"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 28 février 2013

POURQUOI LES GAUCHISTES SONT DES BOURGEOIS ?

APRES LA "REVOLUTION EN PERMANENCE" LA "TRAHISON PERMANENTE"

Exceptée l’aile gauche du mouvement maximaliste depuis les années 1970 (RI, le FOR et le PIC) la plupart des courants ou cercles se réclamant de son aile opportuniste bordiguiste (PCI, Battaglia, Robin Goodfellow, etc.) ne se sont jamais résolus à considérer les gauchistes comme appartenant au camp bourgeois. Pour le cercle Robin Goodfellow, les gauchistes seraient « l’extrême gauche de la social-démocratie », mais la social-démocratie c’est quoi alors ? Pour ces soit disant marxistes orthodoxes l’extrême gauche, influençant de nombreux naïfs, serait donc simplement « opportuniste », c'est-à-dire, au sens marxiste classique : l’opportuniste est un futur traître qui prône la révolution, d’autant plus que ses rangs comptent désormais de nombreux prolétaires salariés, quoique souvent employés « protégés » des services publics et de l’éduque naze…
Il est vrai qu’à première vue, sur le terrain des luttes de la classe exploitée, la plupart des intervenants gauchistes font preuve d’un radicalisme syndical voire d’un syndicalisme radical qui prône une révolution quelque part dans l’avenir, et qu’aucun de ces agitateurs ne fait partie des magnats industriels ni n’est propriétaire terrien ni flic professionnel.
Tout cela vole évidemment en éclats pour qui ne considère pas que la bourgeoisie serait simplement la possession des moyens de production ou un vécu de riche cynique dans la société des inégalités de classes. La bourgeoisie, s’il faut en donner une définition plus précise, est d’abord une idéologie de conservation sociale qui dispose, comme la noblesse de jadis, de divers valets intéressés à sa pérennité.
Elle est une morale politique, nommée démocratie participative dont les critiques gauchistes prétendent être la lessive qui laverait plus blanc, comme condition pour parvenir à un changement de société « radical », « révolutionnaire ». Une vieille affiche de la LCR, reprise par son NPA indique : « La capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, aidons-le ». L’humour peut servir les pires mensonges des « participants » au comique parterre politique officiel.
Avant d’examiner comment le gauchisme actuel, via son fleuron trotskien soixantehuitard le mieux consommable sur les écrans à cristaux liquide, il nous faut partir de la défense du gauchisme par lui-même. Il serait fastidieux de récupérer tous les comptes-rendus ou articles des groupes maximalistes depuis les années 1970 qui ont rendu compte par leurs dénonciations de la compromission du gauchisme avec les grands partis bourgeois (fronts uniques), l’appareil d’Etat (financement électoral) ou  dans les rangs du syndicalisme de gouvernement (soutien critique). Le trotskysme a toujours eu la faconde de passer historiquement du soutien critique à l’absence de soutien à la critique.
En réalité il n’y a jamais eu, il n’y a jamais de réponses faites aux dénonciations du maximalisme par les diverses chapelles gauchistes. Comme le stalinisme, dont la plupart des trotskiens sont les progénitures (et pas de la bourgeoisie « socialiste »), se refusent à débattre clairement avec même pas des ennemis, mais des « sectes ultra-gauches coupées de la réalité ». La méthode est déjà, à ce point de départ, typiquement autiste bourgeoise. Le propre de la bourgeoisie, de son mode de domination politique et social, jusque dans l’entreprise, reste « cause toujours, et parle à mon cul » ; c’est pourquoi la violence, et même la terreur révolutionnaire sont inévitables à des étapes données de la lutte des classes.
Alors par un heureux hasard de mes correspondances privées, je suis en mesure de vous montrer la véritable réponse que ne vous fourniront jamais officiellement les divers gauchismes. Ayant été aux premières loges du retour en politique d’un vieux routier du trotskysme, il y a une dizaine d’années, Yves Coleman, j’ai pu assister (et combattre honorablement) le fond de l’argumentaire trostko-gauchiste grâce à cet intellectuel œcuménique. Coleman, nouveau moraliste prêchant les épousailles du marxisme et de l’anarchisme, nous fournit, avec un raisonnement serein, argumenté et logique les véritables raisons qui confirment que le gauchisme FAIT PARTIE de l’idéologie bourgeoise.
Un certain Guy Fargette a parfaitement identifié la faconde de Coleman, auquel Michel Olivier s’est désormais associé : « Y. Coleman qui, sous des phrases d’ouverture formelle, n’a nullement abandonné la posture d’assurance impérieuse et factice des léninistes de toujours, même quand ils ne s’appuient plus sur un groupe hiérarchisé (…) s’avère d’un schématisme erratique extrêmement révélateur. Il affirme le fonds de ses positions avec une franchise que ses collègues savent en général éviter ».
 Examinons le courriel qu’il me fait parvenir en 2002, qui fait preuve apparemment d’une lucidité de « bon sens », mais où il est le seul à critiquer âprement et superficiellement mon ouvrage « Les Trotskiens » que je viens d’éditer chèrement à mes frais[1]:

