"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 29 juillet 2015

D’où qu’il en est le mouvement révolutionnaire pour le renversement de la société bourgeoise?

Dessin de Christian Lagant, estimé et estimable animateur de NOIR ET ROUGE et qui, désespéré de la non venue de la révolution s'est suicidé à la fin des années 1970.

(copie du courrier envoyé à Table rase: http://tablerase.org/fil-rouge-n1-les-luttes-sociales/

Bonjour,

«Que nous importe un «parti», c’est à dire une bande d’ânes qui ne jurent que par nous parce qu’ils nous considèrent comme leurs égaux? (...) Ce n’est qu’en restant indépendant, en étant objectivement plus révolutionnaire que les autres, qu’on peut, au moins pour un temps, préserver son indépendance vis à vis de ce tourbillon (...) n’assumer aucune responsabilité pour des ânes, critiquer impitoyablement tout le monde, conserver par-dessus le marché cette sérénité que toutes les conspirations de ces imbéciles ne nous feront pas perdre».
Lettre d’Engels à Marx (1851)


UNE INVITATION A LA RENCONTRE ET AU DEBAT ENTRE REVOLUTIONNAIRES PAR votre «association marxiste d’échanges et de débats» nommée «Table rase», mais aussi «Fil rouge», mais aussi «union pour le communisme» voire «l’étincelle».

UNE SAINE VOLONTE DE DEPASSER LE CHACUN POUR SOI?

On s’y perdrait tant pointe le désir de «mettre le feu à la plaine» capitaliste. Je découvre seulement presqu’une année après votre site (preuve que l'information ne passe plus dans l'ex-milieu révolu maximaliste) boite aux lettres de plusieurs contributions sur ce «fil rouge»; connaissant la plupart des protagonistes, sauf «table rase» je trouve l’intention louable et à encourager. Quoique je tique sur les termes «union pour le communisme», la tradition du marxisme version maximaliste étant plutôt «scission-fraction-dénonciation», «sélection des cadres», etc. Le mot «union» n’étant réservé qu’à destination de l’armée des prolétaires du rang... de la future «armée rouge» et du «parti de masse compact et puissant de demain»?
Quoique je tique aussi sur l’armée de PN (pervers narcissiques) à l’affût dans tous les groupes politiques, les assocs charitables ou gauchistes, ou ultra-gauchistes, cette ribambelle de mécréants toujours volontaires pour prendre le pouvoir sur les autres, les encadrer et les diriger...
Examinant d’abord la proposition d’encadrement «démocratique» et «désintéressée» de Table rase, je suis assez consterné par l’atterrissage sans façon et sans passé de ces nouveaux camarades oecuméniques, voire estomaqué de leur ignorance de l’histoire révolutionnaire, mais je veux bien les aider à combler leurs lacunes:

