"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 18 mars 2008

Tract du Parti Communiste International (Le Prolétaire)

SOLIDARITE PROLETARIENNE
CONTRE LA REPRESSION AU CAMEROUN!

Après le Burkina Faso la semaine dernière, c'est cette semaine au Cameroun de connaître manifestations et grèves contre la vie chère et la hausse des prix. Le gouvernement de l'inamovible président Biya y répond par une répression bestiale.
Depuis son indépendance en 1960, cette ancienne colonie est pour l'impérialisme français un pays d'importance stratégique, "l'un des piliers de la zone franc" avec la Côte d'Ivoire. La France y est toujours le premier investisseur étranger, avec plusieurs centaines d'entreprises dans tous les secteurs d'activité, employant plusieurs dizaines de milliers de personnes; les grands groupes français présents se trouvent dans l'agroalimentaire, le BTP, le secteur bancaire, le pétrole, etc. Les privatisations imposées par les grands organismes financiers internationaux ont largement profité aux entreprises tricolores.
L'"aide" de la France au Cameroun est importante; elle comporte divers volets destinés à faciliter la bonne marche des entreprises capitalistes, y compris un volet militaire, depuis la signature d'accords militaires (en partie secrets, comme d'habitude!) lors de l'indépendance en 1960 et 1974. C'est en vertu de ces accords militaires que la France a fait échouer une tentative de coup d'Etat en avril 1984; le gouvernement y a fait appel plus récemmen, en 2005, lorsqu'il s'est senti menacé par des militaires. Une partie importante de cette coopération militaire française est l'entraînement donné aux forces de gendarmerie camerounaise pour le "maintien de l'ordre". Les gendarmes camerounais ont démontré qu'ils étaient de bons élèves en réprimant à plusieurs reprises de manière sanglante des manifestations: répression de grèves d'étudiants (2 morts fin 2006), de manifestants pacifiques (2 morts cet automne lors de la répression d'une manifestation pacifique contre le manque d'électricité à Abong Mbang), de manifestations de moto-taxis protestant contre les exactions de la police, etc.
La paupérisation croissante des travailleurs et des larges masses de la population a rendu la situation explosive dans le pays, alors que s'accélère la hausse des prix. Le mécontentement généralisé vis à vis du gouvernement actuel s'est en outre cristallisé contre la décision de Paul Biya de modifier la constitution afin de pouvoir se présenter à nouveau. Lors des dernières élections cet été, guère plus de la moitié des électeurs inscrits (et qui ne représentent qu'une fraction du corps électoral: 5 millions sur une population du triple) avait jugé utile de participer à la mascarade à l'issue de laquelle les autorités avaient annoncé la classique victoire du parti au pouvoir. Les observateurs internationaux avaient sévèrement critiqué cette farce qui a été entérinée sans sourciller par le nouveau gouvernement français, soucieux avant tout de la "stabilité" de ses réseaux de domination impérialiste. Lorsqu'il est venu en visite officielle en octobre dernier à Paris, Biya a pu déclarer, à propos de la politique de la France en Afrique, qu'elle se caractérisait par une "continuité dans le fond" ; continuité du pillage impérialiste et de soutien aux capitalistes locaux contre leurs prolétaires et les masses déshéritées qui sont laissées à l'abandon.
Samedi 23 février, l'interdiction d'un meeting de l'opposition à Douala, capitale économique du Cameroun, s'est accompagnée d'une répression sanglante et d'affrontements. Une chaîne de télé privée qui avait eu le malheur de passer un reportage sur ce sujet a été aussitôt interdite par le pouvoir.
En début de semaine les syndicats des transporteurs (taxis, moto-taxis essentiellement) ont appelé à la grève pour protester contre la hausse des prix du carburant. Très rapidement et spontanément, en dehors de toute consigne de syndicats ou partis politiques, la grève a débordé les seuls propriétaires de taxis pour être suivie par une large partie de la population pauvre.
Plusieurs milliers de personnes contre la vie chère, les manifestants établissent des barrages avec leurs slogans "On a faim!", "Baissez les prix des denrées de première nécessité!", "Non à la vie chère et à la clochardisation des camerounais!", ainsi que des slogans antigouvernementaux: "Biya doit partir!" "Popaul tu seras pendu avec ta constitution!", etc. Les forces du désordre capitaliste ont répondu en tirant sur les manifestants. Le port de Douala, qui est le poumon économique non seulement du Cameroun, mais aussi de tous les pays de la sous-région, a été paralysé.
Au cours des émeutes, des centres commerciaux ont été attaqués et pillés, divers édifices publics attaqués (le Centre des impôts et la sous-Préfecture de Douala V ont été incendiés), des entreprises appartenant à la famille Biya, des symboles de la présence française, etc.
Les manifestations et émeutes se sont ensuite étendues mercerdi à la capitale Yaoundé où la gendarmerie a tiré à balles réelles sur les manifestants qui protestaient pacifiquement contre la répression tandis qu'un hélicoptère piloté sans doute par un coopérant militaire survolait la foule; par mesure d'intimidation, les gendarmes ont attaqué la résidence universitaire; à Bafoussam, la troisième ville du Cameroun, on signale un manifestant tué par la police, et des manifestations ont également eu lieu dans d'autres localités.
Devant cette situation qui leur échappait complètement, les syndicats de transporteurs, appelaient ce même jour, à l'issue de discussions éclair avec le gouvernement, à l'arrêt de la grève (sans se soucier des victimes de la répression et des emprisonnés): "nous voulons laisser le temps au gouvernement d'achever son programme économique en juin prochain" a expliqué le représentant de la CGST...
Cependant, jeudi matin, la grève, plus ou moins générale, continuait. Des manifestations ont été signalées jeudi à Douala et dans l'ouest du pays, brutalement réprimées. Il faut dire que le gouvernement a royalement accepté de baisser le prix de l'essence, du gaz-oil et du pétrole lampant de... 1%! Le gouvernement a mobilisé l'armée pour patrouilller dans la capitale tandis que le président a déclaré que "force resterait à la loi" et que la grève avait été "instrumentalisée à des fins politiques" par des politiciens opposés au "fonctionnement normal des institutions démocratiques"; le fonctionnement normal des institutions démocratiques signifie pour les bourgeois que les travailleurs doivent accepter de se faire exploiter, d'être condamnés à la misère sans se révolter, en acceptant le jeu truqué de la farce électorale.
Bien que le gouvernement ait déclaré qu'il n'y avait "pas plus de 20 morts", le nombre de victimes se monte probablement à plusieurs dizaines et les personnes arrêtés à plusieurs centaines.
"Nous avons une caste de privilégiés qui vit au détriment de la majorité qui souffre" a déclaré un manifestant. Cette caste de privilégiés, c'est une classe sociale, la classe bourgeoise, classe vampire, comme partout elle s'enrichit de la sueur et du sang des travailleurs. La solution n'est pas le départ de Biya et son remplacement par l'un des partis de l'opposition bourgeoise (tous complètement absents des luttes en cours), mais la lutte de classe contre cette classe et contre le système dont elle est l'incarnation: le capitalisme camerounais soutenu par l'impérialisme international, français en tout premier lieu.

Dans leur lutte vitale contre la misère, l'oppression et l'exploitation capîtalistes, et face à la répression sanglante d'un régime soutenu par l'Etat français, les prolétaires et les masses camerounaises ont un besoin pressant de la solidarité des prolétaires d'ici; solidarité de classe avec les prolétaires des pays sous domination de l'impérialisme français qui doit culminer dans la reprise de la lutte révolutionnaire contre le capitalisme.


Soldarité avec les prolétaires et les masses du Cameroun en lutte!

Non au soutien au régime meurtrier de Biya!

Arrêt de la coopération, notamment militaire, avec lui!

Impérialisme français hors d'Afrique! Vive la lutte prolétarienne internationale!