Lettre du 17 juillet 2002
« En ce qui concerne mes petits textes et mon projet de tract, je crois que notre divergence porte sur la façon de discuter et sur l’usage de certains concepts comme bourgeois, centristes, gauchistes, staliniens, ultra-gauches, etc. M’étant totalement séparé des milieux d’extrême gauche pendant 20 ans, et ayant vécu et travaillé parmi les gens normaux, qui ne pensaient pas politique du matin au soir, j’ai pris en sainte horreur tout un jargon gauchiste et les conséquences que l’usage de ce jargon a sur les relations humaines quotidiennes. Je dois dire que LO (Lutte Ouvrière) n’utilisait guère ce jargon et qu’à CC (Combat Communiste) non plus nous n’aimions guère le vocabulaire et les polémiques des groupes d’extrême gauche (le fond oui, car il est nécessaire, vital même, mais pas la forme sectaire). Si tu t’es tapé, comme c’est mon cas, les œuvres complètes de Trotsky, une bonne part de celles de Lénine et de Marx, sans compter les écrits de toutes les tendances gauchistes françaises et internationales pendant 16 ans, tu ne peux qu’aboutir à une certaine saturation vis-à-vis des appréciations et accusations polémiques incessantes qui parsèment ces textes. Et quand on en vient aux petits groupes comme les trotskystes actuels, ou aux groupes encore plus minuscules comme ceux de l’ultragauche, les excommunications me semblent stériles car ces groupes ne jouent plus pratiquement aucun rôle dans la réalité.
Ton livre mélange des attaques personnelles parfaitement gratuites et méprisantes contre les dirigeants trotskystes (Krivine, Arlette, Lambert), des informations invérifiables et calomnieuses sur les financements occultes des groupes trotskystes avec un florilège de citations qui, à mon avis, ne convaincront que les convaincus car justement ce ne sont que des citations. Tu as bien du mal à reprocher aux groupes trotskystes des actes concrets (cassage de grèves, cogestion du capitalisme, etc.) et constamment obligé d’utiliser des phrases et des raisonnements ambigus ou pédagos, sortis de leur contexte le plus souvent, et de t’en indigner comme s’il s’agissait d’actes politiques de la même portée que la participation à des gouvernements bourgeois ou le massacre d’ouvriers. De même, tu fais constamment l’amalgame entre trotskystes et ex-trotskystes, ce qui est de bonne guerre d’un point de vue polémique mais n’est guère rigoureux. A ce compte-la on trouvera toujours des conseillistes collaborateurs ou des bordiguistes devenus cadres d’entreprise ou hauts fonctionnaires, cela ne convaincra pas les membres de ces groupes qu’il existe un lien inéluctable entre leur idéologie et le parcours d’un certain nombre de leurs membres.
Certes avec les ex-léninistes-gauchistes de la cuvée 68 le phénomène a pris une ampleur assez significative (quelques centaines n’individus sans doute), mais cela n’est malheureusement pas suffisant aux yeux de la masse des militants ou sympathisants (des dizaines de milliers depuis presque 40 ans), anciens et actuels, qui eux n’ont pas tourné leur veste, ne sont pas devenus patrons, journalistes aux ordres ou conseillers du CNPF, n’ont jamais brisé la moindre grève et ont toujours été victimes de la répression patronale. Je comprends très bien que chaque groupe, voire chaque individu, révolutionnaire, ait besoin de se convaincre qu’il détient la vérité, et que tous les autres ont tort, mais à quoi cela mène-t-il ? A l’isolement, à l’amertume, au mépris pour les autres, considérés comme faisant le jeu de la bourgeoisie, comme des racketteurs, etc. Cela ne mène à aucune clarification, ni théorique, ni organisationnelle. Et les groupes qui mènent la polémique la plus durement contre les autres (comme RI ou le PCI) ne sont absolument pas à l’abri de l’autodestruction et des scissions à répétition comme tu le sais bien toi-même. Alors qu’ont-ils gagné en se présentant comme les seuls détenteurs de la science marxiste ou de la vérité révolutionnaire depuis 70 ans ? Absolument rien.
Quant à moi, aujourd’hui comme hier, je tâtonne, et j’essaie de discuter plus ou moins fraternellement en fonction de ma patience avec les gens qui prétendent vouloir changer la société grosso modo dans le même sens que moi. Tout à fait d’accord que les dirigeants de LO ou de la LCR n’en ont rien à foutre, et je ne vois pas l’intérêt de discuter avec eux pour les ébranler ou les convaincre. Je ne leur cherche pas d’excuses (ils n’ont pas besoin de moi pour cela), j’ai cherché seulement dans les 2 articles pour Dissidences à exposer honnêtement leurs motivations de départ, même si le résultat final est très loin des intentions proclamées. J’ai discuté avec une militante de LO qui trouvait que mes textes étaient dignes de l’Express et de Koch, donc je vois bien que ces militants sont enfermés dans des certitudes et qu’ils ont besoin de mépriser les autres pour se blinder contre l’effet de la critique. Je connais personnellement un certain nombre de dirigeants de LO (j’étais dans la même cellule que Pierre Bois pendant des années, j’ai bien connu Dubourg (non Duburg, ndt), Kaldy, etc.) et je ne crois pas que ce soient des pourris, des néostaliniens, comme tu le dis. Qu’ils aient peu de respect pour la démocratie interne, le débat d’idées, et même qu’ils fassent peu de choses dans leur propre organisation pour lutter contre les effets de la division du travail capitaliste, j’en suis convaincu. Qu’ils soient prêts à magouiller dans des mouvements, j’en ai personnellement été témoin lors de la première grève des CET de 1974, et nous l’avons écrit dans CC (Combat Communiste). Mais cela ne fait pas d’eux des valets de la bourgeoisie ou de simples appendices du PS ou du PCF, du moins pour le moment. Ce sont des gens qui sont totalement désintéressés sur le plan personnel, qui n’accumulent aucun bien, qui ne vivent pas sur un grand train de vie, etc. Un permanent de LO vit avec moins que le SMIC et en plus il n’aura aucune retraite, donc on est très loin des carriéristes de tout poil qui peuplent l’Université et une partie de l’Etat bourgeois, ou qui grimpent dans l’appareil syndical en faisant toutes sortes de compromissions. Je ne vois aucune raison de brandir des condamnations historiques définitives ou de reprendre à mon compte des informations invérifiables de journaleux pour appuyer mes raisonnements. Il faut mener la polémique contre eux en tenant compte de la taille des groupes concernés, de la portée réelle de leurs actes et de leurs paroles, de leurs illusions et manipulations tacticiennes, etc. Sinon, on se fait surtout plaisir à soi-même en brandissant des anathèmes et en prononçant des excommunications, mais on ne fait pas avancer le schmilblick d’un poil. Krivine n’est pas Scheidemann, Lambert n’est pas Staline, Arlette n’est pas Fidel Castro. Il faut aussi dénoncer les calomnies des journalistes contre eux : même si on n’aime pas ces groupes, leurs mœurs et leur idéologie, on ne peut laisser des plumitifs de la bourgeoisie donner des leçons de morale et raconter n’importe quoi. Tu as l’air de penser que puisque ces groupes ne démentent pas publiquement et en détail les conneries ou les saloperies que l’on écrit sur eux, c’est que ces conneries ou ces saloperies sont vraies. Curieux raisonnement pour quelqu’un qui veut utiliser une méthode scientifique. S’il fallait que les groupes d’extrême gauche fassent des procès ou des contre-livres chaque fois que l’on écrit sur eux, cela leur coûterait une énergie démesurée par rapport à ce que cela leur rapporterait. Je ne sais pas si j’aurai le temps, la patience et l’envie de continuer à considérer les trotskystes comme des camarades et de tenter de m’adresser à eux pendant des années, mais pour le moment je vais faire un petit effort dans ce sens. J’ai ouvert un site (http://monsite.wanadoo.fr//revolutionarchives) qui est vide pour le moment mais que je vais alimenter avec des traductions de classiques qui à mon avis permettent de faire avancer le débat et de franchir les frontières des chapelles actuelles. Les deux premiers textes que je suis en train de traduire sont un texte d’Emma Goldman sur Trotsky et Cronstadt (pour faire réfléchir les trotskystes) et un texte d’Hal Draper sur Michaisky[2] (pour faire réfléchir les anarchistes). Je ne sais pas si je les diffuserai sous forme de brochure ou de revue (temps + pognon = galère), mais je pense qu’il faut que les barrières intellectuelles et humaines, les frontières artificielles entre les organisations tombent, pour que surgissent de nouveaux groupes, de nouveaux rassemblements révolutionnaires. Certes, cela ne suffira pas à changer radicalement la situation, mais c’est une des conditions importantes à ce que l’on ne reproduise pas éternellement les mêmes erreurs.
Amitiés. Yves
Je ne me souviens pas lui avoir répondu à l’époque tellement je le trouvais… bête.