- «l’absence de parti révolutionnaire empêche l’intervention autonome de la classe ouvrière»: l’absence d’électricité empêche mon café de se réchauffer mais n’ai-je pas encore le goût du café à la bouche? Jamais un vrai parti révolutionnaire n’a existé avant les révolutions historiques qui ont compté: pas de parti jacobin avant 1789, pas de parti Bolchevique avant 1917, pas de parti influent avant 1936, 1968, etc. Les véritables partis révolutionnaires aux différentes époques de la lutte des classes (pas des nationalismes sous-développés) apparaissent comme produits des vagues révolutionnaires; avant 1917 le parti SD russe votait les crédits de guerre... ce qu’il en reste après l’insurrection (dûe à la petite fraction Lénine-Trotsky et pas au comité central lourdingue avec Staline) a mué et ne prend le nom de parti bolchevique qu’en 1918! En réalité l’autonomie ouvrière, notion très spécieuse et passoire à idéologie anar, n’est pas l’indépendance de classe, celle-ci est une recherche permanente pour échapper aux dirigeants PN de tout acabit (organisateurs professionnels bobos) et à leurs divers syndicats et assocs.
- «le manque d’implantation des militants dispersés dans le prolétariat en général et d’abord dans les entreprises»: on a là en résumé toute la fable du recrutement syndicaliste gauchiste mao-trotsko-anar, dialectique d’étudiants post-soixantuitards mal dégrossis d’une bolchévisation (stalinisation des partis par le concept des «cellules d’usine» dans les thirties!); cette obsession dogmatique est une maladie incurable du gauchisme sénile, elle consiste à imaginer que le pouvoir du prolétariat devrait être encore demain cette fiction des «conseils ouvriers», qui n’ont jamais été foutus de prendre le pouvoir ni en Russie ni en Allemagne pas parce qu’ils se seraient fait avoir par le parti, mais parce que telle n’est pas leur fonction: le communisme ou du moins la transition vers le renversement complet du capitalisme, ce n’est pas les ouvriers (certifiés en bleu, sans diplômes, + quota de grèves effectives) qui supplanteraient les bourgeois + leurs flics et + leurs syndicats... Laissons aux anars cette vision ouvriériste renversée en faveur de leur rêverie de l’autocongestion villageoise et leurs pâles coopératives. Cette histoire de «présence physique» des professionnels du militantisme pour être mieux sponsorisé ensuite par la base ouvrière, est démagogique (nous l’avons combattue dans les années 1970 avec le CCI). De véritables révolutionnaires n’ont pas besoin de la reconnaissance de futurs «cadres du parti au pouvoir» ni de bobos syndicalistes qui veulent décider à leur place. Mais cette question ridicule de «l’implantation» renvoie à deux autres questions que je ne peux développer ici - mais qui peut vous être matière à débat plutôt que cette autre ficelle éculée «très léniniste foireuse» d’ «interventions communes», comme si ces «militants dispersés» avaient au moins une science infuse de la préparation révolutionnaire adéquate (et donc un parfait mépris du niveau de la conscience de classe); ces deux questions sont: comment se fait et par qui la réorganisation de la société après la mise à bas de l’Etat? Et, alors que la plupart des grandes usines ont disparu et que les patrons sont à l’étranger, et qu’une pièce est produire dans un pays et une autre dans un autre, qui va croire que la remise en marche peut se faire au niveau : national? international? et que l’union des ouvriers d’une corporation serait peut-être plus justifiée avec les ouvriers de la branche concernée dans les autres pays plutôt qu’avec les entreprises différentes du coin? Mais nullement révolutionnaire ni apte à réguler les besoins de l’ensemble de la population (cf. mon livre «Dans quel «Etat» est la révolution?».
- le cercle assoc «table rase» ou «fil rouge», serait plus table rase... du passé, sa seule filiation historique revendiquée est étrange et limitée: le mouvement de 1991 au Kurdistan! Qui en a entendu parler? Pourquoi rien sur des événements autrement importants: Octobre 1917, 1919 et 1923 Allemagne, Chine 1927, Espagne 1937, mai 68, Pologne 1980, etc. Cette histoire du Kurdistan est un vieux serpent de mer; un groupe intitulé je crois «Mouvement communiste» (devenu farouchement anti-léniniste après avoir ét léniniste dogmatique) avait raconté qu’il y avait eu des conseils ouvriers... jamais vérifié. Cela sent la préférence... tiersmondiste pour hausser le rôle de la classe ouvrière à celle des populations flouées et impuissantes de la périphérie...
- «à travers un important travail de formations, d’organisations (...) de cours de langues des camarades étrangers (...) d’un camp d’été... partager nos expériences... des interviews... se trouve l’embryon d’un mouvement communiste puissant»!? On peut se demander comment un tel travail d’assoc caritative, bourré d’intentions léninistes éculées pourrait ouvrir la voie à un réel débat entre fractions et individus dispersés toujours favorables mordicus au chambardement de la société bourgeoise.