Correspondance: parti communiste international
Editions Programme
3 rue Basse Combalot

69007 LYON

vendredi 7 mars 2008

COMMENT UN NEO-FACHO VIENT SABOTER

L’ANNIVERSAIRE DE LA GLORIEUSE

REVOLUTION RUSSE

Deux livres à ne pas acheter:
- Les blancs et les rouges de D.Venner (Ed du Rocher)
- Les blancs et les curés, pardon "le livre noir de la révolution française" (ed du Cerf)

Il fallait s’y attendre, comme avec la commémoration frelatée de mai 68, les éditeurs bourgeois prennent toujours de l’avance pour saloper l’histoire du mouvement révolutionnaire. Plus les ouvrages sont épais plus ils ont de chance pour passer pour profonds. Après la lourde et imbitable compilation de Orlando Figues (qui ne connaît rien de l’intérieur de la révolution) qui a voulu nous faire le coup du commentaire avisé de l’album photo pour ostraciser encore les bolcheviks, voici une nouvelle supercherie des « Editions du Rocher » qui republient sans en changer une virgule « Les blancs et les rouges » histoire de la guerre civile russe 1917-1921 par Dominique Venner ; laissant croire que, stratégie classique de tous les éditeurs, la première version aurait été épuisée…

Pour comprendre l’importance de la manipulation (et combien la révolution russe dérange encore la bourgeoisie démocratoc, et en quoi il n’existe pas d’historien d’extrême droite pour la communauté d’intérêts anti-communistes) disons qui est quoi :

Les Editions du Rocher, comme le nom l’indique, sont sises à Monaco, cité prolétarienne comme chacun s’en doute. Mieux, ces éditions ont été fondées en 1943, époque où la liberté de publier sous la botte allemande était évidemment totale. Gallimard ne fait point la fine bouche puisque ce trust est associé au capital de cette maison vichyste avec le groupe pharmaceutique Pierre Fabre, intéressé à une histoire objective hurlant contre la suppression des patrons et hostile à l’arrêt des guerres mondiales si utiles à la promotion des produits afférents. Mieux encore, ces éditions sont liées au réseau le meilleur et le plus puissant en France et Belgique pour la diffusion des livres en librairies. J’ai nommé le groupe Privat (sis à Toulouse). Autant dire que n’importe quelle merde qui sort du Rocher va tomber automatiquement sous le regard de tous les passants.

L’auteur Venner est fils d'un membre du Parti populaire français (PPF), membre du mouvement Jeune Nation, il participe à la mise à sac du siège du PCF en 1956 (ce qui n’est pas grave en soi pour la pourriture stalinienne) suite à l'Insurrection de Budapest, mais participe à la fondation du parti nationaliste avec Pierre Sidos un zozo oublié dont le nom était peint sur toutes les bretelles d’autoroute. Il passe 18 mois au quartier des politiques de la prison de la santé du fait de sa participation à l'organisation de l'OAS. En 1963 il crée et dirige avec Alain de Benoist un journal qui rassemble des rescapés de l'OAS, d'anciens collaborationnistes comme Lucien Rebatet de nombreux jeunes militants. Il a ensuite fait partie des fondateurs du Grece Ses divers ouvrages trahissent la fascination que le nazisme continue d’opérer sur son pauvre cerveau. Son Histoire de l'Armée rouge a obtenu le Prix Broquette-Gonin d'histoire de l'Académie française 1981. A ne pas confondre avec le prix Croquette-Wiskas, il s’agit d’un prix annuel bourgeois justement créé en 1918 qui est décerné par l’Académie à l’auteur qui défend le mieux les valeurs actuelles du capitalisme. Il co-anime quasi systématiquement une émission sur Radio Courtoisie, radio pro extrême droite qui s'appuie généralement sur la dernière livraison de La NRH, fausse revue d’histoire pour demeurés.

UN LIVRE DE PROPAGANDE SUPERFICIEL

Le néo-facho Venner ne s’intègre pas à une habile stratégie de conquête d’une nouvelle respectabilité à travers ses revues présentées comme « d’histoire », contrairement aux gentils commentaires des sociologues gauchistes de service. Il a travaillé sur commande à plusieurs reprises pour soutenir l’ordre dominant en falsifiant l’histoire sous la prétention à « des travaux d’historiens », alors qu’il n’est même pas reconnu par l’Université. Continuité idéologique classique de la fraction de droite de la bourgeoisie (ni extrême ni molle).

Aux côtés d’Orlando Figues et d’un tas de plumitifs aux ordres, jusqu’à la fin de cette année, il voudrait bien détruire le sens et la portée de l’Octobre rouge, et révèle qu’il aurait été aux côtés des tueurs des armées blanches et des antisémites. Son livre antérieur sur les corps francs et sa passion des armes révèlent de quel côté il se serait trouvé. On ne va pas se choquer outre mesure ici que la pensée libérale totalitaire se serve d’un triste sire facho pour galvauder le souvenir de l’ébranlement bourgeois et de l’immense joie des millions de prolétaires.

Quel triomphe pour ce vieux baroudeur facho d’annoncer en prologue que Poutine (une référence pour la liberté et l’honnêteté) ait reçu en grande pompe les familles des généraux Dénikine et Cie pour les congratuler ! Ce pseudo-historien a même la prétention d’écrire une histoire « enfin complète de la révolution et de la guerre civile ». En réalité sa compilation est putride.

Chassez le facho, il revient au galop. Avec lâcheté. Assumer un certain nombre de commentaires directement sur les juifs dévoilerait immédiatement le fond de croyance antisémite de l’auteur, et lui vaudrait les foudres de la justice bourgeoise, ce qui serait un comble pour ses commanditaires de Monaco, des labos pharmaceutiques et de Privat. Venner se cache donc derrière les citations des autres. Mais on voit bien que son obsession, comme sa génétique paternelle et feu Hitler, reste… le juif ! L’étranger apatride qui vient foutre la merde au pays !

Comment démolir le génie révolutionnaire de Trotski (p.247) ; après s’être « couvert » par une phrase notant la culture des préjugés antisémites sous Nicolas II, notre veule auteur ajoute: « …. Le fervent particularisme juif entraînait une attitude de rejet, elle-même génératrice d’une sorte de dissidence intérieure (que le préjugé antisémite est lourd ! ndt). Henri Arvon décrit attentivement (sic) ce phénomène : « la contrainte quasi existentielle qui semble prédestiner les juifs à rallier les rangs de ceux qui, mécontents de l’ordre social, cherchent à le réformer ou à le bouleverser par la violence (…) en adhérant à un parti révolutionnaire, ils agissent peut-être inconsciemment, en fonction de la haine ancestrale contre un monde que, à tort ou à raison, ils considéraient comme hostile aux Juifs ».

Notre facho de service en déduit que : « c’est peut-être là que réside l’explication des étonnantes contradictions de Trotski (…) Tout se passe en effet comme si ses racines culturelles (sic) le poussent à la révolution et l’y maintiennent par aversion pour la société européenne traditionnelle (resic ! apostolique et romaine aussi !). Trotski n’est qu’un « artiste » (cad une sorte de bohème… juif) quand les autres ne sont que des « besogneux de la révolution ». Au fond c’est Staline « qui a joué le rôle militaire le plus important » (p.258). Hélas pour le soldat Venner il dévoile ainsi la reconnaissance de la bourgeoisie occidentale au bon boulot répressif de Djougachvili. Venner accumule les mensonges pour lecteurs illettrés ou bons bourgeois rassurés : Lénine avait plus confiance en Staline qu’en Trotski… C’est faux, les meilleurs ouvrages l’ont démontré… Autre mensonge, mais par omission, les saloperies de Staline à Tsaritzyne, mais le lecteur de gare n’ira pas vérifier…

Dans les notes, à plusieurs reprises, ce cuistre rappelle lourdement les origines juives de Sverdlov. Pourquoi ? Parce qu’il est « féroce » et qu’il le soupçonne, sur la base de l’enquête du tchéquiste brejnévien Volkogonov, d’avoir fait assassiner le tsar et family ; jamais il ne fait reproche par contre au tsar d’avoir fait assassiner des millions d’hommes en 1905 et 1914 !

Coup de chapeau aux futurs nazis page302 : les corps-francs du Baltikum l’ont « libéré de l’étau bolchevique ». Puis il crache sur Lénine, rêve d’humiliation de petit facho qui a tout raté : « Lénine perd les pédales » (p.435) et n’est plus décrit que comme un fou furieux, une variété d’assassin de grand chemin. Hein… bé ouais quoi… mais c’est Lénine qui crachait, jeune, sur la Russie, d’autant qu’il surfait sur une « phobie » « contre le sentiment national ». Le rat antisémite pointe à nouveau son nez avec la phrase suivante : « On peut naturellement se demander si une telle phobie est le fruit de l’idéologie internationaliste, ou si l’idéologie a vu le jour en raison d’un terreau de sensibilités réfractaires à l’enracinement » (sic).

Admirons ensuite l’impartialité feinte du cuistre Venner (note 3 de la page 451) :

« On sait par exemple que les Juifs étaient proportionnellement surreprésentés dans les instances dirigeantes après Octobre (suivent les noms de tous ceux qui ont été éliminés par Staline) (…) Cette présence visible qui favorisait l’assimilation judaïsme-bolchevisme, n’est pas étrangère à la montée d’un odieux antisémitisme non seulement en Russie, mais également en Europe ». Misérable peau de banane typique des nazillons : « l’odieux » antisémitisme dont ils furent l’objet… ne le devaient-ils pas qu’à leur propension à se mettre en avant ? Et à finir premiers dans les goulags ?

Notre objectif facho recyclé historien des labos de Monaco en rajoute une louche bien lourdingue aussitôt : « Lénine avait lui-même un grand-père maternel juif, Alexandre Blank, mais à l’époque le fait n’était pas connu ». Mais alors pourquoi le préciser à cet endroit ? Pour conforter les amis lecteurs antisémites du FN ?