UNE VRAIE ARGUMENTATION… GAUCHISTE DE BASE

Voilà Coleman synthétisa ainsi par devers lui, tout à fait, à lui seul, correctement la défense du gauchisme, que ses impétrants incosncients ne pourraient pas formuler comme telle, même si, probablement, telle est la pensée de ses nombreux prestataires et électeurs de base, toujours un peu aléatoires eux-mêmes en trempant dans cette politique de faux-culs. Coleman se fait passer depuis pour observateur au-dessus de la mêlée et « chercheur »[3]. Chercheur d’absolu ou de reconnaissance, je ne lui reprocherai certainement pas de mener à ses frais un louable travail d’érudition de textes méconnus, réalisé sous forme livre, plus durable que les brûlots au format journal ringard, mais qui ne favorise pas vraiment ni la pensée révolutionnaire ni la nécessité d’une homogénéisation politique du prolétariat. Son propos curieux de 2002 de « faire tomber les barrières humaines et intellectuelles » s’est affirmé depuis comme démarche humaniste bourgeoise, pacifiste mièvre et surtout antiraciste à la mode, tribune personnelle hautaine et « conseilleuse » sur le web, et animation de quelques réunions de salon.
Il trouve que j’ai été souvent « méchant » concernant ses prises de position, mais qu’il soit rassuré comme individu il est charmant, comme feu Stéphane Hessel, il sait être élégant et tolérant, tout en préservant une pensée lamentablement conformiste. Je ne vais pas reproduire mes différents articles concernant Coleman, je n’ai aucune raison de lui en vouloir personnellement, il est en général honnête même dans les rapports avec ceux qui le critiquent (hormis les inévitables dérapages critiques de ses arguties politiques où le commissaire politique trotskien refait inévitablement surface, faucille entre les dents...).
Le problème avec Coleman, comme avec tous ses ex-amis gauchistes qu’il critique ou qui l’apitoie, est qu’ils n’ont jamais appris à penser, à réfléchir hors du cadre et des limites fixées par la domination totalitaire dite démocratie participative. Le cadre alternatif, du point de vue du camp du prolétariat, il en a pourtant entendu parler, tardivement et sans y adhérer, c’est celui fourni par les différents courants de la Gauche communiste maximaliste (de Bordiga à Pannekoek, et aux fractions dites à tort ultra-gauches). Il faut penser, mais oui, « en dehors du système » et de ses mensonges pour approcher la vérité.
Dans mon article « Marceau Coleman, le pic vert de la gauche caviar » (facétie de ma part pour une mise en parallèle du chef gauchiste de 1936 Marceau Pivert, gauchiste de la SFIO) j’ai montré comment Coleman, en ne polémiquant plus qu’avec des membres apparentés à l’élite intellectuelle bourgeoise, conchie  avec des moulins à vent, sans avoir l’air de prétendre moraliser la classe ouvrière, mais quand même : antiracisme, défense des sans-papiers, danger du FN, etc. Un antifâchisme de bon aloi du même niveau que celui de Besancenot sur les plateaux de télévision : « Sans conteste, Coleman n’a ni patrie ni frontières… de classe. Marqué depuis sa jeunesse par le breuvage stalino-démocratique de la secte de Laguiller, il poursuit un chemin chaotique qui repose sur le fondamentalisme multiculturel US. Ses productions anarcho-trotskiennes, par voie de tract ou de revue, sont si orientées grossièrement en faveur de la démocratie multiculturaliste et antiraciste de l’oncle Samuel qu’il faillit se faire démonter le portrait il y a quelques années au milieu d’une manif fréquentée par de braves « jeunes de banlieue » au front bas musulmaniaque ; ce que j’avais réprouvé à l’époque (les menaces physiques contre lui comme sa morale politique pro-occidentale). Je connais l’individu depuis 40 ans. Il fût mon chef de rayon de LO pour la prospection dans les HLM de Cachan de signatures par les « prolos » pour de meilleurs transports en commun dans le capitalisme embouteillé. Le petit chef trotskien était déjà hautain, ergoteur et falsificateur. Le voici, quarante ans plus tard, de son propre chef sans le comité central de LO, chevalier de la croisade contre le danger de l’extrême droite »[4]

