"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 10 mai 2019

Deux arnaques électorales: l'écologie et l'antifascisme



Comment la CNT soutient Micron

À l'appel de tous leurs syndicats, l'aristocratie ouvrière des fonctionnaires a défilé contre la réforme de la fonction publique, jeudi 9 mai, dénonçant une attaque en règle contre les services publics et une précarisation du personnel. Pas de quoi faire chanceler le gouvernement ni émouvoir le secteur privé de la France périphérique. Comme lutte « subversive » en période électorale on aurait pu s'attendre à mieux que la défense des privilèges corporatifs du public (faussement solidaire de la désertification des campagnes... périphériques), c'est bien pourquoi toutes les canailles syndicales et gauchistes chantaient en choeur dans l'antimacronisme consensuel, mais dans l'indifférence de la part de la majorité du prolétariat sans garantie ni statuts.

Le sujet du moment n'est plus les gilets jaunes, dissous dans les faux espoirs de la gauche bourgeoise amoindrie avec ses manifs ridicules ou relégués aux faits divers comme notre pauvre Priscillia qui aura bouffé à tous les râteliers pour rester vedette ; après avoir sponsorisé le néo-facho Chouard, pleurniché pour un nouveau front cocu, la voilà VRP du nouveau cénacle yellow submarine des râclures intermittents parasites du spectacle qui viennent tardivement pétitionner pour un giletjaunisme décati. Il faut signaler aussi que la dissolution des vraies revendications sociales au début du mouvement a été opérée par la noyade dans l'idéologie écologique bourgeoise auxquelles les « figures », mal armées politiquement, ont succombé1.

La préoccupation du pouvoir est visible par contre sur les panneaux en zinc qui sont à nouveau dressés autour des mairies, gagner une bataille électorale incertaine sur deux sujets majeurs : l'immigration et l'écologie capitaliste : une immigration raisonnée pour la couche moyenne considérée comme arriérée et un roulement de tambour pour la couche moyenne supérieure et donneuse de leçon pour la grandissime « transition écologique », transmutation de l'ordure capitaliste en légume vert, en faveur d'un « avenir commun », pour nous prolétaires comme pour vous bourgeois, pour toi classe moyenne et toi classe citoyenne !

Le public concerné par les élections européennes n'est bien sûr pas la classe ouvrière (surtout celle périphérique, blanche et raciste de province), qui subit la taxe carbone, ni les jeunes ces idiots « surabstentionnistes » rivés sur leurs iphones, qui, en plus généralement, soit ne voient aucun intérêt à voter soit votent Le Pen2. Macron a très bien compris que ces élections sont un test à mi-mandat et qu'elles se gagneront ou se perdront dans la fameuse « couche moyenne », si extensible en temps normal mais très étroite politiquement si l'on se penche sur ses préoccupations politiques cardinales mais insignifiantes pour l'avenir de l'humanité. Les particules de la gauche déconfite LFI, PCF, PS, écolos-bobos resteront les petits Schtroumpf de la bataille truquée (proportionnelle + pognon)3. L'expression politique minimale des gilets jaunes, avec le trouble Chalençon et le barde aventurier girouette Lalanne, ne va même pas flirter avec le 1%, en compagnie de papy Asselineau et Dupont-Feignant.

