"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 19 février 2021

L'ISLAMO-GAUCHISME PRIS LA MAIN DANS LE SAC


(la muflerie de la mafia Fassin)


Dans un article récent, pour souligner l'implosion de la société, et pas prioritairement à cause de la pandémie, je dénigrais notre époque où domine l'ignorance totale des leçons du passé prolétarien « noyé » dans la racialisation, l'islamisation et la judiciarisation des rapports de classes (judiciarisation des grèves par la CGT) ; on voit nettement cette judiciariation de l'information et des relations sociales « à l'américaine » avec les dénonciation à tout va de viols de personnages publics (saltimbanques et politiciens) qui s'apparentent plus à des règlements de comptes entre clans familiaux, vengeance de personnes demi-manipulées demi-consentantes, enfin scandales qui détruisent plus telle réputation plus qu'ils n'honorent une justice de toute manière inexistante. Les Tron et Duhamel, règlements de compte sordides entre membres de l'élite ? Comme l'inévitable présidentiable Strauss-Kahn dont on ne m'ôtera pas l'idée qu'il a été piégé-éliminé de la course

Voici l'islamo-gauchisme à nouveau en une des querelles de bistrot des places médiatiques. Les islamo-gauchistes font mine d'être surpris et accusent le gouvernement de dénoncer sans preuve et « sans scientificité ». Or, cela fait des années qu'ils font de l'islamo-gauchisme, c'est à dire une politique démagogique à visée de racolage électoral, et surtout de falsification de l'internationalisme, alors qu'ils sont tous des partis à base de politique chauvine une fois au pouvoir, en draguant non seulement l'électorat disons issu du colonialisme, mais pire encore en flattant les lamentables sectes islamistes, voire en les mettant sous leurs ailes. La première preuve de l'islamophobie gauchiste est toute simple, ils ont accepté sans sourciller l'invention du terme islamophobie, qui est du même tonneau que untermensch, terme indiscutable inventé par les nazis. C'est comme une insulte, comme facho ou collabo, ça ne se discute pas, c'est même un ordre.

Le pouvoir médiatique soutient totalement l'islamo-gauchisme  

En novembre dernier, l'islamo-électoral Mélenchon avait demandé des preuves de collusion de la France Insoumise avec l'islamisme. On lui avait répondu : sa participation à la manifestation du 10 novembre 2019. Une manifestation co-organisée par des dissous depuis et notamment par le Collectif contre l’islamophobie, proche des Frères musulmans et cheval de Troie de l’islamisme politique. Tout ce beau monde se flattant de frayer avec les divers communautaristes et autres indigénistes. Du côté de l'élite universitaire qui dénonce la non scientificité des termes islamo-gauchisme, qui pourrait pourtant reconnaître la non-scientificité de la caractérisation du RN comme hitlérien, les complices de radio France ont tout de suite fait appel à Eric Fassin dont je dénonce depuis des années la vilenie politique et sociologique. Voici comment la radio officelle présente la chose, mettant en première ligne une ministre dont on ignorait jusque là l'existence :

« Frédérique Vidal a provoqué la colère d'une partie du monde universitaire. La ministre de l'Enseignement supérieur a été recadrée par l'exécutif après avoir annoncé, mardi 16 février, une enquête du CNRS pour réaliser "un bilan de l'ensemble des recherches" qui se déroulent en France. Après avoir pointé du doigt sur CNews l'"islamo-gauchisme", l'objectif de la ministre était de trier le bon grain et l'ivraie, de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui correspond à du militantisme ».

Il n'y a pas de preuve scientifique que la ministre ait été recadrée, sauf à savoir que la radio gouvernementale doit tenir un ton ambigu sur les sujets délicats, en l'occurrence l'effort pour la clique Macron de rameuter l'électorat Le Pen en faisant semblant de prendre en compte son reflet de l'opinion eu égard à la goujaterie et prévarication des milieux de « chercheurs » (avec nos impôts) où ces derniers ne cherchent rien de bien sérieux. Les roucoulades entre Darmanin et la mère Le Pen ont fait rire la France entière. C'est de bonne guerre, la compétition électorale est une affaire de mauvaise haleine. Eric Fassin, sans son frère, la joue victime, a-t-il si peur qu'il le dit ? En tout cas pas peur d'exsuder son cynisme habituel :

« Il s'agit d'une chasse aux sorcières ! Ce n'est pas un bilan des recherches, mais un tribunal de "l'islamo-gauchisme", comme l'annonce clairement Frédérique Vidal sur CNews. Or ce mot n'a rien de scientifique : c'est un slogan polémique venu de l'extrême droite. Certes, à l'Assemblée nationale, la ministre change de lexique et parle de "post-colonialisme", mais quand Jean-Pierre Elkabbach lui parlait sur CNews de "race, genre, classe", elle approuvait aussi. C'est tout et n'importe quoi ! Cela fait peur : (…) on comprend que nos maigres financements pourraient être menacés. C'est le spectre de la censure. Qui est visé ? Quiconque déplaît au gouvernement, ou à Valeurs Actuelles ».

Pas de problème, à tout reproche ce genre de fonctionnaire vous taxera de facho ou d'abruti de Marianne ou Valeurs actuelles. Soit. Ce qui ne m'empêchera jamais de penser, moi qui pensait être l'auteur du néologisme depuis des années que je l'utilise, de penser que l'xtrem gauche actuelle est plus dangereuse que le RN actuel ; dans les années 1930 c'est le nazisme qui était la principale menace (maiaspas la seule). L'islamo-gauchisme est bien plus dangereux pour le prolétariat que le RN, il est la dissolution en marche de toute conscience de classe : les Fassin et Cie qui portent haut les débilités de l'intersectionnalisme et du racialisme à l'envers ont été parmi les premiers sociologues à avoir décrété la fin de la classe ouvrière (française en tout cas).


Eric Fassin, à la suite de ses amis Hamon de la secte Génération S, Faure de la secte PS et Picketty de la secte des batteurs de femmes, a pris position, en tremblant face à la « chasse aux sorcières » ; tous ont assuré aussi avec l'islamo-socialiste Mélenchon que les termes islamo-gauchisme ne sont pas un concept scientifique ; Fassin non comme sociologue de boudoir mais comme victimologie gémit : «  Le risque, c'est l'intimidation. Par exemple, j'ai participé avec une collègue, Caroline Ibos, à un rapport du CNRS sur la pandémie de Covid-19. Nous y avons parlé d'intersectionnalité. Pourquoi ? Parce qu'il est clair que, dans le monde entier, le coronavirus touche davantage les classes populaires et les minorités raciales ; et en France comme ailleurs, les soignants sont souvent des personnes appartenant à ces mêmes catégories. Est-ce que la ministre demande au CNRS de renoncer à en parler ? ».

Franchement si ce n'est pas une resucée d'ouvriérisme stalinien, je veux bien qu'un de mes lecteurs me le démontre... scientfiquement. C'est con comme la lune et hors sujet ! Justement le covid-19 montre qu'il n'y a ni classe ni.. frontières, que bourgeois comme prolétaires on peut tous y passer, que ce phénomène inattendu oblige à tout repenser en faveur d'un questionnement humain pour l'avenir de la planète humaine. Et ce chercheur surtout de subventions, après avoir nié le prolétariat, vient nous parler au nom d'un prolétariat plutôt musulman, plutôt arabe et noir, etc. C'est le déplacement sémantique pour ne pas dire tiers-mondiste sur le retour typique de tous les enfants ou petits enfants du stalinisme et du trotskisme. Il avoue de toute manière qu'il est bien un islamo-gauchiste pleurant pour que nous continuions à subventionner sa supercherie « scientifique »

« De quoi parle-t-on ? Moi, je travaille sur l'intersectionnalité, mais ce n'est pas la même chose que les études postcoloniales ou décoloniales. Admettons qu'on mette tous les savoirs critiques dans le même sac… Il n'empêche : cela ne représente pas beaucoup de monde, peu de financements, aucun laboratoire, aucun master ».

C'est en effet une minorité d'excités à mentalité totalitaire qui veulent faire la pluie et le beau temps dans les sphères de la misère intellectuelle. L'université française est devenue une des principales portes de Pôle emploi, doublée d'un enseignement débilitant et mensonger de l'histoire. Il est devenu coutumier à cette engeance de contrôler si tel exposant, tel cours est bien dans la ligne. La police de la pensée c'est eux. Ce n'est pas nouveau, le gauchisme après 68 ridiculisait déjà l'intérêt d'aller étudier dans les facs. Un ancien camarade de la Gauche Marxiste, Fanch m'a rappelé récemment qu'un de nos leaders, Poupoune, entrait dans les salles de cours, inopinément et criait « grève »... et ça ne marchait pas, mais les fous du maoïsme et du trotskisme faisaient de même, et c'est pourquoi nous les enfants d'ouvriers ont a fui ces enceintes à dingos... J'avais même théorisé le fait que les facs trostko-gauchistes servaient à sélectionner pour éliminer plus rapidement par l'éjection des fils de « prolos » pas plus bêtes que les autres pourtant...

Mais il y a pire, et c'est l'oubli des déclarations qui disqualifient les négateurs professionnels de l'islamo-gauchisme, en l'occurence Fassin soi-même. En juin 2011, critiquant l'ouvrage du collectif islamo-gauchistes emmené par les frères Fassin, j'avais noté ceci : « Les présumés ex-colonisés éternels, voyous odieux ou petits cons menaçants, ont droit à la compassion éternelle des sycophantes. La palme de la puanteur de l'islamo-gauchisme revient au sociologue Eric Fassin concernant les violeurs de Cologne : « A qui s'en sont-ils pris ? A des femmes allemandes blanches. Ils ne sont pas allés violer des prostituées. Cela donne un sens à leur violence » (p.428). Ce genre de connard n'est nullement interdit d'antenne pour des propos aussi répugnants ». Mais toujours considéré comme personnage respectable qui a tous les droits pour étaler la victimologie de son misérabilisme politique !

QUAND LA RACE PRIME LA CLASSE, le découplage bourgeois obtient une nouvelle fois la négation du prolétariat. Agitateurs gauchistes et chercheurs planqués s'arrogent cette étrange logomachie politique des cavernes qui les autorise à défendre la pire des religions arriérées au prétexte qu'elle plaît encore aux déshérités du monde entier, ou en partie, ou pas du tout. Ils dénoncent le colonialisme d'il y a un siècle mais oublient de dénoncer le colonialisme/impérialisme de l'Etat français en Afrique. De peur de perdre les subvenstions pour leurs recherches et affabulations troglodytes ?