Le 30 août 2011, je jetais un  « Coup d’œil dans le retro » sur le passé du gauchisme : COMMENT L’ANCETRE DU NPA S’EST VAUTRE DANS LE SOUTIEN AU BOURGEOIS MITTERRAND
Le Quotidien rouge « journal d’action communiste » n°21 – 18 mai 1974 – directeur : Daniel Bensaïd, appela mordicus à voter Mitterrand, « action communiste » qui n’était évidemment pas « un but final », mais comme le communiqué du 6 mai de Lutte Ouvrière « pour qu’il ne manque pas une seule voie sur le nom de François Mitterrand », « mais parce que la victoire de Mitterrand (…) pourra faire la preuve, aux yeux de l’ensemble des classes laborieuses, de ce qu’il est vraiment » ! Hi ! Près de quarante ans plus tard, les trotskiens pourraient-ils tenir le même genre de discours pour demeurés avec un des champions de la gauche caviar ? Non, pour le deuxième tour de la religion électorale, on se contentera d’un « faut battre la droite », pardon « éliminer le blaireau ». Le 17 mai 1974, une autre chapelle du même tronc l’orga Révolution ! des Henri Mahler et Isaac Joshua, publie aussi un communiqué en se rejouant juin 36 : « une victoire de l’Union de la gauche affaiblirait l’Etat fort, améliorerait le rapport de force en faveur de la classe ouvrière et créerait, ce qui est décisif, des conditions plus favorables à l’intervention directe des masses sur la scène politique ». Oublié l’impulsif trotskien « élections piège à cons » dans la foulée de la grève générale perdue ».
Comme je l’ai souligné dans l’introduction de ce texte, les chefs gauchistes ne peuvent justifier leur collaborationnisme. Ils blablatent sur ce qui validerait leur totale compromission « la tactique de débordement », et nous intéressent moins que Coleman pour déshabiller leur politique bourgeoise ; c’est du lourd :
« Relions à présent plus à fond l’argumentaire moyen du gauchisme souteneur de la gauche bourgeoise pour que « cette force se gonfle d’espoir », six ans après la gueule de bois post 68 (les gras sont de la rédaction de l’éphémère quotidien trotskien). Vous découvrirez ainsi les secrets de la maïeutique trotskiste, j’allais dire du jargon politique invraisemblable.
« … Pour déjouer les embûches et les trucages, il faut donc que pas une voix ne manque à Mitterrand dimanche. D’abord , parce que son élection ouvrirait la voie à des victoires de tout autre ampleur, si nous savons élargir la brêche (sic !) sans attendre, sans faire confiance aux promesses, en comptant sur nous-mêmes. Il sera possible d’en finir avec ce régime ébranlé que nous supportons depuis trop longtemps.
Et cette victoire ne serait pas due à l’éloquence de Mitterrand mais au vigoureux coup d’épaule donné il y a six ans tout juste par dix millions de grévistes. Le régime a chancelé, essayé de se rattraper, il peut maintenant s’abattre, mais la poussée qui le renverse vient de loin, les présidentielles ne sont que l’occasion.
Ensuite, parce que l’élection de Mitterrand ouvrirait la voie à d’importantes conquêtes sociales. Par (pas) celles annoncées par le programme commun encore réduites et rognées en cous de campagne. Mais les 1500 F minimum, les 35 heures, l’échelle mobile, « oubliées » à Grenoble et bien d’autres. Rappelons nous comment en 36, dans la foulée d’une victoire électorale, les travailleurs se sont engouffrés pour arracher satisfaction sans laisser de répit aux patrons.
Enfin, parce qu’une victoire électorale de ce type, avec la majorité absolue, malgré les ficelles électorales conçues pour la bourgeoisie, donnerait confiance en elle-même à la première France, la France prolétaire, la France populaire, la France d’en bas (sic langage électoral typique des staliniens franchouillards et de leur barde Ferrat). Et si elle pend confiance en elle-même, si elle se gonfle d’espoir, cette France là peut aller bien au-delà des horizons étriqués du programme commun, elle peut bousculer les obstacles, briser les digues, faire éclater les chaînes du capital.
Il serait alors possible de tendre la main aux prolétaires portugais par-dessus la tête de Franco, d’en finir avec trente cinq ans de franquisme, de marcher vers une Europe des travailleurs »…