Le dogme écologique capitaliste et sa clientèle

Vu que la société « révolutionnaire » de Macron a coincé – le toujours plus de démantèlement libéral corrigé en nouvel Etat d'assistance – on choisit donc de se raccrocher au dogme écologique bourgeois comme priorité pour sauver la campagne électorale d'oiseau de mauvais augure de la planète France. Comme tous les dogmes, le dogme écologiste n’est pas très regardant sur les moyens, y compris les pires bobards véhiculés entre autres par les gauchistes, les féministes, les végans, les ennemis acharnés des climatosceptiques et la plupart des parasites journalistes4. Il faut avancer coûte que coûte vers la société édénique promise, en l'occurence électorale dans la communion patriotique écologique « inclusive ».
L’apparition de l’écologie politique a brouillé le tableau de la lutte des classes en faisant croire en particulier que la « transition écologique » est créatrice d'emplois, ce qui est faux puisque toujours, et classiquement, la création d'emplois résulte de nouveaux besoins auquel répond le marché.
Tous les emplois créés dans ce domaine proviennent de directives étatiques. Ou bien, l’activité est lourdement subventionnée (éoliennes, panneaux photovoltaïques, voitures électriques), ou bien elle est imposée réglementairement aux producteurs et distributeurs (chauffage des locaux selon des normes interdisant de facto certains produits, voitures anciennes bientôt interdites de circulation et nécessitant donc un renouvellement). C'est une tromperie politique qui crée une très lourde bureaucratie pointilleuse et qui renforce une fiscalité endémique. C'est surtout le discours dominant qui a succédé à l'éternel binôme libéralisme/stalinisme et même gauche/droite.

« En effet, l’écologie, dans le discours politique dominant aussi bien que dans celui des médias « alternatifs » ou « indépendants » et des principales ONG, tourne désormais, le plus souvent, autour du déploiement des sources d’énergie dites renouvelables, présentées comme des innovations pouvant nous permettre de concilier le maintien d’un certain confort industriel moderne et le respect de l’environnement ; les principales autorités, gouvernementales et scientifiques, de la civilisation industrielle ayant admis, in fine, que les énergies issues de combustibles fossiles et du nucléaire, étaient polluantes, écologiquement destructrices, outre qu’elles dépendaient de ressources finies »5.

L'idéologie verte est devenue une dictature, pas étonnant que ce soit la même couleur que les dictatures fascistes.
« Le XXe siècle s'était signalé par la coexistence de deux redoutables dictatures: la socialo-communiste et la national-socialiste, qui se sont livrées à une guerre impitoyable mais étaient en fait d'accord sur des points majeurs. Le XXIe siècle s'ouvre sur le danger de deux nouvelles dictatures: l'Islam et l'écologie – là aussi, on trouverait des similitudes étranges entre ces deux dictatures en route pour la domination du monde. (…) Il nous est demandé maintenant d'être « éco-responsables » au bureau. Cela veut dire par exemple de réduire le nombre de pages d'un rapport en écrivant recto-verso. De même, il faut faire baisser le besoin de climatisation et, sans rire, une association propose dans le cadre de la vie professionnelle de développer les réunions téléphoniques ou les conférences Internet et également de privilégier le train à la voiture, toujours pour sauver la planète »6.
Cet auteur ajoute justement :
« Fut présentée comme un triomphe la création d'une taxe carbone et d'autres petites taxes de ci de là. C’est logique, puisque l’augmentation des dépenses publiques se poursuit à vive allure et rend nécessaire l’accroissement permanent des impôts: l’affolement règne dans tous les ministères dont les nombreux conseillers galopent dans les couloirs à la recherche d’idées fiscales nouvelles. La taxe pourrait, compte tenu de certaines évolutions espérées, atteindre 60 milliards d’euros en 2012!
S'ajoutent évidemment de multiples atteintes aux libertés. La construction des autoroutes ainsi que celle des aéroports va être arrêtée au profit du développement du TGV. N'oublions pas, à ce sujet, que les TGV existants ont contribué largement à la ruine de la France par l'endettement de la SNCF. De nouvelles obligations vont être imposées aux constructeurs en matière d'isolation et de bilans énergétiques jusqu'à l'interdiction des ampoules à incandescence, venue là on ne sait pourquoi ».
La « transition écologique » est un mensonge, le faux nez et la nouvelle locomotive de la « globalisation », mais c'est la couche moyenne supérieure, autrement dit la petite bourgeoisie moderne qui y a trouvé un supplément d'âme, d'autant qu'elle avait été la porteuse de la plupart des idéologies totalitaires au siècle dernier. Macron l'a mieux compris que ses ouailles suivistes et mollassonnes, c'est pourquoi il est monté au créneau – j'allais dire monté au carbone - pour motiver les quartiers gentrifiés. On peut prendre chaque aspect du bourrage de crâne de la « transition écologique » et on y découvrira à chaque fois la poursuite du sordide profit, et sans véritable effet non pollueur (voir le cas des éoliennes, et surtout des gadgets soit disant anti-pollution des bagnoles qui sont parfaitement inopérant concernant les particules fines comme vous l'expliquera n'importe quel garagiste). « L’écologie » n’est pas une idée neuve ni révolutionnaire , c’est un prétexte à escroquerie en bande organisée. Mais ça marche au niveau électoral pour les couches petites bourgeoises qui disposent de plusieurs appels d'offre de petites cliques politiques bourgeoises. Le partage du gâteau faisandé sera âpre mais la bande à Macron peut espérer le classique vote utile et moutonnier... face au péril... fasciste.

