"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 25 décembre 2012

L’ECONOMIE DU CAPITALISME AURA-T-ELLE LES MOTS DE LA FIN ?


L’ECONOMIE CAPITALISTE AURA-T-ELLE LES MAUX DE LA FAIM ?



Le bilan de l’année qui se termine n’annonce rien de bon. Le prolétariat, toujours rendu opaque derrière la tohu-bohu de l’actualité, les drames, les faits divers, l’occupation politique du terrain médiatique par le chœur des politiciens, apparaît toujours comme l’idiot international qui ne comprend rien à l’économie et qui n’est même plus capable d’opposer à la gabegie capitaliste une autre gestion possible ? ni nationalisations surannées ni gouvernement mondial prolétarien apte à centraliser et redéfinir les besoins humains pour l’ensemble de l’humanité. On se console avec deux événements importants pour l’épilogue. Les émeutes en Inde contre la pratique du viol couverte par la justice de classe. Et le référendum minable de la clique islamiste en Egypte : 70% d’abstention pour un référendum de clown dictateur et 30%  présumés de participants… mais entachés de fraudes ! Les élections dites démocratiques taillées sur mesure pour l’islamomania font pschitt comme en France avec un Tapis (Bernard) qui achète la presse provençale pour s’offrir la mairie de Marseille. Une occasion pour revoir Citizen Kane du génial Orson Welles. Chaque nouvelle élection « démocratique » confirme que le système représentatif bourgeois est définitivement truqué et pourri par l’argent. Et qu’il faut être soit vraiment con soit un bailleur du système pour y participer, en pensant éviter le « fâchisme » ou adouber la misère pour ceux qui en vivent.
L’élection « exemplaire » pour les bigots nationalistes de Tunisie et d’Egypte, vire au cauchemar et ridiculise si vite les nouveaux occupants du pouvoir bourgeois, qu’on est bien obligé de constater que la crise politique s’installe avant une crise sociale qui se fait toujours attendre de l’autre côté de la Méditerranée. Le prolétariat en Europe qui se précipite, même à crédit, pour bâfrer et s’oublier le temps des festivités consuméristes – jamais les étalages de supermarché n’ont été autant pillés pacifiquement – se rend-il  compte qu’il vit la fin d’un monde au ralenti ; et ce n’est pas une blague comme celle du village de Bugarach.
Comme toujours la vérité se niche quelque part dans l’économie malade du capitalisme :
• Le chômage a doublé en Europe du Sud et aux USA, contrairement aux statistiques que l’on soumet aux prolétariats. Non seulement la durée et le montant de l’indemnisation sont trois fois inférieurs à ce qu’ils sont ici, mais lorsque le demandeur d’emploi arrive en fin de droits, il sort des statistiques (il est éjecté même de la population active).
• aux USA, 30 % de la population est tombée sous le seuil de pauvreté (5 % ici). Le soir, dans les grandes villes, on ouvre les gymnases pour servir « la soupe populaire ». Le nombre de personnes éligibles aux bons de nourriture augmente de plus d’un demi-million chaque mois. 8 millions de familles ont déjà perdu leur maison. La Banque Mondiale vient même de constater que le système de santé américain est devenu moins efficace en termes de mortalité infantile que celui de la Biélorussie ou de la Malaisie.
L’Europe est en récession, et Hollande a menti comme un rossignol avec sa lyre de la croissance en guise de promesse électorale (il n’aura servi qu’à nous débarrasser  d’un agité du bonnet). Les États-Unis pourraient générer (selon les chiffres officiels) une croissance de 2 points l’année prochaine, mais en réalité, leur endettement progresse cinq fois plus vite que leur PIB, alors que les américains ont déjà des dettes abyssales (55 000 milliards de dollars : ils doivent plus d’argent que la valeur totale des entreprises cotées dans le monde). Enfin, la croissance des pays émergents se réduit au point qu’ils ne pourront plus aider les pays riches comme hier. Ils doivent désormais financer la création de leur propre middle-classe et développer leur marché intérieur afin de moins dépendre des exportations.
La situation est explosive car (en Europe et encore davantage dans le monde anglo-saxon) elle porte en elle tous les ferments d’une nouvelle crise majeure, plus comparable à celle de 1929 qu’à celle de 2008, avec une forte probabilité de faillites bancaires et de compagnies d’assurance. Les États bourgeois  le savent si bien que l’essentiel du temps de travail lors des quatre derniers sommets européens a été consacré au sauvetage des banques (d’où la création de "l’union bancaire"). Les premières faillites ont déjà commencé et ce phénomène pourrait fortement s’accélérer, avec comme toile de fonds d’une part, la crise des dettes souveraines qui impacte massivement les établissements financiers, et d’autre part, pas tellement la désillusion qui viendra des USA dans les mois à venir pour les boursicoteurs et profiteurs, mais une plus grande désillusion des prolétariats face à un système politique truqué qui empêche toute expression politique de la classe révolutionnaire dominante au milieu des classes inférieures paupérisées. Puisse cette  désillusion accélérée du nord au sud et d’ouest en est, favoriser l’émergence de luttes exemplaires internationalistes,  échappant au clocher de village syndical et aux politiques d’autruche nationale. Auquel cas 2013 ne devrait pas porter bonheur à la bourgeoisie.
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