KRIVINE N’EST PAS SCHEIDEMANN

Le Coleman d’aujourd’hui pourra sans doute rire lui-même de ce raccourci et le trouver exagéré. Bien qu’il ne soit pas faux pour l’époque. Hé hé, pour beaucoup d’entre nous, militants maximalistes mal débarbouillés politiquement, existait le fantasme des gauchistes devenant ministres et assumant la répression des grèves. Vers la fin des années 1970 j’avais d’ailleurs présenté en réunion de section de RI à Paris un faux numéro de « Révolution Internationale », avec pour Une : « Le ministre de l’Intérieur Krivine fait tirer sur les ouvriers en grève ». Fantasme quand tu nous tiens. L’histoire ne se répète jamais trois fois. Pour équivaloir à la social-démocratie traître, il aurait fallu que le trotskysme soit une réelle opposition au stalinisme, or il n’en a été que le « soutien critique » et n’a jamais pu se réclamer d’une influence dans la classe ouvrière comparable à la social-démocratie allemande à son zénith marxiste. Les « renégats » social-démocrates avaient été le réel produit d’un mouvement ouvrier ascendant, et leur « félonie » apparaît nettement par leur passage au service du camp ennemi dans la guerre patriotique. On ne naît pas traître, on le devient. Les groupes néo-stalinistes divers par contre ne sont pas des produits de la classe ouvrière, mais des globules blancs issus de la crise du stalinisme. Ils ne sont pas des traîtres, même s’ils se comportent comme des traîtres en permanence. Ils sont dans le camp bourgeois dominant. Ils peuvent s’exprimer dans les médias, organiser leurs manifestations et planifier leurs grèves sans être fichus immédiatement en prison ; c’est tellement évident que la fable de l’amnistie sociale, comme on le verra en bout de course, sert à faire semblant de les criminaliser comme « subversifs ».
Avec son schématisme erratique, Coleman ne peut tolérer qu’on accuse le trotskysme d’être passé à l’ennemi (cas flagrant  des partis socialistes peau de lapin en période de guerre), exceptées les branches dudit courant ayant adhéré à l’idéologie de la « libération nationale » en 1944, car, les pères de sa branche indélébile du cœur « l’arlétienne LO » ont été contre. Pour une exception sectaire peu coûteuse (vu leur nombre infinitésimal pour reprendre une catégorisation  très  bourgeoise représentative à la manière de Coleman), qui au demeurant était prête tout de même à soutenir les « chars russes », Coleman demeure une propagateur du trotskysme pur génétique. Il est évident – non parce que c’est désormais un septuagénaire – que Krivine ne sera jamais ni Lénine ni Djerzinski, ni Béria. Le louche Lambert est canné et Arlette la khmer trotskienne est rayée des chansons d'Alain Souchon. Les vieux machins du spectacle gauchiste organisé disparaissent peu à peu du paysage odieuvisuel comme leur confrère comique et  nul Marchais.Tout simplement enfin parce que le trotskisme est une idéologie morte, comme, et encore, le blanquisme ou l’anarchisme. Ce ne sont plus des idéologies pour s’emparer du pouvoir, mais des variantes de l’idéologie dominante pour préserver le pouvoir classique en place dans un chantage permanent à la garantie d’encadrer « les masses en colère »,néanmoins à condition de disposer d’un strapontin oppositionnel rémunéré. Tout enseignant trotskien rêvera toujours avec son facteur épinglé de « prise du pouvoir » ; il peut rêver longtemps ! Cependant, la dénonciation correcte du collaborationnisme gauchiste au quotidien par les micro-groupes ou cercles maximalistes, si elle dénonce leur possible tentative de confisquer la révolution (au cas où elle se produirait), n’en fait pas automatiquement les futurs porteurs d’une autre contre-révolution. Pour la plupart les gauchistes ont vieilli et certains ont fini comme pauvres zéros sans retraite après avoir joué aux « permanents » assurés que la révolution imminente leur garantirait leurs vieux jours voire une gloire rétroactive d’apparatchiks avec menton blanchi sous le harnais. La figure du traître (et ou collaborateur du jeu politique officiel) affichée par le gauchisme décati peut malheureusement servir à masquer de futurs vrais traîtres dans les rangs du prolétariat et des révolutionnaires.
Coleman a recours aux vieilles ficelles de renard trotskien, et tente de personnaliser le débat en me faisant passer pour un crétin. Dans mes « trotskiens » je n’attaquais pas spécialement la personne des Krivine et Laguillier, mais je me permettais d’user d’une saine dérision vis-à-vis de leurs prétentions politiques, apprise chez JP Hébert et les Situs. Quant à mon utilisation des « saloperies des plumitifs bourgeois » concernant les pratiques et fonds secrets des LO, LCR et tutti quanti, non seulement je n’en ai pas honte mais j’ai utilisé celles dont je savais qu’elles existaient, par le bouche à oreille des militants eux-mêmes (financement des lambertistes par l’acteur M.Piccoli, financement de la LCR par Régis Debray et certaines officines « démocrates populaires », etc.). Les bourgeois ne mentent pas toujours et sont plus forts justement dans la surinformation et l’interprétation ! Et certains bourgeois disent parfois des choses vraies. Et la vérité m’importe plus que le costume qu’elle peut être obligée de porter. Et je ne me sens même pas solidaire des gauchistes face à leurs fascistes.
De nos jours même pas besoin de soupçonner ces cliques politiques « 100% à gauche » d’être financée par autre chose que les dons militants. La suite de l’histoire du trotskysme en France m’a donné raison puisqu’ils ont été financés par millions pour leurs successives et conviviales participations à la lutte bourgeoise contre l’abstentionnisme prolétarien et le vote de protestation lepénien. Ils pleurnichent chaque fois qu’ils perdent tout ou partie de la manne électorale étatique pour participation complice à la réforme promise pour la prochaine fois du gangstérisme démagogique élitaire. Ennemis du système les clans gauchistes ? Vous rigolez ! Vous en connaissez beaucoup vous des ennemis qui se financent mutuellement ?
La complicité politique du gauchisme à l’ordre bourgeois dit démocratique n’est pas équivalent à un massacre des ouvriers, à un massacre de leur volonté d’unité et d’extension oui. Leur fausse radicalité est du même type que la participation directe à un gouvernement bourgeois. Coleman et Cie cessez de prendre les prolétaires pour des cons ! Leurs actes de sabotage des grèves se trouvent dénoncés dans des centaines d’articles de la presse maximaliste et persistent dans la mémoire de tout ouvrier intelligent. J’ai moi-même, sur le terrain et dans mes interventions, assez bien démonté la comédie de leurs coordinations syndicales et leurs soutiens divers à toute une série de dictatures tiers-mondistes, comme je me suis moqué tout au long de mon livre sur leurs pleurnicheries concernant la fin de l’URSS. Révélatrices de leur projet néo-stalinien, vétuste et obsolète.
Quant au fait que le milieu révolutionnaire soit touché lui aussi par les scissions et les exclusions comme les groupes politiques gauchistes « parce qu’ils ont été trop durs », cela ne vous rappelle-t-il pas l’interdit stalinien du groupe monolithique de la prof Arthaud ? Depuis 40 ans, LO refuse de parler dans ses publications des divergences ou oppositions dans le « camp des révolutionnaires »… pour ne pas embêter les travailleurs. La pensée navrante made in LO considère aussi, comme la démocratie bourgeoise, qu’on ne peut s’adresser et considérer comme tel un groupe que s’il est nombreux ! C’est beau la démocratie du nombre comme une merde séchée au soleil. La formation politique de secte stalinienne à LO a laissé des marques indélébiles dans l’enfance abusée (politiquement) de Coleman.
L’argument pourri qui décrète que les petits groupes « ne jouent plus pratiquement aucun rôle dans la réalité » est l’argument de toujours du stalinisme et de la démocratie installée pour justifier sa domination éternelle. Sans doute, tant qu’ils sont « petits » ou réduits à quelques unités, voire étouffés dans des mécanismes sectaires, ces groupuscules n’inquiètent pas le pouvoir. Qu’il dit ! Mais, alors pourquoi le pouvoir les piste-t-il d’aussi près jusque dans leur vie familiale depuis des décennies ? (j’en sais quelque chose au vu de mon archivage chez les ex-RG). Parce qu’en période d’intense bouleversement social ces groupes ne deviennent pas simplement « grands » mais « influents », et que les bourgeois enfilent en vitesse un bleu de chauffe comme en Espagne en 1937.