Chers lecteurs du blog, rassurez-vous je n’ai pas acheté ce pensum réac et haineux. Je l’ai emprunté à une bibliothèque municipale du PCF dont le PDG-maire laisse dépenser les deniers publics pour n’importe quoi, en tout cas pour un labo pharmaceutique et la mafia de la diffusion en librairie.

LES BLANCS ET LA CALOTTE RELEVENT LA TETE

Pour faire vendre n’importe quelle cochonnerie au popu il suffit de titrer « livre noir de… ». Un livre noir est comme une facture, une compilation de chiffres et de faits plus ou moins vérifiés. Après une série de livres blancs de la médecine ou de la sécurité sociale, on a connu une série de livres noirs pour tout public : livre noir de la répression, livre noir du communisme, de la psychanalyse, du colonialisme, etc. alors qu’il faudrait plein de livres noirs du capitalisme, de la précarité, de la solitude, du suicide, du mal-logement, etc. Pourquoi pas un livre noir de l’anarchisme, un livre noir du trotskysme, un livre noir du PS… Ne serait-ce pas un bon moyen de propagande ?

Avec le livre noir de la révolution française, rien de bien nouveau, vieux curés, artistos déchus, Neuneu de Vendée, Furet, tous les réacs n’ont cessé de vouloir couler la signification universelle de la révolution française. Des historiens honnêtes, spécialistes de cette révolution, comme Jean-Clément Martin, se sont émus du succès (10.000 ex.) de cette réapparition du Lazare aristo dégoulinant des miasmes du tombeau féodal.

Que les cathos intégristes récitent leur chapelet de haine inassouvie contre cette révolution qui les a enterrés définitivement peu nous chaut. Comme les Editions du Rocher, les Editions du Cerf puent.

Le milieu catho intégriste voile un passé très pétainiste (ils ont caché assez longtemps des Leguay et Cie). Que ce courant d’anciens fachos vienne tenter de confondre révolution française et antisémitisme relève du même tour de passe-passe que Venner – ils n’ont que foutre du sort des juifs – mais la révolution française les emmerde encore parce qu’elle a émancipé les juifs, grâce à mon aïeul (sans doute) l’abbé Jean-Baptiste Grégoire !

Ces anciens suppôt d’Hitler veulent assimiler la terreur en Vendée aux massacres de Pol Pot ! Pauvre nazes, c’est non seulement disproportionné mais faux historiquement ; le massacre en Vendée a été exagéré par les restaurateurs complice des bourgeois au pouvoir dès le début du XIXe siècle. Plus débile dans la falsification historique est l’affirmation que la révolution française aurait été responsable de 26 années de guerres dévastant l’Europe, passant à la trappe que c’est le roi et la reine qui ont voulu la guerre, et que les puissances européennes, déstabilisées par la grande révolution citoyenne, avaient entrepris (mais en vain dans l’immédiat) de l’écraser militairement.

Un ouvrage dirigé par un père dominicain ne peut être qu’hypocrite et falsificateur. Parmi une série de bigots inintéressants on trouve l’hyper réac. Chaunu, l’ex-stalinien adorateur de la démocratie bourgeoise Leroy-Ladurie, l’historien de pacotille à allure de Landru S.Courtois, ce pauvre Tulard superficiel et professoral.

Rien de très grave au fond, une compilation « bâclée », « jargonneuse », comme l’a écit Mona Ozouf, donc un prurit révisionniste de plus dans l’espoir de rendre encore plus incompréhensible la marche de l’histoire aux proles des exploités.

JB Grégoire


mercredi 5 mars 2008


PANNEAUX

ET PANOPLIE

ELECTORALE DEMOCRA-TOC MONDIALE


ELECTIONS A LA FRANCAISE… (L'image ci-contre représente les électeurs sortant des bureaux de vote)

On vit en plein carême électoral sur cette planète : orgies électorales américaines, russes, espagnoles, italiennes, etc. J’ai décrit dans l’article précédent (ci-dessous) en quoi les élections municipales à la française étaient fallacieuses et honteuses ; elles sont comparables aux élections sénatoriales ou des bourgeois cooptent d’autres bourgeois des appareils politiques pourris (on les nommes « grands électeurs » pour moquer plus encore les « petits » de l’isoloir qui imite si bien la cabine à confesse). Il suffit de lire le Canard Enchaîné pour voir confirmé que les votards sans dignité vont élire des truands (Balkany, Aeschlimann, et la plupart des maires de ville de plus de 50.000 habitants).
Une forte proportion de la classe ouvrière risque bien quand même d’être absente des urnes municipales pour cette fois-ci, même si les menteurs arrivistes de la secte LO (Arlette Laguiller) se sont faufilés pour engager les prolétaires à tomber dans un des panneaux électoraux ; voici un extrait de la prose électorale de ces cuistres qui se sont alliés pour l’heure avec les anciens exploiteurs en chef du PS :
« Quand bien même il y a souvent une différence entre la gestion municipale des partis de gauche et celle des partis de droite – dans l’effort consacré à la construction de logements sociaux, dans le choix des associations soutenues, dans les préoccupations sociales à l’égard des plus démunis, chômeurs, retraités, travailleurs immigrés –, les conseils municipaux n’ont évidemment pas la possibilité d’apporter des réponses aux problèmes essentiels de la classe ouvrière : chômage, montant des salaires et des retraites, organisation générale des services publics, sans même parler du pouvoir sans contrôle des groupes industriels et financiers qui, en décidant souverainement la fermeture d’une entreprise, décident du sort de toute une ville. Même si le mouvement communiste révolutionnaire était assez influent dans une ville pour obtenir la majorité de l’électorat et remporter la mairie, il ne pourrait, évidemment, pas changer la situation des travailleurs, et encore moins la marche de l’économie et de la société. »
Or, concernant la gestion municipale, non seulement tout changement proposé est du bidon, comme les cuistres ont le culot de le dire, mais droite et gauche c’est kif-kif : tu veux un logement, couche ou casse-toi ! Tu veux du boulot, le maire ne veut pas de toi comme salarié, dégage !

ELECTIONS A LA RUSSE….

Le président français Nicolas Sarkozy a «chaleureusement félicité» Dmitri Medvedev pour sa «victoire convaincante» à la présidentielle russe lundi lors d'une conversation téléphonique, ont annoncé les agences russes citant l'entourage de M. Poutine. Inutile d’épiloguer, menaces et bourrage des urnes sont ordinaires au pays de l’impérialisme russe relooké. Ce n’est pas pire au fond que le bourrage médiatique de mou en France des vieux électeurs, la canalisation du vote des vieux travailleurs immigrés par leurs bédouins religieux, la canalisation du mythique « devoir civique » des pauvres et des nunuches par le PCF, LO, Besancenot et Cie.

ELECTIONS A LA SAUCE AMERICAINE

L’élection présidentielle américaine est ce charivari ridicule qui nous est exposé tous les autre ans. Après un tour de piste de carnaval, des « grands électeurs » (mafia des deux partis US) , le choix des candidats est déterminé dans chacun des États. Ce cinéma casse les oreilles des gens pendant environ un an. La campagne pour l'investiture implique l’établissement d’une série de meetings guignolesques, des déplacements et un bourrage médiatique comparable à une compétition sportive footballistique. Les candidats doivent recueillir auprès des entreprises et des mafias des fonds pour financer leur campagne mais ils doivent aussi s'assurer des banques en prévision de la véritable campagne qui est hors de prix.

Ces élections « primaires » se déroulent à partir de janvier et servent à chauffer l’ambiance sans aucun programme précis que l’exhibition des gesticulations et discours ampoulés des candidats. Au fur et à mesure que les résultats apparaissent, les candidats les moins côtés en bourse abandonnent la course et le candidat du parti est connu bien avant que la Convention n'officialise le fait. En attendant le jour du suffrage qui doit faire la joie des uns et le désespoir des autres, le mardi-gras électoral envahit toutes les scènes médiatiques. Les républicains et les démocrates, c’est-à-dire les protestants et les catholiques font de somptueuses parades publiques avec accompagnement de banderoles, de torches et de lanternes, de trompettes et de tambours, de pétards et de fusées, solennel et burlesque étalage de bruit, de fumée et d’artifices qui, dans les jours gras électoraux, précède toujours l’immolation de la bête, peuple-électeur, bœuf-prolétariat, dont l’urne est l’abattoir et la Maison-Blanche la cheminée des rôtis, où, le trouvant cuit à point et la fourchette sur le dos, les héros du scrutin, les hôtes et convives sacrificateurs en découpent chacun une tranche.