Pourtant toute cette marmelade d'idéologies féministes sadiques, d'écologistes pitoyables et infantiles, de danseuses du ventre de l'islam, d'écriture inclusive et de n'importe quelle lubie à la mode, finit par chatouiller le prolétariat et au-delà. Je conserve une poignée d'amis universitaires de haut niveau, et non français, qui m'ont témoigné de leur dégoût devant les pratiques délétères de leurs collègues islamo-gauchistes français, comme d'ex-camarades au turbin qui se sentent étrangers à tous ces battages merdiatiques. Ces bandes, ces clones et clowns se ridiculisent de plus en plus en révélant qu'ils ne servent que leurs propres obessions ou fabulations hors de la réalité, quand même avec une ingénierie défaillante, l'Etat du libéral Macron gère la crise pandémique du mieux qu'il peut, hors des picrocholines dérives débiles des islamo-gauchistes, et il ne faut pas avoir peur de le constater, d'une manière plutôt « socialiste ».

La vanité et surtout vacuité de l'islamo-gauchisme demande une réflexion plus approfondie sur ce qu'est devenue la fonction d'opposition à l'Etat à l'époque moderne, opposition du même ordre, morale bourgeoise au nom de tous, chantage au fascisme disparu comme si l'antiracisme était devenue la méthode scientifique pour contester l'ordre capitaliste. Or l'islamo-gauchisme est totalement hors du prolétariat, est nuisible au prolétariat, mais parce qu'il est porté par des couches intermédiaires qui méprisent le prolétariat. J'y consacrerai une analyse approfondie à partir de l'oeuvre de l'historien Paul Bénichou – non reconnu par notre establishment universitaire bureaucratique – qui a analysé les acteurs du champ de bataille du pouvoir au 17 ème siècle. La configuration des forces antagonistes était assez semblable à ce que nous vivons, la majorité reste spectatrice quand des larrons en foire se croient les rois du monde :

« Pendant toute cette époque, la rébellion politique fut avant tout le fait de la haute noblesse. C'est aussi vrai dans la littérature que dans la réalité ; ici comme là, ce sont les grands qui ont maille à partir avec les rois, et qui contestent les maximes de l'absolutisme (…) La bourgeoisie ne prit qu'une part timide à l'agitation contre la royauté ; dans la Fronde parisienne, elle ne se souleva un instant contre la cour que pour regretter bien vite son insubordination et manifester à nouveau un loyalisme actif ». (Morales du grand siècle, page 69).



ANNEXE

RAPIDE SURVOL et extraits DE QUELQUES-UNS DE MES ARTICLES DENONCANT L'ISLAMO-GAUCHISME



  • vendredi 30 octobre 2020

LES SINGERIES DE L'ISLAMO-GAUCHISME


(…) On ressort la vieille quincaillerie immigrationniste des belles années de la reconstruction et même des années 1980, où le capitalisme était quand même en meilleur état, où il n'y avait pas un projet de généraliser la charia en Europe, même de la part des ayatollahs, et où les idiots utiles de l'islamo-gauchisme n'avaient pas encore remplacé un internationalisme, plus ou moins marxiste, par cette merde de décolonnialisme raciste, qui n'est autre que la resucée de la vieille fausse conscience bourgeoise qui nie l'histoire (cf. Gabel). Tiens en voilà un qui va nous éclairer hors des plateaux télé.

A la suite de Lukacs, Gabel pense que la connaissance de la vie sociale et historique n'est pas science, mais conscience, ce qui est totalement antinomique aux conceptions staliniennes et trotskiennes qui ont inventé un marxisme « scientifique » ; un acte de foi immanente qui n'est d'ailleurs que chapelet de leçons de morale : antiracisme, obsession du fascisme disparu, humanitarisme immigrationniste, etc. C'est dans la dialectique individuelle de l'intégration sociale que l'individu peut chasser les fantômes mystiques et se sentir étranger à l'oécuménisme abstrait des curés de l'Xtrem gauche bourgeoise. Pour le vrai marxisme, comme méthode, la conscience est déterminée par l'être et non pas l'avoir. Mais Gabel se refuse à faire porter sa dialectique sur une position « privilégiée » du prolétariat, et récupère la catégorie confuse de totalitarisme.

(…) En conclusion, et cela je vais être amené à le développer plus souvent et plus longuement, l'opposition factice GOUVERNEMENT/ ISLAMISME – indépendamment de cette guerre de faux-culs à laquelle l'islamo-gauchisme participe tête baissée en introduisant un autre larron, comme possible outsider, le RN mais côté gouvernement (LO met plutôt le RN avec les islamistes) – est grossière mais sous-estimée. Elle sert d'une part à signifier qu'il y aurait un bon, le gouvernement, face à des méchants, les islamistes. Elle peut servir à recouper ou recouvrir qu'il n'y aurait comme alternative que le monde actuel ou la barbarie islamiste. On laissera de côté les plus stupides islamo-gauchistes et les plus compromis, ce pour quoi ils sont en train d'éclater, le NPA qui lui imagine la classe ouvrière aux côtés des islamistes contre le « gouvernement facho ».

- mercredi 21 octobre 2020

Les porteurs de valises islamo-gauchistes et l'amalgame islamiste


(…) LES TRIBULATIONS DE PADAMALGAM

Jacques Julliard m'a précédé dans la caractérisation de cette vielle notion passe-partout usée et archi-usée par tous les bords politiques, au point qu'on soupçonne presque automatiquement celui qui l'utilise, de se cacher derrière. Dans Marianne en septembre 2016, il posait le lieu de la principale mouvance réactionnaire :

« D'ordinaire, ce parti est d'extrême droite et se confond avec la réaction. Aujourd'hui, il est d'extrême gauche. C'est le parti du «pas d'amalgame» à tous crins ; du «vivre ensemble» à tout prix ; de «la faute aux cathos» quand les islamistes égorgent ; c'est le parti de la minimisation («quelques actes isolés sans signification»), de la psychiatrisation («une poignée de déséquilibrés»), de la contextualisation («des victimes du racisme ambiant»), de la diversion («les fruits du colonialisme»), de la banalisation («le burkini est un vêtement comme un autre»). Tout est bon pour suggérer que ces crimes ne sont pas des crimes, mais des conséquences. Quand la France connut en 1940 les jours les plus noirs de son histoire, le parti de la soumission, avec à sa tête le maréchal Pétain, ne trouva qu'une explication : la France est dans le malheur parce que la France est coupable ! Coupable du Front populaire, coupable de son esprit de jouissance, coupable de son esprit d'insubordination ».

Cet aimable journaliste bourgeois a ses propres références limitées, et gauche rose bonbon, limite chauvin. Il est plus intéressant de souligner que les islamo-gauchistes, pâles élèves de leurs parents staliniens, savent surtout pratiquer l'amalgame, et à fond la caisse, et systématiquement, ce qui est la meilleure technique, comme nous le disions au début de cet article, d'empêcher de penser. Voyons voir...  

Un œil légèrement embué, car le prof assassiné fait partie de la confrérie les plus ergoteuse dans tous les partis politiques et esprit syndical corporatif oblige. Il ne faut pas se couper de l'indignation générale et justifiée des enseignants et mettre un bémol au gadget islamophobie. L'islamo-gauchisme a adopté le profil bas. Le minimum syndical, LO et NPA chuchotent : « Pas d'amalgame ! ». Le type a tué et décapité au nom d'Allah, mais c'était un mauvais croyant, il ne faut pas « essentialiser » (= rendre essentiel ou généraliser) ; ce serait du seul domaine du « fait divers ».

Le 11 décembre 2015, un mois après les attentats, un meeting « Pour une politique de paix, de justice et de dignité » rassemblait à Saint-Denis les groupuscules islamo-gauchistes des sections syndicales, des représentants de la Ligue des Droits de l’Homme, autour des collectifs décoloniaux, du Parti des Indigènes de la République, du CCIF, des universitaires militants, etc. L’invité d’honneur était le violeur Tariq Ramadan. Entre deux motions de soutien à la Palestine, on dénonça une justice d’exception et une police raciste. On retrouvera plusieurs des orateurs, dont certains ont des liens directs plus ou moins avoués avec la mouvance des Frères musulmans pour, soi-disant, lutter contre le racisme et les préjugés, C'est à dire bénéficier de financements publics du gouvernement « anti-raciste ».

- lundi 26 octobre 2020

DE LA NEGATION DU PROLETARIAT A L'ATTENTAT INDIVIDUEL ISLAMISTE



- vendredi 23 octobre 2020

Les agents trotskistes de l'islam


- lundi 23 novembre 2020

AUX ORIGINES DE L'ISLAMO-TROTSKISME


(…) Vous ne trouverez pas le compte-rendu de la présence du NPA en 2003, (parce qu'il est encore dans les limbes, il naîtra en 2009), mais sa maman la LCR est bien là à l’occasion du Forum social européen de Saint-Denis. Des centaines d’ONG, des dizaines de milliers de militants sont réunis lors de ce grand rassemblement altermondialiste. Mais c’est la présence d’un homme qui va créer à elle seule la polémique : le théologien musulman Tariq Ramadan, invité à débattre avec José Bové, de la Confédération paysanne, et Daniel Bensaïd, de la Ligue communiste

révolutionnaire. Vous ne retrouverez pas la photo de Bensaïd aux côtés du justiciable Ramadan, devenu la honte des féministes bcbg du NPA1.

Vous ne trouverez pas plus le compte rendu ni les clichés de ce qui s'est passé le vendredi 6 mars 2015 à la Bourse du travail de Saint-Denis. L’appel à tenir meeting « contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires », avait été signé par 88 associations (et relayé par Mediapart). La salle était pleine avec un public, genre jeune lycéen éduqué, des keffiehs et un certain nombre de femmes voilées, plus quelques tee-shirts « Va t’faire intégrer » ou « Free Palestine ».

Les organisateurs : l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), Oumma.com, le collectif Mamans toutes égales et l'organisme louche, pas encore déniaisé, le CCIF (Comité contre l’islamophobie en France). Les associés : le NPA, Attac, le Syndicat de la magistrature, Alain Gresh du Monde diplo, l’Union juive française pour la paix, le PCF, le FDG. Au centre l'oecuménique jeune Parti des indigènes de la République, qui préside en sous-main la soirée. EELV s'était intelligemment retiré de l'invitation à cette sordide rencontre de faux-culs.

Je concluais :  « Avec cet article, j'ai voulu montrer le visage de tous ces idiots utiles de l'islamisme, non pas un aveuglement par rapport à des crimes innommables ni un simple déni, mais une complicité politique inadmissible, pour lever le voile sur cette gauche avilie par l’islamo-gauchisme. Il y aura un avant et un après Samuel Paty dont l'islamo-gauchisme ne se relèvera pas indemne. Bon courage vous les profs pour la rentrée du 2 novembre. Courage aussi aux élèves qui apprendront à résister à l'islamo-gauchisme sans baisser la garde et sans céder au chantage au meurtre ».