COLEMAN N’EST PAS LE PAPE ET BESANCENOT AIMAIT HESSEL

Le pape était un anar confirmé et s’est révoqué lui-même, cruelle époque des nouveautés incandescentes et indécentes. Les merveilleux jeunes tunisiens dansent le Harlem shake à la barbe des islamistes. Hollande chute toujours dans les sondages et essaie de décongeler la tête de morue congelée de Poutine, mais qui s’en soucie ? L’UMP n’existe plus que comme droite plus rien et Sarkozy comme bon à rien. L’assassin Pistorius a succédé au pervers DSK à la une du fait divers mondial récurrent. Les syndicalistes d’Etat opposent toujours des solutions coopératives nationales ringardes aux fermetures intempestives d’usines. Et, par défaut d’un Poutou mièvre et d’un Mélenchon peu présentable, Besancenot est de retour, sponsorisé par des médias qui se sentent floués par la masse des vieux machins cumulards qui font fuir le grand écran à cristaux livides. Le gauchisme est ressorti du grenier poussiéreux d’une idéologie dominante impuissante à se renouveler. Alors que la crise sociale est manifeste, que partout des ouvriers licenciés sont encore parqués dans leur usine à l’abandon par les professionnels du syndicalisme étatique et gauchiste, que le chômage bondit en France comme en Italie et en Espagne, que se posent plus que jamais des QUESTIONS DE CLASSE PRIORITAIRES. Voici in vivo que le travail de sabotage de la véritable lutte de classe se met en place avec la complicité de Besancenot de ses amis et des anarchistes. Bien que ridiculisé pour avoir tenté de présenter une candidate voilée, le NPA reprend les mêmes méthodes de DIVISION  de la classe ouvrière. Il y a trois ou quatre jours, toute la presse écrite webérisée nous apprend que « Besancenot a été emmené par la police ». Stupeur. Pourquoi ? Il manifestait le brave pour la régularisation de « tous » les sans-papiers ! Pas mal comme foutage de gueule et pour crucifier le « socialiste de droite Valls » qui veut les régenter au cas par cas ! L’opposition de l’extrême gauche officielle ne met pas en cause l’Etat bourgeois géré par la gauche caviar mais lui demande de mieux réglementer l’exploitation des sans-papiers. Non pas que je ne compatisse pas aux misérables queues de travailleurs sans papiers aux portails des préfecture, mais le sujet en pleine envolée du chômage pour les autochtones n’est certainement pas la priorité pour favoriser l’unité des prolétaires jetés à la rue. On assiste à la même dérive que dans les années 1970 où le gauchisme focalisait sur la lutte des travailleurs « immigrés » meilleure façon de tenir la dragée haute au parti stalinien et à son « produisons français » mais lutte parcellaire tout aussi étrange (vécue comme extérieure) et excluante pour l’ensemble de la classe qui ne peut se battre réellement que pour ses « intérêts généraux ». Certes l’immigré et le sans-papiers symbolisent la situation précaire généralisée de tout ouvrier ou chômeur local, mais la lutte particulariste et spectacularisée par l’agitation gauchiste ne débouche que sur des questions juridiques. Personne n'a le droit d'empêcher les luttes parcellaires, elles ont leurs professionnels comme les syndicalistes ont leurs grèves hypercorporatives dont on se contrefiche, mais ces manifestations organisées en général par la petite bourgeoisie nul ne peut non plus vous ordonner d'y participer, et encore moins à considérer qu'elles seraient révolutionnaires.
Le gauchisme et ses activistes ne sont jamais présents dans les cas concrets pour défendre les victimes. Est-ce que Besancenot va exprimer à la télé son soutien à la jeune prostituée africaine défenestrée par un drogué français à Boulogne sur mer, gravement handicapée et dont la police a eu pour premier souci de vérifier qu’elle est bien sans papiers et… expulsable ?
Au lieu de défendre la nécessité d’AG interentreprises et de s’en prendre aux incessantes et croissantes attaques gouvernementales contre l’ensemble, à commencer par les prolétaires majoritaires nationaux, le gauchisme en instrumentalisant la partie la plus vulnérable du prolétariat universel, comme les bonzes syndicalistes lorsqu’ils utilisent la grève contre la grève, apparaissent « subversifs »… aux seuls magistrats infantiles. En affirmant cela, Coleman et ses amis vont sans nul doute me proclamer l’ami des « identitaires », mais alors pourquoi est-ce que cet avis, pas le mien personnel, ne passe-t-il pas à la télé ?
Le jour même de son arrestation ou le lendemain, le petit Besancenot est invité au Grand journal de Canal + le seul que les banlieues regardent parce que c’est marrant, on mélange pipole et politique, scandale et miss météo érotique. Besancenot intronisé et souriant dénonce « le racisme en France ». Il est consulté avec prévenance. Mieux, on passe un clip de feu Hessel qui définissait qu’il n’y a qu’un révolutionnaire en France, pas Mélenchon (beurk) mais… Besancenot. Il en est gêné le pitre. Il salue à son tour « l’indigné » et sa fable patriotique mondialeuse. Le vieux diplomate finaud et as de la rouerie politique (il était aussi membre du parti bourgeois au pouvoir) avait été sponsorisé mondialement par la bourgeoisie pour une lamentable brochure de 13 pages complètement inconsistante, face à laquelle Gandhi aurait pu apparaître comme un marxiste confirmé. Le diplomate retraité n’avait pas jugé bon de « s’indigner » pourtant durant la guerre d’Algérie. Son statut de fonctionnaire d’Etat en eût pâti.
Que Besancenot le « terrible révolutionnaire » aux côtés des sans-papiers, venu défier gentiment devant le Parlement avec une poignée de congénères, ait la primeur d’une des principales émissions de propagande bourgeoise modernisée et pipolisée en France, çà ne te pose pas de questions Coleman sur l’appartenance (ou participation ou utilisation par) à l’idéologie bourgeoise de « l’ouvrier » Besancenot ? Pourquoi fait-il partie aussi ingénument du « spectacle » ? Pourquoi a-t-il escamoté un sujet récent brûlant, par exemple la répression par les CRS « 100% aux ordres de la gauche au pouvoir » dans certain département éloigné de la métropole !
Mais, partie notoire de la même propagande pour retaper ou rendre présentable les faux oppositionnels syndicaux, il faut relever enfin le vacarme autour de l’amnistie sociale.