Depuis la guerre, la plupart des discoureurs entonnent les mêmes refrains : “ this country is back and so is my campaign” ou bien “this is just the beginning”. Le « victory speech » appelle du fond du coeur le prolétariat-peuple, à rôtir, avec cette émotion qui évoque le soutient anonyme de tant de sans-grades, de pue-la-sueur inconnus, enfin en référence à ceux qui « restent invisibles » aux yeux du pouvoir « indigne ». Seule nouveauté pour la cuvée 2008, une femme (blanche) et un noir (jeune) sont en lice contre un vieux républicain, ancien du Vietnam. Le contenu de leur programme est aussi creux que les ballons qui décorent les salles de carnaval des « primaires ». La bourgeoisie américaine amuse les masses avec des guignols pour passer le temps. Plus sérieusement, le combat de l’ombre vise à assurer la continuité de Bush :

- soit en calmant pour une poignée d’années l’agressivité impérialiste US face à une population hostile à la guerre et aux privations, sous l’égide d’un élu « démocrate » qui assurera comme Clinton le mâle, toute nécessaire « intervention extérieure », mais ponctuellement ;

- soit en faisant élire un républicain va-t-en guerre, par nécessité économique et géostratégique, mais sans garantie qu’il n’ai plus d’efficacité que Bush le menteur.


Après avoir fait risette au bon peuple et au bon prolétariat, les candidats seront donc départagés par des "superdélégués", bonzes des partis équivalents aux grands électeurs du Moyen âge. Obama et Clinton se disputent le privilège d'affronter McCain, devenu mardi le candidat présomptif du Parti républicain. Si la mère Clinton brame aux femmes « this is just the beginning », Obama pérore « The world is watching us », comme s’il était dépositaire d’un changement d’image radical de l’Amérique en cas de victoire de lui-même, en tant que bourgeois noir blanchi.

Une fois le spectacle terminé, en France, en Russie et en Amérique, on rangera les panneaux électoraux et le long fleuve tranquille de l’exploitation du prolétariat n’aura pas connu une ride à sa surface.

vendredi 22 février 2008

VOTEZ ! VOUS ENRICHIREZ UN BOURGEOIS !

(huit raisons pour ne pas aller cautionner une féodalité municipale)

D’abord quelques chiffres d’illustration de la manne étatique pour les divers commis de l'Etat,

ces parasites de la vie sociale :

REVENUS DES FEODAUX DOMIN ANTS

Après un rattrage salarial pour une meilleure "justice sociale" le DICTATEUR EN EXERCICE a désormais un salaire équivalent à celui de son second:

20 100 € le salaire du sous-fifre François Fillon :
- plus qu'un PDG d'une entreprise de plus de 100 salariés (17.800 €)
- moins qu'un animateur TV vedette (60.000 €)

13 300 le salaire d'un ministre :
-
plus qu'un PDG d'une entreprise de 50 à 100 salariés (8.900 €)
-
moins qu'un notaire (15 600 €) ou qu'un chirurgien (14.200 €)

5 257 une indemnité parlementaire :
- plus qu'un pilote d'avion débutant (4.250 €)
- moins qu'un chirurgien dentiste (6.170 €)
- autant qu'un moniteur de ski en saison (5250 €)

5227 € le salaire d’un maire de ville de + de 100.000 hab.

3244 Jusqu’à 20.000 hab.

2200 € le salaire d’un conseiller général

Pour les maires de villages, la récompense est dérisoire, mais normale, ils n’ont rien à foutre, c’est l’instituteur ou la secrétaire de mairie qui fait le boulot.

Cumuls et avantages en nature

Le prolétariat n'est pas jaloux car il n'a pas besoin de manger quatre fois par jour un dessert ni de prendre l'avion gratis. Ce qui est indécent c'est le gouffre entre la misère sociale et cette minorité qui n'a pas besoin de posséder autant. Au-delà de la jouissance de despotes et des chiffres bruts de leurs rémunérations, les laquais de l'Etat bénéficient de nombreux avantages financiers et matériels : transport gratuit, indemnités de frais de mission qui peuvent doubler le salaire, logements de fonction dans des hôtels particuliers parisiens pour les ministres, prêts immobiliers. Un député-maire ou un ministre-conseiller général peut même cumuler des avantages liés à ses différents mandats.

La politique

REPUBLICAINE

une

"profession" typiqueMENT¨

PARASITAIRE

Si en politique officielle, la comparaison prolétariat/caste bourgeoise est si délicate, c'est avant tout en raison du statut atypique des élus : avec l'avènement des régimes parlementaires basé sur la fiction d’un Suffrage universel pourri par l’argent et les médias, la représentation locale ou nationale a cessé d'être le privilège d'une aristocratie rentière. Les bourgeois avocats, toubibs, ingénieurs, entrepreneurs, journalistes en fin de carrière ou « fils de » sont les nouveaux bénéficiaires "civiques" des privilèges électoraux. Mais comment subvenir à ses besoins, si l'on se ramasse une gamelle électorale ? Pour éviter aux divers commis du pouvoir d'être confrontés à une hypothétique prolétarisation et les prémunir contre la corruption, un régime d'indemnités, des aides matérielles, et une "allocation d'aide au retour à l'emploi" ont donc été progressivement codifiés par le Parlement, mesure qui est elle-même une manière de corruption.

En réaction aux régulières révélations sur les subventions occultes, contre la culture des "fonds secrets", et les réminiscences d'un faste monarchique, la démocratie bourgeoise a prétendu élaborer un "statut" de l'homme public guidé par des exigences de transparence et d'équité. Le récent scandale des indemnités d’Assedic versées au député-maire d’Aulnay-sous-Bois, Gérard Gaudron a révélé qu’il ne peut exister avec cette profession atypique ni transparence ni équité. Les abus sont la seule règle.

Depuis son élection en juin 2007, comme l’a révélé le Canard Enchaîné, ce député-maire cumulait chaque mois ses indemnités de maire (4094 euros), de parlementaire (6952 euros) et, en prime dérisoire la paye de Monsieur tout le monde en France (ce gagne-petit) 1500 euros par mois, allocation de retour à l’emploi pour un double atypique, versés par la mafia des ASSEDIC si pingre et si hautaine avec le chômeur lambda. Au total 12500 euros, le zigoto local rivalisait ainsi avec les payes des ministres.

Le plus scandaleux n’est pas là pourtant où l’indique le journal satirique, mais dans le fait que si « les députés ne peuvent en aucun cas bénéficier des allocations de chômage (leur salaire est assez élevé comme cela) les maires et élus locaux peuvent eux cumuler !


La profession « atypique » est donc TYPIQUEMENT PARASITAIRE ! Les élus bourgeois n’ont donc rien à envier aux privilèges exorbitants des nobles et curés de jadis.Un certain Jean-Jacques Karman, maire adjoint d’Aubervilliers – dont le site se réclame de l’orthodoxie léniniste - qui se présente sans rire comme le « représentant de la gauche communiste au comité dirigeant du PCF » cumule 5000 euros mensuel d’élu avec celle d’allocataire des Assedic ; il le justifie comme nécessité de « cotiser à la sécu »… pour la renflouer au profit des travailleurs ? Votez « communiste » pour ma gueule !

Les élections municipales, décrites par les médias comme les plus proches du peuple et du prolétariat sont cependant les plus féodales par le trucage organisé qui prévaut à leur mise en place. On va donc lister ici les huit raisons fondamentales pour les BOYCOTTER :On se moque bien de nous en ce moment, le gratuit "20 minutes" envoie chaque jour sur le blog de ses lecteurs le message suivant: "les municipales dont vous êtes les héros"!

1) TRICHERIE ELECTORALE. Il s’agit d’une élection indirecte. On affiche la tronche de l’ancien élu et des prétendants, mais c’est sur une liste que le votard est prié de placer un papier dans l’urne. Ce n’est donc pas le peuple ni le prolétariat qui assure l’élection DIRECTE du maire. Il est choisi par ses pairs les conseillers municipaux dès le lendemain de l’élection, ces pairs sont eux-mêmes assujettis aux divers partis politiques bourgeois qui ont déjà décidé qui serait maire en conciliabules séparés composés de gens non choisis par la population. Il est assuré que le maire est élu avec au moins 50% des voix des conseillers. Or, soit la décision était déjà imposée par le parti afférent, soit comme dans mon bled, l’ancien maire, rejeté par les électeurs, s’est inscrit en fin de liste et remonte en haut de la liste au moment de la décision en conclave municipal et reprend le leadership.

2) LES JEUX SONT FAITS AVANT LES ELECTIONS. Il suffit d’écouter les gazettistes à la radio ou à la télé. La répartition électorale permet sans sondage même de savoir qui va être reconduit ou éliminé. Il est de plus haut comique d’apprendre que le sort de Paris se joue en son seul 12e arrondissement – le Paris petit-bourgeois restant au PS – mais où la bataille se mène pour l’électorat juif, comme l’avait révélé la fois précédente Libération avec le fils Klarsfeld (de là à penser que la shoah en CM2 ait été une manœuvre pour faire basculer le 12e… personne n’y a pensé). Le népotisme est la règle, on peut être maire de père en fils. Le fils Sarkozy, bon à rien avec sa capacité en droit, et qui pensait tenter les planches sur le théâtre, s’est rabattu sur un poste quasiment acquis de conseiller général en attendant mieux ; la comédie de la politique atypique est plus rentable de nos jours qu’une place aléatoire de saltimbanque.