 (…) Avec l'Adresse de la CGT au monde du travail, et les autres communiqués en compagnie du NPA, qui doit croire avoir supplanté le PCF, on s'aperçoit que l'idéologie islamo-gauchiste vient faire de la lutte de classe un combat anti-raciste stérile, qui vient plus sûrement opposer ouvriers « blancs » contre ouvriers musulmans. Pourtant l'auteur de l'article cite le passage de l'appel du syndicaliste (arabe) CGT qui contient pourtant la merde susdite : « Après l’effroyable assassinat de Samuel Paty et les attentats de Nice, des positionnements politiques qui cumulent les amalgames, la stigmatisation des musulmans et les remises en cause de l’État de droit se multiplient. On ne défend pas la République en la vidant de ses valeurs ! » .

Un syndicrate trotskiste arabe qui se prétend révolutionnaire en défendant les « valeurs » de la République bourgeoise !

- mercredi 13 janvier 2016

Badiou et sa résurrection de Lazare Staline

(…) Je ne cesse depuis longtemps de souligner que l'islamisme mondialiste est venu suppléer à la carence du stalinisme, mais pas pour tout le monde. Deuxième invention du maoïste Badiou : l'islamo-terrorisme viendrait « offrir à la jeunesse mondiale, frustrée par un capitalisme qui ne tient pas ses promesses, une alternative idéologique ».

Certes cette alternative mobiliserait selon des chiffres douteux de sociologues islamo-banlieusards environ 30% de jeunes français de souche et de toutes classes sociales, mais qu'on me permette de douter qu'elle constitue une séduction crédible à la majorité des prolétaires musulmans ou non, en France ou ailleurs, jeunes et vieux. Qu'on me permette de douter que l'attirance pour un soi-disant instinct de mort puisse véritablement prendre la place de l'ancienne volonté de transformer un monde pourri par le capitalisme. Qu'on me permette de rappeler que la plupart de ces engagés sont d'anciennes petites racailles et que leur « révolte » est celle d'un lumpen plus intéressé à profiter des besoins inventés par le capitalisme qu'à aider l'humanité à retrouver ses véritables besoins, plus proche de la destructivité nazie que de la vraie révolte contre toute la machinerie capitaliste du hautain chef d'Etat capitaliste qui fait bombarder à distance comme des services secrets turcs ou saoudiens qui envoient des pauvres types au casse-pipe.


Et en remontant dans le temps



- lundi 27 novembre 2017

La résistible ascension du racialisme, du féminisme et du nazislamisme gauchiste

- jeudi 1 septembre 2016

CONTRE LE BURKINI

LAICITE, EXTREME GAUCHE, LUTTE REVOLUTIONNAIRE


par Eric Aucordier (mais oui bon article de cet olibrius avant qu'il ne devienne irréméiablement taré)



LES INSULTES rétro-bobos DES "malgré nous" AYATOLLAHS GAUCHISTES CONTRE UN "ROUGE-BRUN"

- vendredi 2 janvier 2015 : là c'est moi qui suis traité de facho.

L'HYSTERIE DES COLLABOS ISLAMO-GAUCHISTES

- mercredi 28 octobre 2020

Mélenchon 5ème colonne de Erdogan ?

(…) la culture stalinienne de l'oubli. On a pu lire un édito sur RTL qui résume à peu près la honte qui a saisi le politicien Mélenchon :

«Le leader de La France Insoumise ne supporte pas le procès en islamo-gauchisme que lui intente le gouvernement. Un procès qui était plutôt lancé jusque-là par Marine Le Pen. Et c’est vrai aussi que l’accusation d’islamo-gauchisme est portée sans aucune nuance par les ministres Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer. La France Insoumise serait quasiment devenue co-responsable de l’attentat immonde de Conflans-Sainte-Honorine. Mais la réaction de Jean-Luc Mélenchon montre que ces membres du gouvernement ont touché un point sensible. Est-ce qu'il y aurait une ambiguïté de la France Insoumise avec l’islamisme ? Oui… Jean-Luc Mélenchon demande des preuves. Il y en a une. Même s'il s'en défend : sa participation à la manifestation du 10 novembre 2019. Une manifestation co-organisée par des infréquentables et notamment par le Collectif contre l’islamophobie, proche des Frères musulmans et cheval de Troie de l’islamisme politique.l y a aussi dans les rangs de la France Insoumise des communautaristes et autres indigénistes que Jean-Luc Mélenchon accepte sans problème ».

Un autre prof aurait dû être égorgé avec la même indifférence de ses collègues, il s'appelle Robert redecker :

« Note sur Robert Redeker : dont je n'ai pu lire tout l'article qui est payant sur Le Figaro et qui m'a agréablement surpris : « L'antifascisme de confort est de retour. Il l'est dans les médias, il l'est sur les réseaux sociaux, il ne l'est pas au café du coin. Il l'est dans des groupes humains bien intégrés, bien protégés. Il ne l'est pas dans les classes populaires qui fournirent jadis l'essentiel des troupes de l'antifascisme, quand la chose était dangereuse. Il l'est du côté des éternels donneurs de leçons à la vie facile, il ne l'est pas du côté de ceux qui souffrent. La force du FN tient à avoir réussi à se faire passer pour la voix de ceux qui souffrent, la voix vivante du peuple. Un post revient de façon récurrente sur Facebook et Twitter insistant sur le faible niveau de diplôme des électeurs du FN. Ce courrier, présenté sous la forme d'un tableau statistique, complète cette information par la ventilation des électeurs selon les catégories socio-professionnelle (les CSP).C'est la gauche désormais ... ».

- mardi 1 septembre 2020

Danièle Obono une esclave de la bourgeoisie islamo-gauchiste


(…) une gauche bourgeoise qui se couche devant toutes les nouveautés islamo-compatibles. Je rappelle aussi comment la bande à Adama a jugé avec mépris l'égorgement de Samuel Paty.


- jeudi 15 janvier 2015

LES CHINOISERIES D'UNE RELIGION A VOCATION... STALINIENNE

L'islamisme radical un héritier du stalinisme plus que du fascisme

- dimanche 26 juin 2011

CRISE DE LA PETITE BOURGEOISIE ET OSTRACISME DE CLASSE


DE LA QUESTIONSOCIALE A LA QUESTION RACIALE est un ouvrage collectif sous la direction des frères Fassin qu’il faut néanmoins lire absolument (poche La découverte 2009).

Cette poignée d’intellectuels coalisés prétend s’ingénier à démontrer que la question sociale est aussi une question raciale. Certes. L’analyse est complexe et fouillée mais se situe entièrement hors du marxisme, comme dans le cas de ce pauvre Wieviorka, et de la conception de la classe ouvrière comme révolutionnaire. Ils adoubent l’article de 1995 de la philosophe nord-américaine Nancy Fraser : « On serait passé d’un combat contre l’inégalité économique à une lutte pour la reconnaissance de la différence » (p.257). Ce nouveau paradigme de la reconnaissance aurait eu lieu grâce à une relecture de Hegel… 

Révélons d’emblée que dans sa conclusion le maître d’œuvre frère Fassin donne une explication partielle qui n’est pas accompagnée par une remise en cause argumentée de l’idéologie multiculturaliste nord-américaine conjuguée à la sauce antiraciste par la gauche oligarchique et ses petits gauchistes et anarchistes humanitaires (...)




dimanche 14 février 2021

LE MARXISME EN DANGER

 


Quand la race prime la classe

                                   au souvenir d'André Puig et Arlette EL Kaïm



Race et sciences sociales

Essai sur les usages publics

d'une catégorie

par S.Béaud et G.Noiriel

ed Agone


Le titre se veut neutre, voire à prétention scientifique. Que peut donc donner l'accouplement d'un sociologue et d'un historien plus sociologue errant qu'historien fiable ? Quatrième de couverture :

« Pour les marxistes, les ouvriers qui manquaient de « conscience de classe » étaient aliénés, victimes de l'idéologie dominante. Grâce aux intellectuels qui disposaient de la bonne théorie révolutionnaire, ils retrouveraient leur véritable identité (…) La « question raciale » occupe désormais la place publique. Les auteurs de ce livre ont voulu sortir de l'agenda médiatique et politique et mettre le débat sur le terrain de l'autonomie des sciences sociales ».

D'emblée cela sent le fagot. Les marxistes d'abord, qui est-ce ? On a a tant connu et de toutes les sortes, pas forcément tous mauvais. Tout ce qu'on peut en dire est que la plupart des marxismes ont été ridiculisés par la pérennité du pouvoir libéral, et surtout vaincus à chaque fois, par carence spirituelle à la fois par le fascisme comme maintenant par l'islamisme. C'est Ernst Bloch qui a expliqué à plusieurs reprises dans ses ouvrages que la force de la propagande nazie par exemple n'avait pas reposé en soi sur le racisme mais surtout sur le mythe germanique, alors que la propagande communiste, version stalinienne, limitait l'âge d'or d'une humanité libérée à des discours économistes, se cantonnant dans le registre de la dénonciation du capitalisme. Ce même anticapitalisme est à nouveau ridiculisé de nos jours par l'islamisme qui ne se contente pas de parler bulletin de salaire et retraite mais en réfère à un mythe céleste, non comme espoir lointain mais présent au quotidien et supposé arbitrer les injustices. La raison de l'engouement pour l'islam à notre époque, si on ne perd pas de temps à en chercher les causes dans la chute du Kremlin ou dans le chômage diabolique, réside dans la révolte contre le système de promotion et de sélection. Combien de jeunes gens, même françaisement de souche, n'ont-il pas, d'un coup (incompréhensible n'est-ce pas?) été acquérir un coran, pratiquer la mosquée, et pour les femmes revêtir le voile ? En raison non de l'habileté d'un guru à longue barbe, mais pour dire merde au système qui, de la gauche à la droite, des marxistes aux anarchistes, ne propose rien que l'humiliation, l'humiliation et la soumission dans la misère. Cela n'étonne personne par contre qu'une majorité d'arabes et de noirs, ex-colonisés, se soumettent à cette croyance. Et pourtant la démarche en révolte est du même ordre.

En pratiquant l'interprétation inverse le système veut donc bien se servir de l'islam comme un piège destiné à se refermer sur celles et ceux qui auront cru pouvoir y trouver refuge.