AMNISTIE SOCIALE : LA CRIMINALISATION DES VALETS

Dans l'hémicycle, le débat avait débuté puis buté. Des quatre heures de discussion, le texte ressortira largement amputé. Le périmètre (sic) a été resserré et ne concernera que les mouvements sociaux au sein des entreprises et pour le logement. L'amnistie ne touchera pas les actions dans l'éducation, la santé, en faveur des sans-papiers, contre les recherches scientifiques, ainsi que les fauchages d'OGM, si le texte reste en l'état après passage à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, elle ne concernera que les peines de prison allant jusqu'à cinq ans, contre dix ans dans la version initiale. Une victoire au goût amer pour les valets du Front de gauche. Ni le bruit de la rue ni les « bruissements » de la chambre haute n'ont pu obtenir mieux.
Ainsi l’inévitable casse éventuelle dans les usines fermées, mais pas le meurtre médico-légal en entreprise comme en Suisse ou aux Etats-Unis, pourra être (éventuellement mais pas sûr) amnistiée. Les secteurs non concernés par l’amnistie sont des secteurs extra-entreprise, c'est-à-dire politiques. Coup double, derrière la criminalisation des actions politiques des gauchistes et identiques apparentés sur des sujets qui ne mettent nullement en cause l’Etat bourgeois, se profile la réelle criminalisation des véritables ripostes de classe, la répression autorisée démocratiquement des manifestations sociales de rue non autorisées, émeutes ou occupations de lieux publics pour que la classe ouvrière puisse enfin débattre contre un système autiste. Bourgeois les gauchistes, non pire, valets des bourgeois.



