés à Londres, bien que préoccupés au premier chef par la propagande envers les ouvriers allemands, ont adhéré à la vision internationaliste et ont "maintenu des relations étroites avec les réfugiés politiques de toutes sortes de pays.5 A Bruxelles, la Ligue a "organisé un banquet internationaliste pour démontrer les sentiments fraternels que les ouvriers avaient pour les ouvriers des autres pays... Cent vingt ouvriers participèrent à ce banquet dont des Belges, des Allemands, des Suisses, des Français, des Polonais, des Italiens et un Russe". 6 Vingt ans plus tard, la même préoccupation a poussé la Première Internationale à intervenir dans les grèves avec deux objectifs centraux : empêcher la bourgeoisie de faire venir des briseurs de grève de l'étranger et apporter un soutien direct aux grévistes comme elle le fit envers les fabricants de tamis, les tailleurs et les vanniers à Londres et envers les fondeurs de bronze à Paris. 7 Lorsque la crise économique de 1866 provoqua une vague de grèves à travers toute l'Europe, le Conseil général de l'Internationale "soutint les ouvriers par ses conseils et son assistance et mobilisa la solidarité internationale du prolétariat en leur faveur. De cette façon, l'Internationale priva la classe capitaliste d'une arme très efficace et les patrons ne purent plus freiner la combativité de leurs ouvriers en important une main d'œuvre étrangère bon marché... Là où elle avait de l'influence, elle cherchait à convaincre les ouvriers que c'était dans leur intérêt de soutenir les luttes salariales de leurs camarades étrangers." 8 De même, en 1871, lorsque le mouvement pour la journée de 9 heures se développa en Grande-Bretagne, organisé par la Nine Hours League et non par les syndicats qui restèrent en dehors de la lutte, la Première Internationale lui apporta son soutien en envoyant des représentants en Belgique et au Danemark pour "empêcher les intermédiaires des patrons de recruter des briseurs de grève dans ces pays, ce qu'ils réussirent avec beaucoup de succès.9

L'exception la plus marquante à cette position internationaliste eut lieu aux Etats-Unis en 1870-71 où la section américaine de l'Internationale s'opposa à l'immigration d'ouvriers chinois aux Etats-Unis parce que les capitalistes les utilisaient pour faire baisser les salaires des ouvriers blancs. Un délégué de Californie se plaignit du fait que "les Chinois ont fait perdre des milliers d'emplois aux hommes, femmes et enfants blancs". Cette position exprimait une interprétation erronée de la critique portée par Marx au despotisme asiatique en tant que mode de production anachronique dont la domination en Asie devait être renversée pour que le continent asiatique s'intègre dans les rapports de production modernes et pour que se constitue un prolétariat moderne en Asie. Le fait que les travailleurs asiatiques ne soient pas encore prolétarisés et soient donc susceptibles d'être manipulés et surexploités par la bourgeoisie, n'a malheureusement pas constitué une impulsion pour étendre la solidarité à cette main d'œuvre et pour l'intégrer dans la classe ouvrière américaine dans son ensemble, mais a servi à donner une explication rationnelle à l'exclusion raciste.

Quoi qu'il en soit, la lutte pour l'unité de la classe ouvrière internationale se poursuivit dans la Deuxième Internationale. Il y a un peu plus de cent ans, au Congrès de Stuttgart de 1907, l'Internationale rejeta massivement une tentative opportuniste proposant de soutenir la restriction par les gouvernements bourgeois de l'immigration chinoise et japonaise. L'opposition fut si grande que les opportunistes furent en fait contraints de retirer leur résolution. A la place, le Congrès adopta une position anti-exclusion pour le mouvement ouvrier dans tous les pays. Dans le Rapport qu'il fait de ce Congrès, Lénine écrivit : "Sur cette question [de l'immigration] également se fit jour en commission une tentative de soutenir d'étroites conceptions de corporation, d'interdire l'immigration d'ouvriers en provenance des pays arriérés (celle des coolies venus de Chine, etc.). C'est là le reflet de l'esprit "aristocratique" que l'on trouve chez les prolétaires de certains pays "civilisés" qui tirent certains avantages de leur situation privilégiée et qui sont pour cela enclins à oublier les impératifs de la solidarité de classe internationale. Mais au Congrès proprement dit, il ne se trouva pas d'apologistes de cette étroitesse petite-bourgeoise de corporation, et la résolution répond pleinement aux exigences de la social-démocratie révolutionnaire.10

Aux Etats-Unis, lors des Congrès du Parti socialiste, en 1908, 1910 et 1912, les opportunistes cherchèrent à présenter des résolutions permettant d’échapper à la décision du Congrès de Stuttgart et exprimèrent leur soutien à l'opposition de l'AFL (American Federation of Labor) à l’immigration. Mais ils furent battus à chaque fois par des camarades qui défendaient la solidarité internationale de tous les ouvriers. Un délégué admonesta les opportunistes en disant que pour la classe ouvrière "il n’y a pas d’étrangers". D’autres insistèrent sur le fait que le mouvement ouvrier n’a pas à se joindre aux capitalistes contre des groupes d'ouvriers. En 1915, dans une lettre à la Socialist Propaganda League (le précurseur de l'aile gauche du Parti socialiste qui allait fonder, plus tard, le Communist Party et le Communist Labor Party aux Etats-Unis), Lénine écrivait : "Dans notre lutte pour le véritable internationalisme et contre le "jingo-socialisme", notre presse dénonce constamment les chefs opportunistes du S.P. d'Amérique, qui sont partisans de limiter l'immigration des ouvriers chinois et japonais (surtout depuis le congrès de Stuttgart de 1907, et à l'encontre de ses décisions). Nous pensons qu'on ne peut pas, à la fois, être internationaliste et se prononcer en faveur de telles restrictions.11

Historiquement, les immigrés ont toujours joué un rôle important dans le mouvement ouvrier aux Etats-Unis. Les premiers marxistes révolutionnaires émigrèrent aux Etats-Unis après l’échec de la révolution de 1848 en Allemagne et établirent des liens vitaux avec le centre de la Première Internationale en Europe. Engels introduisit certaines conceptions problématiques dans le mouvement socialiste aux Etats-Unis, concernant les immigrés ; certains aspects étaient justes, mais d’autres étaient erronés et eurent finalement un impact négatif sur les activités organisationnelles du mouvement révolutionnaire américain. Friedrich Engels était préoccupé de la lenteur avec laquelle le mouvement ouvrier commençait à se développer aux Etats-Unis. Il pensait que cela venait de certaines spécificités de la situation en Amérique, notamment de l'absence de tradition féodale avec son fort système de classes, et de l’existence de la Frontière qui servait de soupape de sécurité à la bourgeoisie et permettait aux ouvriers mécontents de fuir leur existence de prolétaires pour devenir fermiers ou colons à l’Ouest. Un autre aspect était le gouffre qui séparait les ouvriers natifs des Etats-Unis et les ouvriers immigrés sur le plan des possibilités économiques ainsi que l’incapacité des ouvriers immigrés de communiquer avec les ouvriers du pays. Par exemple, pour critiquer les immigrés socialistes allemands de ne pas apprendre l’anglais, Engels écrivit : "Ils devront retirer tous les vestiges de leur costume d’étranger. Ils doivent devenir complètement des Américains. Ils ne peuvent attendre que les Américains viennent vers eux ; ce sont eux, la minorité et les immigrés, qui doivent aller vers les Américains qui constituent la vaste majorité de la population et sont nés là. Pour faire cela, ils doivent commencer par apprendre l’anglais." 12 Il est vrai qu’il existait chez les révolutionnaires immigrés allemands dans les années 1880 une tendance à se limiter au travail théorique et à laisser de côté le travail envers les masses des ouvriers du pays, ceux de langue anglaise, ce qui suscita les commentaires d’Engels. Il est également vrai que le mouvement révolutionnaire mené par les immigrants devait s’ouvrir aux ouvriers américains parlant anglais, mais l’insistance sur l’américanisation du mouvement qui était implicite dans les remarques d’Engels s’avéra désastreuse pour le mouvement ouvrier car elle eut pour conséquence de laisser les ouvriers les plus formés et expérimentés dans des rôles secondaires et d'en remettre la direction entre les mains de militants peu formés, dont la qualité première était d’être nés dans le pays et de parler anglais. Après la Révolution russe, l’Internationale communiste poursuivit la même politique et ses conséquences furent encore plus désastreuses pour le jeune Parti communiste. L’insistance de Moscou pour que les militants nés aux Etats-Unis soient nommés à la direction catapulta les opportunistes et les carriéristes comme William Z. Foster à des postes clé, rejeta les révolutionnaires d’Europe de l’Est qui avaient des penchants pour le communisme de gauche à la périphérie du Parti et accéléra le triomphe du stalinisme dans le Parti aux Etats-Unis.