Ce qui vient immédiatement à l'esprit c'est qui a eu intérêt à institutionnaliser comme morale officielle dominante l'antiracisme ? Poser la question est déjà y répondre. J'ajoute enfin dans cette courte introduction que les deux auteurs se fichent du monde en venant plaider pour un présumé « terrain autonome des sciences sociales » ; ces auteurs sont avant tout des idéologues gouvernementaux et les sciences sociales honnêtes n'existent pas.

Voici donc deux intellectuels de la gauche gouvernementale qui viennent se plaindre des dégâts de l'antiracisme. Culotté d'autant qu'ils ont participé à la crèmerie depuis des lustres. Il y a dix ans voici ce que j'écrivais sur la méthode de travail de « l'historien » Noiriel concernant un racisme ouvrier au 19ème siècle (et vous pouvez lire encore intégralement l'article en cliquant ici : Le prolétariat universel: Résultats de recherche pour noiriel (proletariatuniversel.blogspot.com)

NOIRIEL l'arroseur arrosé

« L’analyse est assez réductrice et conforte les ignorances sur les causes réelles et la théorie gauchiste bobo d’un racisme éternel intrinsèque aux classes pauvres. Noiriel en rajoute une couche, en refaisant l’histoire de la fin du XIXe siècle mais à la lumière de ce qu’il voit en ce début du XXIe siècle. C’est une sorte d’histoire à l’envers qui, sous couvert d’érudition du passé, jette la confusion et tente de ressourcer les idées humanistes, intemporelles et hypocrites de la bourgeoisie ; il n’est donc pas étonnant qu’il soit publié chez Fayard, en tant que membre d’une commission gouvernementale. A propos des Italiens tués lors des affrontements sanglants de ce 17 aout 1893, Noiriel parle explicitement de « victimes de l'identité nationale », avec une allusion plus qu'évidente à ce qui se passe de nos jours. En faisant un parallèle avec la situation actuelle, il conteste bien la thèse du livre du bourgeois souverainiste Max Gallo auteur de « Fiers d'être Français !» ; ce dernier se sert de la tragédie d'Aigues-Mortes de façon instrumentale chauvine. Il prétend opposer les Italiens d'antan, qu'il considère comme un modèle d'intégration, aux peuples de banlieue et leurs émeutes, dont il ne faut pas nier la « dimension ethnique », qui risquent de provoquer la «balkanisation de la France ». Noiriel lui oppose un article du site gauchiste Bellaciao qui s'intitule « Mohammed s'appelait alors Giovanni », comme exemple de tentative de « susciter un réflexe de solidarité avec [les immigrés] d'aujourd'hui » en rappelant les souffrances de ceux d'hier.
L’ouvrage de Noiriel « Le creuset français », paru en 1988, passe pour la première histoire générale de l'immigration en France. Critiqué lors de sa sortie, l’ouvrage, qui a intronisé Noiriel comme sociologue présentable et récupérable, décrivait la construction juridique et administrative de l'immigré, en particulier que l'apparition des termes « immigration » et « immigré » coïncide avec les débuts de la Troisième République. Noiriel n’innovait pas, le mouvement révolutionnaire a toujours souligné que l'immigration est intimement liée à l'industrialisation des pays développés, en permettant au patronat de s'en servir comme variable d'ajustement face aux résistances de la paysannerie ; et que les prolétaires n’ont pas de patrie ». J'avais reproduit l'explication par Marx de cette concurrence entre prolétaires

« Des préjugés religieux, sociaux et nationaux le (l'ouvrier anglais) dressent contre l'ouvrier irlandais. Il se conduit envers lui à peu près comme les blancs pauvres envers les niggers dans les anciens Etats esclavagistes de l'Union américaine. L'Irlandais lui rend largement la monnaie de sa pièce. Il voit en lui le complice et l'instrument aveugle de la domination anglaise en Irlande. Cet antagonisme est entretenu artificiellement et attisé par la presse, les sermons, les revues humoristiques, bref, par tous les moyens dont disposent les classes au pouvoir. Cet antagonisme constitue le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise, en dépit de sa bonne organisation. C'est aussi le secret de la puissance persistante de la classe capitaliste, qui s'en rend parfaitement compte ».

Dans ce passage remarquable, Marx ébauche une explication matérialiste de la xénophobie dans le capitalisme moderne. Nous pouvons y trouver trois conditions fondamentales de l'existence du « rejet de l’autre »:

  1. La concurrence économique entre les travailleurs (« l’ouvrier anglais ordinaire déteste l'ouvrier irlandais comme un concurrent qui abaisse son niveau de vie »). Il y a un schéma particulier de l'accumulation du capital qui implique une distribution spécifique du travail, représentée sur le marché du travail par des taux de salaires différents. Dans les périodes de restructuration du capital, alors que le travail se trouve déqualifié, les capitalistes remplacent les travailleurs qualifiés en place par une main d’œuvre meilleur marché et moins qualifiée. Si les deux groupes de travailleurs ont des origines nationales/religieuses différentes, et par voie de conséquence sans doute des langues et des modes de vie différents, il existe un potentiel de rejet irrationnel dans les deux entités de prolétaires. C’est une situation qui s’est souvent répétée dans l'histoire de la classe ouvrière américaine sous forme de divisions raciales, alors qu’au fond elles ne peuvent être que des tentatives bornées des travailleurs qualifiés pour défendre leurs positions dans le cadre national limité. Dans toute une série d'occasions, au cours du XIXème siècle, des travailleurs noirs américains furent délogés des niches de qualification qu’ils étaient parvenus à occuper à la place de travailleurs blancs - par exemple, par des immigrants irlandais sans qualification dans la période qui a précédé la Guerre de Sécession.

    2) L'attrait de l'idéologie du rejet (non pas du racisme) pour les travailleurs autochtones (pas spécialement blancs de peau) (« le travailleur anglais ordinaire... se sent un membre de la nation dominante »). Le simple fait de la concurrence économique entre différents groupes de travailleurs n'est pas suffisant pour expliquer le développement de la xénophobie. Pourquoi la xénophobie opère-elle une telle séduction sur les travailleurs autochtones ? Les gauchistes hurlent contre l’assimilation de la délinquance à l’immigration et confortent ainsi la xénophobie, en premier lieu, en niant une part de la réalité subie par des prolétaires maghrébins français de souche eux aussi. D’autre part dans le cas de la France, c’est un fait que les derniers arrivés (les italiens avant guerre, les maghrébins de nos jours) étant les plus pauvres et les plus ostracisés dans le marché du travail, ce n’est même plus la deuxième génération mais la troisième génération qui se laisse tenter par les petits trafics illégaux et qui dégage le plus d’éléments violents, qu’on peut assimiler aux lumpens plus qu’aux « trimards » d’Aigues-Mortes en 1893.

    Les commentaires angéliques du milieu ex-ultra gauche genre CCI esquivent le fond du problème en faisant de la simple surenchère humanitaire par rapport aux gauchistes, et de peur de paraître faire des concessions aux fractions d’extrême droite ; ce n’est pas très courageux. La théorie (marxiste) d’une unité de la classe ouvrière ne marche plus dans les conditions actuelles de domination des communautarismes et l’étalage des colifichets religieux. La division est soigneusement entretenue et vient de loin. La fraction de gauche de la bourgeoisie française porte une lourde responsabilité dans l’établissement de cet éclatement social : depuis sa prise du pouvoir au début des années 1980 elle a laissé se généraliser le voile ; on se souvient des terribles images de 1983 où les ouvriers des usines de Poissy ou d’Aulnay sous bois, se balançaient à la figure des boulons …
    On creusera plus loin la question de l'obtention de salles de prière dans les usines, qui n’étaient pas l'objet principal des grèves dures comme à Talbot Poissy en 1982. Lors d'une grève chez Renault en 1983, Pierre Mauroy déclara : « Les principales difficultés qui demeurent sont posées par des travailleurs immigrés […] agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ». En charge de la gestion de l’Etat bourgeois, alors qu’elle venait de promettre électoralement de raser gratis, la gauche au pouvoir ne pouvait que miser sur la division des ouvriers entre français et immigrés, tout comme d'assimiler les grévistes immigrés à des intégristes en puissance.

TOUTES LES FRACTIONS BOURGEOISES ONT FAVORISE LA RENAISSANCE DE LA XENOPHOBIE

La fraction de droite accuse la fraction de gauche en France de laxisme par rapport à l’actuelle «islamisation » et « halalisation » de la France. Propos d’estrade. Les choses sont plus compliquées, et on ne peut même pas dire que les politiciens soient vraiment responsables de la déstructuration de la société – ou du moins de cette espèce de bariolage communautaristo-religieux qui s’est progressivement implanté – car la société capitaliste obéit avant tout à des exigences économiques et sociales ; députés et ministres bourgeois ne contrôlent pas grand-chose même quand ils pensent tenir la barre. La droite actuellement au pouvoir reproche à la gauche d’avoir favorisé par son laxisme l’intégrisme de rue, le foulard, la viande halal… C’est en partie vrai. L'apparition de "foulards" à Creil, en 1989, étrangement semblables au voile iranien imposé en Iran depuis la révolution islamique de 1979, avait déclenché un grand débat national. Le ministre de l'Education nationale d'alors, Lionel Jospin, avait renoncé à légiférer, laissant chaque chef d'établissement régler "à sa sauce" la question. S'en tenant à un recours au Conseil d'Etat, il jugeait le "foulard islamique" compatible avec la laïcité : "son interdiction ne serait justifiée que par le risque d'une menace pour l'ordre dans l'établissement ou pour le fonctionnement normal du service de l'enseignant". Lors de la séance à l'assemblée nationale le 3 novembre 1989, Lionel Jospin (soutenu par Jack Lang, alors ministre de la Culture), est vivement critiqué par « l'opposition libérale et le Parti communiste, mais aussi par plusieurs députés socialistes » parce qu'il ne respecte pas le principe de laïcité ; les enseignants du collège de Creil demandaient à Lionel Jospin de venir dans l'établissement pour expliquer ses directives ; La Voix de l'Islam, une association ultra-musulmane (dite « islamiste »), avait appelé à une manifester ». De concession en concession la gauche en miettes avec ses divers petiots cadors, Mélenchon, Hamon, et Cie, n'est plus qu'une noria d'assocs secouristes pour faire croire à des électeurs arabes qu'ils ont tout intérêt à croire à la démocratie bourgeoise tout en étant sûr, ceux qui sont prolétaires, que tous ces petits chefs formés au trotskisme ne feront jamais rien pour eux même s'ils serrent plein de mains d'imams. Les résidus de la gauche caviar n'ont plus qu'une fonction « tribunicienne », presque la même fonction figurative, islamo-compatible certes, que ce qui avait été la portion congrue, et accessoire, de leurs pères dans les deux décennnies de l'après-guerre.