3) ELUS DE LA CLASSE BOURGEOISE. Les chiffres sont là, du petit village où le gros fermier fait la pluie et le beau temps aux grandes cités, la plupart des élus sont des bourgeois, chirurgiens, avocats, patrons, etc.

4) LE MAIRE EST LE PRINCIPAL PDG DE LA COMMUNE. Investi par les pouvoirs parallèles de la classe bourgeoise, et de ses ralliés petits bourgeois, le maire est le patron d’une solide PME, contrôle les salaires de ouvriers, licencie si bon lui semble. On imagine mal pourtant des ouvriers élisant leur patron pour continuer à les exploiter. En participant à cette comédie néo-féodale, c’est pourtant ce que font les travailleurs qui s’abaissent à se déplacer le jour de l’élection en croyant faire un « devoir civique ». Si des ouvriers de la commune sont en grève, le maire, principal chef de la police, peut les réprimer.

5) LE MAIRE EST LE PETIT RAPPORTEUR DE L’ETAT BOURGEOIS. Petit commis local de l’Etat, le maire maintient les inégalités à son niveau par la hiérarchie des salaires dans son domaine réservé et son soutien aux patrons (ristournes fiscales pour ceux qui montent leur entreprise sur la commune) et assurent leurs profits sur le dos des salariés. Ce fonctionnaire « atypique » a donc les mêmes fonctions que n’importe quel bureaucrate d’Union soviétique de naguère pourtant encore fustigée dans ses discours pré-électoraux, au nom du « moins d’Etat »…

6) LE MAIRE EST LE PRINCIPAL AGENT IMMOBILIER DE LA COMMUNE. Sans parler des inévitables dessous de table dont il bénéficie pour toute construction qui dépend de ses désidératas, ce caïd de la spéculation imobilière laisse les prolétaires mal logés. L’attribution des HLM se fait la plupart du temps par « piston », droit de cuissage ou au prorata des petits partis bourgeois et syndicats locaux concurrents.

7) L’ELECTEUR DOIT LA FERMER. Le votard n’a plus que ses yeux pour pleurer, il n’a aucun pouvoir de peser sur les décisions ou orientations du potentat local. Le parti qui a « gagné » la mairie lui fait honte en plus s’il n’a pas été voter et le rend responsable de son inanité comme « citoyen », ou s’il a été voter, de voter mieux la prochaine fois.

8) POUR LE PROLETARIAT LA POLITIQUE N’EST PAS UN METIER. On a longtemps cru que les élus de la Commune révolutionnaire de 1871 avaient eu un salaire d’ouvrier moyen, ce ne fût hélas pas le cas ; et les bolchéviks eux-mêmes finirent par bénéficier de prébendes de ministres d’Etat. Tout reste à faire pour l’avenir. La révolution communiste qui a pour but d’abolir la propriété privée, l’exploitation, a aussi pour objectif la suppression de la politique, donc aussi la suppression de toute rémunération pour les fonctions politiques. Dans la révolution les politiques ne sont plus rémunérés comme tels, mais ils peuvent temporairement conserver leur ancien salaire de leur ancienne activité sociale.

La révolution sépare l’activité politique de toute rémunération de fonction, parce que celle-ci n’est plus une fonction d’Etat mais une délégation formelle et contrôlée en permanence par les conseils ouvriers. Le mouvement communiste n’invente rien sur ce sujet puisqu’avant l’avènement de Périclès, en Grèce, la fonction politique n’était pas rémunérée (ce que je démontre dans mon prochain livre) (*).

On se fiche ici des grosses fortunes, et il ne nous vient pas à l'idée comme les navrants gauchistes légalistes de demander une meilleure répartition de l'argent. Là n'est pas le problème. La question est d'abolir l'Etat bourgeois tôt ou tard et de mettre en prison ses mercenaires encore impavides en confisquant leurs biens accumulés sur le dos du prolétariat, et au profit des oeuvres sociales ou des orphelinats.

JLR

(*) "Dans quel 'Etat' est la révolution?" était promis à édition au plus tard au mois de mars, mais les éditeurs sont des rigolos sans parole, éditeurs en carafe (comme ce pauvre Lastelle et ses éditions fantômes.... la nuit... où toutes ses pages sont blanches et ses projets en l'air), éditeurs fauchés, éditeurs académiques, éditeurs lâches, éditeurs aux basques du pouvoir, etc.

POST-VOITUM ANIMAL TRISTE : «Si on sauve Metaleurop, c'est que partout il y a de l'espoir.» a déclaré dans le Pas-de-Calais le prince Sarkozy
«Metaleurop doit devenir un exemple de réindustrialisation et de dépollution», a-t-il ajouté
Interpellé par le député PS Albert Facon, Nicolas Sarkozy a accepté d'envisager des mesures de solidarité envers les anciens salariés qui ne parviennent pas à retrouver un emploi ni prétendre à la retraite. Le prince « a accepté d’envisager »… Mais les attaques de la bourgeoisie redoublent derrière le chant de son rossignol, qui croit racheter sa luxure publique pour sa défaite municipale annoncée en posant pour la photo devant des prolétaires humiliés et démoralisés. Et qui vont être rejoint dans les charrettes de la noblesse industrielle par les prolétaires de Michelin alors que les profits de cette boite restent faramineux.

Question : les prolétaires des usines frappées par un chômage qui devient massif dans les pays « riches », ont-ils envie d’aller voter ?

samedi 16 février 2008

MORALE DE CADAVRE

rectifications brouillonnes

d’un ANTIFASCISME OUTRAGEANT

Protocolairement Sarkozy a réussi un joli coup le 14 février pour botter en touche face non seulement à son lynchage soigneusement programmé mais au coup de poignard du SMS tordu. La meilleure défense est l’attaque comme chacun sait. Refiler la Shoah aux CM2 parce que les adultes en ont ras la casquette du mémorialisme bcbg, fallait un sacré conseiller pour y penser ! Guéant ? Guaino ? Attali ? Hallyday ? Glucksmann? Il semble plus probable, d’après 20 minutes, que la trouvaille vienne de la famille Klarsfeld (Arno le dépité a été repêché comme employé de Fillon), spécialistes du détournement des responsabilités du capitalisme qui connaissent très bien un certain Jean-Jacques Rousseau, lequel se moquait déjà d’eux :

« En écoutant ces gens à qui on permet de parler en public, j’ai compris qu’ils n’osent ou ne veulent dire que ce qui convient à ceux qui commandent, et que payés par le fort pour prêcher le faible, ils ne savent parler au dernier que de ses devoirs, et à l’autre que de ses droits ».

D'après le Canard Enchaîné l'inventeur de cette connerie serait la directrice de cabinet du Président, Emmanuelle Mignon! Mais, curieusement et paradoxalement, c’est plus terrible comme truc dérivatif. Günther Grass lui, qui n’avait pas encore révélé en l’an 2000 qu’il avait à se faire pardonner une jeunesse nazie (les meilleurs antifascistes ne sont-ce pas les anciens nazis ?) avait déjà proposé que chaque allemand adulte verse 20 euros, pardon 20 marks à la fondation pour la shoah, et flop ! (cf. p.279 de mon book sur le nazisme). L’immense majorité des allemands adultes ne sont pas plus responsables du massacre des juifs, de tziganes et des communistes que les élèves français de nos CM2. C’est en ce sens que Simone Weil a jeté un couac dans la parade du galopin avec les mots justes : «C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. » On peut surtout constater que son candidat élu favorise toutes les formes d'antisémitisme en instituant le malheur juif comme prioritaire partout et comme aune du capitalisme moral dont le chef d'Etat est l'exemple le plus affriolant jusque dans les mensonges dans sa vie privée.

Retour sur les agapes communautaristes. Devant un millier d'invités, parmi lesquels une vingtaine de membres du gouvernement et les représentants des religions monothéistes, le texte lu par le Président a fustigé les "approximations, les amalgames, les raccourcis" qui ont suivi les autres discours de la plume de son écrivain personnel. Il en a proposé une relecture­: "Jamais je n'ai dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse. Ma conviction, c'est qu'elles sont complémentaires. Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs. Mais ce dont ils témoignent n'est tout simplement pas la même chose." Foi de Saint Guaino !

A Saint-Jean-de-Latran, le 20­décembre 2007, le chef de l'Etat pipole, venu quérir son diplôme de chanoine avait fayoté bigot grave­ avec des accents guainolents presque rimbaldiens: "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini", ajoutant un peu plus loin, "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

Devant la communauté juive, le chef de l'Etat a produit une lecture vivante d’un texte déplorant "la chape de plomb intellectuelle" qui s’est abattue "sur notre pays pour s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité". Continuant à lire ce texte désopilant, rédigé par son nègre Guaino Henri, il récusa l'idée qu'il s'agirait d'une atteinte à la laïcité. Les rabbins du parterre échangeaient à cet instant des clins d’œil avec imams et monseigneurs.