De même, une autre remarque d’Engels était aussi problématique: "Il me semble que le grand obstacle aux Etats-Unis réside dans la position exceptionnelle des ouvriers du pays… (La classe ouvrière du pays) a développé et s’est aussi, dans une grande mesure, organisée elle-même en syndicats. Mais elle garde toujours une attitude aristocratique et quand c’est possible, laisse les emplois ordinaires et mal payés aux immigrants dont seulement une petite partie adhère aux syndicats aristocratiques." 13. Même si elle (la remarque d'Engels) décrivait de façon tout à fait juste la façon dont les ouvriers du pays et les immigrés étaient effectivement divisés entre eux, elle sous-entendait de façon erronée que c’étaient les ouvriers américains et pas la bourgeoisie qui étaient responsables du gouffre entre les différentes parties de la classe ouvrière. Alors que ces commentaires parlaient des divisions dans la classe ouvrière immigrée blanche, les nouveaux gauchistes les interprétèrent, au cours des années 1960, dans le sens de donner une base à la "théorie" du "privilège de la peau blanche". 14


De toutes façons, l’histoire même de la lutte de classe aux Etats-Unis a réfuté la vision d’Engels selon laquelle l’américanisation des immigrés constituait une pré-condition à la constitution d’un mouvement socialiste fort aux Etats-Unis. La solidarité et l’unité de classe au delà des aspects ethniques et linguistiques furent une caractéristique centrale du mouvement ouvrier au tournant du 20e siècle. Les partis socialistes américains avaient une presse de langue étrangère et publiaient des dizaines de journaux, quotidiens et hebdomadaires, en plusieurs langues. En 1912, le Socialist Party publiait aux Etats-Unis 5 quotidiens en anglais et 8 dans d’autres langues, 262 hebdomadaires en anglais et 36 dans d’autres langues, 10 mensuels d’actualité en anglais et 2 dans d’autres langues, et ceci n’inclut pas les publications du Socialist Labor Party. A l'intérieur du Socialist Party, il existait 31 fédérations de langue étrangère : arménienne, bohémienne, bulgare, croate, tchèque, danoise, estonienne, finnoise, française, allemande, grecque, hispanique, hongroise, irlandaise, italienne, japonaise, juive, lettonne, lithuanienne, norvégienne, polonaise, roumaine, russe, scandinave, serbe, slovaque, slovène, slave du sud, espagnole, suédoise, ukrainienne, yougoslave. Ces fédérations constituaient la majorité de l’organisation. La majorité des membres du Communist Party et du Communist Labor Party, fondés en 1919, étaient des immigrés. De même le développement des Industrial Workers of the World (IWW) dans la période qui a précédé la Première Guerre mondiale provenait essentiellement de l’adhésion des immigrés, et même les IWW à l’Ouest qui comptaient beaucoup d’Américains "de naissance", comportaient des milliers de Slaves, de Chicanos et de Scandinaves dans leurs rangs.

La lutte la plus fameuse des IWW, la grève dans le textile à Lawrence en 1912, montra la capacité de solidarité entre les ouvriers immigrés et non immigrés. Lawrence était une ville industrielle du Massachusetts où les conditions de travail étaient déplorables. La moitié des ouvriers étaient des adolescentes entre 14 et 18 ans. Les ouvriers qualifiés étaient en général des gens qui parlaient anglais de descendance anglaise, irlandaise ou allemande. Les ouvriers non qualifiés étaient des Canadiens français, des Italiens, des Slaves, des Hongrois, des Portugais, des Syriens et des Polonais. Une baisse des salaires dans l’une des usines suscita une grève chez les femmes tisserandes polonaises qui s’étendit rapidement à 20 000 ouvriers. Un comité de grève organisé avec les IWW comprenait deux représentants de chaque groupe ethnique et réclamait 15 % d’augmentation de salaire et pas de représailles contre les grévistes. Les réunions pendant la grève étaient traduites en vingt-cinq langues. Lorsque les autorités répondirent par la répression violente, le comité de grève lança une campagne en envoyant plusieurs centaines d’enfants de grévistes chez des sympathisants de la classe à New York. Quand le second convoi de 100 enfants partit pour se rendre chez des sympathisants dans le New Jersey, les autorités s’en prirent aux mères et aux enfants, les arrêtèrent et les molestèrent devant la presse nationale ; cela eut pour résultat un déploiement national de solidarité. Les IWW utilisèrent la même tactique, lors d’une grève dans le secteur de la soie à Paterson, dans le New Jersey, en 1913, en envoyant les enfants d’ouvriers immigrés grévistes chez des "mères de grèves" dans d'autres villes ; à cette occasion encore, les ouvriers démontrèrent leur solidarité de classe par delà les barrières ethniques.

Au cours de la guerre, le rôle des émigrés et immigrants de l’aile gauche du mouvement socialiste fut particulièrement important. Par exemple, Trotsky participa à une réunion, le 14 janvier 1917 à Brooklyn, chez Ludwig Lore, immigrant d’Allemagne, pour planifier un "programme d’action" des forces de gauche du mouvement socialiste américain ; il venait d’arriver la veille à New York ; participèrent aussi Boukharine qui résidait déjà aux Etats-Unis et travaillait comme éditeur de Novy Mir, l’organe de la Fédération socialiste de Russie ; plusieurs autres immigrés russes ; S.J. Rutgers, révolutionnaire hollandais, compagnon de lutte de Pannekoek ; et Sen Katayama, émigré japonais. Selon des témoins visuels, les Russes dominèrent la discussion ; Boukharine défendait la scission immédiate de la gauche avec le Socialist Party, et Trotsky que la gauche devait rester dans le Parti pour le moment, mais devait développer sa critique en publiant tous les quinze jours une publication indépendante ; c’est cette dernière position qui fut adoptée par la réunion. S’il n’était pas rentré en Russie après la révolution de février, Trotsky aurait probablement été à la tête de l’aile gauche du mouvement américain. 15 La coexistence de plusieurs langues ne constituait pas un obstacle au mouvement ; au contraire, c’était un reflet de sa force. Lors d’une manifestation massive en 1917, Trotsky s’adressa à la foule en russe et d’autres en allemand, finnois, anglais, letton, yiddish et lithuanien. 16


 La théorisation bourgeoise de l’idéologie anti-immigrés


Les idéologues bourgeois défendent l’idée que les caractéristiques de l’émigration massive actuelle vers l’Europe et les Etats-Unis sont totalement différentes de celles de l'émigration dans des périodes précédentes de l’histoire. Il y a derrière cela l’idée que, aujourd'hui, les immigrés affaiblissent, détruisent même les sociétés qui les accueillent, refusent de s’intégrer dans leur nouvelle société et en rejettent les institutions politiques et la culture. En Europe, le livre de Walter Laqueur, The Last Days of Europe: Epitaph for an Old Continent, publié en 2007, défend l’idée que l’immigration musulmane est responsable du déclin européen.