Noiriel ne peut pas être utile à la réflexion sociale et politique, ajoutais-je, pour comprendre à la racine la DESINTEGRATION sociale. Il ne le peut certainement pas en mettant sur le même plan immigrés italiens et arabes, non pas seulement parce que ce serait une histoire de religions (les italiens étant intégrable comme chrétiens… ce qui ne les a pas empêchés d’être assassinés par d’autres chrétiens mais français à Aigues-Mortes) – mais parce qu’il s’agit de deux époques différentes : la fin du XXe siècle est encore une phase de révolution industrielle et les émeutes même ouvrières sont encore marquées par la phase artisanale de la société ; à la fin du XXe siècle déjà la société est marquée par une désindustrialisation intensive, et on parle couramment depuis l’an 2000 de « destructions d’emplois ». Penchons-nous, pour mieux comprendre et la différence de période et la fin des possibilités d’intégration, sur un moment de l’histoire, à la veille d’ailleurs de la fin des deux grands blocs issus de la Seconde Guerre mondiale, sur des événements très particuliers au début des années 1980 en France. Et concernant des salles de prière en usine où, en principe le religieux n’a pas sa place, ni le politique au demeurant.(...) Je ne vais pas vous resservir l'intégralité de mon article. Je rappelais enfin deux choses.

La première, comme les ouvriers français soixantehuitards, les prolétaires immigrés ressentent cruellement la robotisation et la déshumanisation de l’usinisme ; ils seront d’ailleurs le fer de lance de la lutte contre la robotisation à peine dix ans plus tard avec en face d’eux la gauche bourgeoise au gouvernement. Le prolétaire immigré a besoin de pain mais, comme tout être humain, il a aussi besoin « d’âme », ou d’esprit, ou d’identité. Quand la droite bourgeoise accuse la gauche d’avoir favorisé par ses laxismes la montée de l’intégrisme, elle oublie de rappeler qu’elle était au pouvoir lorsque ses patrons ont négocié avec les imams les premières salles de prière pour « fidéliser » ces prolétaires coupés de leurs racines et voués à cette vie morne « métro-café de l’usine-usine »

La deuxième, la société capitaliste décadente ne peut plus réaliser l’intégration « sédentaire », c’est sa crise systémique inexorable qui freine puis empêche toute intégration, même la nôtre à nous pauvres autochtones frappés autant par le chômage, la peur du lendemain, la maladie et la vieillesse que nos frères de classe immigrés. Ni Sarkozy ni le Coran ne représentent notre avenir ».

Après nous avoir fait un cours sur l'histoire des frères ennemis racisme/antiracisme où il y aurait bien des corrections à apporter au discours dithyrambique de deux vieux enfants de la gauche bourgeoise et stalinienne et à leurs omissions concernant la complicité crapuleuse stalino-syndicalo-gaulliste.

Ils nous font le coup de la méthode à Gramcsi par après, une vieillerie néo-stalinienne qui philosophait sur l'alliance (électorale) des classes pauvres et intermédiaires, du sous-Mollet ou du sous-Mitterrand comme vous voudrez. Ils ne le démontrent pas, mais en le disant cela est vrai : l'antiracisme a été inventé en France après 68 comme produit de l'antifascisme (de salon). Comme ils reconnaissent que l'invention de SOS racisme par la gauche au pouvoir, a été fort maline et apparentait cette assoc gouvernementale plutôt à une ONG... mais en oubliant de préciser aussi... l'invention du FN, désormais en pôle position médiatique pour refiler une sinécure renouvelable à la gauche bourgeoise au pouvoir. Et de « sociologiser » la « perte de centralité du monde ouvrier » et la marginalisation du PCF et des trotskistes.

Il n'est fourni aucune explication concernant la montée de l'islamisme et des communautarismes, ils restent ce qu'il sont des intellectuels de gauche bourgeoise, bien plus cathos que marxistes. Mais ils commencent à se réveiller en voyant surgir ceux que je ne peux que nommer les indigestes de la république, et plus encore de la révolution. Tout ce qu'ils trouvent à essayer de répliquer c'est : « par définition la sociologie est une science subversive ». La preuve que non ! Et ne nous citer Bourdieu et collègues au long des pages suivantes, sans analyse politique originale, ne cessant jamais d'accuser leurs confrères en universités qui ne marchent plus dans l'idéologie antiraciste officielle, de se faire les complices des médias réactionnaires. La critique des deux frères crétins Fassin est légère alors qu'ils sont les deux grands prêtres en France de l'antiracisme déconcertant. Ils ajoutent la confusion à la confusion en se croyant malins de signaler une piste de réflexion sur le thème de cet autre truisme « le racisme de classe ».

A plus de la moitié du bouquin ils nous annoncent s'être aperçu des responsables de cet antiracisme institutionnel, qu'on peut nommer aussi diversité, intersectionnalisme, décolonialisme, et divers décoiffages à la mode. Le rôle central « des universitaires américains » (page 219). Mais aussi l'institut Montaigne , le gouvernement Bush et leurs traducteurs la confrérie Fassin. Non limitatif, vous pouvez y ajouter l'INED et Sciences-Po (sans pédophile multiracial) et probablement toutes les Universités de Seine Saint Denis et les cours de formation de la CGT.

LA BENOITE DECOUVERTE DU BUSINESS ANTIRACISTE

De l'université à l'usine, un seul ennemi l'homme blanc, de plus français de souche et mâle. Nos sociologues de poche s'enhardissent à frôler la litote situationniste : « Les entrepreneurs de la race partagent le même langage que leurs concurrents de droite ».

On reste pendant des pages englués dans le marais des estimations et approximations de la sociologie, cette science du comptoir de bistrot, rien sur les défaites économiques et politiques du prolétariat et sur la vacance de toute organisation « prolétarienne » digne de ce nom. Beaud et Noiriel ne disent jamais un mot de trop sur les mafias syndicales, car ce sont les CE qui vendront surtout leur bouquin par ces cruels temps de pandémie.

Avec les « quotas du football », ils espèrent avoir trouvé LE sujet scandaleux qui permettra de faire vendre leur bouquin. Ils se sont déjà répandus sur les plateaux médiatiques en assurant qu'ils étaient déjà couverts d'injures. Mais même sur ce suet, ils restent empruntés et cordiaux avec les falsificateurs de la gauche bourgeoise, Médiapart en tête suivi de Libération et du Monde. A tout bout de champ la clique à Plenel trouve moyen de taxer tout contradicteur raciste, c'est normal c'est tous des staliniens recyclés. Et ils sponsorisent désormais les grands penseurs de l'antiracisme que sont les Lilian Thuram et Patrick Vieira, non content d'être des parvenus milliardaires ils se font offrir le taxi gouvernemental pour aller porter la bonne parole dans toutes les écoles de France.

Leurs anciens collègues Sagnol et Blanc (sic) n'ont que le tort d'être... blancs et pas forcément futés, mais pas besoin de l'être pour être entraîneur de foot ; regardez Zidane, il fonctionnait lui sur coup de tête. ON fait donc un petit tour bien longuet bien lourdingue pour nous expliquer comme à des demeurés le scandale des quotas raciaux dans le foot business. Selon une fonctionnaire de la LICRA Sagnol aurait fit du Zemmour sans le savoir, et selon ses anciens collègues de l'EDF, Blanc est peut-être trop blanc...

Une demie page aurait suffi à démonter la gonflette des faussaires de Médiapart (gratifié par les confrères de simple « erreur d'appréciation »), et je ne fais que reprendre le commentaire d'un fidèle prolétaire d'un sport dont je me bats les couilles :

« La question est surtout de savoir d’ou viennent ces noirs. Ils viennent des classes defavorisées, en majorité, des pays occidentaux. Ce qui compte pour la compétitivité en sport, plus que la couleur de peau, c’est d’avoir des populations « pauvres » mais malgré tout bien nourries (et qui ont la rage de s'en sortir... une minorité de milliardaires au bout du compte). Aux USA (où domine le sprint) et dans d’autres pays, les noirs y sont sur-représentés et donc fournissent en masse des sportifs parce que c'est une de leur rare chance d'ascension sociale. En France, par exemple, on a une surreprésentation « d’arabes » parmi ces populations et nombreux sont nos sportifs d’élite qui ont ces origines, tout comme en Allemagne récemment se développe une élite sportive d’origine turque, et comme avant la France fabriquait des champions d’origine italienne ou polonaise. Bref, ca n’a rien a voir avec la couleur de peau ou la race, c’est un phénomène qui s’explique quand tu regardes dans des pays ou les gens mangent à leur faim, qui sont les plus pauvres, vu que ce sont eux le vivier des futurs champions du pays.

Ce qu’à voulu dire Sagnol c’est que les petits clubs (de L1, L2) cherchent des joueurs ayant un bon rapport qualité/prix, voire pas cher. Or il se trouve que l’Afrique est le premier continent qui fournit des joueurs « pas cher ». Or il se trouve aussi que la vision de jeu et de formation des pays africains (Sénégal, Côte d’ivoire, Ghana, Cameroun, mais moins le Maroc/Tunisie/Algérie) est axé vers le « physique » avec des joueurs très athlétiques : c’est une sélection !!
Ainsi les « petits » et « moins physiques» ont (malheureusement) plus de chance d’être écartés et do moins de chance d’être recrutés. Il faut dire que les petits clubs cherchent des joueurs ayant du coffre et se contentent de quelques joueurs purement techniques indépendamment du physique ». Mais Laurent Blanc voulait lui aussi faire la part des choses, en comparant avec l'Espagne où dominait la présence de joueurs petits mais plus mobiles et plus habiles...

Allez comparons avec le battage médiatique actuel. En temps normal les journalistes s'arrachent les cheveux pour trouver un sujet ou un thème qui réveille de la torpeur monotone de la vie en règne capitaliste. Toutes les heures, toutes les minutes, sur tout support médiatique on nous saoule avec... la covid, la covid et encore la covid. A l'époque des jours et des jours ont passé où dans le strass des studios des idiots s'empoignèrent sur les quotas « racistes ». Ce qui permit et a permis à nos deux sociologues de poche de laisser dans les coulisses, le vrai problème des footeux : un système mafieux où tous les coups sont permis pour vendre d'ailleurs comme de vulgaires esclaves des clubs et des foules décervelées des cons milliardaires, avec le clan des voyous avec Benzema et Ribery, le clan des brésiliens, celui des africains avec Thuram qui voulait que les noirs posent à part pour la photo au Mundial.

Le problème de la gestion du foot est avant tout politique et relève du nationalisme, mais le système se prend les pieds dans le tapis avec les histoire de binationalités au point que Benzéma ne sait plus avec Zidane s'il doit chanter l'hymne algérien ou l'hymne français, et tous leurs collègues non plus.

