"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 26 janvier 2010

PROTESTATION D’UN ROUSPETEUR GAUCHISTE HUMANITAIRE

Un certain Frank m’envoie le commentaire suivant :

« "la venue discontinue des « sans-papiers" ? c'est..."la venue discontinue des « sans-papiers" ? c'est donner bien du pouvoir aux gauchistes. Voila bien la nieme analyse xénophobe de de ton fanzine. Les prolétaires choisissent-ils donc de crever la ou ils son nés ? Le prolétariat est-il universel dans un seul pays ? Ceci n'est pas une analyse de classe. ça pu l'aigreur et l'anti-gauchisme est un cache sexe xénophobe et neo-stalinien. Manque plus que les keufs et le GPU pour t'aider dans le boulot ». Frank

J’ai toujours plus ou moins souligné que les théories gauchistes, comme nationalistes, reposent sur une disposition pathologique à se voiler la réalité et donc plus à ressentir avec l’idéologie aliénée qu’avec une analyse politique marxiste voire avec une analyse rationnelle tout court. Je reproduis l’ensemble du passage tronqué par mon lecteur gauchiste excédé de mon message-blog précédent:

« L’anti-Sarko systématique, l’anti-flic systématique ne vaut pas mieux que l’intégriste qui oblige sa femme à porter le voile pour qu’on ne voie pas ses ecchymoses, ou le gauchiste qui défend depuis son loft soft parisien la venue discontinue des « sans-papiers ». La cacophonie des rouspéteurs fait partie du paysage idéologique hétéroclite qui se diversifie chaque jour ; il paraît même que s’est constitué un syndicat intégriste contre la mixité au travail… ».

Comme vous pouvez le constater il n’y a aucun jugement péjoratif à formuler ainsi « venue discontinue de sans-papiers » pourquoi ? Parce que indépendamment de tout jugement moral, c’est un flux normal dans le capitalisme universellement exploiteur et qu’en effet des masses de prolétaires veulent aller trouver du travail et à bouffer là où il y en a… Ce n’est donc pas la « venue discontinue » qui était jugée là mais l’utilisation politique faite par les diverses cliques gauchistes de la misère des prolétaires immigrés au nom d’un internationalisme de pacotille. Depuis leur « soft loft » les gauchos et leurs amis anars font « campagne » épisodiquement ou quand ça leur chante parce qu’ils s’ennuient, comme les féministes d’ailleurs, sur un, deux cas, pour bénéficier d’entrefilets de la presse bourgeoise ou d’un zoom au JT. Mais sur le triste terrain quotidien, dans l’ensemble les sans-papiers, les femmes battues sont très vite… oubliés par nos spécialistes de la « défense des immigrés » qui servent plutôt à aider à leur façon les lobbies patronaux avides de main d’œuvre au rabais. Leur action médiatisée sert bien par contre à éradiquer toute analyse de classe de la question immigrée en plastronnant tels des dames patronnesses et en ergotant qu’il suffit de rouspéter « à bas le chômage » ou « a bas le nain Sarkozy ». Bande de rigolos plein de plumes !

Les diverses cliques gauchistes et anarchistes fonctionnent pathologiquement à l’inverse du FN ; l’un dit « halte aux immigrés » et les autres « laissez entrer tout le monde », et ces deux extrêmes faussent le problème, et ce sont en même temps deux impuissances. Il n’est pas possible de faire cesser le flux discontinu comme il serait suicidaire que l’économie nationale fonctionne en autarcie, de même il n’est pas possible d’accueillir tous les prolétaires au chômage du monde dans un seul pays (fusse-t-il stalinien). Chacun de mes lecteurs plus intelligents que Frank sait qu’il n’y a pas de solution ni dans le capitalisme tout entier ni dans chaque pays, mais les plus conscients n’ignorent pas que l’utilisation par la bourgeoisie de la « menace d’envahissement », relayée par les fantasmes des deux extrêmes évoqués, n’est pas tant de la xénophobie (intrinsèque au « beauf » prolétaire gaulois inventé par le journal satirique préféré de Frank, l’insipide Charlie Hebdo) qu’une manière sophistiquée de diviser le prolétariat naturellement « universel », mais pas toujours lorsqu’on l’enferme dans ses derniers retranchements ou qu’on lui demande de partager la misère.