Cela commence plutôt mal. Il nous est fourni des contributions de faux groupes, à la queue leu leu, mais pas de confrontation ni discussion. Les différents intervenants ne sont pas ou plus des groupes, mais une poignée d’individus voire se simples couples de réchappés des implosions militantes diverses et successives. S’il vous plaît, n’abusez pas le prolétariat!
A ma connaissance un cercle a joué ce rôle de creuset de rencontres positives entre révolutionnaires de diverses tendances, ICO d’Henri Simon dans la période après 68; mais ce dernier avait hérité d’une méthode critique autrement plus ouverte et créatrice que la bouillie de chat néoléniniste dont vous semblez hériter, mais combien j’aimerais que vous puissiez favoriser pourtant des débats dont notre époque a un intense besoin (car vous avez tout de même posé une série de bonnes questions), quitte à vous remettre en cause... et à mûrir ensemble, mais pas mourir. Il faut de réelles confrontations sans concessions, sans miévreries démocratoques, sinon vous aboutirez au même genre d’assoc de bonne volonté que «Matière et Révolution» - site intéressant de celui qui se fait appeler Robert Paris - des rencontres qui ronronnent, qui tournent en rond et dont rien ne sort.

Deux cercles (disons) dominent par leur sérieux et lucidité les autres contributions: Robin Goodfelow and ce qu’il reste du PCint, ils ne sont ni dogmatiques ni invariants, contrairement à ce qu’un certain milieu disparu a pu leur reprocher.
Robin Good présente une cohérence programmatique héritée de la Gauche révolutionnaire italienne, mais contient des singularités comme sa vision de 90 ans de contre-révolution «ininterrompue»! C’est une ânerie d’enfants du bordiguisme. La notion de contre révolution est assez obsolète si on considère - du point de vue maximaliste étroit - qu’il ne s’est rien passé depuis 1917 et que Staline est toujours vivant! Nous ne sommes pas en période de contre-révolution pour la bonne raison qu’aucune révolution ou explosion de lutte de la classe ouvrière n’a pas eu lieu depuis belle lurette! Notion surannée! Au début de 1917, Lénine ne déclare jamais «nous sortons de la contre-révolution», mais «nous allons renverser l’Etat bourgeois». A chaque fois que j’entends cette notion caduque et étriquée j’ai envie de crier «mais la révolution n’a pas encore eu lieu!».
Mais RG a de très belles qualités d’analyse, proches du PCint, notamment sur le poids sidérant de la petite bourgeoisie à l’époque moderne, qui explique bien des affaiblissements du prolétariat; même par rapport à la filiation Gauche italienne, ils font montre d’un étonnant esprit d’autocritique en évoquant les années 1970 et «de nombreuses limites dues notamment à un léninisme non critique». On trouve un effort pour comprendre les signes encourageant de la lutte de (la) classe, marqué toutefois par un aveuglement sur le rôle des syndicats «émergents». Ils sont enfin ambigus concernant votre proposition de matériel commun: «Ceci pourrait passer par la réalisation de matériel en commun, tracts par exemple, dont le risque est qu’ils soient trop généraux...».

Le PCint fournit une analyse plus historique, de la Russie 1917 aux trente glorieuses et à l’effondrement du bloc impérialiste russe, en relevant ce qui a pu acheter» le prolétariat et dissoudre temporairement son désir de révolution. Il passe sur ses longues erreurs théoriques sur les libérations nationales et sa préférence immigrée, mais l’analyse des impérialisme actuels est impeccable. Il ne s’embarrasse pas avec la fable de la contre révolution ininterrompue mais s’attache à démontrer la dynamique actuelle du prolétariat et nous assure que çà pètera avant 30 ans. Comme RG ils analysent justement le poids des révoltes petites bourgeoises comme frein à la lutte du prolétariat, ou même handicap. Contrairement au CCI qui a toujours ignoré la petite bourgeoisie puisqu’il est assis dessus (la plupart de ses caïds étaient profs d’université, aimaient s’écouter parler en public congressiste et se sont réfugiés en Belgique chez Controverses, retrouvailles entre bobos indifférentistes...).
Concernant le rôle des révolutionnaires, leur insistance répétée pour la constitution du parti révolutionnaire sur la base des principes de classe peut apparaître rébarbative mais - ôtez tout fantasme de parti invariant et d’acier léniniste garanti - cette insistance n’est pas formelle, elle est une insistance politique parce que les résidus du gauchisme et de l’ultra-gauchisme, et même du maximalisme restent marqués par un ouvriérisme et un léninisme mités, qui consiste à voir le lieu de travail comme le stade suprême du début de la prise du pouvoir par les ouvriers... eux-mêmes. La formule a pris un coup de vieux. Il n’est pas vrai que les ouvriers de l’usine Dutruc sont aptes à définir les besoins de la société ni à remplacer le conseil des ministres bourgeois. Il n’est pas vrai que la révolution se produit au sommet de la grève générale. Aucune révolution n’est sortie d’une grève générale. Les révolutions sont plutôt sorties de cataclysmes militaires, de la conjonction de la misère et de l’impuissance des gouvernants. En 36 et 68, pour ne prendre que le cas français, les ouvriers n’ont pas été foutu que de jouer aux cartes... Le processus révolutionnaire est toujours passé en dehors et au-dessus de usines, c’est pourquoi s’implanter au travail est bon pour les bobos intellectuels. La dynamique passera, comme hier, par les quartiers, les territoires contrôlés par les prolétaires de partout, pas par des comités d’usine quand il n’y a plus d’usines ni parce que les prolétaires fabricants de boite de conserve seraient plus conscients ou «équipés» que ceux des services! Une réflexion est à mener sur cette carence d’analyse des pâles héritiers révolutionnaires modernes dont la réflexion reste souvent au ras des pâquerettes syndicalistes (qui n’est pas antagoniste avec la théorie débile de l’émeutier, Pouget es-tu toujours là?).