Aussi, et ce que les gouvernementaux ne reconnaîtront jamais publiquement c'est qu'il faut doser en fonction des désirs de l'opinion publique, un temps il y eu les trois sortes, puis dominante de noirs puis plus du tout d'arabes, au rythme des scandales provoqués par chaque clan communautaire ou groupes d'intérêts. Finkielkraut trouvait l'EDF ridicule lorsqu'elle avait trop de noirs, que dirait-il de l'équipe d'Allemagne en ce moment ?

En conclusion si nos deux pauvres sociologues secondaires (tout le monde ne peut s'appeler Sartre ou Bourdieu) ont fini par se rendre compte de la racialisation du discours politique public et de l'américanisation de l'idéologie européenne ils n'offrent aucune alternative et leur science sociale est zéro complètement engluée dans l'idéologie de gauche poussiéreuse, peureuse et aveugle.

Pour sortir de l'ornière du constat malheureux d'une situation idéologique bloquée qu'ils ont contribué à installer dans leur molle carrière d'universitaires coupés des réalités, il eût fallu qu'ils cognent sur les aboutissants actuels de toute cette merde antiraciste, la bande des indigestes de la République qui ont tout de même perdu leur cheftaine promue employée gouvernementale.

Pas grave le comité translucide qui se fout brillamment de la clique du commerce Hazan a fait le boulot en une courte brochure sans haine et percutante -pastiche du barnum La Fabrique -, c'est le malin JP Garnier qui en est la plume : « La « question post-coloniale », devenue obsessionnelle chez certains a bel et bien pour effet d'évacuer en l'ethnicisant, la question sociale ». Le marxisme vivant n'est pas en danger avec des pamphlétaires comme celui-là !

« Depuis quelque temps déjà, sous prétexte que des gouvernements de la vraie droite et de la fausse gauche prétendent mettre fin par une politique répressive aux troubles qui perturbent la « tranquillité publique » ou « la paix civile » dans les « cités » et aux alentours – en fait les zones de relégation où sont parquées les classes les plus dominées -, un certain nombre de chercheurs, enseignants et militants en sont venus, pour toute explication, à ériger les trublions en victimes innocentes du post colonialisme. Et cela vaut aussi pour les jeunes djihadises issus de nos « cités » dont on consent, certes, à reconnaître la culpabilité dans les quelques tueries commises en France, plus traumatisantes pour nos compatriotes que les massacres exécutés à la chaîne au Moyen Orient, mais en assortissant cette reconnaissance de considérations culturalistes, qui empêchent par avance toute saisie des conditions politiques de l'apparition d'un terrorisme paré des couleurs de l'islam.

Cette mea-culpabilisation des « blancs » a pris son essor avec la croisade lancée contre une loi de


mars 2004 interdisant le port des signes religieux ostensibles à l'école. Précisons tout de suite, pour éviter les malentendus, qu'une chose est sûre : une loi ne résoudra rien. Mais il en va de même pour toutes les mesures autoritaires prises contre l'aliénation religieuse, comme l'a prouvé le retour en force du « sacré » dans les ex-pays du socialisme réellement inexistant. Cela dit, le fait que la religion, comme l'avait signalé Marx, ne soit que « le soupir de la créature opprimée, le sentiment d'un monde sans cœur, et l'âme d'une société sans âme » ; ne devrait pas pour autant inciter à la respecter, au sens de lui manifester considération et estime. Ni à respecter les pratiques qu'elle engendre. Pas plus que ceux qui s'y livrent.

Le « respect », promu en norme dans les « quartiers sensibles », comme la « tolérance » hier dans les « beaux quartiers », sont des principes moralisants qui neutralisent l'esprit critique. Au nom du « respect de l'autre », « le traitement sexiste des femmes est toléré quand il est revendiqué et pratiqué par des   populations venues d'ailleurs »...

mercredi 3 février 2021

LA MISSION DU PROLETARIAT...



« 
Il n’est pas douteux qu’un système d’idées dont seules les grandes lignes sont tracées à une action beaucoup plus féconde qu’une construction achevée et symétrique, où il n’y a rien à ajouter, où un esprit audacieux ne peut trouver à déployer son originalité. Serait-ce la raison pour laquelle nous voyons les théories de Marx marquer un tel arrêt depuis des années ? Car, en fait, si l’on excepte une ou deux productions originales pouvant être considérées comme des progrès au point de vue théorique, nous avons bien eu, depuis la parution du dernier volume du Capital et les derniers travaux d’Engels, quelques belles popularisations, des explications de la théorie marxiste, mais, au fond, nous en sommes encore en théorie à peu près au point où nous ont laissés les deux créateurs du socialisme scientifique ».

Rosa Luxemburg (1903)


UNE REVOLUTION NECESSAIRE


Voici par après cet édito de la Revue REVISION un étonnant texte de cette revue oubliée (classée arbitrairement sur le web dans la catégorie anarchiste, mais qu'on pourrait qualifier aujourd'hui de « conseilliste »), publiée à la veille de la deuxième boucherie capitaliste mondiale, qui ne se penche pas sur le prolétariat comme une catégorie abstraite, sans ce culte d'un prolétariat unifié dans l'imaginaire de nos sectes modernes, et qui remet en cause radicalement à la fois le « productivisme socialiste infini » et le religieux « messianisme prolétarien » dont je vous conterai les heurts et malheurs dans mon prochain ouvrage. Et surtout vous verrez que la contribution de Coffinet est non seulement géniale mais si actuelle...sauf qu'il n'a pas venu venir la Seconde Guerre mondiale comme conséquence de la défaite politique du prolétariat (il n'y croit plus à celui-ci comme la plupart des militants en 1940), alors qu'en effet il y avait un tassement des forces productives mais que la  sale guerre mondiale permettra de relancer le capitalisme pour 70 ans encore... quoique pas forcément éternellement.


Il faut se demander combien d'expériences seront encore nécessaires pour tuer l'idée du parti-messie chez les militants révolutionnaires. La décomposition et la trahison des partis existants s'étalent tous les jours, et les dupés d'hier ne songent qu'à une seule chose : en rebâtir un nouveau qui, cette fois, échappera à toutes les tares des précédents.

Cette conception pourrait se défendre si ses partisans se montraient réservés et prudents, mais il semble, au contraire, que plus les faillites s'accumulent, plus ils idéalisent leur mythe. Un psychanalyste pourrait expliquer ce curieux phénomène, mais il ne faut pas fouiller longtemps pour s'apercevoir que le patriotisme d'organisation pourrit les rares groupes ou individus qui conservaient la tête froide.

Il n'est pas un parti, ligue ou tendance qui ne cache en son sein les tares dénoncées chez les adversaires. Partout, les oligarchies et les bureaucraties agissent au nom des adhérents trompés, en bafouant les principes dont la défense et la propagation leur assurèrent le pouvoir. Semblable situation n'aurait rien de bizarre si les cocus d'en bas ne s'en faisaient les apôtres et les laudateurs. Profiteurs et dupés font le front unique pour déclarer qu'il y a des vérités pour initiés, les dupés prenant une hypothèque sur leur ascension au grade d'initié. Au total, les luttes sociales se mènent suivant une tactique qui nécessite une clef ou un code pour devenir compréhensible.

En fin de quoi les stratèges politiques et syndicaux s'étonnent un beau jour de la disparition des effectifs ou se trouvent atterrés par une réalité plus forte que leurs calculs à la petite semaine. Le révolutionnaire qui appelle les choses par leur nom et essaie de retrouver ses yeux de débutant devient suspect. La question : « Par qui est-il payé ? » fait aujourd'hui partie de l'arsenal des arguments socialistes. Il serait temps pour le mouvement ouvrier, de se prêter à un traitement de désintoxication.

Il serait temps pour les militants des J.E.U.N.E.S , de dire publiquement que leur leader Jean Nocher1 est un dangereux rigolo. Ce qu'ils pensent tous. Il serait temps pour les socialistes révolutionnaires, de dénoncer dans leurs propres rangs les tares qui furent à l'origine de la dégénérescence de la S.F.I.O. La social-démocratie n'est pas que dans les programmes. Il serait temps pour les trotskystes de tous les pays, de parler du Trotsky de Crontadt, et pas seulement du Trotsky créateur de l'Armée rouge. Il serait temps pour les anarchistes de montrer la même sévérité envers leurs politiciens qu'envers les politiciens avoués.

Il serait temps de dire ce que l'on pense et de penser ce que l'on dit. Première révolution à accomplir chez les révolutionnaires.


REVISION


LA MISSION DU PROLETARIAT

par Julien Coffinet2


C'est Marx qui a donné vie à la conception d'une mission du prolétariat, conception un peu mystique mais à laquelle il sut attacher une application rationnelle qui parut longtemps incontestable. La société actuelle étant divisée en deux classes principales, violemment opposées, la bourgeoisie et le prolétariat, le développement de la première a pour résultat l'augmentation du nombre et de la cohésion des prolétaires.

« A mesure que diminue le nombre des grands capitalistes... on voit augmenter la misère, l'oppression? l'esclavage, la dégénérescence, l'exploitation, mais également la révolte de la classe ouvrière qui grossit sans cesse et qui a été dressée, unie, organisée par le mécanisme même du procès de production capitaliste ». Dans le même temps le monopole du capital gêne de plus en plus le mode de production qui s'est développé avec lui et devient l'entrave du progrès technique. Hégélien, Mars déduit hardiment de ces différentes constatations que le prolétariat est l'antithèse du capital et que de sa révolte sortira la nouvelle synthèse sociale, autrement dit que le prolétariat est chargé par le mouvement de la société de délivrer les forces productives arrêtées dans leur progrès, « d'exproprier les expropriateurs ». Comme le régime féodal le fit autrefois la bourgeoisie aujourd'hui arrête le développement des forces productive ; comme la bourgeoisie les libéra par la subversion du régime féodal, le prolétariat, à son tour, servira le progrès par la subversion du régime capitaliste.

Cette conception suppose d'abord une foi implicite mais profonde en un progrès technique continu et illimité et la croyance à l'unité des intérêts du mouvement ouvrier et de ceux de la culture humaine. Le progrès technique doit s'entendre des modifications techniques qui améliorent le rendement humain, celles qui permettent, avec moins de travail, de produire autant et plus d'objets utiles. En ce sens il n'est pas douteux qu'ils servent les intérêts de la culture puisque celle- ci ne s'améliorera d'une manière décisive que dans la mesure où les possibilités pour chacun d'utiliser et de développer ses aptitudes personnelles seront augmentées. Accepter la conception d'une mission historique du prolétariat c'est donc juger que le prolétariat, de par sa fonction sociale, son nombre, sa conscience, non seulement s'emparera du mode de production capitaliste mais aussi qu'après l'avoir débarrassé de l'hypothèque capitaliste et de ses résidus, il pourra l'utiliser pour favoriser la liberté et par conséquent la culture humaine.