Comme chaque année, le chef du CRIF, Richard Prasquier, pour une fois pas rabbin en chef mais simple "juif séculier" (comme le note Le Monde), fût chargé de fesser le Président de la république séculière et romaine. Ce n’est pas le moindre paradoxe de la fessée annuelle qu’un chef communautariste (même séculier) ait vu la faille dans le discours de Guaino Henri. Dans une critique implicite à "l'apport civilisateur" des religions du texte lu par M.­Sarkozy, M.­Prasquier a affirmé­: "J'ai trop de respect pour ceux des Justes qui étaient des athées pour croire que les religions sont la seule barrière contre le mal. Elles peuvent être meurtrières quand elles prétendent imposer une vérité absolue. L'homme ne détient qu'une vérité partielle. C'est le message de la tradition juive; c'est aussi le message des Lumières."

Au passage on aura remarqué que le chef séculier n’en référa pas moins au génie du peuple élu mis sur le même plan que la révolution française et Voltaire, avec le sous-entendu classique sioniste : toutes les religions sont meurtrières sauf la juive (qui n’est pas une religion aux dires de ses fanatiques) ; CQFD et oubliez les crimes de l’Etat raciste israélien !

En réponse anticipée, le texte de Guaino ânonné par le chef d'Etat pipole, évoquant le nazisme et le communisme, a développé l'idée que "le drame du XXe­ siècle n'est pas né d'un excès de Dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran, restituée dans son contexte et la plénitude de sa signification, qui puisse s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXe­ siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans Dieu". On reconnaît là le style insipide et impayable du porte-plume de l’Elysée. Ce petit con, comme ledit président en exercice, est un inculte de première et n’a pas lu les âneries contenues dans ces bréviaires pour arriérés : ils sont ponctués d’appel au meurtre et à l’extermination du voisin, de l’incroyant, etc. Les religions, y compris la religion juive, sont initialement des chants de guerre, des encouragements à la guerre de tous contre tous et dieu y est invoqué pour faire le tri des cadavres.

Passant de l’hostie à la fiente, du coq religieux à l’âne athée, not’bon président retrouva les accents de Monseigneur Dupanloup ; s'il s'est félicité que l'enseignement public de la morale religieuse ait été abandonné, le chef de l'Etat a ergoté que "nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de Dieu". Enfin, pour faire la nique aux sondages à l’union des sacrés imbéciles de l’opposition, il a lancé ce pavé dans la mare qui allait agiter la capitale pendant quelques heures : la shoah pour les nubiles en CM2 (11.000 noms d’enfants juifs déportés à attribuer aux potaches). Il jura enfin de ne plus serrer la main aux chefs d’Etat qui ne reconnaissent pas Israël, ce qui était de bon ton dans une telle assemblée.

Un sacré chiffon rouge qui, pour un court moment, pût faire oublier, non la dégringolade sondagière – (comme toujours, qui la manipule ? (*)- ni le luxe et la luxure trop affichés, mais la misère salariale, les taudis et les expulsions.

La provocation présidentielle n’était pourtant qu’un « souhait »… dans le cadre de la lutte contre l'antisémitisme. Cette proposition suscita le tollé attendu de la gent intellectuelle. Le syndicat UNSA-SE la qualifiait jeudi matin "d'ânerie morbide". Simone Weil eût les mots les plus justes comme on l’a vu.

RETOUR AUX FONDAMENTAUX

Le jour d’après, Sarkozy avait déjà modifié le projet primaire à Périgueux. Il paradait au 20 heures de la télé pipole de PPDA-Chazal dans une salle de CM2 où il était question de "retour aux fondamentaux" (travail, morale, patrie) pour favoriser la réussite de tous en chantant la Marseillaise (tous debout SVP!) et en respectant hiérarchies, inégalités et injustices sociales. Ce qui est certes plus électoraliste que l’attribution du nom d’un enfant martyre. Le maréchal Pétain et le président Coty eux aussi aimaient faire la tournée des classes maternelles, en ces lieux il n’y a pas de marins pour cracher à la gueule du prince (seulement 4 élèves se sont levés, déplora Claire Chazal). On n’a pas vu sur TF1 si Sarko a été photographié au milieu des chrystantèmes au fond de la cour de l’école. Mais d’où qui va comme ça not’Président ? dirent aussitôt les pipoles de l’Etat. Le retour à la IVe République est impossible et Al Capone minus ne peut poser au père la morale ni réincarner un sénile maréchal fantoche. La patrie et sa mafia féodale bourgeoise on l'emmerde définitif. Il faudra cependant cesser de faire des reproches d’impuissance à Sarkozy. Ce n’est qu’un homme. Si, comme l’a dit son prédécesseur Jospin « l’Etat ne peut pas tout », un chef d’Etat, décrédibilisé ou pipolisé, ne peut rien du tout. C’est un homme qui a fait des promesses électorales. D’après la constitution nul n’est punissable s’il ne tient aucune de ses promesses électorales. Vous êtes marrant vous les électeurs râleurs ! Vous espériez que Sarkozy solutionne le chômage ? Qu’il vous loge décemment ? Ce n’est qu’un numéro, un pauvre type assiégé en son palais qui peut même pas sortir faire son jogging sans gilet pare-balle, peut-être avec une belle gonzesse, mais il n’est ni la finance à lui seul ni le directeur de l’économie mondiale ! Il n’est pas là pour que la classe ouvrière vive mieux mais pour qu’elle continue à baisser l’échine pour les profits de la minorité des beaux quartiers et au surplus une immense hiérarchique d’intermédiaires qui croient que les miettes du profit sont éternelles. Il joue tant mal que bien un rôle politique avec une partition usée par les années. Malgré une apparence brouillonne, Sarkozy a une ligne de conduite qu’il faut rendre claire : favoriser tout ce qui ravive le nationalisme. Il y a très bien réussi pour son élection avec le thème sécuritaire. Les expulsions chiffrées, si elles énervent les assistantes sociales gauchistes et quelques édiles du PS en campagne, continuent à militer pour rassurer (hic !) les vrais chômeurs français, même s’ils restent exclus ! Il ne peut que tenter de brouiller les cartes de la lutte des classes par un foisonnement de ficelles idéologiques et figuratives: exacerbation cyclique du communautarisme juif comme mesure exiguë de l'histoire qui ne passe pas et exhibition arrogante dans les quartiers riches de parvenus en redingotes de bourgeois polonais du XIXe siècle, faux attentats et vrais attentats, débats creux sur le racisme et l’antiracisme, vaine agitation du goupillon dans un monde sans foi ni loi, pirouette éthique à une école laïque en perdition, etc.

L’IDEOLOGIE OUTRAGEE DE L’ANTIFASCISME

Car tout cela oblitère quelque chose de plus grave. Sans solutions crédibles pour la question sociale, avec des syndicats considérés comme des traîtres avérés depuis l’échec de la lutte des cheminots, ce n’est pas Sarkozy qui est affaibli mais l’Etat. Toute la ronde médiatique autour du cas Sarkozy vise à faire oublier ce fait. L’antifascisme de salon n’est qu’un pan de l’idéologie nationaliste d’Etat, un sucette, quand le bâton de la répression reste la colonne vertébrale du nationalisme relooké derrière le féodalisme européen.

Chassez le flic, il revient au galop. Quand l’Etat est faible, il ne lui reste plus que la répression, qui, elle-même ne peut être que temporaire, dosée, justifiée, etc. La personnalisation des décisions de l’Etat - qui n’est pas du fait de la seule agitation du préposé en bas bleus à l’Elysée, mais cette façon de répercuter ses moindres mouvements, la manière de désinformer en faisant passer les ministres pour de simples guignols - rend opaque le fonctionnement pérenne de l’Etat bourgeois.

Nullement original ni magnanime, Sarkozy, chef suprême des magistrats, prend simplement sa part dans le pouvoir terroriste ; il persiste et signe au poste principal à la prétention de « montrer ses couilles » à la société, quand bien même ce ne sont que les matraques de ses soudards. En 2004, simple ministre de l’Intérieur il fait condamner à un mois de prison ferme un SDF qui l’a traité de fils de pute (ce qui n’est certes pas signe d’une grande conscience prolétarienne ni gentil pour les mamans) et un jeune de 30 ans qui lui avait lancé : « retourne en Chine espèce de hongrois ! » (ce qui n’était pas plus futé mais au moins humoristique). A Strasbourg vers la même époque, un mois ferme également pour un jeune de 21 ans qui, avec la langue gogol des attardés de banlieue lui avait crié « Sarko on va te niquer ta mère ». Si les insultes de personnages dignes de Zola sont poignantes de grossièreté, la sanction est disproportionnée ; mais le petit duc n’avançait-il pas cyniquement vers son destin en écrasant sans remord des « mouches à merde » ? Comme son homologue anonyme et cacochyme, l’Etat, qui méprise et pressure le prolétariat en gonflant son ventre pour lui faire la morale.