Le professeur de sciences politiques bourgeois, Samuel P. Huntington de l’Université de Harvard, dans son livre publié en 2004, Who Are We: The Challenges to America's National Identity défend le point de vue que les immigrés d’Amérique latine, les Mexicains en particulier, qui sont arrivés aux Etats-Unis au cours des trois dernières décennies parleront probablement moins l’anglais que les précédentes générations d’immigrés venant d’Europe parce qu’ils parlent tous la même langue, qu’ils sont concentrés dans les mêmes régions et sont confinés dans des enclaves où l’on parle espagnol, qu’ils sont moins intéressés à s’assimiler d’un point de vue linguistique et culturel et sont encouragés à ne pas apprendre l’anglais par les gauchistes qui fomentent des politiques identitaires. Huntington déclare en plus que la "bifurcation", la division de la société américaine selon des lignes de division raciale noirs/blancs qui a existé pendant des générations, est aujourd’hui menacée d’être déplacée/remplacée par une "bifurcation" culturelle entre les immigrés de langue espagnole et les américains de souche qui parlent anglais, ce qui met en jeu l’identité et la culture nationales américaines.

Laqueur comme Huntington s'enorgueillissent de leur éminente carrière d'idéologues de la Guerre froide au service de la bourgeoisie. Laqueur est un érudit juif conservateur, survivant de l’Holocauste, farouchement pro-sioniste, anti-arabe, et consultant du Centre d’Etudes internationales et stratégiques (CSIS) de Washington qui a servi de "groupe de réflexion" pendant la Guerre froide en étroit lien avec le Pentagone à partir de 1962. L'ancien Secrétaire d'Etat de Bush à la Défense, Rumsfeld, a régulièrement consulté le CSIS. Huntington, professeur de sciences politiques à Harvard, a été conseiller de Lyndon Johnson pendant la guerre du Vietnam et, en 1968, a recommandé une politique de grand bombardement des campagnes vietnamiennes afin de saper le soutien des paysans au Viêt-Cong et les forcer à aller dans les villes. Plus tard, il a travaillé avec la Commission trilatérale dans les années 1970, est l’auteur du rapport sur la Governibility of Democracies (La crise de la démocratie : Rapport sur La gouvernabilité des démocraties à la Commission trilatérale) en 1976. A la fin des années 1970, sous l’administration Carter, il a servi comme coordonnateur politique du Conseil national de Sécurité. En 1993, il a écrit un article dans Foreign Affairs qui est devenu un livre par la suite, intitulé Le choc des civilisations (The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order), dans lequel il développe la thèse selon laquelle, après l’effondrement de l’URSS, ce serait la culture et non plus l’idéologie qui deviendrait la base la plus importante des conflits dans le monde. Il prévoyait qu’un choc de civilisations imminent entre l’Islam et l’Occident constituerait le conflit international central dans le futur. Bien que le point de vue de Huntington sur l’immigration en 2004 ait été en grande partie écarté par les intellectuels spécialisés dans l’étude des populations et les questions de l’immigration et de l’assimilation, ses vues ont été largement répandues par les médias et les experts en politique autour de Washington.

Les protestations d'Huntington sur le fait que les immigrés de langue étrangère refuseraient d’apprendre l’anglais, résisteraient à l’assimilation et contribueraient à la pollution culturelle, n’ont rien de nouveau aux Etats-Unis. A la fin des années 1700, Benjamin Franklin avait peur que la Pennsylvanie ne soit submergée par la "nuée" des immigrés d’Allemagne. "Pourquoi la Pennsylvanie", demandait Franklin, "fondée par les Anglais, devrait-elle devenir une colonie d’étrangers qui seront bientôt si nombreux qu’ils nous germaniseront plutôt que nous les anglicisions ?". En 1896, le président Francis Walker de l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), économiste influent, mettait en garde contre le fait que la citoyenneté américaine pourrait être dégradée par "l’accès tumultueux de multitudes de paysans ignorants et brutalisés des pays d’Europe de l’Est et du Sud". Le président Théodore Roosevelt était si contrarié par l’afflux d’immigrés de langue étrangère qu’il proposa : "Il faut exiger de tous les immigrés qui viennent ici qu'ils apprennent l’anglais dans les cinq ans ou qu'ils quittent le pays". L’historien de Harvard, Arthur Schlesinger Senior, a déploré de la même façon "l’infériorité" sociale, culturelle et intellectuelle des immigrés d’Europe du Sud et de l’Est. Toutes ces plaintes et ces peurs d’hier sont remarquablement similaires à celles de Huntington aujourd’hui.

La réalité historique n'a jamais donné raison à ces peurs xénophobes. Même s’il a toujours existé, dans chaque groupe d’immigrés, une certaine partie qui cherchait à apprendre l’anglais à tout prix, à s’assimiler rapidement et à réussir économiquement, habituellement, l’assimilation s'est développée de façon graduelle – en général sur une période de trois générations. Les immigrants adultes conservaient en général leur langue maternelle et leurs traditions culturelles aux Etats-Unis. Ils vivaient dans des quartiers d’immigrés où ils parlaient leur langue dans la communauté, dans les magasins, dans les réunions religieuses, etc. Ils lisaient des livres et des journaux dans leur langue natale. Leurs enfants, immigrés quand ils étaient très jeunes ou nés aux Etats-Unis, étaient en général bilingues. Ils apprenaient l’anglais à l’école et, au 20e siècle, étaient entourés par l’anglais dans la culture de masse, mais parlaient aussi la langue de leurs parents à la maison et se mariaient en général au sein de leur communauté ethnique. A la troisième génération, les petits-enfants des immigrés perdaient en général l’habitude de parler la langue de leurs grands parents et tendaient à ne parler que l’anglais. Leur assimilation culturelle était marquée par une tendance croissante à se marier en dehors de la communauté ethnique d’origine. Malgré l'importance de l'immigration hispanique au cours des dernières années, les mêmes tendances à l'assimilation semblent perdurer de la même façon dans la période actuelle aux Etats-Unis, selon de récentes études du Pew Hispanic Center et de l'Université de Princeton. 17

Cependant, même si la vague actuelle d’immigration était qualitativement différente des précédentes, quelle importance cela aurait-il ? Si les ouvriers n’ont pas de patrie, pourquoi serions-nous concernés par la question de l’assimilation ? Engels a défendu l'américanisation dans les années 1880 non comme une fin en soi, comme une sorte de principe intemporel du mouvement ouvrier, mais comme un moyen de construire un mouvement socialiste de masse. Mais, comme nous l’avons vu, l'idée que l’américanisation constituerait une pré-condition nécessaire pour développer l’unité de la classe ouvrière a été réfutée par la pratique du mouvement ouvrier lui-même au début du 20e siècle, qui a démontré, sans équivoque possible, que le mouvement ouvrier peut embrasser la diversité et le caractère international du prolétariat et construire un mouvement uni contre la classe dominante.

Alors que les récentes émeutes dans les bidonvilles d’Afrique du Sud constituent un signal d’alerte par rapport au fait que les campagnes anti-immigrés de la bourgeoisie mènent à la barbarie dans la vie sociale, il est évident que la propagande capitaliste exagère la colère anti-immigrés dans la classe ouvrière des métropoles. Aux Etats-unis par exemple, malgré les grands efforts des médias bourgeois et la propagande d'extrême-droite pour attiser la haine contre les immigrés sur les questions de langue et de culture, l’attitude dominante dans la population en général, y compris chez les ouvriers, est de considérer que les immigrés sont des travailleurs qui cherchent à gagner leur vie pour soutenir leurs familles, qu’ils font un travail trop pénible et trop mal payé pour les ouvriers "du pays" et qu’il serait insensé de les renvoyer. 18 Dans la lutte de classe elle-même, il y a de plus en plus de manifestations de solidarité entre ouvriers immigrés et ouvriers "de souche", qui rappellent l'unité internationaliste à Lawrence en 1912. Par exemple, il y a eu les luttes de 2008 comme le soulèvement en Grèce où les ouvriers immigrés ont rejoint la lutte, ou la grève de la raffinerie de Lindsey en Grande-Bretagne en 2009 où les immigrés ont clairement exprimé leur solidarité, ou encore, aux Etats-Unis, lors de l'occupation par les ouvriers immigrés hispaniques de l'usine Window and Door Republic devant laquelle les ouvriers "natifs" se sont rassemblés pour montrer leur soutien en apportant notamment de quoi manger.