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Marx s'appuyait sur le fait constaté que les anciennes classes moyennes ruinées par la centralisation du capital, augmentaient le nombre des prolétaires en même temps que ceux-ci subissaient une aggravation de leurs conditions de vie. Si l'on entend par prolétaires les travailleurs libres politiquement mais entièrement dépouillés, ne possédant que leur force de travail, qu'ils doivent vendre pour obtenir des moyens de subsistance, il est bien exact que les prévisions de Marx ont été entièrement justifiées par le temps. Le nombre des salariés va augmentant. Les moyens de production sont la propriété de monopoles de moins en moins nombreux. Mais si l'on entend par prolétaires les seuls ouvriers industriels, comme c'est le cas le plus fréquent, alors il faut reconnaître que la prévision marxiste a cessé d'être juste depuis pas mal d'années et que le nombre des prolétaires n'augmente plus ou diminue.

C'est que le même mouvement de centralisation du capital, en augmentant le nombre des salariés, développait aussi la division du travail et augmentait la spécialisation des travailleurs. Le développement des moyens de transport, des entreprises commerciales, du crédit, des assurances, des entreprises publiques, etc..., a suivi les progrès de l'industrie. Pendant que diminuait le nombre des entrepreneurs individuels, celui des employas, des techniciens, fonctionnaires de toutes sortes se multipliait. Par opposition aux propriétaires des moyens de production il peut être parlé d'un prolétariat en faux-col ou d'un prolétariat agricole. Ce serait une erreur de les confondre avec le prolétariat industriel qui n'a ni les mêmes conditions de vie ni les mêmes réactions.

C'est ce qu'a fort bien montré Henri de Man en baptisant de « nouvelles classes moyennes » ces groupes de nouveaux salariés. Il en fait néanmoins des classes anticapitalistes. Peut-être. Mais l'erreur commune est de confondre anticapitalisme et socialisme. Le socialisme n'est pas la qualité de n'importe quelle organisation collective. Le socialisme, il est grand temps de le rappeler, c'est une revendication de justice sociale et un espoir de libération humaine.

Marx avait aperçu les premières conséquences de la division du travail purement technique. « A côté des classes principales (d'ouvriers) il y a un personnel peu nombreux, chargé du contrôle et de la préparation de toute la machinerie, ingénieurs, mécaniciens, menuisiers, etc. Ceux-ci constituent une classe supérieure, composée de savants et d'hommes de métiers... ». Il avait aussi insisté à plusieurs reprises dans Le Capital, sur la séparation de la fonction et de la propriété du capital. Mais ce n'est que longtemps après lui qu'il a été possible de se rendre compte de ce que se développait un esprit technicien tout à fait différent de l'esprit prolétaire. Dans ses « Réflexions sur l'économie dirigée », H. de Man écrit que « l'homme dont la fonction est d'organiser la production, est naturellement porté à exalter cette activité par rapport au rôle qu'il considère volontiers comme subordonné ou même comme parasitaire, du détenteur de capitaux ou du spéculateur ». Il est même porté à vouloir étendre cette activité à l'extérieur de la fabrique. Le congrès de la Taylor Society, décembre 1930, dans son nouveau programme de revendications demande « l'application des principes d'organisation scientifique développés et expérimentés dans l'entreprise individuelle à l'économie comme telle, considérée comme une grande entreprise dans laquelle tous les membres du monde économique sont ensemble ouvriers et actionnaires ». Mais ces techniciens ne se séparent pas seulement des propriétaires de capitaux ; chargés de travaux d'organisation ou de direction ils ont une tendance naturelle, fonctionnelle, à considérer les ouvriers comme des manœuvres qu'il est possible et même moral, « dans l'intérêt de tous, de manier et d'utiliser rationnellement, le seul critère de leur travail se trouvant être l'efficiency. Ils subissent la déformation de tous ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir. Dans leurs bureaux d'étude ou de direction, ils jouent avec la matière humaine aussi abstraitement aussi inhumainement que l'officier qui dirige de son P.C. Les opérations militaires sur un front éloigné. Par la force des choses, Toute autre considération que celle du rendement leur devient étrangère. Ils sont même prêts à concéder que chacun, l'ouvrier et le manœuvre comme le technicien joue un rôle utile dans la société mais ils tiennent à ce que chacun ne joue que ce rôle et reste à sa place. Personne n'est plus antidémocratique qu'un technicien. « Comment permette qu'un manœuvre vienne se mêler de choses qu'il n'entend pas, qu'il ne peut pas entendre, faute des études, des longues études nécessaires ? ». Et il faut reconnaître que dans la division du travail telle que le mode de production l'a développée, la séparation des travaux intellectuels et manuels s'est faite de plus profonde.

Les fonctionnaires participent à cet état d'esprit dans la mesure où ils prennent conscience de leur rôle d'organisation et de direction dans l'Etat moderne et de la supériorité que leur donne leur savoir – je ne dis pas leur culture – sur la masse primaire des manœuvres.

Les employés de commerce et les ouvriers agricoles nécessiteraient une étude plus détaillée et fouillée ; il suffit ici de constater que ces nouveaux salariés se séparent nettement par leurs goûts, leurs besoins, leur mentalité, du prolétariat industriel.

A l'intérieur du prolétariat industriel lui-même, un autre phénomène a introduit une différenciation profonde : le chômage permanent. Tant que l'armée industrielle de réserve n'a été constituée que de chômeurs momentanés, comme sa qualification l'indique bien, car une réserve est faite pour y puiser à mesure des besoins, le chômage n'en a eu d'autre résultat que d'abaisser le niveau des salaires par la concurrence sur le marché du travail. Mais dès l'instant que les chômeurs deviennent pour une large part des sans-travail permanents et sans espoir, il se forme à côté de la mentalité de l'ouvrier une mentalité fort différente, voire même opposée. Et plus les années passent et moins les chômeurs sont composés d'anciens ouvriers. Les membres ruinés des anciennes classes moyennes, ou les sans-travail des classes libérales, intellectuels ou artistes, ou les techniciens sans emploi, ne se prolétarisent plus : ils viennent directement grossir la masse des chômeurs. Les jeunes gens sortant de l'école demeurent souvent inactifs. Le capitaliste qui, il y a un siècle, faisait travailler des enfants au sortir du berceau ne sait plus aujourd'hui leur assurer du travail quand ils arrivent à l'âge adulte. Ainsi est créée peu à peu une masse de déshérités, coupés du travail et de l'action, que le désespoir fataliste mettre à la merci du premier mirage démagogique venu mais rendra incapable de parvenir à une conscience sociale progressive.

Une autre différence se marque entre ouvriers des grands monopoles et ouvriers des moyennes et petites entreprises, incapables dans la plupart des cas d'assurer les respect des lois sociales sans travailler à perte. Les grands monopoles étant les principaux fournisseurs de la défense nationale, la formidable accélération des fabrications de guerre accentuera encore cette différence, en assurant des surprofits qui permettront des sursalaires.

Loin d'égaliser la condition ouvrière, comme le prévoyait Marx, la marche en avant du capitalisme n'a cessé de développer une division du travail social organique, c'est à dire augmentant les différences individuelles par la spécialisation.

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Si le prolétariat n'augmente plus, s'il se divise en groupes discordants, il semblerait qu'au contraire la foi en un progrès technique continu et illimité ait pu être renforcée par les prodigieuses acquisitions de la science moderne. Il suffit d'évoquer les immenses réalisations industrielles des deux mondes pour être convaincu de la puissance du génie constructif de l'homme et de considérer le rythme accéléré des découvertes et de leurs applications pour être persuadé qu'il n'y a pas de raison apparente de prévoir un arrêt, sinon celui qu'apporterait les crises périodiques provoquées par les désordres capitalistes. Ainsi, il est tout naturel de penser que Marx avait raison de prévoir un conflit entre le développement des forces productives et le capitalisme. « A un certain degré de maturité la forme historique du procès de travail déterminée fait place à une forme plus élevée. On s'aperçoit que le moment d'une telle crise est venu dès que s'accentuent la contradiction et l'opposition entre les conditions de répartition et par suite la forme historique déterminée des conditions correspondantes de production d'une part, et d'autre part les forces productives, la capacité de production et le développement de leurs agents. Il s'établit alors un conflit entre le développement matériel de la production et sa forme sociale ». Mais des doutes sont venus sur l'exactitude de cette conception.


Le développement des forces productives tend, en augmentant la productivité du travail, à augmenter la quantité d'objets utiles produits dans un même temps de travail. D'où est venue la revendication de la diminution de la durée du travail. Pourtant un examen plus attentif montre qu'on s'est souvent trompé sur les économies de travail apportées par l'introduction des machines automatiques, puis de l'énergie électrique : on ne regardait que la diminution des ouvriers au sein de l'usine transformatrice, on ne voyait pas l'augmentation correspondante de techniciens, d'employés, de fonctionnaires, d'intermédiaires à tous les échelons, que nous montrent si bien les statistiques d'ensemble.

On ne considérait pas non plus que le mode de production d'aujourd'hui a entrainé le besoin de la vitesse dans les relations entre groupements humains. Rien de plus coûteux en travail humain, que la vitesse. Pour doubler une vitesse donnée, ce n'est pas deux mais quatre, ou huit fois plus de travail qu'il faut. Des questions de prestige personnel ou national s'en mêlent. L'accélération de la vitesse est préférée à l'augmentation du matériel, moins gaspilleuse des forces humaines quand elle est possible.

Sans compter que le même progrès technique, en mettant entre les mains d'hommes de moins en moins nombreux la propriété d'entreprises de plus en plus gigantesques, de plus en plus hors de proportion avec les capacités humaines, a provoqué de nouveaux gaspillages, par impossibilité d'assumer des charges réellement écrasantes, et par la prodigalité qui accompagne toujours une certaine grandeur dans les entreprises humaines. On a trop oublié que tout achat représente le résultat d'un travail quelque part dans la société et que toute dépense inutile est du travail exécuté en pure perte, du travail qu'il aurait mieux valu économiser, dans une société mieux organisée, parce que du travail inutile, c'est des loisirs perdus. Il faudrait écrire un éloge de l'avarice.