A l’heure où tout le monde s’affolait, piaillait et pleurait sur la shoah quésaco en CM2, le jeudi 14 février le tribunal correctionnel de Paris condamne à son tour Romain Dunant à 800 euros d'amende (et un euro de dommages et intérêts pour Sarko qui n’aurait de toute manière pas assez de 800 euros pour offrir un foulard Hermès à sa Dulcinée). Car ledit Dunant avait outragé en 2006 l’impétrant pas encore maréchalisé en comparant sa politique en tant que ministre de l'intérieur à celle de l'Etat français sous Vichy. Ce jurassien militant suicidaire de la Confédération nationale du travail (CNT), avait adressé le 19 décembre 2006 un courriel au ministère de l'Intérieur dans lequel il demandait la libération d'un militant marseillais de RESF (cartel de toutes les sectes gauchistes et gauche caviar), Florimond Guimard, placé en garde à vue pour s'être opposé à l'expulsion d'un parent d'élève sans papiers. Dans ce courriel M. Dunant écrivait : "voilà donc Vichy qui revient. Pétain a donc oublié ses chiens (...)". Il critiquait aussi une "politique qu'il faut bien qualifier de raciste" avant d'adresser ses "salutations antifascistes" au ministre.

La 10e chambre correctionnelle avait reconnu ce militant coupable d'outrage à personne dépositaire d'une autorité publique, stipulant que : "la liberté d'expression a des limites : c'est l'outrage". Le prévenu n'avait pas contesté son message, qu'il avait jugé "légitime", mais son caractère outrageant, estimant qu'il y avait "similitude entre la politique actuelle d'expulsions massives de sans-papiers et celle de Vichy". Son avocate avait expliqué que son client avait voulu faire "un parallèle politique". "C'était une politique qui était visée, pas une personne", avait-elle insisté en plaidant la relaxe. La défense était impeccable du point de vue juridique, le prévenu n’avait aucunement dit Sarko est un fasciste mais il fait COMME VICHY (avec « comme » ce n’est plus ni une insulte ni un outrage) mais qui peut prétendre invoquer cette pute Madame la justice et la virginité des magistrats quand le prince est à poil ?

Je n’ai que foutre de la CNT, cette secte bourgeoise. Je me marre plutôt que la même idéologie antifasciste du Chef de l’Etat et du nommé Dunant retombe sur le nez du second. Le gauchisme et son géniteur l’anarchisme survivent avec cette stupide idéologie antifasciste qui permet aussi bien au crétin de base de l’orga anarchiste qu’au crétin président de faire d’insignes comparaisons et au fond de justifier l’existant avec un petit changement de virgules. Est-ce que si le « vichyste » Sarko expulsait moins ou pas du tout, tout irait pour le mieux ? Il n’y a pas de souci à se faire pour les autochtones qui ne trouvent ni travail ni logement décent même si toute l’Afrique débarque au port à Marseille? Bien sûr Sarko a gagné la première manche avec les expulsions quoique cela ne donne pas plus de travail ni de logement…

Le monde n’est pas menacé par le fascisme ni par le racisme, il est menacé par l’aveuglement et l’indifférence d’une classe sociale paralysée et impuissante pour l’heure.

Dans l’affrontement CNT/Etat-Sarlkozy (où Dunant a été le lampiste), culpabiliser l’adversaire en invoquant un diable disparu est un jeu frelaté, débilitant entre concurrents politiques. Mais le scandale n’est pas dans la plainte du délateur Sarkozy, mais bien dans l’effronterie de la magistrature d’Etat à pomper directement dans la poche d’un prolétaire plus de la moitié de son salaire, pour une analogie, douteuse et stupide, puisqu’elle suppose que l’Etat français actuel pourrait être comparable au minable gouvernement de Vichy, alors qu’il est d’une puissance pire ! Avec cette différence que personne, sous la terreur (et en l’absence des hommes valides prisonniers en Allemagne) ne pouvait protester contre les rafles des juifs en 1942, mais qu’à Paris en 2008 les rafles de centaines d’ouvriers étrangers sans papiers, sans terreur officielle, paraissent normales.

Madame Carla Bruni-Sarkozy, voulant rendre sa monnaie du SMS félon à l’hebdo gôche pipole NouvelObs.com a usé des mêmes arguments que le nommé Dunant:"Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ?" . Va-t-elle être aussi traînée en justice pour outrage… à la liberté d’expression pipole, ou à une revue pour bobos haut de gamme en plein exercice de bruits de chiottes ?

Je m’en tape.

dimanche 10 février 2008

NO LIMIT

Tous les commentaires sont les bienvenus sur ce blog. Hélas si on peut voir de nombreuses connections depuis quelques mois, peu se risquent à émettre leur avis ou restent cachés. C’est pas beau le voyeurisme idéologique ! La pensée consciente n’existe pourtant que dans le dialogue, la confrontation des points de vue et je n’ai pas vocation à prêcher dans le désert. Si cela devait perdurer, je finirai par conséquent par clore ce blog. Je remercie donc chaleureusement le bloggeur « démocrate anarcho-monarchiste » du courriel qu’il m’a fait parvenir :

« A parcourir votre blog - fort bien écrit par ailleurs -, après plusieurs mois d'absence, je me pose toujours la même question : pourquoi vouloir imposer aux gens de choisir entre capitalisme et marxisme ? J'agit-il donc de choisir entre le Bien et le Mal ? Je déteste, pour ma part, les approches désespérément systémiques que proposent ces deux "modèles". Avec les capitalistes, comme avec les marxistes, les gens ne sont que des pions, prisonniers de leur compte en banque ou de leur classe sociale. Ainsi, on les enferme dans des grilles de lecture qui ne sont pourtant que des créations de l'esprit humain. Pas d'alternative, donc, ni pour les uns, ni pour les autres. Les uns disent : "le pognon, c'est génial ! La Bourse, c'est formidable ! La spéculation, officiellement c'est pas bien, mais en réalité c'est merveilleux ! La loi de la jungle, ya que ça de vrai ! Premier arrivé, premier servi ! Et pas de pitié pour les perdants !". Les autres disent : "la lutte des classes explique TOUT ! Absolument TOUT ! Et tout doit être pensé à partir de cela ! Les "comités", les "cellules", les "partis prolétariens", y a que ça de vrai! La Révolution ! La Révolution ! Et ceux qui ne sont pas avec nous sont forcément contre nous, car ils sont à la solde de la réaction !" Et il me semble que je caricature à peine...
Franchement, moi qui déteste le pognon tout autant que les dogmes, quand j'entends parler les uns et les autres, j'ai simplement envie de faire le choix... de ne pas choisir.
Je doute que vous puissiez arriver à me convaincre, mais je prendrais volontiers connaissance de vos arguments, si vous souhaitez me répondre...

Cordialement,

Hyarion, le démocrate anarcho-monarchiste.

PS : j’adore la blague de Toto étudiant.(4 février)

Cher Hyarion,

Comme je vous l’ai déjà dit dans ma réponse immédiate et brève, je ne suis pas là pour vous convaincre. Je suis depuis longtemps vacciné contre le militantisme de caserne. Je ne suis pas un parti à moi tout seul, bien que parfois je donne l’impression de me prendre pour Mirabeau. Je m’efforce simplement de rester humain. Je ne puise pas ma conviction dans l’encre du révolté gauchiste et syndicaliste qui puise sa motivation dans la rage, la haine, l’envie et le ressentiment. Pas de pose rebelle ou arrogante de ma part, même si je me laisse parfois aller à l’insulte qui est l’arme du solitaire et de l’impuissant devant l’injustice du monde.

Venons-en à votre question : pourquoi vouloir imposer aux gens de choisir entre capitalisme et marxisme ?