 L'intervention des révolutionnaires sur la question de l'immigration

D’après ce que rapportent les médias, 80 % des Britanniques pensent que le Royaume Uni fait face à une crise de population du fait de l’immigration ; plus de 50 % ont peur que la culture britannique ne disparaisse ; 60 % que la Grande-Bretagne est plus dangereuse du fait de l’immigration ; et 85 % veulent que l’on diminue ou mette un terme à l’immigration. 19 Le fait qu’il existe une réceptivité à la peur irrationnelle exprimée dans le racisme et la xénophobie propagée par l'idéologie bourgeoise chez certains éléments de la classe ouvrière ne nous surprend pas dans la mesure où l'idéologie de la classe dominante, dans une société de classe, exerce une immense influence sur la classe ouvrière jusqu'à ce que se développe une situation ouvertement révolutionnaire. Cependant, quel que soit le succès de l'intrusion idéologique de la bourgeoisie dans la classe ouvrière, pour le mouvement révolutionnaire, le principe selon lequel la classe ouvrière mondiale est une unité, les ouvriers n’ont pas de patrie, est un principe de base de la solidarité prolétarienne internationale et de la conscience de la classe ouvrière. Tout ce qui insiste sur les particularismes nationaux, aggrave, manipule ou contribue à la "désunion" de la classe ouvrière est contraire à la nature internationaliste du prolétariat comme classe, et est une manifestation de l’idéologie bourgeoise que les révolutionnaires combattent. Notre responsabilité est de défendre la vérité historique : les ouvriers n’ont pas de patrie.

Quoi qu’il en soit, comme d’habitude, les accusations de l’idéologie bourgeoise contre les immigrés sont plus un mythe qu’une réalité. Il y a bien plus de probabilités que les immigrés soient victimes de criminels qu'ils ne soient des criminels eux-mêmes. De façon générale, les immigrés sont honnêtes, des ouvriers qui travaillent dur, surexploités au-delà de toute limite, pour gagner de quoi vivre et envoyer de l’argent à leur famille restée "au pays". Ils sont souvent floués par des patrons peu scrupuleux qui les paient moins que le salaire minimum et refusent de payer leurs heures supplémentaires, par des propriétaires tout aussi peu scrupuleux qui leur font payer des loyers exorbitants pour de vrais taudis, et par toutes sortes de voleurs et d’agresseurs – qui tous comptent sur la peur des immigrés envers les autorités qui les empêche de porter plainte. Les statistiques montrent que la criminalité a tendance à augmenter chez les seconde et troisième générations dans les familles d’immigrés ; pas parce qu’ils proviennent de l’immigration mais du fait de leur pauvreté continuellement oppressante, de la discrimination et du manque de perspectives en tant que pauvres.20

Il est essentiel d’être clair sur la différence existant aujourd’hui entre la position de la Gauche communiste et celle de tous les défenseurs d'une idéologie anti-raciste (y compris ceux qui se prétendent révolutionnaires). Malgré la dénonciation du caractère raciste de l'idéologie anti-immigrés, les actions qu'ils préconisent restent sur le même terrain. Au lieu de souligner l’unité fondamentale de la classe ouvrière, ils mettent en avant ses divisions. Dans une version mise à jour de la vieille théorie du "privilège de la peau blanche", on blâme, avec des arguments moralistes, les ouvriers qui se méfient des immigrés, et pas le capitalisme pour son racisme anti-immigrés ; et on poursuit même en glorifiant les ouvriers immigrés comme des héros plus purs que les ouvriers de souche. Les "anti-racistes" soutiennent les immigrés contre les non-immigrés au lieu de mettre en avant l’unité de la classe ouvrière. L’idéologie multiculturelle qu'ils propagent dévoie la conscience de classe des ouvriers sur le terrain de la "politique d’identité" pour laquelle c’est "l’identité" nationale, linguistique, ethnique qui est déterminante, et pas l’appartenance à la même classe. Cette idéologie empoisonnée dit que les ouvriers mexicains ont plus en commun avec les éléments mexicains bourgeois qu’avec les autres ouvriers. Face au mécontentement des ouvriers immigrés confrontés aux persécutions qu’ils subissent, l'anti-racisme les enchaîne à l’Etat. La solution qui est proposée aux problèmes des immigrés est invariablement d’avoir recours à la légalité bourgeoise, que ce soit en recrutant les ouvriers pour les syndicats, ou pour la réforme de la loi sur l’immigration, ou en enrôlant les immigrés dans la politique électorale ou la reconnaissance formelle de "droits" légaux. Tout sauf la lutte de classe unie du prolétariat.

La dénonciation par la Gauche communiste de la xénophobie et du racisme contre les immigrés se distingue radicalement de cette idéologie anti-raciste. Notre position est en continuité directe avec celle qu’a défendue le mouvement révolutionnaire depuis la Ligue des communistes et le Manifeste communiste, la Première Internationale, la gauche de la Deuxième Internationale, les IWW et les Partis communistes à leurs débuts. Notre intervention insiste sur l’unité fondamentale du prolétariat, dénonce les tentatives de la bourgeoisie de diviser les ouvriers entre eux, s’oppose au légalisme bourgeois, aux politiques identitaires et à l’interclassisme. Par exemple, le CCI a défendu cette position internationaliste aux Etats-Unis en dénonçant la manipulation capitaliste visant à ce que les manifestations de 2006 (en faveur de la légalisation des immigrés) aient été composées principalement d’immigrés hispaniques. Comme nous l’avons écrit dans Internationalism 21, ces manifestations étaient "dans une grande mesure une manipulation bourgeoise", "totalement sur le terrain de la bourgeoisie qui a provoqué les manifestations, les a manipulées, contrôlées et ouvertement dirigées", et étaient infestées de nationalisme, "que ce soit le nationalisme latino qui à surgi au début des manifestations ou la ruée écœurante pour affirmer son récent américanisme " qui "avait pour but de court-circuiter totalement toute possibilité pour les immigrés et les ouvriers de souche américaine de reconnaître leur unité essentielle."

Par dessus tout, nous devons défendre l’unité internationale de la classe ouvrière. Comme internationalistes prolétariens, nous rejetons l’idéologie bourgeoise et ses constructions sur "la pollution culturelle", la "pollution linguistique", "l’identité nationale", "la méfiance envers les étrangers" ou "la défense de la communauté ou du quartier". Au contraire, notre intervention doit défendre les acquis historiques du mouvement ouvrier : les ouvriers n’ont pas de patrie ; la défense de la culture nationale, de la langue ou de l’identité n’est pas une tâche ni une préoccupation du prolétariat ; nous devons rejeter les tentatives de tous ceux qui cherchent à utiliser les conceptions bourgeoises pour exacerber les différences au sein de la classe ouvrière, pour saper son unité. Quelles que soient les intrusions d'une idéologie de classe étrangère qui ont pu historiquement avoir lieu, le fil rouge qui traverse toute l'histoire du mouvement ouvrier est la solidarité et l'unité de classe internationaliste. Le prolétariat vient de beaucoup de pays, parle beaucoup de langues mais est une seule classe mondiale dont la responsabilité historique est d'affronter le système d'exploitation et d'oppression capitaliste. Nous considérons la diversité ethnique, culturelle, linguistique de notre classe avant tout comme une force et nous soutenons la solidarité internationale prolétarienne face aux tentatives de nous diviser entre nous. Nous devons transformer le principe "les ouvriers n'ont pas de patrie" en une réalité vivante qui contient la possibilité de créer une communauté humaine authentique dans une société communiste. Toute autre perspective constitue un abandon du principe révolutionnaire.


Notes qui suivent le début du texte de Jerry:


6 Franz Mehring, Karl Marx, traduit de l'anglais par nous

7 GM Stekloff, History of the First International, Angleterre 1928, traduit de l'anglais par nous.

8 Franz Mehring, op.cit.

9 Ibid.

10 "Le Congrès socialiste internationale de Stuttgart", publié le 20 octobre 1907 dans le n°17 de Prolétari, Oeuvres complètes, Tome 13, p. 79, Editions sociales. Nous laissons de côté la discussion de la question de l' "aristocratie ouvrière", implicite dans le texte de Lénine.