Comme illustration de la chute dans le localisme et l’infinitésimal, voici malheureusement un des derniers mohicans du CCI de sa période glorieuse, Michel Olivier. Vous posiez des questions sur l’analyse de la période mondiale et une prise de position historique, mais le pauvre homme s’enferre dans un listage des récentes grèves syndicales en France dont on n’a que foutre et qui ne permettent pas de comprendre la situation mondiale du prolétariat, ni «ni les questions majeures au niveau impérialiste et politique.
Franchement en référer pour juin 2014 aux grèves des péquins suivants - intermittents du spectacle, inspecteurs du permis de conduire, agents de sécurité de la Tour Eiffel, agents de Pôle emploi, et divers «services publics» - ce n’est pas saluer la fine fleur du prolétariat. La plupart de ces professions sont honnies ou méprisées par les autres prolétaires dans leur majorité; les intermittents du spectacle sont des OVNI du salariat, héritiers des petits privilèges de la culture franchouillarde contrôlée par le PCF depuis la guerre, ce milieu interlope d’artistes a toujours été piloté par la CGT et en redemande comme «garantie» (Olivier ne se rend pas compte de ce qu’il dit mais il le dit plus loin, l’AG des intermittents du spectacle pour soit disant l’unification des luttes n’était qu’un cirque hyper contrôlé par l’appareil CGT!)..
Plus affligeant pour un ancien haut commissaire du CCI - qui dénonce l’attaque de l’Etat français contre les acquis de la classe ouvrière (quels acquis? il suppose les services publics et la sécurité sociale, il rigole?) - pire donc la situation française devient l’étalon de mesure du contexte mondial: «Le contexte politique général décrit ci-dessus est celui du contexte général dans l’ensemble du monde». Ha Ha Ha, et dans le CCI on l’appelait déjà «snob tête en l’air».

Gardant les simplismes du CCI du genre «tous les travailleurs sont attaqués de la même façon», M.Olivier en déduit que le gouvernement n’apporte «aucune solution immédiate aux travailleurs», ce n’est pas vrai pour tout le monde; le gouvernement est plus intelligent que cela, et donne à Paul ce qu’il ne donne pas à Pierre ou Jacques. Ne l’aurait-on pas déjà renversé sinon? Est évoqué comme radicale contestation syndicale les sifflets contre Séguy en 68, mais on s’en fout, tout est dispersé et décousu dans cette contribution, rien n’est placé à l’échelle de l’histoire et des enjeux de sociétés, et on se fout des grèves syndicales intermittentes ou cycliques. On se fout de la privatisation de la SNCF comme de la trahison éternelle des syndicats. C’est creux comme le slogan élimé additions des corpos modèle 1995: «Cheminots, postiers, intermittents, précaires, du public comme du privé, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers...», avec ou sans parti!