D’emblée il me semble que vous faites fausse route, et j’ai envie de vous répliquer comme Marx que le problème est dans la question. Personne n’impose rien à personne en soi hormis dans les périodes électorales truquées de la bourgeoisie. Vous êtes libre (en Occident) de penser ce que vous voulez et cela ne dérange personne. A votre façon vous êtes néanmoins le produit humain d’une époque où il est légitime que les gens ne croient plus en rien et surtout ne se laissent plus abuser par les promesses de TOUS les partis et conciliabules politiques. Cependant ce rejet ou ce dégoût généralisé n’est pas signe à mon sens d’indifférence. Je ne sais si vous êtes étudiant, chômeur, ouvrier ou parasite quelconque, mais je puis vous dire que nous sommes tous impliqués, concernés et responsables de la situation sociale et économique dans laquelle nous nous trouvons. Immédiatement, à ce titre nous n’avons pas tous les mêmes motivations ni les mêmes besoins. Comme je l’affirme dans mon ouvrage « Dans quel ‘Etat’ est la révolution ? » - qui ne paraîtra certainement pas vu l’impéritie et la veulerie des éditeurs à qui je l’ai soumis – la société est partagée entre Etre et Avoir. Que vous le vouliez ou non, le monde capitaliste (c’est comme cela qu’il s’appelle) est dominé par la lutte pour le pouvoir, le paraître et l’AVOIR. Je peux comme vous dire, je ne veux pas choisir entre l’être et l’avoir. Or, indépendamment de nous, le monde actuel est dominé par le culte de l’avoir, et moi je ne veux pas avoir, je veux être. J’aime beaucoup la conclusion du dernier livre de Jean-Claude Michea : « Mais s’il advenait, malgré tout, que l’humanité perde son dernier combat et soit ainsi contrainte de céder la place aux machines post-humaines, dans le monde dévasté du libéralisme victorieux, il resterait encore une vérité ineffaçable. La richesse suprême, pour un être humain – et la clé de son bonheur – a toujours été l’accord avec soi-même. C’est un luxe que tous ceux qui consacrent leur bref passage sur terre à dominer et exploiter leurs semblables ne connaîtront jamais. Quand bien même l’avenir leur appartiendrait » (cf. L’empire du moindre mal, ed. Climats).

Le bourgeois (car il existe vous en convenez ?) n’est pas conscient, il veut jouir, jouir de son pouvoir, de ses esclaves, de ses biens, de ses distractions. Toujours plus ! Le prolétaire et le petit bourgeois sont eux-mêmes contaminés par temps morose par la même envie au rabais. On voit donc que le monde ne se divise pas entre le bien et le mal, le péché et l’abstinence. Le désir d’AVOIR règne sur ce monde dans toutes ses acceptions : vaincre, baiser, posséder, écraser l’autre, le tuer, etc.

Or, depuis les premiers chrétiens, nous savons que dans la misère (des éternels vaincus) il n’y a pas que la misère mais la conscience d’un autre monde possible. Si vous vous trouvez bien en ce monde, no problem, passez votre chemin et qu’un dieu vous garde. Si vous n’êtes pas aveugle à la misère du monde alors songez à ces premiers chrétiens qui enduraient mille humiliations et morts, dont les mains étaient enchaînés mais qui découvrirent que personne ne pouvait enchaîner leur esprit. Bien sûr cet éveil primaire se réfugia d’abord dans la croyance superstitieuse en un prophète ou en un au-delà du respect humain, mais les siècles qui nous séparent de cet éveil ont montré que le mal n’était pas naturel ni héréditaire mais était le fait de sociétés de classes ou des hommes dominaient d’autres hommes sans vergogne. Des révolutions successives ont révélé que la conscience d’une humanité perfectible était un projet humain possible. Permettez-moi de citer encore Michea, philosophe pourtant doux anarchiste, mais si lucide :

« Dès que l’on se refuse à prendre appui sur des vertus déjà (ou encore) présentes dans la vie des classes populaires, ce ne sont plus seulement les raisons de leurs révoltes qui deviennent incompréhensibles. Il faut également admettre que l’invitation à rester humain n’a aucun sens, que le capitalisme ne sera définitivement vaincu que par des hommes ‘qui n’existent pas encore’ et que seule une élite mystérieusement protégée contre les vices inhérents à la nature humaine (« des hommes taillés dans une autre étoffe », disait Staline) pourra diriger le processus de fabrication industrielle de « l’homme nouveau ». Tel est, en dernière instance, le fondement mystique invariable de toutes ces théories qui invitent à confier le destin des peuples à l’avant-garde éclairée du genre humain ».

Pour l’avenir de l’espèce humaine il n’est ni dieu, ni César, ni tribun. Cette maxime est celle qui émerge du mouvement de la classe ouvrière ancienne et moderne. Affirmation plus que jamais valable et qui n’intronise pas en soi cette classe ouvrière si méprisée. La classe ouvrière n’est pas toute l’humanité. Des millions d’humains ne peuvent être rangés dans cette catégorie, mais cela veut-il dire qu’ils sont désintéressés à la vie ou la survie du monde ? Cela veut-il dire qu’un grand chambardement n’entrainera pas toutes les couches intermédiaires, paupérisées ou quart-mondisées ?

Nous sommes dominés par de puissants organismes d’Etat. Nous ne sommes rien quand nous pouvons être tout. Si on en reste à votre simple question bipolaire le monde dans lequel nous vivons apparaît indicible. Vive la politique de l’autruche ? Je suis content de n’être considéré que comme un tube digestif, un con-sommateur ?
La majorité de la population dans tous les pays galère peu ou prou (c’est pire au Sahel et en Tchétchénie) mais cent millions de chinois et moi et moi et moi… On vit une époque formidable, le danger « communiste » a été éradiqué, remplacé par le brouillard islamique. Google me surveille nuit et jour. Il faudrait un nouvel Engels pour décrire The condition (effroyable) of the working class… Des femmes étudiantes se prostituent pour ne pas être à la rue. L’Etat me protège contre les voyous et les assassins. L’Etat apprend à lire à mes enfants. L’Etat ne cesse d’inventer des réformes qui enchantent les sectes obscurantistes. En France, les fœtus auront bientôt le droit de vote comme les morts puisqu’ils disposent désormais d’un état civil. Au Canada, après les écoles réservées aux enfants juifs, une école est ouverte pour les noirs exclusivement. En France encore un prof qui donne une baffe parce qu’il s’est fait insulter par un élève va illico en taule. En Turquie, le port du voile est légalisé à l’université. Tous les jours des dizaines de personnes sautent en Irak, en Afghanistan et on torture allègrement avec le supplice de la baignoire dans tous les pays civilisés. Chaque jour apporte son lot de révélations d’ignominies, d’injustices, de suicides de pauvres gens… et moi et moi je ne veux pas choisir, je me bouche les oreilles, je ferme les yeux et je me tais… Pourtant je vis dans un système qui n’a plus de limites… dans l’aberration et le nihilisme…

Le marxisme n’est pas la seule théorie qui a théorisé que du capitalisme devait sortir le communisme. Il suffit d’examiner les siècles d’histoire pour considérer la succession de divers types de société. Quand une société succède à une autre - il n’existe pas plusieurs grilles de lecture d’un monde qui implose ni plusieurs choix - celle-ci succède à celle-là même si mon ego se refuse à choisir. Quand je traverse la chaussée, soit je me fais écraser, soit je passe sans encombre ; je ne reste pas indéfiniment sur le trottoir à me demander si un monsieur ou une dame va me prendre par la main pour passer de l’autre côté.

Fin d’allégorie. Vous me direz encore qu’il n’y a plus de parti crédible et que la classe ouvrière, missionnaire avachie bêle derrière des syndicats gouvernementaux. Je ne vous dirai pas le contraire, c’est pourquoi le problème était dans votre question, et qu’elle suppose une autre discussion.

Bien cordialement,

JLR

PS : Un commentaire glané sur le web :

« Platon avait coutume de dire : “Quand l’élève ne respecte plus le maître, quand les lois sont bafouées, c’est le début de la tyrannie.” Je pense qu’il faut réhabiliter un gros mot : l’éducation. » – C’est une notion en perte de vitesse ?
« L’élève capable de dire “connard” à un prof est impulsif, angoissé. Il sera incapable de dire non à une nouvelle paire de baskets, à un nouveau téléphone portable. C’est lui qu’on retrouvera surendetté lorsqu’il sera adulte. Cette clientèle-là fait tourner l’économie. Environ 15 à 30 % des parents seraient incapables de dire non à leurs enfants. Ces derniers se sentent alors tout puissants, ils se comportent avec leurs parents, leurs profs, comme avec leurs copains, ce qui les rend éminemment fragiles. Aujourd’hui, près d’un jeune de 18 ans sur quatre est déjà passé par un épisode dépressif ».

Et je ne résiste pas à citer encore Michea qui, par une figure de style, croit avoir trouvé la pierre philosophale. Il nous conte que le Capital se nourrit encore de ses ferments de décomposition : « L'intérêt économique majeur (vise) à maintenir un taux de délinquance élevé. Non seulement, en effet, la pratique délinquante est, généralement,très productive (incendier quelques milliers de voitures chaque année par exemple, ne demande qu'un apport matériel très réduit, et sans commune mesure avec les bénéfices ainsi dégagés pour l'industrie automobile)... la participation du délinquant à la croissance du PIB est immédiatement rentable, même s'il est très jeune (il n'y a pas ici de limite légale au travail des enfants)..... » Avec cette parabole Michea trouve le moyen pour éviter de se prononcer politiquement sur le sens des émeutes. ET il ne connaît pas grand chose. J'ai connu un système de petites bandes des 70 depuis la porte de Vanves qui étaient payés pour crever les pneus autour du périphérique, au profit des garagistes voisins... Il faut savoir que pour toute épave la compagnie de CRS du périph touche un bakchich... mais chut!