Le dogme antifasciste et sa vacuité

Un air de déjà vu puisque Macron nous avait déjà fait le coup lors de son intronisation. Le vote en sa faveur de moins d'un tiers des électeurs, mais majoritaire par la truanderie proportionnelle, n'avait pas été fondé sur la trouille d'un fascisme fantasmatique et inexistant que plutôt sur l'incompétence et le dégonflage de la mère Le Pen. Difficile de refaire le même coup, surtout en arguant que la pôle position pour le RN signifierait la désunion de l'Europe, ce qui peut émouvoir la petite bourgeoisie écolo mais certainement pas la masse du prolétariat, immigrés compris.

L'argument est important pour la petite bourgeoisie libérale et gauchiste, associer la fable de la « transition écologique » à la « régression » anti-européenne du RN peut en effet incliner à la stabilité et pérennité électorale gouvernementale ces couches inquiètes si elles ne pouvaient aller à l'échéance de leurs crédits pour leur SUV ou leur résidence secondaire. Il faut intensément mobiliser ces « couches moyennes » pour sauver le soldat Macron quand même la droite classique prône un arrêt de l'immigration, quoique ce soit trop tard ou fermer les mosquées les plus intégristes, quoi que ce soit trop tard aussi. Puisque la France s'est américanisée, comme le constate avec un léger sourire, l'ancien castriste Régis Debray. Mais n'est pas Trump qui veut.

Mon pauvre Macron même si tu te fais griller la première place de cette énième farce électorale et que les pitres du RN peuvent aller parader au forum européen, cela ne changera rien au fonctionnement de ce jouet inutile dans le concert des puissances mondiales.


NOTES

1Il ne se passe pas une semaine sans que des « personnalités » éco-conscientisées se sentent obligées de lancer un appel. « Personnalités » ? Un bien grand mot pour désigner des people, en fait. Des gens célèbres, et très riches pour certains, qui s’imaginent avoir la légitimité pour faire la morale au citoyen ordinaire. Ces appels ont en commun l’outrance. C’est bien compréhensible. Dans l’un d’entre eux publié dans le Monde, 200 personnalités affirment que nous devons faire face au « plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». On imagine le poids de la responsabilité qui pèse sur leurs frêles épaules ! Leur courage est immense.  Pour sauver la planète, « nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront ». Quel héroïsme ! Ce courage ne va pas jusqu’à préciser quelles mesures « potentiellement impopulaires »... lesquelles avaient provoqué l'explosion des gilets jaunes.
Un même genre d'appel de faux-cul tout aussi outrancier, avait été publié. Cet appel, intitulé « Nous voulons des coquelicots », bénéficiant d’un site internet, demandait l’interdiction de tous les pesticides. Ce qui est plus singulier, c’est qu’il ait été lancé par Charlie Hebdo, dans un numéro spécial. Pauvre Charlie Hebdo, dont la relance fut laborieuse après le terrible attentat de 2015. Cela n’excuse pas tout. Donner ainsi dans la surenchère médiatique et le conformisme le plus plat, c’est signer l’acte de décès définitif de ce journal, en tant que journal satirique en tout cas. Charlie s'est mis au service du lobby du bio et est rangé désormais au rang d'ONG, ces bandes qui se soucient du bien de la planète en étant financées par l'industrie du bio ou tel ou tel Etat. http://imposteurs.over-blog.com/2018/09/assez-de-coquelicots.html