11 Lettre au secrétaire de la SPL, 9 novembre 1915.

12 Lettre aux Américains, traduit de l'anglais par nous.

13 Lettre à Schlüter, op.cit

14 La "White Skin Privilege Theory" ou "théorie du privilège de la peau blanche" a été concoctée par les nouveaux gauchistes des années 1960 qui prétendaient que la classe dominante et la classe ouvrière blanche avaient un deal pour accorder aux ouvriers blancs un niveau de vie supérieur, aux dépens des ouvriers noirs qui subissaient le racisme et la discrimination.

15 Cf. Theodore Draper, The Roots of American Communism     


16 Ibid.

17 Voir "2003-2004 Pew hispanic Center.the Kaiser Family Foundation Survey of Latinos: Education" et Rambaut, reuben G., Massey, Douglas, S. and Bean, Frank D. "Linguistic Life Expectancies: Immigrant Language Retention in Southern California. Population and Development", 32 (3): 47-460, septembre 2006

18 "Problems and Priorities", PollingReport.com.

19 Sunday Express, 6 avril 2008

20 States News Service, Immigration Fact Check : Responding to Key Myths, 22 juin 2007.

21 Internationalism, n° 139, été 2006 : « Immigrant demonstrations : Yes to the unity with the working class ! No to the unity with the exploiters !”



Mort de Jean-Denis Martignon

(1949-2020)

éditeur de musique punk à New York

Le principal anarchiste PN au lycée Buffon

(années 1967-1968)

jeudi 1 avril 2021

Les radotages antifas de la revue Frustration

 


Quatre frustrés dans le vent islamo-gauchiste


La principale ficelle de l'islamo-gauchiste est la négation de la réalité au nom des mêmes poncifs de la gauche bourgeoise qui ont fait faillite : vous vous faites avoir par la propagande gouvernementale ou vous servez les plats au « front national », vieux remugles de feu Georges Marchais, subtil penseur simpliste de la lutte contre l'Etat capitaliste, chargé d'aider tous ces pauvres ouvriers (certes blancs) tentés de voter pour la droite capitaliste. Qu'est-ce qui fait que je devrais m'opposer systématiquement à tout ce que dis un gouvernement bourgeois si sur un point il tape juste, par exemple la dénonciation du fascisme par Blum, bien sûr que j'aurais approuvé, pas le fascisme mais Blum1.

On commence par nous dire que islamo-gauchisme est un terme dénué de sens, qui est indéfinissable, pour éviter de nous expliquer pourquoi c'est le terme « gauche électorale » qui est lui dénué de sens pour les millions de prolétaires. Puis on nous assure que l'islamo-gauchisme « n'existe pas » car « il n'y a pas de théoricien de l'islamo-gauchisme » ; on reconnaît bien là d'anciens trotskiens pour qui il faut toujours un guru à barbiche pour savoir penser, comme il faut à l'islamisé une barbe jusqu'au nombril et sans la moustache pour justifier de l'onction de Mohammed. L'horrible ministre Blanquer aurait illustré la chose irreligieuse par deux exemples « absurdes », des ateliers non-mixtes organisés par le syndicat gauchiste SUD et une pièce de Shakespeare jouée par des noirs. Blanquer a pourtant raison, cela fait partie du corpus idéologique de la nouvelle extrême gauche racisée et antifa : ridiculiser ou criminaliser tout ce qui est blanc ou français de souche. C'est l'aboutissement de la pensée antifa anachronique et très totalitaire même avec le compartimentage idéologique de la caverne d'Ali Baba féministo-écolo-bobo-migrato, qu'on peut nommer théorie couscous merguez (j'ai inventé nombre de néologismes dans ce blog, et il est même possible que ce soit moi qui ait inventé les termes « islamo-gauchisme »).

C'est le gouvernement qui s'est posé « sur la pente idéologique des fascistes » car il « traque l'islamo-gauchiste », « en continuité avec le vocabulaire nazi » (c'est un prêté pour un rendu, le gouvernement macronien taxant aussi les rigolos de la mouvance islamo-gauchiste de fascistes en herbe).

Puis soudain l'islamo-gauchisme se met à exister contrairement à ce que l'on nous avait assuré d'entrée de jeu :  « ...les promoteurs du terme « islamo-gauchisme » sont bien incapables de démontrer un lien entre l'islamisme et la gauche radicale ou les mouvements féministes et antiracistes, il est assez aisé de montrer l'héritage historique de ce dernier avec celui de « judéo-bolchevisme ». Bon. Voyons voir.

La première affiche du communiste couteau entre les dents ne date pas de 1933 mais de 1919 où c'est la bourgeoisie qui voulait instiller la peur du communisme et qui se servait de celui-ci pour raviver l'antisémitisme et pas l'inverse, mais qui en même temps voulait faire passer le communisme pour une nouvelle filouterie juive.

Il y aurait deux amalgames flagrants et incompatibles dans le complot gouvernemental, celui des musulmans et de l'islamisme, et celui des variétés de gauchisme moderniste et sociologique avec « l'extrémisme religieux ». Enfin toute cette campagne gouvernementale ne serait que « prémices d'un maccarthysme à la française ».

Cette récente fixation de l'équipe Macron est certainement très opportuniste et très passagère et très électoraliste vu que la majorité de la population, surtout prolétarienne, gerbe face à ce cinéma islamo-gauchiste très identifiable, très bobo parisien, très politicien moraliste d'un autre temps.

Nos frustrés de Georges Marchais auraient-ils repris le même souci que celui-ci le 3mai 1968 :

« Non satisfaits de l’agitation qu’ils mènent dans le milieu étudiant – agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes – voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. » Il fustigeait ensuite ces « fils de grands bourgeois – méprisants à l’égard des étudiants d’origine ouvrière – qui, rapidement, mettront en veilleuse leur “flamme révolutionnaire” pour aller diriger l’entreprise de papa et y exploiter les travailleurs dans les meilleures traditions du capitalisme. »

Non, Marchais va bien plutôt dans mon sens – et cette déclaration fût cher payée et si utiles aux « socio-démocrates » - c'est à l'université que se déroulent et s'exposent les modes politiques, sans vraiment atteindre le monde du travail malgré les tentatives des pourritures syndicales de base. C'est vrai que les AG à la Sorbonne c'était du pipi de chat et que les ouvriers en rigolaient. Un vieil ouvrier, un collègue, me dit un jour : « bande rigolos, vous aviez peinturluré la statue de Pasteur mais lui il a apporté quelque chose à l'humanité ! ». Marchais n'avait pas tort finalement sur un aspect ; en effet la plupart étaient des pseudo-révolutionnaires et ont fini idéologues engraissés par la démocratie bourgeoise sous l'habit de député ou journaliste, cf. les July et Cohn-Bendit. Merci Marchais.2

En résumé, le prétendu marxisme de nos quatre frustrés – de la gauche décatie - s'accommode non seulement de la négation de la réalité mais de la leçon d'une morale politichienne qui tente de culpabiliser afin de mieux convaincre de l'inutilité de réfléchir et de douter grâce à des comparaisons historiques invraisemblables. Ces mêmes comparaisons historiques servant non seulement à voiler à nouveau la réalité présente, qui n'est pas aussi simple ni délimitée, mais à laisser croire que l'intellectuel petit bourgeois sait « ce qu'il faut penser » à votre place ou du fait de vos carences (proximité avec des propos du gouvernement ou de la droite) ou faiblesses (vous êtes certainement un raciste franchouillard ou un otage du RN).

Vous ne me croyez pas ? Lisez ici : Frustration | Critique sociale pour le grand public (frustrationmagazine.fr)

Les termes « islamo-gauchiste » un héritage du judéo-bolchevisme ?