Indépendamment des quelques cas dramatiques de prise en charge par les médias, rien n’est fait et rien ne sera fait pour « garantir » une meilleure « réception » au flot discontinue de travailleurs sans papiers et sans patrie, et c’est bien un mensonge typique des gauchistes comme Frank de faire croire qu’on peut s’arranger avec les « autorités » (il est le premier à aller se plaindre aux flics si on lui vole son auto-radio). L’Etat bourgeois national est bien obligé de limiter les « arrivées » (le fait qu’elles soient de plus en plus massives manifeste 1. l’état gravissime du monde capitaliste, 2. un affolement des garde-chiourmes bourgeois), en filtrant certes grossièrement mais en faisant croire qu’il « défend les autochtones ». Dans la réalité l’Etat-patron a besoin de terroriser toujours pour permettre à ceux qui passent les mailles du filet de négocier au plus bas le salaire d’embauche dans le bâtiment et les services. Ce n’est donc pas par des campagnes pour que tous les immigrés puissent rentrer légalement en France que se trouve une solution au chômage mondial. C’est par la lutte sur le « terrain de classe » des prolétaires, le lieu de travail, les quartiers et les manifestations que peut se développer la solidarité de classe. Les pleurnicheries gauchistes n’ont rien à voir avec la révolution ou le processus révolutionnaire qui n’implique pas « une intégration réussie » et des « papiers en règle » dans chaque pays – base du raisonnement néo-stalinien de notre pauvre Frank – ce sont des lamentations très chrétiennes de bobos culpabilisés. Le processus révolutionnaire révèle que les ignominies du capitalisme se posent dans le monde entier et qu’il faudra briser les frontières mais pas proposer comme solution aux prolétaires de venir « se sauver » à l’intérieur d’une frontière particulière. En conclusion je ne suis pas anti-gauchiste, non, car ce n’est qu’une bouffonnerie à l’intérieur de l’idéologie bourgeoise. Non, je m’assois dessus.

2 commentaires:

  1. j'ai voulu vous envoyer un e mail, mais j'ai pas pu trouver. Donc j'envoie mon message par ici, merci.
    Des Ouvriers de Tekel au Prolétariat!
    Aujourd'hui n'importe où sur la terre la bourgeoisie continue à écraser la vie des ouvriers avec des attaques de toutes parts. Depuis des siècles, les endroits où vivent les ouvriers sont utilisés comme exploitation de matière première. Des milliards de nos frères sont toujours forcés de payer le coût des guerres civiles, des tremblements de terre et des catastrophes naturelles de leur liberté. Quand ils sont hors de la matière première, nous entrons dans le nouveau siècle avec nos chaînes. Le conflit de capital-travail se répand à travers le monde entier. Mais nous ne sommes pas désespérés. Nous joignons notre voix aux personnes qui entendent le désir du même monde.

    Hier, nous étions des professeurs au Mexique et en Grèce, nous étions des ouvriers dans des usines automobiles et des fermiers en Corée du Sud, nous étions des ouvriers de chemin de fer en France. Nous chantons les mêmes mélodies partout dans le monde. Maintenant nous sommes des ouvriers de TEKEL en Turquie. Jusqu'à hier, TEKEL était un établissement de tabac dépendant du gouvernement et il y avait plus de 50 milliers d'ouvriers. Etape-par-étape, Tekel a été vendu aux sociétés internationales monopolisantes et aujourd'hui, seulement 12 mille ouvriers subsistent. Aujourd'hui les ouvriers de TEKEL sont forcés de quitter leurs maisons, les villes où ils vivent et sont même forcés à une vie à la frontière de la faim.

    Avec leurs propres réflexes humains ils identifient ceci comme qu'une attaque au droit de vivre et ils résistent. Ils résistent au climat glacial d'Ankara, à la police, au premier ministre et à l'état. Dans leurs tentes ils ressemblent aux réfugiés. Mais cette "ville de tente" ne ressemble à aucun autre camp de réfugiés. Ils ne sont pas ici pour s'échapper. Ils sont ici pour obtenir une vie appropriée à un être humain. Tout le prolétariat de ce pays visite cette "ville de tente" non pas pour pleurer, mais pour gagner de la force. Ils savent bien qu'après la défaite des ouvriers de TEKEL, il y a des centaines de milliers d'ouvriers attendant derrière. Chacun crée une relation entre les ouvriers en lutte de TEKEL.

    Maintenant, nous vivons dans un monde qui se degrade. Faisons du monde, peu importe où nous sommes, une partie d'une seule et même classe. Si les ouvriers perdent quelque chose n'importe où sur la terre c'est une perte pour tous. Si on gagne c'est la victoire de tout le prolétariat. Aujourd'hui, c'est le 43e jour de la résistance des ouvriers de Tekel. Ils attendent l'appui des frères de la classe ouvrière. Qu'importe la langue dans laquelle vous recevez ce texte, il vous dit la même chose: "travailleurs de tous les pays, unissez-vous!". Les ouvriers de TEKEL invitent tous les frères de la classe ouvrière à la solidarité avec leur résistance.
    Pour le contact :
    Prolétariat Révolutionnaire
    www.devrimciproletarya.net
    dproletarya@gmail.com

    RépondreSupprimer
  2. Pauvre Frank : il aurait dû y réfléchir à deux fois avant de venir te chercher des poux (néo-staliniens ?) dans la tête... ;-)

    RépondreSupprimer