[1] Malgré le sabotage (téléguidé ?) et le vol financier par l’imprimerie France Quercy à Cahors, c’ est mon livre le plus salué sur le web cependant et le plus écoulé en librairie, dont je peux me vanter qu’il donne des muscles politiques à tous ceux et celles qui craignaient avant de critiquer les « vertueuses » camarillas trotskystes dites « antistaliniennes de la première heure ».
[2] Non, Jan Waclav Makhaïski in « Le socialisme des intellectuels », préfacé par Alexandre Skirda (ed Mac Chaleil), ouvrage du plus haut intérêt que je conseille à ceux qui veulent approfondir leur compréhension du « marxisme établi ».
[3] Aperçu de la trajectoire de Coleman par Guy Fargette :
« Y. Coleman a eu sa période "établi", en travaillant quelques années dans le personnel au sol d’Air France. Et... il a été lié au syndicat CFDT ! Il dira, à la manière de Lutte Ouvrière, qu’il ne s’agissait que d’utiliser des commodités pratiques sans cautionner la bureaucratie, etc. Mais ce genre de radicalisme "vertueux" présente presque toujours de telles contradictions dérisoires. En quoi serait-ce moins “compromettant” que d’accepter de jeter quelques bouteilles à la mer dans des publications point trop marquées politiquement ? (Voir NPNF n° 6-7, entretiens avec M. Tardieu, pour cette activité à Air France).Comme tant de polémiques bizarres, celle-ci renseigne davantage sur son auteur que sur sa cible. De toute façon, la polémique sur les “idées” est là parfaitement secondaire : Le ton et la manière d’Y. C. font partie d’un arsenal caractéristique qui affectionne un procédé consistant à lancer des attaques de la plus parfaite mauvaise foi, et avec un aplomb sans faille. Il s’agit de semer la zizanie dans un regroupement qui n’est pas structuré selon un principe foncièrement militaire (le bolchevisme est avant tout un immense effort de militarisation du mouvement ouvrier par un corps de révolutionnaires professionnels autoproclamés). Le but de telles polémiques est en général de “recruter” quelques individualités dans la confusion qui s’ensuit : il ne s’agit pas de discuter, mais d’évangéliser. Le reproche plus ou moins latent dans le procès intenté à Lieux communs est d’être condamné à rejoindre l’extrême-droite à moins d’abjurer leurs “erreurs“ supposées. On tient là quelque chose de fondamental dans la bien-pensance contemporaine, où stalino-gauchistes et gauche caviar se partagent le travail : le but n’est pas de décrire honnêtement des positions, mais d’adopter un ton “performatif” (comme on dit en grammaire). Dans cette posture magico-sacerdotale, il suffirait de déclarer certaines cibles comme étant d’extrême-droite pour qu’elles le deviennent. C’est tout l’artifice de cette technique, dont il ne faut pas sous-estimer l’efficience toute “bolchevique”, et qui présente un net “perfectionnement” des plus antiques méthodes de calomnies.  Que Y. C. agisse aujourd’hui encore, 30 ans après sa période militante, avec une telle intention ou non, est indifférent : le plus probable est qu’il ne peut ni ne sait définir d’autre rapport “politique”... La cuisine organisationnelle des stalino-gauchistes des années 1970 leur a permis de contribuer, à leur très modeste échelle, au sabotage des mouvements sociaux issus de 1968, même si ces groupuscules ne furent pas les acteurs principaux de ce naufrage, la gauche officielle ayant été bien plus efficace qu’eux pour instrumentaliser les défauts internes de ces mouvements. Très peu de “stalino-gauchistes” ont réussi à s’extraire de cette sclérose, même s’ils n’osent plus, en général, utiliser leurs ficelles de façon aussi grossière, surtout quand ils ont maintenu une continuité d’activité au fil des ans : il leur a fallu s’adapter à un public restreint mais de plus en plus méfiant. Y. C. est visiblement incapable de percevoir à quel point sa très longue période d’hibernation politique l’a figé à un stade caricatural et tout indique que, plus le temps passe, plus il souhaite se fortifier dans une pose de repli, celle du chasseur le plus vigilant de toutes les “extrêmes-droites”, vraies ou supposées (en esquivant les principales aujourd’hui, qui sont de tonalité musulmanes). L’escamotage du bilan historique du “communisme” est sa boussole secrète.(…) Y. Coleman s’empare de quelques lignes anodines dans une présentation de brochure au fond strictement descriptive pour faire tonner la grosse artillerie idéologique. Cet accès de mauvaise humeur, très “commissaire politique”, va bien au-delà d’une simple friction de sensibilités. Un tel éclairage permet de mettre en perspective les idéologies qui ne cessent de stériliser le domaine de l’expression publique en France et dans toute l’Europe car Y. Coleman s’avère d’un schématisme erratique extrêmement révélateur. Il affirme le fonds de ses positions avec une franchise que ses collègues savent en général éviter. Il s’inscrit dans un héritage stalino-gauchiste dont il ne parvient pas à s’extraire, alors que les gens de Lieux communs y sont étrangers. » Paris, le 20 août 2011 (Texte extrait du bulletin de G. Fargette, "Le crépuscule du XXe siècle", n°23 - 24, novembre 2011).

[4] Tous les anars  ne sont pas forcément tombés dans le piège de l’antifascisme officiel pour gogos, comme le couple de Vostanie (dont c’est le fonds de commerce malgré un référencement aux textes des gauches communistes), ainsi dans « La semaine du boulonnais », les anarcho-communistes de la Mouette enragée ne sont pas loin de se rapprocher d’une vision marxiste contre les campagnes idéologiques bourgeoises, dans la partie commentaire, extrait : « Misère de lʼanti-fascisme.Il nʼest pas dans notre intention de nier la résurgence dʼune extrême-droite dans de nombreux pays européens ni de sous-estimer le danger et le piège quʼelle représente pour les exploités à mesure que la crise sʼaggrave. Il nous importe plutôt de comprendre dans le jeu politicien actuel en rapport à lʼactivité du capital, quels intérêts parfois divergents elle peut être conduite à servir. Dans le cas présent, nous assistons tout bonnement à lʼ instrumentalisation par la gauche locale et ses satellites dʼun soit disant danger, pire semble-t-il à leurs yeux, que ce quʼendurent au quotidien les travailleurs et les chômeurs soumis à la politique de leurs amis du gouvernement. Là est la manoeuvre de la social-démocratie, usée jusquʼà la trame depuis Mitterrand. Rappelons une fois encore que, jamais, la social-démocratie nʼa constitué un rempart devant la montée du fascisme, bien au contraire ! Cʼest sur le cadavre de la révolution allemande, écrasée avec la collaboration des sociaux-démocrates de lʼépoque, que les nazis accéderont à la tête de lʼ Etat ». Pourtant leur site, décevant, est à la traîne de toutes les campagnes du gauchisme officiel, sur l’écologie, l’aéroport de Bretagne, les promenades syndicales.

1 commentaire:

  1. pour moi: l'Europe marchera pas;tant,qu'il ni a pas;armonie des salaires et protections.

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