Il faut le faire, et nos quatre bobos l'ont fait : mettre sur le même plan islamisés et bolchevisme. Je rappelle que le bolchevisme première manière était un mouvement pour la libération de l'ensemble de la classe ouvrière mondiale par la destruction du capitalisme, pas pour la soumission à des lois politiques arriérées du Moyen Age. Or nos frustrés trahissent leur soumission à la morale en vogue dite antiraciste et féministe (gauche dite radicale couscous merguez) qui prône le développement de conclaves ethniques « excluant les blancs » (facile à prouver en ce moment!), le mépris de ce prolétariat consommationniste et anti-immigrés, afin de défendre une « vraie démocratie » protégeant une religion « comme les autres », qu'il faut éviter de critiquer pour ne pas passer pour nazi (sauf à se faire égorger, ce qui est d'ailleurs un argument gouvernemental). Samuel Paty votait probablement Le Pen. La gauche radicale couscous merguez est rouge comme les radis mais blanche à l'intérieur.

Que répond donc notre « gauche radicale » frustrée ?

« Mais là où les promoteurs du terme “islamo-gauchisme” sont bien incapables de démontrer un lien entre l’islamisme et la gauche radicale ou les mouvements féministes et antiracistes, il est assez aisé de montrer l’héritage historique de ce dernier avec celui de “judéo-bolchévisme”. Bien qu’il faille prendre de la distance avec le point Godwin et le “reductio ad hitlerum” (comparer tout et n’importe quoi à l’hitlérisme) rendus souvent inefficaces par leurs utilisations abusives (resic)(...) Le parallèle avec “judéo-bolchevisme” est tellement énorme, grossier, qu’on ose à peine le décrire de peur de paraître “excessif”, et pourtant… Le judéo-bolchevisme est une idée, délirante, issue de la pensée nazie – qui associait fascisme, antisémitisme et anticommunisme –  et qui supposait que, dissimulés derrière les bolcheviques, oeuvraient secrètement les juifs pour imposer leur domination mondiale. L’islamo-gauchisme, très similaire, affirme que derrière la gauche, en particulier universitaire, seraient dissimulés les islamistes et les djihadistes prêts à imposer la charia en France. Raison pour laquelle, comme le rappelle Jean Chambaz, président de la Sorbonne, elle est “issue des milieux de la droite extrême” (Action Française, Génération identitaire, GUD, Troisième Voix…) ». 

LES PORTEURS DE VALISE ISLAMISTE

Oui le parallèle est vraiment grossier et nullissime, c'est eux qui le disent. Très amusant que la référence de nos frustrés soit l'actuel président de Sorbonne université, fils d'un grand dindon stalinien et formé lui-même à la pensée marxisto-stalinienne dans les années 1970 (que Marx n'y voit aucun amalgame!). Ce ne sont pas seulement les gauchistes qui « ont pris le pouvoir » surtout dans les lieux culturels mais aussi leurs anciens compagnons de route de gauche bien-pensante russophile !

La comparaison avec l'idéologie dénonçant un présumé judéo-bolchevisme, qui date des délires de l'Action française de la fin du dix-neuvième siècle, bien avant Hitler donc pas « issue abusivement d'Hitler » (qui n'a pas inventé non plus la machine à laver), est inepte. Pas plus que les musulmans agenouillés le gauchisme n'est assimilable au bolchevisme. Le gauchisme féminisé et racisé est une idéologie moderniste réactionnaire fille bâtarde la décomposition du stalinisme, putain respectueuse de l'électoralisme de la gauche bourgeoise, et confrérie de larbins du syndicalisme de gouvernement.

Quant à la place des juifs elle est patente dans toutes les révolutions, avec Marat vieille cible de l'aristocratie haineuse en 1789, le comité central du parti bolchevique ou lors de la fête de 68 la plupart des leaders des groupes gauchistes ont une origine sémitique. Et alors ? Pendant des siècles les juifs ont été considérés comme des parias et des inférieurs, il est donc naturel qu'on retrouve leurs meilleures progénitures dans les révoltes sociales, et surtout dans les mouvements internationalistes débarrassés de la croyance nationaliste. Heureusement on trouve aussi de nombreux arabes dans la révolte sociale et politique, mais par leur nombre plus important dans les populations de pauvres soumis et le fait que l'islam est avant tout une idéologie nationaliste, même si elle se prétend mondialiste, les choses sont plus compliquées. La peur irraisonnée des populations autochtones (y compris dans la classe ouvrière qui ne se considère pas représentée par le RN ni par le proudhonien ridicule Onfray), quoique basée parfois sur des égorgements réels, est plus l'explication que le racisme ou cette forme de sarcasme pervers qu'est le terme islamophobie. L'Etat bourgeois se sert naturellement de cette sidération de la population face aux tentatives d'envahissement idéologique des diverses sectes islamistes, relativement choyées par les bobos marginaux, d'autant que le gouvernement n'a aucune solution tangible pour faire cesser une violence, laquelle se vante d'être légitimement religieuse par les porteurs de fumigènes, et que la peur permet d'atomiser la lutte de classe et d'annihiler la solidarité...de classe. Ils sont donc racistes ces prolétaires qui en ont marre d'avoir chaque samedi leurs bagnoles bas de gamme brûlées et des bagarres au couteau à l'entrée du lycée du coin ! Il paraît même que certains ouvriers arabes en sont à voter Le Pen... Preuve de plus qu'ils sont contaminés ou catéchisés par ces salauds de blancs !

Approprions-nous un instant la comparaison de nos frustrés. On va voir combien elle est hilarante. Certes l'idéologie bourgeoise (avant d'être fasciste) voulait ridiculiser le projet communiste en le prétendant manipulé par des juifs, mais par contre c'est assez vrai que nos gauchistes moralistes sont les dindons de la farce islamophile et au service de cette autre invention musulmaniaque : l'islamophobie, dont je me moque depuis des années sans avoir lu Taguieff ni attendu que des bateleurs de plateau TV s'en gargarisent.

Ils ont d'abord commencé - on ne l'a pas oublié et je peux le prouver - lorsqu'ils ont cru bon (électoralement) de soutenir le port du voile au lycée et à l'université, et même à la députation (demandez à Besancenot). Localement et en catimini tous les candidats des anciens grands partis de la « gauche unie » (pour se ficher de la classe ouvrière) se sont bien gardés de déplorer l'envoilement des femmes et, de façon démocratique, ont soutenu la construction de mosquées. Avec le même soutien critique qu'au temps du stalinisme triomphant, l'extrême gauche appelle toujours à soutenir « dans l'union » tous ces multiples candidats islamophiles couscours merguez.

Des dizaines de personnes, de personnalités, de journalistes, et aussi deux jeunes filles sont actuellement en France surveillés jour et nuit par des escouades policières car menacées d'être égorgées par n'importe quel abruti musulman, et nos quatre frustrés viennent nous conter qu'il faudrait en finir avec la propagande gouvernementale ? Même si nous, les prolétaires lambdas, nous trouvons que le gouvernement est plutôt impuissant ! Et qu'il faudra un jour tirer dans le tas.

Je ne veux pas les égorger complètement mais leur soumission à la compassion musulmaniaque de la part de leurs pères en trotskisme est bien antérieure, comme je l'ai démontré dans un autre article, au temps où ils se glorifiaient d'être porteurs de valise... pour servir finalement à livrer les masses algériennes à de nouveaux exploiteurs ! Et tant d'autres exemples de leur collusion piteuse et comme oubliée par Médiapart, Le Monde, L'OBS... au moment de la « révolution iranienne », où, certes nos quatre frustrés eussent fini pendus au bout d'une grue.

Même s'ils ne s'en rendent pas compte nos quatre bobos - parce qu'ils vivent dans les beaux quartiers - il y a surtout dans les banlieues de toutes les grandes villes progression d'un mode de vie musulman et de contrôle de la rue et de la tenue vestimentaire des femmes3 qui est indéniable, et je le prouve ; passant sur le trottoir à Bagneux avec une amie portant une robe élégante mais trop échancrée, nous vîmes une mama arabe, couverte de la tête au pied, s'arrêter brusquement face à nous et jeter un regard furibard à ma compagne pourtant d'un âge dit respectable (jadis).

