"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 3 août 2010

SARKOZY A-T-IL DERAPE CET ETE ?

DECRYPTAGE D’UNE PROPAGANDE PERVERSE


La bourgeoisie est apparemment très forte et dispose d’un président aux capacités de rebondissement foudroyantes. La presse dite d’opposition ou plutôt simplement contestataire lui sert admirablement les plats. Commentaires de Libération aux dernières déclarations « scandaleuses » du chef de l’Etat : « Le Président a établi un parallèle hasardeux entre délinquance et immigration, vendredi (31 juillet) à Grenoble, proposant de retirer la nationalité française aux « truands » d’origine étrangère. Titre intérieur de même organe de désinformation : « Sarkozy dégaine les clichés et cible les immigrés ».

Rien de choquant pourtant entre l’émotion feinte par les idéologues appointés de Libé, dans une figuration contestataire simpliste et un président dans son rôle de méchant gendarme. Pourquoi avons-nous ce sentiment d’indifférence, de lassitude face au vide politique des gouvernants et de leurs opposants en guimauve (« angéliques », comme disent si bien les dominants dans l’Etat bourgeois). Certainement parce que ce genre de remue-ménage autour d’une affirmation en apparence scandaleuse et provocatrice du chef de l’Etat, a le don de nous resservir la soupe de la fausse opposition gauche bourgeoise/droite bourgeoise. Résumons pour faire plus simple. Il suffit de prendre les ombres du passé et de les agiter pour accorder crédit à une faction bourgeoise contre une autre. La stigmatisation des gens du voyage et des Roms ne vous rappelle-t-elle pas la stigmatisation des juifs par Hitler, dit la gauche ? Mais oui bien sûr appuie aussitôt Libération ! Personne à gauche ni cet organe d’intox, n’aurait osé dire plutôt : tient le capitalisme n’a pas changé depuis Hitler, il se sert toujours de boucs émissaires pour détourner les responsabilités de la bourgeoisie !
M. Guaino, porte-plume du chef de l’Etat, qui n’en a pas, de plume ni de panache, a pu dans le même ordre d’idée, être invité à conférer récemment avec des marxologues dans le cadre de la revue intellocrate « Cités n°41 », et affirmer, en marxiste consommé, que le capitalisme actuel est complètement différent de celui des années 1930, sans que personne ne le qualifie de révisionniste anti-marxiste ni de menteur patenté. Pensez ! un penseur d’Etat qui estime que Marx a du bon, comment ne pas saluer un tel pas en avant ? Et les types de « Cités » tous bardés de diplômes ultra-universitaires de se mettre à genoux devant un aussi comique représentant de la pensée marxiste officiellement sarkozienne.

En second lieu, je reviendrai sur « l’amalgame odieux » du vendredi 31 juillet qui « assimile la délinquance à l’immigration », « discours xénophobe ou le président ratisse sur les terres de l’extrême droite ».
On est frappé tout de suite, par la même méthode répétitive de propaganda journalistoque que concernant la « dénonciation du comportement des gens du voyage ». Le plumitif, comme n’importe quel militant gauchiste, ne se livre à aucune démonstration, évite le questionnement lui-même. Et c’est là que les « nègres » intellectuels du gouvernement font passer haut la main la tactique gouvernementale d’évitement des scandales touchant directement le pouvoir, guère scandaleux au fond, autour de l’argent de la vieille milliardaire gaga.