2La participation attendue chez les jeunes s'élève à 23% (contre 42,5% chez l'ensemble des Français selon le sondage "rolling" de l'Ifop du 8 mai) et leur vote se porte en priorité sur le Rassemblement national et La République en marche avec 19% d'intentions de vote chacun (22% dans le "rolling"), selon une enquête réalisée par l'Ifop pour l'Anacej (Association nationale des conseils d'enfants et de jeunes) et Jeunes européens, deux associations investies dans la promotion de la citoyenneté européenne.  
"Le chiffre est spectaculairement triste" et "confirme une surabstention des moins de 25 ans", a commenté Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, lors d'une conférence de presse.
Concernant les intentions de vote, le sondeur estime qu'elles confirment une "homogénéisation du vote des jeunes avec celui de l'ensemble des Français", avec une spécificité: "la troisième place qui échoit à EELV" qui bénéficie d'un taux d'intentions de vote de 16% (8%, 5e position sur le "rolling"). Les jeunes "sanctionnent beaucoup plus fortement les anciens partis de gouvernement" avec 9% pour LR et 4% pour la liste PS-Place publique (14% et 5,5% chez l'ensemble des Français).  Les jeunes représenteraient moins de 10% du corps électoral français selon Jean-Philippe Dubrulle, chef de groupe à l'Ifop. Ce que ne précise pas ce brave sondeur est que les jeunes en général sont bombardés par l'apolitisme dissolvant régnant et particulièrement abrutis et enrégimentés dans l'idéologie écologiste bourgeoise de la fable interclassiste « il faut sauver la planète », et çà marche dans les lycées et les facs ce qui ne les empêche nullement de jeter n'importe où leurs canettes et se s'encrasser les poumons.

3Ils sont tous écolos-immigrationnistes, et graves utopistes ; Mélenchon est pour la suppression des centrales nucléaires et une taxe carbone pour la circulation des marchandises. Glucksmann ne peut faire oublier qu'il est le fils d'un ancien collabo maoïste. Jadot n'a aucun charisme et n'est que le nobody des bobos parisiens.
4L'incident entre le journaliste ollé ollé Pascale Praud et une réchauffeuse climatique hystérique est bien révélateur de la tension imposée par ce gros mensonge déconcertant qui expliquerait toutes les avanies du capitalisme. Voir : https://www.marianne.net/medias/pascal-praud-vs-claire-nouvian-le-montage-video-qu-ne-vous-pas-montre
5Voir :
http://partage-le.com/2017/02/lecologie-du-spectacle-et-ses-illusions-vertes/ L'auteur de cet intéressant article néo-situ remarque justement que l'écologie n'est pas le souci de la majorité de la population (paupérisée) mondiale mais la préoccupation de franges minoritaires de bobos. Cependant ce milieu critique de l'écologie officielle reste d'inspiration anarchiste et complètement irresponsable en croyant que l'on pourrait faire vivre la population mondiale actuelle avec les anciens moyens « naturels » ou avec cette frugalité que nous avions déjà dénoncée chez un Claude Bitot. Une vraie écologie avec un retour à la misère et sans pesticide, vous fabulez mes pauvres !Nos nouveaux fascistes vert pomme, sectaires hystériques, ne sont-ils pas d'anciens hippies et d'anciens trotsko-staliniens reconvertis? cf. l'appel d'offre de l'Obs: "

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