Le NPA et Médiapart n'ont-ils pas effacé toutes les images des meetings communs avec le violeur Tariq Ramadan ? Qui apparaît désormais comme un gentil garçon certes comparé à nos pervers sexuels les Pierre Ménès, PPDA, Duhamel, etc. Le pouvoir en régime capitaliste n'est donc que la propriété d'assouvir impunément, à profusion et indistinctement ces obsessions sexuelles d'humiliation de la femme et de ses enfants ? Comme le pouvoir islamiste. Il est très dérangeant de revoir ce que disait le trotskysme des années 1990 jusqu'à l'ultra-gauche bien pensante, par ici: chômage – [سي نجيب] (sinedjib.com) et L’intégrisme islamiste, une menace mortelle pour les femmes (Inprecor N°389, mars 1995).

Pourtant le gauchisme moraliste et bonimenteur du gentil islam se proclame féministe mais son féminisme est étrangement muet lorsque la femme arabe est traitée comme sac de patate. Il est vrai que le gauchisme est une idéologie passoire très pratique à utiliser aux marges des partis bourgeois comme PS et PCF, par conséquent pourquoi les multiples partis islamistes se gêneraient-ils à se répandre en mamours de reconnaissance (électorale et manifestatoire) avec ces « frères » en cuistrerie de la théorie couscous-merguez ?

Pendant des décennies les partis de la gauche bourgeoise ont fait croire au prolétariat qu'il n'était que peuple, ou en tout cas partie du peuple bonne à manipuler pour le maintien du même système d'exploitation avec leurs nombreux petits chefs, aspirants grands chefs et promotion de carrière tout azimut. Giscard, avec l'humanitaire regroupement familial a, au nom de sa classe d'appartenance, décidé naguère de modifier la composition du prolétariat en France. L'immigration de main d'oeuvre était en effet un moyen très ancien pour le patronat d'obtenir des ouvriers dociles et de les payer peu cher. C'est une population en général déjà bien « encadrée ». Je rappelle que dans l'après-guerre les ouvriers portugais montaient en France avec le curé du village. Dès le départ le patronat a accueilli avec fraternité les imams ; on en trouvait en fonction dans les usines à Renault dans les années 1970 aux côtés des syndicalistes pour « tenir » ou « calmer ». J'imagine les sentiments des ouvriers qui voyaient leurs collègues aller s'agenouiller pour prier pendant le temps de travail. Certainement des ouvriers racistes méprisables par notre bourgeoisie si « progressiste ».

Ce que n'avaient pas prévu ni le patronat ni Giscard est que cette population ouvrière allait être victime de ce fléau très traditionnel, le chômage et de l'incapacité de l'Etat cynique à intégrer tout simplement, indépendamment des croyances religieuses des uns ou des autres. C'est ainsi que s'est déclanchée au bout du compte une nouvelle guerre de libération, mais intérieure à l'ex-pays colonisateur4, avec les mêmes espoirs inconsistants qu'au temps des fausses libérations nationales, mais avec cette même haine des « damnés de la terre » et le même poncif qu'aux heures de la décolonisation : le blanc est un salaud. Et il est aussi un salaud historiquement, même si ce n'est qu'une pauvre considération rétro et rétroactive. Il faut réviser toute l'histoire, démolir statues et livres d'histoire, un champ de défrichement idéal et illimité pour les grands bobos universitaires en panne de partage du pouvoir depuis la chute des goulags (terme de droite pour le pays des soviets). C'est vrai, ma sœur est responsable de la Seconde Guerre mondiale.

Qui a oublié la tragique préface de l'islamo-gauchiste (en avance sur son temps) Sartre au livre de Fanon ?5 Livre de chevet de la folle Houria Boutelja. Audrey Pulvar adjointe « socialiste » à la reine-mère Hidalgo n'a pas été capable de justifier sa saillie sur la femme blanche qui doit se taire si elle a l'heurt de se retrouver dans un conclave de « femmes racisées », comme elle avait montré sa nullité de bourgeoise parvenue en moquant Poutou pour son absence de diplôme ; réaffirmant que « c'est tous ensemble que la gauche doit gagner » or la gauche bourgeoise perdra grâce à des toupies comme elle. Nous accepterions la théorie couscous merguez pour finir parqués et cloisonnés comme dans leurs goulags idéologiques ? C'est typique du cynisme gauchiste en politique de prendre ses envies pour la réalité. Voilà plutôt un même mépris des prolétaires de la part de la girouette politique Sartre et ses idolâtres et jusqu'aux parvenues de l'immigration les Pulvar, Obono et Cie..

Le problème est que cette révolte « interne » à la société – qualifiée pauvrement de « crise des banlieues » - a pris les formes de la désespérance, c'est à dire, pour être bon, de la racaille sans foi ni loi, car, en effet là ce n'est pas la faute à l'islam ; en soi l'islam est une religion d'ordre ; en Arabie Saoudite ou en Algérie il n'y a ni rodéo sauvage ni jets de mortier sur la police. Et la dernière fois qu'il y a eu une descente de racailles (terme de la droite et de l'extrême droite hélas) à Paris lors d'une énième manifestation pacifique de l'extrême gauche, c'était pour cogner dessus ou faucher les portables des lycéens et étudiants. C'est la réalité en effet, en soi extrême-gauche et voyous dits islamistes ne sont pas compatibles mais « dans la réalité seulement ». Dans l'idéologie antifa et antiraciste – leur mensonge répété inlassablement – leur quête du pouvoir d'illusionner « tous ensemble » les aveugle eux-mêmes :

    « Amalgamer musulmans et islamistes – tout en niant la réalité du racisme et de l’islamophobie.

  • Puis, amalgamer, sans avoir aucunement besoin de le démontrer (un mensonge répété inlassablement faisant ici office de vérité), les marxistes, les féministes et les antiracistes avec les islamistes – quand bien même aucun de ces trois courants ne fut jamais compatible avec l’extrémisme religieux ».(les frustrés) 

    Si si, en tous points de vue comme je viens de le démontrer ! Sauf dans la réalité quoique.

Nos quatre frustrés veulent nous faire croire qu'on peut faire du feu sans bûches en bois, ou qu'une rivière n'est pas un courant qui contient pour l'essentiel de l'eau. Pourtant tout musulman qui se respecte est forcément islamiste ; ne serait-il pas non plus, pendant qu'on y est, potentiellement communiste au souvenir du communiste couteau entre les dents (sauf que les communistes même staliniens n'égorgeaient personne). Sauf que l'affiche de 1919 était dans le même esprit que nos frustrés : contre la révolution sur des bases de classe VOTEZ pour le multiculturalisme et ne vous laissez pas « amalgamer » par tous ceux qui osent critiquer l'islam et ses recrutements. Restez dans la légalité antiraciste ! Ce sont les journalistes en général certes du Figaro et de CNEWS qui amalgament systématiquement islam et terrorisme, mais on s'en fout.

L'exagération sert bien sûr les marginaux gauchistes comme nos quatre frustrés de la gauche caviar, en réalité l'invasion est plus complexe, elle est sociétale ou culturelle (comme vous voudrez), elle devient insupportable, comme quand je rentre dans le cabinet de mon docteur et que j'aperçois une croix orthodoxe en plein milieu du mur de son bureau ; mais ces bedeaux sont invisibles à l'extérieur d'ordinaire. C'est un pourrissement du mode de vie qui s'installe avec des règles d'oppression de la femme, virée des cafés, dont les mains souillent le volant du machiniste barbu de la RATP. Tout cela n'existe pas pour nos frustrés. Aux frustrés il manque toujours quelque chose, en l'occurrence c'est un peu de cervelle.

Il manquait au gauchisme au fond un "supplément d'âme" après leur abandon de toute référence à la classe ouvrière, aussi s'étaient-il "diversifié" en particulier en embrassant l'idéologie écologiste, labellisés verts sur le plan électoral une partie d'entre eux a pu accéder au pouvoir des municipalités, en monnayant cette acquisition; on passe les exemples, ne retenons aujourd'hui que le financement dispendieux de la mosquée géante de Strasbourg qui fait foi de ce que l'islamo-gauchisme sert de marchepied à la progression islamique en Europe.