Examinons chaque étape de la manip.
A la suite de plusieurs agressions violentes, meurtres ou tentatives de meurtres de policiers, à Grenoble en particulier – certaines agressions n’étant pas le fait simplement de racailles de banlieue mais aussi de gangs armés de « voyageurs sans terre et sans patrie » – Sarkozy fustige un « comportement » concernant des gitans (pas tous évidemment) gangstériste et violent, ce qui dans UN cas particulier ne peut être contesté. Et chacun de ses sous-fifres peut broder ensuite sur les « belles bagnoles » « qui tirent les caravanes de gens non assujettis à l’impôt ». Le vice est dans la généralisation du problème à une communauté traditionnellement inintégrable (et que l’on peut comprendre en tant que communistes ; quel intérêt de s’intégrer à cette société capitaliste odieuse et inégalitaire ?), mais sur la base des deux ou trois derniers faits divers, la stigmatisation présidentielle touche juste. Excepté les « anges » infantiles de la gauche et du gauchisme, chacun s’interroge toujours sur la fortune roulante de certains « gens du voyage », laquelle n’est pas spécialement due à des cambriolages, mais peut être aussi le fruit de la prostitution des femmes, des rétributions financières secrètes des officines comme l’ex SAC qui ont su très bien utiliser des hommes de main dans cette mouvance pour régler leurs comptes à certains ministres (Boulin, etc.) ou à des chefs du milieu récalcitrants ou déloyaux. Mais, de ce point de vue, la fortune de certains gitans est un bien aussi mal acquis que les tenants actuels de la bourgeoisie au pouvoir, laquelle est donc mal placée pour faire la leçon de morale. D’où notre ennui considérable quand la gauche « angélique » et Yves Coleman se récrient de la « criminalisation d’une communauté », et saute par-dessus les problèmes réellement existants – les paysans par exemple qui ont des raisons d’être en bagarre souvent contre des « voyageurs » sans ressources qui passent et ne se gênent pas pour piquer dans les récoltes – et hurlent au fascisme de Vichy.

Deuxième étape dans la manipulation gouvernementale : l’odieux « amalgame » entre délinquance et immigration (traduction de la gauche bourgeoise). Sarkozy déclara à Grenoble devant son parterre policier que : « cinquante ans d’immigration insuffisamment régulée (qui) ont abouti à mettre en échec l’intégration », et ajouta son « souhait » que la nationalité française soit retirée à certains délinquants d’origine étrangère (ce dont se fichent royalement les vrais truands). Et toute la presse de gauche de se montrer outrée, non pas de la finesse de la langue de vipère (bien pensée et très juste au fond), mais pour aussitôt généraliser de façon simpliste et pour rappeler les origines hongroises du président. La perversion de l’interprétation du principal journal de gauche caviar n’est pas visible à la lecture sur le web, il faut voir le tableau sur l’édition imprimée (que seuls achètent les enseignants et les intellectuels de gauche en vacances). Encadrant le gros titre cow-boy : « Sarkozy dégaine les clichés et cible les immigrés », on trouve les encarts propagandistes suivants. Sous le titre rouge « L’essentiel », manière de bourrer le mou aux nuls qui n’auraient fait que survoler l’article central et l’édito « angélique » - (cf. « il existe des solutions républicaines, mélange de prévention, d’éducation et de maintien de l’ordre et de la loi », bla-bla…) –

« LE CONTEXTE
Le président, dans un discours tenu vendredi à Grenoble, a annoncé un ensemble de mesures ciblant les étrangers et les Français enfants d’étrangers pour lutter contre la délinquance »
Une généralisation simpliste où tout est faux et que les complices politiques de Sarkozy peuvent ridiculiser sans difficulté.
« L’ENJEU
Ce plan est avant tout destiné à séduire l’électorat d’extrême droite ».
Ce n’est pas l’essentiel comme le précédent « essentiel » résumé pour les nuls, c’est glisser en même temps deux mensonges classiques de la gauche bourgeoise :
les élections depuis des années dépendraient de la séduction des idées dites d’extrême droite, et non, en réalité, le rejet de la gauche bourgeoise et de sa même politique que la droite une fois au pouvoir, la peur mêlée face aux exactions incendiaires aux causes multiples, l’inquiétude face aux dramatiques faits divers et aux bavures policières.
comme de bien entendu c’est une classe ouvrière « arriérée » qui est visée parce qu’on lui prête à elle seule (alors qu’elle s’abstient majoritairement) le vote protestataire d’extrême droite que Sarkozy aurait récupéré. Autrement dit, exit la lumière du scandale Bettancourt qui démontre avant tout que Sarkozy a été élu grâce au « pouvoir de l’argent » et pas à un choix délibéré de citoyens en pleine possession de leur vote.