L’écrivain Tom Thomas se contente lui de brèves remarques. Je ne suis pas fan, mais celles-ci sont fort pertinentes. Il faut en effet partir d’une analyse de l’état du capitalisme comme préalable à «tout «Bulletin de liaison» sur les luttes (qui, sinon, ne serait que l’accumulation «d’informations» invertébrée, sans réelle signification». Il aurait pu ajouter comme Echanges de Simon ou feu le GLAT (groupe de liaisons et d’action des travailleurs des 70). Il demande aussi d’en finir avec le fétichisme de l’Etat, concernant le réformisme radical (gauchos et Mélencho), mais ceux-là se ridiculisent d’eux-mêmes, il aurait mieux fait de poser la question autrement plus importante historiquement de quelle centralisation aura besoin la révolution pour aller vers le communisme.

Accessoirement une secte sans intérêt avait été conviée à s’ouvrir aux autres, un CCI (T) fusionné avec les délirants du «Groupe Bolchevik», devenu GMR d’un COREP international. Ha Ha Ha. Elle affirme la nécessité du parti bolchevique et envoie chier «Table rase» qui , et ce sera sa seule réponse à un groupe, répond qu’elle est pour un parti bolchevique modèle démocratique, veille prise du pouvoir en Russie, mais consent à admettre dans le consensus envisagé cette bande d’idiots cryptos trotskiens.

Encore une appellation nunuche pour le groupe suivant «Tant qu’il y aura de l’argent» qui fait quelques justes remarques pillées aux analyses de classes sur le comportement des oligarchies et des cire-pompes de la gauche caviar, mais pour le reste révèle un cercle de marginaux autogérés qui, telles des assistantes sociales, veulent gérer leur misère dans leur coin. En plus de vouloir organiser les sans-emplois autour de leurs «liens» et dans la «vie quotidienne», ces bobos se vantent d’être généralement syndiqués. Ha Ha Ha! Encore des intermittents du spectacle des révolutionnaires déconfits.

Il faut de tout pour faire un monde. Je ne prône pas l’éradication des chasseurs d’images, des assocs de locataires, du NPA et des assocs caritatives gauchistes. Ils ont le droit d’exister et de faire leur tambouille, mais il ne faut pas oublier que les organisations révolutionnaires, même à l’état de secte, ont toujours plus ou moins attiré des tarés ou demi-tarés, et qu’il faut faire une sélection. Mais avec un état d’esprit qui ne soit pas du type «patriotisme de parti». J’appuie cette idée sur un écrit de Marc Chiric, fondateur du CCI et qui a échoué dans sa postérité même s’il n’est pas tout à fit responsable de celle-ci:

«La conviction juste que nos positions sont authentiquement révolutionnaire, poussée à outrance, donne cette aberration qui veut que tout ce qui est en dehors de nous ne peut être que contre-révolutionnaire. On perd ainsi de vue que le mouvement révolutionnaire de la classe est un mouvement incessant de maturation de la conscience se manifestant nécessairement dans l’apparition et l’existence simultanée de plusieurs organisations plus ou moins formées, plus ou moins avancées, et dont nous-mêmes, ne sommes qu’une expression, même si nous sommes la plus avancée et la plus cohérente» («Groupes confus et notre propre confusion 1977, texte interne du CCI publié dans mon livre «Marc Laverne et le CCI»; le PCint est le seul groupe à m’avoir fait l’honneur de référencer ce travail et avec une critique positive et fructueuse pour moi, vous pouvez le lire encore sur la toile).

En conclusion, je considère l’initiative de «table rase» comme positive, bien que rien n’ai encore débuté. Chaque individu ou couple ou cercle n’a fait que présenter son analyse, sera-t-il possible de passer maintenant à la discussion (le mot confrontation était trop fort)?
Sera-t-il possible de prendre en compte ces aspects de la réalité actuelle que vous semblez tous ignorer:
- la bourgeoisie mondiale a encore des ressources économiques et idéologiques immenses;
- la diabolisation de l’islam a supplanté le stalinisme;
- l’occupation du pouvoir par Syriza en Grèce démontre la réalité du gauchisme enfin au pouvoir, ce «réformisme radical» se dégonfle comme baudruche;
- volontarisme et activisme sont inutiles à la formation du parti communiste mondial de demain.

Cordiales salutations,

Jean-Louis Roche (alias Pierre Hempel)

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