L'islam est une religion de conquête, certes comme toute religion, mais si la plupart de celles-ci ont rangé les armes aux vestiaires de la modernité, pas l'islam. Peuvent-ils nous trouver - ces larbins de la gauche soumise à un islam prétendu démocratique - une autre religion dans le monde qui ait enfanté autant d'égorgeurs et plus encore d'égorgés de même confession et qui ait servi à justifier les pires attentats civils, même comparés aux premiers méfaits hitlériens... alors que toute cette engeance sert encore à perpétrer surtout par son silence complice et pieux, soit en les justifiant soit en se taisant, des crimes de masse, au profit de grandes puissances dans les obscurs conflits impérialistes ?

Un épisode électoraliste gouvernemental : des prémices d’un maccarthysme à la française ?

Le gouvernement a une autre obsession pour dériver la population de ses continuelles attaques anti-ouvrières (licenciements déguisés, retraites, réformes cassant les nationalisations, etc.) : le covid. Ce dernier occupe une bien plus énorme plage médiatique que l'islamo-gauchisme, lequel n'est pas vraiment létal mais petite démangeaison qu'on peut soigner avec un soupçon de crème nivea (blanche). Mais sérieusement si au moins nos frustrés de la gauche bourgeoise unie pouvaient au moins nous montrer une modernisation de l'islam. Un dépassement de sa capacité à exercer la dictature totale sur la société une fois au pouvoir... Trop jeunes pour avoir soutenu Khomeini nos quatre frustrés ? Temps où les sorcières athées de Téhéran furent suspendues à des engins de chantier. La modernisation de l'islam est parfaitement illustrée en Arabie Saoudite où nos racailles devraient être envoyées en stage ! Grosses bagnoles, villas de luxe et surexploitation des migrants !

Chez nous, recherche de la plus grosse BM, des fringues les plus class, des nanas les mieux roulées. Pas très austère comme religion. Font partie de cette évolution moderne inédite de l'islam les réunions


cloisonnées racialement où
tous les étudiants ne sont pas conviés : «Le comité est en mixité choisie, c’est à dire qu’il réunit tous types de personnes, cis, trans ou non-binaires, à l’exception des hommes cisgenres, dans l’objectif de créer un espace safe (sûr, ndlr.) de discussion» (Mail de Salomé Hocquard, la présidente de l’Unef à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Des réunions sont ouvertes à tous, sauf aux personnes de sexe masculin ne se considérant pas comme étant autre chose qu’un homme, comme les cafés sont interdits aux femmes pour une certaine religion....

Nos radicaux couscous merguez concluent de façon consternante, le danger en voie de se réaliser est le suivant : « le processus en cours est l'illibéralisme de nos élites libérales ». Cette tautologie pour confirmer leur pensée … bourgeoise bcbg.

Je joins la définition pour ceux qui ne savent pas ce qu'est l'illibéralisme, ce moche terme terne et qui définit bien la radicalité de l'islamo-gauchisme 

L’illibéralisme est, selon Pierre Rosanvallon, « une culture politique qui disqualifie en son principe la vision libérale ». Selon le politiste Matthijs Bogaards, il s'agit d'« une situation démocratique où, néanmoins, l’indépendance de la justice est malmenée, et les citoyens ne bénéficient pas d’un traitement égalitaire face à la loi, ni de protections suffisantes face à l’État ou à des acteurs privés ».

Voici enfin la présentation des frustrés par eux-mêmes sous l'épaule malodorante de Médiapart, je vous laisse lire sans mes commentaires et rire aussi. Eventuellement.

« Frustration mène une critique sociale et politique en mettant à disposition du plus grand nombre des argumentaires pour repolitiser des expériences quotidiennes, se réapproprier des débats tranchés pour nous et tracer des voies alternatives collectives. Si nous écrivons, c’est parce qu’à chaque moment de nos enquêtes (par exemple notre enquête sur l’industrie agroalimentaire ou sur la droitisation du Parti socialiste), de nos analyses (prenant par exemple à contrepied ceux qui estiment que le peuple n’a pas à être trop souvent consulté, ou  montrant que l’uberisation était la réhabilitation de la domesticité) et de nos reportages (sur le fonctionnement d’une librairie coopérative ou sur l’ambitieux projet de coursiers à vélo de gérer eux-mêmes leur plate-forme numérique), nous ne cessons de nous répéter : « et si tout le monde savait ça… »

Frustration est un magazine web lancé cette année, qui succède à un magazine papier vendu sur tout le territoire français pendant 5 ans. Les temps changent, les puissants se renforcent mais les luttes continuent. La nouvelle équipe de Frustration web s'engage auprès de ses donateurs dans une démarche éco et socio-responsable visant à combattre l'extension du capitalisme et les effets collectifs et individuels qu'elle produit sur nos vies ».



NOTES

1Prenons une de ses déclarations : « Il y a unanimité absolue pour proclamer que la guerre n’engendre ni paix juste ni paix stable, pour exiger qu’un effort infatigable de négociation et de conciliation soit jeté au devant de toute menace de conflit armé […]. L’effort l’organisation internationale sans l’effort de stimulation nationale n’aurait aucune chance de réussite et ne ferait sans doute que ménager de nouveaux avantages aux dictatures totalitaires. Mais les deux efforts combinés, les deux taches conjuguées donnent le moyen de lutter à la fois, comme le devoir socialiste l’exige contre les menaces du fascisme intérieur et contre la domination du fascisme extérieur, de préserver à la fois, dans le cadre de la nation et sur le plan international, le destin du socialisme [...]». Aurais-je été victime « d'une nouvelle ùanoeuvre cynique de la bourgeoisie » ? Bien qu'une vérité puisse cacher un mensonge tant chez un gouvernement que chez un prétendu opposant de gauche...

2J'ai eu l'occasion de confronter deux fois Marchais, une crapule stalinienne certes mais bien plus fin sur le terrain que le clown sur les plateaux TV. J'ai été attristé l'en passé par le décès par le covid de sa deuxième épouse Liliane, personne d'un fort caractère à une époque où le PCF avait le mérite de faire élire des personnes sans diplôme, intelligentes et vraiment ouvrières, alors que désormais il faut être diplômé et merde à Pulvar. Liliane était l'amie d'une très bonne collègue à moi cégétiste et courageuse. J'ai connu aussi la première femme à Marchais, mais là ce fût plus compliqué car le lui avais rappelé que son bouillant mari avait été STO. Finalement le PCF, que nous considérions comme le principal ennemi en milieu ouvrier (pour sa soumission à l'URSS et sa cogestion de la France avec le gaullisme) disait vrai : le gauchisme était et reste bourgeois. Lire : Les disqualifications des gauchistes au sein du PCF | Cairn.info

3Et aussi, chose qui est minorée par les médias, les descentes répétées de parents arabes qui viennent cogner les enseignants qui n'ont pas donné une bonne note à leur gosse. Et carrément gommé par le clan Médiapart. On semble avoir oublié que l'immigrant a souvent encore des mœurs paysannes, quand il n'est pas encore vraiment urbanisé. Le problème existait jadis avec les plouvs qui venaient travailler à Paris. L'armée versaillaise était d'ailleurs composée en majorité de ploucs, très aptes à tuer, violer et incendier. On dirait souvent que l'héritage plouc a été effectivement conservé d'une génération à une autre.

4On n'a plus affaire à une imigration « régulatrice » des besoins d'exploitation du patronat, mais à une immigration « massive » qui prouve que la notion d'envahissement n'est pas une unvention de l'extrême droite mais l'expression d'une implosion du capitalisme, que nos quatre frustrés et le plouc gauchiste Cedric Herrou qui fait pénétrer d'Italie des centaines de migrants, aillent donc faire les beaux à Mayotte, ils verront la réaction des habitants des lieux !

5« Car, en le premier temps de la révolte, « il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups », supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : « restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds » . Cette ineptie est le mantra de la sartrienne Houria Boutelja, cf. Fusillez Sartre : Fusillez Sartre !  | Indigènes de la République (indigenes-republique.fr) 2016