Julius Dickmann a signalé dans ses intéressantes études sur la production capitaliste que l'introduction imprudente des inventions nouvelles dans la production pouvait avoir pour conséquence une perte et non une économie de travail pour la société. Il suffit que la quantité de travail incorporée aux moyens de production de l'ancien outillage dépasse la quantité de travail épargné par les nouvelles machines pendant le temps que les moyens de production devenus inutiles et sans valeur auraient pu fonctionner. « Plus on part d'une technique avancée, autrement dit plus les investissements consacrés à la production des machines de l'ancien type sont importants, et plus il faut du temps, bien entendu, avant que le fonctionnement plus économique du nouvel outillage puisse, une fois compensée la perte causée par l'introduction de cet outillage, être considéré comme un gain pour l'ensemble de la production. Et si, dans l'intervalle, on fait une nouvelle invention qui remplace le type de machine nouvellement introduit par un autre encore plus productif, alors la première invention n'arrive même jamais à jouer son rôle en épargnant du travail pour l'ensemble de la société ». Comme le dit Dickmann, ces remarques sont en tout cas bonnes à rafraîchir l'enthousiasme que l'on éprouve en général pour le progrès technique et rappellent utilement que le progrès ne signifie pas par lui-même un progrès économique et ne conduit pas nécessairement à une extension de nos possibilités d'existence. Beaucoup de difficultés qui paraissent venir du régime capitaliste lui-même appartiennent en fait aux innovations de la technique moderne et reparaîtraient aussitôt dans un régime socialiste.


La possibilité d'un accroissement continu de la productivité du travail est elle-même en question. A mesure que la productivité du travail augmente, s'accumulent les travailleurs occupés à entretenir, réparer et reproduire les moyens de production et de subsistance et diminuent les travailleurs qui peuvent être employés à produire des moyens de production et de subsistance « en excédent » qui permettront un élargissement futur de la production, inséparable d'une amélioration nouvelle de la productivité. Chaque nouveau progrès diminue la possibilité, dans l'état actuel des choses, d'un progrès futur. IL ne peut pas être question d'un progrès continu et illimité mais au contraire d'un progrès de plus en plus difficile, de plus en plus limité pour finalement devenir une régression. Le progrès technique n'a pas visé à produire le même nombre d'objets avec moins de travail mais à produire plus d'objets avec le même travail. Ce qui me fait dire que l'amélioration de la productivité est inséparable de l'élargissement de la production. D'où la nécessité des marchés extérieurs. La production d'objets simplifiés et unifiés dépasse la capacité réelle d'absorption du marché national. Il y a, certes, des causes venant du capitalisme lui-même, mais il y aussi des causes techniques. Le socialisme s'il prenait la suite technique du capitalisme, se trouverait devant la même nécessité impérialiste de lutter pour la possession des marchés extérieurs. Marx dit bien qu'à mesure que la force productive se développe, elle entre en conflit plus aigu avec les fondements étroites des rapports de consommation. Mais il est évident qu'il pense que ce conflit n'aurait pas lieu si la consommation n'était pas limitée par la nécessité implacable des lois du capitalisme. Or il est non moins évident aujourd'hui qu'entre forces productives et consommation il y a un conflit qui n'est pas de source capitaliste mais technique. Il vient de ce qu'on n'a pas cherché à travailler moins, mais à produire plus.

Il est possible de supposer une meilleure utilisation du génie humain ? Peut-être, mais il n'en reste pas moins que nous nous trouvons devant un énorme appareil producteur aussi pesant qu'inutile et qu'il n'est plus possible d'améliorer la condition humaine qu'au prix d'un changement radical des conceptions et des méthodes utilisées pour le renouvellement de l'appereil producteur, au contraire de ce qui était prévu par Marx. Ce qui a fait illusion c'est qu'une avance considérable a permis aux vieux pays capitalistes de vivre aux dépens des pays moins évolués. Nos masses travailleuses ont bénéficié, pour une certaine part, de l'exploitation des peuples coloniaux ou en retard. Toute la technique moderne est basée sur cette exploitation. Mais, maintenant que l'avance de certains pays est perdue, maintenant que les exploités d'hier se dressent en concurrents, que va-t-il se passer ?

Le schéma marxiste d'une progression continue des forces productives, arrêtée aujourd'hui par le capitalisme, libérée demain par le socialisme ne résiste pas à l'examen de l'observateur non prévenu. La technique dont le socialisme s'est montré si jaloux pendant cinquante ans et si pressé d'en avoir la direction, a dilapidé les ressources naturelles de la terre (sic ! Lu en 2021) et gaspillé le travail humain. Du point de vue humain qui devrait être toujours le point de vue socialiste, l'appareil producteur capitaliste ne peut plus servir de base à un nouveau progrès : pour aller de l'avant il faudrait trouver une technique de production radicalement différente.

La progression du prolétariat en nombre et en cohésion a été arrêtée et remise en question par l'évolution des méthodes de production ; le progrès technique continu et illimié qui devait libérer la révolte du prolétariat grandissant se révèle lui-même comme illusoire et comme menant à l'appauvrissement de la communauté humaine ; pour justifier la mission du prolétariat il ne reste que la notion plus intuitive de l'identité des revendications ouvrières et de la cause de la culture.

Beaucoup de camarades, et des meilleurs, gardent un attachement sentimental aux ouvriers, en raison du passé héroïque du prolétariat ndustriel, par sympathie naturelle pour les exploités et par mépris pour le bourgeois, par révolte pour tout ce qu'il représente de conformisme repu, de sottise cruelle et d'inhumanité intéressée. La question est de savoir si les ouvriers sont demeurés ce qu'ils étaient, c'est à dire s'ils représentent encore le non -conformisme, l'élément critique dans la société. D'autres, après Jaurès et De Man, pensent que les ouvriers n'ayant aucun privilège social, leur unique privilège est de n'avoir jamais besoin du mensonge, et que par conséquent la cause de la classe ouvrière est celle même de sa culture. Mais des catégories d'ouvriers sont privilégiées par rapport à d'autres, toute la classe ouvrière des vieux pays capitalistes est privilégiée par rapport aux travailleurs des pays en retard et des colonies et le mensonge n'a jamais été si employé, si massivement et systématiquement utilisé par une des organisations les plus influentes de la classe ouvrière.

Moins les hommes auront besoin de travail nécessaire pour vivre et se reproduire normalement, moins ils auront besoin du mensonge et plus ils auront de loisirs, de liberté et de goût pour les recherches désintéressées, les études sans préjugés et les travaux personnels pour cimenter la vie sociale. La cause de la culture et de la liberté physique et morale de l'homme sont liées. La cause de la culture est entièrement séparée et opposée de celles des pouvoirs quels qu'ils soient. Il y a une opposition irréductible entre le pouvoir et la culture. L'un ne cherche qu'à gouverner l'autre qu'à libérer les hommes. Il y a une malédiction réelle sur les fonctions de gouvernement de par la fonction même. Comment des marxistes ne le voient-ils pas ?

Or, le mouvement ouvrier s'intègre de plus en plus, par son mouvement normal, son évolution naturelle, dans l'Etat moderne. Le corporatisme mérite mieux que les réfutations de propagande ; il vient de plus loin qu'on ne croit généralement et il serait utile enfin de chercher un jour, objectivement, quelle communauté l'unit aux besoins de la technique que nous a donnée le capitalisme et quel rapport exite entre l'organisation militarisée de la production et l'asservissement de la révolte ouvrière.


Marx disait que la manufacture estropie l'ouvrier et fait de lui une espèce de monstre en favorisant à la manière d'une serre, le développement de son habileté de détail par la suppression de tout un monde d'instincts et de capacités. « Un certain rabougrissement intellectuel et physique est inséparable même de la division du travail dans la société en général ». Avec l'introduction des machines automatiques cette évolution s'exagère. « La séparation des puissances intellectuelles du groupe de travail d'avec le travail manuel et leur transformation en moyens par lesquels le capital s'assujettit le travail, s'opère dans la grande industrie basée sur le machinisme. L'habileté particuli-re individuelle de l'ouvrier ainsi dépouillé n'est plus qu'un accessoire infime et disparaît devant la science, les forces naturelles énormes et la masse de travail social qui, incorporées au système mécanique, constituent la puissance du Maître ». La subordination technique des ouvriers crée une discipline toute militaire et supprime l'initiative individuelle.

Cette séparation entre activité intellectuelle et activité manuelle dans le procès de production s'est e

étendue à l'extérieur, dans les organisations politiques et économiques du prolétariat. Il s'est formé une sélection entre cotisants de la base et techniciens de l'action militante, et les méthodes se sont modifiées en conséquence. Le manœuvre de l'usine est devenu le manœuvre du parti et du syndicat et, en fait, ne participe pas plus à la direction ici que là. La démocratie meurt dans les organisations ouvrières comme elle meurt dans la société bourgeoise. Les organisations sont dirigées par des militants dont les intérêts coïncident avec ceux des technocrates de la production. On pouvait espérer, avant 1936, qu'un mouvement de révolte puissant balayerait les bureaucraties parasitaires. Ce n'est plus permis aujourd'hui. Nous sommes loin d'une classe ouvrière agissant par erreurs redressées et surmontées, sans préjugé et sans dogme, rejoignant la production culturelle du savant désintéressé, uniquement passionné de vérité.

La cause du mouvement ouvrier ne rejoint plus que celle, par l'intermédiaire de ses bureaucraties dirigeantes, d'une sélection de techniciens de toutes espèces, épris d'ordre et d'organisation scientifique, mais aussi de subordination hiérarchisée de la société sur le modèle de la production. La classe ouvrière se révèle non comme l'héritière culturelle du passé et l'accoucheuse de l'avenir, mais comme l'appendice manuel d'une société dégénérescente et condamnée avec elle. Sa « mission » disparaît, et il ne peut rester d'espoir que dans l'éternel besoin instinctif de justice, d'égalité et de vérité que seront seuls à représenter les non-conformistes de toutes origines, soumettant la décourageante et complexe situation actuelle à l'imparable critique de l'esprit objectif, pour préparer l'avenir, en attendant les catastrophes inévitables.



1NOCHER Jean [CHARON Gaston dit] - Maitron

2Julien Coffinet . Son père, Louis Coffinet, était serrurier au moment de sa naissance.

Militant du Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine, Julien Coffinet fut signataire de deux textes, de novembre 1930 et d’avril 1931, en faveur de l’unité syndicale, écrits par des militants syndiqués du Cercle. Il adhéra ensuite au Parti socialiste SFIO en 1932, ainsi qu’aux Jeunesses socialistes du XIIIe arrondissement de Paris. Il était, en 1933 et 1934, collaborateur de la revue Le Combat marxiste, dirigée par Lucien Laurat. Il participa au Cercle d’études marxistes, notamment aux lectures collectives du Capital de Marx, puis il y donna lui-même des cours, notamment sur « L’économie marxiste ». la suite sur COFFINET Julien - Maitron