L’article de tête se terminait par une dernière citation de l’horrible discours présidentiel : « Il faut impérativement maîtriser le flux migratoire ». Ce qui n’est pas nouveau, tous les « fondamentaux » des présidents et tous les partis politiques au pouvoir n’ont jamais prétendu autre chose depuis 50 ans. Et pour bien enfoncer le clou, Libé redonne espoir en la gauche impuissante en se servant comme la droite des sondages truqués : « les instituts (de sondage) désormais placent la première secrétaire du parti socialiste en position de l’emporter ».

Revenons à la déclaration liminaire du président après cet intense bourrage de crâne de Libé, « une intégration insuffisamment régulée » depuis 50 ans. Le propos (de Guaino ?) est subtil. 2010 – 50 = 1960. Ce déficit intégrationniste remonterait à la guerre d’Algérie et au temps de la décolonisation générale de l’Afrique. Ne sont pas concernés donc là ni les italiens, ni les portugais, ni les roumains, ni les gitans, insuffisamment « régulés » depuis des siècles, mais bien les maghrébins et les « renoirs ». Au cas où vous n’auriez pas compris le propos du président, le journal de gauche Libé en remet une couche en étalant, sur les deux pages, ses diverses déclarations sur le sujet depuis des lustres, en particulier celles où les français (sans préciser leur classe d’appartenance) se sentiraient menacés par l’immigration « pour leur sécurité, leur emploi, leur mode de vie, pour la préservation des valeurs nationales » (discours du 11 déc. 2006). Là encore, le vrai chevauche le faux avec une perversion caractérisée.
Le vrai est que l’immigration, dont les industriels ont un besoin faramineux et insatiable, apporte avec elle non seulement le curé ou l’imam du village, mais aussi les voyous. Classiquement les derniers arrivés sont inévitablement en butte à l’ostracisme national, au chômage, aux sales boulots. Classiquement ce sont eux qui peuplent les prisons de la République. Classiquement la masse de ces travailleurs « forcés » fait l’objet des rafles vénielles pour la fameuse garde à vue ; pour parodier Rousseau, disons que le prolétaire immigré est né libre mais partout il est dans les fers.
Avant-guerre les italiens émigrants en particulier détenaient la primeur du banditisme (cf. Al Capone aux Etats-Unis), des juifs polonais aussi (cf Joanovici), et, comme par hasard, dans tous les cas, les gangs avaient des accointances avec les Etats d’adoption ; la Sicile est « libérée » avec l’aide de la mafia, et Joanovici a pu se targuer d’avoir servi sous Pétain et De Gaulle. Depuis l’ère de la décolonisation qui a été une pourvoyeuse absolue d’une immense main d’œuvre pour la reconstruction du capital européen, on trouva donc de plus en plus dans les prisons une majorité croissante d’ex-colonisés de couleur ou pas.
Le développement du capitalisme moderne n’a pas changé depuis le XIXe siècle, il a toujours eu une faim vorace de main d’œuvre ultra-dépendante et renouvelée dans des droits limités permettant une surexploitation intensive, en même temps qu’elle détruisait toute l’idéologie d’une soi-disante classe ouvrière nationalement homogène. Les travailleurs autochtones, face à des concurrents obligés d’accepter de plus bas salaires ont toujours mal vécu cette situation, caractérisée faussement par les bourgeois éclairés comme une manifestation de « racisme ». Les femmes ouvrières, puis les travailleurs immigrés, populations plus faibles ont été, et sont toujours vu comme des concurrents, bien qu’en général ils continuent à souffrir des mêmes inégalités de salaires. Le sentiment de rejet des travailleurs autochtones dans tous les pays n’est pourtant nullement du racisme mais un des aspects de la concurrence séculaire inévitable entre prolétaires pour obtenir du travail sur « la place de grève » ou à la queue des pôles emploi, doublé d’une inquiétude sociale qui parfois conduit à ignorer que les fabricants de cette « division » sont toujours les négriers capitalistes avec leur politique néo-coloniale de dumping salarial. Quand en plus des criminels notoires sont de fait ces étrangers séduits par les « sirènes » bourgeoises des pays riches, comment ne pas être tenté d’oublier aussi les vrais commanditaires de la misère et du chômage ?

La troisième étape de la manipulation gouvernementale perverse est le recours à la « morale nationale », cette vieille mystification nationale encore obligatoire à la veille si redoutée de l’éclatement de la zone euro. Quand, toute honte bue, les successifs dirigeants de l’Etat bourgeois français ont compris tardivement (comparés à la blanche Amérique) qu’il fallait aider les religions des ex-colonisés à s’implanter localement avec les subsides de l’Etat national, encourager l’extension de modes de vie inconciliables (manger différent, cf. l’extension des Quick Hallal, la surface des supermarchés envahie depuis une dizaine d’années par des produits casher et hallal) et un port vestimentaire excluant (cf. la fausse opposition à la généralisation du port honteux du voile pour les femmes), ils oeuvraient complètement en faveur de l’intégration diversifiée et ghettoïsante des prolétaires dans le capitalisme décadent. On a vite oublié que la supériorité du christianisme sur toutes les autres croyances antiques avait été que tout le monde puisse manger ensemble à la même table. Avec le capitalisme décadent l’humanité ne peut plus manger à la même table ni opposer une solution politique révolutionnaire.

Stopper l’immigration prolétaire reviendrait à signer l’arrêt de mort du capitalisme, aussi il prétend « réguler » tout en ne régulant rien du tout. S’il régule c’est au plan politique avec un machiavélisme diablement consenti en complicité avec sa gauche oppositionnelle. Mieux encore, pour mieux justifier de sa fausse impuissance, l’Etat bourgeois a recours enfin – par ses tenants de gauche ou de droite – à l’idéologie éculée des « valeurs d’unité et de cohésion nationale », quand les prolétaires, comme des petites souris noires et blanches s’agitent désespérément dans le même bocal irrespirable, et que les expérimentateurs ministériels, as de la réforme d’un monde qui grouille de bestiaux dangereux, entrouvrent un peu le bouchon du bocal.

Aveu implicite du deuxième article de propagande – « Le président remet le képi de 2007 » - « la ficelle est tellement grosse que les opposants hésitent à argumenter sur le fond ». En effet, les opposants sont cois. L’éléphantineau du PS, Hamon, annone que Sarkozy veut « récupérer les voix du FN ». Tubiana de la LDH déplore de « vieux refrains des années 30 destinés à attiser la haine contre les étrangers », etc. Pas besoin de lire les déclarations à l’unisson de tous les gauchistes « angéliques ». Le meilleur et plus finaud de tous, malgré son déclin irréversible et sa prochaine disparition, reste Le Pen « Tout cela, c’est des mots » !
C’est des mots en effet. Les gangsters de l’Etat bourgeois ne vont pas éradiquer le « grand banditisme » puisque le grand banditisme, c’est eux. Ils sont incapables d’arrêter les assassins de la jeune policière municipale, ou complices de ses tueurs qu’ils ne souhaitent pas alpaguer.
La plupart des viols, dont celui de Toulouse, resteront impunis. Le prétendu recyclage de la garde à vue ne vise qu’en enrichir un peu plus les avocats, nullement opposés à la justice de classe dont ils vivent grassement déjà. La justice fournit les plus hauts salaires après l’industrie.
Par un miracle conjecturel le sport, dans sa branche athlétique à la compétition européenne de Barcelone, fournit au même moment une débauche de drapeaux tricolores gagnant-gagnant et abreuve nos sillons auditifs d’une Marseillaise quasi quotidienne.

Oui en effet nous voyons s’installer une république policière, avec la promotion de super flics à tous les étages supérieurs de l’Etat, mais justement c’est ce qui devrait causer sa perte car la politique sécuritaire est bien connue pour ne pas générer d’emploi. Plus de képis ne peut réduire l’accroissement des actes de barbarie, le déploiement du brigandage bcbg avec la mère Bettencourt car les licenciements massifs et l’assassinat de pauvres gens sans défense sont entièrement régulés par l’aggravation de la crise systémique. La bourgeoisie, toujours à la merci d’un véritable krach supérieur à tous les autres, prépare déjà les présidentielles de 2012. Nul doute que le remue-ménage de la pauvre gauche caviar ne soit pas suffisant pour inquiéter la réélection triomphale de